Plaines de Kôchii

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Kiyoheiki
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Kiyoheiki » jeu. 7 oct. 2021 21:39

~Auparavant~

~Affrontement Final 1~



En ce modeste endroit du monde, si paisible quelques semaines plus tôt, le chaos se déchaine. Les nuages larmoyants se mettent à gronder sous une impulsion magique, des éclairs ondulant au-dessus de nous. Le combat s'annonce rude, à la limite de l'impossible. La menace d'une Déesse noire, d'un Fléau draconique de même teinte et des nécromants à ses ordres me pousse à employer sagement ma magie lumineuse en prévision de son opposante. Presque en-dessous de ma forme, une modeste silhouette parvient à créer un exploit. Un rugissement terrible émane de la Mort ailée, interrompant son action et faisant tressaillir mon être. Son regard terrible se tourne vers qui je présume être à l'origine de l'impressionnant trait de lumière parvenu à détourner son attention. Et ce cri puissant déclenche finalement les hostilités entre les deux armées. Les troupes d'argent se ruent à l'assaut, quelques aventuriers parmi elles. La Sombre Dame hurle son ordre de combat à son tour, poussant les garzoks à charger également. Toutefois, mon regard violet décèle un manque de cohésion certain. Plusieurs poches de combattants refusent de prendre part au combat, certains reculant même pour laisser les plus vindicatifs et assoiffés de sang partir en tête. Je constate l'étrangeté de la situation quand les ennemis brillants ou d'Omyre s'affrontent en laissant une zone ouverte autour de la Reine noire, des quelques généraux et des aventuriers émergeant des rangs. Autour de nous, les cris de guerre s'élèvent de nouveau, vague écho de ceux présents dans la Plaine de Kôchi quelques minutes plus tôt.

Mon attention est attirée par une forme aux multiples ailes, s'abattant épée au clair sur le Dragon Noir. L'arme brille d'une magie brillante et pure, percutant la tête immense dans un éclat aveuglant. En réponse, le Fléau referme brutalement la mâchoire sur l'entité d'argent, emprisonnant le bas de sa forme entre ses crocs. Elle se débat, brisant et arrachant des dents titanesques de son épée et sa puissance, sans parvenir à se sortir de ce terrible piège. Sa voix s'élève alors en un cri aussi désespéré que déterminé, causant un écho dans ma perle dorée. Une brume l'enveloppe, se répandant autour du Dragon noir comme un drap éthéré. Et lorsque une pincée de gouttes célestes me contraint à brièvement cligner des yeux jusque-là rivés à ce combat de légende, tous deux ont disparu. Le Dévoreur de monde, responsable d'un cataclysme impossible à qualifier par de simples mots, vient d'être évincé de cet affrontement titanesque. Une lutte entre deux êtres de légende, qui n'a duré que le temps d'une poignée de battements de cœur. Aussitôt l'impensable miracle accompli, les voix de ses suivants exhortent les présents à venger ce sacrifice en s'opposant à la Déesse de la Guerre.

Mon regard violet se tourne vers l'intérieur de ce losange imprévu, constatant que trois des Treize restant se tiennent à ses côtés. L'instant d'après, Oaxaca porte la main à son col, faisant se matérialiser deux spectres sur le champ de bataille. Deux entités dont la colère et la rage sont palpable malgré leur état brumeux, squelettique et désincarné. Deux autres des Treize, aux âmes extraites d'un pendentif. Face à ce spectacle, un cri guerrier s'élève, incitant dans un langage direct et grossier les présents à prendre la Reine noire pour cible. Cependant, quelques-uns de ses généraux se trouvent entre elle et moi. Je prends le parti de les distraire, de sorte à laisser le champ libre aux autres. Ma magie se concentre envers le seigneur Tal'Raban et une Treize proche. S'il me faut me placer à portée d'eux, je préfère qu'ils aient du mal à me prendre pour cible. Lorsque je tente de perturber leurs sens à mon endroit, mes fluides me semblent instables, et la forme que je veux leur donner s'étiole, ne parvenant pas à perturber les sens de mes adversaires choisis. Les mains du premier nécromant se dressent, mais ils prennent pour cible l'un de ses anciens compagnons trop près de sa Reine. Aucun effet notable ne semble se faire, comme si même les puissants généraux n'étaient pas aussi maîtres de leur art que prévu.

Oaxaca se fait progressivement entourer par ses adversaires. Un ricanement de sa part et elle s'élève dans les cieux, faisant flotter des ombres autour d'elle telles des étoffes ou des serpents prêts à frapper. Oppressante malgré une mauvaise situation qui ferait frémir n'importe qui. Terrifiante dans sa sombre gloire. Armes et tentatives de coups filent vers elle, sans parvenir à l'atteindre. Lorsqu'elle ripostera, je devrai être attentif. Aussi, je laisse ma lueur m'envahir, accroitre mes sens et mes réflexes. La vue de cette Déesse semblant être galvanisée par les combats et la haine dirigée vers elle m'incite à reporter mon attention sur le puissant nécromant proche. Peut-être est-ce l'origine de cet indéfectible soutien envers celle qui semble prête à tout détruire.

"Est-ce la raison de votre loyauté ? Désirant repos et liberté, mais résigné, car l'Enfant de Divin puise sa force dans l'hostilité et le conflit l'entourant, prévenant toutes vos tentatives de vous rebeller ?"

"Ma loyauté va à la Mort. Votre mort à tous, hérétiques craignant le pouvoir divin de la Reine Noire."

Autour de nous, le combat continue. Peu de succès. Des généraux pris à parti, des sorts ou des attaques échouant contre l'ennemie des vivants. Sa puissance et son aisance sont plus que certaines. Et elle manie une force noire contre laquelle je suis mal préparé. Il me faut trouver une autre solution, des informations, la moindre piste qui puisse nous aider à la vaincre. Vivement, mes yeux balaient le champ de bataille. Si ceux des anciens Treize à son service savaient comment s'y prendre, ils auraient déjà tenté quelque chose. Il me faut localiser un être à la fois maître des arts sombres pour me donner des moyens de lutte, et connaissant assez Oaxaca pour avoir idée d'une faiblesse à exploiter. Je réalise alors l'absence d'une figure rencontrée plus tôt et dont les idéaux semblaient aller dans un sens adéquat. S'il voulait aider les morts à trouver le repos et un compromis auprès du Roi kendran, peut-être sera-t-il la clé de cette inextricable situation où Oaxaca continue de croître en détermination et pouvoir.

Vivement, faisant taire ce sentiment de conduite indigne quand ma présence est nécessaire, je prends une décision radicale. Ma forme serpentine se détourne du champ de bataille, filant en direction des ruines de Nayssan. Si les autres serviteurs de la Déesse ont été appelés vers elle, nul doute que le seigneur Herle Krishok doit aussi se mouvoir, contraint et forcé. Le regard dirigé vers le sol, je cherche ma cible de longs instants, pensant un court moment à mes compagnons luttant vaillamment derrière moi. Ce n'est pas un choix de lâche, c'est la tentative d'apporter une réelle solution. J'aperçois enfin celui que je cherche et plonge, m'arrêtant au-devant de lui et survolant les lieux. L'elfe blanc encapuchonné me fait face tandis que je m'adresse à lui.

"Seigneur Herle Krishok, ce Dragon vous savait proche. Il vient vous quérir."

Son bâton orné d'un crâne se tend immédiatement dans ma direction, avertissement évident.

"Nul ne peut se vanter de me quérir sans m'en donner la raison. Qui es-tu, Dragon ?"

Sa méfiance est visible et il ne me faut qu'un bref instant pour en comprendre la raison. Je me pose et hoche lentement la tête en signe de respect. Le temps me fait défaut, mais en ces circonstances, son appui m'est indispensable. Aussi, j'emploie de précieux instants à lui répondre.

"Le Dragon d'Or d'Ynorie, seigneur Krishok. Nous nous sommes déjà rencontrés. Au cœur des ruines de Nayssan, mon apparence d'alors était plus modeste. Des paroles adressés au Prince d'antan, une promesse d'aider son peuple. Et vous, à le libérer."

Regard violet rivé dans sa direction, je lui expose le motif de ma venue.

"Entre deux armées décimées, la Reine Noire se déchaine à la fois sur ses adversaires et ceux des siens qu'elle a trahi. Ses pouvoirs dépassent l'entendement de ce Dragon. Il vous demande humblement votre assistance, car son savoir est par trop lacunaire en matière de magie sombre."

J'abaisse la tête humblement afin d'appuyer mes propos, l'entendant me répondre avec une certaine froideur.

"J'ai respecté ma parole, et voici que vous m'en demandez encore plus ? J'ignore tout de ce qui se passe là-bas. Mon seul intérêt étant de voir mon souhait exaucé. J'ai été appelé par Oaxaca. Un dernier recours en ce qui la concerne. Elle se sent en danger. Mais même acculée, ses pouvoirs restent immenses. Vous ne pouvez rien contre elle."

Mes yeux remontent vers son visage. Ma gueule s'ouvre, lui relatant les événements aussi clairement mais succinctement que possible.

"La situation est... Unique. Le Dragon Noir a décimé les deux camps sans distinction, fauchant les âmes des présents. Seule une poignée de l'ensemble des combattants a survécu. Une armée d'argent et sa dirigeante sont apparus. Celle-ci a lutté contre le Fléau et tous deux ont disparu. Plusieurs généraux ont tourné le dos à la Reine Noire, certains se tiennent à l'écart et d'autres persistent à la soutenir. Sisstar et Gadory hantent les lieux.

Ce Dragon vous sait gré de la parole respectée, mais il sait aussi que si Oaxaca triomphe, elle vous punira comme elle l'a fait envers Karsinar. Votre souhait ne sera jamais accompli, et ce pour quoi vous avez œuvré n'aboutira pas. Ou finira détourné par les autres mages noirs lui étant fidèles.
"

"Le Dragon Noir est donc vaincu... Surprenant. Et mon assistant tué. L'imbécile n'a su voir l'opportunité que vous nous offriez. Si j'apparais sur ce champ de bataille, nombreux sont ceux qui tenteront de me tuer. A commencer par les Généraux qui sont restés fidèles à Oaxaca, sinon Oaxaca elle-même. Je comptais sur la durée de mon voyage jusque là pour me faire à l'idée de trépasser, une fois que vous seriez tous morts... Mais alors, peut-être existe-t-il une issue. Oaxaca ne peut être tuée, mais elle a déjà été enfermée par le passé. C'est la seule issue possible pour que votre camp survive à sa colère. Et avec lui, tous ceux qui l'auront trahie. Dites-moi... Qu'en est-il de Tal'Raban ?"

La façon qu'il a de prononcer le nom est teintée de sentiments. Crainte, respect, curiosité peut-être. L'être mentionné doit avoir une importance certaine pour mon interlocuteur. Aussi, cette fois encore, je prends soin de lui répondre avec le plus de précision possible.

"Le seigneur Tal'Raban... Il se tient aux côtés de la Reine Noire, désignant hérétiques ceux qui craignent le pouvoir divin de celle-ci. Puissant. Déterminé. Reprenant ses termes... Sa loyauté va à la Mort..."

Les nouvelles le font grimacer, le contrariant visiblement.

"Oaxaca n'est pas la Mort ! Il se leurre s'il voit en elle l'issue à notre pratique. Nous sommes liés à elle par la Mort, mais cette vie n'est que servitude. Que ne s'en rend-il pas compte ?"

J'abaisse légèrement l'avant de mon corps, prêt à le laisser monter et le regarde de mes yeux violets.

"La décision de vous montrer sur le champ de bataille est vôtre, seigneur Krishok. Sachez que ce Dragon se tiendra entre vous et les généraux adverses si votre choix est celui de la confrontation. Dans le cas contraire, il respectera votre prudence et le temps que vous souhaitez consacrer au deuil de vous-même. Il ne vous demandera alors que vos connaissances concernant les méthodes employées jadis ou ce qu'il nous est possible de faire afin d'emprisonner la Sombre Dame."

"Je vous accompagne, Dragon d'Or. Si mes pouvoirs seront sans doute impuissants face à la Dame d'Ombre, peut-être pourrai-je ramener Tal'Raban dans notre camp. Le camp de la survie face à la déchéance."

Le nécromant se fait pensif un instant avant de poursuivre.

"Nous n'étions pas présents lorsqu'elle fut emprisonnée. C'était le travail des enfants de Gaïa, des Gardiens de Yuimen, du Seigneur Koushuu. Des héros d'un autre temps. Morts ou disparus, abandonnant ces terres pour l'Île des Dieux. Ils ne viendront pas nous aider, tout cela doit venir de vous-même."

Herle Krishok pousse un soupir. La situation le touche, le rendant bien plus complexe qu'une simple marionnette assujettie à la Dame noire. Je ferme lentement les yeux, une goutte d'eau glissant de ma crinière pour venir légèrement piquer la blessure de ma paupière. Jamais je n'ai eu à lutter contre un adversaire semblant aussi invincible. Si cela doit venir de nous, comment exactement nous y prendre ? Se battre contre des soldats mortels n'a rien à voir avec un combat sans issue contre une entité dont la nature dépasse l'entendement. Les héros de jadis auraient du laisser ce savoir derrière eux, mais comment auraient-ils pu deviner que leur prisonnière finirait par se libérer pour menacer la vie elle-même ?

Mon corps s'abaisse encore, laissant à mon passager l'opportunité de prendre place en sécurité. Une fois installé, je me redresse et lui jette un bref regard par-dessus mon épaule.

"Ce Dragon vous remercie, seigneur Krishok. Il vous mènera vers le seigneur Tal'Raban. Puissent vos paroles ou vos actes avoir l'effet que vous espérez... Tenez-vous bien."

Mes pattes me propulsent dans les airs, en direction de la zone de combat. De loin, nous apercevons la Déesse écarter les bras. Quoi qu'elle fît, cela renverse la totalité des combattants du losange, et même certains guerriers luttant aux bords de celui-ci. Lorsque je reviens aux abords de l'endroit, la main de mon passager agrippée fermement à mes crins, c'est pour voir et entendre une femme s'écrier. Elle exhorte les détenteurs de magie à manier leurs sorts pour leur donner forme et buts voulus, car porteuse de la magie d'Aliaénon décuplée en puissance. Il nous faut contraindre Oaxaca, pour la survie de tous. Ce combat n'est depuis le carnage du Fléau plus celui de plusieurs peuples, c'est celui de l'existence contre le néant. Mon Devoir n'a jamais été plus clair quant à qui est la cible à abattre. Et pendant que le ser Cromax hurle aux autres combattants d'immobiliser la forme de la Déesse, je perds en altitude, me rapprochant du nécromant Tal'Raban.

Mon long corps s'érige en barrière entre ce dernier et la Déesse sombre, permettant à mon passager de descendre en sécurité. Son arrivée est accueillie par une tirade courroucée du Premier nécromant, auquel Herle Krishok répond avec calme et tentant de convaincre son interlocuteur de cesser ce combat qui ne les concerne pas. Puis, de toutes parts, les actes se manifestent. Des coups d'arme partent, la magie gronde. Le flanc d'Oaxaca explose sous une frappe dévastatrice, son corps ne tenant que grâce à la nature divine de qui le manie. La plaie suinte un instant puis se nécrose, me faisant réfléchir à mes prochains actes. Des fluides se concrétisent en entraves pour la Sombre dame, une bulle d'eau et de sang enferme sa tête. Et puis, sol et cieux s'allient, frappant durement le corps de la Déesse par dessous et repoussant les combattants la retenant physiquement, pourfendant la cible d'un éclair par-dessus. Une volonté unique d'en finir avec la responsable de la tragédie actuellement vécue. Je concentre mon esprit sur la forme de ma magie, la visualisant comme des instruments de chirurgie, destinés à ouvrir la chair flétrie et gangrénée de la Déesse pour extraire du corps l'âme divine qui le parasite comme une tumeur.

Mais alors que ma lumière se rassemble en un lent tourbillon autour de ma perle dorée, le corps brisé d'Oaxaca est de nouveau pris pour cible. La puissance d'Aliaénon accompagne un souffle usant des différentes plaies créées pour entrer dans le réceptacle à peine vivant. Le corps roux enfle d'instant en instant puis, comme une outre trop pleine, il éclate, aspergeant de sang et de morceaux de corps ceux qui se trouvent à proximité. Et de ce tas informe, peut-être autrefois mortel, une forme monte encore et encore, jusqu'à me faire face. Décharnée, grise telle un corps depuis longuement dénué de vie, une aura sanguine en simulacre de chevelure et de drapé. Nul visage sur sa tête, mais une bouche dentée comme un terrible gouffre, lançant un cri inqualifiable d'horreur. Sa main griffue se tend et je sens une brutale douleur entre mes bois. Une peine au-delà d'une sensation physique, comme une atteinte à l'essence même de mon être. Et tandis qu'une tornade de spectres et ombres se met à encercler l'effroyable apparition, ma magie lumineuse se lance à son tour à l'assaut de l'incarnation de son opposée. La neutraliser. La contraindre. L'arrêter avant qu'il ne soit trop tard.

Depuis ma perle, des filaments d'or s'infiltrent dans la forme hurlante, la faisant subitement taire et se tenir la tête à son tour. Ma volonté purificatrice ne la laisse pas indemne. Au-dessus de nous, une autre forme ailée apparait, mais je suis incapable de la regarder. Toute mon attention est rivée sur le corps grisâtre et décharné. Une sensation glaciale se propage dans l'ensemble de mon corps. Menacé. Ma forme serpentine se tord dans les airs, mes fils d'or se tendant entre elle et moi. Souffle court. Halètement vif quand je me force à inspirer. Mon oeil violet ne cesse de fixer le point où un filament doré s'enfonce dans sa forme. Je vole autour d'elle, cherchant à ne plus avoir son visage tourné vers moi. Guère plus vaillant qu'un animal tenu en longe ou un cerf-volant coincé entre des rafales et les mains de qui joue avec. Retenu par des fils que j'ai moi-même tissé. Ma silhouette draconique fait une embardée à l'idée que son attention se reporte sur moi. Fuir ? Tout me crie de le faire. Tous mes muscles tressautent, prêts à appuyer ma pensée. Mais le froid qui me parcourt les crispe. Ma gestuelle maladroite. Raide. Je ne peux pas fuir. Il faut... Faire face. Bloqué. Coincé face à un prédateur terrible, mon instinct prend le dessus. Tout donner pour subsister. Survivre... C'est l'abattre.

Ma voix m'échappe, animale, à vif, laissant filer un son entre grondement incontrôlable et sifflement strident. Brutal mouvement du chef. J'aperçois ces fils d'or me reliant à elle. Ma cible se trouve à l'autre bout. Ma lumière pulse depuis ma perle, ravivant la lueur des liens dorés. Des guides pour ma magie. Frapper avant qu'elle le fasse ! Sans retenue ! Dissiper les ténèbres !


~Suite~


- Utilisation de Trait de Lumière rang 4 sur Oaxaca. (4 PM)

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Silmeria
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Silmeria » ven. 8 oct. 2021 02:06

Je suivais le groupe en gardant un regard mauvais sur Ezak. Il n'avait pas mordu à ma provocation et par conséquent je n'avais pas beaucoup de raison de le tuer, d'enfoncer mes lames dans son dos gras et caoutchouteux qui m'était pourtant offert. Cette misérable vermine ne perdait rien pour attendre, je trouverai une solution, je trouve toujours des solutions quand il s'agit de faire payer quelqu'un. Notre petit groupe convergeait vers Oaxaca et ses Généraux, je me sentais assez mal de ne pas avoir pu mener à bien ces négociations ou faire gagner un peu de temps à la Reine Noire, je pensais que Tal'Raban et Crean aurait tôt fait de calmer les dissidents et que le groupe que je rejoindrais serait uni de solide mais il n'en était rien. C'était plus un conglomérat d'aventuriers tantôt en guenilles tantôt en armure, tous la mine basse, tous en deuil d'avoir perdu à ce jour tant de frères d'armes, et même les Garzoks partageaient cet air. Les rangs clairsemés des guerriers de Crean et de Karsinar affichaient une mine terne et aucun ne criaient victoire.

(" Et bien... Je dois reconnaître que c'est vraiment curieux, la guerre. ")
(" En général il n'y a rien de bien curieux. Deux dirigeants jetant des milliers de vie et une fortune en ressources se cogner dessus à leur place et le premier qui extermine l'autre remporte le tout. A la fois le paradis des héros pour ramasser la gloire et le paradis des pillards pour ramasser ce qu'il reste. Et pour les corbeaux, il suffit d'attendre que ce soit terminé. Tu vois, on peut tout simplifier mine de rien. ")
(" Je ne veux plus suivre Oaxaca. ") Disais-je d'une voix sûre.

Je n'avais pas vraiment pris la peine de me poser longtemps la question. Je suis une femme sans honneur la plupart du temps. Je tue mes victimes quand elles ne s'y attendent pas, j'utilise des poisons, des stratagèmes, je mens, je me falsifie, je me déguise, je perturbe, sabote, assassine... Et me voilà devenue Régicide. Lune est morte, les soeurs restent mortes, je ne suis pas guérie et voilà que je marche vers la mort.

Mais quelque chose... Me gêne. Je tue utile, enfin c'est ce que j'aime à croire et comme toute femme j'ai mes caprices et mes lubies, mais celle-ci, tout exterminer n'était pas quelque chose que je voyais de bien. Je n'ai rien contre la mort, qu'on ne se méprenne pas le moins du monde mais... Pas celle-ci. Je voyais comme une différence entre un bon massacre comme passer un village entier au fil de l'épée et cette hécatombe divine. Je crois qu'en réalité c'est une question de peur. La Mort divine me fait peur, j'ai assez dispensé la mort de ma main de femme mortelle pour savoir que c'est quelque chose de terrible alors si elle devait être dispensée par une main Divine... je crois que je préfère m'y opposer et en mourir que de regarder ça en ricanant sur un monticule de cadavres. J'ai dit.



Je traversais donc ce champs de bataille en silence, contournant les affrontements et les guerriers bruyants et trop voyants. J'aimais les ombres après tout et quand bien même nous étions en plein jour, j'ai toujours su me montrer discrète et silencieuse. J'enjambais les corps épars tout en plongeant la Tueuse de Mage dans la gourde, ayant déjà choisi le poison qui recouvrirait sa lame mortelle. " Léona... Mon petit trésor, ma jolie fleur, je te vois... " Avais-je murmuré comme une promesse pour la Jardinière d'Oaxaca.

----------------


Sortant de la fumée provoquée par le fumigène, je pointais Tal'Raban du doigt, il me fallait faire vite, la douleur qui martelait mes tempes était de plus en plus insoutenable.

" Seigneur Tal'Raban ! J'ai toujours suivi la voie de la Mort, comme vous. J'ai tué le Roi de Kendra Kar et vous m'accordiez votre confiance ainsi que votre Gentâme ! Alors entendez-moi, maintenant, je me dois d'être sûre du Général que j'ai en face de moi. Vous vous êtes persuadé qu'Oaxaca était digne de notre respect mais vous vous êtes fourvoyés. N'importe quel serviteur le verrait et le cacherait de peur de votre colère, mais je vous ferai face si besoin comme j'ai privé Léona de sa magie pour mieux vous faire entendre raison. " Je pointais maintenant mon sabre vers Léona pour l'empêcher de m'attaquer de nouveau, bien qu'elle soit privée de sa magie, j'étais sûre qu'elle avait dans ses griffes et sa peau pierreuse assez de force pour m'arracher un membre.

" Tal'Raban, je vous ai prêté serment en l'absence de Xenair. Souvenez-vous en je vous prie, et dites moi qui vous êtes. Le plus grand des Nécromanciens ? Le Grand Tal'Raban au pouvoir légendaire ? Un homme de cette envergure ne saurait dépendre de la présence d'une Déesse puisque vos pouvoirs viennent des Dieux de la Mort en personne... " Je m'approche de quelque pas pour lui faire complètement face.

" Un tel Seigneur, je ne saurai l'affronter sereinement. Mais si vous n'êtes devenu qu'un vulgaire pilleur de tombe, un amateur de cadavres putréfiés à la solde d'une Déesse qui vous méprise... Je n'aurai aucun scrupule à vous enlever votre magie et votre vie comme châtiment pour avoir gâché un si grand potentiel. "

Inspirant profondément pour dissimuler ma crainte, j'articulais enfin :

" Êtes-vous donc le puissant Seigneur que j'ai jadis considéré et respecté ? Êtes-vous bien Tal'Raban ? "
La petite plume de la Mort.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


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Maâra
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Maâra » ven. 8 oct. 2021 14:30

Sous les éclairs et les grondements violents de l’orage invoqué par un allié, elle lève ses yeux gris vers l’imposant Dragon éternel. Dans les mains jointes de la Sindel nécromancienne brille une vive lueur, une lumière surnaturelle qui grandit devant ses yeux médusés. Elle serre les dents face à sa propre révulsion à tant de lumière, faible prix à payer pour stopper cette folie.
Un disque de lumière se forme et lorsqu’il atteint sa taille maximale, elle le propulse vers la gueule menaçante du Dragon. La demi-seconde que dure le jet lui semble une éternité ; tant de choses peuvent l’empêcher de réussir : sa faiblesse en tout premier lieu. Mais les livres des mages qui lui ont transmis malgré eux ce don pour contrôler les runes le disaient tous, nul maître des runes n’est plus fort que le pouvoir qu’elles possèdent. Sa seule détermination peut compenser sa faiblesse.

Elle ne voit plus qu’elle, cette lumière qui, soudain, percute l’œil gauche du Dragon Noir. Bouche bée, yeux écarquillés, mains toujours en l’air, elle halète et manque de s’effondrer en réalisant que La Voix s’est arrêtée ; s’est interrompue. Elle a réussi l’impensable, un exploit inimaginable. Elle n’a aucun moyen de connaître le sort des âmes volées mais celles des survivants sont sauves ; mais pour combien de temps ?

Un exploit dont l’origine n’est pas passé inaperçu du concerné, car un terrible rugissement détonne dans la gueule du Dragon Noir, tandis qu’il se tourne vers elle, insignifiant mortel qui a osé le défier.

((Ah ben bravo, j’te félicite ! tu nous l’as énervé ! ))

Tétanisée par la haine et le désir de mort du Dragon, elle rassemble ses esprits pour lui tenir tête une dernière fois, avant de mourir. Quelques secondes à peine la séparent de la mort et, enfin, elle réalise que sa peur de la Mort ne tenait qu’au jugement de son existence. Elle lève haut le menton et darde d’arrogance l’Inéluctabilité.
Elle n’a plus conscience de rien, si ce n’est ce dernier affront fait à la création de Celui qu’elle sert, de cette digne provocation qu’elle emportera aux portes des Enfers. Elle n’entend pas les cris et le mouvement des troupes armées vers l’affrontement final, elle n’entend pas le hurlement d’Oaxaca ; ne remarque pas la désolidarisation de nombreux orques envers leur Reine désavouée.


Mais au lieu de sa Mort, c’est une présence Divine qui apparaît devant ses yeux. Brytha, épée au clair, plonge depuis les Cieux et s’abat sur le Dragon Noir de toute sa puissance. L’onde de choc de la magie brute de son attaque manque de renverser la Sindel toute proche ; mais le Dragon ne semble que partiellement blessé et contre-attaque aussitôt, avec une rapidité stupéfiante. D’un coup sec de la gueule, il parvient à attraper la Déesse ailée.
Maâra reste immobile, sidérée de voir la Déesse à moitié broyée sous les dents du Dragon le combattre encore avec férocité, usant de magie et de force pour se défaire de son emprise, lui brisant et lui ôtant plusieurs dents qui retombent lourdement aux pieds des aventuriers. Mais la bête la domine encore, malgré les coups et les explosions magiques, elle ne faiblit pas et ne semble même pas en souffrir.
Alors la Déesse venue d’un autre monde, celle pour qui Maâra ressent une intense méfiance, hurle de colère, hurle son désespoir et sa dévotion. Autour d’elle se développe une brume épaisse sans couleur, qui s’étire rapidement et les entoure tous les deux jusqu’à les cacher à la vue de tous ; tandis que la terre sous leur pied se met à vrombir.

Puis, tout cesse. La brume se dissipe sur le néant. Plus un cri, plus un bruit, plus de Dragon, plus rien. Par son sacrifice, elle venait d’offrir aux peuples libres une infime chance de sauver leur monde.

Un ordre retentit alors de la bouche d’un des meneurs de l’armée grise et tout rebascule. Oaxaca et ses rares fidèles se dressent devant les aventuriers et ses anciens lieutenants.
Après un rapide coup d’œil autour d’elle, une réticence à l’affront direct s’impose à elle, trop de monde pour tenter d’utiliser son arc, trop de doute quant à la faculté d’Oaxaca à tant maitriser l’élément de son divin père qu’elle pourrait détourner ses sortilèges contre ses inopinés alliés. Elle tente donc de ranimer les corps les plus proches de la Déesse avec les âmes des guerriers qui meurent à quelques mètres de là … elle les ressent, elle les entend ; mais rien n’y fait, elle ne parvient pas à les faire revenir. Elle ne parvient pas à comprendre, sans doute est-ce en raison de son mental encore tourmenté par le regard assassin du Dragon.
Elle n’est pas la seule, semble-t-il, à flirter avec l’échec. Oaxaca, si certaine de son imminent triomphe se permet de jouer avec eux et leur nerf. Elle ricane, menaçante et sadique, face à leur tentatives infructueuses et s’élève au dessus des plus grands, les bras écartés et maniant des vagues d’ombres autour d’elle, plus menaçante encore, prête à leur démonter l’incommensurable fossé entre eux et elle.

Voyant cela, Maâra réfléchit à une solution pour l’interrompre et la faire redescendre. Elle cherche parmi le peu de rune qui lui reste celle d’air et tente de se concentrer malgré les cris, malgré le chaos, malgré le temps, malgré son impuissance … elle peine à lutter contre l’afflux de pensées. Dans sa main, la rune s’éveille. Dans son esprit, un tourbillon nait. Et un tourbillon se créé autour du corps de la Reine d’Omyre mais le résultat n’est pas là. Trop de doutes, Maâra le sent, pour parvenir à dompter tant d’instabilité.
Malgré tout, la Reine noire est attirée par une force inconnue vers la terre ferme ; mais les ombres sont toujours là, fluctuantes et menaçante. Elle les libère brusquement et aussitôt, les terres ravagées sont inondées par une vague de spectres d’orques, d’humains et de soldats de Brytha, tous plus terrifiants les uns que les autres, leur colère et leur rage amplifiées par la puissance d’Oaxaca.

Maâra, comme maudite et incapable de manier sa magie, observe la détermination des survivants dans ce chaos indescriptible. Jamais ils ne lâcheront le combat. De plus en plus en proie au doute quant à sa magie, elle s’en prend verbalement à Oaxaca, tant pour se motiver elle-même de ses dires que pour s’en convaincre.

« Ouvrez les yeux fille de Thimoros ! Sans le Dragon Noir, vous ne l’emporterez jamais. Ce monde n’est plus à votre portée. Les peuples libres, et les Garzoks que vous avez tant trahis, vous traqueront et vous vaincront. Yuimen ne vous appartiendra jamais. Votre place est sur Nyr’tel, avec les vôtres.
- Jamais vous ne pourrez m’exclure, répond Oaxaca pleine d’une colère discordante en écartant les bras. Dussé-je tous vous tuer un par un, je serai Reine ici, Déesse vivante régnant sur le Monde, exécutant mes opposants et élevant mes fidèles.»

Et afin de prouver à tous que nulles menaces infondées ne sont proférées ici, elle démontre à tous la réelle puissance d’une Déesse. Sans le moindre effort ou concentration de sa part, une vague invisible et brutale renverse littéralement tout le monde sur plusieurs mètres. Par chance, Maâra ne se blesse pas pendant la chute, mais lorsqu’elle se redresse, une vive douleur lui vrille l’intérieur de la tête, mettant à mal sa tentative pour se relever.
Au dessus d’eux, les dominant par sa posture, sa présence, son existence même et sa toute puissance, Oaxaca psalmodie, leur promettant milles supplices.


A cet instant, une barrière d’ombre sépare le groupe des aventuriers du reste du champ de bataille. Une voix vibrante et assurée tonne. Autoritaire, elle ordonne aux mages d’oublier leurs sorts et de donner une forme et un but à nos magies, qu’elle est capable de décuplée grâce à sa propre magie.
Une femme se trouve à l’opposé de Maâra, debout, inflexible, terrible à sa manière. Peu portée sur la confiance, Maâra hésite d’autant plus qu’elle peine encore à se convaincre que la Déesse ne détournera pas sa magie, tel un apôtre de l’obscurité. Mais la douleur, la sensation que quelque chose de pire s’annonce pour son salut la persuade d’agir car c’est peut être là leur dernière réelle chance de faire basculer le terme de cette promesse d’apocalypse.
Les mages se conforment tous aux nouvelles règles et soudain, les magies se déchainent. C’est un véritable torrent chaotique qui s’abat sur Oaxaca. La terre se soulève et s’élève, la lumière et l’ombre se mêlent aux éclairs … leurs pâles magies impuissantes deviennent dévastatrices, le corps d’Oaxaca est percé, découpé, agité et dépecé par leurs puissances décuplées.
Et alors que la terre se referme sur elle, que la lumière et l’ombre déchirent son corps, le vent s’y infiltre et la broie de l’intérieur, détruisant la moindre parcelle de ce réceptacle de chair et d’os.
Car simple réceptacle était ce corps. La véritable Oaxaca apparaît des restes noircis de son cocon charnel. Décharnée, mutilée, horrifique, presque intangible, elle se dresse déjà devant eux. Terrifiant, son visage n’est plus qu’une énorme mâchoire semblable à un vortex denté insatiable.

Maâra se tord de douleur, les mains sur les oreilles pour échapper au cri sanglant. Ce qu’elle lui fait n’a pas de nom, elle ne parvient pas à dompter la douleur, à l’apprivoiser ; cette douleur est indescriptible, décuplée par une terreur envahissante, vicieuse et fatale. Elle le ressent au plus profond d’elle bien que tout son être tente de le refouler. Elle a peur pour son âme à nouveau et cette fois, la Déesse a déjà la main mise sur Elle.
Maâra lutte contre cette image de toutes ses forces, de toute son âme ; elle refuse d’abandonner. Peu lui importe qu’elle meure aujourd’hui, mais pas comme ça.

Mais tout n’est pas fini. Des magies sont encore à l’œuvre et dans le ciel, une vision fait chanceler la Sindel. Brytha est réapparu, impossible ! Elle ne peut avoir vaincu le Dragon et revenir ainsi, triomphante et auréolée de puissance. Impossible !! Ses propre paroles lui reviennent en mémoire : elle ne doit pas vaincre, elle ne doit pas gagner en puissance !

A genoux dans le sang, la boue et les humeurs, elle regarde la rune dans sa main. Sa dernière chance, car elle ne peut faire confiance à sa magie. Mais cette fois, elle ne doutera pas.

((Entendez mon Appel, Créateur et Dieux de Yuimen, regardez ce qui se passe, voyez là la somme de toutes les erreurs commises. Elle n’est et ne sera JAMAIS reine ici. JAMAIS elle ne dominera ce monde, elle n’est adulée que de marionnettes et d’esclaves … nous ne sommes ni l’un ni l’autre. Nous sommes libres !
Elle n’est responsable que de ses actes, pas de son existence ! Réparez vos erreurs en l’invitant à vous rejoindre ou pleurez de voir ce monde disparaître pour la détruire. Dussions-nous être maudit pour cela, elle mourra aujourd’hui !!))


Un fragment du pouvoir du grand livre du destin se trouve dans sa main, un symbole dangereux qu’elle s’était un jour promis de ne pas utiliser, espérant se prémunir de faire la même erreur que ceux qui lui avaient transmis ce don sans le vouloir, ni le savoir.
L’heure n’est plus à la précaution. L’heure n’est plus … ils sont aux portes du néant. La victoire ou la Mort, c’est tout ce qui lui reste. Blotti dans son esprit torturé, son Faera pleure.


Les bras levés vers Oaxaca, elle presse la rune entre ses deux mains.

« ARI OAXACA LA DIVINE ! Tout jusqu’à son âme s’il le faut ! »



((utilisation de la rune détruire sur Oaxaca))
Maâra _-_ Sindel _-_ Nécromancienne _-_ Maître des Runes
Ceux qui pensent que les morts appartiennent au passé, ne savent rien du futur.

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Xël
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Xël » ven. 8 oct. 2021 15:34

La violence de la bataille reprend. Le cri de la charge. Le fracas du combat. Le rugissement du dragon. Le sacrifice d’une Déesse. La magie d’une autre. Je joins ma magie au reste de l’affrontement chaotique qui se prépare entre les deux armées. Entre l’apparition de fantômes aux silhouettes reconnaissables, à l’orage menaçant qui recouvre le ciel, aux charges téméraires des aventuriers. Ezak est l’un d’eux, filant comme une rafale de vent, porté par ma magie. Une magie que je m’octroie également pour me donner le plus de chance possible de vaincre tandis que je sens une magie protectrice de lumière m’entourer.

J’entends Ezak me demander un portail pour le mener à Oaxaca. J’ai foi en lui, il a une idée derrière la tête. Mais alors que je m’apprête à lui apporter ce qu’il souhaite une tête immense de dragon surgit du sol, prête à nous pulvériser. Mon souffle se coupe, mes muscles se tendent et ma magie me fait défaut. Je reprends mes esprits grâce à Faëlis derrière moi qui m’apprend qu’il s’agit d’une vision. En effet la gueule béante et mortelle disparaît en un instant. Je suis alors projeté au sol, heureusement sans être blessé et alors que je me redresse je reconnais une voix que je ne pensais pas réentendre un jour. De même qu’un étrange lien que je ressens avec ma magie, comme si j’étais sur Aliaénon. Je la sens bouillonnante, en attente, réagissant à mon moindre ordre conscient ou inconscient. Je sens mon âme subir une blessure mais celle-ci est vite écrasé par une présence qui ne s’était plus montré si vive depuis les Landes
Noires. Finarfin est là. Je sens son attention focalisée sur Simaya qui a également fait son apparition et qui d’une voix forte confirme ce que je ressentais, elle apporte avec elle la magie d’Aliaénon. Je libère ma magie qui jaillit de mes mains pour partir comme des projectiles de baliste vers une Déesse qui encaisse déjà plusieurs sorts l’ayant propulsée dans les airs et électrocutée. Elle retombe quand ma magie l’atteint, pénétrant ses narines, ses oreilles, ses plaies pour la détruire de l’intérieur et la faire littéralement exploser. La puissance de la magie d’Aliaénon.

Mais ce n’est pas terminé, du cadavre en morceaux s’élève une forme immonde et famélique au visage muni d’une gueule ronde garnies de petites dents. Elle pousse un cri d’horreur qui me fige de terreur alors que je sens mon esprit subir une nouvelle attaque et que j’aperçois du coin de l’oeil Sim’ qui s’effondre. J’entends la voix de Fin’ qui secoue mes entrailles. Hurlant de douleur et me suppliant de la sauver. Il me donne la force de vaincre ma peur pour agir. J’arme mon bras droit, prêt à se dresser en avant alors que les couleurs de mon tatouage se mettent à luire sous mon armure. De mon bras gauche je laisse échapper une dose de magie qui forme un portail devant moi. J’y enfonce mon bras droit avec force et rapidité pour atteindre la gueule immonde d’Oaxaca. Pour y enfoncer mon membre jusqu’à la glotte et saisir ce qui peut l’être. Bientôt elle subira le souffle de mon dragon.

(( Génère un portail face à la bouche d’Oaxaca pour enfoncer son bras à l’intérieur de la Déesse et saisir ce qu’il peut.))

(Capa active : Equilibriste. Retour de fluide. Plastron du Karathren. Chant de Leyna +5 au jet de touche. Furie +15 au jet de touche ( 3 tours.) Inspiration d’Heartless ( +7 au jet de touche). Immunité à l’ombre ( 1 tour.). Bonus d'initiative via la furie.
Pm : 8/15

Port d’un bouclier (- 10 au jet de touche adverse). Orage terrifiant ( -15 au jet de touche adverse). Furie ( - 15 au jet de touche adverse. 3 tours).
Enchantements : -6 aux dégâts d’ombre. -2 aux dégâts de feu. -2 aux dégâts de foudre.)
Modifié en dernier par Xël le ven. 8 oct. 2021 16:53, modifié 1 fois.

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Relonor
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Relonor » ven. 8 oct. 2021 16:02

C’est sous l’apparition soudaine d’un orage malveillant que la charge est donnée. Unis comme un seul homme et par une formation et un synchronisme parfait, les soldats d’argents s’avancent vers leurs ennemis, arme en main. En face, les orques de la déesse noire déferlent comme une énorme vague impitoyable. Se bousculant entre eux, piétinant ceux qui ont le malheur de tomber, le chaos règne dans les rangs avec un seul objectif, tout détruire au nom d’Oaxaca. Deux styles de combats sont visibles. D’une part la stratégie militaire, le déplacement orchestré pour maximiser l’efficacité des troupes, et de l’autre la brutalité à l’état pure, capable de briser les formations d’un simple coup de bras.

Centré sur la sombre déesse un vide se crée, ne laissant qu’un nombre limité de protagonistes. Parmi eux, c’est l’intervention de la déesse d’argent qui fait sensation. Elle se rue sur le dragon à une telle vitesse, que l’éclat de son épée laisse une traînée lumineuse, disparaissant en entrant au contact de la tête du dragon. Gorgée d’une magie démentielle capable d’ôter la vie de toute être présent, mais c’est à peine si ce monstre se soucis de la blessure. D’un claquement de sa gueule, il gobe la déesse comme un vulgaire insecte trop gênant. Cependant, aussi puissant qu’il puisse être, l’insecte n’en est pas moins un être divin. A l’intérieur de sa gueule, une succession d’explosions surgissent au travers de la dentition de la bête. Des dents se font emporter au loin, propulsées par la puissance divine de l’être emprisonné, qui ne parvient pas à se défaire de son geôlier.

Puis un cri retentit. Puissant de détermination, touchant tous les individus autours par son mélange de désespoir et de colère. De la gueule du dragon, une épaisse fumée s’en échappe, accentuée par la forte respiration de la bête ailée. Après avoir enveloppé la déesse, c’est le dragon qui est ensevelit de tout son être, revêtant un épais manteau de nuage. La terre se met à trembler, comme si la planète entière était prise de spasmes, annonçant la fin de ce monde. Puis tout s’arrête. Comme s’ils n’étaient plus, dragon et déesse n’avaient plus une seule marque de leurs présences. Seule une goutte d’argent tombe des cieux jusqu’au sol, comme une ultime larme de son sacrifice. Un sacrifice qui ne restera pas vain, car l’un de ses généraux pousse tous les êtres à se jeter sur la reine noire.

Autour d’Oaxaca, ses généraux les plus fidèles se dressent face à leurs agresseurs. Mais ce n’est pas tout. Ouvrant un bijou à son cou, deux esprits s’en extraient pour rejoindre le bouclier protecteur et prennent un aspect fantomatique. L’identité de ses êtres pour qui ne les connaît pas n’est pas chose aisée, cependant, la puissance qui émane d’eux permet d’entrevoir des individus particulièrement puissants de leurs vivants.

En face, l’ancien amiral de la déesse où se trouve l’elfe noir, hurla sa colère.

"A MORT ! BUTEZ-MOI CETTE REINE DES CONNASSES !"

Il charge, alors que son comparse reste là où il se trouve, imité par le général des nains et les siens, de l’autre côté du champ de bataille. Bien d’autres encore rejoignent l’effort face à la terrible menace qu’est Oaxaca, alors que la déesse est protégée par ses plus grands fidèles, ainsi qu’un garzock non loin de Relonor. La scène à de quoi surprendre, cependant l’elfe noir est obnubilé par un tourment intérieur. Depuis son échange avec la générale hinïonne, ses pensées ne cessent de le hanter.

(Vous avez raison. Nul ne vous acceptera plus.)

(Vous avez raison. Nul ne vous acceptera plus.)

(Vous avez raison. Nul ne vous acceptera plus.)

Provoquant une contrariété dans les premiers instants, elles se sont lentement insinuées dans la tête du shaakt, gangrenant son esprit et accentuant sa colère. Haïssant tous les êtres qui ont le malheur de montrer une supériorité face à l’enchanteur, ce qui représente ici la quasi-totalité des êtres présents, ce sentiment corrompt ses pensées et lui donne une impression de faiblesse flagrante. Ici, il n’y a que des êtres qui se croient supérieur à une déesse et donc à Relonor également. C’est déjà trop pour le shaakt qui ne voit pas deux camps s’opposer, mais un amas considérable d’individus à éliminer. Ainsi, plus personne ne le méprisera. Pourtant, son esprit vacille complètement lorsqu’une elfe bleue vient chanter au plus près de ses oreilles. Un ultime affront qui donne qui offre au shaakt une cible, ou plutôt plusieurs, avec les compagnons de cette créature des mers à la voix si irritante. Regroupé devant lui, un groupe de trois agit contre la déesse à la chevelure de feu.

"Baalsameth, renforce ta magie !" Ordonne l’elfe noir qui serre la poigne de son épée, bien décidé à éliminer ces misérables individus.

Tandis qu’un chaos générale prend place sur la scène, à base de magie et d’aptitudes physiques aussi diverses que variés, ciblant Oaxaca semble immunisée aux attaques physiques. Les trois êtres devant Relonor continuent d’être aussi pénibles, à l’image de l’éarionne qui ne cesse d’être un danger pour les tympans du shaakt.

(Vous avez raison. Nul ne vous acceptera plus.)

(Vous avez raison. Nul ne vous acceptera plus.)

(Vous avez raison. Nul ne vous acceptera plus.)

Tel un vers qui s’enfonce dans les entrailles de la terre, cette maudite phrase prononcée par la générale hinïonne rend fou Relonor, les mains sur la tête à s’en griffer le visage, qui ne voit plus qu’un unique visage sur les êtres qui l’entourent. Tous portent les traits de l’elfe blanche, ainsi que son mépris des shaakts. Une hinïonne qui braille, une autre mi-elfe, mi-arbuste et une troisième avec un cache oeil. Alors que l’une des trois mêmes hinïonnes chante à la gloire de Moura, Relonor laisse finalement sa colère s’exprimer. Comme un animal sauvage qui n’a que trop longtemps été restreint, sa libération est explosif. D’abord un simple murmure lorsqu’il parle, sa voix devient plus forte jusqu’à hurler, en désirant se faire entendre jusqu’aux confins de Yuimen.

"Si personne ne m'accepteras, je ferais en sorte qu'il en soit de même pour tous ! Baalsameth, attaques les tous et toi, ferme ta putain de grande gueule de poiscaille !"

Joignant le geste à la parole, il vise le bras nu de la chanteuse. S’il ne parvient pas à l’atteindre, ce n’est pas le cas de son invocation qui touche la générale en peau de bois et noircit son buste.

La générale peau de bois n’apprécie visiblement pas la vengeance de l’elfe noir. Elle aurait pourtant dû s’y attendre après l’échange de coups, avant que toutes les âmes ne disparaissent. Ca et cette proposition de mettre fin à la vie de Relonor. Pourtant, ces trois différentes elfes blanches semblent surprises. Pendant que n’a-qu’un-œil use de son arbalète pour viser le shaakt, peau-de-bois gesticule pour vraisemblablement user de sa magie. Alors que son échec face à la beuglante fait grincer les dents du shaakt, pire encore que la mort elle-même, la générale avec le teint d’une noyée ne cesse de chanter en évoquant l’elfe noir.

"Et voilà qu'il dévoila son visage maudit !
Le fourbe mille fois honni !
Se qualifiant de banni,
Lui qui aurait pu rejoindre la confrérie,
Allait connaître de Moura la furie !"


Dans son flot incessant de rimes horripilantes, Relonor ne compte cependant pas se laisser faire.

"Baalsameth, empêche-les de m'atteindre et toi, ferme ta putain de grande gueule d'huître !"

Hurlant pour cesser cette atrocité vocale, c’est tout son être qui se voue à l’extinction de la beuglante. Sa frappe touche enfin sa cible et fait gicler le sang. Mais ces trois garces n’en sont pas devenues générales pour rien. N’a-qu’un-œil touche, non pas l’enchanteur, mais son invocation qui disparaît subitement en recevant le coup. La beuglante génère un puissant jet d’eau qui repousse l’elfe noir en laissant une blessure assez grave au torse en guise de souvenir. Au sol, il ne remarque pas le léger amas de boue de peau-de-bois, l’intervention d’Oaxaca prend le pas sur le reste.

"Jamais vous ne pourrez m’exclure ! Dussé-je tous vous tuer un par un, je serai Reine ici, Déesse vivante régnant sur le Monde, exécutant mes opposants et élevant mes fidèles. Ce petit jeu a assez duré, voyez maintenant le pouvoir d’une déesse !"

Ecartant les bras, elle provoque un souffle magique qui renverse tous les êtres présents. Atteignant jusqu’aux troupes qui nous entourent, cette démonstration magique est assez puissante pour faire déstabiliser Relonor, alors qu’il se trouve déjà au sol. Après ce choc, ses idées sont légèrement remisent en place. Les traits de visage de l’hinïonne s’effacent, déchirant l’illusion dans laquelle l’elfe noire s’est enfoncé. Chaque individu au sol se relève et de sa position éloignée, le shaakt perçoit que le mal qui l’atteint, est partagé par tous. Comme un début de maux de tête, l’enchanteur perçoit que cette blessure est engendrée par la déesse noire et perpétuant son incantation, elle s’accentuera avec le temps, engendrant une mort certaine à ceux qui y ont été touchés.

"Mages, oubliez vos sorts, donnez à votre magie la forme et les buts que vous lui souhaitez ! Je porte avec moi la magie d’Aliaénon, décuplée en puissance. Contraignez cette déesse sombre, pour la survie de tous !" Déclare une femme inconnue non loin de l’elfe noir.

A ces mots, une importante bulle noire se répand sur le champ de bataille entourant Oaxaca. Des mots qui laissent entrevoir des possibilités uniques pour les manieurs de magie et une chance pour le shaakt de semer la mort comme jamais auparavant.

"Laisse tomber ! Tu creuses ta propre tombe, tête de nœud ! Tu comprends pas ce qu'Oaxaca est en train de faire ?! Mytha, Leyna, on part chasser la baleine ! Et toi l'cinglé, dirige ta folie vers ceux qui te veulent vraiment du mal !" Hurle un homme possédant un cache-œil.

Ses camarades se désintéressant du shaakt, Relonor a donc tout le loisir de porter son intérêt, là où elle est nécessaire : Oaxaca.

(Ainsi, nos aptitudes magiques nous offrent un tout nouveau champ d’action. Il est certain que bon nombre de ces mages vont s’en servir contre Oaxaca, immunisée contre les attaques physiques. Qu’importe si j’étais dans une illusion, les mots de la générale ne portent en eux que la vérité. Nul part je n’aurais de lieu où je serai en sécurité si je trahis le clamp Omyrien. En revanche, si je parviens à participer à la mort de tous ces résidus de pseudo-guerrier vaillant, au moins je resterai dans l’histoire, effrayant chaque être vivant de la simple évocation de mon nom !)

Parmi les guerriers de mêlées, certains parviennent à l’atteindre gravement, en arrachant une partie de son être dans une explosion sanglante de chair. Nul ne pourrait survivre à un tel choc. Or, Oaxaca est une déesse et de surcroît, accompagné par des fidèles qui ne craignent pas la mort, à l’image de Relonor. Brandissant sa main portant le bouclier en l’air, il dirige son épée en direction de la déesse noire pour lui servir de ligne de visée. Canalisant sa magie, il suit à la lettre les consignes de la mage de l’ouest. Usant du maximum de ses fluides possible, il ordonne à sa magie de dérober la vitalité des êtres présents et guide ce flot de puissance dans la direction de son épée, pour accroître la puissance et la résistance magique d’Oaxaca. Cependant, loin d’obtenir son objectif, il parvient cependant en usant de ses fluides, à refermer les plaies d’Oaxaca qui jouit désormais de chair nécrosée.

Il n’est pas le seul à tenter d’user de ses nouveaux pouvoirs magiques et ceux qui en sont démunie cherche à s’accrocher à la déesse pour l’immobiliser. Un enchaînement de magie spectaculaire se génère à la fois dans lequel chacun y va de son intervention, influencé par la simple puissance de sa créativité. Un fouet à la lumière solaire vient attraper la déesse, une main sort du sol pour l’attraper sa cheville, des lianes poussent et arrachent ses vêtements, allant jusqu’à dévoiler sa poitrine et un étrange collier à son cou. Les pouvoirs des mages continuent à l’image de la sphère d’eau et de sang pour asphyxier la déesse, qui se voit brise dans un étau entre un sort terrestre et un du ciel. Le choc est violent, repousse tous ceux qui avaient tenté de l’arrêter et éclatant la bulle d’eau. Le déchaînement de magie atteint finalement son paroxysme, lorsqu’un amas d’air vient s’engouffrer en elle, gonflant son corps jusqu’à dépasser les limites possibles de son corps, en une explosion finale de chair et d’os.

Sauf que la déesse n’en serait pas une si cela suffisait pour trépasser. Touchée su durement par la magie, ce qui reste de son être ne permet plus de déterminer s’il s’agit d’une femme, d’un homme, ou même d’un être humain. Seule une silhouette humanoïde dans un restant de vêtement rouge, une tête avec rien de plus qu’un trou renfermé sur lui-même, telle était l’apparence actuelle d’Oaxaca, qui de son simple aspect, parvient à effrayer le shaakt et certainement tous les autres intervenants. Pas une frayeur qui naît lorsque quelqu’un nous surprend non, il s’agit-là d’une peur viscérale qui s’enfonce au plus profond de l’être, faisant frémir l’âme elle-même. Comme si l’essence même de la vie, ancrée en chacun des êtes vivants, venait pour la première fois de se rendre compte de la présence d’un prédateur naturel. Toujours présente, la magie d’Oaxaca atteignant les êtres s’aggrave de nouveau. Cependant, des individus, ou plutôt des créatures, n’avait pas encore usé de sa magie. Une liche, qu’on aurait pensée du côté de la déesse, appelle diverses créatures intangibles des ombres et les envoie tournoyer autour de la déesse, comme une tornade née du sol et désirant dévorer sa proie. Puis c’est au tour d’un dragon longiligne d’user de sa magie pour agresser celle que tant d’êtres cherchent à terrasser. Propulsant sa magie dans le corps de la déesse, celle-ci s’arrête de crier, préférant porter ses mains à la tête.

Pourtant, malgré tout ce déferlement magique, Oaxaca tient bon. Elle démontre par sa seule présence qu’aucun mortel n’a le pouvoir de mettre fin à son existence. Tandis que la bulle magique disparaît, privant ses adversaires d’un avantage conséquent, Brytha revient. Apportant avec elle un éclat brillant, celle qui laisse entendre avoir triomphé du terrible dragon, regarde sa consœur divine et son état lamentable face aux mortels.

(Non ! Cela ne peut s’achever ainsi ! Il ne manque rien pour tuer toutes ces misérables crevures. Il faut gagner du temps, juste un peu plus de temps.)

Dans le désir de faire croire à une faiblesse tant physique que mentale, Relonor se prépare à générer un obus magique pour au pire, gagner un peu de temps, au mieux, anéantir ses ennemis.

(Que fais-je ? Je n’aurais peut-être pas le temps de lancer mon sort ! Non, il y a bien mieux à faire !)

Arborant son sourire le plus carnassier, il tend son bras armé vers la déesse noire et manipule ses fluides aériens pour accroître la rapidité de la souveraine de l’effroi.
Furie zéphyrienne sur Oaxaca Rang 2 : 2 tours, +10/-5 aux jets de touche.
le lanceur accélère les mouvements de la cible du sort grâce à une poussée venteuse de sorte qu’il frappe en premier quoiqu’il advienne, augmentant aussi ses chances de toucher et d’esquiver.
PM : air 6/8 - ombre 4/4
Ecu moyen (-10 aux jets de touches adverses)

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Jorus Kayne
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Jorus Kayne » ven. 8 oct. 2021 16:09

Finalement, les maigres discussions prennent fin. Les uns chargeant vers les autres, la magie de protection des mages les prépare à un affrontement violent et parmi eux, quelqu’un lance un rayon dans l’œil du dragon, qui se tait l’espace d’un instant, nous offrant un avant-goût de la terreur que son simple grondement de colère peut offrir. Les premiers coups venant d’être lancés, ils annoncent le début de l’ultime combat contre le dragon noir et sa sombre maîtresse. Un affrontement qui déterminera l’avenir de nos vies, ainsi que le sort de tout le Nirtim, pour ne pas dire de Yuimen tout entier, si Oaxaca parvient à sortir vainqueur de cet affrontement. Mais comment gagner ? Comment vaincre une déesse et son terrible dragon, lorsque nous n’avons avec nous, qu’une divinité aux objectifs secrets et son armée de soldats d’argents ? La solution réside-t-elle en nous ? Des soldats, mercenaires, aventuriers, pirates, saltimbanques qui a le malheur d’être au mauvais endroit au mauvais moment, ou peut-être est-ce là la simple définition d’un héros ? Quelqu’un qui se trouve en un endroit précis, à un moment donné et qui risque sa vie pour s’opposer au mal ?

"A l’assaut ! Pas de pitié !" Hurle la sombre déesse à ses troupes.

Pourtant, dans le camp Omyrien, nombreux sont ceux qui refusent de se soumettre, à l’image de ses propres généraux, trahissant la volonté de leur maîtresse, mais également des chefs garzocks qui refusent de se lancer dans la bataille. Les troupes qui acceptent finalement de se battre, affrontent les forces de Brytha, qui ont l’avantage de ne pas être affaiblis par des heures de combats. Qu’importe, c’est dans un espace autour des nombreux mercenaires, aventuriers et déesses que va se jouer la victoire d’aujourd’hui. Et celle dont le général ne m’inspire guère confiance par ses propos, va me surprendre, en s’attaquant sans hésiter à l’immense dragon. Sa lame, luisante d’un concentré de magie, vient transpercer la bête seule à être en mesure de recevoir un coup pareil, sans trépasser. Grondant de tout son être, il ne compte pas laisser son adversaire sans rien faire. D’un geste d’une vivacité surprenante pour une créature de son gabarit, il claque sa gueule d’un coup sec sur le corps de son ennemi divine, comme on le ferait pour un insecte un peu trop téméraire, écrasé entre deux grosses paluches. Prisonnière encore vivante, elle se débat face à son geôlier à l’aide de puissantes explosions de magie. Hormis quelques dents, le dragon ne cède pas sous la pression de l’être divin, dont personne n’envie le sort funeste. Pourtant, loin de se laisser faire, Brytha use de sa magie, dans un cri équilibré entre le désespoir et détermination, colère et ferveur. Une épaisse brume se répand, enveloppant l’énorme créature ailée. Cette expansion magique est accompagnée d’un tremblement de terre qui semble atteindre tout le continent tant il est puissant.

Comme si la déesse de l’équilibre voulait un juste-milieu avec magie visuellement spectaculaire, sans trop impacter sur l’environnement, tout s’arrête. Le sol redevient aussi solide et fixe qu’avant et la brume se dissipe lentement, ne laissant de la présence du dragon que d’importantes empruntes de son corps.

"Sus à la Reine Noire ! Mort à Oaxaca, pour le sacrifice de Brytha !" Hurle mon précédent interlocuteur de l’armée d’argent.

Ainsi, Brytha s’est sacrifiée pour le bien des peuples. Moi qui craignais le coût de leurs agissements contre Oaxaca, comme l’a mentionné celui qui mène désormais les troupes d’argents, je vois. Je vois désormais ce qui nous reste à faire si l’on souhaite renverser notre ennemi. Tous les êtres se lancent à l’assaut d’Oaxaca, dans l’espoir que nous parviendrons à mettre fin à ses plans diaboliques. Je ne suis pourtant pas aussi habile que mes camarades. Les récents combats m’ont démontré qu’il me reste un chemin important à parcourir avant de représenter un danger. Cependant, j’ai d’autres armes à ma disposition. Grâce à l’arbalète de Xenair, je suis en mesure de tirer des carreaux d’arbalètes, idéals ne serait-ce que pour mettre une pression supplémentaire à nos adversaires.

Pendant que je m’équipe de mon arme, Oaxaca ouvre son pendentif et laisse échapper deux âmes. Si elles n’ont plus rien d’humain, il n’est pas difficile de reconnaître l’effroi qu’au moins un des deux à fait naître de son vivant. Gadory qui s’était vu rejoindre les morts, qu’il utilisait selon son humeur, revient survoler le sol marécageux. Il est certain que l’autre spectre doit être un des lieutenants, précédemment trépassé.

"A MORT ! BUTEZ-MOI CETTE REINE DES CONNASSES !" Hurle un homme sous un tas d’armure à l’ouest.

Guidé par un chant entrainant et le spectre de Gadory étant déjà occupé, j’use de mon arbalète pour viser l’autre être fantomatique et lui opposer une gêne. Je fais malheureusement un excès de zèle et mon carreau atteint par mégarde, le mollet du meneur des guerriers d’argent, qui arrête sa course pour me regarder. Sans mot ni mouvement, il me scrute, se demandant probablement si je ne serais pas un agent d’Oaxaca.

(Non désolé, Jorus est juste pas doué !)

(Ha ça va hein ! Et pis c’est de sa faute à lui aussi !)

"Mais qu’elle idée de se mettre devant aussi !" Fais-je pour justifier mon terrible échec.

Malheureusement pour moi, ma cible première n’a pas manqué mon intention et c’est en me regardant qu’elle use de sa magie. Mes sens s’affaiblissent. Ma vue se trouble et je ne perçois à l’oreille, qu’un écho du combat qui a lieu tout autour de moi. Juste avant que cela n’arrive, j’ai vu Sibelle aux prises avec le spectre de Gadory. Dans mon état actuel, mieux vaut éviter de tirer à nouveau.

(Sachant ce dont tu es capable avec la pleine possession de tes moyens, c’est judicieux !)

C’est effectivement la meilleure chose à entreprendre. Autour de moi, mon environnement n’est pas d’une grande netteté. C’est à peine si j’arrive à discerner les individus lorsqu’ils se battent les uns sur les autres, alors tirer dans le tas… Pourtant, il y a bien une chose qui me paraît claire, même avec ma vue amoindrie. La tête du dragon noir s’extirpe du sol. Il est si près et si énorme que je n’ai aucune peine à cerner les détails de son être. Même le grondement de sa gueule son perceptible à travers de l’écho. Pire même, il donne à son grognement un effet plus terrible encore. Aucune chance que je puisse me tromper avec une autre créature. C’est bel et bien le dragon noir qui refait surface après avoir disparu sous le brouillard. Ainsi, même Brytha a échoué dans son combat face à son adversaire et son sacrifice rendu vain.

(Qu’est-il envisageable de réaliser lorsque le prédateur même de l’espoir est devant nous ? Que pouvons-nous faire devant un tel adversaire ? Que puis-je faire moi ?)

Pourtant, aussi terrible qu’il soit, la présence du dragon disparaît lorsque la voix de Faëlis me parvient. Il n’est tout simplement plus, comme s’il n’avait jamais réapparu. Bien que la terreur était tout ce qu’il y a de plus réelle, tout cela n’était qu’en fin de compte, qu’une simple illusion magique.

(Comment une telle chose peut-elle être que le simple fruit d’une magie illusoire ?)

(La magie prend bien des formes Jorus, entre les mains d’un mage compétent, elle peut être terriblement dangereuse.)

Pourtant, l’effroi n’est jamais très loin. Des ombres, des spectres et de nombreuses apparitions d’outre-tombe nous entourent. Quoi de mieux après avoir eu la présence illusoire du dragon noir, que d’affronter une déesse, entourée de nombreux êtres issus du royaume des morts. Autour de moi, nombreux sont ceux qui continuent de lutter contre la déesse noire. Bien que ma vue ne soit pas excellente, j’arrive à percevoir que l’armure d’Oaxaca semble souffrir de quelques désagréments, notamment lorsque le chef des troupes d’argents la pulvérise de sa lance. Non loin des spectres, un étrange orage vient abattre sa foudre et toucha l’un d’eux. Au travers de l’écho qui perturbe mon audition, j’entends une voix qui ne me plaît absolument pas.

"Jamais vous ne pourrez m’exclure ! Dussé-je tous vous tuer un par un, je serai Reine ici, Déesse vivante régnant sur le Monde, exécutant mes opposants et élevant mes fidèles. Ce petit jeu a assez duré, voyez maintenant le pouvoir d’une déesse !"

Trop rapide, trop soudain ou juste trop flou, quelque chose vient me percuter et me projette au sol, comme le reste des êtres dotés de jambes. Ce n’est qu’en me relevant en extrayant l’eau, qui s’est une nouvelle fois trouvé un passage jusqu’à mes poumons, que les choses commencent à devenir plus nettes et tout aussi effrayant. La reine noire d’Omyre se pavane les bras tendue et une douleur à la tête se fait sentir. Comme une légère migraine le lendemain d’une beuverie, dont j’aurais évité de trop me charger en alcool. Rien de trop inquiétant en soit.

(Pour une déesse, je m’attendais à quelque chose de plus puissant, j’en suis presque déçu !)

(Non Jorus, ce n’est pas qu’un simple mal de tête, c’est ton âme qui est touchée. Elle continue d’incanter sa magie et nul doute que ce mal s’aggravera. D’ici peu, vous ne sevrez plus en mesure de vous battre et si la magie pourrait vous soigner, ce dont je doute, il y a trop peu de guérisseurs pour que tous survivent ! Jorus, il faut l’arrêtez ! Vite !)

Après réflexion, c’était peut-être plus grave que ce que je l’imaginais et cette conclusion est partagée avec d’autres. Venant de l’Ouest, une femme aux traits reconnaissables apparaît. Simaya, la mage d’Aliaénon, aux pouvoirs surprenant. Un voile noir nous englobe comme une bulle atténuant la lumière et sa voix se fait entendre.

"Mages, oubliez vos sorts, donnez à votre magie la forme et les buts que vous lui souhaitez ! Je porte avec moi la magie d’Aliaénon, décuplée en puissance. Contraignez cette déesse sombre, pour la survie de tous !" Déclare une femme inconnue non loin de l’elfe noir.

Elle vient offrir aux utilisateurs de magie, la capacité de modeler leurs pouvoirs surnaturels comme bon leur semble. De ce que j’ai vu de la magie sur Aliaénon, espérons que cela ne se retourne pas contre nous. Malgré cela, pe ne suis pas peu fière d’avoir participé à son sauvetage lorsqu’elle a sacrifié sa vie pour sauver un maximum d’individus à la Tour d’Or. Puis c’est au tour de Cromax d’inviter ceux ne possédant pas de pouvoirs mystiques.

"Guerriers, Sans Magie, nos armes ne peuvent rien contre elle ! Ruez-vous sur elle, il faut l’immobiliser !"

Nombreux sont ceux qui répondent à son appel. Qu’il s’agisse de simples aventuriers, aux individus à l’apparence plus proche du camp adverse. Rassemblés, unis d’une même volonté de permettre aux mages d’user de leur pouvoir le temps que Simaya le permet, nous attrapons le corps d’Oaxaca pour l’immobiliser. Trop occupé à incanter sa terrible magie qui touche l’âme, elle se laisse faire, mais ne paraît pas gêner par les nombreux bras qui veulent l’ancrer au sol. Le monstrueux garzock que j‘ai affronté peu de temps auparavant, vient ficher une énorme hache dans le dos nu d’un colosse, qui se secoue pour projeter la hache comme le ferait un chien mouillé. A la différence de l’eau, c’est une gerbe de sang qui nous éclabousse. Un autre vient foutre sans difficulté, sa jambe dans le corps de la déesse, avant de provoquer une explosion de chair sanglante, dans un divin cri de souffrance. Pourtant, sa blessure vient rapidement se nécroser, l’empêchant d’empirer. Qu’importe, la magie de nos compagnons arrive.

Un fouet, brillant comme le soleil vient ligoter la déesse comme un saucisson. La terre elle-même vient attraper la souveraine des ombres à la cheville et des lianes viennent agripper et déchirer ce qui reste de ses vêtements, que son armure centrale protégeait, dévoilant sa poitrine glabre, ses seins touchés par le froid, pointant comme des lances, entourés des divins mamelons…

(C’est pas un peu fini oui ?)

Bref. C’est également son collier qui attirait mon attention. Réceptacle des âmes de deux des êtres les plus puissants, sous la coupe d’Oaxaca. Le lui délester pourrait nous permettre de supprimer deux gênes intangibles. La magie ne cesse de perdurer et une bulle d’eau et de sang vient se placer autour de la tête de notre cible commune pour l’étouffer. Puis un enchaînement de magie a lieu. La terre elle-même projette la déesse noire dans les cieux, en nous obligeant à relâcher prise, puis les cieux s’en mêlent et une puissante foudre la frappe, explosant la bulle de sang, avant que la terre ne vienne à nouveau la réclamer au sol. Son retour soudain nous projette en arrière, sans subir une nouvelle chute.

Hors de portée de notre ennemie, nous sommes aux premières loges pour assister aux pouvoirs de Xël. Car il n’y a que lui pour insuffler sa magie aérienne par tous les pores de la déesse, la faisant gonfler comme un vers aqueux, qui explose après avoir atteint les limites de son corps physique, terminant la pluie de chair et de sang. Seul son collier reste indemne, mais dénué de son cou pour le maintenir, il est également projeté. Pourtant ce n’était pas le moment choisi pour Oaxaca de mourir. Bien que les deux spectres serviteurs aient disparu, sa présence à elle est toujours de ce monde et plus effrayante que jamais. Un être ni vivant ni mort, ne possédant plus rien d’humain ou de féminin, affublé d’un maigre voile et d’un unique orifice denté pour composer son visage. Cette vision provoque un effroi terrible au plus profond de mon être, comme si je venais d’apprendre que la vie possédait elle aussi un prédateur et que ce dernier, avait très faim. Ses bras rachitiques se lèvent et ce mal de tête commence à prendre des proportions dangereuses.

Pourtant, il restait des êtres sont la magie n’avait pas encore fait son office. De nombreux esprits des ombres se mettent à danser autour de la souveraine de l’effroi, dans une tornade lugubre. Puis la magie du dernier dragon de Yuimen, on l’espère, s’infiltrent dans le corps d’Oaxaca pour la blesser si gravement, qu’elle se tient ce qui reste de sa tête entre ses mains. Aucun son de sa gueule, aucune confirmation que nous pourrions la tuer d’un moment à l’autre et dans le désespoir de ne pas y parvenir, Brytha réapparaît, visiblement victorieuse du terrible dragon noir, survolant son ennemie affaiblie par les mortels.

Nul ne sait ce qui va advenir de nos âmes dans les instants qui vont survenir et de mes petites dagues, je doute être d’une utilité suffisante pour pencher la balance de notre côté. Or, il y a une chose qui m’est possible : mettre la main sur son collier. Seul rescapé de sa précédente propriétaire, il pourrait, en plus de garder les âmes en lui, être doté d’un pouvoir qui protégerait sa maîtresse.

C’est avec un estomac rempli d’une peur indigeste, que je m’évertue à retrouver cette maudite babiole.
A la recherche du collier perdu.

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Tergeist
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Tergeist » ven. 8 oct. 2021 17:17

Dans le chapitre précédent...

Evénement : La fin d'une ère.

41 : Combat divin.

Le combat démarra, brutal, par la charge du Garzok à la hache qui rajouta une couche de fanatisme à son discours. Au dessus de leurs tête à tous, le nuage d’Orage de Cherock se forma, sombre menace grondante, tonnant d’un avertissement clair et précis : l’élu de Valyus n’était plus là pour accorder sa pitié à qui que ce soit. Au même moment, la Grise Déesse entra finalement dans la danse, de même que ses troupes, qui chargèrent les troupes d’Omyre. Des troupes Garzoks qui furent amputées d’un grand nombre de leurs forces : celles de Karsinar refusèrent de prendre part au combat en l’honneur de la déesse qui avait attaqué leur chef de guerre pour avoir voulu venger leurs camarades injustement sacrifiés. Celles de Crean suivirent elles aussi ce mouvement, sous la demande ferme de leur général. Le Premier des Treize était le seul à savoir si les paroles du fulguromancien avaient influencées son choix, car il se retira sans dire un seul mot. A travers son casque à moitié arraché, le jeune homme eu un mince sourire : s’il mourrait aujourd’hui, ce ne serait pas de celle d’un homme l’ayant déjà vaincu par le passé.
Une série de collisions s’en suivit : celle des deux armées, dans un fracas d’acier et d’os qui tourna rapidement à l’avantage des troupes grises fraîches qui enfoncèrent les rangs omyriens déjà fatigués. Vint celui du Liykor squelettique de la liche, qui intercepta de son bouclier la charge du Garzok cuirassé. Arriva ensuite celui d’un disque noir, tournoyant, projeté depuis les mains de la magicienne aux côtés de Tobias Arthès qui cibla le dragon et son immense œil. Des dégâts superficiels, sans l’ombre d’un doute, mais qui eurent le mérite d’interrompre la mélopée du sombre messager de la mort. Qui participa au dernier choc, celui avec la déesse grise qui fonça vers sa gueule, lame au clair. Une vitesse prodigieuse… Qui fut outrepassée par le Dragon Noir, malgré ses dizaines de mètres de haut et sa masse titanesque.

Ses terrifiantes mâchoires claquèrent, emprisonnant Brytha dans une terrible étreinte au niveau de sa taille qui la broierait sans l’ombre d’un doute. Elle ne s’avoua cependant pas vaincu et une succession de flash grisâtres échappèrent de la gueule de mort. Tous plus puissants les uns que les autres, pulvérisant et brisant les crocs de l’être divin, qui tombèrent au sol. Mais… Ce n’était pas suffisant. L’engeance de Phaïtos continuait de mordre la déesse qui malgré toute sa force, ne parvenait pas à se défaire de cette emprise, ni à infliger des dégâts convaincants à la créature. Le seul espoir de l’Ynorien commençait à s’éteindre avant même d’avoir pu briller…

Si Cherock avait poussé par le passé des cris de rage, aucun n’était comparable à celui de Brytha. Un hurlement sourd, étouffé par les dents en partie brisée du Dragon, mais qui résonna dans toutes les poitrines du champ de bataille, et de cet espace clos autour des déesses et des aventuriers qu’avaient formées les armées. Une brume s’échappa du corps de la déesse de l’équilibre, un voile grisâtre qui recouvrit en une poignée de secondes elle et son adversaire titanesque, les cachant à la vue de tous. Puis le nuage se dissipa aussi vite qu’il était apparu, emportant avec lui les combattants divins. Brytha, dans un ultime sacrifice, avait emporté avec elle le messager de la mort.

(C’est… Fini ? Aussi simplement que ça ?)

Il était frappé d’incrédulité. L’apex predator avait été neutralisé aussi simplement, rapidement ? C’en était presque absurde. Bien qu’il ait nécessité le sacrifice d’une entité divine, et Cherock n’avait aucune foutue idée de ce qu’elle avait fait. Continuaient-ils leur combat autre part sur Yuimen ? Sur un autre monde ? Sur l’Ile des Dieux ? Impossible de le savoir. La disparition du mastodonte n’arrêta cependant pas les combats, car il restait toujours Oaxaca sur le champ de bataille. Ses fidèles se battaient pour elle, pas pour le Dragon noir. Rien n’était encore joué.
Devant lui, le Garozk cuirassé armait déjà sa hache, dans le but de balayer largement et avec fureur du tranchant de sa lame Yliria, la liche, son servant qui se relevait de l’impact et Cherock. Le pire était qu’il semblait viser les jambes de Cherock, soit la partie la moins protégée de son corps avec ses bottes de foudre ! Il fallait l’arrêter dès que possible. Et avec autant d’épaisseur d’acier sur lui, les attaques armées étaient bien trop hasardeuses. La magie de foudre était le meilleur choix.

La liche eu visiblement le même raisonnement : de sa main, un souffle noir fusa en direction de la poitrine et transperça de part en part le colosse vert. Les effets ne se firent pas attendre : le coup amorcé de sa hache ne parti jamais, et à travers la fente de la visière, l’Ynorien vit la lueur dans les yeux du Garzok s’éteindre. Une fraction de seconde plus tard, la foudre de Cherock illumina l’intérieur de ce même casque, ainsi que traversa sa poitrine de la même manière que le trait d’ombre juste avant. Dans un fracas de métal, leur adversaire s’effondra sur le tapis de Kendrans.

(… C’aura été rapide.)

(Espérons que la suite se déroule mieux.)

Avec son champ de vision libéré, il constata que deux silhouettes inquiétantes, fantomatiques, éthérées, avaient rejoints la reine sombre. Des spectres à l’aspect menaçant. Mais qui ne découragea pas un grand nombre des guerriers de la coalition alliée, Cromax en tête, de se ruer sur eux et leur maîtresse. Parmi ses ennemis, restait donc ces trois là, Khynt, Tal Raban et Leona : que de puissants mages. Posant le marteau à terre, Cherock glissa sa main libre dans son dos, se saisissant de la fiole bleutée que le père No Hell lui avait offerte, peu avant son départ d’Oranan. Une essence de glace, qu’il avait eu le temps d’identifier pendant le voyage : c’était un dérivé d’un fluide de glace d’une pureté absurde, qui une fois consommée, renforçait la résistance de celui qui l’ingérait contre les sorts. Amy lui avait indiqué que la cryomancie était très connue pour être une école de magie réputée pour ses protections magiques particulièrement efficaces. Cherock avait lui lu que les différentes protections élémentaires dont certains boutiquiers magiques paraient les armures étaient un dérivé de sorts de glace. Aussi, contre des adversaires usant principalement de magie, cette fiole était redoutable. La débouchant d’un pouce, il en absorba d’une traite le contenu.

« Boire de la banquise » est peut être l’expression la plus proche de ce que ressenti l’enchanteur, grimaçant en sentant sa gorge le brûler et ses dents crisser sous le froid mordant. Mais cette désagréable sensation disparut rapidement, alors qu’il voyait une mince pellicule de glace miroitante se former sur lui, sans gêner le moins du monde ses mouvements. Il était temps de s’occuper de la suite des événements.
Karsinar avait rejoint la bataille contre Oaxaca, complètement désarmé -encore que, Cherock n’avait pas envie de se faire cogner par les enclumes qui servaient de poings au Prédateur. Néanmoins, il ferait assurément plus de dégâts avec une arme dans ses immenses paluches. Avec le tapis de cadavre sous ses pieds, les armes n’étaient pas ce qui manquaient… Il se força à baisser les yeux pour y chercher une arme, évitant un maximum tout les visages figés dans des expressions terrifiées. Et il n’eut pas à chercher longtemps : la hache du Garzok fraîchement abattu semblait taillée pour un combattant de sa carrure, en plus d’être d’une qualité remarquable. L’enchanteur n’était pas du genre à piller les cadavres, ni à se moquer de ses adversaires… Mais celui-là l’avait mis hors de lui.

"T'avais mieux à faire, ouais : éviter de foncer tout seul comme un demeuré," asséna-t-il en se remémorant ses dernières paroles, comme quoi il avait mieux à faire que de s’en prendre à Yli. Appelant ses pouvoirs de foudre, il fit voler la hache avant de la faire flotter à travers le champ de bataille en direction du Prédateur, donnant de la voix. "KARSINAR ! ATTRAPEZ CA ET METTEZ LUI UN COUP DE MA PART !"

Dans un monde parfait, Karsinar aurait saisit la hache avant de fendre la poitrine en deux d’Oaxaca avec. Mais sur Yuimen, rien n’était simple. Et sur Yuimen, la nécromancie existait.

Malgré les terribles dégâts subit et sa mort indéniable, le propriétaire de la hache leva une main et intercepta son arme, s’aidant même de cette dernière pour se relever. Une scène surréaliste, alors qu’il se dirigeait d’un pas traînant vers la mêlée autour d’Oaxaca qui semblait faire fi des attaques physiques. Il allait prendre ses alliés à revers, et ça Cherock ne pouvait pas le permettre.

"Yli, il faut que…" dit Cherock en se retournant vers l’endroit où la semi-shaakte se trouvait pour trouver un espace vide de sa présence. Devant ses yeux, il ne voyait que le capitaine Heartless et ses compagnons, dont la prêtresse de Moura qui chantait, encore et toujours, galvanisant leur coalition, prônant la victoire de la déesse des flots sur Oaxaca. Mais aucune trace de la jeune fille. Pourtant, il sentait bien la présence de la marque du Tonnerre Volant présente sur son serre-tête, non loin de lui. Avait-elle trouvé un moyen de se rendre invisible ? Ou de rétrécir pour passer inaperçu ? Il n’en savait rien, et n’avait pas vraiment le luxe de se poser plus que ça la question.

Il soupira mentalement. Le luxe de se reposer, de se poser des questions. Depuis le début de la journée, il n’avait eu de cesse de se faire cette réflexion. Et ça commençait à lui peser…

Oaxaca, elle, commença à faire jouer son ascendance de fille du Dieu des fluides obscures, et nièce du Dieu des morts : les âmes nouvellement fauchées par la guerre faisant rage s’amassèrent autour d’elle et se mirent à errer à proximité, ce qui devait être terrifiant pour les malheureux autour d’elle. Cherock reporta donc son attention sur le Garzok qui fuyait. Sa résurrection n’annonçait rien de bon et il devait s’en occuper avec le mage squelettique tant qu’il était encore….

(Je suis tout seul, maintenant ?)

Ses alliés s’étaient tous précipités sur Oaxaca et les spectres qui semblaient tout aussi insensibles que la déesse aux armes blanches. Il recentra alors son attention sur eux, et sur Khynt. Le Garzok n’était pas la priorité : il pourrait facilement être mis hors d’état de nuire. Il fallait avant tout se focaliser sur la garde rapprochée d’Oaxaca.

Un nouveau nuage se forma juste au-dessus d’Oaxaca, et alors que Cherock refermait son poing, il s’ouvrit en trois puissants éclairs qui ciblèrent Khynt et les deux spectres. Un seul toucha, le spectre à l’apparence féminine, qui accusa le coup et fut interrompu dans son action, quelle qu’elle était. Au même moment, Yliria réapparut aux côtés de Cromax, brandissant deux runes qui transformèrent l’armure d’Oaxaca en glace avant que cette dernière ne vole en cristaux gelés sous l’assaut d’une nouvelle attaque. Son action téméraire payait, comme celle de tous. L’enchanteur commençait à y voir un espoir. Peut-être, que…

La déesse noire rugit de colère, menaçante. Une onde de choc se déploya, balayant tout le monde, alliés comme ennemis, qui furent jeter à terre, parmi les cadavres. Cherock regarda le ciel avec un air hébété, le visage mouillé par la pluie qui continuait de pleuvoir. Une position inconfortable, le bord saillant d’une armure de plates lui rentrant dans les côtes et le forçant à se lever avant qu’un mal lancinant ne se mette à lui lacérer le cerveau. Sa tête lui faisait mal… Mais la douleur ne semblait pas d’origine physique. Sans doute était-elle magique, voir pire : son âme même pouvait être toucher, et Oaxaca n’avait pas l’air de vouloir s’arrêter là, comme la douleur semblait progressivement s’accroitre.

Il porta un regard sur son bras gauche et vit sous les écailles de léviathan, sous le cuir et le tissu, la cicatrice qui parcourait sa peau. Celle d’un excès de magie, celle de la foudre charcutant sans pitié son corps. Mais qu’était un bras, quand on pouvait sauver Nirtim, Yuimen tout entier. Engloutissant une potion de magie, ses réserves fluidiques remplies à ras bord, Cherock se conditionna à encaisser la douleur à venir. Il allait peut-être brûler l’intégralité de son bras, faire courir la fureur de milles orages dans ses veines, mais Oaxaca allait goûter à sa colère. Et Valyus, Zewen ou qui que put être le Dieu providentiel qui l’écouta prit sa résolution avec sérieux et lui envoya les moyens de ses ambitions.

"Mages, oubliez vos sorts, donnez à votre magie la forme et les buts que vous lui souhaitez ! Je porte avec moi la magie d’Aliaénon, décuplée en puissance. Contraignez cette déesse sombre, pour la survie de tous !"

Une femme apparut de derrière Xenair, venue de l’ouest. Joignant le geste à la parole, elle déploya une sorte de sphère aux volutes obscures, englobant l’intégralité de leur combat. Aliaénon. Ce mot que Cherock ignorait il y a quelques jours, il le connaissait désormais. Le monde relié à Oranan par un fluide particulier, dans lequel Xël s’était aventuré. Il abritait des dragons, et cette femme prétendait qu’elle pouvait permettre aux mages de s’affranchir des limites de leur magie ? Pour la restreindre ?

Cherock n’avait rien à perdre. Ses yeux se tournèrent vers le ciel, une nouvelle fois, et le nuage d’orage tonnant. Une masse de foudre et d’énergie qui ne demandait qu’à s’exprimer. Ne manquait plus qu’à lui de lui fournir un médium pour se déchaîner. Tous les guerriers dépourvus de magie immobilisèrent Oaxaca, se jetant sur ses bras, ses jambes. D’autres comme Yliria la restreignirent avec leur magie, à l’aide de fouet de feu doré ou en condensant sang et eau autour du visage de la déesse, l’asphyxiant lentement. Puis vinrent les attaques.

Cela commença avec un guerrier kendran qui se matérialisa de nulle part dans le dos de la déesse, l’Ynorien ne savait comment, et lui arracha l’intégralité des côtes droite d’un coup de pied, répandant sang et viscères divines sur le sol. Mais il ne regardait pas distinctement, trop occupé à canaliser sa magie. Ils voulaient l’immobiliser ? Il avait le sort parfait pour ça. Lançant la vigne symbolisant l’Electrocution dans le nuage de foudre, il le maintint dans la masse sombre, la faisant se gorger d’énergie. Autant qu’il le pouvait. Modelant lentement la foudre à l’aide d’un autre de ses sorts, Arme magique, s’inspirant du fouet de la semi-shaakte. Puis, sentant qu’il ne pouvait plus retenir sa magie et atteignait son point critique…

" RAAAH ! "

… Il abattit son marteau, accompagnant de ce mouvement la lame de foudre ornée de vignes qui fendit le ciel droit sur Oaxaca. Coup du sort, une colonne de terre souleva la déesse dans le même mouvement, la portant plus vite à la rencontre de sa foudre. Elle se fracassa sur le corps déjà meurtri de la déesse, qui fut ensuite encastrée dans le sol par la même colonne de terre, repoussant tous les guerriers l’ayant maintenus jusque là. D’autres sorts s’abattirent, réduisant en charpie son enveloppe charnelle qui finit par littéralement exploser. Enfin, Oaxaca n’était plus.

C’était une victoire de courte durée.

Une silhouette cauchemardesque s’extirpa de la carcasse brisée, à la peau blafarde et rosée, portant une robe effilée de lambeaux qui semblait faire partie intégrante du corps. Le visage ressemblait à un orifice monstrueux, garnis de cheveux roses fins, cassant. Cette figure sans traits, ni yeux, ouvrit sa bouche garnis de dents pointues terrifiantes pour pousser un cri qui l’était encore plus. De la terreur, brut, jetée au visage de tous ceux qui l’entourait. Une terreur dépassant celle du malheureux enchanteur se trouvant face à un Crean invincible qu’il ne parvenait à toucher et qui les balayait un à un. Une terreur comparable, voir surpassant celle qui avait submergée Cherock en découvrant le Dragon noir juché sur les remparts de sa cité. Une terreur qui doucha sa colère, sa tristesse, sa détermination. Ses mains tremblantes commençaient à laisser glisser ses armes, alors qu’il baissait la tête, regardant le sol pour ne pas affronter l’objet de sa peur. Une nouvelle fois, la fuite lui vint comme sa seule solution, celle qu’il devait choisir à tout prix.

(Fuir… Mais fuir où ?)

Entouré par deux armées, il ne pouvait pas courir sans avoir à traverser une marée de soldats. Il pouvait encore utiliser une de ses marques, rejoindre sa mère, loin à l’Est, à Shory… Mais pour quoi ? Laisser Oaxaca massacrer tout le monde, pour ensuite le traquer pour l’avoir mutilée de sa foudre ?

Sa fuite, elle était devant lui. Sa fuite, c’était la raison de sa peur. Sa fuite, c’était Oaxaca, et sa mort. Alors après, il pourrait fuir.

Cherock releva difficilement les yeux, et vit une Oaxaca flottante à quelques mètres du sol, se tenant la tête entre les mains, entourés des âmes qui semblaient avoir changés de camp et avoir décidé de venger leurs sœurs, sacrifiées au Dragon noir. Le sergent Kiyoheïki lui faisait face, nimbé de lumière. Les volutes noires qui formaient le champ de la magie d’Aliaénon avaient disparus, rompant sans aucun doute l’amplification de leur magie. Et, surprenamment, Brytha dominait de ses paires d’ailes bicolores la scène. La déesse grise était de retour, et posait un regard indéchiffrable sur la scène. Allait-elle intervenir ? Et où était le Dragon noir ? Tant de questions. Si peu de temps pour y répondre, encore.

Fermant les yeux, Cherock se transforma en un pur courant de foudre, fondant dans les cieux. Il ne voulait pas courir vers la déesse qu’il avait juré d’abattre. Sa faible résolution de l’affronter ici et maintenant et de ne pas rester immobile ou pire, prendre les jambes à son cou, ne tiendrait pas à une charge volontaire dans sa direction. Pas alors qu’il devait pour ça courir sur les corps de dizaines de Kendrans, lui faisant perdre un temps précieux. Pas alors que sa tête lui lançait de plus en plus, et le rendrait peut être incapable de bouger avant même d’atteindre Oaxaca. L’espace d’un instant, il oublia la peur, et se gorgea d’une vision d’une Nirtim parcourue de nuage, de l’océan infini s’étendant à sa droite, les montagnes au nord, la chaine de Karathren se découpant au loin à l’est. Nirtim était belle. Yuimen était beau. Il ne pouvait pas laisser le monde être détruit par une déesse aussi folle.

Alors il descendit à une vitesse prodigieuse, atterrissant juste devant Yliria, la plus proche d’Oaxaca. Il ne toucha même pas le sol, matérialisant sous ses pieds à un mètre du sol un socle d’air sur lequel il prit appui, puis s’élança verticalement en direction d’une Oaxaca peu attentive. Il comptait la foudroyer en plein visage, mais un des portails de Xël se forma entre lui et sa cible, à travers les âmes tournoyantes. Qu’à cela ne tienne : sacrifiant son dernier socle, il prit une nouvelle impulsion dans les airs pour se propulser sur son flan, le marteau chargé de foudre. Face à une créature d’horreur, entourée d’âmes vengeresse, la terreur l’étreignit une fois encore. Il douta. En était-il…

(Arrête de te poser des questions Cherock, et frappe par tous les dieux !)

Le rugissement d’Amy lui fit reprendre ses esprits, et rugissant toute sa peur à son tour, il tendit son marteau à travers les âmes et voyant plus que sentant sa masse entrer en contact avec la Déesse, il lâcha sa foudre en plein dans ses côtes. Là où le cœur, si tant est qu’une déesse aussi cruelle en avait un, était logé.


HRP :
  • Utilisation de Choc des éclairs Rang 3 : 3 PM, 2 rendus si le sort passe.
  • Classe magie principale - Capa héroïque de Heartless - Chant de Leyna : 5 + 7 + 5 = +17 à la touche.
  • Sort lancé avec Marteau runique de Valyus (arme magique à deux mains) + Capacité héroïque de Heartless (Blessure grave à la tête) = +2 aux jets de blessure.
  • Grand bouclier (expert) + Orage terrifiant rang 3 + fiole d'esprit de l'Hiver = -30 au jet de touche contre Cherock contre les attaques physiques lancées sans arme de qualité Héroïque, -45 contre les sorts.
  • Statut :
    • 20/20 PE.
    • 16/16 PM.
    • Blessure grave à la tête (Esprit / âme).
    • Sous Dopage Rang 3 (2h30 restantes).

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Ezak
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Ezak » ven. 8 oct. 2021 19:16

Il y avait là un nombre impressionnant de personnes rassemblées autour d’Oaxaca. Beaucoup de visages inconnus pour moi, mais d’autres plus connus. Kurgoth mais aussi Rougine qui, lui aussi, avait échappé à sa sentence. Jusqu’au bout Solennel aurait échoué. Je ne pus m’empêcher de cracher sur le sol lorsque je reconnus mes anciens geôliers, lieutenants d’Oaxaca. Les pourritures…

Je fus néanmoins ravi d’apercevoir la silhouette d’Azra et de na pas le comptabiliser au nombre des tombés. Avec Xël, en plus de lui, je savais avoir de solides alliés, de braves kendrans pour me soutenir. Nous ne fûmes pas arrivés à leur niveau que les hostilités commencèrent. Le petit monde autour de la Déesse noire s’agita et ce fut le moment qu’Oaxaca choisit pour sommer l’ordre d’attaquer. Les troupes de la Reine s’élancèrent, mais pas toutes, nombreuses furent celles qui restèrent en retrait. Les troupes de Brytha et celles de la Reine Noire s’entrechoquèrent. Il en fut de même pour Brytha qui, alla s’écraser contre le dragon noir dans une explosion magique qui resonna dans mon poitrail. Toute déesse qu’elle était, elle ne paraissait pas moins minuscule face au dragon qui la croqua comme une mouche. Elle se débâtît, la moitié du corps enfermée entre les dents du dragons, et puis au bout de quelques secondes, dans un hurlement qui sembla recouvrir tout le champ de bataille, elle fit naître une brume, la même qui avait vu apparaître son armée et elle disparut avec le Dragon Noir, lorsque celle-ci se dissipa..

J’étais estomaqué, bouché bée devant ce que je venais de voir. Brytha, venait de nous sauver, de secourir notre monde. Les mots de l’invisible remontèrent en moi et je compris qu’ils n’étaient pas des sons simplement jetés en l’air. Brytha, était la véritable sauveuse de ce monde et pour la première fois de ma vie, je me sentis touché par une divinité. Elle s’était sacrifiée pour nous, pour nous donner une chance. Les mots de son lieutenant amuré, emplis d’émotions parvinrent alors à mes oreilles.


« Sus à la Reine Noire ! Mort à Oaxaca, pour le sacrifice de Brytha ! »

Je fus porté par cet élan, ayant été témoin de ce miracle. Je m’élançais vers Oaxaca. Devant elle deux spectres semblaient la protéger. Je m’élançais vers eux et sentis une aura lumineuse m’envelopper ainsi qu’une aura venteuse, qui accru mon agilité. J’étais protéger par Xël, et aussi un autre, Faëlis ou Jorus, je n’aurais su le dire, mais il fit bien. Car après avoir évité mon attaque l’un des spectres tendit sa main vers moi pour me lancer un sort qui ne m’égratigna pas une seule seconde alors qu’une elfe portant une énorme hache arriva à mes côtés. Mais mes yeux se dirigent déjà vers la déesse noire, c’etait elle l’ennemi le plus dangereux, chose à caractère divin contre laquelle nous avons bien peu de chance. Mais j’étais encore animée par le geste de la dessses Brytha, il vibrait à travers moi. Je le savais à présent, c’était en se battant pour mes convictions que je vaincrais, quitte à me sacrifier. J’hurlais à l’attention de Xel alors que je tentai une fois encore de transpercer le spectre.

« XËL AMÈNE MOI À LA REINE NOIRE ! »

Mais rien ne vint. Mes lames passèrent au travers du spectre sans lui causer le moindre tord et je n’aperçus pas de portail se former près de moi. Je tournai la tête pour apercevoir le mage, pétrifié, probablement sous l’influence d’une quelconque magie. Je jurai alors qu’Azra arriva à mes côtés. C’était lui le spécialiste de la mort. Cette affaire de spectre était la sienne. Je lui jetai un rapide regard.

« C’est pas un ennemi pour moi ça. Occupe t’en ! »

Je filai vers Oaxaca les lames pointées vers l’avant poussée par la magie de Xël alors que d’innombrables spectres filaient partout aux alentours. Rien qui ne me perturba, j’avais le pouvoir de Vlash avec moi. Je ratai tout de même mon coup, en ayant la surprise de voir apparaître près de moi une Shaakt, qui, en plaquant ses mains sur l’armure de la déesse prononça des mots runiques, qui transformèrent l’armure d’Oaxaca en glace. Le lieutenant de Brytha la brisa en plantant son épée dans son armure qui commença a se mouvoir en ombre. Il rétracta alors son geste et son arme reprit sa forme. Oaxaca, enervée de se faire ainsi attaquée de toutt part se fit menaçante et je sentis mon esprit vaciller, pris pas une migraine soudaine. Elle faisait étalage de ses pouvoirs divins. Je m’apprêtais à attaquer de nouveau mai une voix, comme sortis d’outre-tombe m’interpella. C’était celle de Simaya qui exhortait les possesseurs de magie à lui donner la forme qu’ils souhaitaient. Je crus d’abord halluciner, mais en regardant dans sa direction, il me semblai que je l’aperçus. Je ne pus m’empêcher d’écarquiller les yeux en reconnaissant celle qui m’avait fait confiance quand le Gouverneur Teruki était prêt à me faire pendre. La seule qui, à l’époque avait crus mes mots, lorsque j’avais avoué être sous les ordres d’Oaxaca dans le but de la détruire de l’intérieur, celle qui m’avait sorti des geôles de Fan-Ming pour que je puisse accomplir ce dessein. Je lui devais autant qu’Andelys et Satina alors je n’eus aucun mal à lui faire confiance.

Vint ensuite la voix de Cromax qui confirma que nos armes n’avaient pas le moindre effet sur Oaxaca. Le souvenir d’Aliaenon en moi, je songeai à ma prothèse indestructible, celle qui, imprégnée de fluide obscure, m’offrait un pouvoir ponctuel. Poussée par la présence de la Sombreroc je l’activai, me changeant en ombre pour me retrouver dans le dos de la Reine Noire, traverser le corps d’Oaxaca de ma prothèse. Lorsque je repris consistance, son flanc droit explosa. Elle hurla alors que tombais à la renverse couvert de cette explosion de chaire. Mais la blessure que je lui avais infligé se referma aussitôt, laissant une chaire nécrosée la où je l’avais détruite. S’en suivit un déchainement de violence que j‘eus à peine le temps de comprendre, il semblait que les éléments du monde se déchaînèrent sur Oaxaca alors, que les guerriers sous les conseils de Cromax la maintenaient. La foudre lui tomba dessus, elle fut avaler par la terre, les vents se déchainèrent contre elle à tel point qu’à la fin il ne restait du corps d’Oaxaca qu’un amas de chair noircie qui explosa me recouvrant encore plus de déchets organique. Au sol, à ses pieds, je m’apprêtai à me relever mais je fus bloqué par la nouvelle vision qui s’offrit à moi.

De l’amas de chair d’Oaxaca sortit un chose, un monstre, une entité dont la simple vue me parcouru d’effroi. Je ne compris pas ce qui m’arriva, je fus déboussolé. C’était la première fois depuis moultes années, depuis le jour ou je devint l’héritier de l’armure de Vlaash que je sentis la peur fouiller mes tréfonds en plein combat. J’eus envies de hurler, de saliver, de m’enfuir à toute vitesse, loin. Loin de ce combat, loin de l’horreur, je me sentis prêt à parcourir le continent en courant à toute jambe portée par la vitesse de mes bottes, par la magie de Xël. D’ailleurs je reculai sur mon séant pour amorcer cette fuite, tremblant, le visage déformé par l’effroi, alors que mon mal de crâne grandissait, je me sentais sur le point d perdre de pied. Et alors que je m’apprêtais à fuir, mon regard tomba sur Brytha, au-dessus d’Oaxaca. La deesse était là, observant la bataille. . Me revînt à nouveau son sacrifice, son don d’elle-même pour notre salut. Je fus inspiré par sa présenceJe n’avais pas le droit de fuir. Alors je luttai contre mon instinct attrapant dans ma besace à rune la première qui me vint en main, avant de me relever d’un saut carpé. Les âmes commençaient à tournoyer autour d’Oaxaca qui se tenait la tête, semblant souffrir. Je plongeai une main tremblnte à travers le flot d’âmes, pour atteindre Oaxaca en hurlant le nom de la rune.

« AON ! »


[HRP :
-Utilisation de la rune Aon au contact sur Oaxaca.

Effets actifs : -Orage : (-15 aux jets de touche adverses.)
-Furie Zephyrienne de Xël (Attaque en premier, + 15 jets de touche, - 15 jets de touche adverse.)
-Inspiration du Baron des mers (+7 aux jets de touche)
-Équilibriste amélioré
-Immunisé à la peur(sauf contre Oaxaca.) (Armure)
-blessure graveà la tête
14/46 PE]

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Heartless
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Heartless » ven. 8 oct. 2021 20:35

Lorsque Sirius, Mythanorïe, Leyna, Perailhon, Xenaïr et le shaakt Relonor rejoignirent le centre de la bataille, ils comprirent instantanément que, quoi qu'il puisse arriver, celle-là était la dernière. Oaxaca, dans sa sombre majesté, était cernée de guerriers de tous bords, certains connus, d'autres inconnus, au milieu de la mêlée entre ses derniers loyalistes et l'armée grise de Brytha.

"A l’assaut ! Pas de pitié !" déclara la Déesse Noire, faisant écho au terrible rugissement du Dragon.

Alors que le final de la guerre grondait, fer contre fer, sorts contre sorts, la déesse Brytha se jeta sur la bête de Phaïtos. Un combat digne des sagas divines qui tourna bien vite à l'avantage du Dragon Noir, qui était parvenu, malgré un barrage de sorts enragés, à enserrer la divinité entre ses crocs. Ce qui se passa ensuite devait être vu pour être cru. Rassemblant les derniers vestiges de sa puissance, Brytha emporta la créature avec elle dans une explosion aveuglante. Lorsque la poussière se dissipa, il ne restait plus rien des deux combattants, si ce n'étaient quelques crocs brisés et une goutte d'argent en fusion solitaire, creusant le sol petit à petit, dernier vestige de la magicienne.

Le silence s'était fait roi du champ de bataille, car nul ici n'avait été témoin d'une telle chose de son vivant. Le sacrifice d'une déesse, et la défaite du mal primordial de Yuimen. Cependant, le conflit était loin d'être résolu. Un cri de bataille retentit du côté de l'armée grise, qui chargea d'un pas uni les masses garzorks. Un autre cri, bien moins solennel, avait émané de Perailhon.

"À MORT ! BUTEZ-MOI CETTE REINE DES CONNASSES !"

Venus de l'ouest, les confrères suivirent le carapacé dans sa charge. Autour d'Oaxaca, c'était une guerre différente qui se déroulait. Il n'y avait au centre du combat nul fantassin, nulle piétaille, seulement les serviteurs les plus loyaux de la Déesse et les rares individus assez courageux pour l'attaquer de face. En pénétrant dans ce cercle, Sirius ressentit la joie et la terreur de se voir côtoyer de si près une lutte historique. Seulement, il s'arrêta avant la mêlée générale qui faisait rage autour de l'ennemie. Ses dernières tentatives désespérées n'ayant pas accompli grand chose, il rechignait cette fois à mettre en danger ses compagnons. Chaque pas qu'il faisait était empli d'une terrible crainte que cette fois, il était allé trop loin, et que ses alliés souffriraient de l'avoir suivi. Il s'arrêta, chargea un trait dans son arbalète, et fit semblant de ne pas avoir peur alors qu'il se tournait vers Perailhon :

"Eh beh, ça en fait du beau monde ! Qui j'dois coucher en premier, à ton avis ?!"
"C’est elle qu’on doit crever comme une truie, bordel. Les autres ouvriront leurs putains d’yeux après !"
hurla le Sang-Pourpre en désignant Oaxaca.

Sirius, qui visait alors la plantureuse Leona, qui jusque-là avait séparé Oranan de ses renforts avec une immense barrière végétale, ravala sa salive et orienta son arme vers Oaxaca. Il redoubla d'arrogance, dans l'espoir de taire ses propres doutes.

"Vas-y Pépé, fais-toi plaisir, j'aimerais bien voir de quoi un prétendu "roi des mers" est capable !"

Alors que Perailho se ruait sur son ancienne maîtresse, Sirius décocha un carreau vers la divine. Contre toute attente, Oaxaca le reçut en plein torse, le trait passa même à travers son armure d'obsidienne. Seulement, pour une raison qui dépassait sans doute l'entendement des mortels, le projectile se désagrégea à son contact. Indemne, la conquérante avisa brièvement le borgne du regard. Ce n'était que le temps d'une seconde, mais cette seconde lui avait glacé le sang. Sirius repensa à leur première rencontre sur les rivages omyriens. Se souvenait-elle de lui ? Sans doute pas. Il serait mentir de prétendre que l'ambitieux Sirius Hartingard ne s'était jamais imaginé en pleine confrontation avec la terreur de Yuimen, mais jamais il n'aurait pu anticiper le malaise qu'il ressentait en cet instant précis. Au vu de comment elle endurait sans peine l'assaut d'une quinzaine de combattants héroïques, les semblables de Cromax, Sirat, Kiyoheiki, Ezak et Azraël, il se sentait insignifiant en comparaison. Un intrus dans les pages de l'Histoire, risquant à chaque instant d'être écrasé sous son poids.

Mais une chose l'empêchait très nettement de fuir. Il sentait derrière lui l'esprit combatif de l'oudio et de la dame bleue, qui n'avaient rien perdu de leur courage, même au milieu de cette scène apocalyptique. Leyna entonnait un chant si fier et énergisant qu'il était sans doute emprunt de magie, et Mythanorië, directe, n'avait d'yeux que pour le pendentif dont s'était servi Oaxaca pour ramener à elle les spectres de Sisstar et Gadory, tombés au combat, ranimés au service de leur maîtresse.

"Eh, Sirius ! Aller chiper la babiole au cou d'une garce noire, ça te dit ?"

Oaxaca se mit à léviter au-dessus de ses assaillants, et s'apprêtait à déchaîner un terrible sort. Mais c'était aussi l'occasion de tenter un autre tir sans risquer de blesser un allié quelconque. Sirius décocha un deuxième tir qui, cette fois, rata totalement la déesse. Ce n'était pas étonnant, sa réussite de la dernière fois était davantage due à la chance qu'à ses talents d'artilleur.

"Tu veux pas la Lune aussi, pendant qu'on y est ?!"

Oaxaca revint au sol pour déchaîner un festival de spectres sombres qui répandirent la confusion autour d'elle. Heureusement, Sirius et ses alliés étaient trop loin pour en subir les affres. Mais ils n'eurent pas le temps de planifier leur assaut, car Relonor, invoquant à ses côtés une créature enragée issue des sordides tréfonds de sa psyché, hurla :

"Si personne ne m'acceptera, je ferai en sorte qu'il en soit de même pour tous ! Baalsameth, attaques les tous et toi, ferme ta putain de grande gueule de poiscaille !"

Baalsameth attaque le groupe avec des volutes ténébreux. Une telle magie avait besoin d'un certain temps pour absorber la vie des êtres vivants, mais Leyna comme Sirius étaient trop endurcis pour se laisser affecter. Seulement, Mythanorïe, sans doute à cause de sa composition singulière, sentit son écorce flétrir et poussa un râle de douleur. Dans de telles circonstances, il était difficile d'appeler ce geste une trahison, mais c'était, sans aucun doute, un affront impardonnable. Le borgne était déterminé à rendre chaque mal infligé à ses deux alliées au centuple.

"Tu as osé, bâtard ?!" cria-t-il en décochant un troisième trait vers l'invocation.

Baalsameth fut abattu et disparut sur le coup, laissant Relonor seul face à l'ire de la Confrérie. Un coup tenté à la sauvette sur le bras de Leyna lui arraché un filet de son sang pourpre, mais rien qui ne puisse l'empêcher de continuer le combat. Les deux mages lancèrent l'eau et la terre à la poursuite de l'assaillant. Son corps fut entaillé par un geyser à haute pression provenant des mains de Leyna, mais avant qu'il ne puisse nuire à nouveau, Oaxaca déchaîna ses pouvoirs magiques. Tous, alliés comme ennemis, furent soufflés par sa puissance et tombèrent dans la boue. Tous finirent par se relever, incertains, mais ils avaient ressenti les effets pervers de cet assaut divin. Une douleur inexplicable les étreignait, comme si leur âme-même était en train de se faire étrangler par sa poigne de fer.

Cela ne faisait aucun doute, chaque guerrier le comprit à sa manière : Oaxaca se préparait à dévorer leur essence pour alimenter son pouvoir divin. C'était une énième violation des lois élémentaires de Yuimen, prouvant une fois encore que les dieux opéraient sur un tout autre plan. Avec la promesse d'une mort horrible pour tous ceux qui avaient le malheur de se trouver près d'Oaxaca à cet instant, le désespoir l'emportait peu à peu. Il l'aurait sans doute définitivement emporté sans l'intervention de Simaya Sombreroc, une magicienne originaire de la lointaine Aliaénon. Elle déploya autour de la bataille un dôme magique censé reproduire les conditions singulières de ce monde, un monde sur lequel les fluides semblaient obéir à d'autres lois. C'était la raison pour laquelle Sirat était parvenu à abattre les murs de Fan-Ming. Secondée par Cromax, elle encouragea tous les ennemis d'Oaxaca à donner le meilleur d'eux-mêmes. Seule la magie semblait capable de blesser la conquérante.

Sirius avisa la shaakt fou qui avait pris ces paroles à cœur, et qui délaissa totalement son combat pour envoyer ses fluides sombres vers la Reine Noire, espérant la galvaniser pour accélérer son apothéose.

"Laisse tomber ! Tu creuses ta propre tombe, tête de nœud ! Tu comprends pas ce qu'Oaxaca est en train de faire ?!"

Il pouvait le tuer, là, maintenant, mais cela ne rimait à rien. Il lui tourna le dos dans un geste de défiance, rangeant son arbalète pour la remplacer par la Corne des Profondeurs. Il s'adressa à ses compagnons, le pavillon noir flottant négligemment par-dessus son épaule. La seule chose qu'ils pouvaient encore faire était d'attaquer la divine.

"Mytha, Leyna, on part chasser la baleine ! Et toi l'cinglé, dirige ta folie vers ceux qui te veulent vraiment du mal !"

Répondant aux paroles du borgne, elles déchaînèrent une magie nouvelle, qui participa à un assaut combiné d'une violence inouïe à l'encontre d'Oaxaca. La tueuse aux cheveux flamboyants fut projetée, noyée, foudroyée et frappée de toute parts. Tous les aventuriers doués de magie déployèrent des fluides sauvages d'Aliaénon pour abattre la divine, tandis que les autres la maintenaient en place.

Au final, ceux qui n'avaient pas été rendus aveugles ou sourds par ces multiples déflagrations magiques purent voir l'enveloppe physique de la déesse écartelée voler littéralement en morceaux, dévoilant son enveloppe divine. Une forme odieuse, pâle et cadavérique, sans visage. Un trou béant et dentelé occupait le centre de sa tête, et il ne restait plus de la fière guerrière que quelques rousseurs éparses dans ce qu'il restait de sa chevelure, dispersée sur tout son corps, si bien qu'elle semblait porter une robe écarlate.

Alors que l'incertitude montait, Oaxaca poussa un cri strident qui emplit de terreur chaque cœur vaillant et affaiblit encore les âmes héroïques. Sirius se prit la tête dans les mains, hurlant d'une douleur primale. Pas physique, primale, comme si son corps n'avait aucune importance dans l'équation, et que la déesse pouvait s'attaquer directement à son âme. Simaya Sombreroc regarda le ciel. Son regard était vide. Abattue par les ténèbres oaxiennes et le poids de sa propre magie, elle s'écroula. Au-dessus d'elle, une créature surnaturelle, semblable à une femme cernée de trois paires d'ailes grises, lévita lentement vers le sol. Brytha semblait s'être remise de son altercation avec le Dragon Noir.

Il y eut un bref silence, le temps que chacun gère à sa manière la terreur inspirée par la forme primordiale d'Oaxaca et les doutes engendrés par cette lutte incertaine. Il était difficile de savoir ce qu'il était judicieux de faire en cet instant précis. Poser les armes, en espérant que Brytha porte le dernier coup ? S'éloigner du combat dans le but d'y survivre, quitte à tout abandonner ? Ou charger à corps perdu, en sachant que cela pouvait être le tout dernier geste d'une vie ?

Cette peur, Sirius l'avait déjà ressentie. Précisément sur Aliaénon, dont le souvenir lui était revenu suite à l'intervention de Sombreroc. À la fin du conflit, lorsque la démesure d'un titan bloquait le ciel, que la magie perdait tout contrôle et que le sol se dérobait sous ses pieds, Sirius eut un avant-goût de la terreur qu'il ressentait en ce moment-même. Il avait choisi de fuir, à l'époque. Il s'était engagé dans un conflit lointain, d'abord contraint par la force des choses, puis à la recherche de renommée. Mais à la toute fin, il s'était mis à fuir, sans savoir vers où. Il avait appris, sur ce monde lointain, la cruauté de la guerre, la sensation d'impuissance alors que tout échappait à son contrôle. Il voulait partir, dégoûté par la cruauté et l'hypocrisie qui s'étaient faites les maîtresses absolues de ce genre de scénario.

Dans ce capharnaüm, il était petit, faible, pas à sa place. Juste un rêveur qui voulait devenir un grand, mais qui n'était lui-même pas capable d'assumer la cruauté du monde. Dans la situation présente, fuir était dans sa nature. Il n'y avait pas de mal à ça. Cela ne faisait pas de lui un lâche pour autant. Qui aurait pu lui reprocher de tourner les talons à cet instant ? Sirius était bien conscient que même son égo ne pouvait justifier une telle folie. Et pourtant...

Leyna s'était avancée, le bras ensanglanté. Se dressant fièrement à ses côtés, elle avait ravalé sa peur. Derrière elle, Mythanorië était toujours d'assaut.

"Heartless ! Père ! Ensemble, portons la fureur de Moura !"

Au rythme de ses mouvements, des vagues s'élevèrent dans son dos, un furieux tsunami qui la poussait vers Oaxaca. Portée par l'écume, elle pointa sa dague d'ondyria vers la reine tyrannique. Alors qu'il la regardait partir, espérant rejoindre son père avant de finir sa charge, le borgne laissa s'échapper un petit rire. Comment pouvait-il rebrousser chemin et laisser dans son sillage une sœur d'outremer ? Il n'avait guère besoin de plus. Risquant un dernier regard sur le drapeau qui flottait dans son dos, symbole d'une vie passée à la recherche de gloire et non de calme, il s'arma encore une fois du Harpon des Profondeurs et se prépara à courir dans le sillage de Leyna, embrassant tant bien que mal le courant qu'elle avait engendré. Elle l'avait appelé par un nom qu'il était décidé à abandonner, mais rien que pour cette fois, il pouvait encore prétendre être l'irréductible Sirius Heartless. Le nom avait depuis gagné en ridicule, mais il représentait tout de même le jeune insolent qu'il avait été. Et c'était bien le jeune insolent qui s'attaquait aujourd'hui à la rebelle du panthéon yuiménien, dans le but de "sauver le monde". Même s'il l'avait voulu, il n'aurait pas pu s'écrire un dernier acte aussi cliché. Mais il ne s'en plaignait pas.

"CHARGEZ !!"

Il dirigea son unique œil vers la forme cauchemardesque d'Oaxaca. S'il pouvait rompre sa concentration, lui faire perdre le sens des priorités, ne fut-ce qu'un instant, il était déterminé à tenter sa chance, avec le même masque d'arrogance et de charme qui l'avait accompagné jusqu'à ce moment précis.

"HÉ, OAXACRASSE ! TU VEUX NOS ÂMES ? ÉTOUFFE-TOI AVEC !!"

Au moment de foncer vers son destin, Sirius espérait de tout son cœur qu'il avait encore assez de courage et de force en lui pour cet assaut.


- "Provocation" à l'encontre d'Oaxaca.
- Lancement de la CC "Charge d'estoc" au rang 4 (-8 PE) contre Oaxaca aux côtés de Leyna.
- Relance de la posture "Abstraction de la douleur" au rang 5 (-10 PE)
- PE restants : 28/60
- Capa héroïque "Inspiration" sur tous les alliés dans un rayon de 20m (+7 de touche aux alliés dans la zone, +1 de blessure si allié souffrant d'une blessure grave ou supérieure)
- Réduction des dégâts subis : -3 (Abstraction de la douleur)
- Blessure grave à la tête (20% de chances de s'aggraver d'un cran)
- Bonus au jet de touche : +10 (classe principale + collier)
- Aptitudes RP pertinentes (?) : Équilibriste amélioré, Nage améliorée
Modifié en dernier par Heartless le sam. 9 oct. 2021 10:58, modifié 1 fois.

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Sirat
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Sirat » ven. 8 oct. 2021 23:05

En retrait, il put voir la magicienne sombre lancer l’assaut. Une vague verte s’abattit alors sur ses ennemis. Mais cette vague était amputée d’une partie de sa horde, qui venait enfin de comprendre que leur salut ne se trouvait pas dans l’ombre de la démone. Sirat vit K’nee et d’autres reculer. Leur regard se croisa, un regard entendu sur cette décision, mais un regard empli de peur. C'était la première fois qu’il la voyait comme ça. Mais voir tant des siens embrasser la mort, l’avait bouleversé.



Crean Lorener, marqua aussi sa défiance et le poing levé se recula avec ses hommes.



Un cycle venait de se tourner, il n’y aurait de retour possible pour personne.



Un sacré revers pour Oaxaca, mais sa furie et sa folie l’emprisonnait dans son aveuglement. Elle était sur de sa puissance, elle bombait sa poitrine fièrement et invectivait ses adversaires.



Même ses proches étaient désappointer par son attitude. Une frayeur indicible caressait comme un spectre dans les cœurs.



Pourtant, les armées grises et le reste de la charge se fracassèrent violemment, une complainte de mort raisonna dans la plaine.



l’orage redoublait d’intensité, le sang au sol devenait rivière puis torrent traversant les cadavres et glissait sur leur pas.



Sirat ne fit rien, il restait calme au milieu des cadavres, observant, zélote imperturbable, le temps et le destin faire son office.



Zewen allait agir, il en était sûr. Le point culminant de son travail aidé sûrement par des zélotes dans divers camps avec leurs manipulations, allait enfin trouver une fin un aboutissement.

Un tremblement nerveux parcouru lhumoran, l’attente avait été longue.

Mais cette déesse attaqua le dragon et une danse mortelle se deroula au dessus des regards médusés.

Une étreinte ou nulle ne sortirait vainqueurs. Dans une ellipse ils disparurent dans le néant, ne laissant rien, rien d’autres que le vide et sur le sol de cadavre qu’une larme grise, pleur de cendre et des crocs du saurien.

S’était fini ? Se demanda le zélote. Le destin s'était-il accompli ? En tout cas, il n'y avait plus de traces de ces deux protagonistes. Seuls restaient Oaxaca, terrifiante, impénétrable et fier sur son monticule de mort. Sa chevelure carmin virevoltait en dehors de son casque au gré du vent.

Sirat pensa, à tort, que sa mission était finie et voyant khynt ; il voulu satisfaire sa vengeance. La haine remonta en lui poussé par l’image de la trahison de l’apotre. Le modifié qui en retour d’Aliénon l’avait vendu.


« Khynt ! je t’attends viens assumer tes actes ton destin te fait face!! »

Il tenta une attaque psychique sur le trans genre de métal. Mais rien ne se passa. Il était bien trop loin. Il avança de quelques pas bien déterminé à lui faire mordre la poussière. Mais un groupe faisait de même, chevalier nain et humain s’attaquait à sa proie. Qui osait lui voler, ses représailles. Une rage indicible s’empara de lui, il voulu biser le sol et balayer son ennemi ainsi que ces vauriens. Mais il ne pouvait le faire, la donne avait changé, il ne pouvait punir s' il n’était pas guidé par Zewen.


« laisser moi Khynt ! Sa mort m’appartient ! Allez plutôt aider les autres »

Il entra dans la tête du modifié avec sa magie, berçant ses sens, les déstructurants, il enrésultat une confusion du général de la sorcière.

Un humain se retourna, l’air étonné.

« Vous en disposerez librement une fois neutralisé».

Et il continua de se battre contre Khynt. Celui-ci avait crée une barrière de foudre tout autour de lui et les assaillants pénaient a y pénétrer.


Sirat était fou, on lui volait sa revanche. N’y avait il pas le droit. Il avait tant fait pour la cause de son maître. Il frappa sur le sol et sembla comme un dément, détraqué, hurlant en vain.

« Ainsi seigneur vous me voler ma vengeance, Zewen mon maître vous me montrer que je me trompe de chemin en voulant satisfaire mes intérêt personnel »

Une détonation attira son regard vers la reine noire. Elle venait de jeter un sort et des méandres des entrailles de cette terre à jamais maudite, s’extirpa des âmes térrifiantes et fantômes des orques et des humains morts.

Il vit Sibelle tombé, son cœur se serra. Il ne l’avait pas revu depuis leur altercation.

Elle était à terre et au fond l’étreinte de son égoïsme et sa culpabilité pesa lourd sur son âme.

Instinctivement il fit quelques pas vers elle. Mais il retenu son geste après avoir fait quelques mètres.

« Très bien maître »


Il devait se concentrer sur l’objectif de son maître. En bon cerbère il leva le regard vers sa proie puis vers tous ceux qui s’étaient écartés et restaient inerte à la situation.



« Crean il est temps d’assumer tes décisions, comme je l’ai fait quand tu m’as accroché ce collier à mon cou ! Tu ne peux te contenter de regarder ! si aujourd’hui ils perdent demain elle te traquera et t’asservira. Le destin te regarde ! Attaque la ! »

Puis son regard se tourna sur les armées orques.

« Guerrier aujourd’hui vous vous émanciper ! Aujourd’hui le monde saura que l’on peut compter sur votre nation ! Aujourd’hui suivez celui qui chante ! Entrer dans l' histoire ! Faites renaître votre légende ! Attaquer ! »

Furieux il se tourna vers la sorcière.

« Tu as bien trop blasphémé ! »

Il lança un flux de magie afin de tordre la réalité de la magicienne, de la briser et de la faire plier. Mais il ne se passa rien, son sort passa comme la brise sur la peau et l’armure d’Oaxaca. Pire, Crean ne bougea pas, il fit non de la tête et les troupes firent de même.

Pire, la magicienne écarta brutalement les bras, et une déflagration renversa tant les troupes orques que les armées grises, que tous les aventuriers et les Treize. Tous furent durement projetés au sol, comme de vulgaire fétus de paille. Sirat avait rouler sur le sol, il se releva sans aucune douleur mais fourbu.
Alors qu’il reprenait son souffle il put ressentir un souffle noir s’imposer en lui, il traversait sa peau et caressait ses entrailles se glissant entre elles en les souillant de sa noirceurs. La douleur qui en résulta lui fit porter la main à sa tête . La folle incantait un puissant sortilège

Ils n’avaient plus longtemps à vivre. Car quand la fille aurait finit de parler ils mourront.

Alors, de l’Ouest, une silhouette féline apparut. Celle de Simaya. Une bulle noire enveloppa toute la zone de combat alors qu’elle s’écriait d’une voix puissante :

« Mages, oubliez vos sorts, donnez à votre magie la forme et les buts que vous lui souhaitez ! Je porte avec moi la magie d’Aliaénon, décuplée en puissance. Contraignez cette déesse sombre, pour la survie de tous ! »



Sirat eut son regard quoi s illumina. Il cria son nom pour qu’elle se concentre sur lui.

Il fit tournoyer son marteau et lança des incantations a Zewen et au sans visage au destin. Son fléau tournoya plusieurs fois, brassa le vent et se chargea d’énergie et d’un coup frappa le sol.

Oaxaca qui subissait déjà les assauts consécutifs des aventuriers se vit projeter dans les airs par une puissante colonne de terre qui se changea alors en deux énormes mains, celles de Zewen qui l’attrapèrent et la frappèrent contre le sol.

Suite à cela d’autres sorts vinrent détruire la déesse.

Mais celle-ci n’était pas qu’une enveloppe mortelle et de son corps décharné et sanguinolent s’extirpa une chose que nulle ne pourrait decrire. Une abomination sans nom, un corps humain blafards suintant surmonté d’une gueule monstrueuse sertie de crocs. Une horreur qui terrifia l’assemblée. Sirat ne put soutenir cette vision qui brûla sa cornée et pétrifia son esprit. Une odeur pestilentielle s’infiltra dans ses narines. Il voulait vomir, fuir se tuer… il voulait mourir.

Il ne vit même pas la déesse grise renaître en spectatrice et prédatrice se délectant de se carnage. Elle était suspendu au dessus deux et elle attendait.

Elle attendait quoi… Sirat se cachait le visage. Il luttait de toute ses forces pour ne pas fléchir.

Fou il devait l’être car contre toute attente il rangea son marteau et courir en distordant le temps, bouclier à la main.

Une fois arriver, il sortit alors sa rune et la plaqua sur son écu en gueulant

Vi !!

Et il lança alors le bouclier en direction de la tête de la magicienne.

Hrp : distorsion temporelle 2 tour : premier cours et se rapproche prise d’élan.
Deuxième utilisation rune vi attaque sur bouclier et lancer de bouclier cc rang 4
Bénédiction de Ox +10


Je reprends le rp demain il est posé brut manque de temps pour la maj
Modifié en dernier par Sirat le lun. 11 oct. 2021 10:54, modifié 1 fois.

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Mythanorië
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Mythanorië » ven. 8 oct. 2021 23:25

*<---*

*7*

Notre étrange contingent composé du borgne, de la prêtresse, d'un Pérailhon remonté et d'un élégant assassin se fraye un passage juste à temps pour la fête. Une célébration bien morne, Oaxaca cernée par les survivants aussi charismatiques que nous qui étions tombés dans la boue et perclus de poussière. Le Fléau noir derrière elle psalmodie encore, ignorant aussi bien les peaux-vertes proches que les soldats couverts d'argent. Je ne comprends pas tout de suite ce qui se passe, mais soudainement, une entité ailé fond sur la bête avec l'épée au poing. Elle le frappe, il riposte, une brume se lève et puis... Les deux disparaissent. D'un peu partout, des cris courroucés ou juste emplis d'envie d'en découdre. Le carapaçonné marin gronde aussi un ordre, exhortant à prendre la Déesse pour cible. Mes yeux clairs avisent le collier qu'elle extirpe de sa protection, les clignant plusieurs fois d'affilée lorsque deux spectres émergent comme répondant au geste. Et pas n'importe lesquels si j'en crois le côté oppressant qu'ils dégagent. Est-ce que ce bijou est une sorte de cage ? Capable de contenir des spectres ou des âmes jusqu'à ce qu'elle en ait besoin ?

Serpentins lovés autour de la garde de mon arme, j'avise d'abord l'assassin se tenant presque nonchalamment à la limite de la zone de combat. Lui qui voulait partir loin d'ici, estimant que sa place n'est pas en pleine lutte, se retrouve finalement au plus près de celle-ci. Je désigne la garce noire du chef et l'interpelle.

"Eh, l'assassin. Si on la distraie assez, vous vous sentez capable d'aller la délester de son collier ?"

C'est avec un calme étrangement déplacé qu'il me répond.

"Je ne compte pas intervenir dans cette bataille, ni dans un camp ni dans l’autre. Je ne suis ici que spectateur."

"Une raison particulière à cette passivité ?"

"Je suis vaincu. Je me suis rendu, ma place n’est plus ici."

Là encore, je ne parviens pas à m'empêcher de rouler des yeux. Pourquoi suis-je encore étonnée qu'on ne puisse pas compter sur qui que ce soit hors de la Confrérie dans les circonstances les plus terribles ? Il a toutes les cartes en main pour approcher de la garce sombre et lui dérober ce qui est sans doute un puissant objet, capable de le mettre lui-même à genoux, mais non. Je détourne mon attention de lui, me sentant galvanisée par le chant familier et puissant de Leyna' à côté de moi. Devant nous, entre deux tirades typiques de lui-même avec le général marin, Sirius tire un carreau qui fait mouche. En plein dans le torse de la rouquine, mais... Qui finit dissipé, comme détruit par le contact même de la cible. Enfin quelque chose qui me fait voir le borgne sous un angle plus favorable. Déterminée, je décide de mettre ses compétences à profit.

Tandis que je dégaine, avisant l'un des spectres proches, je m'écrie dans sa direction.

"Eh, Sirius ! Aller chiper la babiole au cou d'une garce noire, ça te dit ?"

Il me rétorque l'une de ses réparties qui me fait un instant sourire, mais bien vite, la vue d'Oaxaca repoussant tous ses assaillants d'une bourrasque de ténèbres me le fait perdre. Comment lutter contre ça ?! J'arrive déjà à peine à combattre efficacement des pirates sang-pourpre dans un lieu mal éclairé, mais là, c'est une maudite engeance divine qui se dresse devant nous ! Mes pensées sont brutalement interrompues par une voix à l'émotion indiscernable, mais bien trop proche de nous. Lame en main, je me tourne vers le shaakt qui avait relevé des squelettes plus tôt. Yeux écarquillés, je ressens une froideur douloureuse frapper mon torse et persister encore et encore. La sensation est si brutale et soudaine qu'un cri m'est arraché. Je tremble et mes serpentins libres agrippent un pan de ma tunique, tirant dessus avec violence. Mon écorce... Elle... Elle s'est flétrie, fanée, comme un végétal cueilli et laissé à la merci des intempéries trop longtemps. Par le passé, j'ai déjà subi moults blessures, mais jamais semblables à cela.

Brutalement, alors que Leyna' chante son ire envers le mage noir ayant attaqué en fourbe et cherchant à la frapper de son arme, je tends mes serpentins libres dans sa direction. Il ne blessera pas davantage un membre de mon équipage ! Mais si un carreau du borgne démolit la créature que j'ai à peine le temps d'apercevoir près du mage sombre et que la Prêtresse frappe durement son agresseur, mes fluides de terre échappent à mon contrôle. Ils ne font que créer un peu plus de cette terre détrempée qui nous entoure. Frustrée, je secoue la tête pour reprendre le dessus lorsque la voix courroucée de la rousse domine les lieux. Elle joint le geste à la parole. Le temps que mes yeux clignent, une brutale bourrasque me renverse par terre, me faisant pratiquement rouler dans le tas terrestre que j'ai ironiquement contribué à créer. Jamais je n'ai autant été malmenée. Je souhaiterais affronter dix fois un Sans-Pitié dangereux mais fondamentalement mortel que cette despote qui n'a rien à faire parmi les vivants.

Je cogne du plat des serpentins au sol et me remets lentement à genoux d'abord, ramassant mon chapeau expulsé par la déferlante. Entre la sensation de lourdeur dans mon torse et le soudain coup imprévisible, j'ai du mal à me relever. Et soudain, une nouvelle voix féminine et inconnue s'élève. Par Moura, combien de surprises vont encore nous tomber dessus ? Est-elle alliée ou ennemie ? Neutre aussi ? Non, car elle s'adresse aux porteurs de magie. J'ai du mal à tout saisir, mais je retiens l'essentiel : pendant un moment, nos fluides prendront la forme et les buts que nous leur ordonnerons. Un sourire en coin se glisse sur mes traits. Je passe le revers de ma main contre mon visage, chassant la terre fluide nichée sur ma joue. Non loin, Sirius interpelle la prêtresse et moi-même pour aller chasser la baleine. Pauvre bête. Être comparée à cette enflure de tyran femelle... Je ne prête attention aux paroles qu'il adresse au shaakt que pour brièvement poignarder ce dernier du regard. Si je survis à tout ceci, je m'assurerai que lui... Non.

Mais en attendant, mes yeux clairs reviennent à sa cible première : le collier pendant au cou de la créature. Donner corps à ma magie. Offrir un but... Je veux mettre la main sur cet objet, mais je suis trop loin. Alors ce sera à mes fluides de le faire à ma place, comme une extension de moi-même. Je me concentre pleinement sur cette tâche. Et soudain, la violence de la magie se déchaine. Pas simplement la mienne qui, bien que sous forme de main, se contente d'agripper la cheville de ma victime. Terre, foudre, ombre. Tour à tour ou en même temps, toutes prennent la sombre créature pour cible. Brisée son armure, transpercée sa silhouette, propulsée dans les airs avant d'être épinglée par un trait de foudre son enveloppe aux allures humaines. Pour finir par enfler, gonfler, comme une voile oubliée en pleine tempête. L'enveloppe s'étire, s'étend de plus en plus grossièrement jusqu'à... Éclater. Des morceaux sanglants sont propulsés, s'abattant sur les présents. Et parmi les fragments, j'aperçois l'éclat du bijou convoité. Son absence des mains de sa maîtresse fait tout bonnement disparaitre les spectres du champ de bataille.

Mon regard se rive sur le tas informe qui reste d'elle et, pendant de longues secondes, un sentiment incrédule et bercé d'espoir m'étreint. Mais cette mince lueur dans les ténèbres est soufflée sans ménagement. Stupeur, effroi. De la carcasse émerge une entité presque indéfinissable. Humanoïde, longiligne, aux teintes grisées et rouges. Pas de visage, mais une gueule béante d'où est émis un cri qui transperce mon être. Je grimace, plaquant la main libre contre ma tempe. Ma tête tambourine, lourde, comme assaillie par quelque chose d'invisible et d'inarrêtable. Le son insupportable cesse d'un coup, mais pas la douleur. Lorsque mes yeux clairs se posent sur la forme spectrale et hostile de la déesse, je suis brièvement tétanisée.

(Je... Je vais mourir...)

J'en ai la certitude. Rien ne peux stopper cette créature, surtout pas une brindille à moitié pourrie. Ma mâchoire se crispe, mes longs doigts d'écorce se serrent sur la garde de mon épée. Je tremble des racines à la canopée, incapable de m'en empêcher et peu à peu furieuse de me laisser ainsi dominer par ces sentiments. Où est passée la Mythanorië détachée du monde et observatrice ? Qu'est-ce que je fais ici au lieu de sillonner les mers avec mon équipage ?!

Mon équipage...

Nahöriel, Lydia... Samrik... C'est... C'est pour eux que je suis là, pour m'assurer qu'eux puissent fuir. Mais les connaissant, ils finiront par n'en faire qu'à leur tête. À chercher la vengeance pour nous tous. Je me mords la lèvre inférieure jusqu'à ce que de la sève s'en échappe. J'ai peur. J'ai terriblement peur de rencontrer ma fin à cet instant, mais plus encore, je suis terrorisée à l'idée de les abandonner. Ils ont besoin de moi, comme moi d'eux. Et je veux... Égoïstement... Revoir mon demi-garzok de maître d'armes. Mes jambes flageolent légèrement alors que je fais quelques pas, imitant Leyna' qui semblent prendre peu à peu le dessus sur sa crainte. Elle m'inspire à mon tour, galvanisant son géniteur et Sirius de sa foi en Moura, usant de sa magie d'eau. Si elle compte porter un assaut, je persiste quant à moi à penser au collier de la Déesse. Si elle pouvait y confiner des âmes, peut-être... Non, pas d'hésitation ! Personne ne répondra à mes questions ! Je dois mettre ma théorie à l'épreuve au plus vite !

Attrapant ma gourde, j'avale une rasade de potion pour soulager mon torse lourd, tout en commençant à me diriger à grands pas vers la zone où le pendentif a chu. Je ne remarque qu'à cet instant la présence de l'être ailé, volant au-dessus les lieux. Beaucoup de questions me viennent à l'esprit, mais je n'ai pas le loisir de m'y pencher. Déjà, je devine d'autres personnes se diriger aussi vers le point de chute. Je sais vouloir utiliser l'artefact contre Oaxaca, mais rien ne me dit que les autres ont les mêmes intentions. Mes serpentins se serrent durement sur la garde mon arme et je hâte le pas. Puisque je suis déjà là, aux portes des Enfers, je ne compte pas économiser mes forces pour atteindre mon but ! Moura soit avec moi !


*--->*

- Utilisation d'une grande potion de soin.
- Part à la recherche du collier d'Oaxie
Mythanorië, Oudio

Sœur de la Confrérie d'Outremer - Capitaine de la Rascasse Volante / Shaman hippocampe.

Thème musical

"Y'a pas à dire : la Mer, ça vous change quelqu'un !
"

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Sibelle
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Sibelle » sam. 9 oct. 2021 02:34

Le rugissement du dragon servit de signal de départ pour un combat qui ne s’arrêterait que lorsqu’un des deux clans seraient disséminé, sinon les deux. Tous s’attendaient à une terrible guerre, mais aucun ne pouvait se douter de toute l’ampleur qu’elle avait. Les terres souillées de sang témoigneraient longtemps du carnage qui était en train de se dérouler. Et il n’y aurait peut-être aucun survivant pour raconter vraiment ce qui allait se dérouler. Il ne s’agissait plus d’une guerre pour acquérir un plus grand territoire, mais une guerre impitoyable pour sauver la vie sur Yuimen, peu importe la race. Car il était claire que Oaxaca ne sauverait aucune race, aucun peuple, elle se voyait reine d’un monde d’esclave qu’elle massacrerait à la première occasion.

Malgré tout, Sibelle ne perdait pas espoir puisqu’il y avait Brytha. Brytha la grise qui avait la réputation de rétablir l’équilibre. Celle-là même que Sirat craignait au point de s’associer à la reine noire. Bien qu’il avait accès au passé et qu’il croyait au destin, l’humoran s’était trompée toute la ligne cette fois et Sibelle savait qu’il avait déjà réalisé son erreur et qu’il mettrait tous ses efforts pour sauver Yuimen.

Et les troupes de Brytha chargèrent impitoyablement, alors que les aventuriers armés de leur courage, d’espoir et de leur instinct de survie arrivaient du sud pour certains et de l’ouest pour d’autres.

Alors que toutes les troupes convergeaient sur elle, Oaxaca hurla à ses lieutenants de donner l’assaut et d’attaquer sans pitié…. Sans pitié, deux mots que son dragon ne connaissait que trop bien ayant terrassé non pas que les ennemis d’Oaxaca, mais également les alliés. Et ça, les lieutenants d’Oaxaca n’étaient pas près de l’oublier. La majorité des orques se mirent en mouvement, mais d’autres restèrent sur place. Dégoûtés de cette reine et de son démon noir, plusieurs lieutenants se retirèrent du combat. Notamment Karsinar qui garda sa troupe près de lui. De même pour Crean Lorener qui écarta ses soldats du lieu d’assaut. D’autres capitaines et chef de clan refusèrent d’obtempérer aux ordres de destruction d’Oaxaca. Mais malheureusement, tous n’eurent pas cette lucidité d’abandonner cette marâtre et la suivirent malgré tout. L’affrontement eut donc lieu. La rencontre des deux armées fut violente, sanglante et sauvage. Une ambiance malsaine de terreur, de rage et même de peur, régnait en ce lieu où les combattants de deux camps s’affrontaient sans merci. Les uns trébuchant sur les cadavres de leur frères d’armes, d’autres découragés ou pris de panique demeurèrent au sol, blessé ne trouvant plus la force physique, mais surtout mentale de se relever et se battre. Au centre de ce chaos se trouvait le démon noir et sa maîtresse, les treize ainsi que certains aventuriers.

Les troupes de Brytha fraîchement arrivées dans le combat dominait nettement les garzoks qui combattaient depuis plusieurs heures.

Au centre du losange combattait l’invisible, Cromax, ainsi que Brytha de sa position aérienne. La déesse grise, tel un aigle attaquant sa proie, replia ses ailes et piqua sur l’infâme dragon noir. De son épée brandit en avant tel le bec d’un rapace, elle frappa la monstrueuse tête épineuse d’abominable monstre ailé. Ce dernier, à peine blessé, grogna de rage avant de riposter férocement, en ouvrant sa grande gueule pour la refermer avec puissance sur le corps plus frêle de Brytha. Le choc fut brutal, le craquement des os fut sinistre. La déesse, blessée mortellement n’abandonna pas pour autant. Investie pleinement par sa mission de rétablir l’ordre, elle tenta désespérément et en vain de s’extraire de l’emprise de la monstruosité noire. De la magie de lumière déferla, de longues dents noires tombèrent durement sur le sol carmin à l’odeur de fer, mais le dragon ne lâchait pas prise. Rien et personne ne pouvait sauver Brytha.

Et puis, un cri effroyable de douleur intense déchira le ciel. Un cri empreint de colère, mais aussi de détermination. Les yeux rivés sur cette scène aérienne, Sibelle vit une brume s’échapper du corps de Brytha. Cette brume grise pris de l’extension puis enveloppa la déesse ainsi que celui qui s’avérait être à la fois son geôlier et son bourreau. La terre trembla un moment avant de faire place au silence. Tous observèrent la brume se dissiper pour constater qu’une fois disparue, il ne restait rien. Pas de dragon, pas de Brytha, pas de cadavre, pas de sang… Rien ! La brume avait purifié ce charnier. N’ayant pu se défaire de l’emprise du dragon, Brytha l’avait emporté avec elle dans la mort. Son sacrifice fut malheureusement le seul moyen d’éliminer l’impitoyable bras droit d’Oaxaca.

Ce fut l’invisible qui brisa le silence, hurlant à tous d’attaquer la reine noire et de l’éliminer afin de venger Brytha et surtout afin que son sacrifice ne fût pas vain.

Bien que certains lieutenants avaient désertés, Oaxaca se trouvait tout de même entouré de Tal’Raban, Khynt et Leona. Non à bout de ses ressources, Oaxaca sortit un sombre pendentif et l’ouvrit. Deux formes spectrales en sortirent, celles de deux lieutenants tombés au combat un peu plus tôt : Sisstar et Gadory.

Sibelle sentit monter en elle une énergie nouvelle, comme un second souffle. Une motivation qui la poussait à repousser ses limites, à combattre cette maudite entité qui se disait reine.

Sans hésitation, avec force et détermination, Sibelle courut le plus rapidement possible pour rejoindre les deux spectres et les combattre jusqu’à la mort, s’il le fallait. Concentrée dans sa folle course, elle entendit tout de même Ezak hurler à Xël de l’emporter près de la reine noir après avoir attaqué le spectre noir de Gadory. Alors qu’elle arrivait à la hauteur de Gadory, Sibelle vit Ezak plonger droit sur celui-ci l’attaquant simultanément de la pointe de ses deux armes. Une redoutable attaque qui fut esquivé sans peine par Gadory. Alors que le spectre tendit sa main vers Ezak, ce dernier fonça en avant tentant de transpercer le spectre. Attaque qui se révéla aussi un échec. Sibelle arriva enfin à leur hauteur et sans perdre une seconde attaqua violemment le spectre, soulevant avec puissance la lourde hache de Karsinar, elle tenta d’abattre le dos de celle-ci sur le lieutenant d’Oaxaca. La hache traversa le spectre et s’abattit lourdement sur le sol. Gadory sous sa forme fantomatique semblait insensible aux attaques physiques. L’inverse n’était malheureusement pas vrai. Une main gigantesque et sombre étrangla le cou de Sibelle sans qu’elle puisse l’en empêcher. L’hinionne sentait la poigne du spectre se resserrer sur sa gorge, sans pouvoir s’extirper de cette douloureuse étreinte. Elle se débattait, cherchait son air,… en vain. Elle sentait ses forces s’amoindrir, mais elle persistait à tenter de se libérer. Tentatives qui se faisaient de moins en moins vigoureuses… Et puis, tel un chat blasé de jouer avec sa proie, Gadory la relâcha. Sibelle tomba au sol à bout de souffle, respirant avec peine, sa gorge tuméfiée à plusieurs endroits. Blessée gravement tant à son orgueil que physiquement, Sibelle ramassa le peu de force qui lui restait pour fouiller dans sa besace. Avec peine, et après plusieurs tentatives, elle réussit à ouvrit une première fiole et à l’envaler tout d’une traite. Le liquide pénétra d’abord difficilement dans la gorge meurtrie. Puis, sa blessure vraisemblablement stabilisée, elle réussit à s’emparer d’une deuxième fiole et l’engloutir. Toujours étalée sur le sol, elle attendit quelques instants avant de sentir une énergie nouvelle l’envahir.

Oaxaca, la mauvaise, la terrifiante, la maudite, (aucun attribut négatif fut assez puissant pour décrire un être d’une telle cruauté) libéra sa sombre puissance et fit apparaître des spectres terrifiants qui se nourrirent de l’énergie des gens présents dans le losange, allié ou ennemie. Oaxaca n’avait cure de ses alliés qui n’étaient en fait que de simples pantins qu’elle disposait selon son gré sans se préoccuper de leur bien-être. Sibelle, tout comme les autres aventuriers, n’en fut pas épargné et perdit de son efficacité.

Sibelle n’avait eu le temps de se relever qu’Oaxaca écarta brutalement ses bras, et tous les êtres vivants se trouvant dans le quadrilatère rejoignirent Sibelle au sol. La guerrière se releva comme tous les autres, mais non sans peine. Puis soudain, l’hinionne se tint la tête entre ses deux mains. Une douleur lancinante s’infiltrait dans sa tête, tentant de miner sa détermination ou de noircir son âme. Bien que la fin semblait proche, Sibelle persistait à garder sa position debout et tentait de dominer cette douleur magique. Résiliente, elle n’avait malgré tout pas l’intention d’abandonner.

Puis, alors que la victoire de la Reine Noire semble évidente, une fin et élégante silhouette fit son apparition tout à l’Ouest. Du premier coup d’œil Sibelle la reconnut, il s’agissait de Simaya Sombreroc, originaire de Aliaénon. Aidé de Xël et de quelques autres, Sibelle était venu à son secours et avait empêché que les pouvoirs de cette dame tombe entre de mauvaises mains. Yuimen était venu au secours d’Aliaénon à plusieurs reprises et voilà que Simaya leur renvoyait le remonte-charge. Une bulle noire se répandit sur toute la zone de combat, accompagnée de la voix forte de la belle blonde qui annonça aux mages d’utiliser la magie qu’elle venait de répandre afin d’y donner la forme souhaiter afin d’anéantir la veuve noire. Alors que Sibelle reprenait son souffle et se questionnait sur son utilité, puisque dépourvue de magie, elle entendit la voix de Cromax qui conseillait aux sans-magie de tenter d’immobiliser Oaxaca. Il venait à peine de terminer sa phrase que Sibelle était déjà en route dans le but d’utiliser toute sa puissance musculaire pour terrasser l’ennemie de tous.

Lorsque Jorus et Sibelle et d’autres aventuriers se trouvèrent à proximité d’Oaxaca, Cromax, quelques lieutenants et l’invisible l’avaient déjà immobilisée. Mais malgré tout, l’Oaxaca bénéficiait de fidèles qui tentèrent de venir à son secours. Un immense orque arborant une peau tannée asséna un violent coup dans le dos de Karsinar. Bien que quelques heures plus tôt, Sibelle avait souhaité la mort de ce dernier, elle le considérait désormais comme un allié temporaire, puisqu’il avait eu suffisamment de lucidité pour retourner sa veste et se battre à leur côté. La hache pénétra dans la chair de Karsinar qui dû malgré lui lâcher sa prise sur la reine noire.

Un effroyable cri de douleur reporta l’attention de Sibelle sur la prisonnière. Cette dernière, affublé d’un trou béant dans son flanc droit pestait de rage, mais résistait toujours. Et puis, malheureusement, sa plaie se cicatrisa, et le trou se referma. Tous les aventuriers pourvus de pouvoirs magiques tentaient de lancer des sorts à Oaxaca, ses fidèles eux tentaient de la réparer. Mais la déesse résistait. Son apparence se dégradait, mais elle était toujours là, puissante, apparemment indestructible….et suffisamment puissante pour leur lancer une fois de plus ce noir sortilège qui affaiblissait leur esprit.
Tout espoir semblait perdu. Même l’apparition de Simaya et de ses énormes pouvoirs semblaient insuffisants pour détruire la pernicieuse dame noire.

(Cette fois c’est terminé. )

Sibelle venait tout juste de formuler cette pensée que du haut des cieux apparut une autre vision. Une aura salvatrice qui éclaira le champ de bataille tout entier et qui fit cesser immédiatement tout combat. Sa main protégeant ses yeux plissés instinctivement par l’importante luminosité, Sibelle tentait de voir l’intrigante apparition.

« Brytha ! »

La déesse qui était disparut dans une fumée grise, celle que Sibelle croyait morte entre les mâchoires du dragon noire, revenait toute lumineuse tel un ange pourvu d’un nombre important d’ailes.

Reprenant espoir, Sibelle jugea qu’ils devaient une fois de plus tenter d’immobiliser Oaxaca. Si elle ne possédait pas la puissance de Karsinar pour immobiliser la déesse, elle protègerait au moins ses arrières puisqu’il puisse accomplir sa tâche sans être importuné par l’immense orque qui l’avait attaqué plutôt.

Décidée de se débarrasser de l’importun, Sibelle profita de son dos tourné pour sauter dessus et le faire tomber. Son intention était d’abord de l’immobiliser au sol afin de l’empêcher de nuire aux autres aventuriers.
((( Sibelle saute dans le dos de Kurgoth afin de lui faire perdre l’équilibre.)))

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Yliria
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Yliria » sam. 9 oct. 2021 12:44

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Même en cet instant, le fanatisme aveugle et la bêtise ne semblaient pas avoir quitté certains des présents, à l’image du garzok qui, se permettant une ultime bravade, fonça sur nous comme une bête féroce, ignorant tout le reste si ce n’était sa soif de sang. C’était sans compter sur un allié inattendu. Le nécromant qui nous avait rejoint près de la Louve Noire envoya sa création squelettique qui intercepta le colosse armuré. Partout autour, le chaos commença et je fixai mes mains avec circonspection. Rien. Ma magie n’avait pas agi comme je l’entendais, contrairement à celle de Cherock et du nécromancien qui frappèrent violemment le Garzok qui s’échoua au sol, terrassé. Le rugissement du Dragon Noir me fit tourner la tête alors qu’il dardait un regard sur une elfe, au milieu du chaos. Chaos qui s’intensifia avec la charge des armées. Celle de Brytha et celle d’Oaxaca. La seconde fut abrogée, le doute s’étendant parmi les rangs Omyriens. Même le puissant général délaissa le combat pour se retirer, désobéissant sciemment aux autres de la déesse. Cela me tira un sourire. Alors certains n’étaient pas aussi abrutis par leur fanatisme que ce Garzok. Une bonne nouvelle alors que tout semblait perdu jusque-là.

Et les armées ne furent pas les seules à charger. La déesse Brytha fondit sur le Dragon Noir et le frappa de son arme. Mais le dragon, lui attrapa la Déesse qui hurla de douleur et de colère, frappant la bête en lui faisant éclater ses crocs. D’un œil, je compris qu’il fallait aider aussitôt, ou nous assisterions à la mort de la mauvaise déesse. Mais elle disparut, et avec elle le dragon. Il y eut un nuage de brume qui les entourèrent tous deux, puis ils disparurent, laissant un immense vide derrière eux. Seule une goutte d’argent tomba sur le sol.

« Sus à la Reine Noire ! Mort à Oaxaca, pour le sacrifice de Brytha ! »

L’n des généraux de Brytha venait de crier, bientôt suivi par un autre, un des généraux d’Oaxac, donnant le même ordre avec moins de retenue. L’heure n’était pas à l’hésitation. Et ce n’était pas l’apparition des spectres des Treize morts qui allait nous empêcher de finir le travail. Et pourtant, une fois de plus, ma magie me fit défaut. Je grognai de rage et laissai tomber cette idée. J’inspirai et laissai le pouvoir de mon masque me dérober à la vue de tous. J’abandonnai Cherock, resté derrière, j’ignorai les spectres et ceux qui les combattaient, je ne pensais qu’à une chose : arrêter Oaxaca. Tout en marchant et en veillant à ne pas chuter bêtement sur le champ jonché de cadavre, je sortis deux runes de ma besace. Je ne pouvais savoir ce que ces pierres auraient comme effets face à un être divin, mais il fallait tenter le tout pour le tout. Nombreux étaient ceux cherchant à attaquer la déesse, même Cromax se trouvait parmi eux, mais rien ne semblait réellement l’affecter. Elle se trouvait au-dessus du sol, faisant vibrer des volutes qui se transformèrent en âmes fondant sur tout ceux se trouvant autour d’elle, alliés comme ennemis. Encore une preuve que cette folle devait être arrêtée.

J’atteignis enfin le cercle autour d’Oaxaca, ignorant les âmes qui me traversaient, me répétant qu’elles n’étaient pas mes ennemis, seulement l’instrument d’une déesse folle. Je levai la main tandis qu’un guerrier me passa juste à côté au moment où je réapparaissais, et criai le nom des runes en visant Oaxaca. Ppimporte ce que cela frappait, pourvu que la déesse en pâtisse. Et cela fonctionna. Un froid intense figea mes doigts une fraction de seconde avant de fuser vers l’être divin dont l’armure se changea en glace, explosant bientôt par l’attaque du général de Brytha. Il aurait pu embrocher la déesse, mais son arme sembla se changer en ombre et il la retira. Un curieux phénomène qui ne me donnait pas envie de tenter cela avec ma rapière. Derrière, j’entendis le fracas des lames, celui des éclairs et de la pierre. Le combat faisait rage autour, mais seul Oaxaca était le véryitable ennemi. Elle disparue, tout rentrerait dans l’ordre… autant que possible.

- Jamais vous ne pourrez m’exclure ! Dussé-je tous vous tuer un par un, je serai Reine ici, Déesse vivante régnant sur le Monde, exécutant mes opposants et élevant mes fidèles. Ce petit jeu a assez duré, voyez maintenant le pouvoir d’une déesse !

Une force inouïe me repoussa en arrière et je tombai lourdement sur le dos, ma tête heurtant le plastron d’un corps inanimé. Je mis quelques secondes à reprendre mes esprits avant de me relever d’un bond, puis de grimacer. Une douleur lancinante enflait dans ma tête. Et la déesse incantait et la douleur semblait s’amplifier avec ses mots. Je serrai les poings et, alors que j’allais me ruer sur la déesse pour lui faire fermer sa gueule une bonne fois pour toute, une autre voix interpela ceux qui pouvait l’entendre.

- Mages, oubliez vos sorts, donnez à votre magie la forme et les buts que vous lui souhaitez ! Je porte avec moi la magie d’Aliaénon, décuplée en puissance. Contraignez cette déesse sombre, pour la survie de tous !

Qui ? Quoi ? Comment ? Je ne comprenais pas tout ce qu’elle racontait, Aliaénon me rappelant vaguement des mots prononcés par un autre. Mais peu importait. Alors on pouvait vraiment faire plus ? Autant essayer. Si ceux ne possédant pas de fluides se jetèrent sur Oaxaca, je cherchai à créer un lasso pour contraindre la déesse et il apparut dans mes mains. Mais alors que je voulais le lancer, Oaxaca récolta ce qu’elle avait semé. Tous les mages lancèrent leur magie et un déluge s’abattit sur elle. La terra jaillit pour la contraindre, le sang et l’eau l’asphyxièrent tandis qu’une colonne de terre propulsa la Déesse dans les airs, droit dans un éblouissant éclair qui la renvoya violemment sur le sol. Du corps de la déesse, il ne restait qu’une silhouette noircie et fumante, mais cela ne suffit pas et un dernier sort frappa, faisant exploser la carcasse en tous sens. Le collier maintenant les formes des spectres fila dans la mêlée proche et les deux spectres disparurent. Mais pas Oaxaca

S’élevant, une forme horrible prit place. Si le corps de la déesse n’était plus, elle était toujours vivante, devenu une abomination sans nom, affreuse, horrifique, la déesse de la terreur dans toute son horreur. Lorsqu’elle leva les bras, je posai un genou à terre, terrassée par la douleur qui me vrillait la tête. Un cri terrifiant sorti de cette bouche ornée de crocs au milieu d’un visage sans yeux ni nez. Un cri si horrible que je fermai les yeux en me tenant la tête, cherchant à me soustraire à cette vision, à cette monstruosité. La peur s’insinua dans mes veines et je voulus fuir, fuir loin, rentrer chez moi, quitter cet endroit de malheur à tout jamais. Je ne voulais pas mourir, pas comme ça, pas ici, au milieu d’un charnier. L’odeur de la mort et du sang, la douleur dans mon esprit, la terreur qui m’envahissaient me firent finalement me relever pour ficher le camp d’ici. Je n’avais qu’une chose à faire, juste presser ma boucle et je serai loin, en sécurité.

Le ciel se déchira par deux fois. D’abord, sous une clarté céleste qui me fit ouvrir les yeux pour les plisser, Brytha apparut, indemne, vivante et de retour, seule, sans le dragon. Mais ce ne fut pas elle qui me poussa à lutter. Dans un éclair, Cherock se matérialisa juste devant moi pour foncer sur Oaxaca, pour al vaincre pour de bon cette fois. Je ne pouvais pas fuir. Pas alors que nous pouvions réussir. Nous étions si proches du but. Je serrai le lasso puis le libérai, el faisant fondre sur Oaxaca, sur cet être qui avait déclenché toute cette horreur. Il fallait la restreindre pour de bon, l’empêcher de nuire à jamais.

***

HRP : Utilise le lasso solaire pour l’enrouler autour du corps d’Oaxaca et l’empêcher de bouger.

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Cromax
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Cromax » sam. 9 oct. 2021 15:35

La fin d’une Ère – Deuxième partie.
La Voie Dorée





Alors que l’image de Brytha s’approchait, plus grande et lumineuse à mesure qu’elle s’avançait vers le champ de bataille, perçant les nuages de pluie pour faire émerger le soleil en rayons divins de pure lumière, le combat contre Oaxaca sous cette nouvelle forme inquiétante faisait rage. Ezak porta le premier coup, son avant-bras et son arme se couvrant de glace dure et froide pour frapper les haillons Oaxaca de cette arme cristalline temporaire. Le coup porta, mais il ne sut si la blessure était forte ou non. Car le tourbillon d’âmes qui tournoyait toujours autour d’elle grimpa encore le long de son corps immonde et rachitique, l’enveloppant complètement dans une tourmente d’âmes en furie dirigées par un puissant nécromant. Une liche du nom d’Azra. Maâra tenta elle aussi de runer la déesse. Une utilisation pertinente, qui déchira les chairs éthérées d’Oaxaca au niveau du flan, la blessant fortement, même si aucun sang ne coula de la blessure sale à voir.

Alors qu’Yliria lança son lasso autour de la tête d’Oaxaca, la tenant en laisse et l’empêchant de fuir en volant plus haut, la retenant douloureusement du fait de cette brulante lumière irritant sa gorge, Xël tenta un portail audacieux dans lequel il passa son bras. Il ne parvint pas à rentrer la main dans la bouche immonde de la Reine Noire, mais lui donna un bon coup de poing dans ce qui lui servait de mâchoire oblongue, repoussant ce visage hideux en arrière sous le choc.

À l’écart de ce combat épique, cette charge sur la divine sombre, Mythanorië et Jorus s’étaient lancés à la recherche du collier maudit qui avait sauté dans la mêlée subjuguée, toujours passive, au combat interrompu et aux regards plantés sur cette Brytha immense qui descendait des cieux. Si Jorus aperçut de loin ledit collier, il fut coiffé au poteau par l’oudyo, qui se rua sur le bijou avec ferveur, s’en emparant vaillamment. Elle put sentir entre ces doigts toute la malveillance de cet objet maudit. Dans un autre coin du losange final, Silmeria couvrait ses arrières en parlementant avec Tal’Raban, veillant sur Leona. Encouragé tant par Herle que par l’elfe blanche, il finit par céder.

« Aujourd’hui, Oaxaca est tombée. Elle a failli par orgueil et a révélé ses faiblesses. Je ne lui obéirai plus, et chercherai désormais à briser le lien qui nous unit à elle. »

Son regard se tourna vers son ancienne maîtresse. À son tour, il l’abandonnait sans remords. Leona elle-même semblait lasse de se battre. Sa protection de pierre tomba, et elle resta immobile, silencieuse et fermée.

Un souffle lumineux partit des mains de Faëlis pour tenter de soigner Xël. En vain, hélas : la blessure mentale qu’ils subissaient tous ne semblait pas pouvoir être soignée. Ni par la magie de lumière, ni par les potions consommées. Et la migraine saumâtre les frappait encore tous durement. Elle s’en irait avec le temps, après une bonne nuit de sommeil. Eldros aux mains de squelette lança un sortilège qui échoua sans rien donner, et usa de sa rune « Fermer » vers la zone en question. C’est Cromax qui fut touché, s’immobilisant subitement sans plus pouvoir bouger. Un état temporaire, heureusement, qui ne dura qu’une minute, l’empêchant d’attaquer ou de faire quoi que ce soit. Sarl, protectrice envers son compagnon prédateur, s’interposa entre lui et Kurgoth, et fit boire une potion de soin à Karsinar, qui la prit sans demander son reste. Mais le garzok mort-vivant avait une toute autre idée en tête : lancer sa hache glacée vers Brytha. Un lancer qui, malgré sa force surhumaine, passa complètement à côté de sa cible. La hache retomba au sol, s’y plantant non loin du lanceur alors que Sibelle jaillissait pour bondir sur le dos de l’orque, déséquilibrant ce dernier sans toutefois le faire tomber. Elle était désormais juchée sur son dos. Kurgoth entendit la voix de Tal’Raban dans sa tête qui lui lança une impérative supplique :

« Cela suffit ! Ramasse ton arme et reviens vers ton maître, créature. »

Relonor tenta de sauver les apparences en voulant faire que sa sombre déesse se ressaisisse. Il toucha son sort, renforçant la rapidité de la Reine Noire, sans cependant que c’eut le moindre impact sur le déroulement des choses. Car elle ne pouvait agir, contrainte et assaillie par de nombreuses attaques. Les lames des armes de Throgg’Inn, Pérussac, Perailhon et de l’Invisible général de Brytha s’abattirent sur Oaxaca. Le bouclier de Sirat vola dans les airs et percuta durement la tête de la déesse, la sonnant encore plus qu’elle n’était, avant de choir au sol au milieu des combattants. La lumière et la foudre s’abattirent sur elle, faisant de Kiyoheïki et de Cherock ses bourreaux. Le visage déformé se tordait encore plus, de douleur, de colère, d’impuissance. Si la vague de Leyna ne parvint pas, elle et son capitaine de guilde assaillirent toutefois la déesse. Leyna n’eut pas assez d’élan pour la rejoindre, mais Heartless ajouta sa lame à celles qui l’avaient frappée précédemment. Esseulé, Khynt recula vers les garzoks, prudent.

C’est alors que l’illusion fut rompue. L’illusion lancée par Tobias, seul témoin de ce qui était en train de passer, celui qui avait aux autres tout caché. En lieu et place de Brytha, qui s’effaça de la vue de tous, une masse dorée descendait des cieux. Ceux qui connaissaient les aynores purent reconnaître cette technologie, mais elle semblait ici magnifiée, perfectionnée.



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Immense, loin des pâles copies des elfes gris, l’engin volant descendait lentement vers la plaine. Tous les yeux étaient désormais rivés sur lui. Éblouissant, il écartait les nuages pour illuminer de nouveau la plaine, cerné de rayons dorés de soleil. Cela ne pouvait dire qu’une chose : Nyr Tel’Ermansi envoyait à son tour des émissaires.

L’aynore ne tarda pas à se poser, sur la droite du losange. Un énorme sas s’ouvrit, et six chevaliers en armure intégralement dorée en descendirent en pointe de lance.



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Ils étaient l’escorte de trois êtres sublimes. Deux étaient des elfes forés, au teint pâle et légèrement doré, aux yeux d’or et aux armures et habits scintillants. Un mâle, en habits, à la longue chevelure comme les blés.




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Et une femelle, en armure dorée, sainte combattante.




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Le dernier était un homme à la peau sombre, engoncé dans une armure blanc et or. Tous ceux qui l’aperçurent sentirent la paix en leur corps, en leur âme, et toute velléité de se battre fut résorbée au néant. Une aura lumineuse de paix cernait celui qui ne pouvait être que le Roi de Yuimen, Koushuu.




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Le premier elfe prit la parole d’une voix puissante mais calme, les mains jointes par les doigts dans une position de maîtrise et de pouvoir.

« Peuples mortels, sachez qu’aujourd’hui les Dieux ont entendu votre voix. Ils ont senti la souffrance et la mort se déchaîner, ils ont pris pitié de vous, ils ont compris votre volonté ferme de punir Oaxaca pour ses actes. Nous sommes les émissaires des dieux, je suis l’Envoyé de Zewen, sa bouche et son visage en ce monde. Et aujourd’hui sonne la Fin d’une Ere pour Yuimen. »

Il se tourna vers Oaxaca, toujours liée par le lasso d’or. Les âmes s’étaient tues, disparaissant. L’orage aussi.

« Oaxaca, fille de Thimoros, vous êtes accusée de maux majeurs sur cette terre. Le jugement de Zewen est implacable : vous devez quitter ce monde pour venir vivre sur Nyr’Tel Ermansi, à la place qui vous y attend : au sein de nos geôles divines, sous la surveillance de votre nouveau Gardien : Koushuu, Roi de Yuimen, Souverain de Kers et dieu mineur de l’Ordre. »

Le Roi de Yuimen s’avança parmi les aventuriers, fendant leurs rangs. Il approcha d’Yliria et, posément, lui fit comprendre qu’il souhaitait se saisir de son lasso solaire. Une demande à laquelle elle obtempéra sans ciller. La ramenant au sol sans qu’elle puisse y échapper, rompant tout sortilège de sa part et sauvant ainsi tous les êtres vivants présents là, il la traîna sans un mot vers l’Aynore, y pénétrant sans célébration ni détour. Oaxaca, soumise par les aventuriers, était défaite. Elle avait perdu. Tout. Et elle serait désormais prisonnière des dieux, pour l’éternité. La femme elfe parla alors :


« Je suis Artanis Caliawen, porte-parole des Dieux élémentaires. Vous qui vous êtes battus, vous qui avez survécu, vous, les âmes héroïques de ce monde, insensibles au Pouvoir des Ombres, vous serez récompensés pour votre bravoure. Pour votre fidélité. Pour vos actes. »

Les six gardes sortirent de leurs lourdes besaces des bourses de cuir clair au filin d’or. Une récompense pécuniaire pour tout un chacun. Voire plus ? Il était difficile de voir ce qu’elles contenaient (vous aurez le détail prochainement dans le sujet de l’event). L’Invisible s’avança vers elle, sans s’approcher trop, et déclama calmement :

« Ainsi voilà tout le pouvoir de vos dieux : vous traiter comme des mercenaires. Voilà qui est bien misérable face au Sacrifice de Brytha pour votre survie à tous. N’oubliez pas à qui vous devez la vie, dans vos pensées et vos prières. Nous n’avons, dans l’armée grise, aucune raison d’accepter de présent de votre part, émissaire. Aussi, nous nous retirons. Que ceux qui veulent dédier leur vie à votre sauveuse nous accompagnent. »

Il recula vers le Sud, et suivant son exemple, toute l’armée de Brytha se replia lentement. Une brume naquit, enveloppant l’armée à mesure qu’elle avançant dedans, la faisant disparaître. L’invitation avait été lancée, mais qui la suivrait ? La goutte d’argent qui avait percé le sol disparut avec eux, même si le bras rongé d’Eldros en resta recouvert.

Une fois l’événement passé dans un silence mortel uniquement brisé par les pas des sbires gris, de leurs chevaux et armures lourdes, l’émissaire des dieux qui avait tout suivi en laissant son regard d’or planer sur le dos de l’Invisible, reprit la parole.

« Les Dieux vous invitent également à nous suivre, sur notre Aynore. Nyr’Tel Ermansi vous est ouverte temporairement. Que ce soit pour escorter la sombre déesse, pour rencontrer vos divins ou juste visiter ce lieu de félicité, vous êtes les bienvenus. Ne tardez pas, cependant : nous devons ramener Oaxaca au plus vite là-haut. »

La « Bouche » de Zewen reprit la parole, désignant Kurgoth.

« Que quelqu’un le soigne de cet état. Il y a eu suffisamment de morts pour aujourd’hui. »

Les garzoks et le reste des armées liées à Oaxaca ou aux Treize reculèrent vers le nord, se dispersant. Les garzoks auraient désormais plusieurs voies à suivre. Libérés de leur maîtresse cruelle, ils devraient choisir leur vie. Nul n’avait plus en tout cas, Koushuu ou pas, envie de se battre. Car maintenant que la paix était revenue, il était temps de prendre la mesure du désastre qu’avait été cette bataille. Une horreur sans nom, une hécatombe comme jamais il n’en avait existé. Tout ça aurait un impact majeur sur la géopolitique du continent, sur les relations diplomatiques du monde entier.

Spectatrice jusque-là, la Princesse Satina et son escorte approchèrent du lieu où Oaxaca avait été vaincue. La mine grave, les visages fermés. La bataille était terminée, mais l’heure, pourtant, n’était pas aux réjouissances. Car partout autour, des milliers de cadavres recouvraient la plaine, engoncés dans leurs armures boueuses qui rouilleraient bien vite. Il faudrait des jours, des semaines, des mois pour tous les enlever de là. Leur offrir une mort décente sur des buchers géants. La terre ynorienne, elle, mettrait des années pour de nouveau voir fleurir plantes et cultures. Seules restaient les plantes de Leona, jungle carnivore qui pouvait s’étendre, encore.

C’était la Fin d’une Ere. Et puis le début d’une nouvelle.


[HJ : Voilà l’event terminé dans sa globalité. Vous pouvez poster votre ultime RP à la suite de cette mise à jour pour y réagir. Je suis disponible pour d’éventuelles discussions, apartés et autres interactions avec les pnj présents (les 13 survivants sont tous là, les elfes dorés, la princesse kendrane et son entourage, etc.). N’oubliez pas votre belle bourse remplie de surprises, et précisez si vous allez avec l’une ou l’autre des factions (Brytha, Elfes dorés, orques) ou si vous retournez à vos propres aventures.
Merci à tous d’avoir participé jusqu’au bout à tout ceci. Vous verrez prochainement apparaître toutes sortes de changements dans les sujets de lore concernant Nirtim, soyez-y attentifs. Je ferai également un résumé de toutes ces implications sur le background au sein du sujet des événements récents.]

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Daemon
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Daemon » mar. 12 oct. 2021 01:34

Trempé de sueur et de sang, les effluves violacées du souffle de Thimoros s'échappant encore d'entre ses lèvres, Daemon laissa tomber son cimeterre et porta une main à son torse. La douleur émergeait... et il chut à genoux tandis que la cavalerie du Duché le dépassait au galop. Les blessures subies lors des derniers affrontements ne pouvaient être sans conséquence, et une fois la tension retombée, la force qui le maintenait s'évapora.
Des ombres vinrent à sa rencontre et échangèrent des paroles sourdes, inaudibles, tant les sifflements qui l'assaillaient étaient étourdissants. Il leva la tête pour toiser les silhouettes indistinctes, les bras tremblants et le regard perdu dans le vide ; l'instant d'après, son esprit plongeait dans les ténèbres.


Un sommeil profond et sans rêve s'en suivit.

L'unique souvenir qu'il tint de cette absence fut un sentiment de détresse et la voix paniquée de Nienna, comme un appel à l'aide au milieu de la nuit. Ses paupières s'ouvrirent sur le visage fantomatique de la défunte, dont les cheveux tourbillonnaient au vent comme dans une tempête, et dans un premier temps, il ne comprit pas ce quelle disait tant cela lui parut absurde.

Une couverture nuageuse et sombre grondait au dessus de la plaine. Le semi-elfe utilisa son cimeterre pour se redresser et fit quelques pas ; des corps gisaient autour de lui, des centaines et des milliers de corps, à perte de vue... Il crut dans un premier temps avoir rejoint le domaine de son ultime seigneur, lorsqu'il croisa la route d'une créature : un automate de Kynth.

C'était impossible... Mais, même s'il ne voulait pas le croire, il dut se rendre à l'évidence : les murailles d'Oranan se dressaient à l'horizon. Les hommes et les nains étendus à ses pieds étaient les armées des Duchés et de Mertar, ces même armées qui se battaient quelques instants auparavant (combien, il ne pouvait le dire), leurs âmes s'étaient envolées comme on souffle sur une bougie, comme dans les dires de Nienna.

« C'est impossible... »

Nienna indiqua du doigt une forme sombre au loin, dont il put sentir émaner une magie noire et colossale. Le dragon noir était à l’œuvre et sa puissance était au-delà de toute ses craintes et espérances, plus encore que dans les légendes, la créature de Phaïtos avait engloutit toutes les armées regroupées sur la plaine, à l'exception de sa personne. Il devina cependant de l'agitation et, plus à l'est, une nouvelle armée dont il ignorait son appartenance.

« Nienna, explique moi ce qu'il se passe... » demanda-il d'une voix tremblante.

« Lors de votre pâmoison, un sortilège du dragon noir a invoqué un vent infernal qui a aspiré la vie de toutes les armées : humaines, naines, orques, à l'exception de celle des elfes blancs. Vous pouvez encore le sentir... »

En effet, Daemon pouvait ressentir la magie à l’œuvre comme un énorme gouffre s'étendant devant lui.

« Mais qui-sont-ils alors ? Ce ne sont pas les troupes d'Anorfain. »

« Je l'ignore. Les rares survivants se sont dirigés vers le Dragon, et puis cette étrange armée est apparue. » répondit Nienna. « Et il semble qu'un atout les accompagne. »

Daemon aperçu alors une forme lumineuse descendre des cieux à la rencontre du Dragon noir. Un hurlement terrible résonna, une grande lumière et puis... plus rien. Le vent maudit retomba et laissa la plaine silencieuse. L’apparition ainsi que le Dragon avaient tout bonnement disparus.

« Nous devons rejoindre Azra, j'imagine qu'il a doit encore se battre ! »

Nienna acquiesça et ils se précipitèrent au pas de course dans la direction supposée. Cependant, étant le dernier être vivant présent sur le champ de bataille, sa présence attira l'attention des automates de Kynth encore présents et des lumières rougeoyantes apparurent progressivement autour de lui.
Daemon s'échappa au pas de course tandis que les premiers projectiles volaient à sa rencontre. La plupart étaient trop peu perfectionnées pour le poursuivre et, bien que les archers demeuraient un problème, les machines aux allures d'insecte allaient en devenir un. Les lames disposées à la jonction du coude leur permettait d'adopter une course à quatre pattes, plus agile et plus rapide. Il parcourut la plaine de morts poursuivit par une meute, qui s'approchait toujours d'avantage et qui ne s’essoufflait pas. Bientôt le mur de ronces et de plantes vénéneuses se dressa devant lui.

« Bon sang ! » Il jeta un regard en arrière. « Nienna, ouvre un passage pendant que je m'occupe de ceux qui arrivent ! »

Le fantôme apparut distinctement et ouvrit les bras pour déployer ses fluides d'ombre. Les plantes noircirent et fanèrent à vue d’œil, écartant progressivement une brèche dans le piège mortel de Leona.
Les premiers automates bondirent sur le semi-elfe, qui roula pour esquiver leurs lames fourbes et les accueillit de la pointe de son cimeterre. Ce n'était pas la première fois qu'il avait affaire à eux, et il connaissait dorénavant leurs points faibles. Car aussi robuste étaient leurs constitutions, elles n'étaient pas moins exempte de faiblesses, à la jointure de leurs membres, de leurs articulations ; comme celle des armures lourdes, en sommes. Il arracha ainsi un membre antérieur à son premier ennemi qui chut sans parvenir à se redresser, et le second qui lui avait bondit dessus et avec qui une véritable lutte au corps à corps s'était engagé, reçu sa lame dans une jointure du torse, directement dans son cœur flamboyant, l'éteignant fatalement. Daemon se débarrassa de la carcasse inerte qui l'écrasait, et se précipita dans le corridor ouvert par Nienna.

Les autres automates n'avaient pourtant pas perdu sa trace et, malgré les appels du fantôme, l'un d'eux le rattrapa et entailla profondément sa cuisse. Le nécromancien chut et roula, tandis que les trois insectes métalliques l'encerclaient.
Une main sur sa jambe, l'autre épée au poing, Daemon se redressa doucement.

« Ne monopolise pas mes fluides, Nienna. Tu sais bien que la magie d'ombre n'aura aucun effet sur eux. »

« Vous croyez... » fit-elle en l'ignorant.

Des bras squelettiques sortirent de terre et enserrèrent les machines pour les précipiter au sol. Des grésillements paniqués et des grincements de fureur retentirent alors qu'elle se débattaient. L'une d'elle fut proprement démantelée et mise en pièce, mais les autres se défendaient. Les squelettes, moins robustes furent à leur tour démontés et volèrent en éclats, mais cela laissa le temps à Daemon d'approcher et de transpercer une seconde...

Il n'en restait donc qu'une, qui vrombissait et se préparait à l'attaque. Le semi-elfe avança doucement en claudiquant, et la machine bondit pour effectuer une parabole autour de lui. Elle passa rapidement derrière en le frappant de sa lame latérale, qu'il dévia d'une parade, mais sans avoir le temps de lui rendre la monnaie de sa pièce. Il dut attendre le second passage, dont la manœuvre était calquée sur la première, pour parer et trouver l'ouverture afin d'atteindre un membre inférieur. L'automate perdit son équilibre et roula dans la végétation. Avant qu'il ne se redresse, Daemon l’assommait déjà de coups jusqu'à ce des étincelles jaillissent de son corps...

À bout de souffle, il se redressa et avança en claudiquant vers l'autre partie de la plaine, où il pouvaient sentir une intense magie noire, une tenaille prenant son esprit en étaux.

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