Le Temple des Maîtres

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Yuimen
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Le Temple des Maîtres

Message par Yuimen » mer. 27 déc. 2017 15:59

Le temple des Maîtres


Image
L'entrée du temple majestueux


Le Temple des Maîtres n'est pas à proprement parler un Temple, c'est une grande école, où l'on apprend toutes sortes de capacités.

Un des plus gros bâtiment de Kendra Kâr, très ancien, lourdement chargé de symboles. Un lion ailé, symbole des Maîtres, en garde l'entrée qui est majestueuse. Le sol est couvert de marbre blanc des plus pur. Le plafond est décoré de peintures racontant la mythologie, les Dieux etc... Les dorures sont partout et les murs sont couverts de tapisseries fines chargées de motifs d'histoire et de mythologie. Sûrement un des plus beaux palais que vous avez jamais vu. Une particularité c'est que les salles des Maîtres n'ont pas de fenêtres, la lumière provient de lustres magnifiques avec leur bougies. Curieusement la lumière est très suffisante !

Des femmes vous accueillent et se tiennent à votre dispositions. Elles vous guideront vers les trois maîtres des lieux, chacun étant dans sa propre salle d'armes :

Les maîtres :

Maître Harand Geros vous apprendra les CC avec armes.
Il est dans une salle tout en longueur de vingt-cinq mètres de long sur six de large, fastueuse comme le reste du temple. Lui-même est en habit de soie, mais porté de manière à se battre efficacement. Son armurerie est impressionnante, il a tous les types d'armes blanches possibles. C'est un homme d'apparence jeune, pas plus d'une trentaine d'années, au visage glabre, ses cheveux bruns désordonnés retombant en cascade dans son cou. De terribles yeux verts perçants semblant détecter tous les mouvements. Sa rapidité d'exécution est impressionnante, pourtant il fera tout pour vous apprendre la technique.



Maître Qwadeem Stroor vous apprendra les CC sans armes.
Lui aussi est habillé de soie, mais il enlèvera le haut pour se battre. Lui réside dans une salle carrée de quinze mètres de côté, toujours aussi fastueusement décorée. Au sol, des sortes de tapis rembourrés sont destinés à protéger des chutes. Le maître est un homme grand, élancé et vif. De couleur ébène, il a pourtant des yeux d'un gris envoûtant. Son crâne est rasé. Il est très agile, mais pourtant il fera tout pour que vous appreniez votre Capacité. Il ne semble guère dépasser les vingt-cinq ans.



Maître Neolia Natakara vous apprendra les CC avec Armes de Jet.
Elle réside dans la plus vaste salle, d'un espace démesuré et d'une richesse qui l'est tout autant! Vous allez utiliser un arc dans cette pièce et, curieusement, vous avez l'espace pour, aussi bien horizontalement que verticalement, il ne semble pas y avoir de plafond (une sorte de magie joue en ces lieux). Elle est très richement vêtue, mais sans apparat extravagant, elle doit tirer à l'arc. Ce qu'elle fait à une vitesse extraordinaire et avec une précision diabolique. Elle a une douce peau blanche, des yeux bridés ambrés et de longs cheveux noirs fins et lisses. Elle semble n'avoir qu'une vingtaine d'années. Il lui arrive aussi d'enseigner ses techniques dans la cour des archers à l'autre bout de la ville.


Les trois maîtres vous font forte impression et vous ressortirez ébahi de ce lieu, maîtrisant une nouvelle Capacité.

Fonctionnement :
  • Les CC peuvent être apprises ici automatiquement contre 500 yus OU servir de lieu d'apprentissage naturel.
  • La validation se fait lors de la demande de commentaire (via le SOS-GM).

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Yurlungur
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Re: Le Temple des Maîtres

Message par Yurlungur » mar. 3 sept. 2019 16:01

...

Il y avait un second lieu où la jeune fille souhaitait se rendre. Kendra Kâr était une ville gigantesque – bien plus que Dahràm ou Oranan – et possédait, paraissait-il, des maîtres d'armes exceptionnels. Elle souhaitait les rencontrer, et en quelque sorte se mesurer à eux, pour voir s'ils étaient à la hauteur de leur réputation d'une part, et, but bien moins avouable qui n'était pas tout à fait formulé dans son esprit mais traînait indubitablement les pieds de l'adolescente vers le Temple des maîtres, elle espérait être capable de les impressionner. Elle avait évidemment hésité à prendre l'apparence d'un inconnu au hasard dans une taverne, afin de n'être pas reconnue, avant de se dire que son jeune âge pouvait aussi être un avantage auprès des maîtres.

Elle pénétra dans le riche palais, observant avec une certaine admiration toutes les parures qui l'ornaient, et s'approcha d'une des jeunes femmes présentes à l'accueil, expliquant d'un ton assuré :

« Je viens m'entraîner. »

Elle porta la main à son fourreau, puis laissa finalement la dague de la Trinité en place. Inutile d'utiliser celle-ci, qui se brisait trop facilement. Une dague plus modeste ferait tout autant l'affaire : elle se saisit de l'autre, qu'elle employait d'ordinaire comme secours ou blocage en main gauche, et la présenta :

« Je me bats à la dague... Et j'ai de quoi payer. »

Malgré l'air dubitatif de l'hôtesse, celle-ci finit par hausser des épaules et la mener vers une salle carrée à peine plus sobre que l'entrée, où un maître en vêtements de soie finit par se présenter, indiquant à l'hôtesse de se retirer. Yurlungur ne s'attendait pas à trouver un tel homme à la peau noire et aux yeux gris, le crâne rasé, qui la dominait de toute sa hauteur. Elle était petite, et lui grand : pourtant, en s'observant l'un l'autre, il semblait que chacun des deux percevait chez l'autre une certaine force. Et qu'il était jeune ! Lui aussi devait s'interroger en la regardant.

« Qu'est-ce qu'une si charmante jeune fille vient chercher auprès de moi ? demanda-t-il d'un air amusé. »

Elle haussa un sourcil.

« Je suis aussi charmante que vous êtes chevelu, répliqua-t-elle aussi sobrement que possible. J'aimerais que vous m'appreniez quelques techniques qui sauraient m'être utiles... Je paierai.
- Mais certainement. Qui êtes-vous, au juste ? Vous êtes de Kendra Kâr ?
- Je m'appelle Yurlungur. »

Elle ne semblait guère volontaire pour répondre à la suite et, se dirigeant vers l'un des murs, elle déposa son paquetage au sol, ainsi que la dague de la Trinité hors de son fourreau. En fait, elle se délesta de presque tout, y compris les quelques consommables qu'elle portait d'ordinaire à sa ceinture, et d'une bonne partie de son équipement, pour ne conserver qu'une chemise de soie blanche qui venait sous sa tunique bleue, et un pantalon en lin, en sus de sa dague. Elle n'avait guère de protection ainsi, mais le maître, qui se délesta quant à lui de la partie supérieure de son habit, n'avait pas davantage de protections particulières.

« Tenez, fit-il en lui tendant un parchemin. Ce sont de brèves descriptions des techniques que je sais enseigner. »

Elle parcourut rapidement la liste, et finit par en désigner quelques unes, déposant au creux de la main de Qwadeem deux pièces d'or d'avance.


***

La journée s'écoula en un clin d'œil. Qwadeem, conscient de la masse importante d'assimilation demandée pour acquérir l'ensemble des techniques demandées par la jeune fille, ne lui laissait pas un instant de pause et la corrigeait sans cesse sur chacun de ces mouvements, qu'il lui faisait répéter inlassablement jusqu'à ce qu'elle y arrive. Il lui fournissait un exemple par ailleurs formidable, exécutant à sa demande ladite technique avec une virtuosité époustouflante. Elle fut presque surprise lorsqu'il lui annonça qu'ils s'arrêteraient là pour aujourd'hui : lorsqu'elle sortit après avoir récupéré toutes ses affaires, elle constata qu'il faisait effectivement nuit depuis au moins une heure. Le palais des maîtres ne possédant aucune fenêtre, elle avait certes ressenti une fatigue intense, mais ne s'était guère plus questionnée. Sans attendre, elle partit en quête d'une auberge pour la nuit.


***

Le lendemain, ils recommencèrent l'entraînement. Puis le maître se redressa et lui sourit, pour la première fois depuis leur rencontre.

« Je pense que vous êtes fin prête. Bien sûr... les conditions réelles sont souvent un peu plus chaotiques que la simple rencontre avec un instructeur. Mais les dernières fois où vous m'avez attaqué... C'était ce qu'il fallait. »

Il avait pourtant esquivé sans difficulté apparente chacune des tentatives ; mais Yurlungur sentait aussi qu'il disait vrai. Elle lui tendit le reste de son dû, s'inclina devant lui, et osa enfin un sourire.

« Vous fûtes un excellent maître, Qwadeem. Merci. J'espère... J'espère que nous nous reverrons. Au revoir...
- Au revoir, jeune fille. »

Les maîtres n'avaient guère à se préoccuper de l'objectif de leurs apprentissages lorsqu'ils étaient grassement payés ; pour autant le maître tenta une ultime interrogation au moment où l'assassine s'apprêtait à franchir le pas de la porte.

« Puis-je néanmoins vous demander qui fut votre précédent maître ? »

Elle se retourna vers lui en plissant les yeux.

« Il y en eut plusieurs, finit-elle par répondre. D'abord une elfe nommée Liriel, puis un prénommé Arsok. Mais je doute que vous les connaissiez. »

Liriel vivait à Dahràm ; Arsok sur Aliaénon. Cela rendait la chose ardue pour la première, impossible pour le second. Et sans attendre la réponse du maître, elle sortit et quitta pour de bon ce palais décidément trop doré à son goût.

(((Apprentissage de 7 techniques : Acrobatie périlleuse, Coupe-souffle, Dérobade, Diversion, La différence d'un pas, Verrou caché, Frappe du serpent
7*500 = 3500 yus)))

...

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Marcy
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Re: Le Temple des Maîtres

Message par Marcy » lun. 19 janv. 2026 21:41

Commission musclée

Marcy n’a jamais mis un orteil dans le temple des maîtres. Elle n’avait aucune raison d’y pénétrer, après tout. L’immense bâtiment de marbre et de pierres blanches se tient tel un bastion de la culture kendranne. Un lieu d’apprentissage martial, de rigueur, d’efforts et de persévérance. Un autel aux prouesses guerrières. Rien qui ne corresponde à la petite voleuse qui en franchit l’immense arche d’entrée pour la première fois. L’immense lion ailé qui en garde l’entrée semble suivre des yeux tandis que le regard de la rouquine s’attarde davantage sur les tapisseries qui recouvrent les murs. Des scènes y sont brodées au fil d’or, retraçant ce qu’elle imagine être des événements importants du temple ou du royaume. L’intérieur est un ensemble de colonnes soutenant des voûtes complexes mettant en valeur le talent des constructeurs et la force de l’architecture kendranne. Personne ne peut y être indifférent. Pas même Marcy qui observe les dorures recouvrant les colonnes jusqu’au plafond peint de couleurs vives. Elle se sent minuscule au milieu d’un tel endroit.

Resserrant ses doigts autour de la lettre qu’elle doit livrer, elle se reprend. Ce ne sont pas quelques cailloux et de la peinture qui vont l’impressionner. Elle cherche du regard un quelconque moyen de se renseigner pour trouver l’homme à qui elle doit livrer sa lettre. Elle croise le regard d’une femme à la longue chevelure brune. Elle est vêtue d’une robe blanche lui tombant jusqu’aux chevilles et ceinturée autour des hanches par un ruban rouge et or. Elle remarque que d’autres sont vêtues ainsi, avec ce qui ressemble à un uniforme lié au temple. Mais, avant qu’elle ne puisse approcher, deux jeunes hommes lui passent devant, la bousculant au passage. L’un deux tourne la tête vers elle et ricane.

- ‘tention gamine ! C’est pas pour les gosses ici.

Marcy jette un regard noir aux deux imbéciles qui ricanent. Elle manque de les insulter ouvertement, mais décide d’éviter les problèmes. Elle se dirige plutôt vers la femme qui l’a apparemment vue. Elle arbore un sourire qui se veut bienveillant, même si elle se demande sans doute ce qu’une petite rouquine comme Marcy vient faire ici. Elle n’a pas vraiment le profil habituel. Ce qui n’empêche pas sa voix d’être douce et son sourire sincère quand elle s’adresse à la petite voleuse.

- Bonjour jeune fille. Es-tu perdue ?

- Non. Je cherche Maître Harand Geros.

- Oh ! Elle semble surprise, mais se reprend bien vite. Bien sûr, suis-moi.

Marcy lui emboîte le pas, un peu étonnée qu’on ne lui en demande pas plus avant de la laisser entrer. Après une volée de marches menant à une immense cour centrale baignée par la lumière du soleil, elle traverse cette dernière, droit vers un autre escalier. Escalier qui amène vers une grande porte ouverte laissant voir l’intérieur d’une immense pièce sans fenêtre. ce sont d'impressionnants lustres qui diffuse la lumière dans toute la pièce. La rouquine trouve cela curieux, mais, n'y connaissant rien en architecture, elle laisse cela de côté pour se concentrer sur sa guide qui prend la parole.

- Maître Harand Geros est là –désigne sa guide en pointant du doigt un homme d’une trentaine d’années qui se tient droit, bras croisés, de l’autre côté de la pièce. Il doit entraîner quelques jeunes chevaliers, donc ne traîne pas.

Marcy hoche la tête en signe de remerciement et se dirige vers l’homme désigné. Elle évite souplement deux hommes en pleine lutte armée qui font de grands moulinets de leurs épées factices et qui ne semblent même pas la remarquer. Ni quoi que ce soit d’autre dans la pièce, d’ailleurs. Un rictus agacé se peint sur son visage pour disparaître aussitôt. Elle a promis à Méli d’amener cette lettre, elle ne va pas risquer de s’embrouiller avec un duo de crétins. Elle rejoint donc le fameux maître qui, étonnamment, semble déjà l’observer. Pourtant, une demi-douzaine de jeunes hommes ont l’air de suivre ses cours pendant ce temps, maniant des épées factices en une série de mouvements que Marcy trouve à la fois compliqués et ridicules. Les moulinets, c’est joli, mais elle n’en voit pas l’intérêt. Elle n’est pas chevalier, donc bon, qu’est-ce qu’elle en sait, après tout ?

- Maître Harand Geros ? Demande-t-elle en arrivant devant l’homme.

- Lui-même. Répond-t-il d’une voix calme et grave. Que puis-je faire pour toi, jeune fille ?

- J’ai une lettre pour vous. Annonce-t-elle tout en lui tendant le parchemin scellé. De la part de Méli Almaran.

Un air surpris se peint sur le visage du maître d’armes qui saisit la lettre, brise le cachet de cire et lit la missive avec un air concentré. Marcy, elle, observe à nouveau les apprentis en pleine classe. L’idée même de devoir répéter des mouvements en boucle lui semble barbant et inutile. Une épée, c’est juste une dague plus grande, pourquoi apprendre des trucs pareils ? Surtout quand le plus simple, c’est encore d’éviter le combat. Sûrement un truc de chevalier, à ne jamais refuser un duel ou quelque chose du genre.

- Comment t’appelles-tu, jeune fille ? La voix du maître d’armes la sort de son observation.

- Marcy.

- Très bien, Marcy. Je vais répondre à dame Almaran sans tarder. Peux-tu lui confier la réponse dans la journée ?

- Bien sûr !

Elle compte bien rentrer dormir à l’orphelinat. C’est pourtant évident. Elle n’a pas l’air d’être d’une classe sociale bien élevée, c’est assez facile à deviner. Il ne faut pas être trop intelligent pour comprendre qu’elle vit à l’orphelinat. Ou alors il possède du tact, lui. Il demande donc à une des femmes en uniforme d’aller lui chercher de quoi écrire et un support. Marcy est alors obligée de patienter avec lui. Elle observe distraitement le cours avoir lieu et note que Harand Geros a l’air de particulièrement tenir à ce que les mouvements soient rapides et fluides. Quoi que cela veuille dire quand on manie une épée qui doit faire dans le mètre de long. Cela dit, elle trouve ça étonnamment hypnotique. Même si les torses nus des six jeunes hommes peuvent y être pour quelque chose. Chose qu’elle nierait fermement, de toute façon.

- Intéressée ?

- Hein ? Elle tourne la tête vers le maître d’armes, une expression confuse sur le visage. Quoi donc ?

- Un cours. – Dit-il en désignant les apprentis d’un mouvement de menton - Je t’ai vu bouger tout à l’heure, en évitant le duel. Tu as de bons réflexes et des réactions rapides.

- Je suis une fille, réplique-t-elle comme si cela suffisait comme réponse.

- Et alors ? Neolia est une femme et une excellente combattante.

Sans avoir la moindre idée de qui cette Neolia peut être, Marcy hausse les épaules. Tant mieux pour elle, mais elle n’a nullement l’intention de prendre de faire un quelconque apprentissage martial.

- J’ai pas d’argent.

Elle n’imagine pas les cours être gratuits, donc ça règle le problème.

- Ça paiera la commission que je te demande.

Il semble avoir réponse à tout, ce qui agace la rouquine. Elle n’a aucune intention de faire l’idiote en moulinant dans le vide. Elle hausse les épaules d’un air désintéressé en espérant que cela suffise à clore la discussion. Puisque le maître d’armes n’ajoute rien, elle pense s’en tirer à bon compte. Il s’éloigne d’ailleurs, rassurant la jeune fille dans sa décision. Comme si elle allait perdre son temps à des trucs de nobles. Mais la voix du maître d’armes l’interpelle et elle tourne la tête, agacée, avant de voir un objet voler vers elle. Elle se décale et laisse l’objet tomber au sol, découvrant une épée courte factice qu’elle ramasse par réflexe. L’instant d’après, le maître d’armes est sur elle, une épée en main et fait fendre l’air à son arme, droit sur sa tête. La rouquine s’aplatit aussitôt sur le sol, puis pousse sur ses mains pour se redresser, juste assez pour bondir en arrière, hors de portée. Elle lance alors l’épée droit vers le maitre d’arme. Il dévie l’attaque comme si de rien n’était, mais un large sourire s’affiche sur son visage, contrastant avec l‘expression agacée de Marcy.

- Bien joué ! Mais tu exposes trop tes flancs.

Marcy ignore complètement les compliments et conseils, énervée par cette attaque gratuite et injustifiée.

- C’était pour quoi ça !?

- Tester tes réflexes. Tu gagnerais à prendre un cours, je t’assure.

- Vous êtes cinglé ! Je venais juste livrer une lettre ! Rien à foutre de vos cours !

- Tu sais où me trouver si tu changes d’avis. - Il tend alors la lettre, sans se départir de son sourire - Tiens, ma réponse. Sois sûre de la livrer.

Marcy s’empare de la missive d’un geste un peu rageur et s’éloigne sans plus de formalités, d’un pas accéléré par l’agacement. Elle en a connu des types bornés, mais lui, visiblement, est d’un autre genre. Elle quitte la salle sans un regard en arrière, sans s’inquiéter des yeux qui la suivent.


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Marcy
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Re: Le Temple des Maîtres

Message par Marcy » jeu. 23 avr. 2026 11:36

Le poids d’un nom

C’est une hésitation qui accompagne Marcy devant les portes du temple des maîtres. L’immense bâtiment de pierre et de marbre n’a pas changé depuis son dernier passage, mais le souvenir de sa rencontre avec le maître d’armes et l’insistance de ce dernier la retient un instant. Elle pince les lèvres, inspire, avant de finalement s’engager dans l’escalier menant à l’entrée. Elle ne va pas laisser un type obtus mettre en péril sa mission. Elle refusera, comme la dernière fois, et tout se passera bien. Elle ne demandera pas son aide ni ne l’acceptera. Elle a bien vu quel genre d’individu fait ses classes ici et elle n’a aucune envie de devenir comme eux. Elle n’est ni noble, ni chevaleresque. Elle laisse l’honneur et la droiture à ceux qui ont du temps à perdre pour y penser. Seule compte la survie. La seule chose qui la ferait changer d’avis serait que le maître d’armes lui apprenne à utiliser sa dague d’une manière différente. Mais elle n’a pas vu l’ombre d’un poignard dans son cours.

Connaissant l’endroit, elle évite les assistantes en uniforme blanc et or pour se diriger directement vers la salle d’entrainement du maître Harand Geros. Comme la dernière fois, elle se sent écrasée par l’immensité et le faste de l’endroit. Mais elle y fait moins attention, cette fois. Quand on l’a vu une fois, on y est un peu moins sensible. En tout cas c’est ce qu’elle se dit alors qu’elle franchit l’entrée de l’immense salle d’entrainement. Ses yeux balayent l’endroit, sans trouver sa cible. Une moue contrite se dessine sur son visage. Voilà bien sa chance. Quelques personnes s’entrainent dans la salle, donc il ne doit pas être très loin. Elle s’adosse au mur le plus proche, bras croisés. Elle pourrait redescendre et demander à une assistante où se trouve le maître, mais elle se dit qu’elle n’a qu’à patienter un peu pour qu’il revienne.

Les minutes passent. Toujours aucune trace du maître d’armes. Son pied commence à tapoter impatiemment le sol de la salle. Elle grince des dents. Elle hésite entre descendre pour poser la question ou attendre encore un peu. Lorsque, finalement, elle se décide à bouger, un groupe de jeunes hommes entrent dans la pièce. Ils sont cinq. Vu leurs habits, les capes et l’élégance qui transpirent de leurs démarches, Marcy sait qu’il s’agit de fils de noble. Elle s’arrête pour les laisser passer. L’un d’eux l’aperçoit et, retirant sa cape, la lui lance en lui demandant de l’accrocher pour lui. Marcy, sourcil haussé, se fend d’un pas sur le côté. Le tissu retombe au sol. Aussitôt, le noble s’arrête et la fixe, éberlué, alors qu’elle prend la direction de la sortie. Il l’apostrophe aussitôt.

« Manante ! Mon manteau ! »

Les autres s’arrêtent et observent Marcy qui soupire et jette un regard par-dessus son épaule pour voir le noble, bras croisés, la fixer d’un air furieux. Cheveux blonds, yeux bleus, une peau lisse et qui est sans doute très douce tant elle est pomponnée. Il serait presque séduisant s’il n’avait pas ce regard empli de dédain et d’agacement. Marcy se tourne vers lui, son regard virant du manteau au jeune homme. Elle hausse simplement les épaules.

« Quelle idée de jeter ses frusques par terre, aussi. »

L’air éberlué du blondinet tire une immense satisfaction à la rouquine qui se fend d’un petit sourire narquois qui enrage immédiatement le nobliau.

« Tu oses te moquer de moi, impudente ? Tu sais qui je suis ? Henri de la Rosette, Fils du Marquis de la Rosette ! »

Marcy lui offre une moue faussement impressionnée. Le jeune homme n’est pas dupe et le peu d‘effet que ce nom a sur la jeune fille semble l’agacer encore plus que l’histoire du manteau tombé au sol. Même s’il y revient.

« Ramasse mon manteau ! »

« Non merci. Je suis sûre que tu sauras te pencher pour le faire. Je ne touche pas les choses qui traînent sur le sol. »

La rouquine a rarement l’occasion de rabattre le caquet d’un petit noble, aussi ne s’en prive-t-elle pas. Et, visiblement, ce n’est pas quelque chose à laquelle le jeune homme est habitué, vu la tête qu’il tire. Derrière lui, ses amis observent la scène, mi-amusés, mi-atterrés. Pensant la discussion close et le caquet rabattu, la rouquine se retourne pour chercher le maître d’armes. Mais Henri ne l’entend pas de cette oreille. Le son caractéristique d’une épée qu’on tire de son fourreau parvient aux oreilles de Marcy qui fait volte-face. Le jeune noble vient de tirer une rapière finement ouvragée et la pointe vers la jeune fille qui l’observe, sidérée.

« Je vais te faire payer ton insolence. »

Se moquer d’un noble est une chose, mais se battre avec un type qui doit suivre des classes d’armes depuis son plus jeune âge en est une autre. Marcy en est bien consciente et elle ne plaisante plus du tout. Sa posture tendu et l’arrêt de ses piques moqueuses n’échappe pas au jeune homme qui se fend d’un sourire victorieux.

« Tu fais moins la maligne, maintenant ! Je serai magnanime et ne ferai que taillader ce vulgaire visage si tu t’excuses. »

« Compte là-dessus, boucles d’or. »

La riposte de la rouquine franchit ses lèvres avant même qu’elle n’y pense. Elle se fustige mentalement, mais le mal est fait. Profondément agacé, le noble n’attend pas et se jette en avant, la pointe de sa rapière vers elle. Marcy ne tire pas sa dague, sachant très bien que blesser un noble dans sa chair lui coutera bien plus que de blesser son ego. Elle bondit en arrière, évitant la lame de justesse. Le blondinet semble surpris par sa réactivité. Il l’observe, suspicieux.

« Ton nom, manante. »

Marcy lève les yeux au ciel. Il ne pouvait pas le demander avant de vouloir lui trouer la peau. Et puis elle ne toma pas dans un piège aussi évident. Un nom, ça peut coûter cher s’il est associé à un délit. Et même si elle n’est techniquement responsable de rien, reste qu’elle a agacé un noble. Et ça peut très mal finir. Elle reste muette, ce qui ne manque pas d’énerver encore un peu plus le noble dont la veine sur son front palpite dangereusement.

« Ton nom ! Que je l’inscrive sur ton épitaphe ! »

Nouveau roulement d’yeux, mais une idée lui vient. Elle plisse les yeux, un plan se formant dans sa tête. Elle sourit.

« Marcy… Almaran. »

Il y a un blanc. Henri la fixe, les yeux ronds alors que ses amis chuchotent derrière lui. L’un d’entre eux vient même poser une main sur son épaule, probablement pour le calmer. Marcy ricane intérieurement. Ils font moins les malins quand le nom de Xël, le héros qui a aidé à vaincre une déesse, s’associe au sien. Elle ne sait pas si ce sera suffisant pour réellement l’empêcher de lui nuire, mais l’hésitation suffit. Le maître d’armes arrive sur ces entrefaites, offrant à Marcy la parfaite opportunité de tourner el os au problème en lui donnant la lettre. Harand Geros est un peu suspicieux de la scène qui se passe devant lui, mais la lettre l’accapare bien vite. Il al lit d’une traite, avant de griffonner une réponse qu’il tend à Marcy.

« Tiens, l’accord est conclu. Je les recevrai en début de semaine prochaine. Tu es toujours la bienvenue. »

« Je… vais y réfléchir. Mon frère m’enjoint à m’y pencher. »

Elle insiste bien sur le mot « frère » en jetant un regard aux nobles. Henri grince des dents, mais ne dit rien. Pas idiot, le maître d’armes sent bien que quelque chose cloche, mais, sans plus d’informations, il se contente de hocher la tête et de retourner à ses cours, laissant Marcy quitter la pièce, non sans un regard moqueur en direction du noble et de sa cape toujours au sol. Sûrement que Xël ne serait pas content de ce mensonge, mais ça valait bien la peine de voir la tête de ce sale petit emmerdeur quand il a cru devoir gérer un héros connu et reconnu par le Royaume. Et puis, ce n’est qu’un petit mensonge de rien du tout. Surtout que c’est le nom de Méli, à l’origine. Xël n’a fait que s’en servi, lui aussi. La rouquine n’a donc que peu de scrupules à en faire de même. Parfois, elle est très contente de ses idées lumineuses.

Sa mission accomplie, elle décide de retourner à l’orphelinat pour transmettre le dernier message. Elle espère simplement ne pas croiser à nouveau le chemin de ce nobliau blond. Pa sûr que le coup du frère surpuissant fonctionne à chaque fois…

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