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Aeronland

Posté : lun. 13 avr. 2026 00:39
par Gamemaster7
Les jours passent, certains paisibles, d’autres moins. La mer change d’humeurs comme le ciel de couleurs et même si la vie de bord peut en éprouver certains, chacun dans le groupe de Chantelierre profite de la traversée à sa façon.

Anissa passe la majeure partie de son temps avec Plythos, au point que celui-ci se sente de plus en plus détendu en sa présence. Grâce à sa méditation, Eline parvient à renforcer son lien avec les fluides la parcourant. Si l’atmosphère entre Edith et Layam peut sembler tendue, c’est surtout parce qu’elle exprime sa camaraderie avec des boutades et cette distance typique des rapports virils. Largement ignorée, Petrol semble peiner à trouver ses aises en l’absence d’Ankouille, et de son côté, Khorgal déguste toujours du mal de mer.

C’est d’ailleurs pendant l’un de ces moments où il se met à l’écart des autres pour se ménager qu’il remarque un navire au loin, en même temps que la vigie.

« Bateau, tribord ! »

Même avec une longue-vue, dur de déterminer qui ils étaient en train de croiser, mais ce n’était assurément pas une patrouille officielle. La méfiance régnait sur cette partie de l’Aeronland, et de toute évidence, le navire au loin changeait de cap pour ne pas croiser la Reine Rubis et son escorte.

Ce n’était pas la première fois que ça arrivait. Une demi-journée plus tôt, la même chose s’était passée avec un navire différent. Impossible de savoir si c’était des corsaires d’Exech qui se rebiffaient en voyant deux navires voguer côte à côte, ou si la Reine Rubis elle-même suscitait la méfiance des bateaux croisant son chemin.

Une chose était cependant claire, l’escorte de « Barbe-Rouille » et la fière allure de la Reine Rubis avaient de quoi dissuader les entreprenants. Mais plus ils se rapprochaient de l’Imiftil, plus la crainte des Shaakts se faisait sentir.

Lorsque la nuit tombe, comme de coutume, les marins se relaient pour monter la garde, allumant toutes torches et lanternes à bord. Il pouvait sembler contre-intuitif de s’illuminer ainsi au risque d’attirer l’attention, mais comme l’aurait dit Edith ou tout autre connaisseur, les Shaakts n’avaient nul besoin de lumière pour repérer leurs proies. D’autres mesures avaient été prises pour contrer un éventuel assaut.

« Si les oreilles pointues nous attaquent, on les verra pas venir au loin. Restez loin des bords, près des lumières, et soyez toujours accompagnés. On a placé des pièges à pointes sur le bastingage. On a quelques antipoisons, mais faut se lever tôt pour trouver des antidotes contre les leurs. Si vous voyez la moindre ombre bouger, vous gueulez bien fort et vous allez chercher les autres, et surtout, ne les touchez pas directement. Attendez-vous à tout sauf à un combat loyal et équitable. Ne leur montrez aucune pitié, parce que les Shaakts n’en auront aucune pour vous ! »

Edith estimait ce discours nécessaire, mais autant dire que cela n’a pas détendu l’atmosphère. Mais il valait sans doute mieux souffrir d’une insomnie que d’une lame en pleine gorge. Ce régime nocturne qui dure depuis quelques jours déjà n’a pas manqué d’affecter certains aventuriers. Que ce soit le stress ou les conditions de vie à bord, la fatigue s’accumule et se fait ressentir.

Mais cette nuit est différente. De fins nuages de brume sont descendus sur l’horizon, et les deux navires sont comme coupés du monde, naviguant au juger. L’air est salé, humide, lourd. Le vent siffle entre les voiles, les affrontant de face et forçant la Reine Rubis à louvoyer pour garder son allure.

Puis…

« Navire droit devant ! »

Tous se réveillent de leur torpeur, certain tombant de leur hamac avec des cernes aux yeux. Un appel général confirme que tout le monde est bien à son poste et ceux sur le pont peuvent jauger la silhouette qui se dévoile peu à peu derrière la brume.

Une caravelle sans voiles se laissait porter par la marée. Un navire plus grand que la Reine Rubis et son escorte, mais dénué de toute activité, à l’abandon.

Malgré la nudité de ses mâts, et la saleté de son carénage infesté de bernicles, le navire semble en bon état. Mais il est aussi dénué de toute trace de vie, pas une âme à bord en perspective, juste un bateau fantôme qui erre dans la brume.

« C’est trop gros pour être juste un marchand qui s’est fait dépouiller. J’aime pas ça. »

Elle sort la longue-vue puis après quelques secondes, la tend à Eline.

« Blason kendran, au niveau de la proue. »

En effet, le soleil entre deux ciels était encore visible sous une fine couche de saleté. Un navire militaire de toute évidence. Un spectacle qui ne rend que plus nerveux le reste de l’équipage.

« Bon. On contourne ? »

La Reine Rubis s’en rapprocherait lentement en maintenant son cap actuel. Les aventuriers, éreintés par plusieurs nuits de paranoïa, regardent cette mystérieuse épave. Korgal pique du nez. C'est lui qui a le plus morflé, sans nul doute à cause de son mal de mer. Anissa, Petrol et Layam ont dû mal à s'empêcher de bailler, mais sont moins mal lotis. Eline, apparemment préservée par sa magie de lumière ou sa gaieté naturelle, ne ressent pas les effets de la fatigue, contrairement au reste de l'équipage.

Eline, Layam, Anissa : 1xp
Petrol, Korgal : 0,5xp
Eline : PM restitués et gain d'1PM max de Lumière (ou autre élément au choix)

Malus de fatigue (jet de dés) :
Korgal -> -10 au jet de touche
Anissa -> -5 au jet de touche
Eline -> Aucun malus
Layam -> -4PE (14/18)
Petrol -> -5 au jet de touche

Re: Aeronland

Posté : mar. 14 avr. 2026 22:58
par Guasina
Image
Anissa Niqor
Je restai donc auprès de Phytos, comme un fidèle chien auprès de son maître, alternant de ma forme lutine à ma forme canine, selon mes besoins.

La mer était calme et le voyage paisible. Malheureusement, Phytos et Korgal étaient victimes du mal de mer. Je remerciai silencieusement les dieux de m’avoir épargnée de ce terrible mal.
A deux reprises cependant, la vigie signala des navires qui se dirigeaient vers nous. Ces derniers changeant par contre de cap, afin de ne pas nous croiser. Si nous craignons les embuscades, il en était de même pour les navires qui nous croisaient, puisque nous avions l’avantage du nombre avec notre escorte qui nous suivait de près.

Plus nous approchions d’Imiftil, plus je ressentais de la fébrilité dans le groupe. La crainte de rencontrer des shaakts était bien présente et justifiée. Et tout était mis en place pour réagir à toute attaque, tant des mesures de sécurité tel que des pointes sur le bastingage que des comportements à adopter, entre autres de ne jamais circuler seul sur le navire. Mais le plus important était d’alerter les autres dès qu’on voyait la moindre ombre bouger. Edit nous prévint qu’un combat contre les shaakts, n’auraient rien de loyal ou d’équitable. N’ayant aucune habileté au combat sous ma forme lutine, et que celle-ci me permettait seulement d’être une cible moins facile à voir ou atteindre, je ne savais pas quelle forme j’adopterais le moment venu.

Ce fut donc quelques jours d’attente d’une éventuelle attaque, notre état d’alerte nous privant d’un sommeil de bonne durée et détendue. Que ce soit sous la forme lutine ou canine, je ressentais la fatigue m’envahir.

Cette nuit-là, la brume nous privait de toute vision et nous rendait plus vulnérable aux éventuelles attaques de shaakts. La vigie, bien alerte, put tout de même nous aviser de la présence d’un navire devant nous.

Se dirigeant vers nous, un navire plus imposant que la Reine Rubis, sans voiles, semblait se laisser porter par la marée, à l’abandon.

[color=#FFbf000](Réalité ou piège ? )[/color]

Édit estimait que ce navire était trop grand pour être un navire marchand. Puis à l’aide de sa longue vue, elle nous apprit qu’il s’agissait d’un navire militaire Kendran, le blason à la proue le confirmant.

« Bon. On contourne ? »

Ce fut la question de la capitaine de la Reine Rubis, mais j’en avais pas la réponse. Mais chose certaine, nous n’étions pas au mieux de notre forme, la fatigue étant bien présente au sein de l’équipage et des aventuriers. Moi-même, je ne pouvais m’empêcher de bailler. Sous ma forme lutine, assise sur l’épaule gauche de Phytos, je donnai mon opinion.

“Ma curiosité me pousserait à aller voir ce qui explique cet abandon… mais je préfère suivre mon instinct de survie qui me dit plutôt, qu’il serait plus sage de le contourner et éviter ainsi un éventuel piège.”