La fine équipe de la proue s’active pour concocter un remède à la Fausse Peste. Korgal ne trouve pas le cuisinier nommé Gary à son poste, mais il trouve bien vite ce dont il a besoin pour faire bouillir une marmite d’eau convenable. Il est vite rejoint par Plythos avec un sac de citrons sous un bras et un autre dans lequel ont été fourrées des herbes diverses et variées qu’il a pu rassembler de part et d’autre. Il balance quelques citrons dans l’eau bouillante et la saupoudre d’herbes médicinales utilisées dans certaines décoctions de thé.
Alors qu’il dilapide joyeusement le gagne-pain d’Edith, Anissa arrive sous sa forme canine avec le sac de safran dont elle connaissait déjà la cachette.
« Allez, essayons de ne pas nous planter. Sire Korgal, vous contrôlez la température. »
De l’autre côté du navire, le Shaakt à l’autre bout de la lame d’Eline rend son pénible dernier râle. Elle a toutes les raisons d’enrager, mais il faut se rendre à l’évidence : les Shaakts préparent toujours une ou deux manières de frustrer leurs capteurs. Ses questions n’auront pas de réponses aujourd’hui.
Suivant le conseil de Layam, le marin infecté se soigne grâce à l’antidote et passe le mot aux autres. Chaque marin pille le premier cadavre aux oreilles pointues qu’il trouve pour s’administrer l’antidote, n’en laissant pas pour son voisin.
En fouillant minutieusement un de ces cadavres, Layam trouve un bien maigre butin. Mise à part l’antidote chipé sans attendre par le baroudeur et l’armure mal en point prise à des marins kendrans morts depuis lurette, le Shaakt porte la fameuse fiole rougeâtre, sans doute un poison à ingérer avant toute capture éventuelle. À l’arrière de la ceinture, un petite sacoche qui dévoile en l’ouvrant un mécanisme particulier, une fente métallique légèrement voûtée sous laquelle réside un petit réservoir. La fente est juste assez grande pour laisser passer une lame ou la pointe d’une flèche, et au trou minuscule en son centre qui laisse passer un mince filet translucide sur toute la longueur, Layam devine que c’est le matériel que les Shaakts utilisent pour enduire leurs armes de poison à plusieurs reprises. Comme pour confirmer ceci, l’étui dans lequel sont conservés les couteaux de lancer se trouve juste à côté, pour pouvoir sortir les projectiles et les enduire de poison d’un seul mouvement habile. Une arme vicieuse, déloyale, mais ingénieuse. Il ne trouve pas de sarbacane, il semblerait que les équipements Shaakts avaient plusieurs variations, même si les méthodes restent similaires.
Les couteaux de lancer sont d’une qualité peu commune, tout comme les sabres abandonnés par les Shaakts morts. De fines gravures peuvent être discernées tout le long du sombre acier, témoignant d’un ouvrage raffiné à des fins barbares. Celui qui compte résister à de tels outils ferait mieux d’être bien équipé, car des protections de piètre qualité ne sauraient éprouver leur tranchant. Nulle autre richesse ou artifice, ce Shaakt tout entier est voué à un rôle de guérilla maritime.
Edith retrouve vite des couleurs avec l’antidote que Layam s’est empressé de lui donner, mais il n’y a guère assez de Shaakts morts pour soigner assez de victimes du poison. Elle adresse un sourire peiné à Layam puis se relève sans trop de mal. Le poison n’avait pas eu le temps de lui causer de trop grandes souffrances.
« Dix milles embargos par ces glands bouhéniens plutôt que de retomber sur ces enflures de Shaakt... »
Elle regarde autour d’elle pour voir un de ses hommes se disputer avec un gaillard de Barbe-Rouille. Les malheureux commencent à se battre pour avoir l’antidote.
« Hé ! Arrêtez vos conneries ! Le premier qui fait du grabuge, je le jette par dessus-bord, et ça vaut pour vous aussi ! »
Ses ordres mettent un froid sur le navire, mais pour le moment, aucun des deux équipages n’ose la contrarier. Elle se retourne vers Layam pour lui dire en confidence :
« C’est la merde. Exech est encore à un ou deux jours de voyage. Si on trouve pas un moyen d’alléger leurs souffrances, c’est qu’une question de temps avant que quelqu’un ne fasse une grosse connerie. »
Quelques minutes passent en l’absence de toute nouvelle source d’antidote. Les marins appartenant au navire d’escorte remontent à son bord pour s’occuper de leurs propres problèmes et chercher d’autres cadavres, tandis que la souffrance ronge la Reine Rubis. Puis le désespoir ambiant est rompu par deux arrivées.
La première est celle de Plythos, Anissa et Korgal, portant vers le pont une marmite remplie d’une décoction faite maison. Leur tentative de produire un antidote a porté ses fruits. Malgré la couleur et l’odeur qui diffèrent de celui utilisé par les elfes noirs, Korgal, libéré de la Fausse Peste, témoigne de son efficacité. Et du goût aussi. Pas moins agréable qu’une infusion de thé aux épices. Le colosse est toujours mal en point mais son état s’est stabilisé. Et vue la taille de la marmite, il y en aura pour tout le monde.
La seconde est annoncée par un cri du marin qu’Anissa avait soigné.
« Hé, il respire encore, celui-là ! »
Il avait remonté à bord le kendran laissé à la mer qui avait servi d’appât. Le rescapé est pâle comme la mort et très mal en point, mais ses jours ne semblent pas en danger. Vu son âge apparent et sa barbe trempée, il semble être un officier gradé de la marine kendrane.
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Korgal : poison purgé, blessures graves sur tout le corps (Fausse Peste) + les blessures de combat à la main et à la jambe droites, malus touche -5
Vous avez tous été purgés de la Fausse Peste, mais vos blessures subsistent ainsi que vos malus de fatigue pour ceux qui en ont. Les Shaakts au sol possèdent des couteaux de lancer, des sabres et des sarbacanes de bonne qualité, des enduiseurs de poison et des fioles à ingestion létale. Les armures sont de facture kendrane et de qualité médiocre, trempées et usées