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Le Hall des Héros

Posté : jeu. 4 janv. 2018 20:23
par Yuimen
Le Hall des héros

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Le Hall des héros est un vaste ensemble de salles souterraines de tailles diverses où s'entraînent les légions naines. De nombreuses statues des plus grands héros Thorkins décorent ce sanctuaire qu'ils considèrent comme sacré, le culte des ancêtres étant bien ancré parmi ce peuple à la longue mémoire. Sous les inflexibles regards de pierre de leurs plus illustres prédécesseurs, chaque Thorkin donnera le meilleur de lui-même afin de se montrer digne des exploits martiaux d'antan. Toutes les grandes familles Thorkines ont au moins un ancêtre représenté en ces lieux et, l'histoire étant le sujet d'interminables contes mille fois répétés, même les plus jeunes nanillons sont capables de réciter fièrement les noms et titres de chaque effigie minérale. Entrer dans ce Hall représente bien plus qu'un simple entraînement aux armes, c'est une plongée dans l'histoire et la culture de ce petit peuple très attaché à ses traditions séculaires.

Vous trouverez trois maîtres en ces lieux:

Troïn "Marteau de Fer" (CC Mêlée):

Troïn est un très vieux nain massif et bougon, son interminable barbe blanche religieusement tressée et décorée de nombreux bijoux runiques fait l'admiration de tous ses concitoyens. Vétéran de batailles si nombreuses qu'une semaine ne suffirait pas à les énumérer, c'est un redoutable combattant opiniâtre et rusé. Gare au sombre et puissant marteau de guerre qu'il manie en maître, son surnom ne lui a pas été attribué sans raison et les armures les plus efficaces ne vous protégeront pas totalement de ses coups fracassants. Ne lui demandez pas de vous enseigner le maniement de la rapière ou de toute autre arme légère, vous n'obtiendrez de lui qu'un grognement méprisant et éventuellement une démonstration musclée de l'avantage des armes lourdes sur ces inutiles babioles.



Matt Karulf "Fendeur de Garzoks" (CC Mêlée):

Matt a deux passions: les haches et la bière, dans cet ordre précis. Des premières il possède une impressionnante collection, plus d'une centaine de pièces magnifiques décorent les murs de sa salle d'armes. De la deuxième il fait une consommation immodérée qui lui vaut la reconnaissance de tous les brasseurs de Mertar et environs, sa large panse témoigne de son amour de ce breuvage mais il n'en a cure et cela ne l'empêche nullement de se déplacer avec une vivacité surprenante. C'est un bon vivant toujours jovial qui vénère Kubï plus que tout autre dieu, nul doute qu'il ne tente de vous embrigader dans une dégustation circonstanciée des produits du houblon après l'entraînement, en guise d'hommage religieux bien sûr, prétendra-t'il.


Burgur Grunirsom (CC à distance):

Burgur est étrangement chétif pour un Thorkin, les mauvaises langues prétendent qu'il aurait du sang humain dans les veines mais c'est un sujet qu'il vaut mieux éviter en sa présence. C'est sans doute ce trait physique qui l'a incité très jeune à se tourner vers les armes de jet plutôt que vers les armes lourdes chères à ses compatriotes, bien lui en a pris car c'est un domaine dans lequel il excelle. Aussi roux qu'il est possible de l'être, Burgur attache une importance toute particulière à sa pilosité toujours parfaitement tressée et huilée, peut-être pense-t'il qu'elle compense sa corpulence peu impressionnante? Quoi qu'il en soit, c'est un excellent tireur dans la force de l'âge qui prendra plaisir à partager ses connaissances avec vous. Arbalètes et haches de jet sont ses armes favorites.


Fonctionnement :
  • Les CC peuvent être apprises ici automatiquement contre 500 yus OU servir de lieu d'apprentissage naturel.
  • La validation se fait lors de la demande de commentaire (via le SOS-GM).

Re: Le Hall des Héros

Posté : dim. 7 avr. 2019 13:09
par Vohl Del'Yant
« Que voulait-il dire par ‘vous devriez pouvoir vous en sortir’ ? »
« Je n’en ai pas la moindre idée. Rien de bon, je pense... »

(Je l'aurais deviné, ça...)

Ils marchent vite, traversant les ruelles qui commencent à présenter quelques signes d’activité.

« Et comment peut-il y avoir de la lumière dans les entrailles d’une montagne ? »
« Aucune idée. Apparemment, ce serait lié aux parois. Peut-être y a-t-il des fentes par endroit ? »

Vohl ne répond pas. Peut-être y a-t-il des fentes, en effet. Ils le découvriront bien assez tôt. Il préfère économiser sa salive. Il sent son cœur tambouriner contre sa poitrine, métronome irrégulier du temps qui file. Le nain devant lui presse le pas alors qu’ils entrent dans la Hall des Héros, vaste réseau garni de sculptures à la gloire des égéries naniques. Le décor devra attendre, car le guide traverse rapidement les lieux. Les battements de son cœur font oublier à Vohl de prêter attention aux bruits des épées qui s’entrechoquent. Sa respiration haletante l’empêche de saisir l’humidité de l’air. Ils arrivent bientôt en vue d’une place ronde au centre de laquelle se trouve un puit. Une corde est accrochée à un piton, au bord du trou.

« Nous y voilà. Il nous faudra descendre, puis remonter. A part ça, je n’ai pas plus d’informations que toi. »
« La corde restera-t-elle toujours en place ? »
« Nous, thorkins, ne savons pas exactement ce qui se trouve en dessous : pour éviter que quoi que ce soit ne puisse remonter, j’enroulerai de nouveau la corde après ta descente. »
« Attends un peu. Tu ne descends pas avec moi ? »
« Bien sûr que non ! Même parmi les héros, certains ne sont jamais remontés : d’ailleurs, si j’y vais, personne ne pourra vérifier que la corde est là à ton - enfin à notre - retour. »

Vohl manque de s’étrangler tant l’excuse est mauvaise. Alors comme ça, voilà la légendaire témérité des nains ? Eh bien, qu’à cela ne tienne : il veut garder sa vie. S’il faut pour cela aussi, le faire seul, qu’il en soit ainsi !

« Alors veille à ce qu’elle soit bien en place lorsque je voudrai remonter. »
« Je la redescendrai toutes les dix minutes : tu n’auras qu’à l’attraper à ce moment-là. »

Décidément...la petite taille ne garantit ni le courage, ni le cœur. Après avoir allumé sa torche et l’avoir solidement fixé à sa manche à l’aide d’un petit morceau de corde, il se laisse glisser dans le vide.

Re: Le Hall des Héros

Posté : mar. 27 janv. 2026 13:03
par Arlün
<~
9.

Arlün avait d'abord suivi le symbole du Hall des Héros que jouxtait la caserne, tout en guettant le moment où le symbole de la caserne elle-même apparaîtrait.

Au début, Arlün devait s'arrêter à chaque intersection pour examiner les parois, mais au fur et à mesure qu'il approchait de sa destination, les signes recherchés devenaient plus gros, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus besoin de s'approcher des murs pour les repérer parmi les autres.

Progressant ainsi, il avait à peine fait attention au chemin parcouru et aurait été bien incapable de retrouver son chemin sans se fier de nouveau aux indications à l'entrée des galeries.

Il n'était cependant pas au bout de ses tribulations. L'entrée de la caserne se trouvait au fond d'une très large galerie circulaire, sans issue. Derrière devait se trouver tout un quartier réservé aux militaires et communiquant avec le Hall des Héros, mais plusieurs gardes et une porte fermée barraient le passage.

Arlün s'approcha innocemment des gardes. Ils l'observèrent en silence.

– Bonjour ! Je viens rendre visite aux fujoniens.

– ...Vous avez rendez-vous, un permis ?

– Hmm... Non, je s...

– Si vous n'avez pas rendez-vous, vous ne pouvez pas entrer comme ça.

– Vous pouvez leur dire que je suis là alors ?

– Non.

– Mais...

– Quand y aura la relève, si je les vois, je demanderai. Mais je ne suis pas messager.

– Je... D'accord. Merci. Je peux attendre ici ?

– Vous pouvez. Mais si une escouade passe, vous devez rester bien hors de leur chemin.

Arlün hocha la tête et partit s'installer à l'écart. Il commença à sortir son archiluth, mais il n'avait pas émis une note que le même nain accourait vers lui.

– Vous avez un permis pour jouer ici ? Je ne pense pas ! Vous ne pouvez pas pratiquer votre instrument en public.

– Hein ? Mais pourquoi ?

– Le vagabondage est strictement interdit dans la cité.

Le vaquoi ? Arlün obtempéra sans comprendre et joua dans sa tête plusieurs longues minutes. Quand il vit une petite porte s'ouvrir et le garde à qui il avait parlé plus tôt se faire remplacer, il se leva en vitesse pour lui redemander de prévenir ses congénères. Le nain grogna ce qu'Arlün espéra être son assentiment et disparut.

Quelques minutes plus tard, un fujonien passait sa tête par la petite porte, et après avoir repéré Arlün, il se dépêcha de venir le voir. Arlün se leva pour venir à sa rencontre.

– Arlün ! Bonjour ! Je m'appelle Sarb. Désolé. Verna et Toshki nous ont prévenus de ton arrivée et on comptait te faire envoyer un message, mais tu es venu nous voir avant ! C'est parfait hein, mais je ne peux pas rester longtemps. On est en pleines manœuvres combinées avec les thorkins. Dans quatre heures, je te retrouve ici, ça te va ? Ou si tu veux, tu peux t'entraîner avec nous dans deux heures ? Verna nous a dits que tu te débrouillais avec une lance.

– Euh... oui. Oui pour l'entraînement dans deux heures. Avec plaisir, merci.

– Parfait ! Bon, je ne traîne pas. À dans deux heures !

Sarb disparut en courant. Arlün devait toujours attendre mais il savait maintenant combien de temps. Alors plutôt que de rester planter là, il décida de retourner un peu en arrière et de chercher un coin où il pourrait jouer de son instrument. Le vagabidule était interdit dans toute la cité mais il ne comprenait pas vraiment quel mal il y avait à en jouer tant qu'il ne gênait personne. Il verrait bien si on le reprenait de nouveau.

En venant, il avait remarqué un petit carrefour circulaire sans habitations, sans fontaine, juste une intersection fonctionnelle à trois embranchements. Les thorkins passaient de l'un à l'autre mais le débit n'était pas excessif et s'il se mettait contre le mur, il ne serait pas sur le chemin entre les ouvertures. À nouveau, il déballa son archiluth. Comme il l'avait accordé le matin pour reproduire les chansons de la taverne, il passa un petit moment à s'accorder de nouveau en faisant glisser les frettes mobiles et discrètement tinter les cordes. Il n'était pas encore prêt à jouer des chansons thorkines devant un public thorkin. Il avait saisi pas mal de détails musicaux, mais il ne connaissait pas vraiment de paroles complètes, et il n'était pas sûr que les nains apprécient un pastiche.

Alors, il rejoua la chanson d'exil qu'il avait déjà interprétée pour la caravane de Tarim. La plupart des badauds passaient sans s'arrêter mais cette chanson en particulier semblait faire vibrer une fibre thorkine. Arlün avait l'impression qu'ils tendaient l'oreille, et que s'ils étaient prêts à chasser l'intrus musicien, ils se retenaient finalement, imitant ainsi le geste d'accueil de leurs ancêtres. Une patrouille passa même sans l'interpeler.

Puis il s'accorda sur une gamme pentatonique et changea de répertoire. Cette fois-ci, il interprétait avec une voix grave une des chansons de Munr, son mentor bratien. Une ballade lente, mélancolique mais dansante qui racontait les déboires d'un musicien ayant perdu sa guitare, la sorte de luth dont jouait Munr, dans un port. Le musicien parcourait la ville en rencontrant des individus hauts en couleur et finissait par retrouver l'instrument.

Arlün chantait en suivant une mélodie bien marquée, mais les intonations ressemblaient pourtant à du langage parlé et les termes étaient familiers, les tours de phrase assez prosaïques. Il y avait quelques couplets, un refrain. Si Arlün s'était cantonné aux parties chantées, la chanson se serait vite terminée mais il incorporait de longs solos entre chaque couplet, ce qui étirait d'autant plus la chanson. Les solos eux-mêmes étaient variés et passaient par plusieurs phases, de simples variations sur l'accompagnement rythmique, des notes qu'ils faisaient pleurer en tirant les cordes, un rythme ternaire boiteux et inéluctable. Et puis des accélérations un peu plus virtuoses, agiles, auxquelles il essayait d'intégrer la musique virevoltante de la taverne. Les deux styles fusionnaient parfois parfaitement, un bref instant, mais le plus souvent, ils cohabitaient sans parvenir à se mélanger. Le tout n'en était pas moins harmonieux, et intéressant. Il y avait des ratés, mais Arlün avait appris à les rattraper, à les faire oublier, ou même y trouver l'inspiration et transformer les dissonances, les fausses notes, en notes "vraies". Bref, il jouait librement, alternant entre lignes mémorisées, improvisations maîtrisées, et tentatives expérimentales dont il découvrait les résultats sur le moment.

Quelques passants s'arrêtaient comme face à une nouveauté, même si parmi ceux-ci, nombreux faisaient une moue dubitative avant de repartir. Lui-même leur fit moins attention, mais lors d'un de ses solos particulièrement chaotiques, un nain s'approcha, énervé, et se mit à le tancer sévèrement.

– Ça ne va pas de jouer ça en public ? C'est indécent ! Arrêtez-vous !

Puis jetant un œil derrière lui et à voix plus basse :

– Tu vas finir en prison mais en plus tu nous mets tous en danger, on ne t'a rien expliqué ? Tu veux qu'ils nous rendent visite à cause de tes glissements ?

– Glissements ?

Le thorkin parut surpris par son incompréhension.

– Tu... Où avez-vous appris ce morceau, ça vient d'où ?

– C'est un morceau de mon mentor, un bratien d'Imfitil, mais je crois que c'est un style très propre à lui.

– Hmm. Merde. Je me suis trompé, oubliez. Mais vous ne devriez pas jouer comme ça ici. Ni ailleurs !

– Jouer comme quoi ? Pourquoi ?

Mais le nain était reparti et il ne se retourna pas pour lui répondre.

Arlün n'y comprenait décidément rien. Il n'osa pas tout de suite rejouer. L'altercation lui tournait dans la tête sans qu'il puisse en extraire une once de sens. Puis un gong sonna trois fois dans le lointain, et le ménestrel sut que c'était son signal pour retourner à la caserne, songeur.