Chaîne du Karathren, contreforts sud

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Yuimen
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Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Yuimen » jeu. 10 oct. 2019 13:48

Chaîne du Karathren, contreforts sud

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Quoique situés au nord du duché d'Amaranthe, les puissants contreforts montagneux de la chaîne du Karathren constituent le flanc sud de cette dernière, d'où leur appellation. Largement couverts par la Forêt du Levant qui comporte de plus en plus d'épineux mesure que l'on monte en altitude, ils ne dépassent guère les trois mille mètres de haut.

Dotée d'un relief tourmenté, cette région de profondes vallées et d'arêtes abruptes compte bon nombre de ruisseaux et de rivières dévalant ses pentes. On y trouve également de nombreuses grottes, plus ou moins importantes, servant régulièrement d'abri à la faune locale, ainsi que quelques rares mines, notamment de fer, abandonnées ou non.

Les zones proches de la petite ville d'Amaranthe, passablement exploitées par les éleveurs et forestiers, sont relativement sûres et parcourues de nombre de sentiers ou routes de terres. Plus on s'éloigne de la bourgade plus la nature redevient sauvage et plus on a de chances de croiser l'un ou l'autre prédateur, loups, grizzlis, wogers etc... Les créatures issues des expérimentations des 13 sont assez rares dans ces contrées, mais il n'est pas totalement exclu d'en croiser dans les lieux les plus reculés des montagnes.

Lieux particuliers au sein des contreforts sud de la chaîne du Karathren:

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Gamemaster6
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Gamemaster6 » lun. 21 sept. 2020 23:55

Intervention pour Thrag

L'air frais des montagnes apporté par le vent glacé a tôt fait de réveiller le voyageur en cette matinée. Le soleil peine à réchauffer la terre et les être vivants qui s'éparpillent ça et là, vivant à l'ombre des immenses pics de la chaîne du Karathren dont les contreforts sud sont la destination de l'unique thorkin que l'on peut apercevoir ce jour-ci dans les environs.

A quelques jours à peine d'Alkil, le voilà qui cherche un passage vers la contrée qui l'a banni. Une raison impérieuse ? Un désir de revanche ? Une volonté de comprendre ? Peut-être un peu tout cela à la fois, mais une détermination solide à tout le moins. Tandis que le chant des oiseaux s'élève, chantant avec la douce lumière matinale, c'est un trou qui attire l’œil unique du thorkin. Un simple trou, creusé dans la roche par l'eau, le temps, ou un compatriote ayant abusé de la boisson au vu de l'irrégularité crasse des bords et de la pente douce qui suit. Un tunnel, peut-être même une simple grotte utilisé par un animal, comment savoir ?

Solitaire, le thorkin se risquera-t-il à s'engouffrer dans cette bouche sortant du sol ? En inspirant, il peut se rendre compte de l'odeur caractéristique des souterrains, mais dans l'air règne une autre odeur, qu'il ne saurait déchiffrer. L'odeur de l'inconnu peut-être ? Cela fait un moment qu'il cherche et le voilà qui trouve enfin. Alors pourquoi hésiter ?
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Quand on l'appelle, il apparaît !!
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Thrag
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Thrag » lun. 19 oct. 2020 19:50

Cela faisait plusieurs jours que le nain aux cicatrices parcourait les duchés depuis le petit village d’Alkil. Toute goutte d’alcool avait été purgée de son organisme, amenant une humeur maussade au banni de Mertar. Il profitait certes d’un pas plus assuré, d’une respiration d’air plus pure, d’une attention redoublée, mais ça ne suffisait guère à lui faire apprécier le moment. La mine fermée, il avançait donc dans les contreforts du Karathren, levé de bonne heure pour atteindre au plus vite l’objet de sa curiosité : un trou, une fosse, une grotte qu’un chevrier avait aperçue lors de ses errances d’estivage, accompagné de son troupeau. À la taverne du petit bourg, il avait entendu les délires enivrés du nabot scarifié, qui soliloquait sur sa destinée perdue, ses buts à jamais éteints ; ceux qui l’auraient amené dans le ventre de la terre, là où tout est sombre, sous la légendaire cité de Mertar. Un endroit qui gardait pour tous des secrets indicibles, et qu’il voulait découvrir.

Alors, encore sous l’effet de la dive bouteille, il s’était mis en tête de profiter des élucubrations du paysan pour s’inventer un nouvel espoir, un nouvel objectif, lié à l’ancien : si l’on lui empêchait de gagner les soubassements de la capitale via celle-ci, il trouverait le chemin, la voie pour gagner sa destination par une autre voie. Dut-il pour cela explorer tous les trous et grottes, fosses et creux que contenait la chaîne du Karathren.

Après quelques heures de marche dans la direction indiquée par le chevrier, il s’était bien entendu rendu compte de l’absurdité énorme de la tâche, ainsi que de la faible statistique de trouver son but d’une manière aussi hasardeuse. Mais il ne lui importait guère, en vérité : il avait de nouveau une raison de bouger, d’avancer, sans passer ses journées à baigner dans l’alcool et l’inaction. Alors il avait poursuivi son chemin, déterminé. Et un beau matin, il arriva en vue de la fosse décrite par l’humain : à flanc de montagne, creusée sans doute dans la roche par quelques alluvions passées. Sans l’once d’une hésitation, il s’engouffra dans le tunnel qui semblait se poursuivre sous terre, faisant toutefois attention où il posait le pied, ravi de retrouver un plafond au-dessus de sa tête et l’ombre apaisante d’un souterrain pour son œil indemne.

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Gamemaster6
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Gamemaster6 » dim. 25 oct. 2020 13:07

Intervention pour Thrag

La moiteur souterraine prend rapidement le voyageur à la gorge tandis qu'il s'enfonce dans l'obscurité d'un souterrain visiblement taillé par une main experte et non les forces de la nature. Des parois trop lisses, une pente trop douce pour être le seul travail du temps, mais qu'importe, le chemin est là. Et il dure, semble ne jamais vouloir se terminer alors qu'il plonge toujours plus profondément dans els entrailles de la terre. Des heures de marche, ou peut-être ne sont-ce que des minutes, comment savoir ? Aucun bruit ne parvient aux oreilles de l'explorateur si ce n'est celui de ses pas et de sa propre respiration tandis qu'il arrive à un premier choix. Là, devant lui, le chemin se dédouble.

A sa gauche, c'est visiblement la suite du tunnel creusé par quelque être intelligent. L'obscurité, une pente douce dans un tunnel aux parois lisses et dénuées d'aspérité. Le silence, les ténèbres, mais un chemin qui semble sûr.

A sa droite, en revanche, le chemin est plus chaotique, le sol moins régulier et le tunnel plus étroit. Mais quelque chose attire l'œil et l'odorat. Une lueur et une odeur. Comme des reflets de flammes tapissant la paroi d'une clarté faiblarde. Comme une odeur de feu de bois, mais viciée.

Droite ou gauche ? Un choix qui mérite d'être réfléchi.
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Fafnir Forgeclaire
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Fafnir Forgeclaire » sam. 19 juin 2021 18:45

Tu humes l’air frais avec délice et un large sourire ourle tes lèvres lorsque tu quittes enfin le dessous des montagnes pour partir à l’exploration du monde. T’es ravie de pouvoir sortir de cette ville. Les adieux à ta famille ont été brefs, mais tu sais qu’ils étaient sincères. Tu regardes autour de toi, cherches une direction à prendre. Tu décides finalement pour le sud en suivant le vent. Après tout, pourquoi pas ? Ce n’est pas comme si tu avais une carte ou que tu avais décidé de ce que tu allais faire une fois sortie. Tu aurais sans doute dû y réfléchir un minimum avant de partir. C’est pas vraiment ton genre d’hésiter de toute façon, donc tu te mets à marcher et à descendre la montagne avec assurance. Ton marteau sur l’épaule, ton paquetage dans le dos, tu sifflotes gaiement en empruntant les chemins escarpés et traîtres qui sillonnent les montagnes. Tu ne croises pas âmes qui vivent dans les premières heures, tu aperçois à peine la forme d’un animal à un moment. Tu poses ton marteau au sol, tête en bas et grimpe dessus pour essayer de gagner quelques centimètres, comme si cela allait t’aider à y voir davantage.

- Bhaaaa, peu importe.

Vexée, hein ? Au final tu reprends la route sans vraiment y réfléchir plus que ça. Tu t’es rapidement détournée des montagnes et du Col Blanc. T’as pas vraiment envie de te farcir la marche dans la neige à cette période de l’année. Tu vois des plaines au sud, de la verdure, ça t’attire davantage que le blanc neigeux et les mines d’où tu viens déjà. Un peu de nouveauté, c’est ça que tu veux. La première journée passe ainsi, calme et sans rencontre particulière. T’es un peu déçue. Bon, tu ne t’attendais pas à affronter immédiatement un dragon ou une horde de Garzok, mais ne rien croiser du tout ? Voilà qui est décevant.

Pendant une pause, faute de te trouver un adversaire immédiatement, tu décides de tester un peu ton marteau sur un rocher qui a malencontreusement croiser ton regard. Pas qu’il ait pu te le rendre, mais t’as quand même choisi de fracasser la tête de ton marteau dessus, juste pour voir. Faut bien que tu t’exerces, après tout. Tu poses tes affaires, empoignes ton marteau, inspire, le soulève au-dessus de ta tête pour l’abattre violemment sur le rocher, tes pieds quittant même le sol une demi-seconde. Si on oublie les fourmis qui passent subrepticement dans tes doigts lors du choc, c’est un franc succès. Un grand bruit qui résonne autour de toi, un rocher à moitié pulvérisé et un marteau que tu soulèves à nouveau. Tu fais quelques coups en plus, dans le vide, essayant de garder ton équilibre lorsque tu le fais tourner trop vite en ne rencontrant rien pour l’arrêter. Dans l’ensemble, tu t’en sors.

- Faudrait que je te trouve un nom…

Riche idée ! Les noms qui te passent par la tête en revanche... C’est nul, donc tu laisses rapidement tomber, faute d’inspiration réelle. Tu devrais attendre que ton marteau ait fait quelque chose de prodigieux avant de lui donner un nom, surtout vu que tu comptes le graver sur le manche une fois trouvé. Tu continues donc tranquillement ton chemin après avoir transpiré et transformé cet innocent rocher en masse informe de bouts de roche éparpillés sur plusieurs mètres. T’es satisfaite et reprend la route vers le Sud, impatiente de trouver quelques trucs, sans trop savoir quoi. Il te faut tout de même quelques jours pour sortir des hautes montagnes, mais une fois cela fait, tu sens d’emblée que l’air est plus chaud, plus facile à respirer. Le doux son des oiseaux est mélodie à tes oreilles et tu te prends à chantonner calmement alors que tu empruntes un chemin de terre en toute tranquillité.

- Halte-là !

Un humain est sorti des buissons ! Enfin tu penses que c’en est un. Tu plisses les yeux. Plutôt grand, pas trop barbu, des petits yeux bruns comme ses cheveux en pagaille, une grandes carcasse toute mince et un coupe-papier à la main. Oui, pas de toute, c’est un humain, t’en es presque certaine. Tu vérifies les oreilles quand même... oui, rondes, donc un humain. Un humain qui te menace avec un truc pointu et tout fin. Tu trouves ça ridicule, il peut vraiment blesser quelqu’un avec son cure-dents ? Il est à quelques mètres de toi, tout seul au milieu du chemin. Comme t’es de bonne humeur, tu poses ton marteau au sol. Le bruit sourd le fait tiquer, mais il te fixe toujours.

- La bourse ou la vie.

- C’est censé vouloir dire quelque chose ?

- Bah… oui ! Donne-moi ton argent ou… ou je prends ta vie !

Tu finis par tilter, lâches une exclamation de surprise en réalisant ce qu’il demande.

- Je vois je vois ! Laisse-moi quelques instants !

Tu commences à fouiller ton sac face au regard un peu circonspect de l’humain qui doit se demander pourquoi tu réagis de cette façon et qui ouvre grand les yeux lorsque tu commences à enfiler tes protections de bras avec un air guilleret.

- Mais… Mais que fais-tu ?

- Bah je me prépare, je vais quand même pas me balader avec une armure sur le dos en permanence, ça pèse son poids ce truc. Deux petites minutes et je suis à toi.

Visiblement prit au dépourvu, l’humain jette un regard vers le bord de la route. Un regard empli d’incompréhension et d’appréhension. Tandis que tu finis de boucler ton plastron, il fait des signes en te désignant, mais se tourne aussitôt vers toi lorsque tu t’éclaircis la gorge.

- Navrée, navrée, on peut y aller.

Et tu y vas, de fait. Tu empoignes ton marteau et fonces sur lui aussi vite que tes jambes te le permettent. Il couine – oui il couine c’est ridicule- et se jette sur le côté lorsque tu abats ton marteau là où il se trouvait juste avant. Et au vu du bruit que fait le choc du métal sur la terre et la marque laissée sur le chemin, il doit être heureux de pas l’avoir pris, ton coup. Tu soulèves ton marteau et te tournes vers l’humain qui est assis par terre, te fixant avec de grands yeux. Avant même que tu ne fasses un pas, il ouvre la bouche.

- Venez m’aider, putain !

Tu entends un bruissement et vois deux silhouettes se carapater rapidement sans demander leur reste. Tu comprends pas vraiment ce qu’il se passe, par contre tu vois clairement l’autre pâlir à vue d’œil et suer abondamment en te fixant. Tu t’éclaircis la gorge et c’est à peine s’il ne se met pas à pleurer. Il te supplie, et à genoux s’il te plaît, c’est déjà pas mal.

- Pitié, pitié, on est juste des gars du coin, on voulait juste détrousser quelques marchands et voyageurs pour nourrir nos familles, on n’a jamais tué personne, pitié.

Quelque part, ça te fait un peu chier. Parce que t’aurais aimé qu’ils soient de vrais bandits et qu’ils essaient vraiment, histoire de castagner un bon coup. Mais non, vu comment il se fait dessus – au sens propre comme au figuré vu l’odeur – il n’est clairement pas du genre à attaquer des gens. Tu fais un signe du menton et il file ventre à terre sans demander son reste. Tu soupires, déçue. Peut-être la prochaine fois ?
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Fafnir Forgeclaire
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Fafnir Forgeclaire » lun. 12 juil. 2021 12:19

Une chose que tu faisais pas dans les mines, c’était courir. Passer tes journées à taper la roche avec une pioche, c’est déjà assez éreintant comme ça, t’allais pas en plus t’amuser à t’épuiser les guibolles pour gagner trois minutes à tout casser. De toute façon, on te l’a assez répété, les thorkins n’ont pas besoin de courir. Si un ennemi s’enfuit, on lui tire dessus à l’arbalète, s’il s’approche, on le laisse venir, on encaisse et on lui fait regretter d’être né. Simple, clair, efficace. Un Thorkin ne court pas, il fait front. Le problème, c’est que cela s’applique pour les batailles, en formations bien rangées. Or, dans ton cas, t’es toute seule, t’as pas de bouclier et une armure un peu vieillotte qui ne va pas vraiment être utile face à ce qui te tombe dessus.

Au début tout allait bien. Tu marchais tranquillement en observant les alentours en quête d’action. Et t’es tombée sur un troupeau de brouteurs. Des espèces de grosses bestioles poilues avec de grandes cornes qui mangeaient tranquillement en faisant à peine attention à ton passage. Elles t’ont fait marrer sur le coup avec leurs démarche un peu pataude et leur tronche d’abruti heureux. Même qu’un petit est venu jusqu’à toi, intrigué et t’as pu lui gratouiller la tête. Bon par contre ils sentent fort, donc t’as vite eu fait de tracer ton chemin pour pas finir par sentir le bouc. Même toi t’as tes limites niveau hygiène corporelle et les mouches qui leur tournaient autour ça ne te tente pas trop. Et alors que tu t’éloignais, tout a dérapé.

T’entends un bruit, comme un cri, même si t’en es pas certaine. Rien d’affolant, cela venait derrière, t’as simplement jeté un coup d’œil rapide, sans rien apercevoir d’autres que les brouteurs qui ont eux aussi relevé la tête. Tu continues donc ton chemin avant qu’un beuglement n’attire réellement ton attention cette fois. L’un des gros herbivores se met à courir et les autres, comme pris pas un soudain accès de panique, le suive. Tous foncent, les plus jeunes comme les plus vieux. Un vrai troupeau qui se met à courir. Droit dans ta direction. Et toi t’es là, comme un rond de flanc, à se demander ce qui peut bien se passer dans la caboche atrophiée de ces satanées bestioles.

Ton peuple fait face. Mais là, dans l’immédiat, t’as surtout intérêt à te bouger les miches et ficher le camp de là avant de ressembler à l’espèce de bouillie de viande qu’on sert parfois à la taverne quand les livraisons avaient un peu de retard. Tu ne réfléchis pas davantage, tu te fis à ton instinct et tu fiches le camp. T’es carrément pas une athlète en ce qui concerna la course par contre, les bestioles ont tôt fait de réduire la distance et ta seule échappatoire semble être un rocher assez gros pour qu’ils l’évitent. Tu te rues vers lui, te postes derrière et laisses la troupe passer en trombe. T’entends bien un choc, mais le rocher tient bon et les mammifères finissent par te dépasser. Tu souffles et sort de ta cachette, ne voyant rien d’autre sur le chemin. Rien qui pourrait indiquer la raison de leur charge soudaine.

- Satanées bestioles.

T’es un peu énervée d’avoir dû courir ainsi, mais bon, tu devais te douter que t’allais pas faire que te battre dans la joie et la bonne humeur, non ? En tout cas la horde de bestiole s’enfuit au loin et ne tu t’en portes pas plus mal. Tu ne sais pas quelle mouche les a piqués, mais tu t’en fiches un peu si tu ne peux pas taper dessus. Tu reprends ta marche un peu au hasard, suivant un sentier qui te conduit tu ne sais où. N’est-ce pas ça, l’aventure ? Suivre une route inconnue pour tomber sur des choses incroyables ? Pour l’instant t’as croisé des bovins et des paysans se prenant pour des bandits, mais c’est toujours mieux que rester dans la mine, pour sûr.

Un sifflement à peine plus perceptible que celui du vent parvient à tes oreilles juste après qu’un léger choc dans la poitrine ne te fasse baisser la tête. À tes pieds, une flèche arrêté et brisée par ton armure gît au sol. Tu empoignes ton marteau et regarde aux alentours, les yeux plissés. Tu n’aperçois pas celui qui aurait pu envoyer cette flèche que tu ramasses. Elle n’est pas très grande et le fer qui a servi à créer la pointe semble bien vieillie. Tu brises la flèche et jette les morceaux au sol, passablement énervée par le geste de ce tireur. La couardise de ce genre d’individu d’excède véritablement. Un autre trait fuse, mais, attentive, tu l’as vu venir cette fois et tu te contente de te décaler sur le côté avant d’avancer, ayant une vague idée de l’endroit d’où vient le tireur. Il n’y a pas tant de cachettes que cela dans cet endroit.

Une silhouette se met alors à émerger de derrière un arbre, puis une deuxième et tu t’arrêtes face au trio d’êtres qui sort ainsi du couvert des arbres, un peu plus bas. Tu plisses le nez, mécontente. Des humains, encore. Tu commences à te demander si toutes les Grandes-Jambes sont des brigands dans les parages. L’archer qui a déjà gaspillé deux de ses flèches te tient en joue et les autres ont des armes diverses. Tu vois surtout celui qui a une jolie hache typiquement thorkine, bien que si mal entretenue qu’aucune thorkin n’a dû y toucher depuis des lustres. Ça te fait râler intérieurement et c’est normal. Ne pas prendre soin de son matériel, c’est chercher les ennuis et le fait que cette hache ait probablement ait été volée t’énerve aussi.

- Alors la courte-sur-patte, on se balade ? T’aurais pas quelques yus à nous donner ? Et ton armure aussi. Tout en fait, si tu veux vivre.

- T’as le droit d’y croire, l’humain. Fichez le camp et vous vous en sortirez.

- Mais bien sûr ! Et tu es seule alors que nous sommes trois, ma grosse. Qui viendra t’aider, hein ? Ton soi-disant dieu de la foudre, aussi petit et balourd que toi ? La bonne blague.

Tu perds aussitôt tout velléités de régler ça à l’amiable. Il y a des choses qu’il ne faut jamais, au grand jamais, dire devant toi. Tu déposes ton sac sur le sol sous les rires satisfaits de la petite troupe. Ces idiots pensent-ils vraiment que tu vas abandonner si vite ? Visiblement puisque le grand barbu à la hache s’approche de toi comme sil avait déjà gagné, sans même se méfier. Ta main est pourtant ferme sur le manche de ton arme, tandis que ton autre empoigne le collier qui ne te quitte jamais, la preuve de ton allégeance à Valyus, offerte par un prêtre.

- Tel l’orage, je gronde. Telle la foudre, je m’abats sur les indignes. Valyus est mon guide. Il est le protecteur et je ne crains nul péril sous son regard. Tel le tonnerre, je fais trembler la terre et ceux qui me font face connaitront ma colère. Ô Valyus, entends-moi, car je vais laver l’affront qui t’as été fait et verser le sang en ton nom.

Lâchant ton amulette, tu empoignes ton marteau et d’un mouvement brutal, fracasse le sol avec la tête, marquant la terre et la roche sous ton coup dont le bruit résonne contre les parois des montagnes et fait cesser tout rire chez les humains que tu fixes avec colère.

- Nulle offense ne sera tolérée. Priez pour la clémence de Valyus, car je n’en aurais aucune.
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