Plaines de Kôchii

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Xël
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Xël » jeu. 22 juil. 2021 14:30

Je traverse mon portail, rejoignant le flanc est en difficulté, suivant du regard le mouvement mécanique des golems dépassant les trois mètres de haut qui se dirigent vers la première ligne qui a déjà laissé passer des combattants ennemis. Un garzok reprenant les particularités propres à son espèce, grand, costaud, frénétique. Le second combattant qui a passé les lignes me fait tout bonnement pousser un hoquet de surprise avant de me faire grogner de colère. Je reste immobile une poignée de secondes au milieu de la cohue des lignes arrières, se chargeant de l’approvisionnement et du rapatriement des blessés. Sirat se tient face à nous, usant de sa magie et de sa masse contre le commandant des troupes qui ne fait pas le poids. Je peux sentir mon visage se crisper dans une grimace de consternation avant que différentes émotions se battent pour prendre le contrôle de mon esprit. La tristesse, l’incompréhension, l’inquiétude, la colère… des émotions que j’ai déjà ressenti le concernant. Le souvenir de Nagorin et de son aveu d’avoir détruit le mur de Fan-Ming. Ce jour-là je m’étais retenu, conscient que je n’avais pas la force de le battre. C’est différent désormais et la magie qui bouillonne sous ma peau n’attend qu’une instruction pour agir. Cette fois il va payer sa trahison.

J’inspire profondément, rassemblant mes fluides et ma colère dans un cri de rage et de déception, hurlant à plein poumons un cri qui traverse le champs de bataille.

« SIRAT ! »

Mon sort est expulsé au même moment, suivant mon rugissement pour atteindre l’humain qui perd du terrain, l’entourant et explosant pour projeter ses adversaires en arrière d’un souffle violent. Seul l’orc parvient à tenir debout, Sirat et les quatre soldats venu en renforts de leur chef tombent au sol. Je traverse un portail après avoir consommé une autre potion, conscient que malgré tous les mots que je pourrais dire, l’Humoran serait trop têtu pour retrouver la raison. J’apparais à quelques pas de lui alors que l’homme que je viens de sauver se tourne pour prendre la fuite. Je me surprends de lui en tenir rigueur alors que je venais de gâcher ma précieuse magie pour lui donner l’avantage. Je maintiens mon attention sur Sirat. Déclarant avec peine et nervosité:

« J’ai besoin que tu m’expliques Sirat. Qu’est-ce qui te pousses à nous trahir ? Où est ton équipe ? Où est Sibelle ? »

L’Humoran se met à rire nerveusement tout en se redressant, me surplombant de toute sa hauteur pour faire ce qu’il aime tant, déblatérer des stupidités sur un ton paternaliste. Quel enfoiré. Comment ose-t-il ? Sous entendre que je suis un enfant égoïste qui ne pense qu’à moi alors qu’il change d’allégeance en fonction du vent. L’ordure me menace, se croyant bien supérieur à moi, pourquoi lui ai-je accordé ma confiance ? Mon amitié ?

« Moi qui te prenait pour un ami, qui voulait combattre à tes côtés, qui voulait t’interroger sur Zewen, sur le destin. Je me suis porté garant auprès de Du Val pour toi, j’aurais risqué ma vie pour te défendre au même titre que je la risque maintenant pour défendre mes proches plus au sud. Je ne demande qu’à te comprendre mais je pense que même toi tu doutes encore de ce que tu fais. Tu veux te battre Sirat. Soit, je ne suis plus le bohémien d’Aliaénon et je pense même que notre affrontement est un signe de ce fameux destin. »

« Des questions, mais tu n’es pas prêt à accepter les réponses. Crois tu que je suis heureux, non ! mais j’accepte mon destin et il est temps que tu assumes le tiens !! »

Il lève son marteau alors que je laisse la magie contenu dans mon arme se révéler, faisant apparaître entre mes mains la lance que j’ai pris le temps de façonner dans mon esprit la veille, à la lame formant le dessin d’une tornade au bout d’un manche azur. Je suis néanmoins forcé de détourner le regard, éblouit par la magie de sa masse. Je recule instinctivement, évitant un coup qui me vise les jambes et que je perçois grâce au souffle et au son qu’il génère. Rapidement je laisse ma magie jaillir de mon corps pour repousser l’humoran le temps que ma vue revienne. J’entends le souffle percuter son armure, son grognement de frustration, son souffle de rage alors que ma vue me revient petit à petit, que je distingue sa forme colossale se dessiner dans la clarté encore éblouissante du jour. Mes yeux ne peuvent pas encore me guider mais ma magie le peut, encore une fois, je fais appel à l’énergie qui réside dans mes veines, m’entourant d’une aura venteuse pour me pousser hors de ses coups. Mais une chose étrange se passe. Ma magie semble bloquée, absente, comme si je ne parvenais plus à la sentir. La lance dans mes mains devient la seule chose magique que je parviens à ressentir. Je comprends que Sirat à brisé quelque chose dans mon esprit pour ne plus me permettre d’utiliser mes fluides. L’inquiétude s’empare de ma poitrine. L’affronter sans magie revient à me jeter contre un mur et surtout est-ce que c’est temporaire ou définitif ? Je dois gagner du temps pour le découvrir. Je tente un coup de lance maladroit, guidé plus par la colère que la technique tout en déclarant sur un ton toujours hostile de rage mêlé au chagrin:

« C’est comme ça que tu traites ceux qui t’estiment Sirat ? Combien de personnes qui t’appréciaient ont perdu la vie pour une cause que tu n’es pas capable d’expliquer ?! Simplement parce que tu as vu le visage de Zewen dans ta soupe ! »

Il dévie la lance à l’aide de son bouclier alors que dans mon dos les soldats reprennent le combat contre le Garzok. Je baisse mon arme tandis que Sirat me réponds stupéfait.

"Je n'ai perdu personne, tu veux qu'on parle de Finarfin ? Je sens que tu as des regrets. J'ai toujours su m'éloigner de ceux que j'aime afin de les protéger. Ce monde est à un carrefour, une menace bien plus grande est s'apprête a le détruire. Je peux te parler de ces mages gris qui peu à peu tissent leur toiles et gangrène notre monde. Seul la magicienne noire, fut elle opportuniste et égocentrique, à la possibilité de les vaincre."

A mon tour d’être stupéfait. Comment peut-il savoir pour Fin’ ? Je baisse ma lance et fait quelques pas pour ne plus me trouver dos au Garzok et continuer la discussion en espérant que ma magie revienne rapidement.

« Tu me parles d’une menace à venir alors que tu te bats dans une armée qui menace mes proches maintenant. Tu veux m’en dire plus sur tes inquiétudes, sur les mages gris ? Pourquoi tu ne l’as pas fait avant ? Tu sais bien que je t’aurais apporté mon aide ! »

M’emportais-je avant de déglutir, ravalant ma colère et ma peine et de poursuivre.

« Que peux-tu savoir sur mes regrets de ne pas avoir pu sauver quelqu’un par manque de force ?! Tu fouilles dans mon crâne ?! Est-ce que tu y a vu la confiance que j’avais en toi ?!L’amitié sincère que je te porte ?! La douleur de devoir me battre contre toi ?! Toi et moi nous avons connu le rejet des autres, de ceux qui pètent plus haut que leurs culs, se pensent meilleur pour quelques pièces d’or dans leurs poches ou parce qu’ils ne sont pas issue d’une noble famille. Toi et moi nous aurions pu être des frères Sirat ! Et aucun mage, quelque soit la couleur de sa robe, aurait pu nous tenir tête ! »

Il rit encore. Voilà ce qu’il fait face à ceux qu’il abandonne. M’a t-il seulement un jour considéré comme un ami ? Non. Je ne crois pas, pas en le voyant ainsi porter un anneau à son nez pour le renifler puissamment, argumentant qu’un frère n’aurait pas embrassé Sibelle. Je suis aussi surpris qu’amusé en l’entendant ainsi couiner que je lui ai volé sa petite copine. Un simple baiser après avoir frôlé la mort. Un baiser auquel elle n’a pas répondu pour me faire comprendre que son coeur était déjà prit. Prit par un sac à puce qui n’a aucune considération pour elle. Un lâche ! Qui ose tenter de dissimuler sa jalousie de petite fille derrière des excuses pitoyables. Je me suis trompé, ce n’est pas un frère qu’il aurait pu être mais une soeur.

Il attaque avec force et rage, pliant mon épaulière et abimant mon épaule qui devient douloureuse. Je recule d’un pas en grognant, retenant un cri pour ne pas lui faire ce plaisir. Ce sale enfoiré, il n’y a plus aucune estime à avoir pour lui. Si il veut vraiment me tuer alors je vais chèrement vendre ma peau. Je ricane à mon tour:

« Alors c’est de ça qu’il s’agit. De la jalousie ! Pour une femme que tu as abandonné deux fois. Pour un petit bisou de rien du tout ! Pas de mage gris dans cette histoire ! T’es pathétique ! C’est juste ta queue qui parle ! »

Lui crachais-je avec hargne alors que je plonge ma main dans ma besace à runes pour en extirper deux pendant que l’humoran me fonce dessus. Je sens ma magie revenir peu à peu, comme si elle cherchait à forcer une porte scellé. Je prononce les mots divins, plaquant une rune contre moi et brandissant l’autre vers mon assaillant. Celle-ci se désagrège à son contact mais ne semble pas suffisante pour l’arrêter dans son élan tandis qu’il brandit son bouclier pour atteindre mon crâne. Le coup résonne, me faisant perdre pendant un instant mes repères sans que je sente une blessure particulière. Ma magie tambourine encore, une entité coincé dans une pièce en flammes, elle veut sortir, frapper, détruire. Je tends ma main, rassemblant les fluides d’air présent autour de nous, créant un mini vortex devant ma paume qui se transforme en un concentré de vent, palpable, agité, qui est propulsé vers la tête de Sirat alors qu’il se protège derrière son bouclier. L’attaque le touche mais il n’a pas l’air de le sentir et déclare simplement que j’ai bien progressé avant de me lancer un autre sort.

Je me fige soudain, pris de palpitations au visage et d’une douleur atroce qui ne cesse d’amplifier. Je pousse un hurlement alors que j’essaie de passer mes mains au travers de mon casque. Mon visage est entrain de fondre, je ressens la chaleur, ma peau qui se carbonise, ma chair qui se liquéfie. Comment peut-on faire une chose pareil à une personne qu’on a prétendu apprécier. Quel menteur ! Je le hais ! Je sens ma magie briser la porte alors qu’un choc sur ma poitrine me donne le sursaut nécessaire pour agir. Je forme un portail, m’extirpant du combat pour rejoindre les lignes arrières. Je jette mon casque au sol pour prendre mon visage entre les mains, tombant à genoux, grognant et rugissant de douleur et de colère. Roulant mon front à vif dans la poussière pour ressentir autre chose que cette brûlure acide qui me dévore la chair.

« Soldat Almaran ! »

Je relève la tête, laissant entre mes doigts une interstice pour glisser mon regard larmoyant. Une silhouette approche, grande, athlétique, blonde, les cheveux courts.

« Mon visage ! »

Suppliais-je presque tant la douleur me donnait l’envie de m’en défaire. Elle lève une main qu’elle abat contre ma joue avant de me saisir par le col l’armure pour me secouer.

« Reprenez vous Almaran avant que je vous botte le cul ! Votre visage n’a rien ! »

J’ignore si c’est la gifle, le fait d’être secoué ou de reconnaître cette femme qui me fait reprendre la raison mais la douleur disparaît, aussi vite qu’elle était apparue. Je lâche mon visage pour bredouiller quelques mots.

« Sergent Aldchet ? »

« Ne vous avais-je pas dit de ne plus combattre seul ?! Que sinon je vous collerais un pain ?! »

Elle me relâche avant de secouer la main.

« Ma parole vous avez de l’acier à la place des joues ? Allez me soigner cette épaule et retournez sur le flanc ouest. Les morts vivants ont subis de lourdes pertes et nous sommes entrain de prendre l’ascendant sur les troupes d’Omyre. Ce n’est pas le moment de fléchir, malgré tout ce qui se raconte ! Allez foncez ! On s’occupe du reste ! »

Je me redresse,ramasse mon casque et lance, avant de partir, un dernier regard sur Sirat. Sur un ennemi à rajouter à ma longue liste de personnes à mettre hors d’état de nuire.

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Jorus Kayne
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Jorus Kayne » jeu. 22 juil. 2021 14:45

Le sort d’Yliria a provoqué un cataclysme dans les troupes des nécromants. La horde de morts se tourne vers nous avec une lueur sombre dans leurs orbites vides. La formation de cavalier quitte le flanc gauche, où ils étaient pourtant en supériorité pour s’occuper d’un problème plus grave encore : nous. Pire encore que ces cavaliers, deux êtres sombres se dirigent également pour s’opposer à nous. Il nous est facile à moi et Yliria d’identifier Gadory et celui qui le suit, ne doit pas être le larbin qui lui offre une camomille à sa demande. Ca pue le nécromancien et pas l’apprentie de service.

Loin de se laisser abattre par cette démonstration d’attention, Yliria se dresse pour leur faire face. J’aimerais lui demander de la retenue, mais après mon bel exploit face au comte, je ne recevrais qu’une flopée de piques acerbes. Heureusement, Faëlis pense de même et oriente l’attention de la guerrière sur la cavalerie.

"Couvre plutôt notre retraite ! On aura d’autres occasions de combattre les treize si on ne se fait tuer !"

Puis il rédige une brève missive qu’il plie pour former un oiseau nimbé de magie lumineuse et l’envoie s’envoler au loin.

(Bon y’a plus qu’à espérer qu’il ramène un truc balèze le cuicui !)

Puis c’est le repli stratégique. La terrible explosion de lumière a pulvérisé une majeure partie des morts-vivants. Cependant, il en reste une bonne partie entre nous et l’armée hinïonne. De la main gauche, j’oriente ma monture entre mes compagnons d’armes et les créatures qui nous chargent. Les dernières personnes que j’ai accompagnées se battre, ont le sentiment profond que je les ai trahis. Ce n’était nullement mon intention et cette fois-ci, je compte bien prouver que je n’ai pas l’âme d’un lâche.

C’est avec le sabre de cavalerie en main, que je me rue sur les cavaliers. Je ne suis pas aussi doué que d’autres pour le combat, ni ne possède d’aptitudes pour la magie. D’autres le sont, et à l’image de la danseuse, ces êtres-là possèdent la capacité de changer le cours du combat à eux seuls. C’est avec la volonté de les protéger que je m’apprête à affronter les morts qui galopent, tandis qu’un manteau de lumière vient se poser sur moi et s’imprégne dans mon corps.

(C’est quoi ça ?)

(C’est Faëlis ! Il vient d’user un sort qui te dotera de réflexes hors du commun.)

(Vraiment ? Dans ce cas !)

J’arrive au niveau d’un premier cavalier et manie autant ma monture que le sabre pour bloquer la voie et éviter de nous faire piétiner inutilement par la charge. Sur ma droite, je bloque la voie d’un cheval qui se voit perturbé dans son élan. Son cavalier profite de notre proximité pour m’asséner un coup de lame, mais je me couche sur le dos pour éviter le coup, qui vient se ficher dans les pics de mon grappin. Couché sur ma monture, je frappe l’articulation de bras armé qui s’en voit sectionné du reste du corps. Pour autant, mon adversaire est toujours debout.

(Les lames ne font que tailler les os, il faut quelque chose de plus lourd pour les fracasser !)

(T’en a de bien bonnes toi ! Où est-ce que…)

Mon regard se pose sur le grappin dont j’extirpe la lame coincée, me donnant une nouvelle manière d’utiliser cet outil. Le cavalier essaye de s’en prendre à moi de sa main nue, mais d’une rotation de ma monture, je pousse la sienne à s’éloigner. Fort heureusement, car un autre cavalier cherche à me faire rejoindre les rangs des trépassés sur ma gauche. Il me porte un coup de haut en bas, stoppé net par la présence de mon grappin. Les pertes de sang n’ont aucun effet sur ces êtres. Plutôt que de frapper en espérant que le coup soit mortel, je tranche une partie du flanc de son cheval et accessoirement, coupe les sangles de sa selle. Le tumulte du chaos ambiant nous malmène tous de gauche à droite, les destriers se heurtant les uns aux autres. Il ne faut pas plus de temps pour que, faute de soutien au cheval, il chute à terre.

Je me fais surprendre par une présence étrangère derrière moi. Arme à la main, je me tourne rapidement pour affronter cet ennemi, qui s’avère n’être autre qu’Yliria. Armée de sa rapière, elle profite de sa nouvelle hauteur pour frapper les cavaliers qui m’entourent. Sa présence est un moteur de motivation et alors qu’un nouvel ennemi se pointe à moi à gauche, je dévie son épée sur ma droite, attrape mon grappin de ma main gauche et enfonce un de ces pics dans son casque ainsi que le crâne. D’un coup sec, j’arrache la tête et l’emporte avec moi, ainsi qu’une partie de sa colonne vertébrale. De son côté, Yliria fait des siennes, en s’octroyant une nouvelle monture et provoquant un véritable carnage autour d’elle. De mon côté, le sort de Faëlis n'opère plus depuis quelques temps et l'adrénaline m'occulte les blessures qui commencent à se multiplier sur le corps.

J’ai déjà usé de mon grappin pour diverses utilisations, mais celle-ci est encore nouvelle. Equipé d’une tête avec un heaume et d’un bout de colonne, je fais tournoyer le tout et percute mes ennemis avec la force que me procure la vitesse de l’arme. Plus efficace que ma lame, les coups permettent d’éloigner les adversaires. Yliria est également sur un cheval et avec sa truite à ses côtés, je crains davantage pour les morts-vivants. Mon attention se porte donc sur Faëlis. Bandant son arc, il ne voit pas venir la créature dans son dos. Je n’ai que le temps de coincer mon sabre de cavalerie entre les dents, avant de me saisir et de lancer mon boomerang. L’arme de jet vient frôler le doux visage de l’hinïon et s’en va briser le crâne de son fourbe assaillant qui trépasse.

Il nous reste encore de la route pour atteindre les lignes elfiques et alors que je me démène pour mettre un terme aux êtres de non vie qui s’acharnent sur nous, une lumière jaillit au-dessus de nos têtes. Cela ne perturbe en rien nos assaillants, qui ne souffrent pas de cet éclat brillant. Faëlis est d’ailleurs menacé par une de ces nombreuses abominations des nécromants. Je tente de venir à son secours, mais le combat tourne en notre défaveur et je suis sans l’obligation de m’occuper de mes propres opposants avant de venir lui prêter main forte. Je frappe avec mon sabre, mon arme contondante de fortune ainsi que des pieds. Rien n’y fait, je ne parviens pas à me rapprocher de l’elfe blanc. Son salut vient du ciel. L’espace d’un instant, j’ai l’impression que Sibelle est venue personnellement, mais un autre arrive pour prendre Yliria. L’intervention des créatures ailées sauve la vie de mes camarades.

(Balèze le p’tit cuicui !)

J’ai ainsi tout le loisir pour retourner vers les lignes tenues par les elfes. Mais il me reste encore du chemin avant d’y parvenir. Je fais galoper ma monture comme jamais. Sabre en main droite et grappin en main gauche, j’éloigne mes assaillants montés sur leur destrier. Mon arme de fortune tourne autour du bras du squelette à ma gauche et réduit sa capacité à frapper en maintenant de mon pied, une pression vers le bas. Je pare un premier coup la lame du cavalier à ma droite. Je libère mon pied gauche et prenant appuie d’une main sur ma selle, j’exécute une rotation et j’envoie mon pied sur le cavalier de droite qui se fait désarçonner. Ne me laissant pas faire, l’autre cavalier cherche à me couper la main avec le leste que j’ai malheureusement offert. Je lâche la selle et attrape de la main gauche le bras armé, tandis que je suis debout sur l’étrier de droite. Je tire de toutes mes forces sur le membre pour le faire tomber le cavalier, mais offrant une résistance opposée, c’est son bras lui-même qui lâche. C’est in-extremis que je parviens à garder l’équilibre en m’accrochant à la selle de la main droite, alors que la gauche tien fermement le bras du mort-vivant.

Il ne me reste qu’une poignée de mètres, mais des créations des nécromanciens sont toujours sur mon chemin. Mon adversaire n’étant plus aussi dangereux que précédemment, je profite de l’opportunité pour couper le lien de la selle et le faire tomber d’un coup de botte. Je me dresse sur les étriers et tends la lame en l’air pour m’afficher moi, mais surtout mon armure si particulière, même ternie par les rudes batailles. Une volée de flèches vient balayer les êtres autour de moi, sans m’atteindre, m’offrant la possibilité de retourner dans les lignes elfiques qui se referment à mon passage.

Désormais, hors d’atteinte, je jette un œil inquiet aux deux griffons qui portent mes compagnons.
Perte du boomerang et avec lui, l'incapacité de jouer à sailor moon :cry:

Byrnisson
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Byrnisson » jeu. 22 juil. 2021 19:47

Chapitre II - Suite - [Précédemment]


La guerre, c’est moche : un amas de corps mutilés et de visages déformés par la haine. Et c’est bruyant aussi : un effroyable tintamarre de métal qu’on maltraite, de cris surhumains couvrant des salves d’ordres confus.

Le désordre est tel qu’à présent l'ennemi nous entoure de toutes parts et nous empêche de manœuvrer. La cavalerie a perdu un temps précieux en se focalisant sur les guerriers d’élites et automates géants qui accompagnent les troupes de Créan et de Kynth. Il faut parfois une dizaine d’hommes et nains pour encercler ces adversaires et en venir à bout. Et les pertes sont à chaque fois colossales. Je tâche donc de m’en tenir le plus éloigné possible, essayant plutôt de refouler les créatures mécaniques qui se sont massées autour de nous en profitant de notre immobilité.

J’ai troqué ma lance contre mon épée, plus maniable en combat rapproché et plus efficace contre les automates. Ces créatures n’ont pas de point faible apparent. Les lames glissent sur la fine couche métallique qui recouvre leur enveloppe et leurs plaies ne laissent pas échapper une seule goutte de sang.

« Te fatigue pas à viser – m'avertit Bernas alors que j’approche une de ces marionnettes mécaniques - Y z’ont pas de cœur, pas de foie, pas de rein, pas de trippes... Fais chier !».

Je frappe, sans ménagement. La créature manie deux lames courtes, fixées à l’arrière de ses coudes. Elle les agence face à elle dans un mouvement parfait et régulier. Mon épée ricoche en arrachant un léger grincement à l’enveloppe métallique. Je donne un léger coup de talon dans les flancs de ma monture, qui répond immédiatement. Elle pivote légèrement, ajoutant sa force à la mienne. Ensemble, nous parvenons à déséquilibrer l’automate. J’enchaine plusieurs coups puissants, sans parvenir à endommager sa peau de métal, mais je persévère, espérant que les chocs répétés finiront par briser un engrenage ou désaxer l’arbre qui l’entraine, en supposant que la créature soit guidée par de telles mécanismes.

Si l’automate éprouve de la douleur, il n’en laisse rien paraitre. Il riposte à mes assauts par plusieurs coups précis, que je dévie avec difficulté. Je peine à gérer en même temps ma monture, et la dirige par de brusques à coup. Je finis par bousculer un cavalier un peu trop proche. Le malheureux s’empale sur l’épée brandie par un autre automate qui l’assaillait.

« D... désolé ! - dis-je en tentant de maintenir le soldat sur sa monture de ma main libre ».

Mon adversaire en profite et se précipite sur moi en taillant du tranchant de sa lame. Je pare le coup au dernier moment et lame glisse sur le flanc de ma jument. Une légère entaille se forme sur son bas ventre et Friponne se cabre immédiatement en poussant un hennissement. Je me cramponne tandis que la jument devient incontrôlable. Elle tourne puis se dresse, frappe de ses pattes par devant puis derrière, et tourne à nouveau, son balai enragé s’éternisant pendant de longues secondes. Par miracle, je suis encore en selle quand la bête reprend son calme.

Je jette un œil aux alentours, un peu sonné. Mon adversaire aux doubles lames repose au bas de Friponne, sa carcasse broyée par de violents coups de sabots. Le cavalier git toujours sur sa monture, qui s’est judicieusement éloignée de la mêlée, et Tessy s’est interposée face à l’autre automate. Je sonde délicatement la blessure de ma monture. L’estafilade est légère et le flot de sang devrait rapidement coaguler. Plus que la douleur, surprise et accumulation de stress sont à l’origine de la crise de nerfs de la bête. Crise qui m’a probablement été salutaire.

« Pardon Friponne, c’est moi qui devrais te protéger ».

« Hé, toi la lumière ! T’as pas un moyen de nous tirer de là plutôt que de faire le pitre ?».


Débarrassée de son automate, Tessy me jette un regard sévère puis désigne le cavalier derrière moi.

« Prends son bouclier, t’en auras besoin. Et bouge-toi, sinon on va tous y passer ! ».

Je m’exécute pendant que la guerrière va prêter main forte à Bernas. Le bouclier du cavalier est un peu cabossé, mais devrait me permettre de protéger mon flanc. Reste à trouver un moyen de tirer mes camarades du piège qui se referme progressivement sur nous. Face à moi, les automates de Kynt resserrent progressivement leur étau en s’amassant contre la ligne de cavaliers qui tente farouchement de les repousser. Le front cède petit à petit du terrain et se rapproche dangereusement des nains, soldats des duchés, automates et guerriers d’élites qui s’affrontent dans une mêlée désordonnée. Il faut nous nous sortir de là de toute urgence, si nous voulons récupérer notre force de frappe. J’avise le nord de la mêlée, par lequel la cavalerie a chargé. Logiquement, les rangs ennemis y seront moins épais. Dans l’idéal, il faudrait former une colonne, remonter les rangs en longeant les créatures de khynt, pour rester à distance des guerriers d’élite, et foncer droit dans la ligne adverse en espérant y creuser une brèche. Le tout, visiblement sans officier pour nous guider, puisqu’aucun d’entre eux ne se trouve à proximité.

(Le capitaine Tobias Arthès va devoir reprendre du service) !

Et Luciole aussi car je vais avoir besoin d’un peu de magie pour maximiser nos chances. L’aura lumineuse que je parviens maintenant à créer aisément est trop diffuse, dans le temps et dans l’espace. Il faudrait la concentrer en un point, ma main par exemple et la libérer brusquement en un unique flash, pour tenter d’aveugler plusieurs automates, le temps de créer une brèche. J’ai déjà expérimenté ce processus récemment, sans toutefois parvenir à produire exactement l’effet escompté.

(Pas le choix, ce coup ci, ça doit marcher !)

J’appelle doucement Lucie par la pensée, concentre une petite bulle de lumière dans mon torse et la projette devant moi.

(Voilà pour l’échauffement, et puis ça devrait m’aider à attirer l’attention sur moi).

« Cavaliers, à moi ! – Ma première injonction est sans effet, mais je continue à appeler mes camarades en élevant la boule lumineuse un peu plus haut – Cavaliers, à moi ! ».

Deux soldats, pas plus vieux que moi se dégagent de la mêlée et se rangent timidement derrière moi. Mon troisième appel, rameute Tessy et Bernas qui reprend mon appel en tonnant du « Suivez Luciole ! Suivez Luciole ! ».

Il ne me reste plus qu’à exécuter mon plan lumineux…

(Sans pression).

Je lance ma monture, tout droit vers le nord, flanqué par Bernas et Tessy qui m’aident à ouvrir une voie, à coup d’épée pour nos ennemis et de semonce pour nos alliés. Nous remontons la ligne étroite, suivis par un nombre croissant de cavaliers qui se joignent progressivement à la manœuvre. Derrière nous, un flot de créatures de Khynt se libère soudainement sur les nains.

Quelques guerriers esseulés se retrouvent submergés mais les nains forment globalement un front uni, qui, je l’espère, devrait pouvoir encaisser ces nouveaux arrivants en attendant une seconde charge de la cavalerie.

Je dissipe la bulle lumineuse, pour me focaliser sur le tour que je prépare. Je mobilise l’ensemble de mes fluides pour maximiser les effets, puis je leur demande de converger vers ma main directrice. Manipuler ainsi mes fluides requiert un effort de concentration, que je ne pourrais fournir sans l’aide de mes deux acolytes. Pendant qu’ils sécurisent mes flancs, j’ai le champ libre pour continuer mon rituel en m’aidant de mon bouclier pour dévier les rares attaques dont je suis la cible.

Nous approchons de l’extrémité nord du front, où plusieurs rangs de créatures mécaniques tentent de sceller l’arceau qui retient nos troupes. Ma main commence à scintiller, les fluides lumineux percolent à travers ma peau, ils veulent sortir maintenant.

« Lucie, non ! »

J’ai parlé suffisamment bas pour ne pas éveiller l’attention de mes acolytes et avec suffisamment de volonté pour retenir encore un peu mes fluides. Plus que quelques mètres. Je tends mon épée droit devant moi, et ouvre l’écluse mentale qui retenait mes fluides. De ma main s’échappe un flot de lumière que j’espère assez puissant pour aveugler les créatures qui nous font barrage. Je me penche en avant sur ma monture, épée en avant en protégeant du mieux possible le buste de mon cheval à l’aide du bouclier. Je me crispe en même temps.

Le choc est brutal. En voyant notre manœuvre, plusieurs automates ont adopté une posture défensive. Gênées par mon éclat lumineux, les créatures du premier rang encaissent notre offensive sans pouvoir riposter. Plusieurs tombent à la renverse, entraînant sous leur poids les rangs suivants. J’avance, en repoussant les automates à renfort de coup d’épée et bouclier. Je n’essaie pas de les endommager. Je frappe et je pousse, sans relâche. Derrière la colonne de cavaliers s’élargit pour creuser la brèche. Les rangs adverses s’ébranlent, et la pression s’estompe devant nous. Je m’engouffre dans la faille avant que nos adversaires se reprennent et tentent de la résorber.

((HRP :
- Tentative d’apprentissage du sort de lumière : Flash - Les précédentes étapes d'apprentissage de Tobias sont décrite dans I et II qui ont été commentées ici.
- Tentative pour créer une brèche dans les lignes ennemies pour permettre à la cavalerie de manœuvrer.
- Est ce que je peux garder le bouclier que j'ai ramassé?))

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Yliria
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Yliria » ven. 23 juil. 2021 14:25

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J’aurais pu me dire que la situation s’était quelque peu éclaircie. Les rangs des squelettes avaient largement diminué, ce qui laissait la possibilité aux elfes d’enfoncer leurs lignes s’ils profitaient de l’occasion. Ça n’avait pas été sans difficulté, mais c’était un succès. Simplement, je n’avais pas prévu que cela allait attirer un peu trop l’attention vers nous. Sur l’injonction d’Alyah, je jetai un œil vers là où je pouvais voir deux cavaliers sombrement vêtus approcher. Gadory décidait enfin de bouger son auguste personne. Je ne parvenais pas à repérer le roi elfe mort-vivant qui aurait dû l’accompagner. Les deux cavaliers semblaient seuls, ce qui me sembla étrange. Les nécromanciens sont d’ordinaire toujours accompagnés par leurs serviteurs. Je décidai d’en avoir le cœur net et me relevai avant que Faëlis ne me retienne en désignant l’ouest. Une force de cavaliers morts convergeait vers nous. Je grinçai des dents, mais obéis. Les morts d’abord, les ordures ensuite. D’autant que la silhouette cavalière accompagnant Gadory me donnait des frissons le long de mon échine et cela ne me plaisait pas du tout.

Les cavaliers approchaient vite et Jorus se lança face à eux. Aucune idée de comment il contrôlait l’horreur qu’il chevauchait, mais tant mieux pour lui. Je vis un trait de lumière filer et se planter dans son dos avant qu’une sensation ne me touche à mon tour. Je me retournai vers Faëlis et hochai la tête avant de dégainer pour suivre Jorus. Faëlis avait envoyé un message d’aide, il suffisait de retenir les morts le temps que la cavalerie, vivante celle-ci, ne vienne nous donner un coup de main pour bouter les morts et nous aider à ficher le camp de cet endroit. Ssussun à mes côtés, je me ruai derrière Jorus, faisant sauter la tête d’un squelette d’un coup de rapière. Ça avait quelque chose de satisfaisant de faire ça.
La cavalerie approchait très vite et les premiers cavaliers morts avaient déjà forcé Jorus à ralentir. Je n’avais guère envie d’encaisser une charge de cette violence avec mon petit bouclier et ma carrure. Voyant Jorus en train de batailler, je me ruai vers lui et, profitant qu’il soit ralenti, je bondis sur son cheval, le faisant sursauter et lever son arme.

- C’est moi, Jorus, du calme. Je te laisse conduire, je vais couvrir tes arrières.

Ce qui ne tarda pas à devenir une tâche relativement intense. Les cavaliers étaient armés d’armes bien plus longues que la mienne et je dus jouer du bouclier pour dévier l’assaut d’un premier. Je n’étais pas très stable, assise derrière Jorus sur un canasson puant. Je déviai l’assaut d’un cavalier et jurai en voyant un autre armer son attaque de sa faux. Une flèche vint me sauver in extremis, frappant le squelette en lui faisant lâcher son arme. J’en profitai et me mis debout sur le cheval de Jorus pour sauter. Je me rattrapai au squelette et lui fracassai le crâne au passage. Je manquai de glisser dans la manœuvre, mais je tins bon juste assez pour vire le cavalier et prendre sa place pour me rendre vite compte que je ne contrôlai pas du tout la monture qui filait tout droit sans s’inquiéter de quoi que ce fusse. Les morts ne s’épuisaient pas, alors il allait courir pendant très longtemps si je restais sur son dos.

- Ssussun, calme le cheval !

Ce fut presque instantané. Le cheval cessa aussitôt de filer tout droit comme un fou et fit demi-tour sur mon ordre. Je boutai un fantassin en lui rentrant dedans, éparpillant ses os dans toutes les directions sans ralentir pour me battre non loin de Jorus. Les cavaliers commençaient à s’accumuler, obligés de ralentir pour ne pas se heuter entre eux. Je n’eus pas autant de scrupule et fit foncer le cheval dans un autre, faisant tituber monture et cavalier juste assez longtemps pour lui faire sauter la tête. Ssuuun envoya à son tour un rayon et le combat s’engagea véritablement, mais pour chaque cavalier abattu, deux autres semblaient arriver juste après et je commençai à reculer. Un coup vicieux sur la tête du cheval le mit à mal et j’eus juste le temps de sauter en arrière avant qu’il ne s’écroule au sol. Je roule sur le sol, prenant juste assez de distance pour ne pas me faire piétiner.

La situation devenant critique, j’invoquai mes fluides avant qu’un fracas ne me fasse tourner la tête. Derrière moi, un gros griffon armuré et chevauché par un hinion s’était posé, et un autre aider Faëlis, un peu plus loin. Sans réfléchir, je courus vers l’aide apportée et saisis la main du soldat pour me propulser sur le dos de l’animal qui fila aussitôt avant de décoller. Je chercher avec angoisse Jorus resté seule, puis aperçus un unique cavalier filer droit vers les lignes hinionnes. M’assurant qu’il s’en tirait, je portais mon regard sur le chaos qui se déroulait sous mes yeux, puis sur les deux nécromants qui n’avaient pas accélérer plus que cela. Toujours aucune trace du roi elfe lié à Gadory et cela m’inquiétait. Je parcourus le champ de bataille en espérant repérer sa présence verdâtre parmi la marée noire quelque peu atrophiée à présent.

Le soldat elfe me fit savoir qu’il allait me déposer juste derrière les lignes hinionnes et j’acceptai. Prendre quelques minutes de repos ne serait pas de refus avant d’y retourner. La menace des morts vivants n’était pas écartée, mais el problème des nécromants allait être difficile à régler. Ce fut à ce moment que j’aperçus un immense corbeau monté par une silhouette qui me sembla floue avec la distance. Je fronçai les sourcils. Tout cela ne me disait rien qui vaille.

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Relonor
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Relonor » ven. 23 juil. 2021 15:11

Le projectile vient percuter les archers derrière les lignes avec une efficacité qui procure à l’enchanteur, un frisson de plaisir. Il n’y a peut-être aucun mort, mais les blessures infligées peuvent être suffisamment graves, pour les rendre incapables de tirer à nouveau. Pourtant, le plaisir est de courte durée. Sur le flanc opposé, un énorme pilier de lumière s’abat sur le sol, brisant le voile d’ombre des lieux et frappant les créatures des ténèbres. Brandissant mon bouclier dans cette direction, Relonor y voit une silhouette seule, puis rejointe par une autre. La réaction du côté des nécromants ne se fait pas attendre. Rapidement, la horde de cavaliers qui a grogné du terrain fait demi-tour pour se rendre vers la source de l’explosion. La crainte de ce pouvoir pousse également les deux plus grands nécromanciens de l’armée : Gadory et Tal’Raban. L’elfe noir craint également que ce pouvoir ne décime que trop l’armée issue des fluides d’ombres. Alors que les cavaliers passent près de lui, il les hèle la lame en l’air.

"A moi, un cheval !"

Rien. Les chevaucheurs morts passent sans prendre la peine de s’arrêter ou même de répondre.

"Hey, les t’as d’os ! Filez-moi un cheval que je vous montre comment on se bat !" Crie-t-il cette fois.

Aucune réponse, pas le moindre regard ou attention. Ces choses ne sont finalement fidèles qu’à leur maître. Grognant sur place, il se déplace jusqu’à lieu du conflit, espérant qu’il en restera un morceau pour lui. L’enchanteur commence à manipuler ses fluides, pour user de son tout nouvel oiseau de destruction. Cependant, les hordes de morts n’ont pas complètement été décimées par le pilier de lumière et sont un obstacle pour la fuite des elfes isolés. L’explosion de l’obus pourrait aider leur retraite, plutôt que de les blesser. La cavalerie arrivera bientôt sur eux et il serait bon de ne pas s’attirer les foudres des nécromanciens qu’il cherche à impressionner. Il vise donc à l’endroit où les deux elfes ont le plus de chances de se replier.

(En affaiblissant cette ligne, les elfes blancs ne pourront pas avancer davantage !)

C’est ainsi qu’il lance ses obus en usant de ses pleines capacités magiques pour les générer et impose sa domination sur les esprits ambiants pour regagner sa magie. Tous les obus n’atteignent pas la bonne destination. Le temps de lancer le sort, son coût et les multiples besoins de recharger ses réserves, Relonor ne parvient pas à offrir la destruction qu’il espère. Cependant, il est le seul à en être capable dans cette armée de morts. Tandis qu’il se rapproche, les archers elfiques ne comptent pas laisser les morts-vivants sans rien faire. Les flèches volent, formant des nuées compactes qui abattent les créatures des nécromanciens par dizaines. Relonor est également visé et alors qu’il se protège, il remarque par-dessus son bouclier, une flèche se diriger en pleine tête. Voyant la trajectoire sans avoir le temps de réagir, il est spectateur d’une chance inouïe. Soufflant dans cette zone, un vent se lève. Il est juste assez fort pour dévier la trajectoire du projectile, qui passe à un cheveu de son œil gauche.

(Restons concentré ! Ces maudits elfes ne lâcheront rien jusqu’à leur dernier souffle.)

En parlant de ces satanés hinïons, voilà que des griffons arrivent là où se trouve le rassemblement des morts. Portant chacun un cavalier, ils extraient deux elfes de l’amas de créatures qui visiblement, ne sont pas parvenues à éliminer ces dangereux individus. Soulagé de constater qu’il lui est encore possible d’éliminer lui-même ces ordures, il est cependant assez craintif du cataclysme qu’ils ont été en mesure de provoquer. Se rapprochant encore, il rassemble sa magie pour la rendre prête à déchaîner les enfers.
Utilisation d'obus magique sur les elfes blancs (là où se rend Jorus avant son arrivée)
Se rapproche d'Yliria et Faëlis à pied

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Xël
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Xël » ven. 23 juil. 2021 15:19

Je me souviens de sa silhouette, dévorant tout le cadre de la porte du temple malgré sa taille. Je me souviens du soulagement que j’ai éprouvé en le voyant entrer, pensant qu’il venait m’aider. Mais je me souviens maintenant plus clairement de ce qu’il avait annoncé ce jour-là. Il était venu pour obéir à un ordre, celui de Vallel. Comment ai-je pu occulter une chose si importante ? Je me fige sur place alors que je me dirigeais vers les troupes de Bouhen. Assaillit par des souvenir qui surgissent comme des fantômes du passé. Des ancêtres qui me rappellent mes erreurs, me faisant voir ce que l’Humoran a causé comme tort et les horreurs que son maître, Lieutenant d’Oaxaca à fait. Comment se peut-il qu’il ait réussi à finir du même côté du mur de Fan-Ming, celui là même qu’il a détruit, que moi ? Combien se sont laissés trompés et combien m’ont mit en garde ? Ne pas faire confiance à Sirat. Je n’ai pas écouté et voilà où j’en suis. Blessé, encore perturbé par la douleur que j’ai ressenti, bouillant de rage, moralement atteint par la trahison d’un sale matou que j’ai cru être mon ami. Je secoue la tête, tentant vainement de chasser les souvenirs qui me harcèlent et continue à avancer à l’abri des lignes arrières, cherchant un guérisseur pour soigner mon épaule.

Je m’immobilise encore, rattrapé par mes anciens doutes et faiblesses. Je ferme les yeux, inspire et expire lentement pour évacuer ma colère. J’agite les doigts, concentré pour sentir les fluides magiques circulant dans l’air. Mais la haine est trop forte, le sentiment de trahison trop douloureux. J’ouvre les yeux pour observer d’un regard noir l’horizon au sud d’Oranan. Je lutte. Lutte contre le désir de faire demi-tour et retourner en finir une bonne fois pour toute. Lutte contre l’envie d’utiliser ma rune invoquer dans l’espoir de générer la tempête la plus dévastatrice de tous les temps. Je veux me venger pour ce qu’on m’a fait subir. Les batailles, les guerres, les embuscades, les meurtres d’innocents. Je remarque qu’autour de moi se mettent à flotter autour de moi des sphères aux reflets gris. L’une d’elle me touche le bras et s’y infiltre sous mon regard curieux. Je ressens une chose étrange, comme si mes réserves de magie étaient entrain d’absorber cette manifestation particulière. Quelques soldats se sont tournés vers moi, semblant dérangés par ma présence ainsi que celle de ces étranges sphères flottantes qui disparaissent alors que mes vieux souvenirs s’écartent aussi de mon passage pour me permettre de poursuivre ma route vers les troupes du Général Bogast.

Sur ma route je tombe pas surprise devant une échoppe. Une sorte de cabane ou des soldats de la logistique prépare des chariots de flèches que d’autres tirent pour les ramener aux archers sur les différents flancs.

« Almaran ! Bordel traînes pas comme un gland ! Tu veux des potions ? »

Je reste interdit, immobile, ahuri, provoquant un soupire las du type derrière le comptoir de bois qui saisit trois fioles qu’il pousse vers moi.

« Tiens ! Prends ça et retourne te battre ! »

Toujours silencieux, je ramasse les potions que je mets dans ma gourde, me contenant d’un signe de tête pour le remercier.

« ALLEZ BOUGE ! »

Je me fais bousculer par deux brancardiers qui ramène un blessé qui gémit de douleur en se tenant le ventre malgré aucune trace de sang ou de blessure apparente. Je ne m’attarde pas et poursuit ma route, pressant le pas pour atteindre ma compagnie. Je remarque alors que les troupes mortes vivantes qui étaient là avant ont quasiment disparus. Seul subsiste des cavaliers dont deux me font froncer les sourcils ainsi qu’un corbeau géant, monté par une silhouette, volant au dessus du champs de bataille. Du côté de Bouhen, nos lignes ont prit l’avantage, poussant profondément dans l’armée Omyrienne. Une situation qui ne suffit pas à calmer ma colère et je compte bien la déchaîner sur nos ennemis.

(( début d’apprentissage du sort Transe. Achat d’une énorme potion de mana (+16 PM) + deux grandes potions de mana (+8 PM) pour un total de 250 + 220 = 470 yus.))

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