Les Monts Eternels (Partie Sud)

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Faëlis
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Faëlis » sam. 9 juil. 2022 18:14

Le reste du groupe se rangea à cet avis, et ils repartirent en laissant la créature se retirer. Ce problème réglé, la guide enchaîna sur ce qui les attendait : il allait falloir choisir le chemin à prendre. L'un était plus rapide mais périlleux, impliquant d'affronter monstres et éléments déchaînés, tandis que l'autre était plus loin mais un peu moins dangereux. Faëlis tiqua néanmoins en apprenant que des phalanges de Fenris gardaient ce chemin et n'étaient pas amicaux.

Sibelle rappela qu'elle avait la capacité de voler et de transporter des gens, aussi, elle se sentait prête à prendre le chemin risqué. La guide était moins convaincue, mais le jeune homme appuya :

« Je ne suis pas venu ici pour tuer les autochtones, aussi agressifs soient-ils ! Ils défendent leur terre et cela se comprend, mon peuple fait de même, après tout... Je suis aussi d'avis de prendre le chemin le plus court. Les monstres, je pense que la plupart ici en ont l'habitude ! »

Il adressa un signe de tête aux autres :

« Mais le choix définitif en revient au groupe. »
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Cromax
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Cromax » sam. 16 juil. 2022 14:19

Finalement, Arkalan est le seul à vouloir péter de l’Alpha dans le groupe. Et il ne serait sans doute pas capable de s’en occuper seul. Cela clôt assez logiquement la discussion, la harde disparait bien vite dans les monts escarpés, dans la neige des hauteurs de Nosveris. Et leur chef massif également, à leur suite. Je lève un sourcil curieux à l’intervention de Sibelle, qui se justifie de ses choix, s’en excuse même. Il était clair que nous partions en éclaireurs, nous l’avions signalé. C’est bien Arkalan et Madoka qui ont abandonné notre objectif. Je ne vois pas bien l’intérêt de ses dires, mais n’en fait pas grand cas, d’autant que notre guide répond à ma question en précisant deux choix de route vers le cœur des monts : Une plus courte, mais plus dangereuse (créatures, passe étroite) et l’autre plus longue, mais plus sûre (malgré la possibilité d’y croiser des maraudeurs fenris). Elle précise alors le fond de ma pensée concernant les petites expéditions personnelles : on n’a pas le temps de courir après tout le monde. Nous devons être efficaces et directs. J’opine du chef avec engouement : c’est clair pour moi. Inutile de le répéter.

Sibelle pose alors une remarque intéressante : les passages dangereux, nous avons les moyens de les survoler. La guide est moins enjouée par l’idée : la météo peut se montrer capricieuse dans les montagnes, et un survol peut être dangereux inutilement. L’elfe blanche se pose ensuite sur le premier choix. La voie rapide et dangereuse. Faëlis pense de même, précisant qu’il préfère massacrer des bestioles plutôt que des humains. Je ne suis pas totalement d’accord avec lui pour le coup : les bêtes sauvages, elles ne font que défendre leur territoire. Les peuples sentients, on peut les raisonner. Et ils le paient s’ils refusent. J’ai moins de remords à buter des connards en toute connaissance de cause que des pauvres animaux qui n’ont rien demandé.

Cependant, j’approuve le choix de la voie, et le précise à mon tour.

« Oui. Le chemin le plus rapide, quitte à braver les dangers. Nous ne pouvons pas laisser trop d’avance à nos ennemis. À ceux qui projettent de commettre l’irréparable sur ces monts, qu’ils soient ennemis ou non, en tout cas. »

Et je me tourne vers les autres, attendant leur jugement. Jetant un œil particulier à Ertiart. C’est lui le meneur de l’expédition, après tout.

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Arkalan
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Arkalan » sam. 16 juil. 2022 16:06

Je me plie à la majorité concernant l’alpha des créatures et me garde de répondre quoi que ce soit aux commentaires de ceux qui m’accompagnent, encore moins de me justifier. Ce n’est pas moi qui me suis jeté à la poursuite d’une ennemie inconnue dans le brouillard. Qu’aurais-je dû faire ? Patienter gentillement qu’ils daignent revenir sans être certains qu’ils survivent ? J’entends que notre mission est de protéger les académiciens alors qu’elle est d’empêcher un esprit ancien de se réveiller. J’économise ma salive et mon temps, me contentant d’un rictus méprisant à cette nouvelle venue qui tente de m’intimider.
Je sais que c’est inutile d’expliquer l’avantage qu’il y a eu à partir en éclaireur, à se faire prendre en embuscade à deux plutôt qu’à sept ou huit. Ils n’écouteraient pas, persuadés que leur parole vaut mieux que la mienne de part leurs titres, leur forces, leurs couleurs de peaux ou leurs conditions de femelles ignares. Peu importe, j’y suis habitué et même si Sibelle se garde bien de suivre la meute je n’en oublie pas ses nombreux défauts.

Une seule question à le mérite d’être posée et je n’hésite pas, demandant à la cavalière de l’ours si le passage qu’elle définit comme étroit et dangereux est surmonté d’un crâne de mammouth. Car je ne pense pas que ce soit un hasard si cette vision soit survenu de cette manière. Soit c’est un lieu à trouver, soit un lieu à éviter. La réponse est négative autant que décevante mais elle éveille la curiosité de la guerrière griffon qui m’en demande plus. J’atténue alors ma déception avec la satisfaction d’ignorer la question de l’Hinionne après un regard méprisant. Je jette tout de même un oeil vers Madoka qui m’avait affirmé avoir vu elle aussi quelque chose, peut être sera t’elle plus bavarde que moi, ainsi je saurais si nous avons vu la même chose.

Mais l’heure est également à la sélection d’un chemin à prendre. Un passage court et dangereux ou un plus long mais moins dangereux bien que tout de même un peu dangereux. La description qu’elle en avait fait m’avait tiré un souffle nasal las. Le chemin à prendre est évident, nous jouons contre le temps et nous sommes visiblement en mesure de nous défendre contre la faune qui vit dans ses montagnes. A priori nous sommes tous d’accord pour prendre le chemin le plus court passant dans les montagnes. Je suis du même avis et je l’indique d’un hochement de tête, prêt à rapidement poursuivre la route.

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Madoka
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Madoka » dim. 17 juil. 2022 00:20

Nulle discussion ou négociation n’est nécessaire quant au sort destiné à la meute des créatures des glaces.
Fort heureusement, Arkalan se range effectivement à l'avis majoritaire et même Ezak qui semble encore échaudé et tendu, range ses armes en guise de réponse. Tendu est un moindre mot à le voir et l’entendre, plein d’une colère héroïque et enfantine, il nous toise le noiraud et moi et nous juge, enfin je crois, avant de tourner les talons.
D’une moue dubitative, je l’observe s’éloigner, un peu peinée de le voir si émotif. Je porte ensuite une attention relative aux propos de Cromax, a priori encore un peu à cran vis-à-vis du Kendran ; puis plus sérieuse lorsqu’il développe plus en détails les remontrances à notre égard. Explicitant leurs actes au hameau comme s’il nous devait quelque chose ou ressentait le besoin de se justifier, il se demande ce qui a bien pu nous motiver à poursuivre une piste dans les montagnes pendant qu’ils faisaient de même … et devant sa mine défaite, je hausse les sourcils et cherche du regard, en vain, quelqu’un qui pourra m’éclairer sur ce qui est en train de se passer autour de nous. Son impulsivité, flagrante au demeurant face à un ennemi, est peut être la cause de son état actuel, aussi je me contente d’un sourire rassurant et de hocher la tête.

Faëlis, serein et sérieux, se contente d’opter pour la confiance envers celle qu’il désigne comme notre guide ; et Sibelle, fraîchement soignée par l’elfe blanc revient encore sur leur escapade dans la brume.

« Vous ne nous devez aucune justification, dis-je enfin d’une voix calme, et inversement. Nous avons tous réagit au mieux à une situation d’urgence et totalement imprévue, et ce, en étant tous persuadés que le guide venu rencontrer au hameau était mort. »

Un mouvement en hauteur détourne mon attention d’eux tous, me rappelant au seul sujet de préoccupation immédiat et important : la réaction du chef de meute.

De ce côté, c’est le règne animal qui prévaut. La meute s’éloigne et se retire en silence tandis que l’alpha nous observe, immobile et scrutateur pendant qu’ici on parle et on discute sans s’écouter ou se comprendre, avant de disparaître à son tour en s’enfouissant dans la neige.
Je laisse là mon observation un brin admirative je l’avoue pour écouter la guide, sérieuse et directive quant à nos choix en matière de voie ; et la fixe sans émoi lorsqu’à son tour elle nous darde et nous fait part de son retour d’expéditions hasardeuses comme la nôtre.

L’observant fixer le ciel, j’inspire et secoue la tête.
Ce qu’il ne faut pas entendre, dis-je en retenant un sourire fortement amusé par la situation.
Une équipe de quasis inconnus, recrutés à la va-vite par une équipe incomplète de mages d’école, en partance pour une vague destination afin de lutter sans plans et sans connaissances contre une mystérieuse menace planétaire quasi divine … et elle croit que rester grouper est essentiel à notre salut. Je gage qu’aucun des cadavres du hameau n’a voulu jouer les solitaires.

Plusieurs de mes compagnons donnent leur avis, tous pour l’instant tendent à préférer le chemin le plus rapide vers les monts, une faille difficile d’accès et à traverser qui mène au cœur des massifs, repaire de créatures dangereuses, mais l’autre alternative n’est guère plus sécurisée car nous aurions à faire à des Phalanges et serions menacés par des avalanches. Des idées sont lancées et discutées ; et Arkalan interroge la guide afin de savoir si la faille qui semble notre future destination est surmontée du crâne d’un mammouth. Je devine sa déception à la réponse négative, et pour le moins évasive.

J’annonce à tous ma préférence pour le chemin de la faille, plus dangereux certes mais plus rapide et le temps, bien que nous n’en ayons pas la certitude, joue très probablement contre nous. Et pendant que nous attendons la décision des mages, j’interroge notre guide à mon tour, tant pour les réponses espérées que pour m’assurer qu’au moins un membre de notre groupe sait de quoi il parle.

« Vous savez quelque chose sur l’énorme chouette qui nous suit depuis le village, dis-je en désignant l’animal dans le ciel d’un regard, sur sa nature, son rôle ici, sur ses talents magiques ou télépathiques, sur son habitat ou son lien avec une grotte avec un crâne de mammouth à l'entrée ? »

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Ezak
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Ezak » dim. 17 juil. 2022 00:31

Bien entendu il avait fallu que Cromax vienne faire une remarque sur mes paroles. Les affublant d’un « qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ? ». Lui parlait de bon sens, incapable dans cette haine qu’il semblait me vouer et qui le poussait à vouloir me contredire à tout prix, de reconnaître que ce n’était ni le lieu, ni le moment de se lancer dans une quelconque bataille de forme, alors que nous étions d’accord sur le fond. Toute cette susceptibilité, que je mettais sur le compte du fait de s’être fait rembarrer quelques jours plus tôt, m’arracha un petit rire moqueur, sans plus de commentaire. Le mythe des elfes remplis de sagesse par leurs longues années d’existence en prenait un sacré coup. Comme quoi, l’on pouvait être vieux et d’une infantilité criante.

Il accorda tout de même du crédit à mes remontrances envers les deux qui venaient de nous mettre dans une sacrée position dangereuse et y alla aussi de ses commentaires. J’appréciais que nous soyons d’accord sur ce point. Il s’agissait de nos vies ici et je n’avais aucune envie de la perdre pour rattraper ce genre d’initiatives irréfléchies.

Sibelle elle fut bien conciliante et vint les défendre comparant ses actes dans la brume aux leurs, bien que les situations n’étaient pas les mêmes. Pour commencer elle avait eu des résultats alors que dans le cas des deux autres ils nous avaient ramené un paquet, que-disais-je, une meute d’emmerdes. Arkalan ne répondit rien, Madoka elle estima n'avoir aucune justifications à nous fournir et avoir agit avec les informations qu'elle avait. Je n'étais pas vraiment en désaccord avec ces propos. C'était moins des justifications que leur faire comprendre qu'ils devaient plus communiquer avec nous que je chercvhais à faire passer comme message. Sans doute avais-jé été un peu dur, mes émotions décuplés par les deux souvenirs traumatisants que cette bataille avec la meure avait fait revivre en moi et à présent que je redescendais je m'en rendais compte. Je le savais, une fois libéré de mon armure, je subirais le contre-coup de ces peurs magiquement refoulés, et je passerais un très mauvais quart-d'heure remplies d’angoisses et ça me rendait amer. Mais après tout peu importe, ce qui était dit était dit, les avis exprimés, les contradictions élevés, il fallait dès lors aller de l’avant.

Notre guide nous proposa plusieurs choix concernant l’itinéraire à suivre alors que la meute se soustrayait à notre vue. Un premier passage rapide mais dangereux, un autre plus long, plus simple mais pas non plus dénué de danger avec la possibilité de croiser des locaux territoriaux. La plupart pour des raisons diverses, souhaitaient la première option. Faëlis particulièrement car il ne voulait pas s’en prendre à des autochtones. Ô la belle âme… Personnellement je n’avais aucun problème avec ça. Si je n’étais pas un tortionnaire qui aimait tuer gratuitement, je n’avais pas de remords à éliminer celui qui risquait de s’en prendre à ma vie, aussi nobles seraient-ce ses raisons. La bonté avait des limites. Comme chacun allait de son avis j’allais aussi du mien et j’étais particulièrement d’accord avec les avis de Cromax.

« En effet, comme Cromax le souligne le temps joue contre nous, et la vie elle-même dépend de notre efficacité. Peu importe les risques, je crois que notre groupe est d’une qualité suffisante les regarder en face. »

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Gamemaster6
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Gamemaster6 » dim. 17 juil. 2022 14:15

L'Aube d'un hiver sans fin


Chapitre 2 : Un lieu sans pitié ni repos.


Décision fut vite prise par les aventuriers et le se porta à l'unanimité sur le chemin le plus court, faisant fi du danger exposé par la guide. Cette dernière, silencieuse, se contenta de hocher la tête face au choix des aventuriers. S'ils étaient sûrs d'eux, elle les mènerait alors au cœur des territoire glacés et mortels des Monts Eternels. La question de Madoka attira son attention et son regard se posa sur l'immense chouette qui continuait de décrire de lents cercles au-dessus de leurs têtes. Rien dans le comportement de l'animal se semblait décrire une quelconque animosité, mais les yeux de Freida se plissèrent et elle répondit sans quitter la chouette des yeux.

- C'est une Arënalfük, une Dévoreuse du gel. Certains pensent que ce sont de mauvais présages car on retrouve souvent des corps sans vie après leurs passages, mais il y a eu des cas d'habitants aidés par ces créatures qui semblaient leur indiquer la voie grâce à des images apparaissant dans leurs esprits. Ces créatures restent un mystère, même pour nous. Restez prudente, c'est tout ce que je peux vous donner comme conseil avisé.

Se tournant vers le reste du groupe, elle s'assura que tout le monde écoutait avant d'annoncer, avec une légère autorité dans la voix.

- Bien, puisque vous êtes tous d'accord, passons par la Faille. Ne me perdez pas de vue et n'hésitez pas à signaler un problème même bénin. Le blizzard ici est traitre et il n'est pas rare de ne pas voir là où on met les pieds. Nous ne voyagerons pas de nuit et il serait préférable de monter le camp bien avant que le soleil ne se couche, les nuits sont particulièrement glaciales.

Comme pour appuyer son propos, elle rabattit une capuche de fourrure au dessus de sa tête qu'elle ficela pour la maintenir, avant de signer d'une main la direction qu'ils allaient prendre. Se mettant à la tête du petit groupe, juchée sur son ours, elle commence le long et dangereux parcours qui les attendait. Les premières heures furent relativement aisée. La neige, bien qu'arrivant aux genoux des marcheurs ne s'étant pas munis de raquettes, se révélait aisée à écarter Le groupe avançant dans une étendue mélangeant roche et neige sans autre indication que la forme de leur guide sur son ours. Aucun moyen pour eux de savoir où elle les menait, jusqu'à ce que, des heures plus tard, elle ne le mènent devant ce qui serait leur chemin à travers les montagnes.

A flanc de montagne, un chemin naturel fait de roche, de glace et de granite grimpait, coincé entre les falaises vertigineuses qui découragerait même l'alpiniste le plus expérimenté. Trop étroit pour espérer que deux personnes puissent y avancer de front, il disparaissait rapidement au détour d'un renfoncement dans les falaises. Freida descendit de son ours et commença à sortir du matériel, dans le but de dresser le camp pour la nuit.

- Il vaut mieux attendre le lendemain. Le chemin est long et atteindre un lieu sûr où nous arrêter demandera plusieurs heures. Prenez du repos tant que vous le pouvez.

Joignant le geste à la parole, elle commença à installer sa tente contre la falaise en déblayant une épaisse couche de neige qu'elle tassa plus loin, aidé par son compagnon ursidé, laissant les aventuriers s'installer à leur tour à leur guise. Le jour commença brusquement à chuter et l'obscurité remplaça bien vite la clarté blanchâtre du jour, confirmant les dires de la guide qui s'installa dans sa tente, collée entre la falaise et l'ours allongé tout proche. Les deux mages, eux, installèrent une tente qu'ils partagèrent, bien qu'Hereld resta longtemps encore dehors, semblant étudier quelque chose, son carnet à la main. La nuit, comme prévu, était glaciale, mais le ciel dépourvu de nuage laissait apercevoir la voûte céleste, les champs d'étoiles et les magnifiques aurore qui se déployaient plus au nord, colorant le ciel de rose, vert et turquoise. Nul danger ne se manifesta cette nuit et les oreilles les plus attentives purent percevoir les battement d'aile d'un animal se rapprocher pour s'évanouir finalement, comme si ce dernier s'était posée.

Le lendemain, bien avant que le soleil n'est pu dépasser la cime des monts, la guide les mena à l'entrée du chemin tortueux et, après une caresse d'adieu à l'ours délesté de son barda qu'elle portait désormais sur le dos, elle s'engagea dans l'étroit sentier naturel, suivit de la petite troupe, toujours sous l'œil vigilant de l'Arënalfük.


***

Récapitulatif des bobos et actions:

Cromax : blessure légère à la jambe droite
Lysis : blessure légère au torse
Sibelle : blessure légère au torse
Madoka : Une blessure légère au bras droit

Oyez oyez, voyageurs, voici venu l'heure de prendre une petite décision. Voyez-vous, le chemin est très étroit et il est impossible d'y évoluer autrement qu'en file indienne. Aussi je vous demande de bien vouloir indiquer l'ordre dans lequel vous suivrez la guide, tout en incorporant les deux mages dans votre choix. Qui sera devant, prêt à se battre mais le premier à tomber peut-être ? Ou derrière, plus vulnérable, mais plus libre de ses mouvements ? A vous de choisir. Vous pouvez bien sûr en discuter entre vous et avec les mages pendant la soirée/nuit, en plus des éventuelles interactions que vous souhaitez écrire. Cela aura bien sûr une incidence sur la suite, alors réfléchissez-y [:Dange:].
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Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Cromax
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Cromax » jeu. 28 juil. 2022 20:22

Tout le monde semble d’accord : c’est le chemin le plus court que nous emprunterons. Ezak soutient même vivement mon avis, précisant que le temps joue clairement contre nous. Nous nous mettons donc en route sans plus tarder, alors que la guide répond à une question de Madoka concernant la grosse chouette qui nous suit depuis le village. L’arënalfük qui voletait à mon côté il y a peu encore. La locale nous enjoint à la prudence, la concernant, la décrivant comme une créature mystérieuse. Bon. Rien qui ne m’effraie réellement, en soi. Qui vivra verra. Et je compte bien vivre.

Nous partons donc à sa suite dans un froid notable. Lysis émet sa désormais habituelle chaleur corporelle dans mon propre corps, réduisant sans l’annihiler le froid local. Et de manière plus efficace que contre le blizzard magique de l’autre enflure. La neige, ici, est profonde, et j’use de mes pouvoirs pour la surmonter, marchant littéralement dans les airs au-dessus de la couche de poudreuse. Mes compagnons ne sont pas tous démunis, ceci dit : certains ont eu l’intelligence de se munir de sortes de raquettes accrochées à leurs pieds. Pas bête, comme technique. Je ne connaissais pas. Ma blessure à la jambe tire un peu, mais je suis bien content de n’avoir pas à me servir de mes pieds. D’autres doivent en souffrir bien plus, malgré les soins de Faëlis.

Arrivés face à un chemin de roc, à flanc de montagne, bien trop étroit pour l’ours de notre guide, cette dernière décrète la pause nocturne. Nous reprendrons la route le lendemain, car aucun endroit dans cette voie ne nous permettra du repos d’ici plusieurs heures. Chacun y va de son petit montage de couchette pour passer la nuit. De mon côté, je me contente de dérouler mes peaux et fourrures. L’une, posée sur le roc, me servira d’assise, et l’autre de chaude cape pour les heures les plus fraiches de la nuit. Je ne compte pas dormir ce soir, décidant de veiller sur mes compères.

Alors que nous sommes installés, chacun se pose dans son coin qui prenant soin de son équipement, qui massant ses pieds usés par la marche et le froid, qui soignant ses petites blessures du jour. Je décide de m’occuper également des miennes. Celle à la jambe et celle au buste de Lysis. Elle se matérialise à mes côtés pour que je puisse observer les dégâts. La voir ainsi blessée me fait plus que bizarre. Une sensation étrange. Comme une blessure par procuration, mais qui ne me ferait pas directement de douleur. Sa première blessure réelle. La première fois que son enveloppe de fluides se fait meurtrir. Elle reste silencieuse à ce propos, sans doute aussi troublée que moi. C’est alors que Faëlis intervient, s’approchant de nous avec un air curieux. Il nous propose de nous aider à soigner nos plaies. Voilà qui est arrangeant pour nos affaires ! Sans attendre, je lui fais savoir qu’il est plus que bienvenu.

« Si tu en as la capacité, ce serait avec plaisir, vieux frère. Mais seulement si les autres n'ont pas prioritairement besoin de tes pouvoirs. »

Je ne voudrais pas passer devant un heurt plus grave que les nôtres : si j’ai tenu le reste de la journée avec ces maux, je peux bien attendre encore un peu ou en prendre soin manuellement, à coups d’eau, de glace et de bandages. Par chance, il me rassure en riant, précisant que les plaies les plus graves sont depuis longtemps traitées. On ne sait jamais, avec la fierté de certains du groupe, ils auraient pu en dissimuler juste pour ne pas paraître faibles. Mon regard glisse subrepticement entre Ezak et Arkalan à cette pensée. Mais je me concentre vite sur la magie de mon ami à la peau pâle. Sa magie curative, lancée avec bienveillance, est un soulagement certain, et la douleur de ma blessure s’estompe, libérant mes traits des marques de celle-ci. Faëlis s’enquiert auprès de Lysis de savoir si la magie de lumière ne lui pose pas de souci. Il est vrai que si elle est de feu, elle garde une fort part d’ombre. Littéralement. Et elle le fait savoir d’un regard incendiaire à l’elfe blanc. Je toussote avant de rassurer l’hinion :

« Oui, elle en a besoin. La magie de lumière n'est pas très agréable pour elle, mais sa vertu curative fonctionne. Elle n'est pas un mort-vivant, après tout. »

Lysis, consciente de sa faiblesse et de l’aide qu’il peut lui apporter, mais indocile jusqu’au bout, tourne des yeux dans les orbites d’un air agacé et commente d’un ton menaçant :

« Promis, j'essaierai de ne pas vous tuer ensuite. »

Le soigneur s’exécute, laissant sa lumière soigner la plaie magique au buste de ma moitié. Il commente, non sans humour, la nature de mes fréquentations, les décrivant comme originales. Sans rire. Lysis, sans le moindre remerciement, se fond en moi après une grimace.

« Fréquentation… Elle fait littéralement partie de moi ! Merci à toi Faëlis. »

Je m’approche de lui, doucement, et lui dépose un délicat baiser sur la joue, auquel il répond d’un clin d’œil, tout en précisant que d’autres blessés l’attendent. Je le laisse aller, reconnaissant, et reprends ma petite popote, vérifiant sangles et attaches de ma cargaison.

C’est là qu’Ezak s’approche de moi, et sans un mot me fait signe de le suivre un peu à l’écart. Curieux, je l’y suis sans demander mon reste, lui faisant face à quelques mètres du camp, histoire que personne ne nous entende. Il commence alors à parler, arguant que même si je ne l’apprécie pas, son but est la réussite de la mission. Il a une idée en tête, et souhaite me la faire connaître. Il parle de ça comme d’un service que je devrais lui rendre. Piqué dans ma curiosité, je l’y engage.

« Que je ne t'apprécie pas ? Détrompe-toi. Certains points chez toi m'irritent : tu es trop kendran pour moi. Mais je n'ai rien contre toi en personne. Si c'était le cas, tu le saurais avec une infinie certitude. Je t’écoute. »

Dis-je après avoir laissé un fugace sourire orner mon visage d’argent. Il ne semble pas convaincu par mon propos, et me le fait savoir en haussant les épaules. Loin de se démonter cependant, il reprend la route de son plan, m’en dévoilant plus sur celui-ci. Il dit avoir déduit à mes actes que je peux prendre n’importe quelle forme, et compte bien en tirer profit. Il me désigne Hereld Ertiart, s’installant hors de sa tente pour se pencher sur un carnet, sur ses notes. Il dit se méfier de notre meneur depuis le début du voyage, suite à une mauvaise impression (Qui n’a pas eu une mauvaise première impression avec lui, déjà ?). Il met en avant la possible participation aux meurtres du village de Dan, leur collègue cryomancien, et conclut en disant qu’il veut des réponses précises. Je ne partage pas des doutes si profonds à l’égard de notre commissionnaire, mais il est vrai que ça ne coute pas grand-chose d’en apprendre plus sur eux. Je m’enquiers cependant avant tout de quelque chose :

« Oui. Oui je le peux. Tu as essayé la manière frontale, pour connaître le contenu de ces notes ? »

Je privilégie généralement la discussion franche à des méthodes plus détournées, mais il m’assure l’avoir trouvé assez fort sur la défensive lors de leur dernier entretien. Il ne souhaite pas le braquer, ni gâcher une opportunité de le confronter directement si le besoin s’en fait pressant. Soit. Je suis assez confiant en mes capacités pour ne pas craindre de me faire repérer. Qui ne tente rien n’a rien.

« Je vais mettre à l'essai ta proposition. »

Sans attendre davantage, je me recule à l’abri de tout regard (qui m’en voudrait d’aller soulager ma vessie ?) et laisse mon apparence prendre la forme d’une puce, aussi petite que silencieuse. De bonds lestes en sauts agiles, je finis par atterrir discrètement sur l’épaule de l’elfe noir plongé dans ses lectures. Et en guise de notes, il s’agit de petits commentaires serrés dans une langue qui m’est in…

(Du Shaakt. Regarde.)

Je gage qu’aucune langue ne m’est réellement inconnue, avec l’aide de Lysis. Mes yeux traduisent, par son biais, les lignes que je parcoure. Je n’y apprends pas grand-chose : ce sont des notes de voyage, la description de notre progression, l’analyse des ennemis et difficultés rencontrées, avec quelques questionnements sur ces derniers. La nature de nos assaillants, les meurtres du village. Quelques hypothèses sur la rune trouvée dans le hameau, aussi : rune de pouvoir liée à la brume ? Simple signe d’avertissement ? Aucune réponse concrète en ce sens, en tout cas. Dans un coin, un gribouillis attire mon regard : une phrase, interrogative, raturée de plusieurs traits. Illisible en l’état. Une hypothèse sans importance, sans doute. Je n’apprends rien de plus, sinon que ses notes sont des ajouts volants à un carnet bien plus ancien, le tout relié par le cuir de celui-ci. Tout ça en tête, je me dépêche de disparaitre des regards pour reprendre ma forme originale et me diriger innocemment vers le kendran, l’attirant à mon tour à l’écart.

« Bon. Rien de bien spécial, en soi. J'y suis parvenu sans peine, mais pour un résultat assez faible. Le tout est écrit en shaakt, et il s'agit d'un simple carnet de voyage notant différentes hypothèses sur les ennemis que nous rencontrons. Rien d'incriminant en tout cas. »

Ezak ne semble pas convaincu. Ses doutes semblent prendre le dessus sur les preuves. Il finit néanmoins par admettre qu’il s’est peut-être trompé. Il me remercie de mon implication, mais alors que je vais pour m’en retourner à mes affaires, il commente tout ça : il dit s’inquiéter de tout ce qui se passe, et songe à faire des liens entre la disparition de Dan et les meurtres au village. Il affirme ne pas aimer la situation. Et je le comprends. Mais que faire d’autre, en attendant d’en savoir plus ? Progresser, invariablement. Les réponses arriveront bien assez vite.

« Oui. Nous n'avons actuellement que peu d'informations. Bien trop peu pour tirer des conclusions en tout cas. Espérons en apprendre plus le plus vite possible. »

Je le laisse à ses pensées, et retourne vers le groupe. Approchant de celui-ci, je note la présence d’Arkalan un peu à l’écart. Comme souvent. Je décide d’aller lui tenir un peu compagnie. Et puis, j’ai quelques questions à lui poser, depuis sa décision farfelue de quitter les mages pour aller explorer des monts inconnus en duo, sans cap ni voie.

« Mais qu'est-ce qui vous est passé par la tête, à toi et Madoka ? »

Flegmatique, comme à son habitude, il répond avec une sincérité crue qu’il ne pensait pas nous revoir vivants. Nous ne nous sommes absentés que quelques minutes. Et pas bien longues, encore bien. Je suis revenu sitôt l’espèce d’elfe rencontré, laissant à Ezak et Sibelle le soin d’interroger cet allié avéré. Je grimace, peu convaincu par son commentaire, et renchéris :

« Et vous vous êtes dits que la mission était avortée, du coup ? »

Il dément mon hypothèse : d’après lui, il fallait continuer, poursuivre sans nous. Et… Sans les deux mages de l’académie, visiblement.

« Sans prendre les mages avec vous ? A quoi vous attendiez-vous ? »

Il indique que les mages avaient décidé de nous attendre (à raison). De son côté, il craignait la venue d’ennemis en plus grand nombre suite à notre déconvenue, ce qui les aurait pris au piège. Encore une fois, je ne suis pas convaincu par son propos. Ils auraient abandonné les mages à ces ennemis ? Alors que leur protection est notre mission ?

« Hm. Je conviens que notre départ était un peu précipité. Mais notre boulot ici, pour l'instant en tout cas, c'est de protéger les deux académiciens. A deux, sans guide, vous n'auriez eu aucune chance d'être utiles, si ? »

Il préfère, une fois de plus, faire la sourde d’oreille et précise que son but était simplement de prendre un peu d’avance. De jouer un rôle d’éclaireur. Il semble se mélanger un peu dans ses explications… Mais avant que je puisse le souligner, il poursuit en affirmant que nous sommes tous deux des elfes conscients de leurs choix, ayant chacun nos raisons d’agir comme nous l’avons fait. Il ferme le débat en disant qu’aucun de nous n’arrivera à convaincre l’autre du malfondé de sa décision, et questionne donc le but de la conversation. Soupirant sous son discours, je sens ma volonté s’effriter. Effectivement, toute discussion constructive semble vaine avec lui. Sur ce sujet, du moins. N’est-il pas apte à reconnaître ses torts ? Avec la même sincérité, je rétorque :

« Bien. Le but de ces questions : satisfaire ma curiosité. J'aime savoir comment les gens pensent quand je fais équipe avec eux. »

Il réplique que l’objectif, bien qu’inconnu, ne soit pas de courir à l’aveugle dans un brouillard après des ennemis dont nous ne savons rien. Il se targue, à mauvais cœur, de nous remercier pour notre efficacité lors du combat. Une critique et un compliment. Comme s’il cherchait à ne pas trop me vexer. Amer, je justifie mon acte.

« Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser filer des indices sur ceux qui tournent autour de cette histoire. Nous n'en savons que trop peu, et je n'aime pas ça. »

Il interroge l’efficacité de la stratégie en demandant, non sans provoquer un petit tressaillement nerveux chez moi, si nous avons réussi à la rattraper. Je fonds vers la réponse, pris un peu de revers.

« Elle non. Mais Sibelle et Ezak ont parlé avec un mage elfe tatoué qui serait à l'origine de la brume. Celle qu'on poursuivait, c'était sa sœur, mais nous n'en avons vu trace. Comme elle, il a précisé que nous n'étions pas les bienvenus, mais a affirmé ne pas vouloir s'en prendre à nous. Nous le recroiserons au cœur des montagnes. Et tout ça aurait bien un lien avec cet esprit des neiges dont on nous a parlé. Ezak a une hypothèse sur tout ça, tu devrais aller lui parler si ça t'intéresse. Il racontera ça mieux que moi. »

Il avoue qu’il n’a pas trop envie de lui parler. Le guerrier lui ferait froid dans le dos. Décidément, ce n’est pas la compagnie la plus sereine et confiante dans laquelle j’ai été. Je vais tout de même dans son sens :

« Oui. Je peux comprendre... De toute façon, ce ne sont que des hypothèses. Nous verrons bien en progressant. Tu fais confiance en notre nouvelle guide ? »

Là encore, il est clair : aucunement. Mais il avoue l’impuissance de notre groupe : nous sommes forcés de la suivre pour le moment. J’opine du chef.

« Effectivement. Son arrivée est... un peu tombée au bon moment, au bon endroit. Ça rend la chose suspecte. Bien. Nous verrons, là aussi. »

Je ne m’en méfie pas plus que ça, en réalité. Mais rien n’est jamais acquis, et j’en sais quelque chose. Une confiance totale et aveugle est la pire chose qu’on puisse concéder, en ce monde. Après un instant, le shaakt me questionne sur la position que j’aurai, le lendemain, pour notre voyage sur la corniche. Habile changement de sujet de discussion.

« Peut-être, oui. Ou plutôt je voyagerai entre les places, là où on a besoin de moi. J'ai cette liberté d'action qui peut s'avérer utile. »

Il avoue, pour sa part, ne pas aimer avoir quelqu’un dans son dos. Il n’aura qu’à fermer la marche ! Je saisis toutefois l’occasion pour lui adresser un regard mutin.

« Oh... dans certaines situations ce n'est pas désagréable, pourtant... »

Il hausse un sourcil, perplexe. Soit il ne comprend pas l’insinuation, soit il joue au prude. Décidant de le laisser tranquille, je lui fais un clin d’œil et repars sur ma petite position nocturne sous son regard circonspect. La nuit, si elle se pare de belles couleurs glacées, les étoiles rencontrant le froid en de jolies notes vertes et rosées, est longue. Sans incident, mais longue et froide. Je veille sur notre petit camp, attentivement, me laissant aller lors de ses heures les plus sombres à quelque rêverie mi-conscientes.

Le lendemain, la guide nous éveille de bon matin. Après avoir fait ses adieux à sa monture bien trop imposante, elle ouvre la voie vers l’étroite voie rocheuse. Nous la suivons sans tarder. Ezak prend la tête de l’équipée, juste derrière elle. Arkalan ferme la marche, comme prévu. Les mages sont ainsi entourés. Je ne fais que peu attention à la position précise des autres : de mon côté, tel que je l’ai dit à l’elfe noir, je vais m’envoler au-dessus de leur position pour avoir une vue s’ensemble sur le groupe, prêt à aider au moindre pépin de l’un ou de l’autre. Et qui sait, peut-être apercevoir en avance ce qui pourrait nous attendre sur le chemin…

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Arkalan
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Arkalan » jeu. 28 juil. 2022 20:47

Ainsi nous décidons à l’unanimité de prendre le chemin le plus court et notre guide nous ouvre le chemin à travers la neige épaisse grâce à son ours après nous en avoir dit plus sur l’étrange chouette qui nous suit à la trace. Il s’agit d’une Arënalfük, une créature pleine de mystère à en croire ses paroles. Mauvais présages pour les uns, oiseau sauveur pour les autres, le conseil le plus propice que j’en retiens et qu’il vaut mieux s’en méfier.

Nous marchons pendant des heures dans un paysage ennuyant à décrire, des nuances de blancs à perte de vue sans rien qui ne trouble cette absence de couleur si ce n’est un rocher qui dépasse péniblement de la couche de neige. Un paysage monotone, las, triste, parfait pour s’y exiler en vérité, je doute que les sbires des prêtresses de Valshabarath viennent me chercher ici. Le simple fait de penser à la déesse araignée me provoque un tremblement de peur qui se perd dans ceux venant du froid. Je me demande où elles en sont dans ma traque, voilà un moment que je n’en ai pas revu n’en serait-ce qu’un signe. Il faut dire que j’ai parcouru beaucoup de distance en peu de temps. D’Imiftil à Kendra Kâr en passant dans un livre maudit, puis de Nirtim au Naora par le passage d’un portail menant d’abord sur Izurith, puis du Naora jusqu’à Nosveris grâce à un aynore. Je peux aisément admettre que j’ai un peu d’avance sur mes traqueuses tant que je reste discret.

Notre guide nous mène comme convenu jusqu’au chemin à travers les montagnes, un chemin naturel qui se dessine sur son flanc avant d’y disparaître, trop étroit pour qu’on l’emprunte autrement que l’un derrière l’autre. Elle met pied à terre pour pour installer sa tente dans une sorte de trou qu’elle creuse dans la neige avec son compagnon. Je l’observe attentivement construire une sorte de paroi de neige pour se protéger d’avantage du froid avant de l’imiter. A mon tour je me mets au pied de la montagne pour creuser un fossé assez large pour y faire tenir ma tente. Evidemment je mets bien plus de temps mais l’exercice à l’avantage de me réchauffer. La nuit tombe rapidement mais ma vue me permets de poursuivre sans être dérangé. Je monte ma petite tente et tapisse le sol d’une couverture pour m’isoler du sol froid avant de m’approcher du feu pour me réchauffer, gardant tout de même de la distance avec les autres voyageurs.

J’inspecte mon équipement, m’assurant que le froid ne l’abime pas trop et c’est alors que je retire le givre qui se forme sur la corde de mon arc que Cromax s’approche pour me demander ce qui m’est passé par la tête. Je lui réponds sans détour que je ne pensais pas qu’il reviendrait vivant sans quitter mon travail des yeux.

"Et vous vous êtes dits que la mission était avortée, du coup ?"

« Au contraire. Qu’il fallait avancer. »

"Sans prendre les mages avec vous ? A quoi vous attendiez-vous ?"

« Les mages ont décidés d’attendre. De mon côté je craignais que plus d’ennemis ne reviennent avec votre absence et que nous soyons pris au piège. »

Il admet que la poursuite qu’il a entamé était un peu précipitée mais que notre tâche est de protéger les deux mages. Je me retiens de lui répondre qu’il aurait eu du mal à les protéger en fonçant dans cette brume maléfique alors qu’il explique que sans guide nous avions peu de chance d’être utiles. Je rétorque que je voulais simplement prendre de l’avance, ouvrir la voie avant de marquer une courte pause et de poursuivre:

« J’imagine que ni vous ni moi ne sommes des elfes qui agissent de manière irréfléchie. Ce qui veut dire que nous avions chacun nos raisons d’agir comme nous l’avons fait. Aucun n’arrivera donc à convaincre l’autre que sa décision était la mauvaise. Alors quel est le but de cette conversation ? »

Demandais-je sans hostilité dans mon ton malgré mes mots et malgré mon agacement à devoir à priori me justifier. Je n’ai rien à justifier ce n’est pas moi qui ait prit le plus grand risque. Il pousse un soupir, comprenant que je ne tiens pas à débattre de longues heures de nos décisions prises et il avoue même sans détour que c’est sa curiosité qui est à l’origine de cette discussion, précisant qu’il aime savoir comment les gens pensent quand il fait équipe avec eux. Mais est-ce réciproque, est-ce qu’il aime lui aussi partager ce qu’il pense, ce qu’il pense vraiment. Je pose mon regard sur lui pour lui donner satisfaction afin qu’il me laisse tranquille et clore le débat une fois pour toute.

« Je pense qu’il y a un objectif. Et qu’il n’est pas de poursuivre des ennemis dont on ne sait rien à travers un brouillard qu’ils semblent contrôler. Mais je ne suis pas un ingrat, sans vous nous aurions eu du mal à nous défaire des créatures qui nous ont attaquer en cela je dois vous remercier, j’imagine. »

Un peu de pommade, bien qu’elle soit méritée, je ne tiens pas spécialement à le vexer.

"Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser filer des indices sur ceux qui tournent autour de cette histoire. Nous n'en savons que trop peu, et je n'aime pas ça."

Personne n’aime l’inconnu mais tout le monde aime en percer les secrets. Je demande alors si ils ont réussi à rattraper celle qui nous a attaqué.

"Elle non. Mais Sibelle et Ezak ont parlé avec un mage elfe tatoué qui serait à l'origine de la brume. Celle qu'on poursuivait, c'était sa soeur, mais nous n'en avons vu trace. Comme elle, il a précisé que nous n'étions pas les bienvenus, mais a affirmé ne pas vouloir s'en prendre à nous. Nous le recroiserons au cœur des montagnes. Et tout ça aurait bien un lien avec cet esprit des neiges dont on nous a parlé. Ezak a une hypothèse sur tout ça, tu devrais aller lui parler si ça t'intéresse. Il racontera ça mieux que moi."

Ezak, le chevalier de Kendra Kâr. Je n’avais pas aimé la manière avec laquelle il m’avait regardé. J’avais senti quelque chose d’hostile, de dangereux, accentuant ma méfiance envers lui.

« Hm. Je ne suis pas certain de vouloir lui adresser la parole. J’ignore pourquoi mais il me fait froid dans le dos. »

Avouais-je. Cromax hoche la tête en rétorquant qu’il me comprend. Avait-il ressenti la même chose que moi ? Il affirme également que nous en apprendrons plus au cours de notre progression avant de me demander si je fais confiance à notre guide. La question est amusante. Qui ferait confiance à une femelle qui débarque de nulle part ? Cette sotte de Sibelle peut-être ou son acolyte Hïnion. Mais je ne crois pas un seul instant qu’Ezak ou même Cromax lui accorde de la confiance. Il l’avoue d’ailleurs après que j’ai confié que nous n’avions pour l’instant pas d’autre choix que de la suivre.

"Effectivement. Son arrivée est... un peu tombée au bon moment, au bon endroit. Ca rend la chose suspecte. Bien. Nous verrons, là aussi."

Je reste silencieux un instant comme pour affirmer avant de demander.

« Vous comptez prendre la tête de la file demain ? »

"Peut-être, oui. Ou plutôt je voyagerai entre les places, là où on a besoin de moi. J'ai cette liberté d'action qui peut s'avérer utile."

Répond-il après un moment de réflexion.

« Hm. Pour ma part je n’aime pas trop avoir quelqu’un dans mon dos. »

"Oh... dans certaines situations ce n'est pas désagréable, pourtant..."

Rétorque-il avec un regard mutin, me provoquant un haussement de sourcil. Je me trimballe vraiment avec des acolytes étranges. Il poursuit avec un clin d’oeil que je préfère ignorer pour reprendre l’inspection de mon matériel. Il repart de son côté et je ne tarde pas à rejoindre ma tente, la température devenant vraiment trop froide. Je me plonge dans mes couvertures, à l’abri du vent et je sens le cocon de toile et de neige faire la différence. Je profite de la chaleur que j’accumule pour fermer les yeux quelques heures avant d’attendre qu’il y ait du mouvement à l’extérieur.

Je m’extirpe de la tente et voit que c’est notre guide qui se prépare pour partir alors que le soleil n’est pas encore levé. Je ne lui adresse pas un mot, ni même un signe de tête et entreprend à mon tour de ranger mon matériel pour me préparer à partir. Une fois tout le monde prêt elle s’engage sur l’étroit passage et j’attends que tout le monde passe pour rester à l’arrière, gardant la bonne habitude de régulièrement regarder par dessus mon épaule pour être certain de ne pas être suivi et parfois au dessus de nos têtes alors que cette étrange oiseau vole encore avec nous.

(( Je prends la dernière place :))

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Faëlis
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Faëlis » sam. 30 juil. 2022 15:35

Au final, le groupe se révéla du même avis que lui. Ils prendraient donc le chemin le plus risqué. Cela s'annonçait prometteur...

Madoka en profita pour s'enquérir de la chouette qui semblait continuer à les suivre de loin. Freida expliqua qu'il s'agissait d'une Arënalfük, une créature magique que d'aucun voyait comme un mauvais présage. Elle n'était pas si sûr de cette interprétation, pour sa part, mais estima néanmoins qu'il fallait la garder à l’œil

Le premier jour de trajet fut sans histoire, et leur guide, qui connaissait bien la neige, sut les guider et les conseiller pour avancer au plus vite. Les montagnes se faisaient plus hautes et plus menaçantes à mesure qu'ils approchaient, et le passage devenait plus étroit. Pas difficile de deviner que le chemin allait bientôt devenir plus compliqué, comme annoncé...

Le soir, l'elfe s'approcha de Cromax, et de son étrange compagne de flamme. Il regarda celle-ci avec curiosité.

« Vous semblez légèrement blessés... tous les deux. Voulez-vous que je regarde ça ? »

« Si tu en as la capacité, ce serait avec plaisir, vieux frère. Mais seulement si les autres n'ont pas prioritairement besoin de tes pouvoirs. »

L'elfe eut un petit rire :

« Les blessures les plus graves sont parties depuis longtemps ! »

Il lança un rapide souffle de Gaïa pour soigner l'elfe gris, qui soupira d'aise, un effet toujours agréable à obtenir ! Puis, l'elfe blanc de se tourna avec curiosité vers la créature de feu :

« Si vous n'avez pas de problème avec la magie de lumière, je peux aussi tenter... mademoiselle. »

Ils répondirent qu'il n'y avait pas de risque, bien que cela ne soit guère agréable. La créature assura qu'elle « essaierait de ne pas le tuer ensuite ».

« Voilà qui est rassurant... » marmonna Faëlis en délivrant le soin.

« Tes fréquentations sont toujours aussi originales, Cromax... enfin, voilà qui devrait faire l'affaire. »

« Connaissance... Elle fait littéralement partie de moi ! Merci à toi, Faëlis... »

Il lui déposa un rapide baisé, alors que le blond lui glissait à l'oreille :

« Oh... ravis d'apprendre que j'étais déjà intime avec cette charmante créature alors ! Allons, il y a d'autres blessés. »

Il recula en lui dédiant un clin d’œil coquin. Puis, il se dirigea vers Sibelle, qui semblait aussi avoir le torse marqué. Avec un petit salut, l'elfe se présenta devant sa compatriote :

« La bataille a été rude, mais nous y sommes habitués, n'est-ce pas ? Vous semblez légèrement blessé. Je peux vous proposer mes services. »

Elle le remercia, autant pour son aide ici que lors de la bataille. Le jeune homme invoqua un nouveau souffle de Gaïa pour la soigner. Répondant à une remarque mal à l'aise de la femme, qui connaissait peu la magie, il sourit :

« Ne vous inquiétez pas, mes réserves se reformeront dans la nuit. Nous aurons besoin de toutes nos forces, dans les prochains jours. »


Ceci fait, il se dirigea vers la dernière blessée du groupe. Madoka avait une estafilade sur le bras... Cependant, il se souvenait qu'elle avait un autre problème :

« Si je puis me permettre, je peux soigner cela... mais ce n'est pas une obligation, je sais que vous n'aimez guère la magie. »

Effectivement, elle se cacha le bras, déclarant qu'elle avait déjà fait son maximum, et que la plaie finirait de se refermer bien assez vite. L'elfe sourit :

« Qu'il en soit ainsi. Si vous changez d'avis, ou avez besoin de quelque chose, vous saurez où me trouver. »

Si la formule était de pure politesse, il fut surpris de la réponse : Elle voulait qu'il dorme dans sa tente, pour... se protéger du froid ? Il laissa échapper un petit rire avant de glisser dans un murmure :

« Ma foi, il serait impoli de refuser. Il est vrai que moi aussi, ces nuits glacé me sont fatigantes... »

Elle était bien d'accord avec lui, et regrettait les manquements liés à l'urgence de la situation. L'elfe lui désigna la tente en riant :

« Un sujet stratégique majeur, nous devrions en parler en privé ! Surtout que je suis vraiment fatigué. »

Ils allèrent donc se coucher, bien « au chaud ». Une sensation qui semblait dater d'une éternité... Une vision coupable d'Aliéna se glissa dans l'esprit de Faëlis, mais fut bien vite chassée : elle en faisait sûrement autant en ce moment même, et elle faisait bien ! Allongée à côté, et appuyée sur son coude, Madoka le tira de cette pensée en demandant ce qu'il pensait de la journée.

« Peu de choses à dire pour aujourd'hui... répondit-il. Mais ces histoires d'esprits des glaces, un peu partout m'inquiètent. L'affaire est plus compliquée que nous ne le pensions. Et je ne parle pas en terme de danger, mais bien de complexité des événements. Il se passe des choses dont nous ignorons tout, mais qu'il va falloir comprendre au plus vite si nous ne voulons pas être dépassés. »

« Plus complexe encore que l'exposé fait à l'académie. Qu'avez-vous pu apprendre sur la sorcière qui nous a attaqué au village ? »

« Peu de choses en vérité. Elle a disparue, et les autres, partis en reconnaissance, savent juste qu'elle est encore en vie et qu'il y a un autre sorcier qui semblait... rassurant. Mais dont les intentions restent inconnues. Cela fait beaucoup de monde impliqué pour une affaire à la base si secrète et mystérieuse... »

« Beaucoup en effet. Et le mage accusé d'avoir tué les villageois n'est peut être qu'une invention de sa part. Sans ce froid glaçant, je trouverais tout cela follement intriguant, là tout est seulement contrariant. »

Faëlis se glissa contre elle pour la prendre délicatement dans ses bras :

« Il fait meilleur, comme ça ? Oui, c'est inquiétant. Nous ne savons que peu de choses des gens impliqués. Soyons aux aguets. Peut-être faudra-t-il essayer de prendre contact avec les gens d'en face pour mieux comprendre ce qu'ils veulent... »

Elle était plutôt d'accord, sur les deux points. Elle se serra un peu plus, et il laissa ses mains glisser tout doucement contre sa peau satinée.

« Il y a une minute, j'aurais dit qu'une couverture de plus ne serait pas de trop... mais en fait, il semble que le temps s'améliore. Vous avez caché une bouillotte au fond de la couchette ? »

Elle sourit :

« Non, ça c'est un truc d'humain ... on nous a doté d'un tempérament chaleureux. »

Il prit un air faussement outré :

« Seriez-vous en train de mésestimer la gente elfique ? Je ne puis tolérer de voir notre honneur bafoué... »

Il se pencha, s'enroula délicatement autour d'elle, par soucie de protection de sa chaleur corporelle, bien sûr, et déposa un baisé dans son cou, avant de venir chercher ses lèvres. Elle répondit de même, enroulant ses fines jambes, dans lesquelles l'elfe devinait pourtant une force bien plus grande que d'aucun l'aurait soupçonné. Il n'en était pas surpris, cependant... Tout en caressant de ses mains exploratrices et en l'écoutant vanter son ardeur à défendre l'honneur elfique, il murmura :

« Pour votre part, c'est votre ardeur à défendre vos secrets, qui me fascinera toujours. Je me demande si j'en apprendrais un jour un peu plus sur vous... Nous que je n'apprenne pas des choses passionnantes en ce moment-même... »

Avec un sourire gêné, elle répondit patiemment qu'elle ne conservait pas ses propres secrets mais ceux d'autres, et qu'il faisait finalement trop grand cas. Elle pourrait les lui révéler après cette aventure, mais il serait probablement déçu...

L'elfe laissa échapper un soupir de plaisir entre ses mains, elle avait de bonnes connaissances elle-même en la matière ! Aussi, tout en lissant ses cheveux, il passa un main contre sa poitrine qu'il massa fermement :

« Soit... pourrais-je au moins apprendre où vous avez appris l'expertise dont vous faites présentement démonstration ? Chez les Amants, peut-être ? Vous avez assurément du talent... »

En guise de réponse, elle se glissa souplement jusqu'à le surplomber et lui saisit les poignets pour le maintenir. Faëlis retint de justesse un petit glapissement, partagé entre l'excitation et les craintes ténébreuses de son passé.

« Vous connaissez Oranan et un établissement portant le nom de Maison rouge ? » demanda-t-elle.

« Bien sûr, répondit-il avec un sourire légèrement crispé. J'y ai rencontré un jeune homme fort avenant et compétent. J'imagine que cela explique bien des choses. J'espère que la guerre l'a épargné... »

Il resta allongé sur le dos, curieux de voir où elle voulait en venir. Elle se pencha, sa langue caressant ses pectoraux et dessinant les contours du tatouage qui luit légèrement sous le plaisir de son porteur.

« Ce ne sont que des murs, conclut-elle. Ce jeune homme, moi-même et bien d'autres en sont l'âme... Alors maintenant, silence et savourez... »

Alors, il savoura. Ses lèvres montèrent vers elle et leurs langues s'entremêlèrent en même temps que le corps. Mission accomplie : le froid de la nuit était durablement repoussé !

Le lendemain, ils arrivèrent enfin aux montagnes, et le chemin commença à se faire plus étroit. Ils allaient être obligés de passer un par un... Madoka passa à l'arrière, tandis que Cromax allait voler à côté... Ce fut Ezak qui se porta volontaire pour ouvrir la marche. Faëlis frappa du poing sur son armure couverte de fourrures :

« Je serais juste derrière, pour vous couvrir ! »

Il se lia aussitôt magiquement à Ezak, Cromax, Madoka, Sibelle et Arkalan, tout en tendant l'oreille pour guetter les dangers...

(((Équilibriste pour bien se tenir. Lien avec Ezak, Cromax, Madoka, Sibelle et Arkalan. Utilise l'ouïe elfique pour guetter les alentours. Se tient en deuxième position)))
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Madoka » sam. 30 juil. 2022 16:45

La décision est vite prise. Conscient de l’urgence et le trop grand nombre de personne liées à cette histoire, chacun opte pour le chemin le plus court. Sans doute estiment-t-ils comme moi que si nous échouons à rejoindre notre destination, nous n’aurons pas une chance de réussir notre ultime objectif.

L’évocation de la chouette qui vole encore au dessus de nous attire véritablement l’attention de la guide qui l’observe en plissant les yeux et ne la lâche pas du regard, même pour me répondre. J’apprends sa race : une Arënalfük, désignée aussi comme une Dévoreuse du gel. Un nom à la fois énigmatique et éloquent, suffisamment pour que mon regard se porte sur l’animal à l’air inoffensif. Entourée de mystère, on la dit à la fois oiseau de mauvais augures et guide spirituel, capable d’indiquer la voie grâce à des images mentales. Malgré tout, la guide insiste sur le caractère mystérieux de la créature et m’engage à la plus grande prudence.

Je reste muette le reste de la journée, gardant pour moi pour le moment le fait que la chouette a effectivement la faculté d’imposer des images dans les esprits. Nous marchons des heures durant, il me faut moins de temps qu’au sortir du village pour m’adapter au rythme et à l’effort de chasser la neige devant moi. Régulièrement, je lorgne sur ma boussole et me remémore le trajet et les directions, ce paysage foisonnant mais inconnu ne m’offrant pas assez de repères visuels.

La guide nous arrête en fin d’après midi. Face à nous se dévoile ce qui sera notre route à travers les monts. Un chemin tracé naturellement, étroit et longeant le flanc de la montagne. Au loin, j’aperçois les courbes et les montées spectaculaires, les rochers qui le jonche et les falaises qu’il surplombe. Et comme un repas royal, on n’en voit pas le bout. Au détour d’une falaise, il s’enfonce et disparaît.
Nous nous arrêtons là pour la nuit car, de l’avis de l’initiée, le chemin sera long, bien trop long avant de d’atteindre un endroit sûr où s’arrêter.

Consciente d’avoir à faire à la seule personne sachant ce qu’elle fait, je l’observe et l’imite et je ne suis pas la seule à prendre silencieusement exemple sur la manière dont elle installe sa tente. Plus lentement, moins précautionneusement à mon grand désespoir, je creuse un trou au pied de la falaise et y installe ma tente. La nuit tombe lorsque je termine mon installation, m’étonnant nerveusement un peu plus chaque jour de la facilité avec laquelle mes yeux s’habituent à l’obscurité. La lune est fine ce soir et même si la neige semble refléter sa pâle lueur, j’y vois trop clair.
Mais le temps n’est pas à ce genre de questionnement. Je m’approche du feu après avoir trié mes affaires et trouvé de quoi manger un peu, avant de me rapprocher de la guide, emmitouflée dans une couverture en fourrure si épaisse qu’en suis immédiatement jalouse.

« Puis-je m’entretenir à nouveau avec vous à propos de l’Arënalfük ?
-Je suis là pour ça. Que voulez-vous savoir ?
- C’est d’elle qu’on tient la vision d’une sorte de grotte dont l’entrée est surmontée d’un crâne de mammouth, avoué-je alors sans mâcher mes mots. Les récits des gens qui ont été aidés ou guidés par l’Arënalfük sont-ils des témoignages dignes de confiance ?»

Cette vision m’intrigue au plus au point, ne sachant si nous devons en faire une priorité ou la classer comme une nouvelle manœuvre de nos adversaires pour nous faire rebrousser chemin. Mais la guide ne peut certifier de la véracité des récits, n’ayant jamais rencontré directement un témoin. Elle ne cache pas que ces créatures sont véritablement un mystère, même dans ces contrées. Personne n’a encore réussi à en apprendre beaucoup sur elles. N’oubliant pas qu’elles peuvent se montrer dangereuses, elle me questionne que son hostilité depuis notre arrivée.

« Pas envers nous, bien que les visions ne soient pas très agréable à vivre … mais elle était déjà présente dans le hameau à notre arrivée. Et vous avez dit qu’on retrouve parfois des corps sans vie après le passage de l’une d’elle ; alors le doute subsiste quant au sort tragique des habitants. »

Ces doutes, ces questions, si elles trouvent réponses me laisseront l’esprit libre aux milles autres qui s’échinent à apparaître. Et cette fois elle semble plus sûre de sa réponse et me fait part de son doute, car bien que dangereuses, elles ne le sont pas au point d’hypnotiser tout un village. Ainsi, la meilleure défense si cette créature venait à changer de comportement tient à ce que nous sommes : un groupe.
Mais si c’est autre chose, alors il reste la possibilité que la nécromancienne n’ait pas menti en accusant un mage. Ses paroles étaient claires et son attitude inflexible, tant certaine d’avoir toute autorité sur nos vies que mentir n’était que peu conciliable. Je lui fais part de mes pensées mais ne trouve pas d’écho en la guide, dont les yeux à peine visible s’affaissent à l’évocation du village. Aussi, je change de sujet et lui pose la question qui me brûle les lèvres.

« La grotte de ma vision vous est-elle connue ? »

Et hélas, elle n’en a même pas entendu parler. Peu étonnant compte tenu de l’immensité des montagnes et de leurs innombrables secrets. En tant que guide, elle avoue ne connaître que les routes les plus sûres.

« Cette grotte existe peut être, dit-elle en conclusion.
- Sans doute … reste à savoir si l’Arënalfük cherche à nous guider ou nous distraire.
-Espérons qu’elle n’ait pas de sombres intentions. »

Je partage son avis et l’observe un instant, dardant mon regard vers la mince ouverture de sa protection.

« Les habitants étaient de vos amis ? lui demandé-je et de la voir hocher tristement de la tête. »

Elle a été élevée dans ce village devenu un cimetière à ciel ouvert. Elle évoque alors l’opportunité offerte par mes compagnons, celle de recommencer ailleurs.

« Je ferais en sorte que nous trouvions un nouvel endroit où vivre. Dit-elle alors en maudissant cet endroit de malheur sans que je sache si elle parlait du village ou de cette région toute entière. »
((Nous …)) Parle-t-elle de son ours qui semble plus qu’un animal domestique ?

« Mes compagnons vous ont-ils expliqué dans quoi vous vous êtes embarquée en nous prêtant main forte ? lui demandé-je en laissant mes paroles dépasser mes pensées précédentes.
- J’en sais bien assez, ne vous en faites pas.»

J’en doute un instant, bien qu’il me soit facile d’imaginer que la vengeance puisse motiver n’importe qui à tenter l’impossible. Mais, plus pragmatique, son choix s’est fait après avoir jugé de ses chances de survie à d’autres options, non moins dangereuses que notre compagnie.

« Et puis vous aviez besoin d’un guide, cela convient à tout le monde.
- Votre décision est peut être la plus éclairée et lucide parmi nous … dis-je alors qu’un doute persiste en moi, que je loge à l’abri dans ma tête, avant de reprendre.
Mais je m’aperçois que je ne connais pas votre nom ?
- Appelez-moi Freida. Et vous êtes ?
- Je m’appelle Madoka. Je vous remercie pour vos réponses, dis-je enfin en me relevant et la saluant d’un sourire cordial, et sentant mes membres grincer de froid. »

Elle hoche la tête mais il m’est difficile de voir son visage et de juger de sa gestuelle.
Revenant à ma tente, je l’observe, convaincue bien qu’elle soit solide et imperméable, qu’elle ne sera qu’un cocon glacé pendant mon sommeil. Retardant le moment d’y entrer, j’inspecte mon paquetage et m’assure que rien n’y soit abîmé lorsque je remarque un ballet intéressant, entre Ezak et Cromax … dont les regards louvoient imperceptiblement vers le grand cryomancien de l’académie. A peine gênée de les espionner ainsi, je comprends à leurs mouvements de lèvres qu’ils parlent du carnet que celui-ci tient en main, et arrête là ma malhonnêteté en lisant le mot voyage.


Je m’approche de Hereld, concentré à observer le paysage, ou le vide, le nez en l’air et un carnet épais dans le creux de la main. Je saisis ma boussole et la tend entre nous deux en le saluant.

« On reconnaît bien là l'académicien qui est en vous, toujours à l'étude. Peut-être cela vous serait utile ? »

Il la prend délicatement, l’examine mais me la rend aussitôt, reconnaissant qu’il s’agit d’un objet fascinant mais qu’il n’en a guère l’utilité ici, notamment selon lui grâce à notre guide. Une confiance que je sais ne pas partager, non envers elle mais envers n’importe qui ; une vieille habitude tenace.

« Puis-je vous aider, ajoute-il assez aimablement. Sauf si vous êtes simplement venu me tenir compagnie bien sûr.
- Pas simplement en réalité, dis-je en observant ma boussole. J’ai pensé que vous cartographiez, même grossièrement, notre périple et cette partie des monts. Notre guide est seule à savoir comment aller vers notre destination, mais j'aime me dire que je saurais retrouver notre chemin en cas de problème.
Cela devient de plus en plus difficile de tête ... serait-ce inconvenant de ma part de solliciter quelques feuillets de votre matériel pour y noter mes observations ? »


Il hausse un sourcil et sourit, je ne sais comment lire cette expression sur un visage si vieux et si solennel ; mais l’instant d’après il sort une feuille vierge d’un parchemin de bonne qualité de son sac, ainsi qu’un fusain neuf d’une boîte qui en contient plus que je n’en ai eu dans ma vie. Le carnet le suit depuis des années, pour ses recherches et il espère trouver au cours de notre périple de nouvelles pistes sur la magie et la façon dont les mages l’appréhendent. Les yeux écarquillés, amusée de le voir si véritablement académicien jusque dans son paquetage, je me saisi de ce qu’il m’offre avec plaisir alors qu’il note la bienvenue de mon idée et s’enquiert de mon passé de navigatrice.

« Je vous remercie, cela me sera très utile. Dis-je sincèrement.
Je ne suis pas navigatrice, celui qui m'a appris les bases, oui. Mes compétences sont assez limitées aussi, et très récentes, mais suffisantes pour ne pas m'être perdue au milieu d'un désert d'Imiftil.»

J’observe un instant son carnet, avant de poursuivre.

« Vous avez appris de nouvelles choses sur la magie ? La magicienne au village, ses pouvoirs sortent-ils de l'ordinaire ?
-Non hélas, je n’ai rien appris, sauf le fait que beaucoup de choses m’échappent.»

Il avoue non sans émotion qu’il s’inquiète du fait que ces mystérieux adversaires possèdent des connaissances bien supérieures aux siennes … et je n’ose lui demander s’il parle de magie ou des implications de l’esprit des glaces. Déterminé pourtant, il espère en savoir autant ou plus une fois sur place.

« Je l’espère aussi, l’enjeu est trop important pour y aller à tâtons. Il nous manque leurs connaissances … mais avez-vous au moins espoir que Maître Dan ait pu les obtenir ? »

Espoir, encore et encore. Il espère que le magicien soit plus avancé que nous mais s’inquiète plus encore de son absence et craint qu’il ne lui soit arrivé quelque chose ; admettant avec une certaine fatalité qu’un mage même talentueux n’est pas invincible. A cela, je m’interroge sur un moyen de communiquer avec lui et il me fait l’effet d’un être faisant grand cas de sa maîtrise magique et se contentant de ses moyens-ci.
Il est question de beaucoup d’espoir … et je ne suis guère enclin à aimer me vautrer dedans ; pas plus que je parviens à me laisser porter par la ritournelle : on verra, on saura une fois sur place.

« Mais il reste une question à laquelle vous et Andreï pouvait peut être répondre. Vous vous souvenez que la magicienne a accusé un mage d'avoir tué les habitants du village : avez-vous souvenir d'un mage capable d'une telle chose, de rumeurs sur quelqu'un capable de geler ainsi si rapidement tant de personnes qu'elles n'ont pas pu s'en défendre ? »

Il ne réagit pas bizarrement à la question, pourtant posée après avoir évoqué son ami. Un point pour lui, rassurant en soi ; mais il n’a malheureusement pas non plus réponse à cette question, pas même un nom, une piste, une rumeur qui pourrait être utile à Freida. Il s’avoue même sceptique quant à l’honnêteté de la magicienne, estimant lui qu’une créature ou même l’esprit des glaces peut en être à l’origine. Et encore cette sereine et patiente allusion à notre destination. Je vais devoir entrer dans ce moule bien malgré moi. Patient mais certain de notre réussite, son sourire est rassurant lorsque nous évoquons cette dite destination et nos capacités à palier nos manques.
Fatiguée et transi de froid, il est grand temps de rejoindre mon cocon glacé. Je le remercie une dernière fois et le salue, le laissant à ses observations tandis qu’il me souhaite une nuit paisible.



Devant ma tente, alors que je retirais la manche de mon manteau pour vérifier l’état de ma blessure au bras, Faëlis s’arrête là et me demande si je désire qu’il soigne mon bras avant de noter qu’il n’a pas oublié que je ne suis pas très friande de magie. Bien involontairement, mon bras gauche vient cacher le droit et rabattre le tissu par-dessus la plaie.

« C’est très gentil de votre part, dis-je en souriant, me remémorant notre longue discussion à ce sujet, mais ce n’est pas très grave. J’ai nettoyé la plaie, ça se refermera bien assez vite tout seul. »

Il sourit, moins offusqué qu’à l’époque. Egal à lui-même, il se dit disposé si d’aventure je changeais d’avis ou si j’avais besoin de quelque chose. Je l’observe un instant en silence, puis le reste du campement et de nos compagnons de route …

« Il y a bien une chose oui ... nos tentes ne sont absolument pas prévues pour nous protéger du froid ou des vents glaciaux de ces monts. Acceptez mon invitation à vous joindre à moi cette nuit, sans ambiguïté, nous aurons plus chaud et serons de meilleure constitution. »

Il laisse échapper un petit rire, n’acceptant qu’en se cachant derrière l’impolitesse de refuser pareille demande et d’avouer être fatigué par les nuits glaçantes.

« J'avoue ne guère craindre les longues journées de marche, même dans ces conditions, mais se reposer dans ce froid et sans matériel adéquat me paraît difficile ; je me demande quel autre manquement nous aurons à gérer à cause de l'urgence de notre expédition. »

L’Hinion fait preuve d’une soudaine subtilité digne d’un diplomate Garzok, désignant la tente d’un mouvement de menton en riant, et exprime le souhait de parler de ce sujet hautement stratégique en privé, nonobstant son immense fatigue. Je ne sais qui de l’étonnement ou de l’amusement m’anime le plus mais nous entrons sans mots dire dans ma petite tente, guère pratique aux mouvements de deux personnes, même gracile comme nous.
Emmitouflée sous les couvertures, les manteaux et tout ce qui peut un tant soi peu s’étendre et tenir chaud, je m’installe à ses côtés et lui demande, le plus sérieusement du monde tant je ne parviens vraiment pas à attendre notre destination pour mettre mon cerveau en branle, que pour éprouver sa subtilité.

« Quelles sont vos impressions sur cette première journée, maintenant que nous avons les deux pieds dedans ?
- Peu de choses à dire pour aujourd'hui... répondit-il. Ces histoires d’esprits des glaces et la complexité de l’affaire l’inquiètent.
- Plus complexe encore que l’exposé fait à l’académie. Qu’avez-vous pu apprendre sur la sorcière qui nous a attaqués au village ? »

Je reste pensive un instant à sa réponse car, bien qu’il estime avoir appris peu de choses du trio, il fait mention d’un autre sorcier, rassurant quant à lui bien que ni lui ni moi ne puissions vraiment décrire ce que cela veut dire, ce qui expliquerait la vitesse avec laquelle ils sont revenus de leur poursuite. Nous tombons d’accord sur le fait qu’il y a ici dans ces monts beaucoup trop de monde impliqué dans cette affaire si secrète et mystérieuse ; et ce déjà sans compter le mystère autour d’un autre mage de glace dont il serait simple de soupçonner qu’il s’agisse de Dan, embobiné par la magicienne. Je suis lasse de la situation.

« Sans ce froid glaçant, je trouverais tous ces éléments follement intrigants. Là, tout est seulement contrariant. »

Il acquiesce, préconisant de rester aux aguets et le contact direct afin d’avoir une meilleure compréhension de l’ensemble et je ne peux qu’être d’accord, précisant même que l’important de notre mission ne peut souffrir d’approximation ou de supposition ; tandis qu’il se glisse contre moi et me prend dans ses bras, prétextant qu’ainsi, il ferait meilleur. Ses mains sur mon corps sont douces, je le laisse faire et n’insiste guère plus sur la discussion qui, en définitive, ne mènerait qu’à plus de questions et de contrariété … mon flair n’est vraiment pas taillé pour la race des Hinions. Je l’imaginais, bien qu’il soit des Amants lui aussi, plus réservé, moins aventureux que Cromax ou moi ; et surtout dans une relation construite et fermée avec cette jeune femme d’un autre monde. Mais le voilà qui agit avec une audace toute naturelle, ressentant sans demander ce qu’il advient de faire.

« Il y a une minute, j'aurais dit qu'une couverture de plus ne serait pas de trop... mais en fait, il semble que le temps s'améliore. Vous avez caché une bouillotte au fond de la couchette ? »

Son ton, bien que loin d’être railleur, réveille en moi cette habitude que nous avons d’exprimer nos différences comme un jet de malice. Je ne cache pas mon effronterie en répondant d’un ton sarcastique.

« Non, ça c'est un truc d'humain ... on nous a doté d'un tempérament chaleureux. »

Dans sa réaction, j’y retrouve le poète, l’acteur capable de jouer et garder l’offense. Il m’embrasse, son corps se fait plus souple et entreprenant, défendant là un honneur bafoué. Il s’avance vers moi et je cueille ses lèvres offertes en vantant son ardeur, sans ambiguïté, à défendre l’honneur elfique. Le froid, il est vrai, disparaît et n’est plus qu’un lointain souvenir ; mais, soudain.

« Pour votre part, c'est votre ardeur à défendre vos secrets, qui me fascinera toujours. Je me demande si j'en apprendrais un jour un peu plus sur vous... Nous que je n'apprenne pas des choses passionnantes en ce moment-même...
- C’est une idée fixe, dis-je de redressant la tête.
Mais ; et je vous dis cela, hélas, moins pour abréger cette conversation que pour vous prouver que vous exagérez votre intérêt à mon égard ; les secrets que je semble défendre ne sont pas les miens ... si nous repartons vivant de cet enfer, je répondrais à vos questions, quitte à décevoir votre intuition.»

Mes mains habiles et expertes concluent ma phrase. Il laisse évidemment échapper un soupire de plaisir et ses mots se font curieux, cherchant à connaître l’origine de mon expertise.

« Vous connaissez Oranan et un établissement portant le nom de Maison rouge ?
- Bien sûr. J'y ai rencontré un jeune homme fort avenant et compétent. J'espère que la guerre l'a épargné.
- Ce ne sont que des murs, dis-je en embrassant son torse. Ce jeune homme, moi-même et bien d’autres en sont l’âme. Le tatouage représentant un Phénix surgissant d’un nuage d’orage se mit à luire légèrement. Je haussais les sourcils, flattée, et dessine les contours du tatouage du bout de la langue.
Alors maintenant, silence, et savourez. »


Un concept étrange que de coucher pour le plaisir, que j’expérimente depuis peu. Mais, au réveil, force est de constater que j’avais passé une excellente nuit, au chaud et en bonne compagnie ; qui l’eut cru possible en pareil lieu.

Au petit matin, le lever de camp se fait aussi rapide qu’on le peut, nul doute qu’on améliorera cela au fil des jours. La guide se sépare de son compagnon, trop large, trop lourd pour l’étroit sentier à parcourir. Rapidement, chacun trouve sa place. Cromax, en veilleur, se transforme et plane au dessus de nous, le seul apte à rejoindre n’importe qui rapidement. Ezak prend la tête du groupe, Freida au devant de quelques mètres. Arkalan lui, sans avoir à prononcer un mot, nous fait comprendre qu’il restera à l’arrière et je le vois même regarder par-dessus son épaule une fois tous partis. Faëlis prend la suite d’Ezak et est rapidement rejoint par Sibelle. D’un commun accord, nous plaçons les mages au lieu du groupe. Avant-dernière, je prends soin de placer mes pieds dans les pas de mon et mes prédécesseurs.

Au dessus de nous, l’Arënalfük rôde elle aussi, et veille … mais à quoi ? L’image de la grotte me taraude, et l’idée de tenter le contact avec le volatile germe alors, tandis que j’entame la longue et difficile marche de la journée.

((Avant dernière place pour moi - derrière les mages de l'académie))
Modifié en dernier par Madoka le dim. 31 juil. 2022 18:31, modifié 1 fois.

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Sibelle
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Sibelle » sam. 30 juil. 2022 22:27

Madoka conclut en partageant mon avis au sujet de notre dispersion lors de nos comportements d’exploration : nous avions tous réagi au mieux.

Conservant une rancune non justifiée à mon égard, Arkalan ignora ma question à savoir pourquoi il mentionnait un crâne de mammouth à l’entrée d’une grotte. Notre guide, pour sa part, ne connaissait pas la présence d’un tel ornement.
Si Arkalan demeura muet à ma question, j’eus la surprise de voir que Madoka, tout en questionnant la guide, répondre en partie à mon interrogation. Elle s’informait au sujet de l’énorme chouette qui n’avait cessé de nous suivre depuis le village. Elle voulait savoir si cette dernière possédait de quelconques talents magiques ou télépathiques et quel était son habitat. Sur ce dernier point, elle demanda si l’habitat du volatile pouvait être une grotte donc l’entrée était ornée d’un crâne de mammouth.

(Un crâne de mammouth… que s’est-il passé lorsqu’ils sont demeurés seuls en exploration ? )

Moins avare de mots que l’elfe noir, la guide apporta suffisamment de réponses pour éclairer nos lanternes. La chouette était en fait une Arënalfük, surnommée dévoreuse de gel. Les opinions à son égard étaient mitigées. Si certains considéraient que sa présence était un mauvais présage, car des cadavres étaient souvent retrouvés suite à son passage. D’autres la voyaient d’un bon œil, rapportant des cas d’habitants sauvés par cette créature leur indiquant la voie salvatrice par l’intermédiaire d’images dans leur tête.

(Le crâne ornant une grotte était pouvait être une issue annoncée par la chouette pour les deux aventuriers en danger.)

Puisque la chouette, de forte dimension, n’avait eu aucun comportement malveillant à notre égard depuis le tout début, je supposai qu’elle serait plutôt une alliée. Peu importait ses motivations, aucune aide extérieure ne serait refusée dans ces lieux froids et hostiles.

Après avoir répondu à Madoka, notre guide s’adressa à tous et nous expliqua la suite de notre excursion. Puisque notre décision était unanime, nous allions emprunter le passage le plus rapide et également le plus dangereux : la Faille. Elle nous prévint contre le blizzard et nous somma de lui signaler tout problème, même les plus bénins. Nous voyagerions que de jour, puisque la journée s’avérait avancée, nous allions devoir monter un camp avant d’emprunter ladite faille.

Sans plus de préambule, elle releva son capuchon et l’attacha. Je fis de même. Puis, elle commença la longue marche, juchée sur son ours. Munie de mes raquettes, je pris la suite, consciente que les traces, mais surtout la neige tapée laissées par celles-ci faciliteraient le passage de ceux qui en étaient démunis. Les heures suivantes furent d’un relatif silence apaisant, seuls nos pas crissant sur la neige, traversant les montagnes. Puis, la faille se dessina devant nous, il était facile de distinguer l’entrée de cette piste, chemin étroit constitué de roche et de glace, bordé de chaque côté par de hautes falaises.

Notre guide descendit de sa monture et nous annonça que nous allions reprendre notre marche que le lendemain. Cette piste était longue et il nous fallait marcher plusieurs heures avant d’atteindre un lieu sûr. La nuit approchant, il était plus raisonnable de prendre du repos et de s’y mettre tôt le lendemain. Je hochai de la tête en guise d’assentiment. Bien que je ne la connaissais point, il était préférable de suivre ses conseils, elle était la plus expérimentée à traverser ces lieux enneigés. Je lui accordai donc ma confiance… tout en gardant une certaine prudence. Cela dit, elle installa sa tente. N’en possédant aucune, je me trouvai un endroit contre la paroi de la falaise et me contentai de balayer et de taper la neige à l’aide de me raquettes.

Je vis alors Faëlis s’approcher de moi. Il remarqua aussitôt mes blessures et m’offrit de les soigner. Je lui rendis son sourire.
« Je dois vous remercier pour le soin que vous m'avez prodigué pendant le combat, cela m'a permis de le poursuivre. »

Puis, tout en pointant ma jambe et mon torse, je poursuivis :
« Il ne me reste plus que de légères blessures, mais je vais accepter votre offre, si cela n’épuise pas trop vos réserves... de magie. »

J’avais hésité sur les derniers mots de ma phrase, ne connaissant rien à la magie et aux fluides, je ne savais pas si j’avais utilisé les termes appropriés.

Tout galamment, il me rassura, m’affirmant que ses réserves se reformeraient pendant la nuit. Avec raison, il rajouta qu’il était important que nous soyons tous au sommet de notre forme les prochains jours.

Je le laissai donc procéder. Comme la dernière fois, je vis une lumière jaillir de ses mains et atteindre mon torse. Je sentis aussitôt une chaleur bienfaitrice. Puis, il fit les mêmes soins pour ma jambe. Une fois qu’il eut terminé, je le remerciai de nouveau. Il partit donc en quête de nos autres compagnons blessés.

Un peu plus tard, je vis Madoka rejoindre la guide près du feu et décidai de m’approcher de celles-ci. Je venais tout juste de m’asseoir non loin d’elles que Madoka questionna notre guide au sujet de l’Arënalfük. Toute emmitouflée sous une épaisse couverture, son visage à peine visible, la guide répondit volontiers aux questions de Madoka. Assise non loin du feu, j’écoutai attentivement leur conversation, me gardant bien de les interrompre. Madoka expliqua d’abord que c’était cette énorme chouette lui avait transmise la vision du crâne de mammouth à l’entrée de la grotte et se demanda si elle pouvait se fier aux témoignages favorables à l’égard du volatile. Prudemment, notre guide précisa qu’elle n’avait pas été la témoin de ces histoires, qu’elle les avait tout simplement entendues. A sa demande, Madoka confirma que la chouette n’avait en aucune façon été hostile à notre égard.

(Pas plus que nous face à elle… j’avais même tenté de communiquer avec elle, sans succès, croyant qu’il s’agissait peut-être d’un shaman ou bien d’un compagnon).

Notre guide ne croyait pas que cette chouette soit responsable de la mort des habitants du hameau. Elle n’aurait pu agir sur tous ces gens à la fois.

(Pour ma part, je crois les dires du mage… c’est un autre mage qui les a tous tués… et je ne serais pas surprise que l'assassin crut que le guide face partie de gens décédés.)

Je me retins par contre de partager mon opinion, non pas par égoïsme, mais parce que je ne voulais pas faire dévier la discussion et que je voulais en savoir plus sur la chouette.

Notre guide répéta ce qu’elle avait affirmé à Arkalan, elle n’avait jamais vu la grotte qu’ils avaient vu en tête.
Madoka questionna ensuite notre guide au sujet de la mort des habitants. Bien que ma présence n’était pas dissimulée et qu’il était évident que je ne prenais pas part à la conversation, mais de façon passive, puisque je m’étais contenté que d’écouter sans émettre le moindre commentaire depuis le début, je me suis sentie mal à l’aise. Je ne voulais pas m’immiscer dans son intimité, je songeai donc à les quitter. Mais je ne fis rien, croyant que mon départ inopiné fut mal interprété. Je restai donc là silencieuse, jusqu’à la fin de la conversation qui se clôtura par des présentations où j’appris que notre guide se nomma Freida.

Lorsqu’elles quittèrent les lieux, je restai un moment près du feu. Puis je gagnai mon coin aménagé, me recouvris de ma couverture et je méditai quelques heures. J’entendis à quelques reprises des battements d’ailes s’approcher de nous et puis s’en éloigner. Je ne m’en inquiétais pas, puisque je croyais qu’il s’agissait de l’Arënalfük qui nous accompagnait. J’avais le sentiment qu’elle n’était pas une menace pour nous. Si ça avait été le cas, il y a longtemps qu’elle nous aurait attaquées.
Puis j’observai les étoiles. Lorsque je vis Faëlis sortir de la tente de Madoka, je souris intérieurement, me gardant bien de faire un commentaire et faisant mine de n’avoir rien vu. Je voyais plutôt d’un bon œil le rapprochement entre les aventuriers, même si je n’étais pas encline personnellement de me rapprocher autant de mes compagnons. Mais je préférais ce comportement à celui d’Arkalan.

Lorsque tous furent réveillés, Freida nous mena jusqu’à l’entrée de l’étroit chemin. Ce dernier trop étroit pour l’ursidé, il resta en place et regarda sa maîtresse prendre les devants, son équipement sur son dos. Ezak, fut le premier à le suivre, suivi de Faëlis. Cromax pour sa part, s’éleva dans les airs et put ainsi varier sa position dans la file à son gré. Je pris donc la suite de Faëlis et les mages me suivirent. Madoka suivit les mages et Arkalan ferma la marche.

Nous marchâmes ainsi à la queue leu leu, escortés par l’Arënalfük à qui je fis un hochement de tête en guise de remerciement. À tort ou à raison, j’avais le sentiment qu’elle nous protégeait. Toutefois je tentai de demeurer à l'affût utilisant ma vue perçante et mon ouïe aiguisée.

(((Équilibriste améliorée. Capacité rp d'archétype: regard perçant. Utilise l'ouïe elfique pour guetter les alentours. Se tient après Faëlis et tout juste avant les mages.)))
Modifié en dernier par Sibelle le mer. 3 août 2022 14:11, modifié 1 fois.

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Ezak
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Ezak » dim. 31 juil. 2022 05:40

Nous prîmes donc la route vers la Faille, d’un commun accord. Durant des heures qui parurent interminables nous marchâmes au travers de la neige, suivant scrupuleusement notre guide. Qu’est-ce que je détestais cette vie d’aventurier ! Marcher durant des heures dans ce froid n’avait rien d’agréable et si j’effectuais ma mission sans me plaindre, par pudeur mais aussi par fierté cela ne m’empêcha pas de souhaiter ardemment mon retour sur Nirtim. Mais cela n’avait rien à avoir avec le manque de confort, bien que plus d’une fois durant ce voyage j’avais souhaité le réconfort d’un foyer chauffé. C’était surtout qu’il y avait en moi un curieux sentiment de culpabilité qui commençait à naître.
Pourtant je le savais, tout ce que nous faisions en cet instant était utile, nécessaire même, mais je n’arrivais plus à me retirer dans la tête qu’ailleurs, on avait peut-être besoin de moi. Mes peuples avaient souffert, ils avaient besoin de leurs héros. L’intégrité du Royaume était en danger, il avait besoin de son Chevalier. Je m’inquiétais pour Satina laissée à la merci des nobles aux dents longues et elle avait besoin de son plus fidèle serviteur. Plus je passais de jours loin des miens et plus je me sentais coupable. J’avais après des années d’errance trouvé ma maison, ramené mon nom là où se trouvait sa place et la perdre serait tout perdre à nouveau. Par la Couronne que je détestais lorsque mes sentiments prenaient le pas insidieusement sur ma raison.

Ce n’est que lorsque nous arrivâmes à destination que je sortis enfin de mes remords qui cessèrent d’être nourris par la monotonie persistante de notre longue marche. Nous étions face à la Faille, une route étroite à flanc de montagne, crée à en croire les mots de notre guide il y avait de cela très nombreuses années par les habitants pour faciliter leurs expéditions. Je regardai de nouveau le passage à avec un œil attentif, valait mieux ne pas être un épais maladroit pour oser prendre cette route, cela en disait long sur . Occasion qui nous serait donné le lendemain car, la nuit commençait à poindre le bout de son nez.
Je suivis le mouvement général et installai ma tente dans l’harmonie du camp. Mon regard tomba sur Hereld accaparé par son journal. Celui-là même qu’il semblait consulter à tout occasion. Je fus pris de curiosité. Je n’allais pas dire que je méfiais ardemment de nos commanditaires mais je ne leur faisais pas entièrement confiance non plus. Compte tenu de la réaction étrange du shaakt et de la possible implication de son collègue Dan dans le meurtre. Je souhaitais ardemment pouvoir être une petite bête pour pouvoir observer ce qu’il avait écrit dans son si précieux carnet. Malheureusement je n’étais pas doté de tels facultés…mais c’était le cas d’autres.

Je m’approchai donc de Cromax et lui fis signe de la tête de me suivre dans un endroit plus discret, moins au centre du campement, ce qu’il fit. Après m’être assuré que personne ne pouvait nous épier, je lui fis part de mes pensées.

« Je sais que vous ne m’appréciez pas, mais je vous l’ai dit, je suis ici pour que nous réussissions cette expédition, et rien ne compte plus pour moi. C’est pour ça que je vous ai fait venir à l’écart. J’aimerais que vous me rendiez un service, j’ai besoin de m’assurer de quelque chose. »

Il m’assura n’avoir rien contre moi, mais qu’il me trouvait trop kendran à son goût. Je ne savais même pas ce que ça pouvait bien vouloir dire être trop kendran, j’avais toujours eu tendance à avoir un complexe à ce niveau et à ne pas me sentir assez kendran justement. Il n’y avait que depuis mon intronisation en tant que Chevalier que je me sentais enfin à ma place. Mais qu’importe, je n’étais pas du genre à m’intéresser à ce que les autres n’appréciaient pas chez moi. L’on s’accommodait de moi et si ce n’était pas le cas, je m’en fichais pas mal. C’était comme ça. Chose que je montrai clairement en levant négligemment les épaules avant de répondre avec calme et sans agressivité, aucune.

« Si vous le dites. » Avant de reprendre sur ce qui nous intéressait vraiment. :

« Je vous ai vu en dragon, en oiseau, et dans d’autres formes plus…suggestives… donc j’en déduis que vous pouvez prendre n’importe quelle forme… »

Je désignai Ertiart au loin en train de lire ses notes dans son carnet.

« Vous pourriez prendre une forme discrète et tenter de voir ce qu’il y a écrit dans ses notes pendant qu’il les passe en revue ? Ce n’est pas que je n’ai pas confiance en lui, mais je n’aime pas laisser les choses au hasard et je voudrais dissiper une mauvaise impression que j’ai eu au début du voyage. J’en ai parlé à Sibelle, il m’a semblé sur la défensive. Et maintenant que les soupçons du meurtre des villageois portent sur son collègue Dan, j’ai d’autant plus besoin de réponses. »

Il eut l’air de réfléchir un instant avant de me demander si j’avais tenté de lui demander frontalement ce qu’il y avait d’écrit dans ses notes.

« Je dois l’avouer non. Il a semblé sur la défensive une fois, je ne veux pas à nouveau le braquer et risquer de gâcher une opportunité si il y a vraiment cas de se poser des questions. »

Il consentit pensif, à essayer ma solution, avant de s’éloigner. Je le remerciai avant de faire mine de retourner à mes activités. Je n’attendis pas plus de quelques minutes avant qu’il fasse son apparition pour m’attirer à distance. Là, il m’enseigna qu’il n’y avait rien d’anormal dans son carnet. Des notes écrites en shaakt énumérant diverses hypothèses par rapport à nos expéditions.
Je restai un moment pensif, fronçant les sourcils avant de reprendre

« Bon…Alors espérons que ma mauvaise impression n’est que le reflet de ma difficulté à faire confiance. » j’hochai de la tête, avant de remercier Cromax à nouveau, sobrement avant de reprendre pensif.

« Tout de même, avec le cas de leur collègue, Dan, qui disparaît et dont les traits correspondent étrangement avec le meurtrier des villageois, je me demande bien ce qui se passe … J’ai du mal, comme Ertiart peut-être à identifier clairement nos ennemis. Je n’aime pas ce peu de vue que nous possédons sur la situation d’ensemble… »

"Oui. Nous n'avons actuellement que peu d'informations. Bien trop peu pour tirer des conclusions en tout cas. Espérons en apprendre plus le plus vite possible."

Et sur ces paroles il me laissa dans mes réflexions, qui ne durèrent pas si longtemps. Épuisé je ne tardai à quérir le réconfort de ma tente.
Modifié en dernier par Ezak le sam. 6 août 2022 18:40, modifié 2 fois.

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Gamemaster6
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Gamemaster6 » lun. 1 août 2022 13:50

L'Aube d'un hiver sans fin


Chapitre 2 : Un lieu sans pitié ni repos.

Une fois prêt, le groupe amorça alors sa longue, très longue ascension vers les sommet de l'immense massif qui se trouvait face à eux. Une fois l' ordre déterminé tacitement entre chacun des membres, chacun put voir à quel point le voyage allait être difficile. D'un espace large et ouvert, ils passèrent aux étroites corniches saillantes à flanc de falaises, parfois glissantes, toujours escarpées, certains endroits obligeant même les membres du groupe à sauter pour atteindre l'autre côté, provoquant quelques frayeurs lorsqu'une Madoka, pourtant agile, manqua de tomber lorsque sa réception faillit se solder par une longue chute dû à la fragile corniche qui s'effrita sous ses pieds. Sans la présence d'esprit d'Andreï qui la rattrapa par le bras, l'ynorienne aurait certainement finit son voyage au fond d'une crevasse, plusieurs dizaines de mètres en dessous. Tous purent prendre conscience que le moindre faux-pas signifiait un aller simple vers les entrailles du monde.

Le seul point positif de ce début de voyage fut le temps clément et clair. La neige avait cessé de tomber durant la nuit et seul le soleil accompagnait leur périple, sa lumière se réfléchissant sur la neige et la glace présente tout autour d'eux. Cela n'était guère du goût d'Arkalan et d'Hereld qui voyaient leur vue diminuer face à tant de luminosité, mais le reste du groupe pouvait apprécier sans mal la beauté sauvage des lieux, des pics escarpés aux formations de glaces qui s'élevaient vers le ciel ou plongeait vers la terre, cascadant en d'immenses structures blanches ou bleutés qui se paraient de couleurs lorsque le soleil les traversaient. Le froid, lui, se fit de plus en plus supportable à mesure que la journée avançait. L'effort de mettre un pied devant l'autre couplé à la présence continue du soleil réchauffait peu à peu les aventuriers qui se retrouvèrent pendant quelques heures protégés du vent et du blizzard glacial des derniers jours. Après de nombreuses heures de marche dans un calme reposant, leur guide leur indiqua du doigt un promontoire se trouvant plus loin où il était aisé de distinguer une sorte de petite grotte.

- Ce sera notre première halte. Il y en a plusieurs disséminés dans les montagnes, les habitants ont creusé ces refuges pour leurs expéditions, du temps où il y en avait encore.

Sans plus attendre, elle les mena jusqu'au dit promontoire. Il fallut tout de même près d'une heure pour l'atteindre et chacun pu constater à quel point grimper de cette manière était épuisant. La plupart des membres du groupe, même les plus athlétiques, pouvaient sentir leurs muscles tirer désagréablement. Ce ne fut hélas pas la seule découverte désagréable qui eut lieu en arrivant sur le promontoire qui leur servirait d'abri pour la nuit. Là, adossé au fond de la petit grotte creusées à flanc de falaise, gisait le corps sans vie d'un illustre inconnu, complètement gelé. Il s'agissait d'un humain à la peau sombre qui, étrangement, ne portait aucun vêtement sur lui. Pas la moindre fourrure, pas de sac, aucun objet à l'exception d'un collier d'os pendant encore autour de son cou surmonté de sa tête penchée et inerte. Voyant cela, la guide jura, mais laissa au groupe le soin de s'occuper du corps. La jeune femme se hâta plutôt de ressortir pour observer les alentours, s'assurant vraisemblablement qu'aucune menace immédiate n'était en approche.

Le soleil commençant rapidement à décliner derrière les froids pics alentours et il était impossible pour le groupe de repartir pour trouver un autre abri, la nuit les rattraperait avant qu'ils ne puissent l'atteindre et voyager à flanc de falaise en pleine nuit serait assurément une catastrophe. Ils allaient devoir cohabiter avec ce corps, peut-être s'en débarrasser ou, pour les plus curieux, essayer de découvrir qui il était et ce qui avait bien pu lui arriver.

***

Récapitulatif des bobos et actions:

Ordre du groupe:
<-Cromax qui se la pète en volant->
Freida - Ezak - Faëlis - Sibelle - Hereld - Andreï - Madoka - Arkalan

Prévenez-moi de tout changement entre les majs, que je... maj ?

Xp :
Cromax: Discussions avec Ezak, Arkalan et Faëlis : 1,5 + marche, repas, repos, guérison, etc : 0,5xp
Arkalan: Discussion avec Cromax : 0,5 + marche, repas, repos, guérison, etc : 0,5xp
Ezak: 0,5 + marche, repas, repos, guérison, etc : 0,5xp
Madoka: Discussions avec Freida, Hereld et Faëlis : 1,5xp + marche, repas, repos, guérison, etc : 0,5xp
Faëlis: Discussions avec Cromax et Madoka : 1xp + marche, repas, repos, guérison, etc : 0,5xp
Sibelle: marche, repas, repos, guérison, etc : 0,5xp

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Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Sibelle
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Sibelle » mer. 3 août 2022 17:10

Nous marchâmes en silence de nombreuses heures, ne perdant pas d’énergie inutile en babillage. Bien que je sois rompue à l’exercice quotidien, celui-ci est fort différent et j’ai l’impression de découvrir de nouveaux muscles dans mes jambes et mes fesses par le tiraillement que je ressens. L’ascension fut longue, mais notre rythme de marche adéquat. Trop rapide, nous nous épuiserions inutilement, trop lent, nous n’atteindrions pas notre objectif et serions coincées sur les corniches saillantes en pleine nuit. L’utilité de notre guide était primordiale et nous suivîmes donc sans broncher ses conseils et le rythme imposé.

En plus des muscles sollicités, il fallait demeurer concentré afin de toujours s’assurer de poser les pieds sur une surface solide et moins glissante. Un seul incident, heureusement sans conséquence, vint troubler le calme de la randonnée. Cela se passa derrière moi. Le sol s’effrita sous les pieds de Madoka et l’entraîna avec elle. Heureusement, Andreï eut le réflexe salvateur de tendre son bras et attraper celui de Madoka, et la force suffisante de la ramener jusqu’à lui. Notre procession s’arrêta quelques instants afin de leur laisser le temps de se remettre de leur émotion, puis reprit son cours. Suite à cet incident, je portai davantage attention à la position de mes pieds et à la prise de mes mains. Et puis je réfléchis à l’ironie de la situation. Nous avions été engagés pour accompagner les mages et assurer leur sécurité et là, c’était l’un d’eux qui avait sauvé la vie de l’un de nous. Une chose était certaine, nous devions affronter les rigueurs et obstacles des montagnes et seuls l’entraide et l’esprit d’équipe allaient nous permettre de survivre.

Pour une fois, nous ne souffrions pas de froid, l’énergie soleil et l’effort causé par l’exercice constant nous permettaient de conserver notre chaleur. Bien qu’attentive à mes pas, je ne pus m’empêcher d’admirer cette beauté sauvage et l’immensité des lieux.

La journée s’avérait assez avancée lorsque Freida nous indiqua de la main, un endroit surélevé suffisamment large pour nous permettre d’y passer la nuit. Elle nous explique que cet endroit servait de refuges lors des expéditions et que l’habitant avait creusé le roc afin de s’y abriter. Bien qu’il fût à portée de vue, il nous fallut au moins une heure de marche avant d’y accéder.

Bien que je possédais une forme physique bien au-delà de la moyenne, mes muscles m’élançaient et un repos allait être des plus profitables.

Par contre, une mauvaise surprise nous attendait. Ce qui nous précédait, probablement le mage, avait fait une victime de plus. Devant nous, contre la paroi de la falaise se trouvait un homme nu à la peau noire, probablement un shaakt. Il semblait mort de froid comme les cinq villageois. Les deux mages n’ayant eu aucune réaction de surprise, j’en déduisis qu’il ne s’agissait pas du maître Dan.

Intrigué de voir un cadavre ainsi dénudé de tous ses biens, je m’en approchai. Agenouillée près de lui, tout en cherchant des yeux la moindre blessure, je le touchai aux bras, puis au torse, pour finalement examiner de plus près le collier d’os, en le prenant dans mes mains sans pour autant lui retirer. À cette proximité du corps étranger, je levai mon regard vers son visage, regardant ses traits, son regard comme si cela pouvait m’aider à comprendre ce qui lui était arrivé.

Je demandai alors aux mages:

«S'agit-il du même froid magique que pour les villageois du petit hameau ? »

Puis je reculai de quelques pas, et j’examinai cette petite grotte qui allait nous servir de refuge pour la nuit. Je tentai de me servir surtout de mon ouïe et de mes yeux, marchant le moins possible tout en regardant où je mettais les pieds. Je devais éviter de piétiner le sol et ainsi effacer une trace ou un indice. Je n’étais pas experte dans le pistage, mais je savais qu’Arkalan l’était.

((( Sibelle
-s’agenouille près du corps et touche les bras et le torse.
-Puis empoigne le collier (sans le détacher du cou et l’examine de près.)
-Cherche sur le corps des traces de blessures.
-Scrute le visage attentivement.
- Tout en bougeant très peu, se sert de sa vue perçante et son ouïe d’elfe pour examiner cette petite saillie.
-interroge les mages.)))

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Faëlis
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Faëlis » ven. 5 août 2022 08:50

Ils marchèrent jusqu'au soir, dans des conditions difficiles. Faëlis avait l'habitude d'avancer dans des situations précaires, que ce soit dans les branches des arbres ou sur les toits des maisons, mais une corniche gelée, c'était autre chose ! Heureusement, la neige fini par se calmer, facilitant légèrement la progression. À mesure que le temps s'éclairait, les pics de pierre et de cristal se dévoilèrent un peu plus. Au fond de son esprit, l'elfe retrouva un un de la grâce de Yuia. Oui, ceci était véritablement son pays. Aussi rude que magnifique...

Par endroit, la corniche était si usée qu'il durent sauter malgré la réception glissante qui les attendait. Si l'elfe s'en tira sans trop de problèmes, Madoka glissa et failli tomber sous le regard horrifié de l'elfe, trop en avant pour pouvoir intervenir. Heureusement, Andreï était là pour la rattraper.

Cromax, lui, n'avait pas de problème. Il flottait dans l'air au-dessus, donc évidemment, il ne craignait rien. L'avantage de la divinité, bien sûr...

Alors que le soir tombait, ils atteignirent finalement un lieu de halte. D'après Freida, ils trouveraient plusieurs cavernes ainsi, sur le chemin, pour se reposer. Une bonne nouvelle car tout le monde commençait à fatiguer. Une bonne nouvelle assez vite ternie par la présence... d'un cadavre gelé. Inerte et étrangement nu et dépourvu d'équipement, il était posé là, contre le mur... Ce spectacle inquiéta le groupe, bien sûr. Avait-il été détroussé par des bandits ? Sur cette route si peu fréquentée et si difficile ? Faëlis se mit à rayonner de lumière et s'enfonça au fond de la caverne, cherchant des traces au sol, mais aussi la moindre fissure dans les murs pour s'assurer qu'il n'y avait pas un passage discret depuis lequel des assaillants pourraient les attaquer dans la nuit...

(((S'éclairant avec le muutos de lumière, Faëlis fouille la caverne à la recherche de signes de lutte mais aussi et surtout d'un éventuel passage dissimulé)))
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Cromax
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Cromax » ven. 5 août 2022 12:24

Le lendemain, après avoir remis en ordre notre campement, nous prenons la route de l’ascension. Dans un ordre plus ou moins établi la veille, les mages enserrés dans une formation les protégeant littéralement sur tous les côtés accessibles, nous nous lançons à l’exploration de ce sentier dangereux et montagnard. Je n’hésite pas à aider quiconque en a besoin, à tout moment. Soutenir un corps dans un passage étroit ou glissant, sauts délicats à passer… Je manque cependant à mon devoir quand Madoka manque de se casser la figure après une réception approximative sur une roche instable. Et là, je me dis que finalement, les académiciens sont bien protégés, sauf de leurs propres maladresses. Si la marche est pour beaucoup compliquée, au moins le froid se fait plus rare : un soleil omniprésent éclaire nos têtes et les parois rocailleuses protègent du blizzard continental.

A la fin de la journée, notre guide désigne une sorte de promontoire plus large, seuil d’une grotte pénétrant les entrailles de la montagne. Notre première halte. Un refuge creusé dans la pierre pour se protéger des nuits hostiles. Pour y parvenir, il faut grimper. Je n’hésite pas à transporter à la force de mes bras et de mon vol ceux qui se sentent plus faibles. Andreï, par exemple. Et tous ceux qui ne veulent pas prouver leur capacité aux autres. Harassé par la tâche, les bras brûlants de ces efforts de transport, nous atteignons la plateforme pierreuse.

Et là, surprise, siège un cadavre congelé. Un humain, apparemment, à la peau plus sombre que ceux que je connais. Totalement nu, sans la moindre protection contre le froid, son seul atour est un collier d’os. Sibelle, visiblement pressée d’en apprendre plus, alla tâter le cadavre et inspecter son collier, tout en demandant à la guide si sa mort a été causée par le froid du hameau. Ce froid magique pénétrant et cruel. Faëlis, lui, s’en va explorer la grotte, à l’aide de sa lumière.

Pour ma part, je décide d’approcher également du cadavre. Le savoir ainsi figé par le froid ne me sied guère. Et si, et si il était encore en vie, là-dessous ? Cette hypothèse me remet en mémoire la douce personne de Lillith. Mon glaçon. Ardent – non, glacial - défenseur de la beauté figée, il avait comme projet de créer un endroit où il congèlerait tout ce qu’il trouvait joli. Pour préserver cette beauté et l’ôter des affres du temps. Et si, du coup, cet homme est vivant ? Apposant franchement mes mains autour de son buste raide, je laisse le pouvoir calorifique de Lysis agir : Chauffer cet être jusqu’à ce que la glace le figeant disparaisse, qu’il reprenne sa souplesse et une température humaine. Là, on pourra voir s’il est réellement mort. On ne sait jamais quoi penser, avec la magie de glace…


[HJ : Sort RP « Pouvoir calorifique » au rang 2, sur le mort-gelé]

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Arkalan
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Arkalan » ven. 5 août 2022 19:11

L’ascension se montre plus harassante que prévue et ce malgré les épreuves que j’ai pu traverser. Moi ou les autres d’ailleurs, tous semblent souffrir de la progression sur ce chemin. Meme malgré le temps clément, la présence du soleil et sa réflexion sur le sol blanc me cause une gêne propre à ma condition d’espèce plutôt propice à vivre sous terre. Un seul incident vient perturber notre escalade, l’Ynorienne qui manque de chuter dans le vide après un saut qui s’est soldé par l’effondrement d’une partie de la corniche. Une maladresse que j’accueille avec agacement car elle m’oblige à redoubler d’effort pour franchir ce passage, sans compter que je doute que des bras se dressent pour me rattraper si je venais à faire un faux pas.

Notre guide nous mène finalement jusqu’à une petite grotte qu’elle décrit comme un refuge creusé par des habitants des montagnes au temps où ils faisaient encore des expéditions. Je suis épuisé quand nous y arrivons et avec la mauvaise surprise d’y découvrir un cadavre. Un humain à la peau sombre dépourvu de vêtements. Qu’il soit mort de froid ne m’étonnerait guère vu son accoutrement mais je reste méfiant car nous avons déjà essuyé une attaque de morts-vivants. Une attaque que la rouquine semble avoir oublié vu qu’elle s’empresse de tripoter le corps. Je suis tiraillé entre la surprise et l’agacement devant un tel manque de prudence et préfère finalement ignorer cette scène qui devient encore plus ahurissante quand l’Hïnion se met à briller pour explorer la grotte et que Cromax impose ses mains sur le torse du cadavre.

Je me pose dans un coin du refuge après m’être assuré qu’aucune bestiole à huit pattes n’y traîne. Je me munis de mon arc et d’une flèche en surveillant attentivement le corps raidit par le froid, me retenant de donner mon avis qui est de balancer ce cadavre en bas de la montagne avant qu’il ne se réveille.

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Madoka
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Madoka » ven. 5 août 2022 20:35

La marche à peine entamée et déjà nous sommes dans un tout autre paysage, pourtant toujours aussi blanc. La lente montée au sortir du village, les larges plateaux neigeux ne sont plus que doux souvenirs à mes mollets. Lentement, nous avançons et lentement, je trouve mon rythme et une posture moins harassante que de calquer mes pas sur ceux d’un Andreï aux grandes jambes. Il n’y a à voir que roches saillantes, blocs de glace et neige tassée. Heureux pour nous, le soleil nous accompagne aujourd’hui, plus bas, moins chaud et en cela plus réconfortant, il réchauffe nos corps transit de froid et pourtant suant d’effort.
Le ciel ainsi dégagé, je cherche des yeux la chouette régulièrement afin de savoir si comme ce matin au campement, elle surveille notre groupe.

En plusieurs endroit, nous sommes obligés de cesser la marche pour donner à chacun le temps et la concentration de sauter d’une saillie gelée à une autre, ou bondir au dessus d’un bout de sentier emporté par je ne sais quoi.
Passant parmi les derniers, la première pensée fût de me dire que si ça tient pour les premiers, ça tiendra pour les derniers. Jusqu’à cet énième obstacle, après d’énièmes précautions et un énième saut … ma première pensée repasse dans mon esprit tel un affront envers les aléas du hasard. Trop fugace pour s’en méfier, lorsque mes pieds touchent le sol je sens comme une vibration et, l’instant d’après, ma jambe glisse malgré moi et mon corps est happé par la pesanteur. Mes réflexes, aussi bons soient-ils, sont ralentis par ma fatigue et ne font pas le poids contre la fragilité de la roche dont chaque morceau auquel je tente de m’accrocher s’effrite comme du sable. Je grogne et grince des dents en sentant mon seul gant encore accroché à quelque chose glisser avec la pierre … et expire tout ce que mon corps possède d’air lorsque je vois un autre gant salvateur attraper le mien. Andreï est là, une main tendue vers la mienne, une autre fermement tenue à la falaise. D’un signe de sa part, je comprends qu’il tient bon et je tire de toute mes forces pour me hisser à lui, effritant un peu plus la paroi sous mes pieds pour y trouve un appui suffisant à la remontée.
Je crapahute à quatre pattes sur quelques mètres, tant pour m’éloigner que pour laisser champ libre à Arkalan.

« Merci, vraiment, merci, Andreï. Sans vous, j’y passais. »

Mes mots sortent difficilement, la gorge encore serrée. Andreï hoche de la tête, sans émotion, sans énergie. Malgré son acte, il m’a l’air plus éreinté encore que moi.

Je me relève en luttant contre mes courbatures et jette un dernier regard au contrebas que j’ai bien failli toucher. Nous atteignons l’objectif de la journée heureusement sans autre mésaventure mais, là encore, tout ne se passe pas comme prévu … et je ne parle même pas de l’état de mon corps ou de mes muscles qui continuent à tressaillir et me font un mal de chien même à l’arrêt.

Freida, nous montrant la grotte dans laquelle nous ferons halte jure entre ses dents en y entrant avant d’en ressortir rapidement. Les uns à la suite des autres, nous y entrons et au lieu d’une grotte effondrée sur elle-même, c’est un cadavre qui se dévoile à nos yeux curieux.
Ni une ni deux, à peine les derniers arrivés, Sibelle a déjà les doigts sur le cadavre. C’est un humain, vraisemblablement un Wotongoh à en croire la couleur de sa peau ; un humain complètement nu, adossé à une paroi, complètement congelé. Nul équipement, fourrure, sac ou matériel ne traîne dans la grotte.
Faëlis et Cromax s’affairent à leur tout tandis que Arkalan est déjà prêt à accueillir n’importe qu’elle menace d’une flèche. Je regarde par-dessus mon épaule et vois Freida le nez en l’air et les yeux scrutateur.

Je sors de la grotte, observe les alentours sans trop m'éloigner sur le sentier par lequel nous irons demain et les flancs des falaises qui nous dominent ; l’esprit traversé par mes pensées, centrées sur le fait qu’une créature n’a que faire des habits ou du matériel utiles aux bipèdes que nous sommes ; alors c’est le mage, peut être, si nous l’avions empêcher de voler du matériel en arrivant sur place ; ou autre chose.
Les yeux occupés ailleurs, je demande à Freida :


« C’est une chose à laquelle vous vous attendiez ? Cela peut être les maraudeurs des Phalanges qui se seraient éloignés de leur territoire ? »


((Surveille les alentours de la grotte à la recherche de traces ou présence d'un ennemi, d'indice ou d'objet sur le sentier et les parois proches.
Continue aussi à surveiller la présence de la chouette.))

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Ezak
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Ezak » sam. 6 août 2022 20:26

Le lendemain nous nous risquâmes à prendre l’assaut les parois escarpées de la Faille. Sans peur et décidé à prendre mes responsabilités, je prends la tête de la file juste derrière notre guide. Cette fois, je n’ai pas vraiment le temps de me laisser aller à mes pensées. La dangerosité du passage exigeait une concentration telle que je n’avais pas le loisir d’être transporté mentalement vers mes patries.

Ici, bien que l’évolution se faisait moins aisé, tirant sur les muscles tendus sur la durée, je trouvai tout de même cette partie du voyage ensoleillé et à l’abri des intempéries de ces derniers jours plus agréable mentalement. Ce passage me rappelle un autre plus ancien, celui de l’ascension vers la Citadelle, sur l’Ile volante, avec Karz, Sirat, Eliss, Aenaria, Guasina où je n’avais pas caché mon plaisir de voir ce gros lourdaud de Marg Erith se briser la jambe. Un souvenir qui malgré moi, me tira un léger sourire. C’était malgré tout une période heureuse, sans contrainte et responsabilités autres que celles de faire assez d’argent pour vivre, avant que mes problèmes commencent avec le service forcé d’Oaxaca. En fin de compte peut-être que cette âme aventurière que je jugeais morte existait encore quelque part en moi.
Le voyage se fit donc sans péripéties, si on oubliait le fait que Madoka avait faillis tomber en contre-bas. En tête de troupe je ne le vis pas, mais elle avait reçu l’aide nécessaire pour ne pas perdre la vie.

Lorsqu’enfin nous pûmes nous reposer dans le renfoncement de la montagne pour la nuit, nous eûmes le désagréable surpris de trouver un mort congelé. Encore… Sauf que cette fois l’individu avait la peau sombre et était nu. Je doutais que c’était par choix, bien que les locaux dussent avoir une résistance au froid que je méconnaissais. Quelques-uns des nôtres allèrent vers lui. Par reflexe lorsque je croisais un cadavre je sortis Mongoor de son fourreau et guetta la couleur de la lame pour prévenir une présence nécrotique.

« Je tiens à vous rappeler qu’on a possiblement un ennemi capable de réveiller les morts. Redoublez de prudence et par pitié débarrassez-nous de ce corps une fois que vous aurez finit. »

Ces mots dits je me dirigeais vers l’extérieur de la grotte ou notre guide et Madoka étaient déjà présents, moi aussi venant guetter tout signe étrange avant de m’adresser à la guide.

« Peut-être que vous n’avez pas été mis au courant mais…les vôtres, ceux qui ont fini comme lui dans votre hameau. J’ai vu leurs âmes, ils accompagnent le mystérieux mage de la brume que j’ai rencontré avec Sibelle.»

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Gamemaster6
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Re: Les Monts Eternels (Partie Sud)

Message par Gamemaster6 » dim. 7 août 2022 12:33

L'Aube d'un hiver sans fin


Chapitre 2 : Un lieu sans pitié ni repos.


La présence d’un corps au sein même de ce refuge alarma, et à juste titre, les aventuriers. Craignant une attaque via un quelconque accès depuis l’intérieur de la caverne, Faëlis dû rapidement se rendre à l’évidence : aucun autre accès que celui par lequel ils étaient arrivés n’existait. La grotte ne faisait que quelques mètres de profondeur et il put rapidement en faire le tour, ne décelant étrangement aucune trace de combat d’aucune sorte qui aurait pu expliquer la présence de ce corps.

Sibelle, elle, décida d’examiner le corps. Rien sur ses bras ou son torse ne pouvait apporter une quelconque réponse quant à sa mort récente, mais elle put voir que le malheureux avait visiblement son lot de cicatrices plus ou moins anciennes zébrant son corps en de nombreux endroits et des signes évident d’engelures aux extrémités. Rien ne ressortit du collier qui n’était pour elle qu’un assortiment d’os finement ouvragés, mais elle put remarquer deux trous à la base de sa nuque, comme si on le lui avait percé violemment. Difficile de dire si cela était la cause de sa mort car aucune trace de sang n’était visible. A sa question, seul Hereld répondit, Andreï semblant visiblement à bout de force.

- Difficile à dire. Le froid naturel peut tout aussi bien tuer que le froid magique. Ce pauvre hère est peut-être là depuis des semaines, qui peut savoir ?

Cromax, pensant à un subterfuge créé par la magie de glace, se mit en tête de réchauffer le corps et, si cela pris quelques minutes, l’effet fut sans appel et le corps commença à ramollir, sans pour autant prendre vie, probablement au soulagement de tout le groupe. En revanche, il put apercevoir un effet qu’il n’avait sans doute pas envisagé : une petite bosse se forma sur son torse, se déplaça rapidement de quelques centimètres avant de disparaître comme si elle n’avait jamais existé.

Dehors, Freida observait les alentours, notamment la falaise à pic qui s’étendait sous eux, ainsi que les hauteurs. Peut-être craignait-elle que quelque chose ne les prenne par surprise au beau milieu de ce désert de glace ? Elle jeta un rapide coup d’œil à Madoka et n’eut pas besoin de réfléchir à sa question plus de quelques secondes.

- Non, je n’avais pas envisagé ça. Cela n’a guère de sens à mes yeux, je ne vois pas qui se risquerait jusqu’ici… enfin à part nous. Les phalanges évitent l’intérieur du massif, elles sont généralement plus actives autour, les conditions sont bien plus vivables, donc il y a plus d’opportunités. Qui que soit cet individu, je doute qu’il soit arrivé là par hasard ou seul et c’est ce qui m’inquiète. Nous ne sommes sans doute pas les seuls à arpenter le massif.

L’Ynorienne, qui observait elle aussi les alentours, n’eut semble-t-il pas plus de chance que sa guide, ne trouvant rien de probant. Aucune trace particulière et nulle chouette n’était visible dans les environs. A vrai dire, Rien ne bougeait si ce n’était un peu de neige transporté par le vent qui soufflait entre les monts. Arrivant sur ces entrefaites, Ezak s’attira un regard scrutateur de Freida suite à sa confession. Elle ne dit mot pendant quelques secondes, mais se détourna pour fixer ce qui semblait être le pic le plus haut du massif.

- Merci de me l’avoir dit. Vous devriez rentrer, la nuit va tomber.

L’obscurité descendait en effet rapidement au milieu du massif et les aventuriers allaient devoir décider quoi faire du corps et de la façon de s’organiser pour la première d’une longue série de nuit au milieu des montagnes. Tout était calme pour le moment, mais cela allait-il durer ?


***

Récapitulatif des bobos et actions:

Ordre du groupe:
<-Cromax qui se la pète en volant->
Freida - Ezak - Faëlis - Sibelle - Hereld - Andreï - Madoka - Arkalan

Prévenez-moi de tout changement entre les majs, que je... maj ?

Je vous laisse voir entre vous pour l'organisation pour la nuit, tour de garde et tout ce qui va avec. Enfin, si vous considérez qu'il y en a besoin, évidemment. Peut-être que c'est inutile. Peut-être pas. :D


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