La Garde Militaire de Nessima

Avatar du membre
Asterie
Messages : 19
Enregistré le : dim. 18 août 2019 23:20

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Asterie » jeu. 12 sept. 2019 14:23

La commandante elfe accepte le verre que je lui tends, après une hésitation sur l’attitude à adopter devant ma maladresse. C’est donc devant la première esquisse d’un sourire de sa part que je me retrouve, l’air bête, à la voir déverser le contenu du contenant dans son gosier, certainement aussi sec que le désert de Sarnissa tant elle parle, répond et explique à tout va. Et elle poursuit sur cette voie, complétant les commentaires et informations manquant à tout un chacun. Je l’entends avec satisfaction faire écho à mes pensées et indiquer à l’ignare elfe noir à l’air louche que le Naora ne peut être rejoint par la voie des mers à cause de la grande barrière de corail cernant l’archipel. Je ne peux empêcher un incongru regard suffisant et fier envers le noiraud balafré qui a bien de quoi camoufler sa tronche de travers après cette niaise question. Enfin… je ne l’ouvre pas trop quand même, parce que pour le reste, je suis complètement aux fraises. Sylenn précise au shaakt que les intrus miniatures auraient été observés près d’une sylve, et pas loin d’un delta de fleuve, dont les noms respectifs passent sur mon esprit comme une goutte d’eau sur une flaque d’huile : en glissant très vite sans demander son reste.

S’en suivit quelques précisions sur les trahisons et jeux de pouvoir de la politique naorienne, un poil trop complexe pour que je cherche à la comprendre, que ce soit en détail ou en superficie. Je tâche cependant de faire du mieux que je peux pour retenir les informations qui me seront peut-être utiles plus tard… qui sait. Du moment qu’il ne s’agit pas de leurs noms elfiques à coucher dehors, je peux sans doute retenir deux ou trois informations dans tout ça. Je retiens surtout la réponse qu’elle donne à mes propres interrogations maladroites : elle tente certes de faire changer la rude mentalité de son peuple, mais n’est pas la seule à tenter cette chose folle : elle me recommande de m’adresser pour mieux comprendre tout cela à une dénommée Yliria, qu’elle me désigne aussitôt dans la salle. Il s’agit d’une petite demoiselle au visage couvert d’un masque de bois à cornes. Seule est visible sa chevelure blanche aux mèches sombres. Attendez… ils ne cherchaient pas l’origine de petites créatures grisâtres aux silhouettes imprécises ? Elle correspond pas mal à la description, pour le coup. Je suis curieuse de constater que je suis la seule à avoir fait un lien si évident. Et si elle, qui ne semble pas être dans les standards sindels, ces hautes perches trop grands pour être honnêtes, s’y connaît dans les changements d’esprit de leur société ultra-fermée, c’est qu’elle mouille dans tout ça jusqu’au cou ! Alors que la Dame Tartine continue de me répondre, mon regard se fixe sur cette jeune personne signalée comme référente par la commandante elle-même. Louche, louche, louche… Ou peut-être me fais-je juste des idées. Je décide arbitrairement de ne pas tenir compte de ces doutes pour l’instant, gardant toutefois l’information derrière la tête, au cas où d’autres éléments viendraient étayer mon hypothèse.

Quoiqu’il en soit, Sylenn me confirme que les Eruïons ont très certainement des désirs de vengeance, et que les sindeldi souhaitent sans doute s’en prémunir en les éradiquant une bonne fois pour toutes. Fronçant les sourcils à cette annonce de volonté de génocide lancé comme un commentaire sur la météo de la veille, je reste un instant interdite. Vient-elle vraiment d’évoquer l’anéantissement volontaire de tout un peuple ? Un frisson d’horreur me parcoure l’échine : ne suis-je pas malgré moi tombée dans le camp des méchants ? Enfin, pour ne pas tomber dans le manichéisme : dans le camp des enculés sans cœur ne se sentant tellement plus chier qu’ils se croient légitimes à décider ou non de la survie d’un peuple différent du leur ? J’espère très sincèrement que non : quelle que soit la récompense, il est hors de question que je participe à de telles exactions. Elle m’enlève cependant assez rapidement ce doute, se plaçant dans le camp des « gentils » qui ne veulent pas exterminer les autres, ou tout du moins le laisse-telle entendre en critiquant ceux des siens qui en seraient capables via les ruses les plus abjectes. J’opine silencieusement du chef à ses paroles, et vois l’instant d’après la jeune Yliria s’approcher de moi et me demander l’autorisation de caresser mon silnogure. Je lui signale qu’elle peut : Daelyrn ne se laisse pas prier, et s’en va chercher la caresse en se frottant contre les jambes de la petite masquée.

« Il s’appelle Daelyrn. C’est un Nenlartëa. »

Elle complimente son nom et signale qu’elle en a elle-même déjà vu un, d’une autre race, assez différent du mien apparemment. Elle me questionne sur le comportement des elfes gris sur mon passage, me demandant s’ils se retournent en l’apercevant. Je lui réponds en souriant :

« Oui. Puis pas que sur lui : ils n’ont jamais vu de rousse, ici, apparemment ! »

J’enchaîne de suite, profitant de l’opportunité offerte :

« C’est toi Yliria, c’est ça ? De quoi la Dame elfe parlait, là, quand elle disait qu’elle n’était pas la seule à vouloir changer la mentalité des siens ? »

Contrairement à ce que Dame Tartine a signalé juste avant, la petite indique qu’elle n’est sans doute pas la meilleure pour évoquer le sujet. Elle évoque le mari de la commandante, lui aussi impliqué dans une volonté d’ouverture. Elle libère Daelyrn de ses caresses, et après un instant, il vient se loger entre mes jambes, lapant à nouveau l’eau gouttant lentement sur le sol depuis la table. Yliria, elle, me demande si je viens de Tulorim, et plus généralement d’Imiftil. Surprise de cette intuition, je rétorque :

« Yarthiss. Mon père possède une scierie en bordure de la Forêt du Renouveau. Tu connais l’Imiftil ? Oh et sinon… moi c’est Astérie. J’espère n’avoir pas fait trop mauvaise impression avec toute cette eau… Rester enfermée à écouter de longs discours ne m’a jamais vraiment réussi. »

Je hausse les épaules. C’est le cas de le dire. Je décide de revenir sur cette attitude sindel qui me chiffonnait.

« Pourquoi tout ce mépris ? Ils sont complexés ou quoi ? »

Je regarde la salle m’entourant. Un clair complexe d’infériorité dans leur style architectural en tout cas. Sans doute quelque chose à compenser. J’ai déjà entendu dire que les elfes étaient tous des fiottes. Des racontars de taverne… mais si c’était vrai ?

« Et comment faites-vous pour changer un trait si profondément ancré dans leur culture ? »

Après m’avoir renseignée sur sa connaissance d’Imiftil, pour avoir vécu quelques temps à Tulorim puis à Yarthiss, elle me rassure sur l’impression que j’ai laissée à Sylenn, puis embraye sur les complexités inhérentes à la culture du cru, fort liée à la religion de Sithi, mêlée dans la politique jusqu’au cou. Une religion prônant un élitisme et une suprématie totale sur les autres races. Vachement sympa. Elle me rassure un brin, sans doute en voyant ma tête changer, en précisant qu’avec Daelyrn, j’attirerai plus la curiosité que le mépris. Je rétorque :

« Je me fiche bien de ce que je leur inspire, en vérité, du moment qu’ils ne tentent pas de me fourrer leurs idées dans le crâne ou d’attenter à mon bien-être. Puis, ils n’ont pas totalement tort : je n’y pige rien en religion, et ça ne m’intéresse guère. »

Je penche la tête sur le côté, me permettant une question un peu curieuse :

« Tiens, c’est pourquoi le masque ? »

Elle caresse un instant le bas de ce dernier, et précise qu’elle le porte pour se protéger, car partout elle se fait ennuyer à cause de ses origines. Quel drôle d’endroit pour se plaindre de ça, alors que le racisme semble être le sport national du Naora ! Je réponds d’un air sévère :

« Personne ne devrait avoir à cacher ses origines, que ce soit ici ou ailleurs. »

Yliria lance un regard de travers à l’elfe noir qui était présent à mon arrivée dans la salle. Je le suis et commente :

« Sinistre, hein ? J’étais pas à l’aise quand je suis arrivée. T’as eu des soucis avec lui ? Tu le connais ? »

Et, poursuivant dans ma vague curieuse :

« Et c’est quoi ces origines que tu veux cacher ? »

Elle répond par la négative au sujet du shaakt, et précise l’origine de son sang : un mélange d’une mère shaakt et d’un père humain… Et donc détestée des deux. Une semi-elfe, effectivement souvent rejetées des cités humaines. Je n’en ai jamais connu, mais là encore j’en ai déjà entendu parler. Yliria me questionne alors sur la raison de ma présence ici. Je réponds sans vraiment réfléchir :

« L’aventure, pardi ! Mes précédents voyages m’ont amenée au Naora, dans le Désert de Sarnissa, où j’ai fait la rencontre de Daelyrn. J’ai aussi fait la connaissance d’un hafiz de Kers, où j’ai séjourné pendant quelques mois. Mais je commençais à m’ennuyer, là-bas. Je n’aime pas rester longtemps au même endroit. J’ai besoin de voir le monde, d’explorer, de voyager. Et je suis tombée sur ces affiches, qu’un elfe m’a traduit, qui parlaient de cette offre d’emploi, ici à Nessima. Et toi, c’est par son mari que tu es là ? Il est où, lui ? »

Elle m’informe qu’elle revient tout juste du désert et n’a que peu envie d’y remettre les pieds pour le moment, et me confirme que c’est bien l’époux de Sylenn, Tanaëth, qui lui a demandé de venir. Lui, il doit se reposer chez lui. Je reviens sur un commentaire qu’elle a fait sur ma manière de vivre :

« J’imagine pas d’autre manière de vivre, en vrai. Toute cette histoire, t’en penses quoi du coup ? Tu sais où on devrait commencer à chercher ? Moi toutes ces informations m’ont surtout donné le tournis. Je ne sais pas si j’ai tout bien compris. »

Elle reste pensive une seconde avant de répondre par un commentaire pour les trois destinations envisagées : l’aventure au rendez-vous pour les montagnes, la complexité pour les non-gris à Tahelta, et le désert où elle pense retourner, arguant que les eruïons ne méritent pas de se faire exterminer.

Je fais une moue réflexive avant de me prononcer.

« Ouais, j’suis pas convaincue que Tahelta soit pour moi. Après, désert ou montages… J’sais pas trop. Les gens de Sarnissa doivent avoir peut-être entendu parler de ce que j’ai fait, avec cette histoire de silnogures. Moi et d’autres les avons sauvés de l’extinction. Enfin… ou tout du moins de la malédiction qui les rendait fous. Qui sait, ça pourrait être utile, là-bas. Même si le désert, c’est pas trop mon élément, à la base. Les forêts me manquent un peu. »

Yliria semble manifestement intéressée par le sauvetage des silnogures. Elle s’empresse de me demander si je pourrai lui narrer l’histoire, à l’occasion.

« Oui, je te raconterai si tu veux. Pour le reste, je verrai bien ce que je ferai au final. Pour sûr, ça sera encore sur un coup de tête ! »

Je hausse les épaules, d’un connivent fatalisme.

« Bon, sinon, écoutons quand même ce qui se dit : j’voudrais pas manquer plus d’informations. »

Et en guise d’informations, ce sont surtout des choix énoncés des différents aventuriers. J’apprends ainsi que la dénommée Sibelle, une elfe blanche à la chevelure de feu, semblable à la mienne quoique moins frisée et plus courte, ira enquêter du côté des montagnes, sur ce qu’elle estime être peut-être des nains. Des nains… Je n’en ai jamais rencontré, en vérité, si bien que je me suis toujours demandé si ce n’étaient pas juste des contes pour les enfants. Tout un peuple vivant sous terre, ça semble un peu aberrant, en vérité. Le shaakt, lui, s’en va bien vite, confirmant son départ dans la même direction : au nord. Et une troisième s’ajouta, une jeune fille qui annonce s’appeler Yurlungur. À son tour, Yliria annonce son choix du désert. Seule à prendre cette direction plus rude à la survie. Les autres doivent sans doute être trop précieux pour prendre de tels risques. Pourtant, Dame Tartine l’a annoncé : il s’agit ici de gagner sa croute. Je ne me voyais pas la laisser aller seule dans un lieu si hostile. De plus, je lui ai fait part de mon expérience du désert de Sarnissa : nous serons toutes deux en terrain plus ou moins connu. Et que dire de Daelyrn qui y a vécu lui aussi. Le voilà donc, ce coup de tête :

« Bien ! Quant à nous, nous irons également dans le désert, tirer ces histoires de vengeance au clair, ces trafics d’armes et compagnie. Pour sûr qu’on démasquera le coupable. Enfin… J’espère. »

Il faudrait déjà survivre à la chaleur et aux rudes conditions. Mais j’y suis préparée. Mentalement du moins. Je m’approche à nouveau d’Yliria, prête à partir, attendant juste la confirmation de Sylenn pour y aller.

Avatar du membre
Jorus Kayne
Messages : 81
Enregistré le : ven. 21 déc. 2018 20:30
Localisation : Dans une belle merde sur Aliaénon

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Jorus Kayne » ven. 13 sept. 2019 18:03

Je suis surpris par l’interjection de l’autre humaine du groupe, celle en âge de boire du vin plus que de raison, bien que pour le moment elle soit pressée d’étancher une soif colossale au vu de la mare d’eau face à elle. A son tour, elle y va également de son intervention. Sa façon de parler de façon très crue me tire un sourire franc lorsqu’elle évoque la confiance des Sindeldi et la compare à un mari cocu. Une façon très amusante de voir les choses.

Deux remarques à ma prononciation de la déesse Shaakt se font ressentir. L’une concernant le Shaakt, bien entendu, qui ne semble guère apprécier l’écorchement du nom de la déesse araignée. Je voulais une réaction, c’est ce que j’ai et je sais maintenant qu’il va me falloir faire attention à cette peau noire. La seconde remarque, si je puis dire, vient de la jeune masquée qui glousse et d’un ton amusé me demande si je connais également Utu.

(Utu ?)

(Oui c’est la divinité des Worrans, l’équivalent de Meno pour les autres races.)

Lorsque ma faéra m’explique la chose je commence à me demander la raison de cette question. A défaut de ressembler à un animal, je lève un bras et commence à me sentir l’aisselle, des fois que je sente le fauve. La remarque fait rire la commandante, je dois me sentir insulté ?

(Espèce d’idiot ! Prends pas ça méchamment, c’était juste pour rire.)

(Et comment le sais-tu ? Des pouvoirs divins te sont soudainement apparus ?)

(Non c’est simplement Alyah, sa faéra qui me l’a dit !)

(Sa faéra ? Mais comment tu le sais ?)

(Nous les faéra sommes capables de nous sentir les uns les autres et bien entendu de communiquer aussi librement comme je le fais avec toi. Et non, on ne se sent pas comme les chiens je te vois venir !)

(Ha mais je n’ai rien dit moi ! Et il y en a d’autres qui sont accompagnés d’une faéra que tu ne m’aurais pas signalé ?)

(Oui il y a Yürlüngür, mais sa faéra est très calme.)

(Yürlüngür aussi ?)

Sibelle quant à elle, a capté mon regard et semble on ne peu plus intriguée par mon comportement. C’est certainement la raison qui l’a poussée à venir s’asseoir à mes côtés. Je dois mon salut à la prise de parole de la commandante. Après la longue succession de question, ainsi qu’une flaque d’eau sur la table, nous obtenons quelques réponses. Pour commencer, le Naora est entouré d’une barrière de corail ce qui rend les navires intercontinentaux incapables d’accoster et la seule forge pouvant procurer le matériel en quantité importante est celle de la garde royale. Elle nous assure qu’il est impossible que celle-ci puisse fournir les fameux équipements de qualité. Si elle évoque la possibilité d’un traître parmi les hautes sphères du pouvoir, il nous faudra nous armer de preuves plus que solides pour prouver nos dires. L’influence de la commandante est importante, mais elle ne permet pas de mettre aux arrêts un des membres éminents du clergé avec un simple soupçon. Nous ne sommes pas les biens vus, mais grâce à l’oncle de notre mandataire nous avons la possibilité de venir aider. Elle fait une brève mention aux changements de mentalité de son peuple, mais la jeune Yliria sera en mesure de nous répondre. J’en conclus que ces deux-la se connaissent déjà.

Les Eruïons rêvent de se venger des Sindeldi, tout comme ces derniers rêvent d’exterminer les elfes gris. Cependant les dirigeants refusent de lancer une offensive. La dernière, datant d’un millier d’année, a fait perdre la vie à de nombreux soldats et a coûté une fortune. Pourtant la nouvelle menace qu’ils pèsent pourrait justifier de revoir ces priorités. Les intrus près des montagnes ont quant à eux été vu aux alentours de la Sylve de Saraënan et du delta du fleuve Sithialë. Cela fait un peu loin du désert et de Nessima. Malheureusement il n’y a pas de moyen de communiquer. C’est dommage, on avait les fameuses pierres sur Aliaénon. D’ailleurs je ne me rappelle plus l’avoir rendu, peut-être qu’elles pourraient marcher ici ! La commandante répond à la question de la jeune fille masquée concernant une autre race qui aurait pu être présente avant les premiers affrontements avec les Sindeldi. Cependant s’il existe bien des ruines qui diffèrent de l’architecture des elfes noirs, il n’y a aucune mention de leurs origines. La Sindel décrit brièvement Sithi comme étant la créatrice du peuple Sindel, mais selon nous elle serait considérée comme une déesse de la lune. Un Ithilauster est présent dans la cité et pourra peut-être répondre à mes questions.

(J’ignorais qu’il y avait une déesse même pour la lune ! Enfin je veux dire, quelque chose de si important que ce qui m’est décrit.)

(Pourquoi cela ?)

(Non c’est juste que…j’ai souvent regardé la lune en me l’imaginant comme une sorte de gardien qui veillerait sur moi !)

(Ha bon ? Tu ne m’en as jamais parlé !)

(C’est quand j’étais enfant principalement. A l’époque je refusais de croire que mes parents étaient morts et qu’eux aussi voyaient la lune. J’avais l’impression qu’un lien se créait entre eux et moi. Plus tard, durant les trois années sur le bateau j’ai gardé ce sentiment, même s’il ne voulait plus rien dire. Je ne sais pas, l’habitude peut-être, le sentiment de solitude ou le souvenir d’un lointain passé. Et puis tu es arrivée dans ma vie et je ne me suis plus jamais senti seul !)

(Hooo comme c’est trooop mimiii !)

(Ca va te moque pas ! Mais je suis encore plus intrigué par cette déesse maintenant. Je me demande si j’aurais le temps de discuter avec le prêtre présent.)

Je me lève finalement pour prendre à mon tour le laissez-passer lorsque j’entends un *sprouitch* venant de sous ma semelle. Une brève inspection m’indique qu’un grain de raisin a trouvé le moyen de se faufiler sous mon pied. Pestant intérieurement contre celui ou celle responsable de mon inconfort, je me lève jusqu’à la commandante. En prenant soin de marcher de mon pied touché avec mon talon, je tâche de dissimuler tant bien que mal ma démarche grotesque. Je ne voudrais pas me faire remarquer en laissant des empreintes de pas goût raisin. A mon retour je fais face à Sibelle qui m’intercepte au passage. A peine à une trentaine de centimètres nous séparent, elle me regarde droit dans les yeux et me lance :

"Allez, vide ton sac, je t'écoute."

Sa voix est aussi ferme que froide, mais dans un ton contrôlé. J'ai un haussement de sourcils lorsque je tourne la tête dans sa direction sans me laisser le temps de m’asseoir. Finalement je reporte mon attention au verre qui est devant moi et lui réponds sans un seul regard supplémentaire, dans un mépris flagrant de l'Hinïonne.

"Tu m'veux quoi ?"

" Des réponses." Clame-t-elle pleine d’assurance. Elle m’incite d’avoir le courage d’affronter les conséquences de mon regard méprisant en réduisant encore la distance.

Cette fois-ci je me retourne vivement vers l'elfe avec un regard empli de mépris. Je n'ai que faire de l'intimidation qu'elle tente d'exercer sur moi et alors qu'elle n'est plus qu'à une quinzaine de centimètres de mon visage, je raccourcis la distance en plaquant mon front contre le sien. Bon je n’y arrive pas à cause de la différence de taille, mais je n'ai clairement pas l'intention de me laisser faire par la grosse poupoule.

(Essaie de lui expliquer calmement d’accord ?)

"Non c'est moi qui ai besoin de réponses concernant tes propres actes ! Lorsque la Tour d'Or a été attaquée, explique-moi pourquoi, parmi toutes les personnes présentes, tu as choisi de sauver ce cul terreux de sous merde de Naral Shaam ? Il a massacré un nombre incalculable d'êtres afin de réveiller les Titans ! Titan dont l'un d'eux s'est rendu à la tour d'Or pour la rendre à néant et tuer tous les êtres qui se trouvaient dans la tour et à ses pieds ! Explique-moi pourquoi tu as choisi de sauver le responsable de tous ces morts ? Et lorsqu'il engendrera à nouveau la mort dans son sillage, affrontera tu les conséquences de tes actes ?"

(Mais pourquoi j’essaie de t’apprendre le tact ? Autant pisser dans un violon !)

N'étant aucunement intimidé par la proximité que je lui impose, Sibelle m'écoute avec attention sans m’interrompre. Elle m’explique d’un ton ferme, bien que plus bas presque au chuchotement qu’aucun de nous deux n’étions présent il a cinq ans et que nous possédons tous deux une version de l’histoire différente. Je vois une lueur de colère se faire réprimer par une grande inspiration. Elle insiste sur ce fameux jour et sur la responsabilité du Sans-Visage en ayant fait venir les Titans à la Tour d’Or. Lui-même a déclaré vouloir tout recommencer à zéro, citant ses propres paroles. Après un léger silence elle enchaîne en admettant effectivement avoir sauvé Naral, mais celui-ci a sauvé onze personnes ce jour-là. Cinq directement et six autres par mon intermédiaire avec les connaissances qu’elle me croit posséder et qu’ils sont malheureusement arrivé trop tard pour sauver les deux harpies plus rapides que les autres. Elle recule d’un pas pour mieux figer son regard dans le mien, la détermination ayant remplacée l’agressivité dans ses yeux. Elle ne regrette pas l’avoir fait car sans son acte, Yürlüngür ne serait pas dans cette salle et je n’aurais pas pu sauver Xël sans les conseils de Naral. Plissant les yeux elle me remercie d’avoir sauvé le mage, à qui elle tient beaucoup. Elle recule une nouvelle fois et ajoute avec une fermenté ans agressivité qu’elle part enquêter sur les fameuses troupes nocturnes et si mon mépris envers elle est toujours présent, je n’ai qu’à choisir un autre chemin.

(Effectivement elle ignore plus qu’elle ne le croit ! Ce n’est pas une poule c’est une dinde !)

(Ce n’est ni une poule, ni une dinde. Je vais te passer le cours d’anatomie des hippogriffes pour pointer du doigt son souhait flagrant de mettre de côté vos différents. Elle t’a même remercié d’avoir sauvé Xël !)

(Et je devrais faire quoi, acquiescer et partir clopin-clopant main dans la main ?)

(C’est une excellente idée. Je doute qu’elle accepte, mais tu peux toujours tenter.)

(…)

(…)

(Non !)

J'écoute attentivement l'elfe répondre à mes arguments, se vantant d'avoir une histoire différente de celle que j'ai entendue. Cependant au fur et à mesure qu'elle continue, un sourire presque moqueur se fiche sur mon visage. Les arguments non visiblement pas eu l'effet voulu. Toujours sur le même ton, je ne compte pas lui laisser le dernier mot de cette affaire. Elle a voulu des réponses, elle les aura jusqu'au bout.

"Une autre version de l'histoire ? Ainsi donc Xël m'aurait menti, Naral n'aurait pas réveillé les Titans en versant le sang ? Si effectivement le Sans-Visage les a prévenus, je te rappelle que ce conseil avait pour but de rassembler les êtres d'Aliaénon. Aux dernières nouvelles, ils en faisaient membre. C'est de son propre chef que l'un d'eux est venu à la Tour d'Or concernant un accord que j'ignore. Que le Sans-Visage soit en partie coupable de ce qui est arrivé, je te l'accorde, mais ce n'est rien comparé à cet immondice d'elfe rose. Sans lui, pas de Titans, donc pas de Tour en miette ni de massacre pour les réveiller. Et il faut en plus rajouter la magie qui a échappé au contrôle d'une majorité d'êtres !"

Je m'arrête un instant. Non pas que je souhaite m'arrêter là, mais un combat rage dans ma tête.

(Arrête je t’en prie ! Tu es en train non seulement de te la mettre à dos, ce qui est aussi inutile qu’idiot, mais en plus tu te mets en scène ! Elle était clairement en colère et je doute qu’elle t’ait tout balancé au visage. Ne te laisse pas dicter ta volonté par tes ressentiments.)

(Comment ? Comment pourrais-je me calmer ? Sans Naral de nombreux êtres seraient encore en vie ! En plus elle vante les mérites de cet elfe rosé de mes fesses avec ces soi-disant connaissances dont elle ignore la vraie nature !)

(Et ce n’est pas maintenant qu’elle connaîtra la raison ! L’existence des faéras n’est pas une information qu’on peut marchander ou même se vanter de connaître. Ose en parler et tu regretteras de m’avoir mis en colère !)

(Je le sais très bien ne t’inquiète pas !)


(Ho que si je m’inquiète ! Ta colère fait ressortir ton côté impulsif et tu ne réfléchis pas à ce que tu dis ou fais lorsque tu es ainsi. Va, fait comme bon te semble, mais si je sens que tu vas trop loin je t’arrête net et crois-moi, tu auras intérêt à ne pas insister !)

Une fois l’affrontement des voix interrompu, je reprends le cours de ma discussion avec la guerrière.

"Je pourrais être mesquin et dire que Naral n'a pas sauvé ces êtres. Pire, il aurait très bien pu avertir bien avant du risque encouru si le passage était traversé sans ces connaissances dont tu parles et ces harpies ne seraient pas disparues. En revanche, Yürlüngür aurait très bien pu le faire à sa place tout comme tu prétends que je l'ai fait, ce qui est faux. Même cette fille masquée en aurait été capable !" Dis-je en désignant Yliria.

Je détourne mon regard ailleurs pour reprendre mon souffle et me calmer par la même occasion.

"Je...j'ai mes raisons d'aider les Sindeldi. Une promesse que j'ai faite à quelqu'un qui ne peut venir. J'ignore encore où je dois me rendre, mais peut-être dois-je te suivre. Ne serait-ce pour m'assurer que tu ne sauves pas le ou les responsables de ce qui arrive ici !"

(Tu joues un jeu dangereux en l’assaillant de la sorte !)

L’elfe me regarde fixement sans piper mot. Je crois bien que c’est la première fois que je l’entends parler aussi longuement. Peut-être a-t-elle atteint les limites de mots journaliers. Cependant elle semble avoir une dernière chose dire en évoquant ma liberté de choix et que si un danger devait survenir, elle me porterait secoure.

Je ricane un instant avant de répliquer.

"Me sauver ? Même si je n'ai pas..." Dis-je alors que ma faéra intervient pour m’arrêter.

(IL SUFFIT JORUS ! Malgré son total désaccord, Sibelle fait preuve d’une grande noblesse et surtout d’un calme incroyable face à toutes tes agressions, car oui tu l’as agressée verbalement et davantage même. Je sais parfaitement où tu vas et si tu as pu sauver ces personnes sur Aliaénon, tu ne seras plus en mesure de le faire si tu poursuis !)

(Comment ? Mais tu ne peux…)

(Je vais me gêner tiens ! Libre à toi de faire ton choix désormais !)

Ma faéra ne me laisse malheureusement guère le choix et me force à reprendre plus calmement.

"Oublie ce que j'ai dit. Je ne suis pas là pour soulager ma colère."

Je reporte finalement mon intérêt ailleurs. Dans la décoration de la salle peut-être. De son côté, Sibelle s’en va vers la commandante, mais je ne prête plus vraiment attention à ce qui arrive autour de moi.

(Tu m’as beaucoup déçu ! J’en ai connu des personnes qui ont succombé à leur côté sombre, mais je ne pensais pas que tu puisses te laisser contrôler de la sorte par ta colère.)

Au travers de notre lien, je ressens cette profonde déception et la vis comme une véritable honte. Pourtant je ne peux me laisser aller alors que nous avons tant à faire. Alors je rassemble ma volonté pour tenter de m’excuser auprès de l’être qui m’est le plus cher au monde.

(Il y a-t-il un moyen que tu me pardonnes ?)

(Je ne sais pas, peut-être bien. Tu veux vraiment te faire pardonner ?)

(Oui tout ce que tu voudras !)

(Tout ?)

(Tout !)

(Très bien ! Alors tu vas accompagner Sibelle enquêter sur ces étranges troupes.)

(Oui enfin quand je dis tout, ce n’est pas tout, tout !)

(…)

(Bon très bien !)

Je me tourne pour attirer l’attention de la commandante et annonce, comme d’autres avant moi, mes intentions.

"J’irais de même enquêter vers ces menaçantes Sibelle…TROUPES ! Troupes. Je vais me diriger vers ces menaçantes troupes. Si nous en avons fini ici, je vais me rendre immédiatement à votre armurerie royale, je voudrais faire vite pour avoir autant de temps que possible avec votre prêtre."

Avatar du membre
Aeglos
Messages : 29
Enregistré le : dim. 30 déc. 2018 20:45

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Aeglos » ven. 13 sept. 2019 21:25

Le prêtre de la Dame des glaces avait beau être ouvert d'esprit et avoir affirmé son désir d'ouvrir le royaume de Sarindel aux étrangers, les protagonistes au sein de cette pièce close mais néanmoins spacieuse semblaient s'évertuer à lui donner tort. A les entendre parler d'argent ou lorsque sa vision parfaite vit les ravages du fait de la maladresse de l'humaine aux cheveux de feu, il se demanda soudain si leur arrivée était véritablement nécessaire pour aider son peuple. La commandante de Nessima semblait plutôt être amusée par tout ce fatras, mais Aeglos ne put s'empêcher de cacher son visage entre ses mains, son bâton reposant contre le rebord de la table hexagonale. Tout le problème était qu'étant sindel, sa vision était si acérée que la moindre imperfection ou le moindre travers dans le protocole diplomatique avaient de quoi mettre sa patience à l'épreuve. Toutefois, il ne se laissa guère corrompre par ces pensées négatifs et sortant sa tête du creux de ses mains, il balaya l'assemblée du regard tout en écoutant avidemment Sylënn.

Cette dernière annonça rapidement qu'elle n'était pas une politicienne et de ce fait cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Les railleries non dissimulées n'étaient guère des plus dignes pour une sindel de sa prestance. Les questions étaient toutes importantes et devaient être traitées sérieusement. Railler les méconnaissances des étrangers n'était pas la meilleure des manières pour les accueillir ni pour les inviter à promouvoir un idéal d'ouverture de leur nation. Aeglos s'intéressa par rapport au sujet du ravitaillement des Eruïons qui menaçaient leur beau royaume prospère. Si l'idée d'Arkalan à propos d'une forge dans des souterrains n'était pas crédible aux yeux du mage en raison de la complexité d'une telle opération, cela n'impliquait pas l'absence d'utilisation de ces dits souterrains pour acheminer tout le matériel nécessaire pour une nouvelle guerre.

Alors que cette question a été vite traitée, la commandante rappela à tous et à toutes qu'ils seraient récompensés à leur juste valeur. La seule récompense qu'il désirait était que son peuple vive en paix, loin des luttes de pouvoir et de la guerre civile qui couvait au cœur même du royaume. Le royaume de Sarindel était déchiré et cela allait de mal en pis alors qu'il prenait conscience de la perte de leurs précieuses colonies et ainsi du rapatriement indigne des sindeldi qui y habitaient. Cela le mettait en colère même si son visage neutre ne reflétait nullement ses émotions. Son peuple méritait mieux et avec l'annonce de deux survivants de la famille royale, cela ne pouvait que s'améliorer si ces derniers revenaient au pouvoir. Son enthousiasme a été vite douchée alors qu'elle s'adressait à lui, non sans montrer un clair dégoût pour tout ce qui touchait à la politique. Elle était légèrement rustre, mais peut-être était-ce de cela dont avait tant besoin la cité militaire de Nessima.

L'annonce du nom du régent actuel du royaume l'estomaqua et il ne put s'empêcher de lâcher un soupir de dépit. Baëlir, cet idiot qui méprisait ceux qui n'étaient pas de son rang, en l'occurrence les roturiers comme Aeglos, et dont la médiocrité n'avait d'égale que son racisme. Le Conseil royal était-il devenu fou ? Pour l'instant, il ne pipa mot et continua d'écouter, leur commanditaire renvoyant à une certaine Yliria le soin de donner plus de détails. Après un léger flottement, les discussions reprirent et des groupes semblaient déjà se former et les aventuriers décidaient de leur destination. Aeglos savait qu'il devait aller à Tahelta, personne d'autre que lui ne connaissait aussi bien la politique des sindeldi et les intrigues de cour. Avant de s'adresser à nouveau à tous et en particulier à leur commanditaire, ses yeux bleus ne tardèrent pas à remarquer une certaine tension entre certains membres du groupe. Si certains se connaissaient, des querelles intestines semblaient défiler à l'horizon. La femme masquée que leur avait pointé Sylënn ne tarda pas à dévoiler son véritable visage dès lors qu'Arkalan sortit du bâtiment, et qu'elle ne fut pas sa surprise au-delà du fait qu'il s'agissait d'une semi-elfe qu'elle semblait faire partie de l'ordre des Danseurs d'Opale. (Rien d'étonnant en soi), songea-t-il.

En guise de récompense, Aeglos sortit son médaillon représentant clairement le quart de la lune et s'adressa à la semi-elfe sereinement et avec douceur:

- Que Sithi illumine ton chemin jeune Yliria et puisse-t-elle te protéger.


- Commandante, je ne sais si ce n'est de la bravoure ou de la folie et je ne sais si je dois être émerveillé ou terrifié par rapport au fait que vous semblez prendre avec une aisance naturelle le fait que vous risquez votre poste si nous échouons. Je sais toutefois que je vous aiderai le plus possible, j'ai toujours cherché à protéger notre peuple et à servir la famille royale et ses descendants, alors ma loyauté vous est acquise. Je le dois aussi à Illyan, il a toujours été respectueux à mon égard en dépit de mon statut de roturier à la Cour de Tahelta. Tahelta me semble être la meilleure des destinations avant que je rejoigne un des groupes, si quelqu'un se joue de nous, je préfère le découvrir maintenant qu'après qu'il soit trop tard.

Se tournant vers les autres, il leur donna un conseil qui lui semblait d'importance.

- En parlant de Sithi, je suis un prêtre et même si je ne suis pas un Ihtilauster, je saurais sans doute répondre à certaines de vos questions là-dessus, Ser Jorus. Il faut que vous sachiez une chose à propos des divinités au sein du royaume de Sarindel. Je vous conseille de ne pas évoquer d'autres divinités que Sithi, Moura est la seule déesse à être tolérée et encore c'est une légère tolérance à l'égard de ceux qui ont la folie de l'honorer en ces lieux. Quant aux Eruïons, je dois avouer mon ignorance à leur sujet. Je ne saurais les juger équitablement en vertu de mon éducation et ma présence ne serait sans doute pas la bienvenue dans le désert de Sarnissa. La proximité avec le bagne de Raynna me rend aussi très nerveux et cela m'inquiète avec l'agitation d'un tel peuple qui pourrait bénéficier du soutien des nôtres.

Avatar du membre
GM Apprenti 1
Messages : 122
Enregistré le : lun. 5 nov. 2018 21:09

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par GM Apprenti 1 » sam. 14 sept. 2019 13:51

Émergence


A peine la commandante eut-elle fini de répondre aux premières questions que Sibelle et Jorus entreprirent de s'expliquer. Le ton et l'attitude ouvertement méprisante de ce dernier envers l'Hinïonne firent se durcir le visage et le regard de la Sindel, dont les mains se posèrent aussitôt sur les poignées de ses lames. Elle se garda pourtant d'intervenir et se contenta de surveiller la situation d'un air sévère jusqu'à ce que la discussion finisse par s'apaiser, fort heureusement pour Jorus car le parti qu'aurait pris Sylënn en cas d'altercation ne faisait aucun doute. L'humain avait-il oublié où il se trouvait ou, peut-être, ignorait-il que les Hinïons faisaient partie des rares peuples que les Sindeldi respectaient vraiment? Quoi qu'il en soit, il avait frôlé les limites de la tolérance de la commandante en se comportant ainsi. Enfin, lorsque Sibelle se présenta et annonça qu'elle comptait enquêter sur les êtres inconnus, l'Elfe Grise se détendit et, après un petit signe de tête poli, répondit à sa question :

"J'ignore l'identité de ceux qui les ont aperçus. Ce sont de petites gens qui ont prévenu des soldats, qui ont prévenu leurs officiers, qui nous ont eux-mêmes prévenus. Mais je pense que Mardëren, le commandant de la garnison du village de Caraën, pourrait vous donner davantage de précisions."

Pendant ce temps, Arkalan rejoignit la sortie de la forteresse de la Garde Militaire et put enfin se diriger vers l'armurerie comme il le souhaitait, non sans attirer nombre de regards, curieux pour certains, fermés voire ouvertement hostiles pour d'autres. Était-il vraiment sage de se balader seul dans les rues de la cité? Rien n'était moins sûr.

Aux paroles que lui adressa Yliria après sa discussion avec Astérie, Sylënn hocha simplement la tête en guise d'acquiescement, la décision de la Semi-Shaakte ne semblant en effet nullement la surprendre. Il en alla de même lorsque Yurlungur décréta qu'elle irait elle aussi enquêter sur les mystérieux êtres armés rôdant près des Montagnes Grises, puis lorsque Astérie déclara qu'elle accompagnerait Yliria dans le désert de Sarnissa. A son tour, Jorus choisit sa destination, non sans certain lapsus qui fit à nouveau froncer les sourcils à l'austère commandante :

"Nous en avons fini, sieur, si vous n'avez plus de questions. Un conseil cependant : évitez à l'avenir de vous comporter envers des Elfes, Blancs ou Gris, comme vous venez de le faire, cela pourrait vous jouer un très mauvais tour en ce pays."


L'humain était prévenu. Ce fut ensuite au tour d'Aeglos, qui releva le courage, ou l'inconscience, de la commandante et affirma sa loyauté envers la lignée royale avant d'annoncer qu'il se rendrait à Tahelta, à quoi la Sindel répondit :

"Il y a un Ithilauster du nom d'Ephedym qui officie dans les quartiers pauvres de la capitale. Il pourrait sans aucun doute vous apporter son aide si vous lui dites venir de la part des Ithil de Nessima."

La réunion était manifestement terminée et, à moins que certains aient d'autres questions à poser à la commandante, les aventuriers étaient désormais libres de s'organiser comme ils le souhaitaient et d'aller où bon leur semblerait.


*****


HRP:

Pour ceux qui veulent aller à l'armurerie, vous pouvez vous y rendre sans autre. A votre demande je ferai les interventions nécessaires dès que vous aurez rp afin de ne pas ralentir inutilement le déroulement de l'évent.

Pour ceux qui se rendraient à la commanderie d'Opale, vous pouvez également y aller sans autre, les éventuelles interventions de Guilde seront faites dès que possible par Yliria (ou moi-même si elles touchent directement à l'évent).

Pour ceux qui se mettraient immédiatement en route, vous pouvez rp jusqu'à la sortie de la ville en précisant bien à la fin de votre rp quel chemin vous comptez emprunter.

Vos pjs peuvent bien entendu discuter entre eux s'ils sont ensemble. Vous pouvez faire plusieurs posts si besoin, je vous demanderai simplement dans ce cas de m'envoyer un mp avec les liens (dans l'ordre chronologique) de vos rps.

Gains d'xp et récompenses:

[:attention:] Ne sont pris en compte que les rps faisant suite à l'introduction de l'évent. Pour les rps précédents, ils sont à faire commenter comme d'habitude via une demande dans le SOS GM.

Aeglos : découverte de Nessima : 1xp ; interaction avec Sylënn : 0,5xp ; rp du quotidien : 0,5 xp Total : 2xp Autre : absorption d'un fluide de glace 1/4, ajout de la carte et du laisser-passez dans le matériel rp.

Arkalan : interaction avec Sylënn : 0,5 xp ; rp du quotidien : 0,5 xp Total : 1xp Autre : ajout de la carte et du laisser-passez dans le matériel rp.

Astérie : découverte de Nessima : 1xp ; interaction avec Sylënn : 0,5 xp ; interaction avec Yliria : 0,5xp ; rp du quotidien : 0,5xp ; Total : 2,5xp Autre : ajout de la carte et du laisser-passez dans le matériel rp.

Jorus : découverte de Nessima : 1xp ; interaction avec Sylënn : 0,5 xp ; interaction avec Sibelle : 0,5 xp ; interaction avec sa Faëra : 0,5xp ; rp du quotidien : 0,5xp Total : 3xp Autre : ajout de la carte et du laisser-passez dans le matériel rp.

Sibelle : interaction avec Sylënn : 0,5xp ; interaction avec Jorus : 0,5xp ; rp du quotidien : 0,5xp Total : 1,5xp Autre : ajout de la carte et du laisser-passez dans le matériel rp.

Yliria : interaction avec Sylënn : 0,5xp ; interaction avec Astérie : 0,5xp ; rp du quotidien : 0,5 xp Total : 1,5xp Autre : ajout de la carte et du laisser-passez dans le matériel rp.

Yurlungur : découverte de Nessima : 1xp ; interaction avec Sylënn : 0,5xp ; rp du quotidien : 0,5xp Total : 2xp Autre : ajout de la carte et du laisser-passez dans le matériel rp.
.

De l'autre côté du miroir... Mais je vous aiderai sans vous décevoir !
GM en apprentissage, dégagez le passage !

.

Avatar du membre
Yliria
Messages : 173
Enregistré le : mar. 25 déc. 2018 18:57
Localisation : Nessima, Naora

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Yliria » dim. 15 sept. 2019 22:53

<< Auparavant

Le reste de la réunion, si on omettait la légère mise en garde de Sylënn envers Jorus, se termina rapidement, chacun choisissant sa prochaine destination. La plupart choisirent d’aller enquêter sur les fameuses troupes. Lorsqu’Aeglos sortit son médaillon et formula une formule de protection pour me saluer, je lui répondis d’un nouveau sourire, rassurée de voir que certains avaient l’ouverture d’esprit suffisante pour accepter toutes les races au sein de l’Opale. Lui décida cependant de se rendre à Tahelta, seul visiblement, étant l’unique Sindel de notre étrange groupe. Sachant que deux membres de l’Ordre étaient présents, je devais absolument les amener à la commanderie, selon la demande de Llyann. Préparer le voyage aussi, était primordiale. Je me tournai d’abord vers Sibelle et Aeglos.

- On m’a chargé d’accompagner tout Danseur qui le souhaiterait jusqu’à la commanderie, donc si vous êtes prêts, je vais vous guider. Je peux répondre à quelques questions, mais Llyann’tar Thelwë ou Tanaëth’tar Ithil seront plus à même de vous aider une fois sur place.

Je me tournai ensuite vers Astérie qui s’était approchée de moi après avoir affirmé qu’elle se rendrait dans le désert, lui offrant un sourire reconnaissant. Seule, je n’aurai probablement pas été très capable de mener la mission à bien. Il restait cependant de nombreuses choses à régler et mieux valait lui proposer e venir.

- Je te propose de venir aussi, si tu veux. J'ai besoin de demander l'autorisation pour un bateau, et de récupérer des provisions et du matériel. On partirait demain matin si tout va bien, ça te va ?

Elle semblait un peu dépassée par ce que je lui racontai, souriant néanmoins en acquiesçant. Je lui rendis un sourire désolé

- Désolée de te forcer la main comme ça. Promis ce sera plus... simple, une fois sur le bateau. Et crois-moi, tu veux pas faire le voyage à pied, il nous le faut vraiment.

Elle semblait d’accord sur ce point, mais se montra dubitative quand à parvenir jusqu’à un désert en bateau, me demandant si c’était vraiment faisable.

- Bien sur, j'en viens, il y a une baie qui nous permet d'y arriver sans encombre, de retrouver les Eruïons tout en évitant les patrouilles Sindel, c'est plus sûr. Tu pensais y aller comment ?

Les cynores… Effectivement je n’y avais pas pensé, mais en y réfléchissant bien, cela me semblait improbable, voire impossible.

- Je crois que les seules d'ici sont pour l'armée... je les vois mal nous en donner un gentiment pour aller rencontrer leurs ennemis, laissez-passer ou non. Et si on veut éviter les ennuis, vaut mieux ne pas impliquer l'armée Sindel dans notre voyage...

Bien qu’elle accepte cet état de fait, elle se montra un peu méfiante envers l’Opale, demandant si on pouvait leur faire confiance. Je lui répondis avec le plus grand sérieux.

- Je leur confierai ma vie sans hésiter une seule seconde.

Elle ne semblait pas vraiment convaincue, mais elle accepta néanmoins de me suivre. Je lui souris et joignant le geste à la parole, je remis mon masque et gravis les escaliers après avoir salué Sylënn et proposer aux deux humains restants de venir s’ils le souhaitaient, Jorus allant finalement dans son coin. Alyah chantonnait et, intriguée, je lui demandais la raison de cette soudaine humeur joyeuse.

(Et bien je suis contente, tu as l’air de prendre les choses en main.)

(On m’a confié une mission, je la remplis.)

(Oui, oui… fais semblant de ne pas comprendre...)


(C’est bon… j’ai fait de mon mieux, c’est tout. Moi ce qui m’étonne vraiment c’est l’attitude de Sylënn… Elle paraissait… gentille et plus ouverte.)

(Et ça t’étonnes ?)

(J’ai besoin de te rappeler son accueil ? « Engeance » et « Vermine » si je ne me trompe pas, c’est toujours agréable. Et là elle me sourit… je comprends rien.)

(Elle a passé un moment avec Tanaëth, c’est tout.)

(D’accord, mais de là à changer de cette manière… elle semble plus… détendue.)

(Tu comprendras quand tu seras grande.)

(Mais quoi ? Alyah !)

Le ricanement de ma faera me fit profondément soupirer, mais je ne cherchai pas à essayer de comprendre ce qu’elle entendait par là, elle avait toujours ses lubies étranges parfois… Je me tournai vers ceux que je guidais, leur expliquant rapidement ce qui allait suivre avant de sortir.

- On va devoir traverser un poste de garde et quelques rues des quartiers riches, donc là aussi beaucoup de gardes… enfin avec le laisser-passer tout devrait bien aller, mais… Faites attention, tout le monde ne va pas être ravi de voir des étrangers, ne prenez pas la mouche au moindre regard peu amène.

Il y aura probablement des regards curieux, notamment en direction d’Astérie avec son Silnogure et sa chevelure rousse, mais pas que, et je préférais prévenir, notamment vers ceux qui semblaient avoir le sang chaud. Les gardes nous laissèrent sortir et je pris aussitôt la direction de la commanderie d’un pas rapide. J’avais hâte de pouvoir me détendre un peu, de voir Nyllyn et de profiter d’un peu de calme après ce voyage.

(Pour mieux y retourner !)

(Je vais demander une augmentation…)

Cela eut au moins le mérite de faire rire ma faera et de m’arracher un sourire.


Suite >>

Avatar du membre
Sibelle
Messages : 76
Enregistré le : jeu. 20 déc. 2018 00:32

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Sibelle » mar. 17 sept. 2019 12:58

Soucieuse de bien mener sa nouvelle mission, mais aussi impatiente de se mettre à l’action, la guerrière ne quittait les yeux de la commandante. Pendant ce temps, l’elfe noir, qui avait déjà rangé sa carte roulée dans son sac et récupéré le laissez-passer, s’était dirigé vers l’escalier sans se soucier si la réunion était terminée. Au moment où il allait mettre le pied sur la première marche, il se ravisa et se tourna vers Sibelle. Il prit les devants sur la commandante et s’adressa directement et surtout seulement à la guerrière, lui offrant de l’accompagner dans la forêt et lui précisant que le devant de la garnison serait leur lieu de rencontre, une fois leurs courses respectives terminées.

Accompagnant sa réponse d’un signe de tête, l’elfe blanche peu volubile répondit :

« J’y serai. »

Elle entamerait donc cette mission avec un elfe noir au visage ravagé dont elle ne connaissait ni les aptitudes de combat ni sa perspicacité. Par contre, il bénéficiait en tant que shaakt d’une bonne vision dans l’obscurité ce qui s’avérait un atout appréciable. Sibelle le regarda monter l’escalier, tentant en vain de l’analyser, puis reporta son attention sur la commandante qui lui avait fait un signe de tête poli. Cette dernière expliqua à la guerrière que c’étaient les officiers qui lui avaient rapporté la présence d’une troupe mystérieuse. Eux-mêmes avaient eu l’information des soldats subalternes, qui l’avaient eu des gens du peuple qui les avaient aperçus. Il lui était donc impossible de la diriger vers eux. Cependant, elle lui recommanda de contacter le commandant occupant la garnison de Caraën, il serait en mesure lui apporter des précisions.

« Merci, ce sera un bon début. » Répondit Sibelle avant de porter son attention sur la jeune femme désormais démasquée qui avait pris la parole et qui répondait au nom d’Yliria. Cette demi-shaakt, à peine sorti de l’adolescence, parla de son expérience récente dans le désert et de sa rencontre avec un groupe d’Eruïons qu’elle avait promis d’aider, poursuivant en citant la devise de l’ordre des danseurs d’Opale.

(C’est par ma seule volonté que mes armes se meuvent...) Répéta dans sa tête l’hinionne.

La jeune fille avait sans doute remarqué le regard insistant de l’elfe rouquine sur ses brassards et elle tentait ainsi de savoir si elle était l’une des leurs. Croisant alors le regard d’Yliria, Sibelle mit, intentionnellement cette fois, sa main sur son médaillon caché et fit un oui de la tête. À la surprise de Sibelle cette déclaration de la jeune demoiselle dévoila un autre danseur d’Opale. Moins discret que Sibelle, il sortit son médaillon de sa tunique afin d’exhiber le quart de lune. Il annonça vouloir se rendre à Tahelta. Il prévint les aventuriers d’être prudents lorsqu’ils nommaient des dieux. Il s’avérait imprudent de nommer un autre dieu que Sithi.

Une voix désagréable aux oreilles de Sibelle se fit alors entendre. Sibelle tourna alors sa tête en direction de Yurlungur, pour voir cette dernière la fixer tout en annonçant qu’elle se dirigerait vers le mouvement des troupes nocturnes.

(Un souci de plus… je vais devoir surveiller mes arrières)

Transparente, Sibelle ne put retenir une moue réprobatrice. Elle ne faisait nullement confiance en la jeune assassine… oui…assassine. Malgré le jeune âge de Yurlungur, c’est dans cette catégorie que Sibelle l’avait classée.

Après s’être présentée à tous, elle leur souhaita bonne chance avant de se diriger vers Sibelle. Il était certain qu’elle avait lu la déception dans le visage de l’hinionne. Déception que cette dernière n’avait pas l’intention de nier.

Sans mettre des gants blancs, Yurlungur en vint directement au fait. Elle était consciente de leur mésentente sur Aliaénon. Elle désirait tout de même faire équipe avec Sibelle soulignant les qualités de combattante de l’hinionne et précisant que sa vue nocturne pourrait compléter l’ouïe de l’elfe.

Les bras croisés, les sourcils froncés, Sibelle avait écouté attentivement la demande et les arguments de la gamine. Prudente, mais surtout méfiante, elle réfléchissait, pesant le pour et le contre.

Puis, plongeant son regard dans celui bleu de la gamine, elle lui répondit d’un ton calme, dénué de toute trace d’agressivité :

« Vous n’êtes pas sans savoir que je ne vous fais pas confiance… en aucun moment, je risquerais de vous savoir dans mon dos… Et puis Arkalan possède également une vision nocturne. »

Sans perdre la gamine des yeux, elle laissa la place au silence pendant quelques secondes avant de reprendre et donner sa réponse.

« Je n’ai aucune autorité sur cette mission, vous êtes libres d’aller où vous semble peu importe mon avis. Et puis, telle une ombre, vous possédez la capacité de vous faufiler sans bruit, ce qui sera plus pratique pour surveiller ou même surprendre la mystérieuse troupe. Votre présence sera donc un atout dans l’équipe. »

Sibelle fut transparente, énonçant sa méfiance, ses restrictions, sans oublier les atouts de la gamine. Elle savait que la jeune fille était instable et qu’elle pouvait s’avérer une menace. Mais elle ne serait pas seule. Elle pourrait trouver un allié dans ce shaakt, et peut-être que l’autre rouquine, archère, se joindrait à eux.

Malgré l’espérance de Sibelle, la jolie archère choisit de rejoindre la jeune demi-shaakt dans les déserts.

Répondant sans doute aux regards que lui avait jetés Yurlungur, Jorus déclara vouloir lui aussi enquêter sur les troupes mystérieuses et menaçantes. S’il avait abandonné son regard agressif, il se permit tout de même une petite moquerie que Sibelle ignora complètement, elle n’avait aucun ressentiment envers ce jeune homme naïf manquant complètement de jugement. Elle fut en fait soulagée de sa présence. Sachant qu’il s’entendait bien avec Yurlungur, ils pourraient se diviser en binôme pour explorer chacun l’un des deux endroits où les envahisseurs sournois avaient été aperçus.

Voulant s’entretenir avec la commandante, elle s’en approcha et l’entendit sermonner le jeune homme à propos des propos malvenus qu’il avait adressés à Sibelle. Elle le prévint qu’il devait à l’avenir respecter les elfes, blanc, gris ou noirs. La guerrière apprécia l’intervention de la commandante, mais ne fit aucun commentaire, tout avait été dit et oublié pour l’hinionne.

Ce fut à ce moment que la jeune Yliria s’étant tournée vers eux s’adressa à la fois à Sibelle et Aeglos. Elle avait été chargée de reconduire à la commanderie les danseurs d’Opale qui désiraient s’y rendre. Elle leur proposa alors de les guider.

Sibelle salua d’un signe de tête, l’élégant Aeglos, puis déclina poliment l’offre d’Yliria.

« Je vous remercie pour l’offre, mais j’aurais d’autres choses à faire avant de m’y rendre. Si vous acceptiez de m’indiquer comment m’y rendre, je vous en serais reconnaissante.»

La jeune femme apparemment pressée ne prit pas ombrage de la demande de Sibelle et donnant immédiatement des consignes claires et précises que Sibelle tenta de mémoriser. En fait, il suffisait de prendre à droite dès la sortie de la garde militaire, de continuer tout droit jusqu’à ce qu’elle remarque une bâtisse fortifiée à sa droite, un grand escalier blanc et deux gardes postés aux portes.

Sibelle remercia Yliria et laissa la jeune femme et l’elfe gris quitter les lieux. Elle désirait s’entretenir avec la commandante.
Lorsque la voie fut libre, elle lui posa une question à voix relativement basse de sorte que seuls ceux à proximité pouvaient entendre :

« Je suis arrivée ici par la voie des airs… mais sans l’aide d’un aynore ou d’un cynore. Vous devez sans doute en avoir entendu parler. Je vous demanderais l’autorisation de voler au-dessus du domaine de Farcha sans risquer de me faire harponner par des flèches ou des lances. Avez-vous ce pouvoir ? »

Affichant un mince sourire, elle affirma en avoir eu connaissance et accepta de prévenir ses troupes de ne pas tirer sur un hippogriffe. Cependant, il lui était impossible de prévenir en de si courts délais l’ensemble des Sindeldi du domaine. Elle rassura tout de même Sibelle en affirmant qu’ayant une bonne vue, les elfes gris n’attaquaient pas sans réfléchir tout ce qui empruntait la voie des airs. Elle encouragea cependant l’hinionne à faire preuve de prudence.

Sibelle remercia la cheffe, la salua puis tourna les talons. Sans s’attarder davantage, elle gravit les marches de l’escalier et sortit de la garde militaire.

Avatar du membre
Yurlungur
Messages : 85
Enregistré le : jeu. 20 déc. 2018 07:31

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Yurlungur » mar. 17 sept. 2019 19:17

...

À ses explications, Sibelle n'accorda naturellement qu'une expression de défiance qu'elle ne daigna même pas atténuer ou dissimuler. L'honnêteté de cette Hinïonne était ce qu'elle était... Yurlungur avait été franche sur ses intentions et Sibelle en fit tout autant, rétorquant qu'Arkalan saurait tout autant l'aider qu'elle – probablement même mieux. Il était étrange que Sibelle, pourtant elfe blanche, désirât faire équipe avec un Shaakt qu'elle ne semblait connaître qu'à peine, mais c'était son affaire. La guerrière finit tout de même par reconnaître que la présence de l'assassine serait probablement un atout pour l'équipe – à contre-cœur peut-être ? Cela fit légèrement sourire Yurlungur. Dans le fond, c'était un compliment sincère. Est-ce qu'elle était touchée ? Peut-être. Elle chassa vite ce sourire de satisfaction. Ce n'était pas quelque chose à montrer trop facilement. Il ne fallait pas verser dans le sentimentalisme lorsqu'on était une gamine dans un groupe d'adultes.

Elle opina du chef et glissa simplement à Sibelle en lui montrant l'emplacement sur sa carte :

« Je compte me rendre à Alythaë pour chercher dans le Delta. Au revoir, peut-être... »

Elle opina du chef et se détourna pour entendre encore l'autre rouquine expliquer qu'elle se rendrait dans le désert ; enfin Jorus indiqua, non sans un lapsus si habituel connaissant le personnage, qu'il accompagnerait le groupe vers les troupes nocturnes. Cela faisait donc trois aventuriers d'Aliaénon, plus un Shaakt... Au moins le Shaakt n'était pas Endar. Et puis Jorus représentait un allié sur lequel elle pouvait compter, estimait-elle... Mais il ignorait encore tout de ses pouvoirs de métamorphose et, bien qu'elle lui accordât sa confiance, elle préférait conserver le secret aussi longtemps que possible autour de ces capacités-là. L'esquive des Ombres était déjà presque public, étant donné l'utilisation qu'elle en avait faite : mais ce genre de transfigurations, par le besoin de sang qu'elles impliquaient autant que par pure stratégie, gagnaient à ne rester connues que d'un nombre fort limité d'individus. S'il s'ébruitait qu'une telle sorcellerie existait, en particulier auprès des cercles qu'elle pourrait être amenée à infiltrer, la méfiance induite lui jouerait de trop mauvais tours. Jorus saurait-il tenir sa langue ?

Elle préférait laisser agir le destin. Le laissant quitter les lieux, elle s'en fut peu après lui, abandonnant pour de bon la Garde militaire. Il lui faudrait effectuer quelques ultimes emplettes, puis chercher un bateau pour se rendre à Alythaë. Elle verrait bien, alors, qui aurait eu la même idée qu'elle.

...

Avatar du membre
Asterie
Messages : 19
Enregistré le : dim. 18 août 2019 23:20

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Asterie » jeu. 19 sept. 2019 09:42

Rapidement, je comprends que nous ne serons que deux pour affronter la chaleur du désert et les peuplades d’elfes déchus qui y survivent tant bien que mal. Les autres semblent tous davantage s’intéresser à des racontars sur des créatures aux formes trapues qu’à l’éventualité pressante d’une guerre ouverte entre gris et bruns. Et bien sûr, c’est moi qui passe pour une maladroite demeurée à cause d’un bête accident aquatique. Qu’y puis-je, si j’étais absorbée par le discours de la commandante ?

Je profite de la quantité astronomique de nourritures en tous genres sur la table pour grappiller quelques réserves pour le reste de la journée : fruits frais, petits pains. J’en profite pour me resservir un godet d’eau, que je bois aussitôt, comme pour me prémunir un peu naïvement de la soif prochaine que je ressentirai peut-être sous le cuisant soleil du désert. À peine ai-je le temps d’œuvrer à ça qu’Yliria vient vers moi, après avoir brièvement parlé à plusieurs autres aventuriers qu’elle semble connaître, et me demande si je souhaite venir. Elle argumente en affirmant devoir s’assurer d’une permission pour un navire et acquérir du matériel et provisions pour le périple à venir. Elle conclut en disant que nous partirons demain, me demandant si le programme me va. Quelque peu soufflée par son subit empressement, je réponds, un peu à côté de la plaque :

« Heu… Oui ? Oui, j’imagine ? »

Je souris, pour ne pas paraître trop déboussolée, mais ma tronche en dit sans doute long, puisqu’elle s’excuse aussitôt de me forcer la main de la sorte, promettant une plus nette simplicité lorsque nous serons sur le bateau. Elle argue ma préférence inconditionnelle pour la voie des mers plutôt que celle des terres. Encore une fois, j’ai l’impression que des étapes ont été sautées, que j’ai loupé quelque chose en route. Je ris, un peu nerveusement, devant l’illogisme qui m’apparait comme le nez au milieu du visage.

« Oui, c’est sûr qu’à choisir, je préfère le navire ! Mais… on va vraiment dans le désert en bateau ? »

Je n’ai aucun souvenir de large étendue d’eau en Sarnissa, et l’optique d’un navire dans un désert me semble si ahurissante que je ne peux l’imaginer. Yliria me prouve cependant l’inverse aussitôt, précisant qu’une baie nous permettra d’y arriver sans encombre pour rencontrer les Eruïons sans rencontrer de patrouille sindel. Ça sonne à mes oreilles comme si nous étions devenues de la marchandise de contrebande. Je ne sais pas si je trouve ça excitant ou dérangeant… Je n’ai pas le loisir de trancher que déjà, elle me demande comment je voyais la chose. Comme si j’avais eu le temps d’y songer alors qu’il y a moins d’une minute, je ne savais pas encore clairement où je me rendais, et qu’il y a dix minutes, j’ignorais même ce que je fichais ici. Je hausse les épaules.

« Hm. J’sais pas trop. Ils n’ont pas de ces machines volantes, les cynores là, ici à Nessima ? »

C’est une fausse question bien sûr : je suis arrivée ici en Cynore. Un moyen de transport bien pratique en vérité, rapide et sûr. Et aucune chance de tomber sur des importuns au milieu du ciel ! La petite secoue la tête après une courte réflexion, précisant qu’ils sont réservés à l’armée et qu’elle voyait mal ces derniers nous en confier un pour aller le perdre en territoire ennemi, que nous ayons ou non ce fameux laisser-passer. Elle préfère ne pas impliquer l’armée grise dans tout ça. Je trouve ça un peu curieux, dans le sens où c’est une réunion officielle au sein d’un bâtiment militaire au milieu du quartier de l’armée de cette ville gonflée de soldats qui nous a mandatées pour cette mission. Mais soit : elle doit être plus habituée aux mœurs locales, et je décide de lui faire confiance. Elle a l’air de savoir ce qu’elle fait. Je la questionne néanmoins :

« Ah, oui. Pas faux. Et ton ordre, là, qui va nous prêter ce bateau, on est sûres de pouvoir leur faire confiance ? »

Elle rétorque qu’elle leur confierait sa vie sans hésiter. Une formule un peu extrême qui dénote pour moi un certain fanatisme. Qui peut à ce point faire confiance à une institution, quelle qu’elle soit ? Mi-figue, mi-raisin, je rétorque :

« Alors espérons qu’ils n’aient pas envie de la prendre. Je te suis. »

Et, de fait, elle décolle rapidement, quittant la salle pour se rendre vers sa fameuse commanderie. Je la suis docilement, accompagnée de Daelyrn.

Avatar du membre
Aeglos
Messages : 29
Enregistré le : dim. 30 déc. 2018 20:45

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Aeglos » ven. 20 sept. 2019 10:50

Un climat délétère semblait investir ces lieux et le caractère strict de la commandante n'aidait en rien. Le dénommé Jorus en prenait pour son grade, rapidement remis en place par la commandante aux vues de son comportement haineux envers l'hinïonne dénommée Sibelle qui semblait appartenir au même ordre que lui. Le monde s'avérait sacrément petit pour que des Danseurs d'Opale se retrouvent au même endroit, mais, après tout, c'était plutôt logique lorsqu'il y pensa. La mention de cet ordre avait été effacée au cours des âges par les Ithilausters. Tout avait été filtré, détruit et pourtant Lyann qu'il avait croisé des mois auparavant sur Nirtirm lui avait assuré qu'ils agissaient pour une grande cause. Les Ithilausters aussi pensaient agir pour de grandes causes, et pourtant certains d'entre eux ne faisant que répandre plus de souffrances au cœur du royaume de Sarindel et au-delà de ses frontières même. Il était curieux à propos de cet ordre mystérieux en dépit des maigres explications du dirigeant de la forteresse de Clair de Lune. L'ordre allait-il être en faveur de la paix ou de la guerre et que déciderait-il quant à la nomination d'un nouveau régent ? Sachant qui était actuellement à cette place, Aeglos espérait que les deux derniers descendants de la famille royale prendraient finalement leur place, mais rien n'était moins sûr avec la présence de l'Ithil Taerym et sa harpie de femme. Ces deux là étaient pires qu'Oaxaca et sa horde de garzoks et de shaakts. Les preuves lui manquaient mais il était persuadé que la royauté avait été minée par les plans de ces deux êtres. Sans se rendre compte, les traits de son visage se crispèrent en songeant qu'ils paieraient pour leurs crimes tôt ou tard et qu'il reviendrait enfin à la Cour Royale de Tahelta.

Plongé dans ses pensées, il manqua de remarquer que la plupart des personnes étaient déjà parties vaquer à leurs occupations et à leur prochaine mission. Lui-même avait eu droit à un conseil de la commandante lui proposant de rencontrer un Ithilauster, un certain Ephedym dans les quartiers pauvres de Tahelta. C'était au moins un endroit où son statut de roturier lui serait utile. Apparemment ce dernier connaissait la famille noble des Ithils et en particulier ceux de Nessima. Il imagina qu'elle voulait parler d'elle et de son époux qui devait lui aussi se trouver à Nessima logiquement. Il la remercia et se dirigea en compagnie d'Yliria, Astérie et Sibelle en direction de la commanderie, non sans rencontrer une certaine méfiance de la part des sindeldi à l'égard de l'humaine en particulier et de la jeune fille semi-shaakt qui les dirigeait.

Avatar du membre
Gamemaster7
Messages : 138
Enregistré le : sam. 14 sept. 2019 21:19

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Gamemaster7 » sam. 1 févr. 2020 07:19

Émergence : màj pour Arkalan et Yliria


Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent devant la massive forteresse de la Garde Militaire et furent confiés aux bons soins des vétérans qui en gardaient l'entrée. Contrairement aux gardes des portes de la cité, ceux-là ne semblèrent nullement surpris que des étrangers débarquent ainsi et ce fut sans discuter qu'ils les conduisirent au sein de la citadelle, jusqu'à la tour principale qu'il leur fallut gravir sur plusieurs étages. Enfin, ils parvinrent devant une porte ouverte donnant sur une petite salle servant visiblement à la fois de bureau et de lieu de vie, austère et ordonnée avec une rigueur toute militaire. La lumière du jour n'y entrait que par trois étroites meurtrières, mais plusieurs lampes à huile complétaient ce maigre éclairage et les deux aventuriers trouvèrent là la rugueuse Sylënn, en train de faire les cent pas comme un fauve en cage, visiblement préoccupée. A leur entrée, elle se retourna vivement et s'exclama :

"Ah ! Vous tombez bien! Entrez et fermez-moi cette foutue porte ! J'ai eu mon content d'emmerdeurs pour la journée !"

Elle désigna d'un geste nerveux deux sièges disposés près de son bureau et alla elle-même s'asseoir derrière ce dernier, passablement encombré de paperasses qu'elle poussa quelque peu rageusement en ajoutant :

"Alors ? Quelles nouvelles ?"


*****


HRP : La discussion peut se faire sur discord si vous le souhaitez.

Gains d'XP :

Yliria : interactions courtes, repas et repos : 0,5XP ; Interaction avec Alyah : 0,5XP ; Voyage complet : 4XP ; Total : 5XP
Arkalan : retour à Nessima : 1XP ; Total : 1XP

Avatar du membre
Yliria
Messages : 173
Enregistré le : mar. 25 déc. 2018 18:57
Localisation : Nessima, Naora

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Yliria » jeu. 6 févr. 2020 22:22

Prémices au chaos

j'attendis patiemment, nerveuse, qu'on nous laisse entrer, moi et le Shaakt. Arkalan si je ne me trompais pas. Il m'avait mis mal l'aise la première fois, mais je fis abstraction sans trop de difficulté, me permettant même de l'observer un peu plus en détail tandis que les soldats semblaient incapable de prendre une quelconque décision. Si sa carrure n'avait rien de particulier, ce fut son faciès qui retint mon regard plus longtemps que nécessaire. Il était couturé de cicatrices, comme si on avait voulu lui découper le visage au couteau. Je détournai le regard lorsqu'un gradé vint demander la raison de cette agitation et, après lui avoir donné les laissez passez, tout comme Arkalan, il accepta de mauvaise grâce de nous laisser entrer. Je retins un soupir de soulagement et leur emboîtai le pas tandis que deux soldats désignés nous menaient à l'intérieur de la ville. C'était la première fois que je passai par ici et découvrais un peu l'endroit, traversant la zone sous escorte jusqu'à ce qu'on nous apprenne que Sylenn était dans les bâtiments de la Garde Militaire. Rien d'étonnant en soit, cela nous éviterai de courir Nessima pour la trouver au moins.

Arrivée devant le bâtiment, d'autres gardes, bien moins surpris que les autres, nous conduisirent jusqu'à Sylenn qui semblait être de mauvaise humeur. Cela n'arrangeait pas vraiment mes affaires et je décidai définitivement de taire la bataille contre les forces de Raynna. Si c'était pour y être envoyée... et puis ne rien dire ce n'est pas vraiment mentir... Alyah ricana tandis que Arkalan expliquait avoir découvert que des nains étaient responsables des attaques, qu'il avait découvert un de leur repaire également et que Caraen, nom d'une ville qui me disait quelque chose, demandait des renforts. Les Rakhaunens avaient déjà commencé leur offensive ? Je devais me dépêcher... J'ouvris des yeux surpris lorsqu'il évoqua que Sibelle, l'Hinionne qui voyageait avec lui, l'avait trahi au profit des Rakhaunens. Je restai sceptique... Elle était un membre de l'Opale elle aussi, j'étais convaincue qu'il y avait une autre raison derrière sa « traîtrise ». L'explication donnée par Arkalan, qu'elle aurait choisi d'aider les Rakhaunens suite à une attaque sindel, me sembla déjà plus crédible au vu des méthodes de ces derniers. Sylenn me sortit de ma réflexion en me demandant ce que j'avais vu alors qu'Arkalan cherchait l'endroit dont il parlait sur la carte. J'hésitais une seconde, puis décidai de dire la vérité, après tout il était trop tard pour essayer de cacher quoi que ce soit.

- Et bien... Les nains se nomment Rakhaunens, ce sont les descendants du peuple vivant là avant les Sindeldi et que ces derniers ont chassé de leurs montagnes natales. Ils sortent aujourd'hui pour une seule chose: reprendre ce qu'ils ont perdu et... et se venger. J'imagine que leur existence a été supprimée de votre Histoire, mais ils ont toujours vécu là, tout comme les Eruïons qui se sont ralliés à eux, contre vous.

Je lançai un regard à Arkalan, mais je décidai quand même de parler devant lui. Je ne le connaissais pas, mais il n'avait pas l'air d'aimer la trahison, il ne serait pas du genre à divulguer quoi que ce soit... Enfin je l'espérai.

- J'ai longuement discuté avec Mahal, une des matriarches Eruïonnes, ainsi qu'avec certains de son peuple et je pense qu'il peut y avoir un moyen d'éviter un conflit dont vous n'avez pas besoin en ce moment...

Elle fut surprise, ce qui, pour moi, n'avait rien d'étonnant. Arkalan lui désigna l'endroit qu'il avait vu et elle le remercia rapidement avant de me demander s'il y en avait dans le domaine de Charlum.

- Vous aviez parlé de mines, j'imagine qu'elles leur appartenaient... Et oui, des milliers, dizaines de milliers d'entre eux. Enfin je n'ai vu qu'une partie, j'imagine qu'ils sont bien plus nombreux que cela, mais ils vivent sous terre, c'est difficile à dire.

Arkalan ajouta que c'est de là que venaient probablement les armes et je hochai la tête alors que Sylenn semblait tomber des nues. Elle questionna sur leur capacité à échapper à leur vigilance pendant si longtemps, ce qu'Arkalan pensa être lié aux souterrains des Shaakts, tout en précisant que les nains creusaient la terre comme personne. Je savais pourquoi ils leur avaient échappé. C'était assez simple, au final.

- Ils vivent dans les régions les plus reculées et inaccessibles. Ils ont été rayé de votre Histoire par votre stupide clergé, rien d'étonnant à ce qu'ils sortent de nulle part sans que vous vous y attendiez. Ils ont tout fait dans ce sens, mais ils sortent parce qu'ils sont prêts.

Cela rendit Sylenn pensive quelques secondes. Il y avait beaucoup d'information à encaisser d'un coup, ce n'était guère étonnant, en soit. Elle réfuta l'idée d'Arkalan, puis se tourna vers moi, le regard incisif, me faisant froncer les sourcils. Elle demanda où étaient les Rakhaunens et le rapport avec les Eruïons. Je n'allais pas les vendre comme ça ! Je devais trouver une solution pas les conduire à leur perte. Je croisai les bras.

- Les Eruïons se sont alliés aux Rakhaunens. Ils en ont assez de vivre persécutés et cloîtrés dans ce désert où leurs enfants meurent de faim ou sous les coups des Sindeldi, donc ils veulent profiter de l'occasion pour quitter ce désert et espérer vivre dans un meilleur endroit.

Elle sembla étrangement compréhensive, mais ne fut pas dupe et ma maigre tentative de passer la question de leur emplacement sous silence fut bien vite balayé par une nouvelle question plus insistante. Je répondis n'en rien savoir, ce qui n'était pas totalement un mensonge. Après tout je ne savais pas où ils étaient à l'heure actuelle et me contentai de lui faire comprendre qu'ils venaient ici, à Nessima. Elle ne fut pas dupe non plus.

- Tu dis les avoir vus, et tu ne sais pas où ils sont ? Je serais fort contrariée que tu me dissimules des informations cruciales, Yliria, et plus encore que tu me prennes pour une idiote. Je peux comprendre que tu veuilles protéger les Eruïons et que leur cause te touche, mais n'oublie pas une chose : si les navires de mon époux peuvent livrer en toute impunité des vivres et du matériel à ce peuple, c'est parce que je le cautionne par mon silence. Je ne suis pas ton ennemie, ni celle des Eruïons.

Je me retins de lui rire au nez. Elle comprenait ? Elle n'était pas leur ennemie ? Elle qui les avais combattu d’après ses propres dires, qui m'aurait écharpée sur la place publique si Tanaëth ne s'était pas interposé.

-C'est facile pour vous de dire ça, je ne vous ai pas insultée et menacée de mort, MOI ! Oui je veux protéger les Eruïons, parce que ce que les Sindeldi leur font depuis des millénaires c'est... impardonnable, et pourtant certains veulent juste un coin accueillant pour vivre ! Si je n'avais pas vu le peuple Sindel comme je l'ai vu, j'aurai rejoins les Eruïons sans hésiter, mais je suis revenue parce que j'estime que votre peuple aussi à droit à autre chose que vivre sous le joug des ordures qui vous servent de gouvernement. Que se passera-t-il si je vous dis où ils sont ? Vous allez tenter de discuter, ou juste leur envoyer vos armées et tenter une fois de plus de les éradiquer ?

La colère s'empara de son regard et elle posa ses mains sur les poignées de ses sabres. Je fronçai les sourcils et me préparai à dégainer au moindre signe. SI elle pensait que j'allais sagement lui dire ce qu'elle voulait entendre juste parce qu'elle s'était mise en tête que je le devais, elle se mettait le doigt dans l’œil jusqu'au coude. Elle se reprit, non sans parler d'une voix glaciale, énumérant tout ce qu'elle faisait ou avait fait pour moi, l'ordre, Tanaëth, tout ce qui lui aurait valu déshonneur et emprisonnement. Je déglutis et soupirai.

- J'ai confiance en Tanaëth et je sais qu'il a confiance en vous... Désolée, je... je prends ça personnellement, un peu trop même, je n'ai rien contre vous, vraiment.

Je me sentis un peu idiote, à vrai dire, à m'emporter ainsi. Toute cette histoire me rendait dingue, un peu plus chaque jour. Arkalan, qui hésitait à sortir face à cette scène, avoua avoir un marché avec Tanaëth, ce qui me surpris, mais après tout il était ouvert à bien des choses, allant jusqu'à m'accepter sans arrière pensées, alors ça n'avait rien de si surprenant. Lui était persuadé que les Eruïons haïssaient tant les Sindeldi que rien ne sauraient les raisonner, comparant sa haine des Shaakts à celle des Eruïons. Il se tourna vers moi, se disant navré, mais je secouai la tête. Navré de quoi ? Il n'avait rien compris.

- Vous vous trompez. Mahal, la cheffe de la tribu de Moura, est prête à trouver une autre issue que la guerre. Les Eruïons ne sont pas des shaaktes, ne comparez nullement leur façon de faire et de penser, vous ne les connaissez pas comme je les connais. Elle veut le bien de son peuple alors qu'une shaakte ne veut que son propre profit.

J'expliquai à Sylenn ce que je pensais, que cette guerre anéantirait le peuple sindel et ses ennemis, qu'il fallait agir avant et que Mahal pouvait être une porte d'entrée à tout cela. La commandante ne sembla guère convaincue, à raison, mais je ne voulais pas laisser passer cette chance. Elle semblait croire que résister était possible et me reposa la question. Lasse, je haussai les épaules. La discussion n'avançait pas, et m'entêter face à elle était une très mauvaise idée au vu de ma situation.
- Si vous le dites... quand je suis partie, ils étaient non loin de la pointe de l'Akuynra, ils doivent l'avoir dépassée depuis le temps, probablement qu'ils ont atteint ou atteindront bientôt la frontière du désert.

Arkalan parla d'un incendie qu'il avait vu, mais cela me sembla étrange, ils en étaient encore loin à mon avis. Sylenn, elle, se crispa, me demandant comment je comptais empêcher cette guerre. Je fus honnête, disant simplement que je n'en savais rien, mais qu'accorder aux Rakhaunens et Eruïons ce qu'ils voulaient pouvait aider. Sa réponse ne me surprit pas. Évidemment que les hauts placés ne le voudraient pas. Peut-être était-il temps d'agir, que l'Opale sorte de l'ombre en cette période de crise et boute tous ces corrompus hors du Royaume. Là encore, Sylenn demanda comment, avec le clergé en place à tous les postes clés, pourrait-on réussir tout en repoussant l'assaut des Rakhaunens. Je haussai simplement les épaules.

- J'en sais rien, je suis pas politique, je suis pas une stratège, je suis pas Sindel et une Danseuse que depuis quelques mois. Mais si on veut faire quelque chose, c'est le meilleur moment, parce qu'après, il sera de toute façon trop tard. De toute façon je n'ai aucun pouvoir, ce sont Lyann ou Tanaëth qui prendront la décision d'agir ou non, moi je vais juste faire en sorte que le peuple sindel ne disparaisse pas à son tour de l'Histoire à cause de dirigeants corrompus et trop enfermée dans leurs esprits étriqués pour ouvrir les yeux

Elle resta silencieuse un moment puis nous dit qu'elle allait réfléchir à tout cela, nous proposant de venir la voir si un plan nous venait. Dans el cas contraire, elle demanderait notre aide pour débusquer les repaires Rakhaunens. Arkalan inclina la tête, je me contentai de la hocher. Jamais il n'avait été question de ça, et je n'allais certainement pas aider à intensifier ce conflit. Sans attendre davantage, je sortis de la pièce avec l'intention d'aller à la commanderie. Me tournant vers Arkalan, je lui demandai s'il voulait un endroit sûr pour passer la nuit. Le ricanement que j'eus en réponse me fiot hausser un sourcil dubitatif qui s'accentua après son refus. Avait-il des contacts en ville ? J'en doutais beaucoup, mais j'avais autre chose à faire que m'occuper de lui, alors je le saluai brièvement avant de sortir sous les regards surpris des passants, me dirigeant aussitôt vers la commanderie. J'avais hâte d'être dans un lieu familier et accueillant, hâte de me reposer et de les revoir.

Avatar du membre
Arkalan
Messages : 42
Enregistré le : dim. 6 janv. 2019 14:56

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Arkalan » ven. 7 févr. 2020 21:41

Je suis surpris quand les gardes face à moi désignent du doigt une autre personne. La semi-Shaakt, croisé lors de notre réunion dans les tréfonds de la Garde Militaire. Elle m’adresse un signe de tête auquel je répond d’un regard méfiant. Me voilà moins tranquille en présence de cette femelle que face à une demi-douzaine de Sindeldi prêts à me transpercer au moindre geste brusque. Ils semblent d’ailleurs bien agités, ne voient-ils pas le papier qu’on agite tous les deux ? Ou pensent-ils sincèrement que nous venons ici avec des intentions belliqueuse ? A deux, contre une forteresse ? Mon humeur est exécrable et la présence féminine récente de cette Shaakt y est pour quelque chose. Fort heureusement un Sindel plus développé intellectuellement apparaît derrière la ligne de garde qui lui explique notre présence. Sceptique, il inspecte nos documents avec attention avant d’admettre avec un certain regret qu’il ne pourra pas nous pendre. Ce ne sont pas les mots qu’il emploi bien entendu mais l’idée reste semblable. Il nous fait escorter jusqu’à la Garde Militaire, nous passons de soldats à soldats avant d’enfin atteindre le bureau de la commandante. Une pièce austère, ressemblant également à un petit appartement, rangé au millimètre et meublé du strict nécessaire. Le faible éclairage me met à l’aise malgré mon humeur et l’agitation de Sylënn qui peste contre certains emmerdeurs. Elle désigne d’un geste nerveux les sièges avant de s’installer à son tour de l’autre côté du bureau. Après avoir mit de côté les piles de papier qui encombre son bureau, elle nous demande enfin quels sont les nouvelles. Je commence sans tourner autour du pot.

" Je n’ai pas de bonnes nouvelles, j’en suis désolé. Nous avons découvert l’origine des raids nocturnes. Ce sont des nains, des nains qui semblent établis dans les montagnes depuis de nombreuses années. Caraën vous demande des renforts de toute urgence. J’ai aussi le regret de vous annoncer que Sibelle, l’elfe blanche qui m’accompagnait nous a trahis pour rejoindre le camp de ces nains. "

La commandante fronce les sourcils et exige plus de précisions, des précisions que je récite de la même manière que je l'ai raconté au commandant de Caraën en ajoutant que celui-ci est inquiet et qu'un autre messager ne devrait pas tarder à arriver à Nessima pour confirmer mon rapport. Après un commentaire sur le commandant de la cité fortifié elle extirpe une carte de la région des tas des piles de documents et me demande la position de la porte de roche qui s'est ouverte pour vomir ses nains. Je me penche sur les montagnes en écoutant d'une oreille le rapport de la dénommée Yliria. Tandis qu'elle donne, à mon grand étonnement, un tas d'informations sur ces nains qui s'appellent Rakhaunens sur leur provenance, leur histoire et leur motivation, je retrace du bout de l'index le chemin que j'ai emprunté en partant de la sylve de Saraënan. Mon doigt glisse sur le canyon abrupte avant de suivre les oscillations sinueuses qui grimpe vers les hauteurs et d'enfin atteindre le défilé qui s'élargit pour pénétrer la crique. J'en tapote le fond pour signaler à la commandante que la porte se trouve ici alors que mon regard s'assombrit en écoutant Yliria parler de Matriarche Eruïonne. Peu importe les milliers d'années de mutation, ce sont encore de stupides femelles qui dirigent. Difficile pour moi d'avoir de l'empathie à leur égard. Sylënn grommelle sombrement qu'elle n'avait jamais entendu parler de Rhakaunen mais que le clergé serait bien capables de réécrire l'histoire. Elle demande si les nains se trouvent aussi dans un domaine plus au sud et la semi-elfe répond qu'elle en a vue des milliers voir des dizaines de milliers et qu'ils sont sans doute plus nombreux.

" Vous savez d’où viennent les armes maintenant. "

Elle me répond qu'en effet cela explique beaucoup de choses mais elle semble avoir du mal à croire les mots de la semi-Shaakt. J'emet la théorie qu'ils ont pu se servir des anciens souterrains d'elfes noir mais elle prétend que c'est impossible tandis qu'Yliria ne trouve rien d'étonnant à leur présence discrète du fait qu'ils ont vécu dans des régions inaccessibles en étant en plus complètement effacé de l'histoire.

La suite de l’entretien ressemble plus à un interrogatoire pour la jeune semi Shaakt qui s’efforce d’esquiver la question sur la position des nains en donnant les motivations qui ont poussés l’alliance entre les deux peuples. Devant l’insistance de la commandante elle va finalement répondre qu’elle ne sait pas où ils sont mais qu’elle sait où ils vont. Je ne sais pas trop quoi penser, les propos qui suivent me font clairement comprendre que les deux là se connaissent plus qu’elles semblent le faire croire. Le discours d’Yliria est représentatif de la fougue, de l’ambition et du fragile équilibre qu’il y a entre la loyauté et la trahison. Ce sang Shaakt est un poison qui coule dans ses veines et finira pas surgir et engloutir son autre côté, peu importe l’espèce. Elle est un danger en devenir, c’est certain. Pour l’instant elle aimerait que deux peuples retrouvent une vie plus facile, avec plus de joie, voulant à tout prix éviter que le sang coule mais... un jour, elle s’exaltera de la moindre goutte versé sur le sol. Je me racle la gorge, ravalant ma haine en la faisant passer pour du gêne de me retrouver au milieu d’une conversation qui ne me concerne pas. Je ne suis pas le seul à tempérer ma colère, un éclair passe dans les yeux de la commandante alors que ses mains se referment sur ses armes. Comme j’adorerais que sa tête roule sur le sol comme celle d’Irina sur Izurith. Mais la commandante parvient à garder son sang froid et se contente de la sermonner. Elle rappelle qu’elle aussi a prit de nombreux risques qui auraient pu la conduire au bagne. Elle fait référence à un ordre, s’agit-il de celui de Tanaëth ? Après une ample inspiration elle déclare que nous devons nous faire confiance. J’ose imaginer qu’elle ne me demande tout de même pas de faire confiance à une Shaakt ! Juste après m’être fait trahir par une femelle ! Je fais mine de ne pas être concerné. Déclarant d’un air faussement béat.

" Peut être devrais-je sortir le temps que vous terminiez cette conversation. "

Sylënn hausse les épaules et rétorque que c’est à moi de voir. Que je peux décider de continuer à agir pour elle et dans ce cas il est de mon droit de savoir, ou alors considérer que ma mission est achevée et que dans ce cas ça ne me concerne pas en effet.

" J’ai un marché avec votre époux. Un service pour son peuple en échange d’un service contre le mien. Je suis donc encore tout disposé à vous venir en aide. Mais vos derniers propos semble tenir plus du personnel que de la véritable priorité. Sans vouloir vous offenser. "

Elle rétorque que j’ai raison et tort à la fois. Que les affaires personnelles et les relations entre individus déterminent dans une large mesure le cours des choses. En exemple, elle me demande combien de guerres ont débutés parce que un dirigeant c’est senti offensé.

" Dans notre cas la question ne se pose plus. Si ce que dit cette... personne. "

dit-je désignant Yliria sans mépris particulier.

" Est vrai, alors je connais la haine qui les fait combattre car je ressens la même envers les Matriarches et les prêtresses Shaakts et aucune négociation ne serait envisageable. Je pense que vous n’avez pas de solution autre que de vous défendre par l’acier. "

Je me tourne vers la semi-Shaakt avec un air sincère.

" J’en suis navré. "

Je n’aimais pas la guerre et si je pouvais en éviter une ici j’en serais ravi. Hélas, j’ai la certitude que c’est déjà trop tard. Même avec tout l’optimisme que possède cette jeune femelle qui prétend que je ne connais pas les Eruïons aussi bien qu’elle. J’ai envie de lui répondre sèchement que c’est elle qui ne connait pas le sang Shaakt aussi bien que je le connais. Même si ils sont de lointains descendants, ce sang de fourbe coule encore dans leurs veines. Mais je reste silencieux, conscient que partir sur ce sujet maintenant ne mènerait nulle part sauf à nous faire perdre du temps, de la salive et de la patience. Yliria s’adresse ensuite à Sylënn, cherchant à la convaincre de dialoguer avec cette Matriarche du nom de Mahal, soit disant prête à ouvrir le dialogue. Un rictus méprisant déforme mon visage un court instant alors qu’une vieille cicatrice sur mon flanc me lance, vieux souvenir de la dernière fois qu’une femelle me disait être prête à dialoguer. Mon poing se serre derrière ma cape alors que je me retiens de cracher au sol et use de ma concentration pour ne pas céder à la colère. Étrangement c’est Yliria qui me ramène à la raison en me donnant son nom que je connaissais déjà et surtout en me précisant qu’elle n’apprécie pas davantage les prêtresses Shaakt que moi. Qu’est-ce que cela ? Une vaine tentative pour s’attirer ma sympathie ? Cela à le mérite de m’amuser, effaçant la vieille douleur et la colère d’avant. Elle n’aura jamais ma sympathie car cela reviendrait à me mettre en danger. Je reporte mon attention sur Sylënn quand elle vante les qualités de sa forteresse et de son armée. Elle repose encore une fois la même question pour connaître la position des nains. La semi-Shaakt répond enfin qu’ils atteindront bientôt la frontière du désert.

" Peut être que c’est une coïncidence mais j’ai aperçu un immense incendie sur ma route. "

La commandante rétorque qu’elle ne croit pas aux coïncidences avant de demander à la jeune Shaakt la façon d’éviter cette guerre. Elle propose, mal à l’aise, de leur accorder ce qu’ils veulent, provoquant un grognement désabusé de la part de la Sindel qui rétorque qu’en l’état, avec les dirigeants actuels, cette proposition serait une condamnation au bagne. La suite ressemble fort à l’organisation d’un coup d’état. J’écoute attentivement sans prendre parti. La petite réunion se termine quand Sylënn indique qu’elle doit réfléchir à un plan. J’incline la tête et quitte le bureau en compagnie de la Semi-Shaakt, prenant bien soin de ne pas lui tourner le dos.

En sortant elle me propose de l’accompagner dans un endroit sûre. Je ne peux contenir un ricanement. Celle là aussi on me l’a déjà faite et j’en garde une autre belle cicatrice.

" Non merci. "

Répondis-je simplement devant son haussement de sourcil. Je savais où me rendre et ce serait sans devoir surveiller, en plus de la patrouille de garde de la dernière fois, une semi-Shaakt qui pourrait me poignarder dans le dos. J’attend un moment avant de m’aventurer dans les rues de Nessima en m’assurant de ne pas être suivi. J’ignore les regards méprisants et les crachats qui s’écrasent devant mes pieds. Brandissant comme un bouclier le bout de papier de la commandante en me dirigeant vers la Commanderie d’Opale.

Avatar du membre
Gurth Von Lasch
Messages : 18
Enregistré le : lun. 18 nov. 2019 15:34

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Gurth Von Lasch » jeu. 20 févr. 2020 21:23

La Grande Traversée - 10

Aëkar avait dit vrai : un cynore était sur le départ quand l’Ogre arriva sur la zone de décollage. Ils acceptèrent bon gré mal gré de le laisser grimper avec eux, au nom de la commissionnaire dont le patronyme était décidément une sorte de passe-partout pour Gurth. En quelques heures, durant lesquelles il prit le plus de repos possible, il avait donc rejoint la cité de Nessima, où il ne put entrer qu’en montrant patte blanche. L’on lui indiqua où demeurait Sylënn’tar Thinel, commandante de la garde d’élite de la cité, tout en haut dans son fort imprenable. L’être de chair et d’ombre arriva donc sans détours à la Garde Militaire de Nessima, où il pénétra sans attendre, quémandant qu’on le conduise sans tarder auprès de la commandante des lieux.

Avatar du membre
Gamemaster7
Messages : 138
Enregistré le : sam. 14 sept. 2019 21:19

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Gamemaster7 » sam. 22 févr. 2020 17:26

Émergence : màj pour Yliria et Gurth


Si Gurth avait trouvé l'accueil des Sindeldi à Tahelta peu avenant, c'est sans doute parce qu'il ne connaissait pas encore Nessima... Le simple fait d'entrer dans la cité nécessita des explications circonstanciées, et s'il avait pensé s'y balader tranquillement en solitaire il fut déçu : ce n'est qu'accompagné de deux gardes hautains et rendus sérieusement nerveux par sa présence qu'il fut autorisé à se rendre à la Garde Militaire. De son côté Yliria dut également montrer patte blanche, mais le laissez-passer qu'elle avait en sa possession lui simplifia passablement la tâche et les soldats ne jugèrent pas utile de la faire escorter.

Ce que tous deux purent aisément remarquer chemin faisant, c'est que la cité se préparait à la guerre : les soldats étaient partout, se déplaçant en groupes compacts dans les rues, les demeures étaient en train d'être barricadées, les civils prenaient d'assaut les commerces de nourriture et de fournitures de base et se hâtaient de rentrer chez eux. La tension était palpable sur tous les visages mais, contrairement à ce qui aurait pu se produire dans une autre cité, les gens restaient calmes et nulle panique ne semblait devoir venir s'emparer de la martiale Nessima, du moins pour l'heure.

Si Yliria fut identifiée dès son arrivée aux portes de la Garde Militaire et put dès lors se rendre sans autre au bureau de Sylënn, Gurth dut une nouvelle fois expliquer les raisons de sa venue avant de pouvoir y pénétrer, et ce fut sous l'escorte de deux rudes Gardes Militaires qu'il fut conduit, quelques secondes à peine après l'entrée d'Yliria, auprès de la commandante des lieux. Elle se trouvait dans une petite salle servant visiblement à la fois de bureau et de lieu de vie, austère et ordonnée avec une rigueur toute militaire, dans laquelle la lumière du jour n'entrait que par trois étroites meurtrières, un éclairage bien maigre que complétaient les flammes de plusieurs lampes à huile. Assise sur un fauteuil à haut dossier derrière un bureau encombré de paperasses, la rugueuse commandante salua Yliria d'un léger hochement de tête et l'invita à s'asseoir sur l'un des sièges destinés aux visiteurs. Puis, à l'arrivée de Gurth, elle se leva et le scruta d'un dur regard inquisiteur avant de s'adresser à lui d'un ton froidement poli :

"Messire. Prenez place et dites-moi ce qui vous amène, voulez-vous ?"

La Sindel ne s'embarrassait pas d'oiseuses fioritures apparemment, pas plus qu'elle ne cherchait à dissimuler la méfiance que faisait naître en elle l'apparence de Gurth.


Image

*****


HRP : La discussion peut se faire sur discord si vous le souhaitez.

Gains d'XP :

Yliria : interaction avec Sylënn et Arkalan : 0,5XP ; RP du quotidien : 0,5XP ; Total : 1XP
Gurth : interaction avec Illyan'tar Thinel : 0,5 XP ; RP du quotidien : 0,5 XP ; Total 1XP

Gains matériels :

Yliria : récompense de 3'000 yus offerte par la Garde Militaire.

Avatar du membre
Gurth Von Lasch
Messages : 18
Enregistré le : lun. 18 nov. 2019 15:34

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Gurth Von Lasch » sam. 7 mars 2020 17:39

La Grande Traversée - 11


La Cité militaire fortifiée était sur le pied de guerre, indubitablement. L’Ogre croisa maints soldats avant de parvenir aux bureaux de la garde militaire, escorté de deux grands escogriffes malavisés. Il fut conduit jusqu’au bureau de celle qu’il avait voulu rencontrer : Sylënn’tar Ithil, nièce adorée de son homme de paille à Tahelta. Lorsqu’il entra, une petite créature masquée en sortait. Sans doute une autre missionnaire venue d’ailleurs, au vu de sa dégaine. Sylënn, elle, était de stature militaire, rigide et froide dans ses expressions. Gurth, la voyant ainsi méfiante à sa vue, s’empressa de se parer d’un sourire… tout sauf rassurant. Il prit place, comme demandé, faisant grincer le siège elfique sous son poids, et répondit d’une voix sombre à son interrogation, sans se faire prier.

« Je suis ici pour deux choses, Dame. D’abord pour répondre à l’appel que vous avez fait parvenir jusqu’en nos contrées, et ensuite, plus personnellement, pour vous remettre les amitiés de votre oncle, le Seigneur Illyan’tar Thinel de Tahelta, lequel m’a recommandé de prendre soin de vous et de veiller sur votre vie, lorsque je l’ai rencontré. »

Il laissa une seconde passer, un souffle, puis reprit.

« Je suis Gurth Von Lasch, neveu du Seigneur Freush Von Lasch de Tulorim, président du Conseil de la Fédération de Wiehl, en Imiftil, et je le représente à ce titre, ici. »

Elle lui souhaita la bienvenue, notant toutefois qu’il n’aurait pas à prendre la demande de son oncle au pied de la lettre. Il n’y comptait pas vraiment, de toute façon : c’était surtout une manière d’amener leur rencontre préalable. Elle sortit un papier et y parapha sa signature : un laissez-passer qui laisserait à l’ogre tout le loisir d’errer légalement où il voudrait aller. Elle devenait responsable de ses actes, indirectement. Avant de le lui remettre, elle le questionna sur la situation en cours et ses connaissances de celle-ci. Gurth renifla et parla de sa même voix d’outre-tombe.

« Davantage que vos pairs de Tahelta, je le crains. Il est question d'une guerre vengeresse de vos voisins anciennement soumis, que les gens de la capitale rabaissent erronément comme de simples raids aisément refoulés. Il est également question, si je ne m'abuse, de troubles au sein de la population sindel : le cœur de la révolte gronde, menaçant le pouvoir en place qui négligerait le peuple à son propre profit. J'ai pu attester personnellement de ces tensions dans la capitale, tentant d'apporter, avec le soutien de votre oncle, une aide opportune. »

Elle constata l’étendue des connaissances du sombre être, et le questionna plus avant, précisant que Nessima était sur le pied de guerre, prête à subir un siège. Cette nouvelle ravit l’Ogre de Tulorim, qui arrivait à point nommé pour le spectacle grandiose de la violence et de la mort.

« La cité est sur le pied de guerre, j'ai pu le noter. J'ignorais cependant que la situation était si avancée en votre défaveur. Peut-être serait-il bon de prévenir Tahelta de cet état de fait, si ce n'est pas encore fait : comme je vous le disais, ils semblent ne guère s'en soucier pour l'heure. Et si je sais des choses, je suis loin de tout savoir : quelles informations avez-vous sur vos ennemis ? »

Elle assura qu’un messager était déjà parti. Le tonton Tar Thinel n’était sans doute pas au courant, ou peut-être s’étaient-ils croisés, lui et Gurth. Il pesta intérieurement de n’avoir pu l’intercepter pour détruire son message. C’eut sans doute créé une bonne dose de panique et de désorganisation. Elle parla aussi d’un peuple inconnu de l’ogre : les Rakhaunen. Des nains furieux sortis de nulle part pour les défier avec l’aide des tribus des elfes du désert. Le reste était apparemment trop flou, ou trop secret, pour être abordé ici. L’humain difforme répondit donc :

« Des Thorkins... Tiens donc. Il n'est pas commun d'en trouver sur cet archipel, me trompé-je ? Mais ne nous égarons guère : à quelle tâche souhaitez-vous me voir m'atteler ? »

Elle semblait mécontente d’avoir vécu si longtemps sans même se douter de la présence de nains sous leurs pieds. L’elfe détailla l’obèse quelques secondes avant de proposer plusieurs positions qui selon elle pourraient lui convenir. Ce fut ainsi qu’il fut affublé de deux objectifs différents, l’un l’envoyant dans une cité souterraine sous Nessima, l’autre le chargeant d’enquêter sur l’armement suspect de plusieurs citoyens de la ville, de manière un peu trop zélée. Les révoltés étaient-ils en train d’enfler ici aussi ? La troisième position arracha un toussotement à l’ogre, qui regarda sa commissionnaire dans les yeux avant de déclarer :

« Vous avez de bien étranges habitudes, ici, si vous pensez qu’un être de ma stature puisse s’immiscer discrètement dans les contrées dangereuses. En ce qui concerne la cité souterraine, possédez-vous quelque plan de celle-ci indiquant quelles issues boucher ? Pour l’enquête d’armement, cela semble bien dans mes cordes… Auriez-vous une piste de départ sur laquelle me pencher ? Voyez-vous, je ne connais guère la cité. »

Elle ponctua la première remarque en affirmant ne pas juger les apparences des gens pour leur attribuer quelque compétence. Elle répondit également par la négative pour le plan de la cité sous la ville, mais donna une piste, ou tout du moins un contact sûr, pour commencer l’enquête sur l’armement zélé de citoyens lambda. Gurth sauta sur l’occasion.

« Bien. Je vais me diriger vers cette enquête, alors. Nous verrons par la suite si j'ai le temps et l'occasion de jouer les archéologues. Je vais de ce pas, si vous me le permettez, rejoindre ce dénommé Elërenn. »

Elle lui confia le laissez-passer, recommandant bien de n’en guère s’en séparer, et lui souhaita bonne chance. Sobrement, il la salua, ramassa le papier et conclut l’entretien.

« Je vous rendrai compte dès que possible. »

Il quitta la pièce, puis le bâtiment, et se dirigea vers ce qui lui semblait être les quartiers les plus pauvres de la ville. Là, il chercha le dénommé Elërenn, de visu premièrement, pour ne pas plus se faire remarquer que ça, mais il interrogerait les citoyens de Nessima s’il ne trouvait guère le bonhomme.

Avatar du membre
Mikkah-El Sôdehbek
Messages : 7
Enregistré le : sam. 2 mars 2019 14:11

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Mikkah-El Sôdehbek » mer. 18 mars 2020 18:19

Lorsque tu posas le pied à Nessima, tu compris pourquoi l'elfe gris de la compagnie Air Gris t'avais dit que "tu ne pourrais pas manquer la Garde Militaire". En premier, parce que l'autre elfe qui vous avait fait monter à bord de l'aynore, toi et les autres passagers, avait posé sur toi un long regard et, lorsque tu voulus descendre, te retint en t'attrapant le bras et, montrant le quartier ouest de la ville, te dit :

"Le Garde Militaire est par là-bas. Tout droit, puis à gauche avant le forgeron."

Tu acquiesça quasi timidement (tu avais décidé de calmer pour l'heure tes élans de superbe qui, s'accordant très bien avec ton art, s'accordait très mal dans une ville aux nerfs à vif) et te dirigea hors de la zone d'embarcation. Ensuite, tu ne peux manquer de regarder les regards très appuyés de tous les elfes que tu rencontrais sur ton chemin, certains franchement suspicieux. Ton confiant sourire se fit absent et tu marchas les deux décidément fixés sur ton chemin. Il te semblait que les gardes rencontrés au détour des rues connaissaient la raison de ta présence et te poussaient davantage vers ta destination afin que tu disparusses de leurs regards au plus vite. Enfin, le bâtiment n'était pas exactement caché au fond d'une ruelle.

Arrivé au pied de la Garde Militaire, tu t'y arrêtas pour contempler l'imposante masse architecture. Peut-être ce délai était-il déjà trop long car le garde en poste devant la porte t'apostropha sans amitié.

"Hé, toi, l'Hafiz ! On peut savoir ce que tu fiches là ?"

Tu tenta de lui offrir ton charmeur sourire, sentit ton estomac se nouer et y renonças tout aussitôt. Ce fut bien humble que tu t'avanças dans sa direction, tes deux mains bien en évidence sur la sangle qui maintenant ton luth dans ton dos.

"J'ai entendu dire que la Garde cherchait des aventuriers. Je viens pour m'engager."

Lui aussi te reluquas et par Gaïa, ça en devenait insultant !

(Il est vrai que tu es jeune et semble frêle, Mikkah-El. Ils ont raison d'hésiter à envoyer un enfant à la mort.)

(Mais toi, Siliwiih, tu m'as choisi justement pour mon destin, non ? Pourquoi ne reconnaissent-ils pas eux aussi, que je suis promis à plus grand ?)

"Très bien. Suis-moi."

En fait de suivre, il ouvrit la porte et te fit signe d'un signe de tête d'entrer. Puis, avisant l'un de ses compagnons d'armes, l'appela et lui fit part de ton désir de t'engager, avant de te remettre à lui et de repartir monter la garde, de sorte que tu ne fus pas non plus laissé seul une fois à l'intérieur du bâtiment. Et alors que tu suivais celui-là, tu pris subitement conscience que tu étais plus proche de ton pays que jamais et la nostalgie t'envahit. Tu ne savais pas (encore) où cette aventure allait te mener, mais tu espérais en profiter pour t'approcher de Kers. Sa vue seule te remplirait d'une telle joie.
Mikkah - Voleur Haffiz

Multi : Kay de Kallah

Avatar du membre
Gamemaster6
Messages : 112
Enregistré le : lun. 2 sept. 2019 17:36
Localisation : Prêt à plonger

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Gamemaster6 » sam. 21 mars 2020 16:26

Émergence : màj pour Mikkah-El

En se faisant conduire jusqu'à la Garde Militaire, Mikkah pouvait percevoir à quel point chaque soldat croisé était tendu. Pourtant, chacun d'eux lui indiqua sans détour la direction à prendre et il parvint sans encombre à pénétrer à l'intérieur du bâtiment austère et martial. Lorsqu'il évoqua la raison de sa présence, un Sindel lui indiqua de patienter avant de revenir, de longues minutes plus tard, lui demandant de le suivre.

Il fut conduit jusqu'à une pièce servant de bureau. Austère là aussi, avec une simple ouverture laissant filtrer la lumière de l'extérieur. Derrière le bureau qui occupait le centre, une Sindel, visiblement occupée. Elle leva les yeux et désigna du regard le siège vacant qui lui faisait face, posant sa plume avant de croiser les mains.

Image

- Bienvenue Messire, je suis Sylënn'tar Ithil, Commandante de la Garde Militaire. Si on vous a conduit jusqu'à moi, j'imagine que c'est parce que vous souhaitez répondre à l'appel que j'ai lancé.

Sans attendre une réponse, elle sortit un papier qu'elle commença à remplir avant de continuer.

- Sachez que la situation est quelque peu tendue. Nous sommes en état de guerre et nous préparons à une attaque d'un ennemi nouveau, sans-pitié et inconnu jusque-là. Si vous souhaitez tout de même travailler pour moi, je saurai vous trouver une mission. Ce ne sont pas les besoins qui manquent en cette période. Dites-moi donc qui vous êtes et ce que vous savez faire.

Elle posa son regard sur le jeune Hafiz. Un regard vide de tout mépris ou jugement.

***
Gains d'expérience.

L'expérience te sera attribuée à la fin de la présente situation.
Image

Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

Avatar du membre
Gamemaster6
Messages : 112
Enregistré le : lun. 2 sept. 2019 17:36
Localisation : Prêt à plonger

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Gamemaster6 » sam. 21 mars 2020 16:27

Émergence : màj pour Arkalan

Le piège tendu contre l'archer avait été grossier et inefficace, mais Arkalan n'avait pu récupérer la preuve qu'il escomptait, remontant seulement avec deux traits d'arbalètes qui n'avaient pas l'air très différents de ceux qu'il avait pu voir durant sa vie. Néanmoins, il put sans délai se rendre jusqu'à la Garde Militaire, redirigé chaque fois qu'il espérait parlé à un des soldats. Il avait passé quelques heures au beau milieu de la cité souterraine et la journée avait filé. Le soleil avait entamé sa lente descente vers l'horizon lorsqu'il entra dans le bâtiment ou il fut invité à rejoindre Sylënn sans délai. En le voyant entrer, elle lui lança un regard pour lui indiquer de s'asseoir. Elle était visiblement d'humeur peu amène et termina d'écrire quelque chose avant de lever les yeux vers lui.

- Vous avez fait vite... Trop vite, Qu'avez-vous trouvé ?
***
Gains d'expérience.

Arkalan : Ballade dans Sanssitr : 2xp ; Combat contre les Rakhaunens : 2xp. Total 4xp
Tu perds deux flèches dans la manœuvre
Image

Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

Avatar du membre
Arkalan
Messages : 42
Enregistré le : dim. 6 janv. 2019 14:56

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Arkalan » mer. 25 mars 2020 13:22

<<<


« Des nains. Ca grouille là dessous. Je voulais vous ramener une tête pour le prouver à votre général mais je n’ai réussi qu’à prendre ça. »

Mon humeur est aussi mauvaise que celle de la Commandante. Crapahuté dans une cité sous terre immense avec le risque de croiser des goules et des nains n’a absolument rien pour me plaire. Pourtant je m’y étais collé, sans conditions, pour vérifier un mauvais pressentiment qui s’est une fois de plus avéré vrai. Elle saisit les maigres preuves que j’ai apporté pour les inspecter. Des carreaux on ne peut plus classique, je suis déjà persuadé que le Général s’en curera les dents avec. Elle m’harcèle déjà de questions. Je m’étonne à parvenir à préserver autant mon calme. Sÿlenn commençait à m’agacer, à quoi s’attendait elle ? Une dizaine de nains équipés de bâton ? Elle devait avoir saisi maintenant que nous faisions face à une armée nombreuse, équipée, qui prépare cette guerre depuis plusieurs siècles. Comme pour toute femelle, malgré que je pensais qu’elle serait une exception, elle fait preuve d’un manque d’intelligence insupportable. Je répond néanmoins d’un ton neutre, dissimulant complètement ce que je pense de ses questions.


« J’ai pris le chemin que vous m’avez indiqué. Je suis passé devant l’étrange bâtiment qui doit être un temple et je me suis enfoncé dans la cité jusqu’à un pont. Ils étaient de l’autre côté. Très nombreux. Ceux que j’ai vu étaient équipés d’arbalètes. »

Dis-je en désignant les carreaux que je venais de confier.

« Et de boucliers et de masses. J’ai réussi à en blesser deux. Sans doute mortellement. »

Je précise qu’il faudra bien une journée de marche pour qu’ils déplacent leur armée pour venir jusqu’ici. Je plisse les yeux quand elle me demande si je saurais trouver l’endroit exact. Elle n’oserait quand même pas m’y renvoyer ?
Je lui réponds tout de même que oui, dire l’inverse ne serait pas cohérent. C’est malgré tout ce qu’elle ose faire, me demander de guider ses hommes dans ce piège à rat. Bien qu’elle est conscience des risques d’une embuscade avoue t-elle après que je lui explique que c’est une très mauvaise idée. Elle prétend qu’elle n’a pas le choix et qu’elle va essayer de convaincre son supérieur et condamnés les autres accès à l’exception de celui que j’ai emprunté.


« Si vous arrivez à clore les accès faites le et préparez, vous, une embuscade. J’ai laissé des empreintes sur mon passage, ils les suivront sans doute. Croyez moi, votre idée présente bien trop de risques. »

Elle rétorque que ses hommes sont des soldats et qu’ils préfèrent mourir plutôt que de voir un nain poser un pied en ville. Je me retiens de lui rétorque qu’ils vont être servi. Je soupire, las, inutile d’insister. Il s’agit d’une femelle elle n’admettra son erreur qu’au moment où le pire sera arrivé, pendant un instant en tout cas juste avant de rejeter la faute sur le dos de quelqu’un d’autre. Je tapote du bout des doigts sur le bureau, réfléchissant au plan qui nous ferait prendre le moins de risques.

« Combien d’hommes voulez vous envoyer ? »

Elle répond qu’elle pense à une petite unité pour rester discret. Une dizaine d’hommes tout au plus, précisant qu’elle ne veut pas gaspiller inutilement des vies, déclenchant en moi un rire cynique exprimé extérieurement sur mon visage par une simple grimace.

« J’aimerais un mage. »

Par deux fois j’ai croisé la route des nains et pour le moment je n’avais toujours pas vu de manieurs de fluides mais des combattants en équipements lourds. Si ils n’ont pas de mages, en posséder un serait un atout majeur. Elle répond qu’un messager fera parti du groupe et qu’il sera capable de la tenir informé des événements grâce à sa magie.

« Il faut que je me repose quelques heures. Ensuite je guiderais vos hommes. Quels fluides possède t-il ? »

Elle précise qu’elle a besoin de temps pour rassembler son équipe et que le messager possède des fluides de terre. J’incline la tête et quitte le bureau pour rejoindre la commanderie, le seul endroit où je pourrais me reposer convenablement.

>>>

Avatar du membre
Mikkah-El Sôdehbek
Messages : 7
Enregistré le : sam. 2 mars 2019 14:11

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Mikkah-El Sôdehbek » jeu. 26 mars 2020 14:49

(Tu es nerveux ?)

(Non. Oui.)

Tu avais tendu ton doigt fin et à la peau foncée pour que s'y posât un papillon bleu. Tu n'essayais même pas de le caresser. Mais sa simple vue suffisait à calmer les battements de ton cœur. Tu ne savais pas dans quoi tu t'embarquais, tu ne savais pas si même tu y survivrais, tu étais près de ton pays sans y être vraiment et tous ces soldats sindeldi aux aguets te mettaient les nerfs à vif. Cependant, regarder les gentils battements d'aile irisées du papillon te redonnait confiance. Je te guidais ; tu le savais. Au bout de quelques minutes qui t'en parurent durer au moins deux fois plus, le Sindel revint. Il s'arrêta à quelques pas de toi, néanmoins, et se contenta d'un sec mouvement de menton. Tu déglutis et le suivis.

Nerveusement, tu serrais la hanse de ton luth et tes dents mordaient légèrement dans ta lèvre inférieure. Mais tu ne pouvais non plus ignorer les lieux où tu trouvais et tes yeux les dévoraient de curiosité - malgré son austérité qui te semblait pesante. Tu parvins à les dompter lorsque le Sindel te fit pénétrer dans une pièce qui servait de toute évidence de bureau. Comme dans le reste de la caserne, l'austérité se manifestait à l'absence d'une large fenêtre, de tapis ou même d'un bureau avec des fioritures sculptées. Derrière cet unique meuble, il y avait une Sindel. Elle était jolie avec ses longs cheveux qui semblaient jaillir du haut de son crâne et retomber sur ses épaules comme une source vive dans les montagnes. Au moment où, levant les yeux, elle croisa les tiens, tu t'empressas de les détourner pour les poser sur son bureau. Tu sentis le Sindel qui t'avait accompagné se retirer et la dame t'indiqua le siège vide, devant son bureau, d'un regard. Sans même attendre que tu ne fus assis - il te fallait d'abord enlever le luth qui te barrait le dos pour le poser délicatement contre le mur - elle croisa les mains et commença de t'interroger.

(Elle m'a appelé "messire", moi, "messire", haha !)

(Concentre-toi s'il te plaît !)

Tu pinças les lèvres tandis que dans ton esprit, tu t'imaginais tirer la langue à ta Faera. Heureusement, tu avais su garder ton sérieux. Malheureusement, si tu te savais être face à la commandante de la garde militaire, tu n'avais pas du tout retenu son nom. Quel malotru !

"Euh, oui, c'est cela... J'ai vu votre appel et..." Tu fis un vague signe de la main, compris que ce n'était pas une réponse sérieuse et acheva, encore plus ridiculement puisque tu reprenais ses termes exacts : "...j'y ai répondu."

La Commandante ne releva pas et poursuivit. Tu appris ainsi que la situation était tendue (sans surprise) et que l'ennemi était puissant et sans cœur (comme tous les ennemis). La Sindel te dit clairement qu'elle pouvait te trouver un boulot, si c'était bien ce que tu cherchais, avant de demander à en savoir plus sur toi : qui tu étais et ce que tu savais faire.

Tu restas interdit plusieurs instants. Qui tu étais ? Un exilé. Ce que tu savais faire ? Voler et - ton regard se déporta une seconde sur ton luth - faire de la musique. Présenté comme cela, tu étais certain que personne ne pouvait chercher à t'engager.

(Dans ce cas, présente cela autrement.)

Tu pris une profonde respiration. Il te sembla voir un éclat bleuté sur la pierre sèche de l'ouverture qui procurait un peu de lumière à l'entrée et cela te donna le courage de te lancer.

"Je me nomme Mikkah-El Sôdehbek, je suis un Hafiz, je viens de Kers. J'ai eu une bonne éducation : je sais lire, écrire et me battre. Je suis d'ailleurs très agile et je sais me faufiler de partout. Je connais aussi quelques chansons pour remonter le moral des troupes."

Tu eus un petit sourire à la fin de ta phrase ; non le genre de sourire supérieur ou confiant, mais bien celui que quiconque lâchait lorsqu'il venait d'évoquer sa plus précieuse joie et passion dans la vie.
Mikkah - Voleur Haffiz

Multi : Kay de Kallah

Avatar du membre
Gamemaster6
Messages : 112
Enregistré le : lun. 2 sept. 2019 17:36
Localisation : Prêt à plonger

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Gamemaster6 » sam. 28 mars 2020 12:31

Émergence : màj pour Arkalan

En arrivant à la Garde Militaire, Arkalan put apercevoir Sylënn s'entretenir avec un Sindel. De stature plus frêle que la Commandante, il ne semblait pourtant pas moins un combattant émérite et martial, son maintien droit et ferme et les quelques cicatrices sur son visage évoquant un vétéran. Il portait une armure souple et sombre et diverses lames de toute tailles pendaient à ses flancs ou dans son dos. Non loin, une dizaine de Sindeldi, portant une armure similaire, patientaient.
La moitié d'entre eux portait un arc en plus d'une arme et l'un d'entre eux une baguette, probablement le fameux mage messager.

Lorsque la Commandante eut terminé, elle fit signe au Shaakt d'approcher et fit les présentations.

- Messire Arkalan, voici Gloriëll, le capitaine de ces hommes. Je lui ai expliqué la situation et ils vous suivront pour retrouver la trace de ces nains. Je vous souhaite bonne chance, à vous aussi capitaine.

Rapidement appelée ailleurs, elle le laissa seul avec le capitaine qui l'observa d'un œil inquisiteur.

- Que les choses soient claires. Mes hommes, ma responsabilité. Leurs vies m'importent, contrairement à la vôtre. J'ai confiance en la Commandante et en son jugement, aussi je tolère votre présence, mais vous suivrez mes ordres. Est-ce bien clair ?

Il n'attendait visiblement pas de réponse, pensant avoir été suffisamment limpide.

- On vous suit. Parlez-moi un peu de ces nains, puisque vous les avez vu de près.

***

Informations complémentaires.
4 des soldats sont des femelles, une archère et trois soldats (je sais que l'information a son importance pour Arkalan). Ils portent tous des équipements et armes légères et sont très discrets. Tu es libre d'interagir ou non avec la petite troupe et de t'enfoncer dans la cité jusqu'au pont précédemment rencontré.


Gains d'expérience
Apprentissage facilité de lame furtive : 1xp
Discussion avec Sylënn : 0,5xp

Total : 1,5xp
Image

Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

Avatar du membre
Gamemaster6
Messages : 112
Enregistré le : lun. 2 sept. 2019 17:36
Localisation : Prêt à plonger

Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Gamemaster6 » sam. 28 mars 2020 17:05

Émergence : màj pour Mikkah-Ël


La commandante écouta attentivement le jeune Hafiz se présenter, lui et ses compétences, avant de jeter un rapide coup d’œil à l'instrument qu'il avait déposé avant de s'asseoir. Elle sembla réfléchir un instant avant de reprendre.

- Fort bien. Bien que je ne sois pas contre l'idée de compétences comme les vôtres, je vois mal comment utiliser votre talent musical en temps de guerre, sans vouloir vous offenser.

Elle semblait très calme, mais un discret tapotement de son index sur le bois de son bureau laissait présager qu'elle était agitée.

- Cela étant, toute aide est bonne à prendre, je peux certainement vous trouver un travail adéquat. Je ne peux hélas pas envoyer mes hommes, la situation ici est complexe, mais j'ai cruellement besoin d'informations.

Elle sortit une carte de la région et la présenta à Mikkah-Ël

- Nous sommes ici et l'armée qui doit arriver vient de cette direction.Une force a été envoyée, mais le général n'a pas jugé la menace sérieuse et je ne compte hélas pas sur leur retour. J'aimerais que vous alliez en éclaireur, que vous observiez cette armée aussi précisément que vous le pouvez et reveniez me rapporter ce que vous avez vu. Ce n'est pas sans risqué mais avec suffisamment de discrétion, vous n'aurez aucun problème. Bien sûr vous serez récompensé et vous aurez accès à l'armurerie si vous en avez besoin et nous vous fournirons vivres et équipements de première nécessité.

Elle poussa vers lui la carte et un document signé à son nom.

- Un laisser-passer, nécessaire si voulez circuler librement et profiter de l'armurerie, plus une carte. Puis-je compter sur votre aide ?
***

Gains d'expérience
Expérience à la fin de la situation

Matériel :

Carte du Naora
Laisser-passez de la Garde Militaire de Nessima
Image

Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

Répondre

Retourner vers « Nessima »