La Milice

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Yuimen
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La Milice

Message par Yuimen » jeu. 4 janv. 2018 15:18

Milice d'Oranan
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Emblème de la ville et de la milice

Cette milice, qui défend en permanence le pays face aux Orques d'Omyre, forme surtout des militaires qui seront envoyés au front pour des missions de surveillance, de reconnaissance ou encore, bien sûr, des missions d'espionnages chez l'ennemi du nord. C'est une corporation où la hiérarchie est très fortement ancrée et les différences entre rangs sont des plus marquées. Ils sont obligés de s'appeler par leur grade avant de s'appeler par leur nom et ne quittent pas souvent le service. Milicien devient alors un métier à part, mais il n'y a guère besoin d'eux au sein de la ville où tout tourne bien. Pour être recruté, il faut être d'une loyauté à toute épreuve et se montrer extrêmement courageux. Les trouillards n'ont pas leur place ici.

Comment s'engager ?

En jeu, vous devez contacter un milicien gradé qui vous inscrira sur une liste secrète. Il vous fournira si besoin du matériel aux couleurs de la ville et si possible un premier ordre de mission. La réponse du milicien sera faite par un GM !

N'OUBLIEZ PAS de demandez dans le SOS GM qu'un GM s'occupe de votre inscription.

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Daemon
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Re: La Milice

Message par Daemon » jeu. 28 mars 2019 19:05

Une boule de fumée brunâtre se reflétait dans la grande flaque. Ses volutes s'entrelaçaient lascivement dans un bruissement venteux, qui, si on tendait l’oreille, croissait d’une manière obsédante.

Les soldats n’aimaient pas surveiller cet endroit. Le temps était long dans ce sous-sol humide et froid, et les discussions étaient rares. Les allers et venus, d'un côté comme d'autre, étaient les seules distractions susceptibles de briser la monotonie ; cependant assez limités afin de préserver le secret d’un lieu aussi insolite que désagréable. Car garder la porte vers un autre monde était un honneur insigne, ils en étaient pleinement conscient, mais le crissement cosmique et tumultueux de l’orbe les mettait vraiment mal à l’aise.

Une ridule troubla la grande flaque.

Une réaction se produisit à la surface de la sphère gazeuse. Les amas se contractèrent et s’évasèrent, signe que le passage était en activité. Les gardes en place réagirent aussitôt et abaissèrent leurs lances. Une ombre encapuchonnée se dessina alors dans la tempête. Elle sortit du néant et chut dans la grande flaque. Le nouvel arrivant était drapé d’un ample manteau de velours noir. Il sortit de l’eau, un regard mauve et brillant apparut, et avisa ses bottes.

« Elles venaient à peine de sécher ! »

Daemon se décoiffa, découvrant un visage fatigué, exténué, pour ne pas dire excéder.

« Enfin ! J’ai bien cru ne jamais arriver à cette satané Tour d’Or ! Il est malin l’autre mort-vivant avec ses raccourcis et ses chemins de traverses, tout ça pour noyer nos chevaux dans le premier fleuve venu. »

Un grésillement lui répondit et le passage vers Aliaénon s’agita de nouveau. Les nuages aux mouvements tentaculaires se rejoignirent, puis ils s’écartèrent pour révéler un masque de mort.

« Nous allons avoir besoin de nouvelles montures. »

- II -
Modifié en dernier par Daemon le jeu. 7 janv. 2021 23:36, modifié 4 fois.

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Xël
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Re: La Milice

Message par Xël » mer. 11 sept. 2019 13:47

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" Monsieur Xël ? "

J’ouvre les yeux, sursaute presque. Face à moi se tient une Ynorienne en uniforme. Sur sa poitrine est épinglé le symbole de l’équipe médicale. Je le reconnais facilement car cela fait deux jours que je peux les voir passer dans le couloir devant l’infirmerie. Beaucoup parmi eux se sont préoccupés de moi, m’ont ramené à boire, à manger et une couverture pour dormir sur le banc que j’occupe. Si je traîne dans le couloir c’est pour une bonne raison, la porte face à moi est celle de la chambre qu’occupe Simaya. Elle a rapidement été prise en charge à notre arrivée et on ne cesse de me rassurer sur son état. Mais je tiens absolument à la voir. Arthès et Egregor en ont déjà eu le droit, considérés comme les personnes les plus proches de l’Esserothéenne. Je ne m’en suis pas offusqué, au contraire, et je prends mon mal en patience jusqu’à ce qu’on m’y autorise à mon tour.

Je me redresse, me frotte les yeux, dissimule un long bâillement derrière ma main.

" Vous pouvez la voir. "

J’écarquille les yeux, incertain, comme si j’avais mal compris. L’Ynorienne sourit et incline la tête pour me confirmer que c’est bon et m’indique la porte de la main. Je prends sa main et la serre dans les miennes en la remerciant. Je rentre ensuite dans la chambre en laissant l’infirmière rougissante derrière moi. Simaya est bien consciente, elle parait faible mais ces jours ne semblent plus être en danger. Je m’approche d’elle pour m’asseoir à son chevet.

" Tu es à Oranan sur Yuimen. Comment tu te sens ? "

Elle se frotte les yeux avant de me répondre qu’elle se sent perdue et qu’elle a l’impression d’avoir perdue une partie d’elle en même temps que son monde.

" Je suis désolé. " Dis-je en baissant les yeux.

J’avais l’impression d’avoir tant de choses à me faire excuser mais elle secoue la tête en précisant qu’elle ne sentait plus ses pouvoirs. Je relève la tête et tente avec hésitation de lui expliquer que cela est peut-être dû au fonctionnement diffèrent de la magie sur Yuimen.

" Je pense savoir pourquoi... Ici les mages n’ont pas un seul pouvoir. Ils... "

Je reprends contenance. Je dois arrêter de m’exprimer comme un gamin coupable. Elle a besoin d’explications. Je prends un ton plus assuré pour poursuivre.

" Nous utilisons des fluides de différents éléments. Comme l’air, pour moi, par exemple. La magie n’est pas partout comme sur Aliaénon elle est plutôt ... en nous. "

Elle secoue encore la tête et m’apprends qu’Arthès et Egregor ont toujours leurs pouvoirs et qu’ils ne sont pas plus liés aux éléments que le sien. J’hausse les sourcils d’incompréhension.

" Comment c’est possible ? "

Elle n’en sait rien évidemment. Elle ne sait rien de ce monde et n’avait jamais imaginé y venir un jour. Elle avoue qu’elle se voyait mourir dans cette tour avec ce que représentait le conseil. Elle déclare que cet échec est le sien. Je crains de mal comprendre et lui demande de quel échec elle parle. Elle répond que c’est elle qui s’est occupé de leur reconnaissance en ce monde et qu’elle n’a pas pensé au sentiment d’exclusion qu’ils pourraient ressentir. Elle admet ne pas avoir assuré.

" On ne détruit pas une cité entière quand on se sent exclus. Tu n’y es pour rien. La faute revient à ceux qui les ont réveillés, à celui qui nous a manipulé et aux Titans eux même. Nous avons tous une part de responsabilité j’imagine... "

Elle m’explique que les Titans n’ont pas le même rapport que nous aux vivants. Pour eux les peuples ne sont pas plus que des grains de sable. Nous avions réussi à montrer que nous existions à Fan-Ming en se dressant contre eux à dos de dragon. Mais désormais les Titans ont simplement mis un terme à ce qu’ils avaient laissé exister. D’un simple revers de main l’un d’eux a balayé la poussière qui le dérangeait. Elle me précise qu’ils n’ont aucune notion de culpabilité. Seul le Sans-Visage avait parmi eux l’aptitude de se mettre à notre niveau.


" Ce que tu me dis ne fait que me faire regretter encore plus d’avoir participer à leurs réveils. Et me fait détester un peu plus Naral. "

Elle secoue encore la tête et définie l’endormissement des titans comme un acte contre nature. Elle pense que leur réveil n’est que justice mais qu’il aurait dû se faire dans de meilleures conditions. Je soupire, je n’ai plus envie de débattre sur les titans. J’ai envie de laisser tout ça derrière moi, au moins pour un temps.

" Nous devrions mettre ça de côté pour l’instant. Essaie... essaie de profiter de ce que ce monde peut t’offrir... En attendant de rentrer chez toi. "

Je sais que ce que je lui demande n’est pas si facile, pour l’instant elle doit avaler le fait d’être coincé loin de chez elle. Les yeux dans le vague elle l’énonce en précisant que chaque seconde ici est une éternité là-bas qui ne pourra pas être sans conséquences. J’ai l’impression qu’elle regrette d’être en vie, qu’elle aurait préféré mourir là-bas, chez elle.

" Je ne pouvais pas te laisser mourir dans cette tour. "

Elle reste sombre mais admet que morte elle n’aurait pas plus servi, au moins là il reste un fugace espoir. Je souris et lui tapote la main.

" Je préfère ça. "

Elle détourne le regard pour fixer un point invisible sur le mur du fond. Je me relève pour m’approcher de la sortie. Poursuivre une discussion ne nous mettrait que plus mal à l’aise. Je ne pense pas qu’elle puisse imaginer à quel point je me sens coupable pour tout ce qui est arrivé depuis que j’ai mis le pied sur Aliaénon.

" J’espère que nous nous reverrons. Au revoir Sim’. "

Comme si elle prenait enfin conscience de ma présence elle se tourne vers moi et tente de me sourire en me remerciant et déclarant qu’elle me doit la vie. J’offre à sa tentative de sourire un large sourire, sincère, rassurant, que j’aimerais contagieux avant de répondre.

" Je te dois plus encore. "

Depuis que je l’ai rencontrée, je l’ai prise comme exemple pour développer mes pouvoirs et je continuerais à le faire. Elle est pour moi un objectif à atteindre, une figure de puissance et de courage à suivre. Je quitte la pièce et arpente les couloirs en direction du bureau du capitaine. Si je peux encore rendre un dernier service je dois le faire. Je frappe à la porte mais Atsuhiko l’ouvre avant que je ne termine mon geste, manquant de prendre mon poing dans la face. Sans se démonter il me demande la raison de ma présence. Je tente d’en faire de même en effaçant mon air d’ahuri pour l’interroger sur le fluide spatial. Il se renfrogne et déclare qu’il est encore trop tôt pour envoyer une expédition.

" Oui... Je m’en doute. Je voulais savoir si la récompense vous serait utile pour avancer dans les expéditions. Je comptais l’utiliser dans la lutte contre Oaxaca sur Yuimen mais je me sens responsable de ce qui s’est passé. "

Il répond que même si cela démontre ma générosité il ne peut pas accepter sans déshonorer la mémoire du Conseil d’Or. Selon lui je mérite largement cet argent. Il précise également que l’argent ne réglera rien. C’est un problème que seul le temps et les méninges peuvent défaire. J’incline alors la tête avant de répondre.

" Je saurais les rendre utiles autrement alors. Je vous remercie. N’hésitez pas... si jamais un jour vous avez encore besoin d’aide. "

Il me salue militairement avant de retourner dans son bureau. Je tourne les talons pour quitter la caserne. Je prends le chemin vers l’auberge pour me reposer encore une journée avant de retourner enfin chez moi, a Kendra Kar.

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Nhaundar
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Re: La Milice

Message par Nhaundar » sam. 28 mars 2020 15:32

VI. 32 Affrontement final.

Lorsque j’ouvre à nouveau les yeux, je ne sais absolument pas où je suis. Des hommes s’affairent ici et là autour de moi. Ma vue est trouble, mais visiblement aucun ne prêtent attention à moi. Je tente de me relever, mais diverses douleurs me rappellent la dure réalité de mon affrontement récent. Malgré mes blessures, je suis en mesure de me dresser sur une sorte de lit de fortune avec ma seule main valide. L’air hagard, j’observe les alentours qui commencent à ressembler à quelque chose. Les hommes présents sont des miliciens, avec l’emblème qu’ils portent sur eux. Ca me rappelle que j’en suis un d’ailleurs !

(Ma mission. L’intendant au sol et Sylve blessée.)

"Sylve !" Dis-je haut et fort, alors que je me dresse d’instinct et tire sur mes blessures générant un rictus de douleur.

Mon intervention a attiré l’attention sur moi et un humain d’une quarantaine d’année et vêtu d’une tenue étrange vient jusqu’à moi.

"Comment vous sentez-vous ? Désorienté ?" Me demande-t-il.

J’acquiesce de la tête puis il examine mes différentes blessures.

"Vous avez perdu beaucoup de sang avant qu’on ne vous trouve." Reprend-il.

(Du sang ?)

Je regarde mon corps, mais ne remarque une énorme tâche de sang que lorsque mes yeux se posent sur mes jambes. Il faut croire que le sort de foudre qui a traversé l’atelier avant de m’atteindre a été plus important que je ne le croyais, ou alors c’est l’accumulation de blessure qui en a résulté une plaie si grande que j’en ai perdu connaissance avec le manque de sang. Mon torse me fait mal, mais la douleur reste supportable. En revanche, ma main est tellement bandée que je suis incapable du moindre mouvement avec les doigts. Cependant la moindre sollicitation que j’en fais provoque une douleur importante et m’intime à plus de prudence quant à son utilisation.

"Vous pouvez marcher ?" Me demande-t-il à nouveau.

Aidé par l’homme, je pose lentement un pied au sol puis un second. J’ai toujours l’usage de mes jambes, même si je souffre lorsque j’appuie sur mes membres inférieurs.

"Sylve ! Où est Sylve ?" Dis-je à mon interlocuteur.

"Sylve ? Qui est-ce ?" M’interroge-t-il.

"Une semi-elfe blonde armée pour un assaut de forteresse !"

"Ha cette jeune femme !"
Commence-t-il avant de poursuivre. "Elle se trouve actuellement dans le bureau du Sergent Onizuya. Il attend d’ailleurs votre rapport si vous avez la force de marcher. Vous avez eu les soins de base pour vos blessures les plus graves et une préparation alchimique pour la perte de sang. Votre état s’améliorera avec du repos, mais faites attention, aucun effort physique ou vos blessures se rouvriront !"

A nouveau j’acquiesce de la tête et me dirige lentement vers le bureau de mon supérieur milicien. Je toque à la porte et à l’accord de l’intéressé, je l’ouvre et entre dans le bureau. A l’intérieur se trouve Sylve à gauche, qui se porte mieux que moi malgré quelques blessures, à droite l’instructeur Akiko debout l’un comme l’autre, ainsi que le sergent Onizuya, assis derrière son bureau. Tous me fixent, mais c’est l’instructeur qui prend les devants avec son habituel sans du tact.

"Rétablie ? C’est pas trop tôt, ta copine vient de finir son rapport. Même si elle ne fait pas partie de la milice, le sergent voulait un état de la situation rapidement le temps que tu sois capable de le faire toi-même. Bien on t’écoute depuis le début !"

D’un coup le stress me gagne, mais la présence de Sylve est une source de réconfort sur laquelle je m’appuie pour reprendre contenance. Je me racle la gorge pour parler aussi distinctement que possible.

"Bien. Nous nous sommes rendu à la bibliothèque après avoir reçu l’ordre de mission. Nous avons eu affaire à l’intendant qui s’est montré plutôt réticent à ma présence. Avec le recule, c’était je pense un prétexte pour retarder l’enquête. Lorsque nous sommes arrivés au sous-sol nous avons fait la rencontre de…" Je m’arrête soudainement et regarde Sylve. "Maître Ashiro ?"

La semi-elfe me regarde avec sérénité avant de rassurer mes craintes.

"Il va bien ! Il souffre de déshydratation mineure, mais ses jours ne sont pas en danger. Continue."

(Par Gaïa, merci !)

Avec un peu plus de confiance cette fois-ci, je continue mon rapport.

"Donc nous avons fait la connaissance d’Ashiro, maître archéologue, ainsi que de deux hommes que nous avons affrontés dans les sous-sols de la bibliothèque. Cet endroit est un lieu avec un accès réservé à un cercle restreint de personnes. Nous n’avons pas été en mesure d’appréhender ces hommes, mais avec l’aide de maître Ashiro et des documents qui semblaient être la raison de leurs présences, nous avons été en mesure de découvrir qu’ils étaient à la recherche du tombeau d’Erézia et principalement la relique en sa possession. Lorsqu’enfin nous avons été en mesure de trouver le tombeau, nous nous sommes empressés de partir et nous l’avons trouvé. Quant à la relique…" je m’arrête là alors que les regards scrutent le moindre de mes gestes.

(Je ne peux révéler son emplacement ! Si cela se savait, un grand nombre de personne se mettrait à sa recherche et prendrait des risques inconsidérés. De plus, je doute que l’esprit gardien d’Erézia aime à voir son tombeau profané à nouveau. Mais qu’a révélé Sylve ?)

"Quant à la relique nous l’avons trouvé, mais il s’avérait que ce n’était pas plus qu’un bijoux qui n’avait de valeur que pour son ancienne propriétaire ! Malheureusement à notre retour, nous avons fait la rencontre des hommes de l’intendant. C’est durant un bref échange que la nature de Kayeko a été révélée. Si nous sommes parvenus à fuir, Ashiro a quant à lui été capturé, cependant nous avons fait croire que nous avions la relique et que seul l’archéologue était capable de libérer ses pouvoirs une fois à Oranan ! Nous nous sommes donc empressés d’atteindre la cité pour prévenir la milice et arrêter l’intendant avant qu’ils ne comprennent la supercherie. La suite, j’ai poussé l’intendant à accepter un rendez-vous précipité, en prétextant une forte somme d’argent contre la relique. Je savais que Kayeko n’aurait aucune confiance en moi, c’est pourquoi avec Sylve nous nous sommes séparés avant l’entrée de la ville. Elle a averti les gardes à l’entrée, puis a servie de relais d’informations à l’instructeur Akiko qui est venu avec des renforts. Elle a transmis le message que si je me trompais, l’instructeur avait toute autorité pour me faire subir le châtiment qu’il désirait ! Même si je doute qu'il ait besoin que je lui en donne l'autorisation, j'ai pensé qu'une telle proposition démontrait un réel besoin de ma part ! Il faut croire que cela a marché puisqu'il est venu avec des renforts."

Je me tourne vers l'intéressé et m'incline respectueusement.

"Instructeur Akiko. Sans votre aide, je ne serais certainement plus de ce monde, mais les personnes qui m'entourent non plus. Alors je vous remercie, sincèrement !"

VII. 1 Etudes magiques.
Modifié en dernier par Nhaundar le jeu. 7 mai 2020 20:57, modifié 1 fois.

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Gamemaster2
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Re: La Milice

Message par Gamemaster2 » lun. 30 mars 2020 22:53

Intervention pour Nhaudar Zanakfein

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L'intendant écoute ton rapport avec attention, tantôt étonné, tantôt dépité par la tournures des événements. Il s'apprête même à te couper à certains moments qui lui paraissent trop absurdes, mais il finit par abandonner au bout de quelques tentatives infructueuses tant ton histoire est prenante à écouter. Lorsque tu as fini, il n'ose pas répondre, s'attendant à une suite qui ne vient finalement pas. Là, il secoue la tête et bredouille quelques mots en finissant par reprendre du poil de la bête.

"Oui, heu... *hem* Oui, et bien, c'est normal... Quoi qu'il en soit, c'est du bon travail. J'aime pas trop ta façon d'résoudre les affaires, mais faut bien avouer qu'ça donne des résultats. J'te donne ta permission, tu l'as bien mérité. Quand tu t'sentiras prêt, j'aurais encore du boulot pour toi, mais pour l'heure, va t'reposer."

Sur ces mots, il prit congé et te laissa vaguer à tes occupations dont l'une d'entre elles devait certainement être de s'échouer dans un bon lit.
"Bwaf Assistance, que puis-je faire pour vous ?"

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L'appel au standard "Bwaf Assistance" est taxé à hauteur de 90 Yus suivi d'une tarification de 25 Yus par minute. La discussion est susceptible d'être enregistrée s'il y a un os.

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Xël
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Re: La Milice

Message par Xël » sam. 30 avr. 2022 22:03

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Il m’a fallu une bonne demi-heure pour me remettre de mon sort. J’ai joué avec mes limites et je dois trouver un moyen de les repousser. Chaque chose en son temps, la guerre est derrière moi à présent et je choisi de profiter des quelques heures qu’il reste avant que la nuit tombe pour rendre visite à une connaissance.

Je me suis donc rendu à la milice de la ville, ce bâtiment dans lequel je suis entré de nombreuses fois pour me rendre sur Aliaénon. Vaste bâtiment militaire aux emblèmes de la ville, un sapin vert sur un fond blanc. Un emblème étrangement apaisant pour un pays qui a tant connu la guerre. Je me présente à la porte devant les gardes qui me reconnaissent et me demandent ce qui m’amène. Je demande à voir le capitaine Atsuhiko et l’un des gardes, que je reconnais aussi, me mène à son bureau. Toujours l’air las, endormi, avec des cernes encore plus prononcés qu’à l’époque qui contraste avec son physique et son allure guerrière.

« Je vois que vous avez prit de la carrure. Vous êtes plus le gringalet de l’époque. Enfin sans vouloir vous offenser. »

« Je ne le suis pas. »

Dis-je en souriant. Il n’a définitivement pas changé. Nous arrivons devant le bureau du capitaine et il me laisse m’annoncer, estimant que je suis un visiteur de marque. Il me salue et retourne à son poste. Je frappe à la porte et entre quand il m’y invite.

« Bonjour Capitaine. »

L’Ynorien, toujours aussi sérieux, lève ses yeux de son bureau puis se redresse en me reconnaissant pour me saluer en s’inclinant, me demandant ce qui lui vaut l’honneur de ma visite.

« Je suis venu voir comment vous alliez, étant donné ce que Oranan vient de traverser je suis content de vous voir en un seul morceau. »

"Les miliciens étaient pour la plupart responsables de la défense du port et de l'intérieur de la cité. C'est dans l'armée qu'il y a eu le plus de pertes."

Il est vrai que je ne me suis pas intéressé à ce qui c’est passé du côté du port, j’en ai simplement vu les stigmates de la bataille navale qui a eu lieu dans la baie. J’insiste pour savoir comment lui se sent à titre personnel. J’apprécie ce Capitaine et je pense que c’est réciproque mais, un peu comme Robert, j’ai le sentiment qu’il désire garder une certaine distance, ne pas briser ce lien entre officier représentant une cité et le simple aventurier qui est venu répondre à une offre d’emploi. J’aimerai parvenir à lui montrer que je lui suis sans doute autant reconnaissant qu’il l’est à mon égard.
Il m’avoue qu’il a perdu de la famille lors de la bataille mais qu’il s’en remet petit à petit arguant qu’il ne sert à rien de rester dans le passé. Il passe rapidement sur un autre sujet, celui sur lequel je voulais également l’interroger.

« Je suis toujours en charge de la surveillance du portail vers Aliaénon. Mais rien de neuf de ce côté là : nous ne pouvons toujours pas prendre le risque de le traverser. »

« Je me demandais justement comment vous avanciez pour ça. J’ai ma réponse. »

Il acquiesce avant de me demander si j’ai des nouvelles de ceux d’Aliaénon arrivés sur Yuimen car à part Simaya aucun ne s’est présenté à Oranan depuis. Je lui raconte que Sheeala m’a accompagnée à Kendra Kâr mais que nous nous sommes perdu de vue depuis. Il acquiesce à nouveau et face à son silence je décide de couper court à la rencontre qui ne donnera, je le sais, rien de plus. Je le remercie pour m’avoir reçu et quitte son bureau pour retourner dans les rues d’Oranan et tranquillement me promener dans la cité.


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Xël
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Re: La Milice

Message par Xël » lun. 29 août 2022 13:12

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« Merde alors… »

Elle me retire les mots de la bouche. Le bâtiment qui se dressait là auparavant est détruit et ce qui en reste est caché par des palissades que gardent les miliciens de la cité. Comment j’ai pu passé une journée ici sans m’en rendre compte ?
Je m’empresse de rejoindre un garde qui me reconnait rapidement et me dirige vers une tente dressé devant l’ancienne entrée du bâtiment. J’y retrouve le capitaine Atsukiho qui malgré son air préoccupé à l’air satisfait de me voir.

« Qu’elle patiente dehors. »

Lance-t-il tout de même à propos d’Amélie qui, sur le point de s’indigner, accepte tout de même de rester à l’extérieur quand je lui fait un signe de tête.

« Je suis content de vous voir, nous ne savions pas comment vous joindre. »

Il m’invite à m’asseoir devant son bureau alors qu’il prend place de l’autre côté pour m’expliquer qu’il a lancé un appel à l’aide aux aventuriers qui se sont illustrés sur Aliaénon et que j’en fais évidemment parti.

« Si il y a besoin de moi là-bas vous pouvez compter sur moi. »

Il incline la tête, avouant qu’il n’en attendait pas moins de moi. Il m’encourage à me préparer tout en espérant que d’autres aventuriers ne tarderont pas à se présenter. J’incline la tête et quitte la tente, confirmant à Amélie ce que je pensais. Je dois retourner sur Aliaénon.

« Désolé de devoir écourter notre petit voyage. »

« Je suis déjà contente d’avoir pu rencontrer le plus puissant mage du royaume. »

Ça me fait encore sourire malgré la gravité de la situation et je lui parle alors des mages bien plus puissants que j’ai croisé sur Aliaénon tandis que nous marchons vers le terrain d’entraînement pour retrouver le fulguromancien.


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Xël
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Re: La Milice

Message par Xël » ven. 9 sept. 2022 21:55

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La nuit se termine tôt pour moi. Pourtant j’ai bien dormi mais un court moment d’éveil à suffit pour mettre mon esprit en ébullition. Un simple doute, une simple pensée qui m’a obnubilé de longues heures, m’empêchant de me rendormir. Et si c’était lui ?
Si son esprit était encore parvenu à infiltrer un autre corps, celui d’un mage capable de créer une explosion. Si il avait pu lever à nouveau une armée de monstruosités ? Cette possibilité m’inquiète, elle me terrifie même car combien d’années se sont écoulées depuis ? Quelle taille aurait pu atteindre une armée en 5 ans ? En 10 ans ? Aucune autre armée sur Aliaénon ne pourrait y faire face, j’en suis certain. Je ne suis même pas certain que l’union des peuples suffirait à vaincre Vallel et les troupes qu’il pourrait se fabriquer.

Les heures passent et le soleil se lève alors que cela m’obsède. Dans quel état vais-je retrouver Aliaénon ? J’abandonne l’idée de me rendormir, je ne pourrais pas tant que je n’en aurais pas la certitude. J’enfile mon équipement, réveillant inévitablement Amélie qui dort sur le lit à côté. L’air endormie, elle demande si je m’en vais déjà.

« Oui. C’est l’heure. »

Encore un peu dans les vapes elle se lève pour regarder dehors en soulevant les rideaux et rétorque qu’il ne fait même pas encore jour. J’attache les sangles de mon plastron sans répondre, trop préoccupé par ce qui pourrait m’attendre. Elle s’en étonne et s’approche pour s’asseoir à côté de moi et m’aider après avoir passé une main dans ses cheveux en bataille.

« Tu as l’air moins confiant que hier. »

« Je me prépare juste au pire. »

« Ça va bien se passer. Tu es le meilleur mage du royaume. »

« Mais je ne suis pas le meilleur d’Aliaénon. »

Nous rions de bon cœur tous les deux avant que la gravité se dessine à nouveau sur mon visage et que j’essaie de changer de sujet.

« Tu voulais que je t’ouvre un portail vers Kendra Kâr ? »

« Non ce n’est pas la peine. Je vais rester un peu à Oranan puis je ferais ma route de villages en villages. Quand j’entendrais parler de ton retour je retournerais à la cité blanche et nous nous retrouverons là-bas comme prévu. »

Elle marque une pause et m’observe en attendant une réponse.

« N’est-ce pas ? »

Ajoute t-elle finalement avec une pointe d’inquiétude. Je m’efforce de faire un sourire rassurant et d’incliner la tête mais évidemment un voyage sur ce monde n’a jamais été de tout repos malgré les merveilles qu’on peut y trouver. Elle continue de m’aider en fredonnant un air que je n’avais pas encore entendu, je me laisse bercer alors que je m’équipe pièce par pièce jusqu’à reprendre cette apparence de mage de guerre, en armure lourde des pieds à la tête, un bâton en guise d’armes, un bouclier cabossé dans le dos, témoin de la dernière bataille livrée, puis casque sous le bras je quitte la pièce après avoir salué Amélie.

Je prends le chemin vers la milice, arpentant les rues quasi-désertes pour atteindre ce qui reste de la milice. Je remonte la palissade de fortune pour me retrouver devant l’entrée et me présente aux gardes.

« Xël Almaran. Je viens voir le Capitaine Atsuhiko. »

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Mathis
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Re: La Milice

Message par Mathis » dim. 11 sept. 2022 17:18

<--- Zone d'embarcation d'Oranan

Je ralentis dès que j’aperçus les remparts de la ville. Le mur d’enceinte avait été détruit au niveau de la porte principale. Les réparations étaient bien avancées, mais pas encore complétées.

J’entrai dans la ville et marchai d’un pas accéléré vers la milice, à présent tout près de ma destination, je devenais impatient de savoir ce qu’on attendait de moi.

À l’endroit où se tenait jadis le bâtiment de la milice, on ne voyait qu’un tas de débris entourés d’une palissade afin sans doute d’éloigner les curieux où d’éventuels voleurs.

Je me dirigeai vers le milicien qui gardait les lieux et me présentai.

« Je suis Mathis Demarcus. Je suis ici à la demande du capitaine Atsuhiko, j'aimerais le rencontrer. »

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Akihito
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Re: La Milice

Message par Akihito » mer. 14 sept. 2022 11:35

Dans le chapitre précédent...

Interarc : Le rempart des innocents.

Chapitre X.1 : Nouvelles d’un monde perdue.

Prise de connaissance de l'explosion de la Milice, prise de contact avec le capitaine Atsuhito.

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Dracaena Paletuv
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Re: La Milice

Message par Dracaena Paletuv » mer. 14 sept. 2022 12:24

J'y étais enfin. La fameuse milice mentionnée, celle d'Oranan. J'ai dû voyager un certain nombre de jours avant d'arriver ici, et, il fallait bien l'avouer, la décoration était... Originale. Des débris de çà de là, des ouvriers en train de travailler sur une palissade, d'autre en train de déblayer, deux ou trois tentes posées autour... Et surtout, un joli cratère au centre. Au moins, l'air doit bien circuler dans le coin.

Faut dire qu'ils n'en manquaient pas, d'air, justement, les charmants... Orananiens ? Oraniens ? Orananeites ?



Malpolis ! Les charmants malpolis ! Les charmants malpolis habitant cette ville terne. Okay, d'accord, c'était la guerre y a pas longtemps, et tout et tout, mais c'est pas une raison. Moi, j'ai la majorité de la tronche brulée, est ce que je la tire pour autant ? NON ! Quand un inconnu, de bois ou pas, me demande « C'est par où la milice ? », je lui réponds « C'est par là ! » en lui indiquant la route, pas « Dégage... », « Casse toi sale oudio ! », ou « Moi pas comprendre, moi pas parler langue à vous. ».
Y en a même une qui s'est enfuie en me voyant m'approcher. J'vous jure ! Aucune classe, aucune délicatesse !

Qu'est ce qui m'avait pris de sortir de ma forêt moi, hein ? J'étais bien la bas, à bruler des trucs et faire mes expériences, personne me dévisageait en allant au point d'eau le matin, les écureuils, les fées et les plantes carnivores étaient courtoises, elles !

Mais bon...

Une occasion comme celle là, j'en aurai pas une avant le prochain siècle.... Faut dire que, tout a commencé par un sacré coup de bol... J'm'en souviens encore comme ci c'était hier... Enfin, la semaine dernière, ce qui est normal vu que c'était la semaine dernière.

Tout ce périple avait débuté un beau matin, dans la sympathique, et pas du tout dangereuse, forêt des Faëras.

C'est sur que c'était plus sympa que ma précédente forêt. Moins lugubre, plus sure, moins de bandits qui vous attaquent pour un oui pour un non. Tout de même, je ne devrais pas autant les critiquer, j'ai beaucoup appris en les observants... Ou en me battant contre eux. La vieille époque, où je vivais au milieu des miens, et où l'on sortait d'entre les arbres de temps en temps, pour aller à la rencontre des villages alentour, partager objets, enseignements et culture, m'avait aussi beaucoup appris, mais il y a quelque chose d'unique à devoir fuir un brigand bourré qui veut vous utiliser comme buche pour sa cheminée.

Quoi qu'il en soit, ce matin là aux Faëras, tout était plutôt calme, habituel. Je m'efforcer d'étudier, le nez plongé dans des livres que j'avais réussi à récupérer, afin de réussir à contrôler ce satané fluide de feu. Un fluide de feu... Sérieusement, si Fearadhach ne m'avait pas déjà mis sur sa liste des hérétiques avec mes premières expériences, absorber ce fluide avait probablement réglé la question.

La partie la plus compliquée était « éviter de mourir d'un accident », et Yuimen sait qu'il pouvait y en avoir, entre l'air emplie de magie du coin qui m'influençait quelque peu, et mes....... « réactions imprévues » face à la vue d'une flamme, plus d'une fois je m'étais retrouvé à avoir les doigts ou le bras en feu. Bon, au bout de la seconde fois j'ai compris que c'était plus efficace de pratiquer auprès d'un point d'eau, au moins c'était ça de gagner.
En tout cas, le chemin de la maitrise était long et tortueux, et je n'avais pas l'intention d'abandonner mes entrainements et petites expériences avant d'avoir eu un début de résultat concret. Au moins, j'avais l'impression que les flammes me faisaient moins mal au bout des doigts, mais peut-être était-ce parce qu'ils étaient déjà trop brûlés.

Mais, mes réflexions et regrets furent mis de coté ce jour là lorsque j'entendis du bruit. Au loin, je pouvais apercevoir un vol d'oiseau complètement paniqué, pour la seconde fois de la journée, ce qui généralement était signe de grosse bestiole ou de chose bizarre bien propre à ce lieu enchanté. Un peu piqué par la curiosité, j'avais commencé à me diriger dans la direction concernée. Avançant avec prudence, je tendis ma main en face de moi, prêt à enflammer tout ce qui pourrait se montrer trop agressif. Le stress commençait à monter, j'me disais qu'il fallait ptet mieux faire demi tour. Mais, avant d'avoir pu considérer correctement la chose, j'avais trébuché, branches les premières, ayant pris les pieds dans quelque chose que je n'avais pas remarqué. En me retournant, quelle ne fut pas ma surprise en voyant qu'il ne s'agissait pas d'un rocher ou d'un tronc...

Mais d'un humain.

On en voyait pas souvent par ici, la plupart d'entre eux n'arrivant généralement pas à dépasser la lisière de la forêt. À tous les coups, pour être étalé comme ça dans le coin, il avait dû se perdre et s'évanouir de fatigue, ou avoir mangé un champignon somnifère. Après m'être redressé, j'avais approché ma main de son corps, prêt à le secouer pour le réveiller, mais mon regard se posa sur les trois flèches qu'il avait plantées dans le dos. En m'attardant un peu sur son physique, je pus voir qu'il était blessé à plusieurs endroits, des blessures ressemblant à des griffures, ou alors à la frappe d'un objet tranchant. Il y avait même quelques lierres couverts d'épine qui remontait le long d'une de ses jambes. Après l'avoir piqué deux ou trois fois avec un bâton, j'avais utilisé toutes ces informations pour faire une déduction brillante :

Il était mort !

Probablement un type qui c'était fait attaquer par des bandits, ou des gobelins. Il avait dû tenter de fuir jusque ici, mais au vu de ses blessures, et de la nature des Faëras, il n'avait malheureusement pas réussi à aller plus loin. Il ne me restait plus qu'une chose à faire désormais : piller le cadavre ! Les animaux de la forêt se chargeraient de son corps, mais ils n'auraient aucune utilité pour les vêtements et objets que le bonhomme transportait. Alors que pour moi, ça servirait probablement de cible ou de combustible pour mes tests.

Le type ne possédait pas grand chose : en dehors de ses fringues abimées, il n'avait que quelques pièces sur lui, et une petite sacoche, bien fermée, que ses poings décédés seraient même dans la mort. Je m'étais dit qu'elle cachait probablement un objet précieux, et j'eu raison sur le sujet: elle contenait une lettre ! Mais pas le genre de simple lettre pour raconter vos vacances à votre grand-mère, ou une facture : non, une belle lettre, dans une enveloppe décorée, et frappée d'un sceau officiel. Sceau que j'étais quasiment sur d'avoir déjà aperçu dans le passé, donc surement un provenant des villes du coin.

Tranquillement, j'avais brisé le sigle de cire pour prendre connaissance du contenu du message. Beaucoup de blabla concernant la fin de la récente guerre, la mention d'une explosion à la milice d'Oranan provoqué par des fluides étranges, et surtout, à la fin, un appel à l'aide à toute personne étant intéressé et pouvant enquêter sur le sujet.

Par la bêtise de Fearadhach, un peu que j'étais intéressé ! Une explosion magique mystérieuse, c'était potentiellement un pas de plus vers la maitrise de la magie pour contrer mon statut de combustible. La lettre insistait sur le fait que l'origine de cette explosion n'était pas « quelque chose qu'on avait l'habitude de voir sur Yuimen » ! Intéressant, c'était trèèèèès intéressant tout ça ! Il me fallait absolument y aller, absolument répondre à l'appel de ce capitaine Atsuhiko ! Heureusement que la lettre était un appel à toute personne ou organisme pouvant aider sur la matière : j'étais un organisme très intéressé à l'idée d'aider sur la matière, ça devrait suffire, non. De toute façon, je n'avais qu'à inventer un bobard une fois arrivé sur place pour paraître plus «officiel ».

Après cette découverte, je m'étais préparé, remplissant un petit baluchon du nécessaire et de la lettre tu.... , à ne surtout pas oublier, et j'avais commencé le voyage ... fait....ici.... en direction d'Oranan, tout en préparant ce que j'allais dire une fois face à la milice, afin de les convaincre de me laisser passer et de OUDIO, QUE FAIT TU ICI ?!


« WOAH !!! »

Je venais de faire un bond en arrière. V'là qu'un humain en joli costume de combat venait de me gueuler dessus. Visiblement, j'me suis perdu dans mes pensées plus longtemps que prévu. Je pris le temps de regarder le bonhomme de haut en bas : au vu de sa tenue, c'était probablement un membre de ladite milice. Par contre, je vis aussi dans son regard un joli mélange d'agacement et de méfiance. Un autre des charmants malpolis du coin !

« Vous m'avez fait peur mon gars, pas besoin de me crier dessus, vous auriez pu simplement toquer sur le bois... 
-Je n'ai que faire de tes problèmes oudio, on a des choses bien plus importantes à gérer que des petits sursauts. Je répère une dernière fois ma question : que viens-tu faire ici ? On est pas à un théâtre là, si tu n'as rien à nous demander, tu peux retourner dans ta fichue forêt ! »

Un charmant malpoli, exactement. Bien que lui, je le surclasserais carrément en charmant abruti. Enfin bon, je suppose que c'est le stress qui parle, donnons lui le bénéfice du doute. De toute façon, ça m'étonnerais que je puisse m'amuser à le transformer en torche humaine sans m'attirer des problèmes. Néanmoins, il avait commit une petite erreur : engueuler quelqu'un avant qu'il ait décliné son identité ! Lentement, prenant beaucoup de plaisir dans le geste, je pris le temps de sortir de mon baluchon la lettre, que je dépliai lentement, en le fixant du regard. Il s'apprêtait visiblement à me brusquer au vu de ma lenteur, mais s'immobilisa soudainement en apercevant le sigle sur le papier.

Oooooh, ça n'était pas grand chose, mais ça restait parfaitement plaisant !

« Mon cher monsieur, je suis Dracaena Paletuv, représentant des oudios des Faëras, et je suis venu à la demande de VOTRE milice ! »

Je brandis la lettre complètement dépliée face à lui, la collant presque contre son nez.

« J'aimerais voir le capitaine Atsuhiko maintenant, mon ptit gars ! », lui dis-je d'un ton mielleux.

Oh, oui, c'est sur, je poussais le bouchon un peu loin, mais bon, la frustration manifeste sur son visage était tout de même un sacré carburant à ma bonne humeur !
Modifié en dernier par Dracaena Paletuv le jeu. 22 sept. 2022 01:35, modifié 1 fois.

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Jorus Kayne
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Re: La Milice

Message par Jorus Kayne » mer. 14 sept. 2022 16:25

I Un besoin nécessaire. (suite)

II L'art de bien se faire entendre.


Arrivé avec empressement dans la ville, c’est avec contrariété que je me rends à la milice. Sur le chemin, alors ma faéra tente de me faire oublier ce malencontreux échange, je marche droit devant moi, jusqu’à ce qu’un *sploach !* et une sensation moue sous mon pied ne vienne contrarier la tentative d’Ysolde. Si en plus de cela, on ajoute les rires d’enfants qui se moquent allégrement de mon désarroi, augmentant avec mon entreprise de nettoyer mon soulier au sol, on obtient un humain sur le point de céder à la fureur.

C’est donc dans un état bouillonnant que j’arrive à la milice, observant un garde qui s’occupe d’un arbre.

(Quelle idée de planter un arbre ici aussi !)

Je cherche le courrier d’Atsuhiko dans mon sac, avant de me planter devant lui, missive en main et de faire ressortir ma colère.

"Je viens directement du Nosvéris à la demande du capitaine Atsuhiko et je suis d’une humeur massacrante ! Alors si tu veux pas que je franchisse moi-même la porte avec perte et fracas, t’as intérêt à me faire entrer rapidement !"

Puis remarquant enfin que l’arbre n’en est pas qu’un tas de bois planté dans le sol, je me tourne vers un visage humain pour détailler mes pensées.

"Heiiin ?"

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Yliria
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Re: La Milice

Message par Yliria » mer. 14 sept. 2022 19:00

<< Précédemment


Levée aux aurores, j’avais pris le temps de faire une longue toilette pour m’aérer l’esprit, prenant le temps de laisses mes cheveux sécher naturellement pour une fois, avant d’enfiler mon armure. J’appréciai toujours autant la légèreté des écailles de métal qui recouvraient le tissu de mes vêtements et sortis de ma chambre, mon sac sur le dos, armes à la ceinture et masque sur le côté de la tête. Je pris un rapide repas dans la salle, directement au comptoir, dévorant le pain de la veille trempée dans du lait et du miel. Je laissai un pourboire à l’aubergiste qui s’inclina gracieusement et sortis finalement.

L’activité de la ville avait déjà démarré depuis un moment lorsque je mis le nez dehors. J’entendis le rire de quelques gamins avant qu’un chariot ne passe à côté de moi. Je m’écartai du chemin avant de prendre la direction de la milice, les pensées encore emplies des informations obtenues la veille. Cette histoire sentait de plus en plus mauvais.

(Sur une échelle de 1 à 20 ?)

(12 je dirais. Pour le moment en tout cas. Ça grimpera sûrement quand on passera de l’autre côté.)

(Tu le prends mieux que je ne l’aurai cru. Surtout avec la présence d’Akihito.)

(Je suis les conseils de Sorinion, ça m’aide à rester calme. Et la mission prime sur le reste, qu’il soit là ne change rien.)

(Tsk… t’étais plus marrante quand tu explosais à tout va ou que tu lui bavais dans la b…)

(ALYAH !)

(Aaaaah ! Je préfère !)

Maudissant ma faëra hilare, je pris à droite, apercevant le bâtiment, ou ce qu’il en restait, entouré d’une palissade. Il y avait quelques silhouettes devant. Des gardes, un humain et… un arbre calciné ? Voilà qui était curieux. Je m’arrêtai un instant en remarquant que l’arbre avait des jambes, des bras et semblait se déplacer. Moi qui pensais avoir vu suffisamment de choses pour ne plus être étonnée, voilà que je tombais des nues. Alyah ne sembla pas vraiment surprise, expliquant que c’était un Oudio et qu’il semblait être un détenteur de fluides de feu. Drôle de combinaison pour un truc qui pouvait s’enflammer. Cela devait expliquer qu’il ressemble à une buche de cheminée pas encore complètement calcinée. M’approchai et haussai un sourcil en découvrant l’identité de l’humain qui attendait également devant la palissade. Un sourire étira mes lèvres en reconnaissant Jorus et je m’approchai en faisant signe au garde qui semblait déjà dépassé par les événements.

(S’il a croisé Jorus ET un arbre qui parle, tu m’étonnes…)

(Vrai qu’on ne croise pas un arbre qui parle tous les jours.)

(Je pensais plus au fait de gérer Jorus dans son état normal, mais soit.)

Je retins un rire en serrant la mâchoire et me présentai au garde qui avait posé un regard plein d’espoir vers moi. Comme si je pouvais l’aider.

- Yliria Varnaan’tha, je réponds à l’appel de la milice.

Je tournai mon regard vers Jorus, un sourire de nouveau sur les lèvres, contente de voir un nouveau visage familier.

- Salut Jorus, ça faisait longtemps.


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Akihito
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Re: La Milice

Message par Akihito » mer. 14 sept. 2022 22:40

Dans le chapitre précédent...

Interarc : Le rempart des innocents.

Chapitre XI.2 : L’inconnue connue.

Akihito remercia, une fois encore, le prêtre Silverberg pour avoir créé des siècles auparavant les Bottes de foudre. Filant comme une flèche à travers les rues d'Oranan, les gens ne manquaient pas de se retourner sur son passage. D'une part car ils ne voyaient pas souvent un homme courir à la vitesse d'un étalon lancé au triple galop, mais aussi car le mage était connu de tous dans sa ville natale, désormais.

(T'aurais été plus observateur en remarquant l'absence de Xël et d'Yliria, ce matin.)

(...)

(Et ça t'aurait évité d'être en retard comme un demeuré.)

(RAH la ferme, hein ?)

Invoquant la magie d'Amy qui se moquait de lui, le mage créa une marche d'air sur sa trajectoire, ce qui lui permit de sauter au dessus d'une charrette qui était arrêtée en plein milieu d'un carrefour de la ville. Arrachant, là aussi, des cris étonnés. Pour les passants, il venait juste de faire un saut à une hauteur impensable en prenant appui sur le vide. Mais il était pressé.

Il venait tout juste de la toilette suivant l'entrainement matinal quotidien qu'il s'imposait quand un jeune milicien était venu le trouvé. Et comme il bredouillait pour une raison qu'Akihito ignorait, il avait mis une bonne minute à avoir la teneur du message. L'équipe de reconnaissance pour le monde d'Aliaénon avait été constituée et on n'attendait plus que lui. Le jeune homme avait juré copieusement avant de remonter en quatrième vitesse vers sa chambre, finissant d'avaler le quignon de pain qu'il mâchait sur le moment. Sa besace de voyage n'avait pas vraiment bougée depuis son retour, aussi n'eut-il qu'à fourrer ses vêtements éparpillés dedans. Tant pis pour la sueur qui les imprégnait, il pourrait toujours les laver sur Aliaénon. Le plastron d'écailles forgé sur l'île des dieux fut aisément enfilé, preuve du travail d'artisan d'Aer' Nistral. Ses gantelets en Drakarn, eux l'étaient beaucoup moins... Mais comme il était familier avec, il les avait enfilés et sangles autour de sa poitrine avec adresse. Le reste avait suivi en une petite minute : manteau, puis Marteau, Rempart, besace en bandoulière dans le dos, et le heaume à la ceinture.

En redescendant, il avait constaté que le milicien était toujours là. Avec son début de moustache naissante et ses cheveux impeccablement coiffés, il devait tout juste avoir atteint la majorité : une des nombreuses recrues ayant rejoint les rangs de l'armée et de la milice après le Charnier des Âmes. Le tatoueur avait mis une seconde à se rappeler du nom que son compatriote lui avait donné en venant le chercher.

"Soldat Hitos, qu'est ce que vous faites encore là ?

- Eh bien, euh, s-ser Yoichi... Je pensais vous escorter jusqu'à la... La milice ?"

(Ah. Evidemment,) avait réalisé le mage. Dans sa précipitation, il n'avait absolument pas pensé à ce détail.

"Merci soldat, mais ce n'était pas nécessaire. J'ai mes propres moyens de rejoindre votre capitaine, et je suis déjà suffisamment en retard."

Il avait légèrement serré l'épaule du soldat un peu perdu avant de poser quelques yus de bronze sur le comptoir où Nakora, la tenancière, observait sa salle clairsemée et le curieux manège qui s'y déroulait.

"Merci encore, Nakora.

- Au plaisir, Akihito. Et reviens nous en un seul morceau, compris ? On a encore besoin de toi ici.

- Bien sûr, tant qu'il y aura une de tes chambres de libre."

Les au revoir faits, il s'était dirigé vers la sortie avant de laisser le malheureux soldat dans la poussière.

Et le voilà qui courait en direction du bâtiment en ruines. Le soleil n'était pas encore bien haut dans le ciel, aussi tout Oranan n'arpentait pas encore les rues : et connaissant bien la ville, il avait délibérément pris les rues et ruelles les moins fréquentées pour ne pas être gêné dans sa course.

Quant enfin il arriva devant la palissade de bois qui ceignait les décombres de la Milice, Akihito ralentit enfin le pas. Il était bon dernier, mais il était là avant que le capitaine Atsuhiko ne soit apparu. L'activité devant la palissade avait des airs de déjà vu : une bande d'aventuriers bigarrés, un camp ceint, et le malheureux militaire qui l'avait accueillit quelques jours plus tôt qui semblait débordé par les événements... (On se croirait revenu au Val d'Abondance,) pensa le jeune homme en observant ceux qui allaient, sans doute, partager son quotidien sur Aliaénon.

Xël n'était pas visible mais il était là, évidemment. Amy sentait ses fluides d'air derrière la palissade et à moins qu'un autre aéromancien de sa trempe n'arpente les rues de la capitale ynorienne, c'était forcément lui. Et devant le malheureux soldat de faction, une scène improbable : un Oudio calciné s'adressait au militaire aux côté d'un autre Kendran brun qu'Akihito était sûr d'avoir vu au campement du Val d'Abondance, mais dont le nom lui échappait. Et enfin, Yliria était présente. Maintenant qu'elle portait son armure et ses armes, il était difficile de ne pas la reconnaître... Mais elle faisait plus...

(.. Femme ?)

(Toujours là pour enfoncer les portes ouvertes toi, hein ?) ironisa-t-il.

(P't'être bien, mais toi tu devrais arrêter de la fixer comme ça avant qu'elle te remarque. Ah, trop tard ?)

Le mage détourna le regard. Passé la surprise de la révélation, il ne pouvait qu'admettre que la jeune adolescente qu'il avait connu était devenue une splendide jeune femme. Ce qui, aux vues des sentiments qu'elle avait pu avoir pour lui, rendait la situation d'autant plus étrange...
Voyant que ses pensées commençaient à aborder des sujets et des hypothèses fumeuses sur lesquelles il n'avait vraiment pas envie de s'étendre, Akihito se focalisa sur le moment présent, et la raison de sa venue. S'avançant vers le soldat débordé, il fit en sorte de capter son regard et une fois que ce fut fait, hocha la tête à son intention. Le militaire savait qui il était, et pourquoi il était là : prendre la parole ne ferait que rajouter au brouhaha déjà présent.
Modifié en dernier par Akihito le dim. 18 sept. 2022 20:58, modifié 1 fois.

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Cromax
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Re: La Milice

Message par Cromax » jeu. 15 sept. 2022 11:49

Cauchemar en Aliaénon : Oranan I



Le garde de la milice se retrouva, circonspect, devant quatre individus hâtifs de pénétrer l’enceinte surveillée des ruines de la milice. Il scruta Jorus et grimaça devant son oraison colorée, mais comme si un yus tomba dans son esprit, il parut avoir uin éclair de génie.

« Oh, oh oui, je vous reconnais ! »

Jorus, lui, ne le reconnut pas. Un grouillot sans intérêt. Comment pouvait-il arriver à attirer l’attention de quelqu’un comme Jorus Kayne, célèbre aventurier. Le milicien hésita devant la lettre pourtant officielle de Dracaena. Sans doute le souvenir d’un Oudio parmi les Sauveurs ne lui revenait pas. Il se tourna, sans un mot, vers Yliria, la regardant d’un air hésitant et commentant cette fois.

« L’appel de la milice ? Mais… on ne vous a pas appelée, si ? »

Il vérifia les mains de la semi-elfe, où bien sûr ne trônait aucun parchemin officiel. Mais l’arrivée de Akihito le fit changer d’attitude. Il se pencha d’un salut formel, commentant :

« Yoichi-sama, nous vous attendions. Le capitaine Atsuhiko va vous recevoir. »

Sans plus réellement prêter attention aux autres, il ouvrit la porte de la palissade et laissa entrer Akihito. Il fit également signe à Jorus de suivre ce dernier, le saluant d’un signe de tête. Lorsque vint le tour des deux derniers, il hésita, et fit un signe à l’intérieur de l’enceinte. Sans tarder, le Capitaine Atsuhiko arriva et toisa les deux aventuriers. Le vigile murmura quelque chose à l’oreille de son supérieur, qui émit aussitôt un bruit de bouche réprobateur. Une sorte de claquement de langue. Il prit la parole d’un ton ferme.

« Vous refuseriez l’aide d’une héroïne de la Bataille de Kochii ? De la ‘Terreur de la Mort’ en personne ? »

Il se tourna vers la semi-elfe, et commenta :

« Demoiselle Varnaan’tha, qu’importe la manière par laquelle vous avez appris nos soucis, votre secours est le bienvenu. »

Sans demander son reste, il laissa entrer l’Aurore Ardente et l’Oudio, passant derrière eux pour refermer la porte derrière lui, laissant le garde déconfit. Ce n’est pas de sitôt qu’il aurait une promotion. Dracaena Paletuv passa ainsi le poste sans réelle explication. La chance d’être tombé au bon moment, au bon endroit, visiblement.

À l’intérieur de la palissade, le bâtiment était complètement rasé, jusque dans ses caves. Une sorte de descente faite des décombres menait vers une seule chose : une boule brumeuse flottant à quelques centimètres du sol. Le fluide spatial menant à Aliaénon. Seul. Comme si tous les autres avaient été détruits, pour ceux qui connaitraient leur feu-existence. Dans un coin, un duo discutait : Xël Almaran et Mathis. Plus près du fluide, plusieurs personnes, connues ou non des nouveaux arrivants, devisaient également. Leurs regards furent attirés par les nouveaux arrivants.

Il y avait là un visage connu de presque tous. Une blonde au port fier, en la personne de Simaya Sombreroc, participante décisive au combat contre Oaxaca. À ses côtés se tenaient Arthès Raisonvive et son éternel chapeau, ainsi qu’Egregor Carminès et son apparence pour le moins effrayante, yeux rouges luisants scrutant les arrivants. Non loin, un homme et une femme aux apparences pas banales : Sheeala d’Argentar et sa peau blème, trop pâle, ainsi que ses yeux roses et son visage d’ange. Et Ibn Al Sabbar, un homme du désert sans âge aux visage inquiétant, aux yeux d’or et à la main droite ornée d’une sorte d’œil ceint d’or. Non moins original, un dernier être se tenait un peu à l’écart, un bandeau rouge sans bordé d’or accordé à sa tenue barrant ses yeux. Triman était là, mèche blonde rejetée sur l’avant de son visage, cornes d’onyx terminées d’or et oreilles longues et pointues. D’une apparence jeune et presque androgyne. Ils étaient vraisemblablement des résidents d’Aliaénon.

Le Capitaine Atsuhiko se racla la gorge pour attirer l’attention de chacun, et lorsqu’il l’eut, discourut d’une voix claire et forte :

« Gens d’Aliaénon, aventuriers volontaires, nous sommes ici rassemblés pour enquêter sur un fait d’une importance majeure et inexplicable : la destruction de la milice et de tout ce qu’elle abritait par un souffle puissant d’origine inconnue provenant du fluide menant sur Aliaénon. Une chose normalement impossible par nos connaissances actuelles des fluides spatiaux. Nous pouvons conclure de l’événement deux choses : premièrement, le passage vers Aliaénon est peut-être dégagé. Secondement, le monde derrière le fluide est sans doute en grand danger. Aucune entreprise n’a été menée jusqu’à votre arrivée : nous devions nous assurer qu’une force conséquente soit présente pour accueillir un éventuel danger, et pour pénétrer le fluide afin de résoudre cette affaire. Pour ce faire, je me suis porté volontaire pour passer le fluide en premier lieu, afin de vérifier qu’aucun danger mortel n’attende derrière. Je vais y pénétrer. Si je ne suis pas revenu d’ici cinq minutes, c’est que j’y ai laissé ma vie. Vous devrez alors être d’une extrême prudence. »

Sans attendre, il avança vers le fluide. Il jeta un dernier regard à chacun, déterminé, et opina du chef avant de pénétrer… Il disparut instantanément. À peine une dizaine de secondes de tension silencieuse plus tard, il reparut, visiblement soulagé.

« Le passage est ouvert. Et vous êtes même… attendus. Formez une chaîne reliée de vos mains, et traversez le fluide spatial. Résolvez l’énigme du souffle, et voyez si cela peut occasionner un danger pour Yuimen. Ce sont vos missions principales. »

Des regards mécontents fusèrent vers lui de la part des habitants d’Aliaénon. Ce n’était pas leur mission principale, à eux. Atsuhiko ne se laissa cependant pas démonter.

« Il me reste à vous souhaiter bonne chance, aventuriers. Revenez-nous victorieux. »

Et il laissa chacun prendre sa place dans la chaîne, et le groupe traverser le fluide.


[Suite de la màj et consignes dans « La Plaine d’Or » sur Aliaénon]

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Mathis
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Re: La Milice

Message par Mathis » sam. 17 sept. 2022 19:32

À ma grande surprise, le portier me reconnut. Non que je doutais de mon efficacité lors de ma mission dans le monde d’Aliaénon, mais cela, c’était déroulé, il y avait quand même plusieurs années. Je fus tout de même flatté de ce fait et j’entrai fièrement à l’intérieur de la palissade. Praline me suivit de son pas souple et léger. Mon sourire disparut lorsque je vis qu’il ne restait rien du bâtiment de la milice. Aucun mur en place, ne serait qu’un petit pan. L’effondrement était complet, comme si une forte tornade était passée par là. On n’y voyait que des débris. Je laissai vagabonder Praline qui était probablement à la recherche d’un quelconque rongeur alors que je cherchai une ouverture vers les caves. Lorsque je trouvai la descente, je l’empruntai et elle me conduisit vers une boule géante boule brumeuse flottant au-dessus du sol. Tout autour de ce fluide, je vis des visages connus, plus familiers pour certains. Je reconnus Arthès qui nous avait grandement aidés sur Nagorin. Puis Egregor avec qui j’avais fait une grande partie de la mission et que j’avais sauvé d’une mort certaine à Esseroth. Il y avait aussi Xël que j’avais croisé et puis le capitaine de la milice, le capitaine Atsuhiko. Pour les autres, je les avais surtout entrevus à quelques reprises sans vraiment les côtoyer. Je me dirigeai immédiatement vers le capitaine qui m’avait fait signe de le rejoindre dès qu’il m’aperçut.

Prenant un air grave, il me dit apprécier ma présence en ce lieu, me donnant le titre de Sauveur d’Aliaénon.
Le saluant de la tête, je répondis :

« Oui, ça fait longtemps. Après Aliaénon, j'ai répondu à l'appel du Roi de Kendra Kâr et je suis parti en mission afin d'enquêter sur de mystérieuses aurores. Et cette mission s'est avérée plus longue que prévue... comme toutes les missions. Puisque vous faites appel à moi, après tout ce temps, j'ai supposé que c'était d'une grande importance. Ainsi, je venue ici, le plus rapidement possible. »

Il m’expliqua alors sans tarder ce qui s’était passé, enfin, ce qu’il en savait. Le fluide vers Aliaénon avait été fermé suite à la destruction du lieu qui abritait la Tour d’Or. Ce fut ma première surprise... la tour d’Or détruite. Cette affirmation m’amenait à un lot de questions que je taisais pour le moment attentif à la suite de ses explications. Donc, dernièrement, un terrible souffle était sorti du fluide, détruisant sur son passage, non seulement le bâtiment de la milice, mais tous les autres fluides qu’il abritait. Cet étrange phénomène n’était pas censé se produire. Une fois qu’il eut terminé, je me permis de questionner.

« J'étais absent lors de la destruction de la tour, mais j'en ai eu vent à mon retour...J'avoue ne pas m'y connaître en fluide, pardonnez mon ignorance, mais qu'est-ce que ça signifie et qu'est-ce que ça implique que tous vos fluides soient ainsi balayés ? Donc sachant que je ne possède aucun fluide et que je ne pratique pas la magie, dites-moi comment puis-je vous être utile. Je tenterai de vous prêterai main forte au maximum de mes capacités. »

Sans attendre, il m’expliqua que l’absence des autres fluides coupait les liens qu’ils avaient avec les autres mondes…à l’exception d’Aliaénon, bien sûr, puisqu’il était encore là.


Et puis, normalement les fluides ne laissaient passer que les êtres vivants, avec leurs équipements bien entendu. Que le souffle y ait passé constituait une contradiction de leur connaissance des fluides. Ils avaient jugé trop risquer d’y pénétrer seuls, ils prévoyaient attendre les aventuriers répondant à l’appel avant de s’y risquer. Je m’étais rendu là bien conscient qu’il y aurait des risques pour ma survie. Je hochai donc la tête en affirmant :

« Je suis prêt à prendre ce risque. »

Il me remercia, précisant qu’il ferait les premiers pas afin de s’assurer que le portail ne mènerait pas à la mort. Je saluai ce signe de bravoure plus que digne de sa position de capitaine.
Je jetai un bref coup d'œil aux gens d'Aliaénon, leur faisant un signe de salutation de la tête, avant de demander au capitaine.

« Pardonnez ma curiosité, mais ces gens d'Aliaénon, étaient ici avant le "souffle" ou bien c'est celui-ci qui les a apportés ici ? »

Il me répondit qu’ils s’étaient retrouvés ici en fuyant l’effondrement de la tour d’Or, et dans l’impossibilité de retourner suite à la fermeture des fluides.

J’acquiesçai de nouveau.

« Je comprends mieux à présent. »

Comprenant que nous avions fait le tour du sujet, il m’invita à saluer les gens d’Aliaénon.

« Si vous en avez terminé avec moi, oui, il me tarde de les voir après tout ce temps. »

Puis j’hésitai un moment avant de l’interroger de nouveau.

« Je ne vois pas Honoka, la princesse de Fan Ming, qu'avez-vous comme dernières informations à son sujet ? »

À ma question, il dirigea son regard vers le sol. Il n’avait eu aucune nouvelle depuis la fermeture du fluide. Il ne savait ce qui lui était arrivé, mais vu qu’elle était présente sur les lieux au moment de l’effondrement, il avait peu d’espoir pour sa survie.
Je demeurai songeur un petit moment. J’avais bien connu la princesse lors de mon périple en Aliaénon. Je ne fis aucun commentaire, mais connaissant sa force, je gardais l’espoir qu’elle soit encore en vie.

Le capitaine me donna congé me précisant qu’il serait disponible si j’avais des questions. Je le saluai et je me dirigeai tout droit vers Egregor. Ce dernier vint à ma rencontre et posant une main ferme sur mon épaule gauche, il me souhaita la bienvenue.

« Merci Egregor. Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider. Mais si je comprends bien, on ne sait pas si on peut traverser le fluide... et si on y arrive, on ne sait pas ce qui nous y attend ? »

Ce qu’il confirma, tout en fermant ses poings, exprimant sa rage vis-à-vis son impuissance à ne pouvoir venir en aide aux siens.

« Et vous étiez ici, lorsque s'est arrivé ? Je parle du souffle et de la destruction du bâtiment. »

Il me répondit par la négative, il cherchait un autre moyen de revenir sur Aliaénon, sans succès.

« Et à votre connaissance, y a-t-il eu des témoins de ce souffle ? Avez-vous eu des informations supplémentaires à ce sujet ? »

Il savait que les miliciens qui se trouvaient à la milice au moment fatidique étaient apparemment presque tous morts.

« D'accord, je vous en remercie. Il ne reste donc plus qu'à attendre, je suppose. »

Puis, ce grand colosse, dont la stature, la couleur de ses yeux et son tempérament colérique pouvaient en intimider plus d’un, me demanda de lui faire la promesse de soutenir sa cité, comme je l’avais fait la première fois.

Même si j’avais eu une mauvaise expérience à notre toute première rencontre, j’avais appris à le connaitre. Et je me permis d’être franc.

« En fait, je promets de venir en aide à Aliaénon en général, et votre cité Esseroth est incluse bien entendu... mais pourquoi me parlez-vous de votre cité seulement et non des autres. ? Y a-t-il quelque chose que je devrais savoir au sujet d’Aliaénon depuis mon départ ?

Il m’expliqua que sa cité, Esseroth avait été celle qui avait le plus souffert de la guerre à laquelle j’avais participé. Et puis, c’était les siens. De plus, il accusait le sans-visage d’être à l’origine de cette catastrophe, et il voulait le faire payer pour tous les dommages causés. Sa rancœur, bien légitime, était bien tangible.

Je pris un court temps de réflexion avant de lui répondre :

« D'accord. Puisque vous êtes un des citoyens d'Aliaénon que je connais le plus,
puisque je ne peux pas être partout à la fois, et que je devrai de toute façon, sans doute, faire un choix,
puisqu'il y aura d'autres aventuriers qui pourront venir en aide aux autres cités,
je vous promets de vous soutenir, Egregor et votre cité en priorité... mais je me permets d'émettre toutefois une réserve.»


Je me permis tout de même quelques secondes afin de prendre le temps de mettre en paroles ma pensée.

« Je vais vous aider tout en respectant les valeurs qui font de moi ce que je suis. Je ne trahirai pas Honoka si elle est vivante...à moins qu'elle ne soit plus celle que j'ai connue. Je ne tuerai pas un des aventuriers ici, qui demeure notre allié, à moins bien sûr que l'un d'entre eux soit un traître ou tente à ma vie. »

Je fis un bref arrêt cette fois avant de reprendre.

« J'espère que ma réponse ne vous déçoit pas. Mais je tiens à être honnête avec vous. »

Il n’était point déçu. Il voyait les gens nommés comme des alliés. Ce qui lui importait c’était la défense de sa cité.
Je lui offris donc mon sourire tout en lui affirmant :

« Alors c'est décidé, je serai à vos côtés contre l'adversité. »


Il mit alors sa lourde main sur mon épaule. Il me faisait pleinement confiance. Je le saluai de nouveau, puis me dirigeai vers Xël.
Une fois à sa hauteur, je lui demandai :

« Xël ? C'est bien toi ? Pardonne-moi, mais il me semble que tu as changé depuis la dernière fois. »

Sa première réaction fut de me dévisager un bref moment avant de me répondre qu’il était bien Xël, mais qu’il n’était pas certain de me reconnaitre, me demandant si j’étais présent à la bataille de Fan-Ming, tout en m’avouant qu’il n’avait pas retenu mon nom.

Je fronçai alors à peine les sourcils, un peu décontenancé qu'il ne m’ait pas reconnu, alors que moi, je m'en souvenais. Un garde tout à fait inconnu de la milice m’avait reconnu, alors que lui un aventurier ne se rappelait pas de mon nom.

« Oui, j'étais présent à Fan Ming. Mais j'étais aussi à Nagorin, en même temps que toi, nous avons évacué les Esserothiens qui y étaient tenus prisonniers en les évacuant sur chevaux ailés. Mais je comprends que tu ne t'en souviennes pas...c'était la toute première expédition sur Aliaénon. Je n'ai pas pu participer aux autres, car j'étais déjà en mission pour le roi de Kendra Kâr... »

En fait, je ne comprenais pas tant que ça qu’il m’ait oublié, mais je devais passer par-dessus ce fait. Et je comptais bien, une fois de plus, utiliser mes nombreux talents afin de venir en aide à Aliaénon.

Il se reprit en expliquant qu’il s’était passé beaucoup d’événement et qu’il avait rencontré beaucoup de gens depuis. Il me demanda de ne pas lui en vouloir et que cela lui revenait à présent tout en m’offrant un sourire.

Je n’étais pas complètement convaincu de ses dernières paroles, mais puisqu’il avait fait amende honorable, je décidai de passer l’éponge et de taire mon orgueil peut-être mal placé.

Je souris à mon tour, lui signifiant ainsi que je ne lui en voulais pas. Nous interrompîmes notre discussion suite à l’arrivée de quatre autres aventuriers.

Le premier que je vis fut un oudio de haute stature. J’en avais encore jamais vu, mais connaissait leur existence pour en avoir entendu parler. Je fus par contre surpris de la couleur sombre de son écorce comme s’il avait subi les affres du feu. Seules deux lueurs orangées apportant un peu de couleur à toute cette noirceur. À sa suite vint un jeune homme d’une allure plutôt banale, d’une taille inférieure au premier, tout en étant assez svelte. Vêtu d’armures légères et ayant des dagues à sa ceinture, je supposai qu’il possédait des habiletés similaires aux miennes, quoiqu’une arbalète en bandoulière dévoilait des capacités d’archer, aptitudes toujours appréciables. Puis vint une jolie femme que je reconnus de premier coup d’œil comme étant la passagère qui avait partagé le même Cynore que moi pendant le voyage à partir de Kendra Kâr. Tout comme le jeune homme la précédent, elle était équipée d’armures légères d’un matériau qui m’était inconnu. Le dernier fut un autre humain, d’un âge semblable au mien, aux épaules larges. Mais ce qui le distinguait de la masse n’était pas sa chevelure blonde, mais plutôt ses yeux vairons en amande trahissant sûrement une origine Ynorienne.

Je détournai mon attention lorsque le capitaine Astuhiko prit la parole. J’en connaissais une partie, mais j’écoutai tout de même attentivement son discours afin de prendre en note les informations supplémentaires. Il s’agissait d’enquêter sur la destruction de la milice provenant d’un souffle en provenant d’Aliaénon. Afin de vérifier la sécurité du passage vers Aliaénon, il se porta volontaire de le traverser le premier, nous recommandant une prudence extrême s’il n’était pas de retour au bout de cinq minutes.

Cela dit il s’exécuta. Le silence régna alors dans la salle et dura dix secondes puisqu’il réapparut. Comme beaucoup d’entre nous, je poussai alors un soupir de soulagement. Il nous informa que le passage était ouvert et que nous étions attendus.

Sans perdre une seconde, je ramassai Praline qui m’avait rejoint depuis un petit moment. Je m’avançai vers le fluide, tenant fermement Praline de mes deux bras, Egregor mit un bras sur mon épaule afin de créer la chaine comme recommandé par le capitaine. J’accordai un dernier regard à celui-ci, le saluai d’un signe de tête, puis, je fis un pas et entrai dans le fluide.

((( Ayant Praline dans les bras, je présume que soit Mathis est au tout début de la chaine, ou bien que l’aventurier le précédent allonge son bras pour atteindre l’épaule libre de Mathis. )))

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Jorus Kayne
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Re: La Milice

Message par Jorus Kayne » dim. 18 sept. 2022 14:41

II L'art de bien se faire entendre.

Cauchemar en Aliaénon : Oranan I


Face à moi, le garde ne semble pas savoir comment réagir. D’ailleurs moi non plus. Si je ne suis pas le seul à vouloir pénétrer à l’intérieur de la milice, l’arbre sur lequel j’avais remarqué un visage, se meut, avec des bras et des jambes.

(Mais qu’est-ce que c’est qu’ce truc encore ?)

(Je crois bien que c’est un palétuvier !)

(Non mais c’est pas ça que je te demande. Là, cet arbre, il bouge, il a un visage…humain.)

(C'est sûrement un Oudio !)

(Tu m’agaces avec tes arbres ! Je veux pas savoir si c’est un palétuvier ou un dio, je te demande…)

(Mais non, bouse de Brok’nud ! C’est un oudio ! Je vais te la faire courte pour pas que tu sombres dans tes délires. Vois ça comme un arbre vivant ou un individu à part entière fait de bois !)

Sortant de ma conversation mentale, une femme arrive et se présente sous le nom de Yliria Varnaan’tha et me salut personnellement. Je me retourne tout souriant, content de retrouver Yliria, mais ne croise qu’une femme, assez belle, à la peau sombre suivi d’un Ynorien dont la présence ne m'est pas inconnue. Je cherche du regard la semi-shaakt, mais c’est ma faéra qui me répond à une question qui s’impose en moi.

(Elle est devant toi ! C’est elle, Yliria. Je reconnaîtrais ses fluides entre mille ! Quant à l'Ynorien, il se nomme Akihito et était présent lors de la bataille de Kochii.)

"Mais quess que comment…" C’est à peine si je bredouille quelque chose d’intelligible. Elle est carrément méconnaissable et pour le coup, avec un certain charme plus féminin à présent.

Me tirant de ma contemplation, le soldat me reconnait enfin. Si ce n’est pas le cas d’Yliria et que l’homme qui la suit se fait nommer Yoichi-sama, j’en conclus qu’il a dû me reconnaître avec ma précédente venue sur Aliaénon. Je m'en retourne vers la nouvelle Yliria, juste avant que Atsuhiko ouvre la porte de la palissade, me faisant entrer moi et l’Oranais, et me saluant d’un signe de tête que je lui renvoie respectueusement.

(Au moins, Yliria aura calmé ta colère !)

(Mais l'Ynorien est Akihito ou Yoichissama ? Je suis perdu.)

Je m’attends à la voir débarquer la semi-shaakt juste derrière-moi, mais visiblement, il faut que le capitaine Atsuhiko s’occupe lui-même de présenter celle qui a semé la terreur parmi les morts durant la bataille de Kochii. Rapidement, j’oublie les quelques minutes précédentes. Face à moi, il ne reste rien de la milice Oranaise. Seuls des décombres mènent à un chemin plus bas, là où se trouve une sphère brumeuse, flottante à quelques centimètres du sol : le fluide menant à Aliaénon. Plusieurs personnes sont présentes. Je reconnais quelques visages d’Aliaénon, en particulier Simaya, présente durant la bataille de Kochii, mais aussi Xël, discutant avec un blondinet, assez bel homme je dois avouer.

Attendant d’en savoir sur les événements qui ont conduit à la destruction, le capitaine Atsuhiko, attire notre attention à tous. Il explique que la milice a été détruite par quelque chose venant d’Aliaénon, à travers le fluide. Il en conclut que le passage serait dégagé et que le monde de l’autre côté est en grand danger. Avant de tenter un passage de l’autre côté, Atsuhiko a fait venir des êtres connaissant le monde pour y investiguer, mais aussi prêt à affronter ce qui pourrait surgir si le premier voyage viendrait à attirer les problèmes à nous. Il clame vouloir être volontaire pour cette première tentative et sans attendre, traverse le fluide.

Je suis assez tendu, je dois dire. Je crains qu’un Titan ne soit à l’œuvre de cette explosion et si tel est le cas, nous pourrions devoir rapidement affronter quelque chose qui nous dépasse. Heureusement, le capitaine Atsuhiko revient une dizaine de secondes plus tard, avec un air soulagé. Il confirme que le passage est ouvert et prétend que nous sommes attendus. Ils nous invitent à nous rendre à l’intérieur en formant une chaîne et avant de partir, il nous demande de comprendre ce qui a pu causer la destruction de la milice et si un danger menace Yuimen.

Pas de temps à perdre donc. J’ai bien fait de préparer mes affaires en amont. Je me dirige vers le capitaine, tenant mon sac en main.

"Capitaine, pardonnez-moi de vous demander cela mais, pourriez-vous garder ceci pour moi ? Rien ne me sera utile de l’autre côté et il est préférable que je voyage léger! "

Je le salue de la tête et m’en retourne aux autres voyageurs. Je sais ce que peut arriver à quelqu’un qui n’est pas relié à une faéra. Je m’assure donc que mes voisins soient à mon contact, mais aussi celui de son voisin, avant de traverser le passage pour mon retour vers Aliaénon.

Je dépose un sac contenant :
Almanach de la flore d'Imiftil et de Nirtim
Almanach de la flore du Naora
Livre de techniques alchimiques de base
Carte du Naora
Laisser-passez Royal du Royaume de Sarindel
Bon à vie pour transport gratuit à la compagnie Air-Gris
Ainsi que la récompense matérielle du prochain commentaire:
Dague noire (Armes de mêlée à une main, Qualité artisan)
Brigandine de cuir brune (Armure légère, Haute qualité. )
2 épées identiques (Armes de mêlée à une main, Qualité ordinaire.)
Modifié en dernier par Jorus Kayne le jeu. 29 sept. 2022 22:17, modifié 3 fois.

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Akihito
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Re: La Milice

Message par Akihito » dim. 18 sept. 2022 20:57

Dans le chapitre précédent...

Evénement : Cauchemar en Aliaénon.

1.1 : Aliaénon.

Devant les ruines de la milice, le garde mit un temps à reprendre le contrôle de la situation. Tout d'abord, il finit par reconnaitre le Kendran, sans donner son nom. C'aurait été pratique pour Akihito et Amy prétexta ne pas s'en souvenir non plus.

(J'ai beau avoir la mémoire exceptionnelle des Faëras, je ne me souvient pas d'absolument tout non plus. Alors le prénom d'un type que tu as rencontré une fois il y a plusieurs mois... Oh mais attend... Tiens, une Faëra l'accompagne !)

(Lui aussi en a une ?)

(Il faut croire. Mais je suis certaine de ne pas l'avoir croisé elle.M'enfin, on a un nom pour notre ami : Jorus Kayne.)

Le militaire jeta ensuite un oeil circonspect à Yliria : apparemment, sa venue n'était pas prévue. Puis il s'adressa enfin à lui.

"Yoichi-sama, nous vous attendions. Le capitaine Atsuhiko va vous recevoir."

D'un geste, il ouvrit la palissade, laissant entrer le Kendran et lui-même, avant de regarder d'un air incertain l'Oudio et la semi-shaakte. Avec la guerre, la vie des non-ynoriens était devenue un peu plus tendue, surtout pour les races anciennement affiliées à Oaxaca. Et même s'il s'était porté garant d'Yliria plusieurs mois auparavant, le milicien n'était pas forcément au courant de ce fait. Et même si c'était le cas, on avait du lui parler d'une adolescente, pas d'une femme adulte. Le mage s'apprêtait donc à intervenir en sa faveur, quand une voix forte retentit.

"Vous refuseriez l’aide d’une héroïne de la Bataille de Kochii ? De la ‘Terreur de la Mort’ en personne ? Demoiselle Varnaan’tha, qu’importe la manière par laquelle vous avez appris nos soucis, votre secours est le bienvenu."

Le capitaine Atsuhiko venait d'intervenir. D'un claquement de langue, il avait donné sa désapprobation avant de laisser entrer Yliria, et l'Oudio en même temps. Le militaire était pour l'occasion intégralement équipé de son armure, comme s'il s'apprêtait à entrer dans un combat. Et c'était probablement le cas, vu l'état de la milice.

C'était simple, le bâtiment entier avait été réduit à l'état de gravats. Pulvérisé, purement et simplement. Une armée d'ouvriers consciencieux n'auraient pas fait mieux s'ils avaient eu pour but d'abattre un bâtiment le plus brutalement possible. Akihito serra un poing : ce qui avait soufflé la milice avait dû être soudain et inattendu... Des hommes et des femmes avaient forcément été ensevelis sous les décombres. Broyés sous des tonnes de pierre... Ce qui lui rappelait que trop vivement la scène de la porte écroulée lors du Charnier des Âmes. Le passage qui avait été déblayé vers les sous sols de la ruine lui rappelait aussi le même passage créé à travers le rempart écroulé, passage emprunté pour le diriger vers une mort quasi-certaine.

Mais Akihito avait désormais l'habitude de déjouer les probabilités; non pas qu'il se sentait invincible, mais il savait que ce qui semblait impossible à première vue ne l'était pas forcément. Il n'avait pas toutes les informations, voilà tout. Et les dieux seuls savaient... Non, même eux ne savaient pas ce qui l'attendait dans les prochains jours, puisqu'Aliaénon était un monde en dehors de leur influence. Autant dire qu'à part le briefing de Xël, il n'avait aucune idée de ce qui pouvait l'attendre.

... Si ce n'est que ce monde abritait des espèces très variées. Dans les caves éventrées et exposées aux quatre vents, une demi douzaine de personnes attendaient. Parmi elles, Xël qu'il connaissait bien était en pleine discussion avec un homme probablement Kendran : malgré ses cheveux blonds qui n'étaient pas commun à ce peuple, il exultait de lui une certaine aura suffisante et maniéré. Un noble, ou une personne habitué à usé de son physique. Et l'Ynorien ne pouvait pas lui retirer qu'il avait indéniablement du charme. Les autres, par leur apparence ou leur accoutrements, venaient sans doute d'Aliaénon comme la magicienne blonde en robe noire qui avait dit venir de ce monde en leur venant en aide contre Oaxaca. Son prénom, si Akihito se souvenait bien, était...

(Simaya Sombreroc. Oui bon elle, c'était difficile de l'oublier.) se justifia Amy, laissant à l'Ynorien le temps de détailler le reste de l'assemblée. Aux côtés de Simaya, un homme avec de longs cheveux noirs sous un chapeau à la curieuse forme toute en hauteur et une veste de fourure attendait, tout comme son compère à la peau sombre, aux yeux rougeoyants et à la carrure de Garzok. Et l'exotisme n'allait pas en s'arrangeant : un autre homme plus vieux, à la peau tannée et drapé de rouge et dont l'oeil d'or sur sa main lui rappelait étrangement le conseiller Gale; une femme au visage doux et lisse et à la peau si pâle qu'elle rendrait jalouse les Hinïonnes; et enfin, une dernière personne au sexe incertain mais qui arborait un bandeau rouge cachant ses yeux et une paire de cornes noires comme l'ébène recourbées de part et d'autres de sa tête.

"Gens d’Aliaénon, aventuriers volontaires, commença finalement le capitaine une fois tout le monde rassemblé, nous sommes ici rassemblés pour enquêter sur un fait d’une importance majeure et inexplicable : la destruction de la milice et de tout ce qu’elle abritait par un souffle puissant d’origine inconnue provenant du fluide menant sur Aliaénon. Une chose normalement impossible par nos connaissances actuelles des fluides spatiaux. Nous pouvons conclure de l’événement deux choses : premièrement, le passage vers Aliaénon est peut-être dégagé. Secondement, le monde derrière le fluide est sans doute en grand danger. Aucune entreprise n’a été menée jusqu’à votre arrivée : nous devions nous assurer qu’une force conséquente soit présente pour accueillir un éventuel danger, et pour pénétrer le fluide afin de résoudre cette affaire. Pour ce faire, je me suis porté volontaire pour passer le fluide en premier lieu, afin de vérifier qu’aucun danger mortel n’attende derrière. Je vais y pénétrer. Si je ne suis pas revenu d’ici cinq minutes, c’est que j’y ai laissé ma vie. Vous devrez alors être d’une extrême prudence."

Le fluide en question était l'étrange sphère brumeuse de bien deux mètres de diamètre qui flottait au centre de la pièce. La porte vers Aliaénon. Un fluide spatial, lui murmura sa Faëra, qui ne cachait pas sa curiosité alors que le Capitaine entrait d'un pas déterminé dans ce dernier, disparaissant instantanément dans la boule de magie mystérieuse. Akihito n'eut que le temps d'admiré le courage nécessaire à un tel geste que l'Ynorien ressortait déjà du fluide, indemne. Annonçant qu'ils étaient attendus et que tout semblait normal.

(Pour le moment,) pensa-t-il, alors qu'il joignait ses mains aux autres pour entrer en une file unique dans le fluide. La nervosité monta d'un cran en lui et là aussi n'eut-il pas plus de temps que de le constater : les premiers disparaissaient déjà dans le fluide.

"Il me reste à vous souhaiter bonne chance, aventuriers. Revenez-nous victorieux."

Les derniers mots du capitaine moururent alors que le monde autour d'Akihito se teintait d'un blanc immaculé.


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Yliria
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Re: La Milice

Message par Yliria » mer. 21 sept. 2022 00:45

<< Précédemment


Toute cette situation à l’entrée d’un camp me rappelait que trop bien un autre moment que j’aurai préféré effacer de ma mémoire. Si la réaction perdue de Jorus me tira un sourire pincé, celle du garde, elle me fit ciller et hausser les sourcils avant que je ne tique et ne lève les yeux au ciel alors qu’Akihito et Jorus, eux, furent invités cordialement à entrer. Il fallait que je fasse quoi pour qu’on me prenne un peu au sérieux ?

(Faut dire que t’as pas été prévenu par des canaux habituels. Ils ne doivent pas savoir que l’Opale surveille le coin.)

(C’est même certain, mais c’est tout de même frustrant de devoir encore et encore attendre d’être validée par un inconnu pour faire quelque chose.)

Et ce fut exactement ce qu’il se passa. Un soldat en armure arriva et réprimanda sévèrement celui en poste en me reconnaissant. Je haussai néanmoins un sourcil à l’évocation de « Terreur de la Mort ». Qu’est-ce que c’était encore que ça ?

- Demoiselle Varnaan’tha, qu’importe la manière par laquelle vous avez appris nos soucis, votre secours est le bienvenu.

Je hochai poliment la tête, reconnaissante de ne pas avoir à expliquer ma présence. Expliquer que l’Opale surveillait étroitement la région après la défaite d’Oaxaca n’allait pas leur plaire. Néanmoins cette histoire de Terreur me restait à l’esprit. De tous les surnoms qu’on m’avait affublé celui-là faisait vraiment bizarre. Et je ne voyais pas pourquoi on en était arrivé là.

(C’est mieux que la Crevette Incendiaire.)

(Personne ne m’a jamais appelée comme ça ! J’espère…)

(Demande à Akihito, lui saura sans doute.)

Je fis la moue, pas vraiment satisfaite de devoir demander des informations me concernant, mais je laissai couler, j’avais autre chose dont il fallait s’occuper pour le moment. A commencer par la milice… ou de qu’il en restait. Le bâtiment qui était là était réduit à un tas de gravats entourés de tentes alors qu’un trou béant s’enfonçait dans le sol, au centre duquel se trouvait un curieux orbe. Sans doute le fluide spatial dont on m’avait parlé. En descendant, je repérai Xël qui discutait avec un autre Kendran de haute stature, accompagné d’un chat. Il me semblait vaguement familier, mais je ne pus mettre le doigt sur la raison. D’autres étaient là, notamment une femme que j’avais aperçu lors du combat contre Oaxaca et qui devait sans doute être lié à Aliaénon, comme les autres, d’une manière ou d’une autre. Entre le type aux yeux rouges, la beauté de porcelaine et l’inquiétant aux yeux d’or, il y avait de quoi se posait de nombreuses questions sur ce qui se trouvait de l’autre côté du fluide. Je scrutai un instant les visages connus. Aucun ne semblait vraiment surpris et j’inspirai, gardant le dos droit alors que l’officier qui gérait tout cela se raclait la gorge, mettant fin aux conversations.

- Gens d’Aliaénon, aventuriers volontaires, nous sommes ici rassemblés pour enquêter sur un fait d’une importance majeure et inexplicable : la destruction de la milice et de tout ce qu’elle abritait par un souffle puissant d’origine inconnue provenant du fluide menant sur Aliaénon. Une chose normalement impossible par nos connaissances actuelles des fluides spatiaux. Nous pouvons conclure de l’événement deux choses : premièrement, le passage vers Aliaénon est peut-être dégagé. Secondement, le monde derrière le fluide est sans doute en grand danger. Aucune entreprise n’a été menée jusqu’à votre arrivée : nous devions nous assurer qu’une force conséquente soit présente pour accueillir un éventuel danger, et pour pénétrer le fluide afin de résoudre cette affaire. Pour ce faire, je me suis porté volontaire pour passer le fluide en premier lieu, afin de vérifier qu’aucun danger mortel n’attende derrière. Je vais y pénétrer. Si je ne suis pas revenu d’ici cinq minutes, c’est que j’y ai laissé ma vie. Vous devrez alors être d’une extrême prudence.

(Courageux…)

Après un regard déterminé adressé à l’ensemble des présents, il avança vers l’orbe et disparut. Je ne savais pas trop à quoi je m’attendais, mais l’absence d’effet lors de sa disparition avait quelque chose de réconfortant. Si les choses se passaient mal, il y aurait sans doute eu un quelconque signe.

(Pas sûr, les fluides spatiaux sont très particuliers. Ah et je conseille de bien t’accrocher pendant el voyage.)

(M’accrocher ? Pourquoi ?)

(Tu verras.)

Avant que je ne puisse rétorquer, l’officier revint finalement, assurant que le passage était dégagé. Il nous demanda de former une chaîne et nous indiqua notre mission : résoudre l’énigme du souffle et savoir si cela représentait un danger pour Yuimen. Voilà qui était on ne peut plus vague, mais le manque d’information semblait faire cruellement défaut à tout un chacun ici. Je suivis le mouvement, attrapai le bras le plus proche et le monde devint blanc.

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Re: La Milice

Message par Dracaena Paletuv » jeu. 22 sept. 2022 01:34

La mine confuse et déconfite de mon charmant abruti était un plaisir à observer. Je pouvais le voir regarder la lettre, encore et encore, les sourcils froncés, cherchant à trouver la petite bête, l'élément prouvant que c'en était une fausse. Pas de chance mon gars, c'était une lettre officielle... Enfin, je suppose ! Si la situation était fort amusante, valait mieux que ça ne dure pas trop : après tout, si j'avais pas de bol, la lettre était fausse, et si j'avais vraiment pas de bol, il risquait d'appeler quelqu'un confirmant que le destinataire originel n'était pas vraiment moi.

Néanmoins, l'expression de l'humain changea. Il jetait un regard plein d'espoir dans une direction autre que la mienne. Me tournant pour essayer d'apercevoir l'objet de son attention, v'la que je vis arriver un être de petite taille. Ca ressemblait à une humaine. Mais ça ressemblait aussi à une shaakte. Dur à dire, je n'en avais pas croisé beaucoup de ces bestioles la. En tout cas, lorsqu'elle s'approcha de nous deux, je fus pris d'une sensation de déjà vu. Impossible de dire pourquoi, mais quelque chose chez elle me rappelais l'ambiance de la forêt des Faëras.

- Yliria Varnaan’tha, je réponds à l’appel de la milice.

Oh. C'était une convoquée. Une vraie. Fallait espérer qu'elle ne me cherche pas des noises. En tout cas, son attention se porta sur un humain autre que mon charmant abruti, visiblement une de ses connaissances. Rien qui ne pouvait me concerner, tant qu'on ne remettait pas en question ma présence ici . Sans mentir, j'pouvais sentir le stress monter un peu, mais, heureusement pour moi, les humains étaient infichu de déchiffrer l'expression d'un oudio. En tout cas, tous ceux que j'avais connu.

Mais alors que j'hésitais à faire un coup de bluff pour débloquer la situation, un autre humain, vachement mieux habillé lui, débarqua. Le charmant abruti devint raide comme un tronc mort en le voyant, et fonça auprès de lui pour lui murmurer quelque chose, me pointant du doigt. J'étais prêt à mettre une de mes branches pas brûlée au feu qu'il s'agissait la du fameux « Capitaine Atsuhiko » de la lettre. C'était le moment décisif, le moment où fallait pas que j'me rate. Discours préparé à l'avance, bluff, confusion, j'me tenais prêt à sortir le grand jeu.

Sauf que...

« Vous refuseriez l’aide d’une héroïne de la Bataille de Kochii ? De la ‘Terreur de la Mort’ en personne ? Demoiselle Varnaan’tha, qu’importe la manière par laquelle vous avez appris nos soucis, votre secours est le bienvenu. »

Et il fit signe, en direction de l'humaine/shaakte, de le suivre. Direction où je me trouvais aussi. Sans réfléchir, j'emboitai le pas de la dénommée Varnaan'tha et me mis à suivre les suivre, elle et le capitaine. Personne ne dit rien. Personne ne m'en empêcha. J'eu même le temps de voir le charmant abruti commencer à dire quelque chose avant de se faire interrompre d'un simple geste de main du supposé Atsuhiko, lui faisant clairement comprendre de laisser faire.


…Incroyable. Un coup de chance incroyable. Rien à dire, rien à faire, juste, me taire et avancer, comme si je faisais parti de la scène, comme si j'étais réellement attendu.

Ce moment venait de rentrer dans mon top cinq des moments les plus chanceux de ma vie. Entre « avoir survécu à mon second feu de forêt » et « avoir survécu à mon troisième feu de forêt » !


Le bon capitaine nous fit passer l'une des grandes palissades qui devaient cacher le lieu de l'explosion. Il n'y avait qu'un bâtiment à moitié rasé, et plusieurs personne présente , la plupart levant la tête à notre arrivée. Je pouvais voir la surprise dans le regard de certain d'entre eux en me voyant, probablement des ignares qui n'avaient jamais vu un oudio de leur vie. Ou alors, c'était mes cicatrices de brulure qui les surprenaient. Tous ces regards, c'était un peu...angoissant. Mes relations avec l'extérieurs ayant fortement diminuées ces dernières années, fallait avouer que je savais pas trop à quoi m'attendre niveau réactions des gens de la ville. Y avait plus qu'à prier pour qu'aucun d'entre eux ne soit un charmant malpoli...ou abruti.

Mais je n'eu pas trop le temps de m'attarder en détail sur les visages présent dans la pièce, car j'aperçu quelque chose de...nouveau. Au centre des décombres, une sorte de boule de brume, épaisse, opaque, qui stagnait la. Pour citer l'un des doyens de ma communauté originelle : « Kessessé k'se bordel ?! » ?!

« Gens d’Aliaénon, aventuriers volontaires, nous sommes ici rassemblés pour enquêter sur un fait d’une importance majeure et inexplicable : la destruction de la milice et de tout ce qu’elle abritait par un souffle puissant d’origine inconnue provenant du fluide menant sur Aliaénon. Une chose normalement impossible par nos connaissances actuelles des fluides spatiaux. Nous pouvons conclure de l’événement deux choses : premièrement, le passage vers Aliaénon est peut-être dégagé. Secondement, le monde derrière le fluide est sans doute en grand danger. Aucune entreprise n’a été menée jusqu’à votre arrivée : nous devions nous assurer qu’une force conséquente soit présente pour accueillir un éventuel danger, et pour pénétrer le fluide afin de résoudre cette affaire. Pour ce faire, je me suis porté volontaire pour passer le fluide en premier lieu, afin de vérifier qu’aucun danger mortel n’attende derrière. Je vais y pénétrer. Si je ne suis pas revenu d’ici cinq minutes, c’est que j’y ai laissé ma vie. Vous devrez alors être d’une extrême prudence. »


Houla, attendez une minute , au risque de me répéter : KESSESSE K'SE BORDEL ?! Aliaénon ? Un souffle de fluide ? Des fluides spatiaux ?! Un autre monde ? Quoi?! Mais quoi ?!
J'avais entendu des légendes, et des histoires sur d'autres terres, loin de celle connue, mais j'pensais plus à des terres genre, de l'autre coté de l'océan ! Pas un portail fluidique interdimensionnel ! Une fois de plus, je remerciais Yuimen que les non-oudio étaient infichus de décrypter nos expressions faciales, parce que la j'étais complètement à la ramasse. Mais, à peine le temps d'accuser le coup de toutes les informations qui venaient de m'atterir dans la tronche que le capitaine Atsuhiko traversa la boule de brume.

Y avait un truc. Y avait forcément un truc la ? Genre, en vrai, un de ses potes soldats avait lancer un sort d'invisibilité sans qu'on s'en rende compte et Atsuhiko était toujours la, en train de se retenir de rire pas vrai ?! Je me trouvais juste en présence d'une blague incroyablement élaborée. Ou alors, j'avais mal compris la lettre, et en fait ,elle demandait à avoir des gens pour servir de public test pour un spectacle. Pour remonter le moral des gens après la guerre. C'est ça , hein ?!

Mais non.

Sous mes yeux ébahi, je vis le capitaine ressortir de la brume, l'air soulagé, et déclarer :

« Le passage est ouvert. Et vous êtes même… attendus. Formez une chaîne reliée de vos mains, et traversez le fluide spatial. Résolvez l’énigme du souffle, et voyez si cela peut occasionner un danger pour Yuimen. Ce sont vos missions principales. »

Mission ? Protéger Yuimen ? J'étais venu parce que la lettre mentionnait des histoires de fluides bizarres, mais je m'attendais à genre, un peu trop de fluide de feu qui avait fait pêter une barraque moi, pas un fluide capable de nous envoyer on ne sait où !!!!

Prit de panique, voyant les autres commencer à se tenir le bras, formant la fameuse chaine demandée, je me mis à avancer sans trop savoir ce que je faisais dans leur direction. Je sentis quelqu'un attraper me toucher le dos de façon un hésitante. Sans trop comprendre, essayant de me tourner vers cette personne, je senti mon bras se faire attraper. Presque par automatisme, mimant juste ce que je voyais, j'agrippai à mon tour le bras se trouvant devant moi, mes doigts cendrés s'enroulant dans un craquement distinct sur le poignet de cette dernière.

Il fallait que je parte, maintenant ! Il fallait que je leur dise que c'était juste un gros malentendu, que la situation dépassait tout ce à quoi je m'attendais, que je n'avais rien à faire ici, rien à gagner dans tout ç …..

Rien à gagner dans tout ça ?

...Mais non ?Mais en fait non ? Comment pouvais-je savoir ce que cette situation invraisemblable avait à m'apporter ? En bon comme en mauvais...
Après tout, je ne savais rien de l'endroit où nous devions nous rendre. Peut être que... peut être que ce qui s'y trouvait m'aiderait dans ma quête contre la nature elle même ? Peut être que la bas, j'obtiendrais des informations sur le feu et son fonctionnement ? Sur la façon de le modifier ?

Dans tous les cas, il était trop tard. Au cours de ce petit passage perdu dans mes pensées, je m'étais contenter de suivre machinalement le mouvement autour de moi. Et la, sortant de ma réflexion, je réalisai que j'avançais droit vers la boule de brume. A peine le temps de dire ou faire quoi que ce soit, que tout devint blanc autour de moi...


Par les flammes ayant dévorées mon corps, mais dans quoi je venais de m'embarquer, moi... ?

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Xël
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Re: La Milice

Message par Xël » jeu. 22 sept. 2022 21:10

Le milicien m’ouvre la porte, dévoilant les décombres du bâtiment dont il ne reste rien. Je trouve donc rapidement mon chemin, descendant des escaliers en ruines jusqu’au fluide spatial qui mène sur Aliaénon. Autour discutent de vieilles connaissances à moi qui ont tous réussi à s’échapper de la Tour d’Or. Arthès, Egregor, Ibn, Triman et enfin Sheeala et Simaya. J’al envie de courir vers elles pour les prendre dans mes bras mais je remarque Atsukiho qui me fait un signe de la main. Retenant mon désir de ressentir la peau de Sheeala je me dirige vers le capitaine qui semble soulagé et heureux de me voir.

« Naral Shaam n’est pas ici ? »

Je suis surpris car il n’a pour l’instant pas raté un seul voyage et c’est lui même qui avait annoncer la recherche de mercenaire au nom de la Milice d’Oranan après le réveil des Titans. Voir sa tronche me serait désagréable mais en même temps son absence m’agace. Il en sait bien plus que nous sur Aliaénon et son avis sur mes inquiétudes m’aurait bien intéressé. Le capitaine secoue la tête, il a bien essayé de le contacter mais il n’a reçu aucune réponse du dragon rose.

« Difficile de dire si je suis contrarié ou soulagé. Rien de nouveau depuis l’explosion ? »

"Rien, non. Nous n'avons pas osé prendre le risque de voir ce qui se passe de l'autre côté sans soutien de votre part... Ca sera une entreprise risqué. Concernant l'explosion, c'est du jamais vu : le souffle a balayé non seulement le bâtiment, mais également tous les autres fluides présents dans nos caves. Et... normalement rien ne peut traverser ce type de fluide, hormis les vivants et ce qui les accompagne. Je suis inquiet."

Je lui propose de lui explique ma théorie au sujet de Vallel mais je le préviens qu’elle me terrifie. Il blêmit, chose assez inhabituelle sur son visage, mais m’invite tout de même à lui raconter.

« Et si Vallel avait encore échappé à la mort ? Si il s’était à nouveau emparé de l’esprit d’un puissant mage comme il l’a fait avec Elurien ? Combien d’années ont pu s’écouler là-bas depuis la destruction de la tour ? 10 ans ? 30 ans ? Il aurait eu tout le temps de bâtir une nouvelle armée de monstres sur Aliaénon sans personne capable de l’arrêter. Peut-être que c’est lui qui est à l’origine de ceci et qu’il est venu retenter ce qu’il a échoué la dernière fois, envahir Oranan par ce portail. Cette idée m’empêche de dormir depuis des heures. »

Il argue que Vallel n’a jamais possédé un tel pouvoir mais que si il l’a acquis la situation est encore plus urgente et dangereuse. J’incline la tête et l’invite à en parler aux aventuriers qui se présenteront si ça lui paraît pertinent. J’en profite pour lui apprendre qu’Akihito et Yliria comptent participer à la mission. Il répond qu’il est déjà au courant pour le fulguromancien et semble ravi que la jeune Elfe s’allie à nous. Il se montre ensuite curieux, demandant ce qui me pousse à croire que Vallel est derrière tout ça.

« Ce n’est qu’un pressentiment. Mais je me dis aussi qu’il aurait la rage et la puissance suffisante pour trouver un moyen de se venger si il en avait l’occasion. »

Il ne semble pas vraiment convaincu et demande alors si il n’y a pas d’autres forces capables d’une telle catastrophe. Je lui explique que je n’en vois que deux possibles, le Sans-Visage ou les Titans.

« Difficile de connaître l’objectif d’entités aussi puissantes. Les Titans pourraient vouloir augmenter leur territoire. Le Sans Visage pourrait demander de l’aide contre eux… »

Répondis-je quand il demande pourquoi ils feraient une telle chose. Il espère alors que nous pourrons résoudre ce mystère rapidement et protéger Oranan d’un autre coup dur. Je lui assure que je ferai tout mon possible avant de me diriger vers les gens d’Aliaénon pour les saluer chaleureusement. Ils semblent tous contents de me voir et leur présence me rassure quant à mes craintes. Mon regard se pose sur Sheeala car j’ai beaucoup de choses à lui dire mais l’importance de ce qui se passe ici prends le dessus et c’est vers Simaya que je m’approche en premier pour lui demander si elle a un instant à m’accorder.

Elle m’accompagne avec un enthousiasme que je ne pense pas avoir déjà aperçu chez elle, contente de pouvoir rentrer chez elle. J’aperçois par dessus son épaule un regard en coin de la harpie et j’espère alors ne pas l’avoir froissé. Je réponds à Simaya, parlant de choses moins agréables qu’un retour à la maison.

« J’espère qu’il ne sera pas dans le même état que le Temple de Nagorin. Je voulais te demander… est-ce que tu as connaissance d’un mage ou d’un pouvoir qui aurait pu causer l’explosion ? »

Elle lève un sourcil curieux à mon commentaire sur Nagorin, en demandant plus sur le Temple avant de me répondre.

"Aucun à ma connaissance, non. Peut-être le Sans-Visage, peut-être les Titans. Je ne connais pas grand chose de ces fluides spatiaux, ou de leur fonctionnement."

« Il était comme… pourri. »

Dis-je après avoir cherché mes mots.

« Et ça semblait s’étendre. J’ai pu le voir en allant rendre la robe d’Orsan. »

Je poursuis ensuite, répétant à Simaya ma théorie sur un retour de Vallel, répétée plus tôt à Atsukiho. Elle me demande d’abord si je pense que le Sans-Visage est impliqué dans ce pourrissement avant de commenter mon hypothèse.

"Vallel... Je ne vois pas comment il aurait pu sortir des Landes Tanathéennes. La Mort n'est plus comme vous l'aviez connue, où les âmes erraient jusqu'à ce qu'elles aient la volonté de s'imposer à une nouvelle enveloppe... Ou s'y fondre."


Elle pose sur moi un regard ému et je sais évidemment pourquoi, elle pense à Finarfin. Je pose une main sur son épaule et lui adresse un sourire après lui avoir répondu que je n’en savais pas plus au sujet du Temple, les Ouessiens n’ayant pas voulu répondre à mes questions.

« Je pense chaque jour à lui et dans les pires moments c’est toujours lui qui me vient en aide. »

Elle inspire longuement, comme pour retenir sa tristesse.

"C'est une bonne chose qu'il t'ai choisi. Nul autre ne l'aurait mérité. Quant aux ouessiens, je ne sais que trop peu d'eux. Ils ont toujours eu un visage caché, dans toutes nos rencontres. Je ne leur fais pas confiance. Ils ont trahi les miens, autrefois, manipulés par Naral Shaam."

« Ce trouduc’, je m’attendais à le voir ici. »

Elle hausse les épaules, supposant qu’il a prit peur lors des derniers évènements.

« Ou qu’il prépare encore un sale coup dans son coin. Mais ce n’est pas le moment de penser à lui. Concentrons nous sur ton monde et ce qui a pu s’y passer en votre absence à tous. »

Elle acquiesce, affirmant qu’il tarde à tous d’y retourner, je l’interroge alors sur leurs idées concernant le souffle qui a réouvert le portail. Elle avoue ne pas avoir d’idées et qu’elle ignore même si c’est possible. Je lui fais un aveu similaire, expliquant qu’avec la guerre contre Oaxaca je n’ai pas pu me renseigné sur les fluides spatiaux malgré mon envie de le faire. Elle espère que son monde est vraiment accessible et que ce n’est pas une coïncidence si son portail est le seul encore à être encore présent. J’observe les autres personnes d’Aliaénon, demandant à Simaya si ils savent déjà qui va passer en premier. Elle secoue la tête, expliquant qu’elle n’est pas là depuis longtemps et que si ça tenait à elle, elle entrerait déjà dans le passage. Une réaction qui me fait avouer avec un sourire que je suis prêt à la suivre. Elle me rend mon sourire, je me demande si je l’ai déjà vu sourire, jamais, je ne crois pas. Aussi loin que je cherche dans mes souvenirs je l’ai toujours vu avec cette mine froide, sérieuse, grave, mais aujourd’hui elle est différente sur bien des aspects.

« Tu as l’air de te sentir mieux, j’en suis vraiment ravi. »

Je tends mes bras, désirant ardemment la sentir contre moi pour partager mon bonheur et mon émotion de la revoir. Elle s’y love amicalement, une accolade que je sens fraternelle, comme si je serrais une soeur dans mes bras. Nous restons un instant ainsi tandis qu’elle m’avoue aller en effet beaucoup mieux. Je profite de ce moment agréable avant de dire, amusé:

« Je vais aller distribuer d’autres accolades sinon je vais faire des jaloux. »

Elle me laisse partir avec un air amusée tandis que je m’approche d’Egregor, l’Esserothéen aux yeux rouges et à l’apparence peu avenante. Qu’importe, je le prends dans mes bras en plaisantant sur le fait que Yuimen lui a donné meilleur mine. Il me darde de son regard effrayant en rétorquant, presque hargneux, qu’il est plus que temps pour lui de regagner sa cité. Je lui donne une tape amicale sur l’épaule en lui promettant de lui ouvrir un portail si c’est possible pour qu’il regagne rapidement Esseroth. Je vais ensuite voir Arthès et son chapeau mémorable que je ne manque pas de complimenter. Il me donne une rapide accolade et me gratifie d’un sourire avouant que ça fait du bien de voir des visages connus venus aider.

« Ce n’est pas le moment de vous laissez tomber. »

Répondis-je en souriant avant d’ouvrir mes bras devant Sheeala pour l’enlacer avec plus de passion que les autres.

« Tu m’as manqué Sheeala. Content de te revoir. »

Elle y répond mais s’en dégage rapidement pour rétorquer.

"L'heure est grave, pourtant. Je suis inquiète pour le Royaume, laissé sans dirigeants. L'absence de la Trinité ne me dit rien qui vaille."

Elle plonge ses yeux clairs dans les miens. Je comprends son inquiétude. Sa cité se retrouve sans dirigeants alors que les tensions entre les différents clans ne sont sans doute pas apaisées.

"J'espère que notre dernière rencontre ne t'a pas trop troublé. Désolée de m'être ainsi laissée aller."

Je hausse brièvement un sourcil, surpris pas un tel aveu. Troublé ? Evidemment que je le suis, je passe rarement de telles nuits avec des Reines. Mais est-elle encore là-dessus ? Des regrets ? Vraiment ? Nous avons pourtant passés d’autres bons moments à Kendra Kâr, bien qu’ils aient étés très courts et moins passionnés. Je pose une main qui se veut rassurante sur son épaule et lui adresse un sourire sincère, vrai, comme si tout ces moments passés entre notre séparation et nos retrouvailles n’avaient pas existé. Ni la bataille de Luminion, ni celle de Kôchii.

« Tout va bien. »

Dis-je finalement pour lui annoncer à la fois que je ne suis pas troublé et que nous réglerons les troubles qui peuvent toucher son royaume. J’incline la tête puis me dirige vers Triman pour lui faire une courte accolade.

« Même toi petit cachotier je suis content de te voir. Qu’est-ce que tu as pensé de Yuimen ? »

Il me répond,neutre, à la Ouessienne, après n'avoir pas répondu à mon accolade :

"Il n'y a rien à voir, ici."

Quel trouduc’.

"Il n'a pas changé. Toujours aussi marrant."

Lâchais-je après un rire exagéré avant de serrer Ibn dans mes bras.

« Vous avez l’air en forme. »

La peau sèche comme le sable, les yeux creusés, la peau sur les os, il est loin d’avoir l’air en forme. Pourtant il l’est et il me saisit les épaules pour assurer que quelque soit la menace nous en viendrons à bout. J’incline la tête et me mets un peu à l’écart alors qu’un autre homme approche. Son visage me dit quelque chose et pourtant impossible de me souvenir de qui il s’agit. Il était déjà sur Aliaénon c’est certain mais je ne me souviens plus quand. Il m’interpelle et me demande si c’est bien moi, précisant que j’ai bien changé depuis la dernière fois.

« Oui. C’est bien moi. Tu étais présent à la bataille de Fan-Ming ? Ca fait un moment maintenant. Je crois que je n’ai pas retenu ton nom. »

"Oui, j'étais présent à Fan Ming. Mais j'étais aussi à Nagorin, en même temps que toi, nous avons évacué les esserothiens qui y étaient tenus prisonniers en les évacuant sur chevaux ailés. Mais je comprends que tu ne t'en souviens pas...c'était la toute première expédition sur Aliaénon. Je n'ai pas pu participé aux autres car j'étais déjà en mission pour le roi de Kendra Kâr..."

Mince alors, pourquoi je suis incapable de m’en souvenir. Je me souviens de Karz, de Eva, d’Armelle et de ses yeux bleus. Mais lui, plus aucun souvenir de son prénom. Ne voulant pas me montrer plus insultant je lui adresse un sourire.

« Il s’est passé beaucoup de choses et j’ai fait beaucoup de rencontres depuis, il ne faut pas m’en vouloir. Ça me revient maintenant. »

Nous sommes interrompus alors qu’il sourit à son tour. Le capitaine revient accompagné du reste de la compagnie. Akihito et Yliria ainsi que Jorus qui précède une créature étrange, peut être une invocation de Jorus qui se serait mit à la magie pour invoquer des élémentaires comme Yliria ?

Je salue ce beau monde d’un signe de la main avant que le capitaine ne prenne la parole pour nous expliquer aux arrivants ce qu’il m’avait déjà expliqué. Il ne parle pas de Vallel, j’imagine qu’il ne considère pas son retour comme une possibilité. Avec les propos que m’a tenu Simaya cela devrait me rassurer et pourtant j’ai toujours ce doute inscrit profondément dans mon crâne: « … et si il avait trouvé un moyen… ». Atsuhiko poursuit et annonce qu’il se porte volontaire pour s’assurer qu’il n’y a pas de risque à traverser. Je ressens une certaine jalousie mais je le comprends pour avoir passé beaucoup de temps avec les Ynoriens, c’est son honneur qui serait entaché si il nous jetait à une mort certaine. Il nous adresse un dernier regard avant de disparaître dans le fluide menant à Aliaénon.

Il ne disparaît qu’une dizaine de secondes où je retiens mon souffle. Soulagé, il nous annonce que le passage est ouvert et que nous sommes attendus. Nous écoutons les dernières consignes et c’est en nous tenant la main que nous remettons les pieds sur Aliaénon tandis que je tiens fermement la main de Simaya et de Sheeala.

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Silmeria
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Re: La Milice

Message par Silmeria » ven. 23 sept. 2022 03:35

Ma retraite s'était avérée être un cuisant échec. Le Palais de la Rose qui appartenait à Cromax grouillait maintenant de Garzoks et de bandits, de là à savoir s'ils s'étaient alliés ou s'ils partageaient temporairement cette place force... Je n'en savais rien. Lors que je m'étais présentée et qu'un gros garde avait éclaté de rire en me voyant, j'ai tout de suite disparue pour le laisser là, à se demander s'il n'avait pas forcé sur la bouteille. Moi qui m'étais promise d'arrêter l'Ombre Noire pour entamer une vie plus tranquille... J'avais de nouveau succombé à son pouvoir si attrayant. Mon ombre avait filé à travers la lande, à la faveur de la nuit pour ne reprendre totalement forme que sur un petit sentier, à l'abri d'un arbre solitaire.

La seule option, nettement moins réjouissante était de marcher seule vers Omyre, sur une route dévastée par la guerre et la débâcle d'une armée contrariée. Au creux de la nuit, je cherchais un itinéraire favorable, quelque chose de sûr et tant pis si ça rallongeait mon périple mais... Parfois il arrive certaines choses. J'ai connu bon lot de missions tordues qui me tombaient dessus sans prévenir, sous la forme d'un agent de Xenair, d'un corbeau porteur de message, de la milice, d'un espion allié ou ennemi... Aujourd'hui, la commanditaire de cette étrange enquête n'était que Cèles. Ma Faera.

Après toutes ces aventures avec elle, il était normal que j'accepte d'aller enquêter sur quelque chose pour elle. Après tout, ma petite boulette de fluides se montrait inquiète d'une " Putain de variation des fluides " pour reprendre sa prose ainsi que " Un merdier sans nom. Une apparition de... Fluide ? Une force folle ! Je suis sûre que là où elle est apparue, ça a dû souffler tout ce qui s'y trouvait. Ca serait amusant que ça soit dans un hospice, on pourrait aller voir et compter les morceaux ? Je compterai les rates ! Toi les foies. Et on pourrait voir si on peut étrangler un survivant avec un intestin ? Comme c'est super élastique, je me demande si ça casserait avant son soupir. "

Bien sûr, je la soupçonnais de mettre de l'humour noir pour faire avaler la pilule, mais ma Faera n'était pas du genre à s'inquiéter du malheur des gens sans trop de raison, pas plus que moi d'ailleurs.

Oranan n'était pas très loin, j'ai pu en l'échange d'une pièce me faire passer pour une voyageuse fatiguée qui souhaitait rejoindre les abords de la ville, un charretier et sa femme ont accepté de me conduire à l'arrière de leur chariot. J'en ai profité pour méditer un moment sur ce qui allait advenir. Je m'apprêtais à entrer dans Oranan. La Régicide, la Murène, l'ennemie du Royaume... Généralement je n'envisage d'entrer dans une ville que lorsque je suis complètement préparée, travestie en mendiante, en éclopée, en camelot, dissimulée quelque part. Je savais que c'était folie d'y entrer sans une préparation méticuleuse mais la à la faveur de la nuit, je pourrais sans mal me frayer un chemin. J'espérais toutefois ne pas me faire accrocher par une patrouille.

Le couple de voyageurs ne m'entendit pas descendre je crois. Je m'étais arrêtée à une centaine de mètres des murs encore perforés des assauts de la guerre, la puissante muraille d'Oranan n'avait pas encore été complètement renforcée et bien que les failles soient trop hautes pour qu'un grimpeur ne s'y risque, l'Ombre Noire me permettrait d'y entrer vite. De plus, il y avait fort à parier que je ne croise pas de gardes sur les toits. Je m'approchais des remparts en silence.

" Bon... Et bien nous y voilà. C'est ici que je ressens quelque chose. "
" En pleine ville. J'imagine que ça aurait été trop beau de faire ça dans une zone isolée et sans garde. "
" Hm. Tu sais ma Sissi, je te remercie, je n'osais pas trop en parler mais... Vraiment j'ai ressenti un grondement. Quelque chose de fort. C'est vraiment loin d'être anodin. "
" Tu crois que c'est le Gragon et Brytha qui revienne se battre en pleine ville ? "
" Noooon. Enfin, non. Regarde, la ville est calme. Ils profitent presque de pouvoir se reposer après ces semaines de sièges. On ne s'en remet pas comme ça, en un moins. Il n'y a qu'à observer toutes ces scarifications sur la muraille, les assauts des Garzoks, du Gragon..."
" Allons-y, je préfère ne pas attendre le lever du soleil, ce sera trop tard. "

Prenant une profonde inspiration, je laissais l'ombre noire m'envelopper, prête à me projeter sur le haut de la muraille.

Oranan de nuit était magnifique, j'ai toujours beaucoup aimé l'esthétique de cette ville même si je ne pouvais pas en profiter pleinement. Les lueurs des flambeaux éclairaient d'une langue de lumière les courbes des toitures, les lampions rouges et blanc à perte de vue donnaient l'impression que c'était une ville en fête. Un petit soupir sorti de mes lèvres. Aujourd'hui, je n'aspirais plus qu'à une vie simple, monotone, une vie de mortel... Mais sans le savoir, je me dirigeais vers quelque chose qui me dépassait. Qui nous dépassait tous.

Cèles me guidait pour trouver l'épicentre de la catastrophe. Le peu de souvenirs que j'avais de cette ville revint sans trop de mal, je reconnaissais quelques parfums, des bruits, des éclats de rire insouciants, le pas lourd des samouraïs lors d'une relève de garde. Le chemin que j'empruntais me conduisait directement vers la Milice d'Oranan. Celle-ci cependant, je n'en reconnus rien. Il n'était plus question que d'un trou béant dans le sol, ayant soufflé les épaisses murailles du batiment aujourd'hui remplacé par des frêles palissades de bois. Quelques gardes en poste filtraient les accès. L'absence de lumière dans les bâtiments autour me laissait présager qu'ils avaient été désertés en prévention.

" C'est ici. Là. Une source de magie puissante et... Inexplicable. Je ressens comme... L'énergie qui s'en dégage. Sans pour autant trouver une comparaison ou quelque chose pour te l'expliquer. "
" Il y a deux gardes en bas, un autre derrière la palissade... Je vais envoyer mon ombre, comme ça on sera fixée. " Disais-je à voix basse. La toiture d'Oranan et ses courbes exotiques n'étaient pas l'endroit rêvé pour entrer en semi-conscience, mais je savais qu'en m'allongeant convenablement, je ne risquerai pas de glisser et de m'échouer lamentablement dans la rue.
" J'ai l'image en tête, avoue que ça serait cocasse. "

L'ombre s'étirait, devenait tentaculaire, elle s'étendit pour porter ses yeux de néant jusque derrière la palissade où effectivement, un garde appuyé sur sa lance observait comme hypnotisé un feu de camp allumé devant lui. Les autres gardes, tous occupés, avaient tous les yeux dirigés vers l'extérieur, comme si personne n'osait vraiment s'approcher de la source de cette calamité.

Nauséeuse, je me relevais, essuyant les larmes noires qui coulaient sur mes joues. " Fichue corruption... J'ai l'impression que ça me tue à petit feu. "

Secouant mes doigts pour laisser tomber une larme noire accrochée à ma main, je me concentrais déjà pour visualiser un point d'ombre où je pourrais m'ancrer et descendre dans le cratère...

L'ombre se matérialisant comme un manteau par lequel mon corps apparu, je vis alors ce portail brillant dans l'ombre de la nuit. Il y avait comme... Une fente, une immense faille, plus grande qu'un homme, ses bordures de fluides magiques se dentelaient et ondulaient doucement dans le vide, comme un ronronnement silencieux qu'il me fallait troubler.

" Voilà. " Dit-elle, sans rien avoir à ajouter.

Je comprenais ce qu'elle me disait plus tôt. Si l'apparition de cette faille, bien que petite à l'échelle d'une ville pouvait souffler la caserne comme un jeu de carte, je n'osais imaginer ce que ça donnerait à plus grande échelle. Elle pourrait apparaître uniquement là où se trouvaient des fluides ? Ou allait-elle apparaître partout, comme des champignons après la pluie ?

Poussant un profond soupir, je tendais non sans appréhension ma main vers l'abîme...
La petite plume de la Mort.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


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