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5, rue Firion

Posté : dim. 30 nov. 2025 21:03
par Gamemaster7
1193, ère coloniale
Bouhen

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Il cesse enfin de pleuvoir. D’une manière ou d’une autre, vous arrivez devant le 5, rue Firion, une bâtisse en bois longeant les murailles de la cité, compressée entre deux autres bicoques un peu moins bien loties. Vous n’êtes clairement pas parmi les hautes strates de la cité, mais même si les flaques de la dernière pluie donnent un côté un peu triste à l’avenue, ce n’est pas un mauvais endroit pour vivre.

Il fait toujours gris, cela dit, en ce milieu d’après-midi. Et les patrouilles de gardes potelés, choses devenues plus fréquentes depuis que la Principauté est sur le pied de guerre avec l’Ynorie, ne peignent pas non plus le tableau le plus accueillant de Bouhen.

Personne pour vous accueillir ou répondre à la porte, qui est cernée de quelques fleurs et de mots de soutien de la part d’anciennes connaissances de feu Chantelierre père. Sur celle-ci, vous voyez une note griffonnée à la va-vite. L’écriture, élégante malgré tout, vous dit :

« Parti chercher une course, je reviens dans un quart d’heure ! »

Heureusement qu’il pleuviote à peine. L’allée est relativement vide. Des résidents ou passants vous toisent de temps en temps, et des ordres étouffés vous parviennent régulièrement du haut des murailles, mais globalement, c’est le calme plat.

Vous remarquez au bout d’un moment qu’une silhouette encapuchonnée semble faire le guet un peu plus loin. Son visage n’est pas exactement caché, mais vous avez du mal à le discerner de devant la demeure Chantelierre. Adossée au mur, les bras croisés autour de ce qui semble être une épée et son fourreau emmitouflés dans du tissu, elle semble se satisfaire d’attendre et d’observer. Un homme, vu la taille et la carrure. Il vous ignore largement, là d’où il est.



Anissa
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Petrol
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Eline
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Layam
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Korgal
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[[[ La Chronique commence ici. Décrivez comment vous arrivez au 5, rue Firion en prenant en compte les circonstances de vos personnages. Considérez que vos persos arrivent un par un dans l'ordre de vos posts. Vous pouvez interagir entre vous, mais pas d'aparté pour l'instant. N'oubliez pas de rédiger la partie gestion de l'inventaire sous votre fiche perso ! Prochaine Maj le dimanche, ou plus tôt en fonction de votre vitesse ! ]]]

Re: 5, rue Firion

Posté : dim. 30 nov. 2025 21:52
par Silmeria
Une ombre au pas déboîté glissait dans la nuit.

Littéralement.

" MAIS COMMENT C'EST POSSIBLE !! " Piaillait Petrol'Kiwi qui sortait de l'orbite d'Ankouille, étalée au sol, le zombie cherchait à se relever mais glissait et s'enlisait.

" Franch'ment ! T'es naze ! Naze naze naze ! T'es boiteuse en plus d'être vérolée ? J'te préviens ! Non. Redresse toi. Non. Oui. Voilà. NAAAAAN !!! Bah voilà tu en as plein la face de la boue. Non. Recrache ! Oui, allez tu fais des n'essuies ! Tu fais des n'essuies... Quoique... Limite la boue d'arrange. Trouve un truc pour essuyer. Non. Nooon... Putain elle prend ses cheveux c'te cruche. Non bah voilà t'en a partout ! On est belles là ! On... Putain j'suis trempée comme une soupe. Va sous cet arbre ! Allez, et t'avises pas de patauger encore dans la boue."

Les deux ombres filaient aussi discrètement que possible sous un gros chêne.

" Vraiment hein ! J'te préviens, continue à farfuler ainsi, je te remets dans ta tombe. "
" Ouiiii Maîîîîître..."
" Tresse. "

Petrol'Kiwi s'attardait à essuyer avec un pan de la grande cape qui enveloppait Ankouille le visage de cette dernière aussi proprement que possible, après tout, le tissus était imbibé d'eau et bientôt, mis à part de petits sillons de terre coincés dans les plis de sa création, Ankouille était redevenue un vrai prix de beauté.

" Voilà, t'es de nouveau belle à faire gerbouler des poux. Allez, et j'espère pour ton cul purulent qu'y a pas d'boue dans mon nid ! "

Petrol pénétra dans l'orbite vidée de sa créature, sa petite voix râleuse piaillait dans un écho profond.

Jusqu'où avait-elle établi ses quartiers ? On raconte même qu'elle avait aménagé une sortie d'urgence jusque dans les... Orifices les plus empruntés autrefois.

" Allez, tu remets ta capuche et moi, hop. J'te fourre ça dans l'orbite." Dit l'Aldryde en glissant une noix sur laquelle elle avait peint un oeil et manifestement, elle n'avait aucun talent pour la peinture.

Ankouille marcha jusqu'aux portes de la ville, Petrol retirait de temps à autre la noix pour observer et murmurer des consignes à sa chose. " Allez, voilà, tu avances. Tu fais des n'avances n'avances, tu cherches pas le regarde. Et surtout que je ne te prenne pas à sourire tu vas provoquer un élan de panique ! Allez... Tousse. Non, tousser, pas glairer ! Ravale ton huitre. P'naise, c'est gluant ? T'as encore boulotté des trucs en cachette toi, t'as trouvé où ce morceau de carotte ? "

Petrol était allongée dans le lobe écervelé et pouvait sortir soit par l'oeil soit par la bouche, elle avait toutefois une petite préférence pour la première sortie, moins de chance de se prendre un coup de molaire sur le cuissot.

" Ouiii, Maîîîîîître."
" Tresse. "

Petrol soupirait, au moins elle était au sec, le crâne de sa servante était encore assez étanche, elle avait pu recoller quelque cheveux en prenant des touffes de cadavres. " En vrai, ça tient encore bien. Limite si je trouve la bonne couleur de cheveux je pourrais combler les trous. Sinon faudrait presque lui coudre un chapeau de cuir. "

D'un petit " Plop " elle retira la noix de son orbite.

" On est des n'arriv'n'arriv ? Ah bah vi. Attrape moi c'paplard. "
" Ouiii, Maîîîîîîître."
" Tresse... Noooooooooooooon TU CRACHES !!! TU... MERDEUH ! " En un éclair elle se tourna et attrapa le papier qu'Ankouille venait de se foutre dans la bouche. Elle le tira de l'intérieur de sa gorge manquant d'étouffer Ankouille et le sorti par son oeil vide.

" T'es vraiment pas sage ! Alors... Ah bah c'est du propre, y a du gerboul'gerboul' sur le papier. Tu vas te faire des gronder et j'te défendrai pas hein ! Bon, blabla, des courses, blabla, reviens dans quinze minutes ? Bah oui mais à partir de quand ? Si ça se trouve ça a été écrit il y a des heures... Quoiqu'non... Bon, remets ça sur la porte, espérant que personne voit l'état désastreux du papier. Bon, allez, tu t'assieds là et tu es sage sinon je te fais du grondage intempestif ! Allez. T'ain t'as le jarret qui craque hein, j'irai voir ça plus tard. Garde bien ta capuche, tu fais pas tomber les petits sachets de fleurs hein, et fais voir tes poignets ? Ouais ça va, ils sont bien couverts. Ton gant aussi. Très bien. Suis contente de toi, tu es des gentilles ! Glisse quelques unes de ces fleurs dans ta cape ! T'sais quoi... Tu peux manger, boulotte moi ces deux géraniums et ces roses des prés, ça pourra que faire du bien à ton odeur. "

" Maîîîîître."
" Tresse. "


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A tâché le papier avec la bave et le jaune de dent d'Ankou (probablement un chouïa machouillé)

Re: 5, rue Firion

Posté : dim. 30 nov. 2025 22:37
par Guasina
Destination 5 rue firion
J’étais partie de bon matin afin de me rendre chez Jack pour lui confier Fifi. Avec sa blessure à la patte arrière qui n’était pas entièrement guérie, je préférais le laisser dans les mains d’une famille aimante qui en prendrait grand soin… Peut-être un peu trop même.

Bref, je ne voulais pas m’attarder plus de cinq minutes, mais la femme de Jack, Catherine, avait insisté pour que je déjeune avec eux, m’’affirmant en ricanant, que si elle avait assez de nourriture pour sa famille de cinq, elle en avait suffisamment pour une invité.. d’à peine 28 centimètres.
Ce fut donc en début d’après-midi, le ventre bien rempli que je quittai la résidence de mon frère pour me rendre au 5 rue Firion, conservant en tête, les indications que m’avait donné Catherine.

Sans la présence de mon compagnon Fifi, j’avais préféré arpenter les rues sous une forme canine. En Bougon, j’étais plus facilement repérable, mais moins vulnérable. Aucun incident ne se produisit en chemin. Enfin, aucun en ce qui me concernait. J'avais bien remarqué les gardes de la milice appréhender un gaillard, l'accusant d'être associé à une organisation criminelle répondant au nom de Lys Noir. Je poursuivis ma route, sans m'arrêter, ni ralentir et encore moins les regarder.

Une fois à destination, je me plantai devant la porte et j’émis un jappement fort.
“ Warf”

Puis j’avisai un mot déposé sur la porte. Je me levai sur mes pattes arrières, les pattes de devant appuyé contre la porte, je lus le message. Le propriétaire des lieux annonçait qu’il serait de retour dans quinze minutes, mais vu l’état du papier tout mâchouillé, il était probable qu’il était partie depuis quelques jours.

Je repris position sur mes quatre pattes et je plissai mon gros museau.. une odeur désagréable mélangée à celle de fleurs venait d’envahir mes narines. Et l’origine venait de cette étrange femme non loin de là… Sa peau avait une teinte grisâtre à faire peur… tout son être faisait peur en fait. Je décidai donc de garder mon apparence de gros chien tout en m’asseyant sur mon arrière train et attendant la venue du propriétaire.

Re: 5, rue Firion

Posté : lun. 1 déc. 2025 22:41
par Adam Von Demorlys
Le sorcier fit de son mieux pour faire abstraction du petit brouhaha ambiant. Assis seul à une table, il était en train d'insuffler, comme il avait appris il y a maintenant de nombreuses années de cela, une certaine dose de magie sur la lourde paire de brassards qu'il avait achetée le matin même. Korgal avait beau être désormais rodé à ce genre d'exercice, un mal de tête commençait à le lancer. Vu qu'il s'était occupé de sa nouvelle paire de jambières juste avant, c'était alors le quatrième enchantement d'affilée que le kendran lançait, et ce en pratiquement deux heures. Jamais il n'avait encore oeuvré à ce rythme pour ce genre de besogne. Mais hélas le sorcier n'avait pas le luxe de pouvoir prendre son temps. Il en avait déjà assez perdu comme ça et ce,  stupidement. Prenant sur lui, le colosse continua donc son labeur pendant plusieurs longues minutes. 

Enfin, il souffla et se laissa aller contre le dossier de sa chaise, qui laissa échapper une plainte en un long grincement. Son oeil expert décela sur les brassards un léger scintillement magique, confirmant que l'enchantement était terminé et réussi.
Le sorcier allait enfin pouvoir quitter cette auberge miteuse et prendre l'air. S'autorisant avant cela quelques secondes de repos, il balaya rapidement la pièce du regard. Même s'il était encore tôt, une certaine activité animait déjà le lieu. Beuglements, rires tonitruants. La nuit n'était même pas tombée que certains étaient déjà prêts à vomir leurs tripes sur la table. Les yeux marron du colosse se posèrent cependant sur un petit groupe de ce qui semblait être composé de marchands ou d'aventuriers, voir les deux. Leurs mines graves dénotaient avec l'ambiance globale de l'auberge, ce qui incita le sorcier à retenir son attention sur ces derniers. La proximité de leur table lui permit de capter quelques brides de conversation. Il était question d'une cité à la sinistre réputation dans laquelle le kendran ne s'était encore jamais rendu, bien qu'il en ait parfois entendu parler, Exech. Déjà que ses alentours n'étaient pas considérés comme sûrs, à cela s'ajoutaient apparemment de mystérieuses ombres, qui hanteraient les lieux une fois la nuit tombée, ainsi qu'une présence troublante d'éclaireurs kébakeris dans la région. Korgal s'attarda sur leurs visages. Il y lisait l'inquiétude, visiblement ces individus n'étaient pas du tout pressés de quitter la protection des murs de Bouhen.
Ca avait l'air sérieux. Mais bon, qui disait conflit, disait aussi opportunités pour des gaillards comme lui. Cependant dans l'immédiat une autre affaire l'attendait. Sans perdre plus de temps, le sorcier fixa les brassards sur ses deux bras épais et prit congé.


Une fois sorti, l'odeur de l'humidité et de la boue envahit ses narines. Il avait de la chance, la pluie venait de cesser, mais le soleil ne parvenait pas à percer les imposants nuages gris qui surplombaient la ville. Le kendran remonta un peu le col de sa cape puis se dirigea d'un pas vif, jusqu'à l'adresse qui figurait sur la lettre. Cette dernière n'était pas très loin, Korgal avait choisi cette foutue taverne exprès. Il marcha donc quelques minutes, et commença à désagréablement réaliser à quel point ces nouvelles jambières, étaient de moins bonne qualité que les précédentes.

(Bon sang d'bonsoir mais j'ai pris trop petit ou quoi. On dirait que les articulations sont trop rigides, et que ça m'remonte le pantalon à chaque pas.)

Le sorcier s'engagea enfin dans la ruelle en question, qui semblait quasiment déserte.

(C'est pas qu'une impression. J'ai vraiment le pantalon qui m'rentre dans l'fion).

Korgal identifia rapidement la petite bâtisse portant le numéro 5 et s'y dirigea. En marchant, il essaya de réajuster ses bas pour être un peu plus à l'aise, ce qui lui donna sur le coup une démarche peu cavalière. Mais visiblement il s'en foutait. Après tout il n'y avait quasiment personne autour, juste un cabot et ce qui semblait être une femme à l'allure étrange, mais il ne la distinguait pas très bien.

(Dommage que j'ai fini tout mon casse-croûte. J'lui aurais jeté un bout de saucisse au clebs).

Une fois arrivé devant la porte, Korgal put voir qu'il s'agissait là d'une belle bête. Le bestiau n'avait pas pour autant l'air d'être un chien errant. Il n'avait pas la peau sur les os et avait le poil plutôt soigné. Cela dit, le sorcier gardait quand même une main ferme sur son bâton de pouvoir. On ne sait jamais. Il ne connaissait pas le cabot et ce dernier était plutôt imposant. 
Son regard se posa ensuite sur le papier qui était affiché sur la porte. Un message plutôt en mauvais état d'ailleurs... En plus d'être froissé, on aurait dit qu'on avait toussé un glaire dessus.

(Je reviens dans un quart d'heure... Bon, ben on va attendre !)

Korgal se décala donc, fit dos à la bâtisse et regarda à sa droite, puis à sa gauche. Il eut alors l'occasion d'en voir un peu plus sur l'étrange femme qu'il avait aperçue plutôt.

(Eh bah putain, en voilà une qui a dû passer une nuit encore plus mauvaise que la mienne. C'est pas en bouffant des fleurs que ça va l'aider à décuver la grognasse bwahaha... Quoi qu'à mon avis, vu le teint elle a pas dû prendre que de l'alcool).

Le sorcier reporta ensuite son attention sur la ruelle. C'est alors qu'il aperçut un autre individu, qu'il n'avait pas vu en arrivant. Un homme cette fois, vêtu de manière plutôt discrète. De là où il était, le kendran eut du mal à en distinguer plus. Il se désintéressa de lui, le gardant tout de même dans son champ de vision, et patienta jusqu'à l'arrivée de ce fameux Plythos.

Re: 5, rue Firion

Posté : mar. 2 déc. 2025 17:37
par Akihito
"Mais puisque j'te dis que c'est que du rhum !

- Donne moi ta gourde, mercenaire."

D'un claquement de langue agacé, je détachai ma flasque favorite de sa languette et la tendis de mauvaise grâce au crétin en face de moi. Des types zélés, j'en avais vu un paquet, mais lui battait des records. Je ne retins donc pas mon ricanement quand il fit une moue étrange aux vapeurs s'échappant du goulot qu'il venait d'ouvrir, puis la quinte de toux qui s'en suivit.

"Par Gaïa, c'est quoi ce truc ?!

- Du rhum de marin, mon gars. Le genre à te faire prier plus Kubi que ta Déesse lanterne pour passer la nuit."

Le regard qu'il me lança me fit comprendre que j'avais peut être été un peu loin.

"J'plaisante, j'plaisante. Pas de blasphème ici, on est entre gentils Kendrans.


- Karis ! Arrête d'harceler ce type s'il a rien à se reprocher et amène toi, on a d'autres bateaux à inspecter !

- Oui, écoute ton patron Karis. Ca fait des plombes que tu me tient les côtes, t'as de vrais méchants à aller attraper. P'is tu vois bien qu'on vient pas d'Tulorim ou d'Exech."

Mon sourire moqueur et mes yeux indiquant clairement mon agacement le firent hésiter, entre envie de me foutre mesquinement au trou et de me laisser partir car il savait que j'avais raison. Il décida donc de faire un peu des deux.

"Très bien, le mercenaire. T'es libre de descendre à quai, mais je te garde à l'oeil," dit-il en me relançant ma flasque encore ouverte, recouvrant une partie de ma chemise de liquide alcoolisé. L'envie de raser de près sa moustache ridicule avec une dague de glace me frôla l'esprit suffisamment longtemps pour qu'elle se forme dans ma main, puis j'abandonnai cette idée en la balançant à la mer. J'étais attendu quelque part avec déjà deux bonnes heures de retard.

Essuyant le goulot humide avec ma langue - quel doux nectar que le rhum des Sang-Pourpres - , je ramassai mes affaires dans mon sac-hamac et, enfin, mis pied à terre dans Bouhen.



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J'savais pas lire, mais j'avais bonne mémoire et me souvenais bien du nom de la rue qu'Irène m'avait lu : rue Firion. Suffisait alors de demander son chemin aux locaux et en une petite dizaine de minutes, je me retrouvais dans une allée boueuse. C'était pas l'grand luxe de Kendra-Kâr, mais au moins y avait pas des clodos à tous les embranchements comme à Exech. Son roi était d'ailleurs un sacré blaireau, visiblement. Pourquoi couper soudainement tous les échanges avec Nirtim ? J'pouvais pas dire que moi ou les gars des tavernes savaient ce qui passaient dans la caboche des têtes couronnées, mais aucun d'nous n'avait entendu parler de l'ombre d'un début de potentielle raison pour expliquer c'te décision.

D'un signe de tête, je saluai une patrouille de gardes qui passait par là -la cinquième depuis le port, un record. Les types m'accordèrent à peine un regard, et je continuai ma route jusqu'au symbole que je savais être un cinq, gravé dans l'encadrement du bois. Devant, un fros chien noir avait posé son gros derrière et attendait probablement le retour de son maître.

"Bah alors mon gros, on attend papa ?"

Je tapotai affectueusement sa tête -j'avais un faible pour ces braves bêtes- et repoussai ma capuche pour mieux voir le truc qui avait été cloué à la porte. Une note visiblement, d'un type de la haute, mais qu'avait été mâchouillé. Je jetai un regard en coin au chien avant de me refocaliser sur les mots avant de rapidement mettre les mains sur les hanches, tout sourire.

"Bon, bah j'comprend rien."

Mon vocabulaire limité ne me laissait déchiffrer aucun des mots. Pas savoir lire n'était pas un handicap quand on avait quelqu'un pour le faire pour soi, mais j'avais personne sous la main à l'instant présent. Je regardai donc un peu plus sérieusement les personnes autour de moi pour y chercher un traducteur, mais ceux que je trouvai avait pas l'air disposé -ou disposant de la capacité- à me faire la lecture. Comme la soularde en pleine gueule de bois qui puait à dix mètres à la ronde et le type mystérieux dans son coin avec son épée emmitouflé. Le dernier type était une vraie montagne de muscles qui me mettait une bonne tête de haut et que je soupçonnais d'être le garde du corps de l'autre roublard Je-suis-un-mystère-regardez-moi. J'avais en tout cas pas envie de me manger sa masse de guerre dans les chicots, et comme il devait savoir aussi bien lire que moi...

Mais mon salut arriva enfin sous la forme d'un beau brin de fille qui arriva dans ma direction, alors que je me disais que, tout bêtement, je pouvais aussi toquer à la porte pour qu'on vienne m'ouvrir si y avait quelqu'un. Le p'tit sourire, la tenue blanche encore à peu près immaculée malgré la boue, la chevelure blonde comme les blés. Autant porter une pancarte avec marquée "GAIA EST MON AMIE" autour du cou, et que j'aurais pas pu lire de toute façon. Bref, si y avait bien une personne dans le coin sur laquelle parier mes derniers yus pour savoir lire, ça serait elle sans hésiter. Je lui fit donc un signe de la main avant de décocher mon plus beau sourire enjôleur.

"Eh salut ! Désolé de t'déranger, mais tu peux m'aider à pour ce truc ? J'dois retrouver un type ici, et l'a laisser une note que j'arrive pas à lire."

Re: 5, rue Firion

Posté : mar. 2 déc. 2025 18:56
par Cromax
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Une clocharde qui bouffe des fleurs, un gros chien baveur au poil noir et à la gueule renfrognée, un colosse armuré dont on aurait bien retourné la tête pour que la chevelure soit à la bonne place, et non pendouillant à son menton, un mystérieux voyeur caché dans son capuchon et un bellâtre qui donnait l’impression de ne pouvoir répondre qu’ « aventurier » pour se décrire en public.

Se retrouver ici, aux abords de la Rue Firion de Bouhen, ne s’était pas avéré une mince affaire. À la réception du courrier, la curiosité m’avait piqué. Je me rappelais sans mal un vieux bonhomme se présentant sous le pseudonyme avec lequel elle était signée. Le père désigné dans la missive, sans aucun doute. Un original qui avait donné son nom un jour sans plus jamais se rappeler à moi, ou moi à lui. Le contenu de la demande ressemblait à un appel d’offres pour mercenaires, mais était tourné comme une demande d’aide. J’avais hésité longuement à y apporter réponse. Et puis, mes pairs m’avaient argué qu’il s’agissait peut-être d’une opportunité d’apprendre de nouvelles choses sur un monde que je ne connaissais que peu : le Continent sauvage d’Imiftil, et plus précisément son désert occidental. Son histoire, son passé. Et si c’était bien des mercenaires sans foi ni loi qui étaient recherchés, au moins cela ferait une accompagnante réellement intéressée par la préservation des savoirs rencontrés.

Ainsi, je m’étais mise en route, accompagnant une des nombreuses caravanes marchandes qui reliaient la capitale et la cité fortifiée. Le soleil était absent, et une pluie fraiche tombait des cieux, promesse d’une irrigation idéale pour les végétaux des alentours, cultivables ou sauvages. Ainsi Gaïa se manifestait par tous les éléments pour sublimer le monde et son quotidien. Il fallait s’en émerveiller, et je le faisais de bon gré, souriant à la vie de ma jeunesse offerte à sa dévotion.

Je délaissai ma conviviale compagnie marchande aux portes de la cité, où des gardes accueillants me saluèrent avec amabilité. J’appris même de la bouche de l’un d’entre eux quelques ragots du coin : des marins de mauvais augure se pressaient sur les docks, coincés là par un blocus organisé par des corsaires d’Exech, une ville du continent voisin. De nombreux corsaires, à ce qu’il semblait, puisque le soldat précisa même qu’ils provenaient de nombreux horizons, y compris des sables du désert de l’est. Coïncidence avec la raison de ma présence ici ? L’on pouvait, en y accordant assez d’attention, deviner pas mal de signes laissés par la divine guide de mon existence. Je décidai d’y référer comme tel, enregistrant cette information avec la dernière : des shaakts longeaient les côtes d’Imiftil. Des rumeurs, assura-t-il, dont je ne pourrais trouver l’origine qu’en me rendant dans un bouge peu engageant duquel il me somma de me tenir à l’écart : le Tendon. Je le remerciai de sa prévenance et pénétrai la cité alors que la pluie cessait petit à petit. Malgré la contre-indication, il pourrait être pertinent de dénouer la légende de la vérité auprès de ces marins « de mauvaise fréquentation ». Des êtres souffrant de leur condition à qui amener la lumière, sans aucun doute. Et dans le pire des cas, de sombres hères aux fluides de mort à purger du Royaume.

Mais la rue Firion était ma prime destination, et le bruit de mes bottes usées dans la boue des chemins m’amena à portée de la bâtisse n°5 où s’amassaient un petit groupe hétéroclite, plus ou moins éparpillé.

Une clocharde qui bouffe des fleurs, un gros chien baveur au poil noir et à la gueule renfrognée, un colosse armuré dont on aurait bien retourné la tête pour que la chevelure soit à la bonne place, et non pendouillant à son menton, un mystérieux voyeur caché dans son capuchon et un bellâtre qui donnait l’impression de ne pouvoir répondre qu’ « aventurier » pour se décrire en public.

La première était assise au sol, grognant comme une truie en avalant de pauvres végétaux trouvés là comme seule pitance à son appétit désespéré. Une odeur abominable provenait d’elle, un sentiment crispant s’emparant de mon être à sa vue. Dans quelle débauche fallait-il tomber pour se retrouver dans un tel état ? Ma compassion allait vers elle, même si mon nez souhaitait surtout s’en éloigner. Le second était… Ben juste un chien. Sans doute allait-il de pair avec la puante. Fidèle toutou devant l’absolu. Il était notable qu’il avait l’air plus propre et moins animal qu’elle. Le troisième était des plus impressionnants. Un chauve en armure lourde imposante qui devait couvrir des muscles non moins gorgés de puissance masculiniste bavant de testostérone. Un guerrier dont le corps musculeux se sentirait mieux oint d’une onction tiède qu’enfermé dans ces protections trop étroites pour sa carrure. Peut-être lui prêterais-je mes mains, plus tard ? Tout combattant devait recevoir son lot de récompense après avoir prouvé sa valeur. Restait à savoir quel type de guerrier c’était. La tête répugnante d’un chien-lézard carbonisé plantée sur un pic à sa main ne laissait pas entrevoir la plus saine des morales. Le quatrième restait silencieux dans son coin. Les ombres de sa capuche masquaient ses traits. Le signe d’une chose à cacher ? Il semblait épier le reste de la troupe amassée là. À dessein ? Était-ce notre commanditaire qui se galvanisait d’une observation précurseuse avant d’entrer dans le vif du sujet ? Tout ce monde à cet endroit à ce moment, ça ne pouvait là non plus pas être un hasard. Le dernier drille de cette hétéroclite bande sans communication fut le seul qui s’avança vers moi à mon arrivée, requérant mes savoirs d’une syntaxe approximative dénotant d’un clair manque de vocabulaire, et d’un manque cruel d’exercice à l’art oratoire. Je traduisis sa demande sans peine, cependant : j’avais l’habitude du parler haché des miséreux qui venaient chercher l’appui de Gaïa au Temple. Son aide et son soutien. Et comme s’il était l’un d’eux, j’allais lui apporter ma sapience.

Je me parai d’un calme et agréable sourire. Posé, innocent, saluant. Mes yeux se clorent à moitié en signe de salut alors que ma tête s’abaissant légèrement en un simulacre de révérence à son niveau le plus bas.

« Avec plaisir, mon brave. Laisse-moi voir. »

Le papier était… repoussant. Chiffonné, gluant de ce que j’identifiai comme de la bave. Celle du chien ? Peu de chance : qui l’aurait ensuite raccroché là, ou repris d’entre ses crocs ? L’écriture dessus était cependant toujours visible, et j’annonçai tout haut son contenu : visiblement, j’étais la seule à pouvoir lire ici, sans quoi le jeune homme aux allures de marins et qui sentait l’enbrum aurait sans doute la réponse à ses interrogations.

« Parti chercher une course, je reviens dans un quart d’heure ! »

Je commentai aussitôt la maladresse d’une telle note.

« Il n’a laissé ni signature, ni date et heure d’apposition. Depuis combien de temps l’attendez-vous ? Car il s’agit de cela, n’est-ce pas ? Vous êtes là pour rencontrer le dénommé Plythos Chantelierre. Enfin, peut-être pas tous. »

Je m’attardai une seconde sur la verrue humaine qui répandait son odeur putrescente à toute la rue malgré des relents de parfum floral épousant ses miasmes dégueulasses. Non, elle était juste tombée là sans se rendre compte de l’endroit où elle était. Même le chien avait l’air plus pertinent dans ce rôle attentif à la venue d’un hôte pour nous recevoir. Détournant mon attention du mot et du requérreur d’information, je hélai l’inconnu encapuchonné au loin.

« Oh, hé ! Monsieur ? Vous vous cachez trop mal pour réellement vouloir masquer votre présence, et vous semblez planté là depuis un bon moment. Peut-être pourriez-vous nous aider en nous indiquant quand le résident de cette bâtisse l’a quittée, et si vous êtes au courant d’où il pourrait se situer maintenant ? »

Mon sourire était joyeux, comme le ton de ma voix. J’essayais d’apporter la lumière et la couleur dans cette scène un peu maussade.

Re: 5, rue Firion

Posté : mer. 3 déc. 2025 15:45
par Gamemaster7
L’inconnu se tourne légèrement en entendant l’appel d’Eline, mais malgré l’intérêt qu’il a semblé lui porté plus tôt, il ne daigne lui répondre. Le silence est vite brisé par des pas lourds et des murmures. C’est une commode entière qui se faufile dans l’allée, par deux hommes à bout de souffle, soutenant chacun une extrémité.

« Attention, attention ! »

L’un des tiroirs, scellé avec un tissu fragile, s’ouvre soudainement et laisse s’échapper un tas de fioles et d’alambics, vides pour la plupart. Le verre se brise et se salit contre le sol boueux. Bientôt, cet accident est suivi par tous les tiroirs et placards du meuble, déversant un flot alarmant d’outils, de parchemins et autres objets dans la ruelle. Juste après, ce sont les compartiments eux-mêmes qui glissent de leurs interstices et tombent devant les mines choquées des deux hommes.

« Raaah ! Misère ! Mes dieux ! » s’écrie le premier avec un air penaud.
« Mes excuses, mais cette commode avait hâte de revenir à Yuimen. » fait l’autre, un peu plus amusé par la situation.

Le premier est vêtu comme un bourgeois, et clairement pas très à l’aise de ses dix doigts, malgré sa bien portance. Ni gros ni maigre, il a le teint d’un homme en bonne santé, et une pilosité soignée. Un classique de la bonne compagnie bouhenne, il a paré son visage d’une moustache, d’un bouc et de favoris finement séparés, qui dénotent un tantinet avec ses cheveux en bataille, châtains tirant sur le roux, négligemment recouverts d’un béret plumé. Aérien, mais pas tant négligé. Un esprit aventurier avec la bonhommie de ceux qui ne se savent pas à la hauteur de leurs aspirations.

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Le second partage l’air privilégié du premier, mais avec un accoutrement plus tape-à-l’oeil et, honnêtement, plutôt de mauvais goût. L’écharpe bariolée, le chapeau trop gros et trop bouffant, comme s’il sortait tout juste d’une remise de diplôme à l’académie des nouveaux riches. Plus maigre et pâle que l’autre homme, il fait un peu plus jeune que son âge avec son menton rasé de près et ses boucles noires. Noires comme ses yeux qui, avec son sourire un peu trop affable, lui donnent un petit air faux cul. Ou c’est peut-être juste vous.

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Le deuxième homme appelle à lui l’inconnu jusque-là observateur :

« Odiron, mon brave, ne reste pas planté là, viens nous aider ! »

Et ça fonctionne. Le gaillard, après ce que vous devinez sans peine être un grognement, se détache de son mur, son capuchon retombant sur ses épaules, dévoilant son long pelage luisant et sa mine balafrée. Pas bourgeois, lui, et encore moins joyeux luron. Les lamelles de cuir qu’il laisse paraître sous son manteau brun sont les atours d’un baroudeur, voire de mercenaire, à en juger par les deux armes qu’il porte. La première, une grande épée, celle qu’il tenait à la main, désormais rengainée à sa ceinture. La seconde, qui n’avait guère quitté sa hanche, était plus fine. Les connaisseurs ou ceux qui avaient déjà croisé le fer avec des Ynoriens par le passé pouvaient reconnaître une arme ici forgée. Trophée de guerre ou caprice de collectionneur ? En tout cas, il avait l’air de connaître du monde.

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Les trois hommes et la commode se dirigent désormais vers vous. Il y a bien assez de place pour leur venir en aide, chose qu’ils ne daigneront pas refuser. Que ce soit pour porter la commode, ramasser quelques bidules brisés par terre ou tout simplement leur ouvrir la…

« La porte ! Quelle tête en l’air ! »

L’homme en vert, après les hochements de tête des deux autres porteurs, lâche sa partie de la commode et prend les devant, un trousseau de clés sorti de sa poche. Ce n’est qu’alors qu’il vous remarque et qu’il vous salue en bonne et due forme.

« Euh, navré, vous êtes les… ? »

Il sursaute, comprenant souvent la raison de votre venue.

« Oh, mais où sont mes manières ? Plythos Chantelierre, pour vous servir. Merci d’être venus. Le temps de poser ça à l’intérieur et je suis à vous ! »

Il vous adresse un sourire crispé alors qu’il se débat avec la serrure, ne remarquant pas l’état piteux de la note qu’il y avait accroché.


[[ Vous pouvez vous baser intégralement sur les images pour ce qui est de l'apparence des personnages. Maj dimanche ! ]]
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Re: 5, rue Firion

Posté : ven. 5 déc. 2025 03:00
par Silmeria
" HEY ! Ankouille ! On s'lève ! " Piaillait Petrol'Kiwi en rapatriant la noix dans l'orbite de sa zombette afin d'en sortir. Elle déployait ses ailes et virevoltait d'aventuriers en aventurières essayant de calmer les gens avant même qu'ils ne réagissent !

" Soyez des gentils ! Vous faites pas des méchants ! Je suis Petrol'Kiwi, ici comme vous pour les mêmes raisons que vous ! Faites pas d'mal à Ankouille ! Elle vous fera pas de mal ! ANKOUILLE ! Tu vas aider le monsieur ! Allez ! "

" Maîîîîîître... " Dit la création en s'avançant vers le porteur de commode afin de l'aider.

" Tresse. Bon, j'imagine qu'on pourrait faire les présent'présent' à l'intérieur, ça s'rait plus sympa ! En plus je suis des gentilles j'ai apporté une SU-PER-BE gourde d'un bon n'hydromel comme ça on boit ! Allez Ankouille ! Tu aides le monsieur ! "

Ajustant un peu ses cheveux, elle observait ce groupe ô combien hétéroclite, faisant un petit signe de la main qui se voulait sympathique. " C'est ma créature, j'ai un peu b'soin d'une aide puisque je ne peux pas faire ce que vous pouvez faire au quotidien, par exemple pour vous ouvrir une porte c'est des faciles mais pour moi c'est la cata-cata de simplement tourner la clef, faite-y pas d'mal, j'vous assure à part son odeur elle va pas vous agresser ! Donc j'sais bien que les morts blabla c'pas des gentils mais j'suis pas venue avec Ankouille pour asservir le monde, elle est là pour m'servir. "

De son côté, Ankouille en voulant aider avait attrapé le meuble par un tiroir et l'avait retiré de son coffrage pour le porter sans trop savoir où aller. Petrol'Kiwi était à deux doigts de dire qu'elle n'était pas si abrutie que ça mais finalement ravala sa salive et préféra changer de sujet.

" Ouais... Elle est un peu limitée mais franch'ment, si vous voulez qu'elle vous porte des trucs ou autre bah avec plaisir ! On est des gentilles ! "

Re: 5, rue Firion

Posté : ven. 5 déc. 2025 18:17
par Akihito
« Avec plaisir, mon brave. Laisse-moi voir. »

Très gentille, la petite. Lui rendant son sourire, je m'écartai pour lui laisser me déchiffrer le papelard machouillé, et l'écoutais m'en faire un commentaire.

« "Parti chercher une course, je reviens dans un quart d’heure !" Il n’a laissé ni signature, ni date et heure d’apposition. Depuis combien de temps l’attendez-vous ? Car il s’agit de cela, n’est-ce pas ? Vous êtes là pour rencontrer le dénommé Plythos Chantelierre. Enfin, peut-être pas tous.

- J'viens juste d'arriver, répondai-je dans un haussement d'épaules. Et je suis bien là pour rencontrer ce type. J'connaissais son paternel. Vous aussi ?"

Elle venait de se faire superbement ignorer par monsieur Mystère et allait sans doute me répondre, mais c'est là que deux types sont arrivés, portant une énorme commode. Deux types qu'avait l'air d'avoir jamais porté quoi que ce soit de lourd à part des p'tits fours et des gobelets de vin. Un des tiroirs venait d'ailleurs tout juste de s'ouvrir, laissant se péter dans la boue des fioles, des machins en verre et tout un tas d'objets dont je saurais pas dire quel est l'utilité.

« Attention, attention ! »

L’un des tiroirs, scellé avec un tissu fragile, s’ouvre soudainement et laisse s’échapper un tas de fioles et d’alambics, vides pour la plupart. Le verre se brise et se salit contre le sol boueux. Bientôt, cet accident est suivi par tous les tiroirs et placards du meuble, déversant un flot alarmant d’outils, de parchemins et autres objets dans la ruelle. Juste après, ce sont les compartiments eux-mêmes qui glissent de leurs interstices et tombent devant les mines choquées des deux hommes.

« Raaah ! Misère ! Mes dieux !

- Mes excuses, mais cette commode avait hâte de revenir à Yuimen. »

Les deux avaient de bonnes têtes de bourgeois, un roux à moustache et plutôt bien sappé, et un autre brun qu'avait l'air de s'être habillé avec les premiers vêtements qui lui étaient tombés sous la main dans un magasin pour richou. Suffisamment riche en tout cas pour se payer les services de Monsieur Mystère. Qu'a retiré sa capuche, révélant un visage de mercenaire avec une belle balafre, une épée bâtarde dans la main et une autre à la ceinture qui ressemblait à ce que certains des types de l'est aux yeux plissés avaient.

« Odiron, mon brave, ne reste pas planté là, viens nous aider ! »

Dans un grognement, il se détacha de son mur avec la même grâce qu'une moule arrachée à son rocher, et se mit à les aider en portant la commode. Le rouquin laissa ses deux compères pour aller ouvrir la porte, nous remarquant enfin avant de s'escrimer avec la serrure.

« Euh, navré, vous êtes les… ? Oh, mais où sont mes manières ? Plythos Chantelierre, pour vous servir. Merci d’être venus. Le temps de poser ça à l’intérieur et je suis à vous ! »

C'était donc le fils qui m'avait contacté. Mon potentiel futur employeur. Est-ce qu'il allait me rendre riche ?

Bah, le plus simple était de montrer que j'étais utile. Et vu comme il galérait avec ses clés, p't'être que mon jeu de crochetage allait lui permettre de pas passer deux plombes sur sa serrure. Ou je remplaçais l'autre bourgeois qui commençait à devenir rouge de porter le meuble.

"Eh, et si -WOPUTAIN QUELLE EST CETTE SALOPERIE ?"

La gueuse qui reniflait les fleurs venait de se tourner vers nous et nous montrait sa trogne de saloperie fraîchement déterrée. Au sens propre : j'avais eu l'occasion de voir un nécromancien à l'œuvre avant que ma hache se plante dans son crâne, et ca m'avait suffisamment marqué pour reconnaître dès que je le voyais leur boulot dégueulasse.
Mais le plus bizarre, c'est l'espèce de libellule humaine qu'est sorti de son orbite, se mettant à papillonner tout autour de nous en piaillent qu'elle était gentille et que fallait pas l'attaquer. Qu'elles étaient "des gentilles". Mon cul !

Dans ma main, une courte dague de glace se forma et d'un geste du poignet, je la retournai pour la saisir par la lame et amorcer un geste pour projeter mon arme. Je stoppai mon mouvement et me tournai vers le rouquin.

"Eh boss, vous l'avez appelée elle aussi ? Vous voulez que j'lui règle son compte ?"

Re: 5, rue Firion

Posté : sam. 6 déc. 2025 02:47
par Guasina
Je n’attendis pas longtemps pour qu’un imposant colosse se pointe à la porte du 5 rue Firion. Habillé d’une lourde armure et tenant un bâton orné d’une tête de… monstre ?... Il était plutôt impressionnant. Mais malgré tout cet homme chauve à l’abondante barbe soignée ne me regarda pas d’un mauvais œil. Je décidai tout de même d’attendre avant de reprendre ma forme lutine, histoire de pouvoir grimper sur un meuble afin d’éviter de me faire piétiner.

Quelques minutes à peine plus tard, arriva un jeune homme plus chevelu et moins barbu. Il portait des vêtements légers, affichait un air jovial

(Beau brin de lutin…. mais trop grand ! )

Il me tapota affectueusement la tête tout en me demandant si j’attendais l’arrivée de mon papa… Il supposait sûrement que le propriétaire des lieux était mon maître. Je demeurai immobile… enfin presque.. puisque ma queue touffue battait d’elle-même de gauche à droite pour montrer sa satisfaction d’être ainsi caressé.


(Oh!)


Je n’y étais pour rien, c’était le «chien» qui avait le dessus. Ce n’était donc pas le moment de reprendre ma forme lutine, j’aurais les joues trop rouges de honte. Pendant qu’il lorgnait le papier baveux sur la porte, je tentai de contrôler le chien en moi. Puis il se tourna vers une séduisante jeune femme toute lumineuse qui arrivait vers nous sur cet entrefait. A la demande du jeune homme, elle accepta de lui en faire la lecture sans hésitation. Puis, elle héla un homme encapuchonné qui l’ignora complètement.

Peu de temps après arrivèrent avec fracas deux hommes portant de peine et misère une imposante commode. Le premier, un beau rouquin au beau teint, richement vêtu s’exclama, avec raison de leur maladresse commune.

« Raaah ! Misère ! Mes dieux ! »

Son acolyte ne possèdait pas l’art de bien agencer les couleurs. A moins que…

(Il est peut-être comme Rick… curieux quand même qu’il ne voit pas les mêmes couleurs que moi, alors qu’il est mon frère. )

Il arborait un air niais, encadré de beaux cheveux de jais qui malheureusement accentuaient son teint grisâtre.

Le pauvre meuble, lui, en perdait son contenu et ses tiroirs. Les contenants de verres fut fracassés, les outils étalés au sol, et les parchemins souillés en partie de boue.

Regardant les alentours, le premier appela l’homme encapuchonné pour lui demander de leur venir en aide. Ce dernier, répondant au nom d’Odiron, accéda à sa demande sans cacher son mécontement. Ce fut la capuche retirée, dévoilant une longue chevelure noire qui’l s’approcha enfin de nous.

Une fois à la hauteur de la porte, ledit propriétaire des lieux sortit de sa poche un trousseau de clé. Réalisant enfin la raison de notre présence, ou du moins celle des autres, il se présenta:

«…Plythos Chantelierre, pour vous servir. Merci d’être venus. Le temps de poser ça à l’intérieur et je suis à vous ! »

Décidément, il ne semblait pas plus habile avec les clés.

Je me décidai enfin à me mettre sur mes quatre pattes et à me diriger vers l’un des tiroirs tombé un peu plus loin.

Ce fut ce moment que choisit une petite lutine volante pour sortir de l’orbite de la femme nauséabonde et décharnée.

(Je ne savais pas que certains lutins pouvait voler )

Tout en voletant autour de nous, très volubile, elle nous expliqua qu’elle était gentille, qu’elle nous avait apporté à boire et que cette morte-vivante était sa créature. Elle nous rassura quant à l' inoffensivité de sa «servante» nommée Ankouille.

Mes sentiments étaient un peu mitigés. J’étais contente de rencontrer quelqu’un de ma taille, mais j’étais un peu jalouse de ne pas posséder de belles ailes tout comme elle.

Le bellâtre qui m’avait tapoté la tête un peu plus tôt, fut pris d’un dégoût lorsqu’il vit le visage d’Ankouille…Il n’avait apparemment jamais vu de créature aussi… laide, décharnée, cadavérique.

Tout en poursuivant ma marche en direction du tiroir, je pris délicatement un parchemin roulée dans ma gueule et le déposa dans le tiroir. Puis, j’en pris un second, puis un troisième. Toujours avec précaution, je ramassai les divers outils ou objet, prenant soin de ne pas les écraser. J’évitai les lames afin de ne pas me blesser. Une fois ce tiroir débordant, je mis le dos du tiroir dans ma bouche et l’emmenai juste à côté de la porte. Je mis ensuite une patte avant dans le tiroir, en prenant soin de ne pas briser son contenu.

J’entrepris ensuite de m’ébrouer vivement, tel que le ferait un chien sortie de l’eau. Cependant mon pelage s’avérait bien propre et bien sec. Ce n’était que ma façon à moi de retrouver ma forme lutine. Donc ceux qui m’avait observé avec vu la masse qui se secouait perdre graduellement en taille. Lorsque ma transformation fut terminée. Je redevins immobile, bien à l’abri dans le tiroir.

Sans perdre une seconde de plus, le sourire narquois affiché à mes lèvres je me présentai:

«Anissa Niqor, pour vous servir. Sous ma forme canine, vous pouvez m’appeler Bougon !»

Re: 5, rue Firion

Posté : sam. 6 déc. 2025 12:00
par Adam Von Demorlys
Le sorcier n'eut pas à attendre longtemps. Et ce n'était pas plus mal, car la patience n'avait jamais figuré dans la liste de ses qualités. Rapidement un jeune gaillard à la chevelure noir et au teint halé fit son apparition. Korgal s'attendait à ce que ce dernier traverse simplement la ruelle, mais non. L'individu, s'arrêta également devant la porte du numéro 5, sauf qu'il avait l'air largué. Le colosse l'observa un instant, et s'apprêta à lui demander s'il avait besoin de quelque chose. Mais l'attention du jeune homme venait d'être happée par l'arrivée d'une nouvelle personne. Une damoiselle plutôt mignonnette, dont l'accoutrement lui donnait une allure d'une jeune et prude pucelle. Plus elle approchait et plus le sorcier comprit ce qui lui avait donné cette impression. La grande robe qu'elle portait ressemblait à s'y méprendre à celle d'une prêtresse. Le type au teint halé apostropha alors cette dernière avec un air bien enjôleur.

(Haha, en voilà qui perd pas d'temps).

En entendant les quelques brides de leur conversation, le colosse comprit qu'ils avaient sûrement dû recevoir la même missive que la sienne. 
A ce moment-là deux autres individus pointèrent le bout de leur nez, transportant une commode qui avait l'air de bien faire son poids. Et ce qu'on pouvait dire, c'était qu'ils n'avaient visiblement pas du tout l'habitude de ce genre de besogne...

(Oula, j'espère pour eux qu'il y a rien d'fragile dedans. Aie aie regardez ça il y a tout qui s'barre... Et les fioles avec, et bim!)

Les parrures des deux nouveaux arrivants étaient assez révélatrices de leur statut social. L'un, doté d'une cheveulure un tantinet rebelle à la couleur s'approchant du roux, avait quand même un petit air... Négligé? Insouciant? Les deux? Bref, le genre nobliau mais pas prout-prout. 
Le second par contre, avait un air de m'as-tu-vu, et une expression du visage qui donnait envie de lui coller quelques beignes d'entrée. Lui par contre, avait des airs de petit bourgeois... Prout-prout.
Peinant visiblement à limiter la casse, ce dernier apostropha avec le mystérieux individu qui patientait non loin. Le gaillard, qui avait superbement ignoré la blondinette quelques secondes plus tôt, se montra plus réceptif et alla leur prêter main forte. La capuche qu'il retira permit alors au sorcier de mieux distinguer ses traits.

(Odiron donc. En voilà un qui a l'air d'avoir vu du pays. Bretteur visiblement, sûrement aventurier.)

Korgal plissa légèrement les yeux en posant ceux-ci sur les armes que transportait le bougon. Il lui fallut quelques secondes, mais le colosse reconnut là un art Ynorien. Il avait déjà vu des armes similaires parmis certains de ses adversaires, lorsqu'il bossait encore dans la milice de Kendra-Kâr.

(Un épéiste originaire de là-bas? Ou prise de guerre?)

S'apercevant de leur présence, le rouquin les salua alors et se présenta. Visiblement il s'agissait du fameux Plythos Chatelierre, l'expéditeur de la missive.
Korgal commença alors à s'avancer pour se présenter et donner un coup de main. Mais l'ivrogne qui bouffait des fleurs semblait avoir eu la même idée et était en train de le devancer. C'est alors qu'une mystérieuse petite créature ailée sortit de... De la pocharde mais d'où exactement ?!
Le sorcier, maintenant à quelques mètres d'elle, prit alors pleinement conscience de la nature de "l'ivrogne" en question. Une peau en lambeau, un teint cadavérique, une puanteur de mort...

"MAIS PAR LES FEUX DE L'ENFER ! Quelle est cette diablerie ??!"

D'instinct, le sorcier concentra une partie de ces fluides dans son bâton de pouvoir, dont les yeux de la sculpture se mirent à crépiter d'une énergie flamboyante. Le type au teint halé réagit tout aussi promptement, en matérialisant sans sa main une dague de glace

(Hoho ! Intéressant, voilà qu'est pas banal).

Korgal ne s'attarda cependant pas plus sur l'originalité de cette technique. Il y avait un temps pour tout, et de toute façon la créature ailée qui avait surgit du macchabée ambulant... D'où exactement, le kendran ne le savait pas, et il ne voulait pas le savoir, voletait autour d'eux en piaillant.
A l'écouter la chose n'était pas méchante, et lui servait selon ses dires comme d'assistante pour les tâches du quotidien. Une esclave quoi. Mais une esclave morte. Morte-vivante plus exactement.
Le sorcier n'avait pas encore eu l'occasion de vraiment être confronté à ce genre de créatures d'outre-tombe. Il baissa alors un peu sa garde, mais juste un peu. 
Cependant, les surprises ne s'arrêtèrent pas là. Le chien aussi était venu donner un petit coup de patte. La bête s'ébroua ensuite, perdant petit à petit en consistance pour ensuite être remplacée par.. Une petite lutine aux cheveux noirs et au nez retroussé. 
Bon sang, mais c'était devenu la cour des miracles par ici? Bouhen avait changé à ce point depuis son dernier passage, qui remonter à plusieurs années?
La surprise passée le sorcier laissa échapper un petit rire gras.

"Eh bien que de beau monde. Korgal Tarviles, mais appelez moi juste Korgal ça suffira. J'ai reçu votre missive il y a quelques jours. Laissez-moi prendre ce coin, j'ai l'habitude de soulever des charges."

Le colosse n'était pas un adepte de grands travaux, mais porter quotidiennement et efficacement une armure comme la sienne, demandait un entretien physique assez strict. Il fixa son bâton de pouvoir dans son dos, puis fit signe au nobliau au chapeau de lui laisser la place. Pas la peine de prendre celle que venait de prendre le dénommé Odiron, le sorcier mettait sa main à couper que ce dernier était plus adroit que le jeune bourgeois. Puis c'était  l'occasion de jauger un peu la force et l'adresse du mystérieux bretteur. Cependant se faisant, Korgal garda un oeil prudent sur le cadavre ambulant apparemment nommée Ankouille, prêt à faire basculer la commode dessus au cas où.

Re: 5, rue Firion

Posté : sam. 6 déc. 2025 12:43
par Cromax
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L’aventurier aux senteurs iodées répondit qu’il venait d’arriver, invité par notre connaissance commune. Ou son fils, plutôt, car lui aussi semblait avoir connu le paternel de la famille. L’incongru étranger. J’opinai du chef à sa question, répondant laconiquement :

« Sommairement. »

Mais mon regard se porta vite ailleurs. L’homme à la capuche ne m’avait guère répondu, et alors que je me tournai vers lui pour lui apprendre quelques notions de politesse, l’irruption de deux olibrius transportant tant bien que mal une commode – plus mal que bien, d’ailleurs – fit tourner la scène au burlesque. Les deux bourgeois, un rouquin à l’air nigaud et son ami ridiculement vêtu semblaient aussi doués pour porter un meuble que pour paraître crédibles au premier abord. Ils étaient si maladroits que les tiroirs non retenus de ladite commode commencèrent à se casser la gueule un par un, répandant sur le sol leur contenu. Des fioles, parchemins, outils de pratique d’un savoir notable. Si leur possession aurait pu les faire remonter dans mon estime sans doute un peu hâtivement préjugée, le souci qu’ils avaient d’eux et la prudence avec laquelle ils les maniaient me firent surtout dire qu’ils livraient ce bazar sans même savoir ce que c’était. Fragile. Ou ils étaient vraiment empotés, au choix. Je soufflai des narines en regardant les cieux, priant Gaïa de me donner la force et la patience avec des êtres pas finis, et j’avançai vers eux pour leur porter secours.

Je stoppai mon initiative lorsqu’ils demandèrent à l’encapuchonné de venir les aider. Apparemment, il valait mieux seul à leurs yeux que l’ensemble de notre petit groupe hétéroclite. Et vu la tronche boudeuse qui s’extirpa de sa coule, il était clair qu’ils eurent mieux fait de nous confier cette tâche plutôt qu’à lui. Un combattant, sans aucun doute, qui avait dû voir plus de champs de bataille que les deux autres réunis de couches de jolies filles. Au moins à eux, il daigna leur répondre. Signe qu’ils se connaissaient, ou que le guerrier était un foutu misogyne en plus d’avoir l’air de tirer la gueule en permanence. Là aussi, l’art de faire une bonne première impression prenait un coup.

Il s’avéra que le rouquin du trio était notre commissionnaire : le dénommé Plythos Chantelierre, fils de son père. Mais alors qu’il se débattait avec la porte en gardant collé à l’être le ridicule qu’il avait revêtu depuis son apparition, un événement des plus surprenant vint couper à mon attention toute autre image de la scène. La pochtronne aux fleurs se relevait, alors que s’extirpait de son orbite une petite créature aux ailes de plumes. Une aldryde, si mes souvenirs de lectures étaient corrects. Gaïa m’en excuse, j’avais remis en doute l’existence de telles bestioles, conférant au fantastique et aux légende leur occurrence. Mais ce ne fut pas ça qui me désarçonna. Non : la volubile petite chose ailée avoua sans palabre que le corps dont elle venait de sortir était mort. Une œuvre de la nécromancie, la pire magie qui puisse exister au sein de ce monde. Je sentis diverses réactions autour de moi, bien trop mesurées pour la menace qui venait de se révéler devant eux. La nécromancienne de poche avait beau hululer l’innocence de sa goule infâme, je ne lui accordai aucun crédit. Les possesseurs de fluides d’ombre, et encore davantage les faiseurs de morts-vivants, étaient des êtres vils qui ne méritaient que de retourner entre les bras de Phaïtos, leur divin souillé dans sa pureté par leur seule existence. Je ne fus pas aussi prévenante que le marin, aussi insouciante que ce chien se changeant en mini-pouce ou aussi hors sujet que que la brute en armure qui choisit ce moment de menace pour se présenter. Je m’interposai vivement entre les autres et le duo maîtresse-créature, et lançai aussitôt sur la puante un trait de lumière ravageur.

« Reculez ! Allez vous mettre à l’abri ! »

Un zombie en ma présence ? Jamais. Mais je ne devais avant tout pas perdre de vue mon rôle de protectrice des populaces contre cette engeance maudite.

[HJ : Trait de lumière rang 1. Jet de blessure doublé via la capa de combat de la théurgiste.]

Re: 5, rue Firion

Posté : sam. 6 déc. 2025 16:44
par Gamemaster7
« Est-ce que j’ai l’air d’êtr- » avait commencé de répondre Plythos à Layam avant de se faire surprendre par un flash tonitruant.

Personne n’était au bout de ses surprises.
La transformation du chien en petit être lutin avait déjà estomaqué les trois hommes, mais voir une mort-vivante dans les murs de Bouhen se rapprocher pour aider à porter une commode remportait facilement le pompon. Malgré les paroles de l’aldryde qui se voulait rassurante, Odiron avait déjà profité de l’arrivée de Korgal pour lâcher le meuble et porter la main à une de ses lames. Plythos restait bouche bée, ne sachant pas quoi faire, et son acolyte qui n’avait jusque-là pas donné de nom s’est contenté de lever un sourcil interloqué, moins effrayé que les autres.

Ce qui l’a faut sursauter, par contre, ça a été le trait de lumière de la théurgiste qui a traversé la tête d’Ankouille et l’a faite exploser comme une pastèque, envoyant des bouts de barbaque pas fraîche dans toutes les directions. Le type à l’écharpe bariolée a détourné le regard pour éviter de se prendre des bouts de la zombette dans les yeux. Cette dernière est restée figée pendant une petite seconde avant de laisser s’échapper un pet diabolique et de tomber en poussière, lâchant son coin du meuble.

« Argh ! » grogne Odiron en se couvrant le nez.

Avec deux supports en moins d’un seul coup, la commode glisse des mains des porteurs restants et se heurte une nouvelle fois au sol boueux. Korgal manque de se la prendre sur le pied.

« Du calme, du calme ! Tout le monde garde son calme ! » intervient le bourgeois tape-à-l’œil en levant les mains.
« Amener un trépassé à Bouhen, mais vous êtes dingue ?! » s’écrie Plythos en direction de l’aldryde, couvrant lui aussi ses narines.

Après ce qu’il vient de se passer, il ne s’attarde même pas sur l’apparition d’un de ces êtres inhabituels. Odiron jette un regard sombre à Petrol tout en se pinçant le nez.

« Du calme, enfin ! Elle est poussière, maintenant, plus ou moins... » grimace le type aux yeux noirs en crachant un morceau de la nécrogueuse. « Monsieur Chantelierre, il vaudrait mieux qu’aucune patrouille ne nous tombe dessus maintenant. »

Plythos parvient enfin à ouvrir la porte de sa demeure. Vous l’entendez cracher dans quelque chose et il revient avec un balais.

« Entrez, vite ! »
« Allez, tout le monde, je n’ai pas envie d’expliquer tout ça à la milice ! »

Que vous aidiez ou non, vous pouvez voir l’intérieur par la porte grande ouverte.

À l’image de son occupant, la demeure de Chantelierre est plutôt accueillante, bien qu’encombrée. Très encombrée, à en voir les quelques meubles fraîchement déplacés par-ci par-là, jonchés d’affaires en bazar, d’alambics vieillis et de parchemins tâchés de café. Plythos est en plein déménagement. Sa cuisine et une partie de son entrée ne sont pas aisées à naviguer pour les plus grands, mais un espace persiste, plus vivable que les autres, l’étude du monsieur. Cela dit, vous ne pouvez voir que l’entrée, d’où vous êtes.


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Re: 5, rue Firion

Posté : sam. 6 déc. 2025 17:59
par Adam Von Demorlys
Là où le sorcier fit preuve d'une certaine retenue et méfiance, d'autres eurent des réactions beaucoup plus tranchées vis à vis de la macabre servante. Ce fut notamment le cas de la blondinette vêtue d'une toge de prêtresse. Quelle divinité priait-elle? Devant le symbole qui ornait son cou, Korgal avait songé à peut-être Meno. Si ça avait été le cas, ils auraient sûrement pu bien s'entendre. Mais vu l'aversion de cette dernière pour les morts-vivants, et le rayon de lumière qu'elle utilisa pour exploser la tronche de la chose... Il semblerait que Gaïa coche plutôt la case.

Le flash soudain éblouit le colosse, qui entendit alors plusieurs exclamations éclater autour de lui, et sentit quelque chose de liquide et épais éclabousser sa barbe. Quasiment simultanément, il sentit la commode basculer à l'opposé de lui.

"Hola !"

Manquant de perdre l'équilibre, le sorcier réajusta ses appuis de justesse. Le meuble heurta une nouvelle fois le sol, à quelques centimètres à peine de son orteil.
Laissant échapper un juron particulièrement grossier, le kendran, la vue retrouvée, analysa rapidement la scène tout en passant les mains dans sa barbe. Le lien entre les morceaux gluants qu'il y trouva et la vue du cadavre sans tête, qui tomba en poussière ne fut pas dur à faire. 

" Bon sang mais vous étiez obligée de la faire exploser comme ça? J'en ai partout !"

Le sorcier lissa vivement sa barbe, ôtant toutes les particules peu ragoûtantes qu'il y trouvait. Fronçant les sourcils et saisit entre ses doigts un morceau un peu plus solide que les autres.

'" ... Putain j'ai même une dent !!! "

Loin de faire son sensible, Korgal avaient déjà été couvert de sang à quelques occasions. Mais là, concernant les restes d'un cadavre ayant rendu l'âme on ne sait quand, mais il y a un bon moment déjà... C'était quand même assez répugnant.
Les deux bourgeois appelèrent vite au calme, et les invitèrent à entrer, avant que la milice ramène ses fesses. Grommellant et finissant d'épousseter sa barbe et se penchant à nouveau sur la commode, le kendran aida à faire entrer cette dernière.

Une fois à l'intérieur, le sorcier posa les yeux sur le bazar qui l'entourait. La pièce était acceuillante, mais encombrée d'autres meubles, ainsi que divers appareils et accessoires. Peut-être était-il en train de récupérer les affaires de son père défunt après tout, peut-être pour en vendre une partie ou les déplacer. Quoi qu'il en soit le colosse dû redoubler de vigilance en aidant à poser sa charge, car la place venait vite à manquer avec tout ce désordre.

Re: 5, rue Firion

Posté : mar. 9 déc. 2025 16:32
par Silmeria
" Voilà, on est des gentils et on fait pas des méchants, Ankouille, attention à ce tiroir, tu cognes pas les genoux des gentils gens et surtout... "

Un grand flash, comme un éclair tombé des cieux, la tête d'Ankouille semblait gonfler d'un coup pour finalement éclater dans une gerbe de lumière et... De nombreuses autres choses nettement moins ragoutantes. Une mèche de cheveux encore rattachée à son scalp vint se floquer sur la tronche de Petrol qui en resta confondue
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" Mais... Ankouille... " Dit-elle en observant le tiroir couvert de matière organique. Elle se tourne vers l'humaine blonde au teint éclatant qui avait pris la créature pour quelque chose de dangereux. " Mais madame ! Vous farfulez ! Vous farfulez à plein régime là, c'est très très méchant, vous avez esquinté ma maison ! Ah non hein je suis pas contente. Vous farfulez. Vous faites du farfulage ! Du farfz ! Vous êtes une vendeuse de farfz à la sauvette hein ! Ca m'a pris du temps pour tout aménager ! "

Petrol cherchait sa gourde tandis que les autres entraient en hâte. " C'pas vrai, elle était sous le lobe, HEY ME MARCHEZ PAS DESSUS HEIN !! Ah, là ! Je l'ai... Ouuuf... J'aurai dû plus picoler, c'est encore lourd."

Elle se dépêcha d'entrer à la suite des aventuriers, portant dans ses bras une petite outre de cuir contenant l'alcool dont elle parlait plus tôt, vers le buvant, comme une bague de chair autour d'un doigt de cuir, la narine d'Ankouille était encore fermement serrée.

Re: 5, rue Firion

Posté : mar. 9 déc. 2025 17:32
par Akihito
Elle était plutôt mignonne, la p'tite blonde. Mais a peu près aussi terrifiante. Plus même. Parc'que le p'tit bout de femme, là, il était capable de vous pulvériser un crâne de morte-vivante en un seul trait de lumière. Elle s'était interposée entre moi et l'autre horreur -trop mignon, comme si j'avais besoin d'être protégé- puis avait balancé un sort sans sommation. La tête du truc appelé Ankouille avait explosé comme une pastèque trop mûre balancée contre un rempart, ca avait balancé des bouts de bidoche dans tous les sens. Même l'autre brute épaisse -Korgal de son vrai nom- qu'en avait eu rien à carrer de la zombarde pour aller aider à porter le meuble en avait reçu dans sa barbe.

"... Putain j'ai même une dent !"

... Et un joli trophée, en plus.

Sortant un mouchoir de ma poche qui servait habituellement à essuyer les embruns, je retirai les bouts sanguinolents qui avait passé ma protectrice tout de blanc vêtue, et lui tendait ensuite.

"T'nez. Vous en avez, euh, un peu partout."

La pauvre avait été aux premières loges du déluge. Bon, elle en était à l'origine quelque part, et qui sème le vent récolte la tempête de viande avariée. Mais j'préfère être dans les p'tits papiers de quelqu'un qu'à l'explosage de tronche facile si j'dois passer les prochains jours avec elle.

"Du calme, du calme ! Tout le monde garde son calme !

- Amener un trépassé à Bouhen, mais vous êtes dingue ?!"

Pas content, le patron. Il avait à peine remarquer qu'le gros chien s'était transformé lui aussi en petit machin comme la mini humaine volante, mais sans les ailes. Ca m'étonnait, mais moins encore que la fée accompagnée d'une macchabée. Ce boulot ressemblait de plus en plus à une ménagerie de cirque ambulant.

On fut invité à entrer un peu en catastrophe dans la baraque, surtout parce que les nécromants dans l'royaume, la garde les aime pas trop. Au moins la p'tite chose a pas l'air de l'avoir trop mal pris, qu'on lui exorcise sa serviteur.

"Mais madame ! Vous farfulez ! Vous farfulez à plein régime là, c'est très très méchant, vous avez esquinté ma maison ! Ah non hein je suis pas contente. Vous farfulez. Vous faites du farfulage ! Du farfz ! Vous êtes une vendeuse de farfz à la sauvette hein ! Ca m'a pris du temps pour tout aménager !

- T'habites là dedans, toi ?" lui-demandai-je en rentrant à sa suite dans une baraque pas mal encombré par d'autres meubles ramené à vue d'nez plus tôt dans la journée. Avec la nouvelle commode boueuse qui venait s'ajouter, ça faisait déjà pas beaucoup d'place pour nous tous, même avec deux mini-femmes. J'me faufilais donc vers une pièce dont je voyais que l'entrée pour l'instant et qu'avait l'air d'avoir un peu plus de place.

Re: 5, rue Firion

Posté : mer. 10 déc. 2025 11:18
par Cromax
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Le rayon de lumière traversa la distance qui me séparait de l’immonde mort-vivant et explosa avec une efficacité notoire sa sale tronche de goule putrescente. La chair morte et froide gicla dans tous les sens. Qu’importe : j’y étais coutumière, et arborai fièrement ces entrailles défuntes comme le reflet de ma victoire sur la mort-vivance. Ça puait, oui. C’était l’essence de cette magie corompue. Ignoble, contre nature. À éradiquer. Je regardai avec un sourire satisfait le non-être s’évaporer en cendres, reportant ensuite un regard plein d’une fougue martiale vers sa maître… esse. Cette petite créature ailée.

J’acceptai le mouchoir tendu par le marin et m’essuyai visage et mains, ne lui rendant guère dans cet état, ce n’eut pas été convenable. Je le remerciai d’un sourire poli. Je n’eus guère l’occasion surtout de réagir aux différents commentaires sur mon acte : les reproches d’un manque de finesse par le colosse musculeux (comme si avec une apparence pareille il savait ce que c’était, la finesse), les babillages farfelus et accusateurs de la nécro-bitch à concentration variable, ou au commentaire accusateur envers l’irresponsabilité d’avoir mené une trépassée à Bouhen du seul qui semblait avoir un peu la tête sur les épaules, le rouquin. Comme quoi, on ne devait pas juger trop tôt quelqu’un. Pareil pour son ami mal vêtu : il incita au calme et pressa le groupe à rentrer dans la masure par peur d’une patrouille. De quoi avait-il peur ? De l’arrestation d’une nécromancienne ? D’avoir la réputation salie par les morceaux de chair putréfiée sur son costume ridicule ? A moins qu’il eut quelque chose à cacher… Ce n’était pas exclu.

Nous nous retrouvâmes donc poussés dans la maison de la rue Firion, étroite à cause de son surplus d’ameublement. Ce fut à l’abri de cette protection accueillante mais encombrée que je pus enfin m’exclamer, lorgnant vers la bestiole ailée :

« Par le pouvoir conféré par l’Aube Radieuse, le Culte de Gaïa et de par les lois du Royaume de Kendra Kâr, je vous condamne à mort, détentrice de fluides noirs. Quelqu’un a-t-il quelque chose à y redire ? »

Je lorgnai l’assemblée jusqu’à tomber sur la tête du rouquin, chez qui nous étions.

« Quant à vous, peut-être pourriez-vous expliquer la raison de notre invitation ? La présence d’une redresseuse de morts était-elle prévue ? Vous pouvez vous racheter par la Voie de Gaïa. »

Quitte à buter de la racaille, autant purger de son influence ses alliés. Je lui envoyai un sourire compatissant.

Re: 5, rue Firion

Posté : jeu. 11 déc. 2025 00:34
par Guasina

Toujours au 5 rue firion, attendant plus d'explication.


Ce fut avec un haussement d’épaule et un sourire que je constatai que ma présentation, quoique sommaire, passa inaperçue. Et cela ne me déplut guère. En fait, l’attention des autres se porta sur la lutine ailée.. ou plutôt sur sa compagne puante, et ça me convenait. Je préférais observer qu’être observé. Le second à réagir fut le chauve barbue qui se présenta sous le nom de Korgal. Le terme diablerie, employé par ce dernier était plutôt approprié, puisqu’il fallait posséder des fluides obscures pour être capable de faire renaître un mort. Mon père nous en avait parlé, et ça s’appelait nécro ou mécro quelque chose. Bref, je me méfiais de ce genre de magie, d’autant plus que sa porteuse trop volubile semblait un peu trop écervelée… mais ce n’était que ma première impression, la suite de nos aventures me dirait si ma méfiance était justifiée. Le beau brun, lui, avait sorti une dague de je ne sais d'où et demanda la permission au propriétaire des lieux pour nous débarrasser de la dénommée Ankouille. Plythos Chantelierre n’eut le temps de lui répondre que la jolie blonde prit l’initiative d’attaquer la morte-vivante sans sommation. Elle utilisa le sort trait de lumière afin d’éclater la tête d’Ankouille. J’étais certaine du sort utilisé puisque possédant aussi des fluides de lumières j’avais appris ce sort… mais j’étais plus réticente à m’en servir.

Ce sort n’avait rien d’anodin et les morceaux puants du cadavre ambulants furent projeter sur nous tous. Ma petite taille de lutine offrant moins de surface de contact, et étant à moitié caché par le fond du tiroir, je fus en partie épargné… en partie seulement.

Pendant que les propriétaires appelaient au calme et nous demandaient d’entrer dans leur demeure, je sortis ma brosse à cheveux de ma besace et entrepris d’enlever les restes d’Ankouille de ma chevelure noire. La petite lutine ailée semblait désespérée nous expliquant qu’elle n’avait plus désormais de chez soi.

(Qu’elle habite dans un endroit creux, ça passe, mais comment faisait-elle avec toute cette odeur ? … J’aurais préféré un arbre creux qu’un crâne, en fait… quoi que “sa maison” avait l’avantage de se déplacer avec elle…. un arbre creux quand même. )

Quant à la fidèle de Gaïa, elle était un peu trop fanatique à mon goût, que ce soit du bon ou du mauvais côté, il faut toujours se méfier des extrêmistes.

Lorsque tout ce beau monde fut entré, et ainsi plus de risque de me faire piétiner, je me dépêchai de sortir du tiroir et de me faufiler dans la pièce. Voulant conserver ma forme de lutine, il ne me restait plus qu’à être à la hauteur de la situation: un petit saut sur la pile de livres posés par terre, un second sur la pile légèrement plus haute à côté, puis sur le carton de bonne dimension, pour terminer sur une petite table de bois ronde, bien encombrée. Je m’assieds sur deux bouquins, après les avoir épousseté, puis je regardai la petite troupe hétéroclite, puis m’adressai à la fanatique pour répondre à sa question.

“Dans la missive, il était question d’une chasse au trésor dans le désert occidental d’Imiftil”

Puis vers Phytos.

“Moi, je suis partante pour vous accompagner. Je n’ai jamais été dans ce désert, et j’ai bien hâte de l’explorer. Mais dites-nous en plus sur votre plan d’expédition.”

Re: 5, rue Firion

Posté : jeu. 11 déc. 2025 18:04
par Gamemaster7
Personne n’avait l’air de vouloir accepter le breuvage offert par Petrol, d’autant plus que ce qu’elle proposait ne ressemblait pas à de l’alcool. La seule gourde en sa possession était sa gourde magique, est-ce qu’elle s’enivrait de potions de mana ? Ignorant son offre, tous se sont faufilés dans la demeure de Chantelierre qui, après avoir débarrassé quelques morceaux incriminant sur le bas-côté à l’aide de son balais, est entré en fermant la porte derrière lui, ses épaules tombant de soulagement. Anissa, courant pour ne pas être laissée derrière et escaladant tant bien que mal une pile de livres négligés, avait manqué de se faire une crampe, peu habituée qu’elle est à ce genre d’efforts malgré son agilité lutine. Pas de bobo cette fois, mais elle avait eu bien de la chance que le terrain soit adapté à son ascension. Elle était un peu essoufflée quand elle a posé sa question à Plythos.
Un soulagement de courte durée, car au moment où Korgal, Odiron et le coloré ont posé l’ex-commode dans un coin, Eline a lancé son ultimatum.

C’est en rebondissant sur la question d’Anissa que Plythos répond. Enfin, pas immédiatement. Il lui faut bien 2 ou 3 secondes pour trouver l’origine de sa petite voix.

« C’est exact, mademoiselle Niqor, je prépare une expédition dans le désert de l’Ouest et, je l’admets, j’ai fait appel à cette euh… petite dame en connaissance de cause. Enfin, pas complètement… Je ne connais personne d’assez insensé au point d’entrer à Bouhen avec un corps réanimé. »

Il se gratte le menton avec un air gêné. C’est l’homme aux yeux noirs qui continue, son expression plus crispée devant la ressortissante de l’Aube Radieuse.

« Elle a certes brisé un tabou, mais regardez-la, avez-vous déjà vu ses semblables à Kendra-Kâr ? Je gage à dire qu’elle ne comprend pas les coutumes. Un crime passable de mort dans la Principauté, mais là où vous comptez vous rendre, c’est plutôt vous qui serez mal vue. Les Wiehls n’ont pas tôt fait d'oublier l’Inquisition Écarlate. »

La brève mention des Écarlates vous ramène pour certains à de l’histoire ancienne, quand une peste catastrophique a sévi sur Yuimen il y a pratiquement quatre mille ans. Les morts se sont levés en masse, et une partie du culte de Gaïa et de Meno se sont unis pour endiguer la menace, devenant l’inquisition la plus cruelle et la plus violente de l’Histoire, si impitoyable qu’ils ont fini par être chassés et éliminés au nom du maintien de l’ordre. C’était une période connue comme l’âge d’or de la nécromancie. Suite à cela, les lois envers les nécromanciens sont devenues de plus en plus dures jusqu’à leur répression totale dans certaines cités, mais la blessure ouverte laissée par les inquisiteurs a aussi suscité la méfiance de certains peuples envers les zélotes de Gaïa.

« Toutefois, si je peux me permettre, monsieur Chantelierre, engager une nécromancienne... »
« Ah, ce n’est pas pour lever les morts que j’ai fait appel à elle, Gersolf. »

C’est avec un air sombre que Plythos vous intime de le suivre dans une autre salle, moins encombrée et plus accueillante. Son étude, clairement un lieu privilégié, est baignée dans la lumière douce d’une grande fenêtre. Un bureau en désordre, jonché de parchemins et de machins en tout genre, cerné d’ouvrages et de cartes venus des quatre continents, trône fièrement à côté d’un foyer surélevé pour baigner l’érudit de chaleur pendant de longues heures de paperasse. Vous pouvez remarquer un gros sac de bagages fraîchement rempli sur le sol tapissé, blotti contre le mur.



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Vous pouvez aussi remarquer une porte scellée au bout d’un petit couloir. Plus qu’une serrure de fer, c’est une panoplie de talismans qui orne cette porte dans un coin d’ombre que vous ne remarquez pas forcément sur le champ, mais qui n’échappe guère à votre regard.

Plythos s’empare d’un livret endossé de cuir. Son air bonhomme est recouvert d’un voile grave, triste.

« Vous avez tous reçu la lettre, n’est-ce pas ? Vous étiez dans le carnet de mon père, avec un bref résumé de vos personnes et vos compétences, du moins celles qu’ils vous connaissait. »

Il vous regarde avec circonspection.

« Bon, vous n’étiez pas tous en haut de la liste, bien sûr. Certains n’ont pas donné de nouvelles, d’autres ont refusé. »

Il la repose et sort un autre parchemin. Noirci, griffonné à la hâte. Il déglutit au moment de parler, se ressassant des souvenirs désagréables alors qu’il s’affaisse contre son bureau.

« Madame Petrol’Kiwi ne figure pas dans son carnet. C’est à travers mes propres réseaux que j’ai contacté une poignée de ritualistes notoires de la région, et elle est la seule à être venue présentement. Mon père n’est pas... Certes, il était vieux, mais les cheveux gris, la perte de vue et d’audition, les épisodes de démence, c’était trop soudain. Jour après jour, il délirait de plus en plus. Sa mort... »

Un autre ravalement de salive met en exergue la goutte de sueur perlant sur son front. Il regarde d’abord la porte scellée au fond du couloir, puis fixe son regard sur Petrol’Kiwi.

« Deux jours après son retour, des points noirs ont commencé à apparaître sous ses ongles. Le cinquième jour, il est devenu incapable de lire, comme si les mots fondaient sous son regard. À partir du sixième… Ses cheveux sont devenus de plus en plus blancs et ont commencé à tomber. Aucun docteur, aucun guérisseur n’a su quoi faire. Deux semaines après son retour du désert de l’Ouest… Il était méconnaissable, autant physiquement que... »

Il baisse légèrement la tête. Il n’est pas difficile de voir à quel point son visage a rougi de l’effort de retenir ses larmes.

Il ne laisse pas le silence s’installer trop longtemps, et il demande enfin à l’aldryde qui venait de perdre sa caravane nauséabonde :

« Est-ce que vous voyez où je veux en venir ? Je veux comprendre ce qui est arrivé à mon père. »

Vous ne voyez peut-être pas tous, mais Petrol, elle, a du mal à réprimer un haussement de sourcil quand elle comprend de quoi il en retourne.


Petrol'Kiwi :
► Afficher le texte
Petrol : 0,5 xp (Farfulage)
Anissa : 0,5 xp (Escalade)
Korgal : 0,5 xp (Déménageur)
Layam : 0,5 xp (Petit mouchoir)
Eline : 0,5 xp (La loi, c'est moi)

Re: 5, rue Firion

Posté : sam. 13 déc. 2025 11:22
par Adam Von Demorlys
Se frayant un chemin tout en tenant fermement l'ex-commode, le sorcier la déposa avec l'aide du bretteur à la mine revêche et du bourgeois au mauvais goût vestimentaire, dans le coin qu'on lui indiqua.
Il se redressa ensuite en se frottant les mains, au moment où la jouvencelle s'adressa à eux en s'improvisant grande inquisitrice, et condamnant à mort la petite créature ailée. Le colosse haussa tout d'abord un sourcil. La blondinette s'adressa ensuite à leur commanditaire avec une telle condescendance, que Korgal eût de suite l'envie de lui décocher une paire de baffes.

(Non mais pour qui elle s'prend celle-là?)

Le sorcier n'approuvait pas nécessairement l'usage de la nécromancie, mais il était à ce sujet moins intraitable que de nombreux Kendrans. Maniant l'art des arcanes depuis qu'il était enfant, il avait appris au fil des ans à faire la distinction entre la magie, et le mage. Deux choses bien différentes à ses yeux, ce qui l'amenait à avoir une réserve naturelle concernant tous les stéréotypes que l'on peut trouver dans le domaine de la magie. Et jusqu'à maintenant, il n'avait quasiment jamais été confronté à quelqu'un qui pratiquait l'art de la nécromancie. Là de suite, que voyait-il?
Une créature, utilisant ses pouvoirs réputés comme malfaisants, pour s'improviser une maison, une aide ménagère, et aider des gens à porter un meuble.
Et une femme, maîtrisant une magie dite bienfaisante, et l'utilisant pour éclater un crâne et proférer des menaces avant même de dire bonjour et de se présenter.
Korgal s'apprêta à la rabrouer, mais fut devancé par Plythos et son acolyte. Les deux émirent quelques réserves concernant la magie de la petite créature ailée, et leur firent une petite piqûre de rappel sur l'histoire de la région qui les attendait.
Le sorcier n'était pas un grand historien, mais il connaissait dans les grandes lignes les faits que rapportait celui qui se nommait apparemment, Gersolf.

(Bien, au moins elle la bouclera un peu plus là-bas. Espérons en tout cas).

Cela dit, si ses souvenirs ne lui faisaient pas faux bond, le culte de Meno avait également activement participé à la grande inquisition, qui avait marqué il y a des millénaires le territoire Whiel. Il faudra qu'il garde celà en tête une fois sur place, lorsqu'il utilisera la magie. Ne sait-on jamais. Ces réflexions furent de courte durée car Plythos les amena ensuite à une autre pièce. Un bureau visiblement, et vu le petit bazar qui s'y trouvait, un vrai bureau d'explorateur en herbe.

Les yeux du sorcier détaillèrent l'endroit avec intérêt, s'arrêtant sur les divers parchemins éparpillés, les quelques cartes, un sac de voyage bien rempli, puis sur une mystérieuse porte située au bout d'un couloir. Fronçant les sourcils, le colosse crût y déceler quelques scintillements un peu étranges. Mais son attention fut vite reportée sur leur commanditaire, qui reprit la parole d'un air grave. Korgal en apprit alors un peu plus sur la raison de la présence de la dénommée Petrol'kiwi. Plythos rentra ensuite plus dans les détails concernant le décès de son paternel. Et ce qu'il expliqua était effectivement des plus troublant. A coup sûr le vieux avait dû être confronté à quelque chose de chose de sombre, très sombre.
Laissant la petite créature ailée répondre au jeune bourgeois, Korgal en profiter pour tourner la tête vers la jeune blondinette.

"Ecoutez ma p'tite, j'ai pas eu le temps de répondre à votre question tout à l'heure, mais mettons maintenant les choses au clair. J'suis venu ici pour participer à une expédition d'exploration, et rechercher un trésor. Pas pour faire parti  d'un pellerinage au nom de Gaïa, ou d'aube rayonnante ou j'sais pas quoi d'autre encore. Donc vos dogmes et vos délires de "grande inquisitrice de lumière" je m'en tape l'cul par terre, et j'pense que je suis pas le seul ici dans ce cas.
M'dame Petrol'kiwi a peut-être des connaissances qui pourront nous aider à mener cette expédition. Donc le temps qu'on la mène à bien, gardez plutôt votre magie et vos idéaux pour ceux qui nous barrerrons la route."


Korgal reporta ensuite son attention sur Plythos.

"Votre père vous a t'il quand même rapporté certains trucs avant de mourir? Sur ce qu'il a vu et fait là bas? Le moindre détail sur ce qu'il a vécu pendant son expédition et qui pourrait être bon à savoir?"

Re: 5, rue Firion

Posté : dim. 14 déc. 2025 15:35
par Guasina
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Anissa Niqor




Pendant que monsieur Chanteclierre répondait à ma question, j’en profitais pour reprendre mon souffle. J’avais beau être jeune et en forme, se déplacer dans un monde de géant n’était pas toujours évident… quoique adoptée par des humains, je n’avais jamais vécu dans un monde à ma taille..peut-être un jour.

Il confirma qu’il se préparait pour une expédition dans le désert de l’Ouest et nous avoua qu’il avait choisi délibérément la lutine ailée pour sa possession de fluides obscures. Mais il fut aussi surpris que nous de la présence de la morte vivante. C’est à ce moment que son acolyte Gersolf intervint. Il tenta à sa façon de disculper la petite ailée, commentant la probable naïveté dans un lieu inconnu pour elle, soulignant aussi sa probable utilité dans le désert. Il mentionna un moment de l’histoire que je ne connaissais pas… l’inquisition incarlate, ça ne me disait pas grand chose… sauf qu’il était question de nécromant et du culte de Gaïa. En fait, je n’ai jamais été très attentive à l’histoire et à la politique, j’avais toujours autre chose à faire.

Plythos nous fit signe de le suivre dans la pièce suivante

(Changer de place encore ? )

Ils n’avaient pas conscience de l’effort que ça me demandait. Certes je pourrais prendre la forme de Bougon pour reprendre ma forme de lutine, mais cette transformation me demandait quand même une quantité d’énergie et prenait un certain temps, ce qui me ferait perdre un bout de la conversation.

Je décidai donc de quémander mon transport jusqu’à l’autre pièce.

“Vous seriez aimable, de me faire une place dans votre main, pour me faciliter le déplacement vers la pièce suivante.”


Il me tendit la main, sans rien ajouter et m’emmena jusqu’à une salle baignée de lumière pour me déposer sur un grand bureau. Je me contentai d’une petite révérence comme signe de remerciement. Tout au long du déplacement, j’avais regardé la petite ailée, voleter autour de nous, indépendante, contrairement à moi.

Tout en l’écoutant, je me déplaçai sur son bureau, prenant soin de ne pas piétiner les choses qui s’y trouvaient, mais ne pouvant m’empêcher de reluquer quelques peu les documents étalés.

Brandissant le carnet qu’il avait en main, il poursuivit ses explications. Nous avions tous reçu une lettre car nous étions dans le carnet de son père, à l’exception de l’autre lutine. Il eut l'honnêteté de préciser que nous n’étions pas les premiers choix, mais plus tôt ceux qui avaient accepté de se joindre à l’expédition. Je ne connaissais pas cet homme, il avait sûrement eu ses informations de l’un des mes trois frères. Ce fut avec émotion et difficulté qu’il nous expliqua que son père était revenu de son dernier périple en mauvais état. En fait, sa détérioration physique avait commencé deux jours après son arrivée. Que de petits points noirs sous ses ongles au début, puis quelques jous plus tard, il fut incapable de lire, suivit le blanchiment et la perte de ses cheveux . Après deux semaines, il était dans un état épouvantable, mais aucun docteur ou guérisseur ne purent faire quelque chose pour lui.
Ce joli rouquin était désormais rouge du visage également. La perte de son père l’affectait véritablement et il voulait plus que tout éclaircir le mystère de cette dégradation. Il avait fait appel à la petite lutine ailée afin de comprendre ce qui était arrivée à son père.

(Il soupçonne donc l’usage de fluides obscurs contre son père…. qu’a-t-il fait pour en arriver là ? )

Debout, je m’étais rendu à l’extrémité du bureau près du mur, et je lisais les titres des tomes, au cas ou que ça pourrait être utile lorsque la voix du colosse Korgal se fit entendre. Il réprimandait la jolie blonde d’avoir utilisé ses pouvoirs contre le cadavre ambulant. Avec une sagesse étonnante, prouvant qu’il n’était pas qu’un tas de gros muscles, il expliqua que l’important n’était pas la nature de nos fluides, mais l’usage qu’on en faisait, et que PetrolKiwi avait été choisi car elle pourrait être très utile pour notre exploration désertique. Puis se tournant, vers le propriétaire des lieux, il lui demanda si son paternel lui avait fait part de faits importants avant de mourir. A ces mots, je détournai mon attention des bouquins, et portai mon attention sur la porte scellée. Je rajoutai au questionnement.

“Et derrière cette porte scellée se trouveraient des objets qu’il a ramené de son dernier voyage ?”


Anissa:
  • lit le titre des bouquins des deux premières rangées de la bibliothèques et
  • regarde sommairemnt les documents étalés (pas lire au complet, mais prendre en compte, s’il s’agit de facture, ou de lettres et à qui s’est adressé sans le temps de lire bien sûr)

Re: 5, rue Firion

Posté : lun. 15 déc. 2025 20:30
par Silmeria
« Par le pouvoir conféré par l’Aube Radieuse, le Culte de Gaïa et de par les lois du Royaume de Kendra Kâr, je vous condamne à mort, détentrice de fluides noirs. Quelqu’un a-t-il quelque chose à y redire ? »

Petrol'Kiwi restait un peu bouche bée, en vol stationnaire, elle leva une main et se dressa un index en guise d'introduction à sa prise de parole " Bah... Oui, moi j'ai quelque chose à dire. On tue pas Petrol', on est des gentils, on fait pas des méchants. Quelqu'un peu retirer le nez qui est accroché à ma gourde ? J'y arrive pas."

Puis, elle virevolta, se cachant derrière le grand gaillard qui avait pris sa défense en appuyant, grâce à une réserve certaine que l'Aldryde pourrait finir par se montrer utile, et c'était vrai ! Elle se percha quelque part à défaut d'avoir Ankouille et écoutait avec attention. D'abord, la raison de sa présence ici, tous semblaient avoir un lien plus ou moins direct avec la famille qui avait rassemblé ce beau monde, Petrol quant à elle n'était qu'un élément bonus, un petit ajout de dernière minute qui avait fait le déplacement (" J'ai surtout perdu un grimoire dans un cimetière que des belettes ont vite boulotté, j'étais venue pour y mettre un sort, à leur terrier à ces satanées bestioles. ") Tous écoutaient de manière presque religieuse la narration du nouveau patron. Son père frappé par un mal inconnu, décrépit jour après jour. Effectivement, Petrol' leva un sourcil, puis un second et quand elle fut à cours, elle prit la parole.

" Baaaah p't'être que Sir Adam il a un point qui est pas forcément des idiots. S'il a avec lui un objet corrompu, on peut avoir un empoisonnement sur le long terme, par exemple avec un petit cadeau comme un collier en mercure qui empoisonne sur une longue période, on observe rarement les objets acquis récemment par une victime. Mais ça ressemble aussi à un flétrissage. On utilise l'art nécrotique ou de la magie d'ombre afin de tuer petit à petit une personne. Enfin, ça marche aussi avec la végétation tout ce qui est vivant. Mais si jamais je me concentrais très fort." Se tourne vers la Blondinette " Pardon en ADMETTANT que J'ENVISAGE de lancer HYPOTHETIQUEMENT un sort ce que bien sûr je ne ferais PAS, si je faisais ce sortilège, vous écoperez probablement d'une migraine, d'un haut le coeur, d'un gerboulage et d'un inconfort pendant le temps du sort mais une fois celui-ci terminé parce que je serais littéralement épuisée, vous retrouverez toutes vos capacités. Donc si quelqu'un a lancé ça sur feu votre papou, on est très très clairement loin d'être sur une demi-baguette. Un sortilège très puissant, probablement avec l'aide d'une relique ou d'un autel lui même très puissant. Si c'est une seule personne qui est responsable de ça, c'est proche du Divin. Si c'est un groupe, comme une secte ou des adorateurs comme on en trouve souvent chez les nécromanciens, ils auraient dû sévir en se relayant par petit groupe sans jamais discontinuer mais ça m'parait improbable. Après si on tombe sur une secte de nécromanciens, j'en connais une qui pourrait se passer les nerfs et nourrir son fanatisme sur eux sans aucun problème, mais j'vous préviens, quand je pourrais ramener Ankouille je le ferais et si quelqu'un me la déglingue encore je ferais du râle ! "

Puis, croisa les bras d'un air renfrogné, elle attendit les premières réactions à ce qui ressemblait fortement à une affirmation.

Re: 5, rue Firion

Posté : lun. 15 déc. 2025 23:05
par Cromax
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Eline d'Isselith



Et personne n’en avait visiblement cure. La petite dame à l’aïeul canin ne prêta d’ailleurs aucune attention à la scène, comme si mes dires et ma présence ne l’affectaient en rien. Comme si elle ne me voyait même pas. Elle commentait les raisons de leur présence ici – questions ô combien urgentes par rapport à la présence d’une nécromante révélée – et commença une enquête telle une détective de la milice. Les lutins étaient souvent vus comme innocents. À moins que ce ne fut les sinaris ? Peut-être le Mal leur était invisible, tout simplement ? Ce n’était en rien une chance : ce n’est pas en niant l’existence de quelque chose qu’il ne se répand pas. Mais je comprenais et la pris en pitié. Par chance pour des êtres ainsi dénués du sens du danger, j’étais le bouclier du Bien contre l’Infâme. La lumière de Gaïa n’éclairait pas toutes les voies…

Le couple de citoyens nous ayant reçus dans leur antre de mâles célibataires comprenaient mon point de vue, mais attestaient de l’innocence probable de l’emplumée obscure. Et donnaient raison à sa présence en vue de l’expédition. Elle était prévue ; pas le fait qu’elle se trimbale un zombie. Et si je comprenais le besoin de faire appel à une experte du Mal pour en défaire les nœuds, je ne me sentais pas pour autant capable de l’accepter sans ciller.

Le musculeux du groupe se fendit d’une véritable agression verbale à mon égard, m’insultant crument de fanatique inquisitrice et affirmant qu’il ne respectait en rien mon culte. Je restai ébahie devant une hérésie si ouvertement lancée, et lançai une prière muette pour sauver son âme des yeux sombres de la malédiction. Un être aussi virulent pouvait, s’il n’y prenait pas garde, se retrouver enfermé sur ces terres mornes le jour où Phaïtos regarderait dans sa direction. Esprit damné à jamais, usé et rongé par la magie noire des nécromants. Il comprendrait peut-être alors ma position… mais je ne le souhaitai en rien. Il n’existait pire sort et, plus que de détruire des morts-vivants à la chaîne, ma tâche de théurgiste avait pour dessein la libération de ces âmes déchues pour leur offrir la paix et une possibilité d’entrer dans le Cycle des Enfers. Celui voulu par les Dieux. J’ouvris la bouche et en baissant les yeux, répondis d’un air triste :

« Je suis confuse que vous le preniez comme ça. Mes actes n’ont été posés que par souci de bienveillance envers chacun de vous. De protection. Je ne prétends nullement imposer mes usages religieux ou faire de cette expédition un pèlerinage au nom de ma Déesse. Désolée que vous l’ayez pris comme une offense. Ou… une menace ? »

J’étais sincère. Du plus profond de mon âme. Sa réaction vive m’affectait réellement, et je sentis un vague à l’âme m’étreindre. Était-ce vraiment ce que je paraissais être ? Une fanatique bigote qui ne vivait que pour enfermer les autres dans son culte ? C’était d’une tristesse sans nom. Je me murai dans un silence effacé, tête baissée. Je ne faisais qu’appliquer la loi en vertu de mes droits. Rien de plus. Je me tournai vers la créature d’ombre qui affirmait être une gentille. Le Mal est trompeur, je ne le savais que trop bien. Mais il ne m’appartenait pas de leur imposer cette vision : j’espérais qu’ils ne le découvrissent que tard, s’ils devaient le découvrir.

C’était injuste : elle passait pour la gentille victime, et moi pour la persécutrice. Je serrai un instant les poings, sentant sur mon visage les picotements de larmes qui montaient sans poindre cependant. Non, elle ne m’aurait pas comme ça. D’une voix fragile mais pleine de conviction, j’exprimai mon ressenti :

« Je… vous présente mes excuses. Je n’interviendrai plus contre vous si vos actes œuvrent pour le bien de cette expédition. »

Mais je garderais l’œil ouvert, et le bon. Dussé-je susciter l’incompréhension de mes pairs. Mes actes ne seraient là que pour les protéger du Mal. Je précisai tout de même à demi voix :

« Ni mon ordre ni moi ne sommes liés à l’Inquisition Ecarlate. Il faudrait avoir dormi plusieurs vies d’elfe pour lier l’Aube Radieuse à ces fanatiques sanguinaires. Le Temple de Gaïa a condamné alors leurs dépassements. »

Je pensais fermement qu’ils avaient pu être à l’époque une réponse opportune à l’âge de la nécromancie, et qu’ils avaient en cela sauvé bien des vies et des âmes, mais je gardai ce détail pour moi. Inutile de raidir encore la peur de la Religion chez certains.

Sur ces entrefaites, l’affaire nous fut explicitée. Le paternel du bourgeois vert était mort, et tous nos noms étaient écrits dans son carnet. Tous sauf celui de l’Obscure, amenée ici par le Plythos filial en question via de sombres connaissances et la conviction que le vieux était mort de la main d’un mage noir. Je me gardai de préciser que les servants de Gaïa étaient tout aussi à même de juger de la présence de magie sombre que ces maudits fils de chiens des enfers. L’aldryde au nom peu commun s’attarda d’ailleurs sur les détails évoqués par le fils sur son père. Ces marques noires, cette décadence progressive. Je ne réagis que d’un soupir peiné lorsqu’elle sous-entendit pouvoir lancer un sort ayant les mêmes effets, mais temporairement, préférant me concentrer sur la véritable information derrière : ce qui avait affecté l’aîné Chantelierre était bien plus puissant. L’émanation d’une relique maudite ancienne, de sorciers aux puissances quasiment divines, d’une secte d’adorateurs malfaisants. Je frémis sous ces hypothèses terribles. La Mort pouvait agir de bien des manières, et les stigmates sur les victimes de sorts sombres être nombreux. Pourquoi ici serait-ce exceptionnel ? Je me tournai avec compassion vers le fils. La brute et la petite avaient déjà commencé à le questionner.

« Mes condoléances pour votre perte tragique. Au su des explications avancées par votre … experte en magie néfaste, et votre prédisposition à avoir invité cette dernière, aviez-vous à penser à un lien entre votre feu paternel et cette engeance néfaste au cours de son périple ? Ou cette initiative ne fut lancée que par le biais des vains efforts de ses soigneurs ? »

S’il avait le moindre indice, il devait en parler maintenant. Ça expliquerait pas mal de choses : la présence d’individus armés, d’une théurgiste et d’une nécromancienne. Plythos en savait sans doute davantage. Mais avant qu’il ait à répondre, la dénommée Pétrole-Qui-Luit parla de ramener sa compagne morte en me raillant ouvertement sur ma rigidité. Je fis la moue.

« Ne voyez en moi aucun fanatisme, je vous assure que vous feriez erreur. Mais avez-vous seulement conscience de ce que vous faites vivre à cette pauvre âme sous votre domination, lorsque vous l’incarnez ainsi de force pour vous servir ? C’est un spectacle qui m’attriste autant qu’il me répugne. Je ne vis que pour libérer ces esprits asservis. »

J’aspirai à percevoir un brin d’humanité – d’aldrydisme ? – en elle. À tort, sans doute. Mais les autres devaient voir que je tentais de la ramener dans la Lumière.

Re: 5, rue Firion

Posté : mar. 16 déc. 2025 16:09
par Akihito
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Comme quoi, j'ai flairé le bon coup. Après les échanges d'amabilités qui ont rapidement tourné à la condamnation d'exorcisme sur le champ de la part de la blonde zombicide, tout le petit groupe a fini par me rejoindre dans le petit bureau. Le genre de pièces dans laquelle les types comme moi mettent jamais les pieds, du moins pas officiellement. Ici, que des bibelots dont je pige pas l'utilité, des parchemins et des livres poussiéreux dont je déchiffre aucun mot d'un simple coup d'oeil. Y avait quand même un point qui avait un peu de gueule, il fallait l'admettre : la p'tite cheminée devant le bureau, histoire de pouvoir griphonner ses machins même de nuit en étant au chaud et éclairé. Clairement un truc de noble, mais je saluais le geste.

Un autre truc qui attira mon attention, c'était une porte dans un coin, bardé de babioles et de grigri comme pour empêcher un mauvais sort de sortir de ce qui y avait à l'intérieur. Autant s'en tenir le plus éloigné possible.
Arrivé le premier donc, j'avais donc le luxe de pouvoir choisir où j'allais pouvoir me poser en attendant la suite des événements. Je laissai donc tomber mon sac au pied d'un petit meuble près d'une grande fenêtre, puis après quelques roulements d'épaules, m'assis sur un coin du meuble et m'adossai au mur.

De là, je pus observer un peu tout le manège se dérouler. La fin du vieux Chantelierre visiblement d'un maléfice très puissants selon la p'tite Petrol, notre présence sur une liste dont on était pas tous les premiers voulus, puis les divers règlements de comptes, mises en gardes et expressions de remords que je pouvais résumer en : Korgal était un pragmatique qui voyait la magie comme un outil plus qu'aut' chose, Petrol était pas une méchante et la prêtresse pensait bien faire mais regrettait son acte. Mouais, pour le dernier point j'me demandai si elle était si sincère que ça, car si les deux nobles l'avaient pas arrêté deux minutes plus tôt, elle aurait fait juge, juré et bourreau d'la nécro. Changer d'avis aussi vite, j'm'en méfiai un poil.

En parlant d'elle, elle continuait de s'balader avec sa gourde et un morceau de nez de sa zombie -Ankouille qu'elle l'appelait- et c'était un peu dégueu. Dégainant une de mes haches de jet, je la hêlai.

"Eh Petrol, ramène ton machin, j'vais te l'enlever."

En attendant, je reportais mon attention sur l'extérieur. Ces histoires de magies, de maléfices et autre, j'y connaissais rien. J'laissais ceux qui savaient faire faire, et moi je gardais un oeil sur l'extérieur.
  • Retire le bout de nez de la gourde de Petrol Kiwi de la pointe de sa hache.
  • Surveille ce qui se passe par la fenêtre

Re: 5, rue Firion

Posté : mer. 17 déc. 2025 13:59
par Gamemaster7
Plythos a remercié Petrol avec une politesse éprouvée par le malaise que ses réminiscences lui faisaient ressentir.

« Merci pour votre expertise. »

La bibliothèque contenait moult ouvrages aux sujets divers et variés. Géographie, religion, histoire, cuisine, philosophie, poésie... Tandis qu’Anissa marchait au milieu de manuscrits divers et variés et lisait dans sa tête les intitulés que croisait son regard, elle s’est rendue compte que quasiment tous les papiers sur la table avaient un rapport avec le Désert de l’Ouest. Des traités de géographie, des rapports nébuleux sur les coutumes religieuses des Kebakeris, des dessins sur l’architecture et la mode locale et des bribes de langues anciennes pratiquées avant l’adoption du courant par les tribus les plus réfractaires.

« Kebaker : une étude topographique », « Us et coutumes des Kebakeris », « Le culte de Toumlanayh », « Comment monter un dromadaire »… Nombre de ces traités ont vraisemblablement été écrits par des intellectuels kendrans en se basant sur les récits d’explorateurs. Ils traitent le Désert de l’Ouest comme une contrée exotique et périlleuse, et jouent du danger et du mystère pour faire du sensationnel. De belles illustrations, néanmoins. Puis, elle s’est rendue compte qu’elle marchait sur un autre dessin, moins détaillé, plus inquiétant. Une ébauche d’un insecte exotique, un grand scarabée du désert griffonné à la hâte. Ou plutôt, ça ressemble à un dessin sous plusieurs angles d’une chose inanimée faite pour ressembler à un scarabée, entourée de notes vagues et de questions qui le sont toutes aussi. La vue du dessous, en particulier, affiche un détail original : une sorte de « 8 » gravé sur l’abdomen du simili.

Lorsque Korgal pose sa question, rejoint par Anissa, Plythos essaie ne de pas regarder l’endroit désigné.

« Oui, il a ramené plusieurs choses. Des tablettes, quelques vêtements, armes ou autres cadeaux des clans qu’il a pu ramener, des curiosités locales… Et ceci. »

Il sort de sa poche un objet de la taille de sa paume. Un objet en tout point similaire au dessin observé par la lutine. Une sorte d’amulette en forme de scarabée à ailes déployées. Les plus observateurs pouvaient aussi voir le symbole en forme de « 8 » gravé sur son abdomen avant que Plythos ne le pose sur la table non loin d’Anissa.


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Il est tenté d’ignorer la question de cette dernière tout d’abord, mais il parvient non sans quelque mal à décrire la fonction de la pièce scellée.

« Pour ce qui est de la pièce d’à côté. C’est la chambre où il a passé la majeure partie de son temps après son retour. C’est aussi là qu’il a rendu son dernier souffle. J’y ai apposé quelques sceaux de peur que sa malédiction ne se propage. »

Les plus calés en arts maudits dans la pièce, nommément Eline et Petrol, savent qu’il y a un risque négligeable que cela ne survienne, étant donnée la nature de la souillure. Si elle pouvait se répandre, elle n’aurait pas attendu le décès d’Urthos pour le faire.

Enfin, il répond à Eline, laissant les autres répondre à ses excuses.

« J’ai commencé à soupçonner la magie noire quand j’ai constaté que les soigneurs ne pouvaient rien pour lui, mais il était déjà trop tard. Mon père a beaucoup voyagé, mais je ne lui connais aucun lien avec des forces obscures. Il n’a jamais eu beaucoup d’intérêt pour la religion, même s’il était grand collectionneur de bibelots magiques. Mais là encore, rien de suspect, à part cet objet. Gersolf pourra vous en dire plus. »

Ses épaules semblent se relâcher un instant. Gersolf en profite pour prendre le relais avec son air de raffinement exubérant. Eline pourrait jurer que l’épéiste aux cheveux longs l’observait discrètement à chaque fois qu’elle détournait le regard. Il reste silencieux, adossé à un mur à l’écart des autres. Le bourgeois bariolé arbore, contrairement aux autres, un sourire affable et nonchalant. Avec légèreté, il élabore.

« J’ai fait partie de l’expédition du père Chantelierre, aux côtés de quelques collègues et du brave Odiron ici présent. Nous avons trouvé cette amulette dans une vieille tombe au fin fond du désert. C’est depuis sa découverte que les ennuis ont commencé à nous tomber dessus. Urthos était convaincu que c’était une sorte de clé, mais pour quoi, il l’ignorait. »

Il marque un silence, s’attendant à davantage de questions. L’expression d’Odiron s’assombrit à la mention de la précédente expédition. Pendant ce temps, Layam, après avoir rendu service à l’aldryde, surveille l’extérieur du coin de la fenêtre. Il voit un après-midi morne et gris à Bouhen, mouillé par des gouttes éparses et irrégulières, égayé seulement par les silhouettes d’enfants curieux qui partent en courant dès qu’ils croisent son regard.

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