Les Ruines de la Cité d'Astérök

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Yuimen
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Les Ruines de la Cité d'Astérök

Message par Yuimen » mar. 2 janv. 2018 15:29

Ruines de la cité d'Astérök

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Cité d'Astérök à son apogée

La cité d'Astérök est sans doute la plus vieille cité construite par des Garzoks. Les légendes datent sa construction à plus de 26 000 ans, au temps de l'ère glacière. Les Garzoks, loin d'être les mauvaises créatures que nous connaissons à l'heure actuelle, étaient une peuplade indépendante, fière, et puissante. Cette cité servait de refuge à de nombreuses autres peuplades qui s'étaient égarées trop au Nord.
Elle fut détruite par une inondation due à la fonte des glaces des milliers d'années plus tard.

De nos jours, les Garzoks vont encore parfois en pèlerinage à ce lieu dont les légendes évoquent l'âge d'or de cette population. Cependant, loin d'être la fière cité qu'elle était, il ne reste plus que des ruines, une terre aplanie et rocheuse et, ça et là, des traces d'une civilisation. Mais le temps, les éléments et la nature ont repris leur droit sur cette vieille terre...

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Hatsu Ôkami
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Re: Les Ruines de la Cité d'Astérök

Message par Hatsu Ôkami » mer. 25 mars 2020 17:51

Au cœur des vestiges


Il fallut encore plusieurs jours au duo pour parvenir de l'autre côté des monts du massif. Hatsu surveillait Kraska du coin de l'oeil, le voyant s'affaiblir au fur et à mesure de leur avancée. Aussi décrétait-elle des pauses plus longues et plus régulières et des nuits plus reposantes, prenant toujours le premier tour de garde, plus long. Elle aussi fatiguait, mais elle n'avait pas envie de voir le Garzok mourir sur le chemin. Elle espérait que le vieux sage dont il faisait mention allait pouvoir lui venir en aide. Son épaule à elle avait largement eut le temps de se remettre de l'attaque de la Mantis. Elle avait fait en sorte de le ménager et, puisqu'aucune autre menace ne s'était jetée sur eux pendant le trajet, elle était persuadée que la gêne qu'elle ressentait encore ne serait bientôt qu'un mauvais souvenir.

Finalement, alors que le zénith réchauffait doucement les deux voyageurs, la cité leur apparut enfin, au loin. Kraska l'aperçut en premier et la pointa du doigt à Hatsu qui fixa aussitôt son regard dessus. Elle finit par apercevoir, au beau milieu d'une étendue rocheuse chaotique, les traces d'une ruine couvrant un large périmètre. Située en contrebas, ce qu'il restait de la cité ne payait pas de mine. Elle n'était même pas certaine qu'il y ait assez de murs pour former un taudis. Elle garda ses commentaires pour elle et emboîta le pas du Garzok. A vue de nez, il leur faudrait encore quelques heures avant d'attendre les premières ruines, aussi resta-t-elle vigilante. Elle prenait finalement conscience d'entrer véritablement sur le territoire d'Omyre, et les légendes qu'elle connaissait ne lui laissaient qu'une désagréable impression alors qu'elle foulait du pied les herbes éparses à moitié desséchées et la roche qui semblait rougit par le sang des temps anciens.

A perte de vue, elle ne semblait voir que désolation dénuée de toute vie. Les quelques arbres semblaient malades ou morts et même en cherchant, elle ne trouvait nulle trace d'une quelconque vie animale. Tout au plus un corbeau qui survolait la zone en croassant de manière insupportable. Elle plissa les yeux en examinant le volatile, mais il était bien trop haut dans le ciel et elle se retint d'essayer de le toucher d'une flèche pour le faire taire. Elle n'avait pas de flèches à dépenser inutilement et préférait surveiller les alentours. Ne rien voir en surface ne voulait pas dire que le danger ne rôdait pas. Les souterrains étaient peut-être infestés de créatures en tout genre dont elle n'avait même pas conscience ou même idée de leur existence. Qui pouvait dire ce que les marchands de morts d'Oaxaca pouvaient encore créer pour satisfaire leurs lubies macabres et dévastatrices.

Lorsque finalement ils atteignirent les premières ruines, Hatsu prit la tête de leur duo, arc en main, flèche encochée. Elle ne voulait pas courir le moindre risque et restait vigilante. Kraska, de son côté, semblait bien plus détendu, mais elle n'en avait cure, elle ne comptait que sur ses intuitions et son instinct. Elle tourna vivement la tête lorsque le cri d'un corbeau proche attira son attention. Perché sur un tas de pierre informe, il observait les deux voyageurs. La jeune femme jura entre ses dents en apercevant le volatile et ses trois yeux fixés sur elle. Elle savait que les corbeaux de Phaïstos étaient un mauvais présage et celui-là semblait fixé sur eux, elle n'aimait pas ça. Kraska n'en avait définitivement rien à faire et ignora le charognard.

Détournant finalement les yeux du volatile, la jeune femme reprit son exploration des ruines. Elles se concentraient davantage dans ce qui avait dû être le centre-ville. Les murs avaient davantage résisté, même si la vaste majorité s'étaient effondrés, et elle pouvait sans mal déceler les tracés des anciennes rues et des ruelles qui parcouraient la cité. Elle se demanda quel genre de catastrophe avait pu frapper la ville. Elle pensait en apprendre davantage en rencontrant le fameux sage dont parlait Kraska. Une fois de plus, le croassement d'un corbeau lui fit tourner la tête. Les suivait-il ? Elle fixa l'animal en plissant les yeux, sa flèche la chatouillant dangereusement.

- Nous sommes presque arrivés.

Elle tourna la tête vers Kraska et reposa son regard sur l'endroit où le corbeau se tenait. Elle ne vit que le vide et fronça à nouveau les sourcils, le cherchant du regard, en vain. Elle n'aimait pas ça. Elle suivit donc Kraska avec ses sens en éveil, prête à déceler la moindre présence inhabituelle. Après avoir bifurqué pour contourner un amoncellement particulièrement imposant de gravats, elle stoppa net et dirigea son regard sur la droite. Persuadée d'avoir entendu quelque chose, elle tendit l'oreille et scruta les alentours, tendues. Un mouvement fugace attira son œil et elle pointa aussitôt sa flèche dessus.

- Baisse ton arme, tu ne crains rien.

Elle jeta un œil au garzok en faisant une moue peu convaincue, mais abaissa lentement son arme, malgré tout. Émergeant des décombres qui les entouraient, deux autre garzoks, une shaakte et, plus étonnant, un kendran, se dévoilèrent. Ils semblaient tous connaître Kraska, mais la plupart observaient Hatsu avec un mélange de curiosité et de méfiance, exception faite du kendran qui la toisa d'un air étrange. La jeune Ynorienne jeta un regard interrogateur à Kraska qui ne s’embarrassa pas de présentations et continua sa route. Suivit par le quatuor, elle s'enfonça davantage dans la ville avant de tomber sur un agglomérat de toiles tendues, de planches branlantes à moitié rongées et de murs de pierre, dressés avec les moyens du bord. Dans cet entremêlas de bric et de broc, des outils, des objets pour vivre, un foyer encore fumant et un vieux Garzok aux yeux vitreux. Adossé a un mur, un long bâton d'un bois noueux posé à ses pieds, il semblait fixer Hatsu de ses yeux morts. Avant même que Kraska ne parle, le vieillard parla d'une voix étonnamment forte, bien que profonde et caverneuse.

- Bon retour parmi nous, Kraska.

Sur son épaule, un corbeau se posa soudainement en croassant. Il fixa Hatsu, la sondant de ses trois yeux sombres.

- Et bienvenue à toi, Fille des Loups.
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Hatsu Ôkami
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Re: Les Ruines de la Cité d'Astérök

Message par Hatsu Ôkami » jeu. 26 mars 2020 20:21

Hatsu resta immobile, les yeux écarquillés et fixés sur le vieillard Garzaok qui lui faisait face. Elle n'était pas certaine de ce qu'elle venait d'entendre. A ses côtés, Kraska lui lança un regard interrogateur, mais elle ne s'en occupa pas, toute occupée qu'elle était à détailler le sage qui semblait en savoir beaucoup. Beaucoup trop même. Même Loup semblait surpris et restait muet après les paroles de l’ancêtre. Avait-il dit cela parce qu'il connaissait son nom, ou bien parce qu'il percevait quelque chose que personne d'autre n'avait jamais perçu ? La jeune femme était perplexe et passablement suspicieuse face à des connaissances qui n'auraient pas dû tombé entre les mains de quelqu'un vivant à des semaines de marche de sa ville d'origine, voire n'aurait pas dû être dévoilées tout court, puisqu'elle et Loup étaient les seuls au courant. Elle se méfia aussitôt de ce Garzok qui pourtant désigna le sol devant lui, l'invitant à s'asseoir.

- Ne sois pas effrayée. Perdre la vue m'a donné une toute nouvelle vision du monde. Je n'en dirais pas plus si tel est ton choix. Mais tu es venue ici pour une raison, et je peux t'aider.

- Pourquoi m'aideriez-vous ?

- Parce que c'est mon rôle. Et que les différends entre les races ne m'intéressent guère. Le Destin se moque de cela et je fais de même. Souhaites-tu en savoir plus sur ce que tu recherches ?

- Oui. Mais Kraska a besoin de soin et je préférerais m'entretenir en.. privé, plus tard.

- Ainsi soit-il. Vient me voir lorsque la Lune aura passé son premier quart dans ce cas. Thomir, aide-là à s'installer veux-tu ? Vordt, force Kraska à se reposer, je m'occuperai de lui tout à l'heure.

Les intéressés, respectivement le Kendran et l'un des deux Garzok, obtempérèrent et la jeune femme suivit le Kendran jusqu'à un entrelacs de toile tendues et de planches maintenus entre elles par des cordes, formant un sommaire chapiteau où elle put poser ses affaires et installer sa couche pour la nuit à venir. Le jour déclinait déjà, mais la jeune femme avait encore quelques heures devant elle, aussi en profita-t-elle pour adresse une prière muette à Rana, ce qu'elle n'avait pas fait depuis les heures précédant la bataille de Luminion. Elle pouvait difficilement juger de l'intervention de la déesse sur le déroulé, mais elle ne cherchait pas à remettre en doute ses actions. Elle avait agis, et c'était tout ce qui importait. La voix grondante de Loup l'interpella lorsqu'elle sortit de sa prière, qu'elle faisait à genoux, les mains en coupe posées sur ses genoux.

(Vieillard sait. Intriguant. Odeur trop forte?)

L'idée que le vieux Garzok puisse sentir Loup via son odorat vit sourire la jeune femme.

(Non, c'est impossible, voyons. Peut-être est-ce un genre d'oracle, il a mentionné le Destin.)

(Pouvoirs étranges... méfiance.)

(Je sais, mais si je peux en apprendre plus, je dois prendre le risque, puisque tu refuses d'en parler.)

Loup n'essaya nullement de l'en dissuader, sans pour autant rebondir sur sa remarque. Elle avait compris qu'il n'intervenait jamais dans ses décisions lorsqu'elles ne concernaient pas une chasse ou tout autre attribution qu'il s'était lui-même fixé, alors même qu'il restait très vague sur le Pacte qui les liait. Se relevant, elle sortit de sa cahute de fortune et fit un tour rapide des environs. Les ruines de la vieille cité offraient une certaine protection contre les intempéries et le campement de fortune était bien caché, les protégeant d'éventuels curieux. Même si le lieu n'était guère propice à la vie quotidienne, faute de nourriture visible, elle pouvait aisément comprendre que certains s'y installent pour fuir et se cacher.

Lorsque la lune entama sa course dans le ciel, elle alla s'enquérir de l'état de son compagnon de route, le trouvant d'humeur maussade, le torse recouvert de tissus dégageant une forte odeur. La mine presque boudeuse du garzok tira un sourire amusé à Hatsu qu ne s'éternisa pas en le voyant ainsi et chercha le vieillard qui était toujours à la même place, son bâton désormais posé à sa droite. Il semblait préparer quelque mixture odorant dans un bol. Les plantes qu'il broyait avaient une odeur entêtante qui s'insinua rapidement dans l'odorat d'Hatsu, la faisant secouer la tête pour chasser la gêne. Elle patienta, laissant en silence le Garzok terminer son travail. Lorsqu'il termina, la lune avait atteint son premier quart dans le ciel. Il posa le bol devant lui et le poussa légèrement vers la jeune femme assise face à lui. Elle jeta un bref regard à la mixture avant de reposer ses yeux sur le Garzok qui prit la parole.

- Que cherches-tu ?

- Vous le savez, non ?

- Oui, mais toi, le sais-tu vraiment ?

- Je cherche un artefact dont j'ai besoin.

- Vraiment ? En es-tu si certaine ?

Hatsu se tut un instant, ne comprenant pas les dernière paroles du vieillard. Bien sûr qu'elle était certaine ! Elle avait entrepris ce voyage dans ce but, trouver ce carquois disparu, devenir plus forte pour faire face à son ennemi. Pourtant les paroles du vieux sage aveugle la faisaient remettre cette vision en perspective. Elle se demandait ce qu'il entendait par là ? Se fourvoyait-elle dans ses choix ? Elle était pourtant convaincue du contraire, certaine de prendre les bonnes décisions en ce qui concernait son voyage. L'air énigmatique du vieillard la fit froncer les sourcils. Ce qu'elle cherchait vraiment...

- Des réponses. Je veux comprendre, savoir ce que mon héritage représente et ce que je dois faire. Et cet artefact y est lié, d'une manière ou d'une autre.

- Dans ce cas, tu es sur la bonne voie. Laisse-moi t'aider.

Il poussa davantage le bol face à elle avant de prendre un petit morceau de bois fin qu'il enflamma en le posant brièvement dans le foyer. Il le tendit à Hatsu qui le prit sans comprendre, avant de suivre son instructions et de le plonger dans le bol. Rapidement, une épaisse fumée odorante s'en échappa. Une odeur encore plus entêtante que la mixture elle-même, qui la fit tousser.

- Inspire profondément. Détends-toi et inspire. Tu auras les réponses que tu cherches.

Elle hésita, mais la curiosité et l'envie d'en savoir plus furent plus fortes que ses appréhension. Elle prit le bol en main et inspira longuement, inhalant la fumée. Après deux ou trois inspirations, la tête commença à lui tourner et elle lâcha le bol en voulant se saisir de son arc, certaine d'avoir été dupée. Elle s'effondra finalement sans avoir pu faire le moindre mouvement cohérent, sombrant dans l'inconscience. Au dessus-d'elle, un croassement fut la dernière chose qu'elle put percevoir.
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Hatsu Ôkami
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Re: Les Ruines de la Cité d'Astérök

Message par Hatsu Ôkami » ven. 27 mars 2020 15:21

Elle avait l'impression de flotter dans un océan d'obscurité. Des flashs lui parvenaient, comme d'antiques images enfouies dans son esprit. Elle se réveilla en sursaut, le front perlant de sueur, à l'endroit précis où elle s'était effondrée, le sage la fixant toujours de ses yeux morts, le corbeau à nouveau sur son épaule. Elle se redressa, la tête lourde encore embrumée des vapeurs inhalées. La lune avait largement avancé sa course, descendant doucement vers l'horizon. La jeune femme ne comprenait pas ce qu'il venait de se passer. Elle était toujours là, vivante, un léger mal de crâne pour seul effet. Elle scruta le garzok, cherchant à déceler quelque chose dans son attitude, mais rien ne se dégageait de l'antique personnage.

- Ton esprit est semé de doutes...

- C'était quoi ça ? Vous m'expliquez avant que...

- Du calme, du calme. Il n'y a aucune malice. Ce n'est que médicinal.

- J'en ai assez entendu...

Elle se leva sans plus de cérémonie, déterminée à s'éloigner au plus vite de cet individu. Elle craignait un nouvel empoisonnement et se maudit de n'avoir pas été plus vigilante. Elle se sentait étrange et imputait cela à la fumée qu'elle avait inspirée, ce qui ne lui plaisait pas du tout.

- La réponse à tes questions te sera donnée cette nuit, si tu daignes écouter.

Elle se figea, retint une réplique cinglante et s'éloigna sans lui accorder un regard supplémentaire. Il s'était bien fichu d'elle et elle n'avait rien appris de particulier. Daigner écouter, quelle connerie ! Elle allait écouter quoi ? Son corbeau ? Énervée, elle passa devant Kraska qui discutait avec ses camarades garzok. Il la héla et elle tourna un regard ombrageux vers lui. Un léger silence prit place avant qu'il ne l'invite à se joindre à eux. Elle n'était pas d'humeur et allait pour refuser lorsqu'elle repensa aux paroles qu'elle venait d'entendre. Devait-elle vraiment y prêter attention ? Elle accepta finalement, désireuse malgré tout de trouver ce pour quoi elle était venue. Après tout, elle n'avait pas fait tout ce chemin pour rien. Les deux garzoks l'examinèrent avec une certaine curiosité teintée d'intérêt, mais un regard de leur compatriote leur fit comprendre qu'un geste déplacé serait vraiment mal venu.

- Nous parlions de la raison de ta présence ici. Une Ynorienne dans les terre d'Omyre ce n'est pas courant, encore moins accompagnée par un des nôtres.

- Ce n'était pas vraiment prévu non plus, mais une chose en entraînant une autre... J'ai un but et si on ne se met pas en travers je n'ai pas de raison de m'en prendre à qui que ce soit.

- Il nous a expliqué. Un fou, l'homme dont tu cherches l'héritage... Il aurait été un brave parmi les nôtres. Son histoire ne m'est pas inconnue.

Hatsu fixa aussitôt son regard sur le Garzok, totalement attentive à la suite.

- Cela fait quelques générations, mais il y a une histoire semblable concernant une passe, dans les montagnes. Une troupe d'un clan presque décimée par un seul homme et son animal. Pour certains cette passe est maudite depuis et les clans alentours l'évitent. Les morts semblent apprécier l'endroit depuis ce jour.

- Où ? Où est-ce ?

- Environ quatre jours de marche vers l'est, puis un vers le nord.

- L'homme, son corps, qu'est-il devenu ?

- Nul ne le sait, mais il y a une rumeur comme quoi une étrange femme blanche l'aurait emmené au royaume des morts en dispersant le reste. Enfin, ce ne sont que racontars pour moi, les humains sont pâles, oui, mais pas blancs.

Hatsu resta silencieuse quelques instants, afin de réfléchir à toutes ces informations. Ce ne pouvait être une coïncidence, elle devait trouver cette passe et essayer d'en savoir plus une fois sur place. Si ce qu'elle pensait était vrai, alors cette fameuse femme blanche était son ancêtre, une des Chasseresses avant elle. Elle n'avait pas de preuve et Loup restait muet à ses questions, mais l'idée ne lui paraissait pas impossible. Elle devait s'y rendre. Kraska l'observa pendant toute sa réflexion.

- Laisse-moi deviner, tu comptes t'y rendre ?

- C'est de la folie, cette passe est hantée, il faudrait être fou pour y aller !

- Je ne savais pas les Garzoks si superstitieux...

- Les esprits existent et nous ne pouvons rien faire contre eux. Nous ne sommes pas fous au point de nous sacrifier sans aucune raison.

La jeune femme eut une moue dubitative. Elle avait vu les Garzoks se ruer sur le mur de Luminion dans le simple but de mourir pour permettre aux autre d'avancer. Pour elle, c'était exactement la même chose. Sa décision était de toute évidence prise et elle était décidée à repartir dès le lendemain.

- Je t'accompagnes toujours.

Elle posa les yeux sur Kraska, qui n'avait pas bougé mais qui la fixait comme pour la défier de l'en empêcher. Les deux autres restèrent muets et ce fut la jeune femme qui prit la parole.

- Tu es blessé...

- Je n'ai pas payé ma dette. Et j'ai mon propre rôle à jouer.

- Comment le sais-tu ?

- J'ai eu la réponse à ma question.

Elle fronça les sourcils avant de finalement soupirer. Elle devait admettre que parcourir seule les terres d'Omyre ne l'enthousiasmait guère, et elle avait confiance en Kraska, ayant combattu avec lui. Après tout, il devait connaître la région.

- Soit, départ dans trois jours alors, que tu récupères.

- Je n'ai pas bes...

- J'ai aussi besoin de quelques jours, le temps de me préparer. Trois jours, alors profites-en.

Il grogna, mais elle fut intraitable sur la question. Elle voulait faire le vide et réfléchir de son côté, s'informer sur les dangers et chemins sûres. Elle devait connaître le terrain avant de s'y aventurer, c'était primordiale pour un chasseur. Les proies ne seraient pas forcément celles qu'elle pouvait imaginer, et elle voulait éviter d'en devenir une au beau milieu de ce désert de roche. Elle allait trouver cet objet, trouver les réponses qu'elle attendait et, pour cela, elle devait être prudente.
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Sirat
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Re: Les Ruines de la Cité d'Astérök

Message par Sirat » ven. 27 mars 2020 23:18

Nourrir un enfant de 8 mois et en plein cœur de l'Omyrhie n'était pas chose facile. Encore moins pour l'humoran, qui n'était pas habitué à ce genre d'exercice.
Les premiers cris de faim se firent sentir sur le sentier, Sirat dû les prendre en compte, car ils risquaient d'alerter toute la garde de la magicienne noire. Il lui fallut mâcher ses propres provisions afin de les rendre comestibles. Finalement, la petite n'était pas difficile. Car c'était une fille, il le comprit aussi très vite quand son plastron fut humide. Il râlait, pourquoi s'infligeait-il cela. Il devait régulièrement quitter le chemin pour éviter les patrouilles trop nombreuses. Il évita l'antre des exclus et le camp de la déportation. Aux loin, il observa la prison se perdre dans les brumes un frisson lui parcourut le dos et il s'en éloigna rapidement.

La nuit était tombée, il regardait la gamine qui s'était endormi après avoir babillé pendant trois heures. Il ne se fâchait plus, elle observait avec ses grands yeux son air taciturne et lui restait calme, inquiet.
Il n'avait plus de quoi la nourrir et la situation se compliquait, car chasser n'était plus possible avec ce poids entre les mains.

Il marchait, cela la berçait. Au début de journée, il avait passé le fleuve et se rapprochait de plus en plus de la frontière.
Un léger tapis de neige commençait à se déposer, c'est à cet instant qu'il aperçut les premières ruines. S'extirpant du sol d'ancienne fortification, fossile d'une cité s'érigeaient éparses autour d'habitations usées et trouées.

La végétation avait repris ses droits, ici-bas. Cette Kendra-Kar des montagnes étaient maintenant morte, mais à une autre époque...
Pour l'humoran et le bébé elle représentait une aubaine, un abri même partiel, leur permettrait de passer la nuit.
Il s'empressa de s'en rapprocher. Un mur écroulé lui offrait une entrée et il se glissa dedans. À l'intérieur de cette maison en ruine, le froid se faisait moins mordant. Il découvrit un peu la petite et la jaugea avec ses petites joues rosies par la température. Elle dormait et il la serra contre lui, tout en observant les alentours.
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Hatsu Ôkami
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Re: Les Ruines de la Cité d'Astérök

Message par Hatsu Ôkami » mar. 31 mars 2020 17:30

Une rencontre surprenante

Les trois jours ne furent pas de trop pour Kraska. Malgré sa hargne et son assurance, sa guérison avait été passablement ralentie par leur voyage et Hatsu avait bel et bien constaté qu'un départ plus précipité aurait pu être, à long terme, fatal pour le Garzok. Elle avait donc profiter pleinement de ces trois jours dans un confort précaire, mais bienvenue. Elle s'était longuement renseigné auprès des locaux sur les dangers de la région, les pièges naturels et les créatures qui pouvaient y résider. Rien de réjouissant, loin de là, mais au moins ne partait-elle pas à l'aveugle sans la moindre idée de ce qu'elle risquait de croiser. Elle étudia sa carte et y ajouta nombre d'éléments en fonction des indications qu'on lui donnait, notamment l'emplacement de la fameuse passe, la localisation d'un lieu nomme Antre des exclus qu'elle devait absolument éviter, de même que le camp de la déportation.

- Crois-moi, tu préfères être mise en pièce par un carnassier que de finir là-bas.

Le Kendran avait eu l'air mortellement sérieux en lui disant cela, aussi avait-elle suivi son conseil à la lettre. Discrétion et prudence seraient les maîtres-mots des prochains jours, voire semaines si la recherche devait encore s'éterniser. Elle avait hâte de trouver enfin des réponses et savoir qu'elle se rapprochait peu à peu la mettait dans une étrange euphorie qui la faisait se lever de bonne humeur malgré le froid et le temps maussade. Seule la perspective de ne rien trouver pouvait contenir son enthousiasme, mais cette idée ne restait jamais très longtemps et était rapidement remplacée par la projection de son futur après avoir réussi sa traque.

(Chasseresse devra faire un choix.)

Cette phrase, lancée par Loup comme on donnerait le beau temps pour commencer une conversation, l'avait surprise et elle s'était assise à l'écart pour en savoir plus.

(Un choix ? Quel choix ? Et ne me dis pas que ce n'est pas le moment, tu as entamé cette conversation!)

(Chasseresse toujours liée à la magie. Pas exception.)

(La magie ? Mais je n'ai rien d'une mage, Loup. Je n'ai pas ce don.)

(Pas encore. Cela viendra. Et tu auras le choix.)

(Mais quel choix?)

(De la puissance.)

Pour la jeune femme, cela n'avait aucun sens. Elle n'avait aucune affinité avec une quelconque magie et jamais elle avait entendu parler que qui que ce soit dans sa famille possédait un quelconque fluide. C'était si rare, après tout. Pourtant nul ne connaissait le rôle de la Chasseresse, oublié, aussi cela ne lui sembla pas si impossible. Saugrenu, certes, mais pas impossible. Elle se demanda si cela avec un quelconque lien avec ce fameux Pacte, mais, une fois de plus, Loup resta muet à ce sujet, ne dévoilant rien de plus à la jeune femme qui ne fit que ressortir frustrée d'une conversation qu'elle ne maîtrisait absolument pas.

Lorsque finalement elle et Kraska se mirent en route, la neige était doucement tombée quelques heures auparavant et une fine pellicule de neige recouvrait le paysage d'un manteau d'une blancheur presque trop éclatante. Ils se dirigèrent, après de rapides adieux, vers la sortie des ruines, marchant d'un pas tranquille, mais vigilant. Il leur fallut un certain temps et l'obscurité tomba rapidement, les surprenant tous les deux. Avec ce ciel gris et nuageux, difficile de déterminer l'heure de la journée, mais Hatsu ne s’attentait pas à être partie si tard. Elle se résolut néanmoins à continuer un peu afin de trouver un abri.

- Kraska, arrête-toi...

Le Garzok la regarda et suivit son regard. Au sol, de larges empreintes avaient tracé une piste jusqu'à une maison proche. Saisissant son arc, Hatsu fit un signe à son compagnon qui, empoignant sa hache, la suivit après un bref hochement de tête. Elle n'avait rien contre qui que ce soit, mais elle avait profité d'un peu de confort et d'une aide précieuse pendant ces trois jours, elle devait s'assurer que cette présence n'était pas une menace pour les quelques réfugiés. Elle leva la main et désigna la porte à Kraska qui, lentement, en étouffant ses pas, s'y dirigea à ses côtés. Les traces menaient droit vers l'intérieur et Hatsu risqua un rapide coup d’œil à l'intérieur. Une ombre, massive, semblait pencher sur quelque chose, dos à la porte. Elle fit le chiffre un avec son index et Kraska hocha la tête, raffermissant sa prise sur sa hache.Elle ne voulait pas créer de conflit, mais si menace il y avait pour les réfugiés, elle voulait l'empêcher de nuire au plus vite. Mais attaquer un simple voyageur ne l'enchantait guère, aussi prit-elle une décision qui pouvait s'avérer désastreuse si ma menace était bien réelle.

- Qui que vous soyez, posez vos armes bien en évidence et poussez-les vers nous puis retournez-vous lentement. Aucun mal ne vous sera fait si vous obtempérez.

Kraska lui lança un regard réprobateur, mais elle était sérieuse, elle n'allait pas attaquer quelqu'un à vue sans raison. Elle s'engagea à demi dans l'embrasure de la porte, pour être visible de son interlocuteur, et qu'il puisse constater qu'elle était armée.

- Que faites-vous dans le coin ? Ce n'est pas exactement un lieu propice pour un peu de visite.
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Sirat
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Re: Les Ruines de la Cité d'Astérök

Message par Sirat » jeu. 2 avr. 2020 09:51

Un bruit de rocher roulant sur le sol lui fit relever la tête. Derrière lui, quelqu'un venait de rentrer dans l'embrasure de la fissure. Un deuxième bruissement juste à côté, lui indiqua qu'ils étaient deux. Sirat s'était fait surprendre. Il enrageait d'avoir été si distrait. La fatigue et cet enfant avaient eu raison de sa vigilance. Une voix de femme s'éleva presque aussitôt dans la pièce froide et sombre. Elle lui demandait de déposer ses armes au sol et de se retourner calmement. S'il obtempérait, aucun mal lui serait fait. Des voleurs, se demanda-t-il, si s'était le cas, il n'avait aucune envie de le tuer sinon il ne se serait pas embarrassé de le prévenir et l'aurait attaqué. Elle lui demanda pourquoi il rôdait dans les alentours. Il se redressa doucement, mais garda l'enfant contre lui. Il pouvait se battre, mais le nourrisson le réduisait dans ses mouvements. Il devait être plus calme et voir à qui il avait à faire.

Si je me désarme madame, je n'aurait plus rien pour me défendre si vous en voulez à ma bourse. La politesse aurait été de se présenter en premier lieu, mais laisser moi me retourner lentement que l'on puisse se voir afin de faire connaissance.

Elle accepta la proposition, mais lui rappela de ne faire aucun geste suspect. Elle tenta de le rassurer en lui disant que son argent ne l'intéressait pas. Il esquissa un sourire et se retourna lentement, le bébé toujours langé contre lui.

Merci

Il observa la jeune femme qui se tenait devant lui. Une archère fine et élancée le menaçait de son arc. Brune avec de longs cheveux noués, elle avait un regard déterminé et fixait intensément sa cible. Elle se tenait droite, sur son mètre soixante-dix, habillé de vêtement simple, mais pratique qui cintrait sa taille. Quand elle vit l'enfant dans les bras de l'humoran elle baissa son arme. Interloquée, elle échangea un regard avec son compagnon, une peau verte de grande taille, athlétique. Il portait une grande tresse qui lui descendait dans le dos.

Je me nomme Sirat je ne suis qu'un pauvre hère qui cherche un foyer pour ce petit. Nous avons vu dans cette vielle ruine la possibilité de se protéger du froid. Et vous que faites vous ici, hormis votre ami, il est clair que vous n'êtes pas du coin

Il ne pouvait pas se présenter réellement, même si la description n'était pas totalement fausse. Il avait intentionnellement oublié le côté, fanatique et ambivalent de son rôle.
Elle s'inclina et se présenta. Elle s'appelait Hatsu et le garzok s'appelait Kraska. Elle lui proposa quelques vivres pour s'excuser.
Quand elle parla de la nourriture le ventre du zélote gargouilla.

Vous êtes tout deux pardonné. Et j'accepte avec plaisir vos victuailles.

Il installa sa carcasse sur un vieux banc en attendant qu'on le serve.

Et quel est le but de la quête de cette fine équipe ?

Ils installèrent de quoi faire cuire une marmite. Un petit feu s'alluma et réchauffa très vite les alentours. Sirat se frotta les mains prenant garde de ne pas trop bouger l'enfant. Mais il se rapprocha de l'âtre. C'est Kraska qui lui répondit, la jeune Hatsu cherchait un artefact dans les montagnes. Sirat plissa les yeux. Le garzok l'accompagnait simplement, car il lui devait la vie. Elle remplissait la marmite et lui asséna un petit pique avant de demander à l'humoran ce qu'il faisait avec un poupon.

En quête d'une relique, hein... Hmmm, cela sent bon.

Il huma le fumet. Il salivait rien que de voir les ingrédients plongés dans la petite casserole. Il jaugea l'enfant encore endormi dans ses bras.

Je l'ai sauvé dans les plaines, je dois juste lui trouver un foyer. Vous savez s'il y a du monde dans ses ruines ?

Elle redressa la tête et examina Sirat. Pourquoi lui parlait-il de relique, elle n'avait jamais mentionné ce terme. Pour l'enfant, elle lui préconisa de l'amener vers une ville humaine. Il en existait, mais il fallait passer par les montagnes.
Il repensa à sa vie de précaire dans les ruelles de Kendra Kar. Il regarda la petite, il savait que ce n'était pas ce que Zewen lui réservait.
Il plongea dans les yeux de l'archère avec un sourire.

On ne part pas à l'aventure dans les terres d'Omyre pour un vulgaire colifichet. Un artefact peut importe ce qu'il est, doit avoir un minimum de valeur pour qu'on risque sa vie ainsi.

Il soupira et secoua la tête.

J'ai grandi avec les humains, dans leur ville. Un orphelin ne trouve que rarement un bon foyer. Qui sont-ils, ces gens vivants ici ?

Elle avoua être à la recherche d'une relique qui devait se cacher dans les montagnes. Sirat admira par la porte, la neige qui tombait dehors.
Kraska prit la parole, il décrivit les habitants des ruines comme des gens bien, des habitants qui avaient fuis les guerres et les persécutions, il prévoyait un avenir difficile pour l'enfant si Sirat maintenait sa décision. L'humoran inspecta cet immense gaillard en longueur. Il paraissait blessé et fatigué, mais il avait l'air honnête tout comme sa compagne de route.

La vie est dure partout malheureusement, cela l'endurcira.

Il respira l'air, de manière étrange. Il avait réponse à tout, il avait déjà décidé de se débarrasser de l'enfant. Pour le fanatique les signes étaient là et cela lui suffisait.

C'est son destin, je n'étais sur sa route que pour la déposer ici. Personne ne pensera à elle dans ces ruines. Je vous remercie vous m'avez apporté le signe qu'il me manquait.

Il regarda la mélasse avec avidité. Son ventre se tordait de faim.

C'est prêt ?

Il n'avait rien, pour se servir. Mais il trouva un vieux bol ébrécher dans la poussière du sol. Il l'essuya avec sa cape et tendit son écuelle. Hatsu déposa la mélasse qu'elle avait épaissie dans le bol. Une légère fumée chaude s'en dégageait. Elle proposa d'en garder pour la petite. Il opina du chef, la gamine se réveillerait bientôt et au moins elle aurait à mangée.

Zewen nous donne toujours la providence pour ceux qui acceptes de l'écouter.

Il engouffra sa part rapidement et il sortit une gourde de cervoise et en proposa à la jeune archère ainsi qu'a son compère. La jeune femme refusa poliment, mais pas la peau verte qui attrapa avec voracité la gourde.

J'avoue, c'était risqué de votre part de me faire confiance, si vous acceptez de m'accompagner pour rendre cet enfant, je veux bien vous aider dans votre parcours. Les montagnes sont dangereuses et votre ami à l'air pas au mieux de sa forme. Et je dois encore juger si cette famille sera acceptable pour cette jeune demoiselle.

Vexer, Kraska répondit qu'il n'avait qu'une égratignure, Sirat avait vécu tant de temps avec ses congénères qu'il savait ce peuple fier et courageux. Il agréa d'un signe de tête alors qu'Hatsu levait les yeux au ciel tout en prenant une cuillère de son ragoût. Elle reporta sa délicate attention sur l'humorane. Elle n'avait rien à lui offrir, pas d'argent, la relique était pour elle, que pouvait-il gagner à les suivre. Il haussa les épaules. Il trouvait l'entreprise intéressante. Il n'y avait pour une fois pas de royaume à défendre, pas d'enjeux, juste un simple objet à dénicher au fond d'une grotte. Cela lui remémorait ses premières aventures, la fois où il avait rencontré Sibelle, Azalée et Fenouille. Il trouvait tout cela vivifiant. Son oncle disait bien : Les plaisirs de la vie appartiennent à qui sait les saisir. Il y avait aussi cette impression qu'il devait s'engager au côté de ce duo hétéroclite. Il garda cependant ce dernier sentiment pour lui. Il tendit la gamine à Hatsu, pour qu'elle la prenne. Il avait besoin de se dégourdir les bras.

Une présence féminine lui fera du bien.

Puis il se redressa et s'étira.

Je n'ai rien à gagner en effet. Mais je sens que c'est ce que je dois faire et vous non plus vous n'aviez rien a gagner à partager un souper avec moi. De plus ces derniers temps, je me cherche un peu, une histoire simple me fera le plus grand bien.

Elle contemplait le bébé dans ses bras, elle l'avait attrapé comme un vase fragile. Elle ne se sentait pas qualifiée pour la prendre. Elle scruta l'humoran qui se dressait devant elle et accepta. Elle ne promettait pas, au Zélote, un avenir facile, mais il haussa les épaules. Il avait vu sûrement bien pire.
La jeune archère ne faisait d'ailleurs plus attention à lui. Son attention s'était reportée sur la petite fille qu'elle tenait tendrement dans ses bras. Celle-ci lui répondait par des babillages et en attrapant une mèche des cheveux de l'aventurière. Totalement attendrie, elle lui donna son doigt à téter. Sirat contemplait le visage d'Hatsu baigné par les reflets doré des flammes. Derrière ses airs de condottieres, se cachait une âme innocente. Combien de temps faudrait-il a la vie pour l'effacer. C'était revigorant pour le vieux mercenaire de voir se petit brin de femme.

Il avait la mine apaisé. Elle demanda si elle pouvait lui donné à manger.

Allez-y de toute façon, elle aura bientôt un autre foyer et mes deux bras pourront vous servir plus aisément dans les montagnes. Vous avez une destination plus précise ?
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