Savane Tanathéenne

Avatar du membre
Cromax
Messages : 595
Enregistré le : mar. 26 déc. 2017 20:51

Re: Savane Tanathéenne

Message par Cromax » sam. 13 mai 2023 23:28

Cauchemar en Aliaénon : Jesuir V




Le cube s’écrasa, en morceaux. Détruits et détruisant tout ce qui l’entourait. Ce monde gris, cette brume, ce sol rocheux… et ceux qui se trouvaient sous lui. Seul ce ballon en bout de course fut témoin de l’effondrement, comme si tout autour se réduisant en… néant. Les autres ne virent que l’obscurité, après avoir senti leur vie écrasée sous un poids trop lourd pour songer y résister.

Ils furent rejetés hors de l’édifice des Titans avec force. Et autour d’eux, revenus dans cette savane tanathéenne, ils virent la brume s’apaiser. Disparaitre petit à petit. Un millier, un million, un milliard d’âmes relâchées sur le monde. Sans plus aucune contrainte. Ils la sentaient aussi, cette liberté. Plus de légèreté de leur esprit, plus de possibilités de voyage : la brume n’était plus, et leurs âmes pouvaient quitter ces terres. Seul souci : Vallel n’était plus là. Non, pas seulement Vallel. Plus personne n’était là. Ils ne se voyaient pas entre eux, ne pouvaient communiquer. Chacun était un fantôme invisible aux autres, un esprit seul ne percevant que la réalité vivante de l’endroit. Une lande morte, noire, flasque. Sans aucune vie à l’horizon plane. Quelques arbres épars, morts eux aussi, mais rien de plus.




Image




Vallel les avait-il trahi ? Abandonné ? Ou n’avait-il juste pas prévu une telle disparition de sa propre enveloppe spirituelle ? De leur enveloppe ? Peut-être le savait-il, peut-être avait-il laissé à chacun, ou à certains, assez d’indices pour le retrouver. Pour qu’il puisse respecter son marché : leur donner un nouveau corps, car les leurs étaient déjà en train de pourrir. Mais chacun, ici, était libre d’aller où il voulait. Sans aucune consultation possible avec les autres. Fait étrange : Hrist et Silmeria ne faisaient à nouveau qu’une. Un esprit double, une conscience unique partagée en deux.


***


Comme il était prévisible que cela se passe, l’âme vengeresse d’Akihito passa à travers la tête du monstre terrible sans le toucher, sans même l’affecter le moindre du monde. Le Dragon relâcha son souffle comme une simple respiration, comme si cette menace n’était au final qu’une farce en vue de faire paniquer l’âme ynorienne. Sans s’intéresser davantage au servant de Valyus, il se tourna vers Dracaena et ses yeux – l’endroit où ils devaient se trouver – s’illuminèrent davantage d’un feu intérieur. Seules couleurs dans cet environnement morne et brumeux, tout en noir et blanc, ce n’en fut que d’autant plus spectaculaire. La magie s’en écoula, vive, et alla percuter un arbre mort, non loin. L’âme de l’oudio y fut instantanément absorbée. Violemment. Et il ne fallut qu’une seconde pour que tout lui revienne : sensations physiques, magie puissante, corps tangible. Il se leva, puissant et désormais terriblement impressionnant. Un être tel qu’il n’avait jamais été, désormais aussi grand qu’un arbre adulte, des tâches ambrées de magie flamboyante perçant son écorce noire. Il était immense, menaçant. Terriblement puissant. Terriblement même pour lui-même. Une seule chose manquait : cette étincelle de vie totale. De liberté absolue. Il était désormais un mort-vivant. (squelettes compris, pour l’échelle)



Image



Comme en réponse au puissant enchantement, la brume tout autour sembla se déliter, disparaissant en quelques secondes à peine. Elle laissa derrière elle un paysage mort et terne à perte de vue.



Image



Akihito se sentir disparaître. Le Dragon et le nouveau corps de Dracaena étaient toujours là, Bakal et Tribar aussi, armés de leur lance, mais lui ne l’était plus. Fantôme n’ayant retrouvé la vie, il était désormais plus léger, plus libre, moins présent. Il n’avait plus aucune image, plus aucun moyen de contacter ce qui l’entourait. Mais il se sentait apte à quitter la plaine. La Savane Morte. Où irait-il, désormais ? Les suivants de Vallel avaient-ils réussi, ou le Dragon venait-il d’absorber toutes ces âmes d’un coup ? C’était pour lui inexplicable de manière assurée, en tout cas. Le dragon émit un grognement sourd, profond, et parla.

« Hmmmmm. Intéressant. Je n’ai plus rien à faire ici, désormais. Viens, petite pousse. Laissons là ceux qui ont eu l’orgueil de croire que je pourrais vouloir les combattre. »

Il battit des ailes, s’envolant dans les yeux. Entre ses griffes, il saisit comme une plume le nouveau corps de bois de Dracaena. Et ils partirent. Les deux spectres, toujours visibles eux, s’échangèrent un regard et repartirent en direction de Jesuir, sans attendre. Pressés, visiblement, de découvrir ce qui était advenu de leur cité. Inquiets, sans doute. Akihito fut laissé là, seul avec tant de possibilités. Rejoindre la ville des morts, suivre le dragon ? Retourner dans la Noire Lande ou s’essayer à un nouvel objectif ? Retrouver la trace de ses alliés distancés ?


[HJ : Aki, Jorus, Mathis, Sil, c'est assez clair pour vous : vous postez votre RP avec votre choix de destination. Drac, on peut apparter en MP sur Discord. Le Dragon ne t'adressera pas plus la parole, mais tu peux toujours tenter de lui poser des questions. Si tu le fais, tu auras au fur et à mesure le détail de votre voyage, sinon tu auras tout dans la prochaine màj.]


[XP :
Akihito : 0,5 (discussion), 3 (situation avec le dragon)
Mathis : 1 (combat contre la pyramide), 2 (situation avec la pyramide)
Jorus : 1 (combat contre la pyramide), 2 (situation avec la pyramide)
Dracaena : 0,5 (discussion), 3 (situation avec le dragon)
Silmeria : 1 (combat contre la pyramide), 2 (situation avec la pyramide), 1 (trauma)]

Avatar du membre
Mathis
Messages : 157
Enregistré le : jeu. 20 déc. 2018 00:30

Re: Savane Tanathéenne

Message par Mathis » dim. 14 mai 2023 19:40

Il y eut le fracas d’un gigantesque cube qui s’approchait de moi à une vitesse effroyable sans que je ne puisse faire un geste.. les symboles si près de mes yeux, je ressentis une douleur intense, mais trop subite pour que je n’eusse le temps de la crier.

Ensuite, plus rien… le néant.

Puis, sans prévenir, je repris une certaine conscience de ma présence, de mes réflexions, mais surtout de la force effroyable avec laquelle je fus éjecté de la pyramide… pour me retrouver sur les Savanes Thathéenne. Conscient de mon environnement, je vis la brume se dissiper peu à peu. Je le constatais par ma vue, mais aussi par une énergie libératrice qui m’envahissait, je pouvais aller où je voulais, je le sentais, je le savais !

« Nous avons réussi ! » lançai-je à mes amis.

(Mais…)

Mais j’étais seul sur ces plaines, parmi les arbres morts, je ne voyais plus aucune silhouette des âmes,… pas plus que la mienne. Sentant la panique monter, je m’écriai :

« Silmeria ! Jorus ! Êtes-vous dans les alentours ? »

N’ayant aucune réponse, je tentai de plus belle de les appeler, tournant sur moi-même à une vitesse accélérée, espérant remarquer une trace aussi minime qu’elle puisse être, de mes compagnons.

« Jorus ! Silmeria !..... Hrist, Vallel, où êtes-vous? »

Rien de rien, aucune réponse, aucun souffle. Je regrettais la présence de Silmeria que j’avais appris à apprécier. Malgré la rancune de Jorus à mon égard, j’avais espéré tout de même le savoir à mes côtés, prêt à l’écouter me sermonner et me reprocher toutes mes actions qu’il jugeait, à tort ou à raison, inappropriées. J’en venais même à regretter Hrist…à oublier le cauchemar, tout en sachant désormais devoir me tenir à une bonne distance d’elle. Pris de panique, je regardais tout autour de moi, ne sachant plus quoi faire. Je pensai alors à ceux que j’avais quitté pour me rendre sur Aliaénon, ma famille et mes amis de Kendra Kâr, à mes compagnons yuimeniens et aux sorciers que nous avions laissés à Elscar’Olth, à Egregor envers qui j’avais fait une promesse et à Eaeria. Sans en connaître la vraie origine, cette réflexion me fit reprendre courage.

(Non, ce n’est pas terminé. Pas tant que je peux penser à nouveau et donc trouver une solution.)

Tout en réfléchissant, je me dis que si je ne pouvais me voir, alors il en était de même pour mes compagnons. Et en ce qui concernait les paroles, j’émis ma petite hypothèse... sans les brumes, plus de matérialisation possible, donc plus de cordes vocales pour parler, donc plus d’échanges possibles. Je supposai donc que je n’étais sûrement pas le seul dans cette savane, mes compagnons devaient s’y trouver aussi…

(Ainsi que toutes les âmes par milliers, voire même des millions, que nous avions libérés.)

Je pensai alors à mon corps qui se trouvait dans les landes noires à la merci de n’importe quelle âme voulant s’y abriter. Je me rappelais que Vallel m’avait dit que mon corps devait être déjà en état de putréfaction. Mais il pouvait aussi se tromper, il n’avait pas plus la notion du temps que moi. Il pouvait s’être écoulé des jours, des semaines, des mois, des années depuis notre décès. Comme il pouvait ne s’être écoulé que des heures, des minutes ou même des secondes. Le seul moyen de le savoir était de m’y rendre. Et au plus vite, un tel corps que le mien ne resterait pas vide longtemps.

Lors de ma première mission en Aliaénon, j’en avais surtout exploré la partie nord. Aussi, avais-je été très attentif lorsque Simaya avait commenté la carte de son monde au fur et à mesure qu’elle la dessinait. Je me souvins qu’elle avait mentionné qu’entre certaines lignes hachurées au Sud-Ouest et les landes noires, encore plus au sud, se trouvait une région de morts, envahis par les esprits défunts… ce lieu de morts ne pouvait être autre chose que la savane Tanathéenne, là où je me trouvais.

Décidé d’aller retrouver mon corps ou du moins voir ce qu’il en restait, je filai donc en direction sud, légèrement sud-est, cherchant Elscar'Olth, puis l’endroit où il y avait l’orbe, et puis la grotte. J’allais fouiller tout le coin, sans relâche afin de trouver mon corps le premier.
Modifié en dernier par Mathis le lun. 22 mai 2023 01:35, modifié 2 fois.

Avatar du membre
Akihito
Messages : 312
Enregistré le : mar. 29 janv. 2019 14:26

Re: Savane Tanathéenne

Message par Akihito » mer. 17 mai 2023 16:47

Dans le chapitre précédent...

Evénement : Cauchemar en Aliaénon.

31 : L'Appel du vide.

Les yeux fermés, Akihito se jeta vers son adversaire. Affronter la destruction de son âme n’était pas chose aisée, quoi qu’il pût en dire. Surtout lorsqu’il vit la massive tête du dragon légèrement tourner sur le côté, cachant soudainement sa route. Une simple pensée aurait pu l’arrêter : le concept d’inertie n’avait pas court dans la savane. Mais il était difficile pour l’enchanteur de faire fi de toute une vie à vivre dans un corps qui ne bougeait pas selon sa propre volonté, et c’est pourquoi il ferma les yeux précipitamment devant cet obstacle insurmontable… Et terrifiant.

Etrangement, il ne senti aucun impact. Aucune sensation, aucune mort, aucune impression de sentir son être se faire aspirer par le Dévoreur d’Âmes. Ouvrant les yeux, il comprit qu’il avait purement et simplement traversé le corps du Dragon Noir. Un résultat affreusement logique, oui, mais… Pourquoi ? Pourquoi cela avait été si facile ? Le Dragon n’avait-il pas été sur le point de mettre une fin définitive à son existence, de son souffle méphitique ? Avait-il renoncé face à l’ultime bravade de l’enchanteur ? Pivotant dans les airs, il ne vit rien d’autre que la cuirasse écailleuse du monstre se tourner vers un des rares arbres encore debout… Qui fut brièvement illuminé d’une lueur ambrée, avant de muter dans un ensemble de craquement sec.

Le tronc enfla, les branches se tordirent, les racines se nouèrent. L’arbre malade était désormais un colosse végétal de plusieurs mètres de haut, terrifiant… Et qui n’avait pas l’air de comprendre ce qu’il était. Ni pourquoi il avait cette écorce noire comme la nuit… Et encore moins pourquoi tout autour d’eux, la Brume disparaissait. Le champ de vision d’Akihito s’étendit progressivement, ne révélant rien de nouveau qu’une étendue infinie de sol absent de toute vie, terne, mais définitivement plus camouflé par l’épaisse nappe de brouillard.
Brouillard qui devait empêcher les âmes de quitter la Savane.

(Le… Le Dragon- Non, ce serait Silmeria et les autres ?!)

Ce qu’il craignait avait fini par arriver : les âmes étaient désormais libres de quitter la Savane. Et il n’eut pas vraiment le temps de demander des comptes au Dragon Noir.

« Hmmmmm. Intéressant. Je n’ai plus rien à faire ici, désormais. Viens, petite pousse. Laissons là ceux qui ont eu l’orgueil de croire que je pourrais vouloir les combattre. »

Puis d’un puissant battement d’ailes, il décolla du sol en emportant avec lui le nouveau golem végétal, laissant derrière Akihito et les deux gardes. Aucune trace de l’âme de Dracaena…
Il frissonna. L’Oudio avait gagné une nouvelle enveloppe charnelle, et était désormais au service du plus grand fléau que ce monde ait connu. Mais à quel prix ? Qu’est ce que cela lui avait coûté ?

Il cru sentir un mélange d’émotion envahir son corps : soulagement, angoisse, incompréhension : des sensations étranges qui disparaissaient, progressivement, pour une raison inexpliquée. Il se sentait partir, se détacher des maigres choses qu’il lui restait. Il ne voyait même plus ses mains, qui avaient perdues leur aspect vaporeux pour devenir complètement transparente. Plus éthéré encore qu’il ne l’eût été… Devait-il se soucier de ça ? La quiétude d’être libéré de toute contrainte, même ses pensées ne pouvaient plus le tourmenter. Plus de douleur fantôme, plus de chagrin comprimant son ‘cœur’… Au final, ne restait que ses souvenirs. Lointains. Sans importances.

« Bordel... Qu'est-ce que... Vous allez bien ?! »

Dans un sursaut de conscience, Akihito se raccrocha au réel. Se raccrocha au seul sens qui fonctionnait encore à peu près, sa vue. Et en voyant les deux gardes partir sans demander leur reste, avant de le chercher du regard sans parvenir à le fixer, il comprit qu’il était bel et bien devenu invisible… Avant de finalement regarder dans sa direction, incertain.

(Lui, c’est… Tribar.)

« Je... je vous perçois. La brume n'est plus, nous devons rejoindre Jesuir avant de... disparaître.

- La Brume n'est... Sainte mère des Dieux... »

Le comprendre et l’entendre dire par des personnes concernées, c’était deux choses différentes… Maintenant sa conscience focalisée sur le moment présent, il se força à jurer. Essayant d’émuler la colère et la peur, pour garder pied sur la réalité.

« J'i... J'imagine que vous ne savez pas dans quelle direction se trouve la... Lande noire ? Et pour la Pyramide des titans ... ?

-Tribar, vite, pressa le second garde qui semblait sur le point de paniquer.

- Par-là. Au nord : la pyramide. Au sud, la Lande Noire. »

Aller rejoindre ses « alliés », ou rejoindre son corps… L’esprit se sentait capable de faire ces deux choses. De se déplacer aussi vite que sa pensée lui permettait. Mais… Combien de temps avant que son esprit ne s’effondre ? Qu’il ne finisse par se laisser tenter par la douce sensation de se laisser aller à l’abandon d’une vie sans douleur, sans problème…

« Je vous suis. Allons voir Akouba, vite. »

Concentrer. Rester concentrer. Suivre ces gardes, comprendre ce qui se passait… Et les répercussions de la disparition de la Brume. Tant bien que mal, Akihito lutta contre l’appel du vide et se mit de nouveau en quête de réponses, les jurons comme mantra.

« Cette péronnelle de Silmeria prête à suivre cette tête de vit de Vallel… Et Jorus pas foutu de la retenir elle et l’autre tire-laine jouvenceau rastaquouère… »


-----------
HRP : Va suivre les deux loustiques.
Jeux des mots : Vit, rastaquouère, tire-laine, jouvenceau, péronnelle
Modifié en dernier par Akihito le ven. 26 mai 2023 16:51, modifié 1 fois.

Avatar du membre
Jorus Kayne
Messages : 317
Enregistré le : ven. 21 déc. 2018 20:30
Localisation : Aliaénon

Re: Savane Tanathéenne

Message par Jorus Kayne » ven. 19 mai 2023 15:47

Le cube s’effondre sur moi et les autres. Je n’ai même pas la possibilité d’entendre le grondement de sa destruction sur le sol, ni celui de notre mort. Quoi que si, Mathis hurle en voyant qu’il ne sera pas en mesure d’éviter la collision. Lui qui a fait en sorte que le cube ne dispose plus de sa magie, voilà ce même cube, dont la mort devait le faire revenir à la vie le tuer dans la mort. Une réaction de conséquence qui en serait presque ironique si nous n’étions pas destinés à un funeste destin. Bien sûr, je joue un rôle important dans notre mort. Quoique, j’ai certes empêché Mathis, Silméria et Hirst d’agir, du moins j’ai tenté de les empêcher, mais aucun de mes actes ne leur a nui par la suite, quand bien même je me suis fait transformer en un horrible porc-épique à la chair brûlante. Les deux jumelles sont bien différentes l’une de l’autre, ou étaient. Cette femme, Hirst, avait un regard d’une haine farouche à glacer le sang et les os.

Le cube tombe et le noir vient. Pas une simple obscurité non, une noirceur profonde et terrible. Rien, plus rien. Puis, tiré par une force surnaturelle dont je ne connais ni la source, ni l’intention, si ce n’est peut-être la magie que j’ai usée et qui aurait un temps de retard. Si ses effets sont en règle général immédiats, peut-être que ses nombreuses utilisations ont provoqué un effet retardateur. Qu’importe cependant ce qui le provoque, je me retrouve éjecté, aspirer hors de cet espace singulier, pour me retrouver hors de celui-ci, hors de la pyramide désormais disparu, dont l’existence même n’est plus qu’un souvenir engendrant ce que je redoutais. Autour de moi, la brume disparaît lentement. Un voile nuageux qui, lorsqu’il n’est plus assez solide, libère tous les esprits qui le nourrissaient sur le monde qui ne s’y attend pas. Des esprits, capables d’aller et venir à leurs guises, et aux dires de Vallel, également en mesure de posséder des corps de malheureux. La présence de la brume n’est également plus ressentie. Comme un poids sur mes épaules pourtant intangibles, qui s’amenuise avec sa disparition.

Si tout disparaît, le plus simplement du monde, une chose demeure pourtant : mon échec. L’échec de n’avoir pas été en mesure d’empêcher Mathis et les jumelles assassines d’œuvrer pour leurs propres intérêts, sans se soucier des conséquences à venir. Un échec tant au niveau de cette magie incontrôlable, que diplomatiquement. Même si c’est un domaine qui m’échappe totalement, trouver les bons mots à la bonne personne pour lui faire entreprendre un chemin qu’elle ne désirait pas, n’est clairement quelque chose que je suis en mesure d’entreprendre. Quand bien-même, je ne vois pas comment j’aurais été en mesure de les en empêcher. Moi qui me méfiais des régicides, c’est Mathis qui s’est révélé être le facteur imprévisible par son impatience. Nous avions pourtant tout le temps pour trouver une solution, alors pourquoi un tel empressement ? Je n’ai pas réagi sur le moment à cause de l’empressement du blondinet, mais si Hirst à œuvrer pour me faire mal ou m’éliminer, dépendamment de ses souhaits avec sa magie, Silméria a tout de même pris le temps de l’interrogation, n’agissant que lorsque les choses se sont accélérées. Elle ne serait pas foncièrement mauvaise, mais seulement engagée sur le chemin néfaste de sa jumelle. Mais dans ce cas, quoi penser de ses propos à Vallel ? Servir un tel homme malgré les insultes ouvertement profanées.

Avec des alliés pareils, il n’y a pas besoin d’ennemis, cependant, je me sens seul, terriblement seul. Aucun être n’est présent. Mathis, Silméria, Hirst et même Vallel. Est-ce que cet infâme individu aurait compris ou sentis mes intentions dans la pyramide et aurait envoyé ses loyaux sujets dans leurs corps, me laissant ici comme un chien sans maître ? Un début de réponse possible se fait lorsqu’en voulant refermer mes mains sur elles-mêmes, je constate non seulement ce retour de l’intangibilité, mais aussi quelque chose de nouveau : une invisibilité totale de tout mon être. Je ne me vois plus et c’est peut-être là aussi un problème similaire aux autres. Ils sont peut-être là, mais nul ne peut voir autrui au même titre qu’ils ne se perçoivent pas eux-mêmes ! S’ils sont là, aucun son ne me parvient. Je devrais pourtant entendre Mathis et sa jacte habituelle, Hirst qui souhaite certainement ma mort encore maintenant pour avoir osé entraver son propre désir, ou même Vallel qui doit se délecter de pouvoir revenir à nouveau chez les vivants. Reprendre ses recherches et sa vengeance.

(Ho non ! Yliria, Xël ! Ils ne savent pas qu’il est de retour et très certainement dans un corps prévu pour ne jamais mourir, en plus d’être méconnaissable. Je dois les retrouver, je dois les avertir !)

Mais par où commencer ?

(Très bien. Xël a dit que le dragon se dirigeait vers le nord, après leur rencontre à Elscar’Olth. Espérons qu’il n’ait pas changé de cap entre-temps. Cela voudrait donc dire que pour rentrer, je dois me diriger vers le sud pour retrouver la Lande Noire. Une fois sur place, je pourrai retrouver mon chemin et atteindre à nouveau Elscar’Olth. Ca va me prendre des plombes de marcher jusque là-bas ! Attends, non ! Je suis un esprit à présent, enfin de nouveau. Je devrais être en mesure de pouvoir me déplacer comme avant, volant à ma guise dans les cieux, traversant marais boueux, crevasses profondes et montagnes infranchissables !)

Avant de me rendre nulle part, je commence à l’éviter un peu. Sentant que mes capacités sont toujours présentes, je m’entraîne à me déplacer de la sorte. Lorsque j’étais un dragon, j’ai pris le temps t’apprendre à user de ce nouveau corps, craignant de devoir en user pour me défendre. Il m’a fallu quelques bonnes heures pour apprendre à me déplacer sans avoir cette sensation d’être complètement pataud. Posséder un corps terriblement puissant est une chose, être en mesure de s’en servir en est une autre. Pour cette même raison, je prends le temps de maîtriser mes mouvements. Le futur corps de Vallel est probablement dans la Lande Noire, je risque donc de le croiser si je ne prends pas la bonne route, lui et sa terrible emprise sur les esprits. On remerciera au passage l’âme du Sans-Visage pour ce petit cadeau.

Je lève les yeux au ciel pour chercher un point de repère dans ce monde mort. Au travers des nuages, l’astre solaire est présent, dardant ses premiers rayons de lumière sur le sol de cette terre morte depuis l’apparition de la brume. Je connais suffisamment ce monde pour savoir que le soleil pointe actuellement la direction du sud. Il ne me reste plus qu’à m’y rendre et espérer que mon corps soit toujours présent et qu’un temps incertain ne se soit pas déjà écoulé. D’ailleurs, depuis quand suis-je mort ? Je quitte rapidement ce lieu pour espérer retrouver mon corps, poussé plus rapidement par la crainte de ne pas le retrouver dans un état...acceptable.

Prend la direction du soleil pour se diriger vers le sud et espérer trouver son chemin une fois sur les terres de la Lande Noire.

Avatar du membre
Dracaena Paletuv
Messages : 67
Enregistré le : mer. 7 sept. 2022 01:58

Re: Savane Tanathéenne

Message par Dracaena Paletuv » sam. 20 mai 2023 00:29

Post squelette, désolé pour ça.

-Drac prends le temps d'admirer son nouveau corps.
-Drac va s'inquiéter/pester en voyant la brume et Akihto disparaitre.
-Drac demande au dragon "Du coup patron, la disparition de la brume, ça va avoir quoi comme conséquence?"
-Drac va demander "Et donc patron, on va où et on fait quoi maintenant?"

Avatar du membre
Silmeria
Messages : 251
Enregistré le : sam. 5 janv. 2019 11:39

Re: Savane Tanathéenne

Message par Silmeria » sam. 20 mai 2023 04:28

J'avais... Mal.

Oui c'était ça. Une douleur, à la nuque, au crâne ? Dans le dos. Je ne savais trop. Une courbature aussi éparse qu'une nébuleuse envahissait mes épaules et le côté droit de mon visage me... Semblait douloureux. Mais cette enveloppe éthérée me faisait déjà amèrement regretter mon semblant de corps. Je n'avais pas eu le temps de m'y faire que déjà il me quittait. Mais voilà que... Mon esprit semblait plus étroit. Plus... Compressé. Je me sentais moins libre, j'avais moins cette... Touche de moi. Ce petit quelque chose que je ne ressentais plus depuis qu'elle était là, avec moi.

" Hrist ? " Avais-je murmuré à demi-mot comme si je doutais de ce que je ressentais.

" On dirait bien qu'on a encore du chemin à faire. "

Cette voix aussi claire que le cristal et tranchante comme le rasoir avait fait vibrer mon âme. Elle n'était pourtant pas bien loin encore quelques instants plus tôt, dans la pyramide, mais j'avais besoin qu'elle soit proche, encore plus proche. Je n'étais pas accoutumée à l'entendre me parler en face, c'était un sentiment étrange que de la voir et de l'entendre en même temps. C'était comme si je la voyais à travers un rêve, elle qui avait toujours occupé mon être. Enfin, je me sentais entière.

Je laissais derrière moi ces sentiments doux et naïfs, je ressentais la fusion de nos êtres, elle même s'en était retrouvée confondue, moins dure et plus apaisée par ma présence. A nous deux, nous ne faisions plus qu'une. Il manquait néanmoins une touche d'espièglerie caustique qui portait le doux sobriquet de Cèles, elle était à croupir dans ma carcasse.


Non loin peut-être ? Si loin sans doute.

Je poussais un soupir si profond qu'il aurait pu alimenter un moulin, autour de moi, il n'y avait personne. Où était Vallel ? N'était-il pas sensé nous attendre ? Jorus et Mathis étaient morts, je ne comprenais pas pourquoi Hrist m'était revenue, mais je mettais ça sur le compte d'une chance insolente, la magie avait été à mon écoute ? A moins qu'elle n'ait laissé un fragment d'elle en mon être et que ce soit celui-ci qui me parle maintenant.

A moins que ça ne soit... Moi.

Est-ce que Hrist était ici avec moi ? Après tout, je l'ai sentie mourir écrasée sous ce monument. Alors pourquoi serait-elle revenue à moi ? Est-ce que c'est mon esprit qui pour accuser le coup de cette horrible tragédie qui me fait croire qu'elle est là ? Ca serait cruel, tellement méchant, oserais-je m'infliger une telle torture ? Me faire entrevoir le visage de mon aimée pour mieux le faire disparaître ? Suis-je aussi cruelle ? Suis-je aussi folle ?

Sorcière. Folle. Assassine. Sorcière. Assassine. Folle. Sorcière. Sorcière. Sorcière. Assassine. Folle. Folle. Assassine. Folle. Sorcière.

Combien de fois ai-je entendu ces mots à mon égard. Est-ce qu'ils avaient raison ? Suis-je folle de vouloir être avec Hrist ? Elle était là, oui c'était sûre, ma douceur et mon amour pour le monde avait fondu comme neige au soleil, il n'y avait pas d'autre raison. Ca ne pouvait être qu'elle. Seule elle avait cet effet sur moi.

" On ne devrait pas rester ici, on est plantées comme des asperges, il faut avancer. "

Ces mots étaient comme un phare dans la nuit noire. Elle avait raison, Vallel n'était plus là ? La belle affaire. J'avancerai seule. Comme je l'ai toujours fait. De toutes façons, j'avais la conviction qu'on se recroiserait certainement. Il avait certainement dû me prendre pour une idiote ou une soumise. Je pense qu'il fait bien de rester dans cet état d'esprit où il se sent supérieur à moi, je crois bien que je profiterai pour lui faire payer cette insulte. J

e ne sais pas encore, mais si mon corps redevient assez tangible pour saisir une lame, ça voudrait dire que Vallel aura de nouveau un cœur qui bat. Et je me ferai une joie de le perforer de part en part, mourir de la part de la putain des Treize, voilà qui serait ironique. Akihito aussi, il a osé se moquer de moi, profiter de ma faiblesse, de ma... Candeur. Je me répugne. Je suis dégoûtante, engluée dans l'amour de mon prochain, dans la gentillesse. C'est... Pathétique. Qui a fait preuve de douceur à mon égard ? Pourquoi est-ce que je me suis rabaissée à ça, offrir ma joue à claquer aux mains crasseuses de ces soit disant héros ?

Hm... La rancoeur acerbe de Hrist m'égare, je le sens. Je m'écroule sous des tonnes de colère compacte et nocive, il me faut marcher. Oui. Marcher, errer, vagabonder, avancer au loin dans trop savoir où mènent mes " pas ". C'était peut-être là le début d'un éternel châtiment, celui d'errer sans but avec pour seule compagnie celle que j'aime et qui me fait me détester.

Cette dualité m'empoisonne, cette magie d'Ombre Noire m'empoisonne. Mon esprit s'enlise. La corruption bat en moi comme un coeur parasite et s'enivre de toute ma haine et ma colère, tant pis pour moi si je succombe au poison que je m'inflige.

Je me meus en silence, faisant face à ce monde en proie à la Mort, rien ne vit, tout se tait. Les arbres souffrent et le soleil lui même semble réticent à éclairer ces terres arides et inhabitables.

----------------------------

Avance vers le soleil tel un papillon
La petite plume de la Mort.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Avatar du membre
Cromax
Messages : 595
Enregistré le : mar. 26 déc. 2017 20:51

Re: Savane Tanathéenne

Message par Cromax » sam. 20 mai 2023 20:33

Cauchemar en Aliaénon : Jesuir VI



Les âmes de Mathis, Jorus et Silmeria partirent toutes dans la même direction, le Sud. Vers la Lande Noire.
Dracaena, lui, dans les griffes de l’ennemi de tous, son nouveau patron, partit vers le Nord-Est. Vers le Royaume d’Ouessie.
Akihito fut le seul à rester dans le coin. À mesure qu’il avançait avec les deux gardiens, ceux-ci devenaient plus flous, moins tangibles. Alors qu’ils atteignirent le fond de la grotte, où siégeait Jésuir, ils n’étaient plus que des ombres, qui finirent par se déliter dans les airs à l’arrivée aux portes de la cité. Les deux lances tombèrent au sol, inertes. Akihito resta seul un instant. Terriblement seul. La cité était toujours là, bien sûr, mais sans aucun mouvement. Jusqu’à ce qu’une nouvelle ombre vienne à lui. Une ombre terrifiante, totalement noire, au visage effrayant et menaçant, aux volutes éthérées. Elle était armée d’une lame double, toute d’ombre aussi. Un double-cimeterre. Elle fonça droit vers lui, hurlant :



Image




« Vouuuus, vous avez fauté, et nous en payons les conséquences. Vous avez rejoint la brume et l’avez dissipée. Quittez cette cité d’où vous êtes bannis à jamais ! »

Il n’avait pas l’air super content.


[HJ : Les partants : j'vous reprends dans les sujets indiqués dans la présente màj. Aki, on peut aparter.]


[Mathis : 0,5 (départ)
Akihito : 0,5 (départ)
Jorus : 0,5 (départ)
Dracaena : noté quand complété
Silmeria : 0,5 (départ)]



[Jeu des mots :
Akihito : 25 points.]

Avatar du membre
Akihito
Messages : 312
Enregistré le : mar. 29 janv. 2019 14:26

Re: Savane Tanathéenne

Message par Akihito » jeu. 25 mai 2023 20:58

Dans le chapitre précédent...

Evénement : Cauchemar en Aliaénon.

32 : Lâché de spectres.

Akihito posa un regard abasourdi sur les deux lances. Seul. Il était désormais… Seul.

Si seul.

« Tribar… ? Bakal.. ? »

La marche vers la cité n’avait vraiment duré qu’une petite dizaine de minutes, dans un silence uniquement perturbé par le mantra de l’enchanteur qui essayait de ne pas perdre la raison, de maintenir sa conscience en activité. Pour ne rien lâcher. Mais ce qui avait lâché, c’était ses guides. Sans un soupir, sans un cri, les deux lanciers s’étaient transformés en volutes obscures avant de se disperser comme un filet de fumée balayé par le vent. Laissant l’âme yuiménienne seule au milieu d’une étendue désolée, sans rien pour le stimuler. Que devait-il faire, maintenant ? Continuer ? Mais vers où ? Où était Jésuir ? Ou alors peut-être valait-il mieux tenter sa chance vers le sud, suivre le soleil et se diriger vers ce qui était la Lande Noire ? En serait-il seulement capable ?

La perspective d’une mort simple, sans douleur, en se laissant aller à l’abandon d’un lâcher prise se montra une nouvelle fois. Plus insinueuse, plus insistante. Et lui était chaque seconde (minute ? Heure ? Quel importance dans ce monde vide ?) plus instable.

Alors qu’il hésitait, un mouvement vint perturber le paysage morne. Une… Ombre. Une masse noire, opaque, humanoïde, qui se dirigeait vers lui. S’accrochant à cette nouvelle stimulation, Akihito se focalisa sur elle et se rendit rapidement compte qu’elle ne faisait pas que se diriger vers lui : elle se ruait dans sa direction. Et ses contours avaient beau être indistinct, il était aisé de voir le double cimeterre qui armait sa main, faisant des moulinets terriblement menaçant, tout autant que sa voix d’épouvante.

« VOOUUUUS, vous avez fauté, et nous en payons les conséquences. Vous ayez rejoint la Brume et l’avez dissipée. Quittez cette cité d’où vous êtes bannis à jamais !

- Woh, woh... Akouba ? C'est vous ?! J'ai... j'ai vu Tribar et...  et Bakal disparaître ! Je comprends rien ! »

Aussi cauchemardesque que pouvait être l’incarnation, l’esprit reconnaissait faiblement les accents nobles et râpeux du maître de Jésuir qui pointa son arme dans sa direction.

« Vous avez échoué, la Brume n'est plus, les âmes ont été libérées sur le monde. Les miens s'en retournent à leurs caveaux.

- Et... et vous ? Pourquoi vous êtes toujours là ? demanda l’enchanteur, sonné par la nouvelle qui confirmait ses craintes.

- Parce que je suis lié à ce lieu depuis la nuit des temps, protecteur des morts de mon peuple. Mon peuple qui, autrefois, avait le but de les protéger aussi, de leur vivant.

- Ça... ça va vous paraître stupide comme question, mais... libérer toutes ces âmes... quel impact cela va avoir pour Aliaénon ? »

Des âmes… Des âmes partout, mais intangibles. Invisibles. Inoffensives ? Peut être était-ce sans danger pour les vivants ?

« Celles qui le souhaitent pourront toujours venir ici, mais comme la brume ne les guide plus, seuls les esprits conscients de notre existence parviendront à nous trouver. Les autres ne trouveront aucun repos, erreront à jamais sur des terres maudites qu'elles hanteront jusqu'à la décrépitude. Esprits frappeurs, esprits vengeurs. Et pires, celles qui tenteront de se substituer aux âmes des vivants, aux esprits des faibles, s'arrogeant leur corps comme autrefois Vallel le fit, détruisant l'âme de son porteur.

- Vous auriez dû l'enf... »

Akihito se retint de finir sa phrase ; il aurait été trop simple de blâmer après la bataille. Surtout que c’aurait revenu à contraindre l’âme d’une personne morte sans preuves. Surtout que du point de vue des gardiens des âmes, faire disparaître la Brume relevait de l’impossible, de l’irréalisable. C’était comme emprisonner un nourrisson parce qu’il pourrait dans le futur, devenir un meurtrier.

« Et vous comptez faire quoi, maintenant ?

- Il ne m'appartient pas de juger les âmes. Je leur offre juste une dernière demeure. Maintenant que les miens ne sont plus qu'esprits éthérés, je vais erreur seul ici, accueillant les rares défunts qui trouveront leur chemin, asséna Akouba, la voix empreinte de dépit et de frustration.

- Alors... Alors, pourquoi ne pas nous aider ? Maintenant que plus rien ne vous retient, accompagnez-moi pour combattre la menace que compose le Dragon Noir. Si on le laisse faire, il n'y aura plus d'âme à accueillir, et qui sait s'il ne viendra pas ensuite s'en prendre à votre peuple endormi. Vous pouvez interagir avec les esprits, vous disposer de grandes connaissances sur les âmes et sur ce qui régit ce monde... Ca ne sera pas de trop, aucun soutien supplémentaire ne le sera dans ce qui nous attend.

- Plus rien ne me retient ? Et ce rôle que je viens de vous décrire ? Que croyez-vous : je suis lié à cette lance, à cette cité. Hors d'elle, je ne suis qu'une âme vouée à disparaitre à terme. Je ne suis pas un berger, tout juste un gardien.

- Et vous ne pouvez pas vous réfugier dans cette lance pour garder votre intégrité, votre savoir ? »

(Comme Amy…)

La Faëra n’avait pas d’influence sur le monde physique, mais ses conseils avaient toujours été de valeur. Si l’être obscur ne pouvait quitter la Savane sans y perdre la vie, peut-être qu’au travers d’un artefact… Cela serait possible ?

« Je ne cherche pas à dénigrer votre mission et votre rôle, je suis... j'étais... aussi un gardien, à ma façon. Et parfois, la meilleure façon de protéger ce qu'on veut, c'est de s'en prendre à ce qui la menace.

- Si vous attirez ce Dragon ici à nouveau, je saurai vous aider. Et quand bien même saurais-je posséder un objet, je ne saurais ensuite en ressortir. La seule solution serait de me donner un corps, et il n'y en a guère ici. Et je refuse de remplacer une âme de vivant.

- Vous faire sortir de l'objet ne sera pas un problème pour nous autres Yuiméniens. Et, au pire... et si... Si vous veniez à prendre le mien ? Avec moi ? deux âmes peuvent cohabiter dans un corps, comme c'est le cas pour Silmeria.

- Ici, les âmes finissent par se fondre l'une dans l'autre... Et la plus forte force de caractère l'emporte sur l'autre. Votre amie doit être protégée de ça par l'origine yuimenienne de ces âmes qui l'habitent. »

Votre amie... Silmeria était-elle son amie ? La question pouvait sérieusement se poser. Et Akihito n’aurait pas craché sur l’avis d’un nécromancien… Et il eut un sourire amer à cette pensée : si on lui avait dit un jour qu’il aurait ce genre d’idée, il l’aurait difficilement cru.

« Si vous le dites... Quid de la première option ?

- Je ne sais toujours pas y entrer, quand bien même vous pourriez me faire sortir. Et vous n'avez aucun moyen de porter cette lance.

- J'ai la possibilité de revenir, si jamais je retrouve mon enveloppe charnelle et mes pouvoirs... »

Il secoua la tête devant ce problème abscons. Rien n’était simple, et il avait du mal à savoir par où commencer. Devait-il seulement commencer quoi que ce soit ?

« Désolé d'être à quia devant ce fiasco... Tout ce que je peux vous proposer et vous promettre, c'est de revenir et d'essayer de vous emmener avec moi, en usant de la magie yuiménienne...

- Quitte à revenir, revenez avec un corps. Je ne suis pas à l'aise à l'idée de posséder un objet.

- Je refuse comme vous de déposséder un corps de son âme... hésita l’enchanteur. Et en créer un de toutes pièces fonctionnel me semble bien plus audacieux que de faire temporairement de cette lance le catalyseur de votre âme...

- Même vivant vous ne pourrez porter cette arme. Elle est faite pour les miens. Un corps mort, soigné par votre magie, sera amplement suffisant. »

La limite avec la nécromancie se floutait de nouveau. Elle n’était qu’un outil, comme la magie, comme une arme qui pouvait aussi bien protéger que tuer. Mais ça ne rendait pas la chose simple à accepter pourtant. Il soupira.

« Je... j'essayerai de faire ça. Même si j'ignore si j'aurais la possibilité ou le temps de le faire... Je ne peux que vous promettre que j'essayerai.

- Je serai là. »

Il était désormais le moment de partir. Partir vers un voyage sans retour, peut-être, partir pour une errance qui durerait quelques instants comme une éternité. Une errance sans personne à qui parler… Cette simple

idée le terrifia, et il fit demi tour rapidement, gagnant du temps pour rassembler le courage nécessaire à son départ.

« Dites, Akouba... en quoi consiste votre magie et votre lance ? Je n'ai pas non plus envie de vous attirer dans des épreuves inconsidérées si votre présence n'est pas... indispensable.

- J'influence les âmes et contrôle leur sort. Elles m'obéissent alors. Mais n'attendez pas de moi de leur faire du tort, déclare-t-il avant de se pencher vers les deux armes abandonnées au sol. Elles sont faites pour toucher les esprits défunts, retors. Les blesser.

- Et quant à votre propre lame ?

- Elle, elle permet de toucher quiconque passe à portée, vivant ou mort.

- ... Je vois. Vous ne me reconnaîtrez peut-être pas sous mes traits physiques, alors sachez que je me présenterai sous le nom d'Akihito Yoichi.

- Allez. Et ne revenez que si mon aide est requise. »

Le bref sourire sinistre qui avait orné ses trait quand il parla de son arme mourut aussi vite qu’il apparut, ne laissant que l’enveloppe de celui qui avait tout perdu. Son but, son peuple…

« Encore une fois, je suis désolé. »


-----------
HRP : S'envolle a la recherche de la lande noire, plein sud, en prenant de la hauteur pour reperer plus facilement de l'activité, le faisceau vert, etc.

Jeu des mots : à quia
Modifié en dernier par Akihito le mer. 7 juin 2023 18:52, modifié 1 fois.

Avatar du membre
Cromax
Messages : 595
Enregistré le : mar. 26 déc. 2017 20:51

Re: Savane Tanathéenne

Message par Cromax » ven. 26 mai 2023 22:51

Cauchemar en Aliaénon : Jesuir VII



L’âme d’Akihito partit donc une nouvelle fois de Jesuir en direction du Sud. Jusqu’à rejoindre les Landes Noires.




[Akihito : 0,5 (papotage), 0,5 (départ)]

Répondre

Retourner vers « Aliaénon »