La Plaine aux Herbes Hautes

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Yuimen
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La Plaine aux Herbes Hautes

Message par Yuimen » ven. 5 janv. 2018 13:23

La plaine aux herbes hautes

Image


Directement à la sortie d'Eniod se trouvent ces plaines aux plantes sauvages. Hautes d'une bonne cinquantaine de centimètres, les herbes qui poussent là sont indisciplinées et il est presque aussi difficile d'évoluer dans la plaine que dans la forêt dense. Heureusement, de multiples sentiers existent, permettant de rejoindre la forêt, le temple, et bien d'autres petits lieux se trouvant dans cette zone intermédiaire entre la ville et la forêt dense.

En général, tout y est relativement calme, même si l'on n'est jamais à l'abri par les temps qui courent de croiser quelques espions Shaakts venus observer les allées et venues des militaires d'Eniod...

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Jorus Kayne
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Re: La Plaine aux Herbes Hautes

Message par Jorus Kayne » ven. 3 avr. 2026 15:34

X.9 L’appel du marais perdu.

X.10 Le refus du retour.


Si le voyage vers Eniod ressemble à mes précédents déplacements, je ne peux réprimer une légère angoisse. Je n’ai pas remis les pieds à Eniod depuis des années. J’avais déjà fui mon passé en prenant la mer et, à mon retour, j’ai dû faire face à mon plus vieil ami, qui m’annonçait la mort de la jeune femme dont j’étais amoureux. Une fois encore, j’ai fui, et bien des événements se sont accumulés par la suite.

J’ai affronté de nombreuses menaces, des dangers que nul n’oserait imaginer, en particulier les plus récents. Pourtant, un nœud terrible me serre le ventre, grandissant à mesure que nous approchons de notre destination. Comme si je sentais que le destin attendait mon retour. La vie et la route que nous empruntons nous guident pourtant sur des sentiers bien étranges, aux détours inattendus.

C’est sans doute ce que j’affirmerai plus tard, car notre voyage subit un contretemps. Les sindeldis ne l’avouent pas immédiatement, mais une avarie du cynore les oblige à s’arrêter en cours de route. Ne pouvant faire halte au sein de la Sororité de Selinae en raison des conflits avec les hommes présents, le vaisseau s’immobilise non loin de Belsia.

Ils ignorent encore combien de temps l’appareil sera indisponible et, ne voulant pas entacher leur réputation, annoncent prendre en charge le trajet de Belsia jusqu’à Eniod. Il en va de même pour moi, bien que je n’aie rien payé. Malgré tout, un sentiment de sérénité m’envahit à l’idée que mon arrivée à Eniod est retardée. Un sentiment qui se renforce lorsque je retrouve Don Fradid et ses deux hommes armés.

« Sieur Kayne ! » Hurle-t-il dans ma direction, alors que je me trouvais auprès d’un sindel pour la fin de mon voyage.

M’excusant auprès de ce dernier, je vais à la rencontre du trio.

« Sieur Kayne, c’est le destin qui nous réunit ! Vous qui souhaitez vous rendre à Eniod, le marais n’est qu’à un petit détour. Les dieux eux-mêmes en ont décidé ainsi ! »

« Pour avoir une idée de ce que font les dieux, je doute que cela fasse partie de leurs plans » Fais-je à moitié amusé, l’autre moitié repensant à l’observateur de monde.

« Qu’importe, appelez cela comme vous le souhaitez. Vous avez la possibilité de vous joindre à notre excursion, et votre voyage vers Eniod n’en sera que légèrement plus long. J’ai bien noté que le marais a éveillé votre curiosité. Qu’en pensez-vous ? » Déclare-t-il en ouvrant grand les bras pour m’accueillir.

J’hésite un instant. Ma faéra ne semble pas apprécier cet homme. Pourtant, si parcourir cette région attise ma curiosité, c’est surtout la perspective de retarder mon arrivée à Eniod qui me pousse à accepter sa proposition.


X.11 Aux portes du marais.

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Jorus Kayne
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Re: La Plaine aux Herbes Hautes

Message par Jorus Kayne » sam. 18 avr. 2026 15:19

X.14 Le protecteur du Marais.

X.15 Cicatrices visibles et invisibles.


Les jours qui suivent sont durs à vivre. En voulant me prendre le bijou de mon père, le protecteur du marais m’a laissé un autre souvenir : une entaille peu profonde sur la poitrine, mais qui a eu le malheur de s’infecter. C’est ma veine. J’ai d’autres blessures à soigner, mais c’est surtout psychologiquement que la guérison est dure.

D’une part, mon égo souffre d’avoir été dupé de la sorte, mais avoir été trahi par des individus en qui j’avais tissé des liens et une certaine confiance me fait mal. La seule chose qui me remonte un peu le moral est ce que j’y ai appris : ne pas faire confiance au premier venu et essayer de toujours envisager qu’on me berne, ne serait-ce que pour prévoir un coup à l’avance.

La seconde leçon, conserver le secret sur mes capacités ou me rendre moins habile que je ne le suis. Mes fouets ont été ma carte maîtresse dans ce qui s’est déroulé. Sans eux, je n’aurais pas survécu à l’assaut des afrythons et encore moins à mon affrontement contre mes soi-disant camarades. Si Laïné m’avait poussé au duel, j’aurais peut-être perdu plus rapidement face à eux. Dans cette éventualité, si un jour je dois affronter un adversaire qui ne souhaite pas ma mort, mais juste évaluer mes techniques pour mieux les contrer, il serait préférable de ne pas montrer l’étendue de mes capacités.

Alors que je foule à nouveau les hautes herbes vertes de la grande plaine, deux chemins s’offrent à moi : rentrer à Belsia et probablement croiser les Sindeldi, à qui j’ai refusé de continuer de voyager pour, au final, me faire avoir comme un con, ou éviter de toucher encore plus à mon égo et continuer ma route jusqu’à Eniod, comme il était convenu à l’origine.

(Partir à Eniod ? Dans ton état ? Sais-tu combien de jours à pied il te reste avant d’arriver en lieu sûr ? Parce que oui, la route ne sera pas si simple. Eviter la faune locale, d’éventuels brigands, cela demande des ressources physiques, morales et, entre le sommeil que tu vas devoir restreindre, les vivres qui, je le rappelle, vont te manquer parce que non prévus dans le plan et les blessures à soigner, dont une qui s’infecte, ton petit égo passe largement loin en termes de priorité.)

Finalement, je décide de prendre la route de Belsia. D’une part, le style de mes équipements est drastiquement différent, mais cela me permet, et c’est là l’argument principal de ma décision, de faire cesser le discours moralisant de ma faéra.

(N’empêche, j’ai raison !)

Je prends la direction de l’est, marchant dans les hautes herbes, le soleil brûlant mon dos. Mes pieds me font un mal de chien lorsque j’aperçois enfin les murs de pierre de la cité. Un peu plus au nord, la silhouette du cynore se découpe sur l’horizon.

(Je pense que je vais bifurquer par le sud, moi.)


X.16 Aux portes de Belsia.

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