La Milice d'Henehar

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Yuimen
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La Milice d'Henehar

Message par Yuimen » sam. 6 janv. 2018 12:05

Milice d'Henehar

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Emblème de la ville et de la milice

Elle est constituée par des humains uniquement, et ils doivent impérativement savoir utiliser la magie. Nul individu sans magie ne peut intégrer les rangs de la milice de Henehar. Il s'agit pour elle d'assurer la défense de cette place forte luttant contre l'envahisseur. A sa tête, on trouvera les cinquante mages les plus puissants de Henehar qui répartissent eux-mêmes les missions données à leur subordonnés.

Comment s'engager ?

En jeu, vous devez contacter un milicien gradé qui vous inscrira sur une liste secrète. Il vous fournira si besoin du matériel aux couleurs de la ville et si possible un premier ordre de mission. La réponse du milicien sera faite par un GM !

N'OUBLIEZ PAS de demandez dans le SOS GM qu'un GM s'occupe de votre inscription.

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Ahrroë
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Enregistré le : lun. 30 mars 2020 08:43

Re: La Milice d'Henehar

Message par Ahrroë » lun. 30 mars 2020 15:41

« Je suis si désolée, mon amie a reçue de vilaines blessures, elle ne pensait pas à mal, mais tout cet alcool alors que sa constitution est si anormalement faible depuis quelques jours, ça l'a simplement prise par surprise... »

Ahrroë plisse les yeux. Cligne. Les referme. Se masse les tempes. Mais rien à faire, les barreaux sont toujours là. Ce n'était donc pas une invention de son imaginaire. Mais elle se demande bien comment des barreaux ont pu apparaître au beau milieu d'une taverne.

« Je vous promets que ça n'arrivera plus, de toute façon nous allons bientôt reprendre la route et vous n'entendrez plus jamais parler de nous, vous savez, alors... »

Etrange. Claire semble négocier sa liberté. Mais personne ne négocie sa liberté. Elle est non négociable. On ne lui prend pas impunément sa liberté. Ca non ! Et gare à qui voudrait s'y essay... Oh... Les barreaux... Eclair de lucidité.

( En fait je suis déjà enfermée. )

Un constat froid. Amer. Et pourtant, il faut bien s'y résoudre. Inspiration profonde.

( Il faut que je planifie mon éva... )

Cling.

« Bon allez, tu peux sortir, mais qu'on te reprenne pas à déclencher des bagarres dans les tavernes. »
« 'Zion. »
« Hein ? »
« Hein ? »
« Oh, Claire, tu es venue me chercher ! »

La vagabonde se redresse d'un bond. Et le regrette amèrement. Déjà parce que la gueule de bois tape bien fort en cette froide matinée. Ensuite parce qu'elle a un trou dans la jambe et un autre dans le ventre. Du coup ça fait mal.

« Tout va bien ? » demande son acolyte, inquiète.
« Je crois que le garde m'a battu, mes plaies se sont rouvertes, » geint la jeune femme.
« Quoi ?! » hurle l'intéressé.
« Hmm, heu, je crois que c'est plus en rapport avec les coups de pieds que tu donnais dans les gens hier soir, » rectifie son amie avec une petite grimace. « Tu ne devrais pas faire de tels mouvements dans ton état... En fait, si tu pouvais éviter de donner des coups de pieds dans les gens d'une manière générale... »

Grommellement.

« T'façon on peut jamais rien faire de drôle. »

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Hindbaer
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Enregistré le : lun. 20 janv. 2025 12:35

Re: La Milice d'Henehar

Message par Hindbaer » mer. 29 juil. 2026 17:47

Si Otis n’était pas chez lui, il travaillait. L’homme avait toujours préféré les patrouilles aux repas, les rapports aux nuits de sommeil et les problèmes des autres à tout le reste. Il serait à la milice, probablement occupé à expliquer à un jeune imbécile comment tenir sa baguette sans se brûler les doigts.

Elle connaissait le chemin de la caserne.

À mesure qu’elle approchait, les rues s’élargissaient et la foule se raréfiait. Le bâtiment de la milice se dressait contre la palissade nord : un bloc de pierre grise à deux étages, prolongé d’une cour d’entraînement où une dizaine d’hommes en cape bleu ciel s’exerçaient dans la boue.
Des baguettes claquèrent.

Trois traits de lumière jaillirent presque ensemble et frappèrent des mannequins de paille. Le premier s’embrasa. Le deuxième éclata au niveau du ventre. Le troisième sortilège manqua sa cible et alla creuser un trou fumant dans la palissade.

- Vingt pompes, Ketter !

Hindbær longea la cour.

Un jeune milicien la vit passer et rata à son tour son sort. Une gerbe d’étincelles vertes explosa devant ses propres bottes. Ses camarades éclatèrent de rire jusqu’à ce qu’ils aperçoivent la chasseuse. Les rires s’éteignirent.

Elle leur rendit leur regard.

Ils portaient des uniformes, recevaient des repas et dormaient sous un toit. Ils n’avaient pourtant pas la discipline de trois bûcherons. Et encore moins la précision d’une chasseresse.
Hindbær entra dans la caserne.

L’odeur la frappa : laine mouillée, sueur et flatulences. La salle commune était plus vaste que la boutique de Sigurd, mais le plafond bas et les rangées de bureaux lui donnèrent malgré tout l’impression d’une cage. Elle força sa respiration à rester lente.

Une pierre à aiguiser s’arrêta sur une lame.

Puis une autre.

Bientôt, tous les visages s’étaient tournés vers elle.

Certains la regardèrent avec curiosité. D’autres avec le mépris sans imagination qu’elle connaissait déjà. Ils voyaient ses vêtements de chasse, son arc usé, ses cheveux de feu et la blancheur de sa peau.

Chasseuse, pas militaire... Sang-mêlée, pas tout à fait une femme...

Un homme en prise avec un pilon de poulet s’appuya des coudes contre sa table.

- La ménagerie, c’est près du port.

Hindbær considéra sa barbe graisseuse. Puis ses jambes épaisses – dodues ou musclées, elle l’ignorait. Puis la distance jusqu’au mur – suffisante en cas d’escalade.

- Et porcherie, ici, répondit-elle. Compris.

Un rire étranglé jaillit au fond de la salle. Le milicien se redressa, les joues empourprées.

- Répète un peu ?
- Otis Kühlshrank, revint-elle à ses moutons, jugeant qu’il n’avait que la gueule.
- Quoi, Otis Kühlshrank ?

Hindbær chercha la forme correcte, s’impatienta et opta pour la plus courte.

- Où ?

Le milicien ouvrit la bouche, mais un vétéran se leva derrière lui.

Son visage buriné portait une balafre qui descendait de la tempe à la mâchoire. Il avait vieilli, s’était épaissi et perdu une bonne partie de ses cheveux, mais Hindbær reconnut l’homme qui montait autrefois la garde avec Otis. Le nom mit plus de temps à revenir.

- Bor… Borik.
- Par Yuia, souffla-t-il.

Il s’approcha avec précaution.

- Hindbær ?

Elle hocha la tête.

Le vétéran la détailla des bottes aux cheveux, comme s’il cherchait les restes d’une enfant sous la femme qui lui faisait face.

- Otis disait que tu finirais par revenir.
- Mhh…

Borik eut un bref sourire.

- Tu n’as pas changé au fond...
- Où ?

Le sourire disparut.

- Il n’est pas ici.
- Vu maison.
- Alors tu sais qu’il est parti.

Hindbær sentit son irritation croître.

- Où ?!

Borik jeta un regard aux autres miliciens. Plusieurs avaient repris leur travail avec une application suspecte, sans cesser de tendre l’oreille.

- Au sud-est. Vers la frontière du Matriarcat de Gwadh.

La chasseuse fronça les sourcils.

- Pour…quoi ?

Le vétéran l’invita d’un geste à s’écarter des autres. Hindbær ne bougea pas. Il soupira et baissa la voix.

- Des enfants disparaissent dans les hameaux depuis la fin de l’hiver. Six dont nous sommes certains. Peut-être davantage. Aucun corps, aucune demande de rançon. Seulement des traces, quand la neige voulait bien les conserver.

Le tumulte de la caserne sembla s’éloigner.

Six enfants.

Hindbær revit le garçon aux joues roses courant derrière son Asternia. Elle imagina la ruelle vide et l’animal attendant devant une porte qui ne s’ouvrirait plus. Les enfants devaient grandir pour se reproduire et perpétuer l’espèce – c’est ça l’ordre des choses. Même les prédateurs le savaient ! Mais les races modernes ne sont pas des prédateurs comme les autres…

Ses doigts se refermèrent sur son arc.

- Quelles traces ?

Borik observa le mouvement.

- Des bottes. Des chevaux. Des entraves, près du dernier lieu. Tout indique une bande organisée.
- Shaakts, lança le milicien au faciès porcin.

Le mot tomba avec la facilité d’une pierre jetée sur une tombe. Hindbær tourna vers lui ses yeux rouges.

- Indique Shaakts ?
- Qui d’autre enlèverait des enfants pour les vendre ?
- Preuve ?

L’homme ricana.

- Depuis quand une sauvageonne demande des preuves ?

Hindbær fit un pas dans sa direction ; Borik se plaça entre eux.

- Ça suffit. Nous soupçonnons des esclavagistes shaakts, reprit-il. Nous ne savons pas encore s’ils agissent seuls, ni comment ils passent la frontière. Otis a reçu l’ordre de tirer l’affaire au clair avec sa troupe.
- Otis… troupe?
- Il a été promu lieutenant il y a trois ans.

Hindbær resta silencieuse.

Dans son souvenir, Otis était sergent. Il se plaignait déjà de devoir commander à cinq hommes incapables de distinguer une piste de l’ombre d’une branche. Lieutenant lui semblait une punition particulièrement cruelle. Au moins, il devait enfin avoir une paye décente, ce qui expliquait l'apparence rutilante du domicile familial.

- Il a formé une compagnie d’archers-mages, poursuivit Borik. Ils sont partis avant-hier à l’aube. Douze hommes, avec un guide et deux chevaux de bât.
- Quel chemin ?
- Hindbær...
- Quel chemin ?!

Le vétéran croisa les bras.

- Tu viens à peine de rentrer.
- Pas rentrée.
- Bien sûr que si. Tu es ici.

Elle lui jeta un regard noir. Borik soutint ses yeux un instant, puis son expression s’adoucit d’une manière qu’elle détesta aussitôt.

- Il sera content de te voir vivante.
- Assez !

Elle fit demi-tour.

- Hindbær.

La chasseuse ne s’arrêta pas. Elle reprit sa marche, atteignit la porte et tourna la poignée sans un regard en arrière.

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