Le Port

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Yuimen
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Le Port

Message par Yuimen » sam. 6 janv. 2018 11:44

Le port de Lebher

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Bienvenue sur les quais du port de Lebher, sans doute l’un des plus beaux ports de Yuimen. Ici, vous pourrez louer les services d'un navire et de son équipage ou bien acheter vos propres navires. Que ce soit pour les voyages ou pour les marchandises, des bateaux sont à votre disposition. Les capitaines s'étant amarrés au port se feront un plaisir de vous conseiller selon l’endroit où vous vous rendrez.

Les bateaux sont rachetés à 1/4 de leur prix.


La demande doit être postée, avec le lien du post, dans le sujet d'Interventions GM.
Prix et explications des navires : Règle des voyages maritimes

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Kymil
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Re: Le Port

Message par Kymil » lun. 23 déc. 2019 21:56

Elle se dirigea vers une crique adjacente au port, profonde et bordée d’une falaise abrupte, appréciée des Earions de la ville car préservée du passage des nombreux navires. Elle s’y rendait souvent pour être en communion avec ses ancêtres et La Reine-Mère des Océans. Sous l’eau, Kymil était dans son élément, sous l’eau, elle se préservait des bruits de la ville, elle ne faisait plus qu’un avec l’océan.
Elle y médita des heures durant, son esprit et son âme ouverts à l’influence bénéfique de Moura. Toute à ses prières, elle se remémora les luttes de son peuple conquérant et les âpres combats pour préserver leur peuple de l’extinction.

Quand soudain, le bleu océan qui nimbait ses songes d’une aura bienveillante se fit arracher par une violente bourrasque de neige. Tout devint d’un blanc étincelant et aveuglant. Au ronronnement des courants marins se succéda le sifflement du vent. Une vague de frisson sur sa peau moite fut le seul témoignage de ce revirement spectaculaire qui transfigura sa communion. Malgré la stupeur, malgré l’inconfort de se sentir éloignée de son élément, elle ressentit de la chaleur bienveillante et se laissa emporter par cette vision incongrue sans lutter.
Les signes de sa Déesse étaient parfois flous et impénétrables à une pleine conscience.
Un carillon se mit à tinter loin derrière cet horizon blanc, tel un appel que l’Aerionne suivit. Vif comme le vent, elle survola une mer de glace étincelante de pureté et remonta le long d’un fleuve gelé, bordé d’arbres aux branches épaisses et denses, blanchis par la neige de leurs cimes aux plus basses des épines, telle une forêt de blanc corail. Un parfum méconnaissable lui fit fermer les yeux car il s’accompagnait d’images douces et sucrées, d’envie de réconfort et de félicité. Vint ensuite des vallons enneigés où se dessinaient ça et là des petits hameaux aux toits fumants, des monts rocheux aux sommets battus par les vents, des pics vertigineux aux flancs lustrés par les glaces éternelles. Le tintement se fit soudain plus net, le paysage devint plus chaleureux. Il y avait, au milieu de tout ce blanc et ce froid, un havre vert avec un son centre un étang profond et plein de vie. Un chalet en bois s’y trouvait aussi, peint de vert, d’or et de rouge. Son toit était décoré d’étoiles, de boules colorées, de formes allongées rayées de blanc et de rouge ; la fumée qui s’en échappait sentait bon l’écorce et les épices. A travers la grande fenêtre du chalet, on voyait rougeoyer le foyer d’une cheminée où de merveilleuses flammes orangées léchaient les bûches avec gourmandise. La chaleur de ce feu était fantastique car, de là haut, Kymil en ressentit ses bienfaits. Des éclats de voix enjoués traversèrent alors les murs de ce chalet. On y riait, on y chantait … on y était aveugle à ce qui se passait dehors, mais ce qui était dehors, l’observait.
Une avancée de neige fraîche semblait couler depuis la lisière de la froide forêt, parsemée de morceaux d’écorces, de branchages et brisures de pommes de pin ; le bout de cette avancée était formé par un monticule de neige de petite taille en train fondre et, dont le sommet donna l’impression à la visiteuse invisible qu’il tendait vers le chalet.

Tapie dans l’obscurité du sous-bois, une forme blanche bougea lentement. Constitué de deux boules de neige compacte, cet être avançait en dodelinant, silencieux et, pourtant, Kimyl ressentit son appel au plus profond de son cœur. Une bourrasque l’emporta à quelques mètres de la lisière et elle put distinguer l’être si familier et inconnu à la fois. La boule du bas, plus grosse, supportait celle du dessus, plus petite, tel un corps et une tête. Une rangée d’écailles de pommes de pin faisait office de bouche et deux morceaux d’écorce brun foncé formaient les yeux. Des yeux avides qui fixaient inexorablement l’âtre chatoyant à l’intérieur du chalet et, bien que faits d’écorce, on y lisait l’espoir. De la chaleur de ce feu magique émanait un sentiment puissant de réconfort, la danse des flammes rougeoyantes réchauffait les cœurs ; et ces êtres de neige ne voyaient plus que cela : le bonheur était là-bas. Eux qui naissaient du froid, eux qui se consolidaient aux vents glacés, eux qui vivaient des jours heureux à l’ombre des grands conifères de cette forêt, étaient appelés par cet âtre aux milles nouvelles promesses.
Lentement, ils glissaient sur la neige, lentement, ils s’en approchaient, leurs yeux d’écorce rivés sur le feu. Lentement, ils rapetissaient jusqu’à ne plus être qu’un monticule de neige.

« Lutin, cria une voix autoritaire qui fit s’élever des cris dans les bois, cessez vos facéties. Le grand jour approche, nous avons encore beaucoup à faire. »

L’immense silhouette sous le porche du grand chalet remua des bras lourds aux mains gantées et lentement, tandis qu’il retournait dans son chalet, la neige reprit forme et roula jusqu’au manteau neigeux.


Happée par des vents contraires et brutaux, Kymil s’éveilla dans les eaux froides de l’Océan, le cœur débordant d’émotions. Pendant plusieurs minutes, elle tenta de comprendre où ses ancêtres et sa Déesse l’avaient menée et dans quel but. La légende du Père no-hell était répandue sur Yuimen, cet être que l’on ne peut qu’apercevoir dans le ciel pendant la longue nuit ; même les Earions le nommaient parfois et les plus jeunes aspiraient à recevoir de lui un présent comme nul autre, car il remplissait les cœurs de paix.
C’était lui, à n’en point douter. Cependant, elle s’interrogea. Etait-ce l’influence du Père No-Hell qui avait perturbé sa méditation et avait provoqué cette étrange vision ? Le sens lui échappait. Elle se remémora les différentes scènes, cherchant le signe de la Reine-Mère à travers l’image de l’étang poissonneux ; elle revécut la sensation familière face aux bonhomme de neige ; elle ressentit leurs besoins de suivre un autre chemin. Allait-elle, comme eux, au devant d’une fin tragique en quittant sa vie de bijoutière ? Que penser alors du rôle de cet être imposant de charisme et de dignité qui les sauva ?


Elle remonta vers la surface sans signes divins au soutien qu’elle cherchait. Une part d’elle, cependant, était plus sereine, plus confiante. Contrairement à ces bonshommes, elle n’était pas à la recherche d’un bonheur illusoire et personnel et, surtout, elle n’était pas victime des facéties de lutins espiègles.
Alors, elle pria et, pour la première fois de sa vie, elle ne pria pas Moura.

((Père No-Hell. C’est le cœur léger et serein que je quitte vos songes. Puisse cette détermination ne jamais me quitter et me guider vers les meilleurs choix à venir.))

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Gamemaster6
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Re: Le Port

Message par Gamemaster6 » sam. 28 déc. 2019 00:23

Intervention du Père No-Hell pour Kymil

L'océan. Lieu de paix pour ton peuple, lieux de vie et d'abondance. Toujours, il t'a guidé, toujours il t'a apaisé. Moura, ta déesse, en est l'illustration, l'incarnation de la force de l'océan, et tu te plais à suivre ses enseignements. Du cœur de l'océan, elle scintille alors qu'un curieux sentiment t'envahis. Lorsque tu ouvres ton sac, elle est là, encore humide. Une perle aux couleurs changeantes, un cadeau des mers. Lorsque tu plonges ton regard à l'intérieur, tu sens tes doutes s'envoler, ta volonté s'affirmer. Tu sais ce qu'il te reste à faire, Kymil.


Cœur de l'océan: Une perle aux couleurs changeantes de l'océan, qui attire l’œil telle une pierre précieuse. En plongeant ton regard à l'intérieur, tu ressens une nouvelle détermination t'envahir, même dans les moments les plus difficiles. Comme si Moura elle-même te poussait à aller de l'avant.
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Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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