La Fracture du destin
Appât du gain à pas feutrés
Cromax
VI
Soucieux de gagner du temps et d'éviter d'en perdre en cherchant vainement un bateau avec pour seule indication son nom et sa provenance, Cromax se renseigne doc auprès des gentilhommes locaux. Lesquels le fixe avec des regards allant de l'incompréhension la plus totale au scepticisme le plus profond. Si Le Garzok se sent flatté du compliment sur son chapeau - fort beau au demeurant malgré sa couleur à revoir - il apprécie en revanche beaucoup moins la tapote amicale sur son épaule. Et l'humain n'est pas plus enjoué de se voir traité comme une enfant, à se faire tapoter le haut du crâne. Il es déja dégarni, autant éviter de retirer ce qui peut encore être conservé. Mais c'est le garzok qui prend la parole, avec un accent à couper au couteau.
Oï s'pèce d'ec'visse d'rempart, t'crois où ? T'malad d'causer com'ça ? N'dirait un d'ces nobles. N'touche pas al cap'taine Fend l'mer, rat d'cale ! T'raffiot t'cherche l'mouille plus haut. L'gars du port n'aiment p'trop c'genre d'trafic. M'dis qu'c'est une 'stoire d'gros sous. R'garde d'rrière l'dernier quai. 'Vec un nom com'ça, doit s'passer d'trucs pas net en d'dans.
L'humain qui faisait la conversation au Garzok propose alors à Cromax de lui traduire ce borborygme infâme en une phrase compréhensible, réveillant aussitôt la querelle qui s'était assoupie après l'intervention de Cromax. Si ce dernier veut plus de détails, il peut toujours demander au duo qui semble étrangement amical malgré le fait qu'ils s'écharpent oralement, de copieuses insultes fusant des deux côtés (l'un plus compréhensible que l'autre ). Sinon, il a la direction probable du navire, à savoir les abords de l'extrême est des quais, loin de tous les autres navires.
Un gobelin dans la ville
Fenouil
IV
Mal à l'aise face à l'apparition du Scribe, Fenouil ne va pas se sentir mieux lorsque celui-ci s'approche d'une démarche si étrange qu'il semble presque flotter sur le sol plutôt que d'y marcher. Ses yeux fixent el gobelin sans cligner, créant un malaise grandissant chez le pauvre gobelin dont la demande est pourtant des plus banales. Sans un mot, el Scribe tend la main pour observer cette fameuse rune. Au centre de cette paume, est désigné le même œil qui était sur la porte d'entrée et, plus surprenant, une étrange cicatrice se trouve en son centre. Comme si la main avait été percé de part en part, puis soigné, ne laissant qu'une marque ressemblant vaguement à une étoile à de nombreuses branches. Une fois la rune déposée, le scribe referme les doigts autour et inspire, comme s'il appréciait particulièrement el moment. Puis il soupire.
Hmmmmmmmm. Très bon, oui... rareté nouvelle, loin de celles inscrites dans les registres... une forme, oui. Utile, bien sûr hmmmm....
Il ouvre finalement les doigts et glisse la rune dans une poche d'où il en sort quelque pièces qu'il tend au gobelin avec le même sourire qu'il a eu précédemment.
De quoi calmer votre faim. Quant à votre bien aimée, je peux certainement vous aider.
Il retourne derrière son comptoir avec cette même étrange démarche. Fenouil aura beau fixer, il ne verra jamais ses pieds ou le moindre mouvement sous la brure qui les dissimule.
Dites m'en plus...
Enquête à têtes
Nhaundar & Cie
V.1
Mené par la petite fille - Marcilla, donc - Nhaundar fait un rapide crochet dans une quincaillerie des plus bordélique. Apparemment tenu par l'un des oncles de la jeune fille, aux dires de cette dernières. Et s'il a le droit à un regard scrutateur de la part du commerçant - oncle Marol apparemment - il réussit à vendre ses biens et à se procurer une unique bougie d'une vingtaine de centimètres, en cire d'abeille locale.
Sur le trajet qui suit menant au porte, Marcilla essaie donc de comprendre de quelle crique l'elfe peut bien parler, parce que ce n'et pas ce qui manque dans le coin. Et qu'elle n'a d'ailleurs pas le droit d'y aller seule, à son plus grand désespoir.
Y'en a plein des criques ! Surtout quand tu vas vers Yarthiss ! Mais y'en a des jolies. Et d 'autres qui sont dangereuses. Papa dit que les gobes-soulards aiment bien aller à la crique du Croisillon. Et qu'il y'a des sirènes à la crique De la Pierre Blanche. Faut toujours y aller avec les oreilles bouchées, et il paraît qu'elles attirent les gens dans l'eau pour les manger. Ça doit pas être bon de manger des gens, faudrait leur dire d'arrêter, elles vont être malades.
Et tandis qu'elle papote gaiement en affirmant ne pas vouloir être mangée, elle mène Nhaundar au port et au milieu de celui-ci. C'est avec une aisance déconcertante qu'elle slalome entre les travailleurs, marins, pécheurs, ouvriers et autres artisans liés au port. Elle attend même plusieurs fois Nhaundar qui peine bien plus à se faufiler qu'elle, surtout que de nombreux regards fort peu amicaux se tournent vers lui. Il voit même quelques signes menaçants porté à son encontre. Peut-être qu'aller, dans un port en tant qu'elfe noir n'était pas la meilleure des options. Mais Marcilla semble ne même pas s'en rendre compte et le conduit tout droit vers un rassemblement d'une demi douzaine de petits bateaux de pêches où des hommes s'affairent pour la journée du lendemain, afin que tout soit près avant le lever du soleil. Elle désigne un bateau en particulier, où trois hommes s'y affairent. L'un clairement plus âgé que les deux autres, à peine adultes.
C'est eux...Je t'attend là, j'l'aime pas trop, il me fait peur. Tu fais vite, hein ? ça pue le poisson.