Commanderie d'Opale

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Gamemaster7
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Re: Commanderie d'Opale

Message par Gamemaster7 » sam. 15 févr. 2020 14:42

Émergence : màj pour Arkalan et Yliria


La fin de la journée, puis la nuit, s'écoulèrent rapidement pour les deux aventuriers qui, chacun de son côté, avaient largement trouvé de quoi s'occuper. Un répit plus que bienvenu, sans doute, mais qui ne semblait guère devoir durer car, alors que l'aube pointait timidement son nez à l'horizon, Arkalan et Yliria furent sortis de leur sommeil, ou distraits de leur activité du moment, par de puissantes sonneries de trompes qui fracassèrent le relatif silence des lieux.

A peine s'étaient-elles tues qu'un fracas différent résonna dans la commanderie, sous la forme d'une lourde porte violemment claquée, bruit qui fut presque aussitôt suivi de bruyantes cavalcades dans les couloirs. Le secret de l'existence de l'Opale avait-il été révélé, à moins que les autorités ne se soient simplement décidées à éliminer les étrangers de l'équation ? Rien d'impossible à cela mais, un instant plus tard, des serviteurs visiblement troublés, pour ne pas dire paniqués, vinrent éclaircir le mystère :

"La commandante tar'Ithil requiert votre présence. Immédiatement."

Tous deux furent conduits dans une salle qu'Yliria avait déjà eu l'occasion de voir peu après sa première venue à Nessima. C'était une vaste pièce évoquant indiciblement des temps reculés autant que sombres de quelques trente mètres de long par dix de large et dont le plafond culminait à près de six mètres. Les murs en pierre de taille étaient percés de quelques étroites fenêtres dispensant une faible lumière, son sol constitué de grandes dalles en forme de croissants de lune, si précisément ajustées qu'il semblait impossible de glisser une feuille de parchemin entre elles. Le plafond quant à lui était fait de bois sombre et soutenu par d'énormes poutres noircies par la fumée et le temps, vestiges d'un passé lointain où l'on trouvait encore de grands arbres aux alentours de la cité martiale. Sur l'un des petits côtés, à l'opposé des lourdes portes de chêne cloutées qui permettaient d'entrer dans la salle, une estrade de pierre accessible par trois marches accueillait un austère fauteuil en ébène à haut dossier sur lequel des incrustations d'argent dessinaient une lune barrée de deux épées; pas vraiment un trône, mais assez proche cependant pour évoquer le pouvoir et la richesse du seigneur des lieux. Contre le mur situé derrière ce siège était suspendue une grande et lourde tapisserie en forme de bouclier Sindel représentant un blason identique à ceux visibles dans le hall d'entrée : lune d'argent surmontant un champ d'acier sur lequel deux épées aux gardes de sang s'entrecroisaient, l'une ferrée de lumière, l'autre d'ombre.

Incontestablement, il s'agissait là d'un lieu dédié à l'exercice d'un pouvoir temporel rude et inflexible, un pouvoir manifesté en la personne qui se tenait présentement assise sur la cathèdre d'ébène : Sylënn'tar Ithil, dont le visage assombri indiquait sans fard qu'elle était d'une humeur massacrante. A l'entrée des deux aventuriers, elle s'exclama rageusement :

"Cet abruti de Gaëren'tar Ethariël n'a pas cru un mot de ce que je lui ai raconté, pouvez-vous croire ça ?! Il est tellement persuadé qu'il ne s'agit que d'une vulgaire incursion d'Eruïons qu'il s'est contenté d'envoyer un millier de cavaliers régler le problème !"

Elle ajouta à cela quelque chose dans sa langue, sans doute une bordée de jurons bien sentis, puis acheva sombrement :

"J'ai outrepassé mes droits et mis la cité en état d'alerte, tant pis pour les conséquences. Maintenant, dites-moi que vous avez eu une idée lumineuse pour résoudre ce foutu bon sang de merdier !"


*****


Gains d'XP :

Yliria : interaction avec Llyann et Arkalan : 0,5XP ; Total : 0,5XP
Arkalan : interaction avec Llyann et Yliria : 0,5XP ; apprentissages auto : (3x0,5XP) : 1,5XP : Total : 2XP

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Yliria
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Re: Commanderie d'Opale

Message par Yliria » sam. 22 févr. 2020 01:30

Finalement le repos prit la forme d'une très longue discussion avec Nyllyn sur ce qui allait se passer par la suite. Elle était tout aussi anxieuse que moi, mais elle n'avait pas chômé pendant que j'arpentais les terres désertiques de l'Ouest de l'île et me résuma globalement la situation politique. Cela lui prit tout de même un long moment, car tout cela était complexe, surtout pour moi qui n'avait aucun intérêt ou expérience pour ce qui était de la politique jusqu'alors. Pour moi il y avait ceux qui gouvernaient, et les autres, mais visiblement ce n'était pas si simple, loin de là et lorsqu'elle termina son explication, je pris une demi-seconde avant d'ouvrir la bouche.

- C'est un sacré bordel ! Et on est censées trouver une solution à une guerre dans ce contexte ?

J'avais sous-estimé la chose, visiblement. Cela rendait la tâche encore plus ardue et utopiste. Comme si on allait réussir à trouver une solution à un problème pareil en un temps suffisamment court pour atténuer le conflit. Nyllyn sourit, mais fut bien incapable de trouver une idée de son côté. C'était trop... gros. Même avec l'Opale, impossible de résoudre un tel problème, ça allait bien plus loin qu'une simple lutte armée. Les complots et manipulations ce n'était pas mon truc, bien trop proche de ce que les Shaaktes trafiquaient à longueur de journée, je n'avais pas été élevée ainsi, Meno soit loué. Des régents sans pouvoir, un prince exilé et une princesse au cœur d'intrigues, un conseil aux intérêt personnels divergents et un clergé qui gérait tout ça dans l'ombre en se faisant passer pour la bonne parole tout en supprimant toute voix qui pourrai s'opposer à la sienne. Peu importe comment je prenais la chose, les Sindeldi étaient divisés et incapables de réagir à une telle invasion. Comment le clergé allait réagir à la nouvelle qu'une race ancienne disparu des écrits ressurgisse ? Ils allaient avoir un choc à n'en pas douter.

Ma nuit ne fut guère reposante, l'esprit obnubilé par la guerre qui se profilait. Un début d'idée prit place lorsque la Lune se fit haute et, pensant avoir le temps de m'y pencher le lendemain, je finis par m'endormir, blottie contre Nyllyn qui dormait déjà. Le bruyant son des trompes à l'aube me réveilla en sursaut et me fit presque chuter de mon lit. Je regardai Nyllyn sans comprendre avant d'entre quelqu'un frapper à la porte et entrer aussitôt, informant que Sylënn voulait nous voir. Un peu surprise et mal réveillée, je me préparai à la hâte et suivis le serviteur jusqu'à la fameuse salle où Tanaëth avait rendu son verdict face à ceux qui m'avaient agressé entre ces murs. Arkalan arriva en même temps que moi. Un simple coup d’œil à Sylënn me fit comprendre qu'elle était d'une humeur massacrante... encore. La raison m'apparut très vite lorsqu'elle parla hargneusement du général qui ne croyait pas un mot de ce que nous avions dit. Je la regardai, éberluée avant de soupirer. A quel point était-il idiot ? Apparemment imaginer qu'un peuple leur échappe aussi longtemps lui paraissait inconcevable et le messager de Caraen ne l'avait guère plus convaincu. Il avait apparemment envoyé un millier de cavaliers régler ce qu'il croyait être une incursion Eruïonne, le temps qu'ils reviennent, il serait trop tard, et Raynna était trop loin pour être contactée selon Sylenn.

Lorsqu'elle demanda si nous avions trouvé une solution, je fus franche. Impossible de toruver une solution à un tel problème en une nuit. La remarque d'Arkalan sur inéluctabilité d'un tel conflit me tira un soupir las. A quel point ce type était-il défaitiste ? Évidemment qu'en ne faisant rien, la guerre était inévitable, il voulait une médaille ? Je soupirai et me tournai vers Sylënn. Une idée avait germé, mais ce n'était qu'une idée, probablement une stupide en plus. Lorsque j'exposai l'idée de ramener les légitimes souverains du royaume, Naëmin et Faryë, elle me fixa en fronçant les sourcils, avant de demander des précisions. C'était le moment d'être convaincante.

- Il faut Faire en sorte qu'ils acceptent leurs rôles et dirigent les Sindeldi, vous unissent et vous évitent ainsi un anéantissement. Je vais être franche, si tous vos généraux sont aussi bornés que celui de cette ville, vous courrez droit à la défaite et à un anéantissement pur et simple. De ce que j'ai compris, Naëmin a passé des siècles à l'étranger, il doit être plus ouvert que vos dirigeants actuels et je pense que c'est ce dont les Sindeldi ont besoin, d'ouverture. C'est en étant resté dans votre cocon isolant que vous êtes devenus incapables d'imaginer que de telles choses pouvaient arriver. Vous le savez Sylënn, je suis sûre que vous l'avez compris depuis que vous avez côtoyé Tanëth. Les Sindeldi ont besoin d'unité et d'ouverture sur le monde, ou vous courez droit à la catastrophe .

Elle ne fut pas contre l'idée, bien qu'elle émit des réserve, ramener l'un ou l'autre pouvant être plus compliqué que je ne l'imaginais. Les tensions et rivalités allaient forcément peser dans la balance et l'exil de Naëmin et le jeune âge de Faryë étaient de toute façon un handicap conséquent à mon idée. Pourtant, elle m'accorda que cela pouvait changer le cours des choses et c'est tout ce qui importait pour moi, de changer les choses. Il fallait pourtant faire un choix, rapatrier les deux pouvant, selon elle être, contre-productif. Tandis que je réfléchissais à qui ramener, Arkalan attira mon attention sur les conséquences de l'action de Sylënn. Elle avait mis la cité en état d'alerte contre l'avis du général, elle risquait gros, mais cela n'avait pas l'air de l'inquiéter plus que ça. Je ne dis rien, mais me promis de lui proposer mon aide, le cas échéant. Arkalan semblait persuadé que l'erreur du général pouvait jouer en la faveur de Sylënn, cette dernière étant moins catégorique étant donné le soutien dont il bénéficiait. Encore une chose insupportable sur ce fichu archipel... Pourtant j'étais d'accord avec Arkalan, et le fit savoir. Cet idiot d général allait tous faire tuer s'il continuait à minimiser la menace.

- J’ai une question à vous poser. Désirez vous le voir mort ?

Je regardai Arkalan d'un air abasourdi. Il demandait vraiment ça ? Sylënn ne semblait pas contre l'idée, même si le vaincre armes à la main lui semblait impossible. Arkalan n'avait bien sûr pas cette idée en tête et j'étais persuadée qu'une flèche dans le dos serait sa méthode favorite. Je le regardai d'un air outré. C'était déloyal et fourbe. Et il détestait les Shaaktes ? Il agissait de la même façon, quel hypocrite ! Je préférais trouver une vraie solution à long terme et protéger les habitants, demandant si les évacuer était possible, mais Sylênn confirma qu'ils se battraient. Le défaitisme d'Arkalan me fit soupirer d'un air las et je lui lançait un regard meurtrier sans lui accorder davantage mon attention. Il fallait maintenant contacter Naëmin, qui résidait à Kendra Kâr d'après ce que me disait la commandante, et une lettre suffirait apparemment. Arkalan, lui, voulait préparer les défenses et Sylênn l'orienta sur les passages sous la ville, via la vieille ville Shaakte. Je leur indiquai que j'en connaissais un, à tout hasard et Arkalan sembla prêt à se mettre en route. Sylënn nous tendit à chacun une bourse, que j'acceptai avec un sourire un peu surpris. Je ne faisais pas ça pour l'argent, mais cela pouvait toujours servir la cause. Lorsqu'Arkalan se dirigea vers la sortie, je l'informai sur l'éventuelle présence de goules dans les galeries. Sans même répondre, il sortit et je levai les yeux au ciel, reparlant de cette histoire de missive avec Sylënn. J'étais prête à faire le voyage, mais elle affirma avoir des hommes de confiance et me demanda de lui amener cette lettre. Je la regardai un instant, éberluée.

- Que moi je l'écrive ? Mais.. mais je ne suis pas diplomate ou scribe ! Je ne sais pas faire ça !

Ma réaction sembla l'amuser car un léger sourire se dessina sur ses lèvres, mais elle fut catégorique, c'était mon idée, et donc à moi de faire cette fameuse lettre. Je la scrutai un instant, un peu perdue, mais finis par accepter – comme si j'avais le choix – et la saluai avant de sortir de la pièce, l'esprit partant en vrille dans tous les sens. Elle allait être belle la missive cruciale au prince en exil tiens... je ne savais même pas écrire...

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Yliria
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Re: Commanderie d'Opale

Message par Yliria » sam. 22 févr. 2020 01:33

A peine sortie de la salle, je me hâtai vers ma chambre pour y retrouver Nyllyn. Elle haussa un sourcil lorsque j'entrai, visiblement curieuse, mais l'air sur mon visage la dissuada de poser immédiatement toutes les questions qu'elle avait en tête. Je m'étais mis dans l'embarras toute seule, je ne savais même pas comment on pouvait écrire une lettre, surtout à un prince ! Elle avait de ces idées Sylënn ! Nyllyn m'accompagne manger un morceau, mais les paroles de Sylënn tournaient en boucle dans ma tête et le repas fut très court. Je ne voulais pas perdre de temps, il fallait que cette lettre parte le plus vite possible, mais une fois posée dans ma chambre, je me retrouvai face à deux gros problèmes. Je ne savais pas écrire, même si je savais lire et je n'avais aucune idée de quoi dire à un prince en exil pour le faire revenir. Je finis par expliquer à Nyllyn ce que Sylënn attendait de moi et elle me scruta un instant, avant de régir d'une façon inattendue. Elle explosa de rire.

- Vraiment ? Toi ? Sylënn t'as demandé à toi ?

- Elle a dit que ce serait toujours mieux que si c'était elle... arrête de rire !

- Désolée... mais admets que c'est...inattendue. Mais tu dois être contente non ?

- En quoi ?

- Cela prouve qu'elle te fait confiance, tu ne crois pas ?

Je refermai la bouche. Elle avait raison, et cela ajouta un poids supplémentaire sur mes épaules. Quand je lui fis part de mes problème, elle haussa les sourcils, étonnée, mais décida de prendre ça avec calme, affirmant que Lyann serait plus que ravie de nous aider. Et pourquoi pas de m'apprendre à écrire une fois toute cette crise terminée. Son optimisme me,fit chaud au cœur et je la suivis jusqu'à trouver Lyann. Je lui expliquai la chose et elle se retint de justesse de rire elle aussi lorsque je fronçai les sourcils en voyant sa bouche s'étirer en un rictus amusé. Elle nous conduisit dans son bureau et écouta l'idée que j'avais eu pour tenter d'enrayer la crise. Elle était aussi partagée que Sylënn, mais approuva l'initiative et se proposa d'écrire la lettre pour moi, à condition que je la lui dicte. Je soupirai, mais acquiesçai. Tricher n'était pas mon genre et je ne voulais pas trahir la confiance de Sylënn, pas alors que je l'avais gagnée. S'ensuivit une longue discussion avec Nyllyn et Lyann pour décider de quoi dire ou non dans la lettre.

- Il faut faire sentir l'urgence de la situation pour qu'il vienne au plus vite, sans pour autant lui inculper la faute. Après tout son exil n'est pas de son bon-vouloir. Et il faut évitez de trop l'effrayer également.

Plus facile à dire qu'à faire, surtout pour moi qui, selon Nyllyn, avais autant de diplomatie qu'un Thorkin furax armé d'une masse. Je grommelai, mais après quelques temps à trouver la bonne formulation, la lettre fut enfin écrite et Lyann la lut.

Au Prince Naëmin, légitime héritier du Royaume de Sarindel,

Votre Altesse,

Le Royaume de Sarindel et ses habitants sont en péril. Face à l'inaction et l'aveuglement de ceux se disant dirigeants de votre pays, je me permets de vous écrire cette missive pour vous expliquer la situation.
Un peuple descendant des Thorkins, les Rakhaunens, a refait surface après des millénaires caché sous les montagnes après l'annexion du Naora par votre peuple. Aujourd'hui, ivres de vengeance, il déferle sur les terres du Royaume et n'auront de cesse de se battre pour anéantir les Sindeldi et reprendre les terres qu'ils estiment leurs.

La guerre est imminente, si elle n'a pas déjà commencé au moment où vous lisez ses mots, et étant donné les dissensions qui existent au sein de votre peuple, je crains que le sort du Royaume ne soit joué d'avance. C'est pourquoi je vous demande humblement votre aide pour unir les Sindeldi derrière la seule bannière de la famille royale. Reprenez la place qui est légitimement vôtre en ces temps troubles et guidez les Sindeldi vers un avenir plus radieux.

Je n'ignore pas la difficulté que représente une telle tâche, mais vous avez des alliés en ce Royaume, Votre Altesse, n'en doutez pas. Ceux qui veulent le bien de votre peuple seront derrière vous, quoiqu'il arrive.

En espérant vous comptez bientôt parmi nous.

Avec tous mes respects.


- Tu dois signer non ?

- Et je mets quoi ? Yliria, semi-shaakte et danseuse d'opale ? Allons, Nyllyn, ce n'est pas crédible, comment veux-tu qu'il prenne ça au sérieux ?

- Tu n'as qu'à rajouter une petite note, avec ta façon à toi.

- Et si la lettre est interceptée ? Non, trop dangereux, contente toi de ça. Vous en pensez quoi Lyann ?

- Je pense que Nyllyn n'a pas tort. Tu n'as pas a préciser que tu es danseuse d'Opale ou semi-shaakte si tu crains que la lettre ne soit interceptée, mais l'idée en soit ne me paraît pas mauvaise.

Je grommelai, mais l'idée fit son petit chemin et je soupirai avant de réfléchir à comment tourner ça. Lyann s'empara d'une autre feuille, plus petite et me lança un regard signifiant qu'elle attendait. Cela prit presque autant de tempe la lettre en elle-même.

Votre Altesse.

Mon nom est Yliria Varnaan'tha. Cela ne vous dit rien, mais ce n'est pas important, mon nom n'a aucune importance. Si je vous ai écris cette lettre , c'est que je pense que vous êtes probablement le meilleur espoir de votre peuple. Je n'en fais pas partie, n'étant pas Sindel, mais j'ai à cœur de le protéger et de parvenir à une paix entre les peuples qui se haïssent aujourd'hui. Il est peu probable que nous nous rencontrions un jour, aussi vais-je être franche, je vous présente mes excuses par avance.

Les dirigeants actuels sont des illuminés trop aveuglés par une foi qui ne sert que leurs intérêts au détriment du peuple et je suis persuadée que vous êtes bien plus à même de diriger vos sujets avec bienveillance et justesse. Ce que j'ai décris dans ma lettre n'est pas pure invention, je l'ai vu de mes yeux et suis prête à le jurer sur ce que j'ai de plus précieux.

J'espère que j'aurai réussi à vous convaincre et à vous faire revenir dans le Royaume. Je fais partie de ceux qui lutteront pour le bien de votre peuple, et j'espère que vous irez à l'encontre de cet exil qui vous a bien trop longtemps éloigné de vos racines pour faire de même.

Puissent Sithi, Meno et Gaïa veiller sur vous.


Lyann hocha la tête, roula la note à l'intérieur de la missive qu'elle scella avant de me la tendre. Je la pris en inspirant, peu rassurée par ce que je venais de faire. Je devais maintenant amener tout ça à Sylenn. Lyann retint Nyllyn, arguant que c'était ma mission propre et qu'elle avait des choses à faire. Mon amie m'offrit une grimace d'excuse à laquelle je répondis d'un sourire avant de prendre la direction de la garde militaire, certaine d'y trouver Sylënn.

L'ambiance générale dans la ville était bien différente de la veille et je dus montrer mon laisser-passer une bonne demi douzaine de fois avant même d'avoir changé de quartier, les gardes me regardant tous avec des yeux suspicieux. Cela n'avait rien de rassurant, mais je me hâtai tout de même, le brandissant à chaque fois qu'un Sindel armé semblait faire attention à moi. Cela pris plus de temps que prévu mais je finis par atteindre le bâtiment de la garde militaire et demandai à voir Sylënn au plus vite une fois entrée. J'espérai juste qu'elle n'allait pas vouloir lire la lettre, j'allais être affreusement gênée.

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Arkalan
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Re: Commanderie d'Opale

Message par Arkalan » sam. 22 févr. 2020 17:03

Ma méditation est terminée depuis un moment quand les trompes se mettent à sonner, troublé par l'image d'une divinité à huit pattes qui me fait encore frissonner. Je reste attentif aux fracas des portes qui claquent et aux bruits de pas qui résonnent dans les couloirs. Je saisis ma dague quand j'entends ceux qui s'approchent de ma porte. Celle-ci s'ouvre, précédé de l'annonce d'un serviteur qui me prévient que la commandante requiert ma présence. Je plisse les yeux, mon arme toujours en main, méfiant avant de finalement la remettre à ma ceinture pour suivre le serviteur qui me conduit dans une salle immense, sans doute un autre vestige de la cité Shaakt qui était ici. Encore un endroit où je ne me sentais pas à l'aise. Sur une estrade de pierre se dressait ce qui semblait être un trône, austère fauteuil sombre incrusté d'argent dessinant le même blason que sur la lourde tapisserie accrochée au mur derrière ce siège. Je commence à me poser des questions sur ce bâtiment, la commanderie d'Opale est-elle un ancien siège de pouvoir dans cette région ou bien suis-je invité dans un quartier général de révolutionnaire qui souhaitent prendre le pouvoir ? Visiblement avec la complicité de la commandante de la Garde Militaire qui semble toujours de sale humeur. A notre arrivée, elle peste avec rage sur un certain Gaëren qui n'a pas pris au sérieux nos avertissements sur les armées qui s'approchent. Selon lui ce n'est qu'une petite incursion d'elfe bruns et le millier de cavaliers qu'il a envoyé s'en occuper devrait suffire à régler le problème. Elle ajoute qu'elle a outrepassé ses droits et mis la cité en état d'alerte. Elle nous demande maintenant si nous avons une idée lumineuse pour résoudre ce merdier. La situation me fait me pincer l'arrête du nez, fermer les yeux et pousser un soupir nasal agacé et dépité. Dans une situation militaire, quel conseils une commandante peut-elle espérer ? La semi-Shaakt demande si ce sont les sources des nouvelles qui sont la cause du doute du général de la cité. Autrement dit, deux elfes à la peau noire. Ce ne serait pas étonnant bien que plusieurs sources lui confiant les mêmes choses aurait dû le faire réfléchir à deux fois. Sÿlenn rajoute que le fait que ce soit elle qui lui apprenne la nouvelle n'a rien arrangé et que ce Garaën ne croit pas possible un peuple entier ait pu se dissimuler sans qu'il l'apprenne. Amusant comme remarque, un soldat de Caraën m'avait fait la même réflexion. D'ailleurs :

« Le messager de Caraën n’est pas encore arrivé ? »

La commandante m'apprends que si mais que faute de preuve il n'a pas réussi à convaincre. Je ne peux m'empêcher de ricaner, déclenchant chez la Sindel un regard glacial, cherchant la source de ce rire. C’est pourtant risible. Le seul mâle haut gradé de cette cité avait un cerveau de femelle, c'est à s'en casser les côtes. Je rétorque sans me défaire d'un rictus.

« Quand ses mille cavaliers reviendront en expliquant qu’il ne s’agit pas que d’une petite excursion d’elfes bruns j’aimerais bien voir sa tête. »

Elle répond qu'elle aussi mais que nous aurons perdu un temps précieux.

« Je pense que vous avez fait la seule chose à faire. »

La cité doit se préparer à combattre et se tenir sur ses gardes, grâce à elle, Nessima sera paré à une attaque bien avant que l'armée soit à portée de vue. Cette idiote de Semi-Shaakt ne lâche pas l'idée d’empêcher le conflit, ce à quoi je rétorque indubitablement que la guerre est inévitable. Elle me provoque d'un air las que si on ne fait rien c'est une évidence. Qu'elle est sotte. Il est certain qu'elle n'a pas grandie au cœur d'une cité Shaakt pour être si naïve et si optimiste. Je pousse un souffle exaspéré et hausse un sourcil en l'entendant confier une idée sur le retour de deux personnes à Tahelta, Naëmin et Faryë. Deux personnes inconnus pour moi ou que j'ai oublié mais qui semblent avoir de l'importance. Un changement de dirigeant pour rendre des négociations possibles, en quoi cela nous aiderait maintenant. Nous ne pouvons pas faire ça en une nuit. Je suis la discussion avec attention, me gardant bien d'intervenir dans un débat politique dont je ne sais rien. Je comprends qu'il s'agit de deux héritiers mais qu'ils ont visiblement étés mis à l'écart. Yliria confie que la politique, les complots et les coups bas ne l'intéresse pas mais c'est pourtant ce qu'elle propose, je profite de son silence bienvenue pour revenir sur la situation présente.

« Qu’est ce que vous risquez en ayant déclenché l’état d’urgence ? Concrètement. »

Elle répond qu'elle pourrait être convoqué à Tahelta et révoquer de sa fonction.

« Une occasion peut être d’y faire entendre votre point de vue. »

Sÿlenn en doute, prétextant qu'elle ne possède pas le poids politique du général.

« Qui aurait encore un poids dans quoi que ce soit après avoir envoyé mille cavaliers contre une armée de plusieurs dizaines de milliers de nains et d’elfes bruns. »

J'offre un sourire complice, la stupidité du général pourrait devenir un avantage pour nous. La commandante reste pessimiste, le général sera encore couvert par ses parents puissants.

« J’ignore tout de votre politique. Je ne m’y connais pas trop non plus en tactique militaire ni en stratégie. Mais vous avez belle et bien une urgence à gérer. Gérer là et prenez le pas sur cet idiot. »

Je rajoute qu'ensuite ils auront le temps de discuter négociations et politique, ce n'est pour l'instant pas le moment de le faire. Elle répond que c'est loin d'être aussi simple que je le pense et la semi-Shaakt ajoute qu'elle est d'accord avec moi, si le général reste en charge, il sera trop tard. Cette femelle n'a encore rien compris. Il doit justement être présent. La cité entière doit voir qu'il est incapable de remporter une victoire sans la commandante. En espérant qu'elle, en soit vraiment capable. J'incline la tête en direction de Sylënn.

« Soyez patiente. Le retour des cavaliers sera le moment déclencheur. »

Je croise ensuite les bras avant de poser une question direct qui pourrait régler définitivement le problème de la couverture qu'offre les parents du général de Nessima.

« J’ai une question à vous poser. Désirez vous le voir mort ? »

Je ne m'attend pas à une réponse positive et pourtant je dois admettre que je suis surpris de la voir réfléchir à la question sous le regard sévère d'Yliria. Elle répond que Nessima se porterait mieux sans cet imbécile mais qu'elle ne peut pas se confronter à lui armes à la main si c'est à ça que je pense.


« Ce n’est pas vraiment ce que j’avais en tête. Mais cette réponse ressemble à un oui. »

Yliria s'offusque à l'idée que je veuille lui mettre une flèche dans le dos.

« Assassiner un général dans une cité Sindel est un peu trop risqué. Mais... dans une bataille les accidents ça arrive. »

Sÿlenn précise que le général Ethariël n'est pas du genre à se promener en première ligne. Yliria m'observe avec un air outré et va ignorer la possibilité de sortir le général du jeu pour mettre Sylënn dans une position avantageuse et préfère suivre la piste de ramener l’héritier sur Naora. Elle demande si il est possible d'évacuer les habitants de Nessima. Je ricane encore tant cette conversation est risible, voir stupide. Il n'y a pas quarante choses à faire pour le moment. La bataille est déjà inévitable. Je rétorque qu'il est amusant de sembler préméditer un assassinat avec la commandante de la garde de la ville bien que je suis persuadé qu'elle refuserait d'aller jusqu'au bout bien avant qu'elle me fixe avec son regard dur en me conseillant de ne pas dépasser les bornes. Je dirige mon regard vers l'engeance hybride avec un air agacé, tentant de la ramener à la raison.

« Où voulez vous les évacuer ? Les nains avancent au sud et au nord, des Eruïons arpentent les terres. Qui sait encore quel espèce oubliée ou profiteuse va se dresser contre les Elfes Gris. »

Sylënn confirme qu'il est impossible d'évacuer des dizaines de milliers de personnes mais ça ne lui vaut pas le regard meurtrier qu'Yliria me jette. Une tentative bien vaine de m'intimider. Qu'elle envoie sa missive comme le lui conseil la commandante, même si le messager parvient à passer les troupes qui commencent à nous encercler et que son destinataire accepte de revenir. Il sera là bien après le début de la bataille qui se profile. Sylënn m'assure que les défenses de Nessima seront prêtes mais que Sanssitr pourrait être un problème si nos ennemis trouvaient un passage. Je fronce les sourcils et retient un hoquet de surprise qui me ferait paraître ridicule.


« Je croyais que les galeries étaient effondrés ? Si il y a des passages ils les trouveront si ce n’est pas déjà fait. »

La commandante confirme que certaines galeries sont effondrées et que les accès plus conséquents sont condamnés mais que la cité Shaakt était immense et que certaines parties n'ont sans doute jamais été explorées. Ylira indique qu'elle connaît un accès, celui par lequel elle est entrée la première fois mais je n'écoute déjà plus que d'une oreille en me préparant à partir. Quelle idiote de commandante, quelle idiote cité, quelle idiote d'ancienne cité Shaakt, cette race est décidément faite pour me pourrir l'existence. A quoi s'attend elle pour simplement s’inquiéter de l'existence d'une immense cité souterraine juste sous ses pieds. Une armée conséquente s'y trouve peut-être déjà, prête à surgir des entrailles de Yuimen.

« Pas de temps à perdre. »

Et si tous ces mouvements récents à l’extérieur n'avaient étés que des diversions pour s'installer sous nos pieds. Sylënn tend une bourse en précisant que nous l'avons bien mérité. J'incline la tête en l'acceptant avant de demander par où je peux accéder à l'ancienne cité. La commandante m'explique comment me rendre à la plus proche, au sud, à deux rues d'ici. Un vaste escalier bien gardé et fréquenté qui conduit à un temple. J'incline encore la tête et quitte la pièce sans plus attendre pour me diriger vers l'ancienne cité Shaakt.

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Re: Commanderie d'Opale

Message par Yliria » lun. 9 mars 2020 13:10

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Je n'eus pas à attendre longtemps, et je rejoignis rapidement Sylenn dans son bureau, la même pièce sombre et éclairée d'une simple lucarne. Elle me fit un signe de tête et me désigna un siège sur lequel je m'assis avant de lui tendre la lettre. Elle haussa un sourcil et un fin sourire ourla ses lèvres lorsqu'elle la prit. A mon grand soulagement, elle ne l'ouvrit pas, se contentant de la ranger soigneusement hors de vue et des mains de potentiels intéressés. Je ne sais pas si j'aurai réussi rester stoïque si elle l'avait lu devant moi, j'aurai sans doute été morte de honte, surtout si le message ne lui convenait pas. Savoir qu'elle me faisait confiance à ce point était troublant, mais étrangement réconfortant. Même ceux qui semblaient réfractaires ouvraient les yeux, comme quoi il restait une chance. Lorsqu'elle ouvrit la bouche, elle me surprit de nouveau.

- J'aurai une demande à te faire, mais je dois en parler avec Lyann, et toi, bien entendu. J'aimerais que tu nous rejoignes ce soir, dans la grande salle.

J'acquiesçai, un peu étonnée, et sortit de la salle après l'avoir saluée. En ouvrant la porte, je tombai sur un géant. Les Sindeldi étaient tous très grands, au point que lever la tête vers eux devenaient parfois douloureux, mais ils n'avaient pas la même corpulence que le mastodonte face à moi. Il semblait vraiment immense et il dégageait quelque chose d'inquiétant. Je m'écartai pour le laisser entrer, non sans lancer un regard inquiet à Sylenn qui ne remarqua rien. Ce type ne m'inspirait pas confiance, il y avait quelque chose d'étrange avec lui. Emplie d'appréhension, je sortis néanmoins du bureau et retournai à la commanderie. Les soldats étaient toujours partout, mais au moins mes allées et venues des derniers jours me facilitèrent la tâche et je n'eus pas à présenter mon laisser-passer à chaque patrouille que je croisai.

Finalement de retour, je cherchai aussitôt Lyann, la trouvant comme toujours dans la salle d'entraînement, occupée avec Nyllyn. Les deux étaient très concentrées et je m'installai un peu en retrait, les observant, un sourire en coin sur le visage. Le regard sérieux et concentré de Nyllyn, sa posture de combat, ses mouvements, tout me semblait à la fois familier et différent. Elle avait sans aucun doute progressé pendant mon absence et Lyann ne la ménageait absolument pas. Lorsqu'elles finirent par m'apercevoir, Nyllyn m'offrit un large sourire et Lyann m'invita à les rejoindre. Ne portant absolument aucun équipement de combat, je haussai les épaules et Nyllyn m'envoya aussitôt chercher mes affaires. Je levai les yeux au ciel mais obtempérai, trop heureuse de la voir pour me soucier de la façon dont on reprenait notre petite routine.

En chemin, je croisai Sathiël, l'arcaniste de la commanderie, qui m’accueillit à bras ouverts, me demandant sans détour si je n'avais pas un peu de temps pour un peu de pratique. Selon elle, elle s'ennuyait vraiment, les gardes et les Danseurs n'étant toujours pas intéressés par les arts mystiques. A croire que j'étais la seule à user de la magie. Sibelle, que j'avais croisée, possédait elle aussi deux lames, mais pas de fluides, comme si manier deux épées étaient une tradition, que j'avais largement rompue en ne faisant pas comme tout le monde.

- Avec plaisir ! Lyann et Nyllyn veulent que je m’entraîne avec elles, je peux...

- Parfait ! Je te retrouve là-bas ! Cela me permettra de te voir à l’œuvre dans une autre discipline que la magie et comment tu allies les deux.

Je hochai la tête avant de retourner dans ma chambre pour m'équiper. En enfilant mon armure, je fis tomber ma besace de runes et la ramassai avant de me dire qu'il serait temps de les utiliser. Je passerai à l'armurerie dans la journée. La guerre approchait, je devais être préparée à toute éventualité. Penser à la guerre imminente me fichait la trouille. La seule escarmouche contre les troupes de Raynna m'avait marquée et je ne voulais même pas imaginer ce qu'une bataille de grande ampleur pouvait être. Pour autant, je n'étais pas prête à renoncer, je ne voulais pas les laisser tomber. Et pour ça, je devais être plus forte, peu importe le prix ou les moyens.

Je rejoignis la salle d'entraînement, l'esprit préoccupé par tout cela. Mes pensées s’égrainèrent dès que je posai le pied dans la salle alors que Nyllyn m'attendait avec un large sourire. Je passai des heures dans la salle après cela. Lyann et Sathiël, conscientes de la situation, me firent travailler jusqu'à l'épuisement, m'enseignant techniques après techniques, sorts après sorts, et me faisant les essayer aussitôt contre elles ou Nyllyn qui se donnait à cœur joie pour me mener la vie dure. Lyann m'enseigna d'abord à user de ma rapière de manière plus efficace, jouant sur la longueur de la lame et l'utilisation de coups d'estoc. Une jambe en retrait pour me stabiliser et ensuite utiliser l'élan donné à la lame pour transpercer profondément une cible. Sur le papier cela semblait relativement simple, mais trouver le bon angle pour que la pointe s'enfonce sans rebondir était plus complexe que je ne l'avais imaginé. Heureusement elle fut comme toujours de bons conseils et me fit une démonstration, étape par étape, martyrisant le mannequin de paille qui lui servait de cible. Je reproduisis ses mouvements, trouvant finalement le bon angle en fonction de la zone visée. Le point négatif de la chose, c'était la taille du mannequin, adaptée à des Sindeldi adultes, pas à moi, et, du haut de mon mètre soixante ce n'était pas aussi évident que ça de toucher avec précision une zone particulière comme la gorge, mais je m'en sortis finalement pas trop mal, après quelques essais.

Puis Lyann eut la bonne idée de m'enseigner à combattre plusieurs adversaires à la fois. C'était probablement mon plus gros problème, à vrai dire. Je pouvais m'en sortir dans un duel, mais contre plusieurs adversaires, comme ça avait été le cas dans le désert, mes capacités étaient sérieusement à la traîne, malgré mes sorts qui palliaient en partie cette lacune. Lyann fut compréhensive, affirmant que j'avais davantage l'allure et l'équipement d'une duelliste que d'une guerrière fonçant dans une mêlée confuse, mais elle affirma que la polyvalence était la clé de la survie, et j'étais parfaitement d'accord avec elle sur ce point. Elle installa trois mannequins en triangle et se mit au milieu. Ses mouvements furent si vifs que j'eus l'impression qu'elle portait soudainement bien plus de lames qu'elle n'en avait réellement et elle taillada sans pitié les trois mannequins avant de se tourner vers moi. Je pris sa place et inspirai avant de suivre ses indications. Je bandai mes muscles et frappai aussi vite que je le pouvais en visant approximativement les mannequins. Le résultat fut.. mitigé. Le fait de ne pas trancher mais porter des coup d'estoc ne m'aidait guère, ce n'était pas aussi fluide que les mouvements d'un sabre elfique.

- Hmmm... Recommence contre seulement ces deux-là, puis on en ajoutera un après.

Ce que je fis, réussissant un peu mieux, puis plus facilement à force d'essayer, même si mes muscles me firent rapidement souffrir à force de les solliciter aussi durement. Elle remit le troisième et je recommençai, davantage habituée et, même si ce n'était pas parfait, ça avait le mérite de m'entraîner et de m'améliorer à chaque tentative. Puis Lyann eut un large sourire.

- Pas mal... maintenant la pratique. Nyllyn ! Avec moi.

Elles se mirent toutes deux face à moi et dégainèrent chacune leurs deux lames.

- Tu vas me montrer que tu as bien compris ce que je viens de t'apprendre. Les deux techniques.

- Bon courage Yli !

Je grognai en la voyant sourire. Elles avaient prévu leur coup...


***
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Re: Commanderie d'Opale

Message par Yliria » sam. 14 mars 2020 01:26

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Sous le regard amusé de Sathiël, Lyann et Nyllyn se mirent en garde face à moi et je dégainai ma lame avant de faire de même, mon bouclier pointée vers l'une, ma lame vers l'autre. Je détestai me battre contre plusieurs adversaires en même temps, et visiblement Lyann l'avait bien compris pour me forcer à le faire dans cette situation. Je tentai de prendre un peu de recul, pour avoir les deux dans mon champ de vision, mais Nyllyn fonça vers moi pour m'en empêcher,laissant Lyann derrière. Son coup de taille rencontra mon bouclier et sa deuxième lame le vide alors que je reprenais de la distance. Je cherchai Lyann des yeux, l'ayant perdu de vue pendant ce très bref échange, et ne la remarquai que lorsqu'elle fut sur moi, sur mon flanc gauche. Je reculai précipitamment et elle s'arrêta, claquant la langue d'un air réprobateur.

- Pourquoi recules-tu ? Je t'ai montré comment atteindre deux adversaires, alors entraîne-toi. On reprend. Nyllyn, tes appuis son mauvais, elle t'aurait repoussé sans difficulté. Concentrez-vous les filles.

Elles se replacèrent et je soupirai en me préparant davantage cette fois-ci. S'il y a bien une chose que j'avais apprise ces derniers temps, c'est que j'étais trop sur la défensive, trop statique. Lyann avait raison, je devais arrêter de reculer. Alors quand Nyllyn se prépara à attaquer, c'est moi qui lui fonçai dessus, surprenant Lyann aussi bien que Nyllyn je feintai une attaque sur son flanc avant de tenter la technique d'estoc que Lyann m'avait expliqué. Une jambe en retrait, le bras replié vers le torse, pointe vers l'avant, avant de brusquement foncer vers l'avant en détendant le bras. Prise par surprise, Nyllyn écarquilla les yeux en se jetant en arrière pour éviter le coup qui lui frôla l'épaule. L'élan me déstabilisa et je roulai au sol lorsque les lames de Lyann percutèrent mon bouclier. Je me relevai d'un bond, me remettant en garde sous le regard appréciateur de Lyann.

- Mieux, bien mieux. Mais tu te stabilises mal, pense à toujours garder ton équilibre. On reprend, contre moi cette fois.

Lyann croisa ses lames et me fit signe. Je pris seulement le temps de trouver une ouverture, mais je dus me rendre à l'évidence, c'était peine perdue. Elle devait avoir des dizaine d'années, voire des siècles de pratique, je ne pouvais espérer trouver une faille dans sa défense en restant statique. J'avançai prudemment vers elle, fixant non pas son visage mais ses épaules, qui étaient bien plus révélateur de ce qu'elle allait faire. Elle ne fit strictement rien, me laissant l'initiative, esquivant ou déviant mes coups sans aucune difficulté. Je m'efforçai de la faire peu à peu reculer, jusqu'à ce qu'elle soit collée au mannequin encore en place. Dès que son dos cogna contre la paille, je bandai mes muscles, stabilisant mon appui d'une jambe en retrait avant de me ruer en avant avec l'autre, détendant violemment mon bras. Certaine de la toucher, j'y avais mis toute ma force, mais je n'eus aucun problème d'équilibre cette fois. Pourtant, elle disparut devant mes yeux et ma lame transperça le mannequin de part en part sans la moindre difficulté, mais les lames croisées sur ma gorge me firent comprendre que j'avais perdu. Elle affichai pourtant un large sourire en me tapotant le haut de la tête.

- C'était excellent ! Nyllyn, tu participes cette fois. Voyons voir comment tu gères contre deux adversaires maintenant, Yliria. Pas de magie, évidemment.

Je grognai à la dernière précision. La magie c'était une part non négligeable de ma force de frappe quand je devais gérer plus d'un seul adversaire. Lyann devait s'en douter et Nyllyn et elle allaient me mener la vide dure pour que je puisses m'en passer, si besoin. A peine ses lames tirées, Nyllyn passa à l'attaque, comme à son habitude. Elle était très agile et rapide et éviter ses coups devenait chaque fois plus difficile. Mais j'avais de l'expérience à présent, même si cela ne m'enchantai guère, et je pouvais voir venir ses attaques et agir en conséquence, me permettant de passer à l'offensive alors que Lyann s'invitait à son tour dans le combat. Je devais face face à deux adversaires, quatre lames au total, et c'était un calvaire. La moindre ouverture dans ma garde et je me prenais un sévère coup du plat de la lame. Je parvins néanmoins à repousser Nyllyn et bandai à nouveau mes muscles et frappai aussi vite que possible mes deux adversaires, une fois chacune. Le coup contre Nyllyn frappa contre ses lames, la faisant juste reculer d'un pas, et je ratai complètement Lyann qui me fit chuter en représailles, me laissant grimaçante sur le dos.

- Agir vite ne veut pas dire agir précipitamment. Tu as compris le principe, mais tu te précipites, quitte à rater ta cible.

- C'est pas aussi facile qu'avec un sabre...

- Certes, mais tu dois justement adapter les techniques que je t'enseigne à ton arme et à ta manière de te battre. Un bon combattant agit à l'instinct, mais un vrai maître de l'escrime pense sa façon de se battre avant même que le combat ne commence. Fais de même.

- Je ne compte pas devenir un maître en escrime.

- Cela ne t'empêche pas d'utiliser ta cervelle pour autant. Allez debout, on reprend.

Je commençai à être fatiguée à force et mon bras commençait à devenir douloureux. Je raffermis pourtant la prise sur ma rapière et me remis en place. Adapter les techniques... facile à dire, mon arme était faite pour transpercer, elle tranchait très mal. Je devais me focaliser sur le fait de donner des coups d'estoc très rapidement, sans pour autant les envoyer sans aucune coordination. Nyllyn interrompit ma réflexion en frappant vers mon torse. Je déviai une lame de la mienne et l'autre frappa mon bouclier. Je reculai d'un pas avant de me ruer sur son côté. Lyann, qui avait de nouveau foncé vers mon flanc, se trouva face à moi et Nyllyn légèrement sur ma droite. En profitant de ma souplesse, toucher les deux était faisable cette fois. Je demandai un effort à muscles, raffermis à nouveau ma prise et me ruai sur Lyann. À la dernière seconde, je m'abaissai et rapprochai mon arme de mon torse avant de violemment la pointer vers elle et, dans le même mouvement, retournai la lame pour frapper Nyllyn. La première attaque surprit Lyann qui la para de justesse, mais celle sur Nyllyn l'atteignit à la jambe. Elle s'effondra en criant de douleur.

- Nyllyn ! Merde, je suis désolé.

Je me ruai sur elle et fit rapidement disparaître la blessure à l'aide de ma magie.

- Tu vas bien ? Je suis désolée, je...

- C'est bon Yli, tout va bien... Tu m'as pas loupé quand même!

Je me sentis mal et m'excusai à nouveau avant de la voir sourire pour me rassurer. Lyann me donna une petite tape sur l'épaule et vérifia que Nyllyn allait bien avant d'enchaîner.

- Très bien, tu as magnifiquement bien compris l'intérêt de cette technique... Je vais demander à ce qu'on te fasse une lame d'entraînement... je n'ai pas envie que tu handicapes quelqu'un par mégarde.

Elle dit ça avec le sourire, mais elle semblait surtout soulagée que la blessure de Nyllyn n'ait rien de très grave. Elle nous envoya nous reposer, mais Sathiel me prit à parti et m'enjoignit à la rejoindre dans l'après midi. Le soleil n'était pas encore à son zénith, j'avais quelques heures devant moi avant cela, je comptai bien en profiter.

***
Suite des Apprentissages facilités des compétences : « Estoc droit » et « Les cents lames »

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Re: Commanderie d'Opale

Message par Yliria » jeu. 19 mars 2020 15:54

Eshrin mit quelques secondes à me remarquer, et plusieurs autres à se rendre compte qui j'étais, avant de venir vers moi, une sourire fatigué sur le visage. Elle était visiblement occupée avec les préparatifs pour la guerre qui s'annonçaient et je grimaçai lorsqu'elle parla de cela en tant que « mauvaise nouvelle » que j'avais hélas apportées. Elle jeta ensuite un œil aux runes et me demanda de bien vouloir revenir le lendemain, qu'elle s'en occupera dès qu'elle aura le temps. Je lui dit sans détour que cela ne me gênait en rien et elle s'empara donc des runes et du bijou et disparut bien vite pour retourner s'affairer à transporter armes et armures. Je quittai l'armurerie avec Nyllyn, un peu déçue de ne pas avoir mes runes, mais la situation était bien complexe et je n'allais pas faire la difficile.

Je repris le chemin de la commanderie et ne fut cette fois pas trop arrêté, les gardes commençant à retenir mon visage. J'avais aidé la ville après tout, ils pouvaient faire un effort. A peine rentrée, Nyllyn m'entraîna dans les jardins et nous passâmes un moment au calme, enfin. Pas de discussions sur la guerre ou les combats qui approchaient, juste des conversations banales et rafraîchissante. Seule la demande Sylênn intriguait Nyllyn, mais ses spéculations partaient dans tous les sens sans donner la moindre réponse et elle se lassa bien vite de ses conjectures alors que je me moquai gentiment d'elle.

- J'espère que je pourrai enfin t'aider cette fois. J'en ai assez de rester là, enfermée.

- Je me doute... je suis quand même soulagée que tu ne sois pas venue avec moi dans le désert, c'était un véritable enfer. Te savoir en sécurité c'était ça en moins sur mes épaules.


- J'aurai sans doute été utile !

- Je ne dis pas le contraire, mais ce fut si violent... tant de gens sont morts... c'est mieux que tu sois restée ici, crois moi. Je n'aurai pas su quoi faire si tu mourrais devant mes yeux.

La mort d'Astérie m'avait profondément choquée, alors imaginer que Nyllyn finisse de la même façon aurait été trop dur pour moi. Je l'avais déjà vu mourir une fois sans avoir rien pu faire, je refusai que cela se reproduise, parce que je savais qu'aucune créature légendaire ne viendrait cette fois. Elle avait eu de la chance, beaucoup de chance, mais j'en gardais l'un des pires souvenirs de ma vie. J'inspirai pour chasser l'image de son visage sans vie et Sathiël passa à ce moment-là dans le couloir bordant le jardin. Nyllyn fit la moue lorsque je parlai d'entraînement magique, mais fut bien plus souriante lorsque je lui proposai d'y assister. Elle ne connaissait rien à la magie, mais, comme pour tout, elle était curieuse et me suivit alors que je rattrapai Sathiël.

Sathiël avait toujours cet enthousiasme lorsqu'elle enseignait quelque chose et elle me monopolisa le reste de la journée pour m'apprendre divers sorts. Pyromancie bien sûr, mais pas que. Elle avait compris que les choses allaient probablement devenir difficilement gérables et elle voulait que j'ai un arsenal suffisamment conséquent pour me sortir du plus de situations possibles. Elle nous emmena donc dans la grande cour derrière la bâtisse et commença par me mettre en condition, c'est à dire m'envoyer plusieurs sorts pour me forcer à réagir et à m'échauffer un peu. Elle vérifia ainsi que mon bouclier magique était toujours affûté et fut agréablement surprise du résultat, même si j'avais eu la peur de ma vie et les cheveux roussie par un de ses sorts.

- Comète, un sort très puissant, mais que tu ne pourras jamais lancer à l'intérieur, pour des raisons évidentes. Canalise tes fluides en visant le ciel et ordonne leur de prendre de la vitesse en formant une boule géante pour frapper là où tu le souhaites. Allez.

Ce fut... épuisant. Rien que concentrer les fluides loin de moi se révéla une chose complètement nouvelle et éprouvante, mais donner un « ordre » aux fluides, c'était différent de tout ce que je connaissais. D'habitude je me contentais de visualiser le sort et les fluides prenaient la forme désirée. Mais là, je devais mettre toute mon énergie à créer la sphère de feu et plusieurs fois elle n'apparut tout simplement pas ou bien les fluides m'explosaient au visage en me projetant au sol. Rapidement à bout, je fis une pause, mais Sathiël avait d'autres projets.

- Je vois... Tu manques de réserves.. on va arranger ça, viens là.

Elle me fit me placer au centre de la cour, en plein soleil de midi et commença un cours théorique.

- Bien, je vais te faire revoir les bases, soit attentive. La magie est la manifestation physique et tangible des fluides. Chaque mage peut stocker et utiliser des fluides et, tout comme le corps reprend de l'énergie au repos, la magie a besoin de temps pour refaire ses réserves. Les mages absorbent naturellement l'énergie ambiante, le mana. C'est un phénomène inconscient mais qui demande du temps. Pour pallier à ça, il y a bien sûr les potion de mana, mais il y également un sort, très proche de notre méditation, qui te permets de capter volontairement une grande quantité du mana environnant pour t'en servir ensuite pour ta propre magie. Tu vois où je veux en venir ?

Je voyais très bien l’intérêt d'un tel sort et suivis les étapes une à une sans broncher. Lorsqu'elle m'indiqua de me préparer à faire comme une méditation, elle fut étonnée que je ne puisse pas en faire. J'avais du sang elfique, certes, mais mon métissage ne m'avait visiblement pas donné ce don inné qu'avait les elfes de sang pur, aussi revit-elle son approche en se rappelant que j'avais absorbé un fluide de lumière naturellement, sans utiliser de potions.

- Rappelle toi ce moment précis, et fais de même en captant l'énergie qui t'entoure. Pour le moment, ferme les yeux, inspire et concentre-toi.

J'obéis, suivant ses instructions en expirant profondément. Se pouvais sentir le soleil sur ma peau, le léger vent et percevoir les bruits de la ville autour de nous, mais rien de significatif concernant le mana aux alentours. J'essayai de me souvenir du moment où j'avais absorbé les fluides, me concentrant davantage, faisant abstraction le plus possible de tout autre élément extérieur. Lentement, un écho me parvint, une sensation diffuse, peut-être trop. Au début, c'était comme essayé d'attraper de l'air avec la main. Je savais que c'était là, mais impossible de toucher, de se l'approprier. Alors mes fluides entrèrent en action et, pour essayer d'absorber ce que je ressentais, je diffusai mes fluides et les diluai aux alentours, les mélangeant à l'énergie alentours. Je les sentais davantage, à présent et les absorbai par la suite, lentement, les attirant comme un aimant. Un aimant à mana, encore peu puissant, mais je sentis nettement mon énergie magique revenir pour lancer de nouveau des sorts. Lorsque j'ouvris les yeux, cependant, je vacillai, un peu surprise par l'effet du sort. Ce n'était pas comme boire une potion de mana, c'était plus diffus, plus lent, mais aussi plus naturel et j'avais l'impression que j'avais appris quelque chose d'incroyable. Sathiël me sourit et me fit pratiquer les deux sorts sans discontinuer le reste de l'après midi. Je tentai de créer une comète, puis récupérai du mana pour recommencer, et ainsi de suite.

Je finis par réussir une comète lorsque je parvins à agglutiner suffisamment mes fluides au même endroit avant de les lâcher vers une zone. La boule de feu créée faillit m'échapper, mais elle suivit finalement la course que j'avais prévue et explosa dans une gerbe de flammes qui tira une moue satisfaite à Sathiël. Malgré les pauses entre chaque sort, je commençais à vraiment fatiguer et lancer un sort de plus me sembla être trop pour moi. Elle me tapota l'épaule en me disant que j'avais bien progressé et qu'elle me ferait reprendre demain. J'acquiesçai, fatiguée mais néanmoins enthousiaste. J'avais mis la magie de côté pour me concentrer sur l'escrime, il était temps que je m'attelle à m'améliorer aussi dans ce domaine à nouveau. Mais l'arrivée d'une Lyann au visage sombre mit finalement fin à tout cela.

- Yliria, on a un problème, viens vite. Nyllyn, prépare-toi à partir, Sathiël, aide-la.

Je n'eus pas le temps d'ouvrir la bouche que Lyann me tira vers le bras et m'entraîna dans son bureau en me disant qu'elle préférait que la conversation ne soit pas entendue. Je la suivis donc en silence, désormais angoissée.

((( Apprentissage facilité des sorts « Comète » et « Transe » pour 210*2 : 420 yus )))

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Re: Commanderie d'Opale

Message par Yliria » ven. 20 mars 2020 22:47

Fuite

- Un messager de Raynna est arrivé en bateau cet après midi. Par chance Sylënn a pu s'entretenir avec lui avant qu'il ne rejoigne le général... elle est au courant pour tes actions, et le général le sera probablement bientôt également.

Je déglutis. Les choses tournaient clairement au vinaigre, soudainement.

- Je... qu'est-ce que Sylënn a fait ?

- Elle m'a prévenu, je lui ai expliqué la situation et elle a été, bien que déçue, étonnement compréhensive. Je pense qu'elle te fait toujours confiance, bien plus que d'autres pourtant sous ses ordres, mais que tu lui caches cette information... enfin, le mal est fait, inutile de revenir dessus. Tu dois quitter le Naora.

- Quoi ? Mais...

- Tu n'as pas le choix Yliria. Nous sommes pieds et poings liés, il nous est impossible d'assurer ta sécurité au vu de la situation, nous serions tous conduis au bagne et tu aurais un sort pire que la mort là-bas, les Fils du Dragomélyn ne sont pas tendres avec ceux qui tuent les leurs. Sylënn s'est arrangée pour que le dernier vol pour Tahelta ait lieu demain, tu vas le prendre et foutre le camp d'ici avec Nyllyn. Et c'est un ordre cette fois, Yliria.

- Mais je ne vais pas vous abandonner ! Et la guerre, et...

- Ecoute-moi. Je sais que tu es impliquée dans tout ça, mais je refuse de perdre des éléments prometteurs si je peux l'éviter, surtout de cette façon. Tu as un avenir au sein de l'Opale Yliria, tout comme Nyllyn, j'en suis convaincue, et Tanaëth l'est également. Tu vas retourner en Imiftil, tu vas partir loin de ce conflit et continuer à faire ce qui te semble juste, selon tes propres convictions. Lorsque la situation ici ce sera calmée, tu pourras revenir et nous aider autant que tu le voudras, mais pour l'heure, tu dois partir.

Je ne savais même pas quoi dire. Je la regardai stupidement, abasourdie. L'enchaînement des événements me laissait pantoise et je ne savais juste pas comment réagir. Tout ce que j'avais fait ici, ça n'avait servi à rien, et voilà qu'on me fichait dehors ? C'était tellement injuste... Lyann me tapota l'épaule avec un sourire navré, et je soupirai en hochant la tête. Je n'avais pas le choix, je les mettais tous en danger en restant sous leur protection. Le général n'allait certainement pas rester inactif et je ne pouvais pas emporter l'Opale là-dedans. C'étaient mes actions, ma responsabilité.

- Je suis désolée, Lyann...

- Tu es une des nôtres, Yliria, nous protégeons les nôtres. Si la situation évolue, j'en informerai toutes les commanderies et tu auras ma bénédiction pour revenir. Va préparer tes affaires, tu pars bientôt. Et je sais que tu es allée à l'armurerie, j'irai récupérer ce que tu as demandé, ne t'en fais pas.

Je hochai la tête et sortis de la pièce d'un pas traînant avant de rejoindre ma chambre. Je me sentais vide. Tout ça pour rien... je n'avais rien pu changer. Astérie était morte, j'avais tué des gens, et tout ça pour rien. A peine entrée dans la chambre, je m'affalai sur le lit, la tête à la fois pleine de pensées et vide de toute réflexion. ? J'étais juste... désabusée, triste, en colère, un peu tout ça à la fois, et plus encore. Ça m’enrageait de me savoir impuissante et de devoir partir alors que j'avais promis d'aider. Je soupirai lourdement en enfouissant ma tête dans les draps. Ça me frustrait tellement, et c'était encore pire de ne rien pouvoir y faire. Même si, en y réfléchissant bien, je pouvais tout aussi bien désobéir, et juste quitter la ville et rester dans les parages, mais à quel prix ? Même Alyah me déconseilla l'idée. Je serai seule, sans appui et au moindre faux pas...

- Yli ? Tu me racontes.

Je ne l'avais pas entendu arriver, perdue dans mes pensées et relevai la tête alors qu'elle s'assit à mes côtés, le regard interrogateur. A mesure que je lui expliquai, elle se renfrogna et finit elle aussi par soupirer.

- Je viens avec toi.

Pas une seconde je n'avais songé à la laisser derrière, mais l'entendre le dire eut un effet bien différent et je la remerciai d'un sourire. N'ayant pas le cœur à manger, je me contentai de grignoter quelque chose avant de dormir, tardant à trouver un sommeil qui me tendait pourtant les bras après cette journée épuisante. Nyllyn avait décidé de dormir avec moi, pour essayer de m'aider à trouver le sommeil, mais c'est elle qui s'endormit la première et je passai un moment à ressasser encore et encore les mêmes choses, me demandant sans cesse si les choses auraient pu être différentes si j'avais agi avec peut-être moins d'implication...

(Tu t'en serai voulu, ce n'est pas ton genre.)

Elle avait raison, mais le résultat me décevait tellement que je me focalisais uniquement dessus. Demain j'allais partir, retourner à Tulorim, sans avoir aucune idée de ce que j'allais faire, de ce qui allait se passer ici, et ça me frustrait. Lassée de rester sur ma couche sans trouver le sommeil, je sortis en silence de la chambre et marchai au hasard avant de tomber sur le jardin où je pris le temps de m'asseoir. Je repensai à la conversation que j'avais eu ici même avec Tanaëth. Je me demandai ce qu'il faisait à ce moment précis. J'espérai juste qu'il allait bien. Je finis par finalement bailler et retournai à ma chambre pour enfin dormir un peu.

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Re: Commanderie d'Opale

Message par Arkalan » jeu. 26 mars 2020 14:20

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Tapis dans un coin sombre d’un couloir, je l’observe passer devant moi sans me faire remarquer. Ses cheveux blancs fouettent son dos au rythme de ses pas rapides. Son épée à la ceinture avec ses doigts toujours à proximité, elle était loin d’être une cible facile. Je tire ma dague de ma ceinture sans un bruit et sors de ma cachette à pas feutrés pour me glisser derrière elle. Je dresse ma dague pour la glisser sous sa gorge mais elle pivote quand je suis à sa portée. Son coude percute mon estomac, coupant mon souffle avant de sentir un coup à l’arrière de mes chevilles. Je chute en arrière et m’écrase sur les dalles du couloir. J’aperçois le plafond un court instant avant qu’une lame pointée sur ma gorge accapare toute mon attention.

« Honnêtement, je pensais que vous auriez moins de mal à apprendre ça. »

Elle retire sa lame et m’invite à me relever.

« Honnêtement, je ne pensais pas que vous aviez des yeux derrière la tête. »

Un mince sourire apparait sur son visage.

« Je vous l’ai expliqué, ce n’est pas qu’une question de vue. »

Elle me l’avait expliqué en effet. En me proposant de m’apprendre à me servir d’une frappe furtive elle avait précisé que je devais me débarrasser de mon odeur, prétextant qu’on pouvait me sentir approcher à plusieurs mètres. Cela m’avait rappelé ma rencontre avec le traqueur obscur aux environs de Darhàm, c’est grâce à son odeur que j’ai pu le repérer. Je m’étais donc reposé, lavé et chacune de mes tentatives de la toucher s’était tout de même conclu par un échec.

« Vous vous précipitez trop, vous devez glisser sur le sol en couvrant vos bruits par les miens. Pour votre odeur, le nez le plus fin pourra toujours vous sentir. Vous êtes un archer, vous devriez savoir vous glisser dans le bon sens par rapport au vent. Evitez également les gestes amples au moment de frapper, en levant votre arme j’ai eu l’impression qu’un courant d’air traversait le couloir. J’espère que vous aurez encore l’occasion de faire un essaie avant que Sÿlenn ne vous renvoie dans les souterrains. »

Elle poursuit sa route, me laissant réfléchir sur la façon de procéder pour frapper sans me faire repérer.


C’est une heure plus tard que j’ai l’occasion de tenter ma chance. Cette fois je cale mes pas sur les siens, dissimulant mes bruits derrière les tintements de sa lame contre sa ceinture, du frottement de ses vêtements contre sa peau. Je m’approche encore, retenant ma respiration pour ne pas qu’elle sente mon souffle contre sa nuque, mon bras entame un geste sec, se dirigeant vers sa nuque. Elle l’intercepte. Mais cette fois elle ne riposte pas.

« Vous avez compris le principe. C’était pas mal. Votre seul problème c’est que c’est contre moi que vous vous entrainez. »

Elle tend sa main pour recevoir ses Yus. Le coût pour son apprentissage.

« Soyez prudent là dessous. »

Je lui donne sans rechigner l'argent avant de retourner à la Garde Militaire pour attendre l'équipe de Sÿlenn.


((Apprentissage facilité de Lame furtive : L’attaquant approche furtivement de sa cible pour lui asséner un coup d’une violence extrême (+2 au jet de blessure), profitant de la surprise pour toucher plus facilement. (210 yus)))

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Re: Commanderie d'Opale

Message par Sibelle » dim. 17 mai 2020 20:30

Ce fut sans escorte cette fois que Sibelle arpenta les rues de Nessima pour se rendre à la commanderie d’Opale. Puisqu’elle avait été aperçue à quelques reprises dans le bâtiment, Sibelle ne fut aucunement interpellée afin de justifier sa présence en ces lieux. Elle se rendit sans détour au bureau de Lyann et frappa trois coups à la porte.

Au soulagement de Sibelle, Lyann s’y trouvait et lui pria d’entrer, ce que la guerrière fit aussitôt. L’elfe grise qui était penchée sur un document, leva la tête pour demander à l’hinionne ce qu’elle pouvait faire pour elle.

Tout en fermant la porte derrière elle, Sibelle s'approcha du bureau ou se trouvait Lyann. Après s'être autorisée une petite minute pour mettre ses idées en place, elle répondit:

« J'arrive tout juste de la garde militaire. Le général y était, la guerre est déclarée et la loi martiale en vigueur... »

Elle prit une légère pause avant de poursuivre:

« Mais ce n'est pas de ça que je veux vous parler... Un gros homme, engagé également par la commandante, a déclaré au général que le peuple sindel se rebellait contre les dirigeants... Est-ce que les danseurs de l'Opale sont impliqués dans cette révolte ? »

Un sourcil relevé, Lyann affirmant n’étant aucunement au courant d’une révolte dont les danseurs d’Opales seraient les initiateurs, leur idéal n’étant pas d’encourager le chaos.

Suite à quoi Sibelle poussa un soupir de soulagement avant de demander directement, sans détour:

« Quels sont vos intentions ? Quels sont vos plans ? »

Avec une légère déception dans la voix, elle exprima son regret de ne pouvoir faire grand-chose pour le moment, les danseurs de l’Opale étant trop peu nombreux. Elle s’enquit ensuite des éléments nouveaux que Sibelle aurait pu apprendre à la garde militaire.
Sibelle réfléchit un court moment avant de donner les maigres informations qu’elle avait.

« Je ne crois pas avoir d'éléments nouveaux. Le général sous-estime les troupes naines. Ces derniers semblent envahir les souterrains de Nessima, et le général va envoyer des troupes pour les neutraliser... et tous les moyens de transport sont réquisitionnés pour la guerre.»

Lyann ne fut aucunement surprise de l’envahissement de la cité souterraine par les nains gris. Elle savait également pour les moyens de transport, puisque leurs propres navires avaient été réquisitionnés. Elle demanda ensuite si Sibelle avait l’intention de se battre contre les rakhaunens.

Consciente de sa position non conventionnelle, pour une aventurière qui était guerrière avant tout et pour qui le combat la gonfle ordinairement d'adrénaline, elle décida tout de même d’avouer ses intentions:

« Non, je ne veux participer au massacre des Rakhaunens, pas plus qu'à ceux des Sindeldi. »

Cette honnêteté fit sourire Lyann, qui, tout en hochant la tête, affirma être dans la même position que la guerrière. Elle affirma ensuite qu’elle pourrait bien leur être utile tout en validant la capacité de Sibelle à se transformer.

Un sourcil légèrement relevé, Sibelle répondit:

« Oui, je peux me transformer en hippogriffe et je peux transporter aisément deux cavaliers sur mon dos.... ou encore 1 sur mon dos et l'autre entre mes serres.... qu'avez-vous en tête ? »

Apparemment contente que l’hinionne eût accepté de dévoiler sa capacité de transformation, elle lui dévoila des informations qui devraient demeurer secrètes. Le prince de la couronne du Royaume de Sarindel avait été contacté et devrait rentrer au pays afin de prendre sa place légitime sur le trône. Ils espéraient que ce souverain trouverait une alternative au conflit. Il fallait par contre que le prince soit protégé dès son arrivée.

N'ayant pas tout à fait compris son rôle, Sibelle demanda:

« Et qu'attendez-vous exactement de moi ? Que j'aille chercher le prince héritier et l'amène ici ? »

Lyann acquiesça. S’assurer de sa sécurité et de son soutien à l’ordre serait une belle possibilité.

La tête légèrement de côté Sibelle demanda :

« Quelle autre possibilité aviez-vous envisagée ? »

Lyann avoua que des solutions plus extrêmes avaient été envisagées, mais elle préférait gagner sa confiance et le mettre de leur côté dans la future lutte politique. Elle termina en demandant si Sibelle était disposée à les aider.

« Oui. J'attends vos instructions et je partirai sur-le-champ. »

Sibelle ne pourrait partir avant que Lyann lui confie une lettre à remettre au Prince à son arrivée. Elle lui conseilla de ne pas oublier que même s’il était en exil, il n’en était pas moins un prince et qu’il y avait une façon de l’aborder. De plus, Sibelle s’avérait à être la seule membre de l’ordre étrangère sur le continent tout en rajoutant que l’ordre n’était pas présent sur Tahelta.

Fière de ce qu’elle était et de servir l’ordre, Sibelle répondit.

«Je serai prudente. Est-ce que lui connait l'ordre et son but ? »

Elle n’en était pas certaine, mais elle croyait que les archives royales renfermaient peut-être des informations concernant l’ordre.

« Si je comprends bien, le contenu de la lettre est censé le convaincre de partir avec moi pour revenir ? Je le ramène ici Nessima ? Dans quel bâtiment ? Où dois-je me rendre à Tahelta ? Avec qui je dois prendre contact ? De qui dois-je me méfier ? »

Sibelle était consciente qu'elle submergeait Lyann de questions, mais elle devait obtenir toutes les informations pour mener à bien sa délicate mission.

Lyann lui proposa de se présenter à lui comme une envoyée charger de sa sécurité et de l’escorter dans Tahelta. Elle ne savait quand il arriverait à Tahelta, mais il était encore tôt. Une fois à Tahelta, Sibelle devrait prendre contact avec Illyan 'tar Thinel, tout en gardant secret son appartenance à l’ordre. Ce dernier étant l’oncle de Sylënn, ce serait un atout de l’avoir de leur côté. Elle conseilla ensuite à la guerrière de se méfier de tous, y compris l’oncle de la commandante.

Plus habituée de combattre que de servir de garde du corps ou de messager, Sibelle demanda encore des précisions:

« Donc en résumé : Je me rends à Tahelta, je prends contact avec Illyan 'tar Thinel, lui disant que j'attends le prince pour l'escorter dans Tahelta. Lorsque le prince arrive, je me présente à lui comme une envoyée charger de sa protection et de l'escorter. Je lui remets la lettre. Ensuite, je le ramène ici ? »


Elle réfléchit un court moment... puis rajouta une autre question :

« Et si ce n'est pas l'ordre... de qui je serai l'envoyée ? »

Elle pourrait révéler l’existence de l’ordre au prince, mais uniquement si elle pensait qu’il pourrait aider leur cause.

« Et je le ramène ici ? »

Lyann répondit par l’affirmative, Sibelle devait le ramener sur Nessima.

« Je pense être à la hauteur de cette mission, je partirai dès que vous serez prêts à m'y envoyer. »

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Re: Commanderie d'Opale

Message par Sibelle » mer. 1 juil. 2020 17:17

« Je pense être à la hauteur de cette mission, je partirai dès que vous serez prêts à m'y envoyer.»

C’était avec toute la fierté et le courage dont elle disposait que Sibelle avait prononcé ces paroles… mais les jours passèrent et la lettre n’arriva pas, et Sibelle ne prit point la voie des airs afin d’accomplir sa mission.

En fait, le général, se méfiant probablement d’elle, s’arrangea pour qu’elle ne puisse quitter Nessima par la voie des airs.
Puis les nains sous les conseils de Yurlungurs envahirent les souterrains de Nessima… et encore par les informations de la jeune gamine, les sindeldi furent au courant de la venue des petits gris. Les elfes gris avaient gagné la première bataille ne laissant que des cadavres nains dans les souterrains.

La bataille était sur le point d’éclater aux portes de Nessima, chaque armée attendant le moment propice, la faiblesse de l’adversaire avant d’ouvrir les hostilités. Mais voilà que le prince arriva de Tahelta à bord d’un navire, escorté par plusieurs autres, ainsi que par des engins volants.

Le prince héritier, accompagné de l’oncle de la commandante Sylënn, prit les commandes de l’opération. La guerre cessa et il entama des pourparlers. Les Eruïons furent les premiers à accepter de cesser les attaques en échange de la promesse de la sécurité et de la liberté de son peuple. Les nains gris tenaient beaucoup à leur revanche, mais réalisant qu’il ne gagnerait pas cette guerre, ils retournèrent à leur montagne tout en y interdisant la présence des elfes gris.

Tout Nessima fut au courant de la présence des aventuriers des autres continents. Et le prince en personne les rencontra personnellement pour leur remettre leur récompense.

Bien que contente que la guerre fût évitée, Sibelle n’avait pas l’impression d’avoir été bien utile.

Ce fut ainsi que la guerrière ramassa ses affaires, sortit de la chambre qui lui avait été allouée le temps de son séjour et arpenta le long corridor du bâtiment, dans l’intention d’en sortir et de quitter la ville par la voie des airs.

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Re: Commanderie d'Opale

Message par Sibelle » lun. 17 août 2020 14:29

Parcourant le corridor, Sibelle y vit Jorus à une de ses extrémités, celui-ci lui faisant signe de la main, elle s’en approcha.
Sibelle fut soulagée de constater que le jeune homme avait changé son comportement à son égard. S’il s’était avéré agressif et rancunier au début des aventures, il lui souriait à présent chaleureusement. Leur courte aventure ensemble lui avait permis de mieux connaître la guerrière.

Franchissant les derniers mètres qui le séparaient de l’hinionne, Jorus engagea immédiatement la conversation.
Sibelle l’écouta attentivement. Bien que la situation se fût terminée sans trop de dégâts, Jorus était peiné pour les Rakhaunens. Puis secouant sa tête, il changea radicalement de sujet. Contrairement à ce que Sibelle pensait, il ne l'avait pas croisée tout simplement au hasard en passant. l s'était rendu à la commanderie tout spécialement pour la voir. Perplexe, les sourcils froncés, elle attendit silencieusement la suite. Sachant qu'elle n'était pas très bavarde de nature, il ne prit pas quatre chemins pour dévoiler ses intentions. Il voulait l'affronter en duel, rien de moins.

Surprise Sibelle le regarda d'abord sans mot dire. Elle ne comprenait pas la raison de cette requête. Certes, il avait exprimé de l'animosité à son endroit en tout début de mission, mais il s'était repris par la suite et puis son regard demeurait serein. Tout comme lui, elle dit sans fioriture le fond de ses pensées :

« Pourquoi ? »

Bien qu'elle savait pertinemment qu'il n'avait aucune chance en combat contre elle, elle ne dit rien de plus, attendant qu'il lui explique ses raisons. Jorus prit d’abord une grande respiration, et puis tout en fixant la guerrière, il se lança. Il voulait s’entrainer afin de pouvoir un jour combattre Naral Shaam. Personne ne pouvait lui enlever l’idée que Naral constituait une menace pour les Yuimeniens. Il savait que ce dernier était plus fort que lui, mais ne pouvait imaginer à quel point. Ainsi, en se battant contre Sibelle, il voulait que cette dernière évalue la différence entre ces deux hommes afin qu’il estime le chemin qu’il lui reste à parcourir comme combattant.

Sibelle se croisa les bras et fixa le jeune homme quelques secondes, prenant le poids de ses paroles, et réfléchissant à la réponse qu'elle allait lui donner... car en fait, sa requête l'avait surprise et elle ne savait pas si elle devait accepter ou pas de faire ce combat.

Puis, sans quitter Jorus des yeux, elle répondit:

« Je ne provoquerais pas moi-même Naral en duel... à ce stade, ce n'est plus du courage, mais du suicide... J'étais sur le point de partir… »

Elle n'en dit pas plus, attendant la réaction de son vis à vis.
Ce dernier tendit le bras, signifiant ainsi qu’il voulait qu’elle retarde son départ, le temps de l’écouter s’expliquer davantage. Il voulait en fait combattre quelqu’un de la force de Sibelle pour mieux réaliser l’écart qui le séparait de Naral.

La tête baissée et le regard hagard, il lui avoua la respecter et pensait que c’était de même pour elle à son égard. Et au nom de ce respect, il lui demanda d’accepter sa demande. Il était conscient de la force de Naral, et aussi qu’il n’était pas la seule menace qui se dresserait contre lui.
Après une courte réflexion et ayant écouté attentivement les paroles de Jorus, Sibelle précisa :

« Oui, j'ai du respect envers toi, mais j'en ai aussi envers Naral... et je me vois mal aider quelqu'un à le combattre....même si je sais que cet entrainement sera insuffisant... cette bataille vient de nous apprendre que la guerre n'est pas toujours la solution.. »

Esquissant un petit sourire, elle rajouta:

« Je n'aurais jamais cru que ces paroles auraient pu sortir de ma bouche... »

Reprenant un air plus sérieux, elle reprit :

« Naral s'est retiré en ermite... Pourquoi le pourchasser ? Il y a des ennemis plus dangereux qui sévissent toujours, c'est plutôt après eux que tu devrais t'en prendre. »

Cela dit, elle se décroisa les bras et prit une position d'attente, elle voyait bien que Jorus userait de tous les arguments pour la convaincre. Elle n'avait rien contre une longue discussion puisque rien et personne ne l'attendait. Il expliqua qu’il n’envisageait pas de pourchasser Naral, même s’il continuait de s’en méfier. Il était persuadé que Naral demeurait une menace et voulait être prêt lorsque celle-ci se présenterait. En attendant que ce jour arrive, il avait l’intention de parcourir Yuimen afin de visiter d’autres lieux et d’autres peuples. Il souhaitait commencer par Oranan où il était attendu. Il pensait aussi explorer le Naora conscient du danger de ces terres. Il revint ensuite à la charge, expliquant l’opportunité qu’il aimerait exploiter en se battant contre la guerrière.

Tout en gardant son calme, elle lui répondit :

« Savoir se battre est effectivement un atout et c'est honorable que de connaître ses limites, d'avouer ses faiblesses et demander à s'améliorer. Bien qu'habile au combat, je le suis moins en enseignement, je risquerais de te blesser. Je te recommande donc de demander aux maîtres d'armes d'ici de t'enseigner quelques-unes de leurs tactiques. Et ce n'est pas un combat qui suffira, ... il te faudra quelques semaines d'entrainement pour apprendre les techniques enseignées que tu devras pratiquer ta vie durant afin de les peaufiner, les adapter à toi, afin qu'elles deviennent comme une deuxième peau. »

Sibelle remarqua la mimique de Jorus qui semblait osciller entre la déception et l'incompréhension. Celui-ci expliqua qu'il ne voulait pas apprendre une technique, il voulait simplement évaluer ce qu'il valait contre quelqu'un qui ne lui donnerait pas de chance, ce que Sibelle était capable de faire.

« Et bien soit ! » Finit-elle par répondre.

« Empêche-moi donc de traverser ce corridor et d'atteindre la cour extérieure. » Termina-t-elle par un sourire provocateur,… un petit combat lui ferait du bien après tout.

Et sans davantage prévenir afin de ne pas lui laisser le temps de se préparer, elle marcha droit vers lui, ses armes à la ceinture, ayant comme objectif de le pousser de là sans ménagement afin de se rendre au bout du corridor.

Le brusque revirement de Sibelle prit Jorus au dépourvu. Il se ressaisit à temps et fit un bond en arrière. Apparemment contrarié que Sibelle ne prît même pas la peine de tirer une arme de son fourreau, il réitéra de nouveau qu’ils ne s’étaient pas compris. Vivement, il dégaina ses armes et Sibelle sourit de plus belle même s’il l’avait conjuré de le prendre au sérieux.

Elle l’avait déstabilisé… de façon intentionnelle. Certes, elle prenait plaisir à se battre, mais ce rictus avait principalement eu pour but de déconcentrer son adversaire. L’état d’esprit lors d’un combat s’avérait plus important que ce que le jeune homme aurait pu penser.

Par réflexe, et parce qu’elle était ambidextre, mais surtout par entrainement intense depuis des années, en un même mouvement, la main droite de Sibelle dégaina vivement son épée courte afin de heurter la lame de Jorus. Alors que la gauche ramassa son sabre. Par un vif moulinet de son sabre contre la dague noire de son adversaire, elle tordit le poignet de ce dernier, qui fut obligé de lâcher son arme. Vive, de son pied, elle repoussa la dague loin derrière elle dans le corridor.

Avec un regard déterminé, intimidant, elle dévisageait Jorus, et avança un peu plus… Elle allait de l’avant, elle voulait franchir le corridor. Son défi à lui était de l’en empêcher.

Le jeune homme esquissa un mouvement vers l’épaule gauche de la guerrière, mais dès qu’il vit qu’elle était déjà prête à riposter, il changea de stratégie et bondit tout en effectuant une pirouette. Mais avait-il oublié qu’elle ne resterait pas immobile pendant tout ce temps ?
Une fois qu’il atterrit au sol, Sibelle avait déjà fait un pas en avant dans le corridor, elle l’avait dépassé. Il ne put voir le sourire de celle-ci, car il était à présent dans son dos.

Comme la guerrière l’espérait, le jeune homme n’abandonnerait pas et tenterait une nouvelle attaque. Elle avait certes pris un risque en lui tournant le dos, mais elle se doutait que ça déstabiliserait son adversaire et elle était prête à recevoir quelques coups. Lorsqu’elle l’entendit courir vers elle, elle s’immobilisa et campa ses pieds au sol afin d’y être solide et d’accuser le coup qui risquait d’arriver. Elle tressaillit légèrement lorsqu’un boomerang frappa le haut de sa hanche gauche. Ayant retenu un cri, elle se retourna rapidement pour faire face au jeune homme qui l’attaquait par la droite avec sa dague. Par réflexe, son bras gauche, celui armé du sabre de l’esprit, s’éleva et arrêta la dague avant qu’elle ne puisse la blesser. Puis, de son épée courte, elle attaqua Jorus. Depuis le tout début de ce combat, elle s’était contentée d’esquiver les coups ou de les arrêter. Certes Jorus avait pu constater la difficulté qu’il aurait à blesser Naral, mais il devait savoir aussi qu’il risquait également de prendre des coups. Ce fut donc brutalement que la lame de Sibelle frappa le poignet de Jorus. En temps normal, il n’aurait pu l’utiliser du reste du combat. Mais bien qu’elle ait utilisé toute sa force, elle avait frappé avec le plat de la lame afin de limiter les dégâts et le blesser que légèrement.

Le jeune homme grimaça, mais semblait s’efforcer de garder contenance. Il recula de quelques pas, mais tenait toujours son arme de sa main tremblante. Sibelle ne regrettait pas son geste, elle l’avait prévenu. Elle le scruta un court moment, songeuse. Il avait appris à mieux le connaitre pendant cette aventure dans cette île et il avait gagné son respect. Et puis cette résilience, cette persévérance et son courage lui permettraient de s’améliorer grandement. Sibelle n’avait aucun doute, il serait dans quelques années un redoutable guerrier.

Jugeant que l’exercice était terminé, elle lui tourna le dos avec l’intention de parcourir les quelques mètres qui la séparaient du bout du couloir.

C’était sans compter sur l’obstination du jeune homme qui n’en avait apparemment pas terminé avec elle. Gardant tout de même ses sens en alerte, elle entendit les pas de Jorus. Il s’approchait d’elle. Elle poussa un soupir d’exaspération, elle devait donc lui donner une leçon. Elle aurait dû se retourner et parer le coup, mais elle n’en fit rien. Elle eut tout de même le réflexe de faire un pas de côté. Ce qui lui fut salvateur puisque le poignard de glace de son adversaire du moment ne fit qu’effleurer son épaule gauche lui causant une longue estafilade au lieu de le transpercer de bord en bord. Blessure superficielle certes, mais douloureuse qu’elle encaissa tout en retenant un cri. Son orgueil trop fort pour avouer sa douleur lancinante. Puis, rapidement elle s’accroupit tout en se retournant en allongeant sa jambe droite, elle faucha les jambes du jeune homme. Son mouvement fut rapide et violent. Alors qu’il perdait l’équilibre vers l’arrière, elle se releva et le poussa de son bras droit. Il chuta durement au sol. Il n’eut malheureusement pas le réflexe de se relever la tête, et celle-ci heurta durement le plancher… Légèrement inquiète, Sibelle s’avança au-dessus de lui et constata avec soulagement qu’il était encore conscient et simplement étourdi. Elle se retourna ensuite et reprit sa marche jusqu’à la fin du corridor.

Elle entendit des mouvements dans son dos, mais ne s’en inquiéta guère. Tout juste au moment de franchir le seuil, Sibelle se retourna vers Jorus et lui dit aimablement :
« Que dirais-tu de m'accompagner pour une petite envolée, histoire de me dégourdir les ailes et de te faire prendre l'air ? »
Modifié en dernier par Sibelle le dim. 27 sept. 2020 18:52, modifié 2 fois.

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Re: Commanderie d'Opale

Message par Jorus Kayne » lun. 17 août 2020 14:54

Malheureusement, mon action visant à trouver les insurgés s’est soldée par un échec. J’ai erré dans les quartiers pauvres de la cité en vain. A défaut, je suis tout de même parvenu à éviter cet assaut militaire du général. Moi qui ai œuvré pour la paix, notamment celui des Rakhaunens dans une terre hostile aux races étrangères, il était hors de question que je participe à ce massacre dans les sous-sols de Nessima. Finalement, ne pouvant plus user l’avantage des sous-sols pour pénétrer en ville, les nains cendrés ont installé un siège, guettant un signe de faiblesse. Les adversaires s’observaient les uns les autres sans intervenir jusqu’à ce qu’un évènement, survienne. Une flotte de Cynores venues en aides aux elfes gris, avec des vivres, des hommes, mais surtout un bien que personne n’attendait plus : la paix. En la présence d’un prince exilé représentant le nouveau pouvoir, les pourparlers ont débutés. Les Eruions ont obtenu ce qu’ils espéraient, vivre décemment et en toute sécurité. Des liens devraient se créer et se renforcer durant les années à venir entre les Sindeldi et les Eruions. Cependant l’affaire est toute autre du point de vue des Rakhaunens. Ne vivant que pour venger le déshonneur subit il y a de cela de nombreux millénaires, ils se sont retranchés sous la montagne où aucun Sindeldi ne sera capable de les suivre.

La paix était enfin établie, du moins pour le moment. J’ai été particulièrement surpris de voir que la haine et le mépris habituels s’étaient envolés. La nouvelle selon laquelle des étrangers seraient intervenus en faveur des Sindeldi, s’est propagée comme un essaim d’insecte dévorant tous les clichés idiots et rumeurs infondées sans presque aucune résistance. Il n’est pas impossible que certains gardent une rancune personnelle ou s’enracine dans leurs opinions, mais dorénavant ils deviennent la minorité silencieuse qui se garde d’émettre ses opinions. Le prince lui-même nous a chaleureusement remerciés pour notre aide. S’il savait la réalité de certains faits ! En plus d’une récompense monétaire, nous obtenons l’avantage de pouvoir parcourir le royaume à notre guise et sans coût sur leurs vaisseaux volant. Plus encore que cela, l’ouverture du royaume, qui n’était autrefois qu’un simple murmure dans les ombres, est aujourd’hui une perspective plus que réaliste avec ce nouveau prince.

N’ayant pas été en mesure de gérer convenablement la grave situation qui se tenait devant lui, le général s’est vu destitué de son post au profit de Sylënn. Cette décision a été particulièrement bienvenue, tant par moi que par les révoltés qui, après avoir entendu la nouvelle, se sont rapidement calmés. Peut-être sommes nous parvenus à mettre fin à ces conflits. Les Eruions pourront enfin vivre au lieu de survivre, quant aux Rakhaunens, il ne tient qu’à eux d’engager des pourparlers avec le prince, mais il faudra pour cela passer outre des millénaires de haine. Ce n’est pas gagner. J’espère que les elfes bruns seront capables de devenir un lien entre les Sindeldi et les Rakhaunens.

Et moi qu’y ai-je gagné au juste ? Ma bourse est peut-être plus remplie à présent, mais mon cœur s’est alourdi en voyant les nains cendrés s’enfermer à nouveau sous la montagne. La jeune fille en qui je pensais avoir confiance s’est avérée être aussi dangereuse que cupide. Sa loyauté n’allant que là où se trouve l’argent. Du moins c’est ce que je constate avec notre rencontre avec la bête et son désir d’être rapidement payée à notre retour, mais peut-être qu’une autre raison explique tout cela. Malheureusement, j’ai eu la confirmation qu’elle n’était loyale qu’envers elle-même. Jurer la mort des Sindeldi auprès des nains pour ensuite trahir leurs positions auprès du général elfe, ce n’est clairement pas une attitude que je peux cautionner. Si j’ai perdu la confiance que je lui portais, je l’ai accordée à quelqu’un d’autre qui semble mieux la mériter, d’autant que nous avons partagé le même chemin pacifique durant ce conflit. Sibelle possède une fierté doublée d’une franchise qui n’ont d’égale que son côté taciturne. Cependant elle sait argumenter plus que ses habitudes lorsque sa passion pour la justice brûle en elle. Malgré nos divergences concernant Naral et mon comportement lors de nos retrouvailles ici même avant que tout ne commence, elle a su se montrer ouverte, ce qui nous a permis de nous rapprocher amicalement et d’œuvrer ensemble dans le même but. C’est donc avec une idée en tête que j’espère la retrouver à la commanderie de l’Opale.

J’arrive à la commanderie d'Opale et regarde un peu partout allant jusqu’à scruter les cieux, ce qui peut sembler étrange pour quelqu'un m’observant. Néanmoins, quand je parviens à croiser le regard de Sibelle à l’intérieur du bâtiment, je lui fais signe en levant la main assez haute pour qu'elle me remarque. Tandis qu’elle s’avance à son tour vers moi, je fais ma part du chemin nous séparant et lui accorde mon sourire le plus chaleureux en la revoyant.

"On n’a pas eu l'occasion de se parler depuis la venue du prince. Je ne sais pas ce qu'il en est pour toi, mais la situation des Rakhaunens me peine." Je dis ces mots avec une véritable tristesse pour ce peuple puis secoue vigoureusement la tête comme pour chasser de mauvaises pensées. "Mais je ne suis pas venu te voir pour cela. Je sais que tu n'aimes pas les longs discours alors je vais être bref. Je veux t'affronter en duel !" Je regarde la guerrière avec une véritable détermination, mais sans aucune animosité dans les yeux.

Elle m’écoute avec une grande attention et s’est à peine si je remarque un éventuel signe de surprise sur son visage. Jusqu’à ce que finalement elle m’en demande la raison. Maintenant que j'ai capté toute l'attention de la guerrière, je la fixe sérieusement dans les yeux et prends le temps de respirer un bon coup avant de me lancer.

"Naral Shaam ! Je suis persuadé qu'il est une menace et le jour où il prouvera que j'aurais raison je devrais être prêt. Je sais pertinemment qu'il est plus fort que moi, mais j'ignore la différence qui nous sépare. Tu connais mieux cet elfe que moi et je pense que tu mesures bien mieux que moi la différence de force qui vous sépare. C'est pourquoi je veux t'affronter, un adversaire de valeur dont je peux mesurer la force. Mais j'ai besoin de ressentir cette différence entre nous deux, pour mieux appréhender le chemin qui me reste à parcourir."

La guerrière croise les bras alors qu’elle me fixe du regard. Je commence à croire qu’elle veut tout simplement rejeter ma proposition, mais elle rétorque simplement que même elle ne provoquerait pas Naral et continue en expliquant que l’affronter tiendrait plus du suicide que du courage. Lorsqu’elle prétend être sur le départ, j’en conclue qu’elle ne veut pas s’éterniser sur le sujet. Je place ma main, bras tendu face à la guerrière espérant qu'elle m'accorde encore une chance de lui faire changer d'avis.

"Justement ! Et j'ai besoin de faire face à quelqu'un d'aussi fort que toi pour me le montrer."

Je baisse légèrement tête et mon regard se perd quelque peu.

"Ecoute, j'éprouve du respect pour toi et je pense sans me tromper en pensant que c'est réciproque. Enfin, c'est l'impression que j'en ai eu. Mais si c'est effectivement le cas alors je souhaite que tu honores ma demande. Naral...Naral est incroyablement fort, mais il n'est pas la seule menace qui se dressera devant moi à l'avenir. En tout cas, si je veux continuer à agir selon ma conscience comme je l'ai fait ici. J'aurais peut-être même à affronter la jeune Yürlüngür."

L’elfe me rétorque qu’elle a du respect pour moi ainsi que Naral et de ce fait se voit pas comment aider l’un à tuer l’autre d’autant plus que cet entrainement ne sera en rien suffisant. La bataille qui a eu lieu démontre que la guerre n’est pas toujours la solution. Elle affiche un léger sourire avant de me confier que Naral s’est retiré en ermite, qu’il n’y a plus de raison de le chasser et qu’il existe de nombreux ennemis qui mériteraient mon attention. Je rabaisse mon bras, voyant que Sibelle semble disposée, non pas à se laisser convaincre, mais à écouter ce que j'ai à dire.

"Je ne compte pas pourchasser Naral et s'il s'est isolé, tant mieux. Cependant je garde de lui un sentiment de danger. Je ne compte pas m'en prendre à lui, simplement me tenir prêt si un jour il venait à prouver que j'ai raison à son sujet. En attendant, je suis quelqu'un qui aime arpenter le monde, rencontrer des peuples et voir des régions inconnues. On m'attend à Oranan, mais j'espère explorer un peu le Naora. C'est une terre pleine de dangers et grâce à toi j'ai une opportunité de faire face à un adversaire contre lequel j'estime avoir peu de chance de succès. Je ne te force pas la main, mais j'apprendrais beaucoup sur moi-même en t'affrontant."

L’Hinïonne consent que s’il est bon de savoir se battre, tout comme il est honorable de connaître ses limites et de vouloir les repousser, elle est cependant moins habile à enseigner ses techniques de combats. Elle argumente ensuite sur les semaines d’entraînements où des techniques pourront être enseignées par un maître et où s’en suivra une vie entière pour qu’elles deviennent une partie intégrante de mon être. J'affiche une grimace à la réponse de la guerrière, un mélange de déception et d'incompréhension luttent pour savoir qui prendra le contrôle de mon visage.

"Je crois que tu te méprends, bien qu'une session avec un maître d'arme serait fructueux ce n'est pas ce que je recherche pour le moment. Non ce qu'il me faut c'est...comment dire...un mur infranchissable ! Un défi au-delà de mes propres capacités ! Je crains qu'un maître d'arme ne s'abaisse à mon niveau pour me pousser à aller plus loin. Hors mon objectif n'est pas physique, mais psychologique. Je te sais suffisamment juste pour que tu ne donnes pas moins que le maximum si je te le demande. Je ne veux pas d'un professeur qui m'enseigne, je veux quelqu'un qui me mette une rouste ! Et je n'ai foi qu'en toi pour cela !"

Je m’apprêtais à faire demi-tour, croyant n’avoir pas été suffisamment convainquant, mais contre toute attente Sibelle me provoque et me défie de l’empêcher de sortir. Tandis qu’elle s’avance vers moi, je reste stoïque face au revirement de situation.

(Mais tu attends quoi au juste, que des champignons te poussent sur les pieds ? Elle vient d’accepter ta demande alors sors-toi les doigts et montre de quoi tu es capable !)

(Oui, oui. C’est juste que ça m’a surpris !)

Reprenant mes esprits, je fais un bond en arrière pour reprendre une position plus adapté à un affrontement moins verbale. Je suis content de voir que l’elfe accepte cette demande assez particulière, cependant mon égo en prend un coup lorsqu’elle se refuse à prendre ses armes.

"Je crois qu’on ne s’est pas bien compris toi et moi !"

Je réduis soudainement le peu de distance qui nous sépare et dégaine mes lames. Ma dague de glace en main droite s’en va prélever un bout de sa hanche. Loin d’émettre une quelconque hostilité à son égard, il ne lui faudra que dégainer sa lame en sortant à peine du fourreau pour parer le coup, mais au moins je l’aurais obligé à plus de sérieux.

"Je veux te voir sérieuse face à moi !"

Mon entreprise de faire prendre en compte le sérieux de ce combat à Sibelle revient à moi comme un boomerang. Bien qu’elle agisse comme prévu, en parant avec facilité mon coup grâce à une dague courte, avec une rapidité ahurissante elle dégaine un sabre de sa main gauche et s’en vient tordre mon poignet pour m’obliger à lâcher ma seconde dague. Loin d’en finir ainsi, elle repousse l’arme d’un coup de pied derrière elle. Mon objectif étant de l’empêcher d’avancer, je peux considérer que mon arme est à oublier. Je recule de deux pas tandis qu’elle avance de nouveau.

(Tu as voulu faire qu’elle soit sérieuse, mais il serait bon que tu le sois aussi non ?)

(Ma foi ça m’a vaguement effleuré l’esprit, mais je vais y réfléchir.)

Loin de me laisser abattre par cette démonstration de technique, j’adopte une posture plus prompte à l’esquive et réduis rapidement la distance qui nous sépare. Je m’apprête à toucher l’épaule de sa main gauche, pour réduire l’avantage qu’elle possède avec son sabre, mais ce même bras se dirige vers moi avec ce que je pense être l’intention de me désarmer à nouveau. Avec son adresse nul besoin de chance, mais dans mon cas il est impensable d’être complètement désarmé face à un tel adversaire. En lieu et place d’une attaque, je bondis sur ma droite en effectuant une pirouette visant à déstabiliser son offensive.

Alors que je m’extrais d’une attaque avec mon saut, la guerrière profite d’une ouverture pour continuer à marcher comme si elle se promenait dans un champ de fleurs. J’apprécie la guerrière qu’elle est, mais elle prend le culot de me tourner le dos. Bien que je lui aie demandée de démontrer son écrasante force, son attitude vis-à-vis de moi m’horripile.

(Je sais que tu es plus forte que moi, mais je vais te prouver qu’il ne faut pas pour autant me regarder de haut !)

Je fonce sur la guerrière avec une technique que j’ai finie par mettre au point à force de me battre avec mes armes actuelles. De ma main gauche j’attrape mon boomerang et lui lance pour la toucher sur le côté. Je ne m’arrête cependant pas à ça et continue mon avancée en frappant son côté droit avec ma dague.

Je suis doublement surpris. Je pensais que mon boomerang servirait à détourner son attention, voir me donnerais un avantage de surprise, mais non seulement la guerrière fait fit de la blessure que je lui inflige avec mon arme de jet, mais en plus elle pare mon coup de dague de son épée en main gauche et frappe du plat de la lame sur mon poignet. Elle n’avait jusque là pas porté de véritable attaque juste un désarmement, mais son seul coup me vrille la main. La douleur est forte et ma main est prise de tremblement tant le choc a été fort. Je recule d’instinct en forçant mon membre affaiblie à garder l’emprise sur mon arme. Si ce n’avait pas été un affrontement amical, j’en aurais perdu l’usage.

Cependant je suis encore capable de me battre, tout comme je suis capable de réprimer l’envie de mon corps, d’arrêter ce duel avec les appels à l’aide que ne cesse de m’envoyer la douleur de ma main meurtrie. Sibelle a décidé de montrer ce qu’un adversaire de sa trempe est capable de faire lorsqu’il passe à l’offensive. Je sais que je ne suis pas de taille face à elle, mais je veux lui montrer ce que je vaux, tout comme je veux voir l’étendue de mes capacités à mon maximum. Mon boomerang lui, est tombé au sol. Je sais qu’elle va marcher à nouveau jusqu’à la sortie et montrer à nouveau son dos, me laissant l’opportunité de reprendre mon arme de jet, cependant cette ruse ne marchera pas une deuxième fois sur quelqu’un de sa trempe.

Je serre les dents et m’apprête à porter cette dernière attaque. Jusqu’à maintenant, je n’ai pas été en mesure de lui porter un coup direct avec ma précieuse dague. Son pouvoir aurait été salvateur si j’avais été en mesure de lui porter un coup dès le début et c’est la raison de ce duel : Suis-je capable d’atteindre quelqu’un comme elle ? Cette horripilante capacité à éviter les coups me rappelle cet affrontement avec le nain dans la cité souterraine des Rakhaunens. J’ai été en mesure de porter ma lame au travers de sa solide défense, mais depuis je n’ai pas eu l’occasion de frapper à nouveau de la sorte.

(C’est le moment idéal !)

Je m’avance et rassemble lentement mon énergie dans mon bras. Cette manipulation de l’énergie fait mouvoir le bras comme le ferait un serpent. Face à un adversaire plus fort que lui, il bondit de tout son corps et met tout son être dans l’assaut. Je dois faire de même ! Tout en accélérant, je comprime l’énergie en même temps que je plie mon bras avant de frapper. Je ne compte pas la tuer, mais lui porter une nette blessure à son bras portant l’épée lui ferait perdre l’avantage de la portée. Je m’intéresse donc à son épaule gauche. Mon énergie se relâche avec la détente du bras alors que j’arrive presque à destination. Cependant la technique ne s’arrête pas là. Je condense mon énergie dans mon poignet pour frapper sous un autre angle en fonction de sa façon de parer mon coup.

Du coin de l’œil je guette les mouvements de ses bras pour ajuster mon coup, mais elle doit comprendre mes intentions car c’est d’un pas sur le côté qu’elle évite le coup. Au lieu de lui perforer l’épaule, je ne laisse qu’une longe estafilade ainsi qu’une possibilité pour elle de contre-attaquer. La réponse ne se fait pas attendre. La guerrière démontre ses capacités non pas en frappant de ses lames, mais avec une de ses jambes. Elle se baisse dans une rotation et me frappe violemment aux jambes pour me faire perdre l’équilibre. Trop rapide pour que je puisse réagir et trop puissante pour que je puisse opposer une résistance, je tombe lourdement au sol et ma tête avec. Même si le cuir de mon casque me protège, le choc est rude. Tous mes sens perdre leurs repères car j’ai réellement l’impression de tourner sur le sol. Au-dessus de moi je crois apercevoir la silhouette floue de Sibelle qui me regarde avant de reprendre la route vers la sortie.

(Non ce…ce n’est pas fini je pe…je peux encore me battre !)

Usant d’un énorme effort de volonté, je ne parviens qu’à me tourner sur le côté. L’elfe blanche, elle, continue d’avancer sans regarder en arrière. Je concentre toutes mes forces dans ma main droite et lance mon arme aussi fort et loin qu’il m’est possible. Malheureusement j’ai atteint mes limites. L’arme frappe le sol et ne finit qu’à deux ou peut-être trois mètres de moi. Ainsi voilà la différence entre nous deux. Sibelle marche jusqu’à la sortie, le dos tourné. Implacable, elle n’aura guère souffert du duel. Au mieux peut-être ai-je réussi à la faire transpirer ? Mais même ça j’en doute. Petit à petit, je reprends davantage conscience de mon environnement. Une voix se fait entendre, mais je ne parviens pas à comprendre l’essentiel.

(Elle te propose de faire un tour dans les airs !)

(Ainsi elle n’en a pas fini avec moi, elle veut me voir mourir non pas de ses coups, mais de frayeur !)

(Ne soit pas ridicule ! En plus, je crois que dans le fond tu aimes ça non ?)

(Laisse-moi juste un instant !)


Lentement je me place sur le ventre. J’en viendrais presque à dormir au sol tant j’apprécie le contact froid que je sens. Je fais l’effort de me relever, mais lorsque j’arrive enfin à être debout, c’est en titubant que j’arrive à la hauteur de la guerrière. Je m’adosse contre le mur et la regarde.

"Laisse-moi juste quelques instants pour me remettre tu veux bien ? Je…je vais boire un coup ça ira mieux après !"

A tâtons, je fouille dans mes effets personnels pour y sortir mon outre d’eau. J’y bois à grande gorgée avant de m’asperger le visage. Quelques minutes plus tard et une potion pour guérir mes blessures à la tête et à la main, je vais déjà mieux.

"Quand tu veux !"

Du ciel à la mer.
Modifié en dernier par Jorus Kayne le ven. 25 sept. 2020 21:13, modifié 3 fois.

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Re: Commanderie d'Opale

Message par Sibelle » lun. 24 août 2020 13:32

Mais Jorus ne répondit pas immédiatement. Tourné sur le côté, sa dague à quelques mètres de lui. Les sourcils froncés, Sibelle en déduisit qu’il avait tenté en vain une ultime attaque. Usant de patience, elle resta immobile laissant à Jorus le temps de reprendre contenance. Lentement et avec précaution, il se tourna face au plancher, puis tenta de prendre position debout. Après maints efforts, il se releva et arriva jusqu’à la guerrière tout en chancelant. Pendant tout ce temps, cette dernière n’avait esquissé aucun geste pour l’aider. Et ce, tout simplement pour préserver l’orgueil du jeune homme qui avait fait preuve d’un courage hors du commun.

Adossé contre le mur, il demanda à Sibelle de lui laisser un moment supplémentaire de répit, ce qu’elle accepta sans problème, lui signifiant son accord par un simple hochement de la tête. Avec difficulté, les mains tremblantes, il fouilla dans son sac pour en sortir une outre d’eau dont il but avec avidité. Une fois sa soif étanchée et son visage aspergé, il prit une potion de soin. Finalement, il répondit à la guerrière qu’il était prêt.

Elle lui sourit alors. Comprenant par sa réponse enthousiaste qu'il avait lui aussi pris le goût à voler dans le ciel.
Tout en franchissant la porte menant à la cour extérieure, elle lui demanda :

« Aurais-tu une demande spéciale ? Ou préfères-tu une balade plus tranquille vu les circonstances ? »

Le duel étant terminé, Jorus répondit à l’offre de Sibelle, tout en souriant bêtement au vent. Il était conscient du plaisir que Sibelle prenait à voler sous sa forme d’hippogriffe et il ne voulait pas la brimer en lui imposant des limites. Puisqu’il s’agissait d’une balade et non pas d’une expédition dangereuse, il lui donna carte blanche pour exécuter les acrobaties aériennes de son choix.

Sibelle acquiesça de la tête puis regarda le ciel avec envie avant de se transformer une fois de plus sous le regard de Jorus. Elle abandonnait son corps musclé de fière guerrière pour en adopter un tout aussi fier et encore plus musclé d’hippogriffe. Puisqu’elle n’en était plus à ses premières transformations, celles-ci s’exécutaient plus rapidement, et sans inconfort ni inquiétude. Une fois sous sa forme ailée, elle plia les genoux avant afin de laisser Jorus monter sur son dos.
Modifié en dernier par Sibelle le dim. 27 sept. 2020 18:54, modifié 1 fois.

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Sibelle
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Re: Commanderie d'Opale

Message par Sibelle » dim. 13 sept. 2020 17:54

Sous sa forme d’hippogriffe, Jorus sur son dos, Sibelle se rendit à l’extrémité de la cour. Puis elle se mit à galoper avec force jusqu’à atteindre une vitesse maximale. Elle déploya alors ses ailes et prit son envol. Elle battit régulièrement ses ailes jusqu’à monter à haute altitude, puis elle se laissa planer un peu, profitant quelques instants de la quiétude que lui offraient les cieux.

Elle succomba ensuite à son envie de faire de folles acrobatiques. Elle piqua légèrement du nez afin de perdre de l’altitude, puis battit des ailes avec forces et rapidité, profitant d’un vent ascendant afin de monter à la verticale. Elle monta ainsi un moment puis prit une position horizontale, récupérant un peu en se laissant planer. Conservant un vol horizontal, elle lança un bref cri aigu, destiné à prévenir Jorus de bien s’accrocher, puis elle fit une rotation sur elle-même, effectuant assez rapidement un 360 degrés, tout en jetant un regard sur son dos afin de voir comment se sentait son compagnon.

Voyant que ce dernier semblait apprécier l’exercice tout autant qu’elle, elle poussa un second cri aussi bref, puis fit un second tonneau, mais tout en effectuant plus lentement la rotation. Encouragée, elle tenta une acrobatie plus téméraire. Après deux brefs cris consécutifs, elle effectua deux tonneaux. Euphorique, elle fit trois cris, puis bien entendu, trois tonneaux. Survolant désormais l’océan, elle s’apprêtait à faire quatre cris brefs lorsqu’un mouvement à la surface de l’eau attira son attention. Sa vision d’aigle lui permit de constater qu’une personne se débattait dans l’eau, à quelque distance d’une embarcation de fortune. Son ouïe d’elfe percevant même des cris de détresse, elle cessa donc immédiatement les figures aériennes. Ses pattes arrières bien étendues et ses griffes avant contre son abdomen, elle amorça un vol plongeant. Pour ce faire, elle piqua du nez et rabattit d’abord ses ailes à moitié, puis entièrement. Lorsqu’elle jugea être suffisamment basse, elle ouvrit brusquement ses ailes et la descente s’arrêta brusquement. Ils étaient encore très loin de la personne en danger dans l’eau, mais suffisamment proche pour que Jorus puisse la distinguer.

Dès qu’il vit l’individu en difficulté dans l’eau, Jorus prévint la guerrière ailée. Il proposa même de faire glisser sa corde dans ses serres. Bien que non persuadée de la réussite de cette tentative et à défaut d’avoir une meilleure idée, Sibelle acquiesça par un court glapissement. Le jeune homme s’exécuta et fit descendre la corde le long du corps chevalin de l’hippogriffe. Bien qu’elle savait la corde à proximité de ses griffes, cela lui prit au moins trois essais avant de réussir à attraper la corde. Suivant le plan de son cavalier, elle se dirigea vers la petite personne en danger laissant la corde pendre au-dessus d’elle. Mais trop paniqué, et trop occupé à tenter de tenir sa tête hors de l’eau, l’enfant ne tenta même pas d’agripper la corde. Sachant que les secondes étaient comptées, Sibelle prit une décision sans même consulter son compagnon. Elle passa une fois de plus en direction de l’enfant tout en poussant un cri bref, le même qu’elle utilisait pour lui signifier qu’elle faisait un tonneau. Ayant vite compris la manœuvre que la guerrière s’apprêtait à faire, Jorus lui lança son sac, l’ayant prévenu une fraction de seconde avant. Aussi facilement qu’un aigle attrape sa proie, elle saisit fermement du premier coup le sac dans son bec. Décalée de quelques mètres de l’enfant, Sibelle fit une lente rotation sur elle-même afin de permettre à son compagnon de sauter à l’eau. Elle garda la corde dans ses serres espérant que Jorus saurait l’attraper.

Contrairement à Sibelle, Jorus savait nager et il n’hésita pas une seconde à se laisser tomber dans l’eau. Pendant que l’hippogriffe exécuta une manœuvre pour revenir vers eux, le jeune homme trempé nagea aisément jusqu’à l’enfant en difficulté. L’instinct de survie prenant le dessus sur la raison, le gamin s’agrippa à Jorus, et tenta de grimper dessus au risque de noyer son sauveur. Heureusement, Sibelle s’approcha d’eux, le sac dans son bec et la corde dans ses griffes dont l’extrémité pendait au-dessus de l’eau. Se débattant pour garder l’enfant paniqué dans ses bras, Jorus ne réussit pas à attraper la corde. Sibelle revint à la charge pour une nouvelle tentative qui s’avéra tout aussi infructueuse. La présence de l’immense volatile ajoutait à la peur de l’enfant. Lorsque Sibelle revint pour un troisième essai, elle remarqua que Jorus avait adopté une nouvelle position. Le dos tourné à l’hippogriffe de façon à ce que l’enfant ne perçoive son approche, il avait le bras gauche tendu vers le ciel.

Se doutant que son compagnon devait faire des efforts importants avec ses jambes afin de se maintenir hors de l’eau, un bras tenant l’enfant et l’autre dans les airs, Sibelle ne perdit pas une seconde à prendre une décision. Elle espérait avoir bien deviné l’intention de son acolyte. Elle s’approcha donc du dos de Jorus à toute vitesse et déploya ses serres comme le fait un aigle tout juste avant d’agripper sa proie. Une fois à destination, elle ferma ses serres sur Jorus et redoubla son battement d’ailes et remonta de quelques mètres, histoire de les sortir de l’eau.

Tentant de le serrer suffisamment pour ne pas l'échapper, tout en évitant une poigne trop ferme qui le blesserait, Sibelle décida d’écourter leur séjour dans les airs. Rapidement, elle se rendit à la petite embarcation de fortune, qui ressemblait plus à un radeau bâti par des mains non habiles, sinon non expérimentées. Arrivée juste au-dessus de sa cible, elle se freina de ses ailes grandes ouvertes, se maintint en place dans les airs le temps de les déposer, puis repartit. Elle fit un tour dans les airs le temps de se retourner, puis revint dans leur direction, passant tout juste au-dessus d’eux, la corde entre ses pattes, espérant qu’il serait plus facile pour Jorus désormais de l’attraper.

Au soulagement de Sibelle, Jorus avait compris son intention et se campa du mieux qu’il put, le pied droit sur le plancher trempé, alors que son genou était appuyé contre la proue de l’embarcation de piètre qualité. Les deux mains à présent libérées, il attrapa sans difficulté la corde qui lui était tendue. Sibelle le tracta avec une facilité surprenante et les apporta sur la rive. Elle effectua un court virage et revint atterrir non loin de Jorus et du petit naufragé. Désirant conserver sa forme d’hippogriffe, Sibelle se contenta de replier ses ailes avant de s’approcher de Jorus et de déposer son sac et sa corde à ses pieds. Elle recula ensuite de quelques pas et examina de la tête au pied, de sa vision acérée, le jeune garçon qu’ils venaient de sauver d’une noyade certaine. Arborant des yeux bleus, des cheveux blancs et un teint gris, il s’agissait bien d’un sindel. La tête légèrement penchée sur le côté, Sibelle scrutait avec attention l’expression de ce jeune visage, elle n’avait pas l’intention de lui dévoiler son identité de guerrière pour le moment.
Modifié en dernier par Sibelle le dim. 27 sept. 2020 19:02, modifié 1 fois.

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Jorus Kayne
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Re: Commanderie d'Opale

Message par Jorus Kayne » lun. 14 sept. 2020 14:30

"Aurais-tu une demande spéciale ? Ou préfères-tu une balade plus tranquille vu les circonstances ?"

Visiblement la guerrière s’inquiète de mon état actuel. J’apprécie son attitude après ce combat…non, cette leçon qu’elle m’a inculqué. Un petit vol au-dessus de la ville n’est pas de refus, mais il y a une personne qui a un avis tout autre.

(Tu ne vas quand même pas lui demander de voler tranquillement non ?)

(Pourquoi pas Ysolde ? Je ne suis pas vraiment en état de…)

(En état de quoi ? De profiter d’une chance qu’une poignée d’être sur Yuimen a la chance d’avoir ? Tu as chevauché une femme-dragonne et tu t’es battu avec elle. Tu as voyagé avec Sibelle et même si elle a effectué quelques acrobaties c’était justifié. Je sais ce que tu vas dire. La toute première fois elle avait besoin de se détendre les ailes rien de plus. Moi qui suis dans ton médaillon je sais de quoi je parle et elle a prouvé ensuite qu’elle pouvait faire bien davantage lorsque cela était nécessaire !)

(Je vois que tu as travaillé tes arguments ! Je suppose que je n’ai pas le choix ?)

(En aucun cas je ne t’oblige. Tu as parfaitement le droit de faire ton couard !)

Malgré le fait que Sibelle me regarde en attendant une réponse, je ne peux m’empêcher de sourire face à l’attitude enfantine de ma faéra. Tout est prétexte pour faire selon son envie. Finalement je me tourne vers la guerrière.

"Peut-on empêcher un oiseau sans cage de voler ? Tu m’as toi-même exprimé ce que tu ressens en volant alors il est hors de question de te brider. De plus, nous n’avons plus de danger à craindre, alors montre-moi ce que tu sais faire ! Tu as toute ma confiance."

Comprenant mon sentiment vis-à-vis de ce vol qu’elle me propose, Sibelle n’attend pas pour se transformer. Sa métamorphose reste, peu importe le nombre de fois où je l’observe, un évènement à lui seul. Une fois sur son dos, d’ailleurs vu le nombre de fois que m’installe je pense aménager un petit coin, elle s’élance avec puissance pour prendre de la vitesse. Elle déploie ses ailes pour décoller et bat fortement pour monter jusqu’à une altitude où ceux ayant le vertige tomberaient trois fois dans les pommes. Arrivée cette hauteur, l’hippogriffe plane en me laissant ce plaisir unique de contempler cette partie du Naora sans aucun obstacle et de se laisser aller à ouvrir les bras en se prenant comme un oiseau.

Après quelques temps, je sens d’instinct que Sibelle souhaite faire quelques acrobaties. A moins que ce ne soit ses manœuvres de descente puis de reprise d’altitude, ou même ce bref cri à mon attention qui me pousse à le penser. Je me cramponne comme j’ai eu mainte fois eu l’occasion de le faire et Sibelle tourne sur elle-même, me laissant le plaisir de voir le monde sous un angle particulier. Elle jette un bref coup d’œil à mon attention, mais j’ai une grande confiance en elle ainsi qu’en ses capacités et je sais qu’elle me rattrapera si le besoin devait s’en ressentir. C’est donc avec un grand sourire que je croise son regard. Elle pousse un nouveau cri bref ainsi qu’une nouvelle rotation. Puis deux cris accompagnés de deux rotations. Trois cris suivent et même si je suis un peu lent par moment, je commence à comprendre le principe et je me cramponne davantage pour profiter de la vue de l’océan qui m’est offerte.

Soudain, elle se met à perdre rapidement de l’altitude en piquant du bec. Je m’accroche fermement à son plumage, guettant sur elle un problème qui nécessite que l’on se pose. Subitement, elle ouvre ses ailes pour reprendre un vol presque horizontal et me laisse l’occasion de comprendre la raison de mon incompréhension. Sur l’eau, une personne semble en difficulté et il est clair que la guerrière souhaite lui porter secours.

"Je le vois !" Dis-je à l’hippogriffe. "J’ai une corde, je vais essayer de la faire glisser pour que tu l’attrapes dans tes serres d’accord ?"

Après un court glapissement de Sibelle, je fais passer la corde afin qu’elle puisse l’attraper. Cependant il lui faut plusieurs tentatives pour enfin s’en saisir. Nous passons assez près pour que l’enfant puisse l’attraper, mais il panique trop pour espérer l’attraper.

(Je vais devoir sauter !)

"Sibelle, je t’envoie mon sac. Attrapes-le !" Fais-je à l’hippogriffe.

Confirmant son accord, je m’assure que rien ne tombe et le lance à ma camarade qui le rattrape aisément avec son bec. Puis Sibelle se rapproche à quelques mètres de l’enfant et effectue une lente rotation. Je lâche prise et me laisse tomber à l’eau. Je m’attends à une température froide, mais il s’avère qu’elle est particulièrement agréable. Cependant, dans l’immédiat je n’ai pas le luxe de barboter dans l’eau. Sans être un excellent nageur, je suis capable de me déplacer et surtout de rester hors de l’eau. Pas comme ce gamin qui frappe des bras sur l’eau comme s’il espérait s’envoler. J’arrive à son niveau et les problèmes commencent. Le mioche m’agrippe avec l’énergie du désespoir, comme un écureuil grimpant à l’unique arbre du coin pour échapper à un prédateur. Sa panique est telle que je manque moi-même de me noyer.

"Essaies de te calmer !" Lui dis-je, mais mes paroles ne semblent pas trouver d’échos en lui.

Sibelle se rapproche de nous pour me permettre d’attraper la corde, mais avec l’enfant sur moi je n’arrive pas à attraper la corde. Elle fait de nouveau un passage, mais cette fois-ci l’enfant prend peur en la voyant arriver. J’abandonne totalement la corde pour rester hors de l’eau, ainsi que l’idée de l’attraper. Avec un enfant aussi apeuré, cette façon de faire ne marchera pas. Si je n’arrive pas à attraper Sibelle via la corde, dans ce cas je dois me laisser attraper par elle. Dans sa forme actuelle, elle devrait avoir la force de nous porter tous les deux. J’espère seulement qu’elle ne tombera pas à l’eau. J’ai déjà vu certaines espèces d’oiseaux mourir parce qu’ils n’arrivaient pas à sortir leurs ailes de l’eau. Elle pourrait bien sûr reprendre sa forme humaine, mais elle subira le poids de son armure.

(Tu dois avoir foi en elle !)

(Je crains juste les conséquences d’un échec.)

Je fais d’amples gestes pour signifier que j’abandonne l’idée de la corde. L’enfant à peur de Sibelle, donc je tourne le dos pour la cacher et le tenant fortement par un bras, je tends le second pour l’inciter à l’attraper, un peu comme le font les fauconniers, mais avec un plus grand volatile.

Les quelques secondes qui passent deviennent une éternité et la sensation de se faire attraper comme un vulgaire lapin par un oiseau de proie n’a rien de réjouissant. Avec une vitesse et une force ahurissante, des serres m’empoignent et nous extirpent de l’eau. Je tiens fermement l’enfant alors que nous volons à quelques mètres de l’eau. Je m’attends à ce que la guerrière se dirige directement vers la terre ferme, mais elle bifurque pour se rendre vers une petite embarcation pour nous y déposer. C’est avec soulagement que je relâche l’enfant qui semble retrouver avec plaisir un sol plus ferme, même si une quantité d’eau s’y trouve également.

Le môme est visiblement un garçon Sindel avec sa peau grise, ses yeux bleus et ses cheveux blancs. Selon les standards humains il devrait avoir une dizaine d’années, mais il s’agit d’un elfe et d’une race particulièrement grande alors qui sait quel âge il a. Un rapide examen de l’embarcation montre que celui, celle ou ceux qui l’ont utilisé ont subi une tempête avec les dégâts reçus.

Sibelle, qui s’était éloignée, revient vers nous. Je vois la corde venir jusqu’à moi et me positionne pour ce qui va arriver. Un pied me tenant droit et l’autre contre la proue du bateau, je parviens à la saisir avec nettement plus de facilité que précédemment et tiens fermement la corde. Sibelle fait preuve d’une force surprenante pour nous tracter de la sorte, car la flaque présente à bord enfonce un peu plus l’embarcation dans l’eau et accroît la résistance. Pour me faciliter la tâche, j’enroule la corde autour d’un élément de la barque et ne fais que m’assurer qu’elle y reste. Nous parvenons ainsi à atteindre la plage et c’est avec un grand soulagement que je lâche la corde de mes mains tremblantes par l’effort. De son côté Sibelle atterrit et vient déposer mes affaires, les ailes repliées avant de reculer et d’observer le jeune garçon.

Ce n'est pas un adieu.
Modifié en dernier par Jorus Kayne le ven. 25 sept. 2020 21:19, modifié 1 fois.

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Re: Commanderie d'Opale

Message par Jorus Kayne » ven. 25 sept. 2020 21:07

Après avoir pris le temps de reprendre mon souffle, je me rapproche du gamin. Qui est-il ? Que faisait-il seul dans l’océan ? Avant d’aller plus en avant sur mes questions, je commence par le plus important.

"Tu vas bien ? Tu es blessé quelque part ?" Le môme me regarde avec un air effrayé allant de moi à l’hippogriffe. "Tu vas bien petit ? Tu parviens à me comprendre quand je parle ?" Finis-je par dire face à une absence de réponse.

Pourtant, loin de vouloir me répondre ou ne serait-ce de nous remercier, ce sale mioche fuit sans demander son reste. Alors que je reste coi devant cette réaction, mes émotions finissent par prendre le dessus.

"Y’a pas de quoi ! Va chialer dans les jupes à ta mère !"

(Espèce de pet de belette !)

(Quel sens de la répartie toi alors ! Vous vivez vraiment dans un monde à part vous les faéras. Sauf si tu as un contentieux avec les belettes.)

(Je préfère ne pas en parler !)

Alors qu’elle n’avait jusque-là pas réagit depuis que nous nous sommes posés au sol, Sibelle se transforme à nouveau alors que le très jeune Sindel n’est plus à vue. Elle se contente de me dire sérieusement que je ne dois pas lui en vouloir et qu’il y a de quoi paniquer dans les bras d’un humain. Je la regarde cachant avec peine un sourire amusé.

"Pardon ? Tu as un problème à finir dans les bras d’un humain toi aussi ? Pour information, lorsqu’on est arrivé dans la Lande Noire, tu étais à un pet de belette de finir dans mes bras ! Alors ne critiques pas, une telle situation pourrait très bien recommencer."

(Un pet de belette ? Non mais voilà que tes bêtises me déteignent dessus !)

(Hihihi !)

Toute cette histoire m’a fait réfléchir, notamment les Rakhaunens qui malgré s’être cachés dans la montagne durant des millénaires, se retrouvent à nouveau au fond de leur cité pour je ne sais encore combien de temps. J’aurais tant voulu faire pour eux et au final, je reste avec cette sensation d’inachevé dans mon cœur. J’ai beaucoup réfléchi avec les actes de Sibelle, mais également ceux qu’auraient eu cette jeune semi-Shaakt d’Yliria. Ensemble nous avons tenté d’œuvrer dans un même but et si la prochaine fois je souhaite réellement changer les choses, je devrais me rapprocher d’individus avec le même état d’esprit. Cette fois-ci nous sommes seuls Sibelle et moi, aucune oreille indiscrète. C’est peut-être le meilleur moment de lui toucher un mot sur un sujet en particulier.

"Sibelle ! Nous n’avons pas toujours été d’accord sur certains sujets, mais l’un comme l’autre nous avons arpenté le chemin qui nous semblait juste. Les propos de la commandante…pardon, de la générale Sylënn'tar Ithil, concernant les idées utopistes que je partage avec Yliria et probablement avec les autres danseurs d’opale me travaillent un peu. Même si je suis content des liens entre les Sindeldi et les Eruïons, je regrette l’état actuel des Rakhaunens et je ressens comme quelque chose d’inachevé en moi. Si un jour quelque chose de la sorte devait arriver à nouveau, j’aimerais faire mon possible pour faire avancer les choses dans le chemin que j’estime le plus juste. Un utopiste seul fait figure de fou, mais s’ils sont plusieurs les choses peuvent réellement changer." Je regarde ailleurs en me grattant la tempe afin de reprendre courage et me lance finalement, même si je m’attends à me faire envoyer paître. "Sibelle ? Est-ce que les danseurs d’Opale acceptent les humains parmis eux ?"

La réaction de l’elfe blanche est étrange. Elle qui paraît toujours sérieuse semble touchée par quelque chose que j’ai visiblement dit. En revanche si je n’en connais pas la nature exacte, Sibelle se garde bien de le dire et j’en sais assez sur elle pour ne pas chercher plus loin. Elle est ce genre de personne qui dévoile d’elle-même ce qu’elle ressent, ou ne le fera pas peu importe la situation. Je crains que la nature de ma question soit la raison de son état, mais elle me répond que les seules certaines races comme les Shaakts, les Segteks ou même les Garzoks ne sont pas admis, sauf individus exceptionnels. Elle me récite ensuite la devise à laquelle l’ordre demande fidélité.

"C'est par ma seule volonté que mes armes se meuvent."

Ce n’est pas la première fois que je l’entends prononcer ces mots et ils évoquent le droit de désobéissance si on considère que ce n’est pas la voie la plus juste. Alors qu’elle s’arrête un instant pour me détailler, elle me conseille de me rendre à la commanderie d’Opale pour demander une certaine Llyann'tar Thelwë, si je souhaite demander mon intégration. L’espace d’un instant je reste coincé dans ma mémoire.

"Cette maître d’arme…ce ne serait pas cette elfe que nous avons croisée à notre retour à Nessima, juste après avoir manqué de finir en porc-épique ? J’espère que j’ai fait bonne impression, je n’ai pas un grand sens de la diplomatie. Je pense que tu l’as certainement remarqué lorsque nous nous sommes revues dans les sous-sols de la garde militaire, cependant c’est pire après avoir frôlé la mort ! Si ça ne t’ennuie pas, accepterais-tu de m’introduire auprès de cette personne ?"

"J’ai apprécié ta compagnie tout au long de cette aventure, et même de la précédente, et ce malgré tes paroles acérées. Je vais te reconduire à la cour de la commanderie, mais je n’irai pas plus loin. Tu feras meilleure impression, si tu y vas seul, sans avoir besoin d’un chaperon pour t’accompagner." Dit-elle amicalement à mon attention.

En moi la déception est palpable, mais je ne peux qu’accepter sa décision. Je l’ai déjà poussée à un combat qu’elle ne souhaitait pas, cette fois-ci je n’aurais pas les arguments nécessaires à un changement d’opinion. J’acquiesce de la tête et me laisse emporter à nouveau sur le dos de l’hippogriffe jusqu’à la cour intérieure de la commanderie.

(Cette fois-ci nos chemins vos probablement se séparer pour un bon moment !)

Alors que je descends de son dos, je m’adresse à elle peut-être pour la dernière fois.

"Merci ! Merci d’avoir vu au-delà de mes propos acerbes, merci de m’avoir permis de voir le monde de ton point du vue et merci d’avoir accepté mon petit caprice de tout à l’heure, même si je pense que tu as apprécié m’en mettre une sévère !"

(Les Hinïons ont vraiment des coutumes étranges !)

C’est précisément ce que je me dis lorsqu’après avoir coupé une couette derrière sa nuque, elle en fait une tresse et me l’offre ainsi qu’une étrange boule provenant de son sac, puis elle m’assure que l’on se reverra à nouveau.

"Heu… ?"

C’est bien la première fois que l’on parvient à me couper le sifflet. Il faut croire qu’il y a un début à toute chose. Je tends timidement les mains vers les cadeaux non sans m’interroger.

(C’est pour moi ? On dirait oui. Mais c’est…étrange comme cadeau. Tu as une explication Ysolde ?)

(Je pense qu’elle est montée trop haut dans le ciel, ou alors tu lui fais un effet dingue pour qu’elle agisse ainsi. Il y a des gens comme ça qui ont des goûts étranges !)

(N’importe quoi ! J’ai un charme fou !)

(On va dire que oui. A la réflexion c’est peut-être un rituel Hinïon que je ne connais pas !)

(Et je suis censé faire quoi moi ?)

(Je sais pas moi…offre lui tes ongles de pieds ! Hahaha !)

(Merci, j’aime quand tu te montres compatissante avec moi !)

Finalement je sors de ma stupéfaction pour remercier Sibelle qui doit me regarder étrangement.

"J’avoue que je ne sais pas quoi dire ! Merci ? Mais je ne peux accepter, je n’ai rien pour toi en retour !"

Alors que les muscles du bas de son visage se tendent, j’ai l’occasion de voir quelque chose d’assez rare : un sourire sur les lèvres de Sibelle. Elle refuse que je reprenne les cadeaux et me rétorque que nous nous reverrons, pensant qu’à ce moment-là, j’aurais trouvé quelque chose. Puis sans me donner l’occasion d’argumenter à nouveau, elle se retourne pour se transformer et s’envoler hors de ma portée.

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Sibelle
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Re: Commanderie d'Opale

Message par Sibelle » sam. 26 sept. 2020 01:55

Sibelle observa la scène entre l'humain et le jeune elfe gris, sans s'en mêler. Visiblement secoué par tout ce qui venait de lui arriver, le gamin était sous le choc. Et il y avait de quoi. Il avait d'abord failli mourir noyer, il fut ensuite agrippé par un humain, soulevé de terre par un hippogriffe. Étant sûrement parti en mer sans la permission de ses parents, il n'avait sans doute aucunement l'intention de raconter sa mésaventure à qui que ce soit. Il partit donc à courir à toutes jambes, sans prononcer le moindre remerciement contrariant ainsi Jorus.

Ce ne fut que lorsque le gamin fut trop loin pour les distinguer que Sibelle se décida à reprendre sa forme d'elfe.
D'une voix calme, Sibelle dit sur un ton des plus sérieux:

" Tu ne dois pas en vouloir au gamin. Se retrouver dans les bras d'un humain, y a de quoi paniquer. "

Dit-elle tout en gardant un air des plus sérieux, alors que dans son for intérieur, elle riait de bon cœur. Mais ça Jorus ne pouvait le deviner. Jamais Sibelle ne s'était permis un tel humour. Mais l'air frais et le vol l'avaient mis de bonne humeur. Elle avait également apprécié leur action de sauvetage.

La regardant droit dans les yeux, Jorus lui rafraichit la mémoire. Il lui parla de la lande noire, de l’atterrissage forcé où sa tête cogna un rocher et lui fit perdre connaissance. Il précisa, fier de lui, que si Sirat ne l’avait prise dans ses bras, c’est dans les siens qu’elle aurait atterri, des bras d’humains.

(Sirat.)

Suite à cette remarque de son compagnon, l’humeur de Sibelle changea quelque peu, sans que cela ne paraisse de l’extérieur. Sirat… l’humoran. Elle n’avait pas pensé à lui de toute leur aventure sur le Naora. Et puis, la seule évocation de son nom, lui causait un pincement au cœur. Elle ne pouvait en expliquer la raison, et ne voulait surtout pas la chercher. Remuer ses sentiments n’était pas son fort. Elle préféra plutôt à penser à autre chose et se concentra sur le propos de son compagnon humain.

Il lui parlait de leurs différents durant leur mission d’enquête, mais aussi ce qui les motivait respectivement dans leurs actions. Il avait réfléchi aux propos de la générale Sylënn, et ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle avait raison en ce qui concernait ses idées utopistes. Puisque ces dernières se rapprochaient, pensaient-ils à ceux des danseurs de l’Opale, il songeait à adhérer à ce groupe. Tout comme Sibelle, il s'était satisfait du nouvel accord entre Sindeldi et Eruïons, mais regrettait l’ermitage que s’étaient à nouveau imposés les Rakhaunens. Il avait le désir de faire avancer les choses vers ce qu’il croyait être le plus juste. Dans cet ordre d’idée, il songeait à intégrer l’Ordre des danseurs d’Opale. Et finalement, après cette longue introduction, il en vint au but en demandant à Sibelle si elle pensait qu’il pourrait être accepté dans cet ordre malgré le fait qu’il soit humain.

D’une voix calme, compréhensive, elle lui répondit :

« À ma connaissance seuls les shaakts, les segteks et les garzoks ne sont pas admis…Et même là, il y pourrait peut-être y avoir exception. L’ordre te demande d’être fidèle à leur devise : C'est par ma seule volonté que mes armes se meuvent. Ce qui implique que tu pourrais être amené à désobéir aux ordres des Généraux afin de respecter ce qui te semble le plus juste. »

Elle s’arrêta un instant, examinant cet homme qu’elle considérait moins puéril qu’au tout début de leurs aventures communes.

« Si tu t’intéresses à cet ordre, je te conseille de te rendre à la commanderie de l’Opale et de demander la maître d’armes, Llyann'tar Thelwë. Elle saura t’orienter et t’aider à prendre une décision en ce qui concerne ton adhésion ou non à l’ordre. »

Le nom de Llyann’tar n’était pas inconnu à Jorus. Il se rappelait l’avoir croisé à leur retour à Nessima. Faisant référence à ses répliques sans filtre, il s’inquiétait à propos de l’impression qu’il avait laissée. Manquant d’assurance, il demanda à Sibelle de l’introduire auprès de la maître d’armes.

Sibelle plissa les yeux, tout en réfléchissant aux mots qu’elle allait choisir pour lui annoncer qu’elle ne lui accorderait pas la faveur demandée. Au bout de quelques secondes, elle décida que comme à son habitude elle ne tournerait pas autour du pot. Ce fut toutefois d’une voix amicale qu’elle lui annonça sa décision.

« J’ai apprécié ta compagnie tout au long de cette aventure, et même de la précédente, et ce malgré tes paroles acérées. Je vais te reconduire à la cour de la commanderie, mais je n’irai pas plus loin. Tu feras meilleure impression, si tu y vas seul, sans chaperon pour t’accompagner. »

Jorus, apparemment déçu, se contenta d’un hochement de la tête. Sibelle reprit alors sa forme ailée et plia ses genoux avant, afin de lui faciliter la montée. Après avoir pris son élan, elle prit rapidement de l’altitude et ce fut sans acrobatie qu’elle se rendit jusque dans la cour intérieure de la commanderie. Une fois à destination, elle laissa Jorus descendre et reprit aussitôt sa forme elfique afin de lui parler une dernière fois avant leur séparation.

Une certaine tension était palpable entre les deux compagnons. Non celle d’une rivalité ou d’une dispute, mais plutôt le sentiment de nostalgie qui gagne les gens qui se séparent après un agréable moment de partenariat. Malgré l’insolence du jeune homme et son bavardage incessant, Sibelle avait apprécié sa compagnie.
Sibelle eut à peine le temps de reprendre son corps de femme que Jorus prit la parole. Il se confondait en remerciement. Reconnaissant avoir usé de paroles blessantes envers la guerrière, il appréciait qu’elle ait passé par-dessus et qu’elle lui ait fait part de sa vision du monde. Il était également reconnaissant que Sibelle ait accepté de se prêter au jeu pour un combat sous le toit de la commanderie.

Pendant qu’il parlait, Sibelle avait empoigné une petite couette derrière sa nuque et sans quitter Jorus des yeux, elle en fit une petite tresse. Elle l'a coupa habilement à l'aide de sa dague elfique, puis elle fouilla dans son sac et en sortit une étrange boule de verre.

Elle tendit la tresse et la boule à Jorus et lui dit: "On se reverra. "

Moins bavarde que son compagnon masculin, elle avait préféré montrer sa gratitude par des cadeaux plutôt que par des mots. Sibelle était de celle qui n’aimait pas les adieux, elle préférait alors croire qu’elle le reverrait un jour, ce qui n’était pour le moment pas prévu. Peut-être se mentait-elle à elle-même, peut-être pas.
Surpris, Jorus voulut d’abord refuser les présents, précisant qu’il n’avait pour sa part rien à offrir. Sibelle étira ses lèvres en un mince sourire et lui répondit :

« On se reverra… et d’ici là, tu trouveras bien. »

Cela dit, elle se retourna, entama sa transformation en hippogriffe et s’envola.

((( Il faudra retirer la boule à neige de la fiche de Sibelle pour la mettre dans celle de Jorus)))

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Jorus Kayne
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Re: Commanderie d'Opale

Message par Jorus Kayne » lun. 28 sept. 2020 15:20

Je ne me lasse pas de voir Sibelle, dans sa forme animale, voler dans le ciel Naorien. Il va être difficile de trouver un présent à lui offrir, mais je ne désespère pas. J’ai le temps de réfléchir à ce qui pourrait lui plaire. En attendant je reste au sol avec une partie de ses cheveux, ainsi que cette étrange boule qui contient un liquide transparent, avec au fond comme des grains blancs.

(Tu sais ce que c’est ?)

(Non pas le moindre Ysolde. Faudrait peut-être la secouer ?)

(La secouer ? Espèce de petit pervers va ! Hihihi !)

(Quoi, pervers ? Mais non c’est juste… instinctivement…une idée qui m’est passée par la tête !)

(Et instinctivement tu t’es dit, je vais me secouer la boule ? C’est bien une pensée masculine hihihi !)

Ignorant les piques de ma faéra et joignant le geste à la parole, je secoue la boule pour renverser ces étranges grains. Alors que je contemple leurs chutes, mon esprit est projeté dans le passé. Je suis à la zone d’embarcation d’Oranan pour mon départ qui me mènera au Naora. La jeune Yürlüngür est présente, mais en ce moment, c’est pour Castamir que je n’ai d’yeux. L’elfe verte s’approche de moi et me dépose son baiser. Mes mains entourent son corps tandis que mes sens recueillent toutes les senteurs qui m’assaillent : sa peau douce, l’odeur des fleurs qu’elle arbore toujours sur elle et le goût fruité de ses lèvres. Mes yeux s’ouvrent de nouveau sur le Naora tandis que trois elfes grises me regardent étrangement. Il s’avère que j’étais tellement pris dans ce souvenir que j’en ai embrassé langoureusement la boule à neige. Malgré ce gros moment de gêne, j’ai encore ce goût fruité présent sur mes lèvres.

(Je te promets de vite revenir te retrouver ! Et toi Sibelle, merci pour ce cadeau !)

Il n’en faut pas plus à Ysolde pour revenir à la charge.

(Super ! A chaque fois que tu vas prendre cette boule tu vas te secouer le poignet en pensant à ton efle !)

(Mais arrête donc tes sottises et j‘avais raison pour la boule. Admet-le : je suis un génie !)

(Je dirais plutôt un dépravé chanceux ! Tout est question de point de vue. Déjà que tu lèches des boules !)

Alors que je contemple la boule à neige, un éclat brillant attire mon regard. Ne venant par de l’objet sphérique, je l’écarte de mon visage et me rapproche de la source lumineuse. L’éclat vient d’une pierre, incrustée dans la pierre, qui luit illuminée par le soleil.

(Il y a quelqu’un ?)

(Non il n’y a…attend !)

Un duo de gardes armés passent de derrière-moi pour quitter la zone. Au bout de quelques instants je fais signe à ma faéra que la voie est libre. Elle sort dans un premier temps la tête pour s’assurer de mes propos et s’en va virevolter vers la pierre.

(C’est bien ce que je me disais !)

(Tu sais ce que c’est ?)

(Non, pas du tout ! En revanche, je sens de la magie qui s’en émane. C’est léger, mais maintenant j’arrive à le percevoir.)

(C’est magique ce p’tit truc ? Je suis pas très rassuré, par expérience je sais que si c’est petit et magique, ça n’augure rien de bon !)

(Vraiment ?)

(Bien sûr ! Petit et magique sont deux facteurs majeurs qui rendent la vie pénible. Tu en es bien la preuve !)

(Ha, ha, ha ! J’me marre ! En attendant prend-là avec toi, je suis curieuse de savoir ce que c’est !)

Je sors ma dague et effrite quelque-peu la pierre pour faire ressortir l’étrange objet.

(Et comment tu comptes t’y prendre ? On va sur le marché brandir un p’tit caillou ?)

(Mais non bougre d’âne ! Un érudit magique saura l’identifier sans problème et je suis sûr qu’il y en a ici !)

(Nous verrons, ce n’est pas ma priorité pour le moment !)

Je range mes effets personnels dans mon sac et me tourne vers le bâtiment, pour y entrer avec une certaine fébrilité je dois l’avouer. Lorsque je rencontre la première personne, qui s’avère être un soldat, je me rapproche de lui les mains ouvertes. Il serait dommage de provoquer une altercation avec un quiproquo idiot.

"Bonjour, pourriez-vous me dire où se trouve la maître d’arme Llyann'tar Thelwë ? J’ai une demande à lui faire ? Je me nomme Jorus Kayne et je suis déjà venu avec une Hinïonne du nom de Sibelle la rencontrer, mais j’avoue ne pas avoir mémorisé le chemin."

Après un bref instant de réflexion, le Sindel finit par me guider plutôt que de me laisser arpenter seul les couloirs du bâtiment. Après une longue marche de couloirs et d’escaliers, je finis devant une porte que le garde m’indique. Il reste sur le côté de la porte, attendant visiblement que j’en ressorte pour me guider vers la sorte. Je le remercie et frappe à la porte, attendant que l’on me donne l’autorisation d’entrer. Une fois que j’entends l’approbation, je pénètre dans la pièce et m’adresse à la maître d’arme après m’être incliné.

"Dame Llyann'tar Thelwë, veuillez m’excuser du dérangement. Vous vous souvenez peut-être de moi je suis venu avec Sibelle à notre retour de notre mission, c’est d’ailleurs elle qui m’a orienté vers vous pour une demande particulière. Les récents évènements m’ont amené à réfléchir sur la personne que je veux devenir et de mon implication sur le monde. En ce sens, je souhaiterais rejoindre l’ordre des danseurs, si vous y consentez."

(Wahou ! Pas de bafouillement, ni de remarque ironique débile. Tu fais des progrès ma parole !)

(Merci Ysolde, mais là c’est pas le moment pour tes âneries !)

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Yliria
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Re: Commanderie d'Opale

Message par Yliria » lun. 28 sept. 2020 15:58

Intervention de Guilde pour Jorus

Assise à son bureau, les mains visiblement occupées à écrire avec une plume de faucon sur un parchemin déjà bien noirci d'encre, Lyann écoute Jorus avec attention avant de lui désigner le siège qui fait face à son bureau. Elle attend qu'il s'installe avant de prendre la parole à son tour.

- Je me souviens de vous, Jorus Kayne. J'ai eu des échos de vos actes, notamment ce duel contre Sibelle pas plus tard que tout à l'heure. J'imagine bien que c'est elle qui vous a parlé de notre Ordre et de ses principes, sinon vous ne seriez pas ici.

Calmement, elle repose la plume qu'elle tenait en main avant de croiser les mains sur son bureau, fixant Jorus d'un regard perçant où point une lueur de curiosité.

- Avant d'aller plus loin, j'aimerais savoir ce que vous savez de notre Ordre, de sa mission, de ses principes. Plus que cela, j'aimerais savoir précisément ce qui vous pousse à faire partie d'un tel Ordre. Soyez honnête, ce n'est pas un piège. Chacun a des motivations qui lui sont propres et même si nous avons tous un but commun, nous n'en sommes pas moins maîtres de nos pensées et de nos choix. Je peux également répondre à des questions si vous en avez, je tiens à donner toutes les cartes à ceux qui cherchent à nous rejoindre.

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Re: Commanderie d'Opale

Message par Jorus Kayne » mar. 29 sept. 2020 15:09

La maître d’arme m’écoute ce que j’ai à dire, malgré un travail qui semble important vue la quantité d’encre déjà utilisé sur le parchemin. Elle m’invite à prendre un siège et confirme se souvenir de moi. Elle a également eu vent de mon duel avec Sibelle et comprend aisément que c’est elle qui m’a évoqué l’Ordre et ses principes. Elle pose ensuite sa plume afin de croiser ses mains sur son bureau et me fixe intensément d’un regard gorgé de curiosité. Avant toute chose, elle souhaite savoir quelles sont mes connaissances sur l’Opale, sa mission, ses principes et bien entendu les raisons qui me poussent à venir à eux. Elle tient cependant à préciser qu’il ne s’agit en aucun cas d’un piège. Ceux qui souhaitent intégrer l’ordre le font pour des motivations diverses, mais ils doivent tout de même rester maître de leurs décisions et de leurs pensées. De plus, elle ajoute qu’elle se tient à ma disposition pour toutes questions afin que je comprenne ce qu’intégrer L’Opale signifie.

Avant de commencer à lui répondre, je tiens cependant à rassurer un point qui me semble important. Je pose le dos sur mon siège et la fixe dans les yeux.

"J’ignore ce que vous avez entendu concernant mon affrontement avec Sibelle, mais c’est une demande personnelle que je lui ai soumise. J’avais besoin de faire face à un adversaire qui soit bien supérieur à moi, de comprendre la différence de niveau pour franchir un cap. Mais je m’égare. Que sais-je de l’Opale ? Pour être honnête, j’ignore quel est le but précis de votre ordre, mais vos actes parlent pour vous. Vous êtes particulièrement ouvert pour des Sindeldi et avez renié cette supériorité à laquelle j’ai eu à faire face à plusieurs reprises depuis mon arrivée. Bien avant l’actuelle orientation de votre peuple, vous avez œuvré pour aider les Eruïons. L’un de vos membres est même une enfant d’un ou d’une Shaakt et je doute que cela aurait été bien vu dans d’autres régions du Naora. Sibelle semble avoir une grande estime pour vous et j’ai beaucoup d’estime pour elle et son sens de la justice. D’ailleurs, vous n’obligez pas vos membres à suivre aveuglément les ordres ou indications que vous leurs donnez, car c'est par ma seule volonté que mes armes se meuvent."

Je prends le temps d’une respiration avant de poursuivre.

"La raison qui m’a poussé à venir ici est l’état actuel des Rakhaunens, qui se sont à nouveau confinés sous terre. J’ai un profond sentiment d’inachevé concernant ces évènements et je me désole de voir qu’ils ne parviennent pas à oublier cette haine qu’ils ont. J’ai été traité d’utopiste et cela a fait échos en moi. Un seul être, aussi dévoué qu’il peut être pour une cause, a de bonnes chances de passer pour un fou s’il est seul. Cependant si d’autres individus possèdent les mêmes idéaux, alors les choses ont plus de chances de réussir et je me dis que si un peuple entier peut se cacher durant des milliers d’années, il n’est pas impossible que d’autres évènements aussi majeurs existent sur tout Yuimen."

Je m’arrête une nouvelle fois et me penche en avant sur mon siège comme pour appuyer mes propos.

"Le jour où les utopistes devront tendre la main pour résoudre des conflits pacifiquement, ils devront faire front commun et je veux être présent pour y apporter mon aide. C’est en somme, l’idée que je me fais des Danseurs d’Opale et la raison de ma présence. Reste à savoir si je me suis fourvoyé, si je peux apporter mon aide à l’Opale et si l’Opale peut m’aider dans mes idéaux utopistes !"

Je m'arrête avec un petit sourire en coin, comme si le fait d'être traité d'utopiste m'amusait.

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Re: Commanderie d'Opale

Message par Yliria » mar. 29 sept. 2020 16:04

Intervention de Guilde pour Jorus

Silencieuse, la maître d'armes écoute patiemment Jorus tandis qu'il exprime ses pensées et opinions. Elle hoche la tête à plusieurs reprise, vraisemblablement intéressée par les propos du jeune homme qui vient se présenter à elle. Un discret sourire fleurit sur ses lèvres lorsque Jorus termine son discours et c'est avec calme qu'elle lui répond, appuyant elle aussi son dos contre le dossier de son siège.

- Je vois que vous avez mûrement réfléchi vos actions. Concernant le duel avec Sibelle, cela ne me regarde pas, mais je vous remercie de ses précisions, j'espère que vous avez trouvé ce que vous cherchiez. Je vais commencer par vous expliquer l'esprit et la mission de l'Opale, et cela passe par un petit cours d'histoire. L'histoire de l'Ordre, mais aussi des Sindeldi dans leur ensemble. J'imagine que vous le saviez, mais les Sindeldi ne sont pas originaire de Yuimen. Nous venons d'un monde nommé Eden où Sithi, notre déesse, notre créatrice, arpentait le monde à nos côtés. C'est dans un contexte trouble que furent créé les Danseurs d'Opale. À l'origine, nous étions un ordre militaire dont la mission était de protéger le peuple Sindel en ne rendant compte qu'à Sithi, et à elle seule. Elle était la volonté de notre ordre et c'est de là que naquit cette devise que vous connaissez.

Elle s'arrêta un instant, semblant chercher ses mots avec soin, avant de reprendre.

- Mais nous avons failli. Eden a été détruite, notre Ordre réduit à néant et le Clergé, fanatique et responsable de la situation, a pris le contrôle et asservi notre peuple avec de faux préceptes lui assurant un contrôle total de l’Histoire d'où nous avons été rayé ou traité en hérétiques. Notre mission a alors changé drastiquement. Notre but est toujours de protéger les Sindeldi, bien sûr, mais pas que. Nous souhaitons l'Harmonie et l'Equilibre sur Yuimen. Vous pensez être utopiste, Jorus Kayne ? C'est le fondement même de notre mission. Ne pas laisser un pouvoir surpasser les autres, veiller à l' équilibre entre les peuples et pas seulement pour les Sindeldi.

Un léger sourire fleurit sur son visage.

- C'est pour cela que nous avons la toute première semi-shaakte dans nos rangs. Humain, Hinions, Taurions, Earions, Thorkins, peu importe. C'est la volonté qui compte. Nous luttons autant par les armes que par des moyens détournés, selon la situation. Nous luttons contre Oaxaca, contre la tyrannie du clergé, l'abus des fluides ou l'esclavage des shaakts pour éviter que Yuimen ne subisse le funeste sort d'Eden. Nous agissons dans tout Yuimen, pas seulement au Naora où il nous faut rester discrets tant que le Clergé sera aussi puissant.

Un léger silence s'ensuit, comme si elle laissait le temps à Jorus d'assimiler toutes ces informations.

- Nous sommes certes des utopistes aux yeux de certains, mais nous nous donnons les moyens de parvenir à nos fins. La situation actuelle avec les rakhaunens est en partie le résultat de notre intervention – Yliria en tête – pour éviter l'anéantissement de ce peuple, de celui des Eruïons ou le nôtre. Un équilibre précaire, certes, mais qui est un terreau fertile à bien plus dans l'avenir. Êtes-vous toujours prêt à rejoindre notre Ordre après avoir entendu cela ? Une telle décision ne peut être prise à la légère, puisqu'elle pourrait vous coûter la vie, un jour. N'ayez pas peur de bien y réfléchir.

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Re: Commanderie d'Opale

Message par Jorus Kayne » mer. 30 sept. 2020 15:28

J’écoute avec la même attention et respect que m’a présenté la maître d’arme. Elle commence par me rassurer concernant mon duel avec Sibelle et espère que j’ai trouvé ce que je cherchais. Commençant son explication détaillée de ce qu’est l’ordre de l’Opale, elle débute avec un cours d’histoire de l’Ordre, mais aussi des Sindeldi.

"J'imagine que vous le saviez, mais les Sindeldi ne sont pas originaire de Yuimen. Nous venons d'un monde nommé Eden où Sithi, notre déesse, notre créatrice, arpentait le monde à nos côtés. C'est dans un contexte trouble que furent créé les Danseurs d'Opale. À l'origine, nous étions un ordre militaire dont la mission était de protéger le peuple Sindel en ne rendant compte qu'à Sithi, et à elle seule. Elle était la volonté de notre ordre et c'est de là que naquit cette devise que vous connaissez."

Après un bref instant, elle poursuit en expliquant qu’après la destruction d’Eden, l’Ordre a tout perdu tandis que le Clergé, responsable de cette situation, s’est octroyé les pleins pouvoirs sur le peuple Sindel, transformant l’histoire où l’Ordre est devenu un groupe d’hérétiques. Cela a changé le but des Danseurs, car en plus de protéger les Sindeldi, ils cherchent à atteindre l’Equilibre et l’Harmonie sur Yuimen. Alors qu’elle continue en expliquant que les fondements de leur mission sont utopiques et qu’ils veillent à ce qu’un pouvoir ne surpasse pas les autres, afin de veiller à l’équilibre entre tous les peuples, je me perds lentement dans ce concept d’harmonie. Cependant, même si les mots de Panaka résonnent en moi, je doute qu’il s’agisse là de ce qu’il voulait me faire comprendre.

Elle sourit en poursuivant que c’est ainsi qu’est venu la première semi-Shaakt dans l’ordre, car peu importe la race, c’est la volonté qui détermine si l’individu est accepté ou non pour œuvrer ensemble. Ils luttent autant par les armes que par d’autres méthodes dépendants du contexte. Leurs ennemis sont nombreux et vont d’Oaxaca, à la tyrannie du clergé, sans oublier l’esclavage des Shaakts et bien entendu, que Yuimen ne subisse le même sort qu’Eden. Ils n’agissent pas seulement sur le Naora mais partout sur Yuimen, même si la puissance du clergé impose la prudence. Elle me regarde voyant que je tente d’assimiler le flot d’informations qu’elle me donne, puis poursuit avant de me donner la parole.

"Nous sommes certes des utopistes aux yeux de certains, mais nous nous donnons les moyens de parvenir à nos fins. La situation actuelle avec les rakhaunens est en partie le résultat de notre intervention pour éviter l'anéantissement de ce peuple, de celui des Eruïons ou le nôtre. Un équilibre précaire, certes, mais qui est un terreau fertile à bien plus dans l'avenir. Êtes-vous toujours prêt à rejoindre notre Ordre après avoir entendu cela ? Une telle décision ne peut être prise à la légère, puisqu'elle pourrait vous coûter la vie, un jour. N'ayez pas peur de bien y réfléchir."

Bien adossé contre mon siège, je fais la part avec ce que je sais désormais de l’Ordre. Même en me mettant en garde face à de futurs périls, je ne suis pas mitigé devant la décision à prendre. Cependant, il y a un point qui m’a titillé l’esprit depuis que j’en ai entendu parler et même si je n’ai pas eu la possibilité de voir un prêtre, ce qui est finalement une bonne chose vu le contexte du clergé, la maître d’arme sera probablement en mesure de répondre à ma question.

"Avant de vous répondre, il y a un point que j’aimerais éclaircir. Même si je ne suis pas les préceptes des dieux et ne vis que selon mes codes, je pensais avoir eu vent des principaux. Hors il s’avère qu’il existe une déesse dont j’ignorais l’existence et si je ne m’abuse, elle est rattachée à la lune. Je n’ai pas connu mes parents ou j’étais trop petit pour m’en souvenir. La vie m’a finalement poussé à fuir ma ville natale en laissant des proches derrière moi. Malgré cet éloignement forcé, je trouvais du réconfort lorsque je regardais la lune car je me disais que même loin, je pouvais voir la même chose que mes amis et me rapprocher d'eux. Avec le temps, j’ai fini par associer la lune à mes proches ou mes défunts parents qui veillaient sur moi. Je comprends que pour un humain, parler de la lune ainsi doit vous paraître étrange voir absurde, mais…pourriez-vous me parler de votre culte ? Si je ne m'abuse, il s'agit là d'un élément centrale de votre Ordre non ?"

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Yliria
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Re: Commanderie d'Opale

Message par Yliria » jeu. 1 oct. 2020 12:21

Intervention de Guilde pour Jorus

La question ne semble pas surprendre la maître d'armes qui prend tout de même le temps d'une courte réflexion avant de répondre à la question du jeune humain.

- Pour nous, Sithi n'est pas une déesse au sens où vous l'entendez. C'est un être supérieur, certes, mais elle est la première d'entre nous, notre Mère à tous, elle a veillé sur nous pendant des millénaires et arpentait notre monde natale à nos côtés. Plus qu'à la Lune, elle est rattachée au Crépuscule, même si ce n'est pas inexacte de l'associer à l'astre lunaire. Ce que je vais vous expliquer, c'est notre version de Sithi, et certainement pas celle du clergé, détournée pour servir ses intérêts.

Elle fait une courte pause avant de reprendre.

- Vous devez bien comprendre que notre Ordre, comme Sithi, n'est ni bon, ni mauvais. Sithi représente la dualité du bien et du mal. Elle peut être l'un, puis l'autre, ou les deux en même temps, mais elle se situe généralement dans les nuances de gris qui se trouvent entre les deux. Elle est l'équilibre. Si elle est centrale pour notre Ordre, c'est parce qu'elle est centrale aux Sindeldi et que ses préceptes nous sont restés et que nous avons fondé notre Ordre sur eux. Certains la considèrent comme une véritable entité à prier, d'autres comme une présence rassurante ou même une figure maternelle, comme une guide, une femme d'une grande sagesse ou une alliée au cœur du combat. Il n'y pas une seule façon, dans notre Ordre, de vouer son culte à Sithi et cela va du simple respect à une admiration sans borne, bien que tout fanatisme soit proscrit en notre sein. C'est notre protectrice, notre guide, en aucun cas une entité qui veut contrôler notre Destin, comme cela peut être perçu. Ce que vous devez comprendre Jorus Kayne, c'est que vous devez vous faire votre propre opinion, votre propre vision de ce qu'est Sithi, car c'est ainsi que nous voyons les choses. Si c'est par votre seule volonté que vos armes se meuvent, il en est de même pour votre esprit, vos croyances, votre façon de vire et de décider de vos actes. Priez si tel est votre désir, mais n'y voyez aucune obligation.

Un léger sourire orne alors son visage après ces mots.

- Si vous trouvez du réconfort en observant la Lune, cela peut être votre façon à vous de percevoir notre protectrice, et nul parmi nous ne trouverait ça absurde, bien au contraire. J'espère vous avoir dressé un portrait éclairant, même si d'autres auraient été plus à même de vous expliquer mieux que moi, et avoir répondu à vos interrogations.

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