Le Conseil des 7 Nobles Marchands

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Yuimen
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Le Conseil des 7 Nobles Marchands

Message par Yuimen » ven. 5 janv. 2018 10:59

Le Conseil des 7 nobles marchands de Tulorim

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Tulorim est dirigée par un Conseil constitués des 7 plus grands nobles marchands de la ville. Ils s'élisent entre marchands lorsqu'il faut en remplacer un. Le petit peuple murmure que les membres du conseil s'occupent plus de leur propre bien-être que de celui de la ville et de son peuple, et ceci semble confirmé par l'allure générale de la cité qui est de plus en plus négligée. Mais au moins, la richesse appelle la richesse, bien qu'elle ne soit détenue que par une minorité de marchands et de nobles, et les coffres de la cité se remplissent. Ce qui laisse croire, en apparence du moins, que la ville prospère financièrement, même si le commun des habitants, lui, ne voit pas la couleur de cet argent sans cesse grandissant.

Le conseil est une sorte de fort, gardé nuit et jour par des miliciens. Pour y entrer, il faut y avoir été invité, ou être bien accompagné.

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Gamemaster6
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Re: Le Conseil des 7 Nobles Marchands

Message par Gamemaster6 » lun. 19 oct. 2026 09:42

La Fracture du Destin
Les yeux de Tulorim

Après l’entrevue sur le bateau, Cromax était déterminé à en apprendre plus auprès de l’un des membres du conseil. Nhaundar et Haple se joignent à lui, ainsi que Merak’mouth. Le quatuor se dirige donc d’un bon pas vers le bâtiment qui, étrangement, n’a pa le faste qu’opn pourrait imaginer d’un lieu regroupant el pouvoir central d’une ville de la taille de Tulorim.

L’édifice qu’ ils atteignent est un fort en pierre d’une banale simplicité, orné des bannières des sept familles marchandes occupant les importants postes du conseil. Ses hauts murs sont gardés par des miliciens qui patrouillent également l’extérieur de l’enceinte, accessible par une unique porte fermée d’une épaisse grille métallique. D’imposantes tours terminent de donner au lieu des allures de forteresse plutôt que d’un bâtiment officiel. Un des miliciens les arrête tandis qu’ils approchent des portes. Il porte l’uniforme classique de la milice, avec un casque rehaussé d’un cimier de sept plumes colorées, une pour chaque famille. Un tabard au couleur de la ville orné d’une clé d’argent termine l’uniforme tandis qu’il tient en main une imposante hallebarde. A l’arrivée du quatuor hétéroclite, il les observe avec le regard perçant d’un vétéran habitué à déceler les menaces. Puis il incline la tête en direction de Cromax.

« Capitaine…»

La renommée et réputation de Cromax n’étant plus à faire, le garde les laisse entrer et un autre les accompagne à l’intérieur, une fois la raison de leur visite explicitée. Le garde, plus jeune que son prédécesseur, les devance de quatre pas. Ils traversent une petite cour ornée d’une fontaine avant de pénétrer dans le bâtiment principal. Aussitôt entré, l’ambiance change drastiquement. Las armoiries des diverses familles ainsi que les portraits des plus éminents conseillers ornent les murs. Des tapis ornent le sol fait d’un bois soigneusement entretenu tandis que le mobilier fait de marbre ou de bois précieux est orné de décorations gravées d’or, d’argent et de San-Divyna.

Le petit groupe est mené dans une salle d’audience. Sur une estrade haute de quatre marches, sept sièges sont installés à une table en croissant de lune font face à une trentaine d’autre, installées en rang. Le garde leur demande donc d’y patienter un instant, le temps que quelqu’un prévienne le conseiller de leur présence. Ils ont donc tout le loisir de discuter entre eux et d’admirer les portraits des conseillers, les armes magnifiques exposées et la débauche de richesse dont le reste de la ville ne semble pas bénéficier.

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Gains d'expérience

Cromax : conversations : 2xp
Nhaundar : conversations : 2xp
Haple : Conversation : 1xp
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Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Cromax
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Re: Le Conseil des 7 Nobles Marchands

Message par Cromax » sam. 24 oct. 2026 12:29

Notre petit groupe formé du shaakt, de la chauve, du petit blanc et de moi-même nous rendons donc, sous ma directive, vers la Chambre du Conseil. À sa porte, un milicien littéralement emplumé nous acceuille. Avec déférence, lorsqu’il me reconnait. Je ne peux que sourire, et réfréner un pouffement, en voyant sa tête de paon. Les Conseillers, tout symbole qu’il puisse représenter, doivent bien se foutre de sa tronche.

Il nous laisse entrer, nous accompagnant jusqu’au haut lieu de pouvoir de Tulorim. Je siffle devant le faste exposé, contrastant presque tristement avec l’extérieur banal de la bâtisse. On dirait presque du kendran, pensé-je avec déception. Mais flanqué des couleurs de la Cité. Noir et blanc, la neutralité.

Nous sommes invités à attendre dans la salle officielle, où le gardien nous abandonne pour aller chercher le Conseiller Terrefeu. Je souffle à l’égard de mes compagnons :

« Restez flous sur vos intentions, et rappelez-vous qu’il ne sera sans doute sensible qu’à une chose : l’or. Peut-être que le gratter dans le sens du poil pourrait fonctionner. Mais attention, il a pour réputation de frayer avec les milieux les plus secrets et vils de la cité. Il en saura plus que nous sur ce qui se passe ici. »

Le regard perdu sur les armes et peintures affichées, j’attends la venue de celui dont nous avons requis la présence. Même si j’aurais préféré avoir d’autres témoins officiels que sa seule présence. Après, peut-être.

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Haple Mitrium
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Re: Le Conseil des 7 Nobles Marchands

Message par Haple Mitrium » sam. 24 oct. 2026 17:30

Les occupants de la cabine sortirent les uns après les autres sur le pont. Haple détourna son regard du pitoyable spectacle qu'avait offert la brune avec ses minauderies, toutes subtiles qu'elles étaient. La pauvre n'avait pas probablement pas eu d'autres choix, d'autres exemples de femmes fortes comme...

(Merak)

La Lance mit le pied sur le pont, accueillie par le soleil sur sa peau d'ébène et faisant scintiller ses parures dorées. Peu après, une autre femme hors du commun émergea du navire : Lysis, amalgame de feu et d'ombre, suivie de près par le Shaakt fasciné. Enfin, après de longues minutes à laisser son esprit divaguer au son du clapotit, des cris de mouettes et des conversations lointaines, le capitaine de la milice les rejoignit.

Quelques mots échangés avec le Shaakt. Un regard vers la Lance, un autre vers la ménestrelle aux yeux luisants. Puis le petit groupe se mit en route.

Les cadavres laissés sur le port par le Sindel avaient beau avoir été évacués, leur sang séchait entre les pavés. Les écailles d'un rouget échoué sur la grève, voilà l'image qu'évoqua cette vue à l'esprit embrumé de la ménestrelle. La vie avait repris son cours : les mendiants mendiaient, les proxenètes prostituaient et tout ce beau monde regardait l'étrange quatuor monter vers les quartiers historiques.

Rapidement, Haple ne compta plus les regards tournés vers eux. Après avoir éviter de justesse de glisser sur un fruit trop mûr lorsqu'ils traversaient la place du marché, elle consacra toute son attention à sa marche. Un pied devant l'autre, elle suivait les adultes qui traversaient la foule devant elle. Et le temps comme l'exercice aidant, elle retrouva peu à peu ses esprits. Tant et si bien que lorsqu'ils s'arrêtèrent enfin devant la porte d'une caserne fortifiée, elle était de nouveau en pleine possession de ses moyens.

Elle pencha la tête de côté pour regarder celui à qui parlait le meneur de leur petite troupe. Un garde. Ou un paon. Un garde honorifique, donc... C'est à cet instant que Haple comprit qu'elle se trouvait en fait devant le lieu où se trouvait le fameux mage Terrefeu. Et qu'elle réalisa qu'elle avait vu juste : avoir le Sindel de son côté serait utile. A la vue de leur capitaine, le milicien emplumé leur laissa le passage, et un autre les escorta jusqu'à une salle de réception.

Le décor intérieur était aussi opulent et décadent que la ville était miséreuse et... décadente. Si les pluies hivernales descendaient en rigoles boueuses des hauteurs vers le port, l'or coulait à flot toute l'année et de toute part vers ce haut lieu du pouvoir marchant. Ici, les gens marchaient sur le marbre immaculé, pas sur une terre souillée d'immondices. Ils posaient leur fesses sur des bancs en marqueterie nacrée et leur regard sur des tapisseries en fil d'or. Celles-ci figuraient des scènes de négoces illustrant des navigateurs subjugant des sauvages ultramarins avec leurs verreries de pacotilles. Celles-là montraient des caraniers bravant l’ardeur dorée du désert de l’est.

Haple s'approcha, l'oeil accroché par ces portraits aussi lumineux que l'âme de ces marchands vénaux était sombre. Si vivantes! Ces personnages semblaient animés d’une énergie propre ! L’éclat du fil d’or peut-être...

(Non...)

Ce n'était pas que de l'or - son premier coup d'oeil avait été trompeur, son second lui découvrit un métal inconnu qui émettait sa propre lumière en plus de refléter celle des vitraux ouvragés. Les bruits de pas de ses voisins s'estompèrent. Leurs voix aussi passèrent au second plan. Absorbée dans la contemplation de cette brillance métallique, la géomancienne oublia son entourage et tendit une main émue vers les fils blancs qui couraient de part et d'autre de la trame serrée d'une tapisserie figurant une femme à a gorge nue, offerte en défi à un pirate sanguinaire. Les fils lumineux convergeaient vers cette chair si fragile et si puissante à la fois. Elle l'éfleura de ses doigts, fermant les yeux pour mieux découvrir cette matière fantastique. Une énergie serène traversait le métal. Les éléments qui le constituaient étaient tous identiques les uns aux autres et y était agencés avec une régularité parfaite.

C'était l'Harmonie faite matière.

Elle en aurait pleuré... si le monde extérieur ne l'avait pas tiré de son exploration minérale dans l'instant qui suivit.
Modifié en dernier par Haple Mitrium le dim. 25 oct. 2026 00:36, modifié 1 fois.

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Nhaundar
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Re: Le Conseil des 7 Nobles Marchands

Message par Nhaundar » sam. 24 oct. 2026 22:15

XI 32 Entre fascination et confiance.

XI 33 Au seuil des sept.


Les échanges avec Lysis et Cromax m’ont apporté bien plus que je ne l’espérais. Avec le capitaine, j’ai désormais une vision quelque peu nouvelle de la cité. Même si j’ai eu affaire à bien des regards hostiles de la part des habitants, notamment au port, d’autres ont su me prouver qu’il était possible de dialoguer avec eux. Marcilla tout d’abord, puis son ami pêcheur et, enfin, Cromax. Si Merak voit les miliciens comme une bande de soldats hautement corruptibles, alors, s’il existe d’autres êtres comme le capitaine, tout espoir n’est pas vain.

Et il y a Lysis. Même si je ne sais pas quoi tirer de ses dernières réponses, en particulier de ses remarques sur ma vision naïve et romantique de la magie, ce moment passé avec elle et ces mots que nous avons échangés n’ont fait qu’accroître ma curiosité pour la magie, en particulier pour cette perception singulière dont je dispose.

Elle me rend malade, cependant. Une idée résonne en moi : je ne maîtrise simplement pas ce qui m’arrive. Comme si tout était possible avec plus de travail. Qui sait si je ne vais pas atteindre une autre forme de compréhension, une fois que j’en aurai acquis la maîtrise.

C’est en tout cas avec ces pensées en tête que notre trio se reforme, guidé par Cromax jusqu’au Conseil des sept marchands de la cité.

Nous atteignons un édifice qui semble assez simple à première vue. Ce n’est qu’en l’explorant davantage, et grâce à la réputation de Cromax, qui nous facilite grandement la tâche, que nous pouvons admirer le faste des lieux : des tapisseries somptueuses, les armoiries des différentes maisons, des portraits rendant hommage à d’illustres prédécesseurs. Même les meubles sont ornés de dorures et d’un métal dont je ne parviens pas à déterminer la nature, mais qui est particulièrement élégant.

Une fois sur place, Cromax nous conseille la prudence, tant dans nos paroles que dans la manière d’aborder nos interlocuteurs. Mon regard va ici et là, à la recherche d’éventuels objets magiques ou de sortilèges présents dans les lieux. Même si j’ai envie d’user de ma capacité de vision, je préfère m’en abstenir pour le moment, par crainte de perdre le contrôle et de subir un contrecoup si une source d’énergie particulièrement puissante est présente.


XI 34 Les connexions du commerce.
Modifié en dernier par Nhaundar le sam. 31 oct. 2026 17:14, modifié 1 fois.

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Gamemaster6
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Re: Le Conseil des 7 Nobles Marchands

Message par Gamemaster6 » dim. 25 oct. 2026 09:03

La Fracture du Destin
Les yeux de Tulorim

Le temps s’étire et les minutes se succèdent dans un silence à peine gêné par le léger brouhaha de la ville qui vit en dehors de ces murs. Les pas d’un garde en patrouille ou d’un serviteur allant à ses tâches sont les seules choses qui tranchent de temps à autre avec le silence. Cela dure. Puis une porte s’ouvre, sur le côté droit de la pièce, derrière l’estrade. Un garde entre, jette un œil dans la pièce, puis s’incline. Un homme entre à son tour. Vêtu de soie et de velours, il est âgé d’une cinquantaine d’années. Ses cheveux grisonnants sont coupés courts et il pose un regard bleuté et caressant sur les aventuriers présents. Englebart Terrefeu vient d’entrer, comme le garde l’énonce en précédant les premiers pas du conseiller de ses noms et titres.

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« Bonjour. Navré de vous avoir fait attendre, messieurs et mesdames, mais d’importants sujets nécessitaient toute mon attention. »

Sa voix est douce, amicale, tout comme le sourire qu’il arbore. Il désigne les sièges pour ceux qui ne sont pas déjà assis et, étonnamment, ignore les grands sièges des conseillers et prend une chaise des plus normale, qu’il réarrange pour faire face à ses interlocuteurs.

« Alors, que me veulent un capitaine de la milice, une zélote de Zewen et deux illustres inconnus fraichement arrivés dans notre belle cité ? Je n’ai pu m’empêcher de me poser la question dès que l’on m’a averti de votre présence et de votre volonté de vous entretenir avec moi. »

Son sourire reste affable et tous peuvent sentir une pointe de curiosité dans sa voix. Nhaundar peut sentir que cette curiosité et ce sourire ne sont pas factices. Mais il sent également qu’il n’est pas face à n’importe qui, bien qu’il ne puisse pas déterminer exactement pourquoi il pense ainsi.
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Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Cromax
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Re: Le Conseil des 7 Nobles Marchands

Message par Cromax » sam. 31 oct. 2026 13:58

Le susnommé Englebert Terrefeu finit par arriver, vieillard au regard doux mais sagace et au sourire tendre mais teint d’une certaine maitrise de la diplomatie. Sa voix est délicate et posée : tout marchand qu’il est, il sait se vendre lui-même avant tout. Un habile mélange entre un commerçant habile et un politicien avisé, en somme. Et la discussion qui suit en est un exemple flagrant.

Le blanc-bec commence l’échange en se présentant, non sans piquer un peu le conseiller. Après l’avoir poliment salué, je renforce ce côté :

« Vous ne faites pas déshonneur à votre réputation, effectivement. Je suis presque surpris que vous nous demandiez les raisons de notre visite. »

Le maître des chuchoteurs. Le gardien des secrets de la ville. Ça, ce n’est un secret pour personne. Mais pour lui arracher… Il n’en est pas à la tête pour rien. Je décide de commencer par une question très générale, pour tâter le terrain.

« C'est pour vos connaissances que nous sommes ici. A propos de la question qui brûle toutes les lèvres au sein de la cité : Quid de cette profusion de runes soudaine ? Connaissez-vous leur provenance, la raison de leur présence ? Les dérives qui découlent de cette apparition inattendue ? »

Sa réponse est celle d’un homme terre à terre, aux arguments raisonnés, mais qui n’en sait guère plus que nous. Il ne tombe même pas dans le piège honnête que lui sert Merak’Mouth en parlant d’intervention divine, notant ainsi son scepticisme tout dans l’esprit de son ethnie. À la question qui nous est lancée de la raison de notre visite, le musicien esquive le sujet, mais reste trop vague à mon goût, aussi recentré-je tout ça.

« Oui. Hem. Oui, la discussion tournera principalement sur le thème des runes, et de vos savoirs sur la question. Des conséquences de leur présence. »

Tout un programme, en somme. Je toussotte dans ma gorge avant de poursuivre.

« Pour répondre à votre question, je ne vois qu'une raison : mettre le bordel. Insérer le chaos au sein de la cité, tant au niveau de leur utilisation qu'au niveau des dérives commerciales que ça engendre. Vous en êtes un témoin évident, j'imagine. Cela ne crée-t-il pas des tensions même entre Conseillers ? »

Je doute qu'il réponde précisément à celle-là. Elle était surtout rhétorique, pour mettre en avant les problèmes touchant Tulorim.

« Hem. Comme dit mon jeune compagnon, votre nom a été explicitement prononcé. Celui de votre frère aussi. L'usage de runes au sein d'un rituel de magie, je crois. Un sacré tour de force. J'imagine que les académiciens dont vous parlez ne sont pas au courant de cette utilisation. Et il ne sert pas à grand-chose de les prévenir, je pense. Ils ne trouveront rien de concret sur tout ça, je le crains. Leur approche est trop centrée sur la magie elle-même. Pouvez-vous nous en dire plus ? Sur ce type de rituel, sur les liens entretenus avec ce marchand ayant eu l'honneur de se voir offrir la possibilité d'une telle opportunité ? »

Son neveu. Merde, moi et ma mémoire sélective. En tout cas il ne manque pas de nous associer directement à Rosenfiel. Grillés comme des débutants au bout de quelques répliques à peine. Le masque tombe, mais cela permet des questions plus directes. Il décide de ne pas apporter trop de crédit à mes théories complotistes, se fiant aux faits, rien qu’aux faits. Et il en cite un qui me déplait : ce Philomène semble fermé à l’idée de partager ses savoirs. Et d’un caractère… variable.

Je brosse le conseiller dans le sens du poil.

« Il existe des tas de raisons de vouloir mettre le chaos dans une cité. Hasardeux, mais plus plausible qu'une quelconque autre hypothèse jusqu'ici. Votre neveu est capable de prodige, en tout cas. Cet enchantement est très impressionnant. »

Voyant venir une voie close, je laisse poursuivre sur ce sujet mes pairs, posant une question d'un genre différent.

« A propos de Rosenfiel, vous savez peut-être que quelqu'un a tenté d'attenter à sa vie, par l'intermédiaire de mercenaires grossièrement déguisés en miliciens. Vos... petits oiseaux vous auraient-ils rapporté quelque chose à ce sujet ? »

Il est bien entendu au courant, et mêle l’affaire à l’histoire d’un marchand ésotérique du marché attaqué et décédé plus tôt dans le mois. Avec un lien étrange avec des pseudo miliciens. Bordel. Si ce genre d’attaques se concrétise, la milice en prendra pour son grade, et je m’y refuse. Une détermination certaine s’empare de moi, et je défie toute prudence en poursuivant :

« Je vais jouer franc-jeu. Le nom de Koratel a été évoqué par l'un de ces faux miliciens. Connaissez-vous ce nom ? »

Et le culot paie. Nous obtenons enfin un indice sur cette personnalité. Un marchand, ancien, parti de la cité suite à une rivalité perdue. Lughen Kor’Athel. Athel. Trop flagrant pour n’être pris en compte.

« Qui était-il ? Où vivait-il ? Je ne crois pas plus que vous aux coïncidences. Comprenez que ceci entre dans le cadre d'une enquête de milice concernant ces faux miliciens, bien entendu. »

Je replace un cadre à la conversation : il ne s’agit pas de curiosité mal placée ou d’une entrevue aléatoire. Elle a un but et, désormais, un visage découvert (officiellement du moins).

« J'imagine que si vous n'avez pas encore révélé son nom, à ce vainqueur de guerre marchande, c'est qu'il fait partie du conseil ? Vous-même, peut-être ? Non, une telle chose arrive régulièrement à plein d'échelles différentes à Tulorim. C'est peut-être autre chose... »

Terrefeu répond par énigme, offrant l’identité de son confrère sans en prononcer le nom. Un lien avec le woran chauve ? Il y a bien un conseiller dont il est dit qu’il traîne dans tous les trucs pas nets de la ville. Von Chloups, un truc comme ça. Mon partenaire plébéien saura me confirmer l’information, mais je tais expressément à mes comparses tout commentaire sur la question. Singeant une moue déçue, je répond :

« Ce n'est rien de très grave, pourtant. C'est le jeu d'une ville marchande. Mais... je prends note de votre suggestion. »

Il nous manque une information pour poursuivre :

« Où habite donc votre neveu ? »

Il nous l’indique sommairement. Dans les beaux quartiers bien entendu. Famille de Marchand du Conseil, toi-même tu sais. Nous voilà donc au fait de nos prochaines destination. Je salue et remercie le conseiller et prends congé de lui, sortant de la salle pour attendre mes trois comparses. Une fois le quatuor rassemblé, je questionne :

« Alors, quelle est la prochaine étape ? Nous allons tous chez Philomène ? Tu semblais avoir une idée pour l’appâter, Nhaundar ? Je pourrais aussi me renseigner de mon côté sur Koratel et cet autre conseiller, mais ça me demanderait de vous abandonner pour l’heure. Je vous laisse choisir : séparation pour couvrir plus de terrain, ou groupe pour une meilleure optimisation de nos options ? »

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Nhaundar
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Re: Le Conseil des 7 Nobles Marchands

Message par Nhaundar » sam. 31 oct. 2026 17:12

XI 33 Au seuil des sept.

XI 34 Les connexions du commerce.


Après une attente durant laquelle j’ai le temps de compter les lattes qui composent le plafond, nous sommes rejoints par un homme à la chevelure courte et grisonnante qui semble avoir une cinquantaine d’années et qui est drapé dans de la soie et du velours. Avec le prix de quelques-uns de ces tissus, je pourrais sans doute m’offrir des grimoires de magie rare en échange. Annoncé par un garde, notre interlocuteur se nomme Englebart Terrefeu. À défaut de me connaître, moi, ainsi qu’Elladhen, il semble connaître Merak, en plus, bien sûr, de Cromax.

Tous ensemble, nous saluons le marchand, l’une des sept personnalités les plus influentes de la cité. Cromax ayant une influence tout aussi importante, tacitement, mon camarade et moi-même le laissons diriger les échanges. Je reste néanmoins en retrait, prenant le temps d’analyser les tics de son visage, susceptibles de trahir des pensées inexprimées.

Les questions portent en premier lieu sur les événements autour des runes et sur les éventuelles informations que détiendrait le Conseil. Hélas, il ne nous apprend rien de plus. Il doute de l’intérêt d’éparpiller une quantité de runes dans les rues de la ville, allant jusqu’à remettre en question une origine humaine. Merak intervient, précisant qu’elle doute que cette origine soit volontaire, sans pour autant affirmer qu’elle puisse être divine, comme le prétend Terrefeu.

Pour Cromax, l’intérêt est de foutre le bordel, comme il le dit si bien. Que les répercussions soient commerciales ou qu’elles prennent la forme d’un chaos potentiel engendré par cet afflux massif de runes. Terrefeu, en revanche, s’interroge sur le but : un désordre économique ou politique ? Une entreprise bien trop hasardeuse à ses yeux.

Le sujet se tourne ensuite vers l’enchantement d’un des siens, observé sur le bateau. Il existe effectivement des relations professionnelles avec Rosenfiel, le propriétaire du bateau. Cependant, la remarque vise plutôt son neveu, Philomène. Un individu particulièrement brillant dans son domaine et exécrable dans beaucoup d’autres. Il est en revanche très protecteur à l’égard de son travail, ce qui pourrait freiner notre enquête et me déçoit plus particulièrement.

« Oh, c’est… fort dommage. Je comprends qu’il veuille protéger son travail et ses recherches, mais pensez-vous qu’il puisse nous parler de son travail, sans forcément entrer dans les détails ou en omettre volontairement certains éléments pour éviter une réaction de notre part ? Je suis très intéressé par les diverses formes de magie et, si l’usage des runes n’est pas mon domaine d’expertise, je sais apprécier le travail d’autrui. D’autant plus que son expertise pourrait aider à enrayer un chaos naissant. À n’en pas douter, un usage irréfléchi des runes, de plus en plus présentes, nuirait au commerce de la cité. »

Nous apprenons que ses talents sont aussi uniques que l’individu lui-même. Plutôt que de se faire payer en yus, il échange son savoir contre des choses qui éveillent sa curiosité. Le hic vient de l’inconstance de ses centres d’intérêt.

Cromax l’interroge alors sur l’attentat contre Rosenfiel et les mercenaires déguisés en miliciens. Nous apprenons ainsi que d’autres attaques ont eu lieu, notamment contre une échoppe magique où la personne qui tenait les lieux n’en a malheureusement pas réchappé.

Bien que ce fait soit assez dérangeant, puisque nous ne pourrons nous fier à aucun milicien en ville, c’est principalement l’intérêt du neveu qui m’intrigue.

« Des choses intéressantes… », fais-je en murmurant à moi-même.

(Qu’est-ce qui peut être aussi incroyable que Lysis ? Sa présence pourrait-elle intriguer l’individu ?)

« À tout hasard, vous ne sauriez pas quelles sont ses lubies du moment ? »

Intrigué par ces questions, je le suis aussi par les réponses qu’il va me donner. Aux dernières nouvelles, il désirait se procurer une perruche du sud de l’Imiftil. À voir sa mâchoire décontractée et l’absence de tension sur son visage, je n’ai pas de doute sur son honnêteté.

« Du coup, notre seule solution serait de lui présenter un nouvel intérêt à ses yeux », dis-je pour moi-même.

(Pour moi la présence de Lysis suffirait amplement, sinon… peut-être Mange-Botte ? Non, hors de question de me séparer de lui, surtout si c’est pour le confier à un type qui ne s’en occupera plus dans trois jours ! Je préfère encore échanger un de mes objets magiques, et même ça, il faudra me rouler dessus ! Ah, par mes fluides, que faire ?)

De son côté, Cromax évoque le nom de Koratel, un nom lâché par l’un des faux miliciens ayant essayé de s’en prendre à Rosenfiel. Cependant, ce qui se rapproche le plus de ce nom est un certain Lughen Kor’Ahtel, un marchand influent d’il y a une dizaine d’années. Le sujet m’intéresse vivement lorsque j’apprends qu’il fournissait beaucoup d’aventuriers ainsi que de mercenaires en objets magiques, et des personnes aisées en artefacts plus ou moins puissants. Il a disparu après avoir fini ruiné à la suite d’une guerre commerciale qui l’a opposé à un autre marchand.

L’esprit affûté, Cromax comprend qu’il s’agit là de l’un des sept marchands. En guettant le nom du principal intéressé, je porte mon attention sur sa manière de répondre. Bien qu’il confirme sans le dire qu’il s’agit de l’un des sept, il préfère éviter de jeter l’opprobre sur un des conseillers, nous orientant vers un Worran doté de larges connexions et pouvant nous répondre.

Ce n’est qu’après avoir obtenu l’adresse de son neveu que nous saluons notre hôte et quittons les lieux.

« Alors, quelle est la prochaine étape ? Nous allons tous chez Philomène ? » demande Cromax, avant de se tourner vers moi. « Tu semblais avoir une idée pour l’appâter, Nhaundar ? Je pourrais aussi me renseigner de mon côté sur Koratel et cet autre conseiller, mais ça me demanderait de vous abandonner pour l’heure. Je vous laisse choisir : séparation pour couvrir plus de terrain, ou groupe pour une meilleure coordination ? »

De mon côté, si j’ai cette irrépressible envie de rencontrer un tel prodige, la possibilité d’emmener Mange-Botte pour l’appâter me dérange.

(Il pourrait chercher à me l’enlever de force ! D’un autre côté, j’ai la possibilité de le retrouver et, si une telle chose arrivait, peut-être qu’un certain capitaine de milice pourrait me prêter main-forte pour le retrouver et obtenir un dédommagement en service ou information.)

« S’il aime les perruches, peut-être que Mange-Botte pourrait attiser suffisamment sa curiosité pour qu’il réponde à nos questions, sans pour autant le lui céder. C’est à tenter ! Sinon un solo musical ? » fais-je à l'attention de notre barde. « Je retourne à l’université et je vous retrouve sur place. »

J'attends que tous soient d'accord sur la marche à suivre avant de prendre la route.


XI 35 L'habit ne fait pas l'érudit.
Modifié en dernier par Nhaundar le sam. 7 nov. 2026 21:51, modifié 1 fois.

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Haple Mitrium
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Re: Le Conseil des 7 Nobles Marchands

Message par Haple Mitrium » dim. 1 nov. 2026 01:37

Haple décrocha son regard de la tapisserie et porta peu à peu son attention sur l'homme soigneusement apprêté qui les rejoignit. C'était le conseiller Terrefeu lui-même... Elle tiqua sur le fait qu’il la sache nouvellement arrivée dans la ville. Elle aurait pensé que son arrivée serait passer inaperçue dans une grande ville comme Tulorim. Alors compte tenu de la raison qui les amenait ici - l’usage nouveau et puissant de runes - et du phénomène inexplicable vécu sur le port, elle exprima sa gêne à demi-mots, autant pour le conseiller que pour les adultes qui l’accompagnaient, Nhaundar en particulier :

- Salutations, sire marchand. Je suis effectivement arrivé hier de Nirtim où la présence de mes tutrices m’incommodaient, ouvre-t-elle en offrant au conseiller bien informé une vérité déguisé plutot que de prendre le risque de mentir. Mais vous le saviez peut-etre déjà? Vous me semblez être un fin ... observateur, le flatte-t-elle en insistant sur le dernier mot.

Allant droit au but, Cromax dévoila que le groupe s'intéressait aux runes. Nhaundar resta plus vague... une approche plus sage, lui sembla-t-il. Mais le conseiller ne se contenta pas de ce prudent préambule et les relança, demandant la vrai raison de leur venue.

(Il peut toujours demander...)

- Oh, moi, vous savez, je vais comme toujours là où le quatrième art m’y invite... expliqua la ménestrelle.

Dans le silence qui suit sa réponse cryptique, elle précise avec la superbe de ses congénères :

- La musique. Je suis percussioniste et vais me représenter pour le compte d’un riche marchand. Le patronyme de Terrefeu a été mentionné dans le cadre d’une discussion sur les usages spectaculaires des runes, et ma curiosité artistique m’a poussé à venir devant vous.

- Ah, un patronage. Une bien belle opportunité pour un jeune musicien, à n'en pas douter...

Peut-être était ce le privilège des puissants ou une audace innée, en tout cas le capitaine de la milice s'exposa encore plus. Visiblement, les deux hommes en savaient plus qu'il ne le disait des affaires de la ville. Haple s'en moquait éperdument : tout ce qui lui importait c'était cette histoire de barrière runique. Alors, Haple affecta une mine visiblement déçue en réponse au propos du conseiller, délivrés avec ce sourire de notaire qu'elle suspectait de plus en plus d'être aussi faux que son propre masque :

- Oh, le marchand que vous avez rencontrez est Rosenfiel ? Je comprends mieux. Une vieille connaissance. Ne vous fiez pas trop à sa nonchalance, c'est un vrai renard, ahaha.Mes relations avec Rosenfiel sont purement professionnelles. Quant à ce rituel, j'imagine que vous parlez du petit service qu'à rendu mon neveu, Philomène ? C'est quelqu'un de brillant dans son domaine, mais exécrable dans la plupart des autres. Je serai bien incapable de vous expliquer ce qu'il a fait, et je doute qu'il l'explique à qui que ce soit. Il est très têtu et très protecteur de son travail.

- Quel dommage. J'espérais apprendre à produire ce genre d'effets visuels pour égayer le concert que j'offrirai la semaine prochaine. J'aurais du demander à ce Rosenfiel le prix qu'il a payé pour les services de votre neveu... Mais peut-être savez vous, vous qui le connaissez intimement, ce que je pourrais lui offrir en échange de son soutien à mon art?

Le conseiller confirma son doute sur le fait que son neveu se montrerait coopératif :

- Philomène est un original. il ne se fait pas payer en yus, mais il échange son expertise contre des choses qu'il estime l'intéresser. Vous pouvez toujours essayer d'aller le rencontrer, mais à moins que vous n'ayez quelque chose qui l'intéresse, je doute qu'il vous réponde. Ni même qu'il daigne vous recevoir. Et ses intérêts varient grandement d'un jour à l'autre. Si je n'étais pas son oncle, je pense qu'il ne me recevrait pas non plus, la plupart du temps, ahaha.

Haple n'accorda pas d'intérêt au reste de la conversation - des histoires de péruches, de calvitie et de guégerre marchande... Lorsqu'enfin le capitaine eut fini son interrogatoire, elle sortit à sa suite et leur répondit, à Nhaundar et lui, du ton sec de celle qui en a assez de mordre son frein et peine à jouer collectif :

- Allons chez le neveu Terrefeu. Qui sait sur qui sa curiosité s'arrêtera... Merak, vous venez avec nous? C'est votre destin, je crois.

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