L'Université de Magie

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Gamemaster6
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Re: L'Université de Magie

Message par Gamemaster6 » sam. 11 avr. 2026 19:14

Préambule à la Fracture
Nhaundar & Haple
VII

C’est sous le regard vigilant de la bibliothécaire que Haple retourne voir Brando après sa mésaventure avec son échelle. Le jeune homme n’a pas bougé, concentré dans des recherches qui semblent lui tenir à cœur. Lorsque la voix de l’elfe se glisse jusqu’à lui, il relève le nez un bref instant avant de s replonger dans l’écriture d’une phrase qu’il termine d’un point un peu top appuyé qui laisse une petite poche d’encre. Un léger grognement d’irritation lui échappe et il tamponne délicatement le parchemin grâce à un tissu blanc déjà taché d’encre. Une habitude, visiblement. Une fois que l’erreur a été réparé, ou en tout cas allégée, il tourne son regard vers Haple, qu’il détaille de la tête aux pieds. Pas de jugement visible, mais un examen méthodique, comme s’il cherchait à s’assurer de quelque chose.

« Maître Rewen… j’imagine que c’est au sujet des runes ? »

Il lui fait signe de prendre place sur la chaise à sa droite tandis qu’il décale délicatement l’épais grimoire qu’il étudiait, sans le refermer pour autant.

« J’ai déjà dit tout ce que je savais à d’autres, mais j’imagine que vous ne vous êtes pas concertés. Enfin, posez vos questions, je verrai ce que je peux faire pour vous aider. Mais, faites vite, j’ai encore un traité à rédiger sur la volatilité des sorts de feu en milieu humide. »

Un sujet visiblement passionnant…

***

Tandis qu’Haple se bat avec une échelle et essaie d’obtenir des informations utiles d’un étudiant occupé, Nhaundar veut manger. Et si sa présentation ne fait que soulever un sourcil au chef qui l’observe des pieds à la tête en se demandant sans doute ce que cet énergumène croit faire en débarquant dans SA cuisine, au moins son compliment ne reste pas sans effet.

« Ah ! Voilà un homme qui sait apprécier les bonnes choses. Enfin, un elfe. »

Il triture sa moustache, la torsadant entre ses doigts face à la question du shaakt.

« Drôle de question. Quel intérêt de faire de jolies dorures si la graisse ou les éclaboussures les salissent ? Cette aile est réservée à notre travail et on a tout ce qu’il nous faut. Pas la peine de gâcher des décorations, je laisse ça à ceux qui préfère manger leurs parchemins que d’apprécier un bon repas. »

Cela dit, cela éloigne la vraie préoccupation première du cuisinier. La présence de Nhaundar dans ses cuisines.

« Donc t'es là parce que Herbert t'a dit de venir aux cuisines ? Manque pas d’air, celui-là ! Le repas est pas prêt. Au mieux, je peux te préparer un encas à emporter. Pain, poisson séché, fromage et quelques légumes frais. Quant à ton chien, faudra voir au marché, doit bien y avoir des chasseurs qui vendent de la venaison à cette heure. Je fais pas dans la nourriture canine. »

A son ton, facile de deviner qu’il est quelque peu offensé par l’idée. C’est un cuisinier, pas un maître-chien, après tout. [/color]
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Nhaundar
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Re: L'Université de Magie

Message par Nhaundar » sam. 11 avr. 2026 22:00

XI 7 Un bataillon de goût.

XI 8 Entre fumet et informations.


Alors que le fumet qui se dégage de la cuisine me laisse entrevoir le délice qui s’y prépare, ma réplique a au moins le mérite d’adoucir l’attitude du chef à mon égard.

Puis mes remarques concernant la décoration très simpliste trouvent moins d’écho. Prétextant qu’il n’y a aucun intérêt à tâcher de gracieux éléments visuels avec de la graisse, d’autant plus si les personnes ont davantage d’intérêt pour les parchemins qu’ils lisent que pour l’effort fourni dans le contenu de leur assiette.

(Mais qui ferait ça ? Ne pas prendre en compte un met succulent pour s’intéresser à un parchemin de… enfin je veux dire… s’il s’agit effectivement d’un traité magique… ou bien un recueil de mémoire d’un… s’il s’agit d’une étude sur des objets… oui… il marque un point, le bougre.)

Puis il est question de maître Rewen et du culot de m’avoir autorisé à venir dans les cuisines, alors que ce n’est pas l’heure. Cependant, et c’est peut-être mon regard sur sa cuisine qui fait son effet, il me propose d’emporter de quoi manger sur la route. Un petit quelque chose vite fait avec ce qu’il a sous la main : pain, poisson séché, fromage et ou légumes frais. Malheureusement, pour mon corgy, il faudra se contenter de ce que le marché a à proposer.

« Méprenez-vous, c’est qu’il a un palais affiné, mon petit Mange… »

(Un palais affiné ? Mais qu’est-ce que je raconte, ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle Mange-Botte ! Bon, tant pis. Je trouverai bien quelque chose au marché. Et qui soit en quantité ! Et de préférence sans os ! Et sans arêtes ! Et je verrai ça au moment venu.)

« … oui. Je pense qu’après mûre réflexion, vous n’avez pas complètement tort. Fais-je en donnant raison au chef. « Le marché sera bien mieux pour lui, en particulier avec la quantité qu’il ingurgite. »

Puis je reporte un regard sur les cuisines et fais des va-et-vient entre le champ de bataille culinaire et le général des troupes.

« Pour ce qui me concerne… je ne suis pas contre la proposition que vous m’avez… heu… faite. » Dis-je en souriant. « Je vous laisserai tranquille ensuite. J’ai justement des affaires… à faire. Vous avez certainement entendu parler de ces histoires de runes. » Puis une idée me passe par la tête. « J’y pense, au milieu de tous ces mages et de votre entourage personnel, vous avez peut-être entendu des choses intéressantes à ce sujet, non ? »


XI 9 Une piste qui sent le poisson.
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Haple Mitrium
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Re: L'Université de Magie

Message par Haple Mitrium » dim. 12 avr. 2026 20:06

- J'irai droit au but, alors, attaqua d'emblée Haple en changeant de chaise pour s'asseoir à l'endroit indiqué.

Si elle ne s'était pas trompée sur le fait que l'étudiant serait peu enclin à être distrait de sa lecture, elle avait vu faux sur le sujet des livres qu'il consultait. Plus ou moins consciemment, elle avait supposé que celui qui avait été témoin des premières anomalies runiques devait s'intéresser à ces pierres et leur créateur...mais ça ne semblait pas être lui qui avait retiré des rayons bon nombre des ouvrages les concernant. Qu'à cela ne tienne, la conversation n'en serait que plus brève :

- Quand bien même je l'aurais souhaité, il nous serait impossible à mes prédécesseurs et moi de nous concerter car ceux-ci ne sont jamais reparus depuis leur départ de l'université, commenta-t-elle à voix basse pour ne pas attirer l'attention sur leur conversation. Il me serait donc utile que vous me résumiez ce que vous vous souvenez de la scène avec l'enfant qui a découvert cet amas de runes sur une plage... Où? Qui? Quand? Comment?

Une autre question la taraudait. Plus importante encore, lui semblait-il, que ces précisions de milicien. Elle ouvrit son sac et en sortit son nécessaire de calligraphie. Là, sous les pinceaux et l'encre noire embouteillée, étaient pliés parmi le papier blanc les griffonnages d'une nuit de fièvre. Une nuit lors de laquelle lui étaient apparues en rêve ces lignes interrompues et arabesques mystérieuses... avant qu'elle ne se découvre petit à petit les aptitudes d'une maîtresse des runes.

- Maitre Rewen prétend que certaines des runes récemment apparues seraient inédites. Etait-ce le cas sur la plage? Certaines ressemblaient-elles à ces symboles ? demanda-t-elle finalement en dépliant les huit brouillons dont on lui avait dit qu'ils ressemblaient un peu aux caractères runiques correspondant aux huit éléments.

Elle regrettait déjà de lui avoir montrer le produit de son délire... et espérait ne pas perdre toute crédibilité aux yeux du jeune homme, qui, s'il avait peu de poil au menton, était tout de même plus âgé qu'elle en années humaines et pas particulièrement transigeant avec la bêtise des autres. Elle scruta son visage, espérant ne pas voir son regard observateur et analytique habité soudain d'une lueur moqueuse... (Non, j'ai bien fait). Elle se conforta dans sa décision. Il ne fallait mettre aucune piste de côté : coïncidence ou pas, elle n'avait pas de raison de rougir des hypothèses que son instinct lui soufflait à demi mots.

- Et peut-être de nouveaux souvenirs vous sont revenus depuis votre compte-rendu aux maîtres de l'université et aux aventuriers venus avant moi?

A propos de souvenirs; il lui revient en mémoire un point important. Sa boussole défectueuse qui l'avait amenée jusqu'ici semblait l'avoir mise sur la piste de familiers de la religion zewenite... Autant creuser.

- Je devrais me taire et vous laisser répondre, mais j'ai une dernière question : Certains de mes prédecesseurs ont-ils montré un intérêt particulier pour Zewen et ses fidèles? Une certaine Merak Mouth, en particulier? Ou bien des membres de l'université, peut-être...? Voyez-vous, les rayons sur le sujet semblent avoir été vidés. Le seul ouvrage à avoir échappé à la razzia est ce livre, et seulement parce qu'il était tombé à plat dans un coin obscur... conclut-elle en lui montrant le tome récupéré au terme de son aventure sur l'échelle.

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Gamemaster6
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Re: L'Université de Magie

Message par Gamemaster6 » sam. 18 avr. 2026 19:09

Préambule à la Fracture
Nhaundar & Haple
VIII
C'est avec un regard un peu empressé qu'il écoute d'une oreille tout de même attentive les questions de Haple. Questions qui s'enchainent bien vite. Il ouvre deux fois la bouche avant d'être interrompu. Etonnamment, il ne s'en offusque pas, malgré un très léger tressaillement de sa mâchoire à chacune des relances de son interlocutrice.

« Beaucoup de question... Le gamin était un simple gosse des rues comme il y en a partout. Il s'appelait Freir, je crois. Aucune idée d'où il vit, mais sûrement dans les quartiers pauvres de la ville. Et il est simplement tombé dessus sur la plage, il y a deux semaines. Aucune idée de ce qui l'a poussé à venir aborder un étudiant de l'Université, mais il a visiblement bien fait, parce que Maître Rewen a pris la situation très au sérieux. »

Pour en arriver à appeler tout un tas d'aventuriers et autres chasseurs jusque dans son bureau, il devait en effet prendre l'affaire au sérieux dès le début. L'étudiant est un peu dubitatif, mais se garde de tout commentaire supplémentaire ou malvenu. Il prend le temps d'observer les symboles griffonnés par haple sur un bout de papier et hausse les épaules, une moue perplexe sur le visage.

« Je ne suis pas très versé dans l'art de la compréhension ou de l'étude runique. Vous auriez pu demander à Maître Rewen, si vous l'avez vu, il vous aurait sans doute répondu. et s'il dit qu'il y en a certaine qui sont inédites, c'est sans doute vrai. »

Il n'a pas spécialement l'air concerné par le sujet, contrairement à d'autres. Ce n'est sans doute pas son domaine de prédilection, comme il l'a indiqué. Puis le sujet dévie sur Zewen, ses fidèles, Merak'Mouth et les livres manquants. Haple peut distinguer un soupçon d'hésitation avant la réponse de Brando.

« Merak'Mouth. elle était... étrange. Toujours à parler du destin... il y avait quelque chose de dérangeant dans sa façon d'être. C'est difficile à expliquer. Mais elle semblait très au fait tout ce qui touchait à Zewen. En tout cas, elle n'a pas pris un seul des ouvrages dont vous parlez. Je doute même qu'elle sache lire, pour être parfaitement honnête. Non pas que ce soit une tare, bien sûr, j'ai de la famille qui ne sait pas lire. Demandez à la bibliothécaire, elle garde une liste des emprunts récents, elle vous renseignera sans doute sur celui ou celle qui a vidé les rayonnages sur le sujet. »


***

Du côté des cuisines, Nhaundar, après avoir finalement abandonné l'idée de nourrir un canidé géant dans un restaurant humanoïde, s'emploie à s'assurer sa subsistance face à un chef cuiosinier qui commence à s'impatienter.

« A la bonne heure. je vous prépare ça. Et pour votre chien, allez voir Robin, au marché; Un des meilleurs chasseur du coin. il m'a ivré du beau gibier ce matin. une chasse fructueuse, je epense qu'il aura de quoi satisfaire votre chien. »

Une chose était sûre, ce n'était pas lui qui allait servir à manger à un cabot dans sa cuisine.

«Les runes ? Je n'y connais pas grand chose, moi, à la magie. J'ai bien deux commis qui savent allumer un feu avec leurs doigts et Magdalène qui peut remplir nos casseroles d'eau, mais pas plus. »

Une fausse piste, visiblement. Sauf que le cuisinier se lisse la moustache en réfléchissant.

« Il y a bien eu cette étrangère là.. Merakamou... Marak mousse... Un nom à coucher dehors, je vous le dis. Mais elle m'a demandé un repas à base de fruits qu'on a du mal à se procurer ici, et elle disait elle aussi suivre la demande d'Herbert. Elle voulait aussi un peu de provisions, comme quoi elle se contenterait de peu et de Zewen, quoi que ça veille dire. Elle m'a demandé où trouver un type d'algue marine qui pousse que dans un crique, au nord-est d'ici. Un super coin à poisson, je connais bien l'endroit. Je lui ai juste recommander d'y aller avec de quoi se boucher les oreilles. Et si vous y allez, je vous conseille de faire pareil. Y'a de sacrées bestioles dans ces parages là, c'est moi qui vous le dit. »

Il hoche la tête en croisant les bra,s comme pour affirmer un peu plus sa déclaration. Cela étant dit, il fait rassembler ingrédients pour Nhaundar. De quoi le sustenter quelques heures, pour peu qu'il aime ce qui est proposé.
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Nhaundar
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Re: L'Université de Magie

Message par Nhaundar » sam. 18 avr. 2026 22:09

XI 8 Entre fumet et informations.

XI 9 Une piste qui sent le poisson.


À défaut d’obtenir quelque chose pour Mange-Botte, j’obtiens le nom d’un homme : Robin, un des meilleurs chasseurs de la région. Lui ayant livré une belle pièce de gibier ce matin même, il ne doute pas qu’il aura de quoi satisfaire mon chien.

(Oui…espérons, cependant, qu’il ait cela en quantité.)

Je garde mes réflexions pour moi, laissant le chef me répondre au sujet des runes. Hélas, il ne peut m’en apprendre davantage. J’aurais espéré que lui ou quelqu’un aurait eu une oreille indiscrète ; cependant, il ne me parle que de ses commis, dont l’un peut allumer un feu et une autre capable de remplir des casseroles d’eau.

(Bon, ben, ce n’est pas avec ça que je vais avancer, tant pis.)

Néanmoins, le chef se lisse la moustache, une habitude qui trahit une profonde réflexion. Il fait cependant part d’une étrangère. Incapable de prononcer son nom, qu’il critique sans ménagement, j’arrive néanmoins à reconnaître Merak’Mouth, une des volontaires arrivée avant moi.

Elle aussi est venue en quête de quelques mets, même s’il a été difficile de trouver des fruits qui ne sont pas de la région. Ça, et quelques provisions pour la route. Je n’apprends rien de plus, si ce n’est qu’elle est intéressée par un type d’algues en particulier. Celles-ci pousseraient dans une crique au nord-est et seraient d’ailleurs un coin à poisson, pour peu qu’on aime la pêche.

(En voilà une piste intéressante. Peut-être pourrions-nous échanger nos infos et…ah…on n’a pas vraiment d’informations à échanger non plus. Quoi que le jeune elfe semblait intéressé par cette personne.)

Perdu dans mes réflexions, le chef insiste sur un point concernant ce merveilleux coin de pêche. Dans le secteur, des bestioles seraient présentes. Des créatures qui nécessiteraient de s’équiper avec de quoi se boucher les oreilles.

(Se boucher les oreilles ? Quel genre de créature y vit pour devoir se prémunir de la sorte ? M’enfin, si un chef cuisinier y va pour pêcher, je devrais être en mesure de faire fuir ces petites choses. Même s’il me faut résoudre mon petit problème au préalable.)


Finalement, le chef termine ses explications et rassemble les ingrédients pour ma petite collation personnelle.

Le regardant faire avec envie, mes pensées se tournent vers mes nausées particulièrement désagréables. Tandis qu’il use de son couteau comme un véritable expert, je me demande s’il lui est arrivé, ou plutôt à ses cuisiniers, d’avoir quelques petits accidents. Plutôt que de faire appel à un guérisseur, avec tous ces mages dans cette académie, il devrait y avoir quelqu’un possédant des fluides de lumière, quelqu’un apte à soigner les blessures et, qui sait, peut-être mes nausées.

(Ma réflexion me laisse cependant perplexe. Si c’est la magie qui me rend ainsi, pourrait-elle simplement me guérir ?)

Hélas, je sens que mes recherches sur les runes iront de pair avec de nombreux obstacles en chemin. Si je ne peux user de ma magie à cause de mes nausées, je pourrais bien y perdre la vie.

J’ai déjà bien dérangé le chef et, même s’il connaît le nom d’une personne pouvant soigner les blessures, ce n’est peut-être pas de celle-ci dont j’aurais besoin. Un professeur ou un élève saura probablement mieux me renseigner que lui.

« Je vous remercie beaucoup pour le temps que vous m’avez accordé, ainsi que pour cet en-cas et votre fameux coin de pêche. Vous avez encore fort à faire, donc je ne vous retiendrai pas plus. Messieurs, mesdames, » fais-je au personnel, avant de revenir à mon interlocuteur principal, « chef, ce fut un plaisir de vous rencontrer. »

Je m’incline devant ce dernier, quittant la cuisine avec mon repas en main.

Retournant à l’entrée de l’académie, je constate que mon compagnon n’est pas encore présent. Cela me laisse du temps pour chercher, au sein de l’académie, quelqu’un pouvant m’aider à comprendre ou, à minima, soulager mon problème.

J’observe les personnes présentes, cherchant une personne qui semble être à l’académie depuis longtemps pour m’orienter : un professeur, un élève qui aurait déjà passé quelques années, ou un employé au service de tout ce petit monde. En somme, la première personne que je rencontre, évitant si possible tout ce qui ressemble de près ou de loin à un novice de première ou deuxième année.

Dès que je trouve chaussure à mon pied, je m’avance, en espérant tout de même ne pas faire fuir la personne, comme la jeune femme à mon arrivée.

« Bonjour. Pardonnez-moi de vous importuner. Qui dois-je rencontrer pour tout ce qui gravite autour du sujet de la guérison des altérations physiques, comme les nausées et les migraines ? »


XI 10 L’obsession de comprendre.
Modifié en dernier par Nhaundar le mar. 28 avr. 2026 16:20, modifié 1 fois.

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Haple Mitrium
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Re: L'Université de Magie

Message par Haple Mitrium » ven. 24 avr. 2026 21:54

Haple nota mentalement le nom du garçon qui avait alerté l'université, un certain Freir. Son histoire était surprenante : Haple s'était figuré que l'étudiant avait assisté à la scène de la découverte sur la plage, mais c'était en réalité l'enfant qui était venu trouvé celui-ci. Un enfant des quartiers pauvres... qui se donne la peine de révéler sa trouvaille à un étudiant de magie... donnant suite à une chasse aux runes et des aventuriers qui disparaissent... une histoire louche, s'il en était. Elle ne serait pas étonnée si le petit Freir travaillait pour la pègre locale. Peut-être le Shaakt fréquentait les milieux criminels? D'Imitfil ou de Nirtim, un elfe noir restait un elfe noir après tout...

Mais ce fut surtout la confirmation que ladite Merak'Mouth était une connaisseuse des choses zewenites qui l'enthousiasma. Elle ne semblait pas lui avoir dit où elle comptait aller, malheureusement, et si elle n'était pas celle qui avait emprunté les livres, Haple ignorait comment poursuivre cette piste. Après avoir remercié l'étudiant pour son temps, elle suivit son conseil et se rendit vers l'entrée de la bibliothèque où sa congénère Maîtresse du Silence trônait derrière son bureau de bibliothécaire. Attirant son attention en agitant silencieusement le traité sur Zewen entre ses mains, Haple s'adressa à l'Hinïonne à voix basse :

- Excusez-moi de vous déranger. Je n'ai trouvé aucun autre livre que celui-ci dans le rayon dédié aux runes et à Zewen. Pourriez-vous me dire quand ces ouvrages sont sensés vous être retournés? D'ailleurs, peut-être pourrais-je demander directement auprès de la personne qui les a sortis du rayon si je peux les consulter temporairement? Avez-vous leur nom?

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Gamemaster6
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Re: L'Université de Magie

Message par Gamemaster6 » dim. 26 avr. 2026 17:26

Préambule à la Fracture
Nhaundar & Haple
IX
Après avoir pris congé de l'étudiant qui retourna sans fioritures à ses recherches, Haple fait face à la bibliothécaire. L'elfe darde un regard perçant sur Haple, comme si elle l'auscultait scrupuleusement pour déceler quelque chose que personne d'autre ne verrait. Cependant, c'est un sourire - formel à défaut d'être chaleureux - qui se dessine bien vite sur son visage.

« Encore un intéressé des runes ? La liste commence à être longue. Un petit instant.»

Tirant un épais registre de sous son bureau, elle commence à en feuilleter les dernières pages pour u trouver les emprunts les plus récents.

« Maître Rewen en a emprunté un sur les théories runiques avant-hier... Desmond Harfig s'est intéressé à la théologien Zewenite pour un cours trois jours plus tôt... »

Elle fronce les sourcils en continuant de fouiller son registre, avant de hocher a tête.

« Fernand Martin a emprunté quatre livres divers sur les runes et Zewen il y a huit jours. Si ma mémoire est bonne il cherche à créer sa propre théorie sur l'origine des runes, leurs implications et applications. Il devrait les rapporter d'ici six jours, au plus tard, ou demander une extension d'emprunt. C'est un externe, il ne réside pas à l'Université, mais a accès à ses ouvrages et ses ressources. Je peux vous donner son adresse, mais je ne peux pas vous garantir qu'il acceptera de partager les livres avant la fin de son emprunt. »

Elle donnera l'adresse si Haple la demande, mais elle n'a guère plus d'informations à lui donner. Elle n'est que bibliothécaire, après tout.

***

Nhaundar, une fois informe et restauré, s'est donc mis en quête d'une âme charitable à importuner pour poser des questions sur son état de santé. Si plusieurs personnes s'écartent de lui quand ils l'aperçoivent, ce n'est pas le cas d'un vieil homme quia tout de a caricature du mage. longue barbe blanche, un épais livre à la main, une robe violette qui agresse le regard et des yeux bruns perçant qui détaille le shaakt de haut en bas à sa question. Un épais sourcil blanc se hausse.

Si vous vous sentez mal, jeune elfe, il serait plus judicieux d'aller au temple de Gaïa que de rester face à tous les vents de l'entrée.

Il le détaille un peu plus longuement.

Ou peut-être qu'un peu de repos vous ferait le plus grand bien. Vous n'avez nul besoin de courir, contrairement à nous autres.

Il s'éloigne alors, maugréant sur la jeunesse incapable de se sortir les doigts pour des choses basiques. Un charmant personnage, à n'en pas douter...
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Re: L'Université de Magie

Message par Haple Mitrium » lun. 27 avr. 2026 11:12

Les épaules de Haple se détendirent imperceptiblement lorsque la bibliothécaire rompit son examen silencieux. Et elle ne fut pas déçue des réponses que celle-là lui apporta: ainsi un professeur du cru donnait des cours sur la théologie zewenite... (Non merci!) L'adolescente avait eu assez de leçons sur le sujet lors de son noviciat au Couvent du Saint-Livre. (Quelle barbe!...) En revanche, le nom qui suivait dans le registre des emprunts retint son attention.

- S'il vous plaît, oui, l'adresse de ce Fernand Martin me serait très utile.

Un chercheur de l'origine des runes... voilà qui était fort à propos! Il saurait assurément la renseigner. Du moins... s'il y était disposé... Peut-être que lui apporter le livre qui avait échappé à sa razzia pourrait l'amadouer? Alors :

- Je ne savais pas qu'il était possible à des externes d'emprunter des ouvrages de la bibliothèque. Dans ce cas, puis-je emporter avec moi cet ouvrage? demanda-t-elle poliment en montrant le traité sur Zewen entre ses mains, avant de préciser pour rassurer l'Hinïonne : Je travaille pour le compte de Maître Zewen.

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Re: L'Université de Magie

Message par Nhaundar » mar. 28 avr. 2026 16:19

XI 9 Une piste qui sent le poisson.

XI 10 L’obsession de comprendre.


Dans le hall, ma quête pour trouver quelqu’un correspondant à mes critères de recherche s’en voit quelque peu éprouvée. Nombreux sont ceux qui s’écartent à mon passage, à l’image d’un shaakt venant à eux. Même si Tulorim se veut cosmopolite, du moins tant qu’il y a de l’argent, les craintes et les peurs restent bien ancrées. La vue d’une peau noire engendre ici aussi, le pas de retrait du mépris.

Comment leur en vouloir ? Moi-même, je peux attester des cruautés dont ils font preuve. Des sévices à l’égard de leur propre sang.

Pourtant, trouver quelqu’un pour apaiser ce malaise est crucial. Il en va de mon approfondissement des connaissances magiques. Sans cela, je ne pourrais apprendre ce que j’ignore sur ce sujet.

Rassemblant mon courage, j’apostrophe une énième personne. Un vieil homme à la longue barbe blanche, un grimoire à la main. Sa robe violette attire le regard autant que son apparence typique que le premier venu se ferait d’un mage. Son regard se pose sur moi, me détaillant des pieds à la tête, avant de balayer ma question en m’envoyant voir un prêtre au temple de Gaïa.

Il me propose simplement de me reposer, laissant entendre que le calme de l’inaction me serait salutaire.

Hélas, mon problème est au-delà d’un remède aussi simple. Je souhaite pratiquer la magie librement. Or, depuis cette explosion d’alchi-magie, ma perception s’est altérée et m’engendre des malaises sans pareil. Il me faudrait étudier avec plus d’attention ce qui m’arrive, mais à chaque fois que ce phénomène se répète, je me sens si mal que je suis incapable de faire progresser l’étude dont je suis l’unique sujet.

(Peut-être qu’il a raison après tout. Un prêtre du temple pourrait être la solution simple à mon problème. Cependant, avec tous ces professeurs et ces maîtres en la matière, il en existe peut-être un qui a, sans le savoir, des connaissances ou un ouvrage relatant mon mal !)

« Pardonnez-moi ! » fais-je, alors que le vieil homme s’était déjà éloigné. Je m’avance jusqu’à lui, dans l’espoir d’être aidé dans la résolution de mon état. « Auriez-vous connaissance, parmi vos estimés confrères, quelqu’un pouvant m’aiguiller sur… comment dire… »

(J’aurais peut-être dû, en amont de ma question, faire le point le point sur le sujet. Tant pis ! Faisons bref et concis. Qu'est-ce que je sais ? Il s’agit d'un problème qui provoque la vision de flux magiques, qui s’extraient d’objets ou d’individus ayant recours à une forme de magie.)

« …la perception des émanations invisibles d’un sujet affecté par un sort ou une forme de magie ? »


XI 11 La naissance d’un nouveau regard.
Modifié en dernier par Nhaundar le ven. 8 mai 2026 23:26, modifié 1 fois.

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Re: L'Université de Magie

Message par Gamemaster6 » sam. 2 mai 2026 18:01

Préambule à la Fracture
Nhaundar & Haple
X
La bibliothécaire griffonne le nom du concerné avec une adresse sur un morceau de parchemin qu'elle tend à Haple après avoir consulté le registre.

Voilà. Notez bien que s'il refuse, il vous faudra attendre la fin de ses travaux.

Une précision qui n'était pas forcément nécessaire, mais le regard de l'hinionne en dit long. Sans doute qu'elle a déjà eu à traiter ce genre de problèmes et que tout le monde n'est pas aussi respectueux des règles qu'il le faudrait. Quant à la demande d'Haple, elle lache finalement un léger sourire.

C'est possible. Nous demandons simplement une caution en gage de sécurité. Sces ouvrages sont précieux et la moindre détérioration pourrait être catastrophique. Laissez-moi voir l'ouvrage concerné, je vous prie.

Elle examine le volume, lis le titre et ouvre un autre registre qu'elle feuillette avec l'habileté de quelqu'un qui en a l'habitude, trouvant ce qu'elle cherche en très peu de temps malgré l'épaisseur de l'ouvrage.

La caution s'élève à 2500 yus pour l'ouvrage demandé. En yus ou en équivalent. Cela vous sera rendu au retour de l'ouvrage, bien entendu. Et le tout est gardé sous protection magique dans un lieu sécurisé, vous n'avez pas à vous en inquiéter.

Une somme coquette pas si surprenante pour quelqu'un qui connaît la valeur d'un ouvrage rédigé à la main ayant nécessité des centaines d'heures de travail, d'études et de recherches.

***

Du côté de Nhaundar, son insistance semble quelque peu agacé le mage qui l'observe d'un œil qui commence à devenir plus ferme. Mais sa nouvelle question semble rebattre les cartes. Le vieillard se penche vers lui, l'observant plus en détail.

Si vous êtes victimes d'une malédiction ou d'une intoxication magique, je pense sincèrement que les prêtres du temple seront plus à même de s'occuper de vous. Cependant...

Il hésite en se frottant la barbe

Ce que vous demandez est étrangement spécifique. Il vous faudrait trouver un occultiste talentueux qui pourrait vous aider, mais ils se font généralement discrets et bien peu viennent étudier ici... La manière dont ils perçoivent et utilisent la magie est bien différentes de celle enseignée ici. Peut-être que vous pourriez tenter votre chance plus à l'Est, près de Yarthiss. Les Gris sauraient probablement vous aider, même si je ne saurais trop vous conseiller de ne vous en approcher qu'en dernier recours.

Une mise en garde qu'il accompagne d'un regard très sérieux. pas e solution facile pour Nhaundar. Mais une piste, au moins.
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Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Nhaundar
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Re: L'Université de Magie

Message par Nhaundar » ven. 8 mai 2026 23:24

XI 10 L’obsession de comprendre.


XI 11 La naissance d’un nouveau regard.



J’insiste avec mes questions auprès du mage, et avec raison. Sans progrès concernant mon état, je subirais des effets néfastes particulièrement dommageables en plein combat. Même si Aëgis m’a inculqué le maniement de l’épée, je reste bien plus efficace avec une bonne boule de feu.

C’est donc en orientant ma question de façon plus technique que j’espère obtenir un début de réponse, ou un élément me rapprochant de la résolution de mon problème. Hélas, après un bref examen de ma personne, mon interlocuteur n’en démord pas : s’il s’agit d’une malédiction, il m’encourage à aller voir les prêtres du temple.

(Fichtre ! Retour à la case départ.)

Néanmoins, ma demande particulière le fait hésiter. C’est en se frottant la barbe qu’il reste pensif un bref instant avant de poursuivre. Il pourrait y avoir une solution différente du temple. Un moyen de percevoir le phénomène que je décris, de le comprendre avant de pouvoir le résoudre : les occultistes. Pas le premier venu, mais un être talentueux. Il explique que bon nombre d’entre eux se trouvent à l’Est, aux alentours de Yarthiss, mais que ces derniers, se nommant les Gris, ne sont pas des plus recommandables.

(Un occultiste ? Ah bah oui ! Et bien entendu, ceux disponibles ne sont pas fréquentables. Forcément ! Il ne reste plus qu’un seul être capable de correspondre à ce critère, qui soit présent et disponible : celui-là même qui est affecté par le problème : moi. C’est pratique !)

Je regarde le vieil homme face à moi, le visage affichant une légère déception.

« Un… un occultiste donc. Une… idée intéressante. » Dis-je, hésitant, avant de me reprendre. « Comme vous l’avez mentionné, le plus simple serait d’aller quérir de l’aide auprès des prêtres du temple. Je vais suivre vos conseils et m’y rendre dès que possible. Qui sait, peut-être ce passage me sera-t-il des plus salvateurs. Je ne vous dérange pas plus. Merci de votre aide. » Finis-je en m’inclinant respectueusement et en laissant enfin le mage vaquer à ses occupations.

Je le laisse partir, restant ici sans plus de solution. Au milieu des allées et venues, je me sens tellement seul, avec mes pensées pour unique compagnie.

(Un occultiste hein ? Forcément, aucun ne possède de telles capacités ici, mis à part moi !)

De ma position, je laisse reposer mon dos contre le mur près de l’entrée, observant la vue au dehors, pleine de lumière brillante et de chaleur suffocante.

(Quand bien même j’en aurais un sous la main, serait-il capable de sentir ce qui m’accable ? Il s’agit-là d’un effet désastreux suite à l’explosion d’une solution mélangeant à la fois la magie et l’alchimie. Est-ce qu’un occultiste serait en mesure de percevoir cela ? J’en suis moi-même un et je ne suis capable de sentir que les éléments fluidiques chez les uns et les autres.)

Alors que mon regard se portait encore à l’extérieur, je ramène soudainement le visage devant moi, ma vue légèrement perturbée par la lumière massive que je fixais il y a peu encore. Je regarde là où le vieux mage est parti, avant de reporter mon attention à nouveau face à moi.

(Et si j’en étais capable finalement ? Je ne suis peut-être pas aussi talentueux que ces Gris, mais s’il y a quelque chose en moi, je pense être le mieux placé pour le sentir en fin de compte ! Et puis, hormis les fluides, il n’y avait rien d’autre à percevoir auprès de mes élèves à Lebher.)

Intrigué par cette idée, je darde un regard vers les accès de l’académie qui arrivent ici. Pas de jeune elfe en vue. Cela va me laisser le temps de m’essayer à la tâche. Là où je me trouve, je cherche une position discrète pour ne pas déranger et assez visible pour que mon camarade m’aperçoive. L’un n’allant pas avec l’autre, j’abandonne l’idée d’être discret. Il me faut simplement espérer que nul ne me dérange.

Je m’assieds, le dos contre le mur, et dépose mes affaires près de moi. Une main sur mon sac, l’autre sur mon épée, je conserve à portée de main mes précieux biens avant de me laisser aller à une méditation intérieure.

Je plonge en moi-même, cherchant par mes sens magiques les éléments qui composent mon être. Sans mal, je perçois la caresse de l’herbe fraîche, la chaleur d’un été agréable, la lumière douce d’un lever de soleil sans l’agression sur mes yeux, ainsi que le clapotis d’une rivière coulant non loin.

Mes éléments, mes quatre éléments sont là, présents, et je suis rassuré de voir que cette capacité ne s’accompagne pas de malaises désagréables.

C’est avec une certaine quiétude que je continue l’exploration de moi-même. Quelque chose d’autre qui causerait mes troubles. Puisqu’il s’agit d’une perception de phénomènes magiques, je devrais être en mesure de la sentir, ou du moins de sentir un de ses effets.

Mes éléments me bercent dans une atmosphère agréable, laissant mes sens sonder mon être avec la sérénité d’être dans un lieu familier et réconfortant. Quelque part, je crois deviner quelque chose de nouveau. Poussé par ma curiosité, je sonde cet élément inconnu. Rien.

En sondant mes propres fluides, je peux sans mal les atteindre, les sentir comme je sentirais le parfum d’une fleur ou la fermeté d’une pomme. Là, rien. Juste l’écho vague d’une parole inaudible. Timide et insondable.

Je me laisse guider par ce phénomène, ne serait-ce que pour savoir ce qui est en moi. Alors je continue cette recherche, tel un chasseur qui suit la piste d’une bête sur un sentier méconnu. C’est là, quelque part. L’écho est perceptible, proche et distant à la fois. J’ai cette impression que plus je m’en approche, plus le chemin jusqu’à lui s’allonge. Une sensation qui me laisse un goût amer d’incompréhension. Un poisson qui cherche son chemin, perdu dans un vaste océan.

(Un océan ? Et si…)

Une idée me vient. Étrange, sotte, mais qui a le mérite de changer l’orientation de la résolution de cette énigme.

(Répéter les mêmes actions en espérant un changement est une forme de folie.)

J’avais lu cela dans un des nombreux ouvrages qui sont passés entre mes mains et cette phrase résume assez bien mon problème actuel. Alors je me laisse guider par cette intuition et, plutôt que de suivre le chemin comme un pisteur, j’ouvre mon champ de perception. Au lieu de sonder mon être au plus profond de lui, j’étends ma vision.

Rien ne semble changer, mais je recommence, encore et encore, jusqu’à atteindre la perception de mon corps non pas spécifiquement, mais dans sa globalité, comme un tout.

Et je la vois.

Une forme étrange entourant mon être, comme une aura. Lumineuse, vivante, comme des flammes qui virevoltent et dansent. Chaque partie de mon corps, chaque centimètre carré est recouvert de ce manteau magique. Je distinguais mal ce phénomène, non pas par manque de sensibilité, mais parce que j’en suis complètement baigné.

Reste à savoir ce qu’est cette chose.

Pour l’heure, je sais qu’elle altère ma perception. Je focalise mon attention sur elle. Mon esprit cherche un moyen de percevoir ce qui m’entoure en usant de sa capacité. L’aura réagit. Les flammes s’agitent partout sur mon corps avant que mon attention ne s’éloigne de celui-ci.

Je perçois les bruits de pas des individus et leurs conversations. Des êtres qui vont et viennent autour de moi. Ils ne semblent pas s’intéresser à ma personne, tout comme ma méditation m’éloigne complètement d’eux, effaçant leur présence pour mieux me concentrer.

Un homme qui marche aidé d’une canne, un autre au pas lourd, des plaintes de matériel trop lourd, une charge de travail éreintante, l’insistance d’un élève voulant épater les autres par ses prouesses.

Mes sens magiques s’activent lorsque je perçois que, dans ce jeune homme, ses fluides de feu s’animent. Tout son corps s’active pour faire circuler la magie jusqu’à la faire apparaître autour de sa main et faire surgir un véritable torrent de magie.

Une explosion de lumière, de feu et de chaleur irradie de son membre et me percute avec une force oppressante. Mon aura s’agite, s’emballe et, avec elle, mon état physique chancelle, l’un et l’autre étant liés.

L’agression est vive et terrible. Au fond de moi, je ne souhaite qu’une chose : que ça s’arrête. Le sort est une tempête sans pareil. Un maelström de feu qui, petit à petit, me fait perdre l’esprit.

Je veux que ça s’arrête, je ne souhaite que ça. Mes pensées, toutes mes pensées ne vont que dans ce but, alors que ce tourbillon infernal se met à changer de taille de façon stupéfiante. Rétrécissant avant de reprendre sa taille initiale, encore et encore. Mon trouble décroît à mesure que le phénomène s’amenuise, pour reprendre de plus belle. Mon malaise est toujours là, présent, tandis que je m’acharne à ne plus subir cette affliction.

L’ondulation continue de varier encore et encore, jusqu’à ce que… plus rien. Le tourbillon n’est plus, tout comme l’aura autour de moi. Mon trouble s’éteint et, avec lui, mon corps revit. Petit à petit, j’émerge de cette méditation.

J'ai le souffle court, saccadé et un frisson parcours les parties mon corps soumis à une brève mais intense transpiration. Timidement, mes yeux s’ouvrent pour observer la scène. Autour es moi, les individus vont et viennent. Plus loin, je le vois. La source de l'explosion de magie. L’élève, un tout jeune homme qui, à sa main, fait rougeoyer une flamme froide.

(Quoi ? Ce… ce n’était qu’un sort d’éclairage ? Mais comment un sort aussi simple a pu…)

Et puis je réalise. Plus que la magie d’éclairage qui m’a fait l’effet d’un sort de destruction majeur, c’est l’absence de réaction, de trouble en voyant une magie à l’œuvre. En arrêtant cette perception avec l’aura autour de moi, j’ai, quelque part, arrêté l’affliction que je subissais à chaque vision magique.

Cette aura, cette perception magique, ces ondulations. Ces points réunis convergent en un seul et même point : mais qu’est-ce qui m’arrive ?

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Haple Mitrium
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Re: L'Université de Magie

Message par Haple Mitrium » sam. 9 mai 2026 01:02

L'annonce de la bibliothécaire lui fit l'effet d'une douche froide! Après s'être réjouie intérieurement d'avoir obtenu ce qu'elle espérait - une adresse et la permission d'emporter le livre probablement désiré par ce Fernand Martin, l'adolescente fut assommée par le montant de la caution demandée. Ce n'était même pas pour elle! Que ferait-elle d'un livre poussiéreux, elle qui exécrait la lecture et toute activité d'érudition?! A en juger par la face de carpe blafarde qui l'observait, serviable mais froide, ce n'était sûrement pas un argument qui porterait avec la maîtresse des lieux. Mais comment réunir une pareille somme...? Pour Elladhen, jeune notable hinion, ca ne présenterait aucune difficulté, réalisa-t-elle soudain. Alors, la ménestrelle ferma la bouche qu'elle avait ouverte et dissimula son choc initial par un éternuement factice.

- La poussière, s'expliqua-t-elle en plaçant le livre sur le comptoir pour l'éloigner d'elle, l'inconfort de rigueur peint sur son visage.

Tandis qu'elle se pinçait le nez comme pour retenir un autre éternuement, la comédienne passa en revue ses options à toute vitesse. Tenter d’amadouer la bibliothécaire ? (...) Même avec son beau parlé de ménestrelle, c'était peu probable que ça fonctionne avec une personne aussi rigide. Demander un soutien financier à Rewen, alors...? (Non) Peu de chances là aussi car elle n’avait pas encore prouvé sa valeur. Le Shaakt, enfin, pourrait éventuellement lui faire un prêt? Non, même chose, elle ne le connaissait pas assez…

En pensant à son nouveau compagnon d’aventure, il lui revint alors en mémoire que celui-ci lui avait offert ses talents de guérisseur. Elle retira sa main de son nez et la descendit à sa ceinture, avec une gêne non feinte cette fois. L'idée de se séparer de ses potions de soins lui faisait froid dans le dos... car, démunie, elle deviendrait dépendante du Shaakt pour guérir les blessures qu'elle semblait systématiquement s'attirer sur elle avec son tempérament... placide. (Je sais ce que je veux, quoi, c'est tout...) L'adolescente rit intérieurement d'elle-même et ses épaules se détendirent légèrement lorsque ses doigts décrochèrent finalement la gourde magique de sa ceinture avant de la déposer devant elle comme une offrande impie - une bravade à Zewen.

- Les nombreuses potions à l'intérieur valent suffisamment pour me motiver à revenir, croyez moi.

L'adolescente s'observa agir ainsi, pensive, et prit la mesure du chemin parcouru depuis son départ d'Anorfain. Dépendre d'un compagnon de route, de surcroît un érudit à en juger par son enthousiasme à rassembler le savoir encyclopédique convoité par leur commanditaire, lui aurait été tout bonnement inimaginable l'an passé. Mais depuis, elle avait réalisé l'utilité d'un entourage la complétant. Les visages de ce passé mouvementé laissés derrière elle sur Nirtim lui passèrent devant les yeux. (Grégoire... Otis... Léniad... Hermance... Rosemonde... M... Mam...) Son regard absent se troubla soudain et le visage insipide de la bibliothécaire hinïonne se superposa sur celui, fantômatique, de sa génitrice.

- Mais... sortit l'adolescente de sa rêverie, si ca ne suffit pas pour la caution...

La ménestrelle s'arrêta dans sa tirade dans l'attente de larmes qu'elle chercha dans le souvenir refoulé de sa mère... Même dans la mort, elle trouverait une utilité à ceux qui croisait sa route! Et de fait, elle reprit, les yeux embués et la voix tremblante d'émotion.

-... voici les kanzashi que ma mère m'a laissés sur son lit de mort, mentit elle en sortant les bijoux magiques de son paquetas avec une difficulté affectée. Ils sont d'une grande valeur, sentimentale comme pécuniaire.

Si elle les voulait en caution, la bibliothécaire aurait à les arracher de la paume tremblante de cet adolescent de bonne famille affectant de lutter pour conserver sa dignité. Haple accepterait son arbitrage, quel qu’il soit. Puis, elle quitterait ce lieu de savoir pour rejoindre le Shaakt et l'aventure qui l'attendait dans les rues de Tulorim.

[[[la gourde magique et son contenu valent 2200 yus et les kanzashi valent 500 yus]]]

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