Plaines de Kôchii

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Maâra
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Maâra » ven. 10 sept. 2021 14:50

La bête éternelle est là, immense et imposante ; toujours en train d’incanter son funeste sortilège. Sous sa queue gisent des dizaines de peaux vertes. Et sa présence irréelle est le fond d’un tableau tout aussi improbable. Déesses, Dragons, une armée silencieuse sous une neige surnaturelle, des généraux rassemblés mais désunis ; et au premier plan, les aventuriers, ces êtres uniques si dérisoirement singuliers ici même.

Que viennent donc t-ils faire ici, survivants d’une telle hécatombe ; que peuvent-ils entreprendre contre l’incommensurable. Tant et si peu à la fois, ils ne sont que la somme de leurs particularités.
Oaxaca règne en maître, le Dragon noir domine le présent et leur futur.


Lorsque son groupe arrive enfin sur place, elle balaye la zone de son regard froid et déterminé. Parmi tous ces inconnus, elle aperçoit les deux dragons déjà aperçus de loin, l’argenté et le doré ; et réalise enfin l’étendue et l’ampleur de ce qui se passe ici ; l’inéluctabilité de l’instant. Et pourtant, nulle peur, nulle terreur ne se devine parmi les adversaires des deux éternels.
Les yeux rivés vers le Dragon, elle entend sans écouter le sous-fifre de la Déesse noire lui rapporter sommairement des faits de trahison ou d’acte de guerre ennemi, dont elle prend acte et prophétise une sentence mortelle. Deux alliés à leur cause tentent de prendre à parti tous les présents ; œuvrant à faire ouvrir les yeux des moins fanatiques sur les actes impardonnables de Oaxaca, ils ne reçoivent que raillerie et fatuité de celle-ci.

Une voix pourtant lui fait quitter le Dragon noir des yeux, et reconnaît à la description qu’on lui a faite de lui Karsinar le sanguinaire, dont les yeux rouges assassinent sa cheffe suprême. Ivre de rage, il s’oppose à elle, lui refusant le droit de se vanter d’avoir ôté la vie de tant des leurs, des braves et des valeureux dont ni elle ni son dragon noir n’avaient le droit de sacrifier impunément. Le premier des Treize à ne point lui obéir aveuglément, tel un pantin, le premier des Treize à connaître son courroux. Il s’effondre en arrière, frappé par un souffle noir puissant. Plusieurs personnes courent à son secours, dont Azra qui profite de la diversion pour les rejoindre.

Et à ses côtés, Tobias fait un pas en avant et tente lui aussi, de manière éloquente, de faire entendre raison aux généraux sur la véritable nature de leur Déesse et sa réelle légitimité en tant que reine et cheffe de guerre … et s’il ne reçoit guère de réponses franches des dits généraux, à moins de vouloir finir comme Karsinar ; Oaxaca, elle, le toise d’un regard assassin, preuve s’il en faut que le jeune humain a vu juste.

Puis, les mots s’accélèrent, chacun prêche pour sa croyance ou sa logique ; d’autres finissent par rejoindre l’armée grise de Brytha, stationnaire depuis plusieurs minutes, et un dernier tente lui de convaincre tout le monde de tourner le dos à Oaxaca pour combattre officiellement cette armée grise et la Déesse qui la commande, en vain. Le serviteur bavard de la reine noire, lui, parvient à occuper plusieurs alliés, les occuper ? Les distraire ? Ou leur faire perdre du temps ?


Maâra, restée silencieuse, observe les runes dans les paumes de ses mains. Peut-elle en vouloir à tous ces guerriers d’avoir perdu la tête en même temps que tant des leurs, peut-elle leur en vouloir de préférer la diplomatie à une mort certaine ? Elle, n’a sans doute pas le même rapport à tout cela que tous ici ; ce qu’elle entend, plus que les harangues, c’est le grondement du Dragon. Tout cela n’est qu’un moyen de gagner du temps, nul besoin de généraux loyaux, nul besoin de fanatiques saccarifiables, nul besoin d’armée … elle l’a lui !

Elle observe les runes, déterminée et abattue à la fois quand, soudain, les choses s’accélèrent. Elle se concentre, occulte les cris et les bruits. Dans ses mains, une chance infime, ridiculement dérisoire mais le temps n’est plus de savoir s’ils ont une chance de gagner cette guerre qui n’en a plus l’apparence ; encore moins de faire valoir son droit à vivre comme elle l’entend ; le temps est aux dernières chances, aux derniers espoirs, aux dernières prières. Elle prie Phaitos de lui accorder cette chance de sauver les âmes prisonnières du Dragon Noir, de sauver les âmes des vivants.

Dans son poing droit, elle active la rune Tel ; dans son poing gauche elle fait de même avec la rune Aob. Dans son esprit, un jet de lumière se forme, projetant son éclat et sa vitesse sur le Dragon Noir. S’il reste une infime chance que les âmes ne soient pas détruites, elle doit essayer de les sauver, ne serait-ce qu’en mettant fin à l’incantation ; en son for intérieur, elle préfère un futur où les vivants auront à craindre la colère de milliers de spectres, plutôt qu’un futur où les âmes volées des braves ne connaîtrons que le néant.

« Même vous êtes indigne de ces âmes … TEL AOB » Hurle-t-elle au Dragon Noir en priant pour qu’enfin cesse cette hérésie.


((hrp : activation de deux runes jet et lumière : avec la capa maître des runes : elle vise le dragon avec un jet de lumière pour tenter de stopper le sortilège en cours de préparation.))
Maâra _-_ Sindel _-_ Nécromancienne _-_ Maître des Runes
Ceux qui pensent que les morts appartiennent au passé, ne savent rien du futur.

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Jorus Kayne
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Jorus Kayne » ven. 10 sept. 2021 21:04

Errant au milieu d’un cimetière jamais égalé, je me dirige vers les quelques survivants les plus proches, aidé par un hurlement à déchirer le cœur. Au moins, celui-ci provient d’une petite gorge humaine et non d’un grognement de garzock. Je m’approche en gardant mes mains sur les manches de mes lames, jusqu’à ce que je remarque qu’il y a là Xël, accompagné d’un homme au sol. A mon approche, ce dernier va craindre de ma présence, avant de finalement comprendre que je ne suis pas un ennemi. D’un signe, Xël m’invite à approcher davantage, ce que je fais sans piper mot, par respect pour le maigre moment de recueillement. J’ai de la peine pour cet homme qui semble avoir perdu gros durant avec l’intervention du dragon et au plus profond de mon être, j’espère qu’Oranan a été épargnée par cela. L’heure devrait être à prier les morts, mais une armée menaçante en face nous en empêche.

Une minute de concentration plus tard, Xël nous ouvre un de ses portails, qui nous mène jusqu’à plusieurs individus. Andelys et du Val se tiennent prêts au combat en nous voyant arriver subitement. Ils entourent une jeune femme en armure, casque au sol, pleurant les trop nombreuses pertes de son peuple : la princesse Satina. Xël s’approche d’elle et essaye de la convaincre de retourner à Kendra Kâr par l’un de ses portails. A mon tour, je m’approche d’elle d’un pas lent et pose un genou à terre pour lui parler face à face.

"Vous devriez l'écouter ! Nous n'avons pas besoin de Satina la guerrière, en revanche le peuple kendran a, plus que jamais, besoin de sa princesse en ces temps si sombre ! Le laisser pas le chagrin dicter vos actes et d'aller au devant du danger. C'est notre rôle à nous !" Je m'arrête un instant avant de poursuivre. "Plusieurs des lieutenants d'Oaxaca sont morts. En nous réunissant, nous pourrions atteindre le dragon. Notre place est ici, à tenter l'impossible. La vôtre, est de vous assurer qu'aucun usurpateur ne prendra la relève de votre frère. Je ne suis pas kendran, mais vous voir vous battre en compagnie de vos soldats, me suffit à placer mes espoirs en vous."

La jeune femme est en plein tourment. Tandis que son visage, rougi par les larmes, exprime une profonde tristesse, ses poings sont serrés et son regard envers Oaxaca et son dragon emplie d’une colère profonde.

"Je ne fuirai pas lâchement ce cimetière où les miens sont morts. Je mourrai avec eux si Gaïa le veut, ce n'est que devoir de ma part. Je leur dois, à tous. A chacun."

La tâche est visiblement ardue, mais par ces simples paroles, elle vient de gagner mon profond respect. De son côté, le guerrier qui était aux côtés de Xël à mon arrivée, s’inquiète si les soldats présents représentaient la totalité de l’armée et Andelys lui confirme qu’il y a bien une armée de protection, en plus des défenses de la ville. Cependant, le gros de l’armée se trouvait ici. Ce à quoi, son interlocuteur va parler assez fort pour regonfler le morale des survivants.

"Tout n’est pas terminé ! Nous avons encore nos terres, nous avons notre peuple, nous avons nos murailles et ses défenseurs, et encore tout ce qui le maintient uni." Puis désigne l’armée nouvellement arrivée, avant de revenir à la princesse. "Nous avons encore des alliés même s’ils ne le sont que de circonstances ! Nous avons encore l’héritière légitime pour maintenir la stabilité de notre peuple. Vôtre Altesse. Vous rappelez vous ce que je disais tantôt ? Je souhaite que vous régnerez longtemps sur notre peuple. Aujourd’hui nous avons la preuve qu’il aura plus que nécessairement besoin de vous. Notre armée de campagne a disparu, mais ce ne sont pas les armées qui fondent une patrie. C’est son peuple, ces personnes restées derrière et ceux-là auront besoin de vous pour ne pas perdre espoir, pour rester unis. Ils ne verront pas revenir leur Roi, ils ne verront pas revenir un seul de leurs frères, de leurs fils, ou de leurs parents partis à la guerre. Ils devront se raccrocher à quelque chose et cette chose, c’est vous. Mon devoir est de vous rappeler que vous m’avez dit tout à l’heure, que vous serriez là pour votre peuple. Vôtre Altesse… c’est maintenant. Je vous ai sauvé la vie deux fois, et je ne demande aucune récompense pour cela. Oubliez mon anoblissement, oubliez de laver mon nom. Je veux que vous quittiez ce champ de bataille et que vous nous laissiez faire. De notre peuple laissez-nous être ses lames, et vous soyez son bouclier."

"Nombre de souverains devraient prendre exemple sur vous princesse. Le monde n'en serait que meilleur !" Je m’interromps le temps d'une respiration avant de reprendre. "Avant d'engager de nouveau le combat, sachez que nous avons transmis un rapport important à votre frère. La mission qui nous a envoyés aux ruines de Nayssan s'est révélée... fructueuse, en un sens. Nous avons été en mesure de convaincre Herle Krishok, de ne pas être présent au combat d'aujourd'hui. En échange, nous devions transmettre au roi Solennel, de revoir sa position concernant les êtres possédant des fluides d'ombres. De personnes au sein même de votre peuple, subissent un traitement particulier, parce qu'ils sont nés avec des fluides d'ombres. Nous avions eu une audience avant la bataille et il devait prendre une décision après cette bataille. Cette décision vous revient désormais princesse et j'espère que vous resterez en vie, car d'autres personnes possèdent bien moins d'ouverture d'esprit que votre défunt frère." Je m'arrête un moment avant de reprendre. "Reparlons-en lorsque tout sera fini, mais s'il m'est impossible, kiyohehiki le dragon d'or d'Ynorie, le valeureux soldat Tobias Artes, ainsi que la jeune Yliria au cœur de feu, seront tout aussi disposés pour vous exposer la mission que nous avons menée et l'accord conclu avec le nécromancien. Grâce à lui, les elfes ont été davantage épargnés contre l'armée des morts ! De grâce princesse, restez en vie !"

"Je n'aime pas que l'on se batte pour moi sans que je sois moi-même présente. Mais vous avez raison. Je dois la vie à mon peuple, qui ne verra pas la Mort venir vers lui sans que je le soutienne." Finit-elle par concéder, avant de se relever. "Mais si aujourd'hui je n'irai pas au combat, je resterai témoin de celui-ci. Pour raconter l'horreur ou le brio. Pour prévenir ou féliciter. Pour Savoir." Puis elle se tourne vers moi et reprend. "Pour que vos risques ne soient pas vains, et qu'un avenir puisse exister."

Tandis que la voix de Faëlis se fait entendre, se dirigeant vers une archère, face à la résignation de la princesse, Xël va proposer d’envoyer à Kendra Kâr quelqu’un de confiance. Il désigne un homme qui s’enfuit : le Comte Ybelinor. Celui-ci apparaît au travers d’un portail et chute salement au sol, dans mon plus grand plaisir. Après avoir regardé autour de lui, il va hurler d’une voix de jeune fille effarouchée.

"HIIIIII ! Mais mais... Mais où suis-je ? Que s'est-il passé ? Princesse ? Princesse, courez donc vous mettre à l'abri !"

" Qui est ce couard ? Il couine comme un porc." Demande le camarade de Xël, dont je commence à apprécier le jugement.

"Evitez de le traiter de porcs voulez-vous ? Ce sont de nobles animaux comparés à ce connard de la pire espèce. Ca ? C’est le comte Ybelinor ! Il possède un talent tout particulier pour se faire haïr en ouvrant simplement son claque-merde ! Mais je vous préviens, il y a une file d’attente particulièrement longue, si vous souhaitez lui exprimez vos sentiments. Cependant, je ne vous savais pas une telle aptitude à la course, comte et dépourvu du sens d’orientation. Le dragon se trouve de l’autre côté d’où vous vous dirigiez ! Où sont passées votre grande arrogance et votre irritable manière de mépriser, ceux que vous considérez comme inférieur à votre statut ? Est-ce la boue qui les ont lavés, ou l’absence d’une garde rapprochée, qui fait apparaître votre nature profonde devant le danger ?" Je m’adresse ensuite à la princesse, sans pour autant quitter le comte du regard. "Princesse, lorsque je vous parlais d’individu devant prendre votre exemple ou d’usurpateur au trône, c’est précisément de cette ordure que j’avais en tête ! Si vous comptez le renvoyer à Kendra Kâr, je n’ai rien contre, mais pas sans une lame en travers de la gorge, je vous préviens !" Dis-je en dégainant légèrement ma lame de glace.

"Il suffit !" Cria la princesse en nous offrant toute la colère dont elle est capable. "Le Comte Ybelinor est un kendran honorable et un excellent conseiller. Je vous somme de respecter cela. Il sera le porte-parole témoignant de cette bataille désastreuse auprès des citoyens de Kendra Kâr. Il organisera la défense de la cité en notre absence, si nous étions amenés à ne pas revenir." Puis elle se saisit d’une lettre que lui tend Xël, à l’attention de quelqu’un dans sa cité.

(Quoi ? Elle va vraiment laisser partir cette ordure qui filait comme un pleutre ?)

Si le Comte acquiesce à la proposition de la princesse et me lâche un regard plein de haine. Andelys se rapproche de moi et m’éloigne de cette immonde merde, en prétextant que je me trompe d’ennemi. Particulièrement surpris par la réaction de la princesse ; je suis incapable de dire mot dans l’instant. La colère va cependant me monter à la tête avec la description qu'elle en fait du Comte. Je me laisse guider par Andelys qui m'éloigne et remets sa dague en place. Je laisse finalement ma frustration dicter ses mots, lorsque celle-ci me sera incapable à tenir.

"Un honorable kendran ? Depuis quand partir la queue entre les jambes sur le champ de bataille est digne d'éloges ? Quant à ses conseils, si cela n'avait tenu qu'à lui, nombre d'individus n'auraient pas été présents et parmi eux, une semi-shaakt qui a non seulement été particulièrement active, en permettant l'absence du nécromancien, mais elle était également là pour la capture de xenair et la mise à mort de Gadory. Que dire du dragon d'Ynorie ? Un semi-shaakt qui était également présent à nayssan et qui s'est chargé d'un des treize ? Rien n'aurait pu être possible s'il avait été ne serait-ce que plus persuasif auprès du roi. Gardez bien cela en mémoire votre altesse lorsqu'il prodiguera ses si précieux conseils !" Je m'éloigne en soutenant le regard du comte hurlant ma rage. "YBELINOR ! Je vais affronter la mort elle-même pendant que tu iras honorablement te calfeutrer dans ton fauteuil. Prie pour qu'elle m'emporte !"

L'échange avec la princesse m’a particulièrement énervé et c’est d'un pas décidé, que je me rends en direction de la déesse noire. Au beau milieu de l'armée de fantassins, je ne vais pas chercher à la contourner, mais plutôt à passer au travers des hommes. Arrivant au plus près des soldats, je ralentis un peu, guettant si ceux-là m'empêchent de passer. Les autres font de même et me rejoignent jusqu’à atteindre celui qui semble être le meneur de cette troupe.

"Nous sommes les derniers survivants de l’armée kendranne ! Nos intentions sont d’aller nous confronter à la Reine Noire et à son dragon pour quérir vengeance ! Nous aimerions nous entretenir avec l’un de vos représentants, pour obtenir l’autorisation de traverser vos troupes, d’une part et d’autres de connaître vos intentions et votre alignement. Devons-nous vous considérer comme des alliés ?" Demande mon nouvel ami anti-Ybélinor, appuyé par Faëlis.

D’une voix sans aucune personnalité, il va répondre qu’ils ne sont ni alliés, ni ennemis et qu’ils sont présents pour ramener l’équilibre. Ils ne s’opposeront pas à nous tant que nous lutterons contre le même ennemi.

Tandis qu’il répond à Faëlis, qu’il ignore totalement pourquoi les hinïons ont échappé au sort du dragon, sa réponse concernant l’équilibre ne m’enchante guère, pas plus qu’il ne se désigne ni comme allié, ni comme ennemi. S’ils veulent lutter contre Oaxaca et son dragon, la raison paraît bien différente de la nôtre.

"C'est marrant, mais vous entendre n'être ni des ennemis et encore moins des alliés, votre histoire d'équilibre ne m'inspire rien de bon ! De quoi est-il question au juste ?"

Sa réponse me fait plisser les yeux de suspicion.

"Vous verrez."

Le guerrier qui a accompagné Xël, va rire suite à un échange peu fructueux avec l’individu sans émotions et nous regarder.

"Mais pourquoi on y’a pas pensé messieurs ? Réaliser une charge contre nos ennemis avec trois pelés et un tondu. Qu’est ce que nous sommes sots." Puis il reprend à l’attention de son interlocuteur. En le pointant du doigt. "T’es un champion toi !" Finalement, il reprend sa marche et nous invite à le suivre, las de cette conversation stérile.

"En d'autres circonstances, j'aurais tourné votre déclaration en ridicule, mais au milieu de tous ces corps sans vie, je ne suis plus d'humeur. Si vous êtes ici, c'est que vous comptez lutter contre la rouquine et son dragon. Vous comptez vous y prendre comment ? Et dans le cas d'une nouvelle réponse énigmatique, quel rôle pouvons-nous jouer face à une déesse et son monstrueux dragon ?"

"Votre rôle ? Celui de tout héros : Vous sacrifier pour vos idées, et espérer réussir. C'est aussi cela que nous sommes venus défendre."

(Merveilleux ! Moins encourageant, tu meurs !)

J’accompagne les trois hommes qui s’avancent à la rencontre d’un trio venant des troupes d’Omyre. Une petite hinïonne qui prend la parole et plante son sabre au sol, Cromax ainsi qu’un troisième individu, identifié comme étant Aerq. Ces trois-là sont les parlementaires de l’armée ennemie. Une dénommée Hirst, accompagnée de Cromax et Aerq pour parlementer. A leurs présences, le général à l’expression insondable fait une proposition.

"Parlementer ? Alors voici nos conditions : Faites revivre les soldats abattus par votre Dragon, désavouez ce dernier et terminez cette bataille avec honneur. Car voici le seul équilibre acceptable."

Cet équilibre ne semble pas être du goût du guerrier inconnu qui va identifier l’hinïonne comme étant la régicide et hurle de venger le roi en s’attaquant à elle. Etrangement, sa réaction est de ne rien faire. Elle lève les bras et semble murmurer quelque chose. Xël est dans le même esprit de revanche et use sa magie sur Aerq. Même si mon état n’est en rien calme, entre tous ces morts et mon échange houleux avec la princesse, je suis du même avis que Faëlis, qui refuse d’engager le combat avec des parlementaires.

"Je suis d'accord avec Faëlis et heu...machin là !" dit il en pointant l'invisible. "Le vrai problème c'est Oaxaca et le dragon, pas ces trois guignols." Puis je porte son attention sur cromax, curieux de le voir dans le camp ennemi après l’avoir sauvé des griffes des nécromanciens. "Ca valait la peine de vous sauver la vie finalement ! Pourquoi un tel revirement ?"

Je n’aurais pas ma réponse. Hurlant son refus de voir la femme plantée de part en part par les lames du guerrier, Cromax se dresse et reçoit les coups à sa place. Dans le même temps, la puissante magie de Xël touche violemment Aerq qui se fait repousser en arrière et finit dos au sol.

"Non... Il faut... Il faut qu'on rassemble nos forces contre... Contre Oaxaca. Ne vous abandonnez pas à la haine. Aerq... Aerq est des nôtres."

Alors que Faëlis use de sa magie sur Cromax, il demande de plus amples explications. Ce n’est pas tous les jours que des hommes d’Oaxaca se liguent contre elle. Alors que Xël et son camarade se lancent dans de longs discours, je me dirige après m’être remis de l’intervention de Cromax vers Aerq pour observer son état. On ne sait jamais avec les hommes d'Oaxaca, ils sont capables de tous. En chemin, je tiens à m'adresser également au sindel, sur un ton légèrement sarcastique.

"C'est une manie chez vous de vous mettre systématiquement dans ce genre de situation ? Combien de fois allons-nous devoir vous sauver la vie aujourd'hui ?"

Mon intention est menaçée par la dénommée Hirst qui brandit sa lame dans ma direction, avant de porter son attention sur l’homme qui a voulu la tuer.

"Attaquer une femme désarmée en qualité d'émissaire te retient de donner des leçons d'honneur, on ne peut dispenser ce qu'on ne saurait posséder, idiot. Vous ne valez pas mieux que ceux que vous jurez de détruire. Mais tu as sans doute raison E-zzz-ak. Tu es le seul au monde à avoir souffert. A avoir changé. Le seul ! L'unique homme sous le soleil. Et... vous savez quoi... vous êtes fous. Alors désormais, je vous laisserai gérer avec la folie. La mienne. Ca te fera un petit air de déjà-vu. Sinistre connard. "

L’elfe semble être prise de spasmes étranges, mais garde tout de même ses lames pointées sur Xël et E-zzz-ak. Pleurant des larmes noires, sa voix se fait différente, plus rude et parle d’une manière plus étrange, plus noire et sa gestuelle renforce une impression de démence qui vire de plus en plus à l’aliénation.

"Ezak Carcasse. Tu es venu voir notre Dragon ? C'est trop d'honneur que tu nous fais. Oooh un tel invité de marque, je me demande si la Reine sera aussi excitée que moi. Vous voulez un petit secret ? Ma jumelle est venue ici pour pourparler et tenter de libérer les Généraux de leur allégeance à Oaxaca pour leur rendre leur libre-arbitre car elle soupçonne ce pacte avec la Reine Noire indestructible... Mais vous ne remarquez pas. Notre présence n'est plus nécessaire. Nos vies fauchées comme les blés par des créatures Divines comme ces deux Êtres qui se regardent en chiens de faïence. Et maintenant je m'en fiche... Parce que comme vous, le monde est rempli d'horribles personnes qui n'en valent pas la peine."

C’est Cromax qui tente de calmer la situation, après avoir reçu des soins.

"Aerq était pour que l'on se ligue contre Oaxaca. Car nous aurons besoin de tous les guerriers, mages, assassins, archers disponibles si nous voulons avoir une chance de la déstabiliser. Il... il aurait pu être d'une grande aide, si vous aviez mis votre rancœur de côté."

Il se rapproche ensuite de moi, qui vois une très faible lueur de vie, dans un regard déjà loin parmi le royaume des morts. Armé de sa rapière, il l’enfonce dans la gorge d’Aerq pour mettre fin à ses souffrances.

"Tu ne seras plus jamais à sa merci."

Regardant le Sindel mettre fin à la vie d’Aerq, après avoir expliqué son désir de se battre contre Oaxaca, je lui referme complètement les yeux. Puis je manipule son corps au sol dans une position plus décente pour un mort. Les bras croisés sur son torse et ses armes en main.

"Tu as certainement dû commettre nombre de méfaits au service de la déesse noire, mais si ton souhait était de te libérer de tes chaînes, j’irais planter la déesse noire à ta place !"

Cromax porte ensuite son attention sur Hirst, ou sa version démente.

"Quant à toi : montre-toi digne de la confiance que je te donne. Omyre a un avenir, mais celui-ci se passera d'Oaxaca et de son dragon meurtrier. Combats avec nous."

A ces mots, le général de la déesse Brytha déclare qu’il est temps d’agir. Faëlis de son côté se défend des propos tenus par nos propres compagnons d'armes. Il termine en me remerciant de comprendre que c'est unis que nous devons agir. Je le regarde brièvement pour acquiescer ses propos de la tête et reporte mon attention sur ce monstrueux dragon que nous devons terrasser.

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Relonor
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Relonor » ven. 10 sept. 2021 21:30

Alors qu’il regarde les nouveaux évènements d’un œil inquiet, il se retourne vers les elfes et la menace qu’ils imposent au seul soldat d’Omyre encore debout. Il abaisse son bouclier et présente sa lame, pommeau en avant pour que l’un d’eux vienne la saisir. Cette fois-ci, nul traquenard, ni entourloupe ne se trame dans son esprit. Relonor est seul devant une armée, la commandante suprême venant d’abandonner ses troupes et son animal se préparant à mettre fin à toutes vies présentes. Le shaakt est vaincu.

"Je me rends ! Je n'ai te toute façon, aucune raison de suivre une reine qui n'a que faire de ses propres hommes." Déclare-t-il.

La générale arrive jusqu’à lui, accompagné d’un elfe armé d’un arc. Cette hinïonne qui lui a échappé, se présente devant lui, accroissant le sentiment d’humiliation qu’il sent depuis qu’il s’est déclaré vaincu. Pourtant, loin de le tuer ou même de savourer cet instant, elle lui propose de s’unir aux elfes blancs pour lutter contre la déesse noire. Cela lui fait ouvrir les yeux de surprise comme jamais. Son acolyte enchaîne qu’il n’est jamais trop tard pour acquérir la sagesse, puis il termine, en menaçant l’elfe noir de recevoir le même châtiment que Gadory en cas de traîtrise.

(Gadory a été tué ? Et par ce minable bien propre sur lui ? Regardez-le moi, il est tout propre, pas un pet de saleté ou de blessure ! Comment est-ce qu’il aurait tué Gadory ce vantard ?)

Il reporte ensuite son attention sur sa générale et lui demande si elle compte joindre ses hommes aux nouveaux venus tous gris. Il cherche à savoir l’identité par le biais de l’hinïonne et craint qu’ils ne pointent ensuite leurs lames sur eux. Relonor profite d’un léger moment de réflexion pour revenir à la saugrenue proposition de la générale.

"J'ai abattu nombre de vos frères et sœurs, nous avons tous deux croisé le fer et pourtant, après vos propos concernant les shaakts, vous le proposez de pointer ma lame sur la reine noire ?" Il balaie du regard les elfes blancs. "Il m'est pratiquement certain que nombre de vos hommes voudraient voir ma tête rouler au sol, a commencé par cette soldate qui m'a forcé à reculer."

(Et j’y pense, les elfes ont survécu, mais pourquoi n’ont-ils pas offert cette protection aux autres races ? J’en saurais peut-être pus sur ma propre résistance !)

Il revient ensuite à la générale, avec cette idée en tête.

"Puis-je même vous faire confiance ? Vous qui avez trouvé le moyen de vous prémunir de ce... ça." Il va balayer les terres désolées du bras. "Pourquoi n'avez vous pas protégé vos alliés kendrans ? Et... pourquoi suis-je moi-même en vie ?"

L’Hinïonne commence à répondre qui ils sont et s’il est possible de les considérer comme des alliés ou des ennemis. Ils sont cependant sous les ordres de la déesse Brytha et cela ne semble pas l’enchanter. Pourtant, face au danger que représente le dragon, ils ne peuvent se permettre de se passer de toute aide possible, même si la méfiance prévaut. Elle porte ensuite son attention sur le shaakt en répondant qu’il était hors de question qu’il rejoigne les rangs des elfes blancs. Il est au mieux, un peu mieux considéré qu’un ennemi, tant qu’il lutte contre Oaxaca et n’entrave en rien l’armée hinïonne. Quant à la survie des elfes blancs, la générale elle-même l’ignore, expliquant pourquoi elle n’a pas été en mesure de protéger ses alliés. Nulles réponses ne satisfont l’elfe noir qui tire un sourire moqueur, à la remarque de l’hinïonne pour lutter contre la déesse seul, de son côté.

"Ma foi, si je me dresse contre elle et que je parviens à rester en vie, il ne me restera plus qu'à trouver un lieu qui ne méprise pas les shaakts, qui ne possèdent aucun fanatiques contre les porteurs de fluides obscurs et qui ne soit pas non plus affilié à un allié d'Omyre ! J'en regretterais presque de ne pas avoir une vie aussi courte qu'un humain !"

Alors qu’il attend la réponse de la femme, c’est l’archer qui surprend l’elfe noir en prétendant apporter son aide au shaakt dans ce domaine. La générale réagit tout autrement. Avec une lueur d’empathie dans le regard, elle confirme les craintes de Relonor en prenant une voix de bourreau.

"Vous avez raison. Nul ne vous acceptera plus." Puis elle dégaine un de ses sabres et continue en fixant l’enchanteur dans les yeux. "Cette vie, je peux y mettre fin pour vous, si vous le souhaitez."

Encore une fois, l’archer se dresse en protecteur de l’elfe noir et propose de laisser une chance au shaakt, qu’il vaut mieux profiter de la vie, car il n’y a rien à tirer à être mort.

(Décidément ! Tous ces elfes sont aussi cons que lui ? J’ai massacré nombre des siens et il continue d’avoir foi en moi ? Quoique, de sont point de vue, ça sera toujours une lame pointée sur le dragon et une cible potentielle pour prendre un coup à la place d’un hinïon ! Mais cette femme…misérable femelle, je t’écorcherais bien si tu n’avais pas toute ton armée autour de toi et un plus grand problème sur les bras !)

"Si cela ne vous dérange pas, je vais suivre le conseil de votre ami." Répond l’elfe noir avec un regard allant du mépris pour la générale, à la curiosité envers l’archer.

Gardant son épée par la lame, le manche tendu vers l’avant, Relonor va finalement la rengainer, puisque les elfes lui en laisse l’occasion. Il s’éloigne de l’armée hinïonne pour fouiller les corps en quête de potions, mais avec la menace des hinïons, mieux vaut ne pas profaner leurs camarades trépassés, surtout à portée de flèche. Il s’éloigne donc en direction des troupes Kendrannes, observant l’hinïon qui l’a défendu, se rendre également au milieu des corps sans vie. Relonor y trouve assez facilement de quoi regagner l’intégralité de son énergie ainsi que son mana et se prend même le loisir de dérober une potion de mana.

(Vous avez raison. Nul ne vous acceptera plus.)

(Vous avez raison. Nul ne vous acceptera plus.)

(Vous avez raison. Nul ne vous acceptera plus.)

Dans l’esprit de l’elfe noir, tout s’embrouille. Qui est-il ? Un simple mercenaire, ou un être recherchant le pouvoir ? Et surtout, dans quels camps se battre ? Lutter pour Oaxaca et prendre le risque de se faire aspirer l’âme, ou se battre contre Oaxaca et ne jamais cesser de surveiller ses arrières ? Dans l’éventualité folle de survivre au dragon et à la déesse noire ! Préférant rester loin des survivants kendrans, l’armée hinïonne, ainsi que les garzocks, il va prendre le large en se dirigeant sur le flanc ouest. Là, il y voit deux groupes de survivants. Un groupe hétéroclite, filant deux hommes qui marchent en direction d’Oaxaca, dont l’un est reconnaissable.

(Perailhon ! Un des treize lieutenants d’Oaxaca. Je suppose que celui qui l’accompagne doit être au moins un soldat d’élite, à défaut d’être un des lieutenants, il n’a pas l’air d’être un subordonné du grand l’amiral !)

Ne sachant quoi faire, ni qui rejoindre, Relonor préfère regarder de loin les deux soldats de confiance de la maîtresse du dragon. Il observe également le groupe qui le suit de près. L’un d’eux prépare une arbalète et vise.

(Dois-je les prévenir d’une attaque ou profiter de l’occasion pour frapper les hommes d’Oaxaca ?)

A leurs côté, un hippogriffe se tient. L’elfe noir se demande bien comment ils ont réussit à dompter une telle bête, jusqu’à ce que la créature se métamorphose en un humanoïde. De sa silhouette et son teint de peau, ça pue l’hinïonne à plein nez.

Un monticule de terre se soulève et l’instant d’après une vague vient emporter les hommes d’Oaxaca et les font tomber comme des dominos, l’un faisant choir l’autre. Dans on imposante armure, le grand amirale Perailhon hurle sa colère.

"BORDEL DE MERDE DE MOUETTE ENRAGEE ! QU'EST-CE QUE C'EST QUE CE FOUTOIR A LA CON !?!"

(Pardon ?)

L’homme qui le suit se relève prestement et s’adresse à leurs agresseurs.

"Arrêtez, il y a méprise. Discutons !"

(C’est une blague ?)

Le groupe d’étrangers s’abrite derrière la petite bute, hurlant des idioties, tandis que l’elfe blanche dégaine ses lames, bien qu’elle soit favorable à une discussion. L’un de ceux couché au sol finit par se redresser et fait tomber un autre dans l’eau poisseuse, dans un cri de donzelle apeurée.

(Mais bordel il se passe quoi ici ? C’est un champ de bataille ou le lieu de rassemblement d’un cirque ?)

Ne sachant quoi faire, ni sur qui taper, Relonor va tourner sa tête vers son élémentaire.

"Lève-moi une armée de squelette !" Ordonne-t-il.

Alors que Perailhon se relève péniblement, celui qui le suit s’adresse aux étrangers. Il explique qu’ils n’ont pas le choix et refuseraient de combattre sans cette obligation, la bataille n’ayant plus de sens. Or, ils ne peuvent se soustraire à l’appel de la déesse noire et c’est cordialement qu’il demande aux intervenants de les laisser la rejoindre.

(L’appel des lieutenants ? Ce pleutre est aussi un des treize ?)

L’amiral fait de nouveau entendre sa voix et sa réaction laisse l’elfe noir dans un état atterré.

"QU'ON AILLE LUI ÉCLATER SA TRONCHE, A CETTE GROSSE PUTE GÉNOCIDAIRE !" Hurle-t-il avant d’être attiré par les nombreux squelettes que Baalsameth vient de lever. "CA VAUT POUR TOI AUSSI, NÉCROMANCIEN !"

La menace de l’amiral et l’attitude des deux lieutenants obscurcie l’esprit de l’elfe noir qui commence à ne plus comprendre. Ne sont-ils pas tous les deux des lieutenants de la déesse noire ? A quel moment attend-on qu’ils réagissent de la sorte ? A moins que ce ne soit qu’un subterfuge. Dans le doute, Relonor ordonne à son élémentaire d’user d’un sort pour accroître la puissance de sa magie et une volute de magie sombre enveloppe la créature.

De son côté, l’amiral s’interloque concernant un étrange lien de parenté entre lui et un des individus. Celui qui l’accompagne, rétorque qu’il était sur le navire de Perailhon pour fuir cet endroit, mais l’appel est trop fort pour qu’il lui résiste. Il se dit être un assassin qui n’a pas sa place en un tel lieu et demande à nouveau de les laisser partir.

(Vous avez raison. Nul ne vous acceptera plus.)

(Vous avez raison. Nul ne vous acceptera plus.)

(Vous avez raison. Nul ne vous acceptera plus.)

(Arrêtez !)

Autour de l'elfe noir, la confusion commence à prendre le pas sur la réalité. Plus que les paroles de la générale hinïonne, c'est sa présence même qu'il voit face à lui. Puis une autre et encore une. C'est presque une armée d'elfes blanches qui sont là, harcelant Relonor, sa nature shaakt et la présence des fluides maudits qu'il a lui-même décidé d'ingurgiter. Tous ces sosies ne cessent de se moquer de lui, l'humiliant inlassablement encore et encore. Plus que la blessure à son entrejambe, c'est au plus profond de son être qu'il commence à se sentir brisé. Comme si la magie du dragon avait ouvert un accès direct à son âme, pouvant le détruire à jamais.

(Vous avez raison. Nul ne vous acceptera plus.)

(Vous avez raison. Nul ne vous acceptera plus.)

(Vous avez raison. Nul ne vous acceptera plus.)

(Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez !)

"Et toi, l'nécro ? Tu fous quoi là à attendre la pluie tomber ? Ramène tes morts, qu'on montre à cette garce qu'elle est tombée sur un os."

L'appel de l'amiral fait disparaître les nombreuses copies de la générale, lui rappelant la scène et le danger dans lequel il se trouve. Relonor ordonne à son élémentaire de stopper ses sorts. Laissant les squelettes tomber en tas d'os, là où ils se trouvent, il se rapproche du groupe, le bouclier baissé et la lame dans son fourreau.

"Evitez de me parler de la sorte, cela m’insupporte ! Vous qui êtes des soldats d'Oaxaca, comment on tue un bête comme le dragon ?"

C’est une éarionne, un étrange rapprochement d’un vague elfe accouplé à un mollusque, qui lui répond.

"Si on en crois la légende, seuls les dieux peuvent vaincre le dragon. Et Oaxaca est une déesse. Nos chances sont minces, mais si nous pouvons au moins les perturber assez pour interrompre le rituel..."
Bois des potions d'énergie et de mana pour être prêt pour le combat, ramasse une potion de clairvoyance et remplit le reste de sa gourde avec des potions de mana.
Modifié en dernier par Relonor le ven. 10 sept. 2021 21:36, modifié 1 fois.

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Faëlis
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Faëlis » ven. 10 sept. 2021 21:32

L'armée peinait à garder la position face à la masse pressante des morts-vivants. Faëlis avait repris son souffle. Il allait falloir y retourner. Tout cela lui donnait presque la nausée, mais il n'avait pas le choix. Quand cette maudite bataille allait-elle prendre fin ?

Et c'est alors que, comme une sinistre réponse à ses prières, le dragon noir piqua et se posa au milieu de l'armée d'Omyre, écrasant ses propres soldats sous son poids. Et même depuis l'extrémité du champ de bataille, le jeune elfe put voir Oaxaca, la déesse noire, la menace qui planait sur le monde, qui se dressait sur le dos du monstre, proclamant triomphalement la victoire de l'ombre.

Le dragon dressa sa gueule féroce vers le ciel, et un grondement sinistre, écho d'une obscure incantation oubliée, retentit à travers le champ de bataille. Que se passa-t-il alors ? Impossible à décrire clairement. Un nuage de ténèbres étranges, un hurlement collectif de milliers d'âmes qui s'élevaient, absorbées par le monstre titanesques. Faëlis sentit une étreinte glacée contre son cœur, alors que les soldats alentours gémissaient de souffrance. La mort. La mort absolue et inéluctable s'abattait sur le champ de bataille. Il tomba à genoux, les mains autour de la tête, tentant d'appeler ses pouvoirs de lumière, rayonnant de toutes ses forces, dans l'espoir de repousser l'ombre, tout en sachant que cela était futile...

Puis, la mort s'éloigna. Autour, l'armée elfique était toujours debout, quoique les soldats semblassent rudement secoués. Faëlis crut un instant que tout allait bien... puis son regard porta vers le reste des armées.

Des armées de Kendra Kâr, de Bouhen et de Shory, il ne restait presque rien. À peine quelques lambeaux éparses. Les alliés d'Omyre avaient aussi été balayés, ainsi que les morts-vivants et même une partie de leur armée... pourtant, ils restaient encore nombreux debout. Bien trop nombreux pour les elfes qui, mystérieusement, semblaient les seuls )à avoir été épargnés.

Alors, le dragon recommença à gronder. Sa fureur semblait plus terrible que jamais. L'émissaire de la mort préparait le coup de grâce...

… et la brume s'éleva. Un silence absolu tomba, étrange et surnaturel, alors que le reste du monde retenait son souffle. Des nuages d'argent emplissaient la plaine, là où s'étaient dressée l'armée de Kendra kâr. Et lorsqu'il se leva, se dressait ici une armée grise, réfléchissant le soleil. Des guerriers, des mages, des hommes-bêtes de l'Imiftil... une armée impensable, impossible, et qui pourtant était bien là...

Dans le ciel, brillait une femme étrange, grise également et réfléchissant le soleil. Telle une déesse, mais pourtant inconnue de l'elfe. Ce ne pouvait être Yuia, ni Rana... alors qui ? Impossible à dire, mais clairement, une nouvelle bataille se préparait...

Sa traînant jusqu'à la générale, Faëlis, encore sonné, lui demanda si elle savait pourquoi leur armée avait été la seule épargnée, mais pour toute réponse, elle assura que l'ombre ne pouvait atteindre la lumière de leur peuple...

Au même moment, un shaakt venait de se constituer prisonnier. Apparemment, il faisait parti de l'armée des morts, mais trouvait l'action d'Oaxaca révoltante. Le jeune homme secoua la tête :

« Mieux vaut acquérir la sagesse tard que de ne jamais l'avoir. Mais s'il y a une trahison cachée sous vos mots, soyez sûr que ma flèche vous trouvera aussi sûrement qu'elle a trouvée le crâne de Gadory. »

Puis il se tourna vers la générale :

« Alors, que comptez-vous faire ? Allez-vous joindre vos forces à ces... guerriers gris ? Savons-nous seulement qui ils sont ? Sommes-nous sûr qu'ils ne se retourneront pas bien vite contre nous ? »

Elle affirma n'en rien savoir, pas plus qu'elle ne savait ce qui les avait protégé. L'elfe secoua la tête, ne sachant que faire. C'est alors que ses yeux se posèrent sur une silhouette isolée, au loin, dans les restes de l'armée de Kendra kâr. Pinçant les lèvres, le jeune homme souffla :

« J'ignore si cette bataille est encore la vôtre, mais si vous souhaitez rester, je pourrais peut-être vous aider. Cependant, avec votre permission, j'ai quelqu'un d'autre à aller voir... »

L'elfe noir se sentait seul et dépassé, estimant qu'il pouvait aussi bien mourir. La générale proposait de le tuer, aussi, Faëlis intervint :

« Laissez lui une chance. Tout le monde mérite une deuxième chance. Il n'y a pas d'espoir dans la mort, shaakt. Profitez plutôt de votre vie. »

Puis, le jeune homme se précipita vers la femme qu'il avait vu. Neolia Natakara. Son ancienne amante était dans la bataille.

Il ne savait pas s'il devait être heureux de voir qu'elle était en vie après ce cataclysme, ou terrifié par ce qui risquait de lui arriver... Il courut jusqu'à elle, arrivant essoufflé et la regardant avec des yeux ronds et un petit chamboulement intérieur. Même si Aliéna avait pris l'essentiel de son cœur, il ne pouvait ignorer totalement sa vieille aventure avec Neolia.

« Neolia ! Neolia ! Par les dieux que faites-vous là ? Et... et... vous êtes en vie, c'est merveilleux mais... »

Il reprit son souffle.

« Ne... ne devriez-vous pas partir ? Le danger est plus grand que jamais, et il semble que les humains ne soient aussi résistants aux maléfices du dragon, bien que la raison m'échappe. Je sais que vous allez dire non mais... »

Il baissa les bras, n'ayant lui-même guère d'argument. Il conclut donc juste par un :

« Ça fait plaisir de vous revoir. »

Pour toute réponse, elle assura simplement défendre sa patrie, se refusant à reculer. L'elfe sourit :

« Alors nous combattrons ensemble jusqu'à la fin. Quelle ironie... Je tâcherais de faire honneur à vos leçons ! Ne vous éloignez pas de moi je vous pris. Ensemble, nos flèches couvrirons nos ennemis. »

Puis, il s'avança vers les restes du camp de Kendra Kâr, ou apparemment, les disputes allaient bon train. Il ne restait que quelques officiers, ainsi que la princesse. Ainsi, le roi était vraiment mort... Mais il vit également avec soulagement la présence de Xël et de Jorus, accompagné de quelques autres individus étranges. Il fit un salut militaire :

« Si vous permettez, je crains que je temps aille contre nous pour les petites querelles. Je suis prêt à vous accompagner dans la dernière bataille, mes compagnons. »


Il ne connaissait pas la moitié des gens présents ici, mais il allait les suivre malgré tout. Xël lui demanda s'il était prêt à prendre sa revanche contre Lorener. L'elfe sourit :

« Je ne raterais ceci pour rien au monde, surtout si c'est aux côté d'un aussi vaillant compagnon ! »

Avisant les restes d'un dépôts de l’intendance, Faëlis y piocha quelques potions pour être sûr d'être prêt. Puis, ils décidèrent de se rendre auprès de l'étrange armée qui était apparue devant eux. Xël, Jorus et un sombre guerrier souhaitaient s'y rendre pour connaître leurs intentions. L'elfe fit donc la révérence à la princesse et à Neoila et les suivi vers l'armée d'argent.

Une fois arrivé, Jorus, qui ne semblait pas réaliser son manque de discrétion, tenta de passer dans leurs rangs, tandis que le guerrier demandait l'autorisation de passer leurs rangs ainsi que leurs intentions. Faëlis l'appuya :

« En tant que représentant du peuple elfique, seule autre force encore ici présente, j'appuie cette demande : auriez-vous l'amabilité de clarifier votre position dans cette bataille ? »

Ils n'eurent guère de réponse à apporter, se bornant à annoncer qu'ils venaient pour combattre. Manifestement, discuter avec eux ne mènerait à rien. Faëlis secoua la tête :

« Faites comme bon vous semble. Je vais suivre mes compagnons. »

C'est alors qu'ils virent approcher un sinistre trio. Un étrange bouffon en faisait parti, et il tenait Cromax en otage ! Il y avait aussi là une elfe qu'il avait déjà vu, il y a longtemps, sur Elysian... il s'agissait donc d'une servante d'Omyre ? Elle ne le paraissait pas à l'époque... En tout cas, ils venaient pour négocier, disaient-il, mais le géant en armure grise l'aspirait qu'à l'équilibre, demandant de faire revivre les soldats et de chasser le dragon, en échange de quoi son armée repartirait.

Il n'y eut cependant pas plus car à cet instant, le guerrier sombre et Xël passèrent brusquement à l'attaque ! Pris de fureur, accusant la femme d'être celle qui avait tué le roi de Kendra Kâr et voulant venger les leurs, il déchaînèrent leur magie !

Aussitôt, Faëlis tira instinctivement ses munitions lumineuses pour se lier à eux, tout en criant :

« Attendez ! Il ne faut point attaquer des parlementaires ! Avez-vous aussi peu d'honneur que les sbires d'Oaxaca ? »

Malgré la crainte qu'il avait pour la situation de Cromax, cela ne lui semblait pas la chose à faire. En fait, cela pourrait même mal finir pour son ancien compagnon en mauvaise posture. D'ailleurs, il en profita aussi pour se lier à ses dernier, prêt à le soigner...

Grand bien lui pris, car l'attaque fut effectivement dévastatrice. Le bouffon fut balayé par le souffle de vent et l'hinïon... fut sauvée par le sindel. Cromax s'était interposé au dernier moment, recevant les épées du guerrier en plein corps. Le cœur de Faëlis s'arrêta un instant. Dans un murmure, l'ancien chef des Amants... annonça alors la mort de la Rose. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Ce guerrier était un membre de l'ancienne guilde ?

Alors que l'humain retirait ses épées, l'elfe invoqua un souffle de Gaïa pour soigner Cromax, tout en lâchant à ses compagnons :

« Voyez ce que vous avez fait ! »

Puis, il demanda à Cromax :

« Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Que comptiez-vous faire ? »

Déjà, les deux soldats, hors d'eux, explosèrent de colère, le couvrant d'insultes, disant qu'il ne savait rien, qu'il n'avait rien perdu... pour la première fois, Faëlis serra les poings de colère, et il dut appeler sa magie de lumière pour se calmer et garder une voix raisonnable lorsqu'il leur lâcha simplement :

« Compte-tenu des circonstances, je ne peux que vous pardonner vos propos... mais ne présumez plus jamais des pertes que j'ai pu connaître. »

Puis, il se tourna vers Cromax et la femme-elfe qui semblait comme délirante, furieuse des paroles des deux soldats qui s'en allaient déjà. Une servante d'Omyre... il n'aimait pas cette idée, mais n'avait guère le choix. Il murmura doucement :

« Ma dame, reprenez-vous, d'autant que je vous ai connu plus courtoise... Si ce n'est pour la vie des autres, battez-vous avec nous pour sauver la vôtre. »

Elle ne répondit que par des mots obscures, aussi obscures que les larmes noires qui coulaient de ses yeux... l'elfe réprima un frisson et s'éloigna.

Puis, se tournant vers Cromax, qui venait d'achever Aerq au sol, il expliqua que leur groupe était prêt à agir contre Oaxaca, même s'ils avaient été avec elle par le passé. Seul Jorus restait, dépité de voir de si sinistres alliés, fermant les yeux du bouffon. Faëlis hocha la tête vers ses improbables alliés :

« Je n'ai aucun amour pour ceux qui ont vendu leur âme à la déesse noire, ce serait hypocrisie de prétendre le contraire... Mais si nous n'unissons pas nos forces pour l'arrêter, alors cela scellera notre perte et celle de bien d'autres. Vous pouvez compter sur moi. »

Et il ajouta :

« Merci Jorus, d'avoir compris cela, toi aussi. Tu es plus sage que d'autres de nos compagnons... »

L'homme hocha la tête sobrement, et ils se mirent en route vers le lieu de la dernière bataille.

(((Ramasse trois énormes potions de mana, un énorme élixir d'énergie, une grande potion de soin et une énorme potion de soin. Bois immédiatement une énorme potion de mana et un énorme élixir de magie)))
Modifié en dernier par Faëlis le sam. 11 sept. 2021 10:06, modifié 1 fois.
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Yliria
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Yliria » ven. 10 sept. 2021 22:11

Cromax put atterrir sans encombre. De petits groupes approchaient çà et là. Je reconnus sans mal certains comme Tal’Raban, ainsi que le traitre humoran à qui je jetai un regard furieux. Il devait jubiler, ce sale type. Ce fut avec une certaine joie que j’aperçus Tobias parmi les survivants, accompagnés de nains et d’autres personnages que je ne situai pas du tout dans tout cela. Il y avait aussi un Garzok qui nous pointa du doigt, sans doute pour nous désigner comme ennemi aux généraux qui le savaient déjà très bien. Comme quoi certains étaient tellement fanatisés qu’ils oubliaient tout sens commun. Comment pouvait-il encore faire confiance à une déesse qui venait de massacrer son peuple comme tous les autres. Plus curieusement, une hinionne s’approcha de nous, provenant du groupe de Tal’raban mais portant l’armure des guerriers elfes aux côtés desquels je m’étais battue. Je hausse un sourcil quand elle désigne Cromax comme son époux mais, celui-ci semblant acquiescer, j’obtempère à sa demande et descend du dragon en compagnie de Cherock qui commente les choix douteux du Sindel. Je me contente de hausser les épaules, peu intéressée par le sujet des ébats et amourettes de Cromax.

- Peu importe…

Cherock se focalisa sur deux autres personnes, deux des généraux que je n’avais pas croisé, Crean et Khynt, que lui avait déjà rencontré. Eux m’intéressaient moins que celle qui se tenait là, vaguement protégée par le même Garzok que j’avais aperçu tout à, l’heure, droite et fière, en conquérante alors qu’elle n’était qu’une cinglée génocidaire.

- Alors c'est ça la "déesse" des exclus ? Un tyran qui ne cherche que la mort et la destruction et se fiche de ceux qu'elle a soi-disant choisi de guider ! Et vous suivez aveuglément un être qui n'a comme projet que de détruire toute vie et toute âme sur cette terre ? Qui vous sacrifiera sans jamais en avoir quelque chose à faire et vous effacera à jamais pour une cause qui ne sert qu'elle et sa folie ?

Je jetai ensuite un regard au nécromant, cherchant brièvement le gentâme du regard, persuadée qu’il nous réservait quelques surprises, lui aussi.

- Et vous ! A quoi vous servirait la mort s'il n'y a plus aucune âme à en tirer ? Dites-moi, nécromant, à quoi servira votre pouvoir dont vous êtes si fier si vous ne pouvez pas en user ? A quoi servira la mort s'il n'y plus la vie pour l'alimenter ? Un monde mort et sans âme, voilà ce que vous offre Oaxaca pour vos bons et loyaux services. Et certains prétendent qu'elle est la solution ? Si vous n'ouvrez pas les yeux maintenant, vous n'aurez même pas la possibilité d'avoir de regrets.

Oaxaca se justifia. Déesse des forts, quelle connerie ! Elle essayait de faire passer ce carnage pour un acte volontaire, mais elle avait tué tellement des siens. Soit elle ne savait pas ce qu’elle faisait et mentait, soit elle était folle à lier. Dans tous les cas, il fallait l’arrêter. Même dans ses rangs, des voix s’élevèrent. Si Tal’Raban sembla approuver ce qu’il venait de se passer, ce n’était pas le cas de Karsinar, littéralement hors de lui. Je jetai un œil à Cromax qui avait repris sa forme elfique. Je comprenais ce qu’il avait voulu dire en parlant de certains des treize. Karsinar est l’un des trois qui pourraient être des alliés. Ce qu’Oaxaca semblât comprendre car un trait de magie le frappa durement, le faisant s’écrouler, provoquant le cri de désespoir de la louve qui l’accompagnait. Une Liykor, m’indiqua Alyah. Je décidai d’agir et vite, en m’adressant à Oaxaca.

- Vous n'avez de considération que pour vous-même, n'essayez pas de faire passer cela pour de la miséricorde ou une quelconque volonté de votre part. Nous avons résisté car nos âmes étaient assez puissantes pour le faire. Mais qu'en sera-t-il quand le dragon lancera à nouveau sa magie ? Qui est supposé survivre sur Yuimen, exceptée vous ? La mort n'est pas un objectif, c'est la fin de tout objectif.


En disant cela, je m’avançai vers le blessé, jetant un regard noir aux autres généraux et ennemis présents. La liykor, visiblement proche du général, me regarde approcher avec méfiance, mais je ne fis que sortir une fiole de ma poche avant de tenter de le soigner avec ma magie, mes mains s’illuminant

- J'espère que cela vous ouvrira les yeux, à tous ! Oaxaca ne sert qu'elle-même et peut lui importe que vous viviez ou non, car elle sera la seule à être debout à la fin et elle régnera sur un monde sans vie et sans âme. Sans partage. Sans aucun d'entre vous !

J’entendis Cherock s’adresser à nouveau aux généraux, appuyant mes propos et mon geste en se postant près de moi tandis que je m’efforçai de soigner Karsinar. La magie opéra bien mieux que je ne l’aurai cru malgré l’arrivée perturbante de ce qui semblait être un nécromancien à en croire le squelette qui le suivait. Je lui offris un regard méfiant, mais lui laissai le bénéfice du doute. Un autre m’avait fait ouvrir les yeux, tous n’étaient pas au service de la déesse cinglée qui se tenait non loin. Ceux qui l’étaient tentaient de se défendre, comme cet humain qui parlait des dieux obscurs et de la mort, ou ce garzok qui justifiait tout ça en se croyant supérieur. Même l’humoran semblait plus réticent, mais restait enfermé dans le même discours face à une menace qui n’existait que dans sa tête. Tobias et Kiyoheiki, chacun leur tour, pointèrent les défauts d’Oaxaca, ce qu’il en coûtait de la suivre. Personne ne s’écoutait, tout cela semblait être vain. Pourtant, j’eus un petit espoir lorsque Karsinar se releva après mon sort qui m’avait étonnée par son efficacité. Il se redressait tandis que la Liykor s’approchait et me tendais la fiole que je lui avais lancé si mon sort ne suffisait pas. Nous n’échangeâmes que peu d mot et un regard, mais je lus sans peine le remerciement dans ses pupilles et eus la certitude que j’avais une nouvelle alliée, sans doute même deux, dans tout cela. Et qu’un Général se retourne contre Oaxaca, ça valait largement la dépense d’énergie que je venais de faire.

La liykor assura qu’elle vengerait son peuple décimé, mais elle semblait être la seule à prendre un parti contre la déesse. Un des généraux, Khynt selon Alyah, assura son soutien, de même que cet humain qui me sembla sorti de nulle part, mais que je fixai d’’air méfiant. Cromas s’éloigna avec l’Hinionne et un des sbires d’Oaxaca portant un étrange chapeau à grelots. Je trouvai tout cela ridicule. Comment pouvaient-ils être si aveugles et stupides ? C’était au-delà de toute logique, de suivre une déesse qui allait détruire le monde.

- Les dieux, vous n’avez que ce mot là à la bouche, mais que savez-vous de ce qu’ils souhaitent, vous qui vous gorgez d’agir selon leurs volontés pour justifier que vous n’en avez aucune à vous car vous préférez qu’on réfléchisse à votre place ? Thimoros ? Phaïtos ? Ils vous parlent dans votre sommeil ? Ils vous envoient des pigeons voyageurs ? Ou bien vous vous êtes convaincus vous-mêmes que vous aviez raison parce que vous ne pouvez pas encaisser la réalité telle qu’elle est ? Vous êtes pathétiques ! Les dieux nous ont laissé ce monde en héritage, ils nous laissent choisir nos vies et vous, vous choisissez de servir celle qui veut détruire leur création et qui bafoue la Vie et la Mort en détruisant les âmes qui auraient dû revenir aux Enfers et au dieu que vous vénérez ? Un peu de cohérence dans vos discours de fanatiques illuminés !

Je fixai le Garzok fanatique avec u air blasé.

- Vermine ? Paria ? Exclu ? Tu penses que les garzoks ou les sekteg ont le monopole ? Te sens-tu exclus parmi les tiens ? Ou bien tu es triste de ne pas pouvoir côtoyer ceux que tu appelles vermine en te montrant outré qu’eux pensent la même chose de toi ? Et tu te soucies des autres parias ? Alors que tu cautionnes qu’ils meurent tous sans raison devant tes yeux en justifiant cela par le fait qu’ils ne sont pas assez forts ? Es-tu idiot ou simplement de mauvaise foi en plus d’être un hypocrite ?

Puis je tournai mon regard vers l’humoran pendant un instant.

- Cromax a raison. Un camp ? Il ne s’agit pas de choisir un camp. Je me bats pour sauvegarder la Vie contre ceux qui la menacent et là, actuellement, la seule menace est celle que tu as rejointes. Va donc te battre contre Brytha si tel est ton désir, humoran, mais ne vient pas nous dire quoi faire. Je ne me bats pas pour Brytha et personne ici ne le fait. Tu dis voir plus loin que nous, mais tu es aveugle à ce qui t’entoure pour penser que nous allons rejoindre une seule des deux déesses qui n’ont rien à faire en ce monde. Tu t’asservis toi-même par ton illogisme, alors ne viens pas nous dire que tu as raison quand tout prouve que tu as tort.

Finalement, je parlai à l'inttention d'Oaxaca.

- Ce monde ne vous appartient pas. Aucun de nous ne vous appartient. Vous n’avez aucun droit sur aucun d’entre nous. J’ai peut-être peur de la mort ou de voir mon âme être détruite par ce Dragon, mais je n’ai certainement pas peur de vous. Aucun de nous n’a peur de vous. Vous êtes juste un tyran de plus sur la longue liste. Il y en a eu avant vous...

Je m’étais préparée à me battre contre eux tous, mais soupirai une dernière fois avant de remettre mon masque et de tirer ma lame que j’enflammai, mon bouclier rejoignant mon autre main, ma magie se mettant en action aussitôt.

-... et il y en aura après vous…

les choses dérapèrent très vite. Après avoir tenté de convaincre Crean de la folie de l’entreprise d’Oaxaca, je vis Cherock commencer à incanter un sort, provoque l’Ire de la bête sans cervelle qui devait faire la risée du peuple garzok par son aveuglement et son fanatisme irréfléchi. J’étais peut-être une gamine, mais je pouvais réfléchir par moi-même sans devoir lécher les bottes d’une pseudo déesse pour me sentir exister. Oaxaca affirma que ce monde lui appartiendrait et que ses ennemis et les faibles mourraient et ce malgré ls efforts des autres présents pour essayer de comprendre. Moi son discours me suffisait. Il fallait l’arrêter, coûte que coûte, ici et maintenant.

- Si divinité légitime il y a, ce n’est certainement pas vous, qui ne faites qu’usurper ce monde pour en faire un champ de ruines et de morts privés de leurs âmes. Vous n’êtes qu’un poison qui doit être extrait de ce monde, pour de bon…

((Lancement du sort : Aura fortifiante Rang 3 sur Karsinar, Cherock et moi-même))

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Xël
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Xël » ven. 10 sept. 2021 23:00

Nous quittons l’intendance pour retrouver le grouper formé autour de la princesse, prêts et déterminés à mettre un terme au danger que représente celle que Ezak nomme la divine catin et son dragon.

« Et toi Faëlis ? Prêt à prendre notre revanche sur Lorener ? »

Dis-je en me tournant vers l’archer. Il parvient encore à sourire tout en précisant qu’il ne raterait ça pour rien au monde, surtout aux côtés d’un si vaillant compagnon. Satina nous mets en garde alors que nous nous éloignons et je me tourne alors vers elle alors qu’Ezak tente de la rassurer en voulant s’assurer de leurs intentions.

« Survivez Princesse. »

Je salue l’état major, me mettant au garde à vous avant de suivre le groupe en direction de l’armée grise, trônant sur une large zone enneigée.

J’avance, silencieux, le visage fermé, regardant d’un mauvais oeil les nuages qui stagnent au dessus de nos têtes et qui nous plongent dans un froid intense. Je laisse Ezak s’exprimer quand nous arrivons auprès de l’armée grise, semblant ne pas être gênée par le froid. Il nous présente fidèlement: les derniers survivants de l’armée de Kendra Kâr. C’est ce que nous sommes. Les mots résonnent dans mon crâne. Je perçois les sons mais suis bien incapable de les comprendre. Je vois celui ou celle qui nous fait face, une armure grise, grande, fine, armé d’une longue lance et couvert d’une longue cape terne. D’un geste son armée s’écarte pour nous laisser la voie libre. Ezak éclate de rire, un rire jaune, cynique avant d’avancer à nouveau. Je le suis, machinalement, la tête pleine des sons et des images des corps qui chutent, des cris d’effrois, de la lente incantation du dragon. Je n’ai pas froid. Mon corps bouillonne. Je remets mon casque après avoir incliné la tête vers le commandant des fantassins gris.

Je me retrouve alors quasi nez à nez avec Cromax qui est accompagné d’une Elfe blanche et de… Lui. Lui. Je le reconnais. Il était là. Avant la bataille, quand Andelys s’est fait lâchement attaquer. C’est l’un des lieutenants d’Oaxaca. L’un des Treize. Et que fait-il ? Je l’aperçois, sa position ne laisse aucun doute, il menace d’une dague le dos d’un compagnon. Alors voilà, ils viennent négocier, en compagnie d’un otage. Ma magie ne fait qu’un tour, puisant dans ma rage pour se concentrer rapidement et en abondance dans ma main tendue. La tempête jaillit de ma paume, provoquant un bruit venteux assourdissant qui percute le bouffon d’Oaxaca. J’ai l’ombre d’un instant l’impression d’être à nouveau sur Aliaénon tant la puissance de mon sort est gigantesque. Son corps se déforme, balloté par la bourrasque, soulevé pour retomber plus loin, mort ou proche de l’être. J’entends les critiques de Faëlis, ses accusations même que mon esprit distingue clairement. Il me compare aux sbires d’Oaxaca, critique mon honneur. Il y a un autre mot que j’ai entendu clairement, venant d’Ezak qui s’est lui aussi précipité sur l’Hinionne qu’il a nommé régicide.

Aerq touche à peine le sol que je prépare un nouveau sort dévastateur, visant la même cible. Mais Cromax s’interpose pour encaisser le coup à la place de l’elfe blanche. Je suspends mon geste alors que l’elfe gris prononce quelques mots tandis que je retrouve pleinement l’usage de mon ouïe, mon esprit sans doute soulagée par la neutralisation d’un ennemi. Le Sindel supplie de ne pas nous abandonner à notre haine, d’unir nos forces contre Oaxaca.

Mon regard glisse de Cromax à Silmeria à plusieurs reprises, ma main toujours nimbée d’un fluide aérien agité prêt à frapper. J’inspire profondément, le regard toujours dardé vers l’assassine alors que Faëlis et Jorus font leurs commentaires qui ne font que m’énerver plus encore.

« … Régicide… »

Soufflai-je en fixant Silmeria avant de fermer le poing, coupant mon flux magique et faisant disparaître les volutes menaçantes pendant qu’Ezak commence son discours. Un discours que j’écoute avec attention sans quitter mes potentiels ennemis du regard, le poing toujours crispé, prêt à agir. Lui aussi a visiblement rencontré plusieurs des Treize et sa volonté d’en finir avec eux doit surpasser la mienne. Quand Il termine de parler après avoir rudement donné son opinion de Faëlis, je renchéris, nerveux, le visage tourner vers l’elfe gris.

« Ne pas m’abandonner à la haine ? Non. C’est hors de question. Je la retiens depuis trop longtemps. Elle grandit en moi depuis les remparts d’Esseroth, depuis que me suis retrouvé face aux forces de Vallel. Il est temps que je la libère, que je laisse sortir cette merde qui me ronge. Je vais la laisser déferler sur Oaxaca, son dragon et ses enfoirés de sbires et tout ceux qui voudraient m’en empêcher. »

Je tourne mon visage vers Faëlis pour poursuivre avec hargne. Je n’ai rien de personnel contre lui mais ses mots m’ont trop blessés pour que je les laisse passer.

« Sbires auxquelles tu as osé me comparer. Je ne l’oublierais pas. Je suis prêt à sacrifier ma vie. Je suis prêt à sacrifier mon honneur. Je suis prêt à sacrifier ma réputation si je peux éviter à d’autres de vivre ce que nous venons de subir. »

Dis-je en me rapprochant de l’archer, menaçant et tremblant de colère.

« Et toi qui as tu à venger ? REGARDE ! REGARDE AVEC QUI TU VEUX PARLEMENTER ! »

M’exclamais-je en désignant d’un geste large les champs de morts aux alentours.

« Tu veux prendre le risque de combattre aux côtés de ceux qui ont créer des horreurs dans des laboratoires ? qui sont liés à la Déesse qui s’est permis de rire aux éclats ? Ça te regarde mon gars. Mais ce sera sans moi. »

Je lui tourne le dos pour marcher dans la direction d’Oaxaca, jetant un dernier regard mauvais à Silmeria tout en m’adressant à Cromax:

« Pour m’avoir libéré des cages de Crean, je ne m’en prendrais pas à celle que tu étais prêt à protéger de ta vie. Malgré ce qu’elle a pu faire… Mais je te demanderais de ne plus chercher à m’empêcher de me battre. J’estime que nous sommes quittes à présent. »

Je poursuis ma route, sentant Ezak m’emboîter le pas, jetant un bref regard glacé à Aerq en passant à côté de lui. J’arrête mon pas quand Cromax nous explique qu’Aerq avait la volonté de tous nous liguer contre Oaxaca juste après un monologue étrange venant de la camarade du parangon. Mensonge pensais-je alors que Faëlis, les poings fermés nous demande de ne plus jamais présumés de ce qu’il a perdu. L’elfe gris s’approche encore pour faire un geste qui me surprends. Il achève le bouffon d’Oaxaca, assurant qu’il ne sera plus jamais à sa merci. Une grimace me traverse le visage et je ne tarde pas à reprendre mon chemin vers le dragon tandis que les autres préfèrent poursuivre leurs négociations alors que devant moi commence les premiers signes d’un combat.

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Ezak
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Ezak » ven. 10 sept. 2021 23:53

De l’autre côté du portail, nous arrivâmes sur une scène qui me fendit le cœur. La Princesse Satina, au sol, pleurait toutes les larmes de son corps. Je l’observai un instant, attristé. Je comprenais sa douleur mais j’imaginais mal à quel point elle devait souffrir. J’avais perdu cinquante hommes sous ma responsabilité, alors que devait-elle ressentir elle, après avoir perdu un frère et Roi, remplacée par elle au pied levée, et une armée entière sous sa responsabilité. C’était d’un Royaume dont elle était responsable et là, il semblait que celui-ci venait d’acter sa chute. Ce devait être insurmontable…

Xel se mit à genoux face à elle pour la réconforter, et moi, je me tournai plutôt vers Andelys, ne sachant comment agir dans cette situation. D’un geste vague et mal assuré, encore troublé et malmené par toutes les emotions contradictoires qui m’assaillaient, je lui désignai le champ de nos morts, là où quelques instants se tenait notre armée.


« Genéral… Est-ce que ces… Est-ce que ces troupes constituent…constituaient la totalité de notre armée? »

"Non. Non, la ville possède toujours ses défenses et une armée de protection. Mais là, notre armée de campagne est bien entièrement rasée."

Il semblait avoir du mal à accepter le réalité.

"Ils sont tous morts, bordel. Tous !"

Derrière moi la Princesse Satina sembla se rebiffer de colère. Je reconnu la hargne que j’avais vu en elle quelques instants plutôt, avant le Désastre. La vengeance qu’elle réclamait pour son frère, elle la réclamait dès lors pour son peuple. Elle voulait combattre Oaxaca, pour venger ses soldats. Je me sentis un peu revigoré par sa colère légitime, j’avais la même qui brûlait dans chacune des mes veines.. Cependant, elle faisait erreur. Là n’était pas son rôle. Le Royaume allait vivre des moments très durs, à n’en point douter, il n’avait pas non plus besoin que sa stabilité soit écornée par la fin brutale de la dynastie. C’était pour cela que je m’étais enfin décidé à bouger, à prendre le risque de me confier à Azra sur l’Azurion, en apprenant sa présence sur le camp. Je refusais d’avoir fait ça pour rien. Xël avait comprit l’enjeu. S’il y avait UNE vie à sauvegarder, c’était la sienne. Elle était à elle seule la clé pour sauver notre peuple de son déclin annoncé.

J’ouvris la bouche, doucement, expulsant une phrase pour me convaincre moi-même.

« Tout n’est pas terminé… »

Puis je repris plus fort, à l’attention de tous les présents, les derniers Kendrans encore debout. Eux aussi avait besoin de l’entendre, ils devaient comprendre. Cette bataille était perdue, la priorité était dès lors de sauvegarder ce que l’on pouvait du Royaume. Alors je parlai haut, déterminé et en colère glissant mon regard sur chacun des présents.

« Tout n’est pas terminé ! Nous avons encore nos terres, nous avons notre peuple, nous avons nos murailles et ses défenseurs, et encore tout ce qui le maintient uni. »

Je montrai de mon bras l’armée de Brytha et les elfes blancs.

« Nous avons encore des allié, même s’ils ne le sont que de circonstances ! »

Et mes yeux retombèrent sur la Princesse avide de vengeance.

« Nous avons encore l’héritière légitime pour maintenir la stabilité de notre peuple. »

Enfin, je m’adressai à elle, directement:

« Vôtre Altesse… Vous rappelez vous ce que je disais tantôt ? J’espère que vous régnerez longtemps sur notre peuple. Aujourd’hui nous avons la preuve qu’il aura plus que nécessairement besoin de vous. Notre armée de campagne a disparu, mais ce ne sont pas les légions qui fondent une patrie. C’est son peuple, ces personnes restées derrière et ceux-là auront besoin de vous pour ne pas perdre espoir, pour restés unis. Ils ne verront pas revenir leur Roi, ils ne verront pas revenir un seul de leurs frères, de leurs fils, ou de leurs parents partis à la guerre. Ils devront se raccrocher à quelque chose et cette chose c’est vous. Mon devoir est de vous rappeler que vous m’avez dit que vous serriez là pour votre peuple. Vôtre Altesse, c’est maintenant. »

J’hésitais un instant. J’avais parlé de son rôle, il fallait alors parler du notre. Il était de combattre, ou de se sacrifier, car j’imaginais mal comment nous pouvions en ressortir vivant. Ici commençait mon aller simple,encore…

« Je vous ai sauvé la vie deux fois, et je ne demande aucune récompense pour cela. Oubliez mon anoblissement, oubliez de laver mon nom. Je veux que vous quittiez ce champ de bataille et que vous nous laissiez faire. De notre peuple laissez-nous être ses lames, et vous soyez son bouclier. »

L’homme aux dagues appuya mon propos, en évoquant un étrange accord que le défunt Roi aurait conclu avec Herle, au sujet des fluides sombres. Elle devait selon lui rester en vie pour respecter cet accord. J’en fus surpris, mais j’étais d’accord avec cette idée. Omyre drainait beaucoup trop des nôtres rejetés pour la simple utilisation de la magie sombre. C’étaient des mots que j’aurais aimé que mon ami Azra entende.

Les yeux clos, elle écouta nos discours à l’un et l’autre les poings serrés, avant d’ouvrir les yeux.

"Je n'aime pas que l'on se batte pour moi sans que je sois moi-même présente. Mais vous avez raison. Je dois la vie à mon peuple, qui ne verra pas la Mort venir vers lui sans que je le soutienne."


Elle va se relever, aigrie.

"Mais si aujourd'hui je n'irai pas au combat, je resterai témoin de celui-ci. Pour raconter l'horreur ou le brio. Pour prévenir ou féliciter. Pour Savoir."

Puis, vers l’humain vêtu de cuir : "Pour que vos risques ne soient pas vains, et qu'un avenir puisse exister."

J’acquiesçai aux paroles de la Princesse, voilà qui était sage. Moins l’était l’attitude d’un elfe blanc, qui, arrivant vers nous en courant, se réjouissait de retrouver une jeune archère de notre armée. Je trouvais son attitude si irrespectueuse... Je le jalousai même d’être si heureux, les siens saufs. Je jetai un regard dédaigneux à l’armée des elfes blancs puis sur leur « représentant ». Je leur en voulais tellement. C’était injuste, certes. Sans doute n’avaient-ils rien demander. Mais qu’étais-je sinon qu’un homme qui venait de tout perdre ? Les voir heureux et saufs, alors qu’aucun des miens n’avaient pu en ressortir m’enrageait. Les dents et les poings serrées je lâchai à voix basse :

« Pendant que l’on pleure nos morts d’autres osent se réjouir de retrouvailles sous notre nez. Quelle indignité... »

Amer, je me tournai vers le Dragon et Oaxaca, m’éloignant pour ne pas regarder cette scène que je trouvais insupportable, alors que le mage des portails négociait avec la Princesse pour envoyer quelqu’un à Kendra-Kâr. Un peu à l’écart, je baissai la tête sur la bague d’officier Omyrihien à mon doigt. Je revis le chemin parcouru, comment Oaxaca m’avait prise dans ses bras, il me semblait que d’une façon ou d’une autre, ce chapitre de ma vie allait prendre fin.

« Je vais aller affronter la Noire. Peu importe ce qu’il en résultera.»
dis-je à l’attention de tous.

Mais au même moment un cri aigüe retentit dans l’air, je me tournai pour voir qui pouvait bien être l’individu à faire preuve d’autant de retenu dans un moment si critique. Au sol, tout juste sorti d’un des portails du mage, un homme d’âge mur, à la barbe sombre regarda autour de lui perdu, posant sur chacun de nous son regard paniqué avant d’hurler à nouveau.

"HIIIIII ! Mais mais... Mais où suis-je ? Que s'est-il passé ? Princesse ? Princesse, courez donc vous mettre à l'abri !"

Je fronçai les sourcils. Allons, sérieusement… Venant d’un tel gaillard, d’un âge respectable, c’était ridicule. Je comprenais mal que ce genre d’individu vivait encore alors que de braves hommes comme Mérédor avait péri. Il n’y avait donc aucune justice. C’était un non-sens qui m’inspira un sarcasme, traduisant tout le mépris que j’avais pour l’attitude du pleutre devant moi.

« Qui est ce couard ? Il couine comme un porc. »

Le jeune homme brun, me répondit alors et fit preuve de tout son appréciation pour cet homme. C’était un Comte. Ybelinor. Et tout noble qu’il était, il reçut un traitement verbal du jeune brun à en damner un mort. Cependant lorsque je le vis porter la main à sa ceinture en proposant à la Princesse de l’éliminer pour elle, je fronçai les sourcils. Là, il dépassait les bornes ! Proposer de tuer un Comte ? Amorcer un geste belliqueux devant la Princesse Satina ? Non ! Son rang méritait tout de même que devant elle nous ayons de la retenu.

"Il suffit !" Cria la princesse, rouge de colère en pointant un regard accusateur sur l’impétueux et sur… ma personne.

"Le Comte Ybelinor est un kendran honorable et un excellent conseiller. Je vous somme de respecter cela. Il sera le porte-parole témoignant de cette bataille désastreuse auprès des citoyens de Kendra Kâr. Il organisera la défense de la cité en notre absence, si nous étions amenés à ne pas revenir."

Figée par la Princesse et sa colère je me mord la langue pour ne rien dire. Il me semblait bien que de ma vie, c’était la première que je restai silencieux après m’être fait hurler dessus de lasorte. J’avais mon petit caractère. Mais là, en ce jour, j’étais devant la représentante du pouvoir Royal. Et bien que j’eus envie de répliquer, bien que j’eus envie de montrer mon mécontentement, je n’en fis rien. Je retins même de justesse un soupir d’exaspération profonde de me faire gronder ainsi, comme un enfant en public. Quelle humiliation ! Mais quelle humiliation ! J’étais vexé d’être mit dans le mec sac que l’irrévérencieux.

Cela me fit terriblement mal à l’égo, mais je m’inclinai devant la Princesse. Longtemps j’avais rêvé de ce premier cercle, je devais en assumer la responsabilité et les conséquences. C’était ça aussi grandir.

« Mes excuses votre Altesse, je méconnaissais son statut et n’avait point perçu son… honorabilité derrière ses hurlements stridents. » Oui, celle-là m’avait échappé. Chassez le naturel…

Je me détournai pour éviter de subir à nouveau les foudres de la Princesse, pendant que l’homme s’énerva de plus belle, éloigné par Andelys qui, décidément, avait un don pour gérer les jeunes gens en crises. L’âge, sans doute.

Le mage des portails vînt à ma rencontre pour annoncer qu’il viendrait avec moi, avant de se présenter comme étant Xël. Je connaissais ce nom. Toute personne s’étant rendu sur Aliénon le connaissait. Il faisait partie des Sauveurs de ce monde là-bas. Dans les couloirs de la Tour Noir autant dire qu’ils n’aimaient pas vraiment ceux-là.

« Le Xël d’Aliaenon ? Content de le connaître. Ezak d’Arkasse. » dis-je d’un signe de tête respectueux.

« Merci pour les nombreux coups de main sur le champ de bataille. Vous nous avez bien aidé mes hommes et moi, même si tout cela paraît vain maintenant… » Dis-je en jetant un regard triste à l’armée décimée avant de me tourner vers Andelys.

Il m’assura qu’il aurait aimé faire plus et alors que je jetais un regard exaspéré à Jorus qui continuait à hurler, il m’intima de ne pas lui, en vouloir. Il disait avoir eu le même genre de réaction face à Naral Shaam. Cela m’intriguait, passablement, mais l’urgence était ailleurs. Je me tournai vers Andelys :

« General puis-je me servir à l’intendance ? Je crains que nous aurons besoin de toutes nos forces pour ce que nous nous apprêtons à affronter. »

« Allez-y. Autant qu'elles servent."

Sans plus de cérémonie je m’y rendis. Lorsque j’entrai dans l’intendance, je me dirigeai vers les différents coffres contenant des potions. Je comparai les couleurs des liquides avec ceux que j’avais déjà à ma ceinture. Je ne me risquai pas à prendre les potions dont je ne connaissais pas les effets, ce serait stupide, et dangereux. Xel arriva dans mon dos, quelques secondes après moi. Sentant sa présence, je me tournai dans sa direction pour le trouver pencher vers l’avant ; les paupières closes. Était-il encore sous l’influence du sort du Dragon ? Je m’empressai de m’enquérir de sa situation.

« La tête vous tourne ? »

« Non… Non c’est juste que je me fais à l’idée de devoir croiser beaucoup de visages connus avec cette grimace d’effroi. »

Je tournai le regard vers le cadavre de l’homme qui quelques minutes avant faisait son office. Une vie arrachée cruellement, une parmi tant d’autres. J’opinai de la tête, compréhensif et je repris ma fouille en repensant à mes soldats disparus, si vite, sans que je ne puisse rien y faire.

« Je n’ai pas osé affronter celui de mes hommes…Je n’arrive pas à comprendre pourquoi nous sommes encore là, nous et tant d’autres non. Ça n’a aucun sens. »

« Je doute que ce soit de la chance. Peut être le destin… »


« Le destin… Tss. J’aurais aimé qu’il consiste à autre chose que nous laisser en vie pour aller se faire occire par un Dragon divin et son acolyte. »

En effet, je n’avais pas beaucoup d’espoir de réchapper à ce dragon. C’était l’une des grandes raisons pour laquelle je ne voulais pas que la Princesse Satina l’affronte. Cette opération, honnêtement, c’était du suicide, un baroud d’honneur tout au plus. Il ne fallait pas être un savant pour comprendre que nous n’aurions aucune chance face à un monstre capable de semer la mort massivement avec sa voix. Je me disais que si nous n’avions pas à l’affronter alors là, peut-être… L’image de Xel domptant une de ces monstrueuses bestioles dont Omyre avait le secret me revînt soudainement en tête. Je me retournai brusquement vers lui, animé par une légère lueur d’espoir.

« Ce que vous avez fait avec ce monstre tout à l’heure, prendre son contrôle, vous pourriez le faire avec le saurien ? »

Il me répondit que si j’avais une rune « dompter », il pourrait essayer. Je levai un sourcil. C’était donc l’un de ces petits cailloux magiques qui lui avait permis cet exploit. Je sortis ma besace à rune et en vidai le contenu dans ma paume pour qu’il voit celles que j’avais en ma possession.

« Je connais les significations de celles-ci. Mais pas des deux autres. »

Après un coup d’œil il me m’annonça que je ne possédais pas la rune en question. De plus il ne pensait pas pouvoir dompter le dragon divin aussi facilement que ce qu’il nommait « Juggernaut. »

« Rien à avoir avec un dragon. Enfin… ce dragon. J’en ai vu, mais jamais des comme ça. »

En effet, Vlaash, Maxasnith, les dragons de l’île volante, le mystérieux dragon blanc du champ de bataille, Cromax, Amaltia et Naral Shaam… Justement, il me semblait que Xël avait évoqué son sujet tantôt.

.« En parlant de dragon… vous avez évoqué Naral tout à l’heure. Vous le connaissez bien ? »

Xël cconfirma le connaître d’Aliaénon et ne pas avoir de bonnes relations avec lui. J’eus un demi-sourire nostalgique. Je me rappelais ma première grande aventure, de laquelle Shaam était le chef d’expédition. Sa personnalité était pour le moins clivante..

« Le contraire m’aurait étonné. C’est l’effet qu’il fait aux gens en général. »

« Vous le connaissez aussi ? »

Je levais les yeux aux ciels. C’était le cas de le dire. Nous étions liés dans la vie et dans la mort alors je ne pouvais pas moins le connaître.

« Oh oui je le connais ! J’ai combattu plusieurs fois à ses côtés. Je l’ai même aidé à obtenir ses pouvoirs…. »

« Lequel ? Celui qui lui permets de se transformer en dragon pour déchiqueter ceux qu’il n’arrive pas à manipuler ? Ou son souffle violet qui fait fondre les chairs de ceux qui veulent simplement défendre leur monde contre l’invasion d’Oaxaca ? »

Demanda il d’un ton cynique, alors que sa fouille devient colérique, provoquant de nombreux bruits de fioles qui s’entrechoquent. Visiblement, il avait beaucoup de rancœur contre lui. Je ne savais pas ce que le dragon mauve avait bien pu lui faire, mais j’avais une vision de Naral beaucoup plus intime. J’avais fait la connaissance de sa sœur, je l’avais vu se débarrasser des chaînes de son maître, pleurer face à la mort de son ami Tiniis, et il y avait ce secret qui nous liait. Le Naral que je connaissais était une ordure, certes, j’étais moi-même passé par tous les sentiments avec lui. Il m’avait agacé, je l’avais craint, je l’avais admiré, il était devenu un ami, je m’en étais méfié, j’avais voulu le tuer, avant de définitivement lui accorder ma confiance. Et tout ça dans l’ordre. Alors je pouvais bien comprendre ce qu’il ressentait, mais Naral n’était pas tout noir, ni tout blanc. Il était en quelque sorte au-delà de ces considérations manichéennes. On l’aimait, ou on le détestait. Je faisais parti du premier groupe, et nos vies étant inextricablement liés, je n’avais de toute façon guère le choix.

«Pas ceux là non. Celui qui lui a permit de sauver un peuple et des mages esclaves d’un puissant nécromancien et de nous libérer de la geôle dans laquelle Oaxaca nous avait envoyé croupir dans le but de nous torturer et nous dresser pour faire de nous ses misérables chiens… »

Je me tus quelques secondes en repensant à mon emprisonnement. Repenser à cette injustice avait toujours le don de faire remonter mes plus bas instincts. Les poings serrés de colère je frappai le dessus d’une table, de laquelle de nombreuses potions chutèrent sous la puissance du choc, pour aller se briser sur le sol.

« Et dire qu’elle va s’en sortir sans payer le fait d’avoir détruit ma vie. »

Xel me confia qu’il pensait que ce jour était celui de sa fin prochaine. Vraiment ? Je n’y croyais pas une seule seconde.

« C’est une demi-déesse juchée sur un Dragon divin. Si une armée n’a pas pu venir à bout d’eux que feront une poignée d’hommes et de femmes ? »

Je soupirai un instant. J’avais accepté l’état de fait : Qu’étions-nous face à une déesse ? Rien. Nous n’avons jamais été plus que ça. Pour s’en convaincre il suffisait de sortir pour jeter un œil sur les nombreux cadavres à l’extérieur. Leur vie avait été soufflé aussi simplement que l’aurait été un château de cartes.

« Nous allons probablement mourir Xël, mais je serais heureux de mener mon dernier combat aux côtés d’un fier et puissant Kendran… Vous pouvez compter sur mes lames. »

Il avala une potion avant de me demander l’une de mes armes.

Je levai un sourcil avant de sortir Lassiria et Mongoor pour les tendre vers lui.

« Choisissez du sabre ou de l’épée. »

Il prit l’épée qu’il saisit délicatement avant de se concentrer une bonne minute dessus sans rien dire. Autour de ses mains, une magie semblait déformé l’air légèrement au-dessus de l’acier aérien de ma lame.

« Soyez prudent. Quand vous en aurez besoin, ma magie pourra vous aider. C’est un des sorts les plus destructeurs que je connaisse. Mais il blessera vos alliés comme vos ennemis. Il nous a servi à capturer Xenair et vaincre Gadory. »

« Vous avez capturé Xenair et vaincu Gadory ? « Hé bien, vous n’avez pas usurpé votre réputation. »

Je regardai mon épée de longues secondes, cherchant à déceler du changement, sans succès avant de la ranger dans son fourreau.

« Merci pour ce don. Je tenterais de l’utiliser avec parcimonie pour ne pas amputer nos chances déjà bien maigres. »

Il m’encouragea de ne pas hésiter, à l’utiliser. Il se disait capable de se protéger avec sa magie. Il précisa tout de même ne pas avoir vaincu les Treize seul. Il était accompagné de l’elfe blanc dehors, qui se nommait Faëlis et de l’homme qui s’était emporté contre le Comte, du nom de Jorus, et d’une semi-shaakt, une certaine Yliria.

J’acquiesçai.

« Alors j’ai hâte de combattre aussi à leurs côtés. »

Puis j’avalai un élixir.

« C’est bon pour moi. On peut y aller si vous avez tout ce qu’il vous faut. »

Il avala à son tour une potion avant d’acquiescer.

« Allons-y. »



Lorsque nous nous réunîmes avec les autres, j’annonçai être prêt.

« Bien, je suis correctement apprêté. Nous pouvons aller comme il se doit présenter nos respects à la divine catin. »

La princesse intervint alors : "Soyez prudents, je vous en conjure. Les rangs d'une déesse bien inconnue nous séparent de nos ennemis. Nous ne connaissons rien de ses intentions véritables, même si elle semble nous venir en aide."

Aux paroles de la Princesse, je me tournai pour jeter un œil aux forces de Brytha.

« Il est vrai qu’elle a bien choisit son moment pour venir nous « prêter main forte ». Pile au moment où nos troupes se sont faites décimées. Ils ont une idée derrière la tête, nul doute que nous devrons lui manger dans la main. Je tenterais de m’assurer de ses intentions lorsque nous passerons devant eux. »

Je m’inclinai face à la Princesse.

« Votre Altesse. »

Saluai d’un signe de tête le restant de l’Etat-Major, avant de tourner les talons vers notre objectif.

« Hâtons-nous messieurs ! »

Nous marchâmes en direction de nos ennemis, nous obligeant à passer par les terres enneigées. Je m’enveloppai dans ma cape, pour tenter de me réchauffer. Il faisait si froid que j’en grelotai presque. Je maudissais intérieurement le cryomancien qui s’était lâché dans cette zone. Faire ça, en cette période de l’année, était ignoble… et bien pensé, je devais tout de même l’avouer. Lorsque nous arrivèrent à quelques mètres des troupes de Brytha je fis savoir notre présence.

« Nous sommes les derniers survivants de l’armée kendranne ! Nos intentions sont d’aller nous confronter à la Reine Noire et à son dragon pour quérir vengeance ! Nous aimerions nous entretenir avec l’un de vos représentants pour obtenir l’autorisation de traverser vos troupes, d’une part, et d’autres de connaître vos intentions et votre alignement. Devons nous vous considérer comme des alliés ? »

Le dénommé Faëlis prit alors la parole à son tour, en tant que représentant des siens, les elfes blancs.

Les troupes s’écartèrent alors pour laisser passer un homme vêtu d’une armure lourde. Tout comme le reste de son armée, il était couvert des pieds à la tête. Pas une seule partie de son corps était visible. Je n’aurais pu dire s’il était, vieux, jeune. Ni même deviner ses émotions tant la voix qui sorti de sous ce casque était neutre et sans émotions.

"Ne nous considérez ni comme des alliés, ni comme des ennemis. Nous sommes là pour ramener l'équilibre des choses. Nous vous laisserons passer sans peine si votre objectif est de nuire à vos ennemis."


Intriguant… Je ne savais si c’étaient des inepties de croyants ou si ce qu’il disait avait vraiment du sens.

« L’équilibre des choses, vous dîtes… »

J’observai les cadavres au sol de l’armée Kendran et les balayai d’un geste de la main. S’ils voulaient rétablir une quelconque balance, la solution me paraissait toute trouvée.

« Notre armée n’est plus. En face, ils sont encore légion. Je pense que les exterminer sera un bon début pour ramener l’équilibre…» annonçai-je avec une pointe de sarcasme avant de froncer légèrement les sourcils.

« Pourrais-je vous demander la raison pour laquelle vos troupes sont stationnaires ? Qu’attendez vous au juste ? Le Dragon se prépare à agir de nouveau. Ne devriez vous pas l’en empêcher ? »

Faelis en profita pour demander à l’homme pourquoi son peuple avait été épargné, quant à Jorus, il cherchait à avoir des informations sur cette histoire d’équilibre.

L'homme en armure sombre me rétorqua d'un ton plat :

"Nous venons d'arriver, jeune homme. Nous n'allons pas courir éperdument vers une cible sans l'avoir un minimum analysée. De même, je constate que vous n'êtes guère en pleine charge de ces monstres ayant détruit vos armées."

Je claquai la langue d’agacement face au sous-entendu de sa dernière phrase, j’en fus vexé.

Il se tourna ensuite vers Faëlis, et répondit cette fois d'une voix pincée.

"Nous posez-vous vraiment une question sur le résultat d'un sort inconnu d'une créature inconnue de ce monde qui nous est inconnu, manieur de lumière ? Si vous ne le savez pas, alors que vous connaissez ce Dragon, comment pourrait-on le savoir ?

Puis, vers Jorus :

"Vous verrez."


Quelle condescendance ! Alors que j’avais tout fait pour me montrer respectueux. Il pouvait bien aller se faire voir. Non content de sous-entendre un manque de courage, de notre part, il se permettait de jouer avec nous à la devinette en nous balançant des phrases énigmatiques, plutôt que nous répondre tout simplement ? S’en était trop ! Je goûtai fort peu cette manière de faire, ennemi de mon ennemi ou pas. Nous venions d’essuyer des pertes colossales, et je trouvais ça malvenue de s’adresser à nous de la sorte. Pas là. Pas aujourd’hui, alors que j’avais perdu tous mes hommes, pas aujourd’hui alors que mes patries étaient au bord de la chute, pas aujourd’hui alors que je me dirigeais vers une mort certaine. Je n’avais pas le goût de supporter ce que je voyais comme du mépris de nos personnes. J’éclatai donc d’un rire extrêmement surfait avant me tourner vers mes camarades, plein d’ironie.

« Mais pourquoi on y’a pas pensé messieurs ? Réaliser une charge contre nos ennemis avec trois pelés et un tondu. Qu’est ce que nous sommes sots.»

Je pointai mon doigt vers l’homme neutre avec un clin d’œil.

« T’es un champion toi !»

Avant de reprendre ma marche, déterminé.

« J’en ai assez entendu. »

Je n’avais pas que ça à faire. Je n’allais pas gâcher mes derniers instants de vies à me faire manquer de respect par un inconnu dont je ne connaissais même pas les traits. Alors que je passai à son niveau, il reprit à mon égard :

"Si vous-même abandonnez le combat, guerrier, alors notre intervention est inutile, car elle a déjà gagné. Et l'équilibre est rompu."


Je secouai la tête, sans pour autant m’arrêter. Tour cela c’étaient des fadaises ! Je n’avais pas abandonné. J’y allais là ! Sans conviction certes, avec la force du désespoir, peut-être ; mais j’y allais ! Juste avec la rage, la seule envie d’emmener avec moi un ou deux lieutenants, deux ou trois fidèles de cette folle qui fut un temps ma Reine. Comment pouvait-il ne pas le voir ? Était-il aveugle ? C’était finit ! Oaxaca avait gagné ! Du moins, Kendra-Kâr avait perdu, et rien, pas même un miracle n’allait changer cela. Nous n’étions rien face à ces dieux, et ne pourrions rien y faire. Et comme s’il avait lu me pensées, l’homme s’adressa à Jorus dans une réponse qui me toucha.

"Votre rôle ? Celui de tout héros : Vous sacrifier pour vos idées, et espérer réussir. C'est aussi cela que nous sommes venus défendre."


Les mots de l’homme venaient de me prendre aux tripes. J’avais toujours été sûr de moi, confiant en mes compétences. J’avais toujours pensé qu’aucun obstacle ne pouvait m’arrêter. Pas parce que j’étais un d’Arkasse, comme j’aimais souvent le dire, mais parce que j’étais Ezak, et ma détermination avait toujours été ma force, peu importe les histoires que je pouvais me raconter. Je ne craignais pas les dieux, je ne craignais pas la mort, certaines étaient même glorieuses, préférables à quelque autre vie miséreuses et anonymes. Aujourd’hui, pour la première fois, j’avais totalement baissé les bras intérieurement. Je ne me reconnaissais pas. C’était comme si le dragon avait aussi tué une part de moi déjà bien abimé par mon enrôlement forcé, et ce guerrier inconnu venait de me le montrer.

Je m’arrêtai net pour le regarder, avant de lever les yeux au ciel vers Brytha. Moi qui haïssais les dieux, ces propriétaires absents, mon attention fut irrémédiablement attirée par cette déesse qui prétendait venir défendre une cause, notre réalité. Je l’observai longtemps, méfiant tout de même. À Omyre j’avais souvent été coutumier des belles paroles des autres. L’armée se referma sur moi, alors que j’étais à la traine je détournai enfin mes yeux de la déesse. Je traversai les dernières lignes de l’armée pour me retrouver face à trois individus. Trois Omyrihiens, et pas des moindres. Cromax, le Général d’Oaxaca mais que je n’avais jamais vu œuvrer contre notre camp, bien au contraire, Aerq et Silmeria la femme aux milles sobriquets. Lorsque mes yeux tombèrent sur elle, clamant venir en émissaire de son camp, je restai interdit, choqué. Elle avait tué le Roi…

D’un coup, les souvenirs de mon temps passé avec elle affluèrent. Je la revis, rentrer dans la Capitainerie, affublé de ses petites runes dorés ridicules sur le visage et couverte de sang après avoir sacrifier sur son navire les prisonniers kendrans qui s’étaient rendus. J’entendis à nouveau ses mots trop légers pour ce qu’elle venait de faire ce soir-là. Son crime de guerre.

...

" Rien de grave, un petit sacrifice pour les amateurs de Thimoros et de Phaïtos à bord….


"Ne vous méprenez pas, Sergent, je ne suis pas une croyante, toutefois beaucoup à notre bord pensent le contraire et voient en ce sacrifice de quoi plaire aux Dieux. Qui suis-je pour blâmer leurs croyances. »


...

Ces mots me revinrent comme un boomerang et ils illustraient complètement ce que Oaxaca et son Dragon venaient de faire. Ils illustraient tous les agissements de ce camp. J’avais été à l’intérieur, j’avais tout vu ! Je connaissais leurs secrets, je connaissais leurs vices et elle avait le culot de venir parlementer. Les prisonniers qu’elle avait sacrifié sur son navire, ils avaient eu une chance de parlementer ? Quelle était sa mission ? Éliminer le Roi, l’Etat-Major, alors pourquoi diable des prisonniers de guerre avait été sacrifiés ? Pour les lubies d’une folle ? Et pour ne rien arranger, elle avait tué le Roi, et j’avais promis à Satina de le venger du mieux que je pouvais. Le temps des paroles était révolu ! Était venu le temps de l’acier ! J’allais tous les exterminer !

Je sortis mes lames à la ceinture et j’hurlai :

« Ce sont Aerq et la Régicide ! VENGEANCE POUR LE ROI ! »

De l’armée, il n’y avait bien que Xël à mes côtés, mais je criai tout de même pour tous nos régiments tombés, mais aussi pour notre Etat-Major encore debout. J’espérais que la Princesse Satina, que les Généraux entendraient, qu’ils seraient témoins que l’une de mes dernières actions serait de venger leur peine et celle d’un tout un peuple. Voilà, je lavai mon nom en ce jour funeste. J’expiai la faute des D’Arkasse, des nombreuses erreurs de Vandrak. Finit la louange expiatoire du crachat ! Allait couler le sang de la Rédemption ! Je renaissais au jour de ma mort, en ce jour maudit où la Mort devînt Reine !

Avec la force du ressentiment j’allai planter mes deux lames en direction de la tête de l’elfe blanche. Alors que Xël, à mes côtés envoya sa magie déferler sur Aerq ! La fureur vengeresse de Kendra-Kâr s’exprimait à travers nous, les témoins de l’horreur de la funeste bataille de Kôchii.

« Il n’y a plus de négociations ! Vous paierez pour les soldats tombés ! Tous les guerriers qui sont allongés dans ces plaines méritent vengeance ! »

Les voix de Cité Blanche avaient parlé, alors que d’autres, celles de Faëlis et de Jorus vinrent juger nos actes sous le signe du déshonneur et des conventions.

Le Général Cromax hurla en se mettant entre Silmeria et moi. Quelle folie ! Les deux pointes d'épées transpercèrent ses deux épaules, et réapparurent dans son dos, prenant la direction du visage de l’elfe blanche. Elles lea touchèrent, sans gravité formant deux stries sanglantes sur son visage. Grimaçant, à genoux, Cromax s’exprima avec difficulté.

"Non... Il faut... Il faut qu'on rassemble nos forces contre... Contre Oaxaca. Ne vous abandonnez pas à la haine. Aerq... Aerq est des nôtres."

J’étais sidéré par ce qui venait de se passer. Il y avait vraiment des gens pour vouloir se sacrifier pour ce genre d’individus ? Je ne comprenais pas. C’était moi le problème ou ce putain de monde marchait sur la tête ? Il grimaça de plus belle, et son regard tomba sur mes protections d’avant-bras, cadeau de Puliin.

« Je... je nous ai libérés de la Rose..."

Mon visage se tordit dans une expression d’incompréhension.

« De quoi vous…Pulinn ? »

Je ne comprenais pas ce qu’il essayait de me dire, mais je compris qu’il y avait un rapport avec le Temple. Quelque chose m’échappait… Mais nous n’étions pas là pour ça.
Je secouai la tête pour reprendre mes esprits et ne pas me détourner de ce qui comptait vraiment. Faire payer à ces enfoirés leur ignominie.

« Peu importe ! »

Mon regard se leva vers Silmeria, je la toisai, méprisant, avant de reporter mon attention vers Cromax.

« La seule chose qui m’empêche de vous achever, General Cromax, c’est que vous ne faites pas parti des Treize salopards qui ont jubilés de me voir croupir dans le Bagne de la Tour Noire. Quant aux autres… Aerq… des « nôtres » ? Quoi ? Cet enfoiré qui riait comme un taré alors qu’il nous regardait, nous ses prisonniers, combattre comme de vulgaires chiens de combats ? Comme si c’était un jeu ? Comme si ma vie ne valait pas plus que d’être forcé à me battre dans une arène, pour le divertissement de ce CONNARD ? C’est à ça que vous me demandez de m’associer ? Vous demandez à la victime de bien vouloir pardonner à son bourreau et non content de me faire une proposition si scandaleuse, je devrais en plus envisagé que nous formions quoi que ce soit ensemble ? J’avais rien demander quand ils sont venus me chercher, d’accord ? Il n’y a pas et n’y aura jamais de nous possible ! Surtout pas après ce qui vient de se passer. »

Je retirai mes lames du corps du Sindel, en colère contre lui. S’il voulait combattre avec ces gens au point de les défendre c’était son problème et plus le miens. Je n’attendais pas qu’il comprenne.

« Vous me couvrez de honte en m’empêchant d’accomplir mon devoir ! Si vous survivez à… »

Je levai tête vers Silmeria et me ravisai de jeter l’information que j’étais sur le point de lui révéler. Oui, c’était son problème. Il avait voulu défendre ce genre d’individus alors il devait en assumer les conséquences. Ce n’était pas moi qui l’avais envoyé s’empaler sur mes lames.

« À tout ça, vous avez intérêt à expliquer à la Princesse Satina en personne pourquoi je n’ai pas pu venger la mort de son frère. Vous me devrez au moins ça ! »


Puis je me tournai vers Faelis, en colère, levant un doigt accusateur vers lui.

« Quant à toi tu va la fermer ! J’en ai marre de t’entendre faire la moral à tout un chacun ici ! Tu as perdu qui toi aujourd’hui ? Hein ?! Personne ! Pas besoin de me le dire ! Ça se voyait à ton air guilleret quand tu traversais le champs de nos morts comme si tu te promenais dans un champs de fleur.. Pendant que tu te réjouissais des retrouvailles avec ta petite copine, nonobstant toute bienséance, une poignée de mes soldats qui avaient pour ordre de défendre la Princesse gisaient à peine à quelques mètre de vous deux.. J’ai perdu des dizaines d’âmes qui étaient sous ma responsabilité, dont certains avec qui j’étais très proche. T’es même pas capable de respecter la douleur des autres, de respecter nos morts, et tu voudrais me donner des leçons d’honneur ?! T’es mal placé mon gars !! »

Je soufflai de rage en pointant du doigt Silmeria.

« T’étais où quand la saloperie que vous voulez défendre torturait et organisait des sacrifices de Kendrans qui s’étaient rendus, alors qu’elle ne croit en aucun dieux ? C’était honorable ça ? C’est pas l’œuvre d’une criminelle de guerre ça ? D’une détraquée ? T’étais où quand j’étais obligé de supporter ça Elfe ? Tu n’as pas idée du fardeau que je porte, alors tes petites leçons tu te les gardes sinon je jure que je vais te faire les ravaler ! Tu pourras pas dire que je ne t’ai pas prévenu. »

Puis je me tournai de nouveau vers Cromax. Il avait agît avec ses tripes lorsque Andelys avait subi une attaque déshonorante, il avait essayé de protéger la Princesse, il avait combattu, lui aussi, contre Sisstar, alors je le respectais pour ses actes. Il avait montré qu’il était quelqu’un avec des valeurs, et ça je le respectais. Quant à ces deux enfoirés qui l’accompagnaient, le monde se porterait mieux sans eux. Ils pouvaient bien combattre Oaxaca, faire semblant d’avoir été choqué par ce qu’elle avait fait, mais je n’allais pas me laisser avoir par leurs offuscations à géométrie variable. Moi, je n’étais pas un lapin de trois semaines, je n’étais pas dupe. J’avais vu leurs vrais visages. On ne passait pas autant d’années au service de la Reine Noire, sans avoir aperçu son projet, sans deviner quel genre de monde elle voulait créer.

« Je suis prêt à combattre Oaxaca à vos côtés si c’est vraiment ce que vous sous-entendez, mais avec les deux qui vous accompagnent… ces deux tarés… Jamais ! Ils font parti du problème ! »

Cette dernière phrase c’était pour Jorus, ce jeune homme bien naïf quant à la nature de l’ennemi qui nous faisait face, et qui prétendait que les seuls problèmes était Oaxaca et son dragon. S’il savait… Je l’aurais bien tiré par les oreilles à travers les rues d’Omyre pour qu’il comprenne. Peut-être qu’à lui foutre le nez dans la merde qu’Oaxaca avait laissé derrière elle, il aurait fini par comprendre. Pour se faire lion enragé devant un Comte trouillard il y avait du monde, mais face à deux ennemis dont la cruauté, dont les actes, et la puissance était avéré, il devenait un chaton inoffensif. Je pris note de sa valeur. J’avais affaire à une petite bande d’idéaliste qui avait besoin de grandir. Ce monde était cruel et impitoyable, pleins de monstres, de vrais, tel que Silmeria et Aerq. Je baissai les yeux sur ce dernier, auprès duquel Jorus s’était accroupie.

« Et toi le bouffon, si t’es pas mort et que tu m’entends : j’espère que tu souffres ! »

C’est Xël qui prit ensuite la parole faisant monstration de sa hargne. Tremblant de colère il s’adressa à Cromax et à Faëlis et leur fit voir sa manière de penser qui n’était pas si éloigné de la mienne. Enfin quelqu’un qui n’avait pas totalement perdu la tête. Après avoir fait part de ses sentiments colériques il se mit en marche, et je lui emboitai le pas. Peu importe les autres, je préférais largement combattre aux côtés de ce fier kendran qu’avec les deux autres mauviettes qui croyaient qu’offrir de l’honneur à un ennemi qui n’en méritait pas faisait probablement d’eux des gens respectables. Une bande d’illuminés ouais… D’ailleurs, Faëlis s’agaça, les poings serrés, nous intimant de pas spéculer sur ce qu’il avait perdu ou non.

Silmeria prit ensuite la parole s’en prenant à Jorus puis à moi. Je tournai la tête vers elle pour écouter ce qu’elle avait à dire.

" Attaquer une femme desarmée… »[/b]

Alors celle-là, c’était la meilleure ! Je retournai aussitôt la tête de l’autre côté, ne l’écoutant plus. Quatre mots. Il lui avait fallu à peine quatre putains de mots pour éructer son premier mensonge. Sans doute avait-elle oublié que je connaissais son secret, qu’elle m’avait révélé d’elle-même. Sa lame cachée dans son bijou en forme de serpent à son bas. Comment disait-elle déjà ? « On n’est jamais trop prudent. » Désarmée… Je n’avais que faire des mensonges d’Omyre, de leurs paroles sans queue ni tête. Entre celui qui nous accusait d’être des esclavagistes, celle qui parlait et mentait pour gagner du temps et celle-là, à présent, qui ne voulait pas assumer qu’elle était juste une petite ordure et que cela constituait son principal trait de personnalité… Je n’avais que faire de leurs mots emplis de mensonges, emplis de vices.

Je l’entendis brailler, éjecter des sons, mais mes oreilles qui lui étaient désormais fermés l’entendirent sans l’écouter. Quant à mes yeux, dirigés à l’horizon, sur Oaxaca et son dragon, ils n’eurent même pas la décence de se poser sur elle alors qu’elle parlait. Je n’avais pas la moindre considération pour ce genre d’individu. Elle pouvait bien déblatérer ses conneries auxquelles Faëlis et Jorus devaient surement être sensibles, aussi naïfs qu’ils étaient, mais moi je ne voulais rien savoir, rien entendre, rien voir d’elle. Ce n’est que lorsque qu'elle finit son cirque et que le sindel s’adressa à nous que je daignai jeter un regard dans sa direction, dédaigneux. La bouche fermée, sans expulser ses mensonges et ses inepties, voilà comment cette femme redevenait tout à coup supportable.

Cromax m’annonça que Pulinn était en vie et que nous en reparlerions. Il nous annonça aussi qu’Aerq voulait que l’on se réunisse tous contre Oaxaca que nous unissions nos forces pour avoir une chance de la battre. Je me demandais combien d’entre eux étaient de cet avis. Alors les Treize avaient les chocottes… Oaxaca leur faisait peur après sa petite démonstration de force. Cela ferait les pieds à ces enfoirés d’apercevoir ce qu’ils infligeaient aux autres. Je n’avais ni pitié, ni même une quelconque reconnaissance envers eux pour s'être décidés de se retourner contre leur Reine. Cela n’effacerait pas ce qu’ils avaient fait. Il n’y avait qu’envers Lorener que je me sentais redevable pour m’avoir estimé et gardé en vie. Malgré tout, il m’avait traité dignement. Et peut-être aussi Herle, après les explications de Jorus à la Princesse. Et encore... Cela restait à voir. Les autres, je leurs crachais à la gueule ! D’ailleurs, je n’eus pas une once de pitié lorsque Cromax acheva Aerq. Une tumeur en moins sur Nirtim, mais je n'eus pas le temps d'en savourer la symbolique. L'heure de la bataille approchait. Je repris la route à la suite de Xël, pressés de voir combien d’autres seraient purgés de cette terre.
Modifié en dernier par Ezak le mar. 21 sept. 2021 04:09, modifié 2 fois.

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Heartless
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Heartless » sam. 11 sept. 2021 00:14

Le trio fut rejoint par Sibelle alors qu'ils établissaient un plan de guerre sur le tas pour immobiliser les deux silhouettes qu'ils avaient rapidement identifiées. La première, cuirassée de la tête aux pieds, ne pouvait être que Perailhon, et la personne qui la suivait d'un pas agile, son visage voilé par une longue cape, était Xenaïr, le maître assassin...

Mythanorië créa une petite colline grâce à sa géomancie pour abriter le groupe en vue d'un combat à distance, et Leyna fit surgir un tsunami dans la direction des Treize, les renversant tous deux.

Seulement, après avoir entendu les cris et insultes de Perailhon dirigés vers la Déesse Noire et les appels pacifiques de Xenaïr, le groupe arriva vite à la conclusion que ces deux hommes avaient le même objectif qu'eux.

Leyna confessa son ascendance à Perailhon, choqué d'apprendre qu'il avait une fille, et les deux groupes se rejoignirent dans le but de s'attaquer à Oaxaca et à son Dragon Noir, de se venger du cataclysme qu'elle avait imposé aux mortels sans se soucier une seule seconde de leur sort.

(post en chantier)
Modifié en dernier par Heartless le sam. 11 sept. 2021 10:45, modifié 1 fois.

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Silmeria
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Silmeria » sam. 11 sept. 2021 01:05

J'avais envie de vomir.

Je marchais pendant de longues minutes, comme une petite fille traînant derrière les adultes. Aerq, Tal'Raban et cette brute de Kurgoth. Ils avançaient rapidement, écrasant les corps étalés à perte de vue, sans se soucier de rien. J'avais le pas plus léger, moins rapide, essayant de poser la botte sur des morceaux peu glissants, je visais les aisselles ou les morceaux de cuir plutôt que les armures de métal rendues terriblement glissantes par la pluie. Parfois je manquais de tomber, ne me rattrapant in-extremis avant de toucher le sol boueux. Je ne voulais pas me salir... Je ne voulais pas avoir de sang sur les mains. Cette boue poisseuse gorgée de sang qui moussait sous l'action de cette pluie qui commençait à coudre à point serrés la terre et les corps sans vie.

Le silence... Il créait un vacarme. Un tumulte, un hurlement incessant car là où s'entrechoquaient les êtres et le métal il ne restait plus rien. Plus qu'un silence pesant. Les larmes me montaient aux yeux. J'aurai aimé. J'aurai aimé voir tous ces hommes et femmes se relever et m'affronter, tous, condamnée à combattre une nuée incessante de guerrier... Tout le bruit du monde, les hurlements de mille spectres, des Dragons, des créatures les plus hideuses, des détonations magiques ou un hurlement strident... Tout. Tout. Tout été mieux que de l'entendre pleurer.

Silmeria sanglotait sans mon âme. Je sentais des larmes noires et une détresse infinie dans mon être et toute contagieuse que c'était, j'avais aussi les joues qui picotaient, les yeux qui se chargeaient de larmes et mes cils ne parvenaient plus à contenir ces larmes qui ne demandaient qu'à sortir. Je reniflait pour chasser cette envie, piètre consolation car les larmes revenaient à la charge. Je reniflais plus fort.

Elles revenaient.

Toujours.

Silmeria pleurait. Elle... Errait en moi. Je sentais que quelque chose avait changé, elle avait été bouleversée par ce sort et je crois... Qu'elle sombre.
(" Tous fauchés. Tous fauchés. Tous fauchés. Tous fauchés. Tous fauchés. Tous fauchés. Tous fauchés. ") Répétait-elle inlassablement. Le la voyais, petite ombre tremblotante lovée dans la noirceur de l'Ombre Noire, refusant d'entendre Cèles qui faisait de son mieux pour la rassurer mais la Faera n'avait plus de prise.

Elle m'expliqua assez désemparée que... Non. C'était idiot. Je chassais cette idée d'un geste de la main, agacée d'avoir à supporter cette réaction. Il fallait aller de l'avant, nous n'étions pas tirés d'affaire et bien que j'étais littéralement en train de piétiner des centaines de cadavres, je ne me sentais pas victorieuse pour autant. J'avais cette amertume comme si on m'avait volé la victoire, après ça, la mort du Roi ne serait qu'un bref détail de ce combat sur lequel on ne s'attarderait presque pas. Pourtant c'était là mon plus beau crime.

Et on me l'avait volé.

Le chemin qui nous conduisit jusqu'au Dragon Noir était presque terminé, j'avais pu observer son imposante stature et - dois-je l'avouer - j'ai tremblé en sentant sa puissance Divine, Bestiale, écrasante. L'animal que les Dieux eux même redoutaient semblait prononcer d'un chant guttural un nouveau sort qui s'élevait dans les Cieux. A côté de lui, la Reine Noire Oaxaca avait rameuté ses Généraux, la meute, les hommes et femmes les plus puissants et dangereux d'Omyre étaient tous ici. D'un oeil, je cherchais immédiatement Xenair, je sentais comme une envie pressante de le revoir et de lui demander s'il allait bien, s'il avait pu se remettre de ses émotions depuis sa récente capture mais le Maître Assassin n'était pas là.

Je me sentais délaissée par Xenair, je pouvais gonfler mon orgueil en imaginant que c'était sa confiance en moi qui l'avait encouragé à ne pas venir pour réaliser d'autres tâches pour la Reine Noire, mais je ne croyais pas à mon propre mensonge. Quelque part, je m'entendais plutôt bien avec Aerq et Tal'Raban semblait avoir eu un semblant d'estime pour moi mais... Je me sentais exclue dans mon propre camp. Dans ma propre armée ou ce qu'il en restait. Face à nous, une Déesse flottant dans des auréoles divines teintées de centaines de nuance d'un gris impénétrable posait sur nous un regard vide. A ses pieds, des centaines de soldats avaient marché jusqu'à s'arrêter et ainsi stationnés, avaient remplacés l'armée de Kendra Kâr par une nouvelle menace.

Plusieurs vinrent nous rejoindre. Il y avait cette brute épaisse de Karsinar et sa chienne de compagnie. Le Seigneur Crean, Premier des Treize et le Général modifié en compagnie de cet insupportable cafard d'Eldros. Azra et quelques nains, seuls êtres à des kilomètres à la ronde à devoir me regarder en levant les yeux - étaient venus avec quelques autres mercenaires dont j'ignorai le nom; Sirat lui aussi présent, les avait peut-être croisé. Mais peu m'important toutes ces personnes, ces êtres qui pour la plupart avaient erré jusqu'à nous faute de mieux, nous convergions vers le Dragon qui pourtant était un annonciateur de mort, et nous l'avions fait comme de vulgaire papillons attirés par la flammes ardente des torches.

Etions-nous tous fous ? Mon regard s'élevait alors aux cieux où la silhouette de deux dragons se dessinait sous les nuages gris. L'un d'eux ondulait comme une anguille dorée, l'autre battait des ailes aux teintes violettes et ce dernier, je le reconnus immédiatement.

Je ne sais plus si j'avais alors murmuré son nom ou si je l'avais gardé pour moi, même si je ne me faisais pas d'illusion, Tal'Raban savait forcément qui était le Dragon, il en allait de même pour nous tous ici car par la force des choses, nous avions tous été témoins de la transformation de Cromax. On pourrait croire que mon intérêt envers lui était douteux, que je dansais sur un fil et que sous celui-ci gisait la trahison. Offrir de la compassion à Cromax accusé cent fois de trahison était risqué, mais j'étais prête à prendre ce risque, je voulais en savoir plus et je voulais surtout le savoir par moi même, l'entendre, le voir, le comprendre et pas juste l'apprendre sous la forme d'un rapport informel. Si Cromax avait trahi un camp - bien que je doute, le connaissant qu'il sache ce que c'est - je me devais de le savoir.

Le Dragon violet se posa et sans même m'en rendre vraiment compte, je m'étais approchée jusque devant sa gueule écailleuse. Je me rappelais alors la première transformation à Elysian, lorsqu'il avait traversé les cieux pour déverser sur les navires un feu ardent. Allait-il tenter quelque chose de stupide ? Je le savais curieux et ma simple présence aurait je le crois capté son attention.

Je laissais tomber ma capuche sur les épaules, allait-il me reconnaître depuis ce triste passage dans la prison Shaakt ? Il portait sur son dos deux aventuriers qui descendirent sans attendre. Les deux semblaient armés jusqu'aux dents mais n'étaient pas vraiment disposés à se battre, je le devinais à leurs armes tirées mais leur comportement laissait plutôt entendre une recherche quelconque d'information, un besoin de savoir, de comprendre le gigantesque pourquoi, pourquoi ce charnier sans fin qui s'étendait de nos pieds jusqu'à l'océan, jusqu'à Oranan et qui sait encore si celui-ci ne continuait pas à absorber les âmes...

Un humain de grande taille échangea quelques mots avec sa comparse, une sang-mêlée Shaakt au visage poupon. L'humain passa devant moi sans pour autant me menacer, je crois qu'il ne me considérait pas comme une menace et il avait entièrement raison, je n'étais là que pour Cromax et tous deux passèrent leur chemin sans s'attarder. J'étais un peu déçue car je mourrais d'envie de savoir qui étaient ces deux là, envers qui Cromax aurait-il accordé sa confiance parmi les aventuriers qui officiaient pour le camp de Feu le Roi Solennel.

Le Dragon fondit par magie, ne laissant apparaître que Cromax. Il avait cet air circonspect comme à chaque fois que je lui disais d'horribles choses, visiblement sa surprise était de taille, il n'avait pas eu le temps de s'attendre à cette entrevue contrairement à moi. Nous n'avons eu le temps d'échanger que quelques mots avant que Kurgoth ne se lance dans un monologue visant à le pointer en tant que traître et parjure. La Reine elle même répondit que les traîtres seraient chatiés, il me fallait trouver un argument de taille, je ne voulais pas qu'on me demande de le mettre à mort ou voir un éclair noir frapper Cromax de plein fouet, ne faisant qu'un corps étendu de plus dans cet immense fosse à ciel ouvert.

Mais un temps... Ma vision se brouilla. Quelque chose montait dans mon esprit et embrumait mes pensées. Silmeria. Son état empirait. Les différentes altercations qu'on entendait fuser de partout agissaient sur elle comme une torture.

(" Du silence ! Du silence ! Du silence ! Du silence ! Ils parlent, crient, murmurent, susurrent mais ne cessent de parler de parler de parler de parler de parler. Du silence. Du silence. Le poids de mes pensées. Songes. Rêve. Tout ce bruit. Hurlement dans l'ombre. Le noir chaotique de l'ombre noire hurle. Un cri strident. Un hurlement. Taisez-vous ! Taisez-vous ? Pitié... Je la sens qui s'éveille. Je la sens qui s'éveille de son sommeil de mort. Lys ouvrira les yeux sur les ténèbres dévorantes et ordonnera qu'ils se taisent. Qu'ils se taisent. Qu'ils se taisent. Qu'ils se taisent. Qu'ils se taisent. Squ'il se taise sjnt se taissnet... Nous sommes Seules. Seules. Seules ? Ils ne cessent pas de parler, crient, murmurent, beuglent. Sans arrêt. Les morts ne parlent pas. Tuer. Il faut les tuer. Ils déversent des flots de chaos, de la discorde, le monde... ")

Cèles s'alarmait grandement et je commençais également à paniquer à entendre ce qu'elle répétait sans cesse. Silmeria semblait entendre Lys. Comme si le Dragon en fauchant les âmes avait ravivé celle de Lys dans l'Ombre Noire. Là où se trouvait Silmeria. L'ombre était notre nid, notre endroit secret, nous y dormions tour à tour, disparaissant de ce monde, ne laissant que nos pensées flotter comme des feuilles doucement portée par l'onde opaline d'un courant tranquille. Mais quelque chose avait troublé cette sérénité. Je voulais la libérer, laisser Silmeria sortir de cette torture qui semblait la rendre folle mais je ne pouvais pas prévoir sa réaction, il m'était impensable de la lâcher ainsi devant tout ce monde sans avoir la moindre idée de ce qu'elle ferait. Avec elle, il fallait parfois s'attendre au pire et je me devais de protéger mes pairs. J'avais regardé le ciel durant ce moment d'absence, là où flottait cet étrange Dragon doré qui nous observait tel un chat curieux. Je n'avais pas vu beaucoup de Dragons dans ma vie mais celui-ci était l'un des plus beaux, il m'envoûtait de sa danse légère et aérienne, comme le ballet fugace d'un papillon un beau soir de fin d'été, sachant qu'il allait mourir bientôt.

Mon malaise ravalé, je fis mine de rigoler en entendant Cromax m'appeler de nouveau son épouse. C'était là le signe d'une vieille entente entre nous et j'en étais infiniment rassurée. Il n'allait pas se montrer hostile envers moi. Mais la Reine avait parlé, je voulais savoir si les Généraux la suivraient quant à son avis tranché sur Cromax. Je me tournais alors, je sentais mon humeur s'aggraver, je craignais de perdre le contrôle car Silmeria déversait des flots de paroles incessantes et incompréhensibles.

" J'en appelle au Premier des Treize, Crean, au Premier des Nécromanciens, Tal'Raban, au Maitre des Espions, Aerq. "

Puis, je me tournais de nouveau vers Cromax, je laissais doucement ma main atteindre la garde de mon sabre pour le tirer à son tour avant de pointer sa lame argentée et pointue jusque sous le menton de mon époux.

" Et au Seigneur de l'Ombre... je ne laisserai pas les confrontations biaisées d'un Garzok porter jugement à un officier. Nous irons voir cette armée inconnue qui nous attend et nous adresser à un émissaire au lieu de nous confronter ici. Jusqu'à ce que vérité soit faite, le Seigneur de l'Ombre restera sous ma surveillance. "

C'était là une façon de confronter Cromax aux autres Généraux, voir s'ils avaient confiance en lui ou s'ils pouvaient au mieux essayer de lui accorder une seconde chance, je pensais surtout à Tal'Raban qui avait clairement identifié Cromax comme une menace. Si celui-ci pouvait changer d'avis, j'étais à peu près sûre de pouvoir faire entendre raison à Oaxaca afin qu'elle puisse revoir son jugement. Kurgoth quant à lui apprécia très mal que j'accuse son point de vue d'être biaisé et se lança envers et contre toute attente dans un long et fastidieux monologue qui laissa tout le monde sans voix. Je me tournais pour répondre à ses accusations et sa mise en doute quant à ma personne mais je préférais me taire. L'ambiance était si tendue, une simple réponse de ma part aurait pu provoquer un combat contre lui et je ne voulais pas voir mon plan ainsi détruit simplement pour assouvir ses pulsions colériques. Je feignis alors l'ignorance et le désintérêt même si je bouillonnais de colère de devoir me laisser parler ainsi sans répliquer par le fiel ou le sang.

" S'il tapait aussi fort qu'il gueulait, le Dragon nous serait inutile. Mais il y a plus urgent à faire que de gérer un Garzok fanatique... Il lui manque pas mal d'arbres pour en faire une forêt... "

Aerq qui s'était avancé, le seul à mon grand regret tenait néanmoins Cromax en respect, une dague dans le dos. J'estimais qu'il était largement apte à contenir les excentricité de Cromax, aussi je laissais ma lame glisser le long de son poitrail pour la tenir le long de ma jambe.

" Allons parler à une autre Déesse, en espérant ne pas rencontrer un troisième Dieu aujourd'hui... Surtout si celui-ci est en toge noir et trône sur les enfers. "

Nos pas nous conduisirent jusqu'aux armées de la Déesse Brytha, celle-ci totalement muette fixait l'horizon sans même paraître vivante. Son visage et son expression était la neutralité incarnée. Je ne réalisais pas vraiment l'ampleur de sa puissance mais je sentais quelque chose. Je sentais quelque chose de grand, qui nous dépassait tous et de très loin et peut-être suis-je très sotte de le dire, mais plus grand encore que la menace du Dragon Noir et de la Reine Oaxaca.

Les négociations commencèrent bien mal, j'enfonçais mon épée dans le sol et clamait que je venais en émissaire. L'homme en armure noire armé d'une lance, celui qui se démarquait nettement de ses hommes avança et prit parole, mais je crois que je n'écoutais pas vraiment car à ce moment là je vis son visage. Cet homme qui s'était joué de nous, celui qui avait trahi ma Silmeria, ma jumelle et nous avait fait échouer dans une cage. J'espérais qu'il se maudissait d'avoir tant oeuvré à protéger un Roi pour le savoir mort quelques heures après notre libération, envers et contre toute attente. Il savait que son échec cuisant le suivrait jusqu'à la tombe, lorsqu'il me vit je lisais l'incompréhension totale sur son visage mais celle-ci laissa bien vite place à la colère et à la haine. Il tira ses deux lames en chargea criant qu'il vengerait son Roi défunt. A cela, je n'avais aucune réaction logique. J'aurais pu laisser tomber mon fumigène à ses pieds et en profiter pour tirer ma lame du sol et le cueillir tandis qu'il sortirait de la fumée, profitant qu'il soit déboussolé mais non.

J'aurai aussi pu tirer la longue lame argentée de la Tueuse de Mage et perforer son armure sans aucune résistance, cherchant à crever son coeur ou ses organes, le blessant mortellement et salement plutôt que de le tuer sur le coup. Mais je m'y refusais, je voyais là comme un signe incroyable, celui de faire confiance à Cromax et Aerq, jusque là les Généraux m'avaient délaissée, me laissant volontiers de côté et je me devais de savoir si l'un d'eux ferait quelque chose pour m'aider en cas de danger. De plus, si Cromax m'assistait devant Aerq, celui-ci aurait pu témoigner en sa faveur auprès de la Reine et ainsi celle-ci l'aurait temporairement laissé tranquille. Ezak fondait sur moi, je lisais une hargne sans fin dans son regard, je portais alors le mien sur Cromax et Aerq, leur adressant un ultime sourire avant de fermer les yeux et d'ouvrir les bras, comme si Ezak était devenu mon amant et que je le laissais m'embrasser.

Silmeria se tut. Pendant un court instant il y avait un silence assourdissant. Une rafale puissante fit claquer mes cheveux sur le côté, manquant de me bousculer au passage. Mais il avait crié. Je l'avais entendu ça pour sûr. Cromax avait fait son choix, celui d'Omyre contre Kendra Kâr en empêchant Ezak de me tuer. Il l'aurait probablement fait d'ailleurs, celui-ci n'avait pas retenu son coup en me voyant ainsi désarmée. Il était toujours le jeune homme brutal et sans pitié, tel que Silmeria me le décrivait. Celle-ci justement recommençait à murmurer, elle prononçait son nom, elle voulait le voir de ses yeux tandis que moi, je murmurais le nom de Cromax, le laissant s'échouer dans mes bras, tâchant d'empêcher l'écoulement de son sang. Je collais mon corps à son dos comme pour comprimer ses plaies et de mes mains déjà rouges de sang je plaquais ses blessures tandis qu'il essayait de nous raisonner.



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Après qu'Ezak et les autres mercenaires soient partis, je restais un court instant avec Cromax. Celui-ci ne viendrait pas, j'en étais sûre maintenant. Il avait fait un choix que je trouvais douteux et avait lui aussi employé ce sauvetage comme un appui pour me convaincre. Il voulait que j'honore la confiance qu'il avait en moi et me rallier à lui ainsi qu'à ses odieux mercenaires. Je portais sur lui un regard noir " Si jamais. Un jour je devais apprendre qu'Aerq que tu viens de pacifier n'avait pas en tête de trahir Oaxaca et que tu as voulu me manipuler... je tuerai moi même ces mercenaires que tu affectionnes pour te le faire payer. D'ici là. .. " Il était inutile de le menacer directement, je ne pensais pas être capable de le blesser ou de le tuer, et quant bien même, je crois que je ne voulais pas avoir envie d'essayer. Il était bien l'une des rares personnes contre qui je ne voulais pas lever les armes.

" Je ne dis pas clairement que je me retourne contre la Reine Noire... "

Il était déjà temps de retourner jusqu'à la Reine Noire. Les négociations étaient un échec, un de plus mais celui-ci était prévu d'avance. Je revenais sans Aerq ni Cromax, laissant juste aux autres mercenaires le temps d'arriver. Je me tournais, peut-être une ultime fois vers Cromax et dit :

" Intrigue. Complot. Trahison. Mort... comme au bon vieux temps, Cromassst. "

Lui adressant un sourire amical, presque humain.

Sur mon chemin, les idées noires revenaient me hanter. J'avais bien reconnu les armes de Xenair sur ce mercenaire humain. C'était donc lui qui avait pu mettre à mal mon maître et l'avait dépouillé de ses armes, les arborant comme des trophées ? J'emboîtais le pas derrière lui, en silence, le sabre toujours à la main en caressant la Tueuse de mage de l'autre. En passant je portais un regard à cette ombre qui me suivait depuis déjà un moment et souffla avec amertume :

" Je m'attendais quand même à un peu mieux de ta part. "
La petite plume de la Mort.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


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Sibelle
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Sibelle » sam. 11 sept. 2021 02:47

Sirius avait accepté le sucre d’Orge, promettant de ne plus dire de paroles en l’air. Promesse qu’il venait tout juste rompre. Bien qu’il pensait sincèrement à ce qu’il venait de dire, Sibelle savait bien qu’il ne pourrait s’empêcher de provoquer dès qu’il en aurait l’occasion. Elle évita donc de commenter et le conduisit en lieu sûr. Leur chemin se sépara un court moment.

La guerre était loin d’être terminée, mais ils s’étaient battus sans relâche et Karsinar et ses troupes avaient fait demi-tour. Il y avait espoir… jusque là.
Et puis le vent tourna. Ou plutôt l’énorme calamité noire survolait les cieux tout en effectuant de grands cercles. Puis, sans prévenir, il piqua tel un aigle et fonça au centre de la bataille là où se discernaient des taches sombres. Il se freina de ses ailes noires et atterrit sans se soucier des dizaines de garzok qu’il écrasait de ses lourdes pattes ou qu’il frappait de sa longue queue.

Sa cavalière n’était nulle autre que la Reine Noire. Se voulant imposante et confiante, debout, les mains en l’air, elle s’adressa à tous :

« Aujourd’hui verra la victoire de l’Ombre sur la Lumière. Aujourd’hui, la Mort et la Guerre l’emporteront sur la vie et l’espoir. Futiles attardés, vous allez voir ce qu’il en coûte de me résister. Dont les témoins prennent acte. »

Sidérée par de telles paroles, Sibelle ne pouvait s’empêcher de les répéter pour elle-même.

( La mort et la guerre l’emporteront sur la vie et l’espoir…..)

Le visage de l’hinionne était encore plus pâle, ses jointures blanches également tant ses poings étaient serrés.

Et puis un grognement sourd, grave, intense provenant de la gorge du dragon se fit entendre. L’air de la plaine toute entière s’emplit alors d’une pestilence fétide provoquant un vertige à la guerrière. Et puis, la Mort gagnait du terrain…. Fauchant toutes les vies qu’il lui était possible de prendre. Les âmes quittaient les corps aspirés par l’ignoble Dragon noir qui n’en faisait qu’une bouchée. Effarée, Sibelle ne pouvait bouger, témoin impuissante de la cruauté qui sévissait en ces lieux. Armée de Kendra-Kâr, d’Oranan, de Darhàm, les liykors, les morts-vivants, les moins forts mouraient, peu importait leur camp. Les orques n’y échappèrent pas davantage. Il ne restait aucune âme sekteg ou Sinari. Curieusement, les elfes blancs échappèrent à ce massacre. Sibelle en déduisit qu’ils étaient tout simplement plus résistants.

Outre ses incommodantes nausées, Sibelle était dégoûtée par la cruauté d’Oaxaca, qui n’avait aucune considération pour la vie, et pas davantage pour ceux de son camp. Même les orques semblaient offusqués du comportement de leur maîtresse.

Alors que Sibelle allait tourner les talons pour se rendre aux murailles rencontrer les conseillers qui s’en étaient sortis, le dragon recommençait à gronder… le pire était à redouter.

Puis une brume s’éleva et du renfort arriva. De très nombreuses silhouettes grises apparurent. A l’ouest d’eux quelques centaines de mages portant des casques en bronze accompagnant leurs vêtements gris, tous guidés par une femme en gris. A l’est, des chevaliers en montures dirigés par un combattant portant un immense bouclier miroir.

Dans les airs, surplombant toutes ses armes grise, se trouvait une déesse grise : Brytha.

Celle tant redoutée par Sirat allait tous les sauver d’une mort certaine.

Puis non loin des armées grises se tenaient des worans et des humorans, dirigés par une lionne en armure lourde.
Oaxaca descendit de son destrier noir et retira son masque. Elle hurla suffisamment pour que sa voix se fit entendre sur la plaine entière
« A moi les Treize. » Elle ne riait plus. Ce qui constituait pour Sibelle une lueur d’espoir… Il leur restait encore une chance de s’en sortir.
Tout en se dirigeant vers les conseillers, Sibelle aperçut des cadavres possédant des gourdes pleines à leur ceinture. Bien qu’elle n’était aucunement une voleuse, elle savait que le seul moyen qu’elle aurait désormais de se ravitailler en potion serait de ramasser celles trouvées sur des gens décédés. Ainsi sans perdre de temps, elle ramassa suffisamment de potions pour remplir à pleine capacité ses gourdes.

Désirant se rendre aux conseillers pour faire un rapport, mais surtout écouter les nouvelles des autres, Sibelle aperçoit, une hache qui ressemble à celle de Karsinar. Intriguée, elle la prend dans ses mains, l'observe puis l'emporte avec elle jusqu'au conseiller.

Sibelle salua les conseillers d’un signe de la tête puis les informa:

"J'étais aux côtés de Cherock et Heartless contre Karsinar, mais je ne crois pas avoir plus d'info à vous raconter " Puis regardant l'arme de Karsinar.
"Je compte bien la rendre à son propriétaire... le temps de lui couper la tête...mais je suis patiente... Je viens surtout pour recevoir une nouvelle mission."

Nora Shimi les yeux encore humides remercia Sibelle pour ce qu’elle avait accompli jusqu’alors. Mais elle n’avait plus d’ordre à donner, elle lui conseilla seulement de survivre, souhaitant que le dragon noir ne détruise pas toutes les vies se retrouvant sur les plaines.
Sibelle les salua et tourna des talons. Elle prit ensuite sa forme hippogriffe et voler jusqu’à trio de pirates.
Une fois à la hauteur de Sirius, elle reprit sa forme elfique. Ce dernier semblait apprécier sa présence.

La prêtresse de Moura lança un sort d’eau sur Xenair et Peraillon, deux des sbires d’Oaxaca. Mais ces derniers, au lieu de surfer sur la vague, ils chutèrent sur le dos, sans grand mal par contre. Xenair se releva demandant de cesser les attaques afin de discuter.

Sibelle ne tenta pas de se dissimuler, son arrivée sous forme d'hippogriffe n'a pu passer inaperçue. Elle dégaina ses armes, mais ne fit aucun geste offensif et répondit:

"D'accord pour la discussion pour ma part." et se tourna vers les autres pour connaitre leur avis.

Sibelle, sa hache en main regardait les deux hommes et attendaient qu'ils répondent aux Questions de Mytha...
Les questions étaient claires, elle n'avait rien à ajouter.

Les deux lieutenants d’Oaxaca n’appréciaient pas le comportement de leur déesse, ils en avaient même plus qu’assez. Mais il ne pouvait ignorer son appel, ils se devaient d’y aller…Elle pouvait les forcer à se rendre jusqu’à elle, mais pas de se battre à ses côtés.

Sibelle rangea ses armes puis prit la hache qui était fixée dans son dos et suivit Sirius et les deux lieutenants.



***
Sibelle ramasse 8 grandes potions de soin et la hache de Karsinar.

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Leyna
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Leyna » sam. 11 sept. 2021 10:10

Ils décidèrent de se coordonner pour une attaque surprise : Mythanorië invoqua Yuimen pour leur dresser un abris contre les attaques des deux lieutenants tandis que Heartless préparait son arbalète et Leyna ses sortilèges.

Saisissant sa lyre, elle gratta une trille et invoqua l'eau à son secours. Au moment même où elle se baissait pour se mettre à couvert, elle relâcha un raz-de-marée qui frappa de plein fouet des deux adversaires... qui se mirent à protester, demandant de cesser l'attaque et assurant qu'il y avait un malentendu. Ils se relevèrent promptement, ne semblant guère blessés, et faisant face à leurs attaquants.

Perailhon... il avait mérité son nom de carapacé. Trident à la main, en armure rouge et bleue, il semblait un monstre marin sorti des légendes. Imposant, presque invincible dans son allure, il jurait avec tant de force que Leyna en ressentit un frisson. L'homme aux habits du désert, à côté de lui, semblait presque négligeable, bien que plus maîtrisé.

Elle n'en vit pas plus. Heartless, manquant de place, n'avait rien trouvé de mieux, pour rester à couvert, que de leur marcher dessus, à la capitaine et à elle ! La face écrasée dans la boue tandis que le pirate légendaire déballait son incompréhension de la situation avec un charisme tout relatif, les deux femmes échangèrent un regard. Puis, alors que Heartless hésitait encore entre insulter ses ennemis et parlementer (et par conséquent faisait les deux), elles usèrent de leur force colossale pour se relever d'un même mouvement, l'envoyant rouler en arrière. Après tout, ce n'était pas comme s'il avait quelque chose d'intéressant à dire.

Mythanorië était d'avis de retarder les deux généraux au mieux, mais déjà, l'homme en noir assurait qu'ils répondaient par contrainte à l'appel d'Oaxaca, mais ne souhaitaient plus combattre dans cette guerre absurde et inutile. Perailhon ponctua d'un :

« Qu'on aille lui éclater sa tronche à cette grosse pute génocidaire ! »

Un phrasé dont le manque de subtilité dévoilait pleinement la force d'un vrai guerrier ! Soudain, Leyna sentit son cœur bondir. Son père n'était pas un esclave ! Il était prêt à reprendre sa liberté face à la déesse ! Alors, elle se redressa et proclama :

« Je suis Leyna'sëraya ! Prêtresse de Moura, déesse de la force et du combat ! Je suis fière d'avoir pu tenir tête, et même renverser un guerrier de votre trempe ! Et je suis plus fière encore de vous voir ainsi refuser la servitude ! »

Avant même d'avoir réaliser quoique ce soit, elle était déjà sortie du couvert et s'avançait à pas lent. Ignorant même le nécromancien, sans doute un survivant de la bataille, qui les espionnait de loin et invoquait des squelettes, plus loin, au prix de menaces de mort. Elle n'en avait cure, concluant :

« Et j'espère aussi que mes prouesses vous on rendu fier... père. »

Il sembla légèrement estomaqué, mais il en fallait plus pour arrêter la jeune femme qui brandit un doigt accusateur :

« Ne croyez pas pour autant que j'ai pardonné ce que vous avez fait à ma mère ! Mais si vous refusez d'être encore l'esclave d'Oaxaca, alors vous êtes digne de la force de Moura. Et je serais prête à me battre à vos côté pour arrêter cet ignoble massacre ! »

Il se contenta de marmonner qu'il faudrait en parler plus tard. Pendant ce temps, l'assassin d'Omyre appela le nécromancien qui traînait un peu plus loin pour lui demander s'il allait se joindre à eux. Celui-ci fit alors disparaître ses invocations pour s'approcher d'un air plus pacifique, demandant comment faire pour vaincre une entité comme le dragon. Leyna approuva :

« Si on en crois la légende, seuls les dieux peuvent vaincre le dragon. Et Oaxaca est une déesse. Nos chances sont minces, mais si nous pouvons au moins les perturber assez pour interrompre le rituel... »

Leur « chef », pour sa part, estimait aussi qu'ils allaient devant quelque chose de trop gros, et il comptait sur les deux femmes du bord... La prêtresse se garda de répondre par l'évidence... elle-même n'avait guère d'idées face à une telle menace.

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Kiyoheiki
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Kiyoheiki » sam. 11 sept. 2021 11:38

~Auparavant~

~~

Notre vol nous conduit là où tout semble sur le point de se jouer. Le ser Cromax portant Cherock et Yliria, le Dragon Noir et sa cruelle compagne, quelques généraux présents suite à son appel. Sont également là quelques survivants, certains me semblant familiers même si la distance m'empêche d'en être certain. Si peu nombreux. Entourés de corps qui quelques minutes avant faisaient connaître leur existence et leur vie par des cris déterminés. Malgré cette désolation et ce carnage, un ton vindicatif résonne dans la plaine. Qu'elles proviennent de ceux avec lesquels j'ai fait équipe ou ceux qui se tiennent près de la déesse sombre, les paroles demeurent chargées de mépris ou de haine. Nous sommes si peu encore debout, mais la soif de mort persiste, alimentée par le ressentiment ou la vision d'une victoire incomplète tant que l'un des adversaires tient encore debout. Pendant que je vole en cercle au-dessus du dragon Cromax, j'entends les échanges se faire. Tant de morts dans les deux camps quand une simple confrontation des meneurs aurait pu épargner de nombreuses vies. Car j'ai sous les yeux les responsables de tout ceci, en-dehors des dirigeants et victimes déjà tombées au combat. Ma perle dorée émet un écho lent, mais je n'y prête qu'une attention superficielle.

À mesure que les pensées se font connaître, je constate que nul unanimité ne ressort de la situation. Si certains des Treize approuvent ce qui vient de se produire, d'autres s'en offusquent ouvertement. Karsinar en particulier, rugissant de la perte des garzoks, humanoïdes et bêtes sous son commandement. Sa révolte est accueillie par la Demie-Déesse comme une traîtrise et un affront. Elle le lui fait payer en frappant son propre suivant de sa magie obscure. Que cherche-t-elle à faire, à ainsi retourner contre elle ceux qui la servent depuis si longtemps ? Elle n'a donc pas même de considération pour ceux qui lui sont le plus fidèle et proche ?

Son geste fait réagir Yliria et précipiter cette dernière au secours du géant, Cherock venant la seconder. Elle use de sa magie sur le blessé. La vision me conforte dans l'idée qu'il a été possible de trouver un terrain d'entente, mais qu'il ait fallu une tragédie de plus pour que l'idée même émerge. D'autres voix s'élèvent, diplomatiques ou emplies d'émotions, adressées à la Reine noire ou à d'autres présents. Si certains mots sont censés faire réfléchir l'être divin à chevelure rousse, ils ne m'évoquent que le mur moral auquel je me suis déjà heurté plus tôt. Oaxaca est enfermée dans sa vision et sa haine, et je doute que qui ou quoi que ce soit parvienne à l'en sortir. Tandis que je survole mes compagnons, ma voix résonne à son tour dans la plaine lugubre.

"Aveuglée de colère et ivre de pouvoir est l'enfant des Dieux marchant en Yuimen. M'exhortant à protéger mes innocents, vous me les ravissez par l'intermédiaire d'un autre, Oaxaca. Le Fléau Sombre s'est gorgé de l'essence des vivants qui n'ont su résister."

Je flotte en vol stationnaire, mes yeux violets demeurant rivés au Cataclysme ailé.

"Combien de temps avant que son appétit ne se satisfasse plus des âmes mortelles et fauche jusqu'aux puissants êtres formant vos Treize ? Que ferez-vous quand, lassé des vies fragiles de ceux que vous méprisez, son choix se portera inéluctablement sur votre propre existence ?"

Une voix familière et ne m'évoquant que des souvenirs négatifs s'adresse à moi. Sirat. Il m'interpelle, faisant appel à ma sagesse, prétendant avoir essayé plus tôt d'expliquer la situation. Il veut se battre non pas contre Oaxaca, mais contre l'armée d'argent et leur meneuse. Il me faudrait lui faire confiance et m'allier à lui, ou devenir officiellement sbire des nouveaux venus. Je me contente de lui adresser un regard neutre et distant, me souvenant encore et encore de ses actes contre mon Peuple. Contre mes proches. Contre ma propre existence. Sa présence dans le campement kendran m'avait déjà interpellé, et une nouvelle fois il tourne le dos à ceux qu'il prétendait vouloir aider. Pense-t-il réellement être digne de confiance ? Quelques temps plus tôt, n'a-t-il pas une nouvelle fois essayé de nuire à mes compagnons et moi-même ? Et à présent, il cherche à me faire rallier le camp de la Sombre Dame contre une entité qui m'est inconnue ? Reine noire qui vient de causer le trépas de milliers de vies et de s'en réjouir ? Même si la menace grise est avérée, Sirat a trop souvent crié au loup pour que je sois amené à ne serait-ce que prendre son avis en considération. Me fier à lui n'est plus improbable, cela est devenue de l'ordre de l'impossible. S'il mise réellement sur mon soutien, il se fourvoie en pensant l'obtenir sans laisser paraitre la moindre once de repentance envers mes protégés. Et même ainsi, la souffrance qu'il a causé par ses actes ou ses paroles ne sauraient recevoir de compensation par une brève et non-sincère excuse.

Je ferme lentement les yeux puis les rouvre lorsque la Sombre m'adresse la parole, ne trouvant dans son fiel qu'une pirouette de plus. Une agression de qui ne sait que répondre face à légitime inquiétude, comme si elle refusait même d'envisager l'éventualité. J'écoute le reste des échanges, sentant la violence croître à mesure des paroles résonnant dans la plaine, mon attention rivée un bref instant au Dragon Noir interpellé par le jeune Tobias puis à la Reine d'Omyre.

"Etrange discours celui que vous tenez, Dame Oaxaca. Si ceux qui vous suivent doivent perdurer, pourquoi leurs corps jonchent-ils alors le sol des terres d'Ynorie, fauchés comme les autres par votre temporaire allié ?"

J'effectue un lent cercle dans les airs puis reprends.

"Si peur, faiblesse et fatalité sont tout ce qui nous reste, pourquoi devez-vous encore faire face à des adversaires déterminés à vous arrêter ?"

Je n'attend pas de réponse, la sachant butée. Je m'ébroue brièvement, chassant la pluie accumulée dans ma crinière et rivant mon regard violet au masque. Lentement, ma magie est appelée pour me protéger d'une possible salve d'ombre, sachant que les prochaines paroles que je compte formuler peuvent véritablement irriter la dirigeante d'Omyre.

"Enfant d'un dieu, partiale juge et bourreau des mortels... Hostilité affichée, jalousie masquée. Immortelle divine, condamnée par son ascendance à exister... Entourée d'âmes enchaînées, miroir inversé de ceux qui vous font face de leur plein gré. Les flammes de nos vies pouvant d'un geste être soufflées, et pourtant brillant plus que jamais... Puissante Dame, au plus profond de votre âme... N'êtes-vous pas en réalité envieuse de notre mortalité ?"

Un peu partout, magie et armes se manifestent. Alors que pratiquement plus aucun témoin n'est présent pour vivre ce moment, la violence va frapper de nouveau. Le conflit fait partie des voies de ce monde, mais le savoir ne parvient pas à me faire accepter ce fait. La cruelle incarnation de la Guerre s'adresse à plusieurs de ses interlocuteurs, les confortant dans la punition de leurs adversaires, les rabrouant pour leur ignorance, ou tentant de les charmer en leur promettant la vie sauve sous condition d'une reddition et fidélité sans faille. Incohérente. Illogique. À la fois déterminée à écarter autrui d'elle et pourtant à conserver un cercle restreint de fidèles indéfectibles. Ses actes lui font balayer ceux qui se sont ralliés à sa bannière et punir ses plus proches compagnons, pour l'amener à vouloir voir entrer dans ses rangs certains de ceux s'opposant à elle. Plus elle parle, moins l'idée que son immortalité lui pèse me semble dérisoire. Elle cherche prétexte sur prétexte pour se divertir, dénigrant ceux qui tentent de comprendre, pour séduire de paroles fausses le premier venu ne la remettant pas en question. Masquée, encore et toujours, qu'importe son déni.

Malgré le vitriol inhérent à mes mots, la Demie-Déesse ne me répond pas. Toutefois, son regard se rive à ma forme. Nul sentiment particulier à ce propos. Je m'oppose à elle en tant que défenseur meurtri de tout un peuple, une entité capable de rallier les miens aussi. Qu'importe son opinion à mon sujet, je ne ressens aucune hésitation.

Le Dragon d'Or d'Ynorie est le Devoir incarné, et il l'accomplira.


~Suite~


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Mythanorië
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Mythanorië » sam. 11 sept. 2021 12:31

*<---*

*6*

Il ne nous faut que peu de temps pour voir venir dans notre direction un duo de silhouettes. Une carapaçonnée et bien défendue, l'autre plus fluette et visiblement moins équipée pour le combat. La prêtresse comme le borgne sont tendus, l'un préparant son arbalète, l'autre se courbant pour avancer assez discrètement. Le pirate expose son plan, indiquant que se rapprocher sera trop dangereux et qu'il vaut mieux les arroser à distance. Il me demande de leur fabriquer un abri, là, à partir de rien. Je n'ai pas le temps de commencer une réponse que l'elfe croisée plus tôt se pose sous sa forme d'hippogriffe et se métamorphose près de nous. Il me faut faire preuve d'un grand sang-froid pour ne pas laisser paraitre ma frustration. Si nous voulons les prendre par surprise, par Moura, pourquoi venir dans une forme visible à des lieues à la ronde juste à côté de nous ? Si Sirius est ravi de la voir, j'ai du mal à ne pas manifester mon ressenti. Mes yeux clairs se dirigent vers nos cibles, et je les observe quelques secondes de plus. Après tout, c'est la première fois que je peux mettre une apparence sur un nom célèbre.

Sans les quitter des yeux, je mets un genou au sol, dédaignant l'état des environs et rassemblant ma magie de terre. Il semble qu'au lieu de recruter un terramancien, je vais devoir faire évoluer ma maîtrise de mes fluides en ce sens. Cela fait tout de même déjà une demie-douzaine de fois que je me sers de ces capacités d'appoint à la limite de ce que j'en sais.

"Je ne promets rien."

Aussi précisément mais vite que possible, je pousse les éléments terrestres environnants à se rassembler en un point. J'ai à peine fini de créer une modeste butte d'à peine un mètre que Leyna' se jette contre, projetant un raz-de-marée contre les arrivants. Un poids soudain me fait écarquiller les yeux, mais je suis momentanément concentrée sur les effets de la vague. Perailhon est renversé, son armure cliquetant bruyamment. Son voisin est aussi déséquilibré et choit à son tour. Pendant que le général en armure lourde émet un juron des plus imagés, presque au niveau de ce que peut nous sortir Lydia, je me rends compte que le borgne armé de son arbalète se sert des épaules de la jeune femme et de la mienne pour se hisser à moitié sur la motte de terre. Lorsque la voix de l'élégant arrivant se fait entendre et indique vouloir discuter, je tourne mon attention vers Leyna'. Je lui adresse un bref regard, grimaçant de la voix forte du poids que nous traînons tandis qu'il réplique avec entrain. Puis, il se calme pour demander de quoi nous pourrions discuter.

Qu'il s'y intéresse, soit. Qu'il le fasse en posant ses bottes sales sur nous à chaque mouvement qu'il amorce, c'est non ! Je finis par en avoir assez. Ce n'est pas après tout ce que nous avons traversé que je vais accepter de servir de marchepied. J'avise la prêtresse une nouvelle fois, jette un œil à notre charge humaine puis fais un signe du menton vers le haut, lui indiquant vouloir me redresser. Quand elle amorce son mouvement, je fais de même. Ne prêtant qu'une vague attention au borgne que nous envoyons littéralement balader, je m'adresse doucement à l'elfe à côté de nous qui semble pour la discussion. Avec ses armes sorties ? Elle donne évidement tous les signes qu'elle est prête à tendre son oreille pointue à ce qui va se dire.

"L'important est de les retarder."

Je redresse mon tricorne, avisant les individus avec méfiance. Le plus fin commence à expliquer qu'il n'est pas là de son plein gré mais ne peut résister à l'appel. Il semble calme, comme ayant accepté d'être ramené à la longe à sa maîtresse tandis qu'il s'était, je le devine, replié sur un vaisseau qui ne devait pas être destiné à finir dans les rochers. Et son compagnon se manifeste avec virulence, remonté et manquant totalement de respect envers sa reine. Je cligne plusieurs fois des yeux devant les paroles les plus explicites de Perailhon. Il veut lui... Éclater la tronche et l'injurie sans la moindre retenue. J'ai beau me méfier d'eux, le cri de colère du général des mers parvient à me surprendre. Il est... Trop direct pour être une supercherie.

Et puis, Leyna' se fait entendre. Elle se présente sous son nom à rallonge, se congratule d'avoir pu renverser un guerrier tel que lui et elle conclut par... Une salutation... Au géniteur qu'il est pour elle. J'échange un regard médusé avec Sirius, pointe du serpentin la prêtresse puis l'être en armure avant de... Hausser les épaules. Il y aurait un lien entre les deux ? Soit. Sauf que ce n'est ni le lieu ni le moment. À la question du borgne sur la clarification de ce qu'elle vient de dire, je me contente de répondre dans un souffle.

"Veut-on réellement savoir..."

Je conserve la main sur la garde de mon épée, remarque soudain puis avise un être qui invoque ses squelettes non loin. Impossible de dire quelles sont les intentions du mage noir. Mes yeux clairs se tournent vers le plus léger des deux qui nous font face.

"Comment avoir la certitude que vous n'allez pas l'assister ? Je peux croire votre... camarade. Mais vous ?"

Mes yeux se plissent avec attention.

"Et cet autre, là. Il est avec vous ?"

Le bien habillé confirme qu'il se trouvait sur le bateau, mais il élude totalement le reste de mes interrogations. Visiblement, ni lui ni son compagnon n'ont l'intention de s'attarder en compagnie du menu fretin que nous sommes. Comment les retenir sans effet de surprise ni envie de combattre ? Parce que oui, à voir Sirius sourire et se frotter les mains, agissant comme un bonimenteur ayant repéré une proie, je ne doute plus que les plans de les stopper ou au moins les ralentir est tombé en désuétude. En voyant Sirius se conduire en parfait... Sirius... Je ne peux que rouler des yeux et aviser le ciel grisé. Mon expression se ferme un peu. Alors que Leyna et le borgne étaient prêts à en découdre, l'elfe guerrière aussi, les voilà prêts à emboiter le pas aux suivants de la reine noire... Et juste parce qu'ils ont dit deux ou trois mots. Ce manque de prudence m'incite à demeurer sur mes gardes, et à ne pas perdre les deux lieutenants de vue.

Je marche dans la même direction qu'eux, conservant les serpentins sur mon arme et cherchant à demeurer quelques pas en arrière au cas où. S'ils tentent quoi que ce soit contre mes confrères et soeurs, je dois être prête à réagir.

"À vous entendre, vous n'approuvez pas du tout ce qu'elle vient de déclencher. C'est courant chez ses plus fidèles suivants ?"

Ce que Perailhon me répond sonne un peu inadéquat, m'indiquant que je devrais avoir peur après ce qu'elle a fait. Eux aussi savaient que son foutu reptile sombre était puissant, mais pas au point de ravir leurs alliés. Il compte venger les gens de Darham, mais comment ? Leyna' et moi savons parfaitement à quel point le dragon est dangereux, même quand il ne fait que s'amuser en passant. Ont-ils le moindre plan contre cette créature de légende ? De plan véritable, pas du style de ce qui doit encore traîner dans la tête du borgne, perceptible via son petit sourire un peu trop confiant. Le pirate s'exprime d'ailleurs à ce sujet, comptant sur la demie-elfe et moi pour le combat à venir, ses tactiques n'étant pas les plus efficaces. Euphémisme, euphémisme...Un bref instant, je doute même qu'il soit à l'origine de la Confrérie, ou ne l'aurait fondée que sur un coup de tête un soir de beuverie.

J'ai beaucoup de mal à m'en empêcher, alors je finis par réellement rouler des yeux et aviser le ciel gris crachotant sa pluie. Je secoue lentement la tête, effleure mon tricorne et garde un œil sur les généraux. Vu le carnage, je doute que nous ayons la moindre chance, mais si jamais... Au moins, les autres devraient avoir le temps de se sauver.



*--->*
Mythanorië, Oudio

Sœur de la Confrérie d'Outremer - Capitaine de la Rascasse Volante / Shaman hippocampe.

Thème musical

"Y'a pas à dire : la Mer, ça vous change quelqu'un !
"

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Cromax
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Cromax » sam. 11 sept. 2021 12:49

La fin d’une Ère – Deuxième partie.
Déesses et Dragon.



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Du côté de chez Oaxaca, les actes belliqueux commençaient à pleuvoir entre aventuriers. À l’image de Cherock, qui fit gronder la foudre juste au-dessus d’eux. Un orage éclata depuis les nuages déjà mouillés de pluie, effrayant les ennemis du Porteur de la Kizoku (et retranchant 15 à leurs jets de touche pour le reste du combat). À l’image aussi de Kurgoth, qui chargea comme un bœuf vers ses ennemis, mais se fit intercepter durement par l’une de ses cibles, Rendrak. Partiellement du moins, car si le garzok ne parvint pas à frapper correctement le mort-vivant, ni à passer outre lui, Rendrak dérapa sous le choc et glissa dans sur le sol couvert de corps et de boue. Azra, le lanceur de foudre et Karsinar étaient saufs. Pour l’instant. D’autres choisirent plutôt de se prémunir pour la bataille à venir, à l’image du sage Dragon d’Ynorie, qui se protégea pour un temps de tout sort d’ombre (deux tours). Ou Yliria, qui tenta de luire d’une aura fortifiante… En vain. Sa magie la trahissait pour cette fois, restant cachée en son corps.

Puis vint la tentative de Maâra. Deux runes furent activées dans ses mains, formant un disque de lumière qu’elle propulsa vers le Dragon Noir. Un jet de lumière qui parvint à toucher le monstre immense en plein œil gauche. Œil qui cligna au même moment que sa voix ténébreuse et psalmodiante se tut. Interrompu, il lança un rugissement terrible qui fit trembler chaque être encore vivant dans la pleine. Un grognement de haine, de colère, de frustration, qui résonna dans les os et le cœur de chacun. Mauvais, prêt à tuer, il tourna le regard vers celle qui avait osé le défier…

Mais ce rugissement avait aussi déclenché autre chose : La charge des troupes de Brytha, parmi laquelle Cromax s’était mêlé. Alors qu’Ezak, Faëlis, Silmeria, Jorus et Xël arrivaient par le Sud, que Heartless, Mytha, Relonor, Leyna, Sibelle, Perailhon et Xenair arrivaient de l’ouest, la charge fut donnée. En réponse, Oaxaca hurla à son tour :

« A l’assaut ! Pas de pitié ! »

Les orques se mirent en mouvement. Mais… pas tous. Une vague d’assaut était bien présente, mais tronquée de pas mal des combattants encore vivants. Aucune troupe de Karsinar n’était présente. Semblablement pour les soldats d’élite de Crean Lorener, qui avait levé un poing fermé pour leur intimer de rester immobiles. Crean Lorener qui alla jusqu’à s’écarter, s’éloigner du centre de la bataille pour se replier en arrière, parmi les siens. D’autres capitaines orques et chefs de clan refusèrent de mener l’assaut. Blessés d’avoir perdu de nombreux guerriers, outrés de la manière de faire du Dragon et de leur Dirigeante suprême. Déçus de se faire ainsi voler la victoire, de voir ainsi se rompre le combat de leur génération, par un acte allant contre leur honneur de bataille et de force.

Ils furent quand même nombreux à charger les troupes de Brytha. Et les deux armées se rencontrèrent avec violence en créant au milieu de cette bataille un énorme losange, se séparant en deux pour cerner totalement le centre du combat, occupé par le Dragon, Oaxaca, ses 13 et les aventuriers. La charge fut chaotique : de nombreux guerriers des deux camps tombèrent, trébuchèrent sur les cadavres ou glissèrent dans la boue et la neige. L’armée elfe flanqua les troupes d’Omyre, aidée sur le front par les Worans et humorans curieusement présents, à l’ouest, aidés par les mages gris et leurs sorts embrumés. À l’est, les monstres mécaniques de Khynt mêlés aux orques affrontaient le reste des golems kendrans et la cavalerie de l’Aîné. Et dès le début, l’on put voir un net avantage aux troupes de Brytha sur les garzoks déjà en combat depuis plusieurs heures. Leur charge, puissante, rehaussée de troupes fraîches et bien entraînées, faisait clairement la différence.

Trois silhouettes ne se séparèrent pas et pénétrèrent le losange du milieu du combat. Cromax, bien sûr, et à son côté l’Invisible. Et dans les cieux, Brytha, qui fondit vers le Dragon Noir avec célérité et détermination. L’image divine d’un être entouré d’ailes fonçant, épée au clair, sur cette entité infernale immense. L’arme de la Déesse toucha le dragon en pleine tête, dans un éclat de magie pure qui aurait annihilé n’importe quel être présent là. Mais qui ne sembla que partiellement altérer le Dragon. Terrible, monstrueux, il grogna de plus belle et, d’une rapidité qu’on n’eut pu attendre d’une telle créature, fit claquer sa mâchoire terrible dans les airs. Elle se referma, nette et sans bavure, sur le corps de Brytha. En son centre. Jambes prisonnières du monstre, elle se débattit, causant explosions magiques et frappes de son arme sur les gencives et dents de l’horreur faite réalité. Quelques dents du dragon sautèrent, atterrissant au sol, brisées ou entières, mais elle ne parvint pas à se défaire de l’emprise de la Création de Phaïtos. Allaient-ils assister à la mort d’une Déesse ? Au trépas d’une entité potentiellement plus puissante qu’Oaxaca elle-même ?

Il n’en fut rien. Brytha hurla. Un cri qui était mêlé de désespoir et de colère, de détermination glaciale et de ferveur. De son être brisé sortit une brume épaisse. Une brume qui l’enveloppa entièrement, puis le dragon avec elle, petit à petit. Un brouillard qui les entoura tous deux bien vite, alors que la terre vrombissait.

Et puis… plus rien.

Le néant. La brume se dissipa, et en lieu et place du dragon et de la déesse se trouvait un vide total. Une place nette. Pas un seul cadavre, pas un seul débris, pas un seul signe de ce qui se trouvait là avant. Brytha venait, c’était une évidence, de se sacrifier corps et âme en emportant avec elle le Dragon Noir. Vers un monde inconnu, où elle combattrait l’ignominie des enfers pour l’éternité. Mais plus sur Yuimen. En une action, elle avait ramené une sorte d’équilibre. Son but ultime, sa raison d’être. Les plus attentifs virent le ciel laisser choir une larme d’argent en fusion, qui tomba au sol dans la boue du champ de bataille. Tout ce qui restait d’elle.

L’Invisible cria alors, premiers termes empreints d’émotion qui sortirent de sa bouche…

« Sus à la Reine Noire ! Mort à Oaxaca, pour le sacrifice de Brytha ! »

Et alors que lui et Cromax rattrapaient Ezak et consorts, une sensation de nécessité de combattre s’empara de toute personne présente là. Combattre contre Oaxaca, ou combattre pour la défendre. Combattre jusqu’à la fin, sans peur ni hésitation, sans remords aucun. Car ce jour, ils avaient vu l’impensable.

Aux côtés d’Oaxaca se dressèrent Tal’Raban, Khynt et Leona. Prêts à défendre leur déesse noire. Mais ce ne fut pas tout : La Reine Sombre ouvrit un pendentif jusqu’ici caché, et deux formes en sortèrent. Deux formes spectrales terribles, vengeresses. Leur identité ne laissait aucun doute. Deux âmes puissantes qui avaient été préservées du repas du Dragon. Deux âmes défuntes et liées à Oaxaca de près. Sisstar et Gadory, vicitmes de cette bataille.



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Et sous cette forme inquiétante, ils allaient se battre pour protéger leur seule garantie de vivre.

Sans plus attendre, un cri sonna l’hallali. Celui de Perailhon, qui arrivait par l’ouest.

« A MORT ! BUTEZ-MOI CETTE REINE DES CONNASSES ! »

Karsinar se mit à charger de même, pareillement que le général nain et les siens. Xenair, lui, resta immobile, en bordure du losange de la mort. La dernière bataille commençait. Une déesse et ses généraux contre l’alliance des peuples de Yuimen. Des survivants de sa haine. Des rescapés de la mort qu’elle avait semé.




[HJ : Alors, on va attaquer un gros morceau, ici. Le combat final de l’event.
Du coup, je mets en place une organisation un peu spéciale. Elle se passera parallèlement sur le forum (à la suite de cette mise à jour) et sur le discord (dans un sujet que j’ouvrirai pour l’occasion).
VOUS devrez poster dans le sujet du discord vos ACTIONS et PAROLES, ainsi que rappeler vos buffs et débuffs actifs sur VOTRE personnage, que ce soit dû à un sort, un équipement ou toute autre intervention. N’enrobez pas le texte de descriptions de vos pensées : vous garderez le côté littéraire pour votre post final.
DE MON COTÉ, je mettrai à jour TOUR PAR TOUR le combat via un post sur le forum, avec toutes vos actions et celles des PNJ. Ce post reprendra donc l’intégralité du combat, au final. Je ferai ces mises à jours les MARDI, JEUDI et SAMEDI, ce qui laisse entre chaque tour deux journées complètes (ou plus) pour poster votre action sur le discord. Ceux qui ne peuvent pas suivre ce rythme, aucun problème. Vous posterez vos actions à votre rythme sans être lésés. Que vous ayez ou non posté une action, je ferai la mise à jour avec ceux qui auront agi.
A LA FIN DU COMBAT (j’ignore combien de temps il durera précisément), je clôturerai le post d’une dernière mise à jour et vous pourrez enfin RP l’intégralité du combat sur Yuimen, et introduire la fin de l’événement.
Attention, préparez-vous à du lourd, parce que je serai sans pitié.
Si vous avez la moindre question, c’est via le channel « Questions » du discord. Si vous voulez discuter entre vous d’une stratégie à adopter, c’est via le channel « Stratégie ». Et si vous voulez papoter et psychoter sur ce qui se passe, c’est dans la « Taverne » que ça se passe. Tout message qui n’est pas dans la bonne catégorie sera immédiatement supprimé par mes soins. (si vous avez des réactions à partager à telle ou telle action, les pitites émoticones de discord sont là pour ça.)
Il me reste une consigne à vous donner : ENJOY. Et aussi, vu que c’est un combat particulier, pensez en dehors de la boite. Vos adversaires sont très particuliers.]


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Byrnisson
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Byrnisson » sam. 11 sept. 2021 15:53

Chapitre VI : retrouvailles

A notre arrivée, la reine noire est flanquée de ses plus proches partisans. Il y a là ses généraux, l’homme auquel j’ai été confronté lors de la charge contre Créan Lorener, un Worran aux traits étonnamment humains, une elfe au teint blanc neige et un garzok épais comme deux hommes. La reine ordonne à sa suite d’abattre tous ceux qui s’opposeront à elle, et de protéger le dragon noir.

Et d’opposants, la reine noire pourrait s’inquiéter d’en dénombrer encore autant. Il y a tout d’abord deux dragons, au proportions plus modestes que le dragon noir, mais qui renforceront grandement notre force de frappe. L’un d’entre eux porte deux personnes sur son dos, dont l’une n’est autre qu’Yliria. Je me réjouis de revoir son visage familier. Une petite compagnie de nains se tient également là, ultimes représentant d’un régiment qui surpassait par leur nombre, toutes les autres formations de notre armée. A côté, se tiennent le commandant Perussac, Lord Azraêl, Maâra et moi, Tobias Arthès, ex-soldat d’une armée décimé, confronté à leur meurtrier, incapable de réprimer les tremblements qui m’agitent tant je souffre de me sentir si anodin.

(S’opposer à une demi-déesse et au plus grand et redoutable des dragons, un fait d’arme digne des plus grands héros, pas d’un novice.)

L’approche du dragon gris provoque quelques émules. Le bête atterri à quelques mètres de nous, dépose ses passagers au sol tandis que le garzok massif s’égosille en les pointant du doigt. L’elfe blanche se dirige ensuite vers le dragon gris qu’elle désigne comme étant son époux, Cromax d’Amarthan, et lui demande de reprendre sa forme elfique.

(Des époux, aux intérêts divergents...)

Le dragon s’exécute et, en quelques secondes seulement, prend la forme d’un sindel élancé.

L’assemblée, tourne alors en règlement de compte. Yliria et l’humain qui l’accompagne alpaguent les partisans d’Oaxaca, déplorant le massacre commandité à son dragon par la reine noire. Selon eux, les projets de la reine, autoproclamée “déesse des exclus”, conduiront à l’extinction de toute vie en ce monde, des vies qui n’atteindront jamais le repos éternel. Le projet fou d’une reine folle à lier. Quelques-uns prennent la défense de leur déesse, arguant qu’elle leur donnera accès à un pouvoir absolu, ce que confirme Oaxaca lorsqu’elle répond aux diverses accusations. Elle clame être la déesse des forts, celle qui se dresse contre les oppresseurs. D’une voix puissante et emprunte d’autorité elle annonce que nous n’avons survécu au dragon que par sa seule volonté, qu’en nous ralliant à sa bannière nous pourrons construire un monde nouveau, sur les cendres de notre monde actuel, qu’elle dit décadent.

(Et, une fois ce nouveau monde construit, elle, toute puissante, aura tout loisir d’éliminer ceux qui la gênent ou lui seront inutiles.)

En témoigne sa réaction, lorsque le général Karsinar accuse sa reine d’avoir annihilé de fidèles et valeureux combattants, orques, hommes et likyors. En réponse, et en dépit des services rendus par son général, Oaxaca se contente de le traiter de parjure et déchaine sur lui un puissant sortilège qui lui retire toute vitalité. Yliria s’empresse de soigner le blesser puis déclare que la reine n’a de considération que pour elle-même et que sa réaction en est une preuve édifiante. L’homme qui l’accompagnait soutien ses paroles et prend à partie Khynt et Créan.

Lord Azrael s’exprime également, alpaguant une partisane d’Oaxaca nommée sarl, proche de Karsinar si j’en crois sa réaction lorsque Oaxaca lui a jeté son sort. Il l’encourage à rejoindre nos rangs, à s’opposer à cette reine qui a massacré les sujets qu’elle lui avait confiés en joignant son armée à Oaxaca.
Je pourrais très bien garder le silence, laisser parler les grands de ce monde, reine, généraux, commandant, aventuriers émérites et observer placidement la scène comme le fait jusqu’ici le dragon d’or qui cercle au-dessus de nos têtes. Quelque chose me pousse cependant à intervenir. L’impression que le silence de certains généraux d’Oaxaca camoufle une hésitation. L’intuition que même parmi ces ennemis, d’aucun soient dotés d’un sens de l’honneur. Le souvenir de Nayssan où la parole d’un capitaine a permis de gagner la confiance d’un des treize. L’espoir qu’un discours apaisé puisse peser dans la conscience des gens. Je m’avance de quelques pas. Depuis quelques minutes déjà, mes fluides lumineux ont balayé la colère, la haine et l’animosité. J’ai face à moi une demi-déesse et les plus puissants de ce monde.

(Garde le contrôle, petit soldat.)

« Généraux d’Oaxaca, la fidélité que vous témoignez à votre reine est honorable, mais il serait regrettable de vous enfermer dans le déni. Une reine, toute puissante qu’elle soit, devrait protéger les intérêts du peuple qui lui est dévoué. Voyez ce qu’elle a fait à vos troupes, des hommes, garzoks et lyykors qui vous faisaient confiance, et constatez qu’elle n’a de desseins que pour elle, que vos existences n’ont de valeur que tant qu’elles lui seront utiles. Et cette utilité décline à mesure qu’elle maîtrise un peu mieux son pouvoir, qu’elle dit absolu.

Réjouissez-vous qu’elle vous appelle, quand ayant déchainé son pouvoir, elle s’inquiète de voir surgir une armée. Tremblez en revanche quand plus aucune légion ne lui sera opposée, car ce jour-là votre vie n’aura pas plus de valeur que ces Garzoks, qui gisent par milliers.

Quelques-uns de vos confrères généraux – Je désigne Karsinar, et cite sans le nommer Herle Kirshok - dont certains sont absents sur ce champ de bataille, ont compris cela avant vous. »


Mes yeux croisent ceux d’Oaxaca, je fixe mon regard dans les siens. Elle va probablement me foudroyer d’un sortilège d’une seconde à l’autre.

(Garde le contrôle, petit soldat.)

« Cette reine a trahit ces sujets, vous ne lui devez plus rien. »


La voix du dragon d’or gronde depuis le ciel, faisant écho à mes paroles. La bête, un esprit protecteur d’Oranan peut-être, parle de la perte de ses enfants et lance un avertissement aux treize : lorsque l’insatiable dragon noir se lassera des âmes des plus frêles mortels, il reportera inéluctablement son appétit sur les treize.
En face, plusieurs partisans réaffirment leur allégeance à la reine noire. Au passage, l’homme que j’ai affronté lors de la charge contre Créan se présente comme étant Eldros Rougine. L’impressionnant Garzok, se place lui et son peuple en victimes et nous qualifie de vermine prétentieuse. Ces fanatiques m’importent peu, j’espère que nos arguments ont donné à réfléchir aux individus les plus raisonnés. Et même si en apparence les autres généraux ne montrent aucune faille, certains se joindront peut-être à nous au moment décisif.

Les esprits s’échauffent. J’écoute, pour ma part, ennemis et alliés discourir sans animosité mais la tension monte d’un cran lorsque le Garzok et le compagnon d’Yliria tirent les armes après un échange de paroles houleuses. La plaisante discussion ne va pas tarder à se fondre en une sanglante échauffourée. Quelque chose m’interpelle toutefois dans les paroles de la reine lorsqu’elle répond au dragon d’or :

« Vous ne connaissez rien de mes projets ou des siens – en désignant le dragon -. Vous ne faites que patauger dans cette ignorance emplie de peur, de terreur. Vous êtes faiblesse et fatalisme. Ceux qui me suivent seront épargnés, sauvés, des dieux parmi les mortels, quand vous, vous mourrez tous sans exception. »

Perdre ainsi tout contrôle me frustre, combattre sans avoir eu l’occasion de rechercher un compromis m’attriste, surtout quand je risque d’être le premier être cloué au tapis. Je tente une dernière bravade pour exhorter Oaxaca à faire plus grand étalage de ses profondes contradictions. Je m’éclaircis la gorge et lève un peu la voix pour attirer son attention :

« Majesté, vous affirmez que nous ne connaissons rien de vos plans. Dans le même temps, vous sous entendez que nous avons survécu uniquement parce que nous avions potentiel un rôle à jouer dans ce plan et nous demandez d’y souscrire, aveuglément. Pourquoi ne pas nous dévoiler vos desseins ?»

Enfin, je m’étonne que l’acteur principal de cette bataille ne se soit pas manifesté. Qui ou que représente ce dragon noir ? Quel est son but ? Est il contraint d’accomplir les volontés de la déesse ? Je lève la tête et tente d’alpaguer la bête :

« Il me semble de plus qu’une voix au moins parmi nous ne s’est pas encore exprimée. Seigneur dragon, êtes-vous le meneur de ce plan ou au service de la reine Oaxaca ? Partagez-vous ses ambitions ou êtes-vous contraint d’exécuter sa volonté ?»

Pas de réponse. Pas même d’Oaxaca qui se contente d’un ultimatum, suivre obstinément sa cause ou périr, car nous autres mortels sommes inaptes à comprendre ses desseins. Voilà qui je l’espère devrait permettre de convaincre, en bien ou en mal, les hésitants. Je dégaine mon épée et mon bouclier, honteux aveux de notre échec à trouver une solution diplomatique. Cet échange m’aura au moins permis de renforcer mes convictions. Nous ne combattons pas pour satisfaire l’orgueil ou les envie de grandeurs des seigneurs de ce monde. Nous sommes face à une puissance chaotique, imbus d’elle-même, soutenue par des partisans obstinés, aux esprits vils et dérangés.

Négocier avec un tel ennemi est vain. Il n’existe qu’une solution, le détruire.
(HRP :
- Equipé de son cimeterre tout neuf et de bouclier (-10 jet de touche adverse)
- Arme élémentaire activée.)
Modifié en dernier par Byrnisson le mer. 15 sept. 2021 11:25, modifié 1 fois.

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Re: Plaines de Kôchii

Message par Cromax » mar. 14 sept. 2021 16:15

La fin d’une Ère – Deuxième partie.
Bataille finale – Tour 1

Alors que la voix de Leyna enchante tout le losange de la mort de son entrain ménestrel, sa comparse oudyo adresse la parole à Xenair, qui lui rétorque posément :

« Je ne compte pas intervenir dans cette bataille, ni dans un camp ni dans l’autre. Je ne suis ici que spectateur. »

Un tir d’arbalète en provenance de Jorus partit complètement de travers, droit dans le mollet armuré de l’Invisible, qui arrêta sa course d’une traite pour se retourner vers le tireur malheureux, silencieux et immobile, armé de sa longue lance.

Tobias, de son côté, interpelle l’ex Duc et le général nain, qui vont accéder avec une férocité non feinte à sa demande, et charger Khynt. Les dix soldats d’élites nains, eux, restent en bordure du losange pour contenir d’éventuels ennemis d’y pénétrer, fracassant quelques garzoks au passage. Ils se retrouvent ainsi tous trois au corps à corps avec Khynt, Tobias un peu en retrait par rapport à ses puissants alliés.

Eldros, juste à côté, ramasse au sol un éclat de dent de dragon. Pointu et perçant comme pas deux, mais quasiment immaniable sous cette forme grossière et sans manche. SIbelle, elle, rejoint le spectre le plus proche d’elle, à savoir celui de Gadory, désormais engagée au corps à corps avec lui. Silmeria, de son côté, contourne le combat en empoisonnant sa lame. Elle est désormais à portée de voix de Leona, mais pas encore au corps à corps avec elle. L’ombre ne lui répond rien. Toujours rien. Existe-t-elle bien, seulement ?

Relonor, de son côté, ordonne à son invocation de lancer le sort d’Arcane noir, ce qu’il réussit à faire sans peine. Son maître, quant à lui, est prêt à agir, lame en main, cernée de volutes de vent. Faëlis réussit à protéger Ezak de sa protection solaire, garantissant une immunité aux sorts d’ombre pour trois tours. Xël fait de même sur Ezak, réussisssant son sort. Pendant cinq tours, il aura plus de chances de toucher, moins de chances de l’être, et pourra frapper plus rapidement que le vent.

Ezak, d’ailleurs, plonge droit vers Gadory. Une attaque surprenante, un double estoc plongé, mais que le spectre esquive sans peine d’une circonvolution floue. Le retour de flamme ne se fait pas attendre, et le spectre inquiétant tend une main squelettique floue vers l’Elite kendrane. Nul doute qu’il lance un sortilège, mais la protection solaire du guerrier le protège des miasmes noirs qui tentaient de s’infiltrer en lui.

Heartless, de son côté reçoit une réponse implacable de l’Amiral d’Oaxaca :

« C’est elle qu’on doit crever comme une truie, bordel. Les autres ouvriront leurs putains d’yeux après ! »

Son trait part donc, suivant les ordres, vers Oaxaca. Un trait précis, rapide, meurtrier, qui file vers la déesse avec célérité. Le trait touche en plein cœur, traversant la pansière de la déesse noire… avant de se désintégrer en une chute de poussière noire qui glisse le long de l’armure de la déesse. Le trou dans son armure reste bien présent, cependant, mais elle ne semble pas du tout affectée. Pour l’instant. Pile à ce moment Cromax arriva à sa hauteur, armes dégainées. Karsinar et Sarl firent de même, tout comme Perailhon, prêts à gang-bang la Reine Noire. PAR CHANCE, la comète lancée par Yliria manqua sa cible. Et heureusement, parce qu’elle aurait fait un carnage, sans ça.

Alors que le Dragon d’Or tentait une illusion sur deux des généraux restés fidèles à Oaxaca, Sirat tentait une torture mentale sur le troisième. Deux échecs, de leur côté : leur magie ne leur obéit pas pour cette fois. Semblablement, les squelettes invoqués par Maâra ne s’éveillèrent pas. Pourtant, les âmes affluaient du côté des combats. Le sort n’en fit qu’à sa tête, sans relever quoique ce soit.

Azra tenta un sort offensif sur Kurgoth, et le réussit de main de maître. Le garzok s’effondra sans pouvoir agir, tombant dans l’inconscience la plus totale, défoncé par une blessure létale magique au torse, sa faiblesse. Il ne put donc agir, et Cherock s’acharna encore sur le pauvre garzok fidèle à sa maîtresse en lui envoyant une bonne dose de foudre dans la tronche. Trois, même, pour être exact. Deux létales à la tête, plus une grave. Et, content de lui, il but sa petite fiole des neiges.

Khynt, voyant arriver vers lui tant d’assaillants, lança un sortilège autour d’elle. Un isolement total, un mur de foudre épais qui frapperait quiconque oserait le traverser. Sisstar, ne voyant personne sur elle, se tourna vers le tireur qui avait tenté de la viser : Jorus. Il ne sut guère ce qui se passa exactement, mais ses sens parurent se brouiller, sa vue devint floue, son ouïe n’entendant plus que des échos. (-15 aux jets pendant 3 tours)

Leona, elle, protective, s’entoura d’une gangue pierreuse articulée autour de tout son corps. Tal’Raban, voyant ses frères ennemis se ruer sur Oaxaca, tenta un sort sur Karsinar, tendant ses mains vers lui, mais rien ne sembla se passer de son côté.

Enfin, Oaxaca ricana devant l’assaut de tout ce monde et s’éleva de deux mètres dans les cieux, au-dessus de sa position, écartant les bras et faisant curieusement fluctuer des vagues d’ombres autour d’elle, extatique et menaçante, effrayante.

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Re: Plaines de Kôchii

Message par Cromax » jeu. 16 sept. 2021 19:41

La fin d’une Ère – Deuxième partie.
Bataille finale – Tour 2


Xenair rétorque sereinement à Mythanorië :

« Je suis vaincu. Je me suis rendu, ma place n’est plus ici. »

L’Invisible fait de même avec Jorus, qui change son équipement. Aucune parole pour lui, juste un lent secouement de la tête de gauche à droite, d’un air qui semble dépité même si son visage est entièrement masqué par son casque. Il se retourne alors et continue d’avancer vers Oaxaca.

Relonor tente pour sa part une attaque contre la ménestrelle et son chant encourageant. Une attaque qui ne passe pas, la semi-elfe bleue se mouvant agilement pour l’éviter, sans interrompre sa ritournelle. Le sort que son élémentaire produit vers le trio de la Confrérie fonctionne, lui. Partiellement en tout cas. Il frappe Mytha, lui octroyant une blessure grave d'ombre au buste... Heartless, lui, tente à nouveau sa chance à l’arbalète. Moins chanceux cette fois, le trait passe à côté de sa cible précise, sans toucher personne, se perdant dans les hauteurs de la bataille où il retombe peu après, blessant sans doute au passage un orque… Ou un fantassin de l’armée grise.

Tobias tente d’augmenter les chances de survie des deux commandants l’accompagnant à l’aide d’une rune. Le hasard ne se laisse pas mener par le bout du nez, pourtant, et en termes d’esquive, c’est ses cibles qui se meuvent ainsi contre leur volonté pour éviter son contact, interrompant toute action de leur part. Un coup dans l’eau, et une rune dépensée pour peu d’effet concluant. Maâra tente également sa chance, et pas sur n’importe quelle cible, Oaxaca elle-même. Sa volonté est faite, alors que de la rune un courant d’air s’en va flirter avec la sombre déesse, tournoyant autour d’elle en faisant claquer les parties plus molles de son armure, battant les rares mèches dépassant de son casque de sa chevelure de feu. Un effet visuel qui peut gêner Oaxaca, mais qui cause également un visuel un peu inquiétant, renforçant l’angoisse créée par ses volutes d’ombres.

Si Azra et son compagnon décident d’aller vers leur prochaine cible, Gadory, atteignant ce dernier, Yliria décide qu’il est temps de s’approcher de la Déesse sombre, en toute discrétion, invisible aux yeux de ses ennemis et de ses alliés. Eldros, de son côté, s’avance vers la goutte d’argent laissée par la disparition de Brytha, seule marque (à part les dents et les bris de celles-ci) de son combat sacrificiel contre le Dragon Noir, terreur des dieux. La goutte, large de vingt centimètres de diamètre, a creusé le sol où elle est tombée, comme une marmite où elle continue de bouillonner, argent fondu glougloutant et formant quelques bulles épaisses en dégageant une fumée âcre.

Cherock tente une action audacieuse, se servant de ses pouvoirs de foudre magnétique pour soulever de terre la hache du Garzok mort. Elle prend ainsi son envol, lentement… Mais avant de s’être écartée totalement, une poigne verte terrible se referme dessus. Kurgoth revient d’entre les morts, une lueur verte inquiétante dans le regard. Son corps suit la trajectoire de la hache en finissant de s’animer, alors qu’entre ses tempes résonne un ordre formel dicté d’une voix ténébreuse : « Tue Karsinar ». Un ordre auquel il ne peut se soustraire. Une résurrection de Tal’Raban sur ce guerrier terrible, désormais mort-vivant (je te fais un résumé de tes capacités après la mise à jour). Il atteint le Prédateur Ultime au mieux de sa forme, même si les blessures magiques sur son corps et sa tête sont encore présentes, fortement marquées.

Les armes ou coups de Perailhon, Karsinar, Sarl et Cromax tentent de s’abattre sur une Oaxaca qui redescend curieusement de son petit instant d’envol, mais aucune ne touche, comme si les ombres tournoyant autour d’elle formaient une protection invulnérable. Cause de sa retombée au sol, et de l’arrêt de son rire de puissance : Xël armé de son bâton, galvanisé par sa furie zéphyrienne. Et d’autres sorts fusent sur le champ de bataille : une protection solaire sur Xël, l’immunisant aux sorts d’ombre ; une bénédiction auto-lancée par Kiyoheïki sur lui-même, augmentant ses réflexes. Tal’Raban le sombre rétorque au semi-elfe :

« Ma loyauté va à la Mort. Votre mort à tous, hérétiques craignant le pouvoir divin de la Reine Noire. »

Ezak, accéléré par la magie de vent, se fend en avant pour transpercer le spectre de Gadory. Une attaque qui passe littéralement au travers de l’esprit revenu, immatériel et apparemment insensibles aux attaques physiques. Tel que le montre l’instant d’après l’attaque de Sibelle, qui ne frappe lourdement que le sol après avoir traversé le spectre. Et Gadory réplique sans attendre, s’en prenant cette fois à Sibelle. Une main d’ombre sort de son corps éthéré pour saisir l’elfe blanche à la gorge, ponctionnant son énergie vitale et la blessant gravement à la gorge avant de disparaître. (Blessure grave + retrait de 10PE).

Le sort de Sirat, lui, semble avoir plus d’effet : Khynt semble perturbé par le sortilège de l’humoran, secouant la tête comme pour se ravoir. Elle tente cependant une attaque foudroyante. Un éclair frappe le général nain durement, sans sembler lui causer trop de blessure cependant, avant de filer vers Pérussac. Lui est plus gravement touché, même s’il se maintient debout, toujours prêt à combattre. L’éclair finit enfin sa course sur Tobias qui se le prend de plein fouet, causant une blessure grave sur son torse.

Sisstar, elle, semble incanter à nouveau un sortilège. Et ses cibles ne sont autre que les trois aventuriers les plus au sud du losange de bataille : Jorus, Xël et Faëlis. Un effet qui ne tarde pas à se manifester, alors que leur perception est brouillée, et qu’ils voient subitement apparaître, entre eux et le reste du combat, la tête du dragon noir sortant du sol avec bruit et grognements, leur faisant face terriblement comme si elle préparait à faire déferler son souffle de mort sur eux. Un cauchemar vivant qui les paralyse de peur…

Ailleurs dans le combat, une assassine approche de sa cible. Silmeria, armée comme jaja, déterminée à tuer Leona, se fend dans les airs pour plonger sur sa victime inconsciente du danger. Sauf que là, GRUBER VAN DER SCHWARTZ sort subitement de terre devant elle. Son attaque, lancée, ne peut être arrêtée, et Silmeria traverse littéralement le gentâme, lui occasionnant un frisson d’horreur, une sorte de froid artificiel lui glaçant l’échine et ralentissant son geste, qui n’atteint pas sa cible, la prévenant de la présence de l’assassine. Le gentâme se recule alors, fixant Silmeria de son regard aveugle, perdu dans sa capuche d’ombre, et parlant d’une voix fantômatique.

« Les traitres doivent tous périr. Toi aussi. Demande-moi comment tu seras tuée. »

Leona, elle, tourne son visage pierreux vers l’elfe blanche de poche.

« Assassine de Xenair, garante de la confiance d’Aerq et de Tal’Raban. Donne-moi une bonne raison de ne pas t’exécuter sur le champ. Ravise ton esprit, et tourne ta lame vers les ennemis de la Reine Oaxaca. »

Le ton est sec, impérieux. Une dernière chance octroyée à celle qui faillit trahir.

Quant à Oaxaca, elle libère subitement sa puissance. Sur une large zone autour d’elle, comprenant tout ce beau monde entassé autour de sa personne et de ses suivant, sans exception, des âmes terrifiantes apparaissent, fantômes d’orques et d’humains de l’armée grise qui fendent les airs et les corps en leur passant au travers dans une folle farandole. (-15 aux jets de touche pendant 5 tours pour tous ceux qui sont agglutinés dans sa zone d’action, de Silmeria à Throgg’Inn, englobant Azra, SIbelle et Ezak et tous ceux qui se trouvent plus proches d’elle, alliés comme ennemis.



[HJ : Mytha, attention, ta capa de chasseur de primes n’entre en ligne de compte que si tu es activement en combat contre ta cible.]


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Phyress
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Re: Plaines de Kôchii

Message par Phyress » jeu. 23 sept. 2021 15:14

Aux premières lueurs du jour, Azrak avait réveillé la jeune femme endormie. Phyress s'était assoupie d'une traite et bien que d'horribles cauchemars avaient harcelé sa tête au crépuscule, elle ne s'était pas réveillée, toute écrasée qu'elle était par le poids des aventures passées. Azrak tirait de façon répétée la chaîne qui les reliait jusqu'à ce que la jeune femme accepte enfin de se tenir dressée, si ce n'était complètement debout.

" Fougni ! Gnoho !"
" Oui, oui, fougni. " Soupira-t-elle accompagné d'un souffle las. Morbac n'était pas présent dans la tente mais les battants de la porte qui dansaient au gré du vent laissaient entendre qu'il était encore très tôt. Le dehors avait ces teintes roses poudrées, signe que le soleil perçait timidement à travers le ciel, étendant des rayons rougis et roses jusque sur terre. La jeune femme baillait, elle détendit ses épaules encore ankylosées d'avoir dû dormir à même le sol et enchaînée. Hagarde, elle se dressa complètement et accepta de suivre Azrak qui continuait de tirer sur la chaîne pour la mener dehors. Elle se dit pour elle même, se remémorant la conversation de la veille avec sa Faera que finalement, Azrak ne devait pas être bien mauvais, il aurait pu la lever à coup de pied dans l'estomac et la porter comme un vulgaire sac avant de l'échouer là où il l'aurait voulu. (" Hmph, si ça se trouve, il joue avec toi. Il se comporte presque comme un grand frère avec une petite soeur, mais on est jamais à l'abris de voir un jour un moment de cruauté traverser son regard vitreux. Mais... On va dire que peu importe. Tu te souviens de ce que disait Morbac ou tu étais trop défoncée ? ")
(" Non... Enfin si. Il parlait de sa toute puissance, de son amour pour les Treize et la Reine Noire et veut m'exploiter en tant qu'esclave. ")
(" Il a accepté de t'épargner parce que tu es tisserande. Tu le lui as dit toi même. Maintenant, ce fou furieux s'est mis dans la tête de te faire faire une... Ecoute, je sais pas ce que c'est pour lui une tenue de chair, ça sera peut-être une tenue pour un sacrifice, un rituel, quelque chose d'apparat ou pour se distinguer mais... ")
(" Je sais très bien. J'ai compris aussi. Je suis encore en vie pour lui confectionner une atour de peau. J'imagine qu'elle sera humaine. Je suis là, attachée et condamnée à devoir dépouiller des morts de leur peau afin de coudre quelque chose... ") Avait-elle dit la mine basse, avec la même énergie morne et tiède de quelqu'un qui se sait condamné à mort une fois son office terminé.

Ils n'eurent pas à aller bien loin. La Faera était presque rassurée de savoir que Phyress avait compris de quoi il s'agissait, elle n'avait pas spécialement envie de lui expliquer en quoi ses dernières heures de vie seraient mises à contribution. Guidée par Azrak, ils marchèrent silencieusement à travers le campement gobelin qu'elle croyait encore endormi. Voyant les tentes silencieuses, les feux rougeoyants de braises dissimulées sous une épaisse couche de cendre grise et noire, tels des yeux mystérieux qui brillaient pour répondre à un souffle de vent matinal. Tête baissée de peur de recroiser un de ses tortionnaires de la veille, Phyress suivait dans un silence quasi complet son gardien jusqu'à ce qu'il s'arrête devant une construction singulière. Les gobelins avaient érigé une sorte de grange, à moins que celle-ci ne soit déjà existante et qu'ils se soient contentés de l'agrémenter de plusieurs constructions douteuses parmi lesquelles on trouvait des oriflammes, des créatures de bois sculptées par des artisans bigleux, le sol était jonché de draps raides de crasse et la jeune femme les sentait même craquer sous ses pieds lorsqu'elle marchait dessus. Azrak ouvrit la lourde porte de la grange.

L'estomac de la jeune femme se noua d'une traite.

Elle finit par comprendre et tomba à genoux avant d'éclater en sanglots nerveux.

Dans la grange, Phyress faisait face à une montagne de cadavres. Elle regardait les corps étendus et les monticules de corps rassemblées ça et là dans la noirceur de la grange. Elle comprit grâce à l'odeur que certains tas de corps avaient été brûlés, essayant de se convaincre qu'ils étaient morts à ce moment là ne l'aidait pas beaucoup plus à garder la raison. Elle croisait les visages horrifiés des paysans tués et rassemblés ici, le visage d'une femme, tête penchée en arrière, la bouche ouverte et infestée de mouches, lui rappelait sa mère. Un cri s'échappa des lèvres de Phyress. Elle ne saurait dire s'il s'agissait d'un cri ou d'un rire, son esprit venait de s'échouer dans la noirceur magnétique de cette horrible grange et sans même s'en rendre compte, elle essaya de sortir en courant. Azrak, solide comme un roc n'eut même pas besoin de retenir la chaîne, il était resté là, silencieux et droit comme la justice, son simple corps retenait Phyress comme une ancre. Ayant chuté sous le choc de cette chaîne qui la retenait, Phyress rampait à terre, serrant ses petits poings autour des tissus mortuaires crasseux, pleurant toutes les larmes de son corps, peinant à avaler sa salive tant sa gorge était nouée. Elle luttait contre cette chaîne inébranlable mais rien n'y faisait. Lorsqu'elle ouvrit les yeux sur l'herbe piétinée du campement, elle vit deux bottes devant elle. La panique passée laissait place alors à un profond désespoir, elle savait qu'il s'agissait de Morbac et que celui-ci avait sans doute assisté à sa piètre tentative d'évasion. Chose sordide, où serait elle allée ? Par quel moyen ? Elle aurait été capturée de nouveau et cette fois-ci, Morbac ne se serait pas montré aussi magnanime.

" N'est-ce pas magnifique, femme-femelle ? De la chair tendre et soignée. Il y a du choix mon enfant, grâce à ce fabuleux grenier, tu pourras confectionner ton art. Morbac ne demande qu'une simple tenue. Mais elle doit être faite avec grand soin, alors exerce donc ton art et une fois que Morbac sera satisfait, il t'accordera peut-être la liberté."

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