Les Habitations

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Fenouil
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Re: Les Habitations

Message par Fenouil » ven. 12 juin 2026 14:19

La première réaction de l’homme à la moustache particulière fut de se méfier… enfin, c’était ce que son expression me laissait deviner. Mais en l’espace de quelques secondes seulement, celle-ci changea. Il m’expliqua d’avoir été surpris qu’un segtek tel que moi soit si poli.
De mon côté, la surprise c’était qu’on me parle si gentiment. Je savais que mon physique n’était pas des plus agréables pour un humain standard, mais moi, j’avais beau regarder le reflet de mon image dans l’eau et je ne comprenais pas ce qui clochait… je me trouvais très bien.
Puisqu’il s’était révélé gentil avec moi, je lui expliquai tout simplement.

“Ce sont en effet des segtek qui m’ont abandonné peu après ma naissance. Mais un couple d'humains m’ont accueilli dans leur maison et m’ont adopté comme leur fils. D’un segtek, j’ai seulement l’apparence physique.”

Je me retins cependant de lui expliquer que malgré mes dents pointus, je n’avais rien de repoussant, bien au contraire.

L’aimable homme, réfléchissait tout en tortillant sa moustache soignée. Puis, après une courte réflexion, il me dit qu’il connaissait plusieurs personnes susceptibles de m’aider. Tout d’abord, je pouvais me rendre au marché. Et si je désirais en acheter je pouvais contacter Arlan le Scribe. Bien qu’il ne soit pas facile à trouver, j’étais susceptible de le trouver près des docks.

“Je vous remercie." Dis-je avant de lui faire un signe de la tête, et de poursuivre mon chemin.

Il avait sûrement une belle bourse à sa ceinture, mais je n’y avais même pas jeté un coup d'œil, n’ayant que regarder son visage, ou plutôt sa moustache. Et puis, je ne suis pas un voleur…. Enfin, je n’attaque pas les gens pour les détrousser… Mais lorsqu’un objet se retrouve “seul”, même s’il est dans une demeure bien gardée, alors selon moi, il appartient à celui qui le prend.

Je me dirigeai donc vers les docks à la recherche du dénommé Alan, tout en jetant un coup d’œil au sol, au cas ou je trouverais d'autres munitions, ou une autre rune.

Fenouil remercie l'homme et se dirige vers les docks avec l'intention de retrouver Alan Le Scribe

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Gamemaster6
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Re: Les Habitations

Message par Gamemaster6 » sam. 13 juin 2026 19:55

La Fracture du destin
Enquête à têtes
Nhaundar & Haple
IV

Sous le soleil cuisant de cet après midi typique du climat du Nord de l’Imiftil, une brève course-poursuite s’engagea. Si Nhaundar pu rapidement se rendre compte qu’il avait tout intérêt à rester à l’ombre pour ne pas gagner une migraine des plus douloureuse, Haple n’eut pas tant de problèmes. Courant malgré l’inconfort présent dans son abdomen, elle rattrape sans mal la petite fille qui, disons-le, n’est ni très rapide, ni très adroite dans sa fuite. Haple se met à chanter, attirant l’attention de la jeune fille. Gamine qui s’arrête, se tourne vers la chanteuse et… disparaît dans un nuage de poils. L’énorme chien poilu qu’est Mange-Botte a la bonne idée de se jeter sur l’enfant dans un but purement amical, oubliant sans doute sa taille et sa force. L’enfant se retrouve donc au sol, le visage labouré de la langue baveuse d’un chien géant qui jappe joyeusement.

Deux passants, craignant le pire, semblent sur le point d’approcher quand le rire cristallin de la petite résonne finalement.

« Arrête, gros baveux ! Je vais être sale !»

Les cheveux ébouriffés et le visage luisant de bave, la gamine se relève tant bien que mal. Elle essuie sa peau avec une grimace mi-amusée, mi-dégoutée, puis jette un regard un peu perplexe à Haple. Que ce soit sa dégaine, son chant ou autre chose, il est clair que quelque chose la laisse dubitative. Ou curieuse.

« J’pas tout compris, mais t’es l’ami du gros chien, c’est ça ? Tu chantes bien en tout cas. ? Madrilène chante bien aussi, mais elle veut jamais nous apprendre… t’as appris toi ? nan parce que ça coûte cher, il parait. Et moi j’ai pas d’argent. »

Et tandis qu’elle commence à parler, les sujets allant et venant sans vraiment de cohérence précise et qu’elle ne s’arrête que pour respirer… un peu, elle aperçoit Nhaundar. Son premier réflexe est de reculer, mais le jappement joyeux de Mange-Botte qui file léchouiller son maître semble la calmer. Ou, en tout cas, la retenir suffisamment avec l’espoir de cajoler de nouveau le canidé géant.

« Maman dit que les elfes noirs sont dangereux… Mais si le chien l’aime bien c’est que ça doit être un gentil elfe… Mais t’as dit que vous cherchez un frère c’est ça ? le frère de qui ? Moi j’ai pas de frère. Mais je connais des frères. Pas le miens. J’ai que des sœurs. Maman dit que c’est la faute de papa, mais je crois elle rigole. »

Et tandis que la petite repart dans une espèce de monologue sur la généalogie de sa famille proche, Mange-botte, lui, incite Nhaundar à approcher de l’enfant alors qu’Haple doit l’écoute babiller…. Ou rapidement recentrer la conversation si elle veut un jour obtenir réponse.
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Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Haple Mitrium
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Re: Les Habitations

Message par Haple Mitrium » jeu. 18 juin 2026 07:57

Tandis que Haple captivait l'attention de la jeune fille avec ses rimes, une massive créature déboula sur son côté, noyant la petite dans un nuage de poils blanc et roux et la question de la ménestrelle par la même occasion... Mange-Botte n'avait pas attendu de connaître la réaction de l'humaine à l'invitation musicale de l'Hinïonne pour retenir sa partenaire de jeu en fuite! La pauvre enfant ne faisait pas le poids, littéralement : elle s'effondra au sol. Mais ce fut un rire jovial qui monta, étouffé, du maëlstrom membres poilus et imberbes, si bien que se détournèrent de la scène les quelques passants qui s'étaient inquiétés du sort de la pauvrette -- une bien noble attention pour cette créature des rues que les bonnes gens ignoraient sciemment d'ordinaire.

- Arrête gros baveux, je vais être sale !

(Au contraire). Haple songea en l'observant se relever que le brin de toilette offert à la môme avait ôté un peu de la poussière qui avait parsemé son visage d'albâtre. Mais elle n'en montra rien lorsque le corgy relâcha finalement son emprise sur elle pour retourner chercher son maître et les entrainer tous les trois dans une liesse joueuse et amicale. La Tulorienne en profita pour se relever et préciser à Haple n'avoir pas tout compris. La réciproque était plus ou moins vrai, tant les propos de l'enfant qui suivirent furent chaotiques. Celle-ci papillonnait d'une idée à une autre aussi vite que le chien géant faisait des aller retours entre eux : des histoires de famille, de leçons de chant et...

L'hinionne tressaillit au son du chien qui aboya, interrompant soudain le flot prolifique de la gueuse. Et curieusement, il lui semblait avoir entendu l'elfe noir lâcher un couinement discret juste avant... Il semblait commander au chien comme le chaman du bourg voisin le faisait aux chevaux dans son enfance. Il faudrait qu'elle lui demande s'il versait dans cette magie animale lui aussi... Mais, d'ici là, l'Hinïonne rebondit sur la question du Shaakt qui avait profité du silence inespéré pour réorienter la conversation sur l'objet de leur enquête.

- Fre-ir, répéta-t-elle en insistant sur la deuxième syllabe dans l'espoir de se faire mieux comprendre de l'enfant. Est-ce que tu connais un garçon qui répond à ce nom ? Sinon, peut-être que l'une de tes soeurs le connaitraient? Ou bien, cette Madrilène ?

A ce nom, l'inspiration saisit la ménestrelle.

- D'ailleurs, si tu peux nous guider, je peux t'apprendre à chanter un peu en chemin... gratuit, précisa-t-elle avec un clin d'oeil.

L'humaine lui plaisait. Elle ne pouvait pas s'empêcher de voir la ressemblance avec elle-même avant que la bonne fortune lui sourisse. (Bonne fortune...) Elle rigola intérieurement ; un rire jaune... Ces derniers mois n'avaient pas été de tout repos. (Mais...) Elle n'oubliait pas que les bardes de l'académie de Haénian lui était venus à l'aide dans son heure la plus sombre. C'était donc un peu par calcul, mais aussi un peu par empathie, qu'elle lui faisait cette proposition. Sa bonté la perdrait...

(Ou pas)

Sa proposition fit mouche. L'enfant reporta son attention sur elle, des étoiles dans les yeux remplaçant l'appréhension que suscitait encore son compagnon de route. Elle connaissait donc ledit Freir et les conduirait à lui, ou plutôt à son domicile. Haple opina du chef, aussi bien enchantée de l'engouement de la petite que de sa coopération. Car il y avait peu de choses qui savait gagner sa sympathie, mais un amour partagé de la musique en faisait certainement partie! Le Shaakt lui aussi s'enthousiasma, et il proposa sa monture hors du commun à la petite. La chaleur torride promettait en effet une marche éreintante à travers les rues blanchies à la chaux de la cité méridionale. Et l'offre était d'autant plus généreuse que le Shaakt ne semblait pas à son aise dans cet environnement si ensoleillé...

Tandis que la gamine se décidait à saisir l'opportunité de monter Mange-Botte ou non, Haple ordonna ses pensées, le regard scrutant la direction indiquée par celle-là.

(Une rue comme une autre. Un endroit par où commencer. Par où commencer...?)

- Commençons par le commencement ! déclara la ménestrelle d'une voix professorale sur le ton du jeu. Le chant, c'est avant tout des sons et des rythmes doublés d'une signification. Parfois, on emploie des mots pour exprimer ce sens, parfois on s'en abstient. Mais dans tout les cas, il faut pouvoir maitriser son corps pour en tirer les sons et les rythmes qui donnent vie à la pensée musicale.

Haple tourna la tête vers son élève du jour. Elle s'amusait de ce masque pompeux qu'elle portait mais se demanda si son jeune auditoire partageait le sentiment... Elle enchaîna sans attendre sur du concret.

- La langue et le souffle, voilà les outils du chanteur. Répète après moi, du mieux que tu peux, sans chanter, comme si tu expliquais quelque chose d'évident à l'une de tes soeurs : "Mon gros, gras, grand grain d'orge. Je me dégrograsgraind'orgerai quant tous les gros, gras, grand grains d'orge se dégrograsgraind'orgeront..." N'est-ce pas ?!

Haple s'amusait autant qu'elle espérait amuser leur guide du moment.

- Tu vois comment la répétition des mêmes sons sculpte un rythme? Difficile à prononcer, mais avec un peu d'entraînement tu y arriveras. Allez, prenons un autre exemple. Quelque chose de ton cru. Par exemple, tu me disais que Freir trainait avec des idiots et rentrait tard le soir? Composons ensemble une petite chanson pour lui montrer ce que tu sais faire quand on le retrouvera.

Le naturel revenait au galop. A son plaisir sincère de partager sa musique avec l'enfant se mêlait le calcul de l'enquêteuse. Car ce que l'enfant avait dit du garçon l'inquiétait un peu : il semblait trainer avec de mauvaises fréquentations, ce que Haple avait redouté depuis sa conversation avec l'étudiant à la bibliothèque.
La nuit noie les nuages noirs
Des ombres hors du dortoir!
Freir et ses frères de fer se frayent
Un chemin parmi ceux qui sommeillent...

- Tu continues? Qu'est-ce qu'il fait Freir quand il traîne tard le soir et qu'il va retrouver ces "idiots"?

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Nhaundar
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Re: Les Habitations

Message par Nhaundar » sam. 20 juin 2026 22:01

XI 15 Le poids d’une sombre réputation.

XI 16 Sur la piste de Freir.


Lentement, je me rapproche de la jeune fille afin de ne pas l’effrayer. Sur mon incitation, Mange-Botte se rue sur elle, tandis que mon camarade tente une approche singulière qui ne manque pas d’efficacité.

D’une voix plus aiguë que je ne l’aurais cru, il se met à improviser un petit chant pour distraire la fuyarde. La maîtrise vocale de son chant, son improvisation sur la situation et le plaquage en bonne et due forme de mon Corgy, qui la lèche allègrement, suffisent à changer la situation.

Sur le côté, je remarque la peur des passants qui craignent pour sa vie face à une telle créature, mais le rire enchanteur de la gamine les rassure, tout comme moi.

Elle finit par se relever, les cheveux en bataille et la bave en abondance brillant sur son visage. Nos regards se croisent et je décèle dans ses yeux une crainte millénaire à la vue d’un shaakt. Pourtant, la présence de Mange-Botte, qui vient me lécher, content d’avoir réussi la mission que je lui ai confiée, paraît adoucir ses craintes. Si elle souhaite de nouveau jouer avec lui, il lui faudra accepter ma présence.

D’une honnêteté enfantine, elle clame que sa propre mère lui a appris à se méfier des elfes noirs, le danger rôdant toujours autour d’eux. Un conseil que moi-même j’ai tendance à suivre. Elle poursuit ensuite à la demande d’Elladhen, mais se méprend. Plutôt que de parler d’un jeune garçon nommé Freir, elle pense que nous cherchons un de ses frères. Elle explique alors qu’elle n’en a pas et qu’elle n’a que des sœurs. Le problème viendrait, selon sa mère, du paternel, avant d’enchaîner sur le reste de sa famille, retraçant sa généalogie et les compétences plus ou moins utiles des uns et des autres.

La jeune fille parle sans cesse. Un flot ininterrompu de mots, comme un fleuve de paroles qui tiendrait sa source d’un océan de bavardages. Alors que mon Corgy me pousse à m’avancer pour que je me rapproche, l’ininterruption de la jeune fille commence à me faire perdre la raison de notre présence.

(Ha oui, Freir ! Mais si on veut lui demander quoi que ce soit, encore faut-il qu’elle nous laisse la parole et, après ce petit rapprochement, je n’ose pas intervenir, de peur qu’elle prenne mal cette interruption.)

Puis une idée me vient. Plutôt que de prendre le risque de la mettre à nouveau sur ses gardes, c’est une tierce personne qui le fera à ma place. Une tierce personne à quatre pattes, la queue remuant comme un métronome et la langue baveuse à souhait sous cette chaleur.

« Si tu souhaites jouer avec elle, tu dois le lui dire. Sinon, je crois bien qu’on passera la journée à l’écouter ! » fais-je à Mange-Botte.

« Jouer ! Jouer ! » jappe-t-il à son attention sans plus attendre.

« Pardon, je crois qu'il a envie de jouer. Tu disais que ta mère t'avait mis en garde contre les elfes noirs ; c'est un sage conseil. Moi-même, je préfère rester à bonne distance des miens. Tu as en tout cas raison sur un point : je suis différent des histoires qu'on raconte sur les elfes noirs. » Je m’arrête un bref instant avant de reprendre. « En revanche, nous ne cherchons pas un frère, mais un jeune garçon nommé... comment était-ce déjà ? » fais-je en portant mon regard sur Elladhen.

Celui-ci répète le nom de Freir en articulant bien, pour lui faire comprendre que nous ne sommes pas à la recherche de son frère, qui n’existe pas de surcroît. Espérant qu’elle connaisse davantage Freir, ses sœurs ou même une Madrilène qui chante tout aussi bien que mon camarade, il tente de soutirer quelques informations. Il va même jusqu’à lui proposer de lui apprendre à chanter sur la route.

Sur son visage, je vois l’expression de deux émotions opposées qui s’entrechoquent. D’un côté, la suspicion face à mon approche et, de l’autre, le plaisir de caresser ce gros tas de poils sur pattes.

Elle finit par nous révéler connaître le jeune garçon. Un enfant gentil, même s’il traîne avec des idiots. Je ne peux m’empêcher de faire le lien avec les craintes d’Elladhen concernant le potentiel piège autour de cet enfant. Néanmoins, la possibilité d’apprendre à chanter l’enthousiasme beaucoup et elle nous guide sur le chemin, même si elle doute que le garçon soit présent, celui-ci traînant souvent tard le soir.

L’annonce du soir fait surgir en moi un sentiment d’envie. La morsure du soleil sur mes yeux et les nombreux reflets sur des objets métalliques ici et là sont autant de lames acérées pour mes rétines. Vivement que le ciel se voile du manteau de la nuit.

Tâchant d’amadouer la jeune fille, je lui propose également, si elle le souhaite, de monter sur le dos de ma monture si particulière et d'éventuellement nous parler de Freir et de ses découvertes de runes. Je pourrais la hisser moi-même, mais il est préférable d’éviter les rapprochements et les contacts physiques. Mange-Botte se laissera faire si je lui demande et peut-être aurai-je droit à un accueil plus chaleureux que celui qu’engendre systématiquement ma couleur de peau.

C’est avec plaisir qu’elle accepte de monter sur mon Corgy et, sur la route, Elladhen lui donne son cours de chant. Il commence par une explication de ce qu’est le chant : des sons et des rythmes mêlés à une signification particulière. La clef de voûte de tout réside cependant dans la maîtrise du corps pour être capable de produire le son précis, le rythme voulu, afin de donner vie à ce qu’il appelle une pensée musicale.

Puis il évoque les deux principaux outils du chant : la langue et le souffle. Pour être le plus précis possible et ne pas bafouiller, il lui propose un exercice : répéter une phrase étrange, mais qui nécessite une certaine habileté de la langue pour être menée à son terme sans se tromper.

L’exercice est étrange et pique ma curiosité. Dans mon coin, je m’attèle également à le réaliser. Qui sait si ma diction ne va pas s’améliorer ainsi ?

Alors qu’Elladhen improvise un couplet afin de tirer les vers du nez à la petite concernant les affaires de Freir et ses fréquentations, j’essaie l’exercice proposé dans mon coin.

« Mon gros, gras, grand grain d'orge. »

(Finalement, il n’est pas si difficile, cet exercice.)


« Je me dégrograngrasd'orgregai quand tous les gros, grands, gras grains d'ogre se dégrongrandgraind'ogregeont... »

(… Bon, c’était… Disons que pour une première fois… c’était… pas si mal. Je crois.)

Entre deux exercices oraux, je suis les indications de la jeune fille dans l’espoir d’atteindre le dénommé Freir.


XI 17 Le parfum des quais.
Modifié en dernier par Nhaundar le ven. 26 juin 2026 21:37, modifié 1 fois.

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Gamemaster6
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Re: Les Habitations

Message par Gamemaster6 » dim. 21 juin 2026 12:18

La Fracture du destin
Enquête à têtes
Nhaundar & Haple
V
Juchée sur le dos de Mange-bottes, la petite guide les deux acolytes à travers les rues de la ville. Des regards étonnés se tournent parfois dans leur direction. Le groupe a de quoi étonner, après tout. mais la fillette ne semble guère s’en soucier, tandis qu’elle écoute avec attention les conseils d’une Haple visiblement ravie de partager son savoir de ménestrel. Et c’est avec une attention toute particulière et un air très sérieux que la petite suit l’apprentissage improvisé, alors qu’elle est juchée sur un chient géant. C’est avec un aplomb insolent qu’elle se met donc à faire ce que lui demande Haple. Avec un résultat relatif.

« Mon gros, gras, grand grain d'orge. Je me dégog… dégrogragraindro… dégrogragraindorgerai… C’est duuuuur ! »

Malgré son air boudeur, l’échec de Nhaundar, qui s’essayait aussi à l’exercice, la rassérène un peu et elle s’y essaie plusieurs fois, sans succès. Mais puisque Haple l’interroge sur Freir à l’aide d’un autre exercice, elle s’y essaie volontiers. Elle réfléchit quelques instants, avant que sa voix fluette ne se mette à chantonner quelques vers avec une énergie qui rattrape un rythme chaotique. Si on est loin d’une ménestrelle, Haple peut quand même déceler une certaine harmonie au milieu du chaos.

La bande se balade dehors
pendant que tout le monde dort
Ils partent ramasser des pierres
Et ramènent des pièces à leurs pères !
Elle semble très fière d’elle, mais ajoute quand même.

« Le papa de Freir est pas très gentil, mais il dit jamais non quand il ramène des yus. Ils habitent pas très loin du port, parce que son papa y travaille. Comme ses frères. »

Et, en effet, au fur et à mesure qu’ils avancent, l’odeur des embruns se fait plus forte. Mais aussi celle du poisson et du port dont l’agitation peut être perçue bien avant qu’ils ne le voient. Finalement, la petite s’arrêtent devant une maison et toque à la porte. Nulle réponse ne leur parvient malgré l’insistance.

« Ils doivent travailler. Vous voulez les attendre ou aller voir au port ? »
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Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Nhaundar
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Re: Les Habitations

Message par Nhaundar » ven. 26 juin 2026 21:36

XI 16 Sur la piste de Freir.

XI 17 Le parfum des quais.


Nous déambulons dans les rues de Tulorim, la jeune fille sur le dos de Mange-Botte, tandis que nous nous essayons, elle et moi, à l’exercice d’Elladhen. L’exercice est ardu et, tout comme moi, la jeune fille se retrouve face à un obstacle ne pouvant être surmonté que par l’effort assidu et la répétition.

Laissée emporter par la poésie naturelle qui émane de mon camarade, lorsqu’il lui demande plus d’informations sur le jeune Freir, c’est en rimes que nous parvient la réponse.

De ce qu’elle dévoile, Freir se promènerait dans les rues de la ville lorsque le voile de la nuit recouvre la cité et endort la plupart de ses habitants. Avec d’autres enfants, ils partent en quête de pierres pour les revendre à leurs pères. La jeune fille est fière de son effort et ajoute plus simplement, sans extravagance rythmée, que le père du jeune homme n’est pas des plus gentils. L’information est à prendre avec des pincettes au vu de son jeune âge. Que peut-elle considérer comme de la gentillesse ou de la méchanceté à son âge ? Peut-être est-ce la disparition de Freir et l’ignorance de sa position si tard dans la nuit qui l’inquiètent, mais ce sentiment s’estompe vite lorsqu’il revient avec les yus qu’il a rapportés.

Nous approchons de notre destination. L’embrun marin, déjà présent dans la ville, devient de plus en plus fort à mesure que nous nous dirigeons vers le port, tout comme l’odeur de poisson. Forte, pénétrant les bronches et retournant l'estomac comme s'est pas permis. Je me fais le rappel de trouver une sorte de parfum pour ma prochaine venue. C’est en tout cas ici que vivent Freir et sa famille, et où son père et ses frères travaillent. Les odeurs se font plus fortes, mais l’agitation aussi.

(Est-ce l’heure de partir en mer ? Si tard dans la journée ? Ils n’y verraient rien. Ils se préparent peut-être pour un départ au petit matin.)

Je me désintéresse du sujet, auquel je ne porte aucun intérêt, et me demande plutôt s’ils emploient des méthodes magiques pour localiser et pêcher le poisson.

(L’usage du fluide de lumière pourrait peut-être aider à localiser les sources de vie, tandis que les fluides d’eau seraient en mesure de déceler les courants générés par les bancs de poissons et même d’en créer pour les attirer dans les filets. Je ne crois pas avoir lu d’études ou d’histoires similaires, mais qui sait ? Il existe une première fois à tout !)

Nous terminons notre parcours jusqu’à la porte d’une demeure contre laquelle la jeune fille toque. Malgré plusieurs coups, nous n’obtenons aucune réponse. Notre guide suppose qu’ils doivent travailler à cette heure-ci et nous propose soit d’attendre, soit d’aller directement au port.

(Le port ? Pourquoi pas. Cela nous permettra peut-être d’en savoir un peu plus sur cette crique aux poissons, en plus de trouver Freir. Cependant, si le père est friand de yus, je ferais mieux d’en avoir un minimum avec moi.)

« Je pense aller au port, effectivement. » dis-je en portant mon regard dans la même direction. « J’ai d’ailleurs quelques questions au sujet d’une crique et, à défaut de trouver le jeune Freir, ces informations me seront utiles. En revanche, l’avidité du père de Freir m’inquiète quelque peu. Je ferais mieux de vendre quelques objets qui ne me sont plus utiles avant d’aller le voir. »

Puis, me tournant vers la jeune fille pour croiser son regard, je poursuis :

« Tu connais un marchand ou quelqu’un susceptible de m’acheter quelques biens pas très loin d’ici ? Je dois avoir une baguette, une épée et mon vieux chapeau dont je pourrais me délester. Sinon tant pis, j'irais ainsi.»
J'espère trouver un marchand pour vendre :
Baguette magique ( Arme magique à une main, bonne qualité) 500/2=250
Lame (Arme de mêlée à une main, bonne qualité.) 500/2=250
Chapeau pointu pourpre (Habit, Qualité ordinaire) 100/2=50
Total de 550 yus de vente, SI, je trouve quelqu'un pouvant me les acheter.

et achat d'un bougie (1 yus) pour faire fondre la cire et nous protéger les oreilles plus tard.

Dans le cas contraire, j'irais ainsi dans la zone portuaire avec Mange-Botte et La petite.
Je crois qu'Haple à d'autres projets.

XI 18 Le pouvoir des yus.
Modifié en dernier par Nhaundar le dim. 5 juil. 2026 15:12, modifié 2 fois.

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Haple Mitrium
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Re: Les Habitations

Message par Haple Mitrium » sam. 27 juin 2026 00:14

Son attention tournée vers son élève du moment, Haple rattrapa de justesse son paquetage : elle l’avait posée en équilibre sur sa tête pour se protéger le visage de la morsure du soleil ce qui l’empêchait de baisser le regard et d’identifier les nombreux nids de poules et rigoles sur la chaussée. Le chemin par lequel la petite les conduisait identifiait clairement leur destination comme un quartier populaire.

(Le port…)

Le rire moqueur des mouettes que son ouïe elfique perçut bientôt semblait répondre aux tentatives maladroites de l’enfant et du Shaakt. Ce dernier trébucha sur l’exercice de diction comme s’il souffrait d’un coup de chaud, avant de sagement s’en tenir à un silence dans lequel l’apprentie chanteuse s’essaya à une improvisation poétique. Et quel résultat, pour une première fois !... La ménestrelle en fut impressionnée et ne manqua pas de faire l’éloge de ses aptitudes innées : Madrilène avait de la compétition. Ou plutôt, comme la ménestrelle remarqua à haute voix, celle-là pourrait profiter des talents de chansonnière de la petite.

- Quel est ton nom d’ailleurs, Langue d’Or, que je chante tes louanges dans les cours princières et les clairières sacrées ?

Puis, la question ramenant son esprit à des considérations plus sérieuses, Haple chercha à obtenir confirmation de ce qu’elle pensait entrevoir à travers les rimes de son apprentie :

- Ces pierres qui lui rapportent des yus, à Freir, ce sont des pierres précieuses, brillantes et colorées ? Ou bien des cailloux plutôt ordinaires ? Tu en as déjà vu avant qu’il ne les vende ?

La petite ne répondit pas. Du moins pas immédiatement… peut-être la flatterie l’avait elle transportée sur un nuage, ou avait-elle éveillé une quelconque gêne ? En tout cas, le quatuor improbable pénétra dans le quartier portuaire, avec ses maisons mitoyennes aux façades décrépies par l’attaque conjointe de l’air salé et du soleil, avant que la petite reprît la parole pour leur annoncer être arrivés à destination et taper à la porte. A plusieurs reprises. Sans réponse…

Haple fit un pas en arrière pour prendre du recul et embrasser du regard la modeste habitation. Les volets étaient fermés pour se protéger de la lumière incidente et préserver au mieux la fraicheur du logis. Mais en ce qui la concernait présentement… impossible de voir à l’intérieur.

Les deux autres semblèrent arriver à la même conclusion : les occupants étaient probablement sortis et deux choix s’offraient à eux. Rester et espérer croiser leur chemin. Ou bien tenter de les retrouver sur le port, où, d’après l’enfant, ils travaillaient tous deux la journée. Puisque son compagnon annonça vouloir suivre cette deuxième piste, Haple, elle, proposa de rester sur place. Ils pourraient toujours se retrouver plus tard, le lendemain à l’aube, sur le ponton qui faisait face à la capitainerie.

- Si vous pouviez d’ici là trouver une embarcation pour nous conduire dans la crique où poussent ces algues que cherchaient notre collègue du désert, ce serait effectivement idéal. Et si vous passez par un marchand, vous trouverez peut-être de la cire à acheter ? Je n’ai pas d’argent sur moi à vous proposer en revanche…

Une fois seule, l’Hinïonne posa délicatement son paquetage au sol et s’adossa lourdement contre le mur de la maison, à l’ombre d’une caisse sur laquelle étaient déposés filets de pêche emmêlés et planches de bois rongé par les barnacles. Cette chaleur étouffante ne lui seyait guère. Elle retira ses bottines pour laisser respirer ses pieds, agitant ses orteils dans l’air sec en pensant avec nostalgie aux fraîches rivières d’Anorfain… Haple soupira et ferma les yeux un instant. (Juste un instant…)

Un instant qui dura.

Un instant de torpeur estivale qui menaçait de l’emporter dans l’épaisseur du temps qui passe au royaume des songes.

Dans un sursaut, Haple reprit brutalement conscience de la réalité. Sa tête était tombée sous le poids de la fatigue, la tirant de justesse d’un sommeil sournois qui l’aurait sûrement vue se faire dérober ses affaires. Dans un quartier comme celui-ci, la maîtresse des runes ne se faisait aucune illusion : il était Ecrit que les gosses de riches imprudents ressortiraient plus léger qu’ils ne l’étaient en arrivant.

Heureusement, Haple s’en assura aussitôt d’une main inquiète, son sac de voyage ne l’avait pas quitté. Elle l’ouvra pour en vérifier le contenu : tout y était de ses herbes séchées au livre emprunté. Avant de le refermer, elle en sortit la fiole de fluide. Livrée à elle-même, elle préférait disposer d’un maximum de ressources dans l’éventualité d’un combat. Bien entendu, elle ne souhaitait pas en arriver à devoir utiliser sa magie car cela risquait de laisser une trace que les Sœurs du Couvent pourraient suivre.

(Mais…)

Elle déboucha la fiole et fit couler dans sa gorge le liquide grumeleux. Alors que le goût ferreux et l’odeur de poussière qu’elle connaissait bien désormais envahirent sa bouche et son nez, une pesanteur l’envahit qui n’avait rien à voir avec la lourdeur de ses jambes ou le poids de cette chaleur de plomb qui l’accablait depuis leur départ de l’Université. C’était un ancrage dans cet environnement inhospitalier, une protection contre les assauts du climat. L’espace d’un instant, la géomancienne eut l’impression de s’enfoncer dans le mur et dans le sol, ne faisant plus qu’une avec Yuimen, ni plus ni moins que l’une des formes adoptées par l’immensité minérale : brique, pierre, pavé… (moi)… quelle différence ?

(Plénitude planétaire)

Dans cette union fluidique, Haple se réalisait. Elle avait toujours été la Simple ; elle était désormais aussi l’Entière. Ce qui était la même chose. Sans décorum ni vacuité, l’elfe blanche contenait la quantité du fluide le plus prosaïque qui l'emplissait exactement. Une paix intérieure s’installa en elle, tandis qu’elle examinait en son cœur cet équilibre du corps comme de l’esprit.

L’ombre des caisses à côté desquelles elle s’était réfugiée s’était étirée lorsqu’elle sortit finalement de cette transe méditative. Des passants lui étaient-ils passés devant ? Elle n’aurait su le dire. En revanche, elle se souvint de la raison qui l’avait conduite au pied de cette maison aux volets fermés et à la porte muette. Personne n’était entré, ni sorti. Cela elle en était à peu près certaine. Alors, elle se remit debout et dérouilla ses articulations ankylosées les unes après les autres, avant de prendre son paquetas sous le bras et de se diriger vers la maison voisine.

Si personne ne répondait à celle-ci, elle frapperait à la suivante, puis à celle d’après, jusqu’à tomber sur quelqu’un susceptible de la renseigner sur les occupants de la maison déserte, de leurs habitudes et de leurs liens éventuels avec le monde de la nuit et le commerce des runes.

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Gamemaster6
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Re: Les Habitations

Message par Gamemaster6 » dim. 28 juin 2026 13:19

La Fracture du destin
Enquête à têtes
Haple
V.1
Restée seule, Haple a tout le temps du monde pour ressasser les événements de la journée. Marcilla - l'enfant s'étant présentée sous ce nom - lui a bien fait comprendre que seule d'étranges pierres gravées semblaient intéresser Freir et les autre enfants. Nul doute que la coïncidence était trop belle pour être ignorée. Mais, pour l'heure, impossible de parler au fameux Freir et le duo qui n'en était plus un se sépara, Nhaundar ayant pris la direction du port avec son chien et la gamine qui piaillait joyeusement, visiblement ravie des louanges de sa nouvelle amie ménestrelle. Elle lui a tout de même promis de revenir très vite. Sûrement pour chanter à nouveau.

C'est donc avec une envie de sociabilise avec la populace locale que Haple se met à toquer aux portes voisines. ans la première, seuls les aboiements d'un chien lui répondent. La seconde lui offre plus de chance, mais la porte est bien vite refermée d'un coup sec, le Garzok à l'intérieur ne souhaitant apparemment que calme et silence pour piquer un somme bien mérité après une dure nuit de labeur. ET au vu des muscles saillants, du regard injecté de sang et des immenses dents du gentilhomme, mieux valait ne pas persévérer. La troisième lui offre heureusement davantage de chance. Une vieille femme portant un kruseler ocre lui ouvre. Ses yeux verts sont perçants malgré son âge évident et elle observe Haple de haut en bas pendant un bref instant avant qu'un sourire ne fleurisse sur ses lèvres décharnées.

Malin, jeune fille, très malin, même si tu gagnerais à rendre ton visage plus anguleux avec quelques cosmétiques, pour que l'illusion soit plus convaincante. Que puis-je pour toi, mon enfant ? Si c'est de l'argent ou des objets précieux, tu as hélas frappé à la mauvaise porte.

La vieille femme est directe et franche et ne semble guère s'embarrasser de quelconque conventions sociales habituelles. Mais lorsqu'il devient évident que Haple ne checrhe que renseignements sur ses voisins, la vieille femme sourit encore davantage.

Oh, je vois, je vois. Tu parles des Krysler ? J'ai longuement eu la charge de leurs enfants, au fil des ans. Il faut dire qu'ils n'ont pas une vie facile, les pauvres. Ce ne sont pas de mauvais bougres, mais ils ont l'alcool mauvais, si tu vois ce que je veux dire. Ils travaillent tous au port, sauf la mère, Estelle, qui est couturière. Très douée d'ailleurs. Ils sont rarement de retour avant le coucher du soleil et ils leur arrivent de partir plusieurs jours pour pêcher, laissant le dernier avec sa mère. Ils n'ont pas d'ennuis, n'est-ce pas ? Tu ne vas pas leur en causer, j'espère ?
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Haple Mitrium
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Re: Les Habitations

Message par Haple Mitrium » dim. 28 juin 2026 22:54

Après deux tentatives infructueuses, la petite enquêteuse finit par trouver quelqu'un auprès de qui obtenir des renseignements. La providence se manifesta sous les traits d'une femme respectable aux yeux verts et au visage ridé par de nombreuses années passées sous le soleil tulorien. Son grand âge n'avait pour autant pas émoussé sa vivacité d'esprit : elle remarqua aussitôt la féminité de l'inconnue sur le pas de sa porte malgré sa tenue, sa coupe de cheveux et les efforts que celle-ci mettait à se tenir et parler comme un garçon. Haple déglutit, c'était la première fois qu'elle était démasquée. Et cela en disait long sur son interlocutrice : on ne la lui faisait pas à elle!...

Alors, la ménestrelle la rassura immédiatement. Non, ce n'était pas l'appât du gain qui l'amenait devant elle. Non, elle ne voulait pas de mal à Freir et ses proches. Au contraire :

- J'hésite à vous en parler, mais puisque vous semblez proche de la famille... Freir s'est fourré dans un sacré pétrin, inventa-t-elle en brodant sur les éléments concordants qu'elle avait réuni auprès de l'étudiant, de Marcilla et, maintenant, de la voisine. Ca fait un petit moment qu'il s'arrange pour se procurer de ces runes dont certains acheteurs peu fréquentables raffolent. D'abord, le plus innocemment du monde, en se promenant sur la plage en rentrant du travail. Puis, en trainant la nuit avec de mauvaises influences. Et maintenant...

Haple marqua une pause dramatique.

- Il a été pioché dans les poches de la mauvaise personne. Pas moi, non... précisa-t-elle avec un sourire triste, presque avec regret. Enfin, si, mais elle ne m'appartenait pas ces runes ; je les gardait pour Maîtresse.

L'adolescente évoqua à son esprit l'image de Soeur Nétone pour ancrer son mensonge dans sa réalité. Visage livide, lèvres pincées et doigts tremblant, la ménestrelle, masquée du souvenir des sévices subis de la main de la moniale fanatique, déboutonna le col de son doublet pour révéler la méchante cicatrice que lui avait laissé celle-ci. Le souffle court, elle ajouta :

- Il faut que je retrouve les runes avant que Maîtresse ne réalise qu'on me les a volées. Pour notre bien à tous les deux... Elle saura me faire parler, je vous assure... A moins qu'elle n'ait aucune raison de me questionner. Alors, le nom de Freir ne passera pas le seuil de mes lèvres. Madame, vous qui l'avez vu grandir, auriez-vous une idée de l'endroit où il aurait pu les entreposer? Une planque où il aurait cacher ses plus précieuses possessions lorsqu'il était enfant? Un refuge où disparaître quand les grands du quartier - ou son père - l'embêtaient?

Haple tendit la dernière perche qu'elle avait en tête :

- Mais bien sûr, ajouta-t-elle en baissant le regard, comme consternée par sa mauvaise fortune, c'est s'il ne s'en ai pas déjà séparé. Marcilla m'a plus ou moins dit qu'il les vendait pour sustenter la soif de son père et éviter sa... frustration. Alors... Alors... il faudrait que je retrace ses pas et que je les rachète au receleur... si seulement je savais comment le trouver...

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Gamemaster6
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Re: Les Habitations

Message par Gamemaster6 » dim. 12 juil. 2026 15:48

La Fracture du destin
Enquête à têtes
Haple
V.2
C’est un récit fort poignant et faux que Haple raconte à la vieille femme qui a accepté de lui ouvrir pour répondre à ses questions. C’est un regard attristé et même épouvanté qui accueille le récit inventé de toutes pièce par Haple. Un récit qui semble réellement émouvoir son interlocutrice.

Pauvre enfant…

Une main ridée et parsemée de tâche lui serre brièvement l’épaule pour tout réconfort, mais la sincérité qui transparaît dans les prunelles de l’ancienne ne fait aucun doute. Elle a cru au mensonge d’Haple. Difficile de faire autrement, après une telle histoire.

La vie n’est pas facile, par ici. Freir est un bon garçon, mais c’est difficile de lui reprocher de s’adonner à quelques rapines…

Elle semble hésiter un peu, avant de soupirer.

Je sais qu’il traîne avec une petite bande dans les quartiers qui entourent le marché. De la mauvaise graine, surtout leur chef. Je ne sais pas où est leur cachette, je ne vais pas très souvent là-bas et je ne pense pas que Freir la crie sous tous les toits.

Pourtant, une réalisation semble la frapper.

Il aimait beaucoup aller à la Crique de La Pierre Blanche, plus jeune. Et je sais qu’il y retourne souvent. Peut-être a-t-il caché quelque chose là-bas ? Je n’ai hélas pas beaucoup d’autres idées pour t’aider. Qui que soit ta Maîtresse, j’espère que tu pourras bientôt quitter son service. Il y a des choses que pas même les dieux ne pardonnent.

Elle dit cela en portant un regard navré vers la cicatrice révélée plus tôt par Haple. Puis elel sourit doucement.

Aimerais-tu une douceur avant de repartir ? Et de l’eau fraîche ? Ce n’est pas un temps à gambader au soleil, crois moi.
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Morrigane
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Re: Les Habitations

Message par Morrigane » sam. 25 juil. 2026 05:19

Morrigane rejoignis la planque d’Ardur. Aucun bruit de pas. Aucun raclement de chaise. Elle traversa le couloir, effleurant du bout des doigts la rambarde de l'escalier,un geste sans nécessité, dont elle ne se serait pas rendu compte si elle s'était observée elle-même. La maison était vide. Elle le savait avant même d'avoir monté la première marche, à cette qualité particulière du silence qui distingue une pièce désertée d'une pièce simplement calme.

Le message l'attendait sur la table de la cuisine, coincé sous un pichet d'étain pour qu'un courant d'air ne l'emporte pas. L'écriture d'Ardur, large, penchée, appuyée au point de creuser le papier.

Morri,

On lève le camp. Rodryk supporte mal la ville depuis Kibarg, et Vallen dit que trois personnes ont posé des questions sur nous. Ça sent le roussi. On file à la ferme, celle de Vallen, tu connais le chemin. Le temps que les choses se tassent.

Viens nous rejoindre.

Viens, Morri. Sérieusement.

Ardur


Elle lut le billet deux fois. La seconde lecture ne lui apprit rien que la première n'eût déjà livré, mais elle la fit quand même, s'attardant sur les trois derniers mots, sur cette insistance maladroite qu'il avait jugé nécessaire d'ajouter.

(Il sait que je risque de ne pas venir. Il me connaît bien.)

Et en effet. Elle s’était déjà engagée dans cette affaire avec Nahhel.

Elle brûla le message à l’aide de magie et pris la direction du bureau d'Ardur se trouvait à l'étage, une pièce étroite dont l'unique fenêtre donnait sur les toits d'ardoise du quartier. Son frère y entassait ses affaires avec une méthode qui n'appartenait qu'à lui : Une odeur de tabac froid stagnait dans la pièce.

Morrigane s'installa dans le fauteuil de son frère. Le cuir, usé aux accoudoirs, avait épousé la forme d'un corps plus large que le sien, et elle s'y sentit comme dans un vêtement emprunté. Puis elle sortit la fiole.

Elle l'avait prise sur le cadavre de Marrek, en même temps que le pendentif, sans savoir exactement ce qu'elle emportait. Un flacon de verre épais, à peine plus long qu'un doigt, fermé par un bouchon de cire noire. À l'intérieur, un liquide qui ne se comportait pas comme un liquide devrait se comporter : il ne coulait pas le long des parois quand on inclinait le flacon, il glissait, en un seul bloc, avec une lenteur de chose vivante. La lumière de la chandelle ne le traversait pas. Elle s'arrêtait à sa surface et mourait là.

C’était un fluide de magie obscure. Elle fit rouler le flacon entre ses doigts. Le verre était froid.

Elle réfléchissait. Elle avait la possibilité d’avoir un accès potentiel à un registre de sorts nouveau. Elle fit sauter la cire d'un coup d'ongle.

Aucune odeur ne s'échappa du flacon, et cette absence même avait quelque chose d'anormal : toute substance sent quelque chose, même faiblement, même désagréablement. Celle-ci ne sentait rien du tout, comme si l'air refusait de se mêler à elle.

Morrigane porta le goulot à ses lèvres et bu.

Le liquide ne descendit pas. Il s'installa. Elle sentit distinctement la chose franchir sa gorge, non pas couler mais progresser, avec une lenteur délibérée, épousant les parois de son œsophage comme une main qui cherche une prise. Le froid vint ensuite, et il vint de l'intérieur, irradiant depuis l'estomac vers les côtes, vers les épaules, vers la nuque.

Elle eut le temps de reposer le flacon sur le bureau puis la douleur arriva.

Elle ne ressemblait à rien qu'elle eût connu. Ce n'était pas la brûlure d'une blessure, pas la crampe d'un muscle forcé, pas même l'épuisement magique qui suit un sort trop grand pour soi. C'était comme si quelque chose, à l'intérieur d'elle, prenait des mesures. Comme si le fluide parcourait méthodiquement son corps en éprouvant chaque organe, chaque conduit, chaque canal de flux magique, et notait ce qu'il trouvait.

Elle glissa du fauteuil et se retrouva à genoux sur le plancher sans se rappeler être tombée. Ses mains tremblaient. Elle les regarda trembler avec une curiosité détachée, comme s'il s'était agi des mains d'une autre, avant de comprendre qu'elle ne pouvait pas les arrêter. Elle vomît et cela la plia en deux. Ce qui sortit d'elle et s'étala sur le plancher n'avait aucune couleur qu'elle sût nommer. Cela ne se répandit pas comme un liquide ordinaire, ne s'infiltra pas entre les lattes, resta simplement là, en flaque compacte, avant de de se retirer, de rentrer quelque part, laissant le bois parfaitement sec.

Elle resta à quatre pattes, la respiration hachée, à fixer l'endroit où la chose avait disparu.

La nuit qui suivit fut longue.

Elle eut froid, d'un froid qui ne cédait ni sous la couverture qu'elle finit par tirer du lit de camp, ni près du poêle qu'elle n'eut pas la force d'allumer. Elle eut chaud ensuite, une chaleur sèche qui lui fissurait les lèvres. Ses dents claquaient et elle percevait ce claquement de très loin, comme un bruit venu de la rue.

À un moment, elle se surprit à compter les poutres du plafond à voix haute, en chiffres, pour vérifier que son esprit fonctionnait encore. Elle se trompa, recommença. À la quatrième tentative elle s'entendit dire un nombre qui n'existait pas dans aucune langue qu'elle connût, et cessa de compter.

Vers le milieu de la nuit, elle rampa jusqu'au mur et s'y adossa, les genoux ramenés contre la poitrine Le pendentif du Docteur Chêne, contre son sternum, pulsait faiblement, à contretemps de son propre cœur, et cette dissonance était insupportable.

Puis vint le sommeil, et il y eut l'ombre.

Elle se tenait devant la porte dans le rêve, et le rêve était une reproduction exacte du bureau d'Ardur. L’ombre n'avait pas de forme définie. Elle avait plutôt l'apparence de ce qu'on croit voir au coin de l'œil. Elle restait. Elle était haute, mince, dépourvue de visage, et cependant Morrigane sut avec certitude qu'elle la regardait.

Elle ne parla pas. Mais quelque chose passa, une exigence, une pression, aussi claire qu'une phrase et pourtant sans un mot : prends-moi. Apprends-moi. Sers-toi de moi.

Morrigane, dans le rêve, ne recula pas.


Elle se réveilla au petit matin, en travers du plancher, la joue collée au bois, le corps rompu comme après une chute de plusieurs étages. La lumière grise de Tulorim filtrait par la fenêtre et dessinait sur le mur d'en face un rectangle pâle, et dans ce rectangle, pendant une fraction de seconde, elle crut voir bouger quelque chose.

Elle se redressa lentement, s'assit contre le pied du bureau, et attendit que les vertiges se calment. Il y avait quelque chose de nouveau. Une profondeur qui n'existait pas la veille… Il fallait qu’elle s’essaye.



Elle se rendit dans une petite cour non loin de la planque. Elle posa sa main sur le pendentif et tenta d’y insuffler cette nouvelle chose qu’elle sentait en elle. Le fluide obscur. Et elle sentit que le réceptacle l’acceptait.

Maintenant il fallait qu’elle apprenne à le maîtriser. Pendant les heures qui suivirent, elle essaya tout ce que son expérience lui suggérait. Elle tenta d'appeler l'ombre de ses rêves comme elle appelait ses feux follets, par une poussée régulière du flux vers l'extérieur.Rien.

Elle tenta de la tirer, comme on tire un seau d'un puits. Rien.

Elle tenta de la laisser venir, en ouvrant simplement le canal et en attendant, immobile, jusqu'à ce que ses jambes s'engourdissent. Rien encore, sinon un frisson désagréable à la base du crâne, la sensation d'être observée par quelque chose qui ne jugeait pas utile de se montrer.

À la nuit tombée, elle n'avait obtenu qu'un mal de tête et une nausée persistante.

Elle remonta, mangea du pain rassis sans y prêter attention, et s'endormit dans le fauteuil d'Ardur avec le pendentif serré dans le poing.



Au lendemain, comme la veille, elle insuffla du fluide obscure dans le pendentif, puis sortit. Il pleuvait. Une pluie fine qui ne mouillait pas franchement mais s'insinuait partout . Elle repris ses tentatives de la veille mais changea d'approche.

(Le feu, je le pousse. Je lui donne une direction et de la matière. Mais l'ombre n'est pas une matière. L'ombre est ce qui reste quand on retire la lumière.Peut-être qu'on ne la produit pas. Peut-être qu'on la révèle.)

Elle se plaça face à un mur, celui que le jour éclairait le mieux, et travailla non pas à créer, mais à retrancher. À prendre l'ombre déjà présente , la sienne, et à la convaincre de se détacher.

Vers le milieu de l'après-midi, il se produisit quelque chose.

Son ombre portée sur le mur trembla. Pas comme tremble une ombre quand la lumière vacille : elle trembla dans le mauvais sens, un frémissement latéral qui ne correspondait à aucun mouvement de son corps. Puis un bord s'épaissit. Puis une portion se décolla de la pierre, d'un demi-pouce à peine, et flotta.

(Là. C'est là.)

Elle tint. Trois secondes. Quatre. La chose gagnait en densité, un lambeau d'obscurité vaguement vertical, sans contour arrêté, palpitant au rythme d'une respiration qui n'était pas la sienne ;

Et elle s'effondra. Simplement. Comme une flamme privée d'air. L'ombre retomba contre le mur et redevint une ombre ordinaire, servile, docile, parfaitement alignée sur le corps qui la projetait.

Morrigane resta un long moment à fixer la pierre. Elle recommença jusqu'à ce que la nuit rende l'exercice impossible faute d'ombre à travailler, mais rien ne se produisit.


Le lendemain le ciel s'était dégagé, et Tulorim, sous le soleil, sentait encore plus fort. Elle avait passé une partie de la nuit à réfléchir, allongée sur le dos, les yeux ouverts dans le noir. La conclusion était venue vers l'heure la plus froide.

(Je m'y prends comme avec le feu. Le feu, on l'entretient. On le nourrit. On lui donne quelque chose à dévorer. L'ombre ne dévore rien. Elle occupe. Il ne faut pas la nourrir. Il faut lui faire de la place.)

Ce matin-là, au lieu de pousser son flux vers la chose, elle le retira. Elle ouvrit un vide et attendit qu'il soit comblé.

L'effet fut immédiat et suffisamment brutal pour qu'elle recule d'un pas.

L'ombre se leva du mur d'un seul mouvement, sans hésitation, et cette fois elle ne resta pas plate. Elle prit du volume. Elle devint haute, plus haute que Morrigane d'une bonne tête mince, effilée vers le sommet, avec deux prolongements latéraux qui n'étaient pas des bras mais que l'œil s'obstinait à interpréter comme tels. Aucun visage. Aucune surface. La lumière du matin frappait sa silhouette et disparaissait dedans sans reflet ni bordure, si bien qu'on ne pouvait pas dire si elle était près ou loin, ni même si elle possédait une épaisseur. Elle demeura ainsi, spectrale, tremblante à ses extrémités comme un drapeau dans un souffle imperceptible.

Morrigane la regarda de longues secondes avnt que a silhouette se dissipe, s'effilochant par le haut comme une fumée. Morrigane s'assit sur un rebord plus essoufflée qu'elle ne l'aurait admis, et resta immobile jusqu'à ce que le battement dans ses tempes se calme pois elle rentra.

Le quatrième jour, après avoir à nouveau insuflé du fluide obscure dans son pendentif, elle traça à la craie une croix sur les pavés et se donna un seul objectif : y amener la chose.

Les premières tentatives furent des échecs complets. La silhouette apparaissait, s'installait, et ignorait absolument les efforts qu'elle déployait pour l'orienter. Deux fois elle se dissipa dès que Morrigane tenta de la déplacer, comme si l'effort de commandement rompait l'effort de maintien. Elle changea de logique.

(Je n'ai pas à la pousser vers la croix. Je dois faire en sorte que la croix soit le seul endroit disponible.)

Elle ferma les yeux , se priver de la vue lui parut soudain plus juste, puisque la chose n'appartenait pas au domaine du regard et se représenta le vide non plus autour d'elle, mais là-bas, à cinq pas, précisément sur la marque de craie.

Quand elle rouvrit les paupières, la silhouette se tenait sur la croix.

Elle ne l'avait pas vue se déplacer. Elle n'était pas passée d'un point à un autre : elle avait cessé d'être ici pour être là, sans transition, à la manière d'une chose qui n'aurait jamais admis d'avoir un lieu propre.

Morrigane essaya encore. Elle la ramena au pied d’un tonneau dans le coin. Puis contre un autre mur et elle se dissipa.

(Maîtrisé. Techniquement. À voir en condition reelle.)

Elle s'assit sur les pavés, le dos contre le tonneau humide, et regarda ses propres mains jusqu'à ce qu'elles cessent tout à fait de trembler. Le ciel de Tulorim virait au cuivre au-dessus des toits. Une mouette passa en criant, très bas.Elle demeura là plus longtemps que nécessaire, sans en formuler la raison, à écouter la ville s'éteindre derrière les murs avant de rentrer, épuisé.

Il vint le lendemain matin, alors qu'elle comptait se rendre au Tripot pour tenter de sacoir si Nahel l’avait contacté, mais c’est lui qui vînt à elle. Enfin, son protégé, le garçon de la petite bandes aux runes, Freir. Il se tenait dans l'encadrement.

(Il sait où je vis.)

La pensée arriva avec une netteté désagréable, et Morrigane resta un instant sur le seuil, sans le faire entrer, en évaluant l'ampleur de ce que cela impliquait.

(Je n'ai donné aucune adresse. J'ai donné un intermédiaire, un tenancier, un point de chute neutre. Précisément pour éviter ceci. Donc Nahel savait déjà. Depuis le temple, ou avant. Il m'a laissée croire que je choisissais les termes de nos échanges. Il m'a laissée poser mes conditions en sachant qu'elles ne servaient à rien. Et il m'envoie l'enfant pour que je le comprenne. Ce n'est pas un oubli. C'est une signature. Et je n’apprécie pas.)

Nahel avait chargé le garçon de dire que la chose se ferait le lendemain, et qu'il comptait sur elle.

Sa mission accomplie, Freir hocha la tête à lui-même, comme pour cocher une ligne invisible, et se détourna pour repartir. Puis s'arrêta. Il demanda s'il pouvait venir.

Morrigane le considéra. Quelque chose, à cet instant, lui traversa l'esprit sans permission : l'image d'une gamine de son âge, dans un village, qui regardait les adultes en calculant lesquels résisteraient au feu. Elle chassa l'image comme on chasse une mouche.

« C'est pas à moi d'en décider. »

Et elle le laissa sur ces mots. Rentrant pour se préparer au lendemain.

HRP : - Utilisation de la fiole de fluide obscure.
3 PM sombre ajoutés dans le pendentif. (Si le compte est bon)
Commencement d'apprentissage de Silhouette terrifiante

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