Syelsa proposa d'essayer de leur parler. Izel eut une moue dubitative :
« Au vu de leurs dernières interactions, j'ai peur que la discussion ne soit aps une option... »
L'elfe n'insista pas. Le woran, de son côté, proposa :
« On peut infiltrer le camp par le côté Ouest, les rochers nous cacherons d'une éventuelle sentinelle. Une fois à l'intérieur, on les neutralise, en silence si possible. Et on les capture. il faut qu'on comprenne ce qu'ils veulent »
Izel hocha la tête :
« Tentons ça. »
Le groupe se glissa subrepticement vers l'ouest. Izel faisait bien attention à poser les pieds aussi doucement et prudemment que possible. Malgré tout, elle fit rouler quelques pierres à un moment, et retint son souffle. Aucun son, il n'avaient sans doute pas été repérés. Ils reprirent donc la marche jusqu'à arriver en position. La jeune femme jeta un regard vers le campement qui était maintenant à leur niveau. Il ne semblait pas y avoir plus de monde. Peut-être même moins... elle aurait dû les compter ! Elle fit un signe à Fanaga qui hocha la tête. Puis, elle se tourna vers Syelsa et forma avec les lèvres, sans émettre un son :
« On attaque à ton signal. »
L'elfe semble perdue. Décidément, l'art de la guerre lui est bien étranger ! C'est Fanaga qui intervient, proposant qu'ils se séparent tandis que Syelsa reste en arrière pour les couvrir.. Izel hocha la tête en commença à se glisser sur la droite, pendant que le woran passait par l'autre côté. Il ne fallut pas longtemps avant qu'elle repère une femme qui se tenait un peu plus loin. Elle se glissa silencieusement dans son dos... et la vit se retourner d'un coup vers elle ! Sans réfléchir, Izel donna un coup du manche de sa lance et l’assomma.
De l'autre côté, elle vit Fanaga faire de même, mais lui aussi avait failli se faire avoir. Ils réagissaient vite ! Trop vite...
(Quelque chose ne va pas...)
À ce moment là, un cri d'aigle retentit... et les tzantak surgirent des grottes. Les cavités étaient trop petites, mais ils étaient tous en forme animal ! Il s'étaient cachés ! Ce qui voulait dire qu'ils étaient préparé à leur attaque depuis bien avant qu'ils arrivent sur site.
Ils avaient été piégés.
Une antilope repris forme humaine devant la jeune femme et frappa de sa hache. Izel bloqua le coup du manche de sa lance et le repoussa, avant de darder de la pointe pour le tenir à distance. Elle avait plus d'allonge, mais c'était son seul avantage. Un avantage qui ne tiendrait pas longtemps alors que d'autres affluaient de toute part !
Izel perçut un mouvement derrière elle. Un homme armé d'une lance Fondait sur elle ! D'un mouvement réflexe, elle bascula en arrière pour éviter la pointe, mais celle-ci s'ajuste vers elle... et elle n'était plus en position de manier son arme !
(Huarakoatli, je vais finalement te rejoindre...)
La pointe darda sur elle... avant de se soulever brutalement, traçant un sillon rouge sur son visage ! L'homme avait été soulevé par un étau de boue. Sylesa était intervenue ! Mais du même coup, elle avait attiré l'attention, et plusieurs tzantak se ruaient sur elle, arrivant par derrière. Plus loin, Fanaga, qui croisait le fer avec deux adversaires en même temps cria :
« Par ici ! Dos au gouffre ! »
Cela semblait de prime abord une mauvaise idée... mais dans leur situation critique, sans position de replie, Izel compris qu'ils n'avaient pas de meilleur option. L'ayajpak se releva et se précipita vers l'elfe pour s'interposer entre elle et ses agresseur. Elle darda de sa lance avec au cri de « Shoratmakra ! ».
Elles reculèrent toutes les deux, pas à pas, jusqu'à se retrouver les pieds dans le cours d'eau, la cascade grondant derrière elle. Mais Fanaga n'était pas avec elles : les assaillants avaient compris qu'il était le plus dangereux et avaient concentrés leurs forces sur lui. Malgré tout, les deux jeunes femme étaient en difficulté : un énorme gorille brandissant une hache balayait l'air devant elles, profitant de l'allonge de ses longs bras, tandis qu'un aigle guettait une occasion pour frapper. Et elles ne pourraient plus reculer bien longtemps...
Syelsa tendit alors la main vers elle :
« Tu me fais confiance ? »
« Euh... quoi ? »
C'est sur cette réflexion hautement spirituelle d'une Izel dépassée par la événements que l'elfe des bois la saisie et la tira en arrière. Le temps qu'elle réalise ce qui se passait, l'ayajpak percutait l'eau en contrebas !
Elle se débattit du mieux qu'elle pouvait. La natation ne faisait pas partie de son cursus d'apprentissage ! Le courant l'emportait et elle faillit percuter une pierre. Se déportant au dernier moment, son talon heurta douloureusement quelque chose. Elle voulut crier mais se contenta de boire la tasse. Au dernier moment, une main, qui l'avait lâchée sous le choc, la ressaisie et la tira. Crachant de l'eau, Izel se fit hisser sur la berge par la magicien. Elles étaient sauvées.
« M... merci... »
C'est alors qu'elle vit que Fanaga manquait à l'appel. C'est la mine sombre et sans ajouter un mot qu'elle partie chercher du bois pour préparer un feu, et chercher un abris qui permette de disperser la fumée. Elles avaient besoin de chaleur pour ne pas tomber malade... mais surtout, Izel avait besoin de ne pas penser à la défaite cuisante que le groupe venait de subir.
Le Bois aux Aiguilles
- Izel
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- Syelsa
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Re: Le Bois aux Aiguilles
Le Grand Saut
Sous peu, il faut repartir. Izel et Fananga joignent leurs efforts pour retrouver et suivre la piste laissée par les shamans. Je dois avouer que je me contente de le suivre et d’écarter les branches qui gênerait notre progression au sein de la forêt. Je sens bien qu’Izel est tendue par la situation, à serrer sa lance de cette manière. J’ai l’impression que tout ça la touche bien plus qu’elle ne le veut le laisser paraître. Y-a-t-il un lien entre elle et ses fameux belandar qu’elle n’a pas exprimé ? Je vois mal pourquoi elle nous cacherait une telle chose, mais, après tout, on se connaît bien peu. Notre conversation, la nuit précédente, m’a laissée songeuse, mais je n’ai pas l’impression d’avoir vraiment compris là où elle voulait en venir. Et je ne pense pas que ce soit el bon moment pour le faire. A la voir ainsi, concentrée, mieux vaut que j’attende un moment plus propice. Et puis, rien ne l’oblige à s’ouvrir, après tout.
J’en suis là de mes réflexions quand je sens le terrain changer légèrement. Le sol terreux recouvert d’aiguilles de sapin et de racine devient peu à peur une mosaïque de roches et de pierres. Le sol devient plus vallonné et une colline se profile. J’entends distinctement le son sourd d’ne cascade percer à travers les troncs et le feuillage. Sauf que la traque devient difficile avec ce terrain rocailleux, mais Izel est persuadée que c’est bon signe, au contraire. Ils ne doivent pas être loin. Fananga n’objectant pas, j’imagine qu’il est d’accord avec elle. En trouvant un ruisseau, l’idée se renforce encore davantage. Nous remontons alors le cours d’eau pour déboucher près d’une crète d’où je peux enfin apercevoir la fameuse cascade que je perçois depuis plusieurs minutes déjà. Un très joli coin où il serait agréable de méditer, à mon avis.
« Ils ont vraiment bien choisi leur emplacement... J'en compte cinq... mais difficile de savoir combien ils sont vraiment. »
Les shamans ont visiblement eu la même idée et j’avoue comprendre pourquoi, d’un point de vue mystique. Mais en voyant les deux autres, j’imagine que c’est plutôt le côté stratégique et défendable du camp qui importe. Je suis bien loin d’être dans mon élément, quand il s’agit de ça. Isqua me forme à être une gardienne et une protectrice des forêts, pas une magicienne qui combat pour l’argent, la gloire ou le genre de choses qui échauffent tant d’esprits. Mais même une gardienne doit savoir se battre, pour protéger sa forêt. J’ai si peu eu l’occasion de le faire que ce n’est pas encore ma première pensée, en voyant el camp qui se dresse près du cours d’eau.
« Peut-être qu'on peut essayer de leur parler ? »
« Au vu de leurs dernières interactions, j'ai peur que la discussion ne soit pas une option... »
J’aurai dû me douter que ce serait la réponse. Je n’insiste donc pas. Il va donc falloir les combattre, mais ils sont plus nombreux que nous et je ne suis pas spécialement formée pour ce genre de choses.
« On peut infiltrer le camp par le côté Ouest, les rochers nous cacherons d'une éventuelle sentinelle. Une fois à l'intérieur, on les neutralise, en silence si possible. Et on les capture. il faut qu'on comprenne ce qu'ils veulent »
Colehtë semble d’accord avec le plan de Fananga. Je suis donc el mouvement en essayant de faire le moins de bruit possible. Eux sont si silencieux, malgré leurs armes, que c’est presque comme s’ils n’étaient que des spectres sans existence tangibles. Moi, je dois faire attention à chacun de mes pas. mais ça a l’air de fonctionner, parce qu’aucun cri d’alerte ne sonne dans le camp. Nous en faisons donc le tour et les deux autres observent el camp un moment. Sans doute pour compter et situer les sentinelles. Colehtë a bien parlé d’anfractuosité qui pourraient être des cachettes, mais elles sont petites, selon Fananga, donc cela reste peu probable. Je me contente d’attendre en m’immergeant dans la senteur familière des pins. Puis, Izel se tourne vers moi.
« On attaque à ton signal. »
Moi ? j’admets être surprise, sur le moment. Pourquoi moi ? Mon air incrédule semble amusé mon ami Woran qui propose alors une solution qui me convient bien mieux.
« Je vais à gauche, Izel à droite. Syelsa, tu vérifies que personne n’arrive dans notre dos. »
J’acquiesce, bien moins inquiète à l’idée de m’assurer qu’ils restent entiers que par celle d’être aux commandes. Ce sont eux les combattants, pas moi. L’infiltration commence alors et je reste à bonne distance pour surveiller. Tout a l’air de commencer de la meilleure des façons, car chacun d’eux assomment une sentinelle. Des sentinelles quand même très réactives, à se retourner comme ça sans qu’Izel ou Fananga ne fassent de gestes ou de bruit. Pus un cri d’aigle retentit. L’alerte ! Des ombres sortent alors des animaux. Des shamans sous leur formes totem ! Tout ça était un piège ! Bien vite, les deux autres sont submergés et je dois intervenir.
Je saute en contrebas et envoie un pilier de roche sur un des shamans qui menaçait Sorno Silva, mais c’est Colehtë qui est le plus en mauvaise posture. L’un des shamans l’attaque dans le dos. Je me concentre et parvient de justesse à l’enserrer dans un étau de boue, l’empêchant de blesser la jeune femme. Mais les choses se compliquent très vite et je suis obligée de dresser un autre pilier de roche quand d’autres shamans foncent vers moi. Ils sont trop nombreux et il n’y a que de la roche ici, impossible d’appeler la forêt à l’aide !
« Par ici ! Dos au gouffre ! »
Je ne réfléchis pas vraiment et écoute les conseils de Fananga. Mais, une fois au bord du gouffre, notre situation n’est pas vraiment plus reluisante. Surtout que seule Izel m’avait rejointe. Aucune trace de Fananga. Je le cherchais des yeux, mais les shamans nous encerclaient. Un gorille jouait de la hache tandis qu’un aigle, dans le ciel, cherchait le bon moment pour piquer. Je l’aperçois enfin. A genoux deux humain le tenant en respect avec leurs lances. Os regards se croisent. Je lis un mot sur ses lèvres et pince les miennes. Je comprends. J’acquiesce et il ferme les yeux, comme s’il savait son heure venue. J’ai envie de l’aider, mais je nous sais impuissantes, dans l’état actuelles des choses. Une flèche me frôle, entaillant la peau de mon cou et je décide d’agir.
« Tu me fais confiance ? »
je tends la main vers Izel qui me fixe sans comprendre. Pas le temps. Je la ceinture et saute… droit dans la cascade. Le choc en contrebas me coupe le souffle et je lâche sans le vouloir la jeune femme qui se fait emporter aussitôt. Je la suis et l’observe se débattre. Elle ne sait pas nagr. Je m’empare de mon amulette et en appelle aux racines des arbres proches qui ralentissent un peu l’ayajpak pour que je la rattrape. Je saisi son haut et m’agrippe à une racine qui se replie pour me tirer hors de l’eau, Izel à ma suite. Une fois sur el berge, je m’étends, le souffle court et une frustration nouvelle enflant en moi.
« M... merci... »
Je lui souris faiblement et l’observe se mettre en branle immédiatement, à chercher du bois et un abri. Je souffle un peu et la rejoint pour l’aider. A voir sa mine sombre, je préfère ne rien dire et attendre que nous soyons au sec pour parler d’aller sauver Sorno Silva. Même si je n’ai aucune idée de comment faire une telle chose.