Chaîne du Karathren, contreforts sud

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Yuimen
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Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Yuimen » jeu. 10 oct. 2019 13:48

Chaîne du Karathren, contreforts sud

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Quoique situés au nord du duché d'Amaranthe, les puissants contreforts montagneux de la chaîne du Karathren constituent le flanc sud de cette dernière, d'où leur appellation. Largement couverts par la Forêt du Levant qui comporte de plus en plus d'épineux mesure que l'on monte en altitude, ils ne dépassent guère les trois mille mètres de haut.

Dotée d'un relief tourmenté, cette région de profondes vallées et d'arêtes abruptes compte bon nombre de ruisseaux et de rivières dévalant ses pentes. On y trouve également de nombreuses grottes, plus ou moins importantes, servant régulièrement d'abri à la faune locale, ainsi que quelques rares mines, notamment de fer, abandonnées ou non.

Les zones proches de la petite ville d'Amaranthe, passablement exploitées par les éleveurs et forestiers, sont relativement sûres et parcourues de nombre de sentiers ou routes de terres. Plus on s'éloigne de la bourgade plus la nature redevient sauvage et plus on a de chances de croiser l'un ou l'autre prédateur, loups, grizzlis, wogers etc... Les créatures issues des expérimentations des 13 sont assez rares dans ces contrées, mais il n'est pas totalement exclu d'en croiser dans les lieux les plus reculés des montagnes.

Lieux particuliers au sein des contreforts sud de la chaîne du Karathren:

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Gamemaster6
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Gamemaster6 » lun. 21 sept. 2020 23:55

Intervention pour Thrag

L'air frais des montagnes apporté par le vent glacé a tôt fait de réveiller le voyageur en cette matinée. Le soleil peine à réchauffer la terre et les être vivants qui s'éparpillent ça et là, vivant à l'ombre des immenses pics de la chaîne du Karathren dont les contreforts sud sont la destination de l'unique thorkin que l'on peut apercevoir ce jour-ci dans les environs.

A quelques jours à peine d'Alkil, le voilà qui cherche un passage vers la contrée qui l'a banni. Une raison impérieuse ? Un désir de revanche ? Une volonté de comprendre ? Peut-être un peu tout cela à la fois, mais une détermination solide à tout le moins. Tandis que le chant des oiseaux s'élève, chantant avec la douce lumière matinale, c'est un trou qui attire l’œil unique du thorkin. Un simple trou, creusé dans la roche par l'eau, le temps, ou un compatriote ayant abusé de la boisson au vu de l'irrégularité crasse des bords et de la pente douce qui suit. Un tunnel, peut-être même une simple grotte utilisé par un animal, comment savoir ?

Solitaire, le thorkin se risquera-t-il à s'engouffrer dans cette bouche sortant du sol ? En inspirant, il peut se rendre compte de l'odeur caractéristique des souterrains, mais dans l'air règne une autre odeur, qu'il ne saurait déchiffrer. L'odeur de l'inconnu peut-être ? Cela fait un moment qu'il cherche et le voilà qui trouve enfin. Alors pourquoi hésiter ?
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Quand on l'appelle, il apparaît !!
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Thrag
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Thrag » lun. 19 oct. 2020 19:50

Cela faisait plusieurs jours que le nain aux cicatrices parcourait les duchés depuis le petit village d’Alkil. Toute goutte d’alcool avait été purgée de son organisme, amenant une humeur maussade au banni de Mertar. Il profitait certes d’un pas plus assuré, d’une respiration d’air plus pure, d’une attention redoublée, mais ça ne suffisait guère à lui faire apprécier le moment. La mine fermée, il avançait donc dans les contreforts du Karathren, levé de bonne heure pour atteindre au plus vite l’objet de sa curiosité : un trou, une fosse, une grotte qu’un chevrier avait aperçue lors de ses errances d’estivage, accompagné de son troupeau. À la taverne du petit bourg, il avait entendu les délires enivrés du nabot scarifié, qui soliloquait sur sa destinée perdue, ses buts à jamais éteints ; ceux qui l’auraient amené dans le ventre de la terre, là où tout est sombre, sous la légendaire cité de Mertar. Un endroit qui gardait pour tous des secrets indicibles, et qu’il voulait découvrir.

Alors, encore sous l’effet de la dive bouteille, il s’était mis en tête de profiter des élucubrations du paysan pour s’inventer un nouvel espoir, un nouvel objectif, lié à l’ancien : si l’on lui empêchait de gagner les soubassements de la capitale via celle-ci, il trouverait le chemin, la voie pour gagner sa destination par une autre voie. Dut-il pour cela explorer tous les trous et grottes, fosses et creux que contenait la chaîne du Karathren.

Après quelques heures de marche dans la direction indiquée par le chevrier, il s’était bien entendu rendu compte de l’absurdité énorme de la tâche, ainsi que de la faible statistique de trouver son but d’une manière aussi hasardeuse. Mais il ne lui importait guère, en vérité : il avait de nouveau une raison de bouger, d’avancer, sans passer ses journées à baigner dans l’alcool et l’inaction. Alors il avait poursuivi son chemin, déterminé. Et un beau matin, il arriva en vue de la fosse décrite par l’humain : à flanc de montagne, creusée sans doute dans la roche par quelques alluvions passées. Sans l’once d’une hésitation, il s’engouffra dans le tunnel qui semblait se poursuivre sous terre, faisant toutefois attention où il posait le pied, ravi de retrouver un plafond au-dessus de sa tête et l’ombre apaisante d’un souterrain pour son œil indemne.

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Gamemaster6
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Gamemaster6 » dim. 25 oct. 2020 13:07

Intervention pour Thrag

La moiteur souterraine prend rapidement le voyageur à la gorge tandis qu'il s'enfonce dans l'obscurité d'un souterrain visiblement taillé par une main experte et non les forces de la nature. Des parois trop lisses, une pente trop douce pour être le seul travail du temps, mais qu'importe, le chemin est là. Et il dure, semble ne jamais vouloir se terminer alors qu'il plonge toujours plus profondément dans els entrailles de la terre. Des heures de marche, ou peut-être ne sont-ce que des minutes, comment savoir ? Aucun bruit ne parvient aux oreilles de l'explorateur si ce n'est celui de ses pas et de sa propre respiration tandis qu'il arrive à un premier choix. Là, devant lui, le chemin se dédouble.

A sa gauche, c'est visiblement la suite du tunnel creusé par quelque être intelligent. L'obscurité, une pente douce dans un tunnel aux parois lisses et dénuées d'aspérité. Le silence, les ténèbres, mais un chemin qui semble sûr.

A sa droite, en revanche, le chemin est plus chaotique, le sol moins régulier et le tunnel plus étroit. Mais quelque chose attire l'œil et l'odorat. Une lueur et une odeur. Comme des reflets de flammes tapissant la paroi d'une clarté faiblarde. Comme une odeur de feu de bois, mais viciée.

Droite ou gauche ? Un choix qui mérite d'être réfléchi.
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Fafnir Forgeclaire
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Fafnir Forgeclaire » sam. 19 juin 2021 18:45

Tu humes l’air frais avec délice et un large sourire ourle tes lèvres lorsque tu quittes enfin le dessous des montagnes pour partir à l’exploration du monde. T’es ravie de pouvoir sortir de cette ville. Les adieux à ta famille ont été brefs, mais tu sais qu’ils étaient sincères. Tu regardes autour de toi, cherches une direction à prendre. Tu décides finalement pour le sud en suivant le vent. Après tout, pourquoi pas ? Ce n’est pas comme si tu avais une carte ou que tu avais décidé de ce que tu allais faire une fois sortie. Tu aurais sans doute dû y réfléchir un minimum avant de partir. C’est pas vraiment ton genre d’hésiter de toute façon, donc tu te mets à marcher et à descendre la montagne avec assurance. Ton marteau sur l’épaule, ton paquetage dans le dos, tu sifflotes gaiement en empruntant les chemins escarpés et traîtres qui sillonnent les montagnes. Tu ne croises pas âmes qui vivent dans les premières heures, tu aperçois à peine la forme d’un animal à un moment. Tu poses ton marteau au sol, tête en bas et grimpe dessus pour essayer de gagner quelques centimètres, comme si cela allait t’aider à y voir davantage.

- Bhaaaa, peu importe.

Vexée, hein ? Au final tu reprends la route sans vraiment y réfléchir plus que ça. Tu t’es rapidement détournée des montagnes et du Col Blanc. T’as pas vraiment envie de te farcir la marche dans la neige à cette période de l’année. Tu vois des plaines au sud, de la verdure, ça t’attire davantage que le blanc neigeux et les mines d’où tu viens déjà. Un peu de nouveauté, c’est ça que tu veux. La première journée passe ainsi, calme et sans rencontre particulière. T’es un peu déçue. Bon, tu ne t’attendais pas à affronter immédiatement un dragon ou une horde de Garzok, mais ne rien croiser du tout ? Voilà qui est décevant.

Pendant une pause, faute de te trouver un adversaire immédiatement, tu décides de tester un peu ton marteau sur un rocher qui a malencontreusement croiser ton regard. Pas qu’il ait pu te le rendre, mais t’as quand même choisi de fracasser la tête de ton marteau dessus, juste pour voir. Faut bien que tu t’exerces, après tout. Tu poses tes affaires, empoignes ton marteau, inspire, le soulève au-dessus de ta tête pour l’abattre violemment sur le rocher, tes pieds quittant même le sol une demi-seconde. Si on oublie les fourmis qui passent subrepticement dans tes doigts lors du choc, c’est un franc succès. Un grand bruit qui résonne autour de toi, un rocher à moitié pulvérisé et un marteau que tu soulèves à nouveau. Tu fais quelques coups en plus, dans le vide, essayant de garder ton équilibre lorsque tu le fais tourner trop vite en ne rencontrant rien pour l’arrêter. Dans l’ensemble, tu t’en sors.

- Faudrait que je te trouve un nom…

Riche idée ! Les noms qui te passent par la tête en revanche... C’est nul, donc tu laisses rapidement tomber, faute d’inspiration réelle. Tu devrais attendre que ton marteau ait fait quelque chose de prodigieux avant de lui donner un nom, surtout vu que tu comptes le graver sur le manche une fois trouvé. Tu continues donc tranquillement ton chemin après avoir transpiré et transformé cet innocent rocher en masse informe de bouts de roche éparpillés sur plusieurs mètres. T’es satisfaite et reprends la route vers le Sud, impatiente de trouver quelques trucs, sans trop savoir quoi. Il te faut tout de même quelques jours pour sortir des hautes montagnes, mais une fois cela fait, tu sens d’emblée que l’air est plus chaud, plus facile à respirer. Le doux son des oiseaux est mélodie à tes oreilles et tu te prends à chantonner calmement alors que tu empruntes un chemin de terre en toute tranquillité.

- Halte-là !

Un humain est sorti des buissons ! Enfin tu penses que c’en est un. Tu plisses les yeux. Plutôt grand, pas trop barbu, des petits yeux bruns comme ses cheveux en pagaille, une grandes carcasse toute mince et un coupe-papier à la main. Oui, pas de toute, c’est un humain, t’en es presque certaine. Tu vérifies les oreilles quand même... oui, rondes, donc un humain. Un humain qui te menace avec un truc pointu et tout fin. Tu trouves ça ridicule, il peut vraiment blesser quelqu’un avec son cure-dents ? Il est à quelques mètres de toi, tout seul au milieu du chemin. Comme t’es de bonne humeur, tu poses ton marteau au sol. Le bruit sourd le fait tiquer, mais il te fixe toujours.

- La bourse ou la vie.

- C’est censé vouloir dire quelque chose ?

- Bah… oui ! Donne-moi ton argent ou… ou je prends ta vie !

Tu finis par tilter, lâches une exclamation de surprise en réalisant ce qu’il demande.

- Je vois je vois ! Laisse-moi quelques instants !

Tu commences à fouiller ton sac face au regard un peu circonspect de l’humain qui doit se demander pourquoi tu réagis de cette façon et qui ouvre grand les yeux lorsque tu commences à enfiler tes protections de bras avec un air guilleret.

- Mais… Mais que fais-tu ?

- Bah je me prépare, je vais quand même pas me balader avec une armure sur le dos en permanence, ça pèse son poids ce truc. Deux petites minutes et je suis à toi.

Visiblement prit au dépourvu, l’humain jette un regard vers le bord de la route. Un regard empli d’incompréhension et d’appréhension. Tandis que tu finis de boucler ton plastron, il fait des signes en te désignant, mais se tourne aussitôt vers toi lorsque tu t’éclaircis la gorge.

- Navrée, navrée, on peut y aller.

Et tu y vas, de fait. Tu empoignes ton marteau et fonces sur lui aussi vite que tes jambes te le permettent. Il couine – oui il couine c’est ridicule- et se jette sur le côté lorsque tu abats ton marteau là où il se trouvait juste avant. Et au vu du bruit que fait le choc du métal sur la terre et la marque laissée sur le chemin, il doit être heureux de pas l’avoir pris, ton coup. Tu soulèves ton marteau et te tournes vers l’humain qui est assis par terre, te fixant avec de grands yeux. Avant même que tu ne fasses un pas, il ouvre la bouche.

- Venez m’aider, putain !

Tu entends un bruissement et vois deux silhouettes se carapater rapidement sans demander leur reste. Tu comprends pas vraiment ce qu’il se passe, par contre tu vois clairement l’autre pâlir à vue d’œil et suer abondamment en te fixant. Tu t’éclaircis la gorge et c’est à peine s’il ne se met pas à pleurer. Il te supplie, et à genoux s’il te plaît, c’est déjà pas mal.

- Pitié, pitié, on est juste des gars du coin, on voulait juste détrousser quelques marchands et voyageurs pour nourrir nos familles, on n’a jamais tué personne, pitié.

Quelque part, ça te fait un peu chier. Parce que t’aurais aimé qu’ils soient de vrais bandits et qu’ils essaient vraiment, histoire de castagner un bon coup. Mais non, vu comment il se fait dessus – au sens propre comme au figuré vu l’odeur – il n’est clairement pas du genre à attaquer des gens. Tu fais un signe du menton et il file ventre à terre sans demander son reste. Tu soupires, déçue. Peut-être la prochaine fois ?
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Fafnir Forgeclaire
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Fafnir Forgeclaire » lun. 12 juil. 2021 12:19

Une chose que tu faisais pas dans les mines, c’était courir. Passer tes journées à taper la roche avec une pioche, c’est déjà assez éreintant comme ça, t’allais pas en plus t’amuser à t’épuiser les guibolles pour gagner trois minutes à tout casser. De toute façon, on te l’a assez répété, les thorkins n’ont pas besoin de courir. Si un ennemi s’enfuit, on lui tire dessus à l’arbalète, s’il s’approche, on le laisse venir, on encaisse et on lui fait regretter d’être né. Simple, clair, efficace. Un Thorkin ne court pas, il fait front. Le problème, c’est que cela s’applique pour les batailles, en formations bien rangées. Or, dans ton cas, t’es toute seule, t’as pas de bouclier et une armure un peu vieillotte qui ne va pas vraiment être utile face à ce qui te tombe dessus.

Au début tout allait bien. Tu marchais tranquillement en observant les alentours en quête d’action. Et t’es tombée sur un troupeau de brouteurs. Des espèces de grosses bestioles poilues avec de grandes cornes qui mangeaient tranquillement en faisant à peine attention à ton passage. Elles t’ont fait marrer sur le coup avec leurs démarche un peu pataude et leur tronche d’abruti heureux. Même qu’un petit est venu jusqu’à toi, intrigué et t’as pu lui gratouiller la tête. Bon par contre ils sentent fort, donc t’as vite eu fait de tracer ton chemin pour pas finir par sentir le bouc. Même toi t’as tes limites niveau hygiène corporelle et les mouches qui leur tournaient autour ça ne te tente pas trop. Et alors que tu t’éloignais, tout a dérapé.

T’entends un bruit, comme un cri, même si t’en es pas certaine. Rien d’affolant, cela venait de derrière, t’as simplement jeté un coup d’œil rapide, sans rien apercevoir d’autres que les brouteurs qui ont eux aussi relevé la tête. Tu continues donc ton chemin avant qu’un beuglement n’attire réellement ton attention cette fois. L’un des gros herbivores se met à courir et les autres, comme pris pas un soudain accès de panique, le suive. Tous foncent, les plus jeunes comme les plus vieux. Un vrai troupeau qui se met à courir. Droit dans ta direction. Et toi t’es là, comme un rond de flanc, à te demander ce qui peut bien se passer dans la caboche atrophiée de ces satanées bestioles.

Ton peuple fait face. Mais là, dans l’immédiat, t’as surtout intérêt à te bouger les miches et ficher le camp de là avant de ressembler à l’espèce de bouillie de viande qu’on sert parfois à la taverne quand les livraisons ont un peu de retard. Tu ne réfléchis pas davantage, tu te fis à ton instinct et tu fiches le camp. T’es carrément pas une athlète en ce qui concerna la course par contre, les bestioles ont tôt fait de réduire la distance et ta seule échappatoire semble être un rocher assez gros pour qu’ils l’évitent. Tu te rues vers lui, te postes derrière et laisses la troupe passer en trombe. T’entends bien un choc, mais le rocher tient bon et les mammifères finissent par te dépasser. Tu souffles et sort de ta cachette, ne voyant rien d’autre sur le chemin. Rien qui pourrait indiquer la raison de leur charge soudaine.

- Satanées bestioles.

T’es un peu énervée d’avoir dû courir ainsi, mais bon, tu devais te douter que t’allais pas faire que te battre dans la joie et la bonne humeur, non ? En tout cas la horde de bestiole s’enfuit au loin et ne tu t’en portes pas plus mal. Tu ne sais pas quelle mouche les a piqués, mais tu t’en fiches un peu si tu ne peux pas taper dessus. Tu reprends ta marche un peu au hasard, suivant un sentier qui te conduit tu ne sais où. N’est-ce pas ça, l’aventure ? Suivre une route inconnue pour tomber sur des choses incroyables ? Pour l’instant t’as croisé des bovins affolés et des paysans se prenant pour des bandits, mais c’est toujours mieux que rester dans la mine, pour sûr.

Un sifflement à peine plus perceptible que celui du vent parvient à tes oreilles juste après qu’un léger choc dans la poitrine ne te fasse baisser la tête. À tes pieds, une flèche arrêtée par ton armure gît au sol. Tu empoignes ton marteau et regarde aux alentours, les yeux plissés. Tu n’aperçois pas celui qui aurait pu envoyer cette flèche que tu ramasses. Elle n’est pas très grande et le fer qui a servi à créer la pointe semble bien vieillie. Tu brises la flèche et jette les morceaux au sol, passablement énervée par le geste de ce tireur. La couardise de ce genre d’individu d’excède véritablement. Un autre trait fuse, mais, attentive, tu l’as vu venir cette fois et tu te contente de te décaler sur le côté avant d’avancer, ayant une vague idée de l’endroit d’où vient le tireur. Il n’y a pas tant de cachettes que cela dans cet endroit.

Une silhouette se met alors à émerger de derrière un arbre, puis une deuxième et tu t’arrêtes face au trio d’êtres qui sort ainsi du couvert des arbres, un peu plus bas. Tu plisses le nez, mécontente. Des humains, encore. Tu commences à te demander si toutes les Grandes-Jambes sont des brigands dans les parages. L’archer qui a déjà gaspillé deux de ses flèches te tient en joue et les autres ont des armes diverses. Tu vois surtout celui qui a une jolie hache typiquement thorkine, bien que si mal entretenue qu’aucune thorkin n’a dû y toucher depuis des lustres. Ça te fait râler intérieurement et c’est normal. Ne pas prendre soin de son matériel, c’est chercher les ennuis et le fait que cette hache ait probablement été volée t’énerve aussi.

- Alors la courte-sur-patte, on se balade ? T’aurais pas quelques yus à nous donner ? Et ton armure aussi. Tout en fait, si tu veux vivre.

- T’as le droit d’y croire, l’humain. Fichez le camp et vous vous en sortirez.

- Mais bien sûr ! Et tu es seule alors que nous sommes trois, ma grosse. Qui viendra t’aider, hein ? Ton soi-disant dieu de la foudre, aussi petit et balourd que toi ? La bonne blague.

Tu perds aussitôt tout velléités de régler ça à l’amiable. Il y a des choses qu’il ne faut jamais, au grand jamais, dire devant toi. Tu déposes ton sac sur le sol sous les rires satisfaits de la petite troupe. Ces idiots pensent-ils vraiment que tu vas abandonner si vite ? Visiblement puisque le grand barbu à la hache s’approche de toi comme sil avait déjà gagné, sans même se méfier. Ta main est pourtant ferme sur le manche de ton arme, tandis que ton autre empoigne le collier qui ne te quitte jamais, la preuve de ton allégeance à Valyus, offerte par un prêtre.

- Tel l’orage, je gronde. Telle la foudre, je m’abats sur les indignes. Valyus est mon guide. Il est le protecteur et je ne crains nul péril sous son regard. Tel le tonnerre, je fais trembler la terre et ceux qui me font face connaitront ma colère. Ô Valyus, entends-moi, car je vais laver l’affront qui t’as été fait et verser le sang en ton nom.

Lâchant ton amulette, tu empoignes ton marteau et d’un mouvement brutal, fracasse le sol avec la tête, marquant la terre et la roche sous ton coup dont le bruit résonne contre les parois des montagnes et fait cesser tout rire chez les humains que tu fixes avec colère.

- Nulle offense ne sera tolérée. Priez pour la clémence de Valyus, car je n’en aurais aucune.
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Fafnir Forgeclaire » dim. 25 juil. 2021 17:18

T’as toujours eu le sang chaud, comme beaucoup des tiens et, si ça t’a parfois joué des tours, t’as surtout su t’en servir à bon escient. La colère est en général un bon moteur pour les efforts physiques et t’en avais beaucoup à revendre quand tu travaillais dans les mines à chercher ce métal si précieux pour ton peuple. Tu tapais sur de la roche avec force et ça convenait à tout le monde. Aujourd’hui, en revanche, nulle roche à frapper, mais un individu qui a osé insulter Valyus devant toi, sans gêne et sans le moindre remord. Tes menaces semblent leur faire soudainement prendre conscience de l’arme que tu portes n’est pas là simplement pour faire jolie et ils se déploient, leur chef se mettant face à toi, les deux restant un peu plus loin.
Tes mains serrent si fort ton marteau que tes phalanges doivent être blanches sous ton armure. Quelque chose doit passer sur ton visage car l’humain, jusque-là si goguenard, fait un pas en arrière, comme subitement incertain. Tu ne le remarque même pas, à vrai dire. Tu te contentes simplement de couvrir la distance vous séparant et de balayer l’espace devant toi avec ton marteau. Agile, l’humain recule, roule en arrière pour finir sur son séant, jambes écartées, à te fixer avec des yeux ronds, comme s’il doutait encore de tes intentions. Ou peut-être n’imaginait-il pas que tu tentes réellement de lui faire ravaler ses insultes. C’est bien mal te connaître. Il a de la chance, cependant, parce que tu n’es pas une combattante émérite. Taper avec une pioche sur de la roche et t’entraîner à taper un rocher avec ton marteau ne fait pas de toi une guerrière.

Lorsque tu abats ton marteau vers l’homme au sol, le simple et léger recul qu’il fait suffit à te faire rater ta cible. Ton marteau s’écrase entre ses jambes, à quelques millimètres de sa virilité. Cela t’énerve un peu, mais tu es vite occupée à éviter la flèche que l’un de ses camarades t’envoie. Il en profite pour se relever et se reprendre. Tu soulèves ton marteau, plisses les yeux, ton sang battant contre tes tempes et ton souffle se faisant plus saccadé. Pourtant tu ignores tout cela et gardes les yeux fixés sur les malandrins face à toi. Leur chef fait un signe vers ses comparses tout en jouant avec sa hache, comme s’il avait retrouvé sa hardiesse après ton attaque manquée.

- Je me la fais les gars, admirez le spectacle.

Cela te met encore plus en rogne. Mais si la colère peut être un bon moteur pour casser de la roche, au combat, la colère peut simplement aveugler et faire perdre toute vigilance. Tu t’élances, ton coup part, mais l’humain t’as vu venir et il évite ton coup avec aisance avant de frapper. Tu clignes des yeux alors que tu fixes la lame de la hache filant droit vers ta tête. Tu as de bons réflexes et c’est la seule chose qui te sauve la vie. La lame, plutôt que de te fracasser le crâne, s’abat sur ton épaule, heureusement protégée par ton armure. Le choc est rude, mais l’armure tient bon, tes os aussi. Ce n’est pas aujourd’hui qu’un humain pourra briser tes os. Tu ne fais pas la fière malgré tout, ton épaule est douloureuse et porter ton marteau n’est plus aussi simple qu’avant.

T’es tenace, pourtant, très tenace. C’est pour ça que tu serres les dents et que tu attaques de nouveau. Cette fois la tête de ton marteau le frôle tant qu’il est forcé de reculer, mais pour mieux agir en traître. D’un mouvement vif, une dague file ton visage, éraflant douloureusement ton front jusqu’à la tempe. La plaie saigne beaucoup, même si elle n’est pas si grave, mais cela coule sur ton œil et tu n’as d’autre choix que de le fermer, incapable avec des gantelets de chasser le sang qui de toute façon coulerait de nouveau. Tu commences à reculer sous ses attaques, encaisse un coup qui ne fait qu’érafler ton plastron, et un autre qui ébranle ton bras déjà blessé au niveau de l’épaule. La situation est difficile, mais tu n’abandonnes pas, ce n’est pas ton genre. Au lieu de ça, tu fais front et attends l’attaque.

Confiant dans sa force, l’humain se rue vers toi, hache levée, prêt à frapper. Tu ne faiblis pas, resserre ta prise sur ton marteau et décide d’imiter ton frère, fier guerrier Thorkin. Tu te souviens de cette passe qu’il t’a montré, enseignée par les tueurs de Garzoks de Mertar. Un héritage martial de ton peuple, transmis par ton frère. Tu te ramasses sur toi-même et, soudainement, donne un violent coup vers le haut. La hache de ton ennemi ricoche contre la tête de ton marteau qui continue sa course, percutant avec violence la mâchoire de l’humain. Tu entends, tu sens, les os craquer et se briser sous le coup. Ton marteau décrit un arc de cercle complet, la tête heurtant le sol derrière toi. Tu es essoufflée face à l’humain qui est toujours là, debout, immobile. Puis tu le vois lâcher sa hache, tomber à genoux, puis au sol, laissant une flaque de sang s’épandre sous son crâne fracturé. Tu souffles sur une mèche de cheveux venue s’aventurer sur ton visage en sueur, mais finalement souriant. La victoire a le goût d’un doux nectar sucré

- Oho, tu as pris ton temps, jeune thorkine.

Ton regard fuse vers l’étrange voix. Non loin, assis sur un rocher, se tient un humain. Une longue barbe blanche et des cheveux emmêlés de la même couleur encadrent un visage buriné par les années. Une lourde armure encadre son corps visiblement encore vigoureux malgré son âge apparent et une longue épée est apposé près du rocher, à ses pieds. À côté, les deux brigands, assommés et attachés l’un à l’autre. Quand est-il arrivé et comment a-t-il pu faire tout cela sans que tu le remarques ? T’en as pas la moindre idée, mais c’est dire que le bonhomme doit être fort. Tu te mets en position, prête à défendre ta peau, mais cela semble amuser le vieillard.

- Nulle besoin d’être tendue, je ne te veux point de mal. Je passais juste par ici et ai supposé que tu puisses apprécier mon aide. Jolie technique que tu as utilisée là. J’ai déjà vu des compagnons nains faire de même.

Bavard le vieillard, t’en as déjà mal au crâne. Ou alors c’est le contrecoup de combat. Tu te tiens à ton marteau posé sur le sol en fronçant les sourcils, inspire, expire, puis te laisse lentement tomber contre le manche de ton arme jusqu’à toucher le sol. Ainsi assise, tu n’es pas vraiment confortablement installée, mais au moins tu ne risques pas de tomber si jamais tes jambes te lâchent. Tu réponds finalement au vieil homme.

- Qui êtes-vous ?

Une simple question, posée d’un ton poli. Tu respectes les anciens depuis toujours et cet homme t’as aidé après tout.

- Oh, mon nom ne te dira rien, jeune thorkine, mais je vis dans ces montagnes. Je me rendais à Amaranthe, ai vu ce qu’il se passait ici et j’ai décidé d’intervenir, sans pour autant perturber ton combat.

- Je vous en remercie.

- Tout le plaisir était pour moi.

Et le large et sincère sourire qu’il t’offre à la fin de sa phrase suffit à te détendre un peu. Il a l’air sympathique finalement, cet étrange vieillard.
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Fafnir Forgeclaire
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Fafnir Forgeclaire » lun. 23 août 2021 22:50

Tu grognes un peu quand tu te relèves. T’as pas encore l’habitude du combat, il faut dire. Les muscles travaillent davantage que quand tu mines. Tous les muscles. Tu roules un peu des épaules et les sens craquer avec satisfaction. T’en pousses même un soupir de bien-être. Le vieil humain, lui, est occupé à faire tu ne sais quoi avec les prisonniers et, honnêtement, tu ne veux pas savoir. Enfin ça c’est jusqu’au moment où les deux malandrins se relèvent pour partir en courant comme si Skaldon en personne était à leurs trousses. Toi, tu retiens surtout qu’ils se sont enfuis grâce au vieillard et tu te tournes vers lui, courroucée. D’accord il est celui qui les a capturés, mais en les libérant il leur donne l’occasion de recommencer et ça ne te plaît pas trop. Ils n’ont certes pas blasphémé Valyus directement, mais ils ont approuvé les paroles de leur chef et doivent payer.

- Attrape !

Tu lèves à temps les bras pour recevoir ce qu’il t’envoie. Une petite bourse dodue et un clin d’œil qui, couplé à son sourire, te font quelque peu oublier tes griefs à son égard. Les brigands courent vite et t'es crevée. Tant pis. Tu ranges ta bourse dans tes affaires et reprends ton marteau tandis que le vieil homme, décidément plein de vie, s’approche de toi pour t’observer. Sa barbe immaculée descend presque autant que celles des Longues-Barbes de ton peuple et son visage est autant marqué par le temps que les combats au vu des cicatrices qui le parsèment. Ce vieillard ne doit pas être n’importe qui, t’en as la conviction au fond de toi. Surtout qu’en ne te disant pas ton nom, il t’intrigue, mais tu es bien trop respectueuse des anciens pour te permettre de le bassiner avec une question aussi triviale.

- La fougue de la jeunesse, voilà qui fait plaisir à voir ! Escorterais-tu un vieil homme vers la ville ? Les montagnes ne sont pas sûres en ce moment.

Tu hausses un sourcil en te demandant s’il se moque de toi. Il est sans contexte un combattant émérite et tu doutes qu’il ait le moindre problème à aller et venir dans la région, mais après tout, sa compagnie pourrait t’apprendre plein de choses et rendre le voyage moins monotone qu’il ne l’a été jusque-là. Alors tu frappes ton armure de ton poing, contre ton cœur.

- Bien sûr ! Moi, Fafnir Forgeclaire, vous escorterez jusqu’à…

- Amaranthe.

- Jusqu’à Amaranthe !

- Me voilà rassuré ! Mettons-nous en route dans ce cas.

- Et… lui ?

Le corps sans vie du brigand repose toujours sur le sol, non loin de vous, mais le vieillard se contente de hausser les épaules avant de prendre la direction du Sud-Est. Tu jettes un dernier regard au cadavre, récupères la hache qui appartient de droit aux tiens, avant de suivre l’ancien d’un pas plus vif que nécessaire. Ton marteau sur l’épaule, ton sac sur le dos, tu te mets à surveiller les alentours d’un œil que tu espères vif et vigilant. Par moment quelques gouttes de sang gênent ta vue, la coupure sur ton front n’ayant pas encore cessé de saigner. Le vieil homme te tend alors une petite fiole contenant un liquide teinté de rouge.

- J’ai trouvé ça sur les brigands. Bois.

Tu obtempères et sens la coupure te démanger brusquement avant que tout redevienne normal. Tu tapotes ton front pour le découvrir aussi lisse que la veille, exception faite du sang qui le macule encore. Surprise, tu fixes la fiole désormais vide avec une expression partagée. Tu te demandes si cela était de la magie. Non pas que tu abhorres ses utilisateurs, mais elle te semble être un don divin et qu’une telle chose puisse être mise en bouteille te parait impossible.

- De la magie ?

- Oh non, une simple fiole de soin. Les fabricants gardent leurs recettes jalousement, mais il n’y a rien de magique là-dedans. D’où viens-tu, Fafnir Forgeclaire ?

- D’un trou paumé

- Allons personne ne vient de …

- Likhranen.

- D’accord c’est en effet un trou paumé. Pourquoi en être partie ?

- L’envie de découvrir le monde, de tromper l’ennui, de combattre des monstres, de faire de mon clan un nom connu.

- Tout un programme !

Tu redresses le menton, fière de tes projets. Bien sûr tu ne parles pas de ton rêve de combattre et vaincre un dragon. Tout le monde prend cela pour une fable que tu avais quand tu étais encore enfant, mais l’idée n’a jamais quitté ton esprit. Devenir assez forte et capable de faire jeu égal avec une de ces créatures mythiques est un rêve qui ne t’a jamais quitté. Tu ne sais pas comment tu pourrais réussir cela, ni même où trouver un dragon en dehors du toutou de la Déesse Noire, mais tu n’as jamais perdu espoir à ce sujet.

Le vieil homme et un compagnon agréable. Tu l’écoutes tandis qu’il te parle des endroits près desquels vous passez. Ce petit ruisseau qui regorge de poisson, ce rocher à la forme étrange où il aime s’adosser pour se reposer lorsqu’il voyage, ce bosquet d’arbres chétif où il a vu des sangliers. Rien qui te passionne vraiment, mais tu écoutes lorsqu’il parle du passé, lorsqu’il évoque des batailles. Il ne donne ni lieu, ni nom, ni dates, mais tu sens qu’il ne ment pas. Un vétéran tel que lui aurait beaucoup à t’apprendre et tu le respectes d’autant plus pour son passé martial dont tu devines à peine l’ampleur.

- Et si nous faisons un peu d’exercice, jeune thorkine ?

Tu tournes la tête vers lui en imaginant un genre d’entraînement, mais son regard n’est pas fixé sur toi, mais vers un petit hameau en contrebas, où tu peux entendre des cris. Et pas des cris de joie non, des cris de terreur et de douleur. Sans même y réfléchir à deux fois, tu suis le vieil homme qui s’est mis à trottiner vers le hameau. Tu serres ta prise sur ton marteau alors que vous gagnez en vitesse. Cette journée aura été la plus intéressante de toute ta vie.
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Fafnir Forgeclaire » lun. 23 août 2021 23:57

Toi et le vieil homme approchez du hameau, voyant çà et là des silhouettes courir pour s’enfuir lorsqu’un hurlement à glacer le sang se répercute contre les parois des monts alentours. Un son qui n’a rien d’humain ou thorkin, tu en es sûre. Tu doutes même que ce soit autre chose qu’un animal qui puisse produire un tel son. Un très gros animal, très énervé. Alors lorsque le toit d’une chaumière vole en éclats, que des cris de terreur se font entendre et que tu aperçois enfin la cause de toute cette terreur, tu comprends. Un monstre est là. Mesurant au moins trois mètres de haut, il a une tête énorme dotée d’une mâchoire garnie de dents proéminentes et pointues. Un large corps recouvert d’une épaisse fourrure est rattaché à des bras puissant qui te semble bien long pour son torse et ses jambes doivent au bas mot avoir la largeur ton corps. Tu n’as même pas besoin de demander ce que c’est, le vieil homme s’en charge d’un juron.

- Un troll ! Evacue les villageois, je m’en occupe.

Tu aurais bien protesté, mais le vieil homme te distance et les cris et pleurs d’un enfant ne te laissent pas indifférente. Tu te dépêches d’approcher de la maison attaquée tandis que l’humain attire le troll par de grands cris. Sans même chercher à faire dans la délicatesse, tu fracasses la porte d'un coup de marteau pour entrer. L’intérieur est un désastre, tout est brisé ou renverser à cause de la chute d’une partie du toit. Dans tout ce fatras, tu aperçois deux enfants et leur mère, inconsciente au sol, visiblement frappée par un débris du toit. Tu avances vers elle en essayant tant bien que mal de rassurer les gamins qui hurlent et pleurent.

- Calmez-vous, calmez-vous, on va sortir votre mère de là et vous mettre en sûreté.

Joignant le geste à la parole, tu te penches vers la mère et la hisse tant bien que mal sur ton dos. L’aîné, un garçon d’une douzaine d’année, cesse finalement de pleurer et te file un coup de main, récoltant un regard et un hochement de tête approbateur de ta part. Il s’occupe même de rassurer sa jeune sœur et l’emmenant vers la sortie. Brave petit. Chance pour toi, l’humaine n’est ni grande, ni lourde et tu parviens en soufflant un peu à la sortir de la maison. Tu entends toujours les cris du troll, mais plus aucun des humains et tu espères qu’ils sont tous en sûreté. Tu suis les deux gamins, leur mère sur le dos, avant qu’une voix ne les fasse tous deux courir. Un homme au front ensanglanté et au bras visiblement cassé se précipite vers eux et les serre contre lui malgré la grimace de douleur qui déforme son visage. Le père, sans doute. Quand il te voit, il se précipite vers toi avec un autre humain et entreprend de soulever sa femme en t'adressant un regard reconnaissant.

- Gaïa vous remercie, fière thorkine.

- Pas de problème. Il reste des villageois ?

- Aucune idée, tout le monde a couru dans tous les sens, c’était le chaos.

- Je vois… Occupe-toi de ta famille, humain, je vais chercher des survivants. Et aider celui qui combat le troll.

- Bonne chance ! Qui aurait cru que Mathéron passerait aujourd’hui ?!

Tu as envie, vraiment très envie, de l’interroger sur le vieil homme, Mathéron, mais tu as autre chose à faire. Tu cours à nouveau vers le hameau, marteau en main. Tu entends toujours le troll pousser des cris, signe que le vieil homme se bat toujours. Il est sacrément costaud pour tenir tête à une telle créature, t’en reviens pas. Tu vérifies deux chaumières vides avant de bifurquer à l’angle d’une troisième pour tomber presque nez à nez avec le troll. Presque parce que c’est son dos que tu vois et le visage de Mathéron que tu arrives à apercevoir malgré son casque et la présence du troll. Tu sais qu’il t’a vu et tu te dis que c’est le moment de profiter de la surprise pour frapper le troll et l’aider. Tu bandes tes muscles et profites de la surprise pour armer un coup aussi violent que possible.

T’es plutôt satisfaite de ta force, globalement. Des années en tant que mineuse et fille de forgeron, t’as jamais eu besoin de faire des exercices pour gagner en muscle, même pour une thorkine. Alors tu t’attendais un peu à lui faire quelque chose au troll. Peut-être lui déboiter le genou, là où t’as frappée de toutes tes forces. Oh, il a mal, tu le sais à son hurlement qui suit ton coup. Mais c’est à peine s’il fléchit le genou avant de se retourner vers toi. De près, il est encore plus vilain que tu ne le pensais, avec ses petits yeux sombres et sa gueule pleine de bave. Et de sang. Il est blessé de partout. Visiblement Mathéron n’y est pas allé de main morte. Par contre tu remarques très vite que là le troll t’en veut et qu’il a une poutre à la main. Par chance, le coup qui aurait dû t’envoyer valser à l’autre bout de la région te rate lorsque le vieil homme plante son épée dans la cuisse du troll, la douleur le faisant complètement rater sa cibles, donc toi, et qui détruit plutôt le mur d’une chaumière. Tu récoltes donc surtout les débris qui te tombe sur le coin du pif, mais tu t’en sors mieux que tu ne l’espérais. Mathéron est même parvenu à te rejoindre pendant ce temps.

- Gentil de venir m’aider, Fafnir, mais t’es pas de taille. Les villageois ?

- J’en cherchais, mais il semble que la plupart aient évacué. Et il est pas question que je fasse demi-tour face à ce monstre !

- Tu manques pas de courage ! Je peux pas garantir ta survie si tu interviens.

- Pas besoin !

Et t’en es convaincue, attirant un regard sympathique du vieil homme qui te tapote l’épaule avant de faire de nouveau face à la créature. Blessé, le troll a du mal à se déplacer apparemment, alors tu décides d’en profiter. T’es peut-être courte sur pattes, mais toi tu peux courir. Alors tu le contournes. Tu vois bien qu’il essaie de vous garder tous les deux dans son champ de vision, mais il est vite obligé de se concentrer sur Mathéron qui a ramassé un morceau de lance pour le lui envoyer dans le torse. Le vieil homme ne manque pas de ressources ! Toi, tu jubiles de participer à un combat aussi dantesque. T’as attendu ça longtemps et tu comptes bien faire ta part.

Alors lorsque le troll te tourne le dos, tu attaques à nouveau. Tu as sans doute sous-estimé l’intelligence de cette bestiole, par contre. Ou alors il a un instinct plus efficace que tu ne le pensais. Toujours est-il qu’il se retourne alors que tu armes ton bras et tu as à peine le temps de rectifier ta position qu’il balaie l’espace vous séparant. Son bras te heurte avec brutalité et tu te sens partir en arrière avant de traverser le mur d’une chaumière et de t’écraser sur le plancher. Tu grognes de douleur et tu vois çà et là de petites étoiles. Il t’a pas loupé.

Tu peux en revanche remercier ton marteau, ton armure et tes os solides parce que t’as semble-t-il rien de cassé. Et remercies aussi les humains de faire leurs murs en torchis et pas en bois, parce que tu ne l’aurais pas traversé aussi facilement. Il te faut quelques instants pour reprendre tes esprits et réussir à rouler sur le côté pour te redresser assez. Ta tête te fait mal et ton dos aussi, mais t’es en vie, entière et c’est déjà pas mal après avoir reçu un coup pareil. Au moins il t’as pas frappée avec son poing serré ou avec ses griffes, sinon tu serais probablement plus de ce monde. Tu préfères ne pas trop y penser tandis que tu t’extirpes tant bien que mal des débris et sort par le trou que tu as fait en t’encastrant dans le mur. T’es salement remontée maintenant. Tu craches un peu de sang avant de voir que le combat est terminé, peu ou prou.

Le troll agenouillé n’a plus qu’un bras valide, l’autre pendant sur son côté, immobile. Plusieurs villageois se sont finalement joints au combat et le tienne en respect avec tout ce qu’ils ont pu trouver de long et pointu. Mathéron, lui arme une arbalète et lui tire dans le crâne. La créature s’effondre alors que tu t’approches en grimaçant de douleur. Tes os sont peut-être pas brisés, mais ils ont pas aimé le traitement infligé, ça c’est sûr. Les villageois autour de toi poussent des soupirs soulagés et Mathéron se dirige vers toi. Tu ne sais pas si c’est un réflexe ou si le troll est encore en vie, mais tu le vois soudainement bouger le bras près duquel marche le vieil homme. Tu n’hésites même pas et ton marteau percute le crâne de la créature avec autant de violence que ton corps te le permet. Tu sens et entends distinctement le crâne se briser alors que la tête de ton marteau l’écrase et enfonce encore un peu plus le carreau tiré par Mathéron.

- Je pense qu’il a eu son compte. Bien joué en tout cas. Tu m’as fait peur quand t’as volé comme ça.

- Il en faudra plus que ça pour venir… à bout… d’une… thorkine.

Tu as beau fanfaronner, ton corps, lui, a décidé que, trop c’est trop, et tu bascules en arrière. Tu perds connaissance avant même de heurter le sol. Combattre un troll c’est probablement encore un peu tôt pour toi, Fafnir.
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Fafnir Forgeclaire
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Fafnir Forgeclaire » mer. 25 août 2021 18:29

- Par mes ancêtres ! Oow… ma tête…

Ton réveil brusque n’est pas très apprécié par ta caboche et le reste de ton corps. T’as mal partout et t’apprécies pas vraiment la sensation, surtout en étant allongée sur ce qui ressemble à une planche de bois étant donné à quel point c’est inconfortable. Tu ouvres péniblement les yeux rapidement éblouis par la clarté du jour passant par ce qui semble être une porte ouverte. Tu grognes en maudissant l’inventeur des portes ouvertes, quoi que cela veuille dire, et fermes les yeux après avoir brièvement aperçu le plafond de ce qui ressemble à une chaumière. Tes sens s’éveillent peu à peu. Tu perçois des voix provenant du dehors, des cris d’enfants, des coups portés sur du bois, comme un marteau frappant des planches. La porte grince et se referme. Tu ouvres un œil pour croiser le regard pétillant d’un humain bien connu.

- Ah, mais t’es réveillée ! par les Dieux tu m’as flanqué une frousse !

- Urgh… moins fort…

D’après ton expérience, t’as jamais connu une gueule de bois qui équivaut au tintamarre qui se joue dans ton crâne. T’entend le vieux Mathéron rire avant qu’un linge frais se pose sur ton front. T’apprécies l’attention, vraiment. Tu passes encore un moment allongée. Des heures, en fait, à somnoler avant de te lever précautionneusement. C’est la faim qui te fait te lever, mais tu prends quand même le temps de regarder ton corps. T’as de sacrés bleus et hématomes un peu partout, surtout sur la poitrine, l'épaule et la jambe gauche. Probablement ton dos aussi, mais t'as rien pour le vérifier. Tu repères ton armure et ton marteau dans un coin. Quelqu’un s’est chargé de les remettre un peu en état et de les nettoyer et ça te tire un sourire appréciateur. Les gens du coin ont l’air reconnaissants.

En sortant, deux gamins t’évitent de justesse et repartent en courant vers un troisième qui les attends. Tu clignes des yeux sous le soleil de ce milieu de journée, laissant ta vue s’habituer à la clarté. On te tapote l’épaule et Mathéron t’offre un autre sourire à demi caché derrière sa longue barbe blanche.

- Bien dormi ? Laisse-moi te présenter aux villageois. T’as quelques admirateurs.

Tu le suis et salues un petit groupe d’une dizaine d’humain. Tu reconnais l’homme dont tu as porté la femme blessée jusqu’à lui. Il t’offre un large sourire et se présente sous le nom de Bohard. Tous se présentent chacun leur tour jusqu’au chef du village, Hebert, qui te remercie au nom du village. Tu souris, pas mécontente de ces remerciements que tu mérites. Au moins un peu. T’as quand même pris un sacré coup de ce troll. Son corps a d’ailleurs disparu et t’apprends que t’es restée trois jours dans les vapes. Pas étonnant que t’ais une faim d’ours. Ton ventre se charge de ta demande et, sous les rires de quelques villageois, on te mène à une table où tu peux te restaurer. Pas de bière, hélas, mais tu te contentes de l’eau claire en appréciant le repas, simple, mais consistant, que l’on t’offre.

Une fois repue, tu écoutes Mathéron te résumer les trois derniers jours que tu as manqué. Les villageois se sont débarrassés du corps du troll en le brûlant à une centaine de mètres du village. Ils ne déplorent que quelques blessés grâce à l’intervention inopinée et bienvenue de Mathéron. Et de la tienne, aussi, bien sûr. Même le propriétaire de la chaumière dont t'as traversé le mur t’est reconnaissant et vient même te saluer en te serrant les mains avec enthousiasme. T’es incroyablement satisfaite de ton action et de la reconnaissance que ça t’apporte. T’as toujours voulu ça, croiser le fer avec des monstres et sauver des gens qui saluent ta bravoure. La bravoure est d’ailleurs la seule chose à saluer là, puisque ton efficacité a été toute relative, mais c’est l’intention qui compte, sans aucun doute.

Vous restez encore deux jours dans le hameau, le temps que tu récupères assez pour réussir à mouliner ton marteau dans le vide en te levant. Ton large sourire sert à informer les villageois que t’es en forme, alors ils t’offrent un dernier repas et une bourse que tu refuses fermement. Détrousser des bandits ne te pose pas de problème, mais priver des gens avec peu de moyens du peu qu’ils possèdent, c’est vraiment pas quelque chose que tu as envie de faire. Tu perçois le regard appréciateur du vieil homme qui ne dit mot. Lui aussi refuse, mais les villageois n’insistent pas, semblant bien connaître l’individu et semblent proposer cela que par politesse et convenance. Tu te réjouis d’avoir refusé instinctivement et pour de bonnes raisons. On te donne quand même quelques provisions et tu acceptes chaleureusement cette fois, tirant un sourire aux villageois. Tu les quittes finalement en compagnie du vieil homme, reprenant votre route vers Amaranthe.

- Nul doute qu’ils se souviendront et parleront de toi.

- Vraiment ?

- Ce n’est pas tous les jours qu’une thorkine vient leur sauver la mise, crois-moi. Je passe souvent ici car une colonie de gnoll s’est établie non loin et ils sont régulièrement attaqués. Raison pour laquelle ils s’en tirent aussi bien face à un troll, ils ont l’habitude de se défendre.

- Je comprends. Ils sont courageux. Ils semblent vous connaître, qui êtes-vous vraiment ?

- Un vieux soldat, rien de plus, ne te préoccupes pas de ça. Dis-moi plutôt où tu as appris à te battre

- Je n’ai pas appris.

- Vraiment ? Tu as pourtant de bons réflexes. Il nous reste environ trois jours avant d‘atteindre Amaranthe. Accepterais-tu les conseils d‘un vieux soldat ?

- Bien sûr !

- Bien, nous verrons cela ce soir dans ce cas.

Tu trépignes d’impatience à l’idée de recevoir les conseils d’un vétéran qui sait visiblement de quoi il parle. Mais tu patientes, calmement, bavardant avec le vieil homme, profitant du calme de cette partie du voyage pour reposer un peu ton corps malmené. Il ne te reste que de vilains bleus et quelques courbatures après ces quelques jours, et tu remercies autant ton corps que ton armure d’être aussi solides. Un humain normal aurait probablement fini brisé par le coup du troll. Ou en tout cas bien plus amoché que cela. Tu essaies aussi de t’habituer à porter plus longtemps ton armure sur toi, surtout les protections de bras qui sont plus aisées à garder pendant que tu marches. Certes, tu comptes bien trouver assez d’argent pour compléter ton armure avec un casque et de belles protections pour tes jambes, mais tu comptes déjà t’habituer à porter ce que tu possèdes.

Le soir venu, tandis que le repas mijote dans une petite marmite que Mathéron transporte, tu t’es éloignée avec lui de quelques mètres et tu lui fais face. Lui aussi a revêtu son armure et ça te rend impatiente. Son armure est usée, mais très bien entretenue. Pas une once de rouille dessus. Il se tient droit, son épée large dans son fourreau, son arbalète toujours avec ses affaires, dans votre campement improvisé.

- En te voyant te battre contre les brigands, j’ai vu que tu avais du potentiel, mais il faut que tu apprennes à le développer. Nombre de jeunes soldats meurent car ils attaquent à outrance sans faire attention à leur sécurité, sûrs de leur entrainement. Je vais t’enseigner quelque chose. Attaque-moi. Pas besoin de te retenir.

Tu l’observes tirer sa lame avant de hocher la tête tandis qu’il prend une pose de combat, lame pointée vers toi. Tu serres ton marteau et bande tes muscles pour te ruer sur lui. Ton marteau fonce vers sa tête… qui n’est plus là. Tu vois, médusée, le vieil homme se décaler juste assez pour éviter ton coup. Son épée percute le manche de ton marteau, le forçant vers le bas. Surprise, tu n’as pas la possibilité de compenser et la tête de ton marteau se retrouve dans le sol, un pied du vieil homme t’empêchant de t’en servir alors que sa lame te chatouille la gorge. Tu essaies encore de comprendre ce qu’il vient de se passer alors que le vieil homme recule et rengaine son arme. Impressionnée par sa dextérité, tu n’es nullement humiliée de t’être faite avoir et écoutes avec attention ses explications. Bon, t'es un chouia vexée, mais tu le caches bien.

- Attaquer c’est bien. Mais au combat, il faut savoir se défendre et profiter de l’assaut de l’adversaire pour le surprendre et gagner. Apprendre à parer est essentiel et profiter de cette parade, crucial.

Tu hoches la tête en te repassant le court échange dans ta tête. Il a bel et bien utilisé son arme pour dévier ton marteau et profiter de ton attaque manquée pour passer sa lame dans ta garde. Une technique intéressante, surtout pour toi qui ne sait que frapper de toutes tes forces. Peut-être que cela serait intéressant à développer. Et comme si le vieil homme savait lire dans tes pensées.

- Trouves-toi une posture qui te semble efficace et tente de profiter de mes attaques pour passer ma garde.

Tu hoches la tête à nouveau, attentive. Tu lui fais face, tes pieds solidement ancrés au sol, ton marteau légèrement dirigé vers lui. Il te fixe un instant puis prend son arme qu’il garde au fourreau. Tu patientes jusqu’à ce qu’il dise un mot : « droite » avant de frapper, sur ta droite. Il n’est pas aussi rapide qu’avant, mais tu as beau essayer, tu ne parviens pas à parer son coup qui frappe durement ton épaule dans un bruit sonore. Tu recules d’un pas en grimaçant avant qu’il ne se replace. Tu changes alors de position, le buste légèrement de profil avec la tête du marteau vers le bas, avec l’idée de la remonter pour parer, puis frapper. A nouveau, il te prévient, mais tu ne parviens pas à parer et encore moins à riposter. Le manège dure un moment. Tu te positionnes, échoues à parer, reçois un coup. Tant et si bien que tu es bientôt en sueur. Tu ne parviens pas à situer le problème et tu n’aimes pas ça.

- Cela suffira pour aujourd’hui, allons manger, notre ragoût est plus que prêt.

Tu hoches la tête, ravalant tes bougonnements. Tu as bien l’intention de lui prouver que tu peux maitriser tout ce qu’il peut t’apprendre !

***
Début de l’apprentissage de la posture « contre imparable »
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Fafnir Forgeclaire
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Fafnir Forgeclaire » mer. 25 août 2021 21:46

Tu grognes pour la troisième fois lorsque tu reçois un coup pile sur le genou, te forçant à le poser au sol. Après une nuit calme et une journée de marche, tu as repris l’entraînement avec Mathéron et tu n’as pas avancé d’un iota. Pourtant tu sens que tu es si proche… Alors quand le vieil homme se remet en position, tu ne bouges pas, mais réfléchis. Ce qu’il te faut, c’est une façon sûre de parer une attaque et d’attaquer ensuite, très rapidement, empêchant toute esquive ou parade adverse. Tu as un immense marteau, lourd et encombrant dans les mains, alors tu ne dois pas faire de gestes superflus. Tu ne peux pas te permettre d’y aller sans ton arme, mais son poids est autant un avantage qu’un handicap dans ce genre de situation. Soudainement, tu as une idée pour mieux gérer le poids de la tête de ton marteau.

Tu fais finalement face à Mathéron, la tête de ton marteau vers lui, mais tu réduis la distance entre tes mains et la masse de ton arme. Moins d’allonge, mais bien plus de précision et de rapidité. Tu te campes sur tes jambes et attends, stable et prête. Mathéron s’élance vers toi en prévenant, comme à son habitude. Tu attends le dernier moment, puis frappe d’un coup sec la lame. Elle dévie de sa trajectoire, te manque complètement, mais tu as déjà préparé ton prochain coup. Tu recules ton marteau, toujours à l’horizontal, avant de le propulser dans le torse du vieil homme. Tu n’y mets guère de force, trop empressée d’agir, mais le son du métal contre le métal suffit à te faire sourire. Avant que la tranche de la main libre de Mathéron ne te frappe le front.

- Aïe ! Hey ! Pourquoi vous faites ça ?

- Parce que c’était bien joué, Fafnir. Tu ne peux pas bloquer aussi facilement une arme avec un marteau comme le tien, alors le dévier en parant et en profiter ensuite, c’est la meilleure chose à faire. Maintenant que tu as compris, nous allons continuer, mais je ne vais plus te prévenir, tu vas devoir t’entrainer et gérer mes attaques comme elles arrivent. Tu es prête ?

- Bien sûr !

Tu as l’impression, un court instant, de voir une étincelle de fierté dans le regard du vieil homme, mais tu es bien vite occupée à te défendre de ses assauts pour y penser. Pourquoi serait-il fier de toi, après tout, vous ne vous connaissez que depuis quelques jours. Tu n’y penses pas plus que ça. Tu te mets en position, essaies de parer, échoues, subis un coup, recommences, encore et encore, déviant l’arme pour frapper avec de plus en plus d’aisance, de plus en plus de rapidité et de force. Tu n’arrives pas encore à utiliser toute ta force alors que tu dois gérer des mouvements rapides, mais le vieil homme trouve que tu t’en tires bien. Tu parviens à le parer une fois sur dix et à le toucher ensuite une autre fois sur dix, ce qui n’est pas terrible, mais le bougre arrive à t’encourager suffisamment pour que tu t’entraines, encore et encore, jusqu’à l’épuisement.

Durant les trois jours restants de votre voyage, lorsqu’il n’est pas en train de te mettre des roustes, tu lui parles de ta famille, de ta ville que tu décris comme un trou aussi agréable que celui du cul d’un troll. Lui évoque un peu ses batailles passées et tu écoutes, fascinée par les récits des guerres d’antan que tu aurais aimé au moins voir, à défaut d'y participer. Chaque soir, il te botte les fesses, mais semble satisfait de tes progrès, toi qui, avant de partir, n’avait jamais tenu une vraie arme de toute ta vie. Tu lui montres à nouveau ce que ton frère t’a enseigné, la fameuse technique des Tueurs de Garzoks de Mertar dont ton frangin, Tolmir, fait désormais partie. Il est intéressé, te donne quelques astuces pour l’employer à plein potentiel avant de recommencer à te taper dessus pour t’enseigner le contre imparable, comme il l'appelle. T’apprécies, étonnamment. T’aimes pas qu’on te ménage, parce que t’en as pas besoin. T’es une thorkine, et tu sais encaisser, foi de Valyus !

A la fin des trois jours, la petite bourgade d’Amaranthe est finalement en vue et toi et Mathéron l’atteignez peu après le milieu de la journée. C’est la première fois que tu vois une ville humaine, le hameau de Pétulie que tu as traversé ne comptant pas vraiment. Située à flanc de montagne, bordée de forêts de sapin, elle ne paie pas de mine. Les maisons, simples, sont agencées pour suivre le contour de la montagne et forment des rues assez peu larges à l’exception d’une seule, pavée, menant vers une grande demeure entourée par une palissade de bois. La demeure du Duc, t’apprends ton compagnon de route. Les autres maisons sont faites de pierres et de chaume et semblent plus pratiques qu’esthétiques. Ce qui t’étonnes, en revanche, c’est la quiétude du lieu. Tu n’imaginais pas qu’un lieu pareil soit aussi calme, avec toutes les créatures qui peuvent surgir des montagnes et les brigands que tu as croisé sur ta route. Bon il n’y en avait pas tant que ça, mais tout de même.

- Bien, prête pour ta dernière leçon ?

Tu as juste le temps de tourner la tête pour voir Mathéron dégainer son arme. Jusque-là, il a toujours utilisé son épée avec son fourreau, mais cette fois, il dégaine complètement avant d’attaquer. Tu recules, surprise par son assaut, mais ton marteau est dans tes mains quand il porte son coup. Il ripe sur ton armure et tu recules d’un pas, arme un coup qu’il évite sans difficulté, puis, campant sur ta position, tu te places dans cette fameuse posture pour le contrer. Un coup file vers ton cou. Ton marteau frappe la lame, mais tu n’es pas assez rapide pour l’attaquer, il a déjà reculé. Tu sais qu’il te ménage. Après ce qu’il a fait face au troll tu te doutes bien qu’il aurait déjà pu te vaincre deux fois sans te laisser une chance. Tu prends le combat comme il vient, une dernière leçon avant de vous séparer, pour voir si tu as retenu ses enseignements. Cela en t'empêche pas d'être totalement sérieuse, comme si tu vivais un vrai combat.

Il attaque à nouveau. Trop vite pour toi. Tu lèves à peine le bras, l’épée ricoche dessus et il attaque à nouveau alors que tu n’as même pas le temps d’essayer de le frapper. Une fois de plus, il te touche, le coup ricochant contre l’armure, te montrant encore une fois qu’il t’aurait blessée s’il l’avait voulu. Tu ripostes avec hargne et il se contente de t’éviter. Tu essaies encore et encore de trouver la parade parfaite, de profiter d’une infime erreur de sa part pour le toucher et lui montrer que tu as retenu ce qu’il t’a enseigné. Tu te campes fermement sur tes jambes, inspires, voit la lame fuser vers ton torse. Tu as déjà vu ce coup. Tu as déjà réussi à le parer lors des entraînements, ce n’est en rien différent, juste plus difficile. Tu échoues d'ailleurs une nouvelle fois, l’attaque te prenant de vitesse, mais la lame revient, fuse vers toi. Cette fois, tu es prête, véritablement. D’un mouvement brusque, la tête de ton marteau heurte la lame, la pare, puis la dévie, emportant le bras sur le côté, trop loin pour agir. Tu recules ton marteau, puis le propulses vers Mathéron. Il s’arrête devant son visage. Tu n’allais pas le frapper réellement, après tout, mais tu as réussi et c’est l’essentiel.

Tu es essoufflée, mais indemne, avant de sentir une pression. En baissant les yeux, tu aperçois la lame du vieil homme chatouiller tes hanches. Il t’offre un sourire et tu lui réponds. T’as compris que tu avais perdu, mais tu as au moins la satisfaction d’avoir appris à te servir de sa technique. Au moins suffisamment pour t'en servir à nouveau, à défaut de la maîtriser comme lui. Tu baisses ton arme tandis qu’il rengaine la sienne et tu prends le temps de boire quelques gorgées d’eau claire avant, comme lui, de fixer la ville un instant. Puis il pose sa main sur ton épaule.

- Ravi d’avoir fait ta connaissance, Fafnir. Il y a une auberge en ville, si tu souhaites passer la nuit. Pour ma part, j’ai à faire dans les environs. À un de ces jours, fière thorkine. Si tu trouves ma maison dans les montagnes, elle te sera ouverte.

- Je n’y manquerai pas. Merci pour tout, Mathéron. Si vous avez encore besoin d’une escorte, faites-moi signe.

Il rit et te tapote l’épaule tandis que vous vous dirigez vers l’entrée de la ville. Comme s'il avait besoin d'une escorte... T'es pas dupe, mais au moins t'as le sentiment que tu as été utile à ce vieil humain, et ça te plaît. C’est là que vos chemins se séparent finalement tandis que tu pénètres dans les rues terreuses de la bourgade. Tu espères avoir l’occasion de revoir le vétéran lors de tes futures aventures, il était un personnage intéressant et un compagnon de route agréable en plus d’être un instructeur exigeant, mais juste. Bien vite, pourtant, tu réfléchis à ce que tu vas faire ensuite. Peut-être que quelqu’un ici aura une mission à te confier ? Tu décides de visiter un peu la ville avant de te rendre à l’auberge. Après tout, tu as tout ton temps maintenant.

***
Tentative d’apprentissage de la posture « contre imparable »
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Agril
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Agril » mer. 22 sept. 2021 18:02

Pas le temps de niaiser. Le pognon n’attend pas. Je descend de la chariote alors qu’un autre Thorkin demande au grisâtre de nous rejoindre. Hors de question de l’attendre, je presse le pas vers la sortie du village, le sac encore remplit d’outres pleines et de fromage de chèvre offert par le chevrier qui m’a mené jusqu’à Amaranthe. Je gueule à travers le village pour me faire entendre:

« BON ALORS VOUS VOUS BOUGEZ LE CUL ? VOUS VOULEZ QUE LES YUS FILENT SOUS NOTRE NEZ ?! »

La bourr’pifeuse rétorque au loin que je pars dans la mauvaise direction. Je reviens au pas de course, soufflant comme un buffle à travers mes larges narines. Je rejoins le groupe assez rapidement pour entendre le gris se plaindre que nous sommes exaspérant. Ce à quoi je rétorque de façon intelligente:

« Poils aux dents. »

Je poursuis ma route en direction de la sortie du village aux côtés de Fafnir. Evidemment je marche encore dans une merde de cheval, m’arrachant un chapelet de jurons. J’entonne rapidement un chant de mineur venant de chez moi, accompagné de la bourr’pifeuse qui évidemment le reconnait. Nous partons plein ouest à travers les plaines rocheuses du contrefort sud, les mont enneigés du Karathren veillant sur nous au nord. Les forêts épaisses et anciennes nous provoquant au sud. Nous apprenons rapidement à nous connaître dès les premiers jours de marche par tous les temps. Charlotte se montre particulièrement disponible pour filer des coups de mains quand c’est nécessaire. Gorog est le bon nain, toujours le mot pour rire et Alf c’est le râleur du groupe et qui a la passion étrange de jouer avec les cailloux. Au fils des campements nous trouvons chacun la tâche dans laquelle nous sommes le plus efficace. La mienne étant de chercher quelques lièvres ou volaille pour remplir nos panses. Un voyage agréable et lucratif s’annonce avec, pour sûr, son lot d’aventures dont tout nain rêve.

Un jour comme un autre, nous longeons un mur rocheux qui nous dépasse de quatre ou cinq têtes. J’échange quelques mots avec Charlotte après une autre chanson. Curieuse, elle demande si mon chant est une invention ou si elle raconte une histoire vraie. Après un rire franc je réponds:

« Ca raconte l’histoire de la découverte d’un filon d’or illimité qu’aurait découvert un mineur de chez nous. Difficile de dire si c’est une légende ou la vérité. »

Elle réfléchit un petit moment avant de faire part de ses réflexions:

"En fait, c'est peut-être la même chose pour les reliques qu'on part chercher... Et si ce n'était que des légendes, si aucun de ces objets au pouvoir particulier n'avait existé ? "

Je fronce un sourcil.

« Eh bah ! Eh bah ! T’essaies de nous coller la poisse ou tu te décourages déjà ? ! »

Charlotte fronce les deux sourcils, et d'une voix calme mais dans laquelle on peut sentir une légère contrariété, elle répond:

"Non, non, j'essaie tout simplement de comprendre, et d'éviter de nous faire arnaquer."

Je hausse les épaules, assez mécontent de la tournure de la discussion. Nous faire arnaquer ? Un risque à prendre pour mettre la main sur des pièces uniques valant un tas de Yus dorés.

« Bwah ! »

Rétorquais je pour mettre fin à la conversation et pressant le pas pour poursuivre la route.

Un caillou me tombe soudain sur le haut du crâne. Je me retourne vers le nain gris avec un air furibond.

« Bon ! T’en as pas marre le basalté de faire voler de la caillasse !? »

Mais il n’a guère le temps de répondre que c’est un gros rocher qui tombe sur le groupe, nous séparant en deux alors que des cris stridents et hideux de Gobelins se font entendre. Une embuscade ! Voilà que le chemin tranquille se fait plus dangereux. Un groupe de Sektegs sauvages sortent des hautes herbes pour attaquer Fafnir et moi qui sommes d’un côté du rocher. De l’autre côté j’entends d’autres assaillants qui sont accueillis par les autres membres de notre petite communauté.
Au dessus de nous se dessinent les silhouettes de deux archers. Je dresse mon arbalète pour décocher un carreau avant qu’on se fasse canarder.

« Ah ! EN PLEIN DANS LA GUEULE ! »

M’esclaffais-je en voyant mon projectile perforant le visage du gobelin. Je l’aperçois vaciller d’avant en arrière.

« Tombe ! Tombe ! »

Vociférais-je, soucieux de pouvoir récupérer ce carreau à 5 yus. C’est un véritable cri de victoire qui retentit quand son corps s’aplatit devant moi. Un cri qui se transforme en torrent d’injures quand un projectile me frôle la barbe.

« PETIT DEPRAVÉ ! »

Hurlais-je à l’attention de l’archer Sekteg restant tout en me mettant à couvert derrière la roche. Je jette un oeil vers mes équipiers, m’assurant qu’ils se portent bien tout en rechargeant mon arbalète.
Modifié en dernier par Agril le mer. 13 oct. 2021 17:15, modifié 1 fois.

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Charlotte
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Re: Chaîne du Karathren, contreforts sud

Message par Charlotte » jeu. 23 sept. 2021 12:55

Considérant tout comme moi que nous allions profiter du confort de la spacieuse carriole, la dénommée Fafnir me suggéra de sortir à l’extérieur pour évacuer mon trop plein de gaz avant qu’il ne sorte de lui-même, empestant les compagnons de voyage. Bien qu’elle l’avait dit gentiment, son commentaire s’avérait inutile, je savais me tenir en public tout de même. Je fis mine de rien, et me pinçait légèrement les lèvres.

Content de notre participation à sa mission, Balder lança dans les airs une bourse de yus, nous permettant de nous nourrir, nous loger et boire pendant notre expédition. Puisque le petit sac précieux atterrit sur les genoux de Fafnir, ce fut elle qui s’acquitterait de la corvée d’argentier. Puis Baldar sortit une carte enroulée et s’informa qui savait lire. Je décidai alors de regarder au plafond comme si tout d’un coup ce dernier m’intéressait. Je ne voulais surtout pas devenir le porteur de la carte, mes capacités à lire étant trop limités. Je n’allais pas davantage leur avouer cette lacune, je ne voulais surtout pas être victime de railleries.

Ce fut donc un soulagement pour moi, lorsque je vis l’autre naine tendre la main vers la carte. Si mes capacités en lecture étaient limitées, il en était autrement de ma mémoire. Je savais que je n’avais qu’à entendre une fois les noms des tavernes et que je me souviendrais de leur nom. Et la dernière à visiter serait celle du Malt’Or pour le retrouver une fois la mission terminée.

Et voilà, tout était dit, il ne restait plus qu’à partir à l’aventure. J’avais d’ailleurs l’intention de me déchausser pour être plus à l’aise lorsque Balder nous pria de descendre de son véhicule.

Les sourcils froncés, le nez retroussé, je lui fis immédiatement part de mon désaccord.

« Puisque vous dites bien nous aimer, vous pourriez nous laisser votre carriole, puisque nous avons un long trajet qui nous attends. »
Ayant davantage le sens de l’humour que moi, il me répondit :

"Ma cherrre madame, je vous rrraccompagnerrrais avec plaisirrr à Merrrtarrr, mais vous devrrrez alors rrrenoncer à la rrrécompense. Quant à cette voiturrre... Eh bien, c'est la mienne, et vous apprrrecier ne veut pas dirrre que je vous donne tout ce que j'ai."

Je fis sortir un peu d’air… de mon nez en signe de déception et de résignation, puis sans commenter, je le saluai prestement d’un signe de tête et sortis de SA carriole.

Le rouquin puant au gros nez m’avait précédé, appelant à tue-tête le nain gris qui avait préféré la chaleur de la taverne à celle de la carriole. Une fois le nain parmi nous, les autres entreprirent de lui expliquer les détails de l’expédition qui nous était proposée. Je devais avouer qu’obtenir des objets puissants, uniques parfois créés par les dieux étaient la principale raison de ma participation.

Le gris maintenant au courant, il était temps de nous mettre en route. J’avisai la détentrice de la carte pour lui demander sur un ton enjoué :

« Alors, on y va sans plus tarder ! »


Puis regardant de chaque côté du chemin et pointant la carte de Fafnir du menton.

« Quelle sera notre première destination ? »



Le chauve qui semblait pouvoir s’orienter sans carte, pris vers la droite, nous criant de nous bouger le derrière afin de mettre la main au plus vite sur les yus promis. J’allais lui emboîter le pas, lorsque Fafnir, la carte entre les mains, nous indiqua la direction opposée, nous annonçant du même coup notre première destination : Viskory.

Les mains en porte-voix, elle rappela le chauve à l’ordre, puis me gratifiant d’un clin d’œil me précisant qu’elle comptait sur mon soutien parmi ces autres nains, apparemment déficients.

Je réfléchis quelques secondes avant de lui répondre : « C'est de la petite bière ces nains-là, j'ai vu pire à l’auberge »

Le gris soupira et se plaint de notre compagnie alors que le chauve se permit une pointe d’humour.

Nous nous mîmes enfin en marche, Fafnir en avant, son ami Agril a ses côtés. Moi, tout juste derrière lui, Gorog à ma gauche, et le gris qui fermait la marche.

Nous venions à peine de sortir du village, que Gorog me fit une remarque sur le ton de la conversation.
« Dis, la Charlotte aux fesses : tu sais c'qu'on dit en sortant des mines de Mertar, nous, mineurs ? C'bien mieux dehors que dedans ! »

J’ouvris de grands yeux ronds lorsque j’entendis le surnom qu’il venait de m’affubler...
Il baissa sa tête tout en me fixant puis poursuivit :

« Enfin. Les gaz, dans la mine, on évitait d'avoir ça sur place. Question d'survie. Mais à l'air libre !!! Faut s'laisser aller, ma vieille ! »
Insultée d'une telle vulgarité, je lui fis comprendre ma vexation en levant ma main pour lui administrer une gifle. Devant cet effort, les gaz sortirent d'eux même assez bruyamment, bien malgré moi. Je l’avais prise par surprise et sans pour autant être insulté, il m’expliqua les raisons de son propos.

« Hé bé ! Pas commode hein ? J'faisais juste que donner un conseil moi ! »


Je ne répondis pas, je n’avais rien à ajouter. Mais je continuai par contre à marcher à ses côtés. Outre son odeur forte, il était de bonne compagnie.

Et puis, se fiant sans doute à la régularité de nos pas pour battre le rythme, Agril entama une chansonnette. Sans même m'en rendre compte, je dodelinais de la tête en cadence, tout en demeurant attentive aux paroles du refrain. Une fois ce dernier bien mémorisé, je l'accompagnai de ma voix que l'on dit agréable et juste sans pour autant être exceptionnelle.
Dès qu'il eut terminé sa chanson sur les mineurs, je le questionnai :

"Tu chantes bien ! Et cette chanson est intéressante... Raconte-t-elle ce qui s'est raconté dans ton village ou par tes ancêtres ? Ou bien est-ce une pure invention ? "

De bon coeur, il me répondit:
 "Çà raconte l’histoire de la découverte d’un filon d’or illimité qu’aurait découvert un mineur de chez nous. Difficile de dire si c’est une légende ou la vérité. »

Après avoir réfléchi un petit moment sur les paroles d'Agril, je lui fit part de mes pensées.

"En fait, c'est peut-être la même chose pour les reliques qu'on part chercher... Et si ce n'était que des légendes, si aucun de ces objets au pouvoir particulier n'avait existé ? "
(conversation avec Agril en cours)
Quelques heures avaient passées et j'avais cessé de chanter, je me posais des questions à propos de mes compagnons de voyage, il serait bien de les connaître un peu plus. En fait, celui qui m'intriguait le plus était juste derrière moi.

Sans m'arrêter de marcher, je me tournai la tête dans sa direction et je lui demandai:
"De quelle mine proviens tu ? Je n'avais jamais vu des nains aussi gris que toi ? "

Sans attendre, il me répondit:
"Khaz-Kheral. Et j'ai jamais vu de nains aussi roses que vous quatre."

Je fronçai d'abord les sourcils, reportai mon attention en avant afin de ne pas marcher sur les talons d'Agril. En le voyant tout gris, je n'avais jamais pensé qu'il pouvait en exister plusieurs exemplaire.... et puis jetant un bref regard à Gorog, je me dis qu'il était préférable qu'il en aie juste un comme lui. Pas qu'il n'est pas gentil, jusque son odeur balaie toutes les autres aux alentours. Mes pensées revinrent ensuite vers le gris, et je lui demandai.

" C'est ou ça Khaz-Kheral ? Sur Imiftil ?"
(conversation en cours avec le gris )

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