Le Col Blanc

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Yuimen
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Le Col Blanc

Message par Yuimen » jeu. 4 janv. 2018 20:36

Le Col Blanc, passage entre Mertar et les villages nains

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Surmontant les hautes montagnes de Nirtim, le Col Blanc relie Mertar aux villages et mines naines dispersés de par la montagne. Surnommé ainsi à cause des étendues neigeuses des sommets en plein hiver, le Col Blanc traverse les montagnes d'ouest en est et rend le plus court des voyages long et périlleux. On y trouve peu de vie animale, du fait du froid glacial qui y règne le plus souvent, à l'exception de quelques rares grizzlis qui sont une légende car personne n'est jamais sorti vivant d'une rencontre avec eux. Ce chemin devient parfois rocailleux, principalement sur le plateau de Mertar où il est alors plus praticable mais aussi plus hostile du fait des nombreuses créatures que l'on peut y rencontrer.

Attention aussi lors de la traversée, un voyageur inexpérimenté pourra être surpris par les tempêtes de neige qui ont lieu au moins une fois par semaine et qui ralentissent d'une bonne journée le voyage.

Le Col Blanc n'a pas réellement de départ et d'arrivée, en effet, emprunté depuis des siècles par les nains et autres races, personne n'a vraiment pu en faire un tracé définitif. Ce que l'on en sait, c'est qu'il relie principalement Luminion à Mertar, en passant par les mines des sommets telles que Likhranen, pour passer ensuite à Amaranthe puis à Alkil. Après les villes de Luminion et d'Alkil, le tracé est flou et se perd vers les plaines et plateaux qui s'étendent à l'horizon de part et d'autre.

Cependant, il est de tradition chez les Thorkins de nommer "Col Blanc" le morceau de montagne creusé par leurs ancêtres pour faire passer la route la plus plate possible, à une quinzaine de kilomètres à l'est de Mertar.

Malgré ses risques mortels, le Col Blanc n'en reste pas moins le chemin le plus rapide pour se rendre de n'importe quelle ville naine jusqu'à la capitale Mertar.

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Arlün
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Re: Le Col Blanc

Message par Arlün » ven. 13 mars 2026 00:44

<~
14.

Les gardes avaient probablement été prévenus de son passage. En tout cas, ils le laissèrent passer sans sourciller malgré son pas pressé, son souffle haletant et sa langue qui pendait dehors.

Une fois à l'extérieur, il eut d'abord un petit frisson, puis un immense soulagement. Courir dans l'atmosphère tiède de Mertar avait mis en surchauffe son corps engoncé dans une épaisse fourrure blanche. Il inspira de grandes goulées d'air frais et de ciel bleu, sourire aux lèvres. Il ferma les yeux quelques secondes au soleil, puis se dépêcha de quitter les pavés, pour mettre le pied dans la neige et se diriger vers les chemins les plus à droite devant l'entrée de Mertar. Il finit par trouver quelques bonhommes de neige rudimentaires et son nom écrit dans la neige. Ainsi que des empreintes très marquées qui semblaient monter vers un petit plateau isolé.

Il suivit la piste en courant et finit par tomber sur le groupe qui courait également en rond sous la supervision de Verna et Toshki.

— Ah, voilà Arlün ! Bon, c'est reparti pour un tour, qu'il puisse lui aussi courir un peu.


Les réactions furent mitigées. Les fujoniens devaient courir depuis un moment, et pourtant ce fut Arlün qui souffrit le plus de ce tour supplémentaire après avoir couru en changeant sans cesse de rythme depuis qu'il avait quitté la taverne.

Mais rien ne pouvait aisément altérer sa bonne humeur après qu'il eut retrouvé la fraîcheur du jour.

Ils passèrent encore une heure à s'entraîner. Après avoir couru, ils jouèrent à mener une charge en évitant les projectiles d'une équipe adverse, à rattraper des ennemis en fuite, celui qui se faisait attraper devenant à son tour le poursuivant...

Quand ils s'arrêtèrent, Laurent lui demanda si la tartine de miel lui avait plu, une idée de Sarb apparemment. Arlün les remercia tous. Mais quand Laurent lui demanda également ce qu'il avait mangé la veille au soir, le ménestrel dut implorer son pardon pour avoir repris du pain et du fromage pour la quatrième fois.

— Mais Tarim vous salue, d'ailleurs !

Il prit également les devants, avant qu'on ne lui en fisse la remarque...

— Comment vous faites pour vous laver ? Je me lave un peu les mains et le visage, mais évidemment, les nains se lavent à l'eau et nous on ne peut pas, on ne finirait jamais de sécher. J'imagine que vous continuez les séances de brossage comme là-haut ? Mais pour les odeurs ? J'ai l'impression qu'avec l'enfermement de la ville et la chaleur, ça vient beaucoup plus vite... Et puis, c'est mon deuxième jour et je perds déjà tous mes poils...

— Tu as du temps après ?, intervint Survac.

— Oui. Mais pas énormément. J'ai besoin d'être à la taverne en début d'après-midi, voire midi.

— Alors, peut-être que Verna et Toshki pourraient te montrer ? Mais il y a pas mal d'options.

Et de lui expliquer que, comme à Amarok, les fujoniens prenaient régulièrement le temps de se brosser mutuellement. Ils perdaient davantage leurs poils, surtout au début, mais c"était normal. Une simple question d'adaptation. Et comme à Amarok, une des meilleures techniques et des plus économiques, restait de se rouler dans la neige poudreuse bien froide, et bien sèche, puis de brosser consciencieusement avant qu'elle ne fonde. La neige emportait ainsi saletés, peaux mortes, et même les odeurs.

Le climat de Mertar n'était pas aussi glacial que dans le village des liykors, et la neige de qualité idoine ne se trouvait pas toute l'année. Il fallait éviter qu'elle soit humide. Mais pour le moment, c'était encore la saison. En été, il y avait d'autres techniques. Argile, poussières de roche, certaines huiles, mais il fallait bien choisir si on voulait garder le poil blanc sans le ternir.

Alors, Arlün, Toshki et Verna se séparèrent du groupe qui reprenait ses entraînements. Arlün suivit ses anciens guides sur un nouveau plateau toujours plus en hauteur.

Le paysage était cerclé de sommets enneigés qui découpaient un ciel sans nuages, autrement Arlün aurait peut-être pu apercevoir les territoires humains au sud du Karathren. Arlün resta quelques moments à contempler la nature silencieuse, puis se tourna vers Toshki et Verna. Le couple profitait de ses derniers jours à Mertar avant de repartir pour Amarok.

— À toi l'honneur ! La neige est partout comme il faut ici.

Les pieds d'Arlün s'enfonçaient à chaque pas de quelques centimètres dans la neige immaculée. Il prit une bonne inspiration et plongea la tête la première dans cette immense piscine figée. Il renouvela l'opération plusieurs fois, roulant dans tous les sens. Quand la neige eut pénétré assez avant et uniformément dans sa fourrure, il choisit le meilleur point de vue et s'immobilisa. Toshki et Verna sortirent chacun deux peignes en os et commencèrent à lui enlever toute la neige, et avec la neige, une quantité infinie de poils et de particules douteuses.

Au fur et à mesure, sa fourrure bouffait en se gonflant d'air. Il grimaça quand Toshki et Verna eurent à défaire quelques nœuds tenaces, mais être fujonien, c'était devenir expert en peignage et brossage, et ils ne le firent que peu souffrir. Au contraire, le contact doux et intime le remplissait d'une joie déjà nostalgique.

L'opération terminée, Arlün remplaça Toshki, puis Verna.

— Mais il manque la touche finale. Redescendons.

Le petit groupe redescendit vers Mertar, mais s'arrêta dans une grande cabane en bois. Toshki et Verna lui en avaient déjà parlé, elle était utilisée par les fujoniens de passage quand ils avaient à faire dans la cité naine mais qu'ils ne voulaient pas s"enfermer sous terre. Là, Toshki récupéra une outre.

— De l'huile de cèdre, précisa-t-il.

— Oh !, s'exclama Arlün.

C'était un petit luxe qu'il pouvait rarement se permettre à Amarok. Et à vrai dire, s'il cherchait souvent à s'en procurer, c'était surtout pour entretenir son archiluth et le protéger de l'humidité comme du déssèchement.

Toshki en versa délicatement quelques gouttes sur une brosse en poil de sanglier, et entreprit de brosser Arlün. Lequel rendit ensuite la pareille à ses deux camarades.

En les voyant resplendissant, le poil lustré et lumineux, dégageant une subtile odeur boisée, Arlün imagina que lui-même ne devait pas s'en sortir trop mal. En tout cas, il se sentait rudement mieux.

— Mais il faut encore que j'aille balayer chez moi. J'ai tout laissé en plan ce matin... On se revoit demain ?

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