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Port de Bouhen

Posté : dim. 25 janv. 2026 21:06
par Gamemaster7
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Le port de Bouhen est immense est d’ordinaire très fréquenté, autant par les marchands que la soldatesque. Dans les circonstances actuelles, il est carrément bourré de monde. Miliciens et marins fraîchement débarqués se côtoient au point où simplement parcourir le port est devenu une entreprise fastidieuse.
Contrôles à tout va, protestations agacées, négociations musclées et mille invocations ça et là de la loi kendrane constituent le brouhaha ambiant, rarement égalé lors des jours de fête, mais cette occasion n’est guère à célébrer.

Il est rare que l’arsenal du port, le joyau de la flotte de la Principauté, soit moins fourni que les quais civils, mais c’est actuellement le cas, au point où certains navires occupent temporairement des places réservées aux militaires. Il y a fort à parier que si tant de navires bouheniens sont en patrouille, ce n’est pas tant pour partir à la chasse au corsaire que ce n’est pour libérer le plus de place possible. Et bien sûr, comme la plupart des rafiots retenus à quai proviennent d’Exech, les marins qui arpentent les lieux ne sont pas les plus amicaux ou raffinés.

Il arrive parfois de voir du coin de l’œil un groupe de soldats se mettre à six pour tacler un marin trop répondant, avec ce goût pour la légitime violence bien connu des fiers-à-bras de Bouhen. Un spectacle qui ne gène en rien les propriétaires de nombreux étals plus ou moins respectables des environs, qui n’ont qu’à crier plus fort leurs fausses bonnes affaires.

Rien qu’en regardant le nombre de bateaux ici amarrés, Plythos semble avoir le tournis.

« Ma parole. O-on pourrait trouver un équipage prêt à nous prendre, mais par où commencer ? Est-ce qu’on pourra seulement quitter Bouhen sans problèmes ? »

Ses yeux s’arrêtent sur un des bâtiments les plus imposants : un énorme galion avec le blason de la cité peint sur les voiles, sur lequel s’affairent bon nombre de matelots à la solde de la couronne.

« Gloups. Mieux vaut trouver un plan sûr. Je n’ai pas envie qu’on nous prenne en poursuite. Peut-être négocier avec les auto- »

Il se fait bousculer avant de finir sa phrase.

« Hé, reste pas planté là, con de... »

Une grande femme à la longue chevelure rousse et aux yeux verts se met à jurer. Elle a l’air d’avoir la trentaine, avec un long menton et un regard dur. Elle est affublée d’un tricorne avec des bords en dentelle, et d’un grand manteau noir finement orné. Une personne qui passerait pour une riche colporteuse d’étoffes si elle n’avait pas un sabre perché à son ceinturon et un comportement de voyou. Eline et Plythos sont en droit de se demander si elle gagne vraiment sa vie de manière honnête. Layam, lui, sait que non.

« … Toi. » crache-t-elle en le toisant avec dédain.


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Edith. Dite « la Rouge ». Une flibustière de Wiehl extravagante et colporteuse de « fines herbes » à ses heures perdues. Une combattante pleine de verve et propice à la misandrie, mais plus droite dans ses bottes que la plupart des hommes qui font carrière sur les océans. Bien sûr, ils avaient vogué ensemble et partagé aventures et mésaventures. Et d’aussi loin que Layam pouvait se souvenir, elle avait toujours répondu à ses avances avec… panache. Ce n’est certainement pas grâce aux efforts de cette belle femme si ses bourses sont restées attachées au reste de son corps. Un rencard cauchemardesque, mais une navigatrice de rêve. Pas commode, mais elle respecte toujours un marché et ses gars savent très bien se défendre. Dommage qu’elle n’ait pas l’air particulièrement contente de voir le beau brun. Et vu qu’elle a tendance à trafiquer de la Douce Féerie, une herbe stupéfiante très mal vue à Bouhen, il y a fort à parier qu’elle est dans de beaux draps actuellement.

Elle se touche le front en ruminant.

« Moura, tu te fiches de moi… Bloquée avec ce misérable... »

Difficile de le voir d’ici, mais Layam devine que son navire, un fier brigantin aux voiles toutes aussi rouges que sa chevelure, au doux nom de « Reine Rubis », doit aussi être bloqué au port.

« Qu’est-ce que tu fous ici, Layam ? Et si tu dis que t’es venu me voir, je t’arrache les couilles devant ta nouvelle pouffe. D’ailleurs ma grande, conseil d’amie, mais reste bien loin de ce genre de pochard. »

Elle parlait bien évidemment à Eline. Plythos, lui, garde le silence après avoir balbutié quelques plates excuses, intimidé par le ton rustre de la dame.

Aparté possible si vous voulez entamer une discussion plus dynamique

Re: Port de Bouhen

Posté : ven. 30 janv. 2026 19:39
par Cromax
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Eline d'Isselith

Nous allâmes donc en trio au port de la cité côtière. Des quais croulant sous une foule disparate et dense, témoin du malaise général ambiant. Des navires entassés là, bloqués par les conditions géopolitiques étranges d’un autre continent. Plythos marqua son mal-être et sembla perdu sur la marche à suivre pour trouver un équipage. Il était vrai qu’il y avait tant de choix que celui-ci devenait presque complexe. D’autant que c’était un faux choix : la plupart de ces bateaux resteraient là de gré ou de force. Le hasard (le destin ?) nous plaça sur le trajet (littéralement) d’une capitaine à l’air courroucé, qui manqua de renverser notre commanditaire avant de reconnaître (et le déplorer) le Layam de notre équipée.

La conversation qui suivit n’eut rien de courtois. Je dus subir plusieurs insultes en me mordant l’intérieur des joues pour ne pas répliquer plus que de raison, et notre rencontre impromptue se montra plus que dure en affaires lorsque nous tentâmes de monnayer notre traversée au sein de sa propriété : la Reine Rubis. Le melon de la nana ne faisait aucun doute. D’autant qu’elle n’avait rien d’une reine, et que du rubis elle n’en avait pas la valeur du quart. Layam se laissa marcher dessus comme une pelisse usée, et la contrebandière s’en servit comme tremplin pour piétiner mes tentatives de marchandages. Coercitives, précisa-t-elle avec maladresse avant que je la reprenne avec mordant.

Nous repartîmes donc avec un marché bancal : 130 yus pour la traversée du groupe, dans des conditions qui frisaient le ridicule : pas de couchage, de boisson ou de considération. La fameuse Edith y ajouta même une couche de menaces directes à notre égard. Et tout ça à condition que nous lui trouvions une autorisation pour quitter le port, ce qui arrangerait pleinement ses affaires puisqu’elle pourrait ainsi poursuivre ses « affaires clandestines » en emportant loin de tout contrôle sa précieuse (et apparemment illégale) cargaison.

Alors qu’elle partait rejoindre sa troupe de culs-mouillés, elle nous laissa comme trois ronds de flan sans aucune garantie. Je respirai un instant profondément, retenant quelque insulte voulant s’échapper de mes lèvres fines. Ce n’était pas sa faute, à cette connasse, si elle était comme ça. La vie n’avait pas dû être facile pour elle, sans éducation ni amour. Sa frustration et sa bêtise étaient compréhensibles et je m’appuyai sur ma commisération pour apaiser ma colère montante. Dans un dernier soupir, je regardai mes compagnons. D’abord Chantelierre.

« Il doit y avoir une capitainerie officielle reliée à l’armée kendrane. Eux pourront décider de notre départ plus facilement que la flicaille locale : les miliciens ne sont guère concernés par ce qui se passe hors de la ville, surtout si nous quittons le continent. Peut-être auront-ils confiance en une défenseuse de la Déesse Triple. Nous travaillons souvent de concert avec l’armée officielle, sur quelques affaires de sécurité interne. »

Puis vers Layam.

« Il va falloir me trouver un véritable argumentaire pour que je ne dénonce pas votre charmante amie aux autorités. Elle ne doit certainement pas être la seule à vouloir débarrasser le plancher au plus vite. »

Restait à trouver alors un équipage prêt à braver le risque d’une rencontre shaakt. Plus que les gardes hurleurs, je guettai de l’œil un bâtiment qui aurait vue sur tous les quais : une capitainerie officielle digne de ce nom.

Re: Port de Bouhen

Posté : dim. 1 févr. 2026 02:21
par Akihito
[Discussion sur le port]

Me retournant vers la blondinette, je mettais une main sur la hanche avant de pointer l'ensemble du port d'un tour de doigt circulaire.

"Si vous v'lez la dénoncer par excès de zèle, vas falloir commencer à dénoncez tous c'beau monde, mam'zelle. Tous les marchands ont un jour ou l'autre fait des trucs pas trop légaux. C'est comme ça qu'ça marche dans l'milieu. Edith a sans doute tendance à jouer plus qu'les autres avec les limites d'la loi, mais elle fait rien de sale et c'est une capitaine droite dans ses bottes. C't'une des plus compétentes que je connaisse et j'en connais un paquet."

Je regardai une nouvelle fois aux alentours, à la recherche d'un navire que je connaissais.

"Et la Reine Rubis pétochera pas à aller dans une zone avec des pirates. Alors quitte à partir avec un équipage, j'préfère monter avec un qui va pas essayer d'vendre ma peau pour sauver la sienne car il sait qu'les peaux noires, elles font pas dans la miséricorde."

Puis je lui montrai une direction me basant sur mes souvenirs.

"La cap'tainerie est par là."

Re: Port de Bouhen

Posté : dim. 1 févr. 2026 22:33
par Gamemaster7
La foule ne tarit pas au port de Bouhen, et le ciel se fait d’un gris de plus en plus sombre. Les ombres s’anglent et commencent à couvrir les visages des inconnus, en ce début de soirée où le soleil flirte avec l’océan.



Korgal


« Bordel, t’as fait vite ! »
« Ben dis donc mon pote, t’as braqué la milice ou quoi ? »
« En tout cas, ça te va très bien, mon cher. Un je-ne-sais-quoi de chevaleresque... »
« Ouaf ! »

La mémoire de Korgal n’est pas infaillible, mais il a la nette impression qu’Eline était un peu plus jolie que ça. Chez Chantelierre, il ne lui avait pas pas remarqué cet énorme grain de beauté sur le côté de la lèvre.
Et Layam, il fait un peu maigrichon, au final, quand il ne bande pas les muscles devant la fenêtre pour jouer les beaux veilleurs ténébreux. Il devrait arrêter de sourire tout le temps, ça lui donne un air idiot avec ses grosses dents de lapin.
Il était toujours aussi... flamboyant, le Plythos ? Il a l’air prêt à jouer une mélodie tristounette sur son papa mort, au milieu de cette grosse foule avec sa cithare comme seul bagage.
Il y a Anissa en forme canine avec eux mais là encore, le colosse voyait le chien plus gros, bien plus gros. Peut-être avait-elle choisi une autre forme plus riquiqui et touffue, mais avec des pattes aussi petites, elle aurait bien du mal à suivre le groupe dans une telle foule.



C’est pas son groupe.

Foutu heaume, ça lui apprendra à essayer de naviguer une foule aussi dense avec ça sur la tête.

« Ça va, Hrothbal ? T’as l’air tout raide. »
« Dur à dire, avec ça sur la tête. Tu joues les mystérieux, maintenant ? »
« T’en fais pas va, on te trouvera bien des médocs tant qu’on est coincés ici... »
« Ouaf ! »



Anissa


Dur, dur de voir devant soi quand on est aussi près du sol. Même sous sa forme animale, Anissa a l’impression d’avancer à l’aveugle dans une mer de chausses. Elle en voit de toutes les formes et les couleurs, mais impossible de trouver ses compagnons d’expédition.

Du coin de l’œil, il lui semble voir de loin une silhouette reconnaissable, mais pas souhaitable. Elle reconnaît le noble bariolé, Gersolf, et son acolyte discret, Odiron, de loin. Sa vision est gênée par une centaine de silhouettes diverses et variées et la cacophonie du port l’empêche de se concentrer sur les bons sons, mais ils semblent discuter avec une femme rousse portant un tricorne et un manteau noir. Anissa perçoit le sourire indélébile et peu sincère du bourgeois bariolé mais ne reconnaît pas la dame aux bras croisés qui l’écoute palabrer. En tout cas, elle tire une mine au moins aussi ronchonne que celle du bretteur.

Avant qu’elle puisse ne serait-ce que penser à se rapprocher, la conversation cesse et Gersolf tire sa révérence avant de disparaître dans la foule avec son garde du corps. La femme semble pester et cracher par terre avant de partir dans une autre direction. La lutine transformée peut la suivre du regard jusqu’à ce qu’elle emprunte un ponton vers un brigantin aux voiles rouges amarré à quai.

Un coup de pied involontaire dans ses côtes ramène Anissa à sa situation présente. Rien de bien douloureux, mais assez pour lui rappeler que même métamorphosée, naviguer une telle cohue ne sera pas de tout repos.



Eline & Layam


Repérer la capitainerie est moins ardu que s’y rendre. Une énorme queue part de l’entrée et s’étend sur une bonne vingtaine de personnes, et elle ne fait que grandir. Et bien sûr, ça râle à ne plus s’entendre penser.

Fort heureusement, la soldatesque qui gère ce petit monde comprend vite à qui laisser le passage. Un grand soldat à l’air sévère prend le trio à part en voyant l’emblème de l’Aube Radieuse et les habits colorés de Chantelierre qu’il prend sans doute pour un dignitaire étranger ou un ponte de la Principauté.

« Les plaintifs doivent faire la queue comme tout le monde. Si c’est pour affaires militaires ou diplomatiques, allez vous enregistrer au guichet et un officier du port vous écoutera. »

Plythos, à deux doigts d’apporter des clarifications malvenues, choisit judicieusement de se taire au dernier moment. Pendant un instant, il semble qu’il vous laisse tous passer, mais au dernier moment, le gaillard s’interpose devant Layam, et lui seul.

Le marin reconnaît bien vite la tronche de cet énergumène. C’est Karis.

« Pas toi, le mercos. »

Il siffle et un binoclard maigrichon avec le minimum syndical de touffe sur le menton pouvant être appelé une barbe s’approche de Layam avec un bloc-notes.

« Monsieur, monsieur, vous confirmez bien être arrivé à bord du… « Gai Tulorain » à cette heure précise ? Il vous est demandé de témoigner -sur l’honneur- que la cargaison du bâtiment était bien conforme aux normes 22bis du Code... »

Karis le garde patibulaire affiche un sourire mauvais en se détournant de Layam, apparemment bien content de lui compliquer la vie. Cela dit, il n’aura pas grand mal à se débarrasser du gratte-papier, encore faut-il en placer une...

Eline et Plythos ont le champ libre, même si ce dernier semble quelque peu décontenancé par le traitement de défaveur de Layam. Devant eux se trouve un petit guichet où il leur sera demandé de s’enregistrer, et un peu plus loin, un bureau sur lequel est perché un autre grand bonhomme qui partage l’air grincheux de ses collègues.

Yeux bleus perçants, cheveux courts et barbe grise taillée comme un bout de marbre, ce grand monsieur ratifie avec un agacement à peine dissimulé tout un tas de documents. Il a l’air de passer un sale quart d’heure, mais à en juger par l’armure et le grand manteau aux couleurs des armes de la cité sur ses épaules, c’est sans doute à lui qu’il faut causer.

Anissa : 1xp (achat + discussion courte)
Korgal : 0,5 xp (achat)
Layam : 0,5 xp (discussion)
Eline : 0,5 xp (discussion)

Apartés ouverts à nouveau si vous souhaitez des discussions plus directes entre vous ou avec PNJs.
Layam, ce qu'il vient de t'arriver est juste une perche tendue au cas-où tu n'es pas en mesure de RP pendant ton absence. Tu peux ignorer ce contre-temps en envoyant balader le binoclard comme si de rien n'était si tu comptes participer en RP.