Le Port de Tulorim
- Fenouil
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- Enregistré le : jeu. 20 déc. 2018 00:35
Re: Le Port de Tulorim
La belle dame sans cheveu me sourit aimablement et se présenta: Merak'Mouth. Tout comme moi, elle ne savait pas pourquoi, elle avait subi cette intrusion.
Pour ma part, je m'approchai de l'homme à la peau bleu et aux oreilles particulières, arborant un chapeau magnifique, tout en poursuivant mon chemin vers le magnifique navire à trois mats habillés de voiles bleues et or. Bien que je connaissais le chemin, pour y être allé à la course, je marchai au même rythme qu'eux. Rosenfiel franchit le premier la passerelle et celle-ci sembla scintillé sous son poids..
(Ca doit être la fin qui me fais avoir des hallucinations.)
Tout comme les autres, je suivis le propriétaire jusqu'à sa cabine. Elle était petite, mais bien remplie... peut-être un peu trop même...il pourrait être intéressant de ramener quelques souvenirs plus tard.
Après avoir regardé les différents objets de la pièce, je m'asseyais sur le tabouret le plus près de Rosenfiel et je m'adressai à lui.
"Vous vous souvenez de moi ? C'est moi qui vous ai annoncé que les renforts étaient arrivés. En fait, c'est Kaelen qui m'a demandé d'aller chercher vos employés sur votre navire et il m'avait promis une récompense si je vous ramenais vos marins... ce que j'ai fait."
Pour ma part, je m'approchai de l'homme à la peau bleu et aux oreilles particulières, arborant un chapeau magnifique, tout en poursuivant mon chemin vers le magnifique navire à trois mats habillés de voiles bleues et or. Bien que je connaissais le chemin, pour y être allé à la course, je marchai au même rythme qu'eux. Rosenfiel franchit le premier la passerelle et celle-ci sembla scintillé sous son poids..
(Ca doit être la fin qui me fais avoir des hallucinations.)
Tout comme les autres, je suivis le propriétaire jusqu'à sa cabine. Elle était petite, mais bien remplie... peut-être un peu trop même...il pourrait être intéressant de ramener quelques souvenirs plus tard.
Après avoir regardé les différents objets de la pièce, je m'asseyais sur le tabouret le plus près de Rosenfiel et je m'adressai à lui.
"Vous vous souvenez de moi ? C'est moi qui vous ai annoncé que les renforts étaient arrivés. En fait, c'est Kaelen qui m'a demandé d'aller chercher vos employés sur votre navire et il m'avait promis une récompense si je vous ramenais vos marins... ce que j'ai fait."
- Cromax
- Messages : 952
- Enregistré le : mar. 26 déc. 2017 20:51
Re: Le Port de Tulorim
Comme si de rien n’était, nos accompagnants décident de se mettre en route vers le navire. Même Kaelen qui me demandait des nouvelles ne réagit pas à mon explication. Personne ne semble comprendre d’où ça peut venir, et ça n’est pas pour m’arranger. Pas une contrainte mentale, en tout cas. C’est la seule chose dont je puis être certain.
Toute la troupe se dirige donc avec une nonchalance totalement malvenue au vu de ce qui vient de se passer vers le navire de Rosenfiel. Le manque de réaction de ce dernier est l’indice le plus suspect que je note. Il devrait avoir toutes raisons de s’inquiéter pour son sort : il vient d’être sauvé in extremis, grâce à mon intervention opportune, d’une tentative d’assassinat. Et sans sembler s’en soucier le moins du monde, il grimpe sur son palais flottant, faisant vaciller la fameuse paroi magique répulsive. Cette fois, elle ne me pose aucun souci, et j’accède finalement à ce pont tant attendu.
L’équipage se disperse et le boss nous invite dans sa cabine, au faste ostentatoire. Un truc de bourgeois collectionneur de pépites des quatre coins du monde, ça. Certainement pas des brols qu’il a dénichés lui-même, ceci dit. C’est un marchand, il les a acquis par le commerce. Vieux faignant. Il nous propose du vin, je refuse d’un geste poli et reste debout quand il nous intime de nous asseoir. En territoire inconnu, je préfère ne pas me mettre en position de faiblesse. Il nous remercie pour ce qu’il nomme éhontément un « contretemps », et nous convie à une soirée sur son navire. Bon… Bah l’infiltration se déroulera plus facilement qu’initialement prévue. Me voilà officiellement parmi la liste des invités.
Le gobelin étrange prend l’initiative de se mettre en avant, un peu vantard sur son intervention pour quérir une récompense. Ne comprend-il pas que l’invitation est la récompense en question ? Je laisse Rosenfiel répondre cependant : si le petit vert peut recevoir quelques piécettes en plus pour avoir appelé les renforts, grand bien lui fasse. Non, moi, mon souci est tout autre. Je prends la parole d’un ton sérieux.
« Vous avez l’air bien détendu pour quelqu’un qui vient de se soustraire à une tentative de meurtre. Est-ce si habituel pour vous ? Vous y attendiez-vous ? Sauriez-vous de qui elle peut émaner ? Et pour quelles raisons ? »
Je me rends compte de l’interrogatoire que ça semble être, aussi levé-je les mains pour expliciter ma position.
« Veuillez excuser cet élan inquisiteur. Je fais partie de la milice de la ville et de tels actes doivent trouver réponse. Une enquête sera ouverte sur les événements d’aujourd’hui, et je compte sur votre totale participation pour nous éclairer au mieux. »
Je précise d’ailleurs.
« D’ailleurs, au vu des méthodes employées par vos ennemis, je pense qu’il serait plus prudent que vous ne vous adressiez qu’à moi concernant cette affaire. S’ils veulent se faire passer pour des miliciens, c’est mieux si je suis votre unique référent. »
Je laisse les autres exprimer leurs questions s’ils en ont, ne sachant si Rosenfiel souhaitera répondre aux miennes séant ou après cette réunion.
Toute la troupe se dirige donc avec une nonchalance totalement malvenue au vu de ce qui vient de se passer vers le navire de Rosenfiel. Le manque de réaction de ce dernier est l’indice le plus suspect que je note. Il devrait avoir toutes raisons de s’inquiéter pour son sort : il vient d’être sauvé in extremis, grâce à mon intervention opportune, d’une tentative d’assassinat. Et sans sembler s’en soucier le moins du monde, il grimpe sur son palais flottant, faisant vaciller la fameuse paroi magique répulsive. Cette fois, elle ne me pose aucun souci, et j’accède finalement à ce pont tant attendu.
L’équipage se disperse et le boss nous invite dans sa cabine, au faste ostentatoire. Un truc de bourgeois collectionneur de pépites des quatre coins du monde, ça. Certainement pas des brols qu’il a dénichés lui-même, ceci dit. C’est un marchand, il les a acquis par le commerce. Vieux faignant. Il nous propose du vin, je refuse d’un geste poli et reste debout quand il nous intime de nous asseoir. En territoire inconnu, je préfère ne pas me mettre en position de faiblesse. Il nous remercie pour ce qu’il nomme éhontément un « contretemps », et nous convie à une soirée sur son navire. Bon… Bah l’infiltration se déroulera plus facilement qu’initialement prévue. Me voilà officiellement parmi la liste des invités.
Le gobelin étrange prend l’initiative de se mettre en avant, un peu vantard sur son intervention pour quérir une récompense. Ne comprend-il pas que l’invitation est la récompense en question ? Je laisse Rosenfiel répondre cependant : si le petit vert peut recevoir quelques piécettes en plus pour avoir appelé les renforts, grand bien lui fasse. Non, moi, mon souci est tout autre. Je prends la parole d’un ton sérieux.
« Vous avez l’air bien détendu pour quelqu’un qui vient de se soustraire à une tentative de meurtre. Est-ce si habituel pour vous ? Vous y attendiez-vous ? Sauriez-vous de qui elle peut émaner ? Et pour quelles raisons ? »
Je me rends compte de l’interrogatoire que ça semble être, aussi levé-je les mains pour expliciter ma position.
« Veuillez excuser cet élan inquisiteur. Je fais partie de la milice de la ville et de tels actes doivent trouver réponse. Une enquête sera ouverte sur les événements d’aujourd’hui, et je compte sur votre totale participation pour nous éclairer au mieux. »
Je précise d’ailleurs.
« D’ailleurs, au vu des méthodes employées par vos ennemis, je pense qu’il serait plus prudent que vous ne vous adressiez qu’à moi concernant cette affaire. S’ils veulent se faire passer pour des miliciens, c’est mieux si je suis votre unique référent. »
Je laisse les autres exprimer leurs questions s’ils en ont, ne sachant si Rosenfiel souhaitera répondre aux miennes séant ou après cette réunion.
- Nhaundar
- Messages : 244
- Enregistré le : dim. 30 déc. 2018 20:08
Re: Le Port de Tulorim
XI 28 Magie kaléidoscopique.
L’odeur de poisson me ramène quelque peu à la réalité, juste avant le feu présent dans ma gorge.
Bien après que l’effet de ma vision particulière se soit arrêté, l’image de cette femme ou de cet être ne me quitte pas. Mon corps est parcouru de tremblements légers, mais persistants dans tout mon corps. Je suis comme à demi-conscient de ce qui m’arrive, mon corps réagissant presque de lui-même lorsque presque tous se dirigent vers un imposant bateau.
S’ils acceptent l’invitation du marchand kendran à le suivre, c’est pour ma part l’intérêt que je porte à cette femme de feu et d’ombre qui me guide à la suite du groupe, tandis qu’une légère sensation désagréable apparaît dans ma botte.
Il ne nous faut que peu de temps pour atteindre un immense navire. Plus grand et majestueux que tous ceux sur lesquels j’ai eu le loisir de voguer, je le contemple brièvement lorsque je quitte à peine les yeux de cette femme. Prêt à grimper à bord, la sensation est devenue une gêne, puis une douleur désagréable. Ma conscience revenant au fur et à mesure que le temps passe, je me rends compte du problème.
Avant de monter à bord, je déchausse mes bottes pour laisser tomber un amas de terre et de cailloux qui s’en échappe. Ce n’est qu’en portant le regard sur mes mains que je comprends comment ils sont arrivés là.
Lors de ma crise, mes doigts se sont enfoncés dans la terre, prenant une bonne poignée avant que mes mains ne s’ouvrent au-dessus de mes bottes, lorsque je me suis relevé.
En me rechaussant, je constate que tout n’est pas retiré, me forçant à fouiller à la main. J’en sors une pierre familière. Un caillou doté d’une gravure reconnaissable : une rune Dai.
Je hausse un sourcil en constatant sa curieuse présence dans ma botte, avant de me rappeler l’étrange phénomène apparu quelques instants auparavant.
(Les deux choses seraient liées ?)
Ne voulant pas me laisser distancer par les autres, et en particulier par la femme de feu et d’ombre, je range la rune dans ma besace sous mes vêtements et rattrape notre troupe à l’intérieur du navire. Encore un peu malmené par l’effet secondaire de ma vision, je tâche de rattraper le groupe, en prenant bien soin de ne pas tomber par-dessus bord.
J’y parviens avant que les matelots ne me prennent pour un arriviste, profitant du groupe pour me fondre dedans, même si, avec ma couleur de peau, on peut dire que c’est le cas.
J’arrive en dernier dans la cabine du propriétaire et observe la décoration intérieure. Le faste, l’opulence, est omniprésent. Du sol au plafond, en passant par les murs et le mobilier, tout est une démonstration de richesse. Une décoration extravagante à mon goût. De nombreux objets traînent ici et là et auraient mérité mon intérêt le plus total.
Alors que certains interrogent le maître de ces lieux, mon attention n’est portée ni sur l’opulence exposée, ni sur les riches mets présentés, ainsi que sur la collection d’objets, non. Mon regard comme mes pensées sont accaparés par cette femme dont la vision a embrasé mon esprit.
XI 30 Une fascination dévorante.
XI 29 Obsession.
L’odeur de poisson me ramène quelque peu à la réalité, juste avant le feu présent dans ma gorge.
Bien après que l’effet de ma vision particulière se soit arrêté, l’image de cette femme ou de cet être ne me quitte pas. Mon corps est parcouru de tremblements légers, mais persistants dans tout mon corps. Je suis comme à demi-conscient de ce qui m’arrive, mon corps réagissant presque de lui-même lorsque presque tous se dirigent vers un imposant bateau.
S’ils acceptent l’invitation du marchand kendran à le suivre, c’est pour ma part l’intérêt que je porte à cette femme de feu et d’ombre qui me guide à la suite du groupe, tandis qu’une légère sensation désagréable apparaît dans ma botte.
Il ne nous faut que peu de temps pour atteindre un immense navire. Plus grand et majestueux que tous ceux sur lesquels j’ai eu le loisir de voguer, je le contemple brièvement lorsque je quitte à peine les yeux de cette femme. Prêt à grimper à bord, la sensation est devenue une gêne, puis une douleur désagréable. Ma conscience revenant au fur et à mesure que le temps passe, je me rends compte du problème.
Avant de monter à bord, je déchausse mes bottes pour laisser tomber un amas de terre et de cailloux qui s’en échappe. Ce n’est qu’en portant le regard sur mes mains que je comprends comment ils sont arrivés là.
Lors de ma crise, mes doigts se sont enfoncés dans la terre, prenant une bonne poignée avant que mes mains ne s’ouvrent au-dessus de mes bottes, lorsque je me suis relevé.
En me rechaussant, je constate que tout n’est pas retiré, me forçant à fouiller à la main. J’en sors une pierre familière. Un caillou doté d’une gravure reconnaissable : une rune Dai.
Je hausse un sourcil en constatant sa curieuse présence dans ma botte, avant de me rappeler l’étrange phénomène apparu quelques instants auparavant.
(Les deux choses seraient liées ?)
Ne voulant pas me laisser distancer par les autres, et en particulier par la femme de feu et d’ombre, je range la rune dans ma besace sous mes vêtements et rattrape notre troupe à l’intérieur du navire. Encore un peu malmené par l’effet secondaire de ma vision, je tâche de rattraper le groupe, en prenant bien soin de ne pas tomber par-dessus bord.
J’y parviens avant que les matelots ne me prennent pour un arriviste, profitant du groupe pour me fondre dedans, même si, avec ma couleur de peau, on peut dire que c’est le cas.
J’arrive en dernier dans la cabine du propriétaire et observe la décoration intérieure. Le faste, l’opulence, est omniprésent. Du sol au plafond, en passant par les murs et le mobilier, tout est une démonstration de richesse. Une décoration extravagante à mon goût. De nombreux objets traînent ici et là et auraient mérité mon intérêt le plus total.
Alors que certains interrogent le maître de ces lieux, mon attention n’est portée ni sur l’opulence exposée, ni sur les riches mets présentés, ainsi que sur la collection d’objets, non. Mon regard comme mes pensées sont accaparés par cette femme dont la vision a embrasé mon esprit.
XI 30 Une fascination dévorante.
Modifié en dernier par Nhaundar le jeu. 1 oct. 2026 16:22, modifié 1 fois.
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Morrigane
- Messages : 79
- Enregistré le : sam. 19 déc. 2020 07:06
Re: Le Port de Tulorim
Le premier pas vers l'arrière étair à peine amorcer que déjà Nahel s'en offusquait, affirmant qu'une occasion pareille ne se représenterait jamais.
Un marin alerté par ce mouvement nerveux entre les deux âmes, s'était approché interrogateur. Nahel avait aussitôt affiché un sourire large et charmant expliquant d'un ton léger que son amie avait simplement eu malaise. Ne souhaitant provoquer aucun esclandre pour ne pas attirer l'attention, Morrigane choisit de se prêter au jeu. Elle plissa légèrement les paupières, esquissa un sourire qu'elle voulut avenant, et laissa échapper un petit rire calculé, faussement nerveux d'une jeune femme impressionnable.
« Oui... Tout va bien. »
Nahel profita de l'instant pour la pousser fermement en avant, l'obligeant à reprendre sa marche vers le navire. Impossible, dans ces conditions, de manifester le moindre désaccord sans éveiller davantage la curiosité du marin, dont le regard restait accroché à elle avec une insistance préoccupée.
(Deuxième fois qu'il me contraint ainsi. La première dans la ruelle, maintenant ici.)
Aucune blessure d'orgueil là-dedans mais sa survie ne dépend que d'elle, et il venait de disposer de son existence alors qu'elle cherchait précisément à s'extraire de cette situation. Elle se composa un visage conforme au rôle choisi, glissant son bras sous celui du marin d'un côté, sous celui de Nahel de l'autre, offrant l'image parfaite d'une femme qu'on soutient plutôt que d'une femme qui avance seule.
Une fois le pont atteint, elle remercia chaleureusement le marin, accompagnant ses mots d'une caresse légère sur la joue de l'homme, avant de poursuivre son chemin avec le reste du groupe convié dans la cabine de Rosenfiel.Un geste gratuit en apparence, mais un investissement minime.
La pièce qui les accueillit se révéla bien modeste mais soignée. Des cadres somptueux ornaient les murs, entourés d'artefacts disparates dont l'origine trahissait des peuples multiples, probablement collectés au fil de voyages ou d'acquisitions onéreuses. Un bureau d'une facture élégante trônait au centre, contrastant avec le siège plus modeste et manifestement usé installé derrière sur lequel le capitaine s'installa tandis que des tabourets étaient proposés aux invités, accompagnés de vin. Il évoqua, entre deux politesses, une réception qu'il comptait donner dans la semaine à venir, en remerciement de leur intervention.
Morrigane déclina d'un geste poli, gardant son attention rivée sur l'assemblée plutôt que sur le verre qu'on lui tendait.
(Observer prime sur consommer.)
L'elfe gris, Cromax, orientait la conversation vers le calme apparent du capitaine après une attaque d'une telle violence, questions posées avec l'aisance de qui joue depuis longtemps un rôle d'autorité milicienne. Morrigane se méfiait de lui plus que les autres. Vu son nouveau rôle dans la pègre ils étaient des ennemis naturels. Mieux ne valait pas attirer son attention.
Fenouil, de son côté, orientait discrètement la discussion vers une possible récompense, sans grande subtilité dans la manœuvre.
(Voilà donc ce qui l'anime réellement. Le gain avant tout, sans détour ni élégance dans la demande. Information à conserver : un levier simple, fiable, réutilisable.)
Morrigane laissa passer un silence avant d'oser, d'une voix qu'elle rendit délibérément timide.
« Une soirée ? En quel honneur sera-t-elle donnée ? »
Un marin alerté par ce mouvement nerveux entre les deux âmes, s'était approché interrogateur. Nahel avait aussitôt affiché un sourire large et charmant expliquant d'un ton léger que son amie avait simplement eu malaise. Ne souhaitant provoquer aucun esclandre pour ne pas attirer l'attention, Morrigane choisit de se prêter au jeu. Elle plissa légèrement les paupières, esquissa un sourire qu'elle voulut avenant, et laissa échapper un petit rire calculé, faussement nerveux d'une jeune femme impressionnable.
« Oui... Tout va bien. »
Nahel profita de l'instant pour la pousser fermement en avant, l'obligeant à reprendre sa marche vers le navire. Impossible, dans ces conditions, de manifester le moindre désaccord sans éveiller davantage la curiosité du marin, dont le regard restait accroché à elle avec une insistance préoccupée.
(Deuxième fois qu'il me contraint ainsi. La première dans la ruelle, maintenant ici.)
Aucune blessure d'orgueil là-dedans mais sa survie ne dépend que d'elle, et il venait de disposer de son existence alors qu'elle cherchait précisément à s'extraire de cette situation. Elle se composa un visage conforme au rôle choisi, glissant son bras sous celui du marin d'un côté, sous celui de Nahel de l'autre, offrant l'image parfaite d'une femme qu'on soutient plutôt que d'une femme qui avance seule.
Une fois le pont atteint, elle remercia chaleureusement le marin, accompagnant ses mots d'une caresse légère sur la joue de l'homme, avant de poursuivre son chemin avec le reste du groupe convié dans la cabine de Rosenfiel.Un geste gratuit en apparence, mais un investissement minime.
La pièce qui les accueillit se révéla bien modeste mais soignée. Des cadres somptueux ornaient les murs, entourés d'artefacts disparates dont l'origine trahissait des peuples multiples, probablement collectés au fil de voyages ou d'acquisitions onéreuses. Un bureau d'une facture élégante trônait au centre, contrastant avec le siège plus modeste et manifestement usé installé derrière sur lequel le capitaine s'installa tandis que des tabourets étaient proposés aux invités, accompagnés de vin. Il évoqua, entre deux politesses, une réception qu'il comptait donner dans la semaine à venir, en remerciement de leur intervention.
Morrigane déclina d'un geste poli, gardant son attention rivée sur l'assemblée plutôt que sur le verre qu'on lui tendait.
(Observer prime sur consommer.)
L'elfe gris, Cromax, orientait la conversation vers le calme apparent du capitaine après une attaque d'une telle violence, questions posées avec l'aisance de qui joue depuis longtemps un rôle d'autorité milicienne. Morrigane se méfiait de lui plus que les autres. Vu son nouveau rôle dans la pègre ils étaient des ennemis naturels. Mieux ne valait pas attirer son attention.
Fenouil, de son côté, orientait discrètement la discussion vers une possible récompense, sans grande subtilité dans la manœuvre.
(Voilà donc ce qui l'anime réellement. Le gain avant tout, sans détour ni élégance dans la demande. Information à conserver : un levier simple, fiable, réutilisable.)
Morrigane laissa passer un silence avant d'oser, d'une voix qu'elle rendit délibérément timide.
« Une soirée ? En quel honneur sera-t-elle donnée ? »
- Haple Mitrium
- Messages : 173
- Enregistré le : sam. 16 sept. 2023 00:32
- Localisation : Haenian
Re: Le Port de Tulorim
Haple se mêla au groupe hétéroclite du mieux qu'elle le put, c'est à dire... avec difficulté. De trois (déjà deux de trop...), ils étaient passés à une dizaine bien tassée, entre les gens du navire, de la milice et des rues. Fort heureusement, la conversation se faisait rare - l'épisode troublant qu'ils étaient nombreux à avoir vécu, peut-être. Elle, en tout cas, se remémorait la sensation surréelle tandis qu'il marchait en direction du ponton, comme une ombre planant parmi la forêt de leurs silhouettes sombres sur le quai du port de Tulorim. Quelque chose de pas net se tramait sous le soleil d'Imiftil.
Pourquoi Rosenfiel et ses hommes - car elle comprit que c'était le gros marchand - n'avait pas été affecté par ce mal inconnu? Surtout, pourquoi avait-il invité à bord de son navire tous ceux qui l'avaient été...? Ces questions tournaient en boucle dans sa tête, non satisfaites par la réponse creuse que lui apporta le négociant. Mais lorsqu'ils arrivèrent au bateau, ses soupçons se renforcèrent. Lorsque leur guide mit le pied sur la passerelle, le bois scintilla d'une lumière qui n'avait rien de l'eau de mer sous l'éclat du soleil. (Des runes?)
C'est d'ailleurs la première question qu'elle posa à leur hôte lorsque dans son bureau le silence retomba après les prises de paroles des autres invités.
- Sire du Navire, la curiosité que vous dites nous porter est réciproque. Quelle magie était-ce qui s'est manifestée lorsque nous sommes montés à bord? La passerelle semblait luire d'une aura fantastique. Serait-ce l'œuvre de ces runes dont on parle tant en ville?
Puis, l'Hinïonne embrassa du regard la pièce dans laquelle ils s'entassaient - trop nombreux à son gout.
- C'est une collection remarquable que vous avez là, flatta-t-elle l'égo du négociant aux origines peut-être aussi modeste que le siège sur lequel il trônait, comme un rappel du chemin parcouru. Cette flute de pan elfique est divine... En bois de Lanurme, je présume? J'en ai vu des semblables à Cuilnen, bien qu'elle n'était pas aussi ornementée...
Acceptant le verre de vin qui lui était tendue, elle ramena la conversation l'air de rien vers le sujet qui l'intéressait :
- Est-ce pour cela que vous avez ancré ce fier trois mâts dans la cité marchande? Pour compléter votre collection avec ces runes inédites qui ont fait leur apparition si mystérieusement ?
Elle but deux longues gorgées, manquant de s'étouffer sur la troisième lorsqu'un corps étranger heurta le fond de sa gorge.
- Qu'est-ce que ...?! cracha-t-elle en même temps que quelques projections vineuses et un caillou luisant qui atterit dans sa main...
Un caillou marqué de ces lignes et d'arabesques qu'elle connaissait désormais si bien. Encore que, dans l'émotion du moment avec tous ces étrangers autour et la surprise de sa découverte, elle ne la reconnut pas, celle-ci de rune.
- En parlant du loup... Moi qui espérait trouver un peu de réconfort dans ce verre après le coup de fatigue qui m'a accablée tout à l'heure... D'ailleurs, il me semble ne pas avoir été la... le seul, se reprit-elle in extremis avant de regarder tour à tour les membres de cette étonnante assemblée. Vous avez aussi ressenti une drôle de sensation? Comme si quelqu'un... quelque chose...?
Elle s'arrêta là en entendant ses paroles planer dans l'espace confiné de la cabine comme celles d'une personne dérangée. Ou bien ennivrée... L'adolescente n'avait jamais goûté de vin encore. De la bière, oui, au festival de Beauclair, et elle se souvenait encore avec délice de l'ivresse qui l'avait emportée. (Jusqu'à ce que tu frôles la mort...) Haple posa son verre et, pensive, porta une main à son col d'où dépassait la cicatrice héritée de ce festival qui avait mal tourné. Elle assumait son tempérament volontaire, son attitude bravache qui ne la faisait reculer devant aucun obstacle - son caractère de cochon, disait sa mère. Mais sentir sa tête tourner et ses pensées s'agiter à contre-sens lui intimèrent un soupçon de prudence quant à cette fête à laquelle on l'invitait.
Le minimum vital.
Pourquoi Rosenfiel et ses hommes - car elle comprit que c'était le gros marchand - n'avait pas été affecté par ce mal inconnu? Surtout, pourquoi avait-il invité à bord de son navire tous ceux qui l'avaient été...? Ces questions tournaient en boucle dans sa tête, non satisfaites par la réponse creuse que lui apporta le négociant. Mais lorsqu'ils arrivèrent au bateau, ses soupçons se renforcèrent. Lorsque leur guide mit le pied sur la passerelle, le bois scintilla d'une lumière qui n'avait rien de l'eau de mer sous l'éclat du soleil. (Des runes?)
C'est d'ailleurs la première question qu'elle posa à leur hôte lorsque dans son bureau le silence retomba après les prises de paroles des autres invités.
- Sire du Navire, la curiosité que vous dites nous porter est réciproque. Quelle magie était-ce qui s'est manifestée lorsque nous sommes montés à bord? La passerelle semblait luire d'une aura fantastique. Serait-ce l'œuvre de ces runes dont on parle tant en ville?
Puis, l'Hinïonne embrassa du regard la pièce dans laquelle ils s'entassaient - trop nombreux à son gout.
- C'est une collection remarquable que vous avez là, flatta-t-elle l'égo du négociant aux origines peut-être aussi modeste que le siège sur lequel il trônait, comme un rappel du chemin parcouru. Cette flute de pan elfique est divine... En bois de Lanurme, je présume? J'en ai vu des semblables à Cuilnen, bien qu'elle n'était pas aussi ornementée...
Acceptant le verre de vin qui lui était tendue, elle ramena la conversation l'air de rien vers le sujet qui l'intéressait :
- Est-ce pour cela que vous avez ancré ce fier trois mâts dans la cité marchande? Pour compléter votre collection avec ces runes inédites qui ont fait leur apparition si mystérieusement ?
Elle but deux longues gorgées, manquant de s'étouffer sur la troisième lorsqu'un corps étranger heurta le fond de sa gorge.
- Qu'est-ce que ...?! cracha-t-elle en même temps que quelques projections vineuses et un caillou luisant qui atterit dans sa main...
Un caillou marqué de ces lignes et d'arabesques qu'elle connaissait désormais si bien. Encore que, dans l'émotion du moment avec tous ces étrangers autour et la surprise de sa découverte, elle ne la reconnut pas, celle-ci de rune.
- En parlant du loup... Moi qui espérait trouver un peu de réconfort dans ce verre après le coup de fatigue qui m'a accablée tout à l'heure... D'ailleurs, il me semble ne pas avoir été la... le seul, se reprit-elle in extremis avant de regarder tour à tour les membres de cette étonnante assemblée. Vous avez aussi ressenti une drôle de sensation? Comme si quelqu'un... quelque chose...?
Elle s'arrêta là en entendant ses paroles planer dans l'espace confiné de la cabine comme celles d'une personne dérangée. Ou bien ennivrée... L'adolescente n'avait jamais goûté de vin encore. De la bière, oui, au festival de Beauclair, et elle se souvenait encore avec délice de l'ivresse qui l'avait emportée. (Jusqu'à ce que tu frôles la mort...) Haple posa son verre et, pensive, porta une main à son col d'où dépassait la cicatrice héritée de ce festival qui avait mal tourné. Elle assumait son tempérament volontaire, son attitude bravache qui ne la faisait reculer devant aucun obstacle - son caractère de cochon, disait sa mère. Mais sentir sa tête tourner et ses pensées s'agiter à contre-sens lui intimèrent un soupçon de prudence quant à cette fête à laquelle on l'invitait.
Le minimum vital.
- Gamemaster6
- Messages : 731
- Enregistré le : lun. 2 sept. 2019 17:36
- Localisation : Prêt à plonger
Re: Le Port de Tulorim
La Fracture du Destin
Carrefour sanglant
Rosenfiel, sirotant un verre de vin d’un probable grand crû hors de prix, hausse un sourcil après l’intervention quelque peu opportuniste du gobelin. Il cache bien mal son dédain de la petite créature.
« Oui, oui. Fort bien, allez demander à Kaelen après notre entrevue, il s’en occupera. »
Visiblement peu intéressé par les efforts insurmontables de Fenouil, c’est la voix de Cromax et ses questions qui accaparent bien vite son attention. Un sourire plus avenant se dessine sur ses lèvres et il répond d’un e manière laconique.
« Ce n’est ni la première, ni la dernière fois. Le danger est passé, il n’est pas utile de paniquer davantage. Même si je ne sais pas qui est ce Koratel, j’imagine qu’il en a après mes richesses. Un voleur parmi d’autres. »
Adossé près d’un mur de la cabine, Nahel laisse un fin sourire mutin se dessiner sur ses lèvres pendant quelques secondes avant de remettre son masque de simple observateur en place.
« Bien sûr. La milice peut compter sur ma coopération. Mais nous pourrons en discuter en privé, effectivement. »
Une réponse diplomate d’un marchand habitué à traiter avec des forces officielles, visiblement. Cela ne semble pas le déranger le moins du monde. Soit parce qu’il n’a rien à cacher, soit parce qu’il a trop bien caché certaines choses. Un marchand, en somme. Marchand qui offre un sourire affable à la jeune femme visiblement inquiète qu’est Morrigane. La pyromancienne cache bien son jeu, elle aussi et le marchand semble gober le mensonge plus vite qu’il ne termine son verre.
« Une simple mondanité. J’en organise souvent, sans autre raison que le plaisir d’avoir de la vie à bord de ce navire. Les voyages sont terriblement mornes, vous savez ? A terre, c’est l’occasion de gagner quelques cadeaux, de s’amuser et de rencontrer du beau monde. Ça a son petit succès, généralement. »
Finalement, il tourne son regard vers le plus jeune des présents. Un sourire teintée d’une certaine satisfaction orne alors le visage joufflu du marchand.
« Oh, c’est une petite merveille, n’est-ce pas ? C’est tout récent. Nous avions quelques soucis d’intrusion avant. Et on nous a proposé de régler le problème en créant une sorte de barrière magique avec des runes et un sort dont je serai bien incapable de vous donner le nom. Ne me demandez pas comment cela fonctionne, je serai bien capable de vous l’expliquer, ahaha. »
il se sert un second verre de vin, tandis que ses pommettes rosissent légèrement sous l’effet de l’alcool qu’il n’est visiblement pas du genre à tenir bien longtemps.
« Mon arrivée à Tulorim était prévue de longue date, le voyage ne se fait pas en un claquement de doigts. Une simple coïncidence avec ce qu’il se passe, mais je ne vais pas rater une telle occasion. Il est si rare de trouver des runes, d’habitude. »
Ou alors, comme Haple, on le trouve dans un verre de vin. La scène fait hausser un sourcil au marchand qui jette un œil scrutateur à son verre, puis sa bouteille, come s’il s’insurgeait de ne pas avoir eu la même chance que l’elfe qui se trouve devant lui.
« Je suis navré, mais non. Je n’ai rien ressenti de tel. Et aucun de mes hommes ne m’en a fait part. Je peux toujours le leur demander, mais ils auraient sans doute évoqué cela avec Kaelen, même en votre présence. C’est le genre de mauvais présages que les marins adorent se raconter, vous pouvez me croire. Il suffit que l’un d’eux frisonne pour que tout l’équipage commence à parler de malédiction. »
Un son amusé quitte la gorge de Merak’Mouth qui s’excuse d’un geste de la main, laissant le marchand continuer ses explications. Ou son manque, plutôt, au vu du peu de choses qu’il semble savoir. Sauf si les aventuriers ont davantage de questions.
- Nhaundar
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Re: Le Port de Tulorim
XI 29 Obsession.
Autour de moi, les conversations se poursuivent. Certains s’intéressent à la collection du marchand, d’autres aux motifs de la festivité, ou bien à la tentative avortée un peu plus tôt. J’écoute d’une oreille ce qui se passe, bien que mon esprit soit accaparé par une seule chose : cette femme de feu et d’ombre.
(Qui est-elle ? Quelle est cette magie qui anime son être ? Et surtout, qu’ai-je bien pu voir en la regardant ?)
Cet éclat multicolore, agrémenté de volutes de rouge feu et de noir d’ombre, hante encore mes songes. La seule chose que je peux presque affirmer, c’est qu’elle semble liée à Cromax. Héros pour le monde, membre émérite de la milice de la cité, mais aussi lié à Oaxaca. C’est du moins ce que j’ai entendu durant mon séjour à Omyre. Pas ma meilleure époque, c’est certain.
J’ai, l’espace d’un instant, envie de demander à Merak si les miliciens sont tous aussi corrompus qu’elle le prétendait il y a peu. Dans ce cas, cette femme qui hante mon esprit l’est-elle aussi ? Est-elle simplement une invocation élémentaire ?
(En règle générale, les invocations ont des formes uniques, mais rien n’interdit qu’elles arborent des apparences humaines. En revanche, c’est la dualité du feu et de l’ombre qui me pousse à rayer cette éventualité, là où les invocations ne sont faites que d’un seul élément. Mais qui sait ? Peut-être est-ce là une créature unique en son genre ?)
Je crois qu’il n’y a qu’un seul moyen d’en être sûr. Rassemblant mon courage et respirant un bon coup pour éloigner les nausées toujours aussi présentes, je m’avance jusqu’à la femme, bégayant quelque peu face à elle.
« Pa...pardonnez-moi de vous déranger, je me nomme Nhaundar, envoyé par l’université de magie pour enquêter sur l’évènement des runes dans la cité », fais-je en m’inclinant poliment, avant de tendre une main vers elle. « Enchanté. Je...je ne crois pas avoir eu l’honneur de connaître votre nom. »
XI 31 Une obsession nommée Lysis.
XI 30 Une fascination dévorante.
Autour de moi, les conversations se poursuivent. Certains s’intéressent à la collection du marchand, d’autres aux motifs de la festivité, ou bien à la tentative avortée un peu plus tôt. J’écoute d’une oreille ce qui se passe, bien que mon esprit soit accaparé par une seule chose : cette femme de feu et d’ombre.
(Qui est-elle ? Quelle est cette magie qui anime son être ? Et surtout, qu’ai-je bien pu voir en la regardant ?)
Cet éclat multicolore, agrémenté de volutes de rouge feu et de noir d’ombre, hante encore mes songes. La seule chose que je peux presque affirmer, c’est qu’elle semble liée à Cromax. Héros pour le monde, membre émérite de la milice de la cité, mais aussi lié à Oaxaca. C’est du moins ce que j’ai entendu durant mon séjour à Omyre. Pas ma meilleure époque, c’est certain.
J’ai, l’espace d’un instant, envie de demander à Merak si les miliciens sont tous aussi corrompus qu’elle le prétendait il y a peu. Dans ce cas, cette femme qui hante mon esprit l’est-elle aussi ? Est-elle simplement une invocation élémentaire ?
(En règle générale, les invocations ont des formes uniques, mais rien n’interdit qu’elles arborent des apparences humaines. En revanche, c’est la dualité du feu et de l’ombre qui me pousse à rayer cette éventualité, là où les invocations ne sont faites que d’un seul élément. Mais qui sait ? Peut-être est-ce là une créature unique en son genre ?)
Je crois qu’il n’y a qu’un seul moyen d’en être sûr. Rassemblant mon courage et respirant un bon coup pour éloigner les nausées toujours aussi présentes, je m’avance jusqu’à la femme, bégayant quelque peu face à elle.
« Pa...pardonnez-moi de vous déranger, je me nomme Nhaundar, envoyé par l’université de magie pour enquêter sur l’évènement des runes dans la cité », fais-je en m’inclinant poliment, avant de tendre une main vers elle. « Enchanté. Je...je ne crois pas avoir eu l’honneur de connaître votre nom. »
XI 31 Une obsession nommée Lysis.
Modifié en dernier par Nhaundar le sam. 10 oct. 2026 22:13, modifié 1 fois.
- Cromax
- Messages : 952
- Enregistré le : mar. 26 déc. 2017 20:51
Re: Le Port de Tulorim
Ce mec est fou. Ou la nonchalance personnifiée. Il n’a cure de qui lui souhaite sa mort, et assure que ça ne sera ni le premier, ni le dernier. Il accepte néanmoins de me parler de tout ça, en privé. Bien, une opportunité que je compte bien saisir. Je comprends son désir de discrétion par rapport au groupe qui m’entoure et dont nous ne savons rien. Genre. Vraiment rien. À part que la chauve de service est une illuminée qui croit au destin. Et que le gobelin est vénal. Et que le mioche aime les vers. Ceux des poètes, pas ceux des cimetières.
Il laisse entendre que ses petites soirées sont des mondanités classiques, des passe-temps qu’il organise de port en port pour chasser l’ennui. Il ne peut pas à ce point être ignorant de la dimension toute politique de sa petite sauterie. Surtout en ce moment de troubles dans la cité. Il comble sans tentative de masquage la curiosité du jeune gamin. Une barrière magique formée de runes et d’un sortilège à l’origine floue. Apparemment pas de son fait. Décidément, cette barrière est bien étrange et mystérieuse même pour ses utilisateurs. Lorsque le jeune homme pâle évoque la sensation ressentie plus tôt, et que Rosenfiel nie l’avoir ressentie, je rétorque :
« Il semblerait que seules les personnes dans cette cabine, son propriétaire exclu, aient ressenti ce malaise. »
Le ricanement de la dénommée Merak’Mouth me fait me tourner vers elle.
« Mais peut-être en savez-vous plus que nous ? »
De son côté, Lysis se fait alpaguer par le shaakt. Elle se retient bien de répondre à sa main tendue… il l’aurait amèrement regretté. Elle est du genre à saisir l’occasion de ce type de maladresse pour prouver aux imbéciles que le feu ça brûle. Elle est étonnamment miséricordieuse, pour le coup. Peut-être que le massacre un peu plus tôt a calmé ses ardeurs violentes pour le moment.
« Lysis », répond-elle d’une voix détachée, sans chercher à en dire davantage ni à rendre sa question à l’elfe noir.
Il laisse entendre que ses petites soirées sont des mondanités classiques, des passe-temps qu’il organise de port en port pour chasser l’ennui. Il ne peut pas à ce point être ignorant de la dimension toute politique de sa petite sauterie. Surtout en ce moment de troubles dans la cité. Il comble sans tentative de masquage la curiosité du jeune gamin. Une barrière magique formée de runes et d’un sortilège à l’origine floue. Apparemment pas de son fait. Décidément, cette barrière est bien étrange et mystérieuse même pour ses utilisateurs. Lorsque le jeune homme pâle évoque la sensation ressentie plus tôt, et que Rosenfiel nie l’avoir ressentie, je rétorque :
« Il semblerait que seules les personnes dans cette cabine, son propriétaire exclu, aient ressenti ce malaise. »
Le ricanement de la dénommée Merak’Mouth me fait me tourner vers elle.
« Mais peut-être en savez-vous plus que nous ? »
De son côté, Lysis se fait alpaguer par le shaakt. Elle se retient bien de répondre à sa main tendue… il l’aurait amèrement regretté. Elle est du genre à saisir l’occasion de ce type de maladresse pour prouver aux imbéciles que le feu ça brûle. Elle est étonnamment miséricordieuse, pour le coup. Peut-être que le massacre un peu plus tôt a calmé ses ardeurs violentes pour le moment.
« Lysis », répond-elle d’une voix détachée, sans chercher à en dire davantage ni à rendre sa question à l’elfe noir.
- Fenouil
- Messages : 87
- Enregistré le : jeu. 20 déc. 2018 00:35
Re: Le Port de Tulorim
Toujours son verre à la main, Rosenfiel daigna me répondre. C'était celui qui m'avait promis une réponse qui me la donnerait finalement, l'homme bleu répondant au nom de Kaelen. Mais je devais attendre patiemment la fin de cette étrange rencontre dans cette petite cabine richement remplie.
Je m'approchai d'un des tabourets pour m'y asseoir. D'un geste de la main, j'allais balayer un petit caillou s'y trouvant lorsque je remarquai qu'il s'agissait d'une rune. Discrètement, je m'en saisis sans la regarder pour ne pas attirer l'attention et la mis dans ma poche, puis je m'asseyai.
Sur la table devant moi se trouvait du vin apparemment de qualité et en grande quantité. Je m'abstins cependant d'en prendre. Pour en avoir fait la douloureuse expérience jadis, je ne voulais plus y toucher. Non pas que je n'avais pas aimé le goût, au contraire. Mais je n'avais su m'arrêter et j'avais bu jusqu'en perdre conscience. A mon réveil, le lendemain, j'étais dépouillé de mes avoir et j'avais hérité d'un affreux mal de tête. Il n'était donc pas question que je touche une fois de plus à ce dangereux breuvage.
Ce riche marchand répondit ne semblait pas réaliser le risque qu'il avait couru à peine quelques minutes auparavant. Comme s'il était au-dessus de tout ça et que son argent pouvait tout lui payer, même la sécurité.
( J'avoue que ce n'est pas tout à fait faux...)
Lorsque le jeune garçon parla du malaise qui l'avait envahi lui aussi, le riche marchand en diminua l'importance, ce qui ne fut pas le cas de Cromax qui fit remarquer que tous ceux présent dans la cabine, à l'exception de notre hôte, avait subi cette intrusion dans leur crâne.
Je grattai le mien tout en réfléchissant.
"Je ne connais rien à la magie..."
(En fait, je la crains ).
"Par contre, se servir d'un tel sort, sur beaucoup de gens en même temps, doit demander beaucoup d'énergie. La personne qui l'a fait doit donc être aussi fatigué que nous...."
Je me grattai de nouveau la tête et poursuivis:
" Donc le responsable de cette intrusion dans nos cerveaux est sûrement ici dans la cabine."
Cela dit, je me tournai vers la jolie dame chauve et je lui souris.
Je m'approchai d'un des tabourets pour m'y asseoir. D'un geste de la main, j'allais balayer un petit caillou s'y trouvant lorsque je remarquai qu'il s'agissait d'une rune. Discrètement, je m'en saisis sans la regarder pour ne pas attirer l'attention et la mis dans ma poche, puis je m'asseyai.
Sur la table devant moi se trouvait du vin apparemment de qualité et en grande quantité. Je m'abstins cependant d'en prendre. Pour en avoir fait la douloureuse expérience jadis, je ne voulais plus y toucher. Non pas que je n'avais pas aimé le goût, au contraire. Mais je n'avais su m'arrêter et j'avais bu jusqu'en perdre conscience. A mon réveil, le lendemain, j'étais dépouillé de mes avoir et j'avais hérité d'un affreux mal de tête. Il n'était donc pas question que je touche une fois de plus à ce dangereux breuvage.
Ce riche marchand répondit ne semblait pas réaliser le risque qu'il avait couru à peine quelques minutes auparavant. Comme s'il était au-dessus de tout ça et que son argent pouvait tout lui payer, même la sécurité.
( J'avoue que ce n'est pas tout à fait faux...)
Lorsque le jeune garçon parla du malaise qui l'avait envahi lui aussi, le riche marchand en diminua l'importance, ce qui ne fut pas le cas de Cromax qui fit remarquer que tous ceux présent dans la cabine, à l'exception de notre hôte, avait subi cette intrusion dans leur crâne.
Je grattai le mien tout en réfléchissant.
"Je ne connais rien à la magie..."
(En fait, je la crains ).
"Par contre, se servir d'un tel sort, sur beaucoup de gens en même temps, doit demander beaucoup d'énergie. La personne qui l'a fait doit donc être aussi fatigué que nous...."
Je me grattai de nouveau la tête et poursuivis:
" Donc le responsable de cette intrusion dans nos cerveaux est sûrement ici dans la cabine."
Cela dit, je me tournai vers la jolie dame chauve et je lui souris.
Fenouil pense que l'un d'eux est responsable de leur malaise... mais s'il s'approche de la belle dame, c'est juste parce qu'il l'a trouve jolie.
Fenouil ramasse la rune qui était sur son tabouret (rune obtenue précédemment )
- Haple Mitrium
- Messages : 173
- Enregistré le : sam. 16 sept. 2023 00:32
- Localisation : Haenian
Re: Le Port de Tulorim
Haple écouta attentivement les réponses du marchands aux différents membres du groupe. Bien qu'égrainées avec nonchalance entre deux gorgées de vins, elles étaient des plus révélatrices. Ainsi, il ne s'inquiétait guère de voir des gens s'en prendre à lui. Et il comptait organiser une réception mondaine, laquelle ne manquerait certainement pas d'attirer également les cupides et les sans-scrupules... Le tout, derrière une barrière runique dont il ignorait le fonctionnement? Il lui semblait que le Kendran invitait les ennuis.
- Pardonnez-moi de revenir la-dessus Sire Rosenfiel, mais j'aimerais beaucoup rencontrer la personne qui a mis en place cette barrière. Un dispositif pareil serait du meilleur effet dans mon domaine familial... prétexta la comédienne avec un aplomb tout aristocratique. Vous a-t-il communiqué son nom ou bien une adresse où le joindre, peut-être?
Quoiqu'il en était, piège ou pas, la fête du marchand attirerait des locaux qui pourraient la renseigner au sujet de l'émergence et du commerce de ces nouvelles runes. C'était la meilleure piste qu'elle avait eu depuis le début. Elle en serait. Quelque soit le risque. Encore qu'il était peut-être possible d'y assister sans être sur le radar d'éventuels crapules :
- Quant à cette petite fête que vous préparez, c'est une proposition enchanteresse. Ce serait en effet une belle occasion de faire connaitre ma musique à un nouveau public. Je suis percussionniste, voyez-vous... précisa la ménestrelle avec ce petit air satisfait des plus ridicules, propre aux dilettantes. Si vous me permettez cette excentricité, ce sera en cette qualité que je me joindrai à vous : aux côtés des musiciens que vous avez sûrement employés pour divertir vos invités.
Malgré ces précautions, les personnes présentes dans la cabine et le personnel du navire connaîtraient son identité - ou du moins, son nom d'emprunt. Elle n'y pouvait rien. Au moins, elles semblaient être dans le même bateau. (De fait...) Ils avaient tous été surpris par cette invitation. Avaient tous ressentis cette présence inquiétante envahir leur esprit. Elle ne croyait donc pas que l'un d'entre eux était responsable du phénomène, contrairement au sekteg qu'elle contredit :
- J'avais ressenti une présence plus tôt, en entrant en ville, apprit-elle au cornichon à pattes avant de préciser devant ses yeux globuleux et un peu ahuris - ou bien enamourés ?... avant de vous avoir rencontrés, donc.
(A moins que...) Elle jeta un regard en biais au Shaakt et à la Lance. Ils avaient été avec elle la première fois qu'elle avait perçu cette présence mystérieuse. Regretterait-elle de leur avoir accordé sa confiance?
- Pardonnez-moi de revenir la-dessus Sire Rosenfiel, mais j'aimerais beaucoup rencontrer la personne qui a mis en place cette barrière. Un dispositif pareil serait du meilleur effet dans mon domaine familial... prétexta la comédienne avec un aplomb tout aristocratique. Vous a-t-il communiqué son nom ou bien une adresse où le joindre, peut-être?
Quoiqu'il en était, piège ou pas, la fête du marchand attirerait des locaux qui pourraient la renseigner au sujet de l'émergence et du commerce de ces nouvelles runes. C'était la meilleure piste qu'elle avait eu depuis le début. Elle en serait. Quelque soit le risque. Encore qu'il était peut-être possible d'y assister sans être sur le radar d'éventuels crapules :
- Quant à cette petite fête que vous préparez, c'est une proposition enchanteresse. Ce serait en effet une belle occasion de faire connaitre ma musique à un nouveau public. Je suis percussionniste, voyez-vous... précisa la ménestrelle avec ce petit air satisfait des plus ridicules, propre aux dilettantes. Si vous me permettez cette excentricité, ce sera en cette qualité que je me joindrai à vous : aux côtés des musiciens que vous avez sûrement employés pour divertir vos invités.
Malgré ces précautions, les personnes présentes dans la cabine et le personnel du navire connaîtraient son identité - ou du moins, son nom d'emprunt. Elle n'y pouvait rien. Au moins, elles semblaient être dans le même bateau. (De fait...) Ils avaient tous été surpris par cette invitation. Avaient tous ressentis cette présence inquiétante envahir leur esprit. Elle ne croyait donc pas que l'un d'entre eux était responsable du phénomène, contrairement au sekteg qu'elle contredit :
- J'avais ressenti une présence plus tôt, en entrant en ville, apprit-elle au cornichon à pattes avant de préciser devant ses yeux globuleux et un peu ahuris - ou bien enamourés ?... avant de vous avoir rencontrés, donc.
(A moins que...) Elle jeta un regard en biais au Shaakt et à la Lance. Ils avaient été avec elle la première fois qu'elle avait perçu cette présence mystérieuse. Regretterait-elle de leur avoir accordé sa confiance?
-
Morrigane
- Messages : 79
- Enregistré le : sam. 19 déc. 2020 07:06
Re: Le Port de Tulorim
Ce fut la plus jeune des elfes, celle dont la chevelure coupée court laissait nue une nuque presque translucide, qui ramena la conversation vers ce que personne n'osait nommer. Elle voulut savoir si la magie qui avait traversé le quai était coutumière dans le coin, puis, d'une voix plus basse, si d'autres avaient perçu cette étrange sensation, ou si elle était la seule à l'avoir imaginée.
Morrigane répondit d'un simple hochement de tête, sans rien ajouter. Elle profita de ce silence pour parcourir la cabine du regard, une personne après l'autre. Tous avaient été affectés sauf Rosenfiel, installé derrière son bureau qui ne semblait ni éprouvé par le phénomène ni sérieusement ébranlé par l'embuscade. Il fit valoir, avec désinvolture qu'il avait l'habitude de ce genre d'incidents.
(Un homme qu'on vient de manquer d'enlever, dont ses gardes sont mort sous ses yeux, et qui range cela dans la catégorie des désagréments coutumiers ? Pourtant sa peur dans la ruelle était réelle.)
Quand elle posa sa question sur la soirée, il y répondit en souriant, d'un sourire qu'il voulait chaleureux. Rien d'extraordinaire, assura-t-il : de simples mondanités, une occasion de rassembler du beau monde et de tisser des connaissances. La jeune elfe musicienne s'enthousiasma aussitôt et se proposa pour animer la réception, la voix déjà pleine de promesses mélodiques.
Morrigane abaissa légèrement le regard, ramena sur ses traits cette douceur qu'elle avait enfilée en entrant en contact avec le noble, et laissa filer une voix qui s'élevait sans vouloir prendre trop de place.
« Alors je vous remercie pour la proposition. Peut-être que j'y viendrai, si le temps me le permet. »
Ni acceptation, ni refus. Une porte entrouverte qu'elle serait libre de claquer ou non. Mais sous son masque, quelque chose ne tenait pas en place. Son esprit cogitai.Elle ne parvenait pas à situer cette réunion dans une catégorie familière. Ces gens ne se connaissaient pas, cela sautait aux yeux : Des elfes divers, un gobelin avide, un voleur à l'affût, un marchand sur ses coussins. Le hasard seul avait pu assembler une pareille compagnie, et le hasard, à Tulorim...
Elle était tellement absorbée dans sa réflexion qu'elle finit par se rendre compte que ses doigts avaient trouvé le creux de sa nuque dans une sensation de gêne, exactement à l'endroit où la sensation d'examen s'était posée. Elle les redescendit, sans hâte, et les croisa sur ses genoux.
C'est alors que Fenouil,avança à voix haute une idée qu'aucun autre n'avait formulée. Si quelqu'un avait cherché à entrer dans leurs têtes, déclara-t-il, ce quelqu'un se trouvait peut-être dans cette pièce même, assis parmi eux, à boire le vin de Rosenfiel. Le Sekteg venait étonnement de faire valoir une hypothèse intéréssante.
Morrigane renonça aussitôt à son attitude effacée. Ses yeux demeurèrent doux, , mais derrière cette surface docile, son attention changea de nature. Elle ne balayait plus la pièce : elle la lisait. Les mains d'abord, car les mains mentent moins que les visages. Les respirations ensuite, ce qui trahissait un effort de contrôle. Enfin les yeux, ceux qui évitaient les autres, ceux qui les cherchaient trop. Tant de choses qu'elle vait appris à observer durant sa vie analyser les " normaux " doués d'empathie pour les comprendre et les imiter.
Elle se mit à observer chaque convive à tour de rôle, avec la patience froide de qui pose un à un des fils sur une table pour voir lequel est coupé.
Morrigane répondit d'un simple hochement de tête, sans rien ajouter. Elle profita de ce silence pour parcourir la cabine du regard, une personne après l'autre. Tous avaient été affectés sauf Rosenfiel, installé derrière son bureau qui ne semblait ni éprouvé par le phénomène ni sérieusement ébranlé par l'embuscade. Il fit valoir, avec désinvolture qu'il avait l'habitude de ce genre d'incidents.
(Un homme qu'on vient de manquer d'enlever, dont ses gardes sont mort sous ses yeux, et qui range cela dans la catégorie des désagréments coutumiers ? Pourtant sa peur dans la ruelle était réelle.)
Quand elle posa sa question sur la soirée, il y répondit en souriant, d'un sourire qu'il voulait chaleureux. Rien d'extraordinaire, assura-t-il : de simples mondanités, une occasion de rassembler du beau monde et de tisser des connaissances. La jeune elfe musicienne s'enthousiasma aussitôt et se proposa pour animer la réception, la voix déjà pleine de promesses mélodiques.
Morrigane abaissa légèrement le regard, ramena sur ses traits cette douceur qu'elle avait enfilée en entrant en contact avec le noble, et laissa filer une voix qui s'élevait sans vouloir prendre trop de place.
« Alors je vous remercie pour la proposition. Peut-être que j'y viendrai, si le temps me le permet. »
Ni acceptation, ni refus. Une porte entrouverte qu'elle serait libre de claquer ou non. Mais sous son masque, quelque chose ne tenait pas en place. Son esprit cogitai.Elle ne parvenait pas à situer cette réunion dans une catégorie familière. Ces gens ne se connaissaient pas, cela sautait aux yeux : Des elfes divers, un gobelin avide, un voleur à l'affût, un marchand sur ses coussins. Le hasard seul avait pu assembler une pareille compagnie, et le hasard, à Tulorim...
Elle était tellement absorbée dans sa réflexion qu'elle finit par se rendre compte que ses doigts avaient trouvé le creux de sa nuque dans une sensation de gêne, exactement à l'endroit où la sensation d'examen s'était posée. Elle les redescendit, sans hâte, et les croisa sur ses genoux.
C'est alors que Fenouil,avança à voix haute une idée qu'aucun autre n'avait formulée. Si quelqu'un avait cherché à entrer dans leurs têtes, déclara-t-il, ce quelqu'un se trouvait peut-être dans cette pièce même, assis parmi eux, à boire le vin de Rosenfiel. Le Sekteg venait étonnement de faire valoir une hypothèse intéréssante.
Morrigane renonça aussitôt à son attitude effacée. Ses yeux demeurèrent doux, , mais derrière cette surface docile, son attention changea de nature. Elle ne balayait plus la pièce : elle la lisait. Les mains d'abord, car les mains mentent moins que les visages. Les respirations ensuite, ce qui trahissait un effort de contrôle. Enfin les yeux, ceux qui évitaient les autres, ceux qui les cherchaient trop. Tant de choses qu'elle vait appris à observer durant sa vie analyser les " normaux " doués d'empathie pour les comprendre et les imiter.
Elle se mit à observer chaque convive à tour de rôle, avec la patience froide de qui pose un à un des fils sur une table pour voir lequel est coupé.
Utilisation de la capa RP de Mentaliste. Morrigane observe chacune des personnes présentes pour tenter de déceler quelque chose.
- Gamemaster6
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- Enregistré le : lun. 2 sept. 2019 17:36
- Localisation : Prêt à plonger
Re: Le Port de Tulorim
La Fracture du Destin
Carrefour sanglant
Tandis que Nhaundar cherche à expérimenter ce qu’un combustion spontanée pourrait faire à son corps de shaakt en voulant serrer la main de Lysis, les questions continuent de la part des autres. Celle d’Haple reçoit un hochement de tête de la part du marchand.
- C’est un mage du nom de Philomène Terrefeu qui m’a proposé ses services à mon arrivée ici. Tout cela est expérimental, apparemment, mais son efficacité est redoutable. Je peux vous donner son adresse, bien sûr, mais je dois vous mettre en garde, c’est un étrange personnage avec de puissantes relations.
Derrière, Nahel hausse un sourcil à l’évocation du nom du mage et son air devient plus crispé et vaguement songeur. Une sommité locale ? Cromax, en tout cas, connaît fort bien le nom Terrefeu comme étant l’une des familles à la tête du Conseil des marchands qui dirige la ville et qui, pour l’instant n’a pas encore agi. Pas ouvertement, en tout cas. Cromax qui se tourne d’ailleurs vers L’aéromancienne chauve, tout comme Fenouil. Elle accueille leurs questions, regards et affirmations avec un haussement d’épaule.
- Je m’amusais simplement de la propension des marins à voir partout des malédictions… Je n’en sais guère plus que vous, mais je doute qu’il s’agisse de magie. En tout cas, pas au sens où on l’entend. Peut-être une utilisation de runes pour nous surveiller, mais en ce cas, pourquoi cette sensation oppressante ? Et pourquoi uniquement certaines personnes et pas d’autres ?
Elle est bien incapable de donner une réponse à ces questions. Et Morrigane ne décèle pas la moindre trace de mensonge dans tout cela. Comme chez tous les occupants de la pièce, d’ailleurs. Excepté l’étrange être d’ombre et de flamme qu’elle ne peut percer à jour, faute d’émotions très visibles. Au mieux peut-elle déceler une légère réflexion chez Nahel, un doute chez Haple et une satisfaction – probablement justifiée- chez Rosenfiel, lorsqu’il s’adresse à Haple.
- Bien sûr, bien sûr. Je dois pouvoir vous introduire auprès de nos musiciens de ce soir-là, si vous le souhaitez. Je suis certain que vous parviendrez à un accord.
Morrigane peut déceler une légère crispation aux derniers mots de Rosenfiel, sous-entendant que trouver un accord avec ces musiciens n’est peut-être pas si aisé que cela. Même un marchand visiblement très calme et très riche peut avoir ses propres problèmes.
- Haple Mitrium
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- Localisation : Haenian
Re: Le Port de Tulorim
Est-ce l'effet du vin qui la grisait enfin ? Ou bien le marchand l'avait-t-il à la bonne ? Avec un haussement d'épaule désinvolte et une nouvelle gorgée, la ménestrelle travestie rejeta aussi bien ces questions inutiles que les mises en garde de Rosenfiel. Elle se sentit même pousser des ailes, et lui exprima sa sincère gratitude... chose rare pour qui la connaissait.
- Merci, Sire Rosenfiel. Me joindre à vos musiciens sera un honneur autant qu'un plaisir. Si vous voulez bien me fournir une lettre d'introduction, je ne doute pas qu'ils partageront mon sentiment.
N'ayant pas remarqué la réaction de l'auditoire à l'évocation de l'inventeur de la barrière runique, elle poursuivit en s'adressant à chacun, portée par la candeur du raisin :
- Quant à ce Phil... Philomène Terredefeu, ca doit être un mage remarquable, en effet, pour avoir produit pareil dispositif. Mais accepterait il de me recevoir...? Vous dites qu'il a d'importantes relations après tout, et tous ne sont pas aussi hospitalier que vous, noble marchant. Quelqu'un ici serait-il en mesure de m'obtenir une audience ?
Puis se tournant vers Nhaundar, qu'elle découvrit les yeux rivés sur la fournaise incarnée, elle justifia son intérêt... ou du moins une partie:
- Je suis sûr que ces messieurs de l'université seraient curieux d'en savoir plus. Qui sait s'il ne pourrait pas même nous aider dans la constitution de notre encyclopédie runique ?
- Merci, Sire Rosenfiel. Me joindre à vos musiciens sera un honneur autant qu'un plaisir. Si vous voulez bien me fournir une lettre d'introduction, je ne doute pas qu'ils partageront mon sentiment.
N'ayant pas remarqué la réaction de l'auditoire à l'évocation de l'inventeur de la barrière runique, elle poursuivit en s'adressant à chacun, portée par la candeur du raisin :
- Quant à ce Phil... Philomène Terredefeu, ca doit être un mage remarquable, en effet, pour avoir produit pareil dispositif. Mais accepterait il de me recevoir...? Vous dites qu'il a d'importantes relations après tout, et tous ne sont pas aussi hospitalier que vous, noble marchant. Quelqu'un ici serait-il en mesure de m'obtenir une audience ?
Puis se tournant vers Nhaundar, qu'elle découvrit les yeux rivés sur la fournaise incarnée, elle justifia son intérêt... ou du moins une partie:
- Je suis sûr que ces messieurs de l'université seraient curieux d'en savoir plus. Qui sait s'il ne pourrait pas même nous aider dans la constitution de notre encyclopédie runique ?
- Cromax
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- Enregistré le : mar. 26 déc. 2017 20:51
Re: Le Port de Tulorim
La discussion entre Rosenfiel et le groupe semble tirer sur sa fin. Je pourrai prochainement me retrouver face à lui, yeux dans les yeux, pour qu’il me balance un peu plus d’informations. J’espère. Il répond au gosse curieux en affirmant que le mage ayant enchanté son navire se nomme Philomène Terrefeu. Je tique sur le nom. Je connais cette famille, mais ai du mal à me rappeler. Un commentaire du gamin me remet vite sur la piste : bon sang, Englebert Terrefeu, un des 7 marchands du Conseil. Je grimace, je n’ai jamais eu à faire à eux, et je m’en méfie encore plus que de la pègre du chat chauve. Je ne laisse cependant pas mon trouble paraitre, et rétorque :
« Terrefeu ? Tu ne crois pas si bien dire, jeune homme, en parlant des Sept Marchands : il est fort probable que ce mage soit associé à l’un d’eux. Englebert Terrefeu. Son fils, son frère… »
Ou sa femme ? Philomène, ça fait quand même très féminin comme prénom, même si il a été évoqué au masculin jusque maintenant. Je poursuis.
« Vous voulez dire que cet enchantement provient de Tulorim même ? Une récente acquisition, j’imagine… »
Le jeunot indique que l’Université de magie aimerait sans doute en savoir plus, ralliant l’elfe noir à son commentaire. Berk, ainsi est-ce de là qu’ils viennent ? Je m’avance auprès du jeune garçon tout pâle.
« Si tu te rends au Conseil, ma présence pourrait t’ouvrir des portes. Je pourrais t’accompagner. »
Une fois que j’en aurai fini ici, bien sûr. Mek’Beth la Thoub. Heu. Merak’Mouth avance quant à elle ses hypothèses sur notre état. Une rune ? Un pouvoir ne relevant pas de la magie classique ? Elle avance la curiosité du fait que seuls certains aient été touchés. Je fais la moue, et rétorque :
« Si vous êtes liés à l’Académie de Magie, ils sauront peut-être vous en dire plus à ce sujet. Même si je ne me fais pas trop d’illusions. Ils connaissent leur domaine, mais guère bien plus. »
Un chouïa de ressenti envers la magie se laisse poindre entre mes lèvres. Léger.
« Terrefeu ? Tu ne crois pas si bien dire, jeune homme, en parlant des Sept Marchands : il est fort probable que ce mage soit associé à l’un d’eux. Englebert Terrefeu. Son fils, son frère… »
Ou sa femme ? Philomène, ça fait quand même très féminin comme prénom, même si il a été évoqué au masculin jusque maintenant. Je poursuis.
« Vous voulez dire que cet enchantement provient de Tulorim même ? Une récente acquisition, j’imagine… »
Le jeunot indique que l’Université de magie aimerait sans doute en savoir plus, ralliant l’elfe noir à son commentaire. Berk, ainsi est-ce de là qu’ils viennent ? Je m’avance auprès du jeune garçon tout pâle.
« Si tu te rends au Conseil, ma présence pourrait t’ouvrir des portes. Je pourrais t’accompagner. »
Une fois que j’en aurai fini ici, bien sûr. Mek’Beth la Thoub. Heu. Merak’Mouth avance quant à elle ses hypothèses sur notre état. Une rune ? Un pouvoir ne relevant pas de la magie classique ? Elle avance la curiosité du fait que seuls certains aient été touchés. Je fais la moue, et rétorque :
« Si vous êtes liés à l’Académie de Magie, ils sauront peut-être vous en dire plus à ce sujet. Même si je ne me fais pas trop d’illusions. Ils connaissent leur domaine, mais guère bien plus. »
Un chouïa de ressenti envers la magie se laisse poindre entre mes lèvres. Léger.
- Nhaundar
- Messages : 244
- Enregistré le : dim. 30 déc. 2018 20:08
Re: Le Port de Tulorim
XI 30 Une fascination dévorante.
« Pa...pardonnez-moi de vous déranger, je me nomme Nhaundar, envoyé par l’université de magie pour enquêter sur l’évènement des runes dans la cité », fais-je en m’inclinant poliment, avant de tendre une main vers elle. « Enchanté. Je...je ne crois pas avoir eu l’honneur de connaître votre nom. »
« Lysis », me répond-elle d’un air détaché.
Ainsi, j’exclus la possibilité d’une invocation singulière, même si la présence de ses deux éléments suffit, en soi, à éveiller les soupçons. Je retire ma main, tendue par réflexe, constatant qu’elle ne m’a pas rendu mon geste. Venant d’un être de feu, ce n’est pas plus mal.
(Qu’est-elle donc ?)
Sa réponse me laisse à croire qu’elle ne souhaite pas en dire davantage. Peut-être m’a-t-elle répondu par simple politesse, mais que ma nature shaakt l’empêche de s’ouvrir davantage. À moins qu’elle ne veuille tout simplement rien révéler à quelqu’un qui lui était encore totalement inconnu il y a peu.
(Peut-être que j’aurais la possibilité de me rapprocher d’elle avec cette enquête ? Mieux vaut ne pas insister pour l’instant. Ou peut-être que si. Ah, bon sang, j’ai tant envie de savoir !)
C’est à ce moment que j’entends le petit être vert évoquer l’étrange phénomène qui nous a assaillis plus tôt. Bien qu’étant un néophyte des arts magiques, il souligne le coût considérable qu’un tel sort représenterait pour son utilisateur, s’il devait affecter autant de personnes à la fois.
(Ce n’est pas totalement faux. Cependant, je n’ai pas été en mesure de voir quoi que ce soit. Il y a donc deux possibilités. La première, c’est que ce qui nous a affectés ne relève en rien de la magie, ou pas dans le sens où je l’entends. La seconde, c’est que mes hypothèses et les résultats de mes différents tests s’entremêlent, me conduisant à un raisonnement erroné.)
Alors que je me perds dans mes pensées, le petit être vert conclut qu’un tel être se trouverait parmi nous.
(Quelqu’un capable d’affecter les esprits, qui soit mal en point et présent dans la cabine ? Aucun ne correspond à cela.)
Je détaille quelques instants les différents individus présents, éliminant les possibilités une à une, avant de faire face à une terrible évidence. Un seul correspond à tous ces critères : moi-même. Je corresponds littéralement à toutes les accusations du sekteg.
(L’a-t-il fait exprès ? Cela peut paraître évident de pointer le shaakt du groupe, mais est-il possible qu’il soit aussi précis ?)
Je tâche de ne pas laisser transparaître le trouble que je ressens, même si mon regard va et vient d’une personne à l’autre, à la recherche d’un éventuel soupçon à mon égard.
Dans mon inquiétude, je surprends Elladhen qui m’interpelle au sujet de la demande de l’université concernant la constitution de l’encyclopédie runique.
(De ?)
Je refais brièvement le tour des informations entendues pour reconstituer le fil de la conversation, alors que je divaguais sur la nature de la femme de feu et d’ombre.
(Enchantement. Mage. Université.)
« Je… oui, certainement. Toutes les pistes sont bonnes pour accroître le savoir sur la magie. »
Le célèbre Cromax renchérit en soutenant le souhait du jeune elfe de rencontrer le responsable de l’enchantement. Un membre des Sept Marchands, semble-t-il, ce qui laisse entendre qu’il appartient à l’une des familles dirigeantes de la cité. S’il propose son aide pour faciliter cette rencontre avec une personne aussi éminente, je tique cependant sur un léger mouvement de ses lèvres lorsqu’il évoque la magie.
(Éprouverait-il une réticence quelconque vis-à-vis de la magie ? Est-ce lié à ses actes à Omyre ? Ou à cette femme à la magie si particulière ?)
Hanté par cette question, mon regard se porte malgré moi vers Lysis. Le souvenir de ma vision sur le port résonne encore en moi, tandis que je cherche en vain une explication dans tout le savoir que j’ai pu acquérir au fil de mes lectures.
(Mais qui est-elle, bon sang ?)
XI 32 Entre fascination et confiance.
XI 31 Une obsession nommée Lysis.
« Pa...pardonnez-moi de vous déranger, je me nomme Nhaundar, envoyé par l’université de magie pour enquêter sur l’évènement des runes dans la cité », fais-je en m’inclinant poliment, avant de tendre une main vers elle. « Enchanté. Je...je ne crois pas avoir eu l’honneur de connaître votre nom. »
« Lysis », me répond-elle d’un air détaché.
Ainsi, j’exclus la possibilité d’une invocation singulière, même si la présence de ses deux éléments suffit, en soi, à éveiller les soupçons. Je retire ma main, tendue par réflexe, constatant qu’elle ne m’a pas rendu mon geste. Venant d’un être de feu, ce n’est pas plus mal.
(Qu’est-elle donc ?)
Sa réponse me laisse à croire qu’elle ne souhaite pas en dire davantage. Peut-être m’a-t-elle répondu par simple politesse, mais que ma nature shaakt l’empêche de s’ouvrir davantage. À moins qu’elle ne veuille tout simplement rien révéler à quelqu’un qui lui était encore totalement inconnu il y a peu.
(Peut-être que j’aurais la possibilité de me rapprocher d’elle avec cette enquête ? Mieux vaut ne pas insister pour l’instant. Ou peut-être que si. Ah, bon sang, j’ai tant envie de savoir !)
C’est à ce moment que j’entends le petit être vert évoquer l’étrange phénomène qui nous a assaillis plus tôt. Bien qu’étant un néophyte des arts magiques, il souligne le coût considérable qu’un tel sort représenterait pour son utilisateur, s’il devait affecter autant de personnes à la fois.
(Ce n’est pas totalement faux. Cependant, je n’ai pas été en mesure de voir quoi que ce soit. Il y a donc deux possibilités. La première, c’est que ce qui nous a affectés ne relève en rien de la magie, ou pas dans le sens où je l’entends. La seconde, c’est que mes hypothèses et les résultats de mes différents tests s’entremêlent, me conduisant à un raisonnement erroné.)
Alors que je me perds dans mes pensées, le petit être vert conclut qu’un tel être se trouverait parmi nous.
(Quelqu’un capable d’affecter les esprits, qui soit mal en point et présent dans la cabine ? Aucun ne correspond à cela.)
Je détaille quelques instants les différents individus présents, éliminant les possibilités une à une, avant de faire face à une terrible évidence. Un seul correspond à tous ces critères : moi-même. Je corresponds littéralement à toutes les accusations du sekteg.
(L’a-t-il fait exprès ? Cela peut paraître évident de pointer le shaakt du groupe, mais est-il possible qu’il soit aussi précis ?)
Je tâche de ne pas laisser transparaître le trouble que je ressens, même si mon regard va et vient d’une personne à l’autre, à la recherche d’un éventuel soupçon à mon égard.
Dans mon inquiétude, je surprends Elladhen qui m’interpelle au sujet de la demande de l’université concernant la constitution de l’encyclopédie runique.
(De ?)
Je refais brièvement le tour des informations entendues pour reconstituer le fil de la conversation, alors que je divaguais sur la nature de la femme de feu et d’ombre.
(Enchantement. Mage. Université.)
« Je… oui, certainement. Toutes les pistes sont bonnes pour accroître le savoir sur la magie. »
Le célèbre Cromax renchérit en soutenant le souhait du jeune elfe de rencontrer le responsable de l’enchantement. Un membre des Sept Marchands, semble-t-il, ce qui laisse entendre qu’il appartient à l’une des familles dirigeantes de la cité. S’il propose son aide pour faciliter cette rencontre avec une personne aussi éminente, je tique cependant sur un léger mouvement de ses lèvres lorsqu’il évoque la magie.
(Éprouverait-il une réticence quelconque vis-à-vis de la magie ? Est-ce lié à ses actes à Omyre ? Ou à cette femme à la magie si particulière ?)
Hanté par cette question, mon regard se porte malgré moi vers Lysis. Le souvenir de ma vision sur le port résonne encore en moi, tandis que je cherche en vain une explication dans tout le savoir que j’ai pu acquérir au fil de mes lectures.
(Mais qui est-elle, bon sang ?)
XI 32 Entre fascination et confiance.
Modifié en dernier par Nhaundar le sam. 17 oct. 2026 23:24, modifié 3 fois.
- Fenouil
- Messages : 87
- Enregistré le : jeu. 20 déc. 2018 00:35
Re: Le Port de Tulorim
Pensant surtout à quitter cette cabine afin de recevoir ma récompense, je me contentai surtout d'écouter les commentaires au sujet de la barrière magique et de ma réflexion au sujet de l'intrusion dans nos cerveaux. Bien assis sur mon petit tabouret, mes têtes allait d'un côté et de l'autre suivant les divers interlocuteurs. Ce fut ainsi que j'appris qu'un certain Philomène Terrefeu, mage d'expérience avait conçu ce dispositif de protection magique à l'aide des runes.
(Encore les runes ! )
Et puis la joli dame au crâne dégarni, nous expliqua que sa réaction venait du fait que les marins étaient toujours très superstitieux. Tout comme nous, elle ne savait pas s'il s'agissait de magie. Elle penchait plutôt par l'utilisation des runes pour nous surveiller.
Je plissai alors les yeux. Son hypothèse tenait la route. Je hochai alors la tête, comme quoi, je trouvais son idée très plausible.
Plusieurs des gens présents dans la cabine songeait à se rendre à l'université de la magie afin de parler à Philomène. Pour ma part, je ne voyais pas l'intérêt de m'y rendre. En fait, une fois ma récompense en poche, j'irai où le vent me portera... ou bien ou la jeune femme ira.
(Encore les runes ! )
Et puis la joli dame au crâne dégarni, nous expliqua que sa réaction venait du fait que les marins étaient toujours très superstitieux. Tout comme nous, elle ne savait pas s'il s'agissait de magie. Elle penchait plutôt par l'utilisation des runes pour nous surveiller.
Je plissai alors les yeux. Son hypothèse tenait la route. Je hochai alors la tête, comme quoi, je trouvais son idée très plausible.
Plusieurs des gens présents dans la cabine songeait à se rendre à l'université de la magie afin de parler à Philomène. Pour ma part, je ne voyais pas l'intérêt de m'y rendre. En fait, une fois ma récompense en poche, j'irai où le vent me portera... ou bien ou la jeune femme ira.
-
Morrigane
- Messages : 79
- Enregistré le : sam. 19 déc. 2020 07:06
Re: Le Port de Tulorim
Elle fit le tour de la cabine de ses yeux, sans que son visage cessât de réciter la douceur qu'elle y avait posée. Chez la plupart, les réactions ne trahissaient rien. Une seule exception retint sa lecture : le Shaakt. Il avait tiqué au moment précis où le gobelin avait lancé son hypothèse.
(Il ne peut pas être le coupable, puisqu'il a lui aussi été affecté. Alors que signifie ce tressaillement ? Une piste possible : il sait, ou soupçonne, qui se trouve derrière le phénomène. Il ne porte pas la faute. Il porte le soupçon.)
Il y avait aussi Rosenfiel, dont l'assurance vacillait étrangement sur la question de convaincre les musiciens. Elle retint ces deux fils sans les tirer.
Puis la conversation dériva vers d'un certain Terrefeu qui avait réussis des prouesses avec les runes et certains envisageait de partir à sa rencontre. Si le procédé magique l'intéressait, Morrigane n'avais pas oublié sa mission première.
(Rester dans cette pièce revient à payer en temps ce que la pièce ne me rend pas. Et ce navire contient précisément ce que nous étions venus prendre. Pendant qu'on boit ici, on le décharge, on le range, on le compte, ou on le fait disparaître. Voir ce qu'ils en font en dit davantage que n'importe lequel de ces discours.)
Elle posa la main sur le rebord de son tabouret, fit mine d'hésiter, puis se leva avec lenteur, comme quelqu'un qui n'est pas tout à fait certain de ses jambes. Elle s'excusa à mi-voix.
« Je vous prie de m'excuser. Je ne voudrais pas paraître impolie, mais je crains de ressentir toujours le contre-coup de tout à l'heure. Nous sommes beaucoup dans cette cabine et je commence à avoir chaud. Je vais aller me rafraîchir sur le pont le temps que vous continuiez votre discussion. »
Puis, se tournant vers Nahel :
« Ne t'inquiète pas pour moi. Tu peux finir ton vin tranquillement avec les autres. Je t'attendrai. »
Ces mots n'étaient pas destinés à le rassurer, mais à le retenir. Nous n'avions pas besoin d'être quatre oreilles dans cette même pièce. Il fallait surtout deux yeux ailleurs, pour voir ce qui se passait hors de cette pièce
(Il ne peut pas être le coupable, puisqu'il a lui aussi été affecté. Alors que signifie ce tressaillement ? Une piste possible : il sait, ou soupçonne, qui se trouve derrière le phénomène. Il ne porte pas la faute. Il porte le soupçon.)
Il y avait aussi Rosenfiel, dont l'assurance vacillait étrangement sur la question de convaincre les musiciens. Elle retint ces deux fils sans les tirer.
Puis la conversation dériva vers d'un certain Terrefeu qui avait réussis des prouesses avec les runes et certains envisageait de partir à sa rencontre. Si le procédé magique l'intéressait, Morrigane n'avais pas oublié sa mission première.
(Rester dans cette pièce revient à payer en temps ce que la pièce ne me rend pas. Et ce navire contient précisément ce que nous étions venus prendre. Pendant qu'on boit ici, on le décharge, on le range, on le compte, ou on le fait disparaître. Voir ce qu'ils en font en dit davantage que n'importe lequel de ces discours.)
Elle posa la main sur le rebord de son tabouret, fit mine d'hésiter, puis se leva avec lenteur, comme quelqu'un qui n'est pas tout à fait certain de ses jambes. Elle s'excusa à mi-voix.
« Je vous prie de m'excuser. Je ne voudrais pas paraître impolie, mais je crains de ressentir toujours le contre-coup de tout à l'heure. Nous sommes beaucoup dans cette cabine et je commence à avoir chaud. Je vais aller me rafraîchir sur le pont le temps que vous continuiez votre discussion. »
Puis, se tournant vers Nahel :
« Ne t'inquiète pas pour moi. Tu peux finir ton vin tranquillement avec les autres. Je t'attendrai. »
Ces mots n'étaient pas destinés à le rassurer, mais à le retenir. Nous n'avions pas besoin d'être quatre oreilles dans cette même pièce. Il fallait surtout deux yeux ailleurs, pour voir ce qui se passait hors de cette pièce
Si on autorise Morrigane à sortir elle tentera d'observer ce qu'ils font de la marchandise qu'ils transportaient.
- Gamemaster6
- Messages : 731
- Enregistré le : lun. 2 sept. 2019 17:36
- Localisation : Prêt à plonger
Re: Le Port de Tulorim
La Fracture du Destin
Carrefour sanglant
Face à Cromax et Haple, Rosenfiel hoche la tête en offrant quelques précisions sur le fameux Philomène dont il vient de dévoiler l’identité.
- Vous avez vu juste, Philomène est le neveu d’Englebert Terrefeu, un éminent membre du Conseil de la cité. C’est ce dernier qui m’a d’ailleurs proposé les services de son neveu. Une vieille connaissance de mes plus jeunes années. Nul doute qu’il vous accordera audience, si vous avez les bons arguments. C’est un marchand, après tout, il saura surement y trouver son propre intérêt.
Un léger sourire flotte sur les lèvres de Rosenfiel, comme s’il était persuadé que ses interlocuteurs savaient où il voulait en venir. Merak’Mouth, elle, fixe le marchand en plissant les yeux avant de les porter sur Cromax.
- L’académie est incapable de comprendre ce qu’il se passe et souvent trop enfermée dans ses convictions. Je pense avoir plus de pistes en suivant les branches d’un arbre plus vivace.
Son regard glisse sur Haple avant de revenir sur Cromax. Elle st visiblement déterminé eà suivre la jeune barde afin d’en savoir plus. Morrigane, de son côté, attire l’attention de Rosenfiel qui porte sur elle un regard qui semble sincèrement inquiet et bienveillant. Il a l’air de gober facilement son jeu d’actrice. Ou faire semblant, lui aussi.
- Oui, oui, bien sûr. N’hésitez pas à prendre l’air. Je ne vous retiens pas ici contre votre gré, aha.
Nahel la suit du regard après avoir hoché la tête, sirotant toujours son verre qui devrait être vide, depuis le temps. Une fois dehors, Morrigane peut profiter des embruns, du vent frais et est à même d’observer le pont principal où les marins s’activent. Du travail de maintenance, pour la plupart : changer des cordages, vérifie les mats, les lattes du pont, les amarres. Rien qui ne montre où la marchandise est stockée. Certains marins descendent où remonte du ventre du navire, là où la cale et les quartiers de l’équipage doivent se trouver. Nul doute que fouiller là-dedans serait suspect, sans une bonne raison. Personne ne lui accorde vraiment une quelconque attention, mais rien ne dit que ça continuera ainsi.
***
Hrp : 1xp pour tout le monde
- Haple Mitrium
- Messages : 173
- Enregistré le : sam. 16 sept. 2023 00:32
- Localisation : Haenian
Re: Le Port de Tulorim
Après une seconde de silence, le propriétaire des lieux tendit un morceau de papier à la ménestrelle sur laquelle était inscrite une adresse où elle trouverait les musiciens recrutés pour les festivités à venir. Pressée de s'en saisir, Haple posa son verre sur le bureau du marchand avec maladresse. Le pied tinta contre le bois, attirant l'attention sur son geste approximatif. Elle rougit et empocha le papier en hâte, sans même prendre le temps de le regarder. (Oui, plus sage d'en rester là avec le vin...) Puis, elle s'excusa à la suite de la brune après ces quelques mots délivrés en s'appliquant sur sa diction :
- Je pense comme Merak que l'uvernisité, euh, l'université ne serait pas d'une grande aide : ils ne semblent pas s'y connaître beaucoup sur les runes. Même leur érudit le plus savant sur le sujet avait plus d'hypothèses que de réponses quant à leur récente abondance. Des histoires de Destin bouleversé, de héros sur qui pleuvent les runes... entre autres histoires farlefues, euh, farfelues. Alors comme je confesse ne pas l'avoir quitté dans les meilleurs termes, je préfèrerais consulter ce mage talentueux, ce Philomène.
S'assurant de l'écoute de l'elfe gris, elle accepta sa proposition :
- Pour avoir déjà traité avec des marchands impliqués en politique, j'ai conscience de ne pas connaître les arguments susceptibles d'obtenir son concours. Je veux bien qu'on s'y rende ensemble, oui. Mais d'ici, là je vais prendre l'air moi aussi. Oui... prendre l'air, se répéta-t-elle en dodelinant de la tête alors qu'elle avait tenté de les saluer d'un sec et viril hochement de tête. A la semaine prochaine, Sire Rosenfiel.
Une fois la porte refermée derrière elle, Haple s'addosa contre le panneau de bois. Elle souffla. Le vin lui montait sacrément à la tête. Elle réalisa qu'elle n'avait pas remercié le puissant Croc Max pour son aide... Il avait suffit d'un verre pour que le naturel revienne au galop. (Bah...) Elle ne s'y attarda pas. Le sol tanguait, que ce soit sous l'effet des vaguelettes qui parvenaient jusqu'au quai ou de son ivresse montante, et l'adolescente sortit sur le pont d'un pas prudent, prêtant une attention accrue à chaque marche, chaque cordage enroulé au sol, chaque équipier vaquant à ses occupations.
L'humaine au coeur sensible était là, elle aussi, semblant regarder les matelots... Ce côté fleur bleue lui tapait sur le système. Pas étonnant que si les humaines se comportaient ainsi, leurs mâles soient aussi imbus d'eux-mêmes et prompts à asseoir leur domination sur leurs filles et leurs femmes. Du moins, c'est ce qu'elle avait observée à Kendra Kâr. Elle inspira un bon coup, refoulant une montée gastrique en même temps que le souvenir du présomptueux frère de la Vicomtesse d'Haénian.
(Grégoire...)
Elle avait fini par se nouer d'amitié avec le blanc bec - ou du moins, une complicité était-elle née du besoin qu'elle avait eu de lui pour parvenir à la Vicomtesse. D'abord. Puis, l'amitié s'était incrusté à la suite. N'en lui déplaise. (Qui sait?) songea-t-elle le regard perdu à observer le va-et-vient des matelots, (Peut-être est-ce que ce sera pareil avec l'un de ces inconnus.) Elle reconnaissait certainement une grande classe à la Lance depuis qu'elle l'avait vu combattre. Folle dingue? Oui, pour sûr. Mais classe.
(Plus que l'autre greluche)
- Je pense comme Merak que l'uvernisité, euh, l'université ne serait pas d'une grande aide : ils ne semblent pas s'y connaître beaucoup sur les runes. Même leur érudit le plus savant sur le sujet avait plus d'hypothèses que de réponses quant à leur récente abondance. Des histoires de Destin bouleversé, de héros sur qui pleuvent les runes... entre autres histoires farlefues, euh, farfelues. Alors comme je confesse ne pas l'avoir quitté dans les meilleurs termes, je préfèrerais consulter ce mage talentueux, ce Philomène.
S'assurant de l'écoute de l'elfe gris, elle accepta sa proposition :
- Pour avoir déjà traité avec des marchands impliqués en politique, j'ai conscience de ne pas connaître les arguments susceptibles d'obtenir son concours. Je veux bien qu'on s'y rende ensemble, oui. Mais d'ici, là je vais prendre l'air moi aussi. Oui... prendre l'air, se répéta-t-elle en dodelinant de la tête alors qu'elle avait tenté de les saluer d'un sec et viril hochement de tête. A la semaine prochaine, Sire Rosenfiel.
Une fois la porte refermée derrière elle, Haple s'addosa contre le panneau de bois. Elle souffla. Le vin lui montait sacrément à la tête. Elle réalisa qu'elle n'avait pas remercié le puissant Croc Max pour son aide... Il avait suffit d'un verre pour que le naturel revienne au galop. (Bah...) Elle ne s'y attarda pas. Le sol tanguait, que ce soit sous l'effet des vaguelettes qui parvenaient jusqu'au quai ou de son ivresse montante, et l'adolescente sortit sur le pont d'un pas prudent, prêtant une attention accrue à chaque marche, chaque cordage enroulé au sol, chaque équipier vaquant à ses occupations.
L'humaine au coeur sensible était là, elle aussi, semblant regarder les matelots... Ce côté fleur bleue lui tapait sur le système. Pas étonnant que si les humaines se comportaient ainsi, leurs mâles soient aussi imbus d'eux-mêmes et prompts à asseoir leur domination sur leurs filles et leurs femmes. Du moins, c'est ce qu'elle avait observée à Kendra Kâr. Elle inspira un bon coup, refoulant une montée gastrique en même temps que le souvenir du présomptueux frère de la Vicomtesse d'Haénian.
(Grégoire...)
Elle avait fini par se nouer d'amitié avec le blanc bec - ou du moins, une complicité était-elle née du besoin qu'elle avait eu de lui pour parvenir à la Vicomtesse. D'abord. Puis, l'amitié s'était incrusté à la suite. N'en lui déplaise. (Qui sait?) songea-t-elle le regard perdu à observer le va-et-vient des matelots, (Peut-être est-ce que ce sera pareil avec l'un de ces inconnus.) Elle reconnaissait certainement une grande classe à la Lance depuis qu'elle l'avait vu combattre. Folle dingue? Oui, pour sûr. Mais classe.
(Plus que l'autre greluche)
- Fenouil
- Messages : 87
- Enregistré le : jeu. 20 déc. 2018 00:35
Re: Le Port de Tulorim
Puisque je n'avais plus rien à faire ou à dire dans la cabine de Rosenfiel et que surtout la belle dame en était sorti, je décidai de faire de même. Une fois dehors cependant, mon attention fut capté par la présence du capitaine Kaelen. Même si j'avais envie de suivre la belle dame, mon envie de recevoir ma récompense prit le dessus.
Je me dirigeai donc vers le capitaine à la peau bleu m'interrogeant sur la vision dans lequel un serpent bleu m'étouffait. Était-ce lui ? J'avais bien envie de lui poser des questions, lui racontant ma vision d'abord, mais l'homme capuchonné m'avait bien mis en garde de ne pas le faire. Puisqu'il était en train de donner ses instructions aux marins à sa solde, je me contentai de m'approchai de lui et de me placer à sa droite sans rien dire.
Une fois que ses hommes vaquèrent à leur occupation, je m'adressai à lui.
"Rebonjour monsieur Kaelen, monsieur Rosenfiel m'envoie vers vous, il dit que c'est vous qui s'occuperez de me remettre la récompense que vous m'avez promise un peu plus tôt."
Il me reconnut aussitôt, puis sans hésiter fouilla dans la bourse accroché à sa ceinture et me lança une pièce d'argent.
"Chose promise, chose due." me dit-il tout simplement.
J'attrapai la pièce au vol, il n'était pas question de perdre ma récompense. Je souris à Kaelen assez satisfait des yus reçus. Une pièce d'argent pour avoir fait ce que je fais le mieux.. courir... c'était bien payé.
Je m'attardai un instant à l'observer, il semblait honnête, puis je lui posai une question:
"M'autorisez vous à me promener sur le pont de votre navire afin de le visiter ? "
Il acquiessa à ma demande tout en me prévenant:
"Sur le pont, seulement. Que je ne te prennes pas à fouiner dans les ponts inférieurs ou la cale."
Je le remerciai tout en rangeant mon gain dans ma petite bourse. J'allais tourner les talons, puis je me ravisai. Une petite idée venait de prendre forme dans ma tête. Il y avait moyen de gagner encore plus de Yus.
" Vous n'auriez pas besoin d'un messager, d'un coursier ? De quelqu'un qui peut rapidement porter un message, ou un objet d'un endroit à l'autre sans qu'on y prête attention. Je l'ai fait une fois, mais je pourrais le faire encore. Je suis assez habile pour me faufiler et fuir le danger. "
(((Fenouil fait une proposition à Kaelen ))))
Je me dirigeai donc vers le capitaine à la peau bleu m'interrogeant sur la vision dans lequel un serpent bleu m'étouffait. Était-ce lui ? J'avais bien envie de lui poser des questions, lui racontant ma vision d'abord, mais l'homme capuchonné m'avait bien mis en garde de ne pas le faire. Puisqu'il était en train de donner ses instructions aux marins à sa solde, je me contentai de m'approchai de lui et de me placer à sa droite sans rien dire.
Une fois que ses hommes vaquèrent à leur occupation, je m'adressai à lui.
"Rebonjour monsieur Kaelen, monsieur Rosenfiel m'envoie vers vous, il dit que c'est vous qui s'occuperez de me remettre la récompense que vous m'avez promise un peu plus tôt."
Il me reconnut aussitôt, puis sans hésiter fouilla dans la bourse accroché à sa ceinture et me lança une pièce d'argent.
"Chose promise, chose due." me dit-il tout simplement.
J'attrapai la pièce au vol, il n'était pas question de perdre ma récompense. Je souris à Kaelen assez satisfait des yus reçus. Une pièce d'argent pour avoir fait ce que je fais le mieux.. courir... c'était bien payé.
Je m'attardai un instant à l'observer, il semblait honnête, puis je lui posai une question:
"M'autorisez vous à me promener sur le pont de votre navire afin de le visiter ? "
Il acquiessa à ma demande tout en me prévenant:
"Sur le pont, seulement. Que je ne te prennes pas à fouiner dans les ponts inférieurs ou la cale."
Je le remerciai tout en rangeant mon gain dans ma petite bourse. J'allais tourner les talons, puis je me ravisai. Une petite idée venait de prendre forme dans ma tête. Il y avait moyen de gagner encore plus de Yus.
" Vous n'auriez pas besoin d'un messager, d'un coursier ? De quelqu'un qui peut rapidement porter un message, ou un objet d'un endroit à l'autre sans qu'on y prête attention. Je l'ai fait une fois, mais je pourrais le faire encore. Je suis assez habile pour me faufiler et fuir le danger. "
(((Fenouil fait une proposition à Kaelen ))))
- Nhaundar
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Re: Le Port de Tulorim
XI 31 Une obsession nommée Lysis.
A la question de Cromax sur l’identité du mage responsable de l’enchantement, notre hôte confirme qu’il s’agit bien de l’une des sept familles dirigeantes de la cité. Lorsque l’argent et le pouvoir se mêlent à la magie, cela n’augure rien de très plaisant.
Tous se retirent. Seul Cromax reste pour s’entretenir avec le Kendran. Mon regard, lui, reste fixé sur la femme de feu et d’ombre, qui s’éloigne de la cabine et sort de mon champ de vision.
Je n’ai pas su quoi répondre après notre présentation, et son départ fait naître en moi la peur de ne plus la revoir, de ne pas pouvoir assouvir ma soif de curiosité. Finalement, lorsqu’elle disparaît totalement, je me précipite à l’extérieur pour l’interpeller.
« LYSIS ! » m’écrié-je, sans savoir exactement quoi lui dire.
Elle se retourne et porte ses yeux de feu sur moi, rien que sur moi. Elle ne réplique pas dans l’immédiat et je crains de m’attirer son courroux, mais, une fois seuls, elle me répond d’un simple « Quoi ? », d’une voix curieuse.
Je la regarde, l’esprit tourmenté par le petit plaisir qu’engendre sa curiosité, mais toujours incapable de trouver mes mots, qui finissent par sortir dans un bégaiement pitoyable.
(Et maintenant, je dis quoi ? Allez, lance-toi !)
« Je… je… Pardonnez-moi, mais depuis que mon regard s’est posé sur vous, cette image hante mon esprit. Quelle est cette magie qui vous anime ? Je… je ne crois pas avoir jamais vu pareille chose de toute ma courte vie. »
Son ton prétentieux ne cache pas l’amusement qui s’y mêle et ses mots, loin de me déstabiliser, attisent davantage ma curiosité.
« Unique… oui », soufflé-je, avant de reprendre.
« Non, quand je disais que je vous avais vue, c’est… heu… » dis-je, hésitant, tandis que je me déplace de gauche à droite, comme si je faisais les cent pas sur deux mètres.
« C’est nouveau pour moi et ma compréhension m’échappe face à ce phénomène. Cependant… heu… »
(Comment expliquer cela sans passer pour un illuminé ? Bon, après tout, je parle bien à une femme de feu et d’ombre.)
Mes mains s’agitent, accompagnant maladroitement mes explications.
« Il m’est arrivé un événement étrange à Lebher. En voulant recréer une solution alchi-magique visant à accroître l’aptitude magique d’un être, un accident est survenu. Depuis, je… enfin, je crois être en mesure de percevoir la magie sous une autre forme. Certes, cela ne provoquait jusque-là que des vertiges et un léger mal-être, mais vous… » dis-je, avant de m’approcher doucement, le regard empli de fascination, que je plonge dans le sien, incandescent. « … vous êtes… un joyau brillant d’une myriade de couleurs étincelantes. Un kaléidoscope de magie hypnotisant, puisant sa force dans une énergie profonde et puissante. Le… même le soleil pâlit devant votre éclat. »
Puis je m’arrête. Mes pensées tournent en moi et mon regard se perd dans le vide.
(Nous avons une magie similaire ? Je n’ai certes pas usé de cette aptitude sur beaucoup de monde. Cependant, elle est la seule à avoir réagi de la sorte. Si ce que j’ai vu ne provient pas de sa magie, peut-être que…)
« Pourtant, si la même magie coule en vous et en moi, c’est que… l’étrangeté de la chose proviendrait de votre nature même ? »
Mes yeux se reportent sur elle.
(C’est bien la première fois qu’on traite un elfe de mortel. Elle serait donc… immortelle ?)
« Si je suis mortel à vos yeux, c’est que vous, vous ne l’êtes pas, ou que vous jouissez d’une longévité sans pareille. Qu’êtes-vous ? »
Insensible à mes paroles, elle reste de marbre, tandis qu’elle se glorifie elle-même d’être de la même famille que le soleil, dont il serait un frère attardé. Elle ajoute être au-delà des notions que je me fais de la vie et de la mort et, malgré ses explications, je serais incapable de comprendre sa nature. Une nature qu’elle partage avec Cromax, comme une partie de son essence divine. Un être doté de deux corps.
(Une essence divine ?)
Des mots, de brèves explications qui naissent avant de mourir. Je suis pendu à ses paroles, fasciné par ce mystère qu’elle refuse de me dévoiler, même si je ne peux voir ses lèvres.
« Vous êtes une énigme. Un mystère qui me fascine. Cela attise ma soif de savoir », dis-je, les yeux grands ouverts, avant de sentir mon enthousiasme retomber brutalement.
(Il est une partie d’elle, d’un être sublime et pourtant, il n’a pas l’air de porter la magie en haute estime. Un gâchis.)
« Et en même temps, vous dites être une partie de… Cromax. Il n’avait pourtant pas l’air de porter un grand intérêt à la magie. C’est… curieux et presque décevant, sachant qu’il vous est lié. »
Tandis que la déception m’envahit à l’idée de voir un être aussi prodigieux se mêler à un individu qui ne semble pas se préoccuper de la magie, partie intégrante de Lysis, celle-ci s’approche de moi et, d’une façon suggestive, me laisse entendre qu’elle apprécierait un intérêt autre que celui du savoir : un intérêt plus… charnel.
Je tente bien de discerner quelques traits pouvant trahir ses pensées dans son attitude, en vain. Son visage de feu m’est totalement fermé. J’ai un bref moment, une pensée pour Sylve, mais nos chemins se sont séparés, et je ne nourris plus guère d’espoir à ce sujet. Mon esprit est focalisé sur la magie et, en cet instant, l’idée de me rapprocher de Lysis est particulièrement tentante, bien qu’elle soulève un point crucial.
« Je ne puis répondre à d’autres attentes sans risquer l’intégrité de mon corps. Alors, oui, le savoir seulement », dis-je, au risque de décevoir ses attentes. Elle me répond d’une manière que je ne parviens pas à interpréter, puis change de sujet pour revenir à Cromax.
« Vous êtes libre de gérer vos intérêts et lui les siens, mais… est-il fiable ? J’ai… eu le grand plaisir… » fais-je en détournant les yeux pour souligner l’ironie de mes propos, « … de vivre à Omyre. Son nom a plus d’une fois circulé, atteignant même les cellules les plus sordides. Il était loin d’être le sauveur contre la Dame noire que l’on connaît aujourd’hui. Alors, j’avoue ne pas savoir quoi en penser. J’avais dans l’idée de me rapprocher de la milice pour… en quelque sorte, m’officialiser comme enquêteur auprès de l’université, dans l’espoir d’éviter les désagréments liés à la teinte de ma peau. Il est un membre important de la milice ; peut-être aurait-il pu dire un mot en ma faveur. Mais puis-je me fier à quelqu’un qui a servi la Dame noire ? Vous qui le connaissez particulièrement bien, qu’en pensez-vous ? »
Elle le dit fiable, tout dépend de ce que je pourrais lui offrir. Elle affirme cependant qu’il n’est ni traître, ni servile, ni cruel. Sur ce dernier point, toutefois, la démonstration à laquelle j’ai assisté témoigne d’une certaine habileté à trancher dans le lard des hommes. Ses propos qui suivent, concernant son lien avec la Dame noire, me laissent songeur.
« Vous dites qu'il ne voulait ni la servir ni s'asservir ? Je ne comprends pas. »
Vraisemblablement, c’est un sujet auquel Cromax sera plus à même de répondre ou, du moins, sur lequel lui seul peut prendre une décision. Mais sa liberté est son bien le plus précieux.
« La liberté. J'ai peut-être plus en commun avec lui que je ne le crois », dis-je en acquiesçant, concluant davantage pour moi-même que pour elle.
Le sujet d’Omyre étant désormais sur la table, elle demande à son tour ce que j’y faisais. Peut-être craint-elle que je serve un maître susceptible d’attiser des flammes vengeresses.
Lentement, les souvenirs de ma vie passée défilent devant moi. L’expression de mon visage se teinte d’une douleur ancienne, à laquelle je m’efforce pourtant de mêler un mince sourire.
« Si je sais que sa réputation a atteint les cellules, ce n'est pas pour rien », dis-je avant de relater ma propre histoire, sans rien omettre.
J’évoque ma vie à Caix Imoros, lui parlant des sévices de ma sœur et de la destinée qui lui était toute tracée dans les plus hautes sphères de la cité. Puis je lui narre l’apparition de mes pouvoirs et la valeur que j’ai alors acquise aux yeux de ma mère, ce qui a nourri une haine profonde chez ma sœur. J’évoque ensuite la manière dont je me suis retrouvé à me brûler avec mon propre feu, le corps et l’esprit mutilés par cette expérience, et lui dévoile les stigmates qui marquent mon bras. Puis j’explique la mesquinerie de ma mère, qui m’a vendu en me faisant passer pour un mage, dissimulant mon impossibilité à user de magie. Lorsque ma nouvelle maîtresse s’en est aperçue, je lui montre les nombreuses cicatrices qui couvrent mon corps, témoins des sévices qu’elle m’a fait subir pour son propre amusement. Finalement, je réponds à sa question.
« Voilà ce que je faisais à Omyre. J'attendais la mort. »
Elle me lâche un « Sympa » qui, sans être moqueur, témoigne d’une forme de compréhension douce face à la brièveté douloureuse de mon existence.
Elle enchaîne néanmoins sur un autre point commun avec Cromax. Il semble faire partie des Chevaliers de la Flamme Noire, un groupe uni dans la rancœur contre le matriarcat de ma cité natale.
(Contre le matriarcat ? Ma propre mère et sœur ? J’aurais aimé qu’ils en fassent plus, ou plus tôt. Qu’importe, le passé ne changera pas.)
Elle s’approche davantage de moi, me présentant ses deux mains. L’une est nimbée d’un feu qui ne brûle pas lorsque je tends les mains, bien que je craigne de toucher les flammes qui constituent son être. L’autre est enveloppée d’une aura noire, froide et profonde, qui semble vouloir avaler toute la lumière à sa portée.
« Je comprends ta fascination presque malsaine envers l'Ombre et le Feu. »
(Une fascination pour ces deux éléments ? Non, je vois bien au-delà.)
« Vous vous méprenez. Je n'ai pas de fascination pour un élément en particulier, mais pour la magie en elle-même, ses usages, ses détournements subtils et ingénieux, ses bienfaits pour le monde. Chaque étincelle de magie est une jeune pousse qui mérite d'être entretenue pour éclore. Et moi, je veux faire de ce monde un immense jardin. »
« J'entends. Mais le feu et l'ombre n'ont-ils pas une saveur toute particulière pour qui fut blessé par eux ? Tu as une vision naïve et bien trop romantique de la magie. C'est ennuyeux », clame-t-elle.
Un frisson me parcourt l’échine, tandis que la crainte de l’avoir déçue me frappe en plein cœur.
Sans attendre, elle fonce sur moi, ses griffes de feu pointées dans ma direction, animée d’une fureur sauvage palpable. Pris de court, je n’ai que le temps de bondir en arrière. Elle me traverse alors sans heurt, ne provoquant ni blessure physique ni dommage mental.
Derrière moi, je tâche de comprendre ses raisons, mais rien : plus une trace d’elle. Disparue, je me retrouve seul avec l'écho de ce moment en sa compagnie.
« Alors ? Sacré caractère, hein ? » fait une voix non loin de moi, qui me surprend.
Adoptant instinctivement une posture défensive, je fais face à Cromax, qui sort du bureau de Rosenfeild.
« Elle est… » dis-je en reportant mon regard dans le vide, là où elle aurait dû se trouver. « … fascinante. » Je reporte ensuite mon attention sur Cromax. « Elle a dit que vous aviez une essence divine. Est-ce vrai ? »
Selon lui, il serait préférable que j’évite de lui attribuer ce genre d’adjectif, histoire que son ego ne prenne pas trop d’ampleur. En revanche, il me confirme cette histoire de divinité, bien que les cultes, rituels et autres pratiques généralement associées à celle-ci ne soient pas ce qu’il apprécie le plus.
« Il me sera difficile de suivre votre conseil, mais je vais tâcher de le garder en mémoire », dis-je avec un amusement dans la voix. Au vu de la fascination qu’elle exerce sur moi, c’est peu probable. « Elle vous le dira certainement, mais je crois être capable de percevoir la magie d'une certaine façon. C'est particulièrement récent et, au vu des désagréments que cela m’occasionne, l'idée d'oublier cette capacité m'a tenté plus d'une fois. Jusqu'à ce que mes yeux se portent sur elle. »
Puis je secoue la tête avant de répliquer :
« Pardonnez-moi, je crois savoir que la magie n'est pas non plus votre tasse de thé. Quel est donc votre domaine de prédilection ? » Avant qu'il ne réponde, je tends une main vers lui. « Ah ! J'en perds mes convenances. Je me nomme Nhaundar, capitaine Cromax. »
Apparemment, ma capacité à percevoir la magie l’intéresse. Il possèderait des pouvoirs dont il ignore l’origine. Finalement, lui aussi sera une source de curiosité. Il rit à ma remarque sur la magie, bien qu’il apprécie certains avantages qu’elle offre. Il me serre la main, précisant que le titre de capitaine est superflu.
(La mâchoire souple, les oreilles qui frétillent en riant et les pupilles qui ne cillent pas. Il est tout ce qu’il y a de plus sincère.)
Un capitaine de milice qui me tend une main franche, si peu de temps après notre rencontre, voilà qui n’est pas banal.
« Il est rare de voir une telle cordialité envers un elfe noir. Les gens nous prennent pour le mal incarné, même si ce n'est pas moi qui vais les contredire. Vous avez dit avoir des pouvoirs ? De quoi parle-t-on au juste ? »
J’apprends qu’un de ses amis les plus fidèles est lui aussi un shaakt et que cela lui a permis de se fier aux actes, bien plus révélateurs qu’une simple teinte de peau. Malheureusement, j’essuie un premier revers. S’il ignore l’origine de ses pouvoirs, il apprécie grandement le secret qui les entoure.
« Merci. Merci de voir en moi autre chose qu'une peau noire, sans avoir à passer des mois à prouver ma valeur », fais-je avec sincérité. « Je ne vais pas insister sur vos pouvoirs en guise de remerciement, mais je me tiens prêt à répondre à votre curiosité, à votre demande, si tant est que j'en sois à la hauteur. »
(Mais c’est dommage.)
Je m'incline légèrement pour accompagner ces propos, avant de revenir sur un autre sujet.
« Ma nature shaakt m'a d'ailleurs poussé à me présenter à la milice. Enquêter sur cet épisode autour des runes va me mettre dans des situations compliquées, au point où je pourrais même être désigné responsable sur la seule base de mon apparence. Je n'ai entrepris aucune démarche, mais pensez-vous qu'il vous soit possible de faire quelque chose à ce sujet ? »
En réalité, je n’ai pas tant de soucis à me faire. Le simple nom de Cromax semble suffire à m’inspirer une certaine assurance, du moins tant que je ne suis pas personnellement reconnu coupable d’un crime. Puis, reportant son attention sur notre trio, il cherche à connaître les informations obtenues.
(Des infos ? Il y a bien ces fausses runes qui risquent d’être une épine dans le pied des miliciens.)
« À dire vrai, pas grand-chose pour cerner le problème. Il y a bien de fausses runes qui semblent circuler en ville. Ceux qui en possèdent, légalement ou non, devraient s'assurer de leur authenticité. Comme Merak l'affirmait, une fausse rune pourrait engendrer une catastrophe au sein d'une phrase inscrite. »
(D’ailleurs, ces hommes étaient plutôt bien équipés en matière de runes.)
« Merak a affronté des hommes. J'ai pu voir que ceux-ci possédaient plusieurs équipements gravés de phrases particulièrement longues et donc très coûteuses. Au vu de la qualité de ces équipements, ils n'avaient pas les moyens de s'offrir un tel travail. Ma conclusion : quelqu'un, ou plusieurs personnes, font des incrustations à bas prix. Entre une baisse des prix du marché et un prix correspondant à la qualité, mon choix se porte sur le second. »
(Sinon, il reste aussi l’érudit et son histoire de destin. Est-ce que ses propos avaient une réelle tangibilité ?)
« Nous avons également rencontré un érudit. Quelqu'un qui étudie les runes depuis des années. Selon lui, les runes sont attirées par les êtres aux destins spécifiques. J'en possède moi-même, donc j'ai mis de côté cette hypothèse, mais Merak paraît adhérer à la même idée. Si, et je dis bien si, l'idée de destin fait partie intégrante du problème, une ou plusieurs personnes auraient trouvé le moyen d’influencer le destin à l'échelle d'une cité entière ! Pour être en mesure d'agir sur une telle zone, j'ai tendance à croire qu’il existe une installation destinée à amplifier cette capacité pour produire un effet d’une telle ampleur. Reste la question la plus essentielle : dans quel but ? »
Malheureusement, je n’obtiens pas davantage de réponses de la part de l’elfe, si ce n’est qu’il semble vouloir tout faire pour protéger sa ville. Merak évoquait la corruption au sein de la milice. Il semble être celui qui pourrait contribuer à redorer son image.
Acquiesçant à ces propos, j’enchaîne sur un autre sujet qui me travaille.
« Lysis a évoqué une sorte d'ordre dont vous faites partie : les Chevaliers de la Flamme Noire. Qui sont-ils ? »
Jugeant sa camarade particulièrement bavarde, il explique simplement qu’il s’agit de shaakts de Caix Imoros, avant de me demander d’où je viens.
(D’où je viens ? Ce n’est pas vraiment une question à laquelle je peux répondre facilement.)
« J'ai déjà évoqué mon passé à Lysis, alors je vais vous le résumer dans les grandes lignes. Je suis de Caix Imoros, mais j'ai été vendu par ma mère, car les sévices de ma sœur étaient un frein à son ascension. C'est à Omyre que j'ai servi ma nouvelle maîtresse, mais dès qu'elle a découvert que j'étais incapable d'user de magie à cause d'un traumatisme engendré par ma sœur, mes jours étaient… très longs », dis-je en dévoilant les stigmates des tortures que j’ai subies sur mon torse. « Elle s'est finalement lassée de ma présence et, alors que je devais servir de chair à canon face aux soldats d'Oranan, ceux-ci ont pris les troupes d'Omyre au dépourvu. Incapable de me battre, j'ai fait la seule chose qui me semblait possible : fuir pour ma vie. Il ne m'a pas fallu longtemps avant de devenir le prisonnier d'une éclaireuse d'Oranan. Ironiquement, je n'ai jamais été aussi bien traité que ce jour-là ! » Une véritable peine s’affiche pourtant sur mon visage, avant que je ne me reprenne et poursuive. « Je suis né à Caix Imoros, mais j'ai l'impression de ne venir de nulle part, sans aucune attache, si ce n'est celle que me procure la curiosité que la magie suscite en moi au fil de mes voyages. »
Il lève un sourcil, avec un sourire amusé, en apprenant que, contrairement à sa fascinante camarade, il n’aura que la version courte de l’histoire. Il s’étonne cependant que je ne les connaisse pas. Cela fait longtemps qu’il n’y est retourné, et il avoue que les choses se sont mal passées la dernière fois. Il n’est pas difficile de voir que des âmes ont été perdues ce jour-là.
« Du peu que je sais, ils s’opposent à la domination du matriarcat. Quoi de plus normal que de faire taire ce genre de propos ? Je n'ai peut-être pas eu la chance d'en entendre parler. »
Il pose une main sur mon épaule avant d’évoquer son passé : celui d’un Sindel élevé par un taurion, qui n’a jamais vu le Naora. Il termine en expliquant que l’unique lien qui le rattache à son passé est le corps de sa sœur jumelle, habité par l’esprit de feu-Sisstar.
À ce nom, un frisson glacé me parcourt le dos. D’instinct, j’ai un mouvement de recul pour me dégager de sa main.
« Sisstar ? Lysis a évoqué votre servitude à la Dame Noire afin de ne pas être asservis. Était-ce pour votre sœur que vous avez rejoint ce camp ? »
(Sa sœur est ou a été captive ? Est-ce une faiblesse à laquelle il serait prêt à tout ? Dois-je finalement me méfier de lui ?)
Cependant, il évoque Sisstar comme l’une de ses pires ennemies. C’est elle qui a détruit l’esprit de sa sœur et, en retour, il lui a dérobé le sien, l’enfermant dans une rapière qu’il me présente. Un cadeau de Phaïtos lui-même. Une lame capable d’enfermer les âmes de ceux qu’il a vaincus.
Il rengaine l’arme avant de reprendre avec plus de sérieux. D’un ton sec et ferme, il affirme qu’il vaut mieux ne pas l’associer à la notion de servitude. Il a été son allié de circonstance, lié par des services rendus l’un à l’autre, mais jamais il ne l’a servie.
J’ai du mal à associer les services mutuels à la Dame Noire, ou même à imaginer un service qu’elle pourrait rendre. En revanche, la vision de la lame et la fermeté de ses propos sonnent presque comme un avertissement. D’après ce que j’ai pu voir de sa manière de réagir, il paraît particulièrement soucieux de sa capacité à agir de lui-même, de jouir d’une liberté totale. Mieux vaut ne pas le froisser sur ce sujet.
« Message reçu », fais-je sobrement en hochant la tête. « Je commence un peu à comprendre pourquoi j’ai entendu parler de vous à Omyre et pourquoi, lors de la bataille de Kochii, vous étiez parmi ceux qui ont lutté jusqu’aux derniers instants face à elle et… merci. » J’ajoute ces derniers mots solennellement, alors que je me penche en avant pour former un angle droit presque parfait, exprimant un profond respect, comme j’ai pu le voir maintes fois à Oranan.
Il prend le ton de celui qui frime en exagérant, arguant que l’issue aurait été toute autre s’il avait été dans un autre camp. Il me touche l’épaule afin que je me redresse, affirmant qu’il n’a jamais apprécié le balai dans le fondement des Oranais.
Mais pour moi, ce qu’ils ont fait, lui et les autres survivants, en luttant contre les forces d’Oaxaca, est à la fois un soulagement et une peine qui me concerne personnellement.
« Non, vous ne comprenez pas », dis-je en me relevant, les yeux pétillants de larmes naissantes.
« L’éclaireuse qui m’a fait captif m’a montré plus d’égards que quiconque. Cependant, une créature nous a attaqués. Mon geôlier s’est retrouvé en fâcheuse posture et je ne sais plus comment cela s’est passé, mais je suis parvenu à la tirer de ce mauvais pas. Pourtant, elle n’en est pas ressortie indemne. Il m’a fallu la porter en direction du sud, jusqu’à ce qu’une patrouille oranaise nous intercepte et la sauve. Par cet acte, les hauts dignitaires de la cité ne m’ont accordé rien de plus que ma liberté, à la seule condition que je la protège en retour. Néanmoins… » Ma gorge se noue à mesure que je poursuis mon récit, la tête basse. « … lorsque la cité a eu besoin de moi, je n’ai pas répondu présent. Pire encore, alors qu’un massacre avait eu lieu, j’étais entouré de joie et d’insouciance. »
Avec gravité, il explique qu’en parler avec autant de légèreté l’aide à supporter ce qui est arrivé ce jour-là. Sans le dire, je pèse le poids de ses mots, comprenant, sans être capable de mesurer l’horreur qu’ils ont affrontée. Puis il cherche à me réconforter en m’expliquant que nul ne pouvait anticiper ce qui allait arriver. Même si ses mots sonnent justes, la culpabilité est plus forte que moi.
(Si j’avais été présent, est-ce que Sylve… Non ! Je dois aller de l’avant.)
« Que pensez-vous de l’implication d’une des hautes familles de la cité dans cette affaire de runes ? » dis-je pour changer de sujet et chasser mes mauvaises pensées.
Selon lui, rien d’important ne se passe à Tulorim sans que les hautes familles soient au courant. La présence de ces runes est le terreau propice à une nouvelle guerre interne. Cela n’augure rien de bon.
« Et pour ce qui est des gangs, vous… tu en sais un peu ? » dis-je avant de me raviser à la suite de sa demande de le tutoyer. « On a pu voir que des enfants étaient impliqués dans la collecte et la revente de pierres. Je m’apprêtais même à user de magie contre vous, toi et Lysis, en te voyant tenir en respect un pseudo-milicien. Après tout ce recul, j’ai échappé de peu à un destin funeste », fais-je avec un petit rire étouffé qui balaie mes dernières pensées tristes.
À Tulorim, la frontière entre un bandit et un marchand est mince. Je comprends ainsi qu’à mon image, les apparences sont particulièrement trompeuses. Malheureusement, ses contacts n’ont mené à aucune piste sérieuse, si ce n’est ce navire.
(Serait-ce le destin mentionné par Merak ?)
« Et maintenant, que fait-on ? Attendre simplement la petite fête de notre hôte ? » dis-je avec réticence.
L’idée de participer à cette petite fête, tout comme celle de l’attendre, ne me sied guère, et visiblement, il en va de même pour Cromax. Sa prochaine étape sera le Conseil des marchands avec Elladhen et Merak.
(Je n’ai pas de piste précise à suivre. Et si… je participais moi aussi à cette rencontre ?)
« Quand penses-tu pouvoir organiser cette rencontre ? À défaut de pistes, je vais suivre mon petit groupe. On verra où cela nous mènera. »
Dans l’immédiat, j’espère qu’ils accepteront de nous recevoir aussi rapidement.
(S’il mène les échanges, je serai plus libre d’analyser leur comportement afin de déterminer s’ils nous disent toute la vérité, mais… accepteront-ils un shaakt ?)
« Je suis capable de percevoir les mouvements presque imperceptibles des individus. Cela pourrait me permettre de savoir si quelqu’un ment ou cache quelque chose. Cependant, la présence d’un shaakt pourrait être une gêne », dis-je plus bas, presque déçu.
Cromax prétend que seule la couleur de l’argent compte ici et que mon soutien sera le bienvenu.
(La couleur de l’argent, hein ? Ce n’est pas ce que j’ai pu voir au premier abord dans le port. Je pense avoir échappé de peu à une mutilation en règle.)
« Entendu », dis-je, en gardant pour moi mes pensées et mon désaccord.
Je reste avec le Sindel, avant de retrouver les autres dans l’espoir de rencontrer le Conseil.
XI 32 Entre fascination et confiance.
A la question de Cromax sur l’identité du mage responsable de l’enchantement, notre hôte confirme qu’il s’agit bien de l’une des sept familles dirigeantes de la cité. Lorsque l’argent et le pouvoir se mêlent à la magie, cela n’augure rien de très plaisant.
Tous se retirent. Seul Cromax reste pour s’entretenir avec le Kendran. Mon regard, lui, reste fixé sur la femme de feu et d’ombre, qui s’éloigne de la cabine et sort de mon champ de vision.
Je n’ai pas su quoi répondre après notre présentation, et son départ fait naître en moi la peur de ne plus la revoir, de ne pas pouvoir assouvir ma soif de curiosité. Finalement, lorsqu’elle disparaît totalement, je me précipite à l’extérieur pour l’interpeller.
« LYSIS ! » m’écrié-je, sans savoir exactement quoi lui dire.
Elle se retourne et porte ses yeux de feu sur moi, rien que sur moi. Elle ne réplique pas dans l’immédiat et je crains de m’attirer son courroux, mais, une fois seuls, elle me répond d’un simple « Quoi ? », d’une voix curieuse.
Je la regarde, l’esprit tourmenté par le petit plaisir qu’engendre sa curiosité, mais toujours incapable de trouver mes mots, qui finissent par sortir dans un bégaiement pitoyable.
(Et maintenant, je dis quoi ? Allez, lance-toi !)
« Je… je… Pardonnez-moi, mais depuis que mon regard s’est posé sur vous, cette image hante mon esprit. Quelle est cette magie qui vous anime ? Je… je ne crois pas avoir jamais vu pareille chose de toute ma courte vie. »
Son ton prétentieux ne cache pas l’amusement qui s’y mêle et ses mots, loin de me déstabiliser, attisent davantage ma curiosité.
« Unique… oui », soufflé-je, avant de reprendre.
« Non, quand je disais que je vous avais vue, c’est… heu… » dis-je, hésitant, tandis que je me déplace de gauche à droite, comme si je faisais les cent pas sur deux mètres.
« C’est nouveau pour moi et ma compréhension m’échappe face à ce phénomène. Cependant… heu… »
(Comment expliquer cela sans passer pour un illuminé ? Bon, après tout, je parle bien à une femme de feu et d’ombre.)
Mes mains s’agitent, accompagnant maladroitement mes explications.
« Il m’est arrivé un événement étrange à Lebher. En voulant recréer une solution alchi-magique visant à accroître l’aptitude magique d’un être, un accident est survenu. Depuis, je… enfin, je crois être en mesure de percevoir la magie sous une autre forme. Certes, cela ne provoquait jusque-là que des vertiges et un léger mal-être, mais vous… » dis-je, avant de m’approcher doucement, le regard empli de fascination, que je plonge dans le sien, incandescent. « … vous êtes… un joyau brillant d’une myriade de couleurs étincelantes. Un kaléidoscope de magie hypnotisant, puisant sa force dans une énergie profonde et puissante. Le… même le soleil pâlit devant votre éclat. »
Puis je m’arrête. Mes pensées tournent en moi et mon regard se perd dans le vide.
(Nous avons une magie similaire ? Je n’ai certes pas usé de cette aptitude sur beaucoup de monde. Cependant, elle est la seule à avoir réagi de la sorte. Si ce que j’ai vu ne provient pas de sa magie, peut-être que…)
« Pourtant, si la même magie coule en vous et en moi, c’est que… l’étrangeté de la chose proviendrait de votre nature même ? »
Mes yeux se reportent sur elle.
(C’est bien la première fois qu’on traite un elfe de mortel. Elle serait donc… immortelle ?)
« Si je suis mortel à vos yeux, c’est que vous, vous ne l’êtes pas, ou que vous jouissez d’une longévité sans pareille. Qu’êtes-vous ? »
Insensible à mes paroles, elle reste de marbre, tandis qu’elle se glorifie elle-même d’être de la même famille que le soleil, dont il serait un frère attardé. Elle ajoute être au-delà des notions que je me fais de la vie et de la mort et, malgré ses explications, je serais incapable de comprendre sa nature. Une nature qu’elle partage avec Cromax, comme une partie de son essence divine. Un être doté de deux corps.
(Une essence divine ?)
Des mots, de brèves explications qui naissent avant de mourir. Je suis pendu à ses paroles, fasciné par ce mystère qu’elle refuse de me dévoiler, même si je ne peux voir ses lèvres.
« Vous êtes une énigme. Un mystère qui me fascine. Cela attise ma soif de savoir », dis-je, les yeux grands ouverts, avant de sentir mon enthousiasme retomber brutalement.
(Il est une partie d’elle, d’un être sublime et pourtant, il n’a pas l’air de porter la magie en haute estime. Un gâchis.)
« Et en même temps, vous dites être une partie de… Cromax. Il n’avait pourtant pas l’air de porter un grand intérêt à la magie. C’est… curieux et presque décevant, sachant qu’il vous est lié. »
Tandis que la déception m’envahit à l’idée de voir un être aussi prodigieux se mêler à un individu qui ne semble pas se préoccuper de la magie, partie intégrante de Lysis, celle-ci s’approche de moi et, d’une façon suggestive, me laisse entendre qu’elle apprécierait un intérêt autre que celui du savoir : un intérêt plus… charnel.
Je tente bien de discerner quelques traits pouvant trahir ses pensées dans son attitude, en vain. Son visage de feu m’est totalement fermé. J’ai un bref moment, une pensée pour Sylve, mais nos chemins se sont séparés, et je ne nourris plus guère d’espoir à ce sujet. Mon esprit est focalisé sur la magie et, en cet instant, l’idée de me rapprocher de Lysis est particulièrement tentante, bien qu’elle soulève un point crucial.
« Je ne puis répondre à d’autres attentes sans risquer l’intégrité de mon corps. Alors, oui, le savoir seulement », dis-je, au risque de décevoir ses attentes. Elle me répond d’une manière que je ne parviens pas à interpréter, puis change de sujet pour revenir à Cromax.
« Vous êtes libre de gérer vos intérêts et lui les siens, mais… est-il fiable ? J’ai… eu le grand plaisir… » fais-je en détournant les yeux pour souligner l’ironie de mes propos, « … de vivre à Omyre. Son nom a plus d’une fois circulé, atteignant même les cellules les plus sordides. Il était loin d’être le sauveur contre la Dame noire que l’on connaît aujourd’hui. Alors, j’avoue ne pas savoir quoi en penser. J’avais dans l’idée de me rapprocher de la milice pour… en quelque sorte, m’officialiser comme enquêteur auprès de l’université, dans l’espoir d’éviter les désagréments liés à la teinte de ma peau. Il est un membre important de la milice ; peut-être aurait-il pu dire un mot en ma faveur. Mais puis-je me fier à quelqu’un qui a servi la Dame noire ? Vous qui le connaissez particulièrement bien, qu’en pensez-vous ? »
Elle le dit fiable, tout dépend de ce que je pourrais lui offrir. Elle affirme cependant qu’il n’est ni traître, ni servile, ni cruel. Sur ce dernier point, toutefois, la démonstration à laquelle j’ai assisté témoigne d’une certaine habileté à trancher dans le lard des hommes. Ses propos qui suivent, concernant son lien avec la Dame noire, me laissent songeur.
« Vous dites qu'il ne voulait ni la servir ni s'asservir ? Je ne comprends pas. »
Vraisemblablement, c’est un sujet auquel Cromax sera plus à même de répondre ou, du moins, sur lequel lui seul peut prendre une décision. Mais sa liberté est son bien le plus précieux.
« La liberté. J'ai peut-être plus en commun avec lui que je ne le crois », dis-je en acquiesçant, concluant davantage pour moi-même que pour elle.
Le sujet d’Omyre étant désormais sur la table, elle demande à son tour ce que j’y faisais. Peut-être craint-elle que je serve un maître susceptible d’attiser des flammes vengeresses.
Lentement, les souvenirs de ma vie passée défilent devant moi. L’expression de mon visage se teinte d’une douleur ancienne, à laquelle je m’efforce pourtant de mêler un mince sourire.
« Si je sais que sa réputation a atteint les cellules, ce n'est pas pour rien », dis-je avant de relater ma propre histoire, sans rien omettre.
J’évoque ma vie à Caix Imoros, lui parlant des sévices de ma sœur et de la destinée qui lui était toute tracée dans les plus hautes sphères de la cité. Puis je lui narre l’apparition de mes pouvoirs et la valeur que j’ai alors acquise aux yeux de ma mère, ce qui a nourri une haine profonde chez ma sœur. J’évoque ensuite la manière dont je me suis retrouvé à me brûler avec mon propre feu, le corps et l’esprit mutilés par cette expérience, et lui dévoile les stigmates qui marquent mon bras. Puis j’explique la mesquinerie de ma mère, qui m’a vendu en me faisant passer pour un mage, dissimulant mon impossibilité à user de magie. Lorsque ma nouvelle maîtresse s’en est aperçue, je lui montre les nombreuses cicatrices qui couvrent mon corps, témoins des sévices qu’elle m’a fait subir pour son propre amusement. Finalement, je réponds à sa question.
« Voilà ce que je faisais à Omyre. J'attendais la mort. »
Elle me lâche un « Sympa » qui, sans être moqueur, témoigne d’une forme de compréhension douce face à la brièveté douloureuse de mon existence.
Elle enchaîne néanmoins sur un autre point commun avec Cromax. Il semble faire partie des Chevaliers de la Flamme Noire, un groupe uni dans la rancœur contre le matriarcat de ma cité natale.
(Contre le matriarcat ? Ma propre mère et sœur ? J’aurais aimé qu’ils en fassent plus, ou plus tôt. Qu’importe, le passé ne changera pas.)
Elle s’approche davantage de moi, me présentant ses deux mains. L’une est nimbée d’un feu qui ne brûle pas lorsque je tends les mains, bien que je craigne de toucher les flammes qui constituent son être. L’autre est enveloppée d’une aura noire, froide et profonde, qui semble vouloir avaler toute la lumière à sa portée.
« Je comprends ta fascination presque malsaine envers l'Ombre et le Feu. »
(Une fascination pour ces deux éléments ? Non, je vois bien au-delà.)
« Vous vous méprenez. Je n'ai pas de fascination pour un élément en particulier, mais pour la magie en elle-même, ses usages, ses détournements subtils et ingénieux, ses bienfaits pour le monde. Chaque étincelle de magie est une jeune pousse qui mérite d'être entretenue pour éclore. Et moi, je veux faire de ce monde un immense jardin. »
« J'entends. Mais le feu et l'ombre n'ont-ils pas une saveur toute particulière pour qui fut blessé par eux ? Tu as une vision naïve et bien trop romantique de la magie. C'est ennuyeux », clame-t-elle.
Un frisson me parcourt l’échine, tandis que la crainte de l’avoir déçue me frappe en plein cœur.
Sans attendre, elle fonce sur moi, ses griffes de feu pointées dans ma direction, animée d’une fureur sauvage palpable. Pris de court, je n’ai que le temps de bondir en arrière. Elle me traverse alors sans heurt, ne provoquant ni blessure physique ni dommage mental.
Derrière moi, je tâche de comprendre ses raisons, mais rien : plus une trace d’elle. Disparue, je me retrouve seul avec l'écho de ce moment en sa compagnie.
« Alors ? Sacré caractère, hein ? » fait une voix non loin de moi, qui me surprend.
Adoptant instinctivement une posture défensive, je fais face à Cromax, qui sort du bureau de Rosenfeild.
« Elle est… » dis-je en reportant mon regard dans le vide, là où elle aurait dû se trouver. « … fascinante. » Je reporte ensuite mon attention sur Cromax. « Elle a dit que vous aviez une essence divine. Est-ce vrai ? »
Selon lui, il serait préférable que j’évite de lui attribuer ce genre d’adjectif, histoire que son ego ne prenne pas trop d’ampleur. En revanche, il me confirme cette histoire de divinité, bien que les cultes, rituels et autres pratiques généralement associées à celle-ci ne soient pas ce qu’il apprécie le plus.
« Il me sera difficile de suivre votre conseil, mais je vais tâcher de le garder en mémoire », dis-je avec un amusement dans la voix. Au vu de la fascination qu’elle exerce sur moi, c’est peu probable. « Elle vous le dira certainement, mais je crois être capable de percevoir la magie d'une certaine façon. C'est particulièrement récent et, au vu des désagréments que cela m’occasionne, l'idée d'oublier cette capacité m'a tenté plus d'une fois. Jusqu'à ce que mes yeux se portent sur elle. »
Puis je secoue la tête avant de répliquer :
« Pardonnez-moi, je crois savoir que la magie n'est pas non plus votre tasse de thé. Quel est donc votre domaine de prédilection ? » Avant qu'il ne réponde, je tends une main vers lui. « Ah ! J'en perds mes convenances. Je me nomme Nhaundar, capitaine Cromax. »
Apparemment, ma capacité à percevoir la magie l’intéresse. Il possèderait des pouvoirs dont il ignore l’origine. Finalement, lui aussi sera une source de curiosité. Il rit à ma remarque sur la magie, bien qu’il apprécie certains avantages qu’elle offre. Il me serre la main, précisant que le titre de capitaine est superflu.
(La mâchoire souple, les oreilles qui frétillent en riant et les pupilles qui ne cillent pas. Il est tout ce qu’il y a de plus sincère.)
Un capitaine de milice qui me tend une main franche, si peu de temps après notre rencontre, voilà qui n’est pas banal.
« Il est rare de voir une telle cordialité envers un elfe noir. Les gens nous prennent pour le mal incarné, même si ce n'est pas moi qui vais les contredire. Vous avez dit avoir des pouvoirs ? De quoi parle-t-on au juste ? »
J’apprends qu’un de ses amis les plus fidèles est lui aussi un shaakt et que cela lui a permis de se fier aux actes, bien plus révélateurs qu’une simple teinte de peau. Malheureusement, j’essuie un premier revers. S’il ignore l’origine de ses pouvoirs, il apprécie grandement le secret qui les entoure.
« Merci. Merci de voir en moi autre chose qu'une peau noire, sans avoir à passer des mois à prouver ma valeur », fais-je avec sincérité. « Je ne vais pas insister sur vos pouvoirs en guise de remerciement, mais je me tiens prêt à répondre à votre curiosité, à votre demande, si tant est que j'en sois à la hauteur. »
(Mais c’est dommage.)
Je m'incline légèrement pour accompagner ces propos, avant de revenir sur un autre sujet.
« Ma nature shaakt m'a d'ailleurs poussé à me présenter à la milice. Enquêter sur cet épisode autour des runes va me mettre dans des situations compliquées, au point où je pourrais même être désigné responsable sur la seule base de mon apparence. Je n'ai entrepris aucune démarche, mais pensez-vous qu'il vous soit possible de faire quelque chose à ce sujet ? »
En réalité, je n’ai pas tant de soucis à me faire. Le simple nom de Cromax semble suffire à m’inspirer une certaine assurance, du moins tant que je ne suis pas personnellement reconnu coupable d’un crime. Puis, reportant son attention sur notre trio, il cherche à connaître les informations obtenues.
(Des infos ? Il y a bien ces fausses runes qui risquent d’être une épine dans le pied des miliciens.)
« À dire vrai, pas grand-chose pour cerner le problème. Il y a bien de fausses runes qui semblent circuler en ville. Ceux qui en possèdent, légalement ou non, devraient s'assurer de leur authenticité. Comme Merak l'affirmait, une fausse rune pourrait engendrer une catastrophe au sein d'une phrase inscrite. »
(D’ailleurs, ces hommes étaient plutôt bien équipés en matière de runes.)
« Merak a affronté des hommes. J'ai pu voir que ceux-ci possédaient plusieurs équipements gravés de phrases particulièrement longues et donc très coûteuses. Au vu de la qualité de ces équipements, ils n'avaient pas les moyens de s'offrir un tel travail. Ma conclusion : quelqu'un, ou plusieurs personnes, font des incrustations à bas prix. Entre une baisse des prix du marché et un prix correspondant à la qualité, mon choix se porte sur le second. »
(Sinon, il reste aussi l’érudit et son histoire de destin. Est-ce que ses propos avaient une réelle tangibilité ?)
« Nous avons également rencontré un érudit. Quelqu'un qui étudie les runes depuis des années. Selon lui, les runes sont attirées par les êtres aux destins spécifiques. J'en possède moi-même, donc j'ai mis de côté cette hypothèse, mais Merak paraît adhérer à la même idée. Si, et je dis bien si, l'idée de destin fait partie intégrante du problème, une ou plusieurs personnes auraient trouvé le moyen d’influencer le destin à l'échelle d'une cité entière ! Pour être en mesure d'agir sur une telle zone, j'ai tendance à croire qu’il existe une installation destinée à amplifier cette capacité pour produire un effet d’une telle ampleur. Reste la question la plus essentielle : dans quel but ? »
Malheureusement, je n’obtiens pas davantage de réponses de la part de l’elfe, si ce n’est qu’il semble vouloir tout faire pour protéger sa ville. Merak évoquait la corruption au sein de la milice. Il semble être celui qui pourrait contribuer à redorer son image.
Acquiesçant à ces propos, j’enchaîne sur un autre sujet qui me travaille.
« Lysis a évoqué une sorte d'ordre dont vous faites partie : les Chevaliers de la Flamme Noire. Qui sont-ils ? »
Jugeant sa camarade particulièrement bavarde, il explique simplement qu’il s’agit de shaakts de Caix Imoros, avant de me demander d’où je viens.
(D’où je viens ? Ce n’est pas vraiment une question à laquelle je peux répondre facilement.)
« J'ai déjà évoqué mon passé à Lysis, alors je vais vous le résumer dans les grandes lignes. Je suis de Caix Imoros, mais j'ai été vendu par ma mère, car les sévices de ma sœur étaient un frein à son ascension. C'est à Omyre que j'ai servi ma nouvelle maîtresse, mais dès qu'elle a découvert que j'étais incapable d'user de magie à cause d'un traumatisme engendré par ma sœur, mes jours étaient… très longs », dis-je en dévoilant les stigmates des tortures que j’ai subies sur mon torse. « Elle s'est finalement lassée de ma présence et, alors que je devais servir de chair à canon face aux soldats d'Oranan, ceux-ci ont pris les troupes d'Omyre au dépourvu. Incapable de me battre, j'ai fait la seule chose qui me semblait possible : fuir pour ma vie. Il ne m'a pas fallu longtemps avant de devenir le prisonnier d'une éclaireuse d'Oranan. Ironiquement, je n'ai jamais été aussi bien traité que ce jour-là ! » Une véritable peine s’affiche pourtant sur mon visage, avant que je ne me reprenne et poursuive. « Je suis né à Caix Imoros, mais j'ai l'impression de ne venir de nulle part, sans aucune attache, si ce n'est celle que me procure la curiosité que la magie suscite en moi au fil de mes voyages. »
Il lève un sourcil, avec un sourire amusé, en apprenant que, contrairement à sa fascinante camarade, il n’aura que la version courte de l’histoire. Il s’étonne cependant que je ne les connaisse pas. Cela fait longtemps qu’il n’y est retourné, et il avoue que les choses se sont mal passées la dernière fois. Il n’est pas difficile de voir que des âmes ont été perdues ce jour-là.
« Du peu que je sais, ils s’opposent à la domination du matriarcat. Quoi de plus normal que de faire taire ce genre de propos ? Je n'ai peut-être pas eu la chance d'en entendre parler. »
Il pose une main sur mon épaule avant d’évoquer son passé : celui d’un Sindel élevé par un taurion, qui n’a jamais vu le Naora. Il termine en expliquant que l’unique lien qui le rattache à son passé est le corps de sa sœur jumelle, habité par l’esprit de feu-Sisstar.
À ce nom, un frisson glacé me parcourt le dos. D’instinct, j’ai un mouvement de recul pour me dégager de sa main.
« Sisstar ? Lysis a évoqué votre servitude à la Dame Noire afin de ne pas être asservis. Était-ce pour votre sœur que vous avez rejoint ce camp ? »
(Sa sœur est ou a été captive ? Est-ce une faiblesse à laquelle il serait prêt à tout ? Dois-je finalement me méfier de lui ?)
Cependant, il évoque Sisstar comme l’une de ses pires ennemies. C’est elle qui a détruit l’esprit de sa sœur et, en retour, il lui a dérobé le sien, l’enfermant dans une rapière qu’il me présente. Un cadeau de Phaïtos lui-même. Une lame capable d’enfermer les âmes de ceux qu’il a vaincus.
Il rengaine l’arme avant de reprendre avec plus de sérieux. D’un ton sec et ferme, il affirme qu’il vaut mieux ne pas l’associer à la notion de servitude. Il a été son allié de circonstance, lié par des services rendus l’un à l’autre, mais jamais il ne l’a servie.
J’ai du mal à associer les services mutuels à la Dame Noire, ou même à imaginer un service qu’elle pourrait rendre. En revanche, la vision de la lame et la fermeté de ses propos sonnent presque comme un avertissement. D’après ce que j’ai pu voir de sa manière de réagir, il paraît particulièrement soucieux de sa capacité à agir de lui-même, de jouir d’une liberté totale. Mieux vaut ne pas le froisser sur ce sujet.
« Message reçu », fais-je sobrement en hochant la tête. « Je commence un peu à comprendre pourquoi j’ai entendu parler de vous à Omyre et pourquoi, lors de la bataille de Kochii, vous étiez parmi ceux qui ont lutté jusqu’aux derniers instants face à elle et… merci. » J’ajoute ces derniers mots solennellement, alors que je me penche en avant pour former un angle droit presque parfait, exprimant un profond respect, comme j’ai pu le voir maintes fois à Oranan.
Il prend le ton de celui qui frime en exagérant, arguant que l’issue aurait été toute autre s’il avait été dans un autre camp. Il me touche l’épaule afin que je me redresse, affirmant qu’il n’a jamais apprécié le balai dans le fondement des Oranais.
Mais pour moi, ce qu’ils ont fait, lui et les autres survivants, en luttant contre les forces d’Oaxaca, est à la fois un soulagement et une peine qui me concerne personnellement.
« Non, vous ne comprenez pas », dis-je en me relevant, les yeux pétillants de larmes naissantes.
« L’éclaireuse qui m’a fait captif m’a montré plus d’égards que quiconque. Cependant, une créature nous a attaqués. Mon geôlier s’est retrouvé en fâcheuse posture et je ne sais plus comment cela s’est passé, mais je suis parvenu à la tirer de ce mauvais pas. Pourtant, elle n’en est pas ressortie indemne. Il m’a fallu la porter en direction du sud, jusqu’à ce qu’une patrouille oranaise nous intercepte et la sauve. Par cet acte, les hauts dignitaires de la cité ne m’ont accordé rien de plus que ma liberté, à la seule condition que je la protège en retour. Néanmoins… » Ma gorge se noue à mesure que je poursuis mon récit, la tête basse. « … lorsque la cité a eu besoin de moi, je n’ai pas répondu présent. Pire encore, alors qu’un massacre avait eu lieu, j’étais entouré de joie et d’insouciance. »
Avec gravité, il explique qu’en parler avec autant de légèreté l’aide à supporter ce qui est arrivé ce jour-là. Sans le dire, je pèse le poids de ses mots, comprenant, sans être capable de mesurer l’horreur qu’ils ont affrontée. Puis il cherche à me réconforter en m’expliquant que nul ne pouvait anticiper ce qui allait arriver. Même si ses mots sonnent justes, la culpabilité est plus forte que moi.
(Si j’avais été présent, est-ce que Sylve… Non ! Je dois aller de l’avant.)
« Que pensez-vous de l’implication d’une des hautes familles de la cité dans cette affaire de runes ? » dis-je pour changer de sujet et chasser mes mauvaises pensées.
Selon lui, rien d’important ne se passe à Tulorim sans que les hautes familles soient au courant. La présence de ces runes est le terreau propice à une nouvelle guerre interne. Cela n’augure rien de bon.
« Et pour ce qui est des gangs, vous… tu en sais un peu ? » dis-je avant de me raviser à la suite de sa demande de le tutoyer. « On a pu voir que des enfants étaient impliqués dans la collecte et la revente de pierres. Je m’apprêtais même à user de magie contre vous, toi et Lysis, en te voyant tenir en respect un pseudo-milicien. Après tout ce recul, j’ai échappé de peu à un destin funeste », fais-je avec un petit rire étouffé qui balaie mes dernières pensées tristes.
À Tulorim, la frontière entre un bandit et un marchand est mince. Je comprends ainsi qu’à mon image, les apparences sont particulièrement trompeuses. Malheureusement, ses contacts n’ont mené à aucune piste sérieuse, si ce n’est ce navire.
(Serait-ce le destin mentionné par Merak ?)
« Et maintenant, que fait-on ? Attendre simplement la petite fête de notre hôte ? » dis-je avec réticence.
L’idée de participer à cette petite fête, tout comme celle de l’attendre, ne me sied guère, et visiblement, il en va de même pour Cromax. Sa prochaine étape sera le Conseil des marchands avec Elladhen et Merak.
(Je n’ai pas de piste précise à suivre. Et si… je participais moi aussi à cette rencontre ?)
« Quand penses-tu pouvoir organiser cette rencontre ? À défaut de pistes, je vais suivre mon petit groupe. On verra où cela nous mènera. »
Dans l’immédiat, j’espère qu’ils accepteront de nous recevoir aussi rapidement.
(S’il mène les échanges, je serai plus libre d’analyser leur comportement afin de déterminer s’ils nous disent toute la vérité, mais… accepteront-ils un shaakt ?)
« Je suis capable de percevoir les mouvements presque imperceptibles des individus. Cela pourrait me permettre de savoir si quelqu’un ment ou cache quelque chose. Cependant, la présence d’un shaakt pourrait être une gêne », dis-je plus bas, presque déçu.
Cromax prétend que seule la couleur de l’argent compte ici et que mon soutien sera le bienvenu.
(La couleur de l’argent, hein ? Ce n’est pas ce que j’ai pu voir au premier abord dans le port. Je pense avoir échappé de peu à une mutilation en règle.)
« Entendu », dis-je, en gardant pour moi mes pensées et mon désaccord.
Je reste avec le Sindel, avant de retrouver les autres dans l’espoir de rencontrer le Conseil.
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Morrigane
- Messages : 79
- Enregistré le : sam. 19 déc. 2020 07:06
Re: Le Port de Tulorim
Morriganes'arrêta près d'un marin affairé à ses cordages et composa sa voix la plus hésitante.
« Excusez-moi... je ne voudrais pas déranger, mais tout ceci est si impressionnant. C'est la première fois que je mets les pieds sur un navire. Vous y travaillez depuis longtemps ? »
L'homme se figea, la fixant un instant comme si une seconde tête venait de lui pousser entre les épaules. Puis quelque chose qui se voulait un sourire charmeur étira ses lèvres, révélant une dentition d'une propreté inattendue malgré l'absence notable d'une molaire.
« Vous en dérangez pas, m'dame. Je suis encore dans la fleur de l'âge et ici depuis dix ans, vous savez ? Je connais ce navire comme ma poche... Je peux vous faire faire un tour, mam'zelle... Il y a beaucoup à dire. »
(Dix ans d'ancienneté. Exactement le genre d'homme qui sait où se range ce qu'on préfère ne pas voir. L'invitation tombe plus vite que prévu.)
Elle porta la main à sa poitrine, comme si la proposition la prenait totalement au dépourvu.
« Un tour ? Ce serait merveilleux... »
Un sourire timide vint se poser sur ses lèvres, dosé avec soin. Assez pour flatter, pas assez pour inquiéter.
« Je dois avouer que je suis bien curieuse de voir comment on range tout ça sans jamais rien perdre. Vous devez avoir une sacrée mémoire. Vous me montrez ? »
« Mais bien sûr, avec plaisir. Par ici... »
Il tendit le bras pour l'inviter à le précéder.
Le fruit s'écrasa contre sa tempe avant qu'il n'ait pu faire un pas, éclaboussant sa joue burinée de chair orangée et de pépins. L'homme porta la main à son crâne, plus interloqué que blessé, et se retourna vers son agresseur ; un autre marin, déjà en pleine tirade où il était question de ce que Kaelen ferait aux dents qu'il lui restait s'il osait faire visiter le navire à « mademoiselle ».
« Je l'attends, moi ! »
(Ce Kaelen était assez redouté pour dissuader un homme de proposer une simple promenade sur son propre navire. Information à retenir.)
Le ton grimpa rapidement entre les deux hommes, qui semblaient prêts à régler leur différend à coups de poing plutôt que de mots. Quelques têtes se tournèrent sur le pont, un attroupement se formait déjà autour d'eux.
Morrigane se composa une mine faussement désolée et entama un recul mesuré.
« S'il vous plaît, je ne veux pas causer de problème. »
Les deux marins l'ignorèrent totalement, à présent si proches du pugilat que leurs poitrines se touchaient presque. Puis un homme survint, celui là même qu’elle avait déjà aperçu sur le port et dans la cabine de Rosenfiel . Il ne dit pas un mot mais tout changea instantanément. À sa seule vue, les deux belligérants se raidirent et regagnèrent leur poste sans un murmure de protestation.
Il se tourna ensuite vers elle, un sourire d'une amabilité trop lisse pour être sincère flottant sur ses lèvres.
« Veuillez ne pas déranger les marins pendant leur travail, mademoiselle. Si vous souhaitez de la compagnie, je vous suggère d'attendre le soir. »
(Kaelen, donc. Celui que l'équipage redoute suffisamment pour renoncer à une bagarre en plein élan. Et dont la politesse, déjà, sonne comme un avertissement poli plutôt qu'une simple consigne.)
Morrigane inclina légèrement la tête, acceptant la remontrance avec la docilité de qui ne cherche surtout pas à s'attirer davantage d'ennuis.
« Oh... je suis vraiment désolée, je ne voulais vraiment pas causer de tort à qui que ce soit. Je me retire, bien sûr. »
Elle recula d'un pas, les mains jointes devant elle, son regard évitant celui de Kaelen avec juste ce qu'il fallait de gêne pour paraître sincère. Elle s'éloigna ensuite vers un coin plus tranquille du pont, sans un regard en arrière vers le marin aux cheveux grisonnants ni vers celui qui l'avait bombardé de fruit trop mûr.
(La visite attendra. Ce soir, ou un autre peut-être, une fois Kaelen occupé ailleurs et l'équipage moins sur ses gardes. Les hommes parlent davantage quand la hiérarchie a le dos tourné.Et puis il reste cette soirée promise par Rosenfiel. L’endroit rêvé pour que les langues se délient sans qu'on ait besoin de les forcer. Si ce navire garde ses secrets le jour, il les lâchera peut-être plus facilement sous l'effet du vin et des violons.Patience, donc. Plusieurs fenêtres s'offrent cette semaine. Je n'ai pas besoin de tout obtenir aujourd'hui.)
« Excusez-moi... je ne voudrais pas déranger, mais tout ceci est si impressionnant. C'est la première fois que je mets les pieds sur un navire. Vous y travaillez depuis longtemps ? »
L'homme se figea, la fixant un instant comme si une seconde tête venait de lui pousser entre les épaules. Puis quelque chose qui se voulait un sourire charmeur étira ses lèvres, révélant une dentition d'une propreté inattendue malgré l'absence notable d'une molaire.
« Vous en dérangez pas, m'dame. Je suis encore dans la fleur de l'âge et ici depuis dix ans, vous savez ? Je connais ce navire comme ma poche... Je peux vous faire faire un tour, mam'zelle... Il y a beaucoup à dire. »
(Dix ans d'ancienneté. Exactement le genre d'homme qui sait où se range ce qu'on préfère ne pas voir. L'invitation tombe plus vite que prévu.)
Elle porta la main à sa poitrine, comme si la proposition la prenait totalement au dépourvu.
« Un tour ? Ce serait merveilleux... »
Un sourire timide vint se poser sur ses lèvres, dosé avec soin. Assez pour flatter, pas assez pour inquiéter.
« Je dois avouer que je suis bien curieuse de voir comment on range tout ça sans jamais rien perdre. Vous devez avoir une sacrée mémoire. Vous me montrez ? »
« Mais bien sûr, avec plaisir. Par ici... »
Il tendit le bras pour l'inviter à le précéder.
Le fruit s'écrasa contre sa tempe avant qu'il n'ait pu faire un pas, éclaboussant sa joue burinée de chair orangée et de pépins. L'homme porta la main à son crâne, plus interloqué que blessé, et se retourna vers son agresseur ; un autre marin, déjà en pleine tirade où il était question de ce que Kaelen ferait aux dents qu'il lui restait s'il osait faire visiter le navire à « mademoiselle ».
« Je l'attends, moi ! »
(Ce Kaelen était assez redouté pour dissuader un homme de proposer une simple promenade sur son propre navire. Information à retenir.)
Le ton grimpa rapidement entre les deux hommes, qui semblaient prêts à régler leur différend à coups de poing plutôt que de mots. Quelques têtes se tournèrent sur le pont, un attroupement se formait déjà autour d'eux.
Morrigane se composa une mine faussement désolée et entama un recul mesuré.
« S'il vous plaît, je ne veux pas causer de problème. »
Les deux marins l'ignorèrent totalement, à présent si proches du pugilat que leurs poitrines se touchaient presque. Puis un homme survint, celui là même qu’elle avait déjà aperçu sur le port et dans la cabine de Rosenfiel . Il ne dit pas un mot mais tout changea instantanément. À sa seule vue, les deux belligérants se raidirent et regagnèrent leur poste sans un murmure de protestation.
Il se tourna ensuite vers elle, un sourire d'une amabilité trop lisse pour être sincère flottant sur ses lèvres.
« Veuillez ne pas déranger les marins pendant leur travail, mademoiselle. Si vous souhaitez de la compagnie, je vous suggère d'attendre le soir. »
(Kaelen, donc. Celui que l'équipage redoute suffisamment pour renoncer à une bagarre en plein élan. Et dont la politesse, déjà, sonne comme un avertissement poli plutôt qu'une simple consigne.)
Morrigane inclina légèrement la tête, acceptant la remontrance avec la docilité de qui ne cherche surtout pas à s'attirer davantage d'ennuis.
« Oh... je suis vraiment désolée, je ne voulais vraiment pas causer de tort à qui que ce soit. Je me retire, bien sûr. »
Elle recula d'un pas, les mains jointes devant elle, son regard évitant celui de Kaelen avec juste ce qu'il fallait de gêne pour paraître sincère. Elle s'éloigna ensuite vers un coin plus tranquille du pont, sans un regard en arrière vers le marin aux cheveux grisonnants ni vers celui qui l'avait bombardé de fruit trop mûr.
(La visite attendra. Ce soir, ou un autre peut-être, une fois Kaelen occupé ailleurs et l'équipage moins sur ses gardes. Les hommes parlent davantage quand la hiérarchie a le dos tourné.Et puis il reste cette soirée promise par Rosenfiel. L’endroit rêvé pour que les langues se délient sans qu'on ait besoin de les forcer. Si ce navire garde ses secrets le jour, il les lâchera peut-être plus facilement sous l'effet du vin et des violons.Patience, donc. Plusieurs fenêtres s'offrent cette semaine. Je n'ai pas besoin de tout obtenir aujourd'hui.)

