Les Monts Eternels (Partie Sud)

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Ezak
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Ezak » dim. 30 oct. 2022 03:22

Alors que la tension était déjà à son paroxysme, que je tentais d’apaiser les choses pour gagner du temps, avoir des réponses et établir ma stratégie, une flèche fusa vers l’être de glace. Estomaqué je me figeai devant cet acte irresponsable, irréfléchi, qui montrait tout le respect pour nos vies qu’avait cet individu. En plus de ces qualificatifs il fallait ajouter inutile car notre interlocuteur ne paru même pas surprit par cette attaque impromptue. D’une main, il arrêta la flèche. Il se moquait encore de nous et je trouvais cela fort frustrant. Comme je le pensais, il m’indiqua que ma vie n’avait aucune valeur à ses yeux, puis il se tourna vers Cromax qui selon lui rappelait un frère qu’il détestait. Sur ces mots il leva une main, s’apprêtant à achever Faëlis, défaisant le pic de glace en de multiples aiguilles, et le sol se mit à trembler. Je m’attendis au pire, à une attaque violente mais à ma grande surprise un éclair tomba du ciel avec une telle puissance et soudaineté que j’en fus aveuglé. Sans vue, je ne pus que ressentir le sol vibrer avec fureur et lorsque je pus ouvris de nouveau les yeux, c’était pour constater qu’à la place de l’être de glace, il n’y avait qu’un trou béant. Hereld enjoué nous fit voir qui était à l’origine de cette attaque puissante. Dans les cieux un homme et une chouette nous survolaient. C’était le fameux maître Dan qui apparemment avait des dons particuliers pour léviter dans les airs. Je fus impressionné par sa puissance, et content de pouvoir compter parmis nos alliés un tel personnage. Bien qu’il fut mystérieux et semblait tout faire pour nous fuir puisqu’il nous indiqua de suivre le chemin de la Passe avant de disparaître aussi vite qu’il était arrivé. Hereld proposa une pause suite à ces interactions intenses ce que tous acceptèrent.

Perturbé et ayant remarqué le lien entre le marteau et l’apparition de nos ennemis de glaces, je me dirigeai vers celui qui restait, l’autre ayant disparu avec son manieur. À peine eus-je mis les mains dessus que j’eus l’impression d’avoir plongé mes mains dans un océan glacé. Je dû m’y reprendre à deux fois avant de le cingler à mon paquetage avec rapidité tant cela était douloureux. Ceci fait mon regard tomba sur Arkalan et lorsque je le vis mon sang ne fit qu’un tour. Il avait l’air tranquil observant les cadavres Shaakt sans même se soucier d’avoir mit le groupe en danger par son action. En colère je me dirigeai d’un pas déterminé vers lui pour lui demander des explications, mais je me retins d’en faire plus. Par le passé, je lui aurais sans doute directement balancer mon poing dans la figure, mais aujourd’hui, j’essayais d’être plus dans le retenue, plus responsable. Je voulais l’entendre, savoir pourquoi il avait agît de la sorte et lui montrer quitte à hurler, à quel point son acte était irresponsable envers tous . C’est donc la voix froide de celui qui se retient que je m’adressai à lui :

« J’étais en train de négocier. Pourquoi avoir tiré ? »

Mais il m’ignora complètement. Me répondant à côté comme si il en avait rien à foutre de ce que je lui disais. Mon sang ne fit qu’un tour toutes mes bonnes intentions volèrent en éclat et mon côté sanguin refit surface devant ce connard qui se permettait de mettre ma vie en danger et celle des autres et d’agir comme si cela était normal, comme si il ne devait pas en rendre compte. Sans y réfléchir, mon genoux se leva instinctivement en direction de sa tête. Je ne sus si ce fut la neige, ou l’énervement mais le coup partit mal, le frappant faiblement au visage, le dérangeant à peine.
J’entendis la voix de Cromax, à peine. Je ne sus ce qu’il disait, ce qu’il nous voulait tant j’étais concentré dur la shaakt. Je pus lire la peur dans les yeux de ce dernier , comme souvent lorsque je me retrouvais en colère face à certains êtres faibles, mais il fit mine de garder contenance et voulant sans doute me mettre dans l’embarras. Il parla fort, comme pour mêler les autres à l’histoire. M’appelant par mon statut de Chevalier et ralliant mon l’échec de mon coup. Il se permit même de me demander si j’allais le tuer et boire son sang. Sans doute pensait t’il que diriger tous les regards sur nous me mettrait dans l’embarras mais il ne savait pas encore à qui il avait affaire. J’allais lui montrer. Publique ou non, il prendrait la même rouste. Un sourire se dessina sur mes lèvres, un sourire tendu, un sourire en colère, faux au possible.

« Tu pourras pas dire que tu l’auras pas cherché ! »

Ma main alla chercher Lassiria dans mon dos. Je ne comptais pas le tuer, mais juste lui faire assez mal pour qu’il comprenne que je n’étais pas homme à provoquer, quitte à le soigner après. Une fois en main, je balançai un estoc droit en direction de son épaule. Mais avant que le coup ne parti, je sentis deux bras me saisir le buste, c’était Cromax qui me criait d’arrêter. D’un geste rapide, il me fit une clé de bras sur ma main libre alors que Arkalan se redressait.

En colère, et pas du tout focaliser sur Cromax je gardai les yeux sur Arkalan sans me débattre. Je savais avec le pouvoir sombre contenu dans ma jambe pouvoir me soustraire à son étreinte quand je voulais, n’attendais que ça.

« Provoque-moi encore, qu’on rigole… »

Je le jurai, si il allait trop loin, je me téléporterai à ses côtés et il verrait de quel bois je me chauffe. Me voyant immobilisé il tenta, bien sûr, essayant de toucher ridiculement à mon honneur en voulant m’attaquer sur mon statut de chevalier et le fait que je l’avais attaqué selon lui en traitre . Décidément quelle obsession… Rien qui ne me toucha, car jamais je n’avais essayé de le tuer. J’avais même été très gentil dans mes intentions par rapport à ce que j’aurais été capable de faire quelques mois auparavant. Cromax, lui demanda de la fermer puis s’en prenant à nous deux il nous reprocha d’agir comme des sales gosses. Toujours encoléré, toujours sans quitter Arkalan des yeux je répliquai encore lâchant ce que j’avais sur le cœur.

« Encore un qui se fait une idée puérile de ce qu’est la chevalerie ! Grandit ! On est pas dans un conte pour pucelle ! Je vais t’expliquer mon rôle : Servir ! Je me mets au service de vous tous ! Je vais au devant de vous tous ! Alors oui quand un CONNARD comme toi met le groupe que j’essaye de protéger en danger, oui ça me met hors de moi, car aujourd’hui c’était la deuxième fois ! La seule chose que je fais c’est de prendre sur moi, c’est venir communiquer c’est de te tendre la main Shaakt pour tenter d’avoir ton point de vue ! Et toi TU ME CRACHES À LA GUEULE ! Et tu veux que j’ai un comportement chevaleresque envers toi, pauvre merde ? La chevalerie c’est pour les gens civilisés, ceux qui traitent leurs pairs avec respect. Je te traites avec le respect que tu me donnes, c’est à dire aucun. »

Un sourire cette fois franc vint s’afficher sur mon visage. Je pouvais voir son regard, son expression de gêne, que l’on voit chez petits chiots terrifiés qui aboient pour faire tenter d’impressionner, mais qui au fond sont paniqués.

« Chie toi dessus tocard ! Tu as beau faire le beau ton regard ne trompe pas. Je te terrifie. Tu dois jubiler que le sindel soit venu à ta rescousse. Pauvre couard…» Il hocha la tête reconnaissant sa couardise et je me détournai de lui, essayant de me tourner vers Cromax prenant pour la première fois attention à lui.

« Et ne me demandez pas de me calmer, pas aujourd’hui, pas après avoir perdu vos nerfs et dénié ma prise d’initiative comme si je n’existais pas. Je resterai en colère, j’en ai le droit ! Mais je ne le tuerai pas. Je ne suis pas un voyou. D’ailleurs je n’allais pas le tuer, juste le corriger. C’est ce qu’on fait avec les chiens. Je comptais même lui donner une de mes potions pour le guérir. D’ailleurs ce que vous faites ne sert à rien. Si je voulais je me serais libéré depuis longtemps alors lâchez-moi. Vous devriez pouvoir me faire confiance. Je n’ai qu’une parole.»


Le sindel me lâcha aussitôt, me mettant en garde de ne pas rompre ma parole et tentant de se justifier de sa propre colère faisant une différence entre la sienne face à un ennemi et la mienne face à un « allié », enfin, si on pouvait attribuer ce qualificatif à ce fardeau.

Arkalan lui, me menaça, visiblement touché que j’eus relevé sa crainte, affirmant que dans quelques heures nos rôles seraient inversés e que ce serait à moi d’avoir peur.

Je lui répondis du tac-o-tac. « J’en doutes. Tu ne verras jamais une lueur de frayeur dans mes yeux face à toi Shaakt. Je te le répète : Contrairement à toi, je n’ai peur de rien. »

Et je me détournai définitivement de lui pour régler ce que j’avais à régler avec Cromax, calmement, mais fermement.

« Vous n’avez pas seulement perdu votre calme face à un ennemi. Vous m’avez abandonné, au moment où j’avais le plus besoin de vous. Je me suis sentis démuni alors que je comptais sur votre force pour faire corps. Dans un sens vous avez aussi fait du tord à un allié qui vous voyait comme la personne la plus fiable ici. »


Je commençai à avancer vers le reste des cadavres des Phalanges pour m’éloigner d’Arkalan et aller récupérer mes armes. .

« Enfin ce ne sera pas la première fois que nos vues divergent. Au moins avec vous on peut discuter et confronter nos avis respectueusement. Suivez-moi… »


Cromax s’excusa, se justifiant que l’attitude de l’être lui avait fait voir rouge, il me demanda en outre ce qu’était le défi que je lui avait proposé.

« Au moins vous savez reconnaître vos erreurs. Pas comme l’autre Shaakt. Je m’excuse aussi de vous avoir infligé ce spectacle mais à un moment si personne ne lui fait comprendre, il recommencera encore et encore jusqu’au moment où il nous mettra vraiment dans une merde noire… »


Je m’arrêtai près du corps du chef des Phalanges récupérant ma lance plantée dans son torse.

« Ce que je voulais faire face à l’esprit de glace est comme je l’avais expliqué lui soumettre un défi qu’il ne pouvait gagner. Enfin… en théorie. Peut-être que je serai mort bêtement qui sait ? »
Dis-je en levant les épaules, légèrement devant cette éventualité. Il fallait dire que mon armure d’écailles sur les épaules, l’idée de la mort n’effrayait pas mon esprit.

Cromax voulu en savoir plus sur le défi, avant d’affirmer que la tension entre Arkalan et moi mettait une mauvaise ambiance dans le groupe et que certains l’avaient remarqués. J’eus un rire bref, ironique. Quelles foutaises ! Qu’est ce que les gens ne pouvaient pas inventer pour justifier leur ressentiment.

« Cromax honnêtement, avant aujourd’hui je n’avais rien contre ce Shaakt. Il m’amusait même, dans un certain sens. J’ai même essayé de lui faire une petite blague, qu’il a mal pris. C’est peut-être ma faute, je le reconnais. Je ne supposais pas qu’il avait une phobie aussi puissante des araignées. Sincèrement ça fait de moi quelqu’un de mauvais ? Je n’ai pas mis mon épée au service de tous ici ? N’ai je pas pris la tête de l’expédition avec Freida en me plaçant en premier rempart ? Lorsque vous les elfes avez pris les tours de gardes pour permettre aux humains de nous reposer, ne vous ai-je pas tous remercier ?»


Je regardai en direction du groupe, me demandant bien qu’elle pouvait être celui qui était aller rapporter de telles sottises. La seule fois ou j’avais été agacé par Arkalan c’était lors de sa petite escapade avec Madoka, et je m’étais plains auprès des deux. Pourtant je n’entendais personne prétendre qu’il y avait des tensions entre ma compatriote Ynorienne et moi. Depuis ce jour, aucune tension n’avait émané de moi envers ce shaakt. Avant les quelques minutes qui venaient de s’écouler bien sûr… Il y avait plus eu de tensions entre Sibelle et Arkalan qu’avec moi, alors je ne comprenais pas ces accusations malvenues et malhonnêtes. Je soupçonnais un prétexte pour casser du sucre sur mon dos.

« De toute façon ça à toujours été pareil. Certains se font une idée de moi parce que j’ai le parler-franc. Ça dérange ! On aime jamais vraiment ceux qui disent ce qu’ils pensent. Que voulez-vous que je vous dise ? Peut-être qu’un jour ceux qui ont confiés cette méfiance à mon propos auront le courage de venir me parler ou resteront-ils hypocrites. J’ai l’habitude… »

Je passai vite à autre chose : « Pour le défi, peut-être vaut-il mieux que je vous montre. Qu’en dites-vous ? »

Mais Cromax en remis une couche sur la soi-disant tension de longue date avec Arkalan mais cette fois je ne réagis pas. J’en avais marre de me justifier sur des ragots et des faits erronés. Si il préférait croire des racontars c’était son problème, je n’avais pas le temps pour ces gamineries... Il passa enfin à autre chose, me poussant à lui montrer ce que je préparais pour Yuïa-Turé.

Je jetai un œil à la chose de Cromax au loin, en train de réchauffer Andreï « Faites venir votre créature.»

Le Sindel fut estomaqué quand il comprit de qui je parlais. Il me me dit alors son nom Lysis, m’assurant que c’était un être millénaire susceptible. Il me conseilla vivement de ne pas utiliser le terme de créature face à elle. Il la fit venir, et lorsqu’elle arriva à notre hauteur elle me toisa d’un regard fier, provocatrice. Ne me laissant pas faire je lui jetai le même regard. Millénaire ou pas, il était hors de question que je courbe l’échine devant qui que ce soit. La jaugeant fièrement, elle me fit penser justement à l’esprit de glace. Il y avait cette petite chose, ce petit air suffisant sur elle. Cela me fit sourire. C’était le sujet parfait pour mon expérience.

« Hmpf ! Lysis, je vous défi, un défi que même une créature ancienne et puissante comme vous ne pourra relever. L’acceptez-vous ? »

Elle roula des yeux, n’ayant visiblement rien à cirer de mon défi mais Cromax d’un geste l’encouragea à le relever. Elle me provoqua alors, annonçant ma défaite, et ponctua sa phrase d’un « mon mignon ».

Très bien ! Puisqu’elle voulait jouer nous allions jouer. Un sourire ddévoila toutes mes dents. J’étais confiant. « C’est ce qu’on verra. »

Je reculai de quelques pas et ouvriss les bras en croix.

« Vous devez me tuer en une seule et unique attaque. Alors utilisez votre sort de flamme le plus puissant, désintégrez moi ! Mais attention, vous n’avez droit qu’à un seul essai. Si après votre attaque je suis encore en vie, vous avez perdu. »

« Évitez tout de même de détruire la Passe. »
précisai-je.

Elle jeta un regard à Cromax incrédule mais il lui fallut à peine un petit encouragement de de ce dernier pour qu’un sourire carnassier s’affiche sur ses lèvres et qu’un puissant souffle de magie sombre parte dans ma direction.
Je concentrai le pouvoir sombre de ma jambe pour me changer en ombre, n’ayant plus de prise avec le monde physique et je me déplaçai instantanément à côté de Lysis, avec un sourire arrogant et provocateur sur les lèvres. « Alors ? Ça fait quoi pour une femme millénaire de se faire moucher par un gamin qui n’a même un quart de siècle, ma mignonne ? »

Elle ne se décomposa pas, elle m’envoya un nouveau sort à la tronche. Peu puissant, il le fut tout de même assez pour me faire mal et me faire reculer prestement. Elle affirma que j’avais triché, le sort n’ayant pas touché et elle critiqua mon excès de confiance.
Les sourcils froncés et passablement énervé par la perfidie de l’action je protestai avec véhémence :

« Oh ! C’est pas du jeu ça ! » Je passai une main sur mon visage douloureux te lorsque mes yeux tombèrent sur l’expression de Cromax pas alerté, presque amusé, par la situation je redescendis un peu.

« Vous-êtes juste mauvaise perdante ! Et même pas capable de comprendre des règles correctement en plus. » conclus-je légèrement boudeur.

Elle me mit en garde, mettant en doute l’honneur de cet être millénaire. Affirmant que j’avais trop confiance en moi et que je risquais de me faire surprendre si il avait décidé de ne pas suivre les règles. Je manquai de lever les yeux aux ciels sur la nouvelle mention à mon excès de confiance mais je me retins. Je croyais entendre ce coincé de Lorener. Si je n’avais pas confiance en moi qui le ferait pour moi ? Cependant, pour le reste, elle n’avait pas tord. Je ne pouvais me fie à un être si orgueilleux, peut-être que même que sa reaction aurait été violente de se faire ainsi humilier, mais nous le saurions jamais.

« En effet, c’était une éventualité, mais je devais prendre le risque. Dans un deuxième temps ce stratagème devait aussi me permettre de l’approcher assez pour tenter d’utiliser des runes destructrices. Je voulais juste avoir la confirmation que c’était bien notre cible… C’est d’ailleurs un point qu’il va falloir soulever avec les académiciens. »


Lysis s’emporta, critiquant le soi-disant savoir des académiciens à voix haute et c’est CRomax qui la rappela à l’ordre.
J’eus un sourire amusé. Ils formaient un drôle de duo ces deux-là..

« Elle a vraiment un caractère de cochon. »
affirmai-je à l’attention Cromax qui confirma devant une Lysis boudeuse.
« Laissez-moi me soigner et on pourra allez les voir ensuite. »

Je tirai mon épée et me baissa sur le corps du chef pour entailler son cou et commencer à boire son sang, je fis ensuite pareil avec le loup. Quand j’eus finis avec ce dernier je ne pus m’empêcher d’exprimer mon dégoût

« Pwah ! Le sang de loup a un goût fort…»

De la tête je cherchai un troisième corps et me rapprochai de ceux que nous avions éliminés avec Cromax.

« Je dois me dépêcher avant qu’il ne reste plus rien dans leurs veines. On les a bien amochés ceux là. »

Et je vidai un dernier malheureux de son sang

. « On peut y aller. Je me sens mieux. »

Cromax m’observa faire avec curiosité, et jugea que c’était une façon singulière de se soigner. Il demanda ironiquement si c’était une faculté des kendrans et si ils suçaient tous aussi bien ? Malgré moi, je retins de justesse un rire avant de secouer la tête.

« Décidément, vous êtes incorrigible. » Je montrai mon collier crâne-noir croix-mauve pendu à mon cou

. « Un petit souvenir de mon passage dans le Bagne des Treize. Ou peut-être était-ce celui des Quatorze, qui sait ? » dis-je en lui lançant un regard interrogatif, un peu tendu.

L’elfe se défendit de tout lien avec le Bagne, il prétendait même ne pas savoir de quoi je parlais. Il affirma que ses liens avec Oaxaca étaient égoïstes, il voulais juste assurer sa survie et il finit par faire une critique sur la politique stricte de Kendra-Kâr. Je fus soulagé de ne pas le compter parmi la liste de mes bourreaux, mais je tiquai quand même à sa réaction sur Kendra-Kâr. Dire que la Cité Blanche était trop stricte c’était quand même des fadaises. Si il préférait un lieu ou régnait l’anarchie, les viols, les meurtres, la saleté et la loi du plus fort comme je l’avais connu à Omyre c’était son problème. Trop stricte… Et puis quoi encore ?! Il avait vraiment honte de rien. Personnellement je préférais la politique soi-disant « trop stricte » de kendra-kâr qui protégeait tout un chacun. Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’était la liberté qui opprimait, et la loi qui affranchissait. C’était ça, l’ordre, c’était ça la justice ; une chance pour tous.

Il continua, changeant de sujet pour me demander si le sang n’était pas trop désagréable à boire. Je levai les épaules.

« C’est un peu comme tout. On s’habitue. Certains sangs sont plus agréables que d’autres. Celui des Garzoks est ignoble par exemple…. Comme tout chez eux. Mais je préfère ça à la souffrance et ça me permet d’économiser mes potions pour des moments plus chauds. »

Puis il me demanda, si ce pouvoir était partageable, en passant mon collier à un autre. Je réfléchis un instant à cette éventualité que mon esprit n’avais jamais esquissé auparavant.

« Je n’ai jamais songé à le passer. Il fait un peu parti de mon histoire maintenant. Mais oui, j’imagine que si ça pouvait aider un autre, en lui passant le bijou, il aurait les mêmes facultés que moi. »


Il voulait essayer et étant quelqu’un de nature plutôt territorial l’idée me plaisait moyennement. Après avoir réfléchis quelques secondes je leretirai et le passai au Sindel.

« Inutile de préciser qu’il s’appel « Revient » ! »


En gage de confiance il ma passa son collier à lui qui permettait d’aspirer les âmes. Je posai un regard ahuri sur le bijoux de Cromax ne le regardant même pas boire le sang de l’autre Phalange. Lorsqu’il se releva, je lui rendit son dû et repris le mien. « Votre collier fonctionne… un peu comme… ce qu’à fait le Dragon Noir…? »

C’était plus ou moins le cas selon lui. Il ne pouvait contenir que trois-âmes. Sa rapière avait aussi un pouvoir, celle de décider des sorts des âmes et elle contenait celle d’Aerq qu’il appelait son allié. Je fronçai les sourcils. J’étais présent lorsque Xël l’avait assassiné, j’avais tenté de faire de même avec la Régicide. Ce Aerq était juste un gros salopard et il avait mérité son sort. Il méritait même pire, sa mort avait été trop douce pour l’ensemble de son œuvre, mais je ne comptais pas raviver de vieilles rancœurs en ces lieues. Cette ére était derrière nous, alors je changeai de sujet, un peu tendu.

« Bien allons voir ces académiciens. »


Nous prîmes la directions des deux hommes et je fus le premier à les aborder

« Amis académiciens, je vais aller directement dans le vif du sujet. Que pensez-vous de l’être que nous venons de rencontrer ? Une idée sur ce que pouvait-être son identité ? »

C’est Hereld qui prit la parole.

-Cette rencontre fut pour le moins perturbante. Je ne pensais pas ça possible, mais je pense qu'il s'agit d'une sorte.. d'avatar de l'esprit des glaces. Il a dû trouver un moyen de posséder un corps depuis sa prison.

Andreï renchérit. - Ce doit pouvoir expliquer que qui que ce soit souhaite le libérer.
Tout ça reste une supposition, mais tout va dans ce sens.

Je penchai la tête dans une profonde réflexion. Ainsi tous les éléments que je liais petit à petit n’étaient pas farfelues. Je pouvais donc continuer sur cette voie.

« Donc j’avais raison, en partie… » Je pris mon lourd marteau accroché à mon dos et le mis devant eux en retirant rapidement mes mains du manche glacé.

« Je pensais que ça pourrait vous intéresser de pouvoir l’étudier de plus près. Il semble que c’est ce qui a permit à l’autre de faire de son corps un réceptacle. Du moins… ça en avait l’air. »

Cromax lui, s’interrogeait sur le statut de notre ennemi, et la possibilité qu’il avait de s’être déjà libéré et le rapport des Phalanges avec lui.

« Une prison, aussi efficace soit-elle, tend à s'affaiblir. S'il reçoit une quelconque aide extérieur, c'est possiblement pire. Il n'a pas été emprisonné par des dieux, mais bien par son frère. Ils sont puissants, très puissants, mais leur magie n'est pas éternelle. Ou du moins c'est ce que je suppute. Quant aux phalanges... J'espère que Maître Dan aura plus d'informations à ce sujet. »

Pendant ce temps Andreï tenta de s'emparer du marteau, mais retira vivement sa main sous l’effet glacé .

- Je ne peux pas vous dire ce que c'est, mais c'est probablement un métal modifié avec de l'Helcéa, le métal de glace. Quant aux runes incrustées dedans... elles me sont inconnues. Il me faudra plus de temps pour les déchiffrer, si vous le souhaitez.

« J’imaginais les Phalanges comme un peuple de sauvageons vivant dans des conditions précaires. Ils auraient chez eux des forgerons capables de traiter des métaux élémentaires ?

Après un temps bref. « Le temps de la pause vous suffira pour analyser ces runes ? »

Cromax intervint s’en prenant encore à Kendra-Kâr -décidément c’était une manie qu’il fallait soigner - nous accusant de voir tous ceux qui n’étaient pas de notre cité comme des sauvageons avant de tenter d’en savoir plus sur les identités des Esprits de Yuïa et Dan.

« Les phalanges sont difficiles à approcher, mais ils sont parvenus plusieurs fois à contrecarrer des assauts des forces d'Oaxaca et leurs raids sont dévastateurs. Sans de bons forgerons, ça n'aurait pas eu lieu. On ne combat pas avec des armes dépassées. Et rien ne dit que ce sont eux qui ont fabriqué ses armes.

Andreï ajouta

- Je devrais pouvoir les étudier, mais utiliser leur pouvoir ne sera peut-être pas aisé. Simplement toucher l'arme peut avoir de graves conséquences, j'en ai peur.

Hereld répondit aux dernières interrogations de Cromax.

- Yuïa-Türe et Yuïa-thu. Le premier étant l'esprit que nous redoutons. Nous savons qu'il y en avait davantage, mais leurs noms a disparu lorsqu'ils furent absorbés par le plus puissant d'entre eux. Quant à Maître Dan, il connaît ses montagnes, je gage qu'il puisse nous rejoindre, d'une manière ou d'une autre.

J’en profitai pour répondre au sindel anarchiste qui aimait tant s’en prendre aux miens.

« Je ne connais pas ce continent et mes connaissances à propos de celui-ci sont maigres. Tout ce que j’ai vu ce sont des hommes vivants dans des conditions durs, en peaux de bêtes montant des loups. Ce n’est pas une insulte. Malgré une bonne éducation, je n’ai pas la science infuse. » dis-je avant de me détourner vers Andrei.

« Ces Phalanges y arrivent bien. C’est qu’il doit bien y avoir une solution. »

Cromax sourit malicieusement à mes propos, ce petit salaud prenait un malin plaisir à tenter de me provoquer sur mes origines.

Andrei me répondit : Rien n'est moins sûr. Je vais tâcher d'apporter une réponse, mais je ne peux pas garantir qu'elle soit positive.

Et alors que Hereld affirmait à une dernière interrogation de Cromax que le frere ennemi de notre ennemi aurait été notre allié, celui-ci fit part de ses doutes se plaignant de ceux qui autour de nous prétendaient être les nôtres.

« Si vous me laissiez leur régler leur compte ils marcheraient droit… »

Hereld essaiya d'apaiser un peu les choses - Allons, allons. Nous nous en sommes tous sortis, essayons de faire en sorte que ça continue.

Cromax taquin, fit référence à l’episode avec Lysis me conseillant de prendre garde à la fierté de ces dîtes personnes, susceptible de ne pas respecter les règles.

Je lui jetai un regard espiègle. « Sachez qu’aucune fierté n’est plus grande que celle des kendrans. À la fin, je gagne toujours.»

Je m’adressai enfin à tous sur un ton léger : « Je vous laisse donc sur ces paroles très sages. »

Laissant là les trois hommes, je me dirigeai vers notre guide.

« Freida, je venais voir si tout allait bien pour vous. Après la disparition de l’être de glace vous aviez l’air… Je ne sais pas… Préoccupée ? »

Elle sursauta à mon arrivée.

« Hein ? Ah oui, oui, ça va j'ai juste... Je me suis simplement senti impuissante face à tout ça. Je n'ai pas été utile à qui que ce soit... »


Je fus surpris de ces paroles et le fit savoir : « Vous rigolez ?! Vous nous avez guidé jusqu’ici sans heurts. Sans vous et votre expertise, l’embuscade des Phalanges aurait été pire, vous avez su voir ce que personne n’est capable de voir ici. Vous êtes notre guide, et personne ne vous demande de prendre des coups pour nous, je vous ai moi-même demandé de rester en retrait et je vous en remercie ! J’aimerais que tous dans ce groupe ai autant de discipline que vous. »

Je posai une main sur son épaule, chaleureuse.

« Vous êtes sans doutes l’un des éléments les plus efficaces et essentiel de ce groupe, si ce n’est l’unique. Merci pour tous ce que vous faites. »


Elle me fixa avec un sourcil haussé

. - Vous exagérez quelque peu... Puis elle soupira
- Je vais faire de mon mieux, dans tous les cas. Merci de... vous en inquiétez.

Je croisai les bras un air de défi sur le visage. "Ah oui ? J'exagère ? Nous avons pléthore de bons combattants, deux académiciens, une guide. Tout cela dans une équipée dont la mission est de de se rendre au centre de la Montagne pour arrêter un esprit dangereux. Faisons un jeu et soyez sincère avec moi. Si nous retirons la guide de l'équation, à combien évaluez vous les chances de ce groupe d'atteindre le centre ? "

Elle fronça le nez, l’air pas entièrement convaincue, mais elle admit finalement :

- Soit... Moitié moindre, au mieux. Vous aimez avoir le dernier mot.

Une remarque qui me fit sourire. Ce n’était pas totalement faux.

« Personne n’est parfait ! » Ce qui la fit sourire, faiblement.
« Vous pensez qu’il y avait une raison particulière pour que l’être de glace décide de jeter son dévolu sur vous ? »
Elle secoua la tête.

- Je n'en sais rien. Je ne pense pas avoir quelque chose de spécial..

« A part un enfant peut-être… Ce qui en dit long sur le cynisme de Yuïa-Türe… »
Je regardai vers le fond de la Passe.

« Je suppose qu’avec le boucan qu’on a fait on doit s’attendre à voir votre … comment vous dites ? Grivalion ? Nous tomber dessus ? »

Elle frotta son ventre, pas réflexe et soupira. - J'ose espérer que non, mais je ne peux rien garantir. Si vous vénérez un dieu, priez le, parce que si un Givralion nous tombe dessus, je doute que nous nous en sortions tous.

Je jetai un regard mauvais à Arkalan encore échauffé par notre dernière altercation. « Je ne devrais pas dire ça mais si il pouvait en emporter un en particulier, notre groupe ne s’en porterait que mieux. »

Puis je reportai mon attention sur Freida. « À quoi ça ressemble ? Ça a des points faibles ? Une peur particulière ? Comme le feu par exemple ? »

- Ne souhaitez pas la mort d'un camarade, même antipathique. Ça porte malheur. Dit-elle sérieusement avant de reprendre.

- Difficile à décrire ... c'est... Un félin. Géant. Ils sont plutôt solitaires et heureusement. Je n'en ai jamais vu de près, mais j'ai vu des traces de leur passage. Nul métal ne résiste à leurs griffes ou leurs crocs. Et je sais que ce sont des chasseur parfaitement adaptés à ce climat. Ils se camouflent, sont rapides. Efficaces en somme. Je ne sais rien de leurs points faibles ou de leur peur. j'imagine que le feu peut servir, oui, mais je ne peut même pas en être certaine....

Je ne renchérit pas sur ce scélerat d’Arkalan et le visage un peu ahuri je repris. « Un félin géant ? Il devrait avoir du mal à se mouvoir dans la Passe non ? »

Elle émit un rire sans joie
- Géant pour un félin. Ce n'est pas un titan comme la chose qu'on a vu. La Passe n'est pas leur terrain de jeu favori, certes, mais avec ce qu'il vient de se passer... Disons que je ne vais pas prendre pour garant le fait que la Passe nous protègera.

« Bon… Nous seront prêt si ça devait arriver. C’est pas somme si nous avions le choix. Ne vous inquiétez pas. Je n’ai pas pour habitude d’échouer. »
dis-je mi-serieux mi-blagueur

Elle hocha la tête avec un demi-sourire, rentrant dans mon jeu.

« C'est rassurant… »

Pas du tout, j’en convenais, mais inutile de s’alarmer plus. Je la laissai sur cette entrevue. Laissant les autres se reposer, je réfléchissais au combat qui venait d’avoir lieu. J’avais été moyen, prenant de mauvaises décisions, avant de me rattraper et je n’avais pas pu faire en sorte que les autres aient assez confiance en moi pour me laisser gérer. Et puis il y avait cet Arkalan… électron libre, ingérable. Il me fallait corriger tous ces défauts.

Acharné de travail, je m’éloignais un peu du groupe retournant sur nos pas pour me retrouver un peu esseulé. J’essayai de visualiser « un félin géant pour un felin » et comment le combattre. J’avais beau cherché dans mes souvenirs, je n’avais pas eu l’occasion de d’affronter de tels animaux. Je n’arrivais même pas à imaginer comme cela pouvait se mouvoir. Cependant un souvenir remonta en moi, lointain, alors que j’étais inexpérimenté, ayant rejoint la guilde des dragons d’or pour me faire de l’argent. Je me souvenais de ce groupe que nous avions croisé avec Longinus, combattant un dragonnet, contre lequel il avait lui-même perdu la vie. Cela avait beau être un jeune dragon il restait un « gibier » imposant. Je me rappelais de ce groupe plutôt bien préparé. Certains d’entre eux avaient un nombre impressionnant d’armes qu’ils plantaient dans le dragon, avant de se saisir d’une autre. À l’époque j’avais trouvé cela impressionnant, et malin et cela tombait bien puisque j’avais moi-même pas mal d’armes à ma disposition.

Plutôt que d’essayer de visualiser le félin, je tentai plutôt de visualiser le dragonnet, revoyant ses mouvements. Les yeux fermés, je sautillais à gauche à droite, mimant les esquives face à de puissants coups de pattes. Avant de tenter de planter mes lames entre ses épaisses écailles. Mais j’arrêtai bien vite. Ca n’allait pas. Quelque chose me dérangeait.

Je repris le même manège, une fois, deux fois, trois fois avant de m’arrêter. La projection de l’esprit avait ses limites. Je pouvais tenter d’imaginer un ennemi, tenter d’imaginer ses mouvements mais je ne pouvais mimer le fait d’empaler un ennemi. Je me tins immobile un instant, le temps de réfléchir, avant que mes yeux ne tombent sur l’épaisse couche de neige sous mes pieds. Voila ce qui pouvait le plus simuler la chaire d’une bestiole.

Alors je repris, fermant les yeux à nouveau. J’esquivais un coup de patte par la gauche ; me baissai pour éviter un coup de queue vif. Ce n’était pas passé loin. Je plantai mon épée dans la neige, là où je me visualisais sa queue. Je fis un saut vers l’arrière pour éviter le coup de mâchoire puissant. J’en profitai pour sortir mon sabre, essayant de le planter dans son crane. Bien… Sans soucis ! Il me restait un autre sabre et une lance. Le lame en main je ma plaçai sur son flanc et frappai d’un geste rageur. La lame s’enfonça de quelques centimètres mais un gros choc la bloqua, envoyant de lourdes vibration dans mon bras. Une roche, enfouie sous la neige. Bien… Je me déplaçai virevoltant, dans une cabriole à une autre endroit. Je plantai à nouveau… Cette fois ça passa ! Plus que la lance. Je la sortis, toujours les yeux fermés la faisant virevolter entre mes doigts habiles. En confiance je sautai pour prendre de l’elan et donner plus d’amplitude à mon mouvement et je plantai la lance profondément dans le sol des deux mains en me figurant que cela était le crane du dragonnet…

« Encore une victoire flamboyante pour Ezak d’Arkasse… » me murmurai-je à moi-même, me rappelant mon enfance lorsque je jouais au Chevalier en m’imaginant remporter les plus prestigieux tournois.

Je récupérai mes armes, je tentai à nouveau mon exercice de projection, plusieurs fois, tombant quelques fois sur des rochers, comme lors de ma précédente tentative. Parfois l’arme m’échappait des mains tant j’étais surpris. Mais l’exercice était bon et me permettait de raffermir un peu plus ma prise sur la garde de mes armes. Lors de ma dernière tentative je parvint à planter toutes mes armes à une main sans rencontrer d’obstacle. Il ne me restait plus que ma lance à planter. En confiance je me permis une petite coquetterie de combattant, une cabriole pour en finir en beauté avec mon ennemi imaginaire. De ce saut magnifique je profitai pour planter ma lance avec puissance dans la neige. Mauvais choix. Ma lance finit son chemin sur une roche beaucoup moins profonde toutes celles que j’avais pu rencontrer, à peine couvert par quelques centimètres de neige. Le choc fut rude et surpris je me pris même le manche de ma lance dans le front.

« Aouch ! »

Je m’écroulai sur le sol neigeux , me roulant dans la neige, en grommelant, meurtri dans le corps et dans l’âme. J’espérais ne pas avoir été vu.

« Putain de rocher de merde ! »

Ezak d’Arkasse, Héros de guerre, Chevalier de Kendra-Kâr, dit le Sanguinaire, terrassé par une roche vaillante. Quelle honte ! Cela signifia la fin de mon entrainement et je revins vers les autres la tête basse et douloureuse.

[HRP : Début d’apprentissage de la CC « Empalement »]
Modifié en dernier par Ezak le mar. 1 nov. 2022 18:08, modifié 3 fois.

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Madoka
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Madoka » dim. 30 oct. 2022 20:04

Les secondes qui défilent sont comme imprégnées de cette tension tant elles me paraissent interminables. Hereld, tout en se soignant répond à ma question d’un murmure. Entendant ses premiers mots je réalise un peu plus à quel point nous nous sommes lancés sans connaissances ; fous prétentieux avides de sauver le monde que nous étions ; et enfin combien il était inutile maintenant d’exiger des détails quant au plan. Car, oui, ils ont un plan.
Cependant, celui-ci nécessite de trouver le corps originel. Hereld, assez sûr de lui malgré les doutes exprimés, pense que cette chose face à nous n’est qu’un pâle reflet de ce que l’esprit est réellement. Une confirmation à demi-mot que le chevalier Kendran a vu juste.

((Un pâle reflet ?)) Me dis-je à part en l’observant d’un œil néophyte et craintif vis-à-vis de la magie. Je me serais bien passée d’imaginer quelque chose d’encore plus puissant.

Soudain, une flèche surgit de nulle part, rapide et précise, mettant fin prématurément à toutes tentatives diplomatiques ou provocatrices. Une attaque discrète de l’elfe noir qui surprend absolument tout le monde excepté sa cible. D’un geste bien trop indolent l’esprit attrape la flèche de deux doigts et l’inspecte comme une simple curiosité tandis que remonte de sa gorge quasi fictive un rire lent et moqueur. Un pâle reflet aux reflexes surhumains.
Et comme si cette démonstration ne suffisait pas ; alors qu’il foudroie du regard Cromax si semblable selon lui à son frère tant haï ; il manipule d’un simple geste de la main le pic de glace menaçant Faëlis et le transforme un une myriade d’aiguilles, impossible à esquiver, bloquer ou intercepter.

D’instinct, je serre mes armes et m’apprête à bouger lorsque le sol se met à trembler et le ciel à se déchirer sous l’effet d’une intense lumière qui m’oblige à m’accroupir, la tête baissée, les yeux fermés et les bras contre mes oreilles. Malgré cela, l’intensité de ce qui jaillit inonde de lumière mes paupières closes et le son bourdonne dans ma tête. La terre tremble violemment et puis plus rien. Le silence est total, mes pieds redevenus stables, la faille à nouveau assombrie et mes oreilles comme sourdes.
Là où se trouvait il y a un instant le reflet de l’esprit se trouve maintenant un cratère de plusieurs mètres où crépite des sortes de minuscules éclairs. Privées de leur emprise, les aiguilles prêtent à pourfendre Faëlis tombent au sol, telle la plus étrange pluie de glace qui m’ait été donné de voir.

Hereld, d’un seul cri, nous permet à tous de comprendre et réaliser ce qui vient de se passer. Dan, le solitaire et expérimenté magicien de l’académie, est à l’origine de ce tour de force aussi efficace qu’effrayant. Là haut, se tient une silhouette à peine perceptible, survolée par l’immense chouette blanche, qui nous fait signe d’avancer à travers la faille avant de disparaître. Arënalfük reste au dessus de nous, volant comme elle le fait depuis le village en formant de lents cercles au dessus de nous.

Devant nous, justement, il n’y plus ni mur de flamme ni aucune trace des loups ou leurs cavaliers. Hereld propose une halte que tous acceptent sans rechigner.
Très rapidement, la colère et la frustration accumulées explosent entre plusieurs membres du groupe. Plus ahurie par la puissance de la magie dont on vient d’être témoin et les dangers qui nous attendent, je me détourne physiquement du tohu-bohu de mes compagnons de route mais, force de l’habitude, garde une oreille attentive aux mots échangés.

Afin de m’occuper l’esprit, je fouille avec minutie les corps des décapités tout proche. J’ôte d’une main isolée une hache qui me semble en bon état.



((- fouille deux corps parmi les décapités + tout ce qui ressemble à des sacs ou besaces : cherche des vivres et objets utiles - des runes - des objets gravés ou magiques.

- récupère une des hache (si elles sont à une main, je ne me souviens plus si ils en avaient.)
Modifié en dernier par Madoka le dim. 6 nov. 2022 01:28, modifié 1 fois.

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Gamemaster6
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Gamemaster6 » dim. 30 oct. 2022 21:56

L'Aube d'un hiver sans fin


Chapitre 2 : Un lieu sans pitié ni repos.

Une pause s'imposait et le groupe profita de la halte pour récupérer une part des forces perdus durant ce combat aux proportions quelque peu chaotiques. Hereld lança un regard surpris au ton sarcastique de Faëlis après sa question, répondant d'un ton surpris.

- N'avez-vous point vu ce que je désignais ? Quoiqu'il en soit, il nous a fait signe de poursuivre, nous le retrouverons bien assez tôt. C'est un soulagement de le savoir en vie.

Chacun vaqua alors à ses occupations. Certains décidant que se crêper le chignon ne pouvait attendre, récoltant les regards surpris ou furieux de ceux les accompagnant. L'ambiance du groupe laissait à désirer, surtout entre certains individus bien identifiés.
Arkalan fouilla les cadavres Shaakts, comprenant assez vite qu'ils étaient là depuis plusieurs jours et avaient été largement dépouillé de tout équipement pouvant servir. Ils ne portaient plus que leurs armures aux couleurs de Gwadh, mais sans autres signes distinctifs. Andreï, sollicité par Sibelle, répondit avec une certaine mauvaise grâce, pas vraiment d'humeur à répondre à des tonnes de questions supplémentaires à celles déjà posés par les autres membres du groupe. Il était en train d'examiné le marteau confié par Ezak et n'appréciait visiblement pas d'être dérangé.

- Le guerrier a invoqué Briggha, une vision des Phalange de la déesse Yuia. Quant à l'esprit, je ne peux vous en dire plus que ce que nous vous avons déjà dit. Nous ne pensions pas qu'ils puissent s'incarner de cette façon... Nous ne sommes même pas sûr que c'était vraiment lui, même si tout tend dans cette direction.

Il sembla à la fois intrigué et effrayé par l'idée. La questions suivante lui fait lever les yeux au ciel en désignant les hauteurs autour d'eux.

- Vous aurez plus de chances d'attirer un nuage et de le faire chanter que de faire entendre raison à Dan. Il fait ce qu'il lui plaît, ça a toujours été son... truc.

Visiblement il y avait une animosité sous-jacente, au vu du ton employé par Andreï. Sibelle n'aura pas appris grand chose, mais au moins sa potions fait effet, lui évitant de devoir continuer avec une douleur persistante dans le corps.

De son côté, Madoka fouilla les corps, ou du moins ce qu'il en restait, des guerriers. Elle ne trouva que des broutilles, les guerriers portant visiblement le stricte minimum. Quelques rations de nourriture qui donnait plutôt envie de sucer des cailloux que de les goûter. La hache qu'elle ramassa était équilibré et de bonne facture. Un ajout de poids dans son arsenal malgré un visuel bien différent de ce qu'elle portait habituellement.

La pause dura près d'une heure et chacun put reprendre son souffle avant que Freida, dissimulant son visage sous son épais capuchon de fourrure, ne donne le signal pour reprendre la route. En passant près de Cromax et Lysis, Andreï offrit un sourire presque chaleureux à cette dernière.

- Merci, mes vieux os avaient bien besoin de chaleur.

Puis il rendit le marteau à Ezak, visiblement soulagé de ne plus avoir à le toucher. Il frotta ses mains pourtant couvertes de gants.

- Je ne peux que vous conseiller de ne pas le conserver, de faire fondre ou de le jeter. C'est un marteau enchanté créé pour son porteur, l'utiliser vous blessera aussi sûrement que s'il était couvert de pics acérés. Les runes qui y sont incrustées servent à invoquer la magie de glace, mais la forme exacte m'échappe. Soyez prudent, c'est tout ce que je peux ajouter.

Le groupe reprit sa marche, pataugeant quelques instants dans l'eau glacée qui s'était formée suite au mur e flamme de Lysis. Derrière, le sol était couvert d'empreinte de loups. Les chevaucheur avaient été à deux doigts de les attaquer. Leur fuite sembla intriguer Freida qui examina les traces quelques instants avant de poursuivre, visiblement pas plus avancée. Le trajet reprit, mais à un rythme moins soutenu. Andreï était fatigué, mais même Freida semblait peiner davantage qu'avant.

Au détour d'un rocher, le groupe tomba alors nez à nez avec l'immense chouette qui, jusque là, n'avait fait que les survoler. Ses yeux dorés observèrent le groupe et elle hulula puissamment avant de prendre son envol, comme pour enjoindre le groupe à avancer. Chacun put entendre Andreï et Freida pester chacun à leur façon face à l'impertinent volatile qui se mit à faire des allers retours au dessus d'eux. Silencieusement, heureusement.

Le reste de la journée se passa sans incident notable et la nuit commença une fois de plus à tomber rapidement. Le groupe n'avait plus qu'à s'installer pour passer une nuit au milieu de la passe. Tous purent voir la chouette se percher au dessus d'eux, sur une petite corniche. Ne restait plus qu'à espérer que personne ne viendrait attaquer le groupe cette nuit.

***

Petit consigne: Vous devez me dire précisément qui monte la garde et dans quel ordre. Andreï et Freida sont tout bonnement trop épuisés pour le faire. Hereld peut se porter volontaire, après sa méditation. Voyez ça entre vous. Les blessures bénignes disparaîtront après une nuit de sommeil, comme d'ordinaire.
Apartés possibles, bien entendu.


Récapitulatif des bobos et actions:

Faëlis : Indemne
Sibelle : Blessure bénigne au flanc gauche. 0,5 xp discussion avec Andreï. Tu récupères une Hache Fenris (Arme à une mains, Bonne qualité)
Cromax : Soigné et fringuant. 1xp : situation avec Ezak et Arkalan. 0,5 xp discussion avec les académiciens, 0,5 xp discussion avec Freida, 0,5 xp discussion avec Ezak
Ezak : Blessure bénigne à la tête. Tu obtiens le Marteau Brise-Glace (Arme de mêlée à deux mains, Bonne qualité) Possède un pouvoir caché sur la glace. Lorsqu'en main, inflige un rang de blessure aux mains tous les deux tours. 1 xp situation avec Cromax et Arkalan. 0,5 xp discussion avec les académiciens, 0,5 xp discussion avec Freida, 0,5 xp discussion avec Cromax
Madoka : blessure bénigne à l’épaule droite. Tu récupères une Hache Fenris (Arme à une mains, Bonne qualité), ainsi que quelques rations peu appétissantes.
Arkalan : blessure bénigne au dos. 1xp : situation avec Cromax et Arkalan, 0,5 xp fouille

PNJ :
Lysis : indemne
Hereld : blessure légère au torse
Adreï : Blessure légère au bras
Freida : Blessure légère au torse
Image

Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Faëlis
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Faëlis » mer. 2 nov. 2022 20:13

L'homme repointa du doigt la chouette qui était toujours dans les parages. Quoi, il pensait faire croire que Dan était une chouette ? Ou alors qu'il pouvait se transformer ? L'elfe blanc épuisé et un peu agacé, haussa les épaules et s'écarta pour chercher un endroit où se reposer. Il vit Ezak qui, après s'être copieusement énervé contre Cromax et Arkalan, était allé s'installer un peu plus loin. Sibelle était en train de s'éloigner, aussi, alors que le guerrier commençait à monter sa tente, Faëlis vint l'aider, se disant qu'un bon geste ne serait pas de trop en ce moment.

« Voilà une journée que je qualifierai de mouvementée... » entama-t-il sans trop se mouiller.

Il semblait plutôt enclin à parler, en plus d'être d'accord sur l'analyse de la situation. L'elfe se permis donc de pousser :

« Si je puis me permettre, je suis curieux : quel était donc ce défis que vous souhaitiez poser à cette... chose. »

Pour lui, il n'y avait pas de doute qu'il s'agissait de Yuïa-Turë, comme le disaient les savants. Il poursuivit :

« Je voulais le défier de me tuer en une seule et unique attaque. Si je survivais il répondait à nos questions. Disons que j'ai la faculté de pouvoir me changer en ombre et pendant ce laps de temps rien ne peut avoir de prise sur moi. »

Faëlis haussa un sourcil :

« Intéressant ! Le plan est audacieux. Dommage qu'il ait échoué... mais honnêtement, il n'est pas impossible qu'un être aussi arrogant n'ait pas tenu parole. Mais au moins, qu'il ait répondu ou non nous aurait appris quelque chose sur lui... »

« Vous êtes la troisième personne à me le dire. Je vais finir par le croire. Cependant on ne peut pas savoir si on n'essaye pas. Je n'ai pas peur de prendre des risques. C'est peut-être un défaut, peut-être une qualité. Tout parait un peu... désenchantée quand la peur n'a pas d'effet sur nous. Même l'idée de la mort »

« Hum hum... est-ce que vous n'avez pas peur pour vous ? Ou que vous pensez que personne n'a peur pour vous ? »

Faëlis sursauta, réalisant qu'il avait formulé sa question à voix haute sa propre question d'analyse :

« Excusez-moi, vous n'êtes pas obligé de répondre ! » rit-il d'un ton d'excuse.

Il répondit néanmoins, expliquant qu'il avait foi en sa puissante armure et aucun proche encore présent ou en vie pour craindre pour lui.

« Alors je comprends... même si c'est regrettable. Prenez garde néanmoins. Je n'ai guère pu vous aider dans ce combat, la faute à mon impréparation, je l'admet et m'en excuse. Mais si d'autres rudes batailles survenaient, si je venait à être tué comme cela à failli arriver, je ne pourrais définitivement plus vous protéger. Et cela me peinerait... et quoique vous en pensiez, je pense que d'autres survivants de Kochi seraient peinés d'apprendre votre mort. »

Il le remercia et assura faire attention, avant de s'excuser pour sa conduite auprès de shaakt et son manque de retenu.

« Vous êtes manifestement quelqu'un de raisonnable, contrairement à lui ! Espérons qu'il sera plus prudent à l'avenir. Et espérons que comme nous, il aura appris quelque chose de cette rencontre. Cette mission est manifestement plus dangereuse qu'on pouvait le soupçonner. Nous devrons nous serrez les coudes pour survivre et vaincre ! »


Il n'avait pas toujours été ainsi, assura-t-il, mais il s'efforçait de s'améliorer. En outre, il tentait d'être digne d'une certaine dame, et à cela, Faëlis arbora aussitôt son sourire de courtisan venant de tomber sur un ragot juteux :

« Oh ! Ne serais-ce point la princesse Kendrane que vous défendiez si ardemment ? »

« Qui d'autre ? A part elle, personne ne mériterait de tels égards de ma part. »

Faëlis tapa dans ses mains :

« Parfait ! Voila une motivation pour survivre ! Tu vois quand tu cherches un peu ! »

Il était bien d'accord, et il n'avait pas oublié que l'elfe blanc avait promis de revenir à la cours. Il avait hâte de pouvoir l'insulter à nouveau !

« Je tâcherais de vous donner ce plaisir aussi tôt que possible ! J'ai cru comprendre d'une discussion avec Cromax qu'il ne fallait point espérer d'autre méthode, donc je ne pourrais point partager cette tente que j'ai participé à monter ! »

Il lança un clin d’œil coquin.

« Je vais donc devoir aller m'occuper de la mienne ! En attendant, méfions nous des autres chacal. Il n'y en a pas que dans les cours royal, et je crains qu'il y ait beaucoup de choses qui nous échappes... »

Sur ce, ils se saluèrent et l'elfe partit s'occuper de sa tente. Il commençait tout juste à monter les piquets quand Cromax vint le trouver pour lui proposer un coup de main, tout en s'assurant qu'il allait bien après cette rencontre avec « monsieur duglaçon ». Avec une pointe d'humeur, Faëlis répondit :

« Un peu éprouvé, oui... Surtout après qu'un certain monsieur Dusangchaud ait manqué de tous nous faire tuer. »

Les mots étaient lâchés sans violence, mais avec fermeté. Une réaction qui sembla l'agacer, alors qu'il se remettait à insulter l'entité qualifiée d'orgueilleuse, répétant qu'elle n'aurait pas du menacer Freida. L'elfe blanc haussa la voix :

« Serais-tu en train de prétendre que je n'avais pas de problème avec sa proposition ? Que quelqu'un dans le groupe aurait voulu y accéder ? Je pensais que tu avais une meilleure opinion de moi. »

Comme prévu, la réponse le perturba, il continua donc :

« Alors pourquoi faire cavalier seul ? Pourquoi mettre tout le groupe en danger pour ce qui ne risquait pas d'arriver ? Nous aurions pu gérer cette situation avec plus de doigté. C'est ce qu'Ezak et moi avons tenté, mais toi et Arkalan avez ruiné le peu de chance que nous avions de trouver des informations pour mettre ce monstre dans l'incapacité de prendre des vies. Si nous voulons une chance de nous sortir de ce guêpier, il va falloir mettre de côté les coup de sang individuels pour avancer. »

Puis, d'une voix serrée, il conclut :

« J'ai vu la mort de très près... tout le monde n'est pas au porte de l'immortalité divine comme toi, tu sais ? Tout le monde ne peut pas se permettre ces libertés que tu t'accordes. »

Finalement, la technique de Faëlis porta ses fruits, et il se décida enfin à présenter quelques excuses, arguant qu'il avait juste eu un coup de colère. Son action n'avait rien à voir avec celle d'Arkalan, ce qui était assez vrai. Pour le reste, il doutait qu'il soit possible d'obtenir des informations de ce monstre.

« J'imagine que nous ne saurons jamais ce qui aurait pu être... Il ne nous reste qu'à continuer avec ce qu'on a... Tiens tends-moi cette toile. »

Avec un soupir, l'elfe blanc se calma. Ses mains tremblaient légèrement, et pas que de froid :

« Tu as peut-être raison. Mais la prochaine fois, j'espère qu'on pourra profiter de cette chose prétentieuse plutôt que la braquer contre nous. Je ne me suis pas senti aussi impuissant depuis que j'ai fait face aux nécromanciens d'Oaxaca... »

Cromax doutait toujours de pouvoir obtenir quoique ce soit de cette créature, et pour être franc, ses doutes devenaient contagieux...

« Oui, la prudence est de mise. Mais les êtres les plus puissants et orgueilleux sont parfois les plus à même de laisser échapper un secret par pur prétention. Nous verrons bien... »

Le dernier piquet était planté et l'elfe blanc se frotta les mains :

« Bon, une bonne chose de faite ! Espérons que nous trouverons assez vite maître Dan, et qu'il aura des informations pour nous. J'en ai marre de naviguer à l'aveugle dans le blizzard. Vivement que je rentre conter fleurette à Kendra Kâr ! J'y suis plus doué qu'à démêler les manigances mystiques des esprits ancestraux ! »

Il s'étira avec son habituelle expression qui signifiait... ses habituelles arrières-pensées. Il lui demandait s'il était vraiment voué à Yuia, ayant entendu ce qui s'était dit pendant l'affrontement. C'est avec une conviction franche et nette qu'il répondit :

« Oui, je l'ai rencontré à Nyr, en même temps que Gaïa. Maintenant que je l'ai vu, ma quête pour trouver la beauté ultime est achevée. Je vais maintenant devoir trouver un moyen d'en restituer une bribe à ce monde pour le rendre meilleur... »

Faëlis rentra dans la tente en marmonnant :

« Par contre, sa glace m'ennuie un peu. Il va faire froid à dormir seul, tu ne crois pas ? »

« Tu me rappelles quelqu'un... Lillith, ça te dit quelque chose ? »

Puis, il se glissa contre lui, en ajoutant :

« Oh, tu sais qu'avec ou sans Lysis, je peux tenir chaud. »

L'elfe retira ses bottes pour apaiser ses pieds déjà un peu bleus. L'air de ne rien remarquer, il répondit :

« Jamais entendu parler, non. Mais ça tombe bien, j'ai besoin d'un petit massage des pieds, si tu veux t'en charger en t'expliquant... »

En réponse, il prit l'apparence d'un ynorien musclé, plutôt séduisant malgré son visage glacial, qui n'était pas sans rappeler l'allure de Yuia, en effet. Il prit les pieds de l'elfe tout en expliquant :

« Lillith était un cryomancien. Il s'était promis de congeler chaque espèce vivante, animal ou végétal, de ce monde pour en préserver la beauté indéfiniment. Il y avait une certaine poésie, à cela...  »

« En effet, c'est une bien belle idée. Hélas, j'ai bien peur de ne pas avoir ce talent... Qu'est-il devenu ? »

Tout en le massant distraitement, il expliqua avoir été très lié à cet homme qui a disparu du jour au lendemain. Il espérait un peu le retrouver au cours de ce voyage.

« Alors je te le souhaite. Il avait l'air aussi beau par son âme que par son corps...Aïe ! »

Mimant un spasme de douleur exagéré, il fit jaillir ses jambes pour les enrouler autour du faux ynorien et le bloquer, l'attirant contre lui avant de susurrer :

« Hé bien, le massage ce n'est pas ta spécialité... Et en plus tu le fais en parlant de tes amants... quel manque d'attention ! »

Un sourire quelque peu pervers s'afficha sur son visage :

« Mais je suis sûr que tu peux te faire pardonner... et que je peux te faire oublier tes tristes pensées. »

Sans attendre, il se glissa au plus près pour caresser les parties intimes qui étaient si opportunément proches de lui. Il ne fallut guère de temps pour que l'elfe blanc soit pleinement réchauffé. Puis, il se retira et Faëlis put tranquillement méditer sur cette sinistre journée. Il doutait, hélas, que les jours suivants soient plus reposants...
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Ezak
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Ezak » jeu. 3 nov. 2022 23:34

Vers la fin de la pause, Andreï me remit le marteau. Il contenait selon lui un pouvoir magique de glace mais ne pouvait me renseigner sur la manière de l’utiliser. Il conseillait vivement de le jeter ou de le faire fondre car le manier ne ferait que me blesser selon lui ayant été enchanté uniquement pour son précédent porteur. Je le remerciai, un peu déçu. Je comptais effectivement le faire fondre pour en récupérer le métal, en attendant de peut-être trouver une solution pour exploiter son pouvoir. Sans l’aide d’un Phalange, cela me semblait difficile.

Nous reprîmes donc notre route. Je me plaçai comme à mon habitude juste derrière Freida qui en tant que guide prit de nouveau la tête de l’expédition. Me contentant de suivre je réfléchissais au problème Arkalan et je pris la décision de l’ignorer complètement. Je ne pouvais le gérer, alors soit qu’il fasse ce qu’il voulait ! Pour moi, il était mort. Je regrettais d’avoir perdu mes nerfs à cause de lui, c’était indigne de moi. Je ne pouvais pas décemment prétendre représenter Couronne et avoir ce genre d’attitude. Je devais apprendre à me contrôler, utiliser ma colère comme un moteur, la distillé, et non la laisser s’échapper telle une gerbe incontrôlable. Tout ceci me desservait. Il fallait dire que j’avais passé ces dernières années à survivre à Omyre n adoptant ses règles , c’est-à-dire à utiliser la loi de plus fort pour se faire respecter. Là-bas canaliser sa colère était inutile, bien au contraire. Je devais agir comme un être civilisé, un courtisan. Je n’étais pas un sauvage.

Pendant la route je pris la décision d’aller m’excuser auprès de tous, perturbé par ce que m’avait révélé Cromax. J’étais vexé que certains puissent prétendre se méfier de moi, vexé aussi que certains ne m'aient pas fait confiance. J’allais donc montrer pattes blanches et m’ouvrir plus aux autres. Je considérais que cela faisait parti de mon épreuve personnelle pour être plus digne de la confiance qu’avait en moi Satina.

Hors mes pérégrinations intérieures il n’y eut rien de notable lors du reste du voyage. À part peut-être ce moment où au détour d’un rocher j’entendis Freida jurer, à raison. L’énorme chouette virevoltait devant nous avant de s’en aller au dessus de nous comme à son habitude. Nos vieux amis ne nous lâchaient décidément pas mais ce que je trouvais plus étrange c’était de l’avoir vu accompagner ce Dan. Si mes théories se tenaient toujours cela avait quelque chose de perturbant. Peut-être un point que je pouvais tenter d’élucider plus tard.

Lorsque la nuit surgît, nous nous arrêtâmes pour monter le campement. Je me mis donc en marche pour faire ce que je m’étais promis, m’excuser auprès de tous. La première personne que je croisai fut Sibelle. Je ne sus pas vraiment comment l’aborder, un peu gêné que j’étais. Ce n’était pas facile pour moi, j’avais ma fierté et y aller franco était difficile. Alors je l’abordai sous un faux pretexte. Elle analysait une hache qu’elle avait subtilisé à un Phalange, je l’abordai à ce sujet.

« Il y a quelque chose de particulier à noter sur cette arme, comme sur le marteau ? » Dis-je en montrant le marteau accroché à mon paquetage.

Elle affirma qu’il n’y avait rien de particulier à noter. Une bonne arme selon elle, mais dont elle finirait sans doute par se débarrasser, ayant mieux à sa disposition.

« Au moins vous pouvez la manier. Le marteau que j’ai est… inutilisable. Le manche est tellement froid qu’il rend impossible une prise trop longue. Je ne sais quel art de la forge maîtrise ces Phalanges, mais il est efficace. Je les soupçonne de ne pas avoir obtenus cela seuls. Des marteaux capables de faire apparaître des golems de glaces et des résidus d’esprits millénaires… Je n’ai jamais vu ça auparavant. »

Elle affirma avoir questionné Andreï à propos des armes des Phalanges mais que celui-çi ne voulut pas lui répondre. J’étais étonné, il avait plutôt essayé de trouver des réponses et d’être ouvert envers moi. Elle affirma en outre que Dan et lui ne semblaient pas être en bons termes, parlant même d’animosité.

Je levai un sourcil. « Vous lui avez fait quelque chose ? Il m’a au moins apporté quelques réponses. »

Je me tournai légèrement pour que Sibelle puisse regarder le marteau. « C’est un marteau fait en métal d’Helcéa. Il semble avoir été enchanté de runes en rapport avec la magie de glace et de façon à ce que seul son possesseur originel puisse l’utiliser. Ça pourrait être dangereux pour moi si je venais à tenter de le manier. »

Elle affirma n’avoir rien fait au vieux, elle mettait ça sur le compte de la fatigue. Sans doute ne pouvait-elle imaginer qu’elle pouvait être la raison de cette mauvaise humeur. Sibelle était loin d’être l’une des personnalités les plus agréables du groupe. Je fis mine de réfléchir même si j’avais ma petite idée sur la question, mais bon je n’allais pas la froisser. J’étais là pour faire la paix, pas pour invectiver le monde.

« Hmmm… Étrange... Je le trouve moi plutôt facile à vivre malgré la première impression qu’il renvoie. J’imagine que s’est tissé entre nous une connivence d’humain. Ce n’est malheureusement pas le cas avec tous ici… » dis-je en sous-entendant ma relation avec Arkalan.

Elle affirma l’avoir remarqué. Je fis une grimace cherchant mes mots avant de les prononcer : « Je vous dois des excuses. »

Elle affirma qu’aucune excuse était nécessaire et se sentit obligé d’affirmer que les disputes étaient néfastes aux groupes ! Que dans ces conditions difficiles il fallait que nous nous soutenions etc…. ec... Barbante... Vous-avez dit barbante ? Elle changea heureusement de sujet mais pour me demander quel était la nature du défi que j’avais voulu proposer à l’esprit de glace.

« Non ces excuses sont nécessaires. Et non, honnêtement, je n’ai pas besoin de ce Shaakt qui met nos vies en danger sans en éprouver de remords. C’est une épine dans le pied, fait pour travailler en solitaire pas en groupe. Dorénavant, je l’ignorerai. Il n’existe déjà plus pour moi. Cependant je ne veux pas lui ressembler et faire comme si mes actes n’avaient aucune conséquences sur les autres. Je dois savoir reconnaître mes erreurs quand j’en fais et c’est la seule chose qui me permettra de devenir meilleur demain. C’est pourquoi je tiens à vous faire ces excuses.. »

Et j’enchainai sur la deuxième partie de sa question.

« Concernant Yuïa-Turé je voulais le défier en lui proposant de me tuer en une seule attaque. Disons que durant quelques secondes j’ai la faculté de me rendre intangible et rien ne peut avoir prise sur moi durant ce cours instant. Un joker que je n’utilise qu’en dernier recours généralement. »


Elle me révéla avoir été la co-équipière d’Arkalan par le passé, avoir même été en conflit avec lui mais s’était juré que ce conflit n’entacherait pas cette mission. Elle accepta néanmoins mes excuses, avant de commenter mon idée pour le défi. Rusé selon elle mais risqué, elle mettait en doute le respect de la parole donnée de l’être de glace.

Je grimaçai, me retenant de parler d’Arkalan. J’en avais aucune envie.

« Vous êtes pas la première à me le dire concernant l’être de glace. Peut-être que je serais mort bêtement, mais il me fallait essayer. » dis-je sans m’en émouvoir avant de reprendre sur le ton de la blague.

« Et puis honnêtement, rien que de voir son expression se défaire, d’avoir été battu par un mortel parasite comme il aime nous appeler, m’aurait permis de mourir en paix et satisfait. » affirmai-je avec un sourire pour faire un d'esbrouffe.

Sibelle ne sembla pas détecté la légèreté de mon ton et ne fis même pas l’effort social d’y sourire Au contraire elle fronça les sourcils me demandant si il était encore nécessaire de se vouvoyer. Par la barbe de Neran Premier que cette femme était antipathique !
Bien éduqué, contrairement à elle, et tentant de faire des efforts j’eus tout de même un sourire avant de décliner son offre.

"Chez-moi, vous vouvoyer signifie que je vous respecte. Arkalan par exemple n'a plus droit à cet égard car les scélérats je les tutoie. Ça ne me dérange aucunement si vous voulez me tutoyer, mais moi, si ça ne vous dérange pas, je continuerai à vous vouvoyer. Et qui sait ? Peut-être qu'un jour je me sentirai assez proche de vous pour ne plus être obligé d'utiliser cette marque de respect envers vous."

J’inclinai légèrement la tête, respectueux.

"Je le souhaite."

Elle m’expliqua ensuite préférer me vouvoyer si effectivement je le faisais envers elle. Elle m’expliqua que pour elle le vouvoiement était réservé aux gens qu’elle connaissait peu que ce n’était pas une marque de respect mais une mise à distance.
J’hochai de la tête.

"Je comprends. Dans mes rapports avec Cromax il me tutoie et moi je le vouvoie. Je n'y vois aucun inconvénient et je pense que je peux dire que je commence à bien m'entendre avec lui, alors que c'était mal parti. Il voulait que je le tutoie au début, ce que j'ai fait, mais je crois que les choses sont aller un peu vite en besogne...Hum… Voila pourquoi je préfère faire selon ma méthode. J'ai été élevé comme ça. Je n'ai par exemple jamais tutoyé mon père, il m'a toujours été impensable de le faire. C'est comme cela que nous faisons, c'est comme cela que nous sommes éduqués, c'est l'éducation que ma donné mon père déchu. C'est notre coutume..."

Faisant tout de même un pas je posai une main amicale sur son épaule.

"Laissez-moi le temps. Je ne doute pas qu'après avoir partagé cette aventure et quand nous serons comme des frères et soeurs-d'armes, je me sentirai prêt à faire selon votre coutume à vous." Affirmai-je dans un sourire.

Elle tressailla à mon contact, amorçant un geste pour sortir son arme mais se retînt au dernier moment. Je plissai un instant les yeux devant cette réaction inhabituelle et inconvenante.

"Désolée, réflexe de guerrière."

(Réflexe de sauvage, oui !)

J’en avais connus des guerriers et des guerrières, j’en était moi-même un et aucun d’entre eux ne tressaillaient au moindre contact. C’était quel genre de guerrier ça ? Comment pouvait-on être si asocial ? En même temps je pouvais peut-être m’attendre à ce genre de choses de quelqu’un passant la moitié de sa vie dans un corps d’animal. Pauvre fille… Ce n’était probablement pas sa faute.

Elle affirma me laisser le temps nécessaire, se confia sur le fait qu’elle n’était pas habitué à la noblesse et qu’elle n’y accordait aucune importance. Et puis elle annonça de but en blanc être colérique et que si l’injustice et ses valeurs étaient bafouées elle interviendrait. Que c’est ce qui s’était passé entre elle et Arkalan.

(D’ac - cord… )

Je devais avouer ne pas comprendre où elle voulait en venir. Pourquoi elle passait ainsi du coq à l’âne, en plein milieu de sa parole. Cette femme était vraiment bizarre. Je comprenais pourquoi Andrei l’avait rabroué. Il fallait faire un effort surhumain pour suivre le fil de la conversation avec elle. J'aurais été plus fatigué que j'en en aurai pas eu la force.

Je l’observai un instant plutôt long, essayant de comprendre le mystère Sibelle mais j’abandonnai rapidement et rebondit sur ses dernières paroles.

« C’est aussi ce qui s’est passé entre Arkalan et moi…mais… ce n’est plus mon problème, mais le votre, vous les autres impulsifs et colériques du groupe… » Affirmai-je avec dérision.

« Je n’aime pas qu’on prétende que je suis un problème pour un collectif quand tout ce que j’essaye de faire est de prendre soin de lui, même maladroitement . Alors pour que ceci n’arrive plus je vous laisse désormais régler ça. »

Elle repartit dans ses travers, partant dans tous les sens. Elle enfonça de nouveau les portes ouvertes affirmant que l’important était de former une équipe, qu’il fallait protéger Freida car sans elle nous étions perdu, et enfin qu’elle avait l’impression que Dan nous suivait depuis longtemps par l’intermédiaire de sa chouette. Tout ça en deux petites phrases, sans transitions. Fatiguée la Sibelle… Fatigante aussi. J’essayai de répondre tant bien que mal à ses pensées confuses.

« Sibelle je fais de mon mieux pour travailler en équipe et nous serrer les coudes. Quand l’autre shaakt tire une flèche alors que j’essaye de trouver une solution c’est ma vie, celle de Cromax et celle de Faëlis en première ligne qu’il a mis en danger. Si Dan n’était pas intervenu Faëlis serait mort. C’est pour ça que j’ai explosé. Je peux faire équipe avec des gens qui le veulent, pas avec des individus pour qui la vie et l’avis des autres n’a aucune importance.»

Puis « Pour Freida je fais de mon mieux également. J’essaye de rappeler quand c’est nécessaire à quel point elle est aussi importante que nos amis académiciens. Certains ont tendance à parfois oublier qu’elle est la seule capable de nous guider dans cet environnement hostile. J’essaye de le lui faire comprendre à elle aussi, même si elle prétend que j’exagère… Je mets ça sur le compte d’une certaine humilité naturelle chez elle. »

Je réfléchis un instant. « Je ne sais vraiment pas quoi penser à propos de ce Dan. J’aimerai le rencontrer pour pouvoir me faire un avis mais un allié d’une telle puissance est assurément un atout. »

Elle affirma ne pas être de mon avis et que tous ici avaient conscience de l’importance de Freida.

Je levai les épaules :

« Vous croyez… Pourtant les faits sont têtus. Lorsque l’esprit de glace est apparu Cromax nous a bien demandé à tous de reculer pour protéger les académiciens coûte que coûte et j’ai du rappelé qu’il fallait aussi protéger Freida. C’était il y a encore quelques heures. À ce moment tous n’avaient pas conscience de l’importance de Freida. »
dis-je calmement sans rancœur envers quiconque, sans même mentionner l’épisode ou Madoka me proposa de dormir près des académiciens pour les protéger, sans qu’elle pense à mettre Freida parmi ces personnalités importantes à protéger.

Sibelle par esprit de contradiction, plus que par réflexion, affirma que ce n’était pas parce que certains verbalisaient pas qu’ils n’avaient pas conscience de son importance. Alors qu’il ne s’agissait pas ici de verbalisation mais d’action, mais bref, ça semblait lui faire plaisir de me contredire sans raisons alors je ne renchérît pas. Elle avait l’air d’aimer ça, la contradiction. Elle affirma même - et ça c’était tout de même curieux- que vu que tous avaient pris sa défense face à l’esprit de glace ça signifiait que tous savaient qu’elle était importante. Je fus surpris, presque estomaqué par ce que cette réflexion impliquait. C'était quel genre d'argument ça ? Cela voulait dire quoi ? Que si nous trouvions l’un de nous pas très utile dans le groupe ce serait normal de pas prendre sa défense ?
Elle continua sur des propos un peu plus sensés en affirmant que Faelis était aussi en tant que guerisseur une des personnes importante du groupe. Et puis, elle revînt sur le cas Arkalan – Encore...-- disant qu’il n’avait pas fait pire que Cromax, que elle était persuadé que si ce dernier n’avait pas perdu son calme celui-ci n’aurait pas tiré. Avant d’enchainer sur d’autres banalités sur l’importance de se soutenir, en précisant bien entendu ne pas vouloir me faire la leçon.

Bien entendu ! Cette femme était l’esprit de contradiction incarné. Si Cromax avait certes attaqué verbalement un ennemi, Arkalan lui, avait décoché une flèche. Alors venir me dire que l'agresseur verbale avait fait pire que l'agresseur physique, c'était le monde l'envers. Heureusement depuis peu j’étais rôdé aux vieux cons de la noblesse qui veulent avoir raisons sur tout et je savais garder mon calme malgré des propos et des conversations qui parfois n’avaient d’autres buts que de tenter de dévaloriser l’autre. Petit…Vraiment petit… Je répondis donc calmement à ses avancées.

"Encore heureux que tous aient pris sa défense. J'ose espérer que que tous l'ont fait, non pas parce que elle essentielle, mais parce que ce groupe à un minimum de principe. J'aurais protégé même un infirme complètement inutile, nous ralentissant tel un fardeau et j'espère que c'est la cas de tous ici."

Je réfléchis a ces propos sur Arkalan avant de reprendre.

"Contrairement à vous qui êtes à peu près certaine qu'Arkalan n'aurait pas tiré si Cromax n'avais pas nuit à mes négociations, je ne peux pas présupposer des intentions de quiconque. C'est pourquoi je privilégie la discussion. Arkalan aurait pu me répondre quand je lui ai demandé pourquoi il l'avait fait. J'avais fait un geste envers lui, je me suis retrouvé face à un mur. Ce qui n'excuse en rien ma réaction. Ne croyez pas que Cromax n'a pas eu droit à mes reproches... Il a reconnu son erreur et s'est excusé. J'ai reconnu mes fautes également et me suis excusé auprès de lui, auprès de vous, et je compte le faire auprès de tous ici. Je ne demande même pas le quart de tout ça à Arkalan, juste des explications, que nous puissions avancer, nous ajuster, travailler en équipe. Je ne peux rien faire de plus Sibelle."


Et alors qu’elle avait engagée elle-même ces sujets sur Arkalan et la nécessité de faire équipe, plusieurs fois alors que je tentais tant bien que mal d’orienter la conversation ailleurs, elle me sortit une phrase « imparable. »

"Comme le j'ai dit, je ne cherche aucunement à défendre Arkalan... et je ne vous ai pas demandé d'en faire plus."

Allez j'en avais ma claque. Cette femme était FOR-MI-DABLE. Un cas d’école ! La mauvaise foi incarnée je vous présente Sibelle. Bon seigneur, je lui répondit amicalement. Je ne voulais pas risquer de la froisser, ayant eu mon lot de conflits pour aujourd’hui. Et puis elle n’était pas méchante, juste un peu perturbée, mais je faisais sûrement là un euphémisme…

" Je ne prétend pas le contraire, je vous fait juste part de mes sentiments."

J’eus un sourire.

"Discuter, c'est ma manière à moi d'établir du lien. Désolé de vous importuner." Conclus-je pour mettre fin à cette conversation qui n’avait que trop duré, et signifier tout de même un peu, qu'elle était désagréable.

Elle affirma que je ne l’avais pas importunée et confia ne pas être habile pour créer du lien. Quelle surprise ! Je n’avais pas remarqué tant j’étais complètement scié par son éloquence et son aisance sociale. J’eus un long soupire soulagé d’être arrivé au bout de cette conversation. Je faisais contre mauvais fortune bon cœur, après tout…

"Personne n'est parfait... Je suis moi même bourré de défauts. Impulsif, colérique enfin... Vous connaissez la chanson je crois..." Dis-je après un clin d’œil entendu.

" Que votre nuit soit agréable." Conclus-je en m’éloignant.

Elle me renvoya la politesse alors que je m’éloignais.

Par la Couronne, je me sentais aussi lessivé après cette discussion avec Sibelle qu’ après celles que j’étais obligés de subir avec certains courtisans ou membres de la noblesse. Gentille fille, mais elle manquait fortement de constance en ce qui s’agissait de tenir une conversation. Cromax n'avai pas interêt de revenir sous-entendre que je ne faisais pas d'éffor avec certains. Pas après ça.

Je m’éloignai commençant à monter ma tente le plus proche possible des académiciens et notre guide, au cas où je devais vite me rendre auprès de l’un ou de l’autre. C’est le moment que Faëlis choisit pour venir vers moi, m’aidant de lui-même dans le montage de la tente, tout en qualifiant la journée de mouvementée. Je le remercia d’un signe de tête son aide bienvenue avant de répondre.

"Je vous le fait pas dire... Je suis plutôt un homme d'action mais je me serais volontiers passé de certains évènements."

Curieux, il me demanda quel était le défi que je voulais proposé à Yuïa-Türe. Décidément, j’avais fait sensation avec cette proposition. Ils voulaient tous savoir.

" N'ayez pas peur de mettre un nom dessus. Cette chose était un avatar de Yuïa-Türe lui-même. C'est l'hypothèse des académiciens."

Puis :

"Je voulais le défier de me tuer en une seule et unique attaque. Si je survivais il répondait à nos questions. Disons que j'ai la faculté de pouvoir me changer en ombre et pendant ce laps de temps rien ne peut avoir de prise sur moi."

Il trouvait l’idée audacieuse, en estimant tout de même qu’il était pas impossible qu’un tel être ne tienne parole.
Je soupirai longuement :

"Vous êtes la troisième personne à me le dire alors e vais finir par le croire. Cependant on ne peut pas savoir si on n'essaye pas. Je n'ai pas peur de prendre des risques. C'est peut-être un défaut, peut-être une qualité. Tout parait un peu... désenchantée quand la peur n'a pas d'effet sur nous. Même l'idée de la mort." Me confiai-je.

Il me demanda si je n’avais peur pour moi ou si je pensais que personne n’avait peur pour moi avant de s’excuser, me précisant que je n’étais pas obligé de répondre en riant, gêné probablement d’avoir osé. La question était intéressante et me poussa à une introspection.

"Peur pour moi ? Actuellement non. L'armure que je porte sur les épaules, je l'ai gagné face à un ennemi puissant et elle me garde de toute crainte. Seule Oaxaca à pu passer outre ce pouvoir jusqu'à maintenant. Et pour répondre à votre autre question… Non, honnêtement je vois pas qui aurait peur pour moi. Ceux qui tenaient à moi intimement sont morts, ou disparus, ou ne font plus partie de ma vie"
dis-je amer.

La question eut le don de me plonger sous une vague de tristesse, me contraignant à faire face à la dure réalité. Ma vie sociale était miséreuse, entouré de nobles que je détestais pour la plupart et qui se servaient de mon statut de héros pour se faire bien voir par les autres. J’avais ramené les noms des d’Arkasse à sa place après son exil d’une génération, j’étais un héros en mon pays certes, dans tout Nirtim même probablement. C’était tellement vrai que si je mourrai demain je reposerai probablement dans le Mausolée des Heros, mais est-ce que ceci était signe d’une vie bien remplie ? Je n’avais plus d’amis, de vrais, pas de famille. Putain… Pendant quelques secondes j’eus vraiment l’impression d’être le pire des ratés.

Faelis affirmait me comprendre. Il m’exhorta à faire attention à moi, et s’excusa même de ne pas avoir pu m’aider dans le combat. Il affirma ensuite que si il m’arriverai malheur cela le peinerait, et qu’il pensait que ça aurai été le cas pour d’autres survivants de la bataille de Kochii.

Je fus surpris pas ces propos et jetai un regard un peu ahuri à l’elfe. Je doutais de la réalité de ses affirmations, cette guerre avait plutôt été solitaire de mon côté. Enfin… Il y avait peut-être Azra qui, sans le dire, m’avait fait comprendre en me laissant un message gravé qu’il me considérait comme un ami. Ce qui au final ne changeait pas grand-chose à mon affirmation de départ puisqu’il faisait parti de ces amis…morts. Quoi qu’il en fut j’appréciai l’attention de l’elfe, et je ne m’attendis pas à ça de lui.
"Peut-être... Merci pour vos mots gentils en tout cas. N'ayez crainte, je ne suis pas non plus suicidaire. Téméraire peut-être." dis-je dans un sourire.

"Puisque vous vous excusez. J'en profite pour le faire aussi. J'ai offert un piètre spectacle face au shaakt, j'aurai dû savoir garder mes nerfs. Mais bien que je n'ai pas peur de mourir ça me rend un peu fou que l'on joue avec nos vies inutilement. "

Contre toute attente l’hinïon me jugea comme raisonnable contrairement au noir, et espérait de lui qu’il changerait à l’avenir.

Je retins malgré moi un éclat de rire que je dû étouffer dans mon épaisse fourrure soucieux de ne pas faire de bruit dans la Passe. C’est les larmes aux yeux que je relevai mon visage vers Faëlis.

"Pardon, mais c'est bien la première dois que quelqu'un me traite de raisonnable."

Je ris encore un peu, tout doucement, avant de me calmer.

"J'essaye de le devenir néanmoins. Il y a quelques années je n'aurais probablement même pas laissé au Shaakt la chance de s'expliquer. De même ça aurait été moi qui aurait provoqué Yuïa-Türe et pas Cromax, mais j'ai vécu longtemps avec un groupe, j'ai été à sa tête, j'en ai gardé les habitudes, alors je me sens un peu responsable de vous. J'ai envie de vous protéger. C'est pour ça que ce shaakt m'a fait vriller, peut-être que j'en fais un peu trop..."


Après un temps, plus sérieusement, avec une pointe de déception dans la voix :

"Et puis j'essaye de devenir digne de ma Seigneuresse, mais j'ai manifestement encore du chemin à faire."

L’elfe me demanda si je voulais parler de Satina. Quelle question !

"Qui d'autre ? A part elle, personne ne mériterait de tels égards de ma part."

Faëlis fit remarqué que c’était là un objectif suffisant pour me permettre d’être plus prudent à l’avenir et de faire plus attention à ma vie.
J'hochai de la tête un peu rasséréné par la discussion qui me remis en tête mon objectif premier.

"Oui, en effet... Nombreux sont les chacals qui l'entourent. Je dois vite revenir pour la protéger et pour ça revenir de cet terre damnée et recouverte de blanc, vivant."

Puis avec un sourire amical :

"Enfin, nous devons revenir. Je rappel que vous avez vous même promis de la servir à la cours. Je n’aimerais pas avoir à vous invectiver de nouveau." Dis-je en dérisionnant sur notre récent différent qui marqua le début de cette aventure.

Il affirma vouloir faire en sorte de me donner ce plaisir, ayant su par l’intermédiaire de Cromax que je ne pourrais accepter d’autres manières de le faire venant de sa part… Avant de me faire un clin d’œil suggestif. Décidément les usagers du Temple se ressemblaient tous.

Il m’enjoignis à être prudent car les chacals ne faisaient pas que courir les cours royales.

" Je vois que vous êtes aussi incorrigible que Cromax. N'ayez-crainte je garde l'œil ouvert. Enfin à moitié... Je compte bien me reposer cette nuit. Merci pour votre aide, et le plaisir de la discussion. »
dis-je sincèrement. Les discussions avec cet hinïon là étaient plus profonde et simple que celles avec l’autre… Je me sentis un peu mieux et d’humeur à en accomplir une autre.

C’est pourquoi, ma tente montée, je me dirigeai vers les académiciens.

"Messieurs… Tout d’abord j’aimerais m’excuser pour le spectacle que j’ai donné à voir tout à l’heure. Je n’aurais pas dû perdre mon calme face à ce scélérat. »

Andreï se reposait profondément et ne m’entendis pas mais Hereld bien éveillé fit un geste rassurant de la main.

- Ce n'est pas nous qu'il faut adresser vos excuses, messire. Essayez néanmoins de vous restreindre dans votre fureur, nous avons assez de problèmes sans ajouter des tensions au sein de ce groupe formé à la hâte.


Je m’asseyai à ses côtés. "Au contraire, nous formons un groupe. Je dois des excuses à tous, et ce soir c'est l'effort que je fais. Il n'y aura de toute façon plus de problème de mon côté, Arkalan n'existe plus à mes yeux. Je lâche prise, j'en ai marre. Il pourrait nous faire tomber le ciel sur la tête que je m'en laverai les mains."

Il m’observa un instant, l’air un peu ennuyé

- Vous semblez l'avoir pris en grippe très tôt. Très vite. Pourtant il n'est pas le seul à avoir fait des erreurs. Son ascendance vous gêne-t-elle ?

Encore cette histoire ! Mais c’était pas bientôt finit ? Et puis amener le sujet du racisme sur l’histoire. Bien sûr ! Très facile… Petit même…

Je soupirai longuement.

"Je n'ai jamais eu de problème avec vous que je sache."

Je regardai autour de nous, les aventuries affairés.

"On fait tous des erreurs. Cromax en a fait une terrible également et il n'est pas le seul. Cependant, quand j'en discute avec lui, il fait l'effort de m'écouter. Il sait les reconnaître. J'essaye d'apprendre à le faire aussi, et je suis loin d'avoir été parfait, c'est pourquoi je suis ici devant vous à présenter mes excuses. Ne croyez pas que c'est facile pour moi..."


Je retournai mon visage vers Ertiart.

"Le problème d'Arkalan c'est qu'il n'a pas l'air d'être capable de faire cet auto-critique. Et franchement ça me saoule ! Je ne peux pas travailler avec un mec qui en a rien a cirer de mettre ma vie en danger et de prendre en compte l'avis des autres. C'est au dessus de mes forces."


-Tout le monde n'est pas capable de se remettre en question. Particulièrement les elfes. Nous vivons si longtemps que voir un humain nous faire la morale revient à écouter un enfant tenter d'expliquer comment le monde tourne. Tous ne sont pas comme ça, mais ne soyez pas surpris outre-mesure.

Il marqua une pause pour boire à une gourde.

-Le Sieur Arkalan a sans doute une raison d'agir ainsi. Vous êtes vous posé la question ? J'ai connu une étudiante qui se battait constamment avec les autres étudiants mâles et j'ai appris qu'elle avait eu une enfance.. difficile avec son géniteur. Parfois il y a plus que ce qu'on l'on voit au premier abord. Je ne dis pas que c'est le cas ou que ça excuse tout, mais la compréhesion des choses fait partie de ma vocation et offre de nouvelles perpectives.

J'eus une drôle de tête préférant prendre à la rigolade ses hypothèses, plutôt que de me faire des nœuds au cerveau.

" Hé bien j'espère que je ne paye pas pour des Chevaliers ayant traumatisés le pauvre Arkalan dans son enfance. Il semble faire une fixette sur un titre qui pour lui, ne devrait pourtant pas avoir d'importances..." dis-je sous le sourire amusé d'Ertiart.

Je secouai la tête.

"Enfin laissons-là Arkalan. J'ai dit qu'à partir d'aujourd'hui je l'ignorerai, ce n'est pas pour épilogué des heures sur son cas. Il y en a un qui m’intéresse plus C'est celui de votre ami Dan. Il a fait une entrée remarquée. Il a toujours été aussi...volatile ?"

Il n'insista pas sur Arkalan, mais sourit, amusé.n. - Dan a toujours été un libre penseur, un solitaire et quelqu'un qui mène les choses comme il les pense juste. Il est difficile à cerner pour certains, mais il n'en reste pas moins un allié fidèle. Vous n'avez rien à craindre de lui, si jamais vous vous posiez la question.

Je répondis sincèrement : "Oh ce n'est pas la question que je me posais." Pas encore.

Je jetai un oeil à Sibelle.

"Sibelle prétend avoir distingué une certaine animosité d'Andreï à son encontre. Elle exagère ou c'est bien réel ?"

Hereld haussa un sourcil, puis son regard passa de SIbelle à Andreï.

- Andreï est quelqu'un de franc et d'un peu sec, voire bourru, mais je n'ai pas senti d'animosité particulière à l'encontre d'un seul des membres de ce groupe. Je pense qu'elle se fait des idées. Songez à lui demander directement, une fois qu'il sera reposé.

Je levai les yeux aux ciels après avoir jeté une nouvelle fois un regard à Sibelle.

"C'est bien ce que je pensais. Cette femme a tendance à avoir une lecture des faits qui me laisse songeur... Enfin elle n’est pas méchante. C’est Sibelle quoi…" dis-je, commençant à bien cibler le personnage.

" Vous vous souvenez si Dan était présent à l'Académie quand notre mystérieux elfe aux cicatrices sur le visage était venus vous rendre visite ?"
Hereld sourit - Les elfes et les humains ont une perception des choses bien différentes, ne vous en alarmez pas.

Il resta songeur un instant.

Difficile à dire, Dan est souvent seul à parcourir les étendues glacés et je ne tiens pas un registre précis de ses pérégrinations.


"Cela laisse supposer qu'il a sans doute une meilleure connaissance voire des rapports plus poussés avec les peuplades des environs qu'Andreï et vous, non ?"


- Oh, sans aucun doute. Il aura sûrement des réponses à des questions que nous nous posons tous.

J'hochai de la tête, songeur. "Cela me donne d'autant plus hâte de le rencontrer."

Puis en revenant à la réalité. "Et ôtez-moi d'un doute. Il n'a pas pour habitude d'avoir pour compagnon une chouette ?"

- Non, c'est une excentricité qui me laisse songeur. Enfin, qui des deux est le familier de l'autre reste encore à déterminer.

J'hochai de nouveau de la tête. "Je n'ai pas encore écarté mes hypothèses. Je pense toujours qu'ils sont nos "amis" que nous avons rencontrés dans le hameau au début de cette escapade. Jusqu'à maintenant j'ai plutôt eus du nez..."

Cela me semble peu probable. Dan est un fulguromancien et je n'en connais qu'une poignée capable de libérer une telle puissance. L'elfe rencontré au village ne semblait pas possédé cette magie.

Je secouai la tête, nous nous étions mal compris.

"Je ne parlai pas de Dan mais de la chouette. Elle ne semble pas nous quitter depuis le jour où nous avons mis le pied dans ce hameau. Enfin... Peut-être que je divague à essayer de trouver des réponses"

- Oh... Difficile à dire, je ne suis pas un spécialiste des volatiles, je dois bien l'avouer.

J’eus un sourire compatissant.

« Nous sommes deux. Allez j’ai assez abusé de votre temps. Bonne soirée. »

Complètement épuisé, je renonçai à aller voir Freida et Madoka pour finir de m’excuser auprès de tous. Humains tout comme moi, j’imaginais qu’elles devaient être dans le même état de fatigue avancée que moi. C’est donc au bord de de l’épuisement que je rentrai dans ma tente pour une m’endormir.

C’est une envie pressante me réveilla au beau milieu de la nuit. Prudent je sortis de la tente avec une épée, paré à toute éventualité. Alors que je m’éloignai, je remarquai une silhouette. C’était Arkalan, debout avec un arc en main, regardant ailleurs, comme alérté. Je m’arrêtai une seconde ou deux pour observer ce qu’il faisait, avant de reprendre ma route et ma soulager contre un arbre. Le shaakt alerté par le moindre bruit était de toute façon un spectacle asse récurrent pour que je ne m’en formalise pas plus. Mais cette fois, il y avait quelque chose de différent. Tourné vers moi, il me fit signe de faire silence avant de bander son arc dans une direction.

Malgré notre diffèrent, et la promesse que je mettais faite de l’ignorer, je ne pouvais que coopérer avec lui dans ce genre de moment, pour le bien de tous. Je l’interrogeai donc du regard et en réponse il me chuchotai avoir vu quelque chose.
Ayant finit ma commission, je sortis mon épée de son fourrai et me rapprochai prudemment d’Arkalan, pour regarder avec lui dans sa direction. Il faisait noir, très noir et j’étais incapable de distinguer ce que ses yeux pouvaient.


« Je ne vois rien. »

Je pus apercevoir son agacement sur son visage mais je ne m’en formalisai pas, ayant en tête les propos d’Herald. Sans doute le shaakt s’agaçait de ma condition d’humain. Quoi qu’il en fut il décocha sa flèche qui toucha une cible qui émit un petit couinement.

J’avançai donc dans le fond de la passe, épée en main pour découvrir un renard des neiges tué sur le coup. Je levai les yeux au ciel légèrement agacé à mon tour de m’être fait dérangé pour ça. Je saisis le corps de l’animal après avoir rangé mon épée et soucieux d’éviter tout conflit et de limiter nos rapports au maximum, je me gardai de faire tout commentaire. JE déposai la dépouille de l’animal devant lui et je continuai ma route vers ma tente en lui lançant un bref :

"Bon appétit..."

Il me répondit qu’il valait mieux ça qu’un loup avant de ramasser l’animal et de s’installer à côté du feu pour commencer à la vider.

J’haussai les épaules comprenant rapidement le sous-entendu. Il faisait référence au moment où je m’étais remplis la panse du sang de la monture chef Phalange.

« Ça se trouve…Je vous dirais ça le jour où j’aurais vidé un renard de son sang. » r
épliqu’ai-je pas d’humeur à me lancer dans une joute verbale.

Il me le déconseilla fortement, affirmant que je risquais de tomber malade. Ah ! Il avait peur aussi des maladies… Pourquoi ça ne m’éttonnait pas.

« Lors de la dernière grande guerre sur Nirtim, j’ai bu du sang de Garzok en quantité, et je n’en suis pas mort. Et si vous vous dites qu’ils sont plus sains qu’un renard en pleine nature c’est que vous ne les avez pas vu vivre à Omyre. Ils se bouffaient même entre eux… Ces sauvages ! Ils sont pires que des bêtes. »

Tout en dépeçant l’animal, il affirma que j’en mourrai peut-être plus tard. Que les maladies prenaient parfois du temps à faire sentir leurs effets.

« Soit. Je n’ai pas peur de mourir. Bien que ça m’enmerderait grandement de mourir à cause de peaux vertes. »
Dis-je en dans un rare moment de confidence.

J’hésitai un instant, voulant retourner à ma tente, mais je sentis que c’était peut-être le moment de faire un pas. Alors je fis quelque chose que je n’avais pas prévu de faire ce soir là, ni jamais d’ailleurs.

« Je suis désolé pour tout à l’heure. Vous m’avez fort irrité, mais je n’aurais pas dû m’en prendre physiquement à vous… »

Je sentis la shaakt hésiter à son tour avant d’expliquer son geste. Affirmant avoir tiré parce qu’il avait compris que l’être en face n’était pas là pour négocier. Il préférait prendre l’initiative, avant que l’ennemi le face. Il comprenait en tout cas mon énervement, car cela signifiait un manque de confiance envers moi. Enfin, il affirma qu’il avait enduré pire que mon coup de genoux râté, sans aucune provocation dans la voix. Ce n’était pas des excuses formelle, mais je compris que je devais le prendre ainsi, et je l’acceptai.

Je passai une main dans mes cheveux un peu gêné.

« J’ai une certaine malchance avec les coups de pieds pour redresser des récalcitrants. Je me sers mieux d’une arme… » dis-je sans provocation à mon tour en repenssant à un certain épisode du sauvetage du Roi..

« Je suis habitué au manque de confiance que voulez-vous que je vous dise….D’après le sindel certains se méfient de nous, et j’imagine que ce jour n’aura pas amélioré les choses. »

Il affirma n’en avoir rien à faire qu’il se méfiait de nous tous et il me confia qu’il aurait préférer faire ce voyage en solo, mais il reconnaissait qu’il serait probablement mort rapidement

"Il y a quelque chose ou quelqu'un envers qui vous n'avez pas de méfiance dans ce vaste monde ?"

A ma grande surprise il raconta avoir rencontrer un Aldryde un jour et qu’il aurait pu confier sa vie à ce dernier. Je levai un sourcil.

« Vous êtes décidément une personnalité surprenante. »

"On ne me le dit pas souvent."

Je baillai lourdement.

"Bon c'est pas tout mais nous les humains n'avons pas autant de résistance physique que vous autres elfes. Je vous laisse à votre renard."


Je repris ma route vers ma tente.

"Essayez de me faire un peu plus confiance dorénavant. J'essaierai d'être moins sujet à mon impulsivité. "

Je m'arrêtai pour me retourner une dernière fois.

"Je vous le promets même."

Et je retournai finir ma nuit. Heureux tout de même de partir sur de nouvelles bases avec Arkalan.

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Sibelle
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Sibelle » sam. 5 nov. 2022 02:49

Andreï ne semblait pas enthousiaste à répondre à mes questions, visiblement fatigué et apparemment occupé à examiner le marteau orné de runes, ce même marteau qui avait invoqué l’être de glace. Je n’étais sans doute pas la première à le questionner. Mais il répondit tout de même et je lui en fus reconnaissante. C’est ainsi que j’appris que mon adversaire avait invoqué la version Phalange de la déesse Yuia. Il ne pouvait m’en dire plus sur l’esprit, et il n’était pas certain de son identité. En ce qui concernait Dan, il me dit qu’il me serait plus facile d’attirer les nuages et les faire chanter que de faire entendre raison à Dan. Ce dernier semblait faire ce qui lui plaisait. Par le ton employé par le vieux mage, je me doutais qu’il y avait une certaine tension entre eux d’eux. Étant consciente de la fatigue qui l’assaillait, je ne le questionnai pas davantage et but une potion de soin afin de soulager les légères blessures qui me restaient.

Au bout d’une heure, nous reprîmes la route. Freida dissimulant son visage sous son épais capuchon de fourrure nous donna le signal de départ. Je n’allai pas la voir, car je n’aurais su quoi lui dire et j’aurais peut-être été maladroite, mais je la surveillais du coin de l’œil prête à venir à son secours ainsi qu’à tous ceux qui sentiraient des faiblesses un moment ou un autre. Je m’étais placée devant elle lorsque l’être de glace l’avait menacé afin de faire office de bouclier, et j’étais prête à refaire la même chose si l’occasion se présentait.

La marche reprit et les premières minutes furent moins agréables puisque nous devions patauger dans l’eau glacée. Je remarquai que Freida s’arrêta quelques instants pour examiner les traces de loup apparemment intriguée. Nous reprîmes la route et discrètement j’observais Freida et Andréï dont la fatigue semblait s’accumuler.

Nous vînmes tout juste de contourner un rocher que nous arrivâmes face à face avec la magnifique chouette. Après nous avoir observés, elle hulula fortement comme si elle nous recommandait de la suivre sans perdre de temps et reprit son vol. Freida et Andreï ne semblèrent pas enchantés qu’elle nous presse ainsi. Je les comprenais, et j’aurais respecté la décision de Freida si elle avait voulu arrêter. Mais je fus soulagé qu’elle poursuivre la route, malgré sa fatigue. Instinctivement, je faisais confiance à cette chouette.

Lorsque la nuit tomba, nous nous installâmes une fois de plus afin de nous préparer pour la nuit. Afin de donner une chance aux humains de se reposer, nous séparions une fois de plus les tours de garde entre elfes.

La chouette pour sa part s’installa sur une petite corniche au-dessus de nous. Alors que tous étaient occupés à s’installer pour la nuit, je partis discrètement dans la direction de la chouette, en m’approchant le plus possible afin qu’elle puisse m’entendre.

« Merci à vous et à maître Dan d’être venu nous porter secours. J’en suis reconnaissante. »

Je ne rajoutai rien, n’attendant pas de réponses de sa part. Je considérais important de reconnaitre l’aide qu’ils nous avaient apportée.

Je retournai ensuite vers les autres. Je retirai mon sac et j’examinai la hache que j’avais ramassée sur le champ de bataille lorsque Ezak s’approcha de moi. Il me demanda si cette hache possédait une particularité tout comme le marteau qu’il portait à son dos.

Je levai le regard vers lui et lui répondis :
« Non, l'arme est bien balancée, le fil n'est pas abimé... C'est une arme de bonne qualité, mais inférieure à ce que j'ai déjà, je ne la garderai probablement pas. »

Il me répondit qu’au moins moi je pouvais la manier, ce qui n’était pas le cas de son marteau, le manche y était trop froid. Puis il parla du golem de glace et des résidus d’esprits. Je l’informai que j’avais questionné Andréï au sujet de cet esprit.

« J'ai questionné Andreï à ce propos, mais il n'avait pas vraiment de réponses à m'apporter et n'était pas vraiment disposé à m'en donner. Un repos, lui fera grand bien... Je l'ai questionné aussi au sujet de Maître Dan, pour qu'il lui demande de venir nous rejoindre... mais il m'a répondu que Dan faisait ce qu'il voulait quand il voulait... ils ne semblent pas en bon terme. »

Levant un sourcil, il me demanda si je lui avais fait quelque chose et rajouta que pour sa part qu’il avait eu quelques réponses.
« Non, je ne lui ai rien fait... je mets ça sur le dos de la fatigue et aussi sur le fait de sa contrariété d'avoir rencontré Dan.... mais je l'ai toujours trouvé un peu bourru. »

Il se tourna ensuite légèrement pour que je puisse voir le marteau. Il m’expliqua qu’il était fait d’un métal appelé Helcéa. Et qu’il était enchanté de runes apparentées à la magie de glace de sorte que seul son possesseur légitime pouvait le manier.
J’examinai l'arme en me retenant de ne pas la toucher.

« Heureusement que vous m'avez prévenue, j'aurais été tentée de la toucher. »

Il me dit qu’il trouvait étrange l’impression que j’avais de Andréï, le trouvant plutôt facile à vivre et mettant ça sur la connivence entre humains. Je ne fis aucune remarque. Je ne reprochais rien à Andréï, rien ne l’obligeait à fraterniser avec tout un chacun.
Après quelques secondes, il me fit remarquer que ce n’était pas le cas de tous ici. Pensant qu’il parlait de la dispute qu’il avait eue avec Arkalan, je me contentai de le regarder et d’ajouter :

« J'ai remarqué en effet. »

Je n’avais pas l’intention de le questionner, leur dispute ne me regardait pas.
Puis plongeant son regard franc dans le mien, il me dit me devoir des excuses.
Je lui rendis son regard en répondant :

« Aucune excuse n'est nécessaire... mais nous sommes dans un milieu hostile, nous avons tous besoin des autres... de telles disputes peuvent nous être néfastes à tous. » Dis-je d'un ton calme dénotant aucune agressivité.

Puis curieuse, je demandai pour détendre l'atmosphère

« Je voudrais bien savoir quel est ce défi que vous comptiez proposer à ce prétentieux glacé. »

Il me répondit que les excuses s’avéraient nécessaires et qu’il n’avait pas besoin que ce shaakt mette nos vies en danger. Il considérait qu’il était une épine dans le pied qui ne travaillait qu’en solitaire et qu’il allait l’ignorer dorénavant. Mais il dit ne pas vouloir ressembler à Arkalan et il voulait assumer les conséquences de ses actes. Et dit vouloir reconnaitre ses erreurs.
Ce à quoi je répondis :

«Je mentirais de dire que je suis en bon terme avec Arkalan. Nos valeurs sont très différentes lui et moi. Et nous avons eu un conflit dans une mission ou nous étions d'abord coéquipiers, mais j'ai promis que ce différend entre lui et moi ne nuirait pas à notre mission. Et je sais qu'il est un très bon archer et un très bon pisteur. »
Puis je rajoutai:

« Alors, j'accepte vos excuses, je reconnais l'importance d'assumer nos erreurs... Je suis de nature impulsive et colérique, ça peut m'arriver à moi aussi. »

Il satisfit ma curiosité en m’expliquant le défi qu’il avait en tête. Il voulait proposer à Yuïa-Turé de tenter de le tuer en une seule attaque. Puis expliqua avoir la faculté de se rendre intangible ce qui l’assurait de remporter le défi.

Je répondis :
« Très rusé, ça aurait pu marcher... Mais je doute qu'un être tel que lui, aurait tenu parole s'il avait perdu le défi. »

Il me confia que d’autres lui avaient fait la même remarque sur l’honnêteté de l’être de glace. Mais qu’il lui fallait essayer.
Les sourcils légèrement froncés, je lui demandai :

« Puisque nous allons faire équipe pendant toute cette expédition, est-il encore nécessaire de se vouvoyer ?... Mais si c'est que vous préférez, je comprendrai. »

Tout en souriant, il me répondit que pour lui, le vouvoiement est un signe de respect et qu’Arkalan n’y avait plus droit et qu’il tutoyait les scélérats. Il m’autorisa à le tutoyer, mais préférait me vouvoyer, rajoutant que peut-être un jour, il se sentirait suffisamment proche pour ne pas être obligé d’utiliser cette marque de respect envers moi. Je ne saisissais pas trop sa façon de penser, mais je respectais sa décision, mais je voulus lui faire part de ma réflexion.

Ma tête penchée légèrement sur le côté, je lui répondis :

« J'avoue que je me sens un peu perdue avec ceux que je vouvoie et ceux que je tutoie. »

Je hochai de la tête négativement avant de rajouter.

« Non, si on me vouvoie, je vouvoie moi aussi. Donc si c'est ainsi que vous voyez les choses je vais le respecter. »

Je m'arrêtai quelques secondes avant de rajouter.

« Si vous le permettez, j'aimerais bien vous expliquer quelle est la signification du vouvoiement pour moi. En fait, je le réserve aux gens que je ne connais pas ou peu. Ou bien à ceux que je n'aime pas, ou à ceux avec qui je ne veux pas de rapprochement. Le vouvoiement pour moi ne signifie pas une marque de respect, mais une distance, une barrière. J'ai vu des gens vouvoyer les autres tout en leur manquant le plus total des respects... mais il s'agit, j'imagine, de notre philosophie personnelle à chacun. »

Il dit me comprendre et que Cromax le tutoyait et que lui le vouvoyait. Il n’y voyait pas d’inconvénient et avoua commencer à bien s’entendre avec lui. Il me parla ensuite de la coutume dans famille. Il me demanda de lui donner le temps et qu’après avoir partagé cette aventure nous serions désormais frères et sœurs d’armes et qu’il serait prêt à faire selon ma coutume.

Ce disant, il posa alors une main amicale sur mon épaule. N’étant pas habituée à ce genre de rapprochement de la part de gens qui me vouvoie je tressaillis très légèrement, ma main esquissant un mouvement que je retins juste à temps et que je m’empressai de m’excuser.

« Désolée, réflexe de guerrière. »

Puis je rajoutai:

« Je vous laisserai le temps nécessaire, n'ayez crainte, j'avoue ne pas être habitué à la noblesse et ne pas accorder d'importance aux titres de noblesse. Et puis, comme je vous l'ai mentionné un peu plus tôt, je suis impulsive et colérique, si je sens de l'injustice ou mes valeurs bafouées, j'interviendrai... c'est ce qui s'est passé entre Arkalan et moi. »

Après un temps de réflexion, il me répondit que c’était aussi ce qui s’était passé entre lui et Arkalan, mais que ce n’était plus son problème, mais le nôtre. Il n’avait pas aimé qu’on pense qu’il était un problème pour l’ensemble quand il n’avait que tenté de prendre soin de lui, même maladroitement.

Je ne voulais pas prendre position dans cette dispute, je ne connaissais pas le contexte, et je n’avais qu’une version. Je préférai qu’on laisse cette dispute dernière et qu’il était préférable insister que ce qui était important pour nous tous.

« L'important sera de se serrer les coudes et malgré tout former une équipe. Il faut protéger Freida, sans elle on est perdu... mais j'ai l’impression que maître Dan nous surveille depuis un petit bout par l’intermédiaire de sa chouette. »

Car nous n’étions pas seuls. Nous devions former une équipe unie et protéger Freida. De plus Dan était là, pour nous venir en aide, et ça il l’avait déjà démontré. Il n’avait non seulement sauver Freida, mais aussi Faëlis et probablement nous tous.


Il m’affirma qu’il faisait de son mieux pour travailler en équipe, mais il condamnait l’action d’Arkalan, selon lui sa flèche nous avait mis tous en danger. Et puis, il répéta que tous n’étaient pas conscients de l’importance de Freida, et que certains semblaient oublier de son importance dans cet environnement hostile. Je ne le questionnai pas sur ces « certains », je ne voulais pas trouver de coupables, je ne voulais surtout pas qu’on fasse des messes basses contre d’autres. En ce qui concernait Dan, il désirait lui aussi le rencontrer pour se faire une idée de ce mage et espérait qu’il était un allié.

De mon côté, il n’y avait aucun doute, Dan était notre allié, et j’étais persuadée qu’il nous avait sauvés d’un certain danger lorsque la chouette nous était apparue lors d’un détour rocheux.

Je ne voulais surtout pas qu’on se mette à se méfier des uns et des autres, donc je lui dis :

« Je ne suis pas de votre avis, je crois que tous ici ont conscience de l'importance de Freida. »

Il insista en nommant Cromax qui avait demandé de protéger les académiciens sans nommer Freida. Mais il ne m’avait pas convaincue. Toujours sur le même ton calme, je lui répondis honnêtement :

« Je ne veux pas vous contredire, mais ce n'est pas parce qu'on ne le verbalise pas qu'on a pas conscience de l'importance de Freida. Nous avons tous pris sa défense contre l'être de glace et puis je me suis placée devant elle pour la protéger d'une éventuelle attaque de la part de l'être de glace... Et pour ma part, je rajouterais à Faëlis à la liste des gens à protéger, il est le seul guérisseur de nous tous... à ce que je sache du moins. »

Même s’il parlait calmement, j’avais un peu l’impression qu’il cherchait un coupable et je trouvais ça regrettable. Je me pris donc en exemple pour éclaircir la situation. Ce fut donc après quelques secondes de réflexion que je repris :

« Je serai la dernière à défendre Arkalan. Le conflit entre lui et moi m'a appris beaucoup de choses. Par contre, je pense qu'Arkalan n'a pas fait pire que Cromax. Ce dernier a autant nui à votre négociation qu’Arkalan. Et je suis à peu près certaine qu'Arkalan n'aurait pas lancé de flèche, si Cromax avait été plus diplomate, comme il l'est d'ordinaire. »

Je n’accusais pas davantage Cromax, mais comme il arrive à chacun de nous, il avait perdu son calme et malheureusement, pas au meilleur moment.

Pour renforce l’idée que nous formions une équipe qui apprenait à se connaitre, je rajoutai :

« Et puis pendant le combat contre le guerrier à la hache, j'ai éprouvé de grandes difficultés, et je n'en serais pas sortie vivante, sans l'aide de Faëlis, Madoka, de vous, de Cromax et ... d'Arkalan. »

Afin de ne pas le contrarier, je précisai :

« Et je ne cherche pas à vous faire la leçon.... La prochaine fois ce sera peut-être moi qui m’emporterai outre mesure. »

Il sembla un peu surpris de mon allusion au fait que nous avions tous protégé Freida. Il rajouta que c’était ce qui était le plus normal... même s’il m’avait affirmé, à peine une minute plus tôt que tous n’en avaient pas conscience. Cette fois-ci, il revint sur Arkalan, lui reprochant une fois de plus de ne pas lui avoir répondu lorsqu’il lui a demandé les raisons de son geste. Il dit qu’il avait fait des excuses et qu’il ne pouvait en faire plus. Ce n’était pas à moi qu’il devait dire tout ça, je ne pouvais me prononcer pour un autre. Je répondis du mieux que je pus.

N’ayant pas l'habitude des grands discours et ayant parlé plus que je ne le fais normalement, je rajoutai:

« Comme je l’ai dit, je ne cherche aucunement à défendre Arkalan... et je ne vous ai pas demandé d'en faire plus. »

Il me répondit sur un ton amical qu’il ne prétendait pas le contraire, qu’il m’avait juste fait part de ses sentiments. Après un sourire sincère, il rajouta que discuter, c’était sa manière à lui d’établir un lien et il s’excusa de m’avoir importuné.
Je lui répondis rapidement et sincèrement à mon tour :

« Vous ne m'avez pas importunée, rassurez-vous... Et je n'ai jamais été très habile pour établir des liens... »
Après avoir poussé un long soupir, il déclara que personne n’était parfait et qu’il était lui-même bourré de défaut, impulsif, colérique… un peu comme moi en somme. Ce qu’il sous-entendit, et avec raison par un clin d’œil. Il me souhaita une nuit agréable, puis s’éloigna.

« Vous également. » Lui répondis-je.

Il avait eu envie de parler et je l’avais écouté tout en lui disant sincèrement ce que je pensais de la situation.

Je regardai de nouveau cette hache et je la rangeai dans mon sac. De bonne qualité, elle pourrait m’être utile si je venais à perdre une de mes armes principales. Comme les nuits précédentes, je suivis les mêmes conseils et je me fis un nid dans la neige, je me recouvris de ma cape de fourrure pour méditer quelques heures sous ce froid intense suite à quoi je me levai.

La nuit avait été calme et j’avais commencé mon tour de garde lorsque Cromax vint me rejoindre. Me saluant aimablement, il me demanda si j’avais vu quelque chose de particulier. Je lui répondis aussitôt.

« Bonsoir Cromax. Non, tout est tranquille. »

Il s’informa comment j’allais avec tous les événements qui s’étaient passés depuis notre départ.

« Oui, malgré tout... Le combat contre le guerrier a été pénible... Je n'ai pas été à la hauteur... J'y serais restée, si Faêlis ne m'avait pas soignée de mes blessures à quelques reprises.»

Compréhensif, Cromax commenta que ça pourrait arriver à chaque combat et que cette fois nous avions eu la chance de nous en être tous sortis vivante.

Ses paroles étaient vraies, mais moi je m’en voulais de ma faiblesse, des conséquences que ça aurait pu avoir sur les autres. Ce fut donc les sourcils froncés et les poings serrés que j’ajoutai.

« Je n'ai pas été à la hauteur... ça aurait pu vous nuire à tous... »

Toujours aimable et empathique, il me répéta que j’ai été tout aussi à la hauteur que n’importe qui. Et avoua que de son côté, il avait éprouvé de la difficulté comte le géant de glace qui l’avait balloté dans tous les sens, termina-t-il amusé.

J’avouai un peu honteusement que je n’avais pas tout vu en ce qui concernait le colosse de glace.

« J'ai bien vu ce géant de glace, mais j'avoue ne pas avoir vu tout ce qui se passait.... ça commence à être de plus en plus dur... et nous sommes de plus en plus fatigués. »

Je m’arrêtai un moment, cherchant mes mots, ne voulant surtout pas l’offusquer.

« Et ça commence à se répercuter sur les réactions, l'impulsivité.. »

Il toussota avant de commenter qu’on ne cessait de lui reprocher sa colère. Il en était conscient, mais il considérait que l’être l’avait bien cherché.


« J'avoue avoir été très surprise de ta réaction... Avant cet incident, je t'avais considéré comme le diplomate du groupe, celui qui calmerait les tempêtes... »


Il lâcha un soupir. Il précisa que là, il ne s’agissait pas de tempête dans le groupe, mais d’un ennemi, d’un être millénaire pédant, rajoutant qu’il avait perdu le contrôle. Je rajoutai :

« Ça peut nous arriver à tous... c'est juste que j'ai été surprise... Je déteste également les prétentieux de cette espèce. »


Puis avec un début de sourire.

« D'ordinaire, ce sont les elfes qui sont accusés de prétention et à raison la plupart du temps. »

Bien entendu, je m’incluais, étant elfe moi-même, je savais que nous étions réputés et parfois avec raison, d’être prétentieux. Il partagea mon avis, disant que lui aussi avait été orgueilleux dans son jeune temps, il réalisa par après que ce sentiment de supériorité était ridicule. Je l’écoutai attentivement. Il était bien celui que j’avais perçu, un être censé, réfléchi qui ne jugeait pas inutilement. Tout comme moi, il considérait chaque être unique et différent, mais il était beaucoup plus habile pour l’exprimer. Puis, il rajouta que cet être aurait bien mérité qu’on lui fasse sauter la tête. J’acquiesçai :

« J'avoue que ça nous aurait permis de nous défouler oui... de sortir cette agressivité latente en nous... même si le combat qu'on venait de faire, nous avait épuisés, pour ma part en tout cas. »

Il renchérit et conclut qu’au final, cette agressivité avait bel et bien explosé. Et il rappela avec justesse que l’altercation entre les humains et le shaakt aurait pu avoir des conséquences terribles s’il n’avait pas intervenu.

Il me demanda ensuite, si cette altercation m’avait mise hors de moi.

« Oui ! » Répondis-je sans hésitation.

« Mais j'avoue que ça m'a plutôt déçue... J'ai trouvé cette altercation enfantine, inappropriée. »

Cromax de mon avis, ajouta que l’un a explosé de colère et que l’autre n’a pas arrangé les choses, provocateur.

« Voilà. Je l'ai mentionné à Ezak également. »

Puis, voulant avoir son avis sur le maître magicien qui nous avait sauvé la vie.

« J'aimerais changer de sujet et vous parler de ce maître Dan et sa splendide chouette, mais d'abord, qu'en pensez-vous ? »

Il considérait qu’il était arrivé au bon moment, mais se questionnait sur le fait que Dan nous avait surveillé pendant tout ce temps.

« Nous surveiller par l'intermédiaire de sa chouette oui... Au moins, je n'ai pas été aussi ridicule que certains peuvent l'avoir pensé lorsque je me suis adressée à cette chouette dans le hameau. J'avais bien deviné, il s'agissait d'un compagnon... Je me demande ce qui en est de la relation entre Dan et Andreï, ce qui expliquerait que Dan soit partie sans nous attendre, et qu'il n'est pas descendu. »

Pour sa part, il crut que c’était parce que Dan ne savait pas voler, il reste donc en haut des falaises. Il m’apprit qu’Hereld pensait que Dan était sur le point de nous rejoindre. Il ne nie pas qu’il peut y avoir un conflit entre Dan et Andréï, mais il doutait que ces puissants mages puissent se comporter de façons si infantiles.

Il n’avait pas tort, mais je tenais tout de même à lui faire part de mes impressions.

« Je ne sais pas. Quand j'ai demandé à Andrei des infos sur Dan, il m'a répondu à peu près ces mots-là : « Vous avez plus de chances d'attirer un nuage et de le faire chanter que de faire entendre raison à Dan. Il a toujours fait ce qu'il lui plaît, ç'est son truc.... Et puis Andréi m'a répondu avec une certaine lassitude dans la voix. Je le dérangeais, ça y a pas de doute.»

Il jugea que Dan était sans tout une tête de mule, sans être un gamin immature. Les deux académiciens avaient bien reconnu avoir besoin de lui. Puis, avec humour, il remarqua que ma mémoire semblait précise.

Je répondis tout en souriant :

« Pour ma mémoire, elle est pas mal, mais comme je vous l'ai dit... ce sont à peu près ses mots... mais pas tout à fait.. »


Je rajoutai ensuite :
« Vous avez peut-être raison... J'avoue que je n'ai pas beaucoup d'affinité avec Andréi,... je me méfie de lui... C'est une impression, un sentiment, je ne peux pas vous l'expliquer, j'ai rien de concret à vous fournir comme argument... donc n'en tenez pas compte. »

Je m'arrêtai avant de poursuivre.

« Par contre, l'expédition est très pénible pour Andréi, il faudra le surveiller de près afin de lui venir en aide le cas échéant. »

Amusé, Cromax considérait Andréï comme un vieux grincheux, mais rien de plus méchant. Et il fit remarquer qu’il le transportait du mieux qu’il pouvait et que Lysis le réchauffait pendant ses pauses. Cette Lysis, être de feu, nous avait été bien utile pendant le combat. Mais je ne pouvais définir ce qu’elle était au juste et je n’osais pas le demander à Cromax. N’aimant pas trop parler de moi, j’évite de questionner les autres. Je commentai simplement :

« Oui, un vieux grincheux, tu as su trouver les mots justes ! Oui, je sais bien que tu l'as déjà aidé... mais je crains qu'on le perde tout de même. »

Il espérait bien que non. Andréï devait bien savoir dans quoi il s’embarquait. Cromax avait bien hâte de voir les causes de tout cela.
« Les causes ? » Interrogeai-je

Ce qui nous a amenés à cette expédition me répondit-il.

« Ah d'accord... Désolée de ma lenteur. »

Il me rassura que ce n’était rien et mit ça sur le dos de la fatigue, tout en me proposant d’aller me reposer, qu’il allait veiller.

« C'est gentil à toi, mais je me suis déjà reposée.... C'est sans doute ce froid qui me pèse. »

Et puis, je réalisais combien il avait été facile en sa présence de m'ouvrir, d'exprimer comment je me sentais.

« Et puis j'alterne vouvoiement et tutoiement... je ne sais plus sur quel pied danser, vouvoyer un, tutoyer l'autre.... désolée. »

Il me sourit, compréhensif. En m’offrant de me réchauffer. Il m’offrit de faire venir la dame de feu ou ses bras, tout en écartant la lourde fourrure qu’il portait sur le dos.

J’hésitai un instant avant de succomber à la tentation. Sans dire un mot, je pris place à ses côtés sous la fourrure. Il referma ses bras autour de moi, et replaça la fourrure qui nous enveloppa.

« Mieux ? »

« Oui. Merci... j'avais besoin d'un peu de chaleur. »

Je savais bien que plus tard, je regretterais d’avoir laissé tomber les barrières et avoir montré ma vulnérabilité, mais pour le moment, j’avais besoin de cette chaleur humaine. Il me serra un peu plus fort, me frottant épaule et dos, je me laissai faire appréciant le geste sans faire de commentaire.

Aucun mot n’était plus nécessaire, son contact me suffisait pour m’apaiser, me réconforter. Après un certain temps, je sentis doucement sa tête basculer sur mon épaule et ses bras glisser, sans tonus musculaire. Il s’était assoupi. Je restai là sans bouger, gardant l’œil vif et les oreilles alertes au moindre bruit suspect.

Puis, lors la fin de mon tour de garde arriva, délicatement, je mis mes doigts dans ses cheveux d’ébène et lui caressai doucement le cuir chevelu, comme ma mère me faisait lorsque j’étais gamine. D’une voix douce, je lui susurrai à l’oreille :

« Il est temps de se réveiller. »
Modifié en dernier par Sibelle le dim. 13 nov. 2022 00:55, modifié 1 fois.

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Cromax
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Cromax » sam. 5 nov. 2022 17:14

Après une pause nécessaire, nous reprenons la route. Nos bottes humides de neige fondue, nous passons parmi les traces des monteurs de loups partis depuis longtemps, sans doute effrayés pour de bon par le mur de flammes de Lysis. Je me propose, comme précédemment, pour transporter Andreï pour cette portion de chemin. Sibelle m’avait signifié qu’elle le ferait également, et je lui fais confiance pour les jours qui viennent : Freida aussi semble affectée, et je ne voudrais pas la laisser tomber. Je prends, un peu provocateur, l’apparence d’un loup géant, semblable aux montures de nos assaillants, pour se faire. La fourrure saura tenir Andreï au chaud, alors que Lysis vole à côté de nous, englobant toujours au mieux le groupe d’une chaleur la plus agréable possible. Le reste de la journée se passe sans incident autre qu’une rencontre avec la chouette accompagnant Dan dans ses pérégrinations… Et nous, surtout, depuis notre arrivée au hameau des phalanges. Une pensée délétère me traverse l’esprit : il aurait quand même pu trouver un moyen de nous rassurer sur sa présence, ou sur l’identité de sa chouette géante. On se serait moins inquiété pour lui.

Le soir venant, nous décidons de nous installer pour la nuit. La chouette, en hauteur, guette toujours sur nous, comme une espionne avouée. Ou une sentinelle protectrice ? Dur à dire, finalement. Dan aura sans doute à répondre de ça quand nous le croiserons. Chacun monte sa tente dans son coin. Personnellement, rien de bien compliqué : je pose sur le sol une de mes peaux, roulant la seconde pour me lover dedans une fois l’obscurité nocturne arrivée. Voyant à un moment Faëlis galérer à dresser sa petite tente, je m’approche de lui avec la ferme intention de lui prêter main forte.

« Besoin d'un coup de main ? Pas trop éprouvé de rencontre avec Môsieur Duglaçon ? »

Il me renvoie dans les dents ma propre imprudence lors de notre rencontre, n’hésitant pas à me targuer d’un pseudonyme me mettant sur le même pied que l’ordure qu’on a croisé. Monsieur Dusangchaud. Et puis quoi encore ? Et de redoubler d’accusation en me disant que ça a failli tous nous faire tuer. Je fronce les sourcils, à la fois vexé et empreint de sentiment d’injustice. Je tâche de remettre les choses à leur bonne place :

« Il a autant reproché ma réaction que la tienne ou celle d'Ezak. C'était une enflure à l'orgueil bien trop présent. Oui, j'ai réagi brusquement, avec colère. Un peu trop, même. Mais il l'avait cherché ! Il t'a menacé, il a voulu prendre Freida, il nous a insulté. »

Je souffle par le nez, agacé. Mettre tout ça sur mon dos est une erreur qu’il n’a pas intérêt à garder longtemps au fond de son esprit. Haussant la voix en réponse, il me demande si j’insinue qu’il n’avait aucun problème avec la proposition de l’esprit, remettant en doute mon opinion de lui. Surpris par ce commentaire sortant de nulle part, je reste un instant abasourdi. Où est-il allé chercher ça dans mes mots ?

« Hein ? Ben non. Quand ai-je dit une chose pareille ? »

Il ne semble pas se démonter, et poursuit naturellement, comme s’il ne venait pas de sortir une ânerie plus grosse que lui. Il continue de m’accuser sans pitié : mettre le groupe en danger, faire cavalier seul, ruiner son soi-disant plan d’action commun avec Ezak pour obtenir du connard des informations. Et mon cul ? Il n’a rien écouté à ce que je viens de lui dire ou quoi ? Il prolonge l’attaque en me prenant de haut, affirmant qu’il va falloir mettre de côté les coups de sang individuels. Se rend-il compte de la connerie de ses propos ? Et encore plus, de m’accuser de ne penser qu’à moi, du haut d’une immortalité insouciante. Gonflé, le mec. Avoir la réactivité émotionnelle d’une huître morte est-elle vraiment une qualité ? Et quid de son attitude de pleureuse en pâmoison ? La colère monte à mon visage, serrant ma gorge.

« C'était de la colère, bon sang ! Je n'ai pas pu la réfréner, sinon je l'aurais fait. Ce n'est pas faire cavalier seul que d'avoir des émotions. Je sais que c'était déplacé, dangereux. Et que nous risquions la mort. Je suis désolé, d'accord ? »

Il s’y est pris de la pire des façons pour m’arracher des excuses. Je poursuis, encoléré :

« Et je ne suis en rien immortel. Je risque autant que vous, ici. Ezak se serait fait tuer avec son plan. Et ton intervention a autant énervé ce malotru que la mienne. Son pic te ciblait déjà avant mon éclat de colère. Il nous a insultés, je n'ai fait que répondre. Aucune voie diplomatique n'aurait de toute façon été possible. »

Et je plante le clou de mon argumentaire justificatif, précisant fermement :

« Et je t'interdis de comparer ma réaction à la décision d'Arkalan de l'attaquer délibérément. »

Ça semble lui clouer un instant le bec, calmant ses ardeurs accusatrices. Il détourne la conversation en affirmant avec lassitude qu’on ne saura jamais ce qu’il en aurait pu être. Fine observation… Mais ça, c’est surtout grâce à l’intervention de Dan. Ou à cause. Enfin, au moins ça lui a sauvé la vie. Il admet tout de même que j’ai peut-être raison dans mes propos, espérant tirer davantage d’information d’une possible future rencontre avec ce furoncle des temps anciens. J’en doute. Je l’aide, tenant fermement sa toile de tente. Je tâche de retrouver mon calme pour poursuivre la discussion. Il n’a pas pensé à mal en m’accablant ainsi : il aura mal jugé la situation, voilà tout.

« En profiter ? J'en doute. Ses intentions n'avaient pas l'air vertueuses... ni son attitude. Mais je ne le provoquerai pas... alors on pourra peut-être voir. Il faudra rester sur nos gardes, par contre. On a vu qu'il pouvait tuer en un clin d'œil s'il le désire. »

Faire confiance à une interaction avec une telle enflure me parait aberrante de naïveté, mais ma parole est donnée : je ne me laisserai plus aller en d’agressifs propos. Voir s’ils s’en sortent mieux. La tente est vite montée, à deux, et Faëlis change encore de sujet, sans s’attarder sur les choses pesantes. Je dois bien lui reconnaître ça : il sait garder son sang-froid et ne pas être poussif comme certains. Il évoque son désir de trouver vite Maître Dan, et de connaître les informations qu’il garde secrètement. Il dit regretter Kendra Kâr et sa cour pompeuse. Je rassure l’hinion avec les informations en ma possession :

« Apparemment, Dan connaît bien les environs : nous devrions le retrouver une fois la passe traversée. Heureusement qu'il était là, d'ailleurs... »

Puis, m’étirant félinement de l’effort physique du montage de tente, je commente :

« Oh, je préfère encore le froid de ces contrées que les pédants aux faux-semblant de Kendra Kâr. »

Au moins, Ezak n’est pas un nobliau de merde à l’hypocrisie aussi gonflée que son ego. Je dois bien lui reconnaître ça. Je ne comprends pas comment Faëlis peut porter intérêt à de telles fariboles. Et ce n’est pas faute d’avoir moi-même essayé le jeu de la cour. Quel enfer… A mon tour de changer de sujet en revenant sur une attitude qu’il a pu avoir face à l’être de glace, et qui m’a troublé :

« Oh tiens, je me demandais : tu jouais la comédie, avec cet esprit, ou tu es vraiment voué à Yuïa ? »

Je suis surpris d’attendre qu’il l’a rencontrée sur Nyr, et que depuis il est obsédé par la volonté de propager sa beauté ultime à travers le monde afin de le rendre meilleur. On dirait un peu un discours de « miss campement Kendra Kâr », mais soit. En soi ce n’est pas un but désagréable. Ça a même le mérite de rappeler à mes souvenirs un être que j’ai profondément aimé.

« Tu me rappelles quelqu'un... Lillith, ça te dit quelque chose ? »

Et alors qu’il avoue son intérêt moindre pour la glace, je lui glisse, taquin :

« Oh, tu sais qu'avec ou sans Lysis, je peux tenir chaud. »

Il n’a jamais entendu parler de mon ancien amant : tous les membres du Temple des Plaisirs ne se connaissent pas. Il quémande, retirant ses bottes, un massage des panards pendant que je lui explique qui c’est. Joueur, je prends l’apparence virile de ce cryo-ynorien au corps musculeux si souvent parcouru de mes mains. À genoux devant l’elfe, je me saisis de son pied tout en commentant :

« Lillith était un cryomancien. Il s'était promis de congeler chaque espèce vivante, animal ou végétal, de ce monde pour en préserver la beauté indéfiniment. Il y avait une certaine poésie, à cela... »

Il m’avait même promis de m’y laisser vivre éternellement, sous une couche de glace préservatrice. Afin que je sois éternel. Immortel. Faëlis, se laissant faire, me questionne sur son devenir. Un air nostalgique marque mon visage. Oui, il m’a fait une promesse, mais je gage que jamais il ne pourra la tenir.

« Je l'ignore. Nous étions... fort liés. Et il a disparu du jour au lendemain. Je ne l'ai pas revu depuis, c'était il y a plusieurs années. Qui sait. On le retrouvera peut-être là où nous nous rendons, en compagnie d'un esprit de glace. »

Une pointe optimiste d’un faux espoir. Je me concentre sur mon massage, poussant de mes pouces sa voute plantaire… Sans la délicatesse qui convient à l’elfe délicat, apparemment. Il se plaint de ma rudesse, et critique mon entreprise. D’un air lascif, il me provoque, demandant des excuses sur le champ. Des excuses en nature, bien sûr. Mutin, je lui souris alors qu’il m’attire à lui. Nos lèvres se mêlent avec une passion retrouvée, alors que mes mains fouillent ses habits pour caresser sa peau immaculée, ses trésors cachés. Nous nous glissons dans sa tente, œuvrant avec cœur à une union charnelle puissante et libératrice, mélange de hargne et de plaisir.

Une fois nos désirs satisfaits, j’abandonne mon amant à ses songes et sors de la tente pour retrouver ma place sur ma peau de bête, enroulé dans la seconde, près de Lysis. Nos regards scannent avec longueur les alentours silencieux et nocturnes. Rien ne semble bouger. Ainsi passe la nuit, au milieu de nos heures. À un moment, j’aperçois Sibelle éveillée non loin, guettant elle aussi les alentours. Je décide, enroulé dans ma peau, de m’en approcher.

« Bonsoir, Sibelle. Rien de spécial jusqu'ici ? »

Un peu banal, comme introduction. D’autant que j’ai moi-même pu constater qu’il ne se passe pas grand-chose. Elle me répond, polie, que tout roule. L’occasion de nouer le dialogue, de commencer à discuter. Je prends l’initiative de me lancer.

« Tu tiens le coup, avec tout ce qui se passe ? »

Elle évoque la pénibilité du combat contre ces barbares du froid, se dépréciant dans ses qualités martiales, et mettant en avant les soins de Faëlis, sans lesquels elle ne serait sans doute plus là. Je la rassure :

« C'est le lot des combats : l'on ne sait jamais si on survivra. Par chance, c'est le cas : nous sommes tous saufs. »

Et c’est la seule chose qui compte, au final. Même si elle ne semble pas d’accord avec moi : sa fierté de guerrière a été touchée, et ça se sent : elle répète qu’elle n’a pas été à la hauteur, qu’elle n’a pas été digne, qu’elle aurait pu nous nuire. Je secoue la tête : elle est trop dure avec elle-même.

« Vous avez été autant à la hauteur que nous tous. Personnellement, c'est contre ce géant de glace que j'ai peiné. Il m'a balloté dans tous les sens sans que je puisse le toucher. »

C’était d’ailleurs un peu ridicule. Mais au lieu de me démonter de regrets amers, je préfère m’en amuser, souriant avec nonchalance. Elle avoue n’avoir pas bien vu de ce qui se passait de notre côté du combat. Normal : au cœur de la bataille, on n’a pas tellement l’occasion de jeter des coups d’œil de tous les côtés. Surtout si elle galérait. Elle dévie alors sur l’épuisement général de l’équipée, la difficulté du voyage qui se fait long. Et elle clôture même par une pique à mon attention, précisant que ça se répercute sur notre patience et notre impulsivité. Je serre les mâchoires et toussote. Paf, dans ma tronche. Las de cette rengaine, je me justifie.

« On ne cesse de me reprocher ma colère contre cet avatar congelé. J'ai conscience d'avoir agi par colère, de manière sans doute excessive, mais il l'avait mérité. Il nous avait menacés, il nous avait insultés. C'est inacceptable. »

Le même baratin défensif qu’aux autres. Je commence à me lasser de le répéter. Ne sont-ils donc pas du tout empathique avec les réactions émotionnelles ? Comme s’ils étaient, chacun d’eux, des modèles d’hermétisme sentimental, ne laissant rien passer ni influencer leur jugement. Une belle connerie, oui. Elle se dit surprise de ma réaction, mettant en avant mon côté diplomate au sein du groupe… Et étant visiblement déçue de celui-ci. Ça m’exaspère un peu, et je soupire de lassitude devant ce nouveau reproche. Calmer les tempêtes, ouais.

« Les tempêtes dans le groupe, oui. Là c'était un ennemi, une pourriture d'être millénaire pédant et agressif. J'ai perdu le contrôle. »

Elle se fait plus compréhensive que je ne le pensais, admettant également détester les enflures pédantes. Elle sourit même, mettant un peu de baume sur mon impatience. Plaisantant, je crois, elle dit que ce sont souvent les elfes que l’on targue d’une trop grande prétention. À raison, souvent. Ce n’est pas Faëlis qui pourra prétendre le contraire. Je répète ses mots :

« Avec raison, pour la plupart. J'ai pu être orgueilleux dans mon jeune temps. Puis j'ai pris conscience du ridicule d'un sentiment de supériorité. Chaque être est unique, différent. Et les humains n'y font pas exception. »

J’enchaine, revenant sur notre apparition glacée.

« Mais lui... Il aurait bien mérité qu'on lui fasse sauter sa tête de glaçon sur place. Même si c'aurait été inutile. »

Ça ne lui aurait pas déplu non plus, apparemment. Elle voit ça comme une possibilité manquée d’exutoire. Je ne peux qu’être d’accord avec elle.

« Ouais... Et au final ça n'a fait que la faire exploser, cette agressivité. Je n'ose même pas imaginer ce qui se serait passé si je n'étais pas intervenu entre Arkalan et Ezak. Ca a dû te mettre hors de toi, cette rixe, non ? »

Je la sais touchée par les tensions entre ces deux-là. Elle me l’avait confié précédemment. C’est sans surprise, donc, que je l’entends répondre fermement. Elle se dit déçue, qualifiant la scène de puérile, inappropriée. Et je ne lui donne pas tort.

« Totalement... Ezak a explosé de colère également. Et Arkalan n'a pas arrangé les choses, provocateur. »

Elle avoue en avoir parlé au kendran, et me dit vouloir changer de sujet, comme si ça la blessait. Soit. Elle évoque alors Dan et la chouette qui l’accompagne, me demandant ce que j’en pense. Je hausse les épaules, ne sachant pas trop quoi répondre.

« De Dan ? Qu'il est tombé à pic. Je ne sais pas si j'apprécie le fait qu'il nous ait surveillé pendant tout ce temps, par contre. »

Une hypothèse que je laisse flotter, et qui semble trouver son public chez Sibelle. Elle se gausse même d’avoir été dans le vrai depuis notre première rencontre avec le volatile, au village. Je ne lui réponds rien, car elle pourrait en être blessée, mais je fais carrément partie de ceux qui ont trouvé sa conclusion hâtive, alors. Aucun élément ne nous permettait de deviner quoique ce soit. Même là, parler de « compagnon » est maladroit. Drôle de terme, d’ailleurs, pour désigner un animal de compagnie. Ou un ami doté de pouvoirs de métamorphose. Ça ne surprendrait personne, surtout pas Sibelle et moi. Elle dévie la conversation sur la relation apparemment tendue entre Dan et Andreï. Elle semble particulièrement sensible aux dissensions au sein d’un groupe : a-t-elle subi des travers de la sorte par le passé ? Je n’ai pas noté de tels affres entre les deux êtres. Surtout qu’on n’a pas encore croisé Dan. Elle émet l’hypothèse que Dan n’est pas descendu de son perchoir justement pour éviter Andreï. Un peu ridicule, de mon point de vue. Je lui fais savoir, surpris par cette conclusion maladroite.

« Je gage surtout que c'est parce que Dan ne sait pas voler : descendre de là-haut relevait du suicide. D'après Hereld, il est en voie pour nous rejoindre. Quand bien même il y aurait inimitié entre lui et Andreï, je doute que ce soit le genre de personne à se comporter aussi puérilement. Ce sont de puissants mages, académiciens. »

Elle avoue avoir discuté de Dan avec le vieillard, et me cite approximativement des paroles de ce dernier qui, selon elle, prouveraient une rancœur probable entre les deux. Je commente brièvement, peu convaincu :

« Dan est peut-être tel qu'Andreï le décrit : une tête de mule indépendante. Ça ne veut pas dire pour autant que c'est un gamin immature. Nos deux académiciens le disent eux-mêmes : nous avons besoin de lui pour la suite de notre aventure. Même anticonformiste, Dan peut le comprendre, je crois. Sinon ce n'est pas la peine de le chercher. »

Puis, à la fois amusé et surpris de sa capacité à citer ainsi des mots précis prononcés plusieurs heures plus tôt, je la taquine :

« Tu as une mémoire drôlement précise, en tout cas. »

Elle accorde que mon avis est peut-être juste, et avoue n’avoir aucune amitié avec le vieil homme fourbu, se méfiant même de lui. Un sentiment qu’elle ne parvient pas à expliquer précisément. Elle qui n’aime pas les tensions sous-jacentes, la voilà en plein cœur de l’une d’elles. Elle avoue cependant concevoir la difficulté de l’expédition pour Andreï, affirmant malgré ses griefs qu’il faut faire attention à lui. Amusé par la situation, je rétorque sans l’accuser :

« C'est un vieux grincheux, rien de plus. Enfin. Jusqu'ici en tout cas. Quant à l'aider, j'œuvre déjà au mieux : je l'ai transporté, et Lysis le réchauffe lors des pauses. Il est trop fier pour l'admettre, mais il en a bien besoin. »

Elle s’accorde sur le terme que j’ai utilisé, et félicite mes initiatives pour l’aider. Néanmoins, elle continue à craindre pour lui.

« On verra. J'espère que non : il s'est embarqué dans tout ça en connaissance de cause. J'ai hâte de voir les causes de tout ceci, en tout cas. »

Interrogative, elle ne semble pas comprendre de quoi je parle quand j’évoque le mot « cause ». Troublé par cette étourderie, je rétorque :

« Hé bien, ce qui a amené notre expédition. »

Elle s’excuse de sa lenteur, évoquant à nouveau sa fatigue. Je lui suggère d’aller se reposer, mais elle assure l’avoir déjà fait, et avoue que le froid lui pèse. Confuse, elle admet que son discours peut sembler décousu. Compréhensif de son état, je la rassure en souriant.

« Aucun souci. Tu veux que je dise à Lysis de venir pour te réchauffer ? Ou peut-être mes bras te suffiront ? »

Un peu provocateur, sans doute, mais elle y cède après une hésitation, et vient se lover contre moi alors que je referme sur elle la peau m’entourant, la serrant contre mon corps.

« Mieux ? »

Elle me remercie, avouant avoir eu besoin de chaleur. Une chaleur vivante. Je la serre un peu plus fort, frottant de ma main son dos et son épaule pour la réchauffer plus vite. Tacite, elle se laisse faire. Nous restons alors ainsi, lovés l’un contre l’autre dans le silence de la nuit. Un moment de tendresse dans un périple un peu brutal pour nos corps et nos esprits. Je me sens bien, collé à elle. Et bien vite je me laisse aller dans un sommeil d’elfe, m’abandonnant à la confiance que je lui porte…



[HJ : Lysis veille toute la nuit pour monter la garde. Cromax aussi veille longtemps, sauf lors du premier tour de garde (qu'il passe partiellement avec Faëlis), et lors du dernier, qu'il passe à méditer dans les bras de Sibelle en mode bébou.]

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Arkalan
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Arkalan » sam. 5 nov. 2022 20:12

Je ne trouve rien de concluant sur les cadavres Shaakts qui semblent être là depuis des jours. Ni matériel, ni signe d’appartenance à une famille ou une caste si ce n’est qu’ils portent, sans surprise, le blason de Gwadh. Je ne suis pas spécialiste de la géographie de Nosveris mais nous sommes certainement bien plus loin de la cité Shaakt que de l’académie. Impossible de penser que leur présence n’a rien à voir avec cette histoire d’esprit des glaces.

Je profite de la pause pour avaler un morceau de viande séchée avant de reprendre la route. Une route qui commence par une flaque de neige fondue qui va nous geler les pieds pour le reste de la journée, me forçant un soupir agacé. J’inspecte un instant les empreintes de loup avant de suivre la troupe, longeant toujours le bord de la passe pour être dans l’angle mort d’un éventuel tireur et sans oublier de regarder régulièrement par dessus mon épaule. Je constate que nous sommes tous fatigués et l’allure ralentit au fur et à mesure de la journée ou aucune autre surprise ne nous interromps.

Nous nous arrêtons finalement avant que la nuit ne tombe, le temps de préparer le camp. Je ne perds pas de temps à me faire un cocon de neige car je ne compte pas beaucoup dormir cette nuit, pas tranquille à l’idée que d’autres sauvages profitent de notre repos pour nous attaquer à nouveau. Je dresse ma tente et y pénètre pour m’isoler du groupe. Je retire mes bottes pour me sécher les pieds et les réchauffer, sentant à peine le bout de mes orteils. Je mange ensuite de quoi reprendre des forces avant de me couvrir de ma couverture pour méditer quelques heures alors que je perçois dehors des bruits de conversations.

Je me réveille alors que la nuit est bien entamée et ne perds pas de temps. Je replie ma tente en silence pour ne pas réveiller ou inquiéter le groupe puis m’installe près du feu pour me réchauffer et monter la garde. Le moment est parfait pour faire le point sur ce que je pense de tout ça, remettre de l’ordre dans mes hypothèses. Je sais que Gwadh est liée à cette histoire, la présence des Shaakts dans la passe le prouve. Mais il n’y a pas qu’eux. Les sauvages qui nous ont attaqués ont étés en mesure d’invoquer une entité puissante qui, d’après les bribes de conversation que j’ai entendu, serait lié à celui que nous devons empêcher de se réveiller. Il y a ces étranges runes que je mets sur le compte des sauvages et il y a ce Dan et sa chouette. Je bâti dans mon esprit un arbre avec les différents groupe, cherchant à tracer les liens entre eux et le but commun qu’ils peuvent y trouver. Je finirai par avoir les pièces manquantes du puzzle.

Je suis soudain tiré de ma réflexion par un mouvement dans ma vision périphérique. Je me redresse et saisis mon arc, scrutant le fond de la passe. C’est le moment que choisi le noble de Kendra Kâr pour s’extirper de sa tente pour m’observer avant de s’éloigner pour soulager sa vessie. Je lui fait signe de ne pas faire de bruit avant de bander mon arc, ayant encore aperçu du mouvement. C’est une bête c’est certain, je suis sûr d’avoir aperçu un bout de queue. Le chevalier semble enfin comprendre qu’il se passe quelque chose, m’interrogeant du regard.

"J'ai vu quelque chose."

Chuchotais-je. Encore un loup ? Une autre bête carnassière ? Je m’agace quand il rétorque qu’il ne voit rien et me redresse soudain alors que j’aperçois à nouveau l’intrus traverser la passe. Je décoche ma flèche qui touche ma cible en provoquant un petit couinement. Ezak s’approche alors prudemment de là où a atterrit ma flèche tandis que je prépare un nouveau projectile au cas où quelque chose surgirait de l’obscurité. Mon regard se pose sur le dos du chevalier et l’idée d’en terminer maintenant me traverse l’esprit. Une flèche en pleine nuque, silencieuse et mortelle, c’est l’occasion rêvée. Je caresse du bout du doigt la corde, hésitant à armer mon arc pour finalement y renoncer. Je serais libéré d’une menace mais les autres se vengerait dès l’instant où ils se rendraient compte que le Kendran manque à l’appel. Puis il y a cette créature de feu qui veille un peu plus loin. Non, ce n’est pas encore le moment.

Je l’aperçois revenir avec un animal, ce n’est pas un loup, plutôt un renard, blanc comme la neige et bien moins gros que je le pensais. Il dépose le cadavre devant moi et me souhaite bon appétit tandis que je range mon arc.

« Mieux vaut ça qu’un loup. »

Me défendais-je de mon inquiétude trop subite. Mais après tout je montais la garde. Mais il ne semble pas comprendre ma remarque de la sorte et rétorque qu’il me le confirmera le jour où il videra un renard de son sang. Justement, je m’installe avec la bestiole pour lui vider les entrailles et le dépecer. Je lui déconseille, lui apprenant peut être que ce genre de bestioles peut transmettre des maladies. Il se vante alors d’avoir bu beaucoup de sang de Garzoks, drôle de succès, et qu’il n’en est pas mort alors que ces sauvages sont pires que des bêtes.

« Peut être que vous en mourrez plus tard. Les parasites et les maladies sont parfois longues à se montrer. »

« Soit. Je n’ai pas peur de mourir. Bien que ça m’enmmerderait grandement de mourir à cause de peaux vertes. »

Il hésite avant de poursuivre.

« Je suis désolé pour tout à l’heure. Vous m’avez fort irrité, mais je n’aurais pas dû m’en prendre physiquement à vous… »

Voilà une sacré surprise. Je ne m’attendais pas à ça. Je suspend mon geste consistant à tirer la peau du renard, hésitant à mon tour. Essaie t-il d’endormir ma méfiance ? Je ne pense pas que ce soit son genre. Alors ce serait sincère ? Ça semble l’être en tout cas. Je m’engouffre dans la brèche, m’exprimant avec un ton pragmatique :

« J’ai tiré parce que j’ai compris qu’il ne venait pas négocier. J’ai saisi l’initiative avant qu’il ne l’a prenne. Je comprends que ça puisse vous énerver, c’est un manque de confiance envers vous. Pour ce qui est de votre coup… j’ai enduré pire. »

C’est peu de le dire, les traques, les coups, les tortures … J’aurais souhaité m’en tirer à chaque fois avec un bleu à la joue. Il répond à son tour sans provocations qu’il se sert mieux de ses armes que de ses jambes.

« Je suis habitué au manque de confiance que voulez-vous que je vous dise….D’après le sindel certains se méfient de nous, et j’imagine que ce jour n’aura pas amélioré les choses. »

Alors c’est une question d’image ? Il n’apprécie pas l’idée d’être vu comme une menace pour le groupe ? Amusant, lui qui aime tant se montrer effrayant. Alors c’est qu’il ne veut pas que ce soit sa réputation qui se ternisse ? Peut-être, monsieur je n’ai peur de rien. Pourtant il est assez inquiet pour venir s’excuser. Je réponds d’un haussement d’épaule.

« Ils peuvent se méfier. J’en fais autant avec vous tous. J’aurais préféré faire ce voyage seul. Mais il faut admettre que je n’aurais pas pu avancer bien loin. »

Que va t-il répondre à ceci ? Est-ce qu’il va se sentir blessé ? Non, il me demande simplement si il y a quelqu’un à qui j’ai déjà fait confiance dans ce monde. Sans même un soupçon de colère. Etonnant, sa réaction de tout à l’heure serait vraiment dû à un coup de sang après avoir frôlé une catastrophe. Ce n’est pas très rassurant. Il y aura encore des moments difficiles et il ne supportera jamais que je prenne mes propres décisions. Il aura d’autres coups de sangs. C’est certain. Je réponds à sa question avec sincérité, n’ayant pas grand chose à dissimuler.

« J’ai rencontré un Aldryde lors d’une étrange aventure. Je pense que je pourrais lui confier ma vie. »

Et l’admettre me parait toujours aussi étrange. Je cherche en même temps de quoi faire tenir la viande au dessus du feu. Ma réponse surprend Ezak qui lève un sourcil.

« Vous êtes décidément une personnalité surprenante. »

A mon tour de hausser un sourcil pour rétorquer qu’on ne me le dit pas souvent. Il lâche un lourd bâillement avant de retourner vers sa tente pour se reposer, arguant qu’il n’a pas la même résistance à la fatigue qu’un elfe. Il se retourne tout de même vers moi avant d’y entrer pour m’adresser encore quelques mots.

"Essayez de me faire un peu plus confiance dorénavant. J'essaierai d'être moins sujet à mon impulsivité. "

Il ajoute qu’il le promet mais je n’en crois pas un mot. Je reste silencieux, convaincu qu’il se laissera encore guider par sa colère même avec la meilleure intention du monde, les gens ne changent pas. C’est pour ça que tenter de changer la société Shaakt est impossible si on ne se débarrasse pas des Matriarches et des Prêtresses de ce Dieu maudit. Elles doivent toutes périr pour reprendre une base saine. Je suis rassuré qu’une sorte de trêve se soit installé entre moi et ce chevalier mais je ne suis pas dupe, et je n’oublie pas l’enragé qu’il peut être. Il critiquait les Garzoks mais il me semble qu’il a gardé un peu de leur culture. J’ai appris plus de choses qu’il ne pourrait le croire lors de ce court entretien et je trouverai comment en profiter quand le moment sera venu.

((Je dors le premier tour de garde et veille le reste de la nuit))

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Madoka
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Madoka » dim. 6 nov. 2022 01:32

Une réflexion rapide me décide à utiliser leurs armes. Bien équilibrée, plus lourde que le cimeterre mais encore très maniable, je la fait glisser jusqu’à mon paquetage. Il me faut l’admettre, il n’y a pas qu’à la température et à la géographie de la région que je dois m’adapter. Contre les créatures traqueuses déjà j’ai senti que mes armes n’étaient pas les plus adaptées, contre les Fenris emmitouflés dans leurs épaisses fourrures non plus. Mon habitat naturel demande de la mesure, une discrétion qui ne dit pas son nom. Un monde sauvage, lui, nécessite un peu moins de panache que le pendant obscur d’une cité civilisée. Mais nous sommes tous nés avec cet instinct millénaire, mon ancien maître a passé des années à tenter de mettre en cage ma sauvagerie naturelle en parvenant à peine à la dissimuler sous le lourd couvercle des convenances et de l’obéissance.

Je fouille avec zèle à la recherche des moindres objets gravés de runes pendant que presque tout le monde s’écharpe. Peut être que notre manque de coordination, de concertation ou d’harmonie est un frein à notre efficacité, sans doute que notre unité laisse à désirer mais ma principale source d’angoisse tient plus à l’existence et, le cas échéant, à la présence d’autre objets capable de déchainer les éléments.
A mon grand soulagement, les guerriers ne portent que le strict minimum. Et leur nourriture, si tant est que je puisse la nommer ainsi, n’y ressemble que vaguement et rendrait sûrement n’importe qui d’autre qu’eux malade.

Une fois les corps prêts à repartir, nous reprenons la route, toujours étonnamment évacuée par les loups. Je me force à freiner mes questionnements et hypothèses quant à leur absence, au silence qui pèse sur nous en ce moment, à la probabilité que tout ce bruit n’ait attiré plus gros gibier qui nous ralentira plus encore que nos fatigues respectives.

Au détour d’un rocher, la chouette refait une apparition rapide, son hululement résonnant dans toute la faille, telle une balise pour quiconque veut être sûr de nous trouver. L’avoir vu voler autour du magicien me fait depuis reconsidérer la douloureuse vision qu’elle a imposée à mon esprit. La grotte est-elle finalement notre destination, était-ce un moyen inapproprié de nous prévenir ; ou est-elle tout aussi étrangère à lui qu’à nous. Lasse et fatiguée de cumuler les questions sans réponses, je me contente de l’observer et de suivre ses mouvements circulaires comme un observe un nuage pour passer le temps.

Rapidement rattrapée par la nuit, la troupe s’arrête et chacun veille à se préparer pour la nuit. N’ayant pas oublié ses avertissements et consignes, je prends le temps d’installer ma tente, sans précipitation, en revoyant deux fois chaque étape apprise en imitant Freida, avant de mander un morceau. Isolée et pensive, je m’entraine un long moment au maniement de la hache, à la fois pour m’y habituer et en apprécier les possibilités, mais surtout pour chasser de mon esprit toute tentative de questionnement inutile. Si la dernière rencontre m’a appris quelque chose, c’est qu’aucun de nous n’était censé être préparé à quoi que ce soit en acceptant cette mission. La moindre information n’est jamais que la couche supérieure d’un oignon, et il est très probable qu’en savoir plus ou trop nous aurait fait hésiter ou aurait gâché le plan d’un autre. Mais tout l’entrainement ni toute la méditation du monde ne pourrait ôter la tension qui s’est installée depuis l’apparition des invocations. Toujours aussi lasse et plus fatiguée encore, je salue mes compagnons avant de m’emmitoufler dans mes couvertures, à l’abri relatif du vent et du froid sous ma tente.

((HRP : pas de tour de garde pour mado
J'ai pu complété le post précédent))

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Gamemaster6
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Gamemaster6 » dim. 6 nov. 2022 19:32

L'Aube d'un hiver sans fin


Chapitre 2 : Un lieu sans pitié ni repos.

Entre rabibochage, conversations et... rapprochements plus ou moins discrets, le groupe put finalement passer la nuit dans un calme relatif, protégé par les tours de gardes des plus éveillés d'entre eux. Les premières heures furent aussi vides que le cerveau d'un bouloum et le froid était sans doute la seule vraie compagnie que tous purent obtenir, à l'exception de quelques chanceux visiblement désireux de se réchauffer... à leur manière. A part la mort injuste d'un renard, personne ne fut blessé à la suite d'une attaque. Les rêves de chacun furent pourtant tous perturbés par une étrange vision. Peu importait qu'ils dormaient vraiment ou ne faisaient que méditer, tous purent voir clairement une grotte surmontée par le crâne d'un mammouth. Rien qui ne perturbe leurs rêves, mais ce souvenir resta ancré dans la mémoire de chacun. Un avertissement ? Rien qui ne mette la nuit en péril, tout du moins...

Pourtant, peu avant l'aube, un hurlement retentit dans la Passe. Un hurlement de douleur ou de frayeur, difficile à dire, mais qui n'avait rien d'animal. Les quelques qui n'étaient pas encore éveillés furent debout dans la seconde, mais, comme Lysis et Arkalan purent le constater, rien n'avait bougé autour d'eux. Freida, éveillée, sonna la fin de la nuit et s'occupa elle-même d'effacer les traces laissées par son passage. Tous purent constater qu'elle ne semblait pas plus en forme que la veille et qu'elle peinait à bouger sans afficher une grimace avant que sa capuche ne masque son visage. Une grande inspiration et sa voix les entoura, captant l'attention de tous.

- On approchera de la Crevasse d'ici quelques heures. C'est une zone particulière. Un gouffre qui semble sans fond. Il y a un pont entre les deux extrémités. Les vents y sont extrêmement violents, dans le meilleur des cas. Alors si vous avez des piolets, des pics, out tout autre équipement vous permettant de vous accrocher, sortez-les, vous en aurez besoin.

Et ce fut plus qu'un conseil, car elle sortit elle-même deux petits pics qu'elle accrocha à sa ceinture.

- Allez, ne trainons pas.

Il leur fallut près de deux heures pour enfin comprendre de quoi parlait Freida. Enjambant un immense gouffre dont ils n'apercevraient pas le fond, un pont de glace les attendait. Il semblait étroit, glissant et incroyablement fragile. La neige tombait presque à l'horizontale tant les vents qui la balayait d'un côté étaient violents et, pour les plus courageux souhaitant jeter un œil, seul un abysse sombre attendait ceux assez malchanceux pour y tomber.

Image

Leur guide, accoudée à la paroi de la Passe, semblait reprendre son souffle en observant le pont. Ses épaules étaient tendues et elle serrait ses pics avec force. Elle se tourna finalement vers le groupe, le regard déterminé.

- Je passe la première. L'un de vous doit s'encorder avec moi. Faites des paires ou des trios de la même façon. Puis vous suivez. Gardez un espace entre chacun ainsi qu'un peu de mou pour la corde. Enfin sauf si vous avez des aptitudes pour traverser les gouffres sans fond.

Il y avait une petit intonation d'espoir dans sa voix. Visiblement, cet endroit la rendait plus nerveuse qu'elle n'osait l'avouer. Ou peut-être était-ce la fatigue qui finissait pas rattraper peu à peu les plus humains du groupe ?


Récapitulatif des bobos et actions:

Maj un peu particulière. Comme vous l'aurez compris, traverser ce pont va être... délicat. Vous devrez, dans un premier temps, décidez de la façon de le faire, l'ordre de passage, les paires ou trio d'encordés en fonction de qui possède les aptitudes les plus à même de vous faire traverser ce pont. Vous pouvez prendre le temps d'en discuter, y compris avec les PNjs. Je vous ai fait prendre l'habitude de faire un ordre de passage, alors inspirez-vous en :D
Si besoin, je peux ouvrir un chan pour une discussion de groupe spéciale, vu les circonstances.
La traversée en elle-même aura lieu dans une autre maj en fonction de vos actions, réflexions, etc. Mettez donc toutes les chances de votre côté, parce que ce n'est pas aussi simple que marcher sur de la neige.


Madoka : voyage, repas, repos : 0,5 xp
Arkalan : voyage, repas, repos : 0,5 xp Rabibochage avec Ezak : 0,5xp
Cromax : voyage, repas, repos : 0,5 xp « Discussion » avec Fafa : 0,5xp, discussion avec Sibelle :0,5xp
Sibelle : voyage, repas, repos : 0,5 xp , discussion avec Ezak Discussion avec Cromax : 0,5xp
Ezak : voyage, repas, repos : 0,5 xp Discussion avec Sibelle : 0,5xp, discussion avec Faëlis: 0,5xp, discussion avec Hereld: 0,5xp, rabibochage avec Arkalan: 0,5xp
Faëlis : voyage, repas, repos : 0,5 xp : Discussion avec Ezak, Discussion avec Cromax


PNJ :
Lysis : indemne
Hereld : Soigné
Adreï : Soigné
Freida : Blessure légère au torse
Image

Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Arkalan
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Arkalan » sam. 12 nov. 2022 23:07

A part l’irruption de ce renard au pelage blanc grillant sur le feu, rien ne vient perturber la nuit. Nous reprenons la route le lendemain, prévenus que nous approchons d’un passage difficile. En effet, quelques heures plus tard nous arrivons au pont surplombant un gouffre sans fond telle qu’elle nous l’avait décrit. Je profite de la halte pour préparer l’équipement d’escalade trouver dans le hameau. Piolets, pics, corde, j’en vérifie l’état tandis que le chevalier m’interpelle pour me demander si il y a une personne ici à qui je fais suffisamment confiance pour m’y attacher pendant la traversée. Je l’observe un instant, surpris qu’il me pose une telle question. Je réponds finalement:

« Non. Absolument pas. Mais j’accepte de m’attacher à vous. »

Si je ne tiens pas à lier ma vie à un autre, l’idée d’emporter certains plutôt que d’autres dans la mort est ce qui me décide. Je reprends mon inspection, écoutant les conversations qui naissent pour trouver des solutions afin de traverser le pont de manière sécurisée. J’entends des idées étonnantes, faire fondre une partie du pont pour atteindre la roche. Des amusantes, pour ne pas dire idiotes, tirer une flèche capable de se planter dans la roche à l’autre bout du pont, avec une corde assez longue, pour ensuite soutenir notre poids en cas de chute. Je ne peux retenir un souffle exaspéré et un mouvement de tête dépité. L’Hïnion lui explique avec plus de patience que jamais ça ne pourrait fonctionner. De mon côté je perd patience car voilà qu’ils débattent de l’ordre de passage. Je pousse un grognement las et m’adresse directement à l’elfe gris.

« Je vous ai vu prendre diverses formes depuis le début de notre voyage. N’est-il pas possible de prendre celle des créatures qui nous ont attaqués il y a quelques jours ? Elles semblaient tout à fait capable de s’ancrer solidement dans la glace. »

Il lève un sourcil, ne semblant pas comprendre où je veux en venir.

« Alors nous savons qui va ouvrir la voie. Inutile d’y passer la semaine. »

Je m’approche de lui avec ma corde. Une partie attachée à lui et l’autre à un pic solidement fixée dans la glace nous permettra d’avancer par pallier.

« Vous pourrez servir de poteau pour tendre un fil de survie. »

Mais mon idée ne semble pas toucher les autres qui continuent de déblatérer. J’abandonne. Qu’ils continuent à perdre du temps. Je retourne à ma préparation de mon côté, peut-être que dans un siècle, quand la moitié du groupe sera mort, nous pourrons nous mettre en route. D’Arkasse a dû entendre mes pensées car il soulève le fait que nous perdons beaucoup de temps. Puis il a l’idée de désigner Cromax comme chef de la troupe, le jugeant capable de prendre des décisions et en assumer la responsabilité.

Après une longue respiration il donne finalement la marche à suivre. Sibelle s’élancera en première pour attacher une corde de l’autre côté, puis ce sera mon tour en compagnie d’Arkasse et de notre guide, accompagné de la créature de Cromax, permettant de faire fondre des points précis. Je n’écoute pas vraiment la suite, concentré sur ce qui m’attends. Je rejoins mon groupe pour me lier à eux et saisit mes piolets, prêt à traverser.

((Inspecte son équipement, s’encorde avec Ezak et Freida.))

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Sibelle
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Sibelle » dim. 13 nov. 2022 02:29

Bien avant mon tour de garde, pendant mon moment de méditation, j’avais fait un étrange rêve, d’autant plus étrange, que je n’avais jamais rêvé auparavant. Je m’expliquai donc qu’il s’agissait plutôt d’une vision, la même que Madoka avait eu lors de son exploration en compagnie d’Arkalan, je vis la même grotte surmontée d’un crâne de Mammouth. J’aurais pu en parler lors de ma discussion avec Cromax, mais je l’avais tout simplement oublié.
Un peu avant l’aube, à la toute fin de mon tour de garde, Cromax était encore dans mes bras sous sa cape de fourrure lorsque j’entendis un hurlement. Je ne pouvais dire s’il s’agissait d’un hurlement de peur, de colère ou de douleur, mais j’avais la quasi-certitude qu’il ne s’agissait pas d’un animal.
Délicatement, je mis mes doigts dans les cheveux d’ébène de Cromax et lui caressai doucement le cuir chevelu, comme ma mère me faisait lorsque j’étais gamine. D’une voix douce, je lui susurrai à l’oreille :

« Il est temps de se réveiller. »

Freida sonna alors le réveil, et la femme en moi fit place à la guerrière. Tout comme notre guide, j’effaçai les traces que j’avais laissées dans la neige. Paraissant encore plus fatiguée que la veille, elle nous expliqua qu’il nous restait quelques heures de marche avant d’atteindre un pont qu’il nous faudrait traverser malgré les intempéries.

Cromax proposa à Freida de la portée et je fis de même envers Andréï. Je pris d’abord ma forme d’hippogriffe et je m’agenouillai afin de lui permettre de monter sur mon dos, lui proposant de se caler contre ma fourrure et mon plumage s’il avait froid.

Nous reprîmes donc la route selon presque l’ordre habituel. Pour ma part, j’avais troqué mes raquettes pour mes griffes et sabots d’hippogriffe. Deux heures plus tard, nous arrivâmes au pont de glace, séparant deux falaises, et sous lequel s’étendait un gouffre sans fin. Il s’avérait assez long. Tout en écoutant les conseils de notre guide, je repris ma forme elfique. Les vents s’avéraient trop violents pour que je tente de le traverser en volant.
En reprenant son souffle, ses deux pics de glace dans ses mains, Freida nous expliqua ses consignes. Elle passerait la première, quelqu’un d’encorder avec elle. Puis nous demanda de se regrouper par deux ou par trois.

Tout en sortant son équipement d’escalade, Ezak prit la parole. Tout comme il m’en avait parlé la veille, il jugeait que les personnes à protéger étaient Freida, Andréï et Hereld, et que ceux-ci devaient être jumelé avec un aventurier doté d’un bon sens de l’équilibre. Il se proposa donc pour ouvrir la voie encordé avec Freida. Arkalan décida de se joindre à eux.

Comme je l’avais mentionné plus tôt, les vents étaient trop violents pour que je songe à le traverser sous forme d’hippogriffe.
En sortant également mon équipement, deux cordes, pics et clous, je pris la parole :

« Je me propose d'accompagner Andreï. Je réponds aux critères mentionnés : très bon équilibre et puissance. »

Cromax conclut alors qu’il accompagnerait Hereld. Nous questionnant comment traverser ce pont de façon sécurisée.

A la question de Cromax, je fis un signe négatif de la tête, puis je me tournai instinctivement vers Freida:

« Des conseils particuliers à nous transmettre ? » demandai-je à celle-ci.

Elle me répondit de nous assurer d’offrir le moins de prises possibles au vent, de ne pas hésiter à marcher à quatre pattes afin d’augmenter nos prises. Et de prévenir, si on se sentait glisser afin que l’autre personne puisse nous retenir avant qu’il soit trop tard.

Ezak de son côté demanda à Hereld et Andréi, s’ils leur étaient possible d’ériger des barrières de glace pour nous épargner du vent. L’idée était bonne, mais malheureusement Hereld répondit par la négative, ils n’auraient pas l’énergie nécessaire et le mur érigé risquerait de retarder notre avancée

Cromax suggéra alors de demander à Lysis de faire fondre la glace sur la surface du pont, nous assurant ainsi une meilleure stabilité.

Je réfléchis avant de répondre :

« Je croyais le pont entièrement fait de glace.... mais peut être comme Cromax le croit, il y a un autre matériau sous la glace... En savez-vous plus Freida ? »

Freida n’en savait pas davantage que nous sur la constitution du pont. Faëlis proposa également son aide avant de faire apparaitre un lumière, la glissant de côté en direction du pont.

Je hochai la tête positivement, l'idée de Faëlis semblait bonne.

« J'ai une idée, à vous de me dire si c'est réalisable ou pas. »

Et m'adressant à tous, mais particulièrement aux archers.

« Pensez-vous que l'une de vos flèches peut traverser le pont et atteindre la paroi d'en face ? Si oui, on pourrait y accrocher une corde et un pic. La corde fixée aux deux extrémités, elle nous servirait de rambarde… »

Une idée en apportant une autre, je rajoutai.

« Si ma première solution n'est pas possible, je pourrais traverser seule le pont, bien attachée ici à une corde, que j'emporterai jusqu'à l'autre bout. et la fixerais sur la paroi d'en face. Cette corde horizontale nous aiderait à maintenir l'équilibre. .. Si vous acceptez cette idée, Faëlis, Andréï et Madoka formeront alors un trio. »

Faelis m’expliqua que ma première idée ne tiendrait pas la route, car elle ne pourrait se planter dans la pierre et ne pourrait supporter le poids d’une personne. En revanche, ma seconde idée s’avérait intéressante et plausible.

Cromax expliqua qu’il ne songeait qu’à faire fondre une mince couche de glace afin de faciliter le plantage des pics. Il envoya Lysis tester si elle pouvait détecter le présence d’un fondement de pierre ou non. Il s’avéra que le pont n’était pas entièrement constitué de glace, ce qui était une bonne chose.

Ezak, considérant avec justesse l’importance de Freida au sein de notre groupe, il lui demanda ce qu’elle pensait de ma deuxième proposition. Elle était contre l’idée, prétextant que je n’avais pas suffisamment de corde et qu’elle préférait passer la première.

Cromax tenta de nouveau de convaincre Freida, lui rappelant qu’elle était la seule à pouvoir nous guider à travers les monts. Il proposa que lui ou moi passe en tout premier afin de s’assurer de la solidité.
Ne supportant sans doute pas la possibilité que j’ouvre la voie et qu’il me doit redevable, Arkalan décida que Cromax ouvrit la voie sous forme de créatures munies de griffes.

Ignorant les paroles d’Arkalan, je proposai

« Je suis de l’avis de Cromax. Et je suis partante pour ouvrir la voie, si je tombe, ma perte est moins importante que celle de Cromax qui est plus puissant que moi au combat »

Ezak nous laissa prendre la décision finale. Cromax analysa la situation. Nous avions suffisamment de corde pour la rendre de l’autre côté, puis de s’encorder par paire ou trio par la suite. Il me proposa de m’y rendre sous forme d’hippogriffe en tendant la corde, pendant qu’ils la retenaient de leur côté. Si le pont se détruisait les cordes nous serviraient de pont de fortune. Il proposa l’ordre suivant : Moi d’abord, puis Ezak, Freida et Arkalan. Puis ensuite, Faëlis, Andréi et Madoka. Il fermerait la marche sous forme d’animal pourvu de griffes solides. Ils reviendraient avec la corde. Lysis nous accompagnerait pour faire fondre le pont à des endroits précis.

« Ton plan me convient également Cromax. Mais je garderai ma forme elfique, mon équilibre y est bien meilleur que sous ma forme d'hippogriffe. Je ne prendrai cette forme que si je viens à tomber. »

Les discussions avaient pris un certain temps, mais un temps nécessaire afin de bien s’accorder sur la marche à suivre.

J’attachai mes deux cordes ensemble et je fis vérifier le nœud à mes compagnons pour qu’ils en vérifient la solidité, ou le serrer davantage si nécessaire. J’enroulai une extrémité autour de ma taille.

Je sortis une potion d’équilibre afin de m’assurer davantage de stabilité, dans l’intention de la boire tout juste avant la traversée.

J'attendis le signal de départ avant de commencer à traverser le dit pont.


((( -cordes attachées, enroulée au tour de la taille.
-Sibelle fait vérifier ses attaches par les autres,
-Sibelle boit une potion d,équilibre lorsque ce sera le temps de traverser.
-Capa d'archétype: saut acrobatique
-Capa d'archétye et capa d'elfe blanc: Regard percant et ouie aiguisée (afin de percevoir éventuel danger)
-Aptitude rp: Puissance surhumaine, Équilibriste améliorée, Escalade améliorée)))
Modifié en dernier par Sibelle le lun. 14 nov. 2022 03:34, modifié 2 fois.

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Faëlis
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Faëlis » dim. 13 nov. 2022 13:05

La suite du voyage fut plus tranquille, malgré un cri venu de loin que nul ne pu identifier. Finalement, ils parvinrent au pont de glace. Ainsi qu'annoncé, le gouffre était impressionnant, et le pont étroit et sans rambarde. La traversée allait être compliquée...

Chacun y allait de son idée, estimant qu'il faudrait sans doute traverser en attachant les moins équilibrés aux autres. Une autre idée était d'essayer de fondre la glace, en espérant qu'il y ait un pont en pierre en dessous. Faëlis intervint :

« J'ai un bon sens de l'équilibre, je peux aider quelqu'un... »

Il s'efforçait d'avoir l'air plus sûr qu'il ne l'était réellement... En même temps, il manifesta une petite lumière pour tenter d'analyser le pont. Sibelle, en même temps, proposait d'envoyer une flèche de l'autre côté pour tendre une corde, ou éventuellement d'y aller elle-même en volant. Toujours concentré sur sa tâche, le blond répondit :

« Même si nous parvenions à planter une flèche de l'autre côté, jamais elles ne pourraient supporter le poids de quelqu'un s'appuyant sur la corde... en revanche, si vous allez de l'autre côté pour l'attacher solidement, cela pourrait effectivement nous être d'une aide précieuse. »

Freida intervint pour signaler qu'il n'y avait tout simplement pas assez de cordes. Dans le même temps, alors que Lysis parcourait également le pont, Faëlis pu voir une ombre noire à travers la glace. Il semblait bien y avoir quelque chose à l'intérieur, mais impossible de dire jusqu'où ça allait.

Finalement, il fut décidé se s'encorder ensemble pour avancer. L'elfe blanc se contenta de glisser :

« Il semble bien y avoir une structure sous la glace, mais j'ignore jusqu'où elle s'étend et si nous avons le temps de faire fondre tout cela... Sinon, je suis prêt à vous suivre. »

Cependant, faire fondre la glace fut jugé trop hasardeux. Alors, l'elfe blanc s'encorda avec Andreï et Madoka pour commencer à traverser. À quatre pattes, travaillant calmement sans équilibre, il gardait malgré tout un œil sur les autres, prêt à faire contrepoids si quelqu'un glissait, quitte à se laisser tomber de l'autre côté...

(((Encordé avec Andreï et Madoka. Utilise équilibriste pour rester en position. Force surhumaine si quelqu'un tombe)))
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Ezak
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Ezak » dim. 13 nov. 2022 13:24

La nuit se passa sans encombre. Cependant je fis un drôle de rêve qui me resta longtemps en tête avec une image en particulier : celle d’une grotte surmontée d’un crâne de mammouth. C’est Freida qui donna l’ordre du départ. La pauvre avait l’air mal en point, sa grossesse ne devait pas aider.

Nous arrivâmes bien vite à un pont de glace, étroit surplombant un gouffre, et battu par les vents. Il fallait que nous nous organisions, et que nous saisissions nos matériels d’escalades/ Je proposai de séparer nos accompagnants, par pur pragmatisme. L’expédition devait pouvoir continuer s’il advenait qu’une partie du groupe devait chuter.

Les uns et les autres tergiversaient, proposaient des idées étranges, je jetai même un regard dubidatif à certains qui voulaient prendre la tête du groupe à la place de Freida alors qu’ils n’avaient clairement pas une aussi bonne connaissance qu’elle du milieu. Il fallait quand même un certain culot. Quoi qu’il en était nous perdions beaucoup de temps ce qui commençait à m’agacer fortement. Je pris donc la parole d’un ton contenu mais direct pour faire avancer les choses :

"On tergiverse beaucoup et plus on le fait, plus on laisse des chances à Yuïa-Turë de se libérer. Je serais d’avis que quelqu’un finisse par imposer les choix sinon on y sera encore pendant des heures. "

Je regardai le pont, inquiet.

« Ce ne sera pas moi, car je suis en désaccord avec vos propositions. Pour moi on devrait suivre scrupuleusement Freida. »

Puis je me tournai finalement vers Sibelle et Cromax.

« Mais je suis prêt à suivre et à vous faire confiance si vous pensez pouvoir nous guider sans heurts. Il faut bien que quelqu’un prenne ses responsabilités et vous semblez être prêts à le faire. Ça me suffit. »

Cromax après un long soupir qui montra à quel point il était mal à l’aise établit un plan, donnant le rôle de chacun. Je pris un malin plaisir à le regarder jouer son rôle de chef, mal à l’aise. Pour le mettre encore plus mal à l’aise j’imitai un soldat blasé, las de devoir obeir à un chef autoritaire.

Je souris malicieusement alors que Cromax exposait son plan. Puis quand il eut fini, taquin, je lançai sur un ton exagérément mollasson et blasé.

« Chef, oui chef. »

Avant de reprendre la préparation de mon matériel d’escalade pour la suite.
Modifié en dernier par Ezak le ven. 2 déc. 2022 17:27, modifié 2 fois.

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Cromax
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Cromax » dim. 13 nov. 2022 15:12

Aux petites heures de l’aube, je sens une main dans mes cheveux, et une voix douce me souffler de m’éveiller. Je redresse la tête, les yeux encore engourdis, et inspire le parfum de ma compagnie nocturne. Un parfum sauvage et méconnu sur une peau délicate et pâle. Mes lèvres, comme indépendantes, veulent se jeter sur celle de la belle jeune elfe, mais mes yeux s’ouvrent alors et avec eux, la conscience de ce que je suis en train de faire.

(Weuah ! C’est Sibelle !)

Je me ravise aussitôt, m’éclaircissant la gorge d’un air gêné. Quel manque de délicatesse aurais-je fait preuve en embrassant ainsi matinalement la guerrière farouche. Tous les efforts faits pour l’apprivoiser seraient aussitôt tombés à l’eau à cause d’une maladresse déplacée. Enfin, ceci dit, l’idée me semble agréable. Mais le consentement, c’est bien aussi, des fois. Un cri retentit autour, finissant de me tirer de ma méditation.

(Hééé, qu’est-ce que c’est ?)

Lysis ne m’est d’aucune aide : elle n’en sait pas plus que moi. Étrange. Les réminiscences de la nuit s’imposent à moi, souvenirs brumeux et malsains. Une grotte, un énorme crâne de mammouth. Une image fixe qui semble vouloir rester collés à l’intérieur de mes paupières. Curieux. Drôle de rêve. Il n’est guère temps de s’y attarder, de toute façon : le départ est rapidement donné. Je propose à la guide de la soulever… heu… de la transporter sur mon dos pour les heures qui nous séparent de ce qu’elle nomme la Crevasse. Une sorte de gouffre immense à traverser. Encore un péril montagneux, ô joie. Je me change en loup des montagnes et la laisse prendre place sur mon dos. Elle a vraiment une sale tronche : elle paraît aussi crevée que la veille, comme si la nuit n’avait pas été d’un grand secours. Manquerait plus qu’elle tombe malade et nous claque entre les mains. Nous parvenons, tant bien que mal, au lieu-dit annoncé par Freïda.

Un pont glacé domine un gouffre s’enfonçant dans les entrailles des monts, entre deux parois de roc. Le vent y souffle fort, poussant à l’horizontal les flocons de neige éternels de cette région. C’est qu’il faut aimer le blanc, par ici. Mon regard se tourne vers Sibelle, puis vers Faëlis. Oui, en fait moi j’aime plutôt bien. Notre guide prend la décision ferme de passer en premier. Avec ses traits creusés et sa mine de cadavre, ça a l’air d’être une super idée. Ezak prend l’initiative de répondre, précisant de manière un peu absconse que les personnes à protéger sont les académiciens et la guide. Il propose que chacun d’eux soit d’une cordée différente. Et bien sûr, il souhaite se lier à Freïda. Comme par hasard. L’affection qu’il lui porte est plus claire de jour en jour. Nous cache-t-il quelque romance inavouée, ce preux chevalier kendran ? La première cordée semble ainsi vite formée, Arkalan se joignant à leur duo, pour le plus grand plaisir de l’humain, sans aucun doute. Sibelle se propose pour Andreï, et je décide de me charger du dernier.

« Alors j'irai avec Hereld. Vous avez une idée de comment traverser de manière sécurisée ? »

Freida reste sibylline dans sa réponse. Il n’y a pas vraiment de mode d’emploi, apparemment. Me vient alors une idée, que j’expose aussitôt au groupe :

« Je pourrais demander à Lysis de faire fondre la glace sur la surface du pont. Ca la rendrait moins glissante. Je me vois mal prendre la voie des airs, par contre : les vents sont trop brutaux, comme le disait Sibelle. »

L’idée ne parait pas trouver son public : ils craignent que le pont ne soit fait que de glace. Je les regarde d’un air contrit. Je n’ai pas dit qu’elle allait le faire fondre en entier, bon sang. Alors que plusieurs propositions, plus ou moins fantasques, sont faites, je laisse Lysis se rendre sous le pont et plaquer sa main de feu contre la glace. Elle l’enfonce aisément, faisant fondre autour d’elle la structure humide du pont. Une couche plus sombre s’y cache : les fondations de pierre de l’édifice. Comme quoi, ils s’inquiétaient pour rien. Lysis me transmet cette information, et je décide d’y répondre, après avoir abordé une ébauche de plan de la part de mes pairs.

« Oui, pas debout, c'est certain. Et en nous aidant de piolets, griffes et tout ce que nous aurons à portée de main pour nous accrocher. Il y a quelque chose de sombre sous la glace : sans doute une fondation en pierre. A voir si le froid ne l'a pas affaiblie, par contre. »

Mon regard se porte sur Freïda, notre puits de science dans cette situation. Hey, faut bien qu’elle joue son rôle de guide hein.

« Tu es notre guide. La seule à pouvoir nous mener dans ces monts. Passer en premier risquerait de te mettre en danger, nous perdant tous ensuite. Je suis pour que quelqu'un, Sibelle ou moi, passe avant pour assurer la stabilité du tout. Assuré par les autres, bien sûr. »

Arkalan m’apostrophe, me demandant si je peux prendre la forme d’une des montures de nos assaillants de la veille. Je le regarde, dans l’incompréhension.

« Si. Et ? Je peux me changer moi, pas vous. »

Me changer en animal bien griffu était mon idée de base. Mais elle n’aide en rien le plan d’action du groupe entier. Il veut se servir de ça pour me faire passer en avant et que je serve de poteau pour tenir la corde. Je doute d’être d’une force suffisante pour retenir tout le monde, ceci dit. Heureusement, Sibelle, d’une force de caractère énorme, se propose pour cette tâche. Je me permets une nouvelle proposition :

« A défaut de faire fondre toute la glace du pont, Lysis pourrait faire fondre certaines parties pour égaliser sa surface, afin qu'elle soit plane et non plus cabossée. Mais ça prendrait un certain temps. L'avons-nous ? »

Et apparemment, nous ne l’avons pas tellement. Logique. L’idée tombe une nouvelle fois à l’eau. Décidément, ils ne veulent vraiment pas qu’on touche au pont. Mais Ezak prend la parole, s’impatientant et demandant expressément que quelqu’un prenne la tête des opérations pour conclure notre plan. Il précise qu’il ne sera pas celui-là, en désaccord avec nos idées. Lui laisserait bien passer Freida à premier, obéissant comme un bon toutou à sa maîtresse. Je regarde autour de moi. Qui de cette équipée va prendre le risque de rallier tout le monde à son idée, prenant ainsi toute la responsabilité du plan. Je déteste la situation, mais je ne peux laisser un autre s’encombrer d’un tel poids. Aussi, je conclus, piochant dans les interventions de chacun pour proposer une version finale de notre action.

« Bon. Nous avons suffisamment de corde pour nous rendre de l'autre côté et encorder les différents groupes. Sibelle, si tu veux bien tu iras la première de l'autre côté sous ta forme d'hippogriffe en tendant la corde, pendant que nous la retenons de notre côté. Ça fera une sécurité à laquelle s'accrocher. Nous l'arrimerons des deux côtés. En cas de destruction du pont, les cordes nous serviraient de pont de fortune auquel s'accrocher. »

Mon regard se porte sur chacun. Une première étape risquée pour l’elfe, mais permettant plus de sécurité par la suite. Je poursuis.

« Viendront alors les différentes cordées : Ezak, Freida et Arkalan en premier. Faëlis, Andreï et Madoka suivront. Je fermerai la marche avec Hereld, sous la forme d'un animal pourvu de griffes solides. Hereld roulera la corde avec lui pendant que vous la maintiendrez de votre côté, nous assurant si le pont se brise. »

Une répartition équitable, chaque individu s’étant exprimé sur ses aptitudes à l’équilibre et à la résistance aux conditions extrême des montagnes étant responsable d’un groupe. Lysis, bien que toujours sous sa forme humanoïde, souffle dans mon esprit :

(J’accompagnerai chaque groupe pour aider à planter les pics dans la glace.)

Et moi, de traduire à mes pairs :

« Lysis accompagnera chaque groupe en faisant partiellement fondre des points précis pour facilité l'accrochage des piolets, au fur et à mesure. Je m'accorderai à Hereld au dernier moment, prêt à intervenir en volant si une chute survient. »

Un plan bien ficelé. Je regarde autour de moi, voir si quelqu’un a des remarques à faire. Ça semble prendre, Ezak l’exprimant comme devant un lieutenant d’armée, chose qui m’arrache un tressaillement d’horreur. Il sait que je déteste ça. Une petite pique quant à ma décision d’assumer tout ça, sans doute. Sibelle marque aussi son accord, précisant qu’elle ira sous sa forme d’elfe et non d’hippogriffe. Soit. Faëlis est d’accord aussi, les autres ne s’expriment pas. Il ne reste « plus qu’à » appliquer tout ça. Chacun se prépare sous mes yeux. Je regarde Hereld, qui sera mon compagnon de cordée. Comme prévu, je ne me harnache pas directement à lui, libre d’intervenir si quelqu’un glisse ou choit. Sous ma forme elfique, sans artifice, sans aile pour éviter les mauvaises prises au vent. Lorsque viendra mon tour de passer, je garderai ma forme elfique, mais en changeant mes mains et pieds en pattes aux griffes solides. Je serai plus assuré dans mon apparence de base. Hereld, encordé à moi, pourra s’accrocher et s’occuper de la longue corde nouée pour soutenir notre progression. Enfin. La progression des autres. Elle nous servira juste à nous hisser si on se plante.

Lysis, comme prévu, accompagne chaque groupe, permettant aux pics de s’enfoncer aisément dans la glace sans doute trop dure naturellement. Allons. Et voyons comment ça se passe.


[Aptitudes : équilibriste amélioré, escalade amélioré]

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Madoka
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Madoka » dim. 13 nov. 2022 16:52

((post squelette, dsl du retard, toujours pas de connexion stable.

* s'encorde avec faelis et le mage, s'empare du matériel d'escalade pour améliorer la sécurité du trio.
* aptitude escalade.))

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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Gamemaster6 » lun. 14 nov. 2022 15:26

L'Aube d'un hiver sans fin


Chapitre 2 : Un lieu sans pitié ni repos.
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Face au gouffre, le groupe décida de jouer la toute prudence. Et ils avaient bien raison. Lorsque Sibelle s'élança pour assurer la corde permettant à tous de traverser en toute sécurité, elle put remarquer à quel point les conseils de Freida n'étaient pas exagéré. Le vent violent risquait à tout moment de l'envoyer dans le vide et elle ne dû sa stabilité qu'à son équilibre et sa souplesse, compensant le sol peu adhérant et les rafales. Un périple de seulement une centaine de mètres qui parut durer des heures, autant pour l'hinionne que pour le reste du groupe l'observant avec attention et angoisse. Chaque pas semblait un de plus vers une mort certaine, mais le calvaire arriva finalement à son terme.

Avec un immense soulagement, Sibelle put atteindre l'autre côté, saine et sauve. Trouver de quoi accrocher la corde ne fut presque qu'une formalité et elle put tendre celle-ci afin que le groupe puisse suivre. Le premier trio d'encordé avança, Freida menant la marche. Elle avait accepté de ne pas passer la première, trouvant finalement que le plan du groupe était plus que sensé. La corde aidant grandement, le trio composé de la Guide, Ezak et Arkalan put avancer avec plus de facilité. Peut-être que ce fut une petite erreur d'inattention, trop sûr de sa sécurité, qui sonna le glas du trio.

Ezak n'eut que le temps de sentir sa jambe partir sur le côté lorsqu'elle glissa sur une plaque plus glissante que le reste. Sans même avoir le temps de réagir ou de se cramponner fermement à la corde, il chuta. La corde serrée autour de la taille d'Arkalan le tira brutalement à son tour, l'entrainant à sa suite vers une mort certaine. Freida fut elle aussi jetée au sol et glissa vers le rebord. Par un presque miracle, ses pics se plantèrent dans la glace, raclant cette dernière jusqu'à ce qu'ils se retrouvent tous trois suspendus dans le vide, uniquement retenu par les deux pics de la guide qui peinant sous la charge de deux mâles adulte avec tout leur paquetage. Et déjà la glace commençait à s'effriter et se craqueler sous la pression, menaçant de se briser pour entrainer le trio dans le gouffre dont on ne voyait le fond.


Récapitulatif des bobos et actions:

Pas de bol, pas de bol :D . Vous allez devoir sauver vos petits camarades et ceux-ci vont devoir faire ce qu'ils peuvent pour s'en tirer. On retourne sur le chan du pont et vous traitez ça comme un combat. Une action et vous aurez ma résolution lorsque tout le monde aura posté une action ou réaction à ce qu'il se passe. Et ce jusqu'à ce que le trio soit en sûreté. Faut laisser les autres passer après [:Dange:]

Tout le monde gagne 1xp pour la conversation et le plan (quand vous aurez fait vos posts les absents)

Madoka :
Arkalan : Pendouille
Cromax :
Sibelle : a plus de potion.
Ezak : Pendouille aussi
Faëlis :


PNJ :
Lysis : indemne
Hereld : Soigné
Adreï : Soigné
Freida : Blessure légère au torse. Empêche les pendouilleurs de tomber pour de bon
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Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Faëlis
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Faëlis » ven. 18 nov. 2022 12:55

Il fut décidé que le groupe d'Ezak passerait en premier. Sibelle traversée la première pour garantir que la corde soit bien accroché, tandis qu'Ezak, Freida et Arkalan se préparaient. Ils s'engagèrent à quatre pattes sur le pont de glace, prudemment. Les bourrasques semblaient violentes mais ils atteignirent, lentement, le centre du pont.

Difficile de voir ce qui se passa dans le blizzard, mais, subitement, le guerrier glissa et entraîna le reste de la cordée ! Freida, dans un ultime effort, planta ses pics dans la glace pour les retenir au-dessus du vide. Mais une telle position, avec le poids de trois personnes, ne tiendrait pas longtemps !

Faëlis se précipita sur la corde qui traversait le gouffre pour lui donner du mou. Il cria à ses compagnons :

« Aidez-moi à me stabiliser ! »

Puis, Alors que Cromax s'élançait et qu'Ezak tendait la main pour atteindre la ligne de vie, il cria :

« Accrochez-vous à la corde ! Je vais vous remonter ! »

(((Se prépare à utiliser sa force surhumaine pour les remonter)))
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Sibelle
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Sibelle » sam. 19 nov. 2022 02:55

Bien que Freida ait recommandé de marcher à quatre pattes, je pensai d’abord qu’avec mon sens de l’équilibre hors norme que je pouvais faire la traversée debout et gagner un temps précieux. C’est ainsi qu’une fois la corde bien attachée au tour de ma taille, je fis un pas en direction du pont. Je manquai alors de perdre l’équilibre, tellement ce vent glacial était violent. La raison prit le dessus sur mon orgueil, et je me plaçai aussitôt à genou, les mains équipées de pics. Une fois aux abords du pont, je jetai un rapide coup d’œil à mes compagnons, puis j’entrepris ma traversée. Je commençai par avancer le bras droit et la jambe gauche, piquant mon pic dans la glace, puis mon bras gauche et ma jambe droite. J’alternais ainsi tout en portant une attention particulière à mes jambes dépourvues d’adhérence contrairement au bras. J’avançai lentement, mais sûrement m’interdisant tout regard à l’arrière ou bien à gauche ou à droite, je fixai mon objectif tentant de ne pas le perdre de vue. Lorsqu’une rafale me poussait vers la gauche, je forçais vers la droite, et vice versa.

Lorsqu’elle était trop puissante et qu’elle risquait de me soulever, je m’écrasai au sol. Moins de la moitié du chemin était fait et je sentais déjà mes doigts et mes genoux s’engourdir par le froid. Afin d’occuper mon esprit et oublier le froid, je récitai à répétition, le plus simple des « mantras » :

« Un, deux, trois, quatre, gauche, droite, gauche, droite. ».

Lorsque j’arrivai à la fin, je me retins et je n’accélérai pas mon rythme, il aurait été trop bête que de tomber à quelques pas de l’arrivée. Ce ne fut qu’une fois que mes quatre membres se retrouvaient sur un sol non glissant que je me relevai, prenant appui sur la paroi. J’ouvris et fermai mes mains afin de les dégourdir puis à l’aide d’un pic, j’enfonçai un clou dans la pierre et y accrochai solidement la corde, suite à quoi, je la tendis.

Une étape était franchie, la corde attachée, mais il restait huit personnes à traverser. Le premier trio s’avança. Freida en tête, Ezak au centre et Arkalan en dernier. S’agrippant à la corde, les trois avançaient relativement vite. Ils n’eurent aucun incident jusqu’à ce qu’ils atteignent la première moitié du pont. Sans que je comprenne ce qui causa son déséquilibre, je vis Ezak tomber du pont, entrainant Arkalan avec lui. Freida à plat au sol tenait encore le coup.

(Devrais-je me transformer en hippogriffe pour aller les secourir ? Ou y retourner sous forme elfique)

L’idée me traversa l’esprit, je ne pouvais pas rester sans rien faire à les regarder tomber dans le gouffre. J’aurais probablement lâché ma corde et retourné vers eux si je n’avais pas vu Cromax tenter de se rendre vers eux en volant.

Sans les quitter de ma vision aiguisé, je tendis la corde le plus possible afin qu’elle les supporte lorsqu’ils l’agripperont.

(((Aptitude rp: force surhumaine, équilibre amélioré )))

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Cromax
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Cromax » sam. 19 nov. 2022 19:39

Et le plan se met en marche. Sibelle passe la première, prudente, trainant derrière elle la corde solidement arrimée à un roc. Tous les regards sont fixés sur elle, et le mien aussi. Son agilité elfique, en plus d’être agréable à observer, se révèle un précieux atout, et elle finit par arriver saine et sauve de l’autre côté, où elle accomplit son devoir d’accrocher à son tour la corde. Un soupir soulagé sort de ma bouche : au moins mes conseils ne l’ont pas menée à la mort. Notre plan semble solide : même Freïda n’a rien trouvé à y redire.

La première cordée va désormais pouvoir passer : Freïda, suivie d’Ezak et d’Arkalan. Une fois liés entre eux, assurés, ils s’élancent prudemment sur le pont glacé. Lysis les accompagne, surveillant leurs mouvements, aidant les uns et les autres à planter aisément leurs pics à glace dans le sol dur. C’est elle qui me fait la première réagir, avant même mes propres yeux.

(Merde !)

Et de fait, il y a de quoi jurer : Ezak vient de glisser, sa jambe se dérobant sous lui. Sans parvenir à rien faire, il choit sur le côté. Regard terrifié, j’assiste impuissant à la débandade : Arkalan se fait tirer à son tour vers le vide, sous le poids de l’homme en armure. Une pensée délétère me traverse, glaciale.

(Ils sont morts…)

Mais c’est sans compter la force et les réflexes de notre guide, qui parvient à planter fermement ses crocs d’acier dans la glace pour éviter de choix. Les deux autres sont accrochés à sa taille, et seule la force de ses bras retient le trio. Le poids de deux aventuriers entièrement équipés, avec leur paquetage… Elle doit développer une force considérable. Et du coup il est temps d’agir, et vite ! Peine Madoka a le temps d’attirer mon attention pour m’envoyer une corde avant que je me jette dans le vide, volant avec hâte vers Arkalan : le plus bas de la cordée. Mon but : l’atteindre et le saisir entre mes bras pour soulager de son poids les deux autres. Et, une fois cela fait, le remonter au plus vite sur le pont, tenant toujours la corde lancée par Madoka comme ultime protection.

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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Arkalan » sam. 19 nov. 2022 23:24

Un faux pas. Il avait suffit d'un faux pas de ce preux chevalier pour que l'horizon bascule. Pas le temps de maudire, de jurer ou de crier. Je me retrouve suspendu au dessus d'un gouffre sans fond, pendouillant sans pouvoir rien faire au risque de faire lâcher les bras de notre guide, dernier filet de sécurité.
Ce n'est qu'une poignée de secondes après la chute et le choc de la corde autour de ma taille que je prononce un juron sans quitter le vide des yeux. J'observe ma fin, une fois de plus en attendant que quelque chose se passe, qu'on me secours ou que mon corps reprenne sa chute.

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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Madoka » dim. 20 nov. 2022 00:34

Le plan et l’ordre de passage sont arrêtés. Sibelle, désignée volontaire pour traverser seule cet enfer de glace et de vent s’éloigne lentement de nous. J’essaye en vain de me concentrer sur nos propres préparatifs ou sur mes craintes quant au hurlement entendu au matin ; mais fatalement, mes yeux cherchent du regard la silhouette de moins en moins distincte de l’elfe blanche battue par les vents. Ce vent infernal qui siffle avec tant de force et de chaos qu’on dirait qu’il se joue de nous, qu’il se gausse, ce bruit est à rendre fou.

Après un temps indéfinissable, elle parvient de l’autre côté. Cet autre côté quasi impossible à discerner malgré sa présence là-bas ; la corde maintenant tendue entre nous est l’indice le plus tangible de sa réussite. Solidement accrochée des deux côtés, le groupe suivant se met en branle. Freida, Ezak puis Arkalan s’éloignent eux aussi sur le pont de glace balayés par les vents.
Ils avancent, lentement, prudemment. Ils ont parcouru une bonne partie du pont lorsque soudain, un bruit sourd résonne et me parvient avant que je puisse comprendre et réaliser ce que mes yeux refusent de voir. L’un d’eux vient de chuter et je vois Freida projetée au sol et maintenue à plat ventre tandis que mes deux compagnons de route disparaissent subitement.

Mes dents grincent des jurons incontrôlables. Mon esprit est soudain plus limpide que jamais, à côté de moi je sens Faëlis trembler, prêt à bouger et je sais déjà que moi, d’ici, je ne pourrais rien faire pour aider qui que ce soit. Mais pas lui, me dis-je en voyant une autre ombre trembler dans mon champ de vision. ((prêt à intervenir en volant …)) Aussitôt, je prends ma deuxième corde et la lance, poussée par un réflexe et une pensée que je n’explique pas entièrement.

« Cromax, attrape, hurlé-je dans le vent tourbillonnant, ça pourrait être utile … »

Mais ces derniers mots-là visent dans le vide. L’elfe gris est déjà parti. Il vole … il l’avait dit, je savais qu’il le ferait mais je ne m’attendais pas à cette vitesse. En pareille situation, on est sans doute nombreux à avoir pensé à une corde, pour les remonter, les soutenir ou alléger le poids sur les bras de Freida ; … mais en le voyant, inhumain au-delà de son identité même d’elfe, si rapide, qu’aucun raisonnement humain ne tient.

Devant, l’écho de Faëlis appelant à l’aide me revient, mes pensées s’échappent, me laissant avec ce constat amer que leur sort ,e dépend pas de ceux aux pieds rivés dans la neige. J’entoure Faëlis de mes bras pour le stabiliser, le regard circulant entre le pont et le gouffre.

((don de la corde du set d'équipement à Cromax. Aide Faëlis dans sa démarche))

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Ezak
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Ezak » dim. 20 nov. 2022 14:34

- Ezak utilise la « communion avec les ombres »(Pouvoir spécial de la jambe bionique) pour tenter de se replacer sur le pont et s’accrocher a la corde tendue.

(Apritude : équilibre amélioré)

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Gamemaster6
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Gamemaster6 » dim. 20 nov. 2022 19:18

L'Aube d'un hiver sans fin


Chapitre 2 : Un lieu sans pitié ni repos.

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La situation était devenue critique en une fraction de second. Suspendus dans le vide, les deux aventuriers ne durent leur salut car leur guide et à ses réflexes. Mais la jeune femme ne possédait pas la force nécessaire pour tenir ainsi plus que quelques dizaines de secondes. Déjà elle faiblissait, meurtrie par le poids des deux combattant qu'elle retenait, eux-mêmes balancés sous la force du vent. Il fallait agir vite pour leur éviter une morte certaine.

Ezak usa du pouvoir lié sa jambe. il devint ombre et disparut, allégeant d'un coup le poids que devait supporter Freida. Arkalan en fut quitte pour une chute de quelques dizaines de centimètres lorsque la corde enroulée autour d'Ezak se tendit après sa disparation. Le Kendran réapparut au dessus du pont et chuta sur ce dernier dans un bruit sourd et une position qui allait abimer autant son front que que amour propre.

Cromax s'élança ensuite et il put rapidement constater que se déplacer sous ce vent violent en tentant d'attraper quelqu'un se balançant dans le vide n'était pas chose aussi aisée qu'il aurait pu l'espérer. Il parvint à agripper Arkalan en lui rentrant tout bonnement dedans avec la grâce d'un pélican malade. Grâce un mélange de réflexe et de chance qui lueur évitèrent à tous deux de finir par s'écraser sur le côté du pont plutôt que sur le dessus de ce dernier, Arkalan était finalement sain et sauf. Cela permit à Freida de se hisser péniblement sur la plateforme de glace où elle resta allongée, respirant péniblement, le visage tourné vers le ciel. Elle résuma rapidement le sentiment de tous entre deux souffles.

- Putain. De connerie. De pont. De merde !

Il ne restait plus à tout ce petit monde qu'à traverser le reste du pont et d'attendre que le reste de la troupe fasse de même. En espérant que la suite ne comporterait pas d'autres surprises malvenues comme celle-ci


Récapitulatif des bobos et actions:

Après ce sauvetage honteusement réussi, il vous reste à terminer le trajet jusqu'à l'autre côté [:Dange:] Et le reste du groupe doit aussi traverser. Bonne chance !

Madoka : Enlace fermement Faëlis [:blush:]
Arkalan : Ne pendouille plus.
Cromax : A les cheveux en vrac.
Sibelle : Est visiblement plus douée par crapahuter que ses compagnons
Ezak :Ne pendouille plus non plus. N'est plus encordé.
Faëlis : Fermement enlacé par Madoka ;)


PNJ :
Lysis : indemne
Hereld : Soigné
Adreï : Soigné
Freida : Blessure légère au torse.
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Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Ezak
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Ezak » ven. 25 nov. 2022 15:53

Je me changeai en ombre sans problème parcourant le chemin inverse vers le pont. Lorsque je repris constance ce fut pour m’écraser face la première contre le pont de glace. Rien de grave, mais mon égo en prit un coup. Je me plaignis dans ma barbe

« Pont de merde ! »

L’écho de ma parole surgissant dans la bouche de Freida, je relevai la tête pour constater qu’elle avait pu remonter, débarrassée de mon poids et de celui d’Arkalan, qu’un Cromax volant venait de reposer sur le pont. Mes deux compagnons de cordée allaient bien.

Enfin, devais-je dire ex-compagnons, étant donné que sous ma forme d’ombre je m’étais détaché d’eux, et était dès lors sur ce pont, sans attaches.

J’avais conscience d’être encore en vie grâce à Freida, et je me sentais reconnaissant pour ça. Cependant j’étais également un peu honteux d’avoir mis en danger les Arkalan et elle, alors que je m’étais moi-même érigé en pilier. Par la barbe de Neran Premier, que ce sentiment d’échec était rageant. Mais nous n’étions pas encore sortis d’affaires, n’était pas encore venu le temps du dire et du constat, avait encore lieu celui du faire et de l’instant.

Premièrement, la chose la plus importante à faire, avant toutes choses. Essentielle même avant de pouvoir continuer : Jurer contre mon environnement !

« J’ai déjà dit que je détestais ces montagnes ? »

Deuxièmement « Trouver une solution au fait que je ne sois plus attaché à rien. Je cherchai donc des yeux autour de moi et vit Cromax avec une corde à la main.

« Donnez-moi la corde que vous tenez, je n’ai plus de sécurité. Je vais m’encorder directement à la corde de soutient dressée par Sibelle… "

(Mais pourquoi on y a pas pensé plus tôt.)

Troisièmement : Se servir de ma mauvaise expérience, pour en sortir quelque chose de positif et se réadapter.

« D’ailleurs c’est ce que nous aurions tous dû faire depuis le départ ! »
dis-je n finissant mes mots en regardant Freida et Arkalan.

Puis de nouveau pour Cromax : « Faites passer le mot aux autres. »




(HRP : Si Cromax me donne la corde, s’encorde à la corde de soutient avant de reprendre la route derrière Freida et Arkalan.)

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