Salle du Destin

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Mathis
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Re: Salle du Destin

Message par Mathis » dim. 14 déc. 2025 14:13

La discussion avait commencé dans le calme ou tous écoutions les explications et posions des questions, mais le ton avait fini par monter surtout lorsque l’on comprit qu’Ashaar n’était qu’un monde test et qu’il était condamné.

Après tout ce qui était arrivé dans ce monde, après toutes les rencontres que nous avions fait, je ne pouvais me résoudre à croire qu’ils allaient tous disparaître. Hart le prenait toutefois plus mal que moi. Il ne voulait pas de compromis, il voulait sauver les gens avec qui il avait partager quelques journées. J’avais exécuté quelques missions avec Hart, la premières sur Aliéanon, et la seconde pour le feu roi de Kendra Kar pour résoudre le mystère du feu dans le ciel. Et à chaque fois, il s’était investi corps et âme.. Mais cette fois il n’y pouvait rien. S’il retournait à Ashaar, il ne reviendrait pas. J’en étais là, dans mes réflexions à me demander si je devais intervenir ou pas, lorsque son familier me parvint aux oreilles. Un petit ronronnement que j’apréciais tant. Ma praline était revenu et se frottait contre la jambe de mon pantalon, quémandant ainsi que je la prenne dans mes bras. Je la pris dans mes bras et la caressai tendrement.

Considérant qu’il était temps pour moi de partir, je m’approchai du serviteur du temps tout en me dirigeant vers la scène.

“Je désire conserver ma mémoire intacte, je ne veux rien oublier de ce que j’ai vécu ici et je n’en parlerai à personne Par contre, j’aimerais que vous effaciez de la mémoire de mon animal de compagnie, cette brève excursion sur Ashaar, ce fut assez traumatisant pour elle.”

Un fois sur la scène, le sceptre à mes côtés. J’attendis un bref moment, regrettant de ne pas avoir été plus utile dans ce monde tourmenté. Puisqu’il me fallait retourner à Kendra Kar, de ma main libre je touchai le sceptre.
Retour à Kendra Kar !

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Ezak
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Re: Salle du Destin

Message par Ezak » mar. 16 déc. 2025 23:51

Mes questions finirent par trouver réponse, mais non sans que les tensions ne montent brutalement d’un cran.
Le pirate borgne braqua son arbalète sur notre hôte, cherchant à le contraindre par la menace. Un geste qu’Yliria n’apprécia guère. Elle le jugeait hypocrite, et questionnait sa volonté de vouloir ramener des Ashaari sur Yuimen. Elle jugeait cela dangereux. Moi, je le comprenais. En fait je comprenais les deux. Nul n’avait raison ou tord. Ce n’était qu’une question de point de vue, comme toujours.
Mon regard passa de l’un à l’autre. Personellement j’avais déjà mon propre avis sur la situation. Je savais déjà que je partirai avec deux Ashaaris.

Ezra. Sans hésitation.

À cet instant précis, elle était seule face à la SOMA. Et seule, elle n’avait aucune chance surtout avec Eryn qui connaissait son identité. Certes, on parlait d’un monde où l’on ne meurt pas vraiment… mais justement. Quelle forme de supplice éternel la SOMA lui réserverait-elle pour avoir appartenu à l’Ordre du Soleil Noir leur ennemi juré ?

C’était moi qui l’avais amenée dans ce bourbier. Moi qui avais accepté qu’elle descende avec nous dans les Bouges. Moi qui avais défendu ce choix. Il était hors de question que je l’abandonne au tourment éternel, quand bien même elle n’était qu’une version destinée à disparaître. Ces souffrances, elles, seraient vrais. Ça allait contre moi. Contre ce que j’étais. Contre mon serment. C’était le choix du Chevalier et en ça je me rapprochais du pirate.
Je savais aussi que je partirais avec Blanche mais pour des raisons différentes. Celles-là étaient sans doute plus égoïstes. Blanche était une magicienne puissante, sans doute la plus puissante que j’avais croisé de mon existence. Une telle compagne représentait un atout considérable. Et les dieux savaient que j’aimais avoir de bonnes cartes en main. En cela je me rapprochais de la version égoïste décrite par Yliria.

Mais ce n’était pas tout. Lui retirer la mémoire pouvait lui-être salvateur. Elle était devenue ce qu’elle était après avoir été violée par un membre des Voies Hautes, puis condamnée aux Bouges alors même qu’elle était la victime. Lui enlever ses souvenirs, ce qui l’avait rendu folle, était peut-être une sorte de juste réparation. Et puis j'avais un principe : On ne laisse personne en arrière et tout comme Xël et Ezra, elle faisait partie de notre si efficace escouade.

Et je doutais que Satina aurait jamais approuvée l’idée que j'abandonne celles-là derrière moi et il était hors de question que je la déçoive. Je le saurai de toute façon bien vite. Je comptais bien entendu faire mon rapport sur les évènements de Nosveris et ceux d'Ashaar, qu'importe la discrétion demandée. Quoi qu’il en soit, ma décision était déjà prise. Ces deux-là viendraient avec moi.

Je me tournai alors vers le borgne et lâchai à son attention calmement :

« Vous êtes libre d’être égoïste, ça fait partie de notre humanité mais il faut savoir choisir ses batailles. Et celle que vous vous apprêtez à mener me semble vaine. »

Un conseil avisé qu’il était libre d’écouter ou non. Notre hôte pas très impressionné par la démonstration de force finit par répondre à mes questions. Il parla de la folie de ceux qui arriverait comme d’une simple supputation. Rien de certain, rien de prouvé. Je dus lutter contre l’envie de lui rétorquer que je me moquais de ses hypothèses, et qu’il ferait mieux de cesser de nous faire perdre du temps avec des conjectures.
Il s’étonna ensuite de mon manque de confiance. Me qualifia de survivant redoutable. Sans doute.Mais j’étais surtout un stratège. Si j’avais voulu me débarrasser d’un groupe sans combattre, j’aurais pas pus mieux m’y prendre.

Il resta trouble concernant l’âme des dieux. M’offrant encore des hypothèses dont je n’avais cure. Mais je finis par comprendre alors que lui, en tant qu’observateur, devait se situer à un niveau proche de celui des dieux. Lui planter mon croc dans le cœur — s’il en avait un — aurait peut-être répondu à ma question. Mais je ne m’attaquerais pas à la seule entité capable de me ramener sain et sauf sur Yuimen.

C’est alors que la jeune elfe se tourna vers moi. Elle déclara qu’elle était Brytha. Je l’observai un instant, puis je retirai mon casque, révélant mon visage un geste rare, mais volontaire. Un signe de respect que je n’aurais normalement eus qu’envers un confrère ou un supérieur. J’inclinai légèrement la tête. J’avais fait le choix de la gratitude, comme lorsque j’avais permis au Maître de la Brume de capturer un peu d’essence de Yuïa-Turé contre l’avis de Cromax.

« Au nom de la cour kendrane, je vous remercie de nous avoir sauvé. »

Je relevai les yeux vers elle.

« Maintenant, dites-moi… pourquoi avoir fait pour nous ce que nos soit-disant dieux n’avaient pas été capable de faire pour nous ? »

Je marquai une pause, puis poursuivis, plus doucement :

« Où irez-vous maintenant ? Sur Yuimen ? Ailleurs ? Votre condition particulière demande t’elle une escorte ? »

Je restai là prêt à entendre sa réponse. Alors que deux yuimeniens s'en allaient déjà par le sceptre.
Modifié en dernier par Ezak le mer. 17 déc. 2025 07:57, modifié 1 fois.

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Silmeria
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Re: Salle du Destin

Message par Silmeria » mer. 17 déc. 2025 03:08

(" Meeeerdouille. Je... J'ai dormi ? Bah... Y a une grosse bite. ")
(" Une mite.") Corrigea Cèles
(" Ah vi. Une mite qui parle. Elle... Ah ? Une expérience. Ca m'rapelle mon enfance quand je trucidais des fourmis, j'faisais aussi des expériences ? Ah... Hrist... On annonce comme ça de but en blanc que j'ai fais des ravages'ravages à c'monde. Bah... En même temps j'ai une excellente excuse ! J'savais pas que c'était une expérience ! Je pensais tuer honnêtement des honnêtes gens ! Et franchement je ne voulais pas gâcher le travail des gens qui faisaient travailler des gens ! Tous on l'air un peu tendus ici, j'ai rêvassé trop longtemps et j'ai complètement perdu l'fil. ")

Quand j'entendis Itulë annoncer que c'était en réalité Brytha je m'approchais d'elle pour lui caresser la joue avec amour. " Mon petit beignet ! Désolée d'avoir manqué à mon devoir de te protéger." Puis plus bas à son oreille dit " T'ention à Ezak Carcasse, il a une fâcheuse tendance à trahir ses compatriotes. Il déteste les serpillères. Surtout en pleine face mais garde le pour toi, il est encore un peu chatouilleux à ce sujet. "

Puis se redresse vers la grosse (b)mite.

" Votre... Sainteté. Je vous prie d'accepter mes humbles excuses, je ne souhaitais pas causer de discorde mais cet homme dans les tréfonds m'a offert une opportunité de m'en sortir, j'ai cru bon la saisir. Hey... Attendez j'y pense... Si vous annulez l'expérience parce que j'ai..."

Elle se tourne vers les aventuriers restant et dit toute fière les mains sur les hanches.

" C'tellement grâce à moi ! Vous précipitez pas pour m'remercier, mes bichous, c'est un véritable plaisir de vous servir. Ezak, offre une tournée de serpillère ! C'est la fête ! "

Puis vers la mite, un peu plus bas " Dites, si tout ça c'est pour de faux, ma jumelle a dépensé par mal d'or en ce monde, je pourrais... Les récupérer ? C'était mes sousous... "

Qui connait un peu Silmeria savait que si elle était si extravagante c'était parce que plus loin, dans l'ombre, une ombre encapuchonnée, privée de ses ailes observait les plaisanteries de sa jumelle.
La petite plume de la Mort.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


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Akihito
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Re: Salle du Destin

Message par Akihito » ven. 19 déc. 2025 19:08

Je poussai un soupir en voyant le monde se figer un instant, avant de sentir mon corps tiré, extirpé de sa place. Une nouvelle fois, on m'invoquait, on me déplaçait contre ma volonté. Qu'a cela ne tienne : je commençais à y etre habitué.

Mes sens m'effraient à peine un nouveau scénario que je me ramassais derrière mon bouclier, marteau crépitant de magie et prêt à faire feu sur le premier enfoiré venu. La première, en l'occurrence : mes yeux ciblèrent avec célérité une hinionne désormais bien portante malgré la violence de ma fulguromancie, que j'avais décidé d'épargner un peu malgré moi. Silmeria.

Mais elle n'était pas seule.

Dans une salle circulaire aux proportions gigantesques et au panorama externe au moins aussi déroutant que le repère de la SOMA, tous les Yuiméniens étaient rassemblés. Sans doute amené par l'être ailé qui nous dominait tous, pulsant d'une puissance ravageuse. Une voix détachée en émana, et je décidai de l'écouter.

Pour faire simple, mes craintes étaient en quelque sorte fondée : Ashaar était une ville éprouvette. Une ville où des entités quasi divines menaient des tests au nom du Père des Dieux, Zewen lui même. Et visiblement, Silmeria avait été une variable un peu trop chaotique pour leur expérience.

(Yu étais au courant ?)

(Être une Faëra ne me rend pas omnisciente, Aki. Mais...)

(Mais ?)

(... d'autres Porteurs ont déjà vécu des expériences similaires, dirons-nous. Juste pas ici.)

J'étais pour ainsi dire un peu dépassé par les évènements. Et tous autour de moi l'étaient sans doute, réagissant de divers manières. Incompréhension, déni, marchandage, colère. Face à une situation aussi singulière, je doutais que qui que ce soit de mortel puisse se targuer d'avoir la bonne réaction. Le Capitaine Sirius avait même braqué son arbalète contre l'Observateur, le menaçant de tirer même si c'était la dernière chose qu'il ferait. Car il avait pris un engagement auprès de membres des Bouges de les sortir de là. Quand bien même ils devaient venir avec lui sur Yuimen avec la mémoire effacée.

Yliria s'était postée à côté de moi : une vue et une présence qui me firent le plus grand bien, même si la voir tirer sa rapière nimbée de flammes dorées me tendit un peu. Silmeria méritait son hostilité, mais dans un monde qui ne voyait personne mourir...

Elle remballa finalement sa lame, s'étant ravisée alors d'elle-même. Puis en lâchant une diatribe lapidaire sur le manque de prudence et d'équité en relâchant sur Yuimen une fraction des habitants des Bouges sans plan pour les nourrir, sans etre sur qu'ils ne mettraient pas le bazar, sans le proposer à tous... Bref. Sans préparation. Et j'allais dans son sens.

Jorus et Mathis décidèrent eux de prendre la tangente, touchant le sceptre pour retourner sur Yuimen -le premier saluant tout le monde à la cantonnade, et je lui répondit d'un hochement de tête et avec un sourire.

Silmeria se réveilla enfin. Et annonça fièrement que si tout le monde pouvait revenir, c'était à cause du bordel sans nom qu'elle avait provoqué. Et si techniquement c'était vrai, la voir s'en vanter me fit me crisper et je fis un effort surhumain pour ne pas la foudroyer une seconde fois. Imaginant bien l’état d'esprit similaire de la semi-shaakte à mes côtés, je posais une main sur la sienne et serrait doucement ses doigts.

"Elle mérite pas qu'on lui fasse la peau sur un monde qui ne peut pas la voir mourir."

Puis je m'adressai à l'Observateur.

"Notre monde n'est pas prêt à les accepter. Et vous avez tiré toutes les conclusions que vous souhaitiez de ce monde. Les habitants d'Ashaar ne méritent plus de souffrir, alors. En attendant que vous les... effaciez, serait-il possible d'adoucir leur peine ? En fournissant suffisamment de nourriture à tous, en délivrant les souffrants de la malédiction que devient leur immortalité... et si vous voulez bien garder avec vous Silmeria. Elle fera un parfait vecteur de chaos. De quoi introduire moult variables dans vos tests et ceux du grand Zewen, et offrir un peu de répit à Yuimen. Fournissez lui une petite maison avec des ruches et des mannequins d'entrainement à mon effigie pour la calmer de temps en temps."

Attendant sa réponse, j'en profitais pour porter le sifflet à ma bouche, rappelant à moi mes possessions éparpillées aux quatre coins de Ashaar... et d'ailleurs.

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Huyïn
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Re: Salle du Destin

Message par Huyïn » ven. 19 déc. 2025 19:21

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-60-


Le Tigre papillonne des oreilles en entendant qu'ils ne se trouvent définitivement plus sur Ashaar. Cet office est donc un autre ailleurs. Ou pas ? Tout dépend si le temps a prise sur ces insectes humanoïdes ou pas, s'ils ont besoin d'avoir l'éternité pour leur recherche ou non. Mais Huyïn n'a pas envie de se lancer dans ce genre d'enquêtes. La chose serait intéressante pour sa propre culture, mais il faudrait pour cela que leur interlocuteur ne voit pas d'inconvénient à la satisfaire, ni ne lui donne de faux savoirs pour qu'il cesse de s'y intéresser. Le museau du Woran se tourne vers le sceptre. Un à un, les yuiméniens commencent à opter pour le départ, laissant leurs dernières demandes derrière eux avant de poser la main sur l'étrange objet. Mathis semble finalement faire preuve d'intérêt pour son animal de compagnie en demandant un effacement de la mémoire de celui-ci. Au moins, il n'a pas fait la bêtise de l'oublier dans un monde voué à la destruction.

La connaissance en armure mauve de Naral s'adresse à la déesse incarnée, puis c'est la femme foudroyée par le dénommé Akihito qui s’exprime... Avec étrangeté. Le choc électrique aurait-il eu un impact directement sur son esprit ? Vulgaire, infantile, et poignardée sur regard par la femme se tenant près du grand manieur de foudre Qui prend enfin la parole, pour suggérer que l'étrange femme demeure là, sujet d’expérience car véritable vecteur de chaos. Opinion subjective ou s'agit-il vraiment d'une personne incroyable dans son genre ? S'il en avait l'envie, le Tigre irait probablement se renseigner auprès de la première intéressée. Mais à côté de Naral Shaam, cette femme fait présentement pâle figure. Aussi, Huyïn laisse ce projet de côté.

Le Tigre décroise les bras pour en élever un légèrement.

"Il me reste deux questions avant de songer à partir également. La première : en quoi consistera cette... Bénédiction de votre divinité ?"

Parce qu'il a déjà passé plusieurs jours possiblement épié en permanence par son 'parent', il n'a pas envie que la chose se poursuive et par un individu d'origine divine.

"Et la seconde... Vous avez dit que ce monde serait, au final, détruit. Cela aura-t-il un impact sur ce qui y a été collecté ? Comme...", commence le Tigre avant de fouiller dans sa besace et d'en sortir l'étrange galet gravé trouvé malgré lui dans le Quartier Rouge. "Ceci ?"

Si certaines trouvailles n'ont guère de valeur au regard du Tigre, si ce n'est un vague amusement au souvenir y étant lié, d'autres sont très bien entre ses griffes. Si elles pouvaient le rester, il ne ressortirait pas de cette mésaventure sans une petite compensation matérielle.



-- >
Modifié en dernier par Huyïn le lun. 22 déc. 2025 17:57, modifié 1 fois.
Huyïn, Woran sombre, Aéromancien

Musique du chat noir et Ses variations de voix

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Capitaine Hart
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Re: Salle du Destin

Message par Capitaine Hart » ven. 19 déc. 2025 20:21

Sans trop de surprise, je ne faisais pas l’unanimité.
Yliria s’est fendue de plusieurs remarques acerbes, j’aurais même dit qu’elle avait piqué une crise si je n’étais pas littéralement le gars avec son arme sortie. Toujours avec la mite en ligne de mire, je lui ai répondu sans cacher mon agacement.

« T’en fais pas ma grosse, je dirai à mes hordes mal lavées de s’essuyer les pieds avant de piétiner ton joli monde tout propre. Ma parole, pour une demi-elfe, Shaakte en plus, t’es vachement rapide à voir le mal dans la différence. Si tu veux sauver tout le monde à Ashaar, crois-moi que je vais pas t’arrêter, mais moi je me contente de ceux dont je m’estime responsable. Yuimen survivra sans mal à une trentaine de bras cassés. Et si le seul choix qui reste, c’est l’annihilation... »

Je continue de fixer le Papillon, même si mon doigt n’est plus aussi tendu sur la détente.

« Je préfère qu’ils vivent ou qu’ils meurent dans le monde d’océans que je leur ai promis. Quitte à ce qu’il oublient. Je m’occuperai de mes camarades, quoiqu’il arrive. Peu m’importe le reste, je laisse ça aux héroïnes à la justice infuse. »

Petit sourire obligatoire vers Yliria. Je n’ai pas porté une grande attention à la réponse surprenamment empathique du d’Arkasse, ni aux départs inopportuns de Jorus et de Mathis, avec qui ne n’ai pas eu l’occasion de ressasser le bon vieux temps. Je n’ai pas réagi immédiatement à la confirmation de l’identité de Brytha-Itulë. Je n’avais pas de position particulière quant à Brytha, je connaissais bien la méfiance que nourrissaient Leyna et Sirat à son égard, mais elle me semblait plus approchable et compatissante que ces Observateurs. Que ça soit par honneur ou par fierté, elle était responsable en grande partie de notre victoire à Kochii, et du sort actuel du Dragon Noir.

Non, mon attention était accaparée par l’elfe guignole qui nous avait foutu dans cette merde en premier lieu. Au fond de moi, je me sentais coupable de la tournure des événements. Si j’avais fui avec la dépouille de Silmeria quand nous étions poursuivis par le Soleil Noir, peut-être qu’Ashaar n’aurait pas été condamnée.

Il me peine presque d’admettre que je ne nourris pas de haine envers Hrist. J’avais fait ma paix avec la première, même si j’estimais encore avoir des comptes à régler. La seconde, par contre…

Je ne l’avais vraiment rencontrée que lors de cette ascension à Nyr, dans la nef des Elfes Dorés. Là où Hrist était froide et sinistre, sa sœur aux cheveux blancs était… IN-SU-PPOR-TABLE.
C’est pour ça que je n’ai pas baissé l’arbalète. Il fallait forcément que je la pointe entre ses deux yeux, ne serait-ce que pour imaginer un monde sans ce sourire idiot. J’ai juste ajusté ma visée lentement vers elle, résistant à la tentation d’un tir bien essayé. Hrist devait déjà être prête à me fondre dessus. Allez, autant tirer tout de suite, un peu à côté. Décocher un carreau dans le mur pas très loin de sa tête pour lui faire payer de m’ignorer jusque là et d’avoir tout fait partir en couille. Action réfléchie ? Bien sûr que non. Dur de rester lucide quand elle fait son imbécile, celle-là. Elle se croit drôle avec son petit rictus de merde ? Elle m’énerve, elle m’énerve ! (nombreuses ratures dans le manuscrit troué ça et là)

« Fais la queue, morue. J’ai dépensé une petite fortune dans ce monde de merde où j’ai été balancé par TA FAUTE. Tu sais quoi ? J’espère que tu vas le récupérer ton pognon, parce que des réparations, j’en demande ! Et c’était pour quoi toute cette histoire de ‘Gnagnagna, adieu Sirius on se verra plus jamais’, hein Hrist ? Z’étiez censées me foutre la paix. Je vous préviens, je vous rends pas le rafiot parce que telle ou telle a eu une crise de conscience sur un autre monde ! »

Le carreau et le venin avaient été crachés, je pouvais ranger l’arme à ma ceinture. De toutes façons, si la sorcière se prenait d’envie de me sauter dessus malgré sa bonne humeur apparente, j’allais pas avoir le temps de recharger.


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Modifié en dernier par Capitaine Hart le sam. 20 déc. 2025 12:49, modifié 1 fois.

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Dracaena Paletuv
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Re: Salle du Destin

Message par Dracaena Paletuv » sam. 20 déc. 2025 04:32

Tumulte de parole et d'action autour de moi alors que j'essayais tant bien que mal d'enregistré toutes les informations balancées à droite à gauche. La tempête d'émotion ne s'était pas calmée, mais elle se précisait, orienté par les paroles des uns ou les actes des autres. Essayant de me concentrer, et de sortir de cet espèce d'état de calme paradoxal dans lequel j'étais, je décidai de réagir tour à chacun.

Ma première réaction fut dédiée à Jorus, un premier sentiment se mettant à dominer la tempête émotionnelle: la confusion.

"Alossarh? Allossarh...Allossarh... AH, OUI, LE MEC AUX FLAMMES SEXY! Je... J'vous avoue m'sieur Jorus que j'avais complèt'ment zappé le fait d'vous avoir d'mandé ces infos... J'sais qu'ça doit faire que quelques jours, mais j'ai l'impressions qu'c'était y a des années d'cela. Et merci des détails, du coup: si j'trouve un moyen d'retourner à Aliaénon sans provoquer les fourdres du Sans-visage, j'testerais ça.
Quel dommage qu'il n'y ait aucune trace écrite de son art..."


Mon regard se posa quelques secondes sur la mite géante, avant de reprendre.

"Par contre, m'sieur Jorus, s'que vous avez dit juste après... M'sieur Sabar est... mort? "

Je pouvais sentir la tristesse se mettre à brusquement dominer mon être. Je n'avais passé que peu de temps avec Ibn. Je n'étais pas son ami, et je pense même qu'il ne m'appréciait pas trop, mais malgré ça, il avait presque sacrifié ses pouvoirs pour me venir en aide, malgré mes erreurs et ma bêtise Peut nombreux étaient ceux qui agissaient ainsi envers moi, et pour cela il avait ma reconnaissance éternelle. Quelques mots teinté de tristesse m'échappèrent:

"Oh... Je n'ai pas eu le temps de lui rendre la pareil pour m'avoir sauver la vie... oh..."

Alors que je pouvais sentir du liquide monter au niveau de ma tête, un mouvement brusque dans la pièce me tira de mon sentiment de deuil: c'était Sirius, pointant une arbalète sur la face de phalène, réclamant la possibilité d'emmener avec lui certains d'habitant d'Ashaar auquel il avait promit la liberté.
Si plusieurs semblaient avoir leur avis sur la question, personne ne réagit aussi négativement qu'Yliria.

Je contemplai la scène, me rendant compte petit à petit du paradoxe de la situation: Sirius, pirate, magouilleur, génie stratégique potentiel, mais abrutit fini confirmé, était prêt à défier un être capable de faire et défaire des mondes entiers au nom d'un groupe d'être vivant qui n'étaient considérés que comme des statistiques au cours d'une expérience.

A l'inverse, Yliria, demi elfe au sens de la justice très prononcé, à la détermination sans faille, et au soucis liés à la colère n'étant plus à prouvés, celle qui nous avait incendié sur le fait que le temps qu'elle passait à Aliaénon était du temps qu'elle ne passait pas à sauver des esclaves, elle, voulait laisser ces gens mourir de peur qu'ils deviennent des criminels sur Yuimen, et car il n'avaient pas plus le droit de vivre que le reste de ce monde...

La stupéfaction prit la place d'émotion dominante, pour être très vite remplacé par deux autres sentiments: premièrement, le respect. Je m'adressai à Sirius, d'un ton emplie d'honnêteté:

"...Vous battre pour des personnes qui n'seraient même pas réelle d'un certains point d'vue, tout ça pour une promesse de vie meilleure qu'vous leurs avez faite...
Sirius, j'vais pas vous mentir: j'arrive pas à vous cernez, et y a des moments où z'êtes vach'ment con quand même...
Mais... sur ce coup la, z'avez tout mon respect. Vous voyez des gens la où certains verraient des objets... J'comprends mieux pourquoi vot' pote vous appelle "Capitaine".
J'pense que Phalène Philosophe à raison sur un point par contre: restez pas dans s'monde, c'est jute un "outil" pour eux. Par contre, si vous réussiez vot' coup et qu'on s'recroise d'l'aut' coté, faudra qu'on discute un peu. "


Puis, mon regard se tourna vers Yliria, et le second sentiment s'installa: la déception. Si l'estime brisée pouvait avait un son, alors on l'entendrait résonner au fond de ma voix.

"Quand à toi Ylira... J'aurais cru que toi, plus que n'importe qui, veuille donner à ses gens une aut' chance à ces gens. Essayer d'être plus que des statistiques au nom d'la science. Toi qui parlait de libérer des esclaves, si t'avais la possibilité d'en sauver un ptit groupe, mais pas tous les autres, tu les laiss'rais quand même derrière, sous prétexte de "manque d'équité"?

Quand à leur effacer la mémoire..."


Je me mit à passer mes doigts sur mes brulures, presque inconsciemment.

"Nos expériences, atroce ou non, font de nous ce que nous sommes. Nos souffrances et nos joies nous façonne. La conscience de notre origine fait que nous sommes plus que de vulgaires plante ou des animaux. Qui es tu pour décider d'arracher leur souvenirs, sous prétexte qu'ils seront mieux comme ça? Peut être que leur mémoire les pouss'ra vers la grandeur. Peut être que ça les pouss'ra vers le crime. Peut être que ça les pouss'ra vers la folie. Et c'est ce qui fera d'eux de vraies personnes, avec du bon et du mauvais, et pas juste des valeurs étalons dans une expérience qui nous dépasse tous."

Puis, une pointe de résignation s'ajouta à mon ton.

"Mais bon, j'm'attends pas à s'que quiconque ici prenne réel'ment mon avis en compte... "



Mon attention se dirigea alors vers l'insecte, être qui m'inspirait toute l'admiration et tout le dégout que je pouvais ressentir. Ces deux sentiments se battant pour prendre le dessus provoquèrent le retour de ce calme peu naturel dont j'avais fait preuve plus tôt, auquel s'ajoutait une pointe de curiosité.

"Être de chitine, vous êtes un paradoxe fascinant à un point incroyable. Vous n'avez pas l'principe de l'identité, mais pourtant, z'avez assez d'personnalité pour vous amuser d'ce que je suis. J'imagine qu'vous d'vez r'sentir une fierté d'vos création, et forcément, ça donne envie d'comparer... J'vous rejoins sur un point: ceux qui sont responsable de s'que j'suis s'sont amusé, pour sur...

Mais passons ce genre de détail qui, j'imagine n'vous intéresse pas pour un sous. Vous m'disiez qu'vous n'pouvez pas modifier une réalité déjà la, juste en créer une autre avec de nouveaux paramètres, de s'que j'comprends. Et un tel système n'est pas reproductible par d'autre gens que ceux d'vot' espèce.
Bon ,j'vais pas passer par quat' chemin: d'un être ayant voué sa vie à la recherche à un autre: n'auriez vous pas quelque chose pour m'instruire? Un écrit? Un recueil? un outil? Quelque chose ayant peu d'valeur pour vous, et que vous s'riez prêt à céder à quelqu'un voulant voir plus loin qu'le bout d'ses branches? Après tout, vous m'dites que ma vision et mes expériences me rendent biaisés, alors, quelle meilleure façon d'me faire comprendre vot' point d'vue que de me donner d'quoi m'mettre à votre place. Et puis, on vous as bien am'né une ptite grosse tête de notre monde que vous semblez bien content d'pouvoir étudier, quoi d'plus normal de nous passer quelque chose en échange à étudier d'not coté?"


Car j'étais clair'ment pas jouasse à l'idée de laisser des gars comme ça avec la tête du Dragon Noir. Mais vu s'qu'il semblaient déjà capable de faire sans, est s'que ça allait vraiment changer grand chose?
Après tout, si ces kératophages pseudo divins voyaient la vie et l'existence comme d'simple données scientifiques, et nous comme des produits d'autre labo, qu'est s'que ça leur coutaient d'me filer un manuel et un scalpel? S'pas comme si j'allais réussir à créer mon propre monde sur le coté. Mais peut être que ça m'aiderait à comprendre un peu plus comment fonctionne le mien de monde, et à trouver comment le changer pour le meilleur. Car, même avec une infime partie de leur savoir, j'étais sur de faire des choses bien plus significatives qu'eux.
Pars'qu'il fallait quand même l'admettre: même si leur façon de faire m'écœuraient au plus haut point, leur savoir était plus qu'impressionnant.

Et comme on dit chez les oudios: s't'avec du fumier qu'on fait pousser les plus belles plantes!


Mais tandis que j'attendais la réponse du pénible papillon, un bruit se démarqua du reste pour moi: un mot, un nom que j'avais cru entendre, et que je n'aimais point. ça v'nait visiblement du mec en armure qui était avec nous: Balsac ou j'sais plus quoi. La seule fois où on avait interagit, tout ce qui sortis de sa bouche fut un gros problème d'égo et de bonne remarque raciste envers les oudios que seuls les bon gros sacs d'organes du genre pouvaient sortir. Donc bon, j'l'avais pas vraiment enregistré dans mon cerveau d'bois, sans surprise.

Mais la, il v'nait de dire un truc particulier. Un peu trop particulier. Un truc du genre "Vous êtes bien Brytha, hein?".
Et la ptite chétive qui étaient apparue d'nul part lorsqu'on avait été téléportée ici lui répondit un truc du genre "Ouais, s'moi, Brytha, coincée dans l'corps d'une gosse."

Un bruit strident était en train de résonner dans tous mes organes sensoriels. Je perdis complètement le fil de ce qui se passait en parallèle: Silméria disait un truc, Akihito aussi, Jorus avait disparu, j'crois... Mais impossible de vraiment prêter attention à ça.

Parce qu'un nouveau sentiment avait prit le dessus, un bien précis, qui était toujours un peu la, dans un coin de ma tête, mais qui ne r'sentait pas l'besoin sortir le plus souvent. Une émotion qui s'était manifestée pour la dernière fois durant la bataille contre le Dragon Noir. Un intense et virulent sentiment de haine.
Me tournant brusquement vers la fausse gamine, la pointant du doignt, ma voix s'emplie à outrance d'indignation:

"TOI!!!"

Le souvenir de ce moment fatidique sur Aliaénon passa en boucle dans ma tête, pouvant encore voir le visage de supplication de la damnée déesse, puis sont putain de dos lorsqu'elle nous abandonna à notre sort.

"TRAITRESSE! INGRATE! ESPÈCE D'ORCHYDÉE BLANCHE!!!
NOUS T'AVONS EXTIRPÉ DU DRAGON!
JE T'AI EXTIRPÉ DU DRAGON!
ET TU NOUS AS ABANDONNÉ!!!
TU NOUS AS BLAMÉ POUR TON SORT ET TU NOUS AS ABANDONNÉ!!!
TU NOUS AS LAISSÉ NOUS FAIRE BOUFFER L'AME PAR TON EX-SIAMOIS!!! "


Les leurs qui me servaient d'yeux recouvraient l'entièreté du haut de ma tête, fusionnées en un feu follet orangée qui brillait de ma bouche à mon front. Je revoyais encore l'espoir dans le visage des soldats du mur de la ville en voyant cette emplumée de lumière apparaitre, et le désespoir les envahir quand elle s'était barrée en nous laissant crever...La tempête d'émotion s'était transformée en une douce brise, complètement étouffée par la rancune et la rancœur qui parcourait ma sève...

Si ces scientifiques sans éthiques me rendait confus et curieux, elle, elle ne faisait que réveiller le pire en moi.

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Yliria
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Re: Salle du Destin

Message par Yliria » sam. 20 déc. 2025 09:14

- Typique d’un pirate, à penser qu’à ce qui l’arrange… Je soulignai juste l’hypocrisie dont tu fais preuve. J’ai rien à redire si tu t’occupes d’eux. J’en aurai les moyens, toute la population d’Ashaar aurait sa chance pour sortir de leur enfer. Même ceux que je pouvais pas piffrer.

Mais il fallait être réaliste. Qui pouvait nourrir une telle population ? Les laisser venir sur Yuimen pour qu’ils finissent par réellement mourir de faim ou se mettent à attaquer pour manger ? Je ne pouvais pas prendre une telle responsabilité. C’était un dilemme de merde, et voilà que Dracaena en remettait une couche sans prendre vraiment en compte ce que je venais de dire.

- Je sauverai tous ceux que je peux, Dracaena. Tu comprends mal ce que j’essaie d’expliquer. Je suis fatiguée d’avoir à me justifier de tenter d’éviter que ce geste ne se transforme en un massacre plus tard. Quant à leurs mémoires…

Je désignai le pirate du pouce.

- Fais toi capturer, torturer et presque violer par des types dans son genre et tu remettras sûrement en question l’idée que toute expérience est bonne à prendre et mérite d’être vécue. C’est facile de se dire que c’est juste trente clampins. Mais quid des centaines ou des milliers de victimes qu’ils feront s’ils déraillent ? Je suis réaliste. Et j’ai pas la moindre envie de vivre le reste de ma vie en sachant que je suis que le résultat d’une expérience qui a, elle, bien tournée. Crois pas un instant que tout ça ne me dégoute pas au plus haut point, mais mes sentiments ne sont pas importants quand il s’agit de gérer une crise pareille. C’est facile d’avoir le sentiment d’être le socle moral quand on prend en compte que ce qui nous arrange, mais si tout le monde pensait comme ça, Yuimen serait un charnier à ciel ouvert.

J’étais lasse, vraiment. A quoi bon essayé de discuter avec des gens qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez sans penser aux conséquences de leurs actions sur les autres ?

- Prétends pas savoir à quoi je pense, ou comment, t’es loin du compte.

Je serrai un peu plus fort la main d’Akihito. Ma décision était prise. Il aurait juste fallu que Silmeria ferme finalement sa gueule. Mais c’était trop demandé, visiblement. Quelle emmerdeuse de première. Et, visiblement, j’étais pas la seule à en avoir marre de ses conneries.

- Elle mérite de souffrir. Je m’en fous qu’elle crève ou non. C’est même mieux si elle n’en meurt pas.

Je m’écartai de lui et déposai un baiser sur sa joue, avant d’ajouter, navrée.

- J’ai pris une décision. Je me souviendrai de rien. J’ai passé ma vie à donner un sens à cette dernière, je refuse de vivre le reste en me demandant chaque jour qui est réellement responsable de chaque action que je fais. Je suis fatiguée, Aki. Je vais rentrer en Imiftil. J’ai une affaire à terminer là-bas.

J’hésitai, avant d’ajouter.

- Je préfère que tu m’accompagnes pas. C’est lié à l’Opale. Je devrais en avoir pour un mois et… peut-être qu’on peut se retrouver pour de bon après ? Je te laisse décider, c’est toi qui peut choisir quand, après tout.

Je tapotai mon serre-tête, avant de l’embrasser plus vivement. Le devoir, tout ça, mais bordel que c’était lourd comme décision. Peut-être qu’un jour j’aurai le loisir de simplement me relaxer avec lui à mes côtés. Puis j’allais auprès du sceptre et posai la main dessus. Il était grand temps de rentrer à la maison, sans rien retenir de tout ça. Je laissais Zewen à ses expériences. J’avais des shaakts à punir. Je me fendais quand même d'un doigt d'honneur en direction de Silmeria.

-Rends service à l'univers et pends toi, connasse !

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Cromax
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Re: Salle du Destin

Message par Cromax » sam. 20 déc. 2025 12:33

La mite répondit subrepticement à Jorus avant son départ :

« Ce n’est pas dans nos règles mais… nous essaierons de leur transmettre le message. »

Puis vers Mathis :

« Elle choisira elle-même si elle veut préserver ou non ses souvenirs. J’oubliais que sur votre monde, certains êtres se sentaient supérieurs à d’autres à tel point qu’ils se permettent de décider à leur place. »

Pendant ce temps, Itulë répondait à Ezak :

« En votre nom propre, c’est déjà apprécié. Quant à ce que j’ai fait… j’ai rétabli l’équilibre, ma vocation. Vous combattiez une déesse et un dragon infernal, il fallait que tous aient les mêmes chances. Intervenir est dans la nature des dieux. Les vôtre sont… fautifs concernant cela. »

Elle avait toujours cet air adulte en parlant, mais avec une pointe de dédain à la fin. Elle poursuivit, plus légèrement.

« Je retournerai sur Yuimen, où mes suivants m’attendent. Reconquérir mes pouvoirs et mon apparence. Ne vous inquiétez pas pour moi : je sais me débrouiller. »

Elle lança un sourire, qui disparut aux propos virulents de Dracaena à son égard. Une mine fermée orna ses traits. Elle répondit posément, contraste fort avec les insultes lancée à son visage.

« Le principe d’équité vaut pour tous. Vous étiez plusieurs, aviez l’appui d’une ville et d’une divinité. Lui était puissant, mais seul. Ce n’était pas mon combat. »

Elle détourna le regard. Le carreau d’arbalète de Hart venait de frôler Silmeria, lui arrachant une mèche de ses cheveux blancs au passage. Avec un calme déstabilisant, la mite observatrice poursuivit ses réponses aux aventuriers. À commencer par cette dernière, jetant des regards à Hart concernant la partie matérielle de ses questions. »

« Vous avez décidé des choses que vous dépensiez en ce monde : elles ne vous appartiennent plus. Nous ne vous vouons aucun ressentiment : l’être que vous avez rencontré est retors et manipulateur. Il s’est servi de vous. Ça, nous avons à le regretter, et en assumons la responsabilité. »

Puis vers Akihito :

« Je comprends votre demande, mais ne pourrai y accéder. Les habitants d’Ashaar ont tout en leur possession pour créer tout le confort qu’ils pourraient rêver, que ce soit en terme de nourriture ou autre. C’est par leurs décisions, ou plutôt celles de certains, qu’ils souffrent ainsi. Nous n’y pouvons rien changer. Votre amie est peut-être chaotique, mais nos buts sont la création de mondes harmonieux, non cruels. Il n’en verra aucun naître tel que l’Ashaar que vous connaissez a été conçue. »

Il leva une main au bruit de sifflet.

« Oh, c’est bien inutile : nous ne sommes sur aucun monde ici, vos affaires sont inaccessibles par ce moyen. Aussi… nous nous sommes permis de les rassembler pour vous. »

Il désigna un coffre, où l’ynori-kendran pourra retrouver son matériel dans son intégralité. Puis il regarda Huyïn.

« Vous gardez tout ce que vous avez trouvé sur Ashaar. Particulièrement ces pierres. Ce sont des Runes tombées du Grand Livre du Destin de Zewen. Elles sont présentes en chaque monde. Universelles. Quant à la bénédiction qui vous est due… j’ignore quelle forme elle prendra. Les Voies de Zewen sont impénétrables. »

« Vous choisirez qui emmener avec vous, comme annoncé. Vous n’aurez qu’à citer le nom de chacun de ceux que vous voudrez sauver, et ils seront amené avec vous sur Yuimen, sans mémoire. Cela vaut pour chacun d’entre vous. C’est la nature du marché que je vous ai proposé. »

Il regarda Dracaena.

« Vivez votre vie en cherchant vos propres voies du Savoir, jeune être. Qui sait. Peut-être un jour serez-vous amené à nous rejoindre en qualité d’observateur… J’ai entendu votre demande. »

Jorus, Mathis et Yliria étaient partis, retrouvant leur destination de choix sur Yuimen.








[XP :
Jorus : 0,5 (discussion), 0,5 (départ) (X2 avec le bon émotif > 2XP), 4 (aventure sur Ashaar).
Mathis : 0,5 (discussion), 0,5 (départ), 4 (aventure sur Ashaar).
Yliria : 0,5 (discussion), 0,5 (départ), 4 (aventure sur Ashaar)
Dans les semaines à venir, en jeu, vous recevrez un don de 15 000 yus de la part d’une certaine Itulë, via un messager. Une note y indiquera un simple « Merci ». Vous recevrez également dans un laps de temps similaire 10 000 yus supplémentaire de la part de l’Alliance de Nirtim avec une lettre de remerciement pompeuse et officielle pour avoir participé activement à la destruction totale du Dragon Noir.
La « bénédiction de Zewen » vous sera ajoutée une fois le sujet de la salle du Destin clôturé (pour pas spoil ^^)]

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Leyna
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Re: Salle du Destin

Message par Leyna » dim. 21 déc. 2025 21:37

Le monde était condamné, cependant... mais le capitaine accordait de l'importance à une parole donnée, et il en vint à menacer l'entité s'il ne pouvait emporter les hommes à qui il avait promis la liberté ! Leyna serra les poings, elle doutait que ce combat soit à sa portée !

Mais elle fut stoppée elle-même par un autre commentaire : Itulë, la fillette qu'elle avait vu à leur arrivée, était en réalité... une sorte de réincarnation de Brytha ? La prêtresse resta figée d'horreur, la colère montant en elle. Brytha, la déesse qui avait semée le chaos, menacer Moura et ses adeptes, profané le temple de Darhàm... et aussi celle qui avait arrêté Oaxaca et le Dragon. Comment une telle chose était-elle possible ? Que devait-elle faire face à cela ? La semi-elfe ne pouvait pas décemment lever une arme contre une enfant... à moins que ce soit une ruse ? Oui, elle parlait déjà de regagner les siens et de retrouver son pouvoir.

Elle s'approcha, mâchoire serrée, pour demander à la fillette :

« Brytha... vos sbires ont vandalisé le temple dont j'avais la garde et tué un fidèle de Moura ! Je n'ai moi-même survécu que par miracle ! Quel équilibre y a-t-il dans le fait de laisser vos fanatiques répandre la souffrance ? Et vous voudriez y retourner et recommencer ? J'ignore d'où vous venez à l'origine, mais pour moi, la plus grande menace sur l'équilibre de notre monde, c'est votre intervention ! »

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Huyïn
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Re: Salle du Destin

Message par Huyïn » lun. 22 déc. 2025 17:57

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-61-


Ne trouvant guère d'intérêt dans ce qui se discute ou se dispute devant lui, le Tigre laisse son attention dériver un instant, jusqu'à ce que la fillette elfique qui s'avère être la déesse Brytha, emploie un mot qui fait tressaillir les oreilles félines. Sa vocation est l'équilibre... L’Équilibre ? Huyïn l'observe avec attention cette fois, comprenant par ses paroles qu'elle n'est pas comme ceux de son clan forestier natal, couards ou distants, à refuser d'intervenir. Non, elle, elle se permet d'interférer avec certaines situations pour les faire basculer vers un statut dénué d'avantages particuliers pour les protagonistes. Sans y gagner quoi que ce soit, simplement pour équilibrer les forces pour que nul ne puisse totalement annihiler l'autre ? Intéressant, mais pas aligné avec sa propre façon de percevoir l’Équilibre. La déesse incarnée évoque son retour prochain parmi ses suivants, et la chose pousse le Tigre à poser une question. Mais avant de pouvoir le faire, l'arbre brûlé hurle sur la divinité de chair avec la hargne et les paroles de qui s'est senti trahi. Plissant le regard, le Félin pense comprendre quelque chose : Brytha étant intervenue une fois pour agir en sauveuse, ceux qui en ont bénéficié ont eu la présomption de croire à son parti pris pour eux. À la justification évoquée, il n'est guère difficile de comprendre son raisonnement. Si toutes les entités divines sont semblables, alors elles sont d'une simplicité déconcertante à appréhender, pour peu que les grandes lignes aient été identifiées.

Huyïn reporte son attention sur le papillon humanoïde et lorgne le galet dans sa patte griffue. Une Rune. Tombée du livre du Créateur des Mondes. Soit... Cela ne peut pas être tout, un simple caractère chu d'un manuscrit. Il devra se renseigner là-dessus quand il le pourra, et ouvrir l'oeil au cas où d'autres galets de ce type tombent entre ses mains sur Yuimen. Qui sait ? Peut-être qu'avec suffisamment de ces Runes, de brefs passages de ce document divin pourront lui devenir accessibles ?

Les oreilles du Woran pivotent légèrement vers la femme à peau bleue, qui accuse aussi la divinité incarnée. Ici, il serait question de lui faire porter la responsabilité d'une attaque sur un temple de Moura par ses suivants. La femme, vindicative, laisse ses émotions prendre le dessus et blâmer les répercussions sur l'équilibre de Yuimen de l'intervention de Brytha... Mais l'offensée a-t-elle raison ? Son temple a-t-il été attaqué par des fanatiques de cette déesse de l'équilibre, ou par des individus qui en ont pris l'apparence pour causer un conflit entre les deux entités divines ? La chose intrigue brièvement le Tigre avant que le manque d'information et de moyens d'en avoir le coeur net ne le fassent revenir sur ce qui l'intéresse, lui. Il tourne le museau vers la divine elfe, ignorant le courroux de la femme à peau bleue.

"Dame Brytha, par quels biais d'aucun peut-il contacter vos suivants ? Je serais curieux de discuter de nos perceptions respectives de l’Équilibre."

Gardant une oreille tournée vers elle pour capter une éventuelle réponse si elle ne jette pas tout son dévolu sur son accusatrice, le Tigre pivote alors pour regarder son voisin à crinière mauve. Il prend un instant, également curieux de savoir ce que ce dernier pense de cette... Réunion. Mais il devine aussi qu'il ne dévoilera pas ses pensées en la matière aussi aisément, surtout devant qui l'a pris à parti dès leur arrivée dans cette fâcheuse situation. Huyïn se contente donc de lui parler sereinement.

"Certains sont déjà partis, d'autres s'apprêtent à leur emboîter le pas. Puisque je doute poser la patte sur le Naora ou que vos bottes foulent un jour le Continent Froid, et sauf accident semblable à l'avenir, je gage qu'il s'agit là de nos derniers échanges.", commence le Tigre avant de cligner des yeux avec lenteur puis de le regarder directement, s’exprimant avec juste un brin audible de sincérité. "Cheminer avec vous s'est avéré particulièrement... Inspirant, Naral Shaam. À bien des égards."

Huyïn marque une brève pause, songeant à leurs discussions en matière de magie, à ses gestes puissants et confiants, à l'aplomb que confère un pouvoir maîtrisé. Le Tigre prend une courte inspiration avant de poursuivre.

"Aucun de ces moments en votre compagnie ne sombrera dans l'oubli. D'ailleurs...", fait-il avant de plisser les yeux avec malice. "Maintenant que nous avons un moment, avez-vous une réponse à apporter à la question que je vous ai posé là-haut ? Avant le grand plongeon ?"

Le Félin ne doute pas un instant que l'Hinïon se souvienne de ce moment sur les Voies Hautes, alors que l'inarrêtable Hinïon confiant venait de prendre son apparence immense de Dragon puissant. Après un moment de flottement et de quasi émerveillement, le Tigre lui avait alors demandé "Quand nous aurons un instant, j'ose espérer que vous répondrez à ma question : êtes-vous elfe devenant Dragon ou Dragon piégé dans un corps elfique ?".

Quelque part, il s'attend à recevoir une réponse du même type que la dernière fois. Mais qui sait ? L'Hinïon le surprendra peut-être une fois de plus ?



-- >
Huyïn, Woran sombre, Aéromancien

Musique du chat noir et Ses variations de voix

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Ezak
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Re: Salle du Destin

Message par Ezak » lun. 22 déc. 2025 18:14

J'écoutai les réponses de Brytha avec attention et il fallut qu’elle intervienne. L’Irrévérencieuse, la Régicide, faisant le saltimbanque, parceque comme d’habitude, elle voulait attirer l’attention à elle. Je la regardai donc. Non parce qu’elle le méritait, mais parce que sa logorrhée finissait par faire trop de bruit pour être ignorée. Silméria parlait et chaque mot qu’elle laissait échapper semblait conçu pour prouver une chose simple : la défaite que je leur avait infligé ne l’avait pas seulement vaincue, elle l’avait dévorée de l’intérieur sinon pourquoi prendre tant de soin à tenter de prouver… Quoi au juste ?

Il y avait chez elle une agitation presque admirable, si l’on goûtait les spectacles grotesques : tant de paroles, tant d’efforts, tant d’énergie déployée pour masquer une absence totale d’intellect.

Elle parlait de moi. Longuement. Avec une importance qu’elle s’accordait seule. Et pourtant, je n’avais même pas la considération nécessaire pour daigner lui répondre.
Je reconnus immédiatement ce type d’individu : ceux qui n’ont pas digéré leur défaite et qui, faute de pouvoir la réparer, la recylcle en discours. Des êtres pour qui la parole n’est pas un outil de compréhension, mais un baume médiocre appliqué sur un ego blessé. Ses mots étaient vulgaires non par grossièreté, mais par indigence. Ridicules, non parce qu’ils choquaient, mais parce qu’ils n’atteignaient rien.
Et je dus lui concéder une seule chose, une seule, presque charitablement : dans sa loghorée, ses mots avaient le mérite d’être encore plus vides que ceux prononcés précédemment . Une performance, en soi.

Autour d’elle, la tension montait.

Le pirate s’emportait, Yliria aussi et Akihito ne semblait pas plus en amour avec l’Irrévérencieuse. Chacun à leur manière s’en prenaient à Silméria comme si l’on tentait d’éradiquer un parasite verbal dont la seule fonction était d’irriter tout ce qui respirait à proximité – et je ne devais pas être si loin de la vérité. Et là, dans ce concert de rejets, je compris que je n’étais pas seul à éprouver ce mépris: Silméria n’était pas seulement contestée elle était détestée. Tolérée tout au plus comme on tolère une fièvre persistante, en attendant qu’elle retombe.

Je ne lui répondis pas. Le sang ynorien et kendran coulant dans mes veines ne pouvait pas accorder la moindre importance à cette vermine à la solde d’Omyre. Je me contentai de tourner les talons sans un regard de plus. Un simple signe de tête vers Brytha — reconnaissance muette, presque noble — puis je m’éloignai, laissant derrière moi une nouvelle tempête de mots de l’Oudio et de l’elfe bleue envers la déesse. J’étais las de ces individus qui avaient tant de mal à gerer leurs émotions.
En passant près de Xël, je laissai glisser une remarque, à mi-voix, sincère malgré la lassitude qui me pesait :

« Il va falloir que tu m’expliques ce que tu trouves à cette fille… »

Je ne dis pas cela avec moquerie. Plutôt avec un étonnement sévère, une perplexité stratégique. Comment pouvait-on attacher une once d’intérêt à un esprit aussi instable ? Quel atout voyait-il que je ne voyais pas ?

Puis je poursuivis ma route vers Naral Shaam, l’homme à qui mon âme était lié et en arrivant j’entendis la question du Woran envers lui.

"Ne le laissez pas vous mener en bateau. Ce n'est qu'un elfe prétentieux...avec la fureur d'un dragon."
lâchai-je avec le sourire amicale de celui qui plaisante avec un proche.

« Avant que je m’en aille également, mon ami… donnez-moi des nouvelles. Que devenez-vous ? Et que devient la charmante Amaltia ? »

Je songeais aux survivant de l’île maudite et je nous vis. Tous les quatre au dessus du cadavre du dragon mauve originel mais alors que cette vision apparaissait en moi, d’un coup un voile sombre passa devant mon regard.

“Vous avez-du remarquer sur les épaule de la semi-shaakt la cape de Vlaash… Tathar est tombé, je le crains. Il ne reste donc que nous trois de cette expédition vengeresse. ”

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Dracaena Paletuv
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Re: Salle du Destin

Message par Dracaena Paletuv » sam. 27 déc. 2025 04:24

Tandis que mon existence entière bouillonnait, je réussi à me contrôler assez pour répondre pour donner un hochement de tête entendu à l'homme phalène, puis à Yliria:

"Prétendez pas savoir s'que j'pense non plus quand z'avez visiblement pas saisi s'que j'essayais d'dire d'mon coté, ni m'accuser d'entendre que s'que j'veux quand vous faite de même. Et arrêtez d'agir comme si j'avais pas subit s'genre de chose dans l'passé, que ça soit d'pirate, esclavagiste ou autre. J'en aurais des belles à vous raconter...

Mais soit, on s'est clair'ment compris sur s'coup, j'espère qu'on s'reverra sous d'meilleure condition et qu'on pourra reparler d'ça avec un regard nouveau. Bonne route à vous Yliria, bonne chance, dans vot' quête!"



Connaissant la bête, elle se vex'rait sur'ment d'ma réaction, mais j'étais pourtant sincère: j'n'avais rien contre elle, mais je n'pouvais pas prétendre qu'elle avait un sacré soucis d'remise en question. Peut être que sa croisade personnelle l'aiderais à grandir à ce niveau. Je n'lui souhaitais que d'réussir. J'aurais même été prêt à l'aider si elle l'avait d'mander, mais visiblement, sa limite d'interaction sociale avait été atteinte. J'espère juste qu'elle ne tire pas les mauvaises leçon de toute cette aventure.

A bien y réfléchir, ptet que j'devrais m'proposer pour l'aider? Son but de libérer des esclaves était noble, et j'considérais qu'on avait tous les deux des choses à apprendre de l'autre. Aussi, ça s'rait une bonne façon d'lui prouver que j'n'avais rien contre elle, et qu'on avais bien plus d'chose en commun qu'elle ne l'imaginait, bonne comme mauvaise.
Elle allait sur'ment refuser, mais j'pourrais au moins lui donner quelques infos, lui r'commander du monde pour l'aiguiller, ou autre.

Mais cette pensée eu à peine le temps de m'effleurer l'esprit que la voix la plus haïssable de l'existence vint l'écraser à coup de perfide propos:



« Le principe d’équité vaut pour tous. Vous étiez plusieurs, aviez l’appui d’une ville et d’une divinité. Lui était puissant, mais seul. Ce n’était pas mon combat. »


Telle une violente onde de choc, la réflexion parcourue mon corps, le faisant tellement trembler que certaine partie de mon écorce commençait à craqueler. Je pouvais sentir ma sève brulante commencer à perler à différent endroit de mon corps, comment si l'entièreté de mon être cherchait à s'étendre jusqu'à la dégoutante divine pour la faire taire.


"L'équité? L'ÉQUITÉ?! Z'avez l'culot d'parler d'équité?"


La colère s'accompagna d'un sarcasme acerbe.

"Une ville entière vous dite? Plusieurs Yumeniens? Et une divinité vous dites? CONTRE UNE CREATURE CAPABLE DE DEVASTER DES NATIONS ENTIÈRES JUSTE EN RESPIRANT UN PEU FORT, MAIS OUI BIEN SUR, TOUT D'SUITE C'EST PLUS EQUITABLE!!!

Vous...VOUS... Déesse de pacotille, comme tous les autres dieux, habituées à prendre ceux en dessous de vous pour des moins que rien, z'avez l'audace, le CULOT de m'dire, la, en face, qu'envoyer 500 fourmis et un chat contre un être capable de contourner les lois fondamentales de notre univers, et le concept même d'âme... C'EST DE L'ÉQUITÉ?!!!!

VOUS plus que n'importe qui d'autre devriez savoir à quel point ce monstre était bien plus dang'reux que tout s'qu'on pouvait lui envoyer à la gueule! Allez voir les âmes de ceux tombés à mes cotés lors de cette bataille, et dites leur en face que c'était juste pour "l'équité" qu'vous êtes partie... AH BAH NON, VOUS POUVEZ PAS, LEURS ÂMES ONT ÉTÉ EFFACÉES APRÈS TOUT, C'EST BALLOT DIT DONC!"



Ma tête se pencha sur le coté dans un craquement bruyant, tandis qu'un sourire maniaque déformait mon visage, accompagnant une voix faussement joyeuse.

"Dite moi Brytha, comment c'était de participer à la mort d'un monde? Comment c'était de voir toutes ces atrocités commises en exploitant vos pouvoirs, coincée à l'intérieur du dragon, incapable de pouvoir l'arrêter? Mais ça n'était ptet pas tant des atrocités que ça, vu que d'vot' point d'vue, l'Dragon méritait une chance de détruire plusieurs mondes après ça. A croire que ça vous dérangeait pas tant qu'ça au bout du compte...

Du coup... ça a quel gout une âme de titan Brytha? Et celle de millier d'innocents?

On pourrait presque se demander si vous étiez tant prisonnière que ça dans cette fusion..."




Ma tête se pencha brusquement dans l'autre sens, dans un nouveau craquement sonore.

"Mais je retiens bien vot' enseign'ment Brytha: la prochaine vois que j'verrais quelqu'un dans la merde, coincé comme vous, j'évit'rais d'l'aider, ça s'rait pas équitable pour l'camp d'en face après tout...

Puis, comme vous, j'irais retourner voir ma clique de fanatique, me cacher auprès d'eux, plutôt que d'assumer les conséquences de mes actes, et les erreurs que j'ai commise.


Qu'il est facile de planquer ses crimes sous couvert d'équité et d'équilibre, et autre grand discours, mais c'est visiblement bien plus dur de s'excuser pour la merde foutue, ou savoir dire merci à ceux qui ont du passer derrière vous pour nettoyer. Par les fesses de Fearadhach, j'en apprends vraiment un peu plus tous les jours!

Comme quoi, les divins sont bien plus proches des mortels que s'que j'croyais. Khé...hé...hé.... Ce qui est une bonne chose quand y réfléchit, vu qu'vous êtes coincée dans s'corps.

Khéhé...Khéhéhéhéhéhéh... Allons allons, m'made, tirez pas cette tête. On est entre nous, pas la peine de faire semblant, vous savez très bien que depuis l'début, z'avez déjà votre avis sur tout ça et clair'ment pas l'intention d'considérer ne serait s'qu'un tout ptit peu un point d'vue allant pas dans vot' sens... Vous l'avez dit vous même, z'êtes une déesse, z'êtes la pour l'équité, dans vot' ptite tête z'avez déjà décidée qu'z'aviez raison, alors à quoi bon gaspiller d'la salive ou d'la considération, pas vrai?
Les dieux ça a pas à s'remettre en question après tout, pas vrai? Leurs raisons sont incompréhensibles par les mortels, ces derniers sont juste bon à suivre et obéir après tout, ha ha ha ha ha!"



Le ton faussement amical disparu complètement pour ma dernière phrase, laissant place à la voix la plus méprisante dont je pouvais faire preuve.

"Profitez bien d'se sac d'organe Brytha. Et vous faite pas absorber par le premier gecko qui passe..."




Et lentement, par à-coup, craquant de partout, je commençai à me tourner dans la direction du téléporteur pour rentrer. Ces dernières semaines, j'avais réussi, à travers des expériences intenses et variées, à reconsidérer mon point de vue sur les dieux, et ceux qui les vénéraient.
Tout ça venait de partir en fumée. Une piqure de rappel de l'hypocrisie incarnée.

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