Likhranen, petite ville d'exploitation de minerais.

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Yuimen
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Likhranen, petite ville d'exploitation de minerais.

Message par Yuimen » jeu. 4 janv. 2018 20:40

Likhranen, petite ville d'exploitation de minerais

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Après la fondation de l'empire souterrain des nains, le besoin de ressources brutes telles que les minerais n'a cessé d'augmenter. C'est pourquoi les nains ont conquis chaque filon des montagnes et y ont construit des mines allant de la plus petite à la plus grande de toutes : Mertar.

Du fait de leur conquête des filons, beaucoup de villes naines sont nées autour de l'exploitation. C'est l'exemple de Likhranen, mine de quelques 580 exploitants, sans doute la plus grande mine active en dehors de Mertar. Lors de l'exode, les principaux relais entre Likhranen et Mertar ont été désertés, faisant du transport des minerais sur le Col Blanc, quelque chose de difficile et d'approximatif.

Likhranen ne produit plus que du fer, mais un fer d'une incroyable résistance et d'une qualité exemplaire, du fait du mélange avec un petit filon de tungstène qui s'est opéré dans les entrailles de la terre il y a de cela plusieurs millions d'années. La mine produit beaucoup, mais exporte peu à cause de la difficulté à voyager que présente le Col Blanc. Cela fait du fer de Likhranen un métal rare et coûteux dans tout le continent de Nirtim

Si on demandait à un nain à quoi ressemble Likhranen, il répondrait que c'est une fourmi à côté du mastodonte qu'est Mertar. Mais cette mine reste une ville chaleureuse, qui accueille toute personne ayant été assez courageuse - ou assez folle - pour emprunter le Col Blanc à la recherche d'un abri. De l'extérieur, Likhranen est une porte de pierre surmontée d'un gigantesque système de poulies et de treuils permettant le levage des matériaux extraits, et de cinq cheminées de pierre. Ce sont justement ces cheminées qui font la spécificité de Likhranen. En effet, un réseau complexe permet d'apporter de l'eau potable aux trois-cents soixante douze galeries souterraines de la mine: La chaleur du sous-sol monte dans cinq cheminées d'un mètre de diamètre pour cinq mètres de haut et fait fondre l'épaisse couche de neige et de glace éternelle. L'eau ainsi récupérée s'écoule le long des cheminées et est recueillie par une bassine en anneau au pied des cheminées, qui alimente la tuyauterie de la ville.

Si l'envie vous prend de venir visiter Likhranen, et que vous n'êtes pas un nain des mines, votre visite se limitera à une demi-douzaine de galeries seulement car peu sont balisées et vous risqueriez de vous perdre dans le reste, qui est un véritable labyrinthe.

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Fafnir Forgeclaire
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Re: Likhranen, petite ville d'exploitation de minerais.

Message par Fafnir Forgeclaire » jeu. 3 juin 2021 19:18

Au cœurs des blanc cols
Métal, sang, neige et roche
Le son du cor résonne et s’envole
L’ennemi s’approche.

Brandgin le Barde ; extrait de «Le Cor de Stanrock »

T’as encore fini à la taverne. Rien d’étonnant après une journée à piocher le métal et la roche. T’en es pas spécialement fatiguée, mais t’as bien besoin d’un petit remontant. Les pieds sur la table, ta chope à la main, tu t’égosilles pour qu’on t’apporte à boire. Tu reçois qu’un vague signe de la main du patron, mais ça te suffit. Il te connaît bien vu le temps que tu passes ici. Belegar est juste en face de toi, en train de lisser sa grande barbe rousse, le regard un peu perdu. Ça te fait grogner et tu tapes du talon pour attirer son attention. Depuis qu’il s’est entiché de sa donzelle, il a changé, et ça ne te plait pas du tout.

- Si c’est pour tirer une gueule de zelion, tu pouvais rester chez toi !

- Va te faire foutre…

- Elle va être jalouse si tu réserves ses doux mots juste pour moi.

Tu ricanes face à son regard noir et reposes les pieds au sol alors qu’on t’apporte enfin de quoi remplir ta chope. Ce que tu t’empresses de faire, et de refaire après l’avoir vidée une première fois d’une traite. Tu lâches un soupir de satisfaction en t’essuyant la bouche avec ta manche. Tes yeux se lèvent au ciel quand t'aperçois ton compagnon de beuverie siroter la bière qu’il a l’habitude d’enfourner aussi vite que toi.

- Oh bordel, crache le morceau ! J’ai pas envie d’passer une mauvaise soirée parce que mossieur Belegar tire la gueule.

Il reste muet, ce qui t’énerve encore plus. La journée se termine à peine et t’as vraiment autre chose à foutre que rester là à le regarder se lamenter. Se lamenter de quoi en plus ? T’arrives pas à comprendre ce qui peut bien lui passer par la caboche. Lui qui était tout pédant l’autre jour, le voilà aussi misérable que si on lui avait dit qu’il risquait de se faire couper la barbe. Quand enfin il daigne ouvrir la bouche, t’en aurais presque remercié Valyus. Enfin vu la connerie qu’il sort tu l’aurais regretté juste après.

- Fafnir… t’es une naine.

- Waaaah… Putain, tu me l’avais jamais faite celle-là. Jusque là t’as tout bon ouais. Tu vas me demander si je sais parler aussi ?

- Sois sérieuse deux minutes ! Je veux dire que tu dois savoir ce qui pourrait lui plaire non ?

Tu le fixes comme s’il était soudainement devenu un demeuré avant de prendre quelques rasades de bière. Il te fallait bien ça pour occuper ta bouche au lieu de lui balancer quelques bonnes vannes un peu lourdes à la figure. Quand tu reposes ta chope, il te fixe toujours et tu grognes.

- Tu m’emmerdes, Belegar... Qu’est-ce que j’en sais ce qu’elle aime ? T’as qu’à lui fabriquer un bijou, elle doit forcément aimer ça, non ? Une broche ou je ne sais quel autre bidule qui brille.

Comme s’il avait soudainement eu une révélation, son visage semble s’illuminer et il se lève en prenant sa chope pour la vider d’une traite. Tu le regardes poser brutalement la chope sur la table avant qu’il ne lève les bras en l’air et ne se mette à gueuler.

- Je vais l’épouser !

Tes oreilles bourdonnent alors que toute la taverne se met à hurler pour encourager Belegar qui se rassoit avec un sourire triomphant sur le visage. T’arrives pas à savoir si ça t’énerve ou si t’es ravie pour lui. Probablement les deux, mais en tout cas tu grinces quand même des dents, pour la forme. Surtout face à son fichu sourire narquois. Tu sais déjà ce qui va suivre.

- Et toi alors ? Tu vas épouser qu…

- C’est mon poing qui va épouser ta tronche si tu continues à dire des conneries.

T’aimes bien Belegar, mais il a tendance à t’emmerder un peu trop avec ça à ton goût, ces derniers temps. Sous prétexte que lui a trouvé enclume à son marteau, voilà qu’il faudrait que tu trouves toi aussi. Quelle connerie. Au moins il a la décence de ne pas insister et de payer la prochaine tournée de bière. Pas la meilleure disponible à ton avis, mais tu te plains pas trop, ça reste de la bière naine quand même. Tu vas pas t’éterniser, pour une fois, donc tu finis rapidement ta chope. T’es supposée aller voir ton Throngrink. C’est lui qui te l’a demandé alors que tu partais à la mine. Ça aurait été ton père, t’aurais probablement râlé et serait arrivée en retard pour la forme, mais pas avec ton Throngrink. Tu finis donc pas te lever et déposer quelques pièces à l’intention du patron. Belegar prend un air étonné.

- Et bah ? On se ramollit.

- Mon Throngrink veut me voir ce soir.

T’as un sourire en disant cela et ton comparse de beuverie hoche la tête, semblant comprendre. Lui sait que t’as du respect pour les anciens, bien plus que les autres. Il te salue simplement alors que tu sors de la taverne et retourne chez toi, la musique s’estompant peu à peu pour laisser place au bruissement des torches et brasero et aux bruits de tes pas qui résonnent dans les galeries. T’entends peu à peu le bruit de la forge de ton père. T’es pas vraiment étonnée qu’il travaille encore à cette heure, c’est un bourreau de travail après tout.

- Ah tiens, tu rentres pas en titubant ce soir ? On devrait marquer ce jour d’une croix blanche.

À peine le pied posé dans la maison, voilà que ton frère vient t’emmerder. Tu renifles dédaigneusement face à son air suffisant. T’as jamais pu le blairer celui-là. Le fils prodigue, toujours à lécher les bottes de votre père pour obtenir ses faveurs et, pire que tout, à vraiment y parvenir. Tu le dépasses sans lui accorder autre chose et passe par la pièce principale où ta mère discute avec une de tes cousines près de l’âtre. Elle t’aperçoit, t’offre un sourire.

- Il est en bas, il t’attend.

Tu hoches la tête et continues ton chemin, descends une volée de marche jusqu’à finalement tomber sur ton grand-père. Sa longue barbe blanche tressée et décorée d’anneaux et de nattes touche presque le sol alors que son visage touché par les âges se tourne vers toi. Ses yeux, du même vert que le tien, semblent toujours pétiller quand il te voit. Tu as toujours été sa préférée, même si cela se résumait à recevoir une petite tape sur la tête là où ta fratrie ne recevait rien. Se levant du tabouret sur lequel il était jusque-là assis, il lisse les plis de sa tenue, puis sa barbe avant d’ouvrir une porte derrière lui et de prendre la torche qui est accrochée au mur. Sa voix, grave et caverneuse, te fait étrangement frissonner.

-Suis-moi.
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Fafnir Forgeclaire
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Re: Likhranen, petite ville d'exploitation de minerais.

Message par Fafnir Forgeclaire » mer. 9 juin 2021 18:46

C’est la première fois que tu mets les pieds dans cette partie de la demeure familiale. Les couloirs et escaliers te semblent anciens. Tu fronces le nez en sentant une toile d’araignée s’emmêler contre ton bras et tu te demandes ce que vous venez faire ici, de tous les endroits possibles ? Ton grand-père ne t’a rien dit depuis sa demande de le suivre, et tu te demandes depuis un moment ce qu’il peut bien avoir en tête. Il s’arrête si soudainement que tu le heurtes presque. Tes yeux suivent ce qu’il montre du doigt. Une fresque, gravée à même la roche. Tu observes les bas-reliefs. Tu peux y voir une bataille, un mariage, un nain couronné, toute sorte de scènes sous lesquelles un texte est écrit dans l’ancienne langue de ton peuple. Tu as déjà bien du mal à parfois déchiffrer certains textes, alors tu n'essaies même pas de traduire quoi que ce soit, tournant plutôt le regard vers ton aïeul.

- Nous, les Forgeclaire, sommes un clan ancien, peu à peu oublié par la volonté de l’un de nos chefs, il y a de cela plusieurs siècles. Mieux valait être oublié pour survivre. Ceci raconte notre histoire. Le moment venu tu en prendras connaissance. Nous ne sommes pas là pour ça ce soir. Viens.

Sans un mot, tu le suis, te détournant de la fresque pour fixer le dos voûté devant toi. Une porte s’ouvre en grinçant et tu pénètres à sa suite dans une petite pièce. Il allume quelques torches tandis que tu observes la pièce. Ton regard atterrit aussitôt sur l’impressionnant marteau qui se trouve au centre. Impressionnant car il est plus grand que toi. Il semble vieux, abimé, mais tu le fixes comme si un trésor s’était soudainement dévoilé sous tes yeux.

- Prends-le, Fafnir, si tu en es capable.

Tu n’hésites même pas. Tu te frottes les mains, les frappes une fois l’une contre l’autre en avançant vers l’objet. Tu t’en saisis à deux mains et le soulèves. Son poids te surprend et tu manques de partir en arrière. Tu grognes, te stabilises et le tiens fermement avant de le fixer. Tu t’attendais à quelque chose de plus. Tu ne sais pas vraiment quoi. Peut-être un effet magique, une marque quelconque, un petit jeu de lumière. Tu te tournes vers ton aïeul qui n’a pas bougé, bras croisé. Il grogne un contentement.

- Ce marteau est notre héritage. Notre fondateur l’a porté, et ses descendants après lui. J’en étais le dernier possesseur, maintenant il te revient. Ton père et tes frères n’en ont pas été dignes, aussi tu auras le devoir d’être sa porteuse. Lorsque tu seras prête, il t’appartiendra complètement.

Tu es émue, sans vraiment le cacher ou l’accepter. Tu poses les yeux sur le marteau. Il est vieux. Le manche est recouvert d’un cuir tellement usé qu’il s’effiloche. Tu peux voir le métal noirci et oxydé par endroit et ce qui devait être de magnifiques décorations faites de métaux précieux semblent avoir été depuis longtemps ternies par le temps. Mais tout ça ne t’intéresse pas, non. Tout ce que tu as en tête, c’est que ce grand marteau est le tien. Un sourire ravi éclaire ton visage. Tu n’as qu’une envie, l’essayer et tu fouilles la pièce des yeux. Seul un coffre est présent et ton aïeul s’en est déjà approché. Tu fais de même, posant le manche de ton marteau sur ton épaule d’un air presque nonchalant. Il pèse quand même son poids ce truc. Sans se retourner, tu entends ton grand-père te parler.

- Tu comptes toujours partir, n’est-ce pas ?

- Bien sûr ! La vie ici, ce n’est pas pour moi.

- Dans ce cas, ceci est aussi pour toi. Je n’ai rien de mieux à t’offrir, mais c’est un début.

Du métal au vu du bruit. Tu poses le marteau sur le sol, le bruit sourd résonnant contre les parois rocheuses. Il te présente une armure complète. Une armure naine, ancienne elle aussi, mais bien lourde comme ceux de ton peuple aiment. Là encore, tu n’hésites pas et tu prends une à une les pièces. Seule le plastron et les protections de bras te vont, mais c’est un début. Tu roules des épaules une fois la lourde armature enfilée, saisit ton marteau et pose à nouveau le manche sur ton épaule, contrebalançant le poids de la tête en appuyant avec ton bras sur le manche. Une moue appréciative se peint sur ton visage tout comme sur celui de ton aïeul. Un même sourire de connivence est échangé entre vous, c’en est presque adorable.

Tu empaquettes tes nouvelles possessions et remontes à la suite de l’ancien, l’excitation quelque peu redescendue, mais toujours présente. Ça pulse en toi, t’adores ça. Pourtant la vision de ton paternel, bras croisés, qui t’attend en haut te fait grincer des dents. Pour ton plus grand plaisir, cependant, ton grand-père met fin immédiatement à ce qui allait être une discussion houleuse. Un simple regard de sa part et tout semble être entendu. Tu ne comptais pas t’éterniser inutilement, mais avec la mine de ton père, t’as encore plus envie de quitter les lieux. Ta mère, elle, se montre plus conciliante, part se démener pour te préparer ton sac comme si tu avais encore dix ans. Tu lâches un soupir exaspéré, mais le léger sourire qui se forme sur ton visage trahit tes vraies pensées. Vous papotez un moment quand tu la rejoins pour préparer tes affaires. Ton frère, lui, est aux abonnés absents. Tu ne t’en portes pas plus mal.

Ton sac prêt, tu cèdes à la demande de ta mère de rester au moins cette nuit. Tu en profites pour saluer toute la famille, exception faite de ton frère et de ton père, le dernier n’ayant toujours pas digéré que tu quittes ainsi la ville, le premier s’en fichant complètement. Tu laisses un message pour Belegar. Tu l’avais prévenu de toute façon, il sait que tu n’attendais que ça, de partir, il ne sera pas surpris. Il parlait de t’accompagner, à une époque. Ça t’avait plu sur le coup, mais aujourd’hui, tu préfères partir seule. Et puis il a quelqu’un qui le retient ici de toute façon. Alors lorsque tu te réveilles, un large sourire sur le visage, tu prends tes affaires sans attendre, t’emmitoufles pour affronter le froid du dehors, et te diriges vers la porte, les yeux brillant d’excitation.
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