Le Marché de Tulorim

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Yuimen
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Le Marché de Tulorim

Message par Yuimen » ven. 5 janv. 2018 10:41

Le marché de Tulorim

Image

Le marché réunit toutes les senteurs du monde de Yuimen, la foule y est dense et les vols sont courants. On trouve de tout sur le marché, aussi bien des fruits comme de la viande ou même divers objets sur les divers étalages...

Objets vendus par les marchands :

Équipement : (De haute qualité maximum)


Objets standards personnalisables à l'achat:
  • Arme magique à une main :
    • Grimoire
    • Baguette
  • Arme magique à deux mains :
    • Bâton
  • Protection de torse :
    • Vêtements simples
    • Pourpoint
    • Robe
  • Protection de tête :
    • Diadème
    • Capuche
    • Tiare
    • Casque léger
  • Cape :
    • Cape
    • Manteau
Objets particuliers (pièce unique) :




Potions :

Toutes potions et élixirs.

Divers :
  • Gourdes magiques.
  • Carquois et flèches.
  • Objets RP.


Fluides magiques d'éléments :

Fluide 1/16e (50yus), 1/8e (110yus) et 1/4e (250yus). Tous sauf fluide de lumière.


Fonctionnement :
  • Achat :
    • Objets personnalisables : Choisir le type d'objet dans la liste, lui donner un nom, un niveau, un rang de qualité et en calculer le prix via la règle des équipements.
    • Objets uniques : Choisir l'objet dans la liste présentée.
  • Vente : Le vendeur ne reprend que les objets du même type que ceux qu'il vend.
  • Calcul des prix de vente, achat, réparation : via la Règle sur les équipements
  • La demande doit être postée, avec le lien du post, dans le sujet d'Interventions GM.

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Adam Von Demorlys
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Adam Von Demorlys » dim. 24 févr. 2019 22:16

<-

La grande majorité des étals étaient fermés, ce qui était on ne peut plus normal vu l'heure trés tardive. La lune perçait à peine à travers les sombres nuages. Quelques vaillants marchands, fidèles au poste, hélaient encore passants et ivrognes. Adam, accompagné du solide Jonas, marcha quelques minutes avant de repérer l'étal d'Yzrouel. Comme il s'y était attendu, ce dernier avait pris ses précautions pour que son stand ne subisse pas d'autres vandalismes. Mais ce n'était pas un, mais deux gardes qui surveillaient les alentours. Sans compter les miliciens qui effectuaient des rondes, la tâche n'allait pas être aisée. Non, il allait falloir changer de plan. Adam entendit son compagnon pester, et ils se retirèrent à l'ombre d'une grande bâtisse.

« Attendons qu'ils s'endorment, ou qu'ils aillent pisser. » Dit Jonas avec peu de conviction.

Pour toute réponse Adam poussa un soupir.
« Attendons qu'une occasion se présente oui. »

Machinalement il jeta un regard à l'auberge qui faisait face au marché et où logeait Yzrouel. A tous les coups ce dernier avait ensuite dû demander une chambre donnant sur la vaste place, afin d'avoir la possibilité de jeter un coup d'oeil de contrôle lorsqu'il le désirait.
Ils allaient devoir revoir leur plan. Ils patientèrent néanmoins, guettant la moindre opportunité, examinant chaque passant et essayant de trouver une solution.

Au bout d'une heure le regard d'Adam fût attiré par une énième silhouette qui sortait de l'auberge où dormait le marchand bedonnant. Il s'agissait d'une femme à l'épaisse chevelure brune. Le jeune mage n'y accorda pas plus d'intention que ça et détourna le regard. Une image lui vint alors en tête et lui arracha un froncement de sourcils. Il agrippa simultanément le bras de Jonas.

« Quoi ? »

Adam lui désigna la femme qui se trouvait à une trentaine de mètres.

« Ca ne te dit rien ? »

Grâce aux lumières de l'auberge, les traits de la concernée étaient un minimum visibles. Cette dernière semblait avoir moins de la vingtaine, était lourdement maquillée et portait un petit diadème.

« Non de non c'est pas vrai... »

Qu'une telle opportunité se présente était bien plus que de la chance, c'était un présent directement offert par les dieux.

« C'est exactement ce qu'il nous fallait, on ne pouvait pas rêver mieux. Voilà qui fera même bien mieux l'affaire qu'un coffre.»

La femme regarda à droite et à gauche, scrutant les horizons, rabattit un capuchon et se dirigea droit vers le port.

Sans perdre une seconde le duo sortit de l'ombre et suivit la donzelle, qui n'était autre que la fille d'Yzrouel.


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Adam Von Demorlys
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Adam Von Demorlys » dim. 24 févr. 2019 22:39

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Le couple regagna le marché plusieurs minutes plus tard. Une fois arrivée devant l'auberge, il était visible que Nirza n'avait qu'une envie, regagner sa chambre et sa tranquillité. Elle regarda nerveusement autour d'elle puis s'adressa au jeune mage :
« Et bien sir Adam merci de m'avoir tiré de ce bien mauvais pas. Maintenant excusez-moi mais mon lit m'appelle la nuit a était assez riche en émotions, comme ça. Encore merci et au revoir. »

« Mais de rien. Passez un bon séjour à Tulorim et la prochaine fois prenez garde lorsque vous sortez la nuit. Vous pourriez tomber sur bien pire que ces mendiants. »
Ils furent interrompus par un bruit de pas qui approchait. En tournant la tête ils virent deux miliciens approcher. Les deux miliciens qu'avait payés Jonas.
(Juste à temps).

« Sir, dame, tout se passe bien ? »

« Pas vraiment non ! Nous avons été agressé par deux psychopathes et en pleine rue qui plus est ! »

L'un des soldats jeta un regard presque soucieux au fils de Mordred, l'examinant du regard de la tête aux pieds.

« Mais comme vous voyez on s'en est bien tiré, juste quelques bleus mais rien de méchant. »

« Hmmm, permettez qu'on effectue un petit contrôle de routine? Rien de méchant non plus. »

« Bien sûr, faites donc. » Adam écarta les bras et commença à se faire fouiller par un des miliciens.

Nirza quant à elle, bien plus réticente au premier abord, s'éxécuta également mais non sans quelques ronchonnements.
« M'enfin messieurs avons-nous la tête de malfaiteurs ? Vous devriez plutôt patrouiller dans les bas quartiers, ça aura déjà plus de sens ! »

Le deuxième milicien commença à fouiller la donzelle.
« Contrairement à ce que vous pensez les beaux quartiers ne sont pas plus sûrs en ce moment. Les cambriolages n'y font que s'enchaîner depuis quelque temps. »

Nirza fit la moue et se laissa faire, ne rajoutant rien. Le soldat palpa ensuite deux bourses qui se trouvaient dans sa cape. Il s'en saisit et les examina. La première contenait de l'or, quant à la deuxième, seul Nirza l'ignorait. Cette dernière parut d'ailleurs troublée en l'apercevant. Le milicien examina la plus grosse bourse, celle contenant exclusivement des pièces, puis lui rendit. Il ouvrit ensuite celle qui contenait tout un ensemble de bijoux. Un silence lourd s'installa, que rompit après quelques longues secondes le militaire qui avait fouillé Adam.

« C'est à vous madame ? »

Cette dernière, dans l'incompréhension se mit à balbutier.
« Non.. Enfin je ne sais pas.. Je ne comprends pas... »

« C'est à vous ou pas ? Si c'est le cas dites le nous tout simplement, on vous les rend et on vous souhaite une bonne soirée. »

Mêlée à l'incompréhension, la convoitise brillait dans son regard. Adam comprit alors sans peine le dilemme intérieur qui faisait rage en elle. Ces parures étaient somptueuses, elle pouvait en effet prétendre qu'il s'agissait des siens et tout serait réglé. La greluche serait tranquille et avec un don tombé du ciel en poche. Mais comment cette bourse était elle arrivée là ? Ce serait ce un cadeau que lui aurait en douce son solide matelot ?

Adam suggéra donc :
« Un cadeau surprise peut-être ? »

Nirza continua à bredouiller, gagnant ensuite petit à petit en assurance :
« Je ne sais pas... Je... Si, si excusez-moi c'est bien à moi. »

L'idiote rit nerveusement :
« Les événements de la nuit m'ont un peu chamboulé excusez moi. Ces bijoux sont bien à moi il s'agit d'un cadeau d'une grande tante. »

Le milicien hocha la tête. Cependant son collègue se pencha vers lui, et lui chuchota des mots que le couple ne put entendre. Dans un jeu d'acteur parfait, le soldat fronça les sourcils et releva les yeux vers Nirza :
« Cependant c'est curieux, ces bijoux sont bien connus de la milice car Dame Misit, une noble de la ville nous a signalé leur disparition il y a quelques semaines maintenant. »

Le visage de la greluche sembla soudain perdre toute couleur. Elle bafouilla de plus belle :
« M'enfin messieurs... Ce n'est pas possible, vous êtes sûrs qu'il s'agit de ceux-là ? »

« Les descriptions sont formelles. Une bague sertie de deux éclats de saphirs et trois d'émeraude, un pendentif en or représentant le symbole de Kubi, un collier composé de trente six perles de Nosveris... Je ne prends pas le temps de décrire le reste mais tout correspond. Ca aurait été qu'un bijou je ne dis pas, mais là.... »
Le soldat darda un regard sinistre sur la jeune femme.
« La coïncidence est un peu trop grande vous ne trouvez pas ? »

Nirza semblait se liquéfier sur place :
« Non mais attendez... Non, je... Ca me revient ce n'est pas à moi j'avais confondu avec d'autres bijoux qui eux m'appartiennent. Je.. Je ne comprends pas ce qu'ils font dans ma poche... Enfin Adam dites leur vous ne m'avez rien vu dérober ! M'enfin c'est fort ça, c'est nous qui avons failli nous faire dépouiller ! »

Le jeune mage l'air perplexe et embêté répondit d'une voix grave mais posée :
« Désolé Dame Nirza, je ne vous ai rencontré qu'il y a moins d'une heure. »
Il tourna toutefois la tête vers les deux miliciens :
« En temps cas le temps qu'elle était avec moi, elle n'a rien dérobé. »

Un des soldats, renifla bruyamment, glissa ses pouces à l'intérieur de sa ceinture et déclara d'une voix forte :
« Dame... Il va falloir nous suivre ! Vous aurez tout le loisir de nous raconter votre version à la caserne. En attendant suivez-nous de ce pas. »

Les deux miliciens saisirent chacun un bras de la donzelle et commencèrent à se diriger vers les quartiers menant à la caserne.
« M'enfin non.. Je.. Je.. Adam enfin dites leur ! Père !! PERE ! AU SECOURS !! AAUU SSECCOUURRSS !! »

La jeune greluche se mit à beugler comme un veau, essayant de résister à la poigne des deux hommes et cherchant désespérément à capter l'attention de son père. Des lueurs s'allumèrent dans quelques chambres de l'auberge. Deux fenêtres s'ouvrirent, mais ne laissant place qu'à des curieux. Une troisième s'ouvrit cependant à la volée, laissant apparaître le visage rond et halé d'Izrouel. Ce dernier ouvrit soudain de gros yeux, sa bouche sembla prise de tics et il tonna :
« Veuillez lâcher ma fille ! Ne.. Ne bouge pas Nirza j'arrive. »

Tous l'entendirent quelques secondes plus tard dévaler les marches de l'auberge, et le virent ensuite sortir en trombe, toujours en robe de nuit et baguette à la main.

->
Modifié en dernier par Adam Von Demorlys le dim. 24 févr. 2019 22:47, modifié 1 fois.

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Adam Von Demorlys
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Adam Von Demorlys » dim. 24 févr. 2019 22:46

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Le gros commerçant, fulminant, essaya tout d'abord de comprendre la scène. Une pointe d'incompréhension se mêla à la colère quand il reconnut l'uniforme de ceux qui étaient en train d'empoigner sa fille, à savoir celui de la milice.
Ses yeux de porcins se posèrent ensuite sur Adam et se plissèrent :
« Vous …. Que veut dire tout ceci ?! Lâchez-la ! »

Un des miliciens prit la parole , dardant sur Yzrouel un regard implacable :
« Sir, il s'agit donc de votre fille ? Nous l'avons contrôlé avec en sa possession tout un ensemble de bijoux volés, tout en affirmant d'ailleurs qu'il s'agissait des siens. Peut-être êtes-vous au courant de quelque chose ? »

Nizra n'était plus capable de parler, elle sanglotait avec force, jetant à son père des regards implorants. Ce dernier semblait soudain frappé de l'incompréhension la plus totale.
« Volés ??? M'enfin mais.. Vous êtes sûr ? »

« Certain. La description de chaque bijou correspond parfaitement. Donc je vais reposer ma question, êtes-vous au courant de quelque chose ? »

« Non.. Non bien sûr que non... Mais... Enfin cela n'a aucun sens ! »
Il tourna alors un regard soupçonneux vers Adam :
« D'ailleurs qu'est ce que vous faites ici vous ?? »

« J'ai croisé par hasard votre fille près des docks, vu la dangerosité de ce quartier je lui ai proposé de la ramener à l'auberge. J'ai d'ailleurs bien fait car deux gredins nous sommes ensuite tombés dessus. »

Le commerçant bedonnant semblait abasourdi :
« C'est vrai ça Nirza ? »

Cette dernière, toujours secouée de sanglots, hocha faiblement la tête en signe d'affirmation.

« Mais que faisais-tu là-bas à une telle heure !! »

Bien évidemment que la donzelle n'allait pas lui raconter la vérité . Adam se tourna vers les deux miliciens :
« Permettez ? »
Il passa ensuite une main sur le dos d'Yzrouel et l'amena quelques pas plus loin. Ce dernier se laissa faire, méfiant, toujours sa baguette à la main. Une fois éloignés de quelques mètres, le marchand, traits crispés, s'adressa au jeune mage :
« Vous... Je vous jure que si vous avez quelque chose à voir avec tout ça.... »

Adam chassa le propos d'un revers de main agacé et répondit d'un ton mortellement sérieux :
« Ecoutez, il y a quelques minutes j'ai sauvé votre fille une première fois. Je peux le faire une seconde fois mais cela ne dépendra que de vous. »

Izrouel, toujours en état de choc écarquilla d'abord les yeux, puis les fronça :
« Je vous vois arriv.... »

Le jeune noble le coupa :
« Je connais la caserne, il ne s'agit pas toujours de cellules individuelles. Les gardiens sont en général peu regardant sur ce qu'il se passe à l'intérieur, et vous vous doutez que les détenus n'ont pas toujours la visite de femme comme votre fille. »
Adam laissa le temps à l'imagination d'Yzrouel faire le reste. Une expression d'horreur authentique apparut sur son visage.

« Nous avons des contacts au sein de la milice.. Ou plutôt père... A de nombreux contacts au sein de la milice. D'anciens collègues et subordonnés. »

Mieux valait extrapoler la chose, afin d'afficher une plus grande impression de puissance.

« Laissez-nous faire, et votre fille sera libre ce soir même, sans aucune poursuite judiciaire. »

Plusieurs expressions passèrent sur le visage du commerçant, allant de la méfiance puis à la résignation. Il se contenta de dire, abattu :
« Faites.. J'imagine que cela ne sera pas gratuit. »

« Bien sûr, Père s'expose en agissant ainsi sur les affaires de la milice. Mais pour vous il fera peut-être un prix. Rejoignez le juste chez nous après-demain, pour le dîner. Il vous fera parvenir une missive avec notre adresse et vous pourrez discuter de cela en tête à tête. Ce sera aussi l'occasion de revenir sur sa proposition si cela vous dit. »

Yzrouel remua silencieusement la bouche, en proie à d'intenses réflexions, visiblement perdu. Rapidement cependant, il baissa la tête et hocha d'un air résigné.
« Bien.... Faites. »
Ca y est, le poisson était ferré.

« Laissez-moi faire. »
Tous deux rejoignirent les deux miliciens, qui tenaient toujours une Nirza sanglotante.

« Au fait je ne m'étais pas présenté messires, Adam Von Demorlys, puis je m'entretenir avec vous quelques minutes ? »

Les deux miliciens hochèrent lentement, lâchèrent la greluche et suivirent le jeune mage un peu à l'écart. «Tout s'est bien déroulé, vous avez été parfaits. »
Ils échangèrent silencieusement, et Adam leur glissa une bourse tout en prenant soin à ce que cela soit un peu visible. Histoire de rajouter plus de véracité à la supercherie. Les deux miliciens lui rendraient ensuite la bourse de toute façon.
Quelques minutes plus tard, les deux soldats reprirent leur ronde, et Adam rejoignit le commerçant et sa fille, restés devant l'auberge.
Nirza était à genoux au sol, et sanglotait sur l'épaule de son père, qui également baissé l'étreignait.
« Ma fille c'est fini. Tout va bien ».

Mais lui-même avait l'air aussi secoué que cette dernière.
Adam baissa les yeux sur la baguette qu'Yzrouel avait maintenant glissé à sa ceinture.
« Puis je voir ? »

Ce dernier ne comprit pas de suite, puis hocha distraitement. Il lui tendit ensuite la baguette d'un air méfiant, étreignant toujours sa fille de son autre main. Adam l'examina. L'objet était très simple, pas forcément de bonne qualité mais éveillait son intérêt. Le jeune mage voulait désormais développer ses talents dans le domaine de la magie, et pour cela un catalyseur s'avérait bien utile. Avoir manqué se faire rosser par un mendiant rachitique et alcoolisé avait suffisamment heurté son orgueil comme ça.

Le marchand bedonnant prit la parole, d'une voix teintée d'amertume :
« Combien ce … Service me coûtera t'il. ..»

Adam ne répondit pas de suite, continuant à faire tourner la baguette entre ses doigts fins. Quelques secondes il répondit, en dressant légèrement l'objet :
« Vous verrez cela directement avec père. Mais me concernant, pour avoir sauvé une première fois votre fille... Je me contenterais juste de ceci. »

Yzrouel ouvrit la bouche comme pour protester, mais se tût quand Adam posa une main apaisante sur son épaule. Un sourire totalement dépourvu de joie se forma sur le visage de ce dernier :
« N'ayez crainte messire, dame. Vous êtes désormais sous la protection de la maison Demorlys. »

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Jager
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Jager » mar. 26 mars 2019 23:42

J’ai accepté d’attendre cette ancienne inconnue le temps qu’elle finisse ses achats. La tension s’est apaisée dans le marché, et c’est tant mieux. Les gens vaquent à leurs occupations, il y a tant à faire, un étal à surveiller, un voisin à espionner, des rumeurs à propager, la vie continue ainsi, deux étrangers sont sortis de celle des locaux et puis… Vie de voyage… On entre dans une vie, on en sort… Ca commence avec des choses toute simple. Elle m’a dit s’appeler Guasina, je lui ai répondu que je me nommais Jager. Un nom, comme bien des gens que je connais, qu’on distingue par là où ils vivent, de qui ils sont les fils ou les filles. Un nom échangé, un service rendu et un bout de chemin, voilà qui fait l’affaire.

C’est intéressant de la voir progresser sans peine dans un monde bien plus grand qu’elle se hisser à la hauteur de ses interlocuteurs, exploiter ici le mobilier. A quoi doit ressembler le monde pour quelqu’un comme elle ? Est-il bien plus vaste ? Je me suis souvent posé la question, pour les bêtes que je traquais : comment un cerf voit-il le monde ? Avec quels sens ? Et ce canard… si elle vole sur son dos, elle aura un point de vue considérablement plus élevé que le mien… Comme quoi… faut pas se fier aux apparences. Et puis la taille, c’est pas que dans le corps, c’est aussi dans la tête. Il n’y a qu’à voir les sinaris… Ah bah tiens, encore des gens de petite taille. Et la gamine dans la montagne ? Eh ben, ça en fait des coïncidences.

La réaction de la vendeuse est amusante. Pas besoin d’être grand pour provoquer des réactions, la surprise suffit. Un petit cri, un sursaut, il n’en faut pas plus pour laisser voir sa faiblesse. Au final, Guasina parvient à avoir ce qu’elle veut. Pendant que la transaction a lieu, je remarque quelque chose d’assez singulier.

Sur la paroi d’un étal en dur, quelques planches de bois, un laquais en livrée gaspillait un parchemin de belle taille et le clouant, sans que cela semble gêner qui que ce soit, à commencer par le marchand. Sans doute une pièce a-t-elle changé de main. Vu le prix qu’il faut sortir pour se payer de quoi étaler des mots en pleine rue, la maison qui se l’est offert doit rouler sur l’or ou avoir des besoins. Mine de rien, c’est un animal, qu’on cloue, là, enfin sa peau. Je m’approche pour voir un peu de quoi il s’agit. Curiosité, avant que quelqu’un ne s’avise de récolter cette belle pièce, pour la gratter avant de la revendre, ou tout simplement la fourguer en l’état.

Je reviens vers la lutine en quelques pas et explique, histoire de faire la conversation, montrant du pouce l’affichette tandis que le laquais s’en allait.

« Même les grands ont des misères… de grande taille. Et aux grands maux les grands remèdes. Y’en a qui cherche des bras… enfin des lames, j’pense, pour vider ses caves. Une famille mise dehors d’chez elle par que’qu’chose d’pas commun. »

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Guasina
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Guasina » mer. 27 mars 2019 01:54

Achat (2)
Ne s’attendant pas à rencontrer un lutin juché sur son tabouret, la vendeuse sursauta tout en laissant échapper un léger cri aigu. Après avoir cherché un peu autour d’elle, elle baissa enfin ses yeux à ma hauteur et sourit en me voyant. Elle m’avoua avoir eu une petite frousse.

Puis, reprenant son rôle de femme d’affaires, elle réfléchit à voix haute. Elle avait un grand choix de gourdes, de forme, de texture et de couleurs variées, mais la plupart s’avéraient de tailles trop grandes pour moi. Puis, croyant avoir ce qu’il me fallait, elle se tourna vers une grande malle de bois de cèdre dont l’odeur agréable parvenait à mes narines. À genou par terre, la tête et les bras dans le coffre, elle fouillait avec acharnement, bien décidée à trouver ce qu’elle y cherchait. De mon côté, je demeurai silencieuse tout en m’assoyant en tailleur. Puis, elle brandit triomphalement une jolie gourde de cuir ornée de jolies feuilles argentées brodées et tout à fait à ma taille. Tout en se relevant, et en repoussant de sa main libre une petite couette de cheveux bruns qui s’était échappée de sa jolie tresse, elle m’expliqua l’avoir acheté d’un lutin de Tuiles-aux-rimes, le village voisin, la semaine précédente. Elle me l’offrit au prix de 150 yus.

« Cette gourde me plait beaucoup et ce prix me convient » dis-je tout en lui tendant la somme demandée.

Après avoir fait une aimable révérence à la marchande en guise d’au revoir, j’accrochai ma nouvelle acquisition à ma ceinture. Je me tournai ensuite vers les autres étals afin de voir où se trouvait ce dénommé Jager qui m’avait grandement aidée à récupérer Pataud. Il fut facile de repérer ce grand homme puisqu’il se dirigeait à grands pas vers moi.

Tout en m’indiquant du doigt un parchemin fraîchement placardé sur un étal, il m’expliqua qu’une famille expatriée de leur domicile avait besoin d’aide pour en extirper le vilain. Intéressée par cette nouvelle quête, j’en oubliai ma faim.

« Et si on se rendait à cette demeure avant de prendre un repas ? »

Intriguée par ce qu’il venait de m’annoncer, je désirais en savoir un peu plus. Tout en lui faisant signe de me suivre, je courus jusqu’au parchemin en question, Pataud marchant sur mes talons.

Le parchemin étant à hauteur des yeux… d’un humain, je poussai une vieille caisse de bois de pomme contre une table un peu plus haute. Puis, sans attendre, je grimpai sur la première qui sentait encore le fruit frais puis j’enchainai sur la table située non loin de l’affiche. Bien qu’il me faille encore lever la tête, je pouvais aisément lire le message qui avait été gravé sur un parchemin.

Je fronçai alors les sourcils. Je n’approuvais pas l’utilisation d’une peau animale pour y griffonner des messages. Il n’était pas plus simple d’utiliser l’écorce d’un bouleau qui avait rendu l’âme ? Bref, malgré ce léger irritant, je tâchai de me concentrer sur le contenu du message.

Ma lecture terminée, je me tournai vers mon futur compagnon d’aventures.

« On y va ? »

Cette question n’en était pas vraiment une, je le connaissais depuis peu, mais j’étais persuadée qu’il me suivrait.
D’un commun accord, nous partîmes donc en direction des habitations.

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Oljyn
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Oljyn » dim. 1 nov. 2020 16:12

Ah... Tulorim... La cité m’avait manqué. En apercevant son port je me sens pris d’une certaine allégresse. Je suis béat comme un enfant quand je débarque enfin. Avec un grand sourire je salue la cité à voix haute, un citadin me bouscule, surpris que je me fige ainsi au milieu de la place.

« Hé ! Va chier ! »

« Oui ! Merci ! Va chier aussi ! »

Dis-je avec un grand sourire. Je ne perds pas de temps pour me diriger vers l’étale d’un marchand en bord de mer. Je lui commande des ailes de Tiroli et une Rougette tout en lui montrant la missive venant du village des lutins. Le marchand, un grand gaillard rasé de près, se masse le menton en l’observant attentivement. Je dresse la chope de bière aux fruits rouges lorsque qu’un type me bouscule en s’accoudant au comptoir, renversant le breuvage qui tombe sur le sol. J’observe le liquide se répandre avec dépit. L’inconnu, loin de s’excuser, se permet même de me dire de faire attention en rajoutant un sobriquet raciste. Ma bonne humeur s’efface et ni-une ni-deux voilà que la chope s’encastre dans sa face, effaçant sa mine méprisante et moqueuse. Un acolyte l’accompagnant se jette sur moi pour sauver la dignité de son compagnon. Son poing passe au dessus de mon épaule juste avant un filet de bave qui s’échappe de sa bouche quand mon poing percute son thorax. L’instant d’après son crâne chauve heurte le comptoir du marchand qui recule pour éviter les projections de sang. Les deux hommes au tapis je redresse la tête pour observer le marchand.

« Alors, Tuile-aux-Rimes, des infos ? »

L’air blasé, il me rend mon bout de papier et passe un coup de chiffon sur son stand avant de m’expliquer que les humains ne sont pas autorisés dans la ville Lutine pour des raisons évidentes mais que le commerce entre les deux villes se fait dans un endroit où se dresse un épouvantail. Il me sert une nouvelle chope avant de m’expliquer brièvement où trouver ce lieu à la description étrange. Je m’assure que personne n’est sur le point de me bousculer avant d’enfin déguster le breuvage si réputé. Je paye le marchand et ramasse mes affaires pour prendre la route. Je traverse la cité en me rendant compte qu’ici les gens sont plus grands, plus forts et moins polis. Cela me change d’Oranan mais j’ai heureusement les épaules pour encaisser les bousculades. J’atteins la place du marché après n’avoir que casser que deux nez lors d’altercations à la mode de Whiel. D’un coup d’oeil je repère les stands qui m’intéresse.

« Salut. »

Le marchand me répond d’un reniflement et d’un signe de tête. Je lui dépose mes bracelets en cuir, toujours dans un sale état après ma confrontation avec la sirène de Saman. Il hoche la tête et me grogne le temps que ça va prendre ainsi que le prix. J’incline la tête et m’approche d’un autre stand pour vendre la fourche de paysan que j’ai trouvé dans la grotte puis vers un autre marchand pour réparer mon vieux filet et enfin un dernier stand fournissant des objets magiques pour en apprendre enfin plus sur ces petites pierres. Une fois tout ceci fait, je pourrais enfin prendre la route de ce fameux village.


(( Demande de réparation des bracelets en cuir et de son filet de pêche.
Vente de sa Fourche de Paysan
Identification des runes Ten, Pi et Aom.))

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Gamemaster6
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Gamemaster6 » dim. 1 nov. 2020 19:44

Intervention pour Oljyn

Dans le premier stand, le marchand examine rapidement tes bracelets en cuir ainsi que ton file et renifle à nouveau en grommelant qu'il va lui falloir un peu de temps. tu as donc le temps de vaquer à d'autres emplettes et le deuxième marchand regarde avec un oeil circonspect la fourche que tu lui tends, se demandant vraisemblablement ce qu'il pourrait bien faire de ce genre d'objet.

- Ouais.. bon je peux te la reprendre pour 38 yus, je trouverai bien un paysan à qui la refourguer dans le coin.

Il te donne les pièces et pose nonchalamment la fourche derrière lui sans même y faire vraiment attention. Le dernier stand, tenu par un homme aux yeux d'un bleu clair et au sourire avenant, te souhaite le bonjour avant d'examiner attentivement les runes, un air un peu surpris sur le visage.

- Des runes ? Et trois ? Ma parole vous êtes un homme chanceux. Alors celle-ci, ""Pi", signifie "Renforcer" , la deuxième, "Ten," signifie "Maîtrise" et la troisième, "Aom", est une rune élémentaire qui veut dire "Eau". Autant dire que combiner les trois serait très intéressant pour un aquamancien, c'est moi qui vous le dit !

Il te rend les runes avec diligence et il te faut quelques instant avant de récupérer enfin tes bracelets de la part du marchand qui te les tends en annonçant son prix.

- Voilà, sont pas neufs, mais au moins ils seront utiles et el filet devrait tenir le choc. Je t'en demande seulement 20 yus.

Une fois qu'il a l'argent en poche, il retourne à ses affaires sans plus s'occuper de toi si tu n'as pas d'autres demandes.
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Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Syelsa
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Syelsa » dim. 1 nov. 2020 20:19

Pain aux herbes

Tout ça n'a rien de simple ! Je déteste cet endroit. Tout est bruyant, les gens sont toujours pressés et se fichent complètement de me bousculer quand j'essaie simplement de trouver un endroit où demander mon chemin. Il y a des odeurs nauséabondes qui flottent dans l'air par moment et les gens me regardent avec suspicion quand je m'approche, avant de me demander de déguerpir en baissant les yeux vers moi, souvent avec un reniflement dédaigneux. Je ne comprends pas pourquoi tout semble aussi différent. Les gens de la caravane étaient très gentils, pourquoi ceux d'ici ont l'air de se détester entre eux ?

La ville, c'est un endroit où le bois mort côtoie la pierre. Beaucoup trop de pierre, sur le sol et les murs, c'est désagréable de marcher pieds-nus sur un tel sol parfois souillé de choses nauséabondes que j'évite heureusement sans trop de difficulté. Çà et là, il y a des gardes armés qui semblent surveiller les alentours. Tout cela me met très mal à l'aise. La nature est inexistante ici, tout est broyé et façonner pour correspondre à la vision des humains et rien de beau ou de libre ne semble vivre ici. Je n'aime pas cet endroit.

- Hey la mendiante là, fous le camp de mon étale !

J'évite le coup de balai d'une grosse marchande qui me regarde d'un air mauvais alors que je marchais juste en regardant autour de moi si je pouvais trouver quelqu'un pour m’indiquer la direction de tuiles aux Rîmes. J’enfonce mon chapeau sur ma tête et déguerpis sans plus attendre, finalement pressée de quitter cet endroit horrible. Comment suis-je supposée demander mon chemin ici ? Personne ne semble vouloir prendre deux minutes pour aider une inconnue. Les gens sont égoïstes et l'air est saturé de tension, à tel point que j'ai les épaules raidies alors que je ne suis ici que depuis une heure à peine.

Je trouve finalement un banc un peu à l'écart du passage et m'y laisse tomber. J'enlève mon chapeau, sans le lâcher et me frotte les yeux, déjà fatiguée par ma visite de la ville. Je vois mal comment rejoindre Tuiles aux Rîmes sans autres indications que celles données par ma mentor, basées sur des vieux souvenirs dont elle-même doutait de l'exactitude. Dommage que ceux de la caravane ne savaient pas, cela m'aurait évité tout ça et je serai déjà en route. Au lieu de ça, je passe un moment sur le banc à grignoter quelques baies. J'observe un peu les gens mener leurs vies, sans s'intéresser à ce qu'il se passe autour d'eux. Sont-ils tous aliénés par la vie en ville pour en pas voir le petit oiseau qui chante sur une poutre, pour apercevoir la souris qui se frotte le nez contre le pavé alors qu'un chat baille nonchalamment à quelques mètres, lorgnant d'un air désintéressé sur le petit rongeur qu'il laisse finalement aller à sa guise, probablement trop paresseux pour s'en occuper avant midi.

- J'aurai besoin de tes conseils, Isqua...

Mais elle n'est pas là, je suis seule et je dois trouver un moyen. Mes yeux balaient la place où se tient le marché et mes yeux sont attirés par un étale. Les gens échangent des choses contre ces fameux yus. Je grimace en reconnaissant la marchande de tout à l'heure, mais me lève tout de même. Je pose la main sur la bourse offerte par Wolfried et décide de voir si cela peut fonctionner. Je m'approche, attirant son regard mauvais et elle s'apprête à parler avant que je ne lui tende une pièce prise au hasard. Elle hausse un sourcil et un sourire faux se colle sur visage plus vite qu'une mouche sur une carcasse. Je déteste encore un peu plus les gens d'ici...

- Qu'est-ce qui vous ferait plaisir demoiselle ?

- Ce... je voudrais ça– Dis-je en désignant quelque chose ayant une vague couleur verdâtre et brune – et je voudrais savoir comment aller à Tuiles aux Rîmes.

- Et des pains aux herbes pour la d'moiselle ! Oh, les lutins ! - Elle parle d'une voix mielleuse tout en emballant non pas un mais quatre pains aux herbes dans un linge blanc- Il suffit de partir plein sud en quittant la ville, un épouvantail en marque l'entrée quand vous approchez la forêt. Avez-vous besoin d'autre chose ?

- Non. Je prends le linge qu'elle me tend, le reniflant en trouvant l'odeur étonnamment agréable. Merci.

Elle marmonne un vague au revoir et je file aussitôt sans demander mon reste, cherchant aussitôt la sortie la plus proche pour déguerpir loin de cette affreuse ville. Je marche sans m'arrêter, évitant autant que possible les passants trop occupés par leurs soucis pour faire attention à là où ils marchent. Ce monde, loin de la forêt, je ne suis pas prête à y passer plus de temps. Je comprends qu'Isqua s'en soit éloignée. Je préfère la quiétude des bois ou la sympathie des voyageurs. Les citadins semblent trop déconnectés avec le reste du monde, trop perdus dans leur bulle pour voir plus loin que le bout de leurs chaussures.

Il ne me faut encore un long moment avant de trouver la sortie de la ville et je bute sur pas moins de quatre personnes, l'un d'elle me hurlant d'aller me faire foutre avec véhémence, marmonnant qu'il en a marre des étrangers lui rentrant dedans. C'est avec un immense soulagement que je peux enfin quitter la ville et filer vers le Sud, loin de cet endroit affreux. Une fois la ville derrière moi, je prends quelques secondes pour respirer, pour détendre mes épaules et épousseter ma robe. Je sens avec délectations l'herbe basse me chatouiller les pieds et je peux enfin repartir, la tête plus légère, mais les bras plus chargés et la bouche pleine d'un morceau de ce fameux pain aux herbes, ma foi étonnamment délicieux.

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Nhaundar
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Nhaundar » mar. 3 nov. 2020 15:34

Séparation.

Le port de Tulorim est particulièrement bondé. L’activité contraste avec le voyage qui n’a pas connu de danger, qu’il soit humain ou climatique. De nombreux navires de grandes tailles avancent sans prendre en considération les petites embarcations, ou même les pêcheurs, qui ne se gênent pas pour offrir au passage, l’intégralité du jargon injurieux qu’ils possèdent. Je prends note qu’il m’est possible de manger trois grosses pommes sans me presser, que le pêcheur n’a toujours pas fini de hurler sa colère.

Le chaos est présent dans le port et pourtant, j’aperçois un étrange manège au loin. De nombreux adolescents humains s’amusent attraper à mains nues, un groupe de poissons enfermés dans une sorte d’espace, gardé par un filet dépassant d’un mètre au-dessus de l’eau. Ils sautent pour retrouver la liberté, tandis que les jeunes enfants parvenant à capturer les poissons se voient glorifiés par les autres. Cet étrange coutume me travaille l’esprit.

(Et si…j’érigeais moi-même, une sorte de barrière pour améliorer ma capacité magique ? Un champ magique qui génèrerait des ondes facilitant la manipulation des émissions ma… Mince, nous sommes déjà arrivés !)

Je quitte mes pensées de même que le bateau. Un bref remerciement du capitaine pour mon escorte qui n’a au final pas été d’une grande utilité. J’arpente les rues de Tulorim pour ma toute première fois et cette vision est particulière, autant que l’odeur chargée du port. Plus d’une fois la peur me saisit, lorsque je croise un groupe d’elfes noirs ou même de Garzocks se promener sans que cela ne gêne absolument personne. Ici les races vivent les unes avec les autres, du moins c’est la première impression qui m’est donné de voir. Dans une ruelle, un Sekteg se voit malmené par des humains pour avoir tenté de détrousser l’un d’entre eux. S’il passe un mauvais quart d’heure, les hommes ne remarquent pas que deux autres gobelins profitent de l’attention pour subtiliser habilement des bourses, pourtant en sécurité. Encore une fois, c’est l’impression que j’en ai. Alors que je porte devant moi mon sac pour m’assurer de garder son contenu, je sens un bras qui cherche à se frayer un chemin à l’intérieur. Pris sur le fait, une petite silhouette verte décampe sans que je n’aie eu le temps de le voir correctement.

(Il faut que je quitte cette ville de rupins au plus vite ! Le message disait de rencontrer les marchands de Tulorim. Voyons ce qu’il en est et pressons le pas !)

Attiré autant par les senteurs d’un marché proche que par le tumulte du secteur, je m’approche d’un étal avec de la nourriture séchée, tenu par un humain à la chevelure brune aussi grasse que son tablier. J’ignore ce qui va m’arriver, mais il serait bon de prévoir des provisions au cas où.

"Bonjour, veuillez m’excuser !" Dis-je en saluant le vendeur qui m’ignore royalement. "Pardonnez-moi je…" Toujours pas de réaction. D’autres clients me bousculent et hèlent le vendeur qui réagit rapidement pour les servir.

Je tente de faire de même, mais je ne suis pas habitué à porter la voix et je reste encore sans réaction du marchand à mes appels. Finalement, je choisis une approche plus…personnelle. Je mobilise ma magie infernale et génère une petite boule de feu qui s’éclate à mes pieds. La surprise éloigne les passants et me laisse l’opportunité de converser avec l’humain.

"J’ai besoin de provisions et d’informations. Tuile-aux-rimes ça vous parle ?"

"Peu oui." Commence-t-il en vérifiant l’état de son étale. "C’t’un ptio village au sud. Si v’voulez y aller, z’avez l’vieux Gégé q’fait l’trajet. L’est à la sortie d’la ville dans une chariotte !" Explique le marchand dans avec un accent à me fait saigner les oreilles. "Vous fallait aut’chose ?" Me demande-t-il en tendant plusieurs portions de viandes séchées.

Je fais signe que non de la main et paie mon dû. Malgré mon envie de partie rapidement de cette ville, je prends le temps d’acheter également quelques fruits pour la route ainsi qu’une outre d’eau, avant de me rendre jusqu’à l’extérieur de la ville.

L'Epouvandétail.

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TGM
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par TGM » lun. 11 janv. 2021 10:35

-----E-----


Tout en cherchant une boutique magique, je m'entraîne à contrôler Blanchette. Au fil des rues, j’alterne entre pas et trot et lui fait faire virages serrés et demi-tours. L'animal se montrant tout à fait docile, je parviens petit à petit à maîtriser ses changements d'allure bien que, par mon manque d'expérience en équitation, je ne reste vraiment à l'aise et sûr de moi qu'au pas. Mon attention toute tournée vers ces exercices et la recherche d'enseignes magiques, je me perds cependant en ville et semble me trouver dans une ruelle mal famée. Alors que les regards se tournent vers ma selle richement décorée, je fais aussitôt demi-tour et enfonce mes talons dans les flancs de l'animal pour le faire partir au galop dans l'autre sens. Manquant de perdre l'équilibre à l'accélération, je m'agrippe cependant aux rênes et parviens à arrêter ma monture quelques centaines de mètres plus loin aux abords d'une grande place semblant servir de marché.

Étant plus habitué à être le voleur à la tire que le riche cavalier dans les marchés bondés, je retire ma bourse de ma ceinture pour l'accrocher autour de mon cou, hors de portée des voleurs dont j'ai fait partie il y a encore si peu de temps. Je fais ensuite avancer Blanchette au pas à travers la foule à la recherche d'un étal de mage. Après quelques minutes durant lesquelles, pour la première fois, ce n'est pas à moi de slalomer entre les passants, mais à eux de s'écarter pour laisser passer ma monture, je m'approche d'un marchand de potions grisonnant et, sans descendre de ma monture, je pose sur son comptoir les objets que je lui demande d'identifier.

"Hé ! Tu saurais me dire à quoi servent ces potions ? J'ai aussi ces cailloux étranges, sans oublier cette vieille écaille. Je les ai pris, car ça avait l'air magique..."

332mots

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Cromax
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Cromax » lun. 11 janv. 2021 14:16

Intervention pour Eden

Le vieux marchand te regarde un peu de travers lorsque tu l’abordes depuis le haut de ta monture. Grommelant, il observe néanmoins les runes, potions et cette mystérieuse écaille que tu lui tends.

« Hmm. Ça, c’est pas des cailloux, c’est des runes magiques. La première là, Aom, c’est celle qui représente l’Eau. La deuxième, elle se prononce Bet, et représente la Vie. Et pis la dernière, c’est Tem, l’Esquive. »

Il poussa de la main les trois pierres, un peu dédaigneux, en réponse à l’impolitesse de son client, mais poursuivit néanmoins avec les fioles exposées.

« Oui, je connais ces potions. Les blanches, ce sont des potions de clairvoyance. Les vertes, des potions de robustesse. Et les violettes, héhé… ça c’est davantage un poison qu’une potion si vous voulez mon avis : il s’agit de deux doses de « Soif du Serpent », une satanée mixture qui donne une soif pas possible. »

Il haussa les épaules, puis conclut.

« Quant à l’écaille, ça doit être une écaille de Dommon. Ça sert à rien, mais ça pourrait intéresser un collectionneur… »

Il n’eut guère le temps de terminer sa phraser : dans un coin du marché, trois miliciens montés semblaient avoir repéré Eden. L’un d’eux s’écria :

« C’est lui ! Attrapez-le ! »

Et les trois cavaliers mirent en mouvement leur monture pour se diriger vers Eden, pour confronter ce jeune fauteur de troubles à ses torts passés. Il n’avait pas une bonne image, dans cette cité… A lui de voir s’il fuyait ou confrontait les gardes…

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Syelsa
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Syelsa » mar. 10 août 2021 00:59

Quelques jolies trouvailles.


Tulorim. Cet endroit ne m’a pas beaucoup manqué depuis mon bref passage avant d’aller chez les lutins. Toujours les gens semblent pressés par le temps, ne regardent pas autour d’eux. Partout où mon regard se pose, il n’y a que le monde sculpté pour convenir à une vie loin de la simplicité des forêts et il y a comme une absence. C’est comme un vide qui se creuse dans ma poitrine alors que j’arpente les rues en espérant trouver ce que je cherche ici. Si j’avais pu, j’aurais évité cet endroit, mais la requête d’Isqua passe avant mon bien-être. Peut-être même que c’est un test, qu’elle savait que j’allais devoir passer par ici pour trouver tout ce dont elle a besoin. Il ne manque pas grand-chose après tout, même si je vais devoir sans doute aller à la pêche aux plantes, littéralement.

L’idée de plonger dans la mer, dans cette eau salée s’étendant à perte de vue, est à la fois excitante et effrayante. Peut-être que je n’aurai pas à le faire si je trouve tout ce qu’il me faut ici, après tout. C’est donc avec les yeux bien ouverts que j’approche de ce qu’ils appellent un marché par ici. Partout des gens de toutes les couleurs, aux habits variés, mais avec toujours cette expression de méfiance ou de concentration. Çà et là je vois des animaux se faufiler entre les jambes des passants, des enfants jouent dans un coin, un vieil humain demande un peu d’argent. Je donne quelques pièces à ce dernier, puisqu’il semble en avoir besoin. Il m’offre un sourire édenté en retour et je ne peux m’empêcher de lui rendre. Il semble malade. Je fouille dans ma sacoche et lui tends quelques baies avec une feuille. Il me regarde bizarrement, alors je lui explique.

- Ecrasez les baies dans la feuille pour en faire une pâte et étalez-la sur vos gencives, ça vous soulagera. Vous pouvez en trouver aux bords d’un ruisseau clair, en général il y a des papillons jaunes autour, mais ne prenez que les rouges, les vertes ont un goût acide qui ne vous aiderait pas. Laissez la pâte reposez une dizaine de minutes, après vous pouvez la manger. Faites ça deux à trois fois par jour et vous vous sentirez mieux d’ici deux semaines.

Le vieil homme me regarde avec étonnement, mais applique ce que je lui ai dit en me remerciant. Je lui souris une nouvelle fois avant de retourner à ma recherche. J’espère que le pauvre homme ira mieux. Je ne comprends pas que ses semblables le laissent ainsi sans essayer de l’aider. Ici, ignorer l’autre semble être la norme. Une norme qui ne s’applique visiblement pas aux marchands qui interpellent sans cesse ceux qui passent près de leurs étals. Et je ne fais pas exception, même si leurs regards se perdent rapidement sur mes pieds nus avant de se désintéresser de moi. Ici, aller pieds nus doit être négatif, ce qui n’est pas étonnant avec la crasse qui jonche le sol, mais je préfère encore ça plutôt que de porter ces choses de bois et de peaux mortes dans lesquelles ils enferment leurs orteils.

D’étals en étals, je ne trouve rien qui attire mon regard avant qu’enfin mes yeux ne se posent sur quelque chose d’intéressant. L’un d’entre eux, tenu par un couple de marchands, propose beaucoup de choses. Dont des plantes, des objets pour l’entretien des plantes et fleurs, des fioles, du tissu, toutes sortes de choses qui attirent mon attention. Je passe mes yeux sur les plantes en question, navrée de ne voir aucune des variétés qui me manquent.

- Quelque chose vous intéresse, mademoiselle ?

Je lève les yeux et adresse un sourire au marchand. Un humain au visage rond et aux pommettes légèrement rouges, aux yeux perçants et à la chevelure grisonnante et quelque peu dégarnie. Je pointe du doigt une petite faucille au manche d’un bois finement ouvragé. Il me la tend et je la prends doucement pour la soupeser et souris. Cela fera un joli cadeau pour Isqua. Je la pose et examine des fioles emplies d’un liquide familier. Lorsque le vendeur me présente fièrement qu’il s’agit de fluide naturel extrait avec une méthode ancestrale, j’en demande deux fioles. Enfin, un tissu attire mon regard. Une très jolie cape faite d’un vert sombre rappelant les profondeurs de la forêt. Elle est douce au toucher, mais plus épaisse qu’elle ne pouvait le laisser penser. Elle me plaît aussitôt.

- Je vais vous prendre cette cape, cette petite faucille et deux fioles de fluide de terre, s’il vous plaît. Auriez-vous aussi un peu de tissu de la même couleur à vendre ? Il a l'air très léger et résistant.

Isqua sera sans doute capable de confectionner une nouvelle robe en se basant sur celle que je porte. Et peut-être un chapeau! Ou alors aura-t-elle une autre idée ? Je me demande ce qu’elle pensera de la cape !

***
HRP
Achat de
Cape Sylvestre : (Haute Qualité) : 800yus
Petite faucille : objet rp
Deux fioles de fluide de terre ¼ : 2*250 yus
Tissu Sylvestre : de quoi créer deux habits de haute qualité : 2000 yus.

Total : 3300 yus

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Gamemaster5
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Gamemaster5 » mer. 11 août 2021 18:46

Intervention GMique pour Syelsa


Le couple semble relativement surpris du ton très poli de la petite taurionne, mais l'est encore plus de la somme qu'elle est prête à débourser dans leur étale. Comme quoi, l'habit ne fais le moine.


"Mais bien sûr, jeune demoiselle !"

Il dépose pour commencer les deux fioles de fluides terrestres, la faucille et la cape alors que sa femme farfouille dans une caisse pour chercher l'étoffe demander. Le vieil homme en profite pour vanter les mérites de son tissu, créé par un de ses cousins et prisé par certains des marchands du Conseil de Tulorim.

"Vous semblez être une jeune terramencienne en herbe, je me trompe ? Un de mes amis, Frank, vend des baguettes magiques et des bâtons de mage de très bonne qualité, quelques étales plus loin. N'hésitez pas à aller le voir et lui dire que vous venez de la part de Théobald."

La marchande revient à son tour avec l'étoffe soigneusement emballée, et la pose à côté du restes de tes achats, en t'annonçant le prix : 3300 yus. Ils te sourient et sont prêts à répondre à la moindre de tes questions si tu venais à leur demander.
Allez, viens mon copain ! Si tu as des questions n'hésite pas !



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Guasina
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Guasina » jeu. 2 sept. 2021 02:17

Les présentations étant faites, nous étions prêts à partir. Je riais en songeant à l’expression sur le visage à demi-noirci de Jager, lorsqu’il me verrait accompagné d’un jeune apprenti mage et d’un jeune oudio.

J’observai Malvales se pencher afin de franchir l’embrasure de la porte, action que je n’aurai probablement jamais à exécuter, et je trouvai bien courageux le jeune Triam de partir ainsi à l’aventure avec de parfaits étrangers de races tout aussi inconnus pour lui.

Bien que toute souriante, je ne prenais pas la situation à la légère. J’étais bien consciente de la responsabilité qui allait peser sur mes épaules. Ayant plus d’expériences qu’eux, je me devais de les protéger. Je n’avais pourtant pas jugé utile de leur faire part de mes talents d’archer. Je ne voulais pas les diminuer.

(C’est tout à ton honneur ça, petite lutine) commenta ma Conscience.

Une fois que Triam fut sorti de la boutique, je saluai une dernière fois le vieux magicien, puis je sautai du comptoir et partie à la course jusqu’à la sortie.
******
Dès qu’il m’aperçut sur le pavé, Pataud descendit en quelques battements d’ailes sur le pavé. Je lui caressai l’encolure, lui offrait deux petites baies tout juste ramassées dans ma besace et puis je montai sur son dos. Je n’avais pas l’intention de m’envoler de sitôt, mais contrairement à moi, Pataud pouvait suivre à la marche sans difficulté nos nouveaux compagnons.

Sur notre chemin, les passants se retournaient et nous dévisageaient. Et avec raison, nous formions une petite troupe assez hétéroclite. Quelques minutes plus tard, nous arrivâmes devant l’auberge au pied levé. Et à ma surprise je n’y vis pas l’ombre d’une caravane ni de Jager. Si l’absence de la première me surprenait, celle du second m’inquiétait.

Ce fut la propriétaire, une femme bien en chair, balayant le perron de l’auberge qui m’interpella d’un air un peu revêche.

« Tiens, vous avez encore changé d’idées ? »

Interloquée, je répondis :

« Moi? Changé d’idée, qui vous a raconté ça ? »

Ayant cessé de balayer, s’appuyant sur son balai, elle me darda de ses pétillants yeux noisette et ajouta.

« C’est mon époux qui me l’a dit. Il est au marché, si vous voulez plus de détails. » Cela dit, elle se remit à sa corvée ne m’accordant plus d’attention. Pour elle la conversation était bien terminée.

Inquiète, contrariée, et une pointe de colère naissant dans ma poitrine, je fis un effort pour ne pas faire paraître mon malaise et d’un ton aimable j’annonçai à mes compagnons.

« Nous devons nous rendre au marché. »

******

Sans attendre leur réponse, je tirai légèrement sur les rênes afin de faire faire demi-tour à Pataud. J’exerçai ensuite une légère pression de mes jambes contre son flanc pour l’intimer à aller plus vite.

Une fois sur place, je vis le marchand, tout aussi bien portant que son épouse, et je m’empressai de le rejoindre.

En me voyant, surpris il m’interrogea du regard. Je me rendis à lui sans tarder. Il m’expliqua qu’un messager s’était rendu à l’auberge avec un petit mot de ma part, présentant mes excuses et déclarant que je ne pourrais être du voyage. Lorsque je lui fis part de mon inquiétude quant à la réaction de Jager, l’aubergiste me répondit que mon compagnon au faciès particulier avait d’abord douté de ce virement de situation, mais le messager se faisant insistant, il se résigna à partir sans m’attendre.

Le messager profitant de l’occasion pour faire partie du voyage.

Pour moi, c’était clair, moi et Jager avions été victimes d’un coup monté… sûrement une petite vengeance de la part des commerçants avec qui nous avions eu un différend en début de journée.

Je me tournai enfin vers mes compagnons, la mine déconfite, le sourire disparu. J’étais désolée de l’absence de Jager, mais aussi de ne pas pouvoir tenir ma promesse de les apporter avec nous à bord de véhicule.

Puisqu’ils avaient entendu ma conversation avec l’aubergiste, je me contentai de présenter mes excuses :

« Je suis désolée de ne pouvoir tenir ma promesse. Mais je désire toujours me rendre à Yarthiss, si cela ne vous dérange pas de faire le trajet à pied… »

Les regardant l’un après l’autre, j’attendis leur réaction, gardant un maigre espoir que l’un deux trouverait un moyen auquel je n’avais pas pensé.

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Selen
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Selen » sam. 18 déc. 2021 16:47

Larzuk, en bon commerçant, me proposa deux pièces qui allaient fort bien avec mes goûts en termes d’armures. Une salade à visière amovible d’un métal noirci pour casque, et des gantelets hauts du même métal, aux lamelles pointues comme des griffes sur les doigts. Nul n’aurait aimé se faire tabasser avec de telles choses. Unies avec mon plastron sombre, je ne pus qu’accepter l’offre. Chère, mais juste, je payai le tout et m’en allai sans plus tarder, non sans accepter la proposition du forgeron d’emporter du matériel d’entretien général pour quelques yus de plus. Graisse pour l’armure, loques pour nettoyer le tout.

Libéré de pas mal de pièces et d’équipements inutiles, je quittai la forge pour me rendre au marché. J’y passai rapidement, juste pour amasser de quoi subvenir à mes besoins divers pour la route Gourdes que je remplis aussitôt aux fontaines de la place, viande séchées et charcuteries salées, biscuits secs et pain, quelques fruits séchés et frais, et une botte de carottes pour satisfaire l’appétit de friandises d’Aster. De quoi casser la dalle en route, en somme.

Une fois tout ceci effectué, je me dirigeai vers l’est de la cité, passant par les quartiers bourgeois pour quitter Tulorim en direction de ma prochaine destination : Yarthiss. Sans compter les quelques escales, bien entendu.

Il était l’heure de se mettre en route.

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Triam
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Triam » sam. 4 juin 2022 01:01

Je quitte l'échoppe de Manznar avec mon sac sur le dos, accompagné de Guasina et Malvales. La lutine, montée sur son oiseau, nous mène jusqu'à l'auberge où nous attend son compagnon. Je reste à l'écart quand elle échange des mots avec la tenancière, et lorsqu'elle nous revient, c'est seule sur sa monture, le visage porteur d'inquiétude.

"Nous devons nous rendre au marché." dit-elle.

Elle intime à Pataud - son animal - d'accélérer le pas et nous faisons de même. Ce n'est qu'une fois arrivés au beau milieu de la place du marché que je me rends compte des regards fixés sur nous. Les badauds nous dévisagent. C'est tout naturel, au vu de notre groupe, mais c'est aussi le genre de situation qui instille en moi un profond malaise.

Je me rappelle d'yeux révoltés qui me regardaient de haut, dès que je commettais la moindre discourtoisie, dès que la moindre impertinence s'échappait de mes lèvres. Regards exagérés, cherchant à provoquer honte et remords, à la manière des ecclésiastes. À chaque fois, je regardais mes pieds, mon reflet sur le marbre. Je voulais échapper à ces yeux terribles, ma plus grande peur d'enfant, ces yeux qui me disaient "Tu n'es pas digne d'exister parmi nous". Je me réfugiais dans mes propres yeux reflétés dans le marbre poli. C'était un regard autrement plus intense, à y penser. Mon reflet avait toujours ces yeux grands ouverts. Furieux.

Un éternuement me fait revenir à l'instant présent. J'essuie rapidement mes narines avec le dessous de ma manche en regardant l'homme-arbre, plus pour m'assurer qu'il n'était pas en train de me fixer, lui aussi. Je secoue la tête. Ce n'est pas le moment d'y penser. Je ne suis plus un enfant, après tout.

Guasina s'arrête devant un des marchands et commence à le questionner. J'évite de prêter un oreille indiscrète à leur conversation, mais j'en entends certains détails. Il semblerait que son compagnon et le transport qui était censé nous amener à Yarthiss l'avaient laissée en plan. Elle s'approche de nous, visiblement confuse :

"Je suis désolée de ne pouvoir tenir ma promesse. Mais je désire toujours me rendre à Yarthiss, si cela ne vous dérange pas de faire le trajet à pied…"
"À pieds, vous dites ? M-mais ça va nous prendre des jours !"

Je ressens l'envie de tout laisser tomber, ce voyage ne m'enchantait pas particulièrement, mais la perspective de devoir l'accomplir à la marche... Cependant, je ne parviens pas à le dire. Aucun mot ne me vient qui ne me donne pas l'impression de trahir ses attentes. Je me retrouve dans une position inattendue, à réfléchir rapidement à une réponse qui ne décevra pas la lutine, mais à quoi bon ? C'est une vagabonde, et ce gros chêne sur pattes semble être venu du bout du monde par simple curiosité enfantine. En quoi cela peut-il me déranger, que je ne réponde pas à leurs attentes ? Comme s'ils n'étaient pas le cadet de mes soucis !

Mais je n'y parviens tout simplement pas. Je me retrouve à improviser :

"Si... euh... Tiens, disons qu'un convoi marchand fait le trajet jusqu'à Yarthiss. Je crois qu'on pourrait convaincre un convoi de nous emmener avec eux, ça... ça vaut le coup d'essayer, non ?"

"Non" a été la réponse. J'ai passé plus de deux heures à tergiverser avec des marchands et colporteurs de tout horizon, mais à chaque fois, la réponse a été la même.

"Désolé, on est pleins. Le blondinet, à la rigueur."
"Je transporte des biens, moi, pas des routiers."
"Vous me prenez pour un imbécile ? Qui me dit que vous allez pas essayer de me voler une fois sur la route ?"
"Mais c'est quoi ce TRUC ? J'ai le nez qui pique rien qu'à le regarder."
"Navré mais les lutins, ça porte malheur."
"Bon, ça pourrait se faire si vous me payez... disons... deux cent yus."

Chaque refus est à la fois un échec, mais aussi une excuse de plus. Le moment semble bon pour enfin leur dire qu'au final, je ne peux rien faire pour eux, et que je ferais mieux de revenir dans la boutique. C'est alors qu'un grand convoi, que dire, une véritable procession, apparaît soudainement dans l'artère principale. Plusieurs chariots de confection peu orthodoxe s'étaient arrêtés sur le côté de la grand-route. Plusieurs personnes, dont certaines avaient la peau grisâtre caractéristique des orques et d'autres la longue chevelure blanche typique des elfes noirs, accueillaient des figures toutes plus variées les unes que les autres dans leurs caravanes, certaines filant comme des ombres d'une étroite ruelle, d'autres débarquant en groupe serré.

Ce spectacle est surveillé de près par les gardes de Tulorim. Que peut-il bien se tramer ici ? Je me retourne, pour voir les regards combinés de Guasina, Malvales et, oui, Pataud me demander "Se pourrait-il ?"... Je finis par craquer, et me dirige vers l'homme le plus proche. Je frémis quelque peu en le voyant se retourner à mon appel. C'est définitivement un garzork, mais avec des traits bien plus humains que ceux dont on cite les ignobles exploits sur les champs de bataille du Nirtim. Il est habillé d'une simple chemise blanche et d'un pantalon en tissu rapiécé. Néanmoins, son regard dur et sa taille imposante lui donnent un air de légionnaire, et la cicatrice parcourant le bord gauche de se mâchoire jusqu'au dos de son nez n'aide pas. Je ravale ma salive avant de lui demander :

"Veuillez m'excuser, mais qu'est-ce qu'il se passe ici ?"

Ses yeux noirs me toisent avec un certain mépris. Je ressens l'envie de m'évaporer, mais il répond bien assez vite.

"Rien qui te concerne, humain. Tu peux circuler."

Derrière-lui, une femme et ses enfants montent silencieusement dans la caravane. Je croise le regard du plus jeune, ses iris d'un violet profond, et sa peau noire comme de l'obsidienne. Une famille entière de shaakts. D'autres groupes similaires les suivent et embarquent sans dire un mot, le dos voûté. Ils avaient honte, ou bien avaient-ils peur ? Constatant ma curiosité, et sans doute ma jeunesse, le semi-garzork pousse un grand soupir.

"On a reçu des nouvelles de la guerre. Omyre entoure Oranan. Tous ceux qui soutiennent Oaxaca ou... pourraient être perçus comme tels... On dit de Tulorim qu'elle est neutre, mais ce n'est pas le cas de tout le monde ici. Et nous..." Il désigne du regard le flux intermittent de passagers qui embarquent sa caravane. "On prend les devants, c'est tout. Les Sept Marchands se soucient peur du sort de gens comme nous. La ville de Syllive, à l'est, derrière le lac brumeux, grandit chaque année. À ce qu'on dit, la Dame d'Argent est dévouée à ses fidèles."

Il remarque Malvales et le duo canard-lutine qui m'avait suivi de près.

"Vous êtes des voyageurs ?"
"En vérité... Nous voulons nous rendre à Yarthiss..."
"C'est vous, Corsos ?"

Un des gardes à la soldes des familles marchandes accoste mon interlocuteur. Il lui fait savoir, non sans sévérité, que son petit cortège ferait mieux de se hâter.

"On ne peut rien garantir si la situation dégénère."
"Bien sûr, bien sûr, monsieur, je m'en occupe."

Il se tourne vers les autres caravaniers. Il doit bien y avoir trois diligences, toutes en piteux état, mais sans doute capable de tenir un trajet de plusieurs jours sur la route de Yarthiss.

"Faites monter les derniers ! On part dans deux minutes !"

Un des caravaniers l'approche, un shaakt qui devait approcher l'âge senior, à en juger les rides qui parcouraient son visage.

"Orshka ne viendra pas. Ses garçons sont sous surveillance. Ils auraient troublé l'ordre en récitant des vers pro-Oaxaca..."
"Quelle merde... Eh, vous, là."

Il se tourne vers nous.

"Devrait y avoir de la place dans celle de Voriel. Tu confirmes ?"

Le shaakt hoche la tête, faisant de son mieux pour ne pas s'attarder sur les branches de l'oudio.

"Si vous faites du grabuge, on vous balance en route. Et pas de pause pipi, compris, le mioche ?"

Il achève sa phrase par un sourire mesquin. Je ravale ma fierté et fait signe aux autres de me suivre. Voyager gratis, que demander de plus ? C'est en montant à bord du transport et en voyant plus d'une quinzaine de silhouettes indéfinies recroquevillées contre les parois de bois que je réalise à quel point je me suis laissé entraîner malgré moi dans cette situation. Alors que je m'installe du mieux que je peux, assis en tailleur sur le bois tremblant, je commence à redouter ce voyage silencieux.

Des ordres sont beuglés par la voix de Corsos, et notre convoi se met en marche, lentement tiré par des mules à l'air maladif. Je me recroqueville, n'osant pas faire le moindre bruit, le regard fixé sur l'étrange plat de Manznar, et ses fresques anciennes de fourmis et de géants porteurs de foudre.

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Relonor
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Relonor » lun. 6 juin 2022 14:52

Chapitre 3 - Le champion et le monstre.

VIII.4 Réapprovisionnement au marché.



Après son passage à l’arène, Relonor déambule dans la cité, observant les habitants, ou plutôt les négociants. L’ouverture de Tulorim ne cesse de surprendre l’elfe noir, lorsqu’un groupe de garzocks quitte un bar, après avoir savouré les boissons locales. Sur la zone du marché ouvert, Des groupes de garzocks, des shaakts, des worrans négocient avec les humains comme l’elfe noir avait l’habitude de le voir à Kendra Kâr, mais uniquement entre les hommes. Il observe de loin les étalages de nourritures, regrettant les mets des elfes dorés. Il prend le temps d’observer avec attention les produits des forgerons.

(Quelle piètre qualité ! Cela n’a clairement rien à voir avec l’artisan Ermansi !)

Rien n’attire l’intérêt de son regard. Maintenant qu’il connaît et a en sa possession un objet d’une qualité inégalable, tout le reste lui semble fade. Au moins ici, il lui est possible de trouver des potions intéressantes.

(Avant de pouvoir invoquer Baalsameth, je n’ai eu que des problèmes à cause de mes blessures. Sans un véritable allié à mes côtés, je suis incapable de me soigner. Mais le pire, c’est lorsque j’ai voulu utiliser un de mes sorts pour recouvrir mes réserves magiques et les aies complètement anéanti. A présent, je dois non seulement être en mesure de regagner mes réserves magiques, mais aussi de soigner mes blessures, sans avoir besoin de mon invocation !)

Il continue donc de déambuler à l’intérieur du marché, guettant une échoppe de potions. Il tombe finalement sur un étalage qui donne envie de s’y attarder. Là de nombreuses potions de couleurs diverses sont présentées, le reste du stock étant hors de portée des mains voleuses. Il y a également plusieurs produits magiques qui égaient la présentation et attire l’attention d’autres clients présents. Lorsque vient le tour du shaakt, celui-ci demande ses besoins, ayant au préalable établie une liste de potions précises dans sa tête.

"Bien le bonjour. Je voudrais deux potions de clairvoyance, cinq grandes potions de mana, une énorme et une grande potion de soin, ainsi que votre meilleure gourde je vous prie ! Ha ! Remplissez-moi tous les espaces disponibles en potions de soin moyennes et répartissez toutes mes potions de soins dans cette gourde et le reste de ma commande dans la nouvelle, je vous prie." Termine-t-il en tendant son unique gourde ainsi que les potions disposées dans son sac.

Modifié en dernier par Relonor le dim. 19 juin 2022 15:44, modifié 1 fois.

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Gamemaster8
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Gamemaster8 » mar. 7 juin 2022 02:34

Intervention Gmique pour Relonor

La marchande qui se tint devant Relonor affichait un air plutôt malicieux. De son 1m53, d'une taille semblable à celle d'un nain, elle en avait tout de même pas la carrure. Plus svelte, et assez rapide, cette humaine a la peau rosée repoussa une mèche rebelle rousse d'un souffle avant de répondre d'un ton joyeux qui détonnait avec les marchands des étals voisins.

« Et c’est parti ! »

Puis, sans un mot de plus, elle ramassa un petit panier d'osier et elle parcourut son étal afin de le remplir, semblant savoir exactement où se trouvait ce qu'elle cherchait. Une fiole était plus en avant, certaines potions plus derrières, d'autres à gauche et puis à droite et encore à gauche. Après quelques allées et venues, elle revint vers toi et tout en vidant de son panier, les fioles une à une devant toi, elle les énuméra:

« Donc, voici :Deux potions de clairvoyance, cinq grandes potions de mana, une énorme et une grande potion de soin, ainsi que ma meilleure gourde. Et j'ai réparti les potions tel que demandés, en complétant la première gourde de vos potions moyennes de soin. »

Après t'avoir laissé le temps d'examiner tes achats, elle reprit:

« Si votre commande est complète, je vous en demande 1 850 yus »
Image
À votre service, pour le plaisir de rp !

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Malvales le fleuri
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Malvales le fleuri » mer. 8 juin 2022 05:24

Tant d'expressions différentes!

Des sourires, des yeux écarquillés, levés au ciel ou fermés, en pleine réflexion. De la curiosité, de la colère, des rires. Les habitants de cette ville possédaient tant d'expressions différentes.

Depuis la sortie de la boutique, Malvales avait remarqué que beaucoup des regards étaient tournés vers lui et ses nouveaux compagnons de voyage. Peut-être que toutes ces personnes étaient en admiration devant les magnifiques fleurs qui ornaient ses branches. Peut être que son odeur alléchante avait tendrement caresser leurs narines. Mais l'homme-arbre se doutait très bien que la vraie raison était qu'un quatuor composé d'un humain, d'un oudio, d'une mutine et d'un canard n'était pas monnaie courante dans la région. Il avait beau ne pas avoir fréquenté beaucoup de monde capable d'avoir un visage expressif, il savait comment "ressentir".

Mais qu'importe, les gens l'avaient dévisagés depuis son arrivé en ville, et de toute façon, il aimait observer les diverses réactions qu'il provoquait. Cela occupait le fleuri tandis que lui et ses compagnons traversaient le marché, à la recherche de la personne que la petite Guasina devait retrouver. Elle avait présentée à l'oudio son fidèle ami, le canard, qui se prénommait Pataud. Un charmant petit animal qui semblait apprécier le parfum de Malvales, pour le plus grand plaisir de ce dernier.

A l'inverse, Triam, l'humain à l'écorce pâle, réagissait toujours aussi mal aux fleurs de l'homme-arbres. Bien que ses éternuements aient légèrement diminués (probablement parce que le groupe se trouvait en extérieur), il semblait... Mal à l'aise, en colère même. Comprenant qu'il était probablement perdu dans des pensées peu agréable, Malvales ne put s'empêcher de le regarder intensément, observant tous les traits de son visage, tous les petits changements et tic que l'humain manifestait, mais très vite, il s'interrompu, pressentant que sa curiosité le mettait en danger dans le cas présent. Peut être était-ce l'instinct de survie de l'oudio qui s'était éveillé, ce dernier s'étant rappelé qu'un animal en colère pouvait prendre une simple regard comme une provocation.

Recommençant à observer les passants et marchands pour s'occuper, le fleuri remarqua justement que celle de Guasina passa de la surprise à un mélange entre la confusion et le tracas. Elle se dirigea dans sa direction pour annoncer une mauvaise nouvelle: son autre compagnon de route lui avait visiblement fait faux bond.



"Je suis désolée de ne pouvoir tenir ma promesse. Mais je désire toujours me rendre à Yarthiss, si cela ne vous dérange pas de faire le trajet à pied…"


Cette solution convenait parfaitement à Malvales. Marcher, il ne faisait que ça, tout le temps. Il n'avait pas la moindre idée du temps que le voyage prendrait, mais cela importait peu: après tout, l'important était d'y arriver, pas d'y arriver vite, non? La ville avait peu de chance de se volatiliser entretemps de toute façon, se disait il d'un air un peu amusé.

Triam, lui, ne semblait pas autant emballer par la situation. Un air de panique commença à s'afficher sur son visage, et il trébucha sur ces mots, tentant de cacher son désaccord. Amusant comme comportement, se dit Malvales, a qui il rappelait les petits fauves de la jungles tentant de cacher leur peur derrière des grognements et des feulements. "Autant lui proposer un peu d'aide.", se dit le fleuri, mais au moment où il s'apprêta à prendre Triam dans ses bras pour le transporter pour le voyage, ce dernier reprit la parole, ayant visiblement eu une idée:


"Si... euh... Tiens, disons qu'un convoi marchand fait le trajet jusqu'à Yarthiss. Je crois qu'on pourrait convaincre un convoi de nous emmener avec eux, ça... ça vaut le coup d'essayer, non ?"


Malvales éloigna discrètement ses longs doigts de Triam, réalisant que l'idée de l'humain était peut être plus pertinente que la sienne, et prenant conscience que c'était peut être une bonne chose que son action n'ait pas été remarquée. Malheureusement, après un long moment à voir l'homme à l'écorce pâle monter, descendre, et se faire envoyer balader par tout le monde, il se dit que son premier plan était peut être à reconsidérer. Se penchant autant que possible vers Guasina, il lui murmura:

"Si je le porte jusqu'à la ville, ça serait quand même plus facile, non? Tu pourrais m'aider à le convai.... "

Mais sa phrase fut interrompue par un petit mouvement de foule attira son attention. La sienne, et tout particulièrement celle de Triam. Un groupe de caravane venait d'arriver, dirigée par un homme qui n'était pas humain. L'oudio fouilla dans sa mémoire, tentant de se rappeler de s'il avait déjà vu ce genre d'individu dans un livre où à la lisière de sa jungle. Un "garzork" si ses souvenirs étaient bons. Il était un peu surpris: s'attendait à ce que les membres de cette espèce soient plus grands.


Tandis que Triam alla à la rencontre du garzork, un petit groupe de personne, ayant tous l'écorce sombre comme la nuit, venait de monter à bord. Curieux, pas une espèce dont le fleuri se souvenait. Il faudrait qu'il pose la question plus tard, à Guasina ou Triam. Mais, la, dans l'immédiat, il s'immobilisât, tentant d'entendre ce qui se disait entre le supposé chef de la caravane et son petit compagnon pâle. Après tout, le garzork ne semblait pas de bonne humeur, et si les choses devaient s'envenimer, il fallait se tenir prêt à prendre ses jambes à son coup.

Mais tout ce que Malvales réussit à capter fut un bout de discussion concernant une guerre. Ah. Les guerres. Une chose que même Malvales, du fond de sa jungle, avait put observer. Que ça soit entre oudios, clan de tatou-raptor, colonies de fourmis, ou même petits groupes d'humains en désaccords, il était impossible de ne pas être exposé à une forme ou une autre de conflit. Malvales soupira: il aurait bien voulu ne pas avoir à entendre parler de ça ici aussi. Le sujet le déprimant, il se désintéressa à la conversation, jetant juste des coups d'œil réguliers par sécurité, et préférant se tourner vers Guasina, pour satisfaire sa curiosité sur des choses plus agréables. Il demanderait des détails concernant cette fameuse guerre à Triam plus tard.


"Du coup, ces personnes avec l'écorce toute noire, c'est des humains aussi? J'en ai jamais vu dans mes livres."

Tandis que la petite mutine lui répondait, il remarqua que Triam leurs faisait des signes. S'approchant de ce denier, et voyant le garzork lui pointer l'un des chariots d'un air bougon, Malvales comprit très vite que son compagnon pâle avait visiblement réussit leurs négocier une place à bord de la caravane. Rentrant à l'intérieur du véhicule avec difficulté, tentant de ne pas écraser ses branches sur le plafond, l'homme-arbre se recroquevilla le plus possible, habitué à devoir se contorsionner pour se cacher, et, une fois dans une bonne position, devint soudainement immobile. Il s'agissait de ne pas bouger ou remuer pendant un long moment, et ça, il s'avait faire.

Profitant du fait d'être installer, il balayât rapidement l'intérieur du chariot du regard: une quinzaine de personne, de toute taille, de toute forme, écrasée sur elles-mêmes, comme lui, et qui, pour la plupart, fuyaient son regard. Néanmoins, certaines, notamment les plus petites, le dévisageaient, comme les gens du marché. Malvales en remarqua une en particulier, en face de lui, qui avait les yeux rivés sur ses branches, sur ses pétales. L'oudio brisa alors temporairement sa pose inerte, et porta deux de ses longs doigts à sa tête, pour détacher une fleur, qu'il tendit à la petite silhouette qui lui faisait face. Il balayât une nouvelle fois l'intérieur du chariot du regard.

Il vit des yeux écarquillés, humides ou fermés, en pleine réflexion. De la curiosité, de la colère, de la tristesse.


Tant d'expressions différentes...

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Guasina
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Guasina » ven. 17 juin 2022 01:20

La réponse du jeune humain fut immédiate… Il n’avait aucunement l’intention de faire le chemin à pied. Il nous proposa alors de chercher un autre convoi avec qui nous pourrions faire la route.
J’acquiesçais d’un signe de tête, le laissant chercher un moyen de transport. Je mis donc pied à terre, laissant Pataud prendre son envol pour se dégourdir les pattes.

Je n’entendis pas toutes les conversations que le jeune Triam engageait avec les marchands, mais je perçus quelques brides lorsqu’il se trouvait à proximité de nous. Il essuyait refus sur refus. Tous les prétextes semblaient bons pour ne pas nous prendre avec eux. Certains craignaient les mauvais tours des lutins me confondant avec un farfadet, d’autres trouvaient Malvarès trop étrange. Étrange, il l’était certes, mais moi cette différence me plaisait. J’appréciais tout particulièrement ce bouquet fleuri qui couronnait sa tête à la manière d’une jolie chevelure ondoyante. Et enfin, d’autres redoutaient la présence d’un humain tout juste sortie de l’enfance et donc pas encore un adulte. Pour ma part, étant jeune de cœur, j’étais persuadée d’apprécier sa compagnie.

Au bout d’un moment, Mavalès qui était demeuré à mes côtés, se pencha du plus qu’il lui était possible de faire pour s’approcher de mes oreilles afin de me partager un commentaire. Voyant qu’il était difficile pour lui de se plier jusqu’à moi sans se casser, je montai sur un seau renversé, puis me hissai sur le bout des orteils. J’avais fait ainsi ma part, en m’approchant d’une vingtaine de cm de celui qui je l’espérais deviendrait mon nouvel ami.

«Si je le porte jusqu'à la ville, ça serait quand même plus facile, non? Tu pourrais m'aider à le convai....»

Son idée était bonne, et ce grand homme-arbre devait être suffisamment solide pour porter le jeune Triam, mais il n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’un mouvement de la foule attira notre attention. Un convoi de diligence venait d’entrer dans la ville et fit détourner les têtes de tous les habitants qui se trouvaient dans la rue à ce moment-là. Il fallait dire que ce cortège s’avérait assez particulier, autant par l’allure des véhicules tirés par les chevaux, que par les gens qui en sortaient et d’autres qui y entraient. Composés essentiellement d’orques et de garzoks, ils affichaient tous une mine désespérée, dénonçant parfois de la tristesse, d’autres de la colère et souvent de la peur. Des gardes de Tulorim les escortaient et semblaient veiller à ce qu’ils prennent tous place dans les voitures munies de toits.

Sous mon regard insistant et celui de Malvalès, Triam s’en alla à la rencontre d’un garzok à l’allure militaire, mais vêtu de pantalon rapiécé et d’une simple tunique blanche jaunie. Tout en regardant la procession de gens prendre place, j’écoutai attentivement la discussion entre Triam et le garzok. Une guerre avait eu lieu, Omyre avait entouré Oranan et puis contre tout espoir les Oaxaca et ses disciples avaient perdu. Et tous les gens qui pouvaient être soupçonnés d’être alliés avec Oaxaca, était déporté de la ville, pour aller je ne savais où. Ce fut une question de Malvalès qui me tira de ma réflexion :

« Du coup, ces personnes avec l'écorce toute noire, c'est des humains aussi? J'en ai jamais vu dans mes livres. »

Sans quitter la scène des yeux, je lui répondis :

« Oui des humains, mais comme toi et moi ils sont différents…et la différence parfois ça inquiète les gens. »

Ce qui m’attristait, ce n’était point la défaite d’Oaxaca, sa victoire aurait été encore plus terrible et pour tous, pas seulement ses ennemis, mais également ceux de son clan. Ce qui me chagrinait, c’était ces innocents, ces villageois qui n’étaient aucunement responsables de cette guerre et que leur seul péché était la couleur de leur peau ou leur appartenance à une race donnée.

Cela dit, je m’éloignai un peu de Malvalès et m’approchai d’une petite famille d’elfes noirs qui prenait place dans le convoi. J’avais ressenti la tristesse de la benjamine et je voulais voir ce qu’il en retournait. À proximité d’elle je compris ce qui la tracassait. Elle venait de s’apercevoir qu’elle avait échappé quelques secondes plus tôt sa petite poupée de chiffon. Bien qu’en mauvais état, un bouton en guise d’œil pendait et menaçait de tomber à tout moment. Et la laine orangée qui lui servait de cheveux était presqu’inexistante, mais pour la petite, elle représentait son bien le plus précieux, elle qui devait quitter tout ce qu’elle avait sans même en comprendre les raisons. L’officier de Tulorin les pressait d’accélérer le pas, la mère tirait sur le bras de sa fillette pour qu’elle la suive, craignant le pire pour sa progéniture. Et cette dernière pleurait à présent de chaudes larmes qui se frayaient un chemin sur ses joues noires.

Sans me préoccuper des grands pieds qui auraient pu m’écraser, je courus à toutes jambes vers la poupée abandonnée. Je la pris dans mes bras et constatai en souriant qu’elle faisait ma taille. Je m’empressai de rejoindre la fillette qui en pleurs croyait que je lui volais son bien le plus précieux. Lorsque j’arrivai à sa hauteur, je lui tendis sa poupée, et j’eus le droit au plus beau sourire de la fillette.

Alors que la fillette enlaçait sa poupée, sa mère me remercia. Mais avant que je puisse lui dire autre chose, ils entrèrent dans la diligence et refermèrent la porte avant que je puisse les suivre. Profitant de ma souplesse lutine et de mes doigts collant, je sautai sans peine sur le marchepied puis escaladai la porte pour arriver jusqu’à l’ouverture. Une fois-là je m’assieds sur le rebord de la portière et fouillai dans mon sac. J’en ressortis une robe d’apparat qui m’avait été offerte lors de l’une de mes missions. Je la tendis à la petite qui s’empressa de la prendre et de l’enfiler à sa poupée. Cette fois, je n’attendis pas les remerciements, je me laissai tomber à l’arrière plus effectuai quelques culbutes avant d’atterrir sur mes pieds.

Et voilà que le convoi repartit. Je grimpai sur le dos de Pataud qui m’avait suivie pas à pas et il s’envola jusqu’à la diligence occupée par Malvales et Triam. Là, il atterrit et moi, je mis pied sur le toit et pris position assise.
Je frappai quelques petits coups sur le toit et interpelai mes amis.

« Je suis ici ! Si vous voulez me rejoindre, il y a encore de la place. »


((( Retirer de la fiche :Robe d'apparat en soie d'Ilmatar.)))

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Relonor
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Relonor » dim. 19 juin 2022 15:42

Chapitre 4 - Réapprovisionnement au marché.

VIII.4 Réapprovisionnement au marché. (suite)


(Tulorim est vraiment particulière !)

C’est l’étonnement de Relonor devant l’air malicieux de la marchande face à un elfe noir, loin de la méfiance de Kendra Kâr. Bien que sa taille soit proche des nains, sa physionomie et la rapidité de ses gestes prouvent son appartenance à la race des hommes. Elle repousse une mèche rebelle en soufflant et répond avec un air joyeux, contrastant avec ses voisins d’étals. Elle rassemble les besoins du shaakt dans un panier d’osier, en parcourant son étal, avec la dextérité de quelqu’un qui connaît où chaque produit se trouve. Elle dispose finalement les potions et la gourde en énumérant la commande et entreprend de remplir la gourde comme convenu.

"Donc, voici : Deux potions de clairvoyance, cinq grandes potions de mana, une énorme et une grande potion de soin, ainsi que ma meilleure gourde. Et j'ai réparti les potions tel que demandés, en complétant la première gourde de vos potions moyennes de soin."

Laissant le soin à Relonor de s’assurer que tout y est, elle demande ensuite la somme de mille huit cent cinquante yus.

(C’est pas une petite somme ça ! Mais si tout se passe bien, ce ne sera qu’une broutille.)

"Tout y est, merci beaucoup !" Déclare-t-il en déposant cinq pièces de cuivre, huit d’argent et une d’or. "Passez une bonne journée !" Termine-t-il en quittant les lieux avec ses gourdes pleines.


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Aaliah
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Re: Le Marché de Tulorim

Message par Aaliah » dim. 24 juil. 2022 15:18

Très vite, ma compagne de tablée m’intime de l’attendre un instant. Des broutilles à régler rapidement, des affaires à récupérer dans sa chambrée, très certainement. J’acquiesce sans mot dire, et profite de sa courte absence pour observer plus attentivement les lieux. Les gens d’ici sont bien plus pâles que sur Saldana. Moins couverts, aussi, certains étant simplement vêtus d’une chemise de lin et de braies légères. Certains visages, malgré l’heure peu avancée de la journée, sont même parfois rougeauds. Et l’ambiance libérée, propice au rire. Bien loin du quotidien rude et implacable de mes origines. La vie semble aisée, ici. Si tant est que l’on possède cet or dont Cecilia m’a parlé, j’imagine. À côté, ma mine doit sembler fermée. Les sourires y sont rares. Rapidement, la jeune humaine redescend de l’étage et, avant de revenir vers moi, semble passer un marché avec l’aubergiste du cru. Talic, si je me rappelle bien son nom. Ensuite, elle me rejoint et m’indique sans même parler qu’elle est prête à quitter l’endroit. Silencieuse également, je la suis sans demander mon reste.

Alors qu’elle indique la direction à prendre, je suis docilement la jeune femme sur le chemin qui s’ouvre à nous, parmi ces ruelles déjà partiellement parcourues. J’observe attentivement le moindre détail que je n’ai pas noté lors de ma première promenade. Nous passons bientôt près d’une écurie au fumet équestre marqué. J’opine lentement du chef en l’écoutant décrire l’utilisation de la crotte chevaline comme engrais aux légumes. Puis, elle me donne l’utilité de ces animaux : montures et trait. Je la regarde d’un air entendu.

« Nous en avons également chez nous. Même si l’on en utilise peu. Nos villes sont fort éloignées les unes des autres, nous préférons les Atmos pour nous déplacer. »

Je me mords instantanément les lèvres. Quelle buse je fais. Je dois être plus prudente sur les références à Saldana, vraiment. Même si ça doit me faire passer pour une sorte d’obscurantiste taiseuse auprès des autochtones.

Après les écuries, nous passons près de l’arène : un lieu où les humains se battent contre des créatures en recherche d’une gloire éphémère et de quelques sous. J’arbore malgré moi une mine déconcertée alors qu’elle m’en explique l’usage. La vie est bien plus précieuse, chez nous. Surtout la vie animale. Gâcher chair et sang pour du spectacle me semble une aberration totale. Les hommes se battent parfois, chez moi, pour montrer leur force et leur supériorité. Mais rarement avec des armes, et quasiment jamais à mort, à part pour une tentative de prise de contrôle d’un ardis. Je remarque les tentatives pédagogiques de ma guide à mesure que nous progressons. Je les trouve un peu infantilisantes, parfois, mais n’y réponds aucun commentaire désagréable. Je suis une étrangère, certes, mais je vis depuis plus d’une cinquantaine d’année. Je ne suis pas née hier.

À un moment de notre promenade, elle m’indique un attroupement de rats, nombreux apparemment, et chassés contre de l’or. Encore cet or. Il semble avoir une place centrale dans leur vie. Ça me dépasse un peu : on ne peut pas en faire grand-chose : pourquoi n’échangent-ils pas services et ressources contre des choses utiles, plutôt ? Sans commenter, enregistrant dans mon esprit toutes ces informations, si incongrues soient-elles, je suis Cecilia. À sa dernière mise en garde sur les menteurs, je pince mes lèvres pour réfréner un sourire. Dois-je aussi me méfier d’elle, alors ? Il n’y avait pas vraiment besoin de me le dire pour me convaincre. J’ai vite appris à être méfiante et ne me fier à personne. Fille d’un elfe dans un monde d’humains, j’avais plutôt intérêt. Nous poursuivons notre route jusqu’à une rue donnant sur une place dégagée, large. Un marché avec de nombreuses échoppes diversement garnies nous fait désormais face. L’odeur de nourritures copieuses et les sons enjoués de musiques lointaines se mélangent en un curieux parfum d’inconnu.

À peine y avons-nous fait quelques pas, cependant, qu’une irruption brutale me fait sursauter. Un vieillard à l’apparence négligée, cheveux et barbe en bataille et frusques déchirées, bondit devant nous avec une expression catastrophée. Instinctivement, je porte une main à la ceinture, prête à me saisir d’une lame au cas où il se montre agressif. Il n’en est rien, heureusement. Enfin, pas totalement en tout cas. Car le voilà qu’il se met à beugler, nous saisissant l’une et l’autre par les épaules avec virulence pendant qu’il déverse un discours pour le moins… surprenant.

« La fin du monde est proche ! La fin du monde, oui, vous m’avez bien entendu ! Les eaux vont dévorer les terres, les montagnes se briser sur les villes, les vents tout emporter ! Il n’y a rien que nous puissions faire pour éviter ce désastre ! Le Chaos a déjà emporté l’impie Nirtim. Notre tour arrive ! »

Théâtral à l’excès, il se recule, mains plaquées sur le visage, singeant avec des gestes amples son discours. Puis, soudain, il change d’attitude et se rapproche de nous d’un air de confidence, murmurant subitement :

« Si, si. Il y a un moyen. Un moyen unique ! Il existe un temple, un temple loin au sud, près de la forêt, aux murs sombres. Là, un prêtre vous attendra. Contre un modeste don, il pourra sauver vos âmes et corps d’une terrible fin, de l’apocalypse ! »

Mon regard passe de l’olibrius à la meneuse de notre petite visite avec circonspection. Vu la tête qu’elle tire, elle n’accorde pas plus de crédit à ce vieux fou que moi. Les gens d’ici sont-ils tous aussi aberrants ? Décidant que la comédie a assez duré, je me saisis de la main de Cecilia pour l’entraîner plus loin, contournant le vieillard sénile sans lui répondre. Il semble mal le prendre, et continue son cirque dans notre dos, hurlant de plus belle :

« Craignez la colère des cieux si vous n’y allez pas ! Malheur arrive à ceux qui ne m’écoutent pas ! »

D’un pas ferme et plus rapide que lors de notre balade, j’attire la jeune femme avec moi dans les dédales peuplés du marché. Assez vite, les cris du cinglé se taisent, ou son attention se porte sur d’autres pigeons. Je me détends. Et petit à petit, me laisse séduire par la profusion des marchandises présentes ici. Épices, nourritures, objets de différentes factures. Armes, pots, ustensiles divers. Animaux, même, quelques fois. Mes yeux sombres observent tout avec attention, avec intérêt, avec une certaine dose d’envie, même. Des fumets appétissants, sucrés, me mettent en appétit malgré mon repas récent. Deviendrais-je gourmande ? Tentée, je m’approche d’une échoppe proposant de petites galettes sucrées et ornées de fruits confis. Ça a l’air sacrément bon ! Je plonge mon regard dans celui de ma guide pour lui soutirer silencieusement des informations sur lesdits gâteaux. En valent-ils la peine ? Et puis, avons-nous besoin d’or pour nous en procurer ?

Mon, regard, cependant, est vite attiré par un petit attroupement, non loin. Je reconnais le vieillard en train de discuter sous cape avec des individus aux mines peu engageantes, patibulaires. Le barbu décadent pointe son doigt arthrosé dans notre direction, et aussitôt le regard du plus grand de la bande, une armoire-à-glace chauve à la courte barbe noire, balafré, croise le mien avec une certaine frénésie. Il sait que je l’ai aperçu, et directement, il fait signe à ses comparses de le suivre. D’un pas décidé, le groupe composé de plusieurs hommes fend la foule pour nous rejoindre. Inutile d’être un génie pour comprendre qu’ils veulent nous tomber dessus à bras raccourcis. Ainsi voilà les malheurs prédits par ce vieux fou ! Sans demander mon reste, je saisis Cecilia par le bras et la tire brusquement alors que je démarre dans la direction opposée à nos probables assaillants.

« Vite, tirons-nous ! »
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