Le Port de Tulorim

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Gamemaster6
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Re: Le Port de Tulorim

Message par Gamemaster6 » dim. 21 juin 2026 12:18

La Fracture du destin
Appât du gain à pas feutrés
Fenouil


IV

Nul bruit ne se fait entendre malgré les trois coups portés par le gobelin. une minute passe, puis une autre. Et, enfin, la porte s'ouvre sur une pièce sombre à l'odeur bien différente du porte. Une odeur acre d'encens parfumé emplit l'air et les narines du gobelin qui, malgré la pénombre, peut discerner une silhouette au milieu d'une douzaine de bougies allumées sur un comptoir et des étagères. La silhouette , encapuchonnée, lui fait signe d'entrer tout en allumant une autre bougie sans aucun autre artifice qu'une caresse de la main. De la magie, sans doute.

loin de rester dans l'obscurité, l'inconnu se dévoile peu à peu, à mesure que les bougies sont allumés. Sa peau est pâle, son crâne chauve et sa peau recouverte d'étranges symboles semblables aux runes que Fenouil a cherché à ramasser. Il fixe le gobelin d'un regard perçant tandis qu'il approche dans la pièce. la porte se referme derrière lui en un lent et long grincement qui ferait frissonner n'importe qui/ L'inconnu, sans doute le fameux Scribe, reste de marbre jusqu'à ce que Fenouil s'approche suffisamment près. Alors, seulement, commence-t-il à parler d'une vois sifflante.

« Bienvenue, mon jeune ami. Si on vous a dirigé vers moi, c'est que vous avez plus que des choses à vendre, n'est-ce pas ? Dites-moi donc ce que vous vous voulez, en détail.»

Il laisse apparaître quelques dents dans un sourire commercial. Et Fenouil peut noter que ses dents aussi comportent les mêmes symboles que ceux présents sur sa peau.
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Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Fenouil
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Re: Le Port de Tulorim

Message par Fenouil » jeu. 25 juin 2026 14:27

Suite aux coups portés à la porte et à l’appel que je fis, j’attendis. Et j’attendis encore, fixant l'œil sans m’impatienter. Je n’avais pas vraiment d’autres choses à faire, et j’étais pas du genre à devoir être toujours occupé pour me sentir bien, au contraire, la flânerie était toujours la bienvenue.

Lorsque la porte s’ouvrit enfin, je sursautai, sans pour autant émettre de son. La pièce qui s’offrait à moi était sombre, mais je pouvais y voir un occupant grâce aux bougies qui y étaient allumées et à ma bonne acuité visuelle.

Après avoir fait quelques pas dans cette pièce, l’odeur parfumée des chandelles allumées envahit mes narines.

( 1, 2, 3, 4, 5,6,.....7,8,...9,...10, 11 et 12 )


J’aimais bien les chandelles lorsqu’elle exaltait une odeur différente de celles-ci, mais il me semble que quelques fenêtres auraient pu aussi faire l’affaire.

Au centre de ces bougies se tenait un être apparemment vêtu seulement d’une tunique munie d’un capuchon. Mon regard s’attarda d’abord sur les innombrables symboles parcourant son corps. Mon premier réflexe fut de penser qu’il aurait dû se servir d’un parchemin, car il n’aurait bientôt plus de place pour y ajouter un autre symbole, et ensuite encore plus difficile de les consulter.

(...13 )

Mais tout en m’approchant de la silhouette qui m’avait fait signe de la main, je réalisai qu’il s’agissait de tatouages. J’avais toujours apprécié regarder les différents tatouages imprégnés sur la peau des gens, un peu comme une œuvre d’art mouvante. Par contre, il n’était pas question d’en avoir sur la mienne. Juste imaginer l’aiguille transpercer ma peau, j’en frissonnais. Et puis, je pourrais difficilement les admirer, s’ils étaient sur mon propre corps. Se faire tatouer, c’est pour les autres, pas pour soi..J’aimais bien faire plaisir aux gens pour autant que ça ne me fasse pas souffrir et que je reçoive un petit quelque chose en retour.

Une voix sifflante me sortit de mes réflexions et détourna mon regard des tatouages de son ventre pâle pour le porter sur sa tête. Apparemment chauve, du peu que je pus voir sous la capuche, mais joliment décorée tout comme le reste de son corps.

Ses yeux, différents de celui de la porte, me fixent intensément.

Me souhaitant la bienvenue, il insinua que si j’étais venue vers lui c’est que j’avais n’avait pas que des choses à vendre. Il me pria de lui dire ce que je voulais en détail. Bien que son ton était amical, j’éprouvais une certaine crainte à son endroit, sans savoir pourquoi.

De ma main droite, je me grattais le sommet de ma tête… Il semblait savoir plus que moi, ce que j’étais venu chercher. Je fus d’abord un peu nerveux, souhaitant lui apporter la bonne réponse, puis je repris mon calme.

( Si quelqu’un sait ce que je veux, ça doit être moi… )

Légèrement intimidé, je repris confiance et je déclarai.

“Et bien, je voulais vous vendre ma rune, car j’aime bien remplir ma bourse de yus le plus possible, j’aime avoir l’estomac plein, et présentement il est vide, et puis je suis à la recherche d’Azalée, ma bien-aimée.”

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Cromax
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Re: Le Port de Tulorim

Message par Cromax » ven. 26 juin 2026 11:27

Trouver le Fascination s’avère plus complexe que prévu. Le port grouille de monde, emplissant les quais d’un tumulte bruyant. Les odeurs marines se mêlent à la transpiration âcre des dockers et marins en plein travail. Ça se bouscule, ça se dispute, ça presse et ça crie. Difficile de se concentrer dans tout ce chaos portier, d’autant que les navires accostés sont nombreux et que leurs pavillons pas tous dressés ne m’aident en rien à trouver ma cible, pas plus que des noms clairement identifiables sur leurs coques.

Il me faudra passer du temps à quérir l’information. Et au lieu d’une longue observation, je décide de me tourner vers la recherche active de témoins. Un pareil bateau, avec une telle réputation, ça doit faire parler dans le milieu. Dans mon errance inspectrice, je croise la route de deux gaillards se prenant le chou sur une affaire pécuniaire. Un petit gros subit les foudres d’un garzoks aux choix vestimentaires douteux. Quelle idée de porter du rouge quand on a une gueule toute verte, hein ? On n’est pas tous égaux face à la mode : j’ai de la chance que mon teint d’argent me permette plus de liberté à ce niveau. Ça, ou ma capacité à changer de couleur comme de chemise. Je m’introduis donc au coeur de leur conversation en m’approchant ostensiblement.

“S’cusez messieurs, ce sera pas long. Joli chapeau, au passage.”

J’attire leur regard avant de les saluer d’un franc signe de tête.

“Vous avez l’air d’en connaître un bout sur les va-et-vient des quais. Il m’a été rapporté qu’un navire dénommé le Fascination – un bâtiment kendran servant de casino sur quille – avait mouillé dans le coin. Auriez-vous l’obligeance, si vous en savez quelque chose, de m’indiquer sa dernière position connue ?”

Un sourire vaillant, une bourrade amicale sur l’épaule de l’orque et un tapotis gentillet sur la tête de bouboule ponctuent mon intervention.

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Gamemaster6
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Re: Le Port de Tulorim

Message par Gamemaster6 » dim. 28 juin 2026 13:19

La Fracture du destin
Appât du gain à pas feutrés
Cromax
VI
Soucieux de gagner du temps et d'éviter d'en perdre en cherchant vainement un bateau avec pour seule indication son nom et sa provenance, Cromax se renseigne doc auprès des gentilhommes locaux. Lesquels le fixe avec des regards allant de l'incompréhension la plus totale au scepticisme le plus profond. Si Le Garzok se sent flatté du compliment sur son chapeau - fort beau au demeurant malgré sa couleur à revoir - il apprécie en revanche beaucoup moins la tapote amicale sur son épaule. Et l'humain n'est pas plus enjoué de se voir traité comme une enfant, à se faire tapoter le haut du crâne. Il es déja dégarni, autant éviter de retirer ce qui peut encore être conservé. Mais c'est le garzok qui prend la parole, avec un accent à couper au couteau.

Oï s'pèce d'ec'visse d'rempart, t'crois où ? T'malad d'causer com'ça ? N'dirait un d'ces nobles. N'touche pas al cap'taine Fend l'mer, rat d'cale ! T'raffiot t'cherche l'mouille plus haut. L'gars du port n'aiment p'trop c'genre d'trafic. M'dis qu'c'est une 'stoire d'gros sous. R'garde d'rrière l'dernier quai. 'Vec un nom com'ça, doit s'passer d'trucs pas net en d'dans.


L'humain qui faisait la conversation au Garzok propose alors à Cromax de lui traduire ce borborygme infâme en une phrase compréhensible, réveillant aussitôt la querelle qui s'était assoupie après l'intervention de Cromax. Si ce dernier veut plus de détails, il peut toujours demander au duo qui semble étrangement amical malgré le fait qu'ils s'écharpent oralement, de copieuses insultes fusant des deux côtés (l'un plus compréhensible que l'autre ). Sinon, il a la direction probable du navire, à savoir les abords de l'extrême est des quais, loin de tous les autres navires.

Un gobelin dans la ville
Fenouil
IV
Mal à l'aise face à l'apparition du Scribe, Fenouil ne va pas se sentir mieux lorsque celui-ci s'approche d'une démarche si étrange qu'il semble presque flotter sur le sol plutôt que d'y marcher. Ses yeux fixent el gobelin sans cligner, créant un malaise grandissant chez le pauvre gobelin dont la demande est pourtant des plus banales. Sans un mot, el Scribe tend la main pour observer cette fameuse rune. Au centre de cette paume, est désigné le même œil qui était sur la porte d'entrée et, plus surprenant, une étrange cicatrice se trouve en son centre. Comme si la main avait été percé de part en part, puis soigné, ne laissant qu'une marque ressemblant vaguement à une étoile à de nombreuses branches. Une fois la rune déposée, le scribe referme les doigts autour et inspire, comme s'il appréciait particulièrement el moment. Puis il soupire.

Hmmmmmmmm. Très bon, oui... rareté nouvelle, loin de celles inscrites dans les registres... une forme, oui. Utile, bien sûr hmmmm....

Il ouvre finalement les doigts et glisse la rune dans une poche d'où il en sort quelque pièces qu'il tend au gobelin avec le même sourire qu'il a eu précédemment.

De quoi calmer votre faim. Quant à votre bien aimée, je peux certainement vous aider.

Il retourne derrière son comptoir avec cette même étrange démarche. Fenouil aura beau fixer, il ne verra jamais ses pieds ou le moindre mouvement sous la brure qui les dissimule.

Dites m'en plus...

Enquête à têtes
Nhaundar & Cie
V.1

Mené par la petite fille - Marcilla, donc - Nhaundar fait un rapide crochet dans une quincaillerie des plus bordélique. Apparemment tenu par l'un des oncles de la jeune fille, aux dires de cette dernières. Et s'il a le droit à un regard scrutateur de la part du commerçant - oncle Marol apparemment - il réussit à vendre ses biens et à se procurer une unique bougie d'une vingtaine de centimètres, en cire d'abeille locale.

Sur le trajet qui suit menant au porte, Marcilla essaie donc de comprendre de quelle crique l'elfe peut bien parler, parce que ce n'et pas ce qui manque dans le coin. Et qu'elle n'a d'ailleurs pas le droit d'y aller seule, à son plus grand désespoir.

Y'en a plein des criques ! Surtout quand tu vas vers Yarthiss ! Mais y'en a des jolies. Et d 'autres qui sont dangereuses. Papa dit que les gobes-soulards aiment bien aller à la crique du Croisillon. Et qu'il y'a des sirènes à la crique De la Pierre Blanche. Faut toujours y aller avec les oreilles bouchées, et il paraît qu'elles attirent les gens dans l'eau pour les manger. Ça doit pas être bon de manger des gens, faudrait leur dire d'arrêter, elles vont être malades.

Et tandis qu'elle papote gaiement en affirmant ne pas vouloir être mangée, elle mène Nhaundar au port et au milieu de celui-ci. C'est avec une aisance déconcertante qu'elle slalome entre les travailleurs, marins, pécheurs, ouvriers et autres artisans liés au port. Elle attend même plusieurs fois Nhaundar qui peine bien plus à se faufiler qu'elle, surtout que de nombreux regards fort peu amicaux se tournent vers lui. Il voit même quelques signes menaçants porté à son encontre. Peut-être qu'aller, dans un port en tant qu'elfe noir n'était pas la meilleure des options. Mais Marcilla semble ne même pas s'en rendre compte et le conduit tout droit vers un rassemblement d'une demi douzaine de petits bateaux de pêches où des hommes s'affairent pour la journée du lendemain, afin que tout soit près avant le lever du soleil. Elle désigne un bateau en particulier, où trois hommes s'y affairent. L'un clairement plus âgé que les deux autres, à peine adultes.

C'est eux...Je t'attend là, j'l'aime pas trop, il me fait peur. Tu fais vite, hein ? ça pue le poisson.
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Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Fenouil
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Re: Le Port de Tulorim

Message par Fenouil » jeu. 2 juil. 2026 02:20

Avant de répondre aux doléances que je lui avais fait, à sa demande. Il s'approcha de moi... d'une façon qui me fit penser à un fantôme... ce qui ne me rassura pas du tout. En fait, j'avais toujours affirmé, ne pas avoir peur des fantômes... c'était facile à dire car j'en avais jamais rencontré... mais là, est-ce qu'il en est un ?

(Non, non... il marche juste bizarrement... juste bizarrement.)

Afin de me changer les idées, je cessai de regarder ses pieds pour plutôt me concentrer sur son visage. Ce qui n'était guère mieux, car il me fixait intensément sans cligner des yeux...alors que les miens n'ont cesser de cligner.

Il tendit enfin sa main, et je me sentis obliger de lui remettre la rune.

(En fait, c’était pour ça que j’étais là, non? )

Ce faisant, je vis l’oeil au creux de sa main, et je compris que c’était avec celui-là, qu’il allait observer sa future rune. Sa main fermé sur la rune, il semblait y prendre un certain plaisir… après un petit bout de temps il me dit que la rune était d’une rareté nouvelle, et utile… Je le crus sur parole, de toute façon, je ne pouvais faire autrement.

Puis, il ouvrit sa main, mit la rune, désormais sienne dans sa poche, et me remis quelques yus. Je n’eus pas le temps de m’y intéressé et encore moins de les compter qu’il me dit que j’en avais suffisamment pour calmer ma faim. Retournant derrière son comptoir, il me demanda d’en dire plus.

(En dire plus? )


Surpris par les trois mots du scribe, mon poing fermé sur mes yus récemment gagnés, je lui répondis:

" Vous dites que vous pouvez m'aider à retrouver Azalée...comment est-ce possible ? Je n'ai aucune idée d’où elle est...donc je me promèene un peu partout sur les différents continents en me disant qu'un jour je la retrouverais...espérant qu'il me reconnaitra"

Il me demanda de nouveau de lui en dire plus sur elle et ensuite, il pourrait me dire s'il pouvait m'aider.

Emballé par l'espoir de retrouver Azalée, je me mis à parler avec entrain, oubliant mes craintes vis à vis le scribe.

"Hum... C'est une guerrière humaine et elle est très jolie. Elle a les cheveux rasés sur les côtés, mais plus long sur le sommet et d'ordinaire attachés en queue de cheval. Et puis... "

Je m'arrêtai soudainement et fouillai dans ma besace pour en sortir la broche dorée d'Azalée.

"Cette broche lui appartenait avant que je la trouve dans sa besace."

(((Fenoui en dit plus sur Azalée suite à la demande du Scribe et sort un bijou qui se trouve dans sa besace (objet rp) )))

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Nhaundar
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Re: Le Port de Tulorim

Message par Nhaundar » sam. 4 juil. 2026 04:29

XI 17 Le parfum des quais.

XI 18 Le pouvoir des yus.


Poussé par ma demande, la jeune fille du nom de Marcilla m’emmène dans une quincaillerie à l’organisation, disons… singulière. Les objets divers et variés s’entassent les uns sur les autres, sans aucune forme de logique. Des chaises côtoient des lames, des lanternes, des parfums même, et ce à plusieurs endroits de la boutique. Mon regard ne s’attarde pas énormément sur ces objets, puisque je suis surtout venu ici pour remplir ma bourse de yus et non la vider.

Le propriétaire des lieux, à défaut de posséder un sens de l’ordre dans sa propre boutique, a au moins le mérite d’accepter ma présence dans ces lieux et regarde avec intérêt ce que je lui propose. Nous nous accordons sur un prix, non sans qu’il me propose d’autres objets pouvant susciter mon intérêt.

Hélas pour lui, je n’ai aucun besoin d’un tabouret, je ne compte pas me servir d’un set entier de casseroles pour faire la cuisine et n’ai aucune envie de tapisser le sol d’une demeure imaginaire. Néanmoins, son insistance a le mérite de me rappeler mon besoin d’une bougie. Devant aller à la crique pour retrouver la zélote de Zewen, nous aurons besoin de nous protéger des créatures qui s’y trouvent.

Je n’ai donc qu’un seul yu à dépenser pour pallier cette urgence.

Puis Marcilla m’emmène jusqu’au port afin de retrouver le paternel de Freir, si celui-ci n’y est pas. En chemin, j’apprends des informations concernant la crique. Il n’y en a pas qu’une.

(Ha !)

Il est vrai que je n’ai pas demandé de précision au chef et, du coup, en présence de plusieurs zones potentielles, il va être difficile de trouver la bonne, m’obligeant à retourner voir ma source. Cependant, la jeune fille n’est pas avare d’informations. Par exemple, à la crique du Croisillon se trouvent des gobes-soulards. Des créatures dont j’ignorais l’existence quelques secondes auparavant, et je me demande si elles sont capables d’altérer l’acuité auditive des ivrognes, au vu de leur nom.

Mais c’est la mention de la crique de la Pierre Blanche qui retient mon attention. Non pas que des sirènes y résident, mais ma guide me confirme qu’il faut se boucher les oreilles pour ne pas souffrir de leur pouvoir d’attraction. Elle termine ses explications sur l’importance de ne pas manger des gens, un tel régime pouvant rendre ces créatures malades, me tirant un petit sourire amusé devant son innocence touchante.

Ce n’est que peu après ses explications que nous arrivons au port à proprement parler. On y trouve tout ce qu’on s’imagine : l’odeur de poisson très prenante, la multitude de caisses de marchandises transformant les lieux en un labyrinthe géant, les travailleurs du port, les marins transportant des marchandises, les pêcheurs apportant la récolte du jour, les appels concernant l’équipage d’un bateau, les menaces de mort à la simple vue de ma personne, les transactions pécuniaires passant d’une main à l’autre. Bref, tout ce qu’on s’attend à voir dans une telle zone, ou presque.

Plus le temps passe, plus je m’enfonce dans le secteur et plus les regards lourds de sous-entendus à mon égard se multiplient. Je commence à regretter d’être venu ici. Si quelque chose devait se produire, je n’aurais jamais assez de mana en moi et dans mes potions pour tous les griller. Et qu’arriverait-il à Mange-Botte ?

Non, il me faut prendre sur moi et essayer de rester en vie. Je prends mes informations et je me casse rapidement.

La petite possède une aisance à circuler dans le secteur que ma taille, ma teinte de peau et mon inexpérience me font défaut pour égaler. Néanmoins, elle finit par me conduire dans une zone où se trouvent des bateaux de pêche. Un en particulier, où trois hommes, dont un plus âgé que les deux autres, s’affairent.

Marcilla identifie les individus, mais, effrayée par la présence du plus vieux du groupe, elle préfère rester en retrait. Je n’insiste pas pour qu’elle m’accompagne ; elle s’occupera de Mange-Botte le temps de ma présence.

« Pas de bêtises, je n’en ai pas pour longtemps. » fais-je en caressant l’imposant animal, sans me rendre compte que je couine près de lui, avant de me diriger vers le trio.

C’est d’un pas lent que je m’approche du groupe, craignant que la présence soudaine d’un shaakt ne provoque des gestes maladroits avec une lame, une corde ou même un de ces poissons capables de me transpercer de part en part avec leur long appendice pointu en guise de bec.

Lorsque je suis à quelques mètres d’eux, je m’arrête pour leur adresser la parole en mobilisant ma magie.

« Pardonnez-moi, messieurs, j’aurais besoin de renseignements et d’assistance. Je suis sûr que nous serons en mesure de nous satisfaire mutuellement. »

Avant d’aller plus loin dans les informations, je préfère tâter le pouls des hommes qui me font face et use de ma magie psychique sur celui qui semble être le père de famille afin de les amener dans mon sens.

En secret, j’use du sort Chuchotements pour instiller une idée dans l’esprit du patriarche : des yus faciles à se faire !

Ils aiment l’argent. J’espère m’attirer leurs faveurs en agissant ainsi. Tous tournent la tête dans ma direction. Si les deux plus jeunes dardent un regard vers le paternel, celui-ci me fixe avec l’intention de m’empaler par la seule force de son regard.

(C’est histoire de m’impressionner sans doute.)


Il se met à racler fortement sa gorge et crache un mollard énorme et gluant dans la mer.

(Une attitude sûrement… rituelle pour un marin, ou une grosse huître coincée entre les dents… sans nul doute.)

Si je ne me sens pas très à l’aise en l’état, je tâche de ne rien montrer tandis que mon interlocuteur prend la parole.

« Nous satisfaire mutuellement ? La seule chose qui me satisferait, c’est de ne pas voir ta sale gueule dans les parages. Fous le camp avant que je m’occupe de ton cas. »

(Ha… oui… c’est… comment dire… une approche compliquée.)

Mon doute se mue en une forte hésitation à foutre le camp. Ma simple teinte de peau pourrait me faire voir le fond de la mer, attaché à l’ancre d’un bateau. Je ne reste que pour les informations que je pourrais glaner et la possibilité de trouver une embarcation pour la crique, fortement compromise en l’état. Face à la réaction de l’homme, j’ai franchement l’intention d’écouter son conseil et de foutre le camp sans plus tarder.

J’ai cependant une certaine fierté et je ne compte pas partir sans essayer, ne serait-ce qu’un peu plus. Une dernière tentative, sachant que je ne risque rien de plus que ma propre vie.

« Votre réaction est compréhensible. Les miens n’ont pas bonne réputation et, si tous ne sont pas ainsi, j’ai conscience de la futilité d’une potentielle tentative. Cependant, je suis là pour le compte de l’académie. Un certain Freir aurait trouvé des runes qui intéressent nos érudits et il semblerait qu’il soit de votre sang. J’aurais souhaité savoir s’il en avait trouvé d’autres et, si tel est le cas, nous pourrions acheter des runes inconnues pour enrichir nos connaissances. »

Fixant mon interlocuteur dans les yeux en quête d’un signal de mise à mort, je perçois dans son regard une étincelle : l’appel des yus. Sans pour autant se départir de son mépris envers moi, il devient plus enclin à échanger.

Commençant par évoquer les problèmes que le garçon apporterait, il explique qu’il rentrera le soir venu. Une rouste patriarcale lui est promise dans le cas contraire. Je pourrais lui parler à ce moment-là, non sans payer une somme correcte pour son aide, et, dans le cas contraire, la vindicte du père m’est promise.

Face à ce changement, une réflexion naît en moi.

(La magie. De nombreuses études pour en comprendre le fonctionnement et pourtant, c’est par le biais de l’argent que j’ai réussi à faire passer au second plan la terrible réputation des shaakts. Voilà un pouvoir qui ne tire sa source d’aucune magie. Est-ce qu’un érudit a tenté de reproduire cet effet par le biais d’un sortilège ?)

« Très clair. Une rétribution adéquate. Ni trop pour moi, ni trop peu pour vous, tel est mon souhait, sans aucune malice cachée. » dis-je en m’inclinant avant de poursuivre. « Merci pour ce temps précieux que vous m’avez accordé. »

À ces mots, je tourne les talons et m’en vais quitter ce secteur gorgé de coupe-jarrets, retrouvant rapidement ma jeune guide. Si je n’ai pu obtenir satisfaction, il me reste un autre point sur lequel je peux encore agir.

« Je ne les aime pas non plus ! » dis-je avant de demander : « Elladhen m’a fait quérir un bateau pour la crique. Celle de la Pierre Blanche, je crois, avec les sirènes. Mais je n’en sais que peu à ce sujet. Tu sais qui accepterait de m’en dire plus ? À un shaakt, je veux dire. Si elle se trouve loin et quels sont les différents accès, par exemple. »

Cet échange m’a fait comprendre une chose : partir en pleine mer avec de tels individus, c’est prendre le risque de finir au fond de l’eau, la gorge tranchée. Soit je dois trouver des personnes qui me craignent assez pour ne pas se jouer de moi, mais suffisamment pauvres pour accepter de prendre le risque ; soit je tente de rallier la crique par la terre ferme, si tant est que ce soit possible.
Modifié en dernier par Nhaundar le dim. 5 juil. 2026 15:12, modifié 2 fois.

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Re: Le Port de Tulorim

Message par Cromax » sam. 4 juil. 2026 11:13

Ces deux là n'en avaient pas fini de s'enguirlander. Une relation amicale basée sur l'intimidation et la grossièreté... Bon. Pourquoi pas. La verte-peau au chapeau rouge m'apostropha de son langage fleuri, mais ne s'offusqua pas assez pour ne pas répondre à ma question. Comme quoi : j'avais réussi à parler leur langage. Je décline aimablement l'invitation du petit grassouillet qui me propose de traduire le tout : c'était compréhensible en substance. Fleuri, mais compréhensible. En tout cas, les informations récoltées valent le coup : ça pue le trafic, les gens du port n'aiment pas ça, et il est amarré à l'écart. Je note mentalement tout ça : ça me sera utile en temps voulu. Il est plus simple d'agir sur un navire isolé et peu apprécié qu'à une coqueluche du port en pleine lumière.

Sans tarder, je récuse mes compagnons ostentatoires :

"Merci à vous, Capitaine et son matelot. Z'êtes pas des enfants d'salauds."

Et je me taille, je me tire, je m'en vais rejoindre l'extrémité indiquée des quais, là où mouille apparemment l'objet de mes désirs.

(Répugnant.)

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