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par Dracaena Paletuv » sam. 20 déc. 2025 04:32
Tumulte de parole et d'action autour de moi alors que j'essayais tant bien que mal d'enregistré toutes les informations balancées à droite à gauche. La tempête d'émotion ne s'était pas calmée, mais elle se précisait, orienté par les paroles des uns ou les actes des autres. Essayant de me concentrer, et de sortir de cet espèce d'état de calme paradoxal dans lequel j'étais, je décidai de réagir tour à chacun.
Ma première réaction fut dédiée à Jorus, un premier sentiment se mettant à dominer la tempête émotionnelle: la confusion.
"Alossarh? Allossarh...Allossarh... AH, OUI, LE MEC AUX FLAMMES SEXY! Je... J'vous avoue m'sieur Jorus que j'avais complèt'ment zappé le fait d'vous avoir d'mandé ces infos... J'sais qu'ça doit faire que quelques jours, mais j'ai l'impressions qu'c'était y a des années d'cela. Et merci des détails, du coup: si j'trouve un moyen d'retourner à Aliaénon sans provoquer les fourdres du Sans-visage, j'testerais ça.
Quel dommage qu'il n'y ait aucune trace écrite de son art..."
Mon regard se posa quelques secondes sur la mite géante, avant de reprendre.
"Par contre, m'sieur Jorus, s'que vous avez dit juste après... M'sieur Sabar est... mort? "
Je pouvais sentir la tristesse se mettre à brusquement dominer mon être. Je n'avais passé que peu de temps avec Ibn. Je n'étais pas son ami, et je pense même qu'il ne m'appréciait pas trop, mais malgré ça, il avait presque sacrifié ses pouvoirs pour me venir en aide, malgré mes erreurs et ma bêtise Peut nombreux étaient ceux qui agissaient ainsi envers moi, et pour cela il avait ma reconnaissance éternelle. Quelques mots teinté de tristesse m'échappèrent:
"Oh... Je n'ai pas eu le temps de lui rendre la pareil pour m'avoir sauver la vie... oh..."
Alors que je pouvais sentir du liquide monter au niveau de ma tête, un mouvement brusque dans la pièce me tira de mon sentiment de deuil: c'était Sirius, pointant une arbalète sur la face de phalène, réclamant la possibilité d'emmener avec lui certains d'habitant d'Ashaar auquel il avait promit la liberté.
Si plusieurs semblaient avoir leur avis sur la question, personne ne réagit aussi négativement qu'Yliria.
Je contemplai la scène, me rendant compte petit à petit du paradoxe de la situation: Sirius, pirate, magouilleur, génie stratégique potentiel, mais abrutit fini confirmé, était prêt à défier un être capable de faire et défaire des mondes entiers au nom d'un groupe d'être vivant qui n'étaient considérés que comme des statistiques au cours d'une expérience.
A l'inverse, Yliria, demi elfe au sens de la justice très prononcé, à la détermination sans faille, et au soucis liés à la colère n'étant plus à prouvés, celle qui nous avait incendié sur le fait que le temps qu'elle passait à Aliaénon était du temps qu'elle ne passait pas à sauver des esclaves, elle, voulait laisser ces gens mourir de peur qu'ils deviennent des criminels sur Yuimen, et car il n'avaient pas plus le droit de vivre que le reste de ce monde...
La stupéfaction prit la place d'émotion dominante, pour être très vite remplacé par deux autres sentiments: premièrement, le respect. Je m'adressai à Sirius, d'un ton emplie d'honnêteté:
"...Vous battre pour des personnes qui n'seraient même pas réelle d'un certains point d'vue, tout ça pour une promesse de vie meilleure qu'vous leurs avez faite...
Sirius, j'vais pas vous mentir: j'arrive pas à vous cernez, et y a des moments où z'êtes vach'ment con quand même...
Mais... sur ce coup la, z'avez tout mon respect. Vous voyez des gens la où certains verraient des objets... J'comprends mieux pourquoi vot' pote vous appelle "Capitaine".
J'pense que Phalène Philosophe à raison sur un point par contre: restez pas dans s'monde, c'est jute un "outil" pour eux. Par contre, si vous réussiez vot' coup et qu'on s'recroise d'l'aut' coté, faudra qu'on discute un peu. "
Puis, mon regard se tourna vers Yliria, et le second sentiment s'installa: la déception. Si l'estime brisée pouvait avait un son, alors on l'entendrait résonner au fond de ma voix.
"Quand à toi Ylira... J'aurais cru que toi, plus que n'importe qui, veuille donner à ses gens une aut' chance à ces gens. Essayer d'être plus que des statistiques au nom d'la science. Toi qui parlait de libérer des esclaves, si t'avais la possibilité d'en sauver un ptit groupe, mais pas tous les autres, tu les laiss'rais quand même derrière, sous prétexte de "manque d'équité"?
Quand à leur effacer la mémoire..."
Je me mit à passer mes doigts sur mes brulures, presque inconsciemment.
"Nos expériences, atroce ou non, font de nous ce que nous sommes. Nos souffrances et nos joies nous façonne. La conscience de notre origine fait que nous sommes plus que de vulgaires plante ou des animaux. Qui es tu pour décider d'arracher leur souvenirs, sous prétexte qu'ils seront mieux comme ça? Peut être que leur mémoire les pouss'ra vers la grandeur. Peut être que ça les pouss'ra vers le crime. Peut être que ça les pouss'ra vers la folie. Et c'est ce qui fera d'eux de vraies personnes, avec du bon et du mauvais, et pas juste des valeurs étalons dans une expérience qui nous dépasse tous."
Puis, une pointe de résignation s'ajouta à mon ton.
"Mais bon, j'm'attends pas à s'que quiconque ici prenne réel'ment mon avis en compte... "
Mon attention se dirigea alors vers l'insecte, être qui m'inspirait toute l'admiration et tout le dégout que je pouvais ressentir. Ces deux sentiments se battant pour prendre le dessus provoquèrent le retour de ce calme peu naturel dont j'avais fait preuve plus tôt, auquel s'ajoutait une pointe de curiosité.
"Être de chitine, vous êtes un paradoxe fascinant à un point incroyable. Vous n'avez pas l'principe de l'identité, mais pourtant, z'avez assez d'personnalité pour vous amuser d'ce que je suis. J'imagine qu'vous d'vez r'sentir une fierté d'vos création, et forcément, ça donne envie d'comparer... J'vous rejoins sur un point: ceux qui sont responsable de s'que j'suis s'sont amusé, pour sur...
Mais passons ce genre de détail qui, j'imagine n'vous intéresse pas pour un sous. Vous m'disiez qu'vous n'pouvez pas modifier une réalité déjà la, juste en créer une autre avec de nouveaux paramètres, de s'que j'comprends. Et un tel système n'est pas reproductible par d'autre gens que ceux d'vot' espèce.
Bon ,j'vais pas passer par quat' chemin: d'un être ayant voué sa vie à la recherche à un autre: n'auriez vous pas quelque chose pour m'instruire? Un écrit? Un recueil? un outil? Quelque chose ayant peu d'valeur pour vous, et que vous s'riez prêt à céder à quelqu'un voulant voir plus loin qu'le bout d'ses branches? Après tout, vous m'dites que ma vision et mes expériences me rendent biaisés, alors, quelle meilleure façon d'me faire comprendre vot' point d'vue que de me donner d'quoi m'mettre à votre place. Et puis, on vous as bien am'né une ptite grosse tête de notre monde que vous semblez bien content d'pouvoir étudier, quoi d'plus normal de nous passer quelque chose en échange à étudier d'not coté?"
Car j'étais clair'ment pas jouasse à l'idée de laisser des gars comme ça avec la tête du Dragon Noir. Mais vu s'qu'il semblaient déjà capable de faire sans, est s'que ça allait vraiment changer grand chose?
Après tout, si ces kératophages pseudo divins voyaient la vie et l'existence comme d'simple données scientifiques, et nous comme des produits d'autre labo, qu'est s'que ça leur coutaient d'me filer un manuel et un scalpel? S'pas comme si j'allais réussir à créer mon propre monde sur le coté. Mais peut être que ça m'aiderait à comprendre un peu plus comment fonctionne le mien de monde, et à trouver comment le changer pour le meilleur. Car, même avec une infime partie de leur savoir, j'étais sur de faire des choses bien plus significatives qu'eux.
Pars'qu'il fallait quand même l'admettre: même si leur façon de faire m'écœuraient au plus haut point, leur savoir était plus qu'impressionnant.
Et comme on dit chez les oudios: s't'avec du fumier qu'on fait pousser les plus belles plantes!
Mais tandis que j'attendais la réponse du pénible papillon, un bruit se démarqua du reste pour moi: un mot, un nom que j'avais cru entendre, et que je n'aimais point. ça v'nait visiblement du mec en armure qui était avec nous: Balsac ou j'sais plus quoi. La seule fois où on avait interagit, tout ce qui sortis de sa bouche fut un gros problème d'égo et de bonne remarque raciste envers les oudios que seuls les bon gros sacs d'organes du genre pouvaient sortir. Donc bon, j'l'avais pas vraiment enregistré dans mon cerveau d'bois, sans surprise.
Mais la, il v'nait de dire un truc particulier. Un peu trop particulier. Un truc du genre "Vous êtes bien Brytha, hein?".
Et la ptite chétive qui étaient apparue d'nul part lorsqu'on avait été téléportée ici lui répondit un truc du genre "Ouais, s'moi, Brytha, coincée dans l'corps d'une gosse."
Un bruit strident était en train de résonner dans tous mes organes sensoriels. Je perdis complètement le fil de ce qui se passait en parallèle: Silméria disait un truc, Akihito aussi, Jorus avait disparu, j'crois... Mais impossible de vraiment prêter attention à ça.
Parce qu'un nouveau sentiment avait prit le dessus, un bien précis, qui était toujours un peu la, dans un coin de ma tête, mais qui ne r'sentait pas l'besoin sortir le plus souvent. Une émotion qui s'était manifestée pour la dernière fois durant la bataille contre le Dragon Noir. Un intense et virulent sentiment de haine.
Me tournant brusquement vers la fausse gamine, la pointant du doignt, ma voix s'emplie à outrance d'indignation:
"TOI!!!"
Le souvenir de ce moment fatidique sur Aliaénon passa en boucle dans ma tête, pouvant encore voir le visage de supplication de la damnée déesse, puis sont putain de dos lorsqu'elle nous abandonna à notre sort.
"TRAITRESSE! INGRATE! ESPÈCE D'ORCHYDÉE BLANCHE!!!
NOUS T'AVONS EXTIRPÉ DU DRAGON!
JE T'AI EXTIRPÉ DU DRAGON!
ET TU NOUS AS ABANDONNÉ!!!
TU NOUS AS BLAMÉ POUR TON SORT ET TU NOUS AS ABANDONNÉ!!!
TU NOUS AS LAISSÉ NOUS FAIRE BOUFFER L'AME PAR TON EX-SIAMOIS!!! "
Les leurs qui me servaient d'yeux recouvraient l'entièreté du haut de ma tête, fusionnées en un feu follet orangée qui brillait de ma bouche à mon front. Je revoyais encore l'espoir dans le visage des soldats du mur de la ville en voyant cette emplumée de lumière apparaitre, et le désespoir les envahir quand elle s'était barrée en nous laissant crever...La tempête d'émotion s'était transformée en une douce brise, complètement étouffée par la rancune et la rancœur qui parcourait ma sève...
Si ces scientifiques sans éthiques me rendait confus et curieux, elle, elle ne faisait que réveiller le pire en moi.