Le Castel Enulcard

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Yuimen
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Le Castel Enulcard

Message par Yuimen » mer. 3 janv. 2018 14:05

Le Castel Enulcard
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Vieux castel se situant à l'ouest de la ville ; il semble abandonné et vraisemblablement hanté. Pourtant, le grand domaine est habité par une très vieille Elfe sang-mêlé qui ne sort jamais du château.

Forces mercenaires ne s'acagnardent pas à piller de manière lente la vaste demeure, mais cependant, beaucoup ne reviennent pas du périple.

Il faut oser pour pénétrer dans cette gentilhommière immense et avoir beaucoup de chance pour en ressortir.

La rumeur raconte que l'unique seigneur du domaine a vécu fort longtemps ...

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Eldros Rougine
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Re: Le Castel Enulcard

Message par Eldros Rougine » sam. 6 août 2022 15:47

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Après avoir retrouvé le convoi, panser nos blessures et fait le constat de nos pertes humaines et matériels nous avons repris la route. Une fois de plus nous nous en tirions bien et je me félicite à nouveau de cette halte qui a servi à créer une cohésion de groupe. Au final nous avions surtout perdu du temps, nécessaire pour réparer les chariots menaçant de se briser avant d’arriver à destination.

Nous avions retrouver la route après quelques jours à suivre le flanc des Monts Sanglants et pouvions désormais poursuivre notre avancée sur un terrain plus propice aux chariots et ce sans essuyer une nouvelle attaque. J’étais même parvenu à échanger mon loup contre le cheval de Laggrat Gar. A dire vrai c’est elle qui l’a proposé, avouant qu’elle était plus à l’aise sur ces montures carnivores.

Nous ne sommes qu’à quelques jours de Darhàm quand j’aperçois des nuages menaçants venant du nord tandis qu’un vent froid et violent nous fouette le visage depuis le petit matin. Je sais déjà que la couleur sombre de l’horizon est de mauvaise augure. En mer nous aurions fait le nécessaire pour l’éviter, voir pour trouver une crique où s’abriter le temps que la tempête passe. Mais nous sommes au beau milieu d’une plaine et mon seul espoir est d’avancer le plus possible dans l’espoir de trouver un hameau ou une ferme où nous abriter. Je donne donc l’ordre d’augmenter la cadence, usant d’avantage les montures déjà épuisées et qui montrent leurs mécontentements par des hennissements et des grognements.

Hélas aucun abri ne se distingue à l’horizon et les éclaireurs reviennent au convoi avant d’être perdus dans la pluie torrentielle qui s’abat désormais sur la plaine. Elle transforme le chemin de terre en une boue poisseuse dans laquelle les roues s’embourbent. Le tonnerre gronde et les éclairs strient le ciel, effrayant les montures et inquiétant les voyageurs. L’orage se retrouve rapidement au dessus de nos têtes et nous avons tous le pied à terre pour alléger les charrettes et les pousser au besoin mais surtout éviter d’être les points les plus élevés de la plaine car la foudre tombe à plusieurs reprises heureusement assez loin pour ne pas faire de dégâts. Le bruit de la pluie, du vent et du tonnerre est assourdissant et même les chevaux en panique deviennent inaudibles. Je marche péniblement, de la boue jusqu’aux chevilles, le vent me repoussant en arrière. Une autre épreuve de Phaïtos et je ne me laisserai pas abattre. C’est quand un autre éclair illumine le ciel noir que je distingue notre salut. La silhouette d’un château qui se dessine au nord. Assez proche pour l’atteindre en moins d’une heure. Je hurle à Uthurg de s’approcher et lui désigne le bâtiment quand la foudre s’abat à nouveau. Par signes nous parvenons à nous comprendre et rapidement le convoi change de direction, quittant la route boueuse pour retourner dans les herbes sauvages en direction de ce château perdu au milieu de nulle part.

L’espoir de pouvoir s’abriter donne de l’espoir aux Garzoks qui redoublent d’efforts pour atteindre le lieu plus rapidement et nous arrivons bien vite au pied d’un vieux castel à l’allure abandonnée. Nous en poussons les portes pour pénétrer dans une cour dallée. Laggrat repère rapidement une écurie sur notre gauche et nous nous hâtons d’y mettre les montures et les chariots en sûreté tandis que mon regard s’élève vers les hautes tours qui me surplombent. Face à moi un bâtiment imposant dans lequel on peut pénétrer soit par une grande porte de bois mal entretenue face à moi ou par une plus petite à ma droite. J’observe le château et ses vieilles pierres grises avec un sentiment étrange que je ne saurais expliqué mais j’ai la certitude que je dois y entrer.

Je rentre d’abord dans l’écurie et m’assure qu’il ne manque aucun chariot avant d’informer que je compte visiter le bâtiment principal. Seul Laggrat et ses orcs désirent rester avec les chevaux, arguant qu’ils sont suffisamment à l’abri du vent et de la pluie pour les calmer et les reposer. J’incline la tête et retourne à l’extérieur pour traverser la cour en compagnie de ceux qui veulent me suivre. Je pousse à l’aide d’Uthurg la porte principale et pénètre dans un hall immense que je peux détailler quand un éclair éclate dans le ciel. Je me saisis de ma lanterne pour l’allumer et y voir plus clair, rapidement imité par d’autres Garzok et ma surprise est immense. Un sourire ravi se dessine sur mes joues car je comprends désormais que je ne suis pas arrivé ici par hasard.

Face à la porte se trouve deux immenses escaliers de marbre et de rambardes d’acier forgé permettant de gagner les étages supérieurs mais surtout, entre les deux escaliers qui se rejoignent plus haut, se trouve un tableau immense. Certes usé par le temps et l’humidité mais qui permet quand même d’y voir celui qui était sans doute le propriétaire des lieux. Mais ce n’est pas l’homme peint sur le tableau qui me fait sourire de satisfaction, un homme qui parait assez jeune et qui se tient fièrement debout, tenant dans sa main une rapière à la lame rouge sang ainsi qu’une garde sublime, d’un noir profond. Exactement la même que celle que j’aperçois dans mes visions. La lame est ici, Phaïtos m’a mené ici et je retournerai tout ce castel jusqu’à ce qu’elle trouve sa place, entre mes mains.

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Eldros Rougine
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Re: Le Castel Enulcard

Message par Eldros Rougine » sam. 13 août 2022 11:06

Le château me parait encore plus immense que ce que l’on peut percevoir depuis l’extérieur. Le double escalier imposant monte vers les étages en s’entrecroisant, trop haut pour que la lumière de ma lanterne soit suffisante pour éclairer le plafond. Je distingue, passant sous l’escalier, des couloirs menant à droite ou à gauche. Un grand lustre est suspendu au dessus de nos têtes, sans conteste de bonne facture, aux cierges consumés. On devine aisément la fortune du propriétaire rien qu’en parcourant des yeux la salle. Bien qu’il ne reste rien des tapisseries sinon des suspentes, de nombreux tableaux garnissent encore les murs, portraits, paysages ou représentations d’une chasse fructueuse, aux cadres dont la dorure perce encore par fins endroit la poussière à la lumière des flammes. Quelques trophées de chasse ornent le haut des portes, crânes ou têtes empaillées de cerfs, de sanglier ou de brok’nuds dont les tissus ont soufferts du temps, donnant une apparence d’outre tombe à la décoration.

Le groupe s’éparpille à travers le hall, inspectant le lieu sans oser toucher ce qui s’y trouve. Un groupe plutôt nombreux car beaucoup ont choisi de m’accompagner dans la vaste demeure. Y compris l’Oracle et ses sbires. A t-il comme moi ressenti quelque chose en se trouvant sous les hautes tours ou a t-il aussi vu la lame dans des visions ? Cette idée me fait darder un regard méfiant vers lui. Il le remarque et m’en adresse un semblable. Epreuve ou compétition ? Phaïtos se sert de ce château pour transmettre un message et l’ambiance qui règne ici fait peser une tension qui laisse deviner le dénouement qui va suivre. L’aspect lugubre du lieu, ce silence étouffant malgré la pluie battante que l’on entend sur le toit qu’on devine, perdu dans l’obscurité au-dessus de nos têtes et les volets qui claquent au vent. Pas un couinement de rat ou un battement d’ailes de chauve-souris ni même un bourdonnement de mouche.

« Que faisons nous ici ? »

Vient me demander Uthurg, son regard las devenu agité et inquiet. Voir ce tas de muscles craindre quelque chose me persuade qu’une chose inexplicable plane sur nous. Il n’est d’ailleurs pas le seul, tous sont fébriles, leurs mains crispés sur leurs armes.

« C’est une autre épreuve monsieur Bal-Grel. Voyez ceci. »

Lui dis-je en désignant la lame sanglante de mes visions sur le tableau en poursuivant:

« Cette arme m’apparaît chaque nuit depuis notre départ d’Omyre et voilà que nous sommes chez l’homme qui la possède ou possédait. Cette lame doit être mienne, c’est la volonté de Phaïtos. »

« Ridicule. »

Rétorque l’Oracle. La tension s’accentue tandis que je me rapproche de lui, la main sur le manche de ma lame. Quelques grognements se font entendre de son coté et du mien avant que je réponde à mon tour.

« Bien. Si vous tenez à trouver vous aussi la lame je suis certain que Phaïtos me laissera la prendre sur votre cadavre. »

« Ou peut-être que ce sera l’inverse. »

Nous nous défions du regard une poignée de secondes avant que je lui tourne le dos pour donner mes ordres.

« Séparez vous en deux groupes. Sentez vous libre de piller comme vous l’entendez. Nous partagerons le butin une fois dehors. »

Si sur un bateau pirate cette annonce aurait fait la joie des matelots elle est dans ce hall à peine fêtée. Les esprits sont trop accaparés par l’aura qui pèse sur nous. Quoiqu’il en soit, trois groupes se forment. L’Oracle s’éloigne avec ses cinq acolytes qui lui sont encore fidèles, prenant le passage qui passe sous les escaliers pour disparaître dans un couloir qui va vers la gauche. Un second groupe empreinte l’escalier pour rejoindre l’étage, composé de Obei, l’orc à la peau grise qui me suit depuis la forêt d’Ynorie, et de cinq autres Garzoks. Mon groupe, enfin, prend le couloir à l’opposé de l’Oracle, éclairant les murs à la lumière de nos lanternes et s’éloignant du bruit de la pluie qui tombe sur le toit. Je suis donc accompagné d’Uthurg, de son camarade Nàhkzog, de Amnok le forgeron et deux autres Orcs dont je n’ai pas retenu les noms.

La chasse à la relique est lancée et je refuse de sortir de ce château sans la lame qui m’a été désigné par Phaïtos.

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Eldros Rougine
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Re: Le Castel Enulcard

Message par Eldros Rougine » sam. 24 sept. 2022 21:39

Nous progressons dans un couloir large mais qui parait pourtant étroit tant il est long et étouffant. J’écarte de mon bras squelettique les toiles d’araignées assez épaisses pour cacher la vue, en partie parce qu’elles ont accumulées la poussière du lieu. Et c’est assez étonnant car aucune bestiole à huit pattes n’est présente, ni rats, ni vermines, comme ci tous les êtres vivants avaient quittés l’endroit.

Le couloir en lui même témoigne d’une richesse d’antan, des lustres sont suspendus au plafond haut. Le parquet, maintenant vermoulu, craque sous nos pas. Les murs sont décorés de tapisseries décharnées et de nombreux tableaux. Paysages, natures mortes, portraits… Ces derniers ont tous le même air de famille: visage fin, trait dur, l’air mécontent voir hostile. Je sens le malaise de certain derrière moi qui commentent à voix basse avoir l’impression d’être suivi du regard. Il est vrai que leurs regards agressifs sont incessamment sur nous même quand je regarde par dessus mon épaule pour les observer après les avoir passés. Pourtant je sais qu’il s’agit d’une technique de peinture, un tour de passe-passe d’artiste pour donner de la profondeur à son oeuvre. Je me souviens en avoir entendu longuement parlé lors d’un repas avec mon épouse quand je menais encore une autre vie, forcé de faire semblant de m’intéresser à ce qu’elle me racontait.
Pourtant la sensation que je ressens proche de ces peintures est bien différente, comme si les hommes, femmes et même animaux peints s’apprêtaient à surgir de la toile pour nous attaquer. J’ai beau fouiller dans ma mémoire, jamais ma femme ne m’avait fait part d’une telle ruse de peintre.

Derrière nous le bruit de la tempête s’atténue avec la distance que nous prenons vis à vis du grand hall tandis que nous arrivons à la première porte du couloir, sur notre gauche, face à un grand tableau où je reconnais le maître des lieux, toujours aussi jeune, les cheveux longs et noirs impeccablement coiffés, habillé d’une chemise de soie rouge et d’un gilet élégant orné de chaînes d’or, portant dans sa main droite un sceptre de bonne facture. Un homme beau et visiblement très riche mais quelque chose cloche avec son visage à l’apparence jeune. Son regard semble trop dur, trop sérieux pour un homme de son âge, comme si il avait vécu bien plus d’années qu’il ne semblait en avoir traversé. A son autre bras se tient une femme, jeune elle aussi, aux cheveux de jais et à la peau pâle, vêtu d’une robe ravissante qui ferait rougir de jalousie les plus riches femmes nobles de Kendra Kâr, ces grosses truies.
Elle semble heureuse et épanouie mais un peintre dessine ce qu’on lui demande de dessiner. Sans doute que c’était tout l’inverse, malheureuse à en crever d’avoir été forcée d’épouser un inconnu contre la promesse d’un héritage conséquent et probablement une réputation grandie pour la famille de la demoiselle. Derrière eux se tient le château, impeccable, grandiose, presque majestueux, une image loin de la demeure abandonnée que nous arpentons.

« Que faisons nous ? »

Demande Uthurg alors que je scrute chaque détail de la toile pour une raison que j’ignore. L’écho de sa question résonne dans le couloir auparavant silencieux, comme si nous étions dans une caverne. Le silence qui s’abat ensuite nous étouffe, même le son distant de la pluie qui s’écrase sur le toit n’est plus audible et après quelques instants un murmure traverse le couloir, venant de derrière nous et filant vers une porte un peu plus loin, tout au fond du corridor. Un chuchotement que mon esprit aimerait décrire rationnellement comme un courant d’air mais je sais pertinemment que ça n’en était pas un. L’instant d’après alors que les poils sur ma peau sont encore hérissés, c’est une musique qui résonne dans le château, venant de devant nous, de derrière cette dernière porte. Une musique de bal, invitant à danser, sons de violons, de tambourins et de luth. Les Garzoks dressent leurs armes, visiblement sur les nerfs. La surprise passée je m’approche vers la porte alors que la musique se poursuit, jouant son air entraînant et cessant soudain alors que j’ouvre la porte.

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