L'Ermansi

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Cromax
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L'Ermansi

Message par Cromax » sam. 23 oct. 2021 19:01

L'Ermansi



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Cet aynore majestueux et gigantesque est le seul qui a assez de puissance sur tout Yuimen pour mener les mortels sur l'Île de Nyr'Tel Ermansi. Seuls les elfes dorés à son bord sont apte à distinguer la position de l'Île volante des Dieux dans les nuages. Ils mèneront les curieux dotés d'une Boussole de Naotelia vers les Dieux. (Voir la règle sur la boussole).

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Xël
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Re: L'Ermansi

Message par Xël » mer. 22 déc. 2021 14:51

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L’Aynore doré décolle. Laissant le charnier s’éloigner sous mon regard morne. Je n’ai plus la force de ressentir les émotions qui devraient me dévaster. Je me redresse quand j’entends des bruits de pas qui se rapprochent. Je sais que j’ai des ennemis à bord. Mais c’est Sibelle qui se dresse devant moi. Je m’approche vers elle, hésitant, alors que je distingue dans son regard le soulagement de me voir. Je ressens le désir profond de la prendre dans mes bras et en même temps un élan de méfiance qui m’en préserve. Je sais à quel point elle est proche de Sirat. Je l’ai vu remettre la hache à Karsinar. Est-elle encore dans mon camp ? Puis-je lui faire confiance ? Elle hausse un sourcil face à mon hésitation et demande si c’est bien moi. Je réponds d’un hochement de tête et rétorque sans émotions que je suis content de la voir en vie. J’étais inquiet lorsque j’ai aperçu ce traitre d’Humoran combattre face au camp qu’il disait servir.

Devant ma réaction, son regard se durcit, son visage s'empourpre, ses jointures blanchissent, la colère qui monte en elle est bien tangible, la Sibelle que je connais bien est de retour. Abruptement, elle me prend à deux mains par le col et me rapproche de son nez. Dans un murmure, d'une voix très ferme, sans me quitter de son regard noir, elle me dit:

"Ce fut une guerre impitoyable où Oaxaca a berné même ses propres armés… Mais elle n'est plus... Le dragon était impitoyable... Comme tous les dragons. Nous en avons eu un échantillon sur Aliaénon... Oui, nous avons tous perdus des êtres qui nous sont chers. Une grosse partie de Yuimen est détruite et à reconstruire. Mais on va y arriver... Donc quand j'arrive devant toi, épuisée, tout comme toi et tous les autres, j'ai droit à une accolade digne du Xël qui se jette du haut d'une tour ! "

Je serre mes bras autour d’elle, soudain libéré d’un poids, soulagé de pouvoir enfin me laisser aller. Je pose mon front contre le sien en murmurant:

« Pour moi cette guerre ne prendra jamais fin. Avant de tout reconstruire, je dois neutraliser ceux qui nous menace. »

Elle m’enserre à son tour et ferme les yeux avant de me répondre d’une voix plus douce.

"Tu m'en diras plus dans quelques minutes, si je peux t'aider à neutraliser cette menace dont tu parles, je le ferai... pour le moment, accordes-toi quelques minutes de répit, et de réconfort."

« Si je monte sur l’île des Dieux ce n’est pas pour me reposer. C’est pour obtenir la force qu’il me manque pour débarrasser Yuimen des Treize qui sont encore en vie. »

Sibelle recule d'un pas afin de me regarder dans les yeux :

"Les tuer tous sans exception ? Même ceux qui se sont ralliés à nous contre Oaxaca ? "

Je recule à mon tour, me défaisant de l'emprise de Sibelle avec une grimace de colère.

"Ralliés à nous ? Mais qui l'a aidée à l'amener jusqu'aux portes d'Oranan ? Qu'en est-il de leurs massacres ? Est-ce que je dois pardonner Lorener d'avoir massacré les soldats de Luminion aux portes d'Ynorie parce qu’il s’est tenu en retrait ? Et leurs créatures ? J'ai vu les créations de Herle, des horreurs pires que celles de Vallel, issues de cadavres. Tu penses qu'ils vont s'en tenir là ? Poursuivre une petite vie tranquille à faire pousser des carottes dans les plaines d'Omyrhie ? Non. Ils vont continuer à nuire et je serai là pour les en empêcher."

Je savais que le calme dans ma poitrine serait de courte durée mais je ne pensais pas que le coup qui l’agiterait serait porté par Sibelle. Le goût de la rage emplit ma bouche. Pardonner ? Faire preuve de tolérance ? De compréhension ? Putain et puis quoi encore ?! La rouquine reste attentive et silencieuse avant de répondre:

" Quand je prends un petit peu de recul sur ce qui vient de se passer, je pense à ce qui s'était passé sur Aliaénon... Les villes entières qui avaient été détruites par Oaxaca, tout comme ici, le peuple d'Aliaénon avaient perdu beaucoup et même plus. Et ensuite, la bataille entre carnivores et herbivores où les harpies avaient manigancées pour semer la pagaille entre les deux groupes pour prendre le pouvoir... J'aurais bien envie de te dire de mettre ta vengeance de côté, et de pardonner à des lieutenants qui tout comme Karsinar et Sarl n'œuvraient que pour sauver leur peuple... Mais je dois avouer que si une des trois harpies se présentait à moi, je la tuerais sur le champ... Pour ma part, je vais plutôt regarder ce que je peux faire, avec mes aptitudes pour aider à rebâtir ce qui a été détruit... Et puis, ... je ne pensais jamais dire ça, mais j'espère revoir un jour, ce Xël souriant et bavard. "

Je souris faiblement avant d’incliner la tête. Moi même je ne suis pas persuadé de me retrouver un jour. Le Xël d’avant est sans doute perdu trop loin pour être retrouvé dans un bon état.

« Je ne sais pas si tu trouveras ce que tu recherches là-haut… »

Dis-je pour changer de sujet. Elle répond qu’elle ne cherche rien en particulier, qu’elle veut juste se reposer, visiter et qu’elle prendra ensuite une décision. Elle émet cependant la possibilité de rejoindre l’armée grise.

« Tu ne veux pas rencontrer les Dieux ? »

"Pas vraiment.... Je reste un peu rancunière,... comme l'a dit, l'invisible, ils auraient pu intervenir avant, ou au moins neutraliser le dragon noir.... mais je verrai une fois sur cette île."

« On m’a dit que les Dieux acceptaient parfois d’entraîner les mages. C’est ce que je suis venu faire. Je ne tiens pas à leur reprocher quoi que ce soit. J’imagine qu’ils fonctionnent comme le Sans-Visage. Le libre arbitre avant de s’interposer.»

Elle ajoute avec amertume que pour eux les vies sacrifiées n’importent pas.

« Qu’est-ce qu’une vie pour un Dieu… Tu as dû entendre comme moi les éclats de rire d’Oaxaca alors que les corps s’effondraient sur le sol. »

Dis-je en serrant les poings et les mâchoires de rage.

" Elle mériterait plus la mort que l'emprisonnement... si au moins elle pouvait souffrir maintenant. »

Elle pose alors sa main sur mon épaule en signe d’apaisement et d’au revoir avant de s’en aller pour retourner à l’intérieur. Je pousse un profond soupire avant de lever les yeux alors que la silhouette de l’île divine se dessine dans les nuages.


>>>
Modifié en dernier par Xël le dim. 9 janv. 2022 21:44, modifié 2 fois.

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Yliria
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Re: L'Ermansi

Message par Yliria » sam. 25 déc. 2021 02:29

Loin du néant

Au milieu de tout cet enfer de mort et de grisaille, l’immense vaisseau volant était presque indécent, avec ses dorures et ses formes et couleurs nobles. Je l’observai de loin, me décidant finalement à m’en approcher. Voir les dieux était une idée aussi intrigante qu’angoissante. J’avais peur de ce que je pouvais y apprendre et découvrir. L’idée que je me faisais des dieux était peut-être loin de la réalité, et l’idée de les rencontrer me rendait nerveuse. Pourtant, je n’hésitai pas plus d’une seconde. Je voulais quitter cet endroit au plus vite, voir autre chose. Me reposer, oublier, occulter tout cela au moins pour un temps. J’avais besoin de ça, j’étais épuisée et je commençais à vraiment le sentir dans chaque fibre de mon être. Faisant de mon mieux pour éviter les corps qui jonchaient le sol, j’avançais en trébuchant çà et là, refusant de poser les yeux sur les visages sans vie qui s’amoncelaient. Je déglutis et inspirai lentement, une boule dans la gorge.

Chaque mètre devenait pénible, la fatigue remontant lentement chaque muscle de mon corps et je trébuchai sur quelque chose sortant du sol, planté dans la terre saturée de sang et d’eau. Je fronçai les sourcils en comprenant de quoi il s’agissait et sortit la dent du sol. Un des crocs de la sombre calamité qui avait enfin quitté notre monde. Un reste brisé de l’immense créature. En la tenant en main, je réalisai à quel point nous avions été chanceux que toute vie ne cesse pas tout bonnement. Je serrai la dent à m’en blanchir les phalanges, hésitant à la jeter au loin, par colère, avant d’en décider autrement. Si elle avait servi un instrument de mort, j’allais m’en servir pour autre chose. J’allais trouver quoi faire avec cela. Après tout, même Klakhyss m’avait apporté des armes pour lutter, peut-être que je pouvais en faire quelque chose, là aussi.

Je rangeai la dent dans mon sac et rejoignis finalement l’Aynore des elfes de l’île des dieux. Je jetai vaguement un œil aux autres personnes, repérant Sibelle et Xël, entre autres, qui montaient avant de repérer la chevelure blonde en pagaille qui me fit déglutir. J’inspirai et m’assis à ses côtés en soupirant d’enfin pouvoir me poser un peu après tout cela. J’étais si lasse que j’appuyai ma tête sur son épaule, par réflexe, et fermai les yeux, pour essayer de récupérer quelques forces. Lui-même ne prononça pas un mot et je ne m’occupai plus vraiment de ce qui m’entourait à partir de ce moment, somnolant dans une semi-conscience, percevant simplement vaguement les allées et venues de certains. Nous étions supposés être en sécurité, mais je n’arrivais pas à véritablement fermer l’œil. Le moindre bruit de pas m’alertais juste assez pour que je reste assez alerte pour réagir. Ma main ne quitta pas ma rapière. Jamais je ne parvins à m’endormir.

Après un énième sursaut, je clignai des yeux et observai par le hublot pour écarquiller les yeux et sauter de mon siège, ignorant les protestations de mes muscles. Je collai mon front au hublot pour apercevoir quelque chose d’irréel. Une île. Une île flottant dans les cieux, cerclée d’un immense anneau miroitant et abritant la ville la plus incroyable qu’il m’est été donnée de voir. Encore plus belle et étonnante que la magnifique ville de Kers, la cité se dévoilait à mesure que nous approchions. Tout semblait lumineux, verdoyant, vivant comme jamais je n’avais pu l'observer sur Yuimen, peu importe l’endroit que j’avais pu voir. Même la plus belle ville que j’avais vu, Kers, peinait à soutenir la comparaison. C’était indescriptible et magnifique.

(Bienvenue à Nyr’tel Ermansi : La cité des elfes dorés. Et des dieux.)

(C’est… Tu connais ?)

(J’y suis venue, une fois, il y a bien longtemps. Rien ne semble avoir véritablement changé. Rien d’étonnant à ce que le temps n’ait pas d’emprise dans le royaume de Zewen.)

Plus on s’approchait, plus la beauté des lieux se précisait. Ses bâtiments aériens semblant fait de lumière, ses lacs et bosquets resplendissants de vie, tout semblait parfait ici, comme si rien ne pouvait atteindre cet endroit. Un havre de paix total, loin de toutes les horreurs que Yuimen pouvait recéler. Un lieu de vie et de calme. Un endroit que j’avais voulu expédier, mais qui maintenant m’attirait bien plus que le retour à ma vie sur Yuimen. Je n’étais pas naïve au point d’imaginer rester ici pour toujours, mais peut-être juste quelques jours de plus… juste un peu plus.

(Tu as été invitée, Yliria, tu pourras sûrement rester un peu.)

(J’espère… je…)

(Tu en as besoin, j’ai compris.)

Un mince sourire étira mes lèvres alors que je remerciai mentalement ma petite amie ailée. Elle m’envoya simplement un sentiment de calme en retour et je restai collée au hublot tout le temps que dura l’approche et l’atterrissage. Je sentis à peine ce dernier et m’écartai du hublot pour presque me ruer vers la sortie. Je ne m’arrêtais que pour vérifier que Cherock se levait. Il avait le regard vide et le visage morne et je ne pouvais pas l’en blâmer. La vision de l’ile avait un instant chassé de mon esprit ce qu’il s’était passé, mais cela allait revenir à charge à la moindre occasion. Et tandis que nous nous dirigions vers la rampe de sortie baignée de lumière et qu’une brise agréable caressait mon visage, je fermai un instant les yeux. J’allais enfin pouvoir me reposer. J’allais pouvoir souffler, voir autre chose, vivre un peu calmement, enfin.


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Maâra
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Re: L'Ermansi

Message par Maâra » dim. 26 déc. 2021 16:57

Le corps las et l’esprit en ébullition, la Nécromancienne monte à bord de l’aynore des Ermansi, comme bon nombre des aventuriers survivants. Précédée par son Liykor, ils suivent les pas de la liche à bonne distance, perdue dans ses pensées, se questionnant encore sur l’attitude à avoir là-haut, sur ce qu’elle y verra, entendra ou fera.

Lorsque l’engin s’envole, elle reste sur le pont et observe longuement le charnier sous eux, la muraille de la ville humaine en grande partie détruite et les mouvements des troupes restantes. Les Garzoks notamment, s’éloignant autant de la plaine ruinée que les uns des autres. En son for intérieur, elle essaye de surmonter la peine de l’inexcusable traitement fait aux âmes ; impossible qu’il est de comprendre le fondement même des volontés ou des aspirations de Oaxaca car, bâtarde ou pas, sa divinité est et restera impénétrable pour la Sindel. En cela même, elle reste persuadée que son emprisonnement n’est pas la Fin.




« C’est elle, là bas. Feule alors son compagnon, désignant un être fait de bois.
- Sûr ?
- Vu de mes yeux. »

Un Oudio, se dit Maâra en le comparant au vieux spécimen sadique et cruel du bois de Bouhen. Son écorce est plus souple et moins foncée, sans doute due à sa jeunesse, sa chevelure est légère, ressemblant plus au branchage d’un saule pleureur qu’aux ramures crevassées du vieux sadique, sans parler de ses serpentins flexibles et déliés aux antipodes des fuseaux acérés qui achevaient l’apparence morbide et intimidante de l’autre. Ainsi, jeune, cette race n’est pas le repoussoir vivant qu’est le saigneur Tartoros, en conclue Maâra, priant à part elle ne plus avoir à revoir cet être démoniaque. La couleur de yeux de l’Oudio s’approche de la sienne mais avec une teinte bleutée qui adoucit son regard pourtant perçant. Une question, cependant, ne trouve pas réponse à cette observation.

« Elle ?
- Odeur femelle. » Répond à mi-voix l’ancien Lyikor.


La Sindel s’approche de l’Oudio aux vêtements abimés par le sang et la boue et au regard fureteur s’avisant que personne ne l’approche par surprise.

« Pardonnez-moi, puis-je m'entretenir avec vous du dangereux pendentif d'Oaxaca ? »

Son attention se porte aussitôt sur le Lyikor accompagnant Maâra, avant de lever ses yeux clairs sur elle.

« Vous êtes la première personne à m'en toucher mot. Et je peux deviner ce qui vous intéresse à son sujet, dit l’Oudio sans éveiller de réaction particulière à Maâra. Puis, soulevant son tricorne.
- Capitaine Mythanorië. Et vous êtes ?
- Je me nomme Maâra. Mon intérêt se porte moins sur le pendentif que son contenu et la présence ou non des deux esprits ... incontrôlables. Je ... je suis une nécromancienne. Dit-elle avant de marquer une pause, levant les mains en signe de paix.
- Mais rassurez-vous, je n'ai nulle envie de vous prendre cette chose. Mais ... l'étudier. »

Guère étonnée, et pour cause, Mythanorië croise le regard du Lyikor à demi décharné qui hoche le museau avec entendement.

« La Sindel, commence le Lyikor en éveillant une réaction moins nuancée chez l’Oudio, parfois, oublie l’apparence de ce corps et l’évidence de sa condition. »
Maâra les observe en spectatrice un peu perdue, avant de saisir la dite évidence.
« Oh ! oui … je comprends. »

« L'étudier. Soit. Continue plus sérieusement l’Oudio. Par quoi commençons-nous ? Son aspect puis ses matériaux ? Ou passons-nous directement à ses propriétés ?
- Mes compétences peuvent fournir des réponses sur ses propriétés. Je peux sentir les esprits, les entendre et parfois ressentir leurs émotions. Si vous me le permettez, je peux essayer ici et maintenant ... mais ... gardez-le en main, je crains de déclencher un désastre si je le touche directement
- Ressentir leurs émotions... J'espère que vous n'êtes pas trop empathique. Je vais quand même m'attendre à prendre un coup ou deux, au cas où»

A la remarque sur son empathie, Maâra fronce les sourcils et sa bouche s’étire en signe de dégoût mais elle acquiesce pourtant, ne sachant elle-même ce qui peut se passer en dehors de cette éventualité nulle de cohésion entre l’esprit et elle.

« Faites, faites, qui sait ce que cette engeance peut encore nous faire. »

L’Oudio étire alors ses serpentins, présentant le pendentif maudit à une Maâra aussi curieuse qu’inquiète. Les mains au dessus du pendentif, elle ferme les yeux et éveille ses fluides pour qu’ils la lient à l’autre monde à travers le bijou. Glacée par un frisson soudain, Maâra ouvre son esprit à ce qui l’entoure. Lugubre et sombre au-delà du définissable, elle s’y plonge entièrement et ressent la puissance des deux spectres emprisonnés, enfouis, tapis dans un abysse immatériel. Ils ne réagissent pas à sa présence et ne semblent même pas communiquer entre eux. Concentrée, Maâra sent la présence, concentrée et tenace, de fluides obscurs, comme si leur prison en était faite. En rouvrant les yeux, elle fait part de sa découverte et la certitude que s’y trouvent les deux esprits de Gadory et Sisstar.

« Tout y est profondément silencieux, rajoute-t-elle. Ils semblent plus prisonniers de ce bijoux qu’ils ne l’étaient de leurs pactes envers Oaxaca.
- Hm … Vous pensez qu’ils sont conscients en ce moment ?
- Comme peuvent l’être des âmes défuntes hors de leur monde. Si j’ose m’avancer, je ne les pense pas assez conscients pour sortir eux-mêmes du pendentif. Puis-je vous demander quelles sont vos intentions vis-à-vis de ceci ?
- On a jamais assez de yus de nos jours, répond l’Oudio en faisant jouer la lumière sur le pendentif et avec une légèreté qui fige le visage de Maâra dans une expression froide et sévère.
M’est avis que les Nécromants de tout Yuimen voudront se l’arracher.
- Êtes-vous sérieuse ?»

La tension s’installe. La Sindel, muette et inquisitrice toise l’Oudio qui cligne de l’œil et adopte un sourire se voulant rassurant, déridant à peine la Sindel insensible à l’humour.

« Sauf que, pirate ou pas, je ne suis pas de ce bois-là. Surtout avec le petit cadeau récent de nos hôtes.
Je pense surtout le conserver, l'étudier avec précision. Matériaux, enchantements, créateur, effet sur le porteur et sur les âmes qui s'y trouvent. Identifier sa signature magique pour traquer d'éventuels artefacts similaires... Et quelque chose me dit que sa porteuse précédente ne sera pas spécialement encline à satisfaire ma curiosité.

- Si cela pouvait la servir et vous asservir, vous auriez sûrement un début de réponse. »

Maâra reste pensive un instant, faisant aller et venir son regard vers le nécromant d’Endor au faciès osseux. Son aide pourrait être décisive mais, tiraillée par la crainte d’éveiller celui qui partage l’esprit d’Azra, elle hésite à lui faire part de ses projets, malgré sa supériorité évidente en matière de nécromancie. Choisir entre le risque d’être démasquée par un ancien Lord nécromant vindicatif et celui de ne point retenir la puissance d’un tel artéfact est complexe pour elle.

« Vos réels projets sont louables … et conséquents. Imaginez l’impact de toutes ces connaissances. Ajoute-t-elle sans rien de moins que l’envie et la fascination dans son regard. Mais gardez bien à l’esprit que vous aurez à manipuler des âmes, en plus d’un artéfact sans aucun doute aussi fascinant que dangereux. Les âmes peuvent l’être aussi, surtout celles-ci. Si vous cherchez un point de départ, mon Ordre pourra sûrement y pourvoir. Il y a là-bas des nécromants bien plus puissants que moi, bien plus vieux et érudits aussi.
- Avant d'être Capitaine, j'ai aussi eu un passé. La quête de connaissances était le vent gonflant mes voiles, et l'est toujours un peu. Dit l’Oudio d’un air pensif avant de plisser les yeux, soucieux.
Un ordre comportant des nécromants n'a jusque-là pas été synonyme de bonne nouvelle. Et me présenter avec de louables intentions auprès d'un groupe méconnu m'a déjà beaucoup coûté par le passé. Pour quelles raisons me fier aux vôtres ?»

Maâra inspire profondément, réceptive aux doutes de l’Oudio.

« Je vous comprends. Tel un pirate, il serait malvenu de ma part d’aspirer à une confiance aveugle.
Notre Ordre souffre et aura à souffrir des légendes d’un lointain passé et d’exactions plus récentes. C’est un fait dont nous avons que trop conscience. Mais plus qu’à ce dernier, c’est à notre engouement commun pour la connaissance que j’espère vous voir vous fier, car comme vous, et aujourd’hui encore, cette quête guide mes pas.
Ne nous voilons pas d’espoir, la disparition du Dragon et Oaxaca emprisonnée par les Dieux ne nous préservent pas des graines qu’elle a semées.
Outre le fait que mon Ordre était là, à combattre dans le même camp que vous, que nous ayons gagné la confiance de respectables généraux guère enclin à nous côtoyer hier encore ; je puis vous assurer qu’en aucune façon l’un d’eux ne tentera de faire sien le pouvoir de ce pendentif.

- Vous parlez bien. Et les circonstances ne risquent pas de se reproduire de si tôt. Soit … je vais prendre le risque. Qui sait si les elfes dorés ne vont pas vouloir garder ce pendentif quand ils remarqueront son existence.»

Soulagée, anxieuse et impatiente à la fois, et malgré le dépit qu’occasionne l’éventualité d’un avortement du projet, Maâra incline la tête en signe de remerciement. L’Oudio croise son regard, scellant ainsi leur décision, puis, réanimant ce caractère quelque peu taquin que la Sindel intègre lentement :

« J'espère que la bure n'est pas de rigueur parmi les vôtres, sans quoi je suis partie pour un premier faux-pas.
- Vous vous apercevrez assez vite que le faux-pas vestimentaire, là-bas, est impossible. Et si la réputation des pirates n’est point exagérée, vos oreilles et vos yeux ne souffriront guère non plus. A cette étonnante répartie de sa part, la Sindel parvient même à esquisser un plissement de lèvre, mais son sérieux reprend vite le dessus, les yeux rivés vers leur destination.
- Vous en parliez à l’instant, avez-vous quelques savoirs sur ces elfes dorés ?
- Guère plus que les traditionnels ouï-dire et des anecdotes sans fondement vérifiable, malheureusement. Mais ils ne sont pas à sous-estimer. Il n'y a qu'à voir… À côté, les vaisseaux de Air-gris semblent... Amateurs ?
- Celui-ci est … flamboyant ? Bien plus impressionnant que ce qu’ils font au Naora. On sait si peu de choses sur ces Ermansis, si peu de légendes et moins encore de réelles connaissances sur eux, leurs origines et leur culture. »

Elle marque une pause, le regard braqué sur l’immense ombre au dessus d’eux.

« Tant de mystères dit-elle en écho à ses pensées.
- J'ignore ce qu'il en est de vôtre côté, mais du mien, il n'y a guère d'érudits. Ou d'individus assez curieux voire intéressés par la question. Quant aux autres... Ils semblent plus à même de frapper quelqu'un avec un ouvrage que de poser le regard sur les premiers caractères logés à l'intérieur.
- Mon nouvel entourage se démarque peu du votre ; quantité ont l’esprit étriqué des fanatiques et j’avoue en être parfois peinée tant j’espérais y rencontrer plus de savants, tout du moins dans notre domaine ; certains, cependant, doivent sûrement comprendre l’utilité d’un livre … excepté une créature aussi étrange qu’intéressante qui, ma foi, se risquerait sans doute à mâchouiller une page ou deux, avant d’assommer quelqu’un avec. »

Leurs regards entendus et avisés se croisent. Maâra, sans savoir en faire la démonstration, pressent ou l’espère que l’Oudio ne souhaite pas se contenter d’étudier le pendentif.

« Je ne sais pas non plus combien de temps nous sera alloué sur place, mais c'est l'occasion rêvée de remédier à cette lacune. D'autant que... Notre venue finira par être sue. Nos noms apporteront à nos mots un poids crédible. Si toutefois partir en quête de ces connaissances, en plus de celles du pendentif, vous tente également
- Très certainement, répond aussitôt la Sindel, déjà impatiente. C'est là le comble des gens comme moi qui pensent pouvoir tout apprendre des écrits, sans avoir à côtoyer le monde … les mystères ne se dévoilent qu’aux yeux de ceux qui les cherchent. S’ils ne nous concèdent que quelques heures, même à les observer sera déjà tant, n’est-ce pas ? »

Avec un sourire sincère, L’Oudio approuve d’un mouvement de tête dynamique, contrariée pourtant d’être inepte au dessin et de ne pouvoir au mieux décrire au monde ce qu’elles observeront, elle prévoit déjà de chercher s’ils les elfes dorés vendent certain de leurs traités. Maâra l’observe, un brin amusée mais surtout reconnaissante d’avoir par hasard rencontré quelqu’un avec qui partager autre chose que son abattement et sa morosité.

Leur projet ainsi adopté, elles se séparent lorsque l'aynore entame sa descente vers cette destination exceptionnelle qui ravive les pensées fluctuantes de Maâra.
Maâra _-_ Sindel _-_ Nécromancienne _-_ Maître des Runes
Ceux qui pensent que les morts appartiennent au passé, ne savent rien du futur.

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Sibelle
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Re: L'Ermansi

Message par Sibelle » ven. 31 déc. 2021 18:27

Avant de se rendre à la passerelle, Sibelle fit un détour vers le centre de la bataille et y ramassa un vestige du dragon noir, un éclat de l'une de ses dents pour être plus précis. Tout comme un chasseur, Sibelle ramassait un "trophée" de son combat, et ce même, si elle ne l'avait pas tué directement. Tout comme d'autres de ses compagnons, elle avait concouru à la perte du dragon en portant assistance à ses alliés, ce qui s'était avéré utile.

Sans avoir réfléchi à son geste, elle avait ressenti le besoin de prendre un fragment de son ennemi, comme si garder une parcelle de lui renforçait en elle le sentiment qu'il était désormais vaincu. Que cet être égoïste, malveillant et foncièrement mauvais, ne renaîtrait jamais de ses cendres, qu'il était disparu à jamais. Cette réflexion n'était pas issu d'un raisonnement rationnel, mais d'une émotion pourtant bien réelle.

Elle fixa l'artéfact à son sac à dos et se dirigea vers les gardes, afin d'accepter la lourde bourse. Elle ne savait pas ce qu’elle en ferait, ne ressentant pas le besoin urgent de renouveler son équipement. Mais elle verrait bien en temps et lieu, se promettant tout de même d'en conserver une partie pour venir en aide, à son retour, aux habitants de la région qui allaient devoir poursuivre leur pénible vie dans ce milieu anéanti.

Cet aynore s’avérait et de loin le plus grand et le plus majestueux, mais la guerrière n'était pas en état d'esprit pour apprécier une telle merveille alliant art et technologie. De plus, la guerrière quelque peu désabusée, ayant connu le vol libre ne s’émerveilla pas comme à sa première envolée dans un aynore et se contenta d’y pénétrer.

Une fois à bord, elle vit quelques aventuriers installés ça et là. Elle les ignora poursuivant son chemin pour se rendre sur le pont alors que l’aynore amorçait son envol, préférant l'air libre à celui confiné de la cabine.

Ce fut à ce moment que son regard se porta sur Xël, cet aventurier qui avait partagé nombre aventures avec l'hinionne. Cette fois-ci par contre, il s'était à peine croisé au tout début. Le regard éteint de ce dernier était posé sur le charnier. Soulagée de le savoir vivant, sans hésitation, elle se dirigea vers lui.

Lorsqu’elle sentit la présence de la guerrière, Xël se redressa sans pour autant quitter le champ de bataille des yeux. Puis, il lui accorda enfin un regard et s’approcha d’elle. Il semblait hésitant, comme s’il se retenait de s’approcher davantage de son ancienne compagnonne d’aventure.

Inquiète, Sibelle haussa un sourcil face à ce comportement insolite de la part de Xël, et le questionna :

« Xel, est-ce bien toi ? »

Il hocha d’abord la tête puis répondit brièvement et sur un ton sans émotion qu’il était content de la voir en vie.
Devant la réaction de Xel, le regard de Sibelle se durcit, son visage s'empourpra, ses jointures blanchirent, la colère qui montait en elle était bien tangible, la Sibelle qu'il connaissait bien était de retour.

Abruptement, elle le prit à deux mains par le col et le rapprocha à deux pouces de son nez. Et dans un murmure, d'une voix très ferme, sans le quitter de son regard noir, elle lui dit:

« Ce fut une guerre impitoyable pendant laquelle Oaxaca a berné même ses propres armées.... Mais elle n'est plus..Le dragon était impitoyable...comme tous les dragons. Nous en avons eu un échantillon sur Aliaénon.... Oui, nous avons tous perdu des êtres qui nous sont chers. Une grosse partie de Yuimen est détruite et à reconstruire. Mais on va y arriver..... Donc quand j'arrive devant toi, épuisée, tout comme toi et tous les autres, j'ai droit à une accolade digne du Xel qui se jette du haut d'une tour ! »

Il se permit alors d’enlacer son amie. Puis son front posé contre celui de la guerrière, il rajouta :

« Pour moi cette guerre ne prendra jamais fin. Avant de tout reconstruire, je dois neutraliser ceux qui nous menacent. »
Sibelle l'enserra à son tour et ferma les yeux.

« Tu m'en diras plus dans quelques minutes, si je peux t'aider à neutraliser cette menace dont tu parles, je le ferai... pour le moment, accorde-toi quelques minutes de répit, et de réconfort. »

Cette fois, sa voix s'était voulue plus douce.

« Si je monte sur l’île des Dieux, ce n’est pas pour me reposer. C’est pour obtenir la force qu’il me manque pour débarrasser Yuimen des Treize qui sont encore en vie. » Répondit l’homme sur un ton grave.

Sibelle recula d'un pas afin de regarder Xel dans les yeux, il avait changé. Elle le sentait rempli de frustration… mêlée à de la colère et de la tristesse.

« Les tuer tous sans exception ? Même ceux qui se sont ralliés à nous contre Oaxaca ? »

Xël se défit de la l’emprise de Sibelle, une grimace de colère sur son visage jadis souriant.

« Ralliés à nous ? Mais qui l'a aidée à l'amener jusqu'aux portes d'Oranan ? Qu'en est-il de leurs massacres ? Est-ce que je dois pardonner Lorener d'avoir massacré les soldats de Luminion aux portes d'Ynorie de s'être tenu en retrait ? Et leurs créatures ? J'ai vu les créations de Herle, des horreurs pires que celles de Vallel, issues de cadavres. Tu penses qu'ils vont s'en tenir là ? Poursuivre une petite vie tranquille à faire pousser des carottes dans les plaines d'Omyrhie ? Non. Ils vont continuer à nuire et je serais là pour les en empêcher. »


Sibelle écoutait attentivement les paroles de Xel et était consciente qu'il n'avait pas tout à fait tort. Cependant, elle ne partageait pas cette envie de vengeance. En fait, elle ne reconnaissait plus ce compagnon qui avant songeait plus à sauver des vies que de tuer les gens.

Consciente qu'elle ne pourrait le convaincre de quoi que ce soit, elle se contenta de dire ceci:

« Quand je prends un petit peu de recul sur ce qui vient de se passer, je pense à ce qui s'était passé sur Aliaénon... Les villes entières qui avaient été détruites par Oaxaca, tout comme ici, le peuple d'Aliaénon avaient perdu beaucoup et même plus. ... Et ensuite, la bataille entre carnivores et herbivores où les harpies avaient manigancé pour semer la pagaille entre les deux groupes pour prendre le pouvoir... J'aurais bien envie de te dire de mettre ta vengeance de côté, et de pardonner à des lieutenants qui tout comme Karsinar et Sarl n'œuvraient que pour sauver leur peuple, (orque et barkalang)... Mais je dois avouer que si une des trois harpies se présente à moi, je la tuerais sur le champ... Pour ma part, je vais plutôt regarder ce que je peux faire, avec mes aptitudes pour aider à rebâtir ce qui a été détruit... Et puis ... je ne pensais jamais dire ça, mais j'espère revoir un jour, ce Xël souriant et bavard. »

Un faible sourire s’afficha sur le visage du mage, qui changea abruptement de sujet en se demandant si elle aller trouver ce qu’elle cherche là-haut. Ce à quoi, l’hinionne répondit :

« Je ne cherche rien en particulier, je vais juste explorer les lieux, puis méditer deux ou trois heures... et ensuite je verrai.... peut-être rejoindre l'armée grise... je ne sais pas... je ne prendrai pas de décision tant que je n'aurai pas récupéré deux petites heures.»

Surpris, Xël la questionna :

« Tu ne veux pas rencontrer les Dieux ? »

Toujours aussi franche, Sibelle répondit :

« Pas vraiment.... Je reste un peu rancunière... comme l'a dit, l'invisible, ils auraient pu intervenir avant, ou au moins neutraliser le dragon noir.... mais je verrai une fois sur cette ile. »

Sibelle n’aimait pas porter un jugement sans savoir. Si quelqu’un pouvait apporter des explications à ce comportement de négligence, c’était bien les dieux… mais Sibelle n’était même pas certaine de vouloir engager une conversation. Elle prendre une décision seulement une fois qu’elle aurait visité les lieux.

Pour sa part, Xël exprima la raison de son voyage.

« On m’a dit que les Dieux acceptaient parfois d’entraîner les mages. C’est ce que je suis venue faire. Je ne tiens pas à leur reprocher quoi que ce soit. J’imagine qu’ils fonctionnent comme le Sans-Visage. Le libre arbitre avant de s’interposer.»

« Peu leur importe les vies sacrifiées... » rajouta la guerrière.

Cette dernière phrase fut prononcée avec une certaine amertume... mais pas contre Xel, mais plutôt contre les dieux.
« Qu’est-ce qu’une vie pour un Dieu… Tu as dû entendre comme moi les éclats de rire d’Oaxaca alors que les corps s’effondraient sur le sol. » Rétorqua Xël, les poings et la mâchoire serrés.

« Elle mériterait plus la mort que l'emprisonnement... si au moins elle pouvait souffrir maintenant. » répondit amèrement Sibelle.

Et le silence se fit entre les deux amis. Ils avaient apparemment tout dit pour le moment. Sibelle posa sa main sur l'épaule du mage en guise d'aurevoir puis entra dans la cabine.

Songeuse, elle n’accorda aucun regard aux autres passagers et choisit un siège un peu plus isolé et à l’écart des discussions. Elle ferma ses yeux, dans l’intention de commencer sa méditation. Mais ce ne fut pas aussi simple. Les scènes les plus horribles de la guerre lui revenaient à l’esprit, mettant en scène la cruelle Oaxaca et son monstre noir ailé impitoyable. Les plaines de Kochii n’étaient désormais qu’un sombre charnier qui mettrait bien des années avant de retrouver son aspect d’antan. Plus elle se repassait en tête les derniers événements, et plus elle en voulait aux Dieux. Au dire de leur porte-parole, ils avaient compris la souffrance des yuimeniens. À ce souvenir, Sibelle serra les poings jusqu’à ce que ses jointures deviennent blanches. Pourquoi avaient-ils tant tardé ? Ils n’étaient pas sans connaître la nature d’Oaxaca. Pourquoi Gaïa, la combattante n’était-elle pas intervenue avant que le monstre noir sème la terreur sur Yuimen ? Alors que Brytha, elle, s’était sacrifiée pour eux. Tout comme l’invisible, elle en voulait aux dieux. Tout comme lui, elle leur gardait rancune… À ce stade de ses réflexions, elle se demanda pourquoi ne l’avait-elle pas suivi au lieu de monter à bord de l’engin volant. Et elle réalisa alors pourquoi. Contrairement à l’invisible, elle voulait des réponses. Son but fixé, elle put enfin relâcher son esprit et entreprendre une méditation réparatrice.

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