La Garde Militaire de Nessima

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Arkalan
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Arkalan » mer. 15 avr. 2020 11:12

En regagnant Nessima nous sommes rapidement interpellés par une patrouille qui s’occupe de dissimuler les corps aux curieux et nous informer que Sylënn souhaite rapidement me voir moi et le capitaine. Nous rejoignons le bâtiment de la Garde Militaire où l’agitation est à son comble tandis que la commandante s’impatiente. Elle confie quelques directives à ses hommes avant de m’avouer que je lui rends un fier service. Elle réclame mon témoignage et après avoir accepter elle me mène dans son bureau et m’invite à m’asseoir. Je prends place face à elle alors que comme d’habitude elle annonce qu’elle va aller droit au but ce qui ne manque pas de me plaire. Elle m’énonce des faits qui ne m’étonnes guère sur la réaction que va avoir le général que je cerne de mieux en mieux alors que je ne l’ai pas encore rencontré. Une rencontre qui, à priori, ne va pas tarder. La préoccupation de Sylënn est de savoir si je peux garder mon calme. Je suis surpris qu’elle n’ait pas remarqué que je ne fais que ça garder mon calme et ma surprise laisse rapidement place à un ricanement cynique.

« Je devrais y arriver. L’efficacité de votre équipe m’a mise de bonne humeur et je ne crois pas pouvoir être encore surpris par l’incompétence de votre Général. »

La réponse semble lui satisfaire si j’en crois le léger rictus satisfait qui apparait brièvement sur son visage, le compliment sur ses hommes lui plait sans aucun doute. Elle me demande alors de ne rien dire sur Yliria ou Sibelle. Je lui demande très sérieusement si j’aurais vraiment l’autorisation d’ouvrir la bouche pour m’exprimer et sa réponse me laisse en apprendre encore plus sur son supérieur. Selon elle, il va chercher à m’énerver ou à trouver une faille dans le but de me considérer comme un traître et dans ce cas m’abattre sans sommation. Je ne suis pas inquiet, je suis régulièrement en colère et je ne le laisse pourtant pas tant paraître. Je réponds sans me démonter, d’un ton assuré.

« Il n’est pas si évident de me manipuler. J’ai dû faire face à des femelles Shaakt dans cet exercice. Je doute qu’il leur arrive à la cheville. »

Je ne peux m’empêcher de ressentir une pointe de haine en repensant aux femelles de mon espèce et il est certain qu’en terme de manipulation elles sont les meilleures. Un Général trop stupide pour prendre au sérieux une menace dont font part plusieurs témoins n’a aucune chance de me faire perdre mon calme. Sylënn semble à nouveau satisfaite de ma réponse et affirme que dans ce cas il n’y aura pas de problèmes. Son inquiétude au sujet d’une éventuelle récompense où je perdrais la tête ne manque pas de m’amuser mais je ne fais rien paraître. Je me contente d’acquiescer quand elle demande si elle peut compter sur ma discrétion.

Elle me demande ensuite mes impressions sur les Rhakaunens et je ne manque pas de lui faire part de mes observations et réflexions sur le sujet. Je commence par déposer l’arbalète naine sur son bureau en parlant de leurs équipements de bonne qualité. Je poursuis avec mon hypothèse sur l’absence de mage dans leurs rangs et enfin je parle de mon impression sur le manque de stratégie et tactique militaire malgré leurs compétences de combattants pris individuellement.

« Ça voudrait dire que le seul avantage sur vous, c’est le nombre. Ce n’est pas dingue de le croire si ils sont coupés du monde depuis si longtemps sans mener la moindre bataille. »

Elle examine l’arbalète d’un air pensif avant de me faire part de ses remarques. Elle se montre prudente sur le manque de mage, prétendant qu’ils peuvent les conserver pour plus tard vu leurs raretés. Elle reprend espoir, déclarant que la situation n’est peut être pas si désespérée. Elle m’informe que les accès à la cité souterraine vont être condamnés à l’exception d’un seul où ils se prépareront à recevoir les nains.

« J’ignore où se trouvent les nains qui étaient de l’autre côté du pont et je doute qu’ils aient simplement décidé d’abandonner l’idée de passer par les souterrains. Si j’étais vous je n’éliminerais pas complètement la possibilité d’une surprise venant de sous terre. »

Elle répond qu’elle ne l’élimine pas mais qu’elle va faire en sorte de la contrôler. Comme elle le fait remarquer, les souterrains sont trop vastes pour être fouillés mais qu’elle peut probablement mener les armées naines vers une embuscade. Je hoche la tête mais lui fait part de mon inquiétude concernant une embuscade si on prends en compte la supériorité numérique que les Rhakaunens possèdent. Elle rétorque qu’elle ne le sous estime pas car elle en sait trop peu sur eux mais qu’il faut le faire comprendre au Général qui lui risque de vouloir les affronter de front. Une déclaration si peu étonnante qu’elle me fait sourire.

« Je vous avais dit que je ne pourrais pas être surpris par son incompétence. »

Elle me conseille de garder ce genre de réaction pour moi et je lui rétorque que je resterai de marbre. L’entretien se termine quand elle déclare qu’il ne reste plus qu’a attendre que le Général daigne nous convoquer. Elle m’informe qu’une fois que nous l’aurons convaincu de l’urgence de la situation je pourrais récupérer de quoi m’équiper à l’armurerie. J’incline la tête et sort du bureau pour patienter.

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Gamemaster6
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Gamemaster6 » dim. 19 avr. 2020 18:38

Émergence : màj pour Arkalan, Sibelle et Jorus


En patientant, Arkalan put entendre un groupe approcher de la porte du bâtiment avant d'entrer. Sous bonne garde, Sibelle et Jorus pénétrèrent donc sous ses yeux dans la Garde Militaire. Aussitôt l'un des Sindeldi de la patrouille alla informer la commandante qui sortit à peine trente secondes plus tard, le pas vif et sec, les yeux assombris. Son attitude n'avait rien d'amicale et elle se planta aussitôt devant Sibelle, ignorant superbement les deux autres.

- Vous avez du cran, il faut l'admettre, pour revenir ainsi.

Elle posa rapidement son regard sur Jorus et fit signe aux gardes.

- Je m'en occupe à partir d'ici, sergent. Vous deux, avec moi.

Elle tourna les talons sans attendre les deux aventuriers et passa devant Arkalan.

- Vous aussi, venez.

Elle les précéda et, étonnamment, ne prit pas la direction de son bureau, mais prit la volée de marche qui s'enfonçait dans les sous-sol, rejoignant ainsi la grande salle souterraine où ils avaient été accueillis à leur première arrivée. Elle ordonna aux aventuriers de prendre place, et fit de même avant de focaliser son regard sur Sibelle.

- Bien... Vous allez m'expliquer tout cela, et en détail. Je veux savoir ce que vous avez vu, appris et par Sithi ce qui vous est passé par la tête ?! Vous me mettez dans une situation extrêmement délicate, et j'ose espérer que vous apporter de bonnes nouvelles, ainsi qu'une très bonne justification à vos actions rapportées par Messire Arkalan ici présent.

Elle prit une inspiration, visiblement pour se calmer, avant de se tourner vers Jorus.

- Messire Jorus, vous n'étiez pas parti seul, où est la jeune fille qui vous accompagnait ? Comment avez-vous fini par vous retrouver, tous les deux ?


***
Quel coup du sort dis donc...

Gains d'expérience

Sibelle : Vol au-dessus d'un nid de Sindeldi : 1xp. Discussion avec Lyann et Jorus : 0,5xp Total 1,5xp
Jorus : Frayeur en plein ciel : 1xp Discussion avec Sibelle et Lyann : 0,5xp Total 1,5xp
Arkalan : Discussion avec Sylënn : 0,5xp
Image

Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Mikkah-El Sôdehbek
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Mikkah-El Sôdehbek » dim. 19 avr. 2020 18:52

À ta question portant sur la "force alliée" dont la commandante avait parlé, mais dont elle n'attendait aucun retour, la Sindel te répondit avec un léger soupir en t'expliquant la différence d'échelle. Mille d'un côté, dix mille de l'autre. Tu frissonnas. Tu pouvais clairement imaginer le massacre qui s'en suivrait si - quand ? - ces deux armées se rencontreraient. Une boule se forma au creux de ton estomac et ce n'était pas par empathie pour ces pauvres soldats. C'était ta propre peur de mourir en acceptant cette mission d'éclaireur.

(Courage, garde confiance.)

(Confiance ? Mais confiance dans quoi ? Dans qui ?)

(Dans ta capacité à t'en sortir et à survivre.)

Des bruits de pas détournèrent ton attention de notre conversation mentale. C'était un jeune elfe gris un peu trop droit dans ses bottes pour avoir vu beaucoup de batailles encore. La commandante te le présenta comme étant Sidiaël, qui devait te guider dans tes préparatifs avant ton départ. Puis un oiseau de magie apparut et tu ne pus même pas l'admirer ni même prêter l'oreille aux bruits ondoyants de la langue des Sindeldi qu'il avait disparu et que la commandante se levait en te congédiant et en te faisant une ultime recommandation : être efficace et discret. Tu te relevas un peu précipitamment pour l'imiter.

"Au revoir commandante. Comptez sur moi."

Tu quittas enfin le bureau et te retrouvas dans les couloirs où Sidiaël se tourna vers toi pour s'enquérir de tes besoins. Tu ouvris la bouche, mais sans que tes pensées fussent vraiment prêtes. Tu finis par lui demander ce qui te paraissait être la base :

"Où puis-je trouver armes et provisions ?"

Tu redressas la courroie de ton luth sur tes épaules - et cette pensée te frappa. Ton luth : tu ne pouvais décemment pas partir avec ! Non seulement parce que tu n'en aurais pas besoin, mais en plus parce que tu courrais le risque que son poids te ralentît. Pis encore : il pouvait s'abîmer durant la mission !

"Et auriez-vous un endroit où je pourrais, disons, laisser mon luth le temps de ma mission ? Je ne m'aimerais pas qu'il lui arrive quelque chose."

Sidiaël te considéra quelques secondes, avant de te répondre :

"Les armes sont disponibles à l'armurerie Royale, je peux vous y conduire. Pour la nourriture je vais demander à ce qu'on vous fournisse des rations de voyage. Pour votre Luth... Je peux le conserver jusqu'à votre retour, dans mes quartiers."

Il n'avait pas l'air très sûr de lui et toi-même n'étais pas sûr de lui. Ta main se serra nerveusement sur la courroie de ton instrument.

"Je vois... Nous verrons. Allons d'abord à l'armurerie."

Vous sortîtes donc de l'énorme caserne et ta boule au ventre t'oppressait toujours.
Mikkah - Voleur Haffiz

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Jorus Kayne
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Jorus Kayne » sam. 25 avr. 2020 15:11

Nous croisons rapidement la route d’une patrouille Sindel, mais ceux-ci semblent plus enclins à respecter les ordres de la commandante. Sous la menace d’un geste suspect de notre part, nous sommes conduits jusqu’à la personne que nous espérons justement voir. Arrivée jusqu’à elle, celle-ci n’a de cesse de fixer l’Hinïonne dans les yeux. Elle laisse les gardes reprendre leurs rondes et nous intime de la suivre ainsi qu’Arkalan. Ce n‘est qu’une fois à la même table où nous avons fait connaissance, qu’elle nous intime à répondre de nos actes, enfin surtout ceux de Sibelle.

L’elfe blanche est tendue, mais cherche le calme avant de prendre la parole, surtout lorsqu’elle évoque le barrage de flèches en guise de bienvenu. Elle relate les faits aux côtés d’Arkalan, la rencontre avec des Rakhaunens, son souhait de discuter avec les nains et celui du Shaakt en les faisant prisonniers. L’acte déloyal de l’elfe noir a entraîné un affrontement entre les deux aventuriers. Après avoir pris le dessus sur son compagnon, Sibelle a demandé des explications aux nains cendrés, malheureusement une pluie de flèches s’est abattue, tuant presque tous les Rakhaunens présents. L’ordre venait d’un Sindeldi précédemment rencontré et qui s’est servi d’eux pour attirer les nains. Face à l’attitude méprisante du Sindel vis-à-vis des autres races, Sibelle a empoigné le cor d’un des nains et s’en est servi pour donner l’alerte. Cela a conduit les Sindeldi ainsi qu’Arkalan à fuir tandis qu’elle se préparait à affronter la colère des renforts Rakhaunens.

Je m’apprête à prendre la parole, mais je suis devancé par le Shaakt qui prend le rapport pour une version romancée des faits. L’acte de Sibelle aurait, selon lui, fait perdre un temps considérable à la préparation militaire d’un assaut sur Nessima. Le général n’ayant pas pris au sérieux les menaces d’Yliria et Arkalan. Il a d’ailleurs fait envoyer une troupe de cavalier affronter une armée naine et le Shaakt est certain de la défaite. Il ajoute que l’état d’alerte de la cité est du fait de la commandante en outrepassant ses droits et que pour convaincre le général, ils ont mené une mission périlleuse pour trouver des preuves de leurs dires et en sont sortis victorieux avec deux corps nains. Lorsque l’elfe noir fini avec une pique envers Sibelle et je prends cette dernière remarque comme un affront à moi-même, qui me désigne vulgairement par le terme « l’ami ».

"Alors dans un premier temps je ne suis pas ton ami. Grâce à Sibelle j’ai évité de finir en hérisson, suite au rapport que tu as fait. Je ne te remercie pas, ça me fait plaisir. Ensuite, même si vous auriez capturé des nains, tu peux être sûr qu’ils n’auraient pas parlé. Cela fait quatorze mille ans qu’ils attendent de prendre leur revanche sur les Sindeldi, ils auraient préféré mourir que d’avouer leur recette de champignons farcis. De plus il n’est pas question de créatures semblables à des nuisibles, mais des êtres doués de raisons. Alors maintenant t’es gentil et tu la boucles ! Va égorger une vierge ou une chèvre pour ta déesse si ça te chante !"

Je tourne ensuite mon intérêt sur la commandante et prends une grande respiration pour me calmer.

"Donc avec la jeune Yürlüngür, nous sommes partis en bateau jusqu’à un village de pêcheur. Nous avons continué notre périple grâce à l’aide d’une guide au travers de la jungle, jusqu’à atteindre une immense zone déboisée. C’est là que la guide nous a quittés, le sillage des troncs coupés suffisait à nous indiquer le chemin. Ce n’est qu’au bout de la piste que j’ai fait la rencontre des Rakhaunens. Le premier contact a été peu amical. Ce n’est qu’en ayant parvenu à mettre de la distance et que la jeune Yürlüngür se soit rapprochée que nous avons commencé à discuter, notre nature humaine ayant aidé. J’aurais éventuellement pu fuir et prévenir Nessima, mais qu’aurais-je réellement appris. Nous ne savions pas qui ils étaient, d’où ils venaient et encore moins leur but. Ce n’est que lorsque j’ai compris qu’ils étaient présents sur le Naora bien avant les Sindeldi, que nous avons accepté de les suivre au cœur de la montagne. Je peux déjà vous dire qu’une tentative d’invasion de leur cité est inenvisageable. Même en étant en mesure de survivre à ce qui s’y trouve, encore faut-il suivre le bon chemin, sans quoi vous y perdrez vivres puis la vie."

Je m’arrête là avant de reprendre.

"Nous avons rencontré leur chef et on ne peut pas dire qu’il soit très amical, l’un d’entre nous a failli y passer. Nous avons d’ailleurs rencontré Sibelle peu de temps avant. Encore heureux qu’aucun Sindel ne soit venu, ni même un Shaakt à la langue bien pendue. J’ignore ce que vous savez de votre passé, dame Sylënn, mais autrefois les Rakheunens possédaient des terres et surtout des mines sur la partie nord du Naora. A l’arrivée des Sindeldi, les deux races ont commercé jusqu’à ce que les elfes gris les trahissent, volent leurs terres et manques de peu d’éradiquer les nains cendré du Naora. C’est l’histoire que l’on m’a relatée et si elle a très certainement eu son lot de changement à cause de la transmission de bouche-à-oreille, vu les rapports que les Sindeldi entretiennent avec les Eruïons, on devrait être assez près de la vérité. Depuis le jour où les elfes gris ont trahi le peuple des nains cendrés, ces derniers ne jurent que par la vengeance. Cela fait quatorze mille ans qu’ils se préparent et ce jour est arrivé. Croyez bien qu’ils ont tout mis en œuvre pour massacrer les elfes gris sur cette région du Naora. Ils sont si confiants qu’ils nous ont laissé libres de partir. De toute manière ils ont été découverts et nos révélations ne changeront pas le court des choses."

Je me tourne ensuite vers Arkalan.

"Maintenant pour répondre au p’tit malin de service, nous avons rencontré une tempête en mer, la faune locale puis souterraine du Naora, voyagé sous la montagne à perdre la notion du temps et en guise d’accueil notre chambre devait faire la taille de la table autour de laquelle nous sommes assis, pour trois, le confort en moins."

Je reviens ensuite à la commandante.

"Yürlüngür n’a pu venir avec nous, malheureusement Sibelle ne peut porter trop de monde. Cependant sur le chemin nous avons fait la rencontre avec une troupe de cavalier Sindeldi, partant affronter des ennemis. Nous avons été en mesure de les conseillers à faire demi-tour. Le chef de la troupe nous a d’ailleurs demandé de faire évacuer les villages sur notre chemin et si nous n’avions pas été présent, des civiles auraient été massacrés. Vous n’aurez qu’à demander aux réfugiés qui vont arriver. D’ailleurs, je dois vous rendre ceci. Cela m’a été confié par le meneur des cavaliers pour aider un humain à faire évacuer les villages sans perdre trop de temps."

Je sors l’insigne et le pose sur la table. La commandante fait fi de l’altercation verbale entre moi et l’elfe noir. Elle concède que les soldats n’ont pas respecté les ordres, mais pour les défendre, ils ont vu une créature volante au-dessus d’une cité en état d’alerte. Elle nous remercie d’avoir sauvé les vies de la troupe Sindeldi avant de revenir vers Sibelle et de prendre la mesure de ses actions. La commandante se trouvant dans une position qui ne lui permet aucun écart et nous encourage à ne pas révéler des informations qui pourraient nous nuire à tous. Elle évoque Arkalan qui a découvert que les nains étaient sous la cité, puis Yliria qui a informé la venue de troupe par le désert. Elle espère que nous auront des renseignements susceptibles de l’aider à défendre Nessima.

(Cherche-t-il à sauver leur peuple ou leur honneur ?)

Je cherche l’attention de la commandante avant de lui répondre.

"Sans vouloir vous manquer de respect, ils ont attendu quatorze mille ans avant de s’en prendre à vous. Quatorze mille ans de préparation rendez-vous compte. Il ne s’agit pas d’un raid ni de troupes, c’est tout un peuple qui vient prendre d’assaut Nessima ! Aussi bien gardé qu’elle puisse être, la cité a de fortes chances de tomber. Et vous l’avez dit vous-même les Sindeldi sont divisés. Plus que la défense de ses murs, la priorité actuelle est l’évacuation des civils !"

Sa réaction n’attend pas, mais malheureusement ils n’ont pas les moyens d’évacuer les civils qui préféreront combattre pour défendre leur foyer. Jusqu’à lors, les murs de Nessima ont toujours repoussé l’envahisseur. La seule chose qu’elle peut faire est la demande urgente de renfort depuis la capitale et il ne reste plus qu’une tâche à accomplir, vaincre ou périr. Je soutiens le regard de la commandante alors que celle-ci rétorque qu’il n’y a aucun moyen d’évacuer et parle avec autant de calme dont je puisse faire preuve.

"Vous murs ont tenu, mais qu’avez-vous affronté jusque-là ? Ils viennent par le nord, l’ouest et bon sang par le sol ! Un mur peut-il tenir si ses fondations ne sont plus ? Imaginez le pire, que les murs de Nessima soient incapables de repousser un tel ennemi. Si vous n’êtes pas en mesure d’évacuer les civils et si leurs sorts vous importe, alors envisagez une reddition."

Bien entendu ma proposition est réfutée en bloc, Yliria ayant détaillé la haine qu’ils éprouvent envers les Sindeldi, au point de ne vouloir en laisser aucun. Elle pense que tous les habitants mourront si Nessima se rend. De plus, peu importe son opinion, seul le général de Nessima a le pouvoir de reddition. A cette réplique, je regarde Sibelle qui doit vouloir intervenir à ce sujet, car si effectivement les Rakhaunen veulent leurs morts, c’est un autre sujet pour les Eruïons. L’ambassadrice ayant voulu voir Sibelle personnellement, il vaut mieux lui laisser la parole.

N’ayant pas eu l’opportunité de finir, Sibelle termine son rapport et mentionne qu’elle a eu la vie grâce au fait qu’elle est une elfe blanche. Elle décrit ensuite son voyage sous la montagne et parle des Rakhaunen comme des êtres qui désirent seulement reprendre leurs terres et se venger des Sindeldi, loin de l’image sanguinaire qui a pu être décrit ou imaginé. Elle termine en évoquant le manque total de respect de certains elfes gris, notamment le Sindel qui a massacré les nains cendrés et demande son identité.

Sibelle s’arrête de parler et fixe la commandante de toute sa fierté. Elle sort un médaillon caché sous son armure et le met en évidence. Elle poursuit en justifiant ses actions qui lui ont valu le statu de traître et qu’elle agirait de nouveau ainsi. Elle enchaîne en évoquant notre rencontre avec le roi sous la montagne et nos tentatives de paix. Elle évoque ensuite la présence d’une ambassadrice Eruionne qui serait plus encline à la négociation. Si elle ne compte pas donner des informations utiles en défaveur des Rakhaunens, elle pense tout comme moi que la guerre peut être évitée. Nous avons agi en ce sens en prévenant la troupe de cavalier de faire demi-tour et en évacuant les villages sur notre chemin. Elle termine en précisant qu’elle est venue de son plein gré, pas sous la menace des gardes.

Nous ne sommes pas les seuls à espérer la paix. La commandante parle d’Yliria en demandant si tous les danseurs étaient unis par des idées utopistes. Elle réfute les possibilités de négociations sans vraies propositions diplomatiques. Mais encore, elle n’est pas la personne qui peut prendre cette décision. Sibelle rajoute qu’elle aussi a confiance en la jeune semi-Shaakt qui s’est rendue convaincre les elfes bruns. Cependant elle persiste en voulant connaître l’identité du Sindel qui s’est joué d’elle. Malheureusement elle devra attendre encore car cet elfe n’œuvre pas dans la région et n’est donc pas soumis au commandement de Sylënn. L’elfe blanche cherche des réponses auprès du Shaakt, mais elle ne tire de lui que mépris lorsqu’il énonce clairement qu’à sa place, il aurait fait abattre la guerrière. Elle tient cependant à préciser à Arkalan que cet elfe n‘a pas agis pour les protéger des nains, mais parce qu’il n’attendait rien d’eux que la mort. Son mépris va autant aux nains qu’aux Hinions et bien entendu aux les elfes noirs.

Sylënn attire de nouveau l’attention sur l’urgence de la situation en frappant sur la table. C’est Arkalan qui intervient le premier et pense qu’une discussion et donc une négociation de paix est impossible. Si ses propos ont du sens, je reste sur mes positions concernant l’intérêt pour les Sindeldi de négocier la paix. Je ne suis pas le seul à le penser et Sibelle parle des effectifs et de leur équipement de qualité pour appuyer ses propos. A la demande de l’elfe noir, elle évoque les Rakhaunen comme le peuple le plus discipliné et organisé qu’elle a pu voir. De nouveau, elle précise qu’en cas de guerre, la défaite est assurée et de nombreux innocents y perdront la vie.

Arkalan rétorque que malgré la rigueur militaire dont ils font preuve, ils ont usé d’une tactique qu’il décrit de pitoyable dans les galeries de Sanssitr. N’ayant pas de réponse de la guerrière, il se tourne vers la commandante pour afficher sa loyauté envers les Sindeldi durant la bataille qui va se dérouler. Sibelle quant à elle a réalisé le travail qui lui a été assigné, comme à nous, elle demande ensuite si elle peut se rendre à la commanderie de l’opale ou si elle est faite prisonnière. Il n’en est rien. Sylënn rétorque que nos actes auprès des nains cendrés doivent rester secrets et tant que nous ne compromettrons pas la sécurité de la cité. Elle nous indique qu’elle ira rencontrer le général et n’omettra pas de signaler notre intervention qui a sauvé la vie des cavaliers. Sibelle lui confirme son intention de ne pas être un obstacle et agira dans l’intérêt des innocents dans ce conflit, peu importe leurs races. Quant à moi je suis resté là à écouter les différentes interventions, mais un point me titille. Je regarde avec mépris l'elfe noir mais cherche le calme lorsque je m'adresse à lui.

"Que s'est-il passé dans les sous-sols de la cité avec les Rakhaunens ?"

L’elfe noir se méfie de moi et d’un regard, demande son autorisation pour en parler. Alors qu’elle le lui accorde, j’y vois plus qu’une loyauté, presque comme un asservissement avec une bête docile. J’en lève mes yeux au ciel tant c’est ridicule. Il explique qu’ils ont découvert de l’activité dans l’ancienne cité Shaakt sous Nessima et ont profité pour chercher les preuves qu’il manquait afin de préparer la cité comme il se doit. Une fois qu'il interrompt son récit je regarde Sylënn puis arkalan, puis Sylënn, arkalan jusqu'à ce que je comprenne qu'il a en réalité fini.

"C'est tout ? C'est ça votre fameuse intervention et le plan pitoyable des nains ? Vous les avez vus et avez ramené les preuves de leurs existences. Point ? Il y a des nains sous terre, ça c'est de l'information de premier ordre !"

Je me calme en me frottant la tempe de ma main droite. Avant de reprendre en regardant Sylënn.

"Je suppose que le général a connaissance de ce fait. Vous avez dit qu'il était la seule personne pouvant décider du sort de Nessima. Avons-nous la possibilité de le rencontrer ?"

La commandante ne doit pas aimer mon attitude, mais elle semble faire fi de cela aux vues des circonstances urgentes. Le général, n’ayant pas pris au sérieux les nombreux avertissements, elle explique avoir mis elle-même la cité en état d’alerte, outrepassant ses droits. Elle parle presque du Shaakt comme un héros, qui a risqué sa vie pour trouver des preuves plus tangibles qu’une simple parole d’étrangers et me demande si je désire prendre part à une convocation qui ne saurait tarder. Je suis mécontent d'entendre que le général ne prenne pas les précédents avertissements au sérieux et je soutiens le regard impatient de la commandante pour lui réponde.

"Je le souhaite oui. De quelle preuve parlez-vous au juste ?"

Je ne suis pas le seul à vouloir y participer, Sibelle aussi. En la regardant, je repense à capacité à voyager par les airs, ce qui me rappelle un point.

(J’y pense, Nessima possède un port et surtout un accès aux Cynores. Pourquoi ne pas les employer pour évacuer ?)

Avant qu'elle ne réponde, j'ai un point que je souhaite soulever à nouveau.

"Pardonnez-moi de revenir sur le sujet, mais concernant l'impossibilité d'évacuer, pourquoi le port et les Cynores ne peuvent être utilisées ?"

Les preuves sont deux Rakhaunen et Arkalan précise qu’il s’agit de cadavre. A l’entendre on croirait presque qu’il en est satisfait. Concernant les Cynores elles sont toutes parties pour Tahelta et ne reviendront qu’avec les renforts attendus. Le port ne possède malheureusement pas la capacité d’embarquer autant de monde, mais la formation militaire des habitants les pousseront à se battre plutôt qu’à éviter le conflit, la population ayant déjà fait face à des assauts. L’elfe noir s’adresse à la commandante, mais sa remarque est clairement une pique qu’il nous adresse, en particulier à moi avec son regard gorgé de mépris.

« Êtes-vous certaine de vouloir les faire rencontrer votre Général ? A une guerrière imprévisible à la loyauté douteuse et à une sorte ... d’idiot utile ? »

(Non d’une belette, mais c’est quoi son problème à lui ? Te laisse pas démonter mon jojo !)

(C’est un Shaakt, il suit le chemin le plus sanglant comme un chien renifle une proie ! Mais je ne t’imaginais pas aussi impulsive, ça me surprend.)

(Tu fais au mieux pour suivre la voie la plus honorable en cherchant la paix. Balance-lui un truc bien cinglant au visage, tu as carte blanche, crédit illimité, préparez les canons et pleine puissance monsieur Solo !)

(Heu…oui…j’ai pas tout compris, mais je pense avoir saisi l’essentiel !)

Pendant ce temps la commandante a repris la parole et je crois avoir retenu que le général souhaitera nous voir, peu importe l’avis du Shaakt. Cependant elle demande la plus grande discrétion sur nos actions. Nous devons évoquer une infiltration chez les Rakhaunen, avoir rapporté de précieuses informations et participé à l’évacuation des villages sur notre route. De plus, nous devons considérer tous les autres aventuriers comme morts ou toujours en mission en dehors de ces murs. Si Sibelle demande des explications, Sylënn n’en donne aucune et insiste sur la discrétion. Je profite d’une absence de prise de parole pour intervenir et renvoie le regard d'Arkalan avec un faux air sévère et secoue la main comme on gronde un enfant qui a fait une bêtise.

"Ta maîtresse ne t'as pas autorisé à aboyer. Vilain, pas gentil !"

Je regarde ensuite la commandante sans ciller lorsqu'elle évoque les propos que nous devons tenir.

"Dans ce cas je suppose qu'il vaut mieux évoquer une capture ainsi qu'une évasion réussi. La jeune Yürlüngür n'étant pas là, elle passera pour l'héroïne qui nous a sauvés."

(Oulà, je sens que ça va coincer !)

Je me tourne vers Sibelle et rajoute :

"Nous devrions éventuellement nous délester de nos affaires. Ce n'est pas comme si nous comptions nous en prendre au général."

Avec une aigreur non dissimulée, Sibelle réfute catégoriquement ma proposition. Elle ne conçoit pas le mensonge, d’autant plus s’il s’agit de mettre la jeune Yürlüngür sur un pied d'estale.

(Comment je le voyais trop venir !)

(Merci, tu es d’une aide précieuse !)

(A ton service !)

"Entendu. Dans ce cas comment expliques-tu les informations dont nous disposons ?"

Avec son air habituel de défi, elle rétorque qu’elle ne supporte pas de devoir mentir et regardant l’elfe noir, elle continue en affirmant être une personne loyale. Elle revient à moi en expliquant qu’elle préfèrerait dire que nous avons quitté la montagne de nous-mêmes, chose vraie. Elle veut bien taire ses actes, mais pas lui offrir une gloire qui ne lui appartient pas.

(Bon sang c’est plus compliqué que je ne m’y attentais !)

Je me gratte la tête et cherche un moyen de me faire comprendre.

"Ecoute, la commandante est le seul support sur lequel nous appuyer et nos propos la mettraient dans une position défavorable. Pour elle, pour nous et donc pour la paix possible de ce conflit. Nous avons plusieurs options qui peuvent te convenir. Nous pouvons éviter certains sujets sans avoir à mentir, nous pouvons laisser penser que Yürlüngür nous a libérés sans le dire franchement, ou alors l'option la plus plausible, tu te mords la langue pendant qu'on parle si tu ne parviens pas ce petit exercice. Les Shaakt font ça à longueur de temps et ils n'en meurent pas pour autant !"

Malheureusement mes arguments ne font pas mouche. Sibelle préfère s’abstenir d’être présente plutôt que de mentir et compte de rendre à l’ordre de l’opale.

(Jorusade. Terme désignant l’action d’obtenir l’inverse du but recherché par une manœuvre désespérée. « Il partait faire du profit, il est revenu avec moins qu’à l’aller. Il a fait une belle jorusade ! »)

Voyant que Sibelle semble vouloir en finir, je rajoute :

"Si on te demande, tu as été capturée et c'est l'opale qui nous a fourni ce nouvel équipement. Enfin si ça te vas !"

D’un hochement de tête négatif elle refuse ma proposition et ajoute qu’il vaudra mieux que personne ne lui pose la question.

(Bon sang mais quelle tête de mule !)

(Tu t’y prends mal avec elle !)

(Je ne la connais pas assez pour savoir sur quelle corde tirer.)

Je regarde l'elfe, assez blasé.

"Au moins vous avez ce point commun, vous êtes aussi têtues l'une que l'autre. Vous devriez vous entendre !"

(La provocation ? Rappelle-toi votre dernière altercation ici même et le résultat que ça a donné !)

(Il faut bien que je tente quelque chose non ?)

Sylënn tente d’apporter de l’eau à mon moulin en expliquant qu’il ne s’agit pas de mentir, mais de ne pas révéler certains faits. Elle ne n’oblige cependant pas à assister à la réunion et s’intéressera plus tard à la jeune Yürlüngür. Alors que Sibelle répond qu’elle se rendra à la commanderie de l’opale, Sylënn attire mon attention. Durant la réunion avec le général je suis tenu de garder mes remarques pour moi. Si l’elfe noir est imperméable à mes piques, le général aura une toute autre attitude. A ses propos je regarde la commandante avec des yeux ronds.

"Imperméable ? Vous êtes sûr ? Donnez-lui l'autorisation de japper et vous verrez ! Quand au général ne vous inquiétez pas. Je ne compte pas réduire à néant les chances d'aboutir à la paix, aussi minces puissent-elle être."

La commandante me regarde étrangement, mais je la délaisse et me tourne vers Sibelle, un peu déçu par sa décision. J'aurais espéré qu'elle changerait d'avis en la provoquant.

"Tu es sûr de toi ? Les Sindeldi ont au moins un minimum de respect avec les elfes blancs ! Cela rendrait nos arguments plus tangibles."

Elle me répond qu’elle est incapable de mentir de la sorte, même sans parler, son désaccord serait flagrant et attirerai l’attention.

(Belle tentative, mais le coup du gentil et du méchant ça marche surtout à deux.)

(Bon sang mais que faire ?)

(J’y ai réfléchi. Sibelle est sincère et surtout loyale.)

(Oui merci, j’avais pas bien entendue les six ou sept fois où elle l’a mentionné !)

(Ecoute un peu ! Elle fait partie d’un ordre prônant la paix, alors attaque-là sur sa loyauté envers ses principes !)

(Pourquoi j’y ai pas pensé plus tôt !)

(Tu es loin d’être idiot je te rassure. Tu comprends vite, mais faut t’expliquer longtemps !)

Je ne lâche pas son regard.

"Même au prix de la paix et de ton devoir envers l'Opale ?"

Avec calme, la guerrière m’explique qu’elle connait ses limites. Si nous voulons agir ainsi, il est préférable qu’elle ne soit pas présente. Je me résigne. Il est clair qu’elle ne peut assister à la réunion, même si elle le voulait. Il ne me reste plus qu’à respecter sa décision et me rendre auprès d’un général qui, selon Sylënn, respecte l’ordre religieux et donc le mépris des autres races en compagnie d’une commandante qui me prend pour un gamin et d’un Shaakt qui me prend pour un con. J’aurais au moins voulu un peu de soutien !

(Moi je suis là ! J’aime te taquiner, mais je reste ta plus fidèle supportrice !)

(Merci. Heureusement que je t’ai !)

Nous sommes interrompus pas un Sindel qui vient annoncer à la commandante que quelqu’un l’attend. Est-ce déjà l’heure ?

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Arkalan
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Arkalan » dim. 26 avr. 2020 15:27

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Voilà qui est intéressant. En patientant dans le couloir j’aperçois un groupe qui se promène dans le bâtiment. Sous bonne garde, Sibelle est un humain que je ne suis même pas certain d’avoir déjà vu, ou plutôt si, il est tout simplement toujours aussi insignifiant que lors de notre brève rencontre dans le sous sol de la caserne. Sibelle par contre arbore une allure fière tout en dardant sur moi un regard noir. Je sais qu’il en faudrait peu de ma part pour qu’elle perde son calme et me saute à la gorge ce qui déclencherait sans aucun doute des représailles immédiates de son escorte. Elle est sauvée sans même s’en rendre compte par la commandante qui surgit de son bureau pour la prendre à parti. Sylënn nous ordonne de la suivre à travers les couloirs jusqu’à la salle souterraine où elle nous a tous reçu. Je prends place à la table, m’installant tout à gauche, à côté de l’humain qui se retrouve entre Sibelle et moi. Je recouvre mes genoux de ma cape et prends soin de dissimuler mes mains pour qu’elle aient le loisir de saisir le manche de ma dague et mon arbalète chargée en cas d’assaut de la part de l’Hïnionne qui prend déjà de longues inspirations pour garder son calme. La commandante semble elle aussi sur les nerfs et cela s’explique facilement comme elle ne tarde pas à le faire, réclamant des explications à l’elfe blanche sans tarder. Elle prend quelques instants pour remettre de l’ordre dans son cerveau de femelle avant de s’exprimer d’une voix ferme et tentant de feinter un calme qui manque déjà de disparaître après avoir raconté qu’elle a manqué d’être criblée de flèches. Elle raconte ensuite ce qui s’est passé d’une manière très juste sans déformer la réalité, n’omettant même pas ma proposition de lui confier une potion pour soigner sa blessure. C’est ce qui m’étonne justement, dans sa tête elle est persuadée d’avoir bien agi.Elle n’a aucune conscience des conséquences de son acte démontrant qu’elle est bien plus sotte que je le pensais. Je reste silencieux, prouvant de cette façon à Sylënn que je suis plus que capable de garder le silence quand quelqu’un s’exprime pour dire des stupidités car si son histoire est juste, ses motivations et ses réflexions sont des plus idiotes. Elle conclue son témoignage en s’adressant directement à moi.

"J'ai relaté les faits, tels qu'ils ont été. je te laisse prétendre le contraire si tu l'oses. Et ensuite je raconterai ce qui m'est arrivé ensuite et je laisserai Jorus raconté comment nous nous sommes rencontrés. "

Pourquoi je prétendrais le contraire ? Elle n’a vraiment aucune notion de logique ou de bon sens. Une triste vérité commence à surgir dans mon esprit; si les femelles Shaakt sont les seules à posséder un tel pouvoir au sein de leur société contrairement aux autres ethnies d’elfes c’est parce qu’elles sont bien au-dessus. Si toutes les elfes blanches ont les mêmes facultés intellectuelles que Sibelle alors je m’étonne que l’Atha’Ust n’est pas parvenu à plus étendre son domaine vers l’Anorfain. Mais bref, c’est une autre sujet et j’ai ici autre chose à gérer. Je reste évidemment calme, Sibelle pensant peut être me mettre en difficulté m’a enfaite donnée le bâton pour la battre. Sylënn m’a probablement plus à la bonne que ces deux là après les nombreuses missions accomplis et me fait probablement confiance à présent. Je prends donc la parole sans aucune difficulté à me contrôler tout au long de ma prise de parole.

« En effet, vous les avez fort bien relatés. Vous m’avez empêché de ramener deux prisonniers à Caraën. Ainsi vous nous avez empêché d’avoir accès à des informations pouvant se révéler importantes et pire encore vous nous avez fait passer à côté de preuves formels de l’existence des Rhakaunens au sein des montagnes et cela nous a cruellement manqué ici. Laissez moi vous relater quelque faits moi aussi, les conséquences de votre empathie pour trois créatures qui ont par ailleurs cherchés à nous abattre à vue. Faute de preuve le Général de Nessima n’a pas cru mon témoignage ni celui d’Ylliria faisant part d’une immense armée dans les montagnes et venant du désert et n’a pas pris la menace au sérieux. Il a donc choisi d’envoyer un millier de cavaliers arrêter une armée d’une centaine de millier de nains marchant vers Nessima. Pour le moment nous ignorons les pertes subis. La Commandante Sylënn à dû outrepasser ses droits et ses ordres en déclarant l’état d’urgence, mettant ainsi en péril sa place et même sa vie. Mais ce n’est pas tout. Pour apporter ces fameuses preuves pour convaincre le Général elle a aussi risqué la vie de ses hommes dans une opération à haut risque dans les souterrains de la cité. Heureusement la mission s’est bien déroulée et nous avons pu ramener deux corps de nains à Nessima. L’un des Sindel est tout de même gravement blessé. Vous nous avez donc fait perdre un temps précieux. Mais peut être que vous avez des informations intéressantes à nous donner. Je remarque que vous n’êtes pas dépossédée de votre équipement ni particulièrement amochée, votre séjour parmi ces nains n’a pas dû mal se passer. J’ai hâte d’entendre ce que vous avez à nous raconter l’ami. »

Dis-je en posant un regard amusé sur Jorus. Car en effet, voilà un autre fait amusant. Ces deux là se sont probablement rencontrés chez les Rhakaunens. Biensûr il reste possible qu’ils se soient croisés sur la route vers Nessima comme moi et Yliria nous nous sommes rencontrés à même les portes, son absence d’ailleurs ne passe pas inaperçu, je me demande bien sur quelle mission elle a été dirigée, peut être vers Tahelta pour convaincre je ne sais qui de rejoindre sa cause. Peu importe, j’en reviens à Jorus et Sibelle, fortement équipée, sans aucune trace de violence dû à une condition de prisonnier. Cela me laisse penser qu’ils étaient soit extrêmement bien traités au point même d’être relâchés avec leurs armes et armures, soit... d’avoir changé de camp, relâchés vers Nessima pour être utiles dans le siège d’une cité fortifié. Je suis donc bien curieux d’entendre cet humain qui ne tarde pas à répondre avec hargne. Parfait, encore un qu’il sera facile de décrédibiliser grâce à sa colère et qui le rend instantanément d’avantage suspect à mes yeux. Il précise d’abord, comme si c’était nécessaire, qu’il n’est pas mon ami. Remerciant sa bienfaitrice de lui avoir sauvé la vie après le rapport que j’ai fais. Il a au moins le mérite de m’étonner, bien que ce soit par sa stupidité. Il aurait donc préféré que je mente, mon rapport est exactement celui que vient de faire Sibelle, seulement moi mes émotions n’entrent pas en ligne de compte. Nous avions la possibilité de faire deux prisonniers importants et elle l’a empêché, sonnant l’alerte et risquant la vie d’une escouade Sindeldi en plus de la mienne. Je reste cependant toujours silencieux et le laisse poursuivre dans son témoignage d’enfant attardé, tentant vainement des traits d’humours ridicules mêlé d’empathie. Il pense me blesser en insultant ma prétendue Déesse, il n’imagine pas à quel point il me fait plaisir en insultant son culte que je cherche à réduire à néant. Biensûr un soupçon de terreur se fraye un chemin sur mon visage lacérer quand il me fait penser à la divinité Arachnoïde mais je parviens tout de même à me contrôler, ici je suis loin de son influence et de ses prêtresses. Il tourne ensuite son intérêt vers la Commandante qui paraît déjà bien irrité, il inspire à son tour pour reprendre son calme et poursuivre son rapport. Il explique d’abord sa rencontre avec les Rhakaunens avant d’admettre clairement avoir accepté de les suivre au coeur de la montagne, lui déconseillant fortement de tenter une attaque en prétextant que trouver la cité suffirait pour tuer bon nombres d’elfe. Un conseil amusant et vain puisque j’ai indiqué en personne sur une carte l’endroit où se trouve les portes de la cité au coeur de la crique montagneuse et même si cela ne mènerait pas directement dans la cité Rhakaunens j’ai constaté qu’ils étaient peu habile dans la dissimulation de traces. Je pourrais penser que Sibelle devrait être consciente de ça mais ayant constaté son intelligence limité je ne peux pas l’assurer. Il poursuit en racontant qu’ils ont rencontrés leur chef et qu’il est peu amical, rien d’étonnant car, comme il l’a dit plus tôt, plusieurs millénaires de rancunes ont façonné leur société. Il précise que lui et la fameuse Yurlungur, dont je me souviens très bien pour m’avoir inspiré un sentiment de méfiance et de confiance à la fois lors de sa rencontre, ont retrouvés Sibelle peu avant. Après une nouvelle provocation à mon encontre qui me passe complètement au-dessus et un petit cours d’histoire il donne enfin quelques informations intéressantes qui me conforte dans ma déduction. Premièrement, il répète que les Rhakaunens ne jurent que par la vengeance et que leur but est tout simplement d’éradiquer les Elfes Gris de la région, tout comme les Elfes Bruns au final, rendant toute possibilité de négociation et de paix à néant. Deuxièmement, il affirme qu’ils sont si sûre d’eux qu’ils les ont laissés partir. Très bien mais où est la troisième personne ? Pourquoi n’est-elle pas là ? D'expérience on ne relâche pas des prisonniers pour une telle raison mais si Jorus prétexte qu’ils ne pourraient rien nous apprendre je continue d’en douter. Pour moi, ils ont étés retournés et ils sont ici dans un but bien précis, assister les nains dans le siège de Nessima.

L’humain se tourne vers moi pour se plaindre de son voyage pour finalement pleurnicher qu’ils se trouvaient à trois dans une pièce faisant la taille de la table. Je me retiens de lui rétorquer avec cynisme que la table est plutôt de belle taille et le laisse poursuivre à l’attention de la Commandante au sujet du membre manquant. La jeune enfant n’aurait pas pu venir avec eux par manque de place sur Sibelle, ou plutôt sa forme d’hippogriffe. Amusant, une si frêle enfant aurait été de trop pour la fière guerrière ? Il conclue par une bonne nouvelle en racontant que sur le chemin ils ont permis aux cavaliers de revenir sans subir de pertes et rameutant des habitants des villages sur la route. Plus de bras, ce sera sans doute utile. Il dépose, en tant que preuve de ses dires, une insigne militaire sur la table.

Sylënn intervient finalement pour justifier l’attaque des gardes de Nessima qui me paraît évidente, une créature volante passant au dessus d’une cité en état d’alerte est évidemment une provocation ou un acte stupide. Elle se frotte ensuite les tempes et répond à l’humain, le remerciant d’avoir réussi à rapatrier les cavaliers envoyés à une mort certaine ainsi que les villageois sur leur route. A Sibelle elle se montre incroyablement tendre, à mon opinion, lui demandant simplement de ne pas recommencer et nous demande de garder cela sous silence. Je peine à le croire, est-ce que c’était un plan de sa part de laisser rentrer un loup imprévisible dans la bergerie ? Trop tôt pour le dire. Elle demande ensuite si ils ont appris quelque chose qui pourrait nous être utile. L’humain, fidèle à lui même, se monte incroyablement stupide, déclarant que la priorité est d’évacuer les civils. Evidemment Sylënn ne manque pas de lui expliquer que non seulement il n’y a aucun endroit où évacuer comme l’a si bien expliqué cet imbécile, nous sommes encerclés. Mais il n’en démord pas, décidément comment un type comme lui peut être encore en vie, quelque chose veille sans doute sur lui ou il possède une chance insolente. L’idiot suggère alors une reddition. Je ne peux m’empêcher de cligner des yeux de surprise alors qu’un rictus d’impatience passe sur le visage de la commandante, est-il sérieux ? Ou aveugle comme le demande Sylënn. Je pousse moi même un soupir amusé en me disant qu’il est simplement trop sot pour se rendre compte de sa stupidité. Il a précisé lui même que les Rhakaunens n’ont qu’un seul but, massacrer les Elfes Gris, que se passerait-il alors si ils lâchaient leurs armes pour se rendre ? Je manque d’éclater de rire quand l’humain appelle l’Elfe Blanche à l’aide d’un regard suppliant. L’Hinionne accoure donc à l’aide de son acolyte, ces deux là se sont bien trouvés, ces deux bouffons pourraient monter un spectacle qui ferait hurler de rire bien des palais. Elle m’explique d’abord, à moi, qu’elle a été faite prisonnière et qu’elle a appris que les Rhakaunens ne sont pas des êtres sanguinaires, ils veulent JUSTE massacrer tous les elfes gris pour récupérer leurs terres, voilà qui devrait rassurer les habitants de Nessima. Je dois me retenir d’applaudir tandis que le spectacle continue de façon grandiose quand elle se tourne vers notre interlocutrice pour déclarer d’un ton fière que l’Elfe Gris à la panthère mérite d’être jugé. Bon sang, cela devient réellement difficile de se retenir de rire. Je devrais la remercier, voilà longtemps que je n’avais pas frôlé le fou rire. Elle continue, assurant qu’elle a agi selon sa conscience et ses valeurs et qu’elle recommencerait si une autre occasion se présentait. Un aveu qui devrait faire tiquer la commandante qui se frotte le front, visiblement lasse. J’ai presque de la peine pour elle d’avoir accordé sa confiance à ces deux guignols. Elle poursuit mais son blabla n’est pas très different de celui de Jorus, voir d’Yliria. Malgré toutes les preuves qu’une paix est impossible ils sont convaincus de pouvoir éviter la guerre. Est-ce que c’est leur jeune âge qui leur donne tant d’espoir ?

Sylënn, elle, suggère que ce sont les Danseurs qui sont utopistes et rappelle des faits simples. On ne tente pas de dialogue avec des gens qui ne désirent que le massacre et la vengeance. Elle rappelle également que la seule personne qui sera décisionnaire de tout cela se sera le Général qui, bien que stupide, n’est probablement pas aussi pacifiste que Sibelle, Jorus ou Yliria. Sibelle ne lâche pas l’affaire concernant l’Elfe à la panthère et tente de me soutirer son nom, m’accusant de vouloir protéger son identité. Ridicule. Je réponds rapidement, ravalant le rire qui me chatouille la gorge pour mettre fin à ce sujet qui n’a rien à faire ici au vu de l’urgence de notre situation.

« Je ne connais pas son identité parce que je ne lui ai pas demandé et il n’a de toute manière aucune justification à vous donner. Il m’a vu en difficulté et il a tiré. Vous devriez vous estimer reconnaissante. A sa place je vous aurais fais abattre également. »

Un fin sourire passe sur le visage de l’Elfe blanche qui prétend que je n’étais pas en difficulté. Que l’Elfe n’a simplement pas vu l’utilité de garder plusieurs Rhakaunens en vie. Une erreur qu’il a commise en les abattants, j’accorde ce point à Sibelle. Cependant il aurait tout aussi bien pu m’abattre si seul le dernier nain l’intéressait. Quant au mépris qu’il pourrait m’adresser je ne peux pas lui en vouloir, je suis un Elfe noir après tout. Sylënn frappe deux fois sur la table pour enfin ramener le cœur du problème sur la table. Je lui adresse la parole de manière sincère avec un air sérieux propice à la gravité de la situation.

« Je pense toujours que la possibilité d’une discussion est impossible. Comme ils l’ont dit, ils se préparent depuis des millénaires, la paix ne pourra se faire que par la destruction d’un camp, comme avec les Shaakts dans le passé. Ce n’est pas une volonté de ma part, c’est simplement un fait. »

Terminais-je à l’attention de Jorus et Sibelle avec un regard sincèrement navré. Sibelle pousse un soupir et propose d’éviter le combat pour avoir une chance de s’en sortir vivant. Une proposition qui me semble encore être une plaisanterie quand nous nous trouvons dans une cité encerclée. Comme nous elle a constaté que les nains sont nombreux et qu’ils possèdent un équipement de bonne qualité. Elle affirme que nous n’avons aucune chance et que si la guerre se poursuit il n’y aura plus de Sindeldi au Naora.

« Peut être pas... Avez vous vu quelque chose ressemblant à une organisation militaire là bas ? Comme on peut en voir ici par exemple. »

J’observe Sylënn avec un air entendu, lui rappelant ma dernière hypothèse concernant l’expérience militaire des Rhakaunens. Sibelle répond qu’ils sont organisés mais avoue clairement faire de la rétention d’informations. C’en est assez pour me prouver qu’elle a belle et bien choisi son camp et Jorus n’est sans doute pas different. Il ne reste plus qu’à les provoquer qu’ils lâchent des informations, morceaux par morceaux.

« Ils ont pourtant fait preuve d’une tactique des plus pitoyables dans les galeries de Sanssitr. »

Sibelle garde le silence et j’en profite pour m’adresser à la commandante affichant à mon tour où va ma loyauté.

« Vous ne pouvez pas fuir. Ni éviter le combat. Nous ne pouvons que combattre, Nessima est une forteresse et vous avez sans aucun doute une expérience militaire supérieur. Si nous évitons une attaque souterraine je pense que nous avons nos chances. Soyez certaine que vous pourrez me compter dans vos rangs pour honorer la promesse que j’ai fait à votre époux. »

Elle incline la tête, consciente que j’ai raison mais se montre bien trop gentille avec Sibelle qui affirme qu’elle ne dira rien et lui permet de repartir tant qu’elle ne compromet pas les opérations militaires. Un risque qu’elle ne devrait pas se permettre alors que Sibelle continue d’affirmer qu’elle nous ne sera d’aucune aide. Il reste un oiseau à faire chanter, l’humain stupide, qui ne manque pas de réagir à mes propos sur la stratégie des nains, peinant visiblement à garder son calme. Je plisse les yeux, méfiant, feintant de garder un secret. Je me tourne vers Sylënn pour avoir son autorisation de parler ne manquant pas de fissurer encore la patience de l’humain. Quand elle m’y autorise je raconte:

"Nous avons découvert qu'il y avait de l'activité dans l'ancienne cité Shaakt qui se trouve sous Nessima. Nous en avons profité pour chercher les preuves qu'il nous manquait et nous préparer à les recevoir."

Il nous observe alors tour à tour moi et la commandante, se moquant presque de ce que nous avons fait. Sait-il si il y a autre chose encore là bas ? Il change de sujet, demandant si il est possible de rencontrer le Général. Sylënn semble s’impatienter également face aux propos de Jorus qui ne se rend sans doute pas compte qu’il joue sa tête. Elle explique l’importance de la mission sous terre comme elle lui échappe totalement et demande si il souhaite prendre part à la réunion à venir avec le Général où nous pourrons mettre sous son nez la preuve de l’existence d’une menace naine sous ses pieds. Jorus répond qu’il souhaite y prendre part et ose demander de quel preuve nous parlons alors que nous l’avons dit plus tôt. Il ajoute une autre question, une question stupide dont la réponse est évidente et que Sylënn ne se gène pas pour répondre crûment que les bateaux et engins volants de la cité ne sont pas là pour l’évacuation mais pour la guerre et que de toute manière Nessima n’en possède pas un nombre suffisant pour évacuer tout le monde. De son côté, Sibelle déclare elle aussi vouloir rencontrer le Général. Je ne manque pas de préciser que les preuves sont des cadavres en espérant ébranler ce qu’il reste de patience aux deux naïfs. J’ajoute en me tournant vers Sylënn.

« Êtes vous certaine de vouloir les faire rencontrer votre Général ? A une guerrière imprévisible à la loyauté douteuse et à une sorte ... d’idiot utile ? »

Je conclue en ne manquant pas de lancer un regard méprisant au concerné qui ne manque pas de me rendre mon regard tandis que Sylënn rétorque qu’il voudra sans doute les rencontrer de toute manière. Elle se tourne vers Sibelle et Jorus en expliquant qu’elle attend de leur part la plus grande discrétion concernant leurs actions, leur trahison pensais-je. Ils ont infiltrés les Rhakaunens et ont rapportés de précieuses informations, qu’ils refusent de communiquer. Nous devons également considérer que à l’exception de nous trois, tous les autres aventuriers sont morts. Je ne manque pas de froncer un sourcil en pensant à Yliria, où est-elle ? Mon regard se fait plus méfiant encore quand elle répond à Sibelle qui s’interroge sur cette dernière directive que ce n’est pas à elle de donner cette information. Elle nous ordonne d’être discret à ce sujet. Jorus ne manque pas une nouvelle provocation, me voyant comme un chien à la botte de la commandante de Nessima. Une vaine tentative à laquelle je reste imperméable et silencieux alors que Sibelle et Jorus semble chercher librement à s’accorder sur la vision de l’histoire. Sibelle semble renoncer à rencontrer le Général ce qui est bien la première fois que je la vois prendre une décision intelligente. Jorus lui persiste à nous accompagner et ceux malgré les avertissements de Sylënn lui conseillant de tenir sa langue. Il tente une autre provocation qui m’amuse tant elle est ridicule. Avec un peu de chance il arrivera à se faire tuer lors de la réunion, voir sa tête décoller de ses épaules serait le clou du spectacle d’aujourd’hui. Sylënn ne manque pas de me faire rire à son tour en observant Jorus comme si il était un enfant attardé. Un garde vient finalement mettre un terme au numéro en annonçant à Sylënn que quelqu’un l’attend. Je laisse Sibelle et Jorus passer devant, prenant tout mon temps pour me redresser. Une fois seul avec Sylënn je lui glisse quelques mots avant de quitter la pièce.

« Je connais peu de raisons de laisser partir des prisonniers possédant des informations importantes avec tout leur équipement. L’excès de confiance n’en fait pas partie. Vous devriez vous montrer aussi méfiante avec eux que vous l’avez été avec moi lorsque vos hommes m’ont amené dans vos cellules. N’oubliez pas que ce n’est pas une promesse qui les lie à votre cause, ils sont attachés à l’importance de la récompense et que les Rhakaunens peuvent avoir fait une meilleure offre que la votre. Je vous rappelle également que c’est la jeune Yurlungur, celle qui manque à l’appel, qui a en première soulevé la question de la rémunération dans cette même salle. Pensez-y, si j’étais vous je ne les laisserais pas circuler sans surveillance dans votre cité. Nous ne pouvons pas nous permettre le moindre risque, vous en êtes sans doute consciente. »

Mon regard se fait dur car c’est de ma vie aussi qu’il s’agit mais c’est bien sous la forme d’un conseil que je le formule avant d’incliner la tête pour lui témoigner mon respect.

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Sibelle
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Sibelle » lun. 27 avr. 2020 02:13

Une fois sortie de la commanderie, d’un pas ras rapide et décidé, Sibelle prit le chemin pour la garderie royale, suivi de près par Jorus. Alors qu’il n’avait pas encore atteint leur destination, une patrouille Sindel qui passait par là, les reconnurent, s’approcha d’eux, et les encerclèrent.

Nullement intimidée, Sibelle, la tête haute, conserva son air fier. Ils leur indiquèrent qu’ils devaient les reconduire auprès de Sylenn’tar. Ils pouvaient garder leurs armes et équipements tant que leur comportement serait adéquat.
Bien entourée, Sibelle reprit alors la marche, sans émettre le moindre commentaire. Elle se dit qu’au moins ils ne seraient pas ralentis par d’autres gens.

Les soldats les firent entrer dans le bâtiment puis l’un deux alla chercher la commandante. Celle-ci arriva assez rapidement, ne cachant pas sa colère envers Sibelle, elle l’apostropha aussitôt, lui disant qu’elle avait du cran de revenir ici. Elle regarda ensuite Jorus, puis ordonna aux gardes de disposer, elle allait s’occuper d’eux. Tout en leur demandant de la suivre, elle passa devant Arkalan et le pria de les suivre aussi.

En tant que guerrière hinionne, Sibelle va arborer une allure fière et sérieuse. Pas le moindrement honteuse, ni intimidée par les paroles de la commandante, elle la regarda sans sourciller. Lorsqu'elle croisa Arkalan, elle ne se priva aucunement de le darder d'un regard noir.

Au lieu de se rendre à son bureau, ils bifurquèrent vers l’escalier et descendirent dans la même salle où ils s’étaient tous retrouvés au tout début de la mission. Elle leur donna l’ordre de prendre place et fit de même. Arkalan eut la bonne idée de choisir une place assez loin de Sibelle.

Cette dernière prit place à la table tel que demandé et écouta les demandes de la commandante, tout en restant froide. Elle se concentra sur celle-ci afin d'éviter de regarder de nouveau Arkalan et de lui sauter littéralement dessus pour lui donner une raclée.
Sans tarder la commandante, questionna Sibelle ne passant pas par quatre chemins pour lui reprocher son comportement. Elle lui reprocha de l’avoir mise dans une situation délicate et lui demanda de justifier ses actions que Messire Arkalan lui avait rapportées.

( Messire… il ne mérite pas cette appellation.)

La colère de la commandante était palpable, mais Sibelle restait de marbre. Après avoir pris une grande respiration, elle s’enquit de Yurlungur et se demandait aussi comment lui et Sibelle s’étaient retrouvés.

Sibelle prit une grande respiration afin de garder son calme. Elle se permit aussi quelques secondes pour rassembler ses idées. Puis d’une voix calme, mais ferme, elle s'expliqua:

« Tout d'abord, pour répondre à votre salutation... oui, il m'a fallu du cran pour revenir ici, et éviter d'être criblée de flèches. Mais je devais venir vous faire mon rapport, et aucune traitrise ou mensonge honteux à mon égard ne m'aurait empêché de vous donner un compte rendu de ce que j'ai vu, et de ce que j'ai fait. »

Elle s'arrêta quelques secondes, le temps de prendre une autre grande respiration, se desserrer les poings et poursuivre:

« Lorsque Arkalan et moi sommes arrivés dans le campement dévasté dans Sylve de Saraënan, nous fumes surpris par l'orage et nous nous sommes abrités comme on a pu. L'endroit nous a paru plutôt singulier. On voyait bien des restes de campement... mais alors que normalement 2 semaines seulement s'était écoulées, la nature avait déjà repris son droit et des arbres y avaient poussés comme si plusieurs centaines d'années s'étaient écoulés.... nous sentions une présence, mais incapable de l'identifier. Ce n'est que le lendemain matin alors que la tempête avait enfin cessé qu'un Sindeldi en armure de cuire renforcé de plaques d'acier accompagné d'une panthère noire vint à notre rencontre. Sans détour, nous nous sommes présentés et lui avons expliqué ce que nous faisions là. Il nous dit avoir vu rôder des petits êtres aux abords des montagnes quelques jours auparavant et il nous expliqua comment s'y rendre. Il refusa de se présenter et ne voulut pas nous accompagner lorsque je lui en fis la demande. »

Sibelle s'arrêta un peu, elle n'était pas habituée de parler autant. Elle se racla la gorge, prit une gorgée d'eau dans le verre à sa disposition sur la table.

Elle poursuivit ensuite son récit. On lui avait donné la parole, elle allait en profiter pour relater les faits tels qu'ils s'étaient passés.

« Moi et Arkalan, nous nous rendîmes donc à l'endroit indiqué par l'elfe...nous nous retrouvions dans un cul-de-sac, ceinturés par d’imposants escarpements....et puis nous vîmes de petites silhouettes en armures lever leur arbalètes. Nous nous cachâmes derrière des rochers et je leur criai de cesser de tirer que nous ne leur voulions aucun mal. »

Elle s'arrêta une fois de plus, mais elle regardait la commandante sans risquer le moindre coup d'oeil à Arkalan.

« Ils ont continué à nous tirer des flèches et nous avons dû nous défendre. Ils étaient six. Nous étions deux. Nous nous sommes battus vaillamment contre ces petits nains gris, nous aidant mutuellement. Nous en avions tué trois en combat, lorsqu'ils demandèrent de cesser le combat... ils se rendirent compte que nous n'étions pas des sindels.. Arkalan m'offrit une potion de soin pour soigner ma cuisse, mais je déclinai l'offre, j'avais ce qui me fallait dans ma besace... Et c'est à partir de là, que le conflit entre moi et Arkalan a débuté. J’étais encore sous ma forme d'hippogriffe, et je lui ai lâché un petit cri pour qu'il nous présente, mais au lieu de ça, il assomma le nain qui venait de se rendre et déclara aux deux autres qu'ils étaient nos prisonniers. Je ne partageais pas cet avis. Ces nains avaient demandés de cesser le combat. Nous avions obtempéré, il n'était pas de bon tons de repartir les hostilités... Devant un geste aussi déloyal, je perdis mon sang froid et je bondis sur Arkalan, le clouant au sol à l'aide de mes serres. Lorsqu'il cessa de se débattre, je le relâchai et je repris ma forme elfique. Nous nous sommes disputés, nous insultant l'un et l'autre. De colère, je me suis tournée vers l'un des nains conscients et je l'ai questionné, je leur ai demandé pourquoi, ils avaient détruits le campement des elfes gris. Arkalan m'accusa de trahison, il encocha son arc, et recula du col, me demandant de le laisser partir, ce que je fis. Mais il n'eut pas le temps de partir, car deux flèches sifflèrent et les nains moururent. »

Cette fois Sibelle se serraient les poings si forts que ses jointures devinrent blanches. Elle dut s'arrêter et se calmer avant de poursuivre.

« Avec son air condescendant, l'elfe gris et sa panthère firent leur apparition, nous remerciant avec un sourire narquois de les avoir aidés, cela faisait plusieurs jours qu'ils guettaient l'entrée. ...Arkalan lui fit la remarque que ces nains étaient eux aussi plus utiles vivants que mort. L'elfe gris haussa les épaules et déclara qu'un seul vivant leur suffirait. Il parlait du dernier survivant, celui que Arkalan avait assommé un peu plus tôt. Le sindel répondit ensuite que le nain survivra le temps de l'interrogatoire après quoi, il le tuerait. ... j'étais en colère. Il nous avait piégé... et il s'était servi de nous comme appât. Ce sindel n’avait aucun respect pour les races différentes de la sienne, il les traitait encore plus mal que des bêtes. Je ne pouvais pas tolérer ça. Je pris donc le pouls du nain blessé et je pris son cor d'alerte et je soufflai dedans. Les sindeldi et Arkalan prirent la fuite. Pour ma part, je restai à côté du blessé. J'allais affronter seule les nains qui arrivaient. »

Elle s’arrêta et s'adressa à Arkalan :

« J'ai relaté les faits, tels qu'ils ont été. Je te laisse prétendre le contraire si tu l'oses. Et ensuite je raconterai ce qui m'est arrivée et je laisserai Jorus raconter comment nous nous sommes rencontrés. »

Malgré toute la tension qui régnait dans la pièce, il était étonnant de constater que chacun réussissait à conserver son calme…pour le moment.

Si Arkalan ne contredit ce que Sibelle avait raconté, il en faisait toutefois une toute autre analyse. Pour lui, il aurait été nécessaire d’apporter les deux prisonniers à Caraën afin d’apporter des preuves formelles de l’existence de Rhakaunens. Point de vue que Sibelle ne partageait pas. Il ne considérait pas les nains comme des individus à part entières, mais comme de vulgaires créatures et ils ne comprenaient pas que si ces derniers avaient tirés c’est qu’ils protégeaient l’entrée de leur grotte et qu’ils détestaient avec raison les sindeldi qui avaient par le passé tentés de les exterminer. Aussi, faute de prisonniers, il raconta que le Général de Nessima ne les avait pas pris au sérieux. Ce fut la raison pour laquelle, il avait choisi d’envoyer un millier de cavaliers ne croyant pas que les nains étaient nombreux. La commandante Sylënn avait déclaré l’état d’urgence passant outre les ordres dudit général. Il précisa qu’il était fier d’avoir ramené comme preuve deux cadavres de nains. Il conclut en demandant à Sibelle quelles informations, elles avaient rapportés et puis il doutait de son honnêteté en faisant remarquer qu’elle n’était pas amochée et qu’elle possédait encore tous ses équipements, sous-entendant ainsi qu’elle était passée dans le clan ennemie.

Sibelle regardait Arkalan, perplexe, sans comprendre comment un esprit pouvait-il être si tordu. Puis ce fut Jorus qui rompu le silence. Elle commençait à avoir l’habitude d’entendre les répliques cinglante du jeune homme et pour une fois ce n’était pas elle, la victime. Jorus s’attaquait à Arkalan et cela détendit Sibelle, surtout qu’il l’a nomma comme celle qui lui avait sauvé la vie, faisant référence à son envolée à haute altitude afin d’éviter les flèches des archers. Puis il essaya, en vain, d’expliquer à Arkalan, que les deux prisonniers nains, n’auraient jamais parlés, même sous la torture. Cela faisait près de 14 000 ans qu’ils préparaient leur vengeance. Et il rappela que les Rakhaunens ne sont pas des bestioles, mais des êtres pensant comme nous tous dans cette salle.
Se tournant ensuite vers la commandante, il lui raconta comme s’était passé sa mission en compagnie de Yurlungur. Partis en bateau, ils ont traversé une jungle, puis rencontrés les Rakhaunens. Après discussions, ils les ont accompagnés dans la montagne. Le reste de son histoire, Sibelle la connaissait. Il rajouta enfin qu’Yurlungur n’avait pu venir avec eux prétextant que la guerrière ne pouvait porter deux personnes.

(FAUX ! )

A ces mots, Sibelle fronça les sourcils. Elle ne comprenait pas pourquoi il tentait une fois de plus à couvrir les actes de la gamine. Après ce mensonge qui contraria Sibelle, il raconta leur rencontre avec la troupe de cavalier Sindeldi et ce qu’ils avaient faits pour venir en aide aux villageois. Cela dit, il sortit l’insigne que lui avait remis le premier officier et la remit sur la table telle que promis.
Avec une patience digne du poste qu’elle occupait Sylenn avait écouté les versions de chaque compagnon ne se préoccupant des accusations qu’ils s’adressaient entre eux. Elle précisa à Sibelle que les gardes n’auraient pas tiré sur elle, ils n’avaient pour mission que de la reconduire jusqu’à elle. Tout de même fatiguée, elle se frotta les tempes avant de répondre à Jorus. Elle signifia sa satisfaction face à l’aide que Sibelle et Jorus avaient apportée au sindeldi en prévenant la troupe et tous les petits villages. Elle sermonna tout de même Sibelle en affirmant que ses actions auraient pu signer leur mort et lui recommanda de ne pas répéter ce genre de comportement.

(Impossible.)

Elle rajouta qu’Arkalan leur avait permis de savoir que les nains étaient sous la cité. Yliria les avaient renseignés de la provenance des Eruïons. Elle demanda enfin, s’ils pouvaient leur donner une information qui leur permettrait de vaincre les nains.

Sibelle allait ouvrir la bouche pour répondre, mais Jorus la devança, répétant à la commandante que les nains s’étaient préparés depuis 14 000 ans. Il suggéra l’évacuation des civiles. Elle répondit vivement qu’il était impossible d’évacuer vu le nombre. Et les habitants de Nessima, guerriers pour la plupart allaient préférer combattre que fuir. Et puis, les murs allaient les protéger. Jorus insista et suggéra que les sindeldi se rendent et la commandante s’impatienta. Avec justesse, elle lui rappela que se rendre ne donnerait rien, les nains gris ne veulent pas de prisonniers, ils veulent exterminer tous les elfes gris. Et puis, elle rappela qu’elle n’était pas la dirigeante de la cité. C’était le général qui avait tous les pouvoirs.

Sibelle avait beaucoup à dire, mais elle commença par répondre à la remarque d'Arkalan:

« Pour poursuivre mon histoire.... J'étais seule avec le survivant et les nains m'ont attaquée. Lorsqu'ils ont vu que je n'étais pas une sindel, ils ont cessé toute attaque. Donc, ma survie, je la dois simplement au fait que je sois une elfe blanche... Ils m'ont demandé ma version des faits, et je leur ai avoué avoir tué des leurs pour me défendre. J'ai été leur prisonnière, nous avons marché des jours sous la montagne. Les Rakhaunens ne sont pas des êtres sanguinaires. Tout ce qu'ils veulent, c'est reprendre leur terre et se venger... Se venger des elfes gris. »

Puis se tournant vers la commandante, d’un ton calme, mais fière Sibelle lui dit:

« En parlant d'elfe gris, sauf votre respect, certains d'entre eux sont très condescendants envers les autres races au point de ne pas accorder de la valeur à leur vie... Et j'aimerais bien connaitre l'identité de cet elfe gris accompagné de panthère qui a tué des nains qui s'étaient rendus.... Il a tué de sang-froid sans le moindre remord et non pour sa survie.... Lui, devrait être jugé.... Et puis, nous étions aux portes de leur repères, les nains gris avaient des gardes pour défendre leur cité, tout comme vous, ces murs.»


Sibelle s'arrêta un moment, puis tout en regardant fièrement la commandante, elle sortit son médaillon sous son armure et le mit en évidence.

« Tout ce que j'ai fait, c'est d'alerter les gardes naines alors que les sindeldi avaient massacrés sans raison les leurs. On ne doit pas tuer un prisonnier qui s'est rendu.. ou encore tuer un témoin après qu'il aie parlé. La race sindel est aucunement supérieure aux autres. Je ne les ai pas attaqués, j'ai juste alerté les renforts afin d'éviter d'autres actes de barbarie. J'ai agi selon ma conscience, selon le bon sens, selon mes valeurs qui sont droites. Je ne regrette pas ce que j'ai fait, si c'était à refaire, je ferais exactement pareil, et si une autre occasion se présente aussi. »

Elle prit une grande respiration, puis reprit:

« Le roi a accepté de nous parler. Tout comme vous, il nous a demandé de lui donner des informations qui pourraient les aider à vous battre. J'ai refusé d'en donner. Il ne m'a pas davantage emprisonné. J'ai tenté de le convaincre que les sindeldi n'étaient pas tous des gens arrogants et au-dessus des autres. J'ai tenté de le convaincre de ne pas attaquer. Je vous ai nommé. Je lui ai dit que vous étiez quelqu'un de juste et que vous respectiez les autres races. Au lieu de combattre, je lui ai demandé de négocier avec vous, afin qu'ils puissent récupérer leurs terres et vivre en toute liberté sans se cacher. Mais il est plus têtu qu'une mule. Il m'a écouté, mais a refusé la discussion. Avec nous dans la salle du trône, il y avait une représentante des Elfes bruns et de son côté, il y avait plus d'ouvertures, elle pourrait, si vous le désirez, vous rencontrer et négocier afin d'avoir la paix entre les peuples et non la guerre. Donc, je ne vous donnerai pas d'informations afin que vous puissiez les battre. Je crois qu'il serait encore possible d'éviter la guerre, ou de la cesser au plus vite et dans ce sens je vais tout faire pour vous aider. Sur notre chemin du retour, on a bien vu les armées qui s'approchaient et qui risquait d'anéantir le petit groupe de Sindel. Tout comme Jorus vous l'a raconté, nous avons aussi prévenu les villages afin de sauver des vies. Cela devrait suffire à vous prouver notre bonne foi.
Et puis, je ne suis pas venue ici parce que vos gardes m'y ont conduit, je suis venue de moi-même. »


Sidérée, la commandante ne comprenait pas comment les danseurs d’Opales pouvaient être aussi utopistes. Et puis, elle rappela une fois pour toute qu’elle n’était pas la dirigeante. Son travail était de protéger son peuple. Elle ne voyait pas comment ils devraient tenter des discussions puisqu’ils n’y avaient pas d’ouvertures du côté du Roi nain.

« Je partage la confiance que vous avez en Yliria, elle a concouru à convaincre la représentante des elfes bruns. ... Mais dites-moi quel est le nom et quel est la fonction de cet elfe gris accompagné d'un panthère. »

Ce sindel intriguait Sibelle, il l’avait piégé et était responsable de cette mauvaise réputation qu’elle avait héritée à Nessima.
Malheureusement la commandante ne le connaissait pas, c’était au commandant de Caraën qu’il fallait poser la question.

Sibelle se tourna alors vers Arkalan :

« Je suppose que vous connaissez son identité ? A moins que vous tenez à protéger identité de ce meurtrier ? »

Arkalan ne connaissait pas son identité puisqu’il ne s’en était pas informé. Il insinua même que ce sindel l’avait secouru et termina en affirmant qu’elle méritait d’être abattu.

(Un idiot, cet elfe noir.)

Sibelle le regarda avec un petit sourire:

« Vous vous méprenez, il n'avait rien à faire de vous... il n'a pas agi car vous étiez en difficulté, car ce n'était pas le cas, vous étiez libre de partir. Il a tiré car il ne voyait pas l'utilité de les garder en vie, car il en restait un. Il méprise les elfes blancs et les elfes noirs tout comme il méprise les nains... Et malheureusement, beaucoup d'elfe gris sont ainsi. »

Sibelle s'adressa ensuite à la commandante:

« J'avais confiance en vous, je vous pensais différente de ces elfes gris condescendants, et je pense encore que je ne me suis pas trompée. »


Décidément lasse de cette discussion ou chacun accuse l’autre, Sylënn tapa du plat de sa main sur la table et rappela à Sibelle qu’elle ne pourrait changer en quelques semaines cette mentalité qui date depuis des dizaines de siècles.
Sibelle poussa un soupir:

« Éviter le combat serait le seul moyen pour les sindeldi de s'en sortir vivant... J'ai vu les effectifs des nains, leur équipement... Si l'affrontement a lieu. Ce sera la fin des sindeldi au Naora. »

Arkalan demanda à Sibelle si elle avait vu sous les montagnes quelque chose qui pouvait ressembler à une organisation militaire.
Sibelle comprit quArkalan essayait de la faire parler:

« Ils sont les êtres les plus disciplinés et organisés que j'ai jamais vu... mais je ne vous en dirai pas plus.... S’il y a guerre, la défaite des Sindeldi est assurée. Et malheureusement des innocents perdront la vie. »

Arkalan refuta ce commentaire en affirmant qu’ils avaient manqué de tactiques dans les galeries de Sanssitr.

Sibelle ne répondit pas, ne connaissant pas la situation nommée.

Arkalan confirma à la commandante sa fidélité dans le combat qui selon lui était inévitable. Après quoi, Sibelle s'adressa à son tour à la commandante:

« Pour ma part, j'ai fait le rapport que j'avais promis. Je n'ai rien d'autres à ajouter. Je vous répondrai bien sûr si vous avez d'autres questions. Est-ce qu'il m'est possible de retourner à la commanderie de l'Opale, avec ou sans escorte, ou bien vous me constituez comme prisonnière ? »

Sylënn répéta que cette conversation s’avérait privée. Elle était libre d’aller où elle voulait tant qu’elle ne compromettait pas les opérations militaires. Elle rajouta que leur aide concernant les cavalier fut précieuse, elle s’en souviendrait.
Sibelle rétorqua:

« Je ne compromettrai pas vos opérations, mais je ne vous viendrai aucunement en aide en ce qui concerne la guerre. ... mais je vais encore tenter de la faire éviter... Je vais en chercher le moyen... Si affrontement il y a je vais aider à l'évacuation des innocents, familles et enfants peu importe leur race. »

Jorus, curieux, s’enquit de ce qui s’était passé dans les sous-sols de la cité. Après avoir demandé la permission à la commandante, Arkalan répondit qu’ils y avaient trouvés deux Rakhaunens.

Tout comme Sibelle, Jorus s’attendait à une découverte beaucoup plus importante. Après les avoir narguée à sa façon, il demanda s’il pouvait rencontrer le général.

Sylënn s’impatientait, le tapotement de son doigt sur la table en témoignait. Le général n’avait pas pris au sérieux l’avertissement de Arkalan et Yliria, puisqu’il étaient des étrangers. L’opinion de Sibelle ne fit que se renforcer, une bonne partie de la population sindel se pensait supérieure aux autres races.

Sibelle qui n'était pas encore partie, mais qui avait gardé le silence tout en écoutant la conversation ajouta :

« J'aimerais y prendre part également. »

Lorsqu'elle entendit le mot : cadavre, Sibelle ne put retenir un soupir de mépris. Les preuves étaient des cadavres de Rakhaunen. Aux yeux de Sibelle, Arkalan n’était guère mieux que le général.

Comme il fallait s’y attendre, Arkalan s’opposa à ce que Sibelle et Jorus participent à la rencontre. Sylëen répondit que le général demanderait à les rencontrer. Il les connaissait de réputation. Puis se tournant vers Sibelle, elle lui demanda une discrétion absolue. La version officielle serait qu’elle avait infiltré les Rakhaunens et rapportée de précieuses informations après avoir aidé à évacuer les villages. Elle devait s’en tenir à ça. Puis elle répéta qu’elle devait affirmer que tous excepté eux 3 avaient péris.
Sibelle perplexe à la dernière affirmation questionna :

« Tous, exception nous trois, mort ou en mission hors de la ville....ça signifie quoi ? Qu’en est-il vraiment ? La présence de qui voulez-vous cacher ? »

Après avoir fixé le médaillon de Sibelle, la commande lui dit qu’elle devrait trouver ailleurs la réponse à cette question. La guerrière en déduit alors qu’elle aurait la réponse auprès de danseurs de l’Opale.

Afin d’ajouter plus de crédibilité au résumé que fit la commandante, Jorus proposa de raconter que lui et Sibelle avait été prisonnier et que ce fut la gamine, en héroïne, qui les avait sauvé. À ces mots, les yeux de Sibelle s’agrandir de stupéfaction. Connaissant la haine que Sibelle portait à la jeune Yurlungur, il se tourna vers Sibelle en rajoutant qu’ils devraient aussi se délester de leurs affaires, considérant à tort que l’hinionne accepterait ce plan.

Sibelle se retourna vers Jorus avec un regard sévère.

« J'ai préféré ne rien dire à propos de Yurlungur jusqu'ici car je ne le croyais pas nécessaire. Mais je refuse de mentir et de dire qu'elle est l'héroïne qui nous a sauvé... surtout après ce qu'elle a fait. »

Jorus demanda alors comment elle pourrait expliquer les informations qu’ils possédaient.

Sibelle le défia du regard:

« Je déteste mentir. »

Puis jetant un regard sévère à Arkalan :

« Je suis quelqu'un de loyale. »

Puis se tournant vers Jorus :

« Je préférais dire que nous avons quitté la montagne par nos propres moyens, ce qui est vrai. .. Si je suis prête à taire pour le moment ce qu'elle a fait, je suis contre le fait de lui octroyer le statut d'héroïne. »

S’entêtant à son plan, Jorus tentait de trouver des variantes, mais le contenu en demeurait le même.
Sibelle prit alors une grande respiration et répondit:

« Alors je ne vous accompagnerai pas. Je vais plutôt me rendre à la commanderie de l'opale. »

Jorus, entêté, suggéra qu’elle participe tout de même à la rencontre, et il lui dit de répondre qu’elle avait été capturé et que c’était l’Opale qui lui avait fourni un nouvel équipement.

Commençant à être excédé par cet entêtement, Sibelle, d’un ton calme, neutre, mais ferme, fit signe négativement de la tête et répondit :

« Souhaites-juste qu'on ne me demande rien. »

Plus nuancée, la commandante répéta à Sibelle qu’il s’agissait de ne pas révéler des informations qui causeraient leur perte. Et elle permit à Sibelle de ne pas participer à la réunion. Puis elle demanderait plus tard, plus d’informations au sujet de Yurlungur.
Sibelle acquiessa à la commandante et dit tout simplement :

« Je me rendrai donc à la commanderie et je vous laisserai rencontrer le général. »

La commandante accepta la décision de Sibelle et prévint Jorus de garder sa langue et de montrer plus de respect dans ses propos.
Jorus fit une autre tentative de convaincre Sibelle en lui disant que le général écouterait davantage une elfe blanche qu’un humain ou un elfe noir.

Sibelle regarda Jorus:

« Je suis incapable de mentir de la sorte. Même si je ne disais rien, mon désaccord transparaitrait, même si je tentais l'impossible pour cacher mes impressions, mon ressenti. »

Tout en la fixant, Jorus fit une ultime tentative de la convaincre en faisant appel à son sens de l’honneur et du devoir envers l’Opale.
Sibelle répondit calmement à Jorus:

« Je connais mes limites, et la colère qui circule dans mes veines et qui me fait perdre mes moyens. Ainsi afin de ne pas saboter cette rencontre et de ne pas vous faire perdre toute crédibilité, il est préférable que je m'en retire. »

Cette fois Jorus ne tenta plus rien, respectant apparemment la décision de Sibelle.

Avant que Sylenn n’annonça la fin de la réunion, un sindel entra dans la salle, et s’approcha de la commandante pour lui chuchoter quelque chose. Apparemment, quelqu’un l’attendait.

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Gamemaster6
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Gamemaster6 » lun. 27 avr. 2020 22:53

Émergence


Lorsqu'un Sindel vint aborder Sylënn durant son entrevue avec les aventuriers qui s'insultaient copieusement, la Commandante sembla soudainement plus sombre, presqu'effrayante. Elle se leva après la fin de la discussion, répondant d'une voix claire à Arkalan qui l'avait prise à partie.

- Ce n'est plus le moment. Tout va se jouer bientôt.

Elle se contenta ensuite de prendre le chemin des escaliers pour atteindre le rez-de-chaussée où régnait une étonnante effervescence. Les soldats semblaient se préparer, mais ce ne fut pas cela qui attira les regards des aventuriers qui remontèrent du sous-sol, qui purent être témoins d'étonnantes apparitions.

Après avoir arpenté sans encombre les souterrains de l'ancienne cité shaakte, Yurlungur avait faussé compagnie à son guide avec aisance. Sans détour, elle avait facilement pu remonter vers la ville où les premiers soldats Sindeldi qu'elle croisa la menèrent sans se poser de question jusqu'à la Garde Militaire, convaincus qu'ils étaient qu'elle était engagée par Sylënn. N'avait-elle pas un laissez-passer, après tout ? Elle arriva en même temps qu'un autre personnage, sombre et imposant, qui revenait lui des quartiers pauvres. Gurth avait obtenu de précieuses informations et son objectif semblait trouver un nouveau souffle, de nouvelles possibilités, et nul doute qu'il aurait quelque chose à glaner dans ce bâtiment.

Aventuriers, tous rassemblés ici par le hasard, leur propre volonté ou le Destin, purent ainsi s'apercevoir, peut-être même échanger quelques mots, avant qu'un autre personnage n'entre dans ce lieu où régna alors une tension que l'on aurait pu saisir à mains nues tant elle était palpable. Un colosse venait de pénétrer dans la Garde Militaire. Mesurant plus de deux mètres, puissamment bâti, il portait une solide armure finement ouvragée et décorée, symbole de prestige et de puissance, deux sabres elfiques pendant à ses hanches. Ses yeux froids balayaient les lieux sans prendre le temps de ciller, fixant tour à tour les personnes présentes, un masque de mépris peint sur le visage.

- Général Gaëren'tar Ethariël, votre présence nous honore.
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Parlant d'un ton neutre et poli, mais distant, Sylënn s'était avancée, attirant les iris grises du Seigneur de la ville de Nessima. Ils s'observèrent un instant, sans que nul mouvement ne trahisse quoi que ce soit. L'animosité était palpable entre ces personnages. Une lutte sembla se jouer ici, sans qu'aucun ne prenne l'avantage, avant que le général ne prenne enfin la parole. Une voix froide, un ton qui ne laissait rien présager de bon.

- Commandante Sylënn'tar Ithil... Votre messager m'a assuré de l'importance capitale des informations, aussi ai-je décidé de faire le déplacement, en personne. J'espère que vos actes sont... justifiés cette fois, par autre chose que les dires sans fondements de races extérieures indignes de notre confiance.

Disant cela, il fixa son attention sur les aventuriers, ne cachant pas son dégoût et son hostilité envers Arkalan, ni son mépris envers les autres.

- Montrez-moi donc ces soi-disantes preuves.

La nette confiance du général se fissura un très court instant lorsque les cadavres des Rakhaunens lui furent présentés, ainsi que leur équipement d'une qualité indiscutable. Il reprit contenance en un clin d’œil, fixant aussitôt son regard vers les aventuriers tous rassemblés, puis sur Sylënn.

- De bien maigres preuves, mais soit, je les accepte. A compter de cet instant, nous sommes officiellement en guerre contre ces... peu importe leur nom, et leurs alliés. Nous les attendrons de pied ferme et les anéantiront. Et pour cela, je demande l'effort express de vos mercenaires. Leur récompense sera à la hauteur de leur participation ! Et pour commencer, vous allez me dire tout ce que vous savez sur ce.. peuple. Qu'on prépare le sous-sol !

La légère crispation des traits de Sylënn n'échappa à personne, pas plus que l'éclat de satisfaction qui traversa le regard du général. Les aventuriers présents se retrouvaient au beau milieu d'une lutte de pouvoir intestine et le moindre faux pas pouvait signifier la victoire d'un camp, et l'anéantissement du second.Ils n'eurent guère le choix et les gardes du général, d'imposants Sindeldi en armure rutilantes et portant de solides hallebardes, les invitèrent à descendre, ou redescendre, au sous-sol. Il s'installa à la place de la Commandante qui ne réagit pas, gardant un calme étonnant. Il prit la parole, le dédain transpirant dans ses premiers mots.

- Bien... aventuriers, mercenaires. Soyez brefs.

***
Petite particularité pour ce passage. Pas d'aparté de groupe, nous allons faire ça en « tour de table », comme à votre arrivée. Vous êtes libres de faire des apartés entre vous, évidemment (mais soyez brefs dans ceux-ci). Soyez vigilants quant à vos paroles, tout comme à celles des autres, et à vos actes, aussi minimes soient-ils. Tout peut avoir de graves conséquences, pour vos PJ comme pour l'intrigue, vous êtes prévenus.

Arkalan : Discussion avec Sibelle, Jorus et Sylënn : 0,5xp
Sibelle : Discussion avec Arkalan, Jorus et Sylënn : 0,5xp
Jorus : Discussion avec Sibelle, Arkalan et Sylënn : 0,5xp
Gurth : Discussion avec Neridan, investigation dans Nessima : 1xp: Total 1,5xp
Yurlungur : Retour à Nessima et trahison - peut-être- : 1 xp
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Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Yurlungur
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Yurlungur » mar. 28 avr. 2020 08:31

...

Alors qu'elle s'attendait à ce que les entrées soient surveillées, pas du tout. C'était aberrant. Les deux camps semblaient posséder le même désir de commettre erreurs stratégiques sur erreurs stratégiques. Il fallait retourner à la Garde militaire au plus tôt, avant que son guide ne s'inquiète... Elle espérait qu'il la ferait porter disparue, qu'il s'inquiéterait, mais il était probable que l'idée d'une trahison leur vienne à l'esprit, tôt ou tard. Dans l'intervalle, elle avait le temps d'agir, et bien plus vite que les Rakhaunens ne sauraient réagir. Oui, c'était serré, mais pas impossible.

Elle trouva aisément une patrouille de Sindeldi et, sortant à la volée son laissez-passer d'un geste d'enquêteur royal, elle leur intima de la mener sur-le-champ à la Garde militaire, qu'elle avait besoin de parler à Sylënn Tar'Ithil, et tout le blabla habituel censé forcer ces grandes personnes à lui obéir malgré son jeune âge. Ils la toisèrent avec mépris mais obtempérèrent grâce au laissez-passer et elle pressa le pas jusqu'à arriver à la forteresse dans la forteresse, croisant alors un autre type, patibulaire, aussi grand et gras qu'elle était fine et agile. C'était un humain, lui aussi, et elle n'avait pas besoin d'être Rana pour deviner ce qu'il faisait là : ce qui était curieux, en revanche, c'était qu'elle ne l'avait pas croisé plus tôt. Il devait s'être porté volontaire après, ce qui rendait l'évaluation précise des forces mercenaires de Sylënn difficile.

À l'intérieur, elle retrouva Sibelle, Jorus et l'elfe noir qui avait assisté à la réunion originelle de toute cette affaire. Elle les fixa avec un air dur, consciente qu'ils l'aient sciemment laissée en arrière l'autre fois, à Khaz-Kheral. Tant pis pour eux. Grâce à cela, elle avait acquis des informations précieuses : des renseignements qu'elle était la seule à posséder, une façon de trouver la planque des Rakhaunens, bref, de l'or pour ces militaires. Et elle ne comptait pas en partager le mérite avec ces déserteurs qui ne l'avertissaient même pas avant de s'enfuir.

Elle n'aurait de toute façon pas eu le temps de leur cracher son venin : la commandante accueillit alors un Sindel colosse, qu'elle leur présenta indirectement comme le Général. Ce n'était pas elle ? Yurlungur songea qu'elle n'avait jamais rien compris à l'organisation de cette ville, mais tant pis. Son attention quitta Sylënn et se reporta sur ce Gaëren. C'était lui, maintenant, qu'il fallait convaincre. Les deux, d'ailleurs, semblaient s'aimer autant qu'elle et Sibelle, un vrai amour fraternel entre personnages supposément alliés. Il demanda alors des preuves de la présence d'une menace et Yurlungur haussa un sourcil. Des preuves ? Elle avait éventuellement sa dague de mithril noir, mais... il aurait été assez difficile d'en expliquer la présence. Elle préférait la garder pour elle. Et puis, indiquer qu'elle avait été récompensée par les Rakhaunens, ce n'était certainement pas le meilleur moyen d'obtenir une prime élevée de la part des gris.

On lui apporta deux cadavres de Rakhaunens et Yurlungur sourit. C'était les Sindeldi qui avaient dû découvrir la présence des Rakhaunens dans les sous-sols... Le général ordonna l'état de guerre et les mena au sous-sol, où il leur demanda d'apporter une contribution, aussi brève que possible, qui lui permette de dresser un plan de bataille. Yurlungur, qui s'était assise à une place diamétralement opposée à celles de Sibelle et Jorus, se leva aussitôt pour prendre la parole.

« J'ai réussi à infiltrer leurs rangs, avant de revenir ici pour vous apporter les renseignements dont je dispose. Les Rakhaunens sont alliés aux Eruïons et comptent lancer la majeure partie de leurs forces dans la bataille pour Nessima. Leur plan est le suivant : le gros des forces attaque par l'extérieur, et une troupe de Rakhaunens s'infiltre dans la ville par les souterrains afin de leur ouvrir les portes de l'intérieur. »

Elle fronça les sourcils en demandant :

« Montrez-moi un plan de la ville. »

L'ayant promptement obtenu, elle désigna l'entrée par laquelle elle était arrivée et expliqua :

« Cette force d'assaut spéciale entrera ici. Je peux vous montrer l'entrée. Ils possèdent un camp de base au cœur des ruines. Des marques de craie sur les parois devraient vous permettre de le retrouver. Néanmoins, leur commandant risque de lancer l'assaut d'une minute à l'autre. Ma disparition pourrait les alerter. Il faut agir vite, leur tendre une embuscade, car si vous ne repoussez pas cette troupe, vous ne parviendrez jamais à vaincre l'armée entière qui se presse vers ici. Ils ont une connaissance parfaite des souterrains, mais leurs armures lourdes les empêchent d'être mobiles ou discrets. »

C'était tout ce qu'elle avait à dire pour l'heure. L'air toujours aussi grave, elle se rassit et attendit que les autres aventuriers fournissent leurs commentaires - car, après ce qu'elle avait appris au général, elle imaginait que tout ce qu'ils pourraient apporter de plus ne seraient que du détail.

...
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Arkalan
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Arkalan » mar. 28 avr. 2020 11:02

Quand j’aperçois le visage sombre de Sylënn et qu’elle me rétorque d’une voix claire que tout va se jouer maintenant je comprends instantanément que le Général est ici. Je monte les escaliers, la devançant de quelques secondes seulement. Je retrouve le rez-de-chaussée où règne une agitation inquiétante. J’y retrouve Jorus et Sibelle qui visiblement n’a pas eu le temps de s’échapper. La jeune Yurlungur est ici également ainsi qu’un géant au gros ventre que je n’avais pas aperçu lors de notre première réunion d’information. Tous s’écartent pour laisser passer un grand Sindel aux cheveux courts et aux prunelles gris pâles, portant une armure lourde et deux sabres elfiques pendant à ses hanches. Je n’ai besoin que d’un regard pour comprendre quel genre d’elfe est le Général. En plus d’être idiot, il est visiblement imbu de lui même, habitué à être obéit sans conditions. C’est sans doute cela qui met une telle tension entre lui et Sylënn renforcé sûrement par la possibilité que la commandante égal le Général en terme de force martiale. Le regard sévère du responsable de Nessima se pose sur moi avec dégoût et hostilité, un regard classique, sans surprise, je me retiens toutefois d’y répondre par un rictus comme j’ai l’habitude de le faire. Je fais mine d’être impressionné, courbant l’échine et inclinant la tête pour feindre une soumission. Sylënn m’avait prévenu et je ne doutais pas qu’il s’en prendrait physiquement à moi au moindre pas de travers. Sa confiance se fissure un court instant lorsque les cadavres Rhakaunens lui sont montrés mais il se reprend en un clin d’oeil et déclare la guerre aux nains, promettant de les anéantir et demande l’aide des mercenaires de Sylënn pour se faire. J’incline la tête à nouveau. Nous rejoignons le sous-sol à nouveau aux ordres du Général qui s’installe dans le fauteuil précédemment occupé par Sylënn qui ne fait évidemment aucun commentaire. La situation est tendue mais elle pourrait être pire, Sylënn est pour l’instant la seule raison pour laquelle je suis en vie, si elle est mise d’une quelconque façon en difficulté et qu’elle perd sa crédibilité, ma tête sautera avec la sienne. Sibelle et Jorus étaient de base les seuls à pouvoir lui causer du tord il faut donc espérer qu’ils se contentent de la fermer. Il y a aussi plusieurs inconnus qui ne me mettent pas à l’aise. La présence de la jeune fille qui étaient également chez les Nains, l’absence inexpliqué d’Yliria et cet homme immense sorti de nulle part. Je ne connais pas leurs motivations ni ce qu’ils savent et ça ne me plait pas. Le Général nous invite à parler et il est évident que je ne bouge pas une oreille à risquer de m’exprimer en premier. Fort heureusement, même si je ne parle pas de la séance, Sylënn est au courant de tout ce que j’ai vu et des diverses réflexions que j’ai eu au sujet des Rhakaunens. Je me demande d’abord si quelqu’un va oser prendre la parole mais il semble que Yurlungur ne se sentent pas mal à l’aise en présence du Géneral de Nessima. Elle se lève du siège qu’elle a osé prendre, alors que je suis resté debout les mains bien en évidence, et prend la parole pour nous apprendre qu’elle a infiltré les rangs Rhakaunens. Ses premières phrases ne nous apprennent rien mais quand elle explique le plan des nains consistant à infiltrer une petite troupe dans la ville en passant par les souterrains pour ouvrir la porte je ne parviens pas à retenir un mince sourire, brave petite. Sibelle et Jorus sont sans doute entrain de bouillir de l’intérieur alors que Yurlungur demande une carte de la ville pour désigner le point d’entrée tout en expliquant qu’elle a marqué la voie jusqu’au camp de base des nains. Par son témoignage elle vient de mettre en très bonne position car je peux sans peine l’appuyer alors que les deux guignols s’enfonceraient un peu plus dans leur trahison si ils osent affirmer le contraire. Je jette un rapide regard vers Sylënn, m’assurant d’un signe que je peux parler sans risquer de me faire couper en deux. Elle acquiesce d’un air grave pour me faire comprendre d’être tout de même prudent. J’avance lentement d’un pas, les mains en évidence, sans gestes brusques, pour prendre la parole une fois que Yurlungur se soit à nouveau installée.

« Elle dit vrai. Les deux cadavres qui vous ont été présentés viennent des ruines de la cité Shaakt sous Nessima. Nous nous doutions qu’une attaque viendrait de sous terre et je me suis rendue là dessous avec une équipe de Sindeldi selectionnés par la Commandante pour nous en assurer. Avec la Commandante nous pensions vous soumettre le plan de condamner les issues sauf une pour leur tendre une embuscade. Si c’est bien par là qu’ils comptent entrer cela simplifierait la tâche. Ils sont nombreux et bien équipés mais leur organisation dans les souterrains ont montré une inexpérience militaire flagrante. Si c’est là leur plan d’attaque et si cette jeune femme peut nous assurer qu’ils ne possèdent pas d’engins de siège alors les priver de cette infiltration réduirait à néant leurs chances de prendre Nessima. Et si vous souhaitez les anéantir, je peux vous indiquer sur une carte un passage dans les montagnes grises permettant de pénétrer les montagnes. Le commandant de Caraën pourra vous le confirmer. »

J’incline la tête et recule d’un pas pour me remettre à ma place.

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Sibelle
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Sibelle » mar. 28 avr. 2020 23:24

L’information fournie par le messager ne sembla pas plaire à la commandante. Enfin, ce fut ce qu’en déduisit Sibelle par le soudain changement d’expression très visible sur le visage de Sylënn.

La commandante prit congé d’eux tout en gravissant les escaliers. Sibelle fit de même à sa suite. Assez pressée de quitter les lieux, l’hinionne avait hâte de retourner à la commanderie de l’Opale afin de trouver des réponses à quelques questions qui avaient émergé suite à la discussion qui venait tout juste de se terminer.

Une fois au rez-de-chaussée, Sibelle constata immédiatement que la quantité de soldats affairés qui s’y trouvait était plus importante qu’à son arrivée. Mais ce qui la surprit le plus, ce fut l’arrivée de Yurlungur qui sans gêne la dévisagea d’un regard dur. La guerrière, non intimidée par la gamine au cerveau déjanté, la fixa à son tour, ne cachant aucunement son animosité envers elle. Non loin de la gamine, arrivée presque en même temps que la gamine se tenait un imposant et effrayant colosse. Sibelle tenta de creuser dans sa mémoire, mais elle ne se souvenait pas de l’avoir vu à la première rencontre auprès de la commandante, il s’était sans doute rajouté en cours de route.

Sibelle s’apprêtait à emprunter la sortie lorsqu’un soldat de plus de deux mètres fit son entrée. Le changement d’attitudes des soldats et la tension palpable à l’intérieur du bâtiment, la richesse et les décorations de son armure et la qualité de ses armes ne laissaient aucun doute, il était un haut gradé de la garderie royale. Avec la condescendance, le mépris, et la froideur de ses yeux gris, il dévisagea un à un chaque aventurier. Sibelle allait poursuivre sa route lorsqu’elle entendit la commandante le nommer et le remercier de sa présence avec politesse.

(Le fameux général…)

Bien que la commandante soit demeurée polie et qu’elle ait parlé d’un ton neutre, la rivalité entre elle et le général était tangible. Le général prit alors la parole. Son messager l’avait prévenu qu’elle avait des informations capitales à lui transmettre. Il avait donc décidé de se rendre en personne vérifier ce qu’il en était. Il insinua qu’il espérait qu’il ne s’était pas déplacé pour rien et qu’elle avait autre chose que des dires sans fondements venant des autres races qu’il jugea d’inférieur à la sienne. Sibelle remarqua sans peine que son dégoût envers l’elfe noir.

Les deux cadavres de Rakhaunens lui furent présentés et une surprise se lit sur ces yeux gris un très bref instant. Malgré sa réticence, il dut accepter les éléments de preuve qui lui fut présentée et déclara officiellement la guerre contre les nains gris et leurs alliés. Il avait l’intention de les anéantir dès qu’ils se présenteraient.

Vu l’assurance et la supériorité qu’il présentait, Sibelle fut surprise qu’il réclame l’aide des aventuriers venus des autres continents. Mais il comprit vite qu’il ne voulait s’en servir que comme simples informateurs. Cela déclaré, il les invita au sous-sol.

Ce fut le moment que Sibelle choisit pour quitter les lieux. Elle n’avait pas fait deux pas dans la direction des portes qu’un des gardes du général s’interposa de sa forte carrure. Il n’eut besoin de dire un seul mot, l’hinionne comprit qu’elle ne pouvait quitter l’établissement, elle avait l’obligation d’être présente.

Elle tourna donc les talons prestement, puis descendit les escaliers qu’elle venait de monter à peine quelques minutes plus tôt. Ce faisant, son regard se portait sur la nuque de la gamine. À son départ, cette dernière avait porté allégeance au roi de Rakhaunens et avait promis de découper du gris. Étant consciente de l’esprit tortueux de la fillette assassine, Sibelle supposa qu’il y avait de fortes chances pour qu’elle fût venue poignarder l’un des hauts dirigeants. Rien n’était à l’épreuve de Yurlungur, c’était bien elle qui avait défié en duel le roi des nains gris après tout.

Une idée bien en tête, Sibelle s’approcha de Jorus et lui chuchota à l’oreille.

« Prends place à la droite de la commandante, pour la protéger. »

Elle s’approcha si près de son oreille qu’un spectateur aurait pu penser qu’elle allait l’embrasser, même s’il n’en fut rien. Mais son ton fut si bas que seul lui put entendre le message de l’hinionne.

Cela dit, elle poursuivit son chemin et prit place à la gauche du hautain et non moins impressionnant général.

Sans plus d’introduction, ce dernier réclama des informations.

Yurlungur assise en face de Sibelle se leva immédiatement. Prétendant s’être infiltrée dans les rangs des nains, elle les informa qu’ils s’étaient alliés aux Eruïons et allaient concentrer leur combat sur Nessima. Les Eruïons attaqueraient de l’extérieur alors que les nains s’infiltreraient de l’intérieur afin d’ouvrir les portes à l’envahisseur. Après avoir obtenu le plan de la ville qu’elle avait demandé, elle indiqua l’entrée par laquelle, elle s’était introduite et annonça qu’ils arriveraient par là. Elle indiqua qu’ils devaient faire vite et que si les nains maitrisaient la circulation dans les souterrains, la lourdeur de leur armure risquait de les ralentir. Sibelle observait la jeune fille avec attention et pouvait qu’admirer malgré elle son talent d’actrice. Mais après l’avoir vu à l’œuvre, elle ne pouvait s’empêcher de se méfier et de penser qu’une fois de plus, il y avait anguille sous roche. Sitôt sa prestation terminée, Yurlungur se rassit.

Ce fut au tour d’Arkalan de prendre la parole. Puisqu’il avait jugé préférable demeurer debout, il s’approcha de la table, tout en prudence, les mains bien en évidence, afin de montrer qu’il n’avait aucunement l’intention d’attaquer qui ce soit. Sibelle réprima un léger soupir de mépris, non pas envers l’elfe noir, mais envers le général, qui à tort se méfiait sûrement davantage de l’elfe noir que de la jeune et apparente innocente humaine.

Arkalan renchérit les propos d’Yurlungur en précisant que les deux nains, dont ils avaient montré les cadavres en guise de trophées, avaient été retrouvés dans les sous-sols de Nessima. Ils avaient déduit les issues empruntées par les nains et pensé leur préparer une embuscade. Bien qu’il précisa que les nains étaient fort équipés et nombreux, il ajouta qu’ils n’avaient aucune organisation militaire. Cette dernière affirmation ne devait pas surprendre le général qui devait penser que les nains étaient inférieurs aux elfes gris sur tous les aspects. Enfin, il leur dit que s’il désirait anéantir les nains, il connaissait leur entrée et serait prêt à leur montrer.

(C’est du suicide.)

Sibelle n’avait aucunement voulu assister à cette réunion, elle connaissait son impulsivité, et l’attitude du général envers les autres races l’exaspérait. Mais puisqu’elle avait été dans l’obligation d’y assister, elle s’était promis de demeurer silencieuse. Cependant, le plan d’Arkalan était voué à l’échec et elle le savait trop bien.

Si elle ne voulait pas que la race des nains soit exterminée à nouveau. Elle ne voulait pas que les sindeldi le soient pour autant… enfin pas tous intégralement, seulement les plus bornés.

Elle prit donc une grande respiration et parla à son tour. Elle ne sentit pas le besoin de se lever puisque le général était à sa droite.

« Il y a effectivement, un entrée à l’endroit indiqué par Arkalan, ses talents de pisteur ont permis de la trouver. Cependant, cette entrée est située dans une faille. Y pénétrer signifie se mettre à découvert et se faire cribler de flèches par les gardes postés là à longueur de journée. Supposons que les soldats sindeldi réussissent à déjouer les gardes. Ils ne pourront davantage y entrer. Il ne s’agit pas d’une simple ouverture. La porte consiste en un énorme pan de mur de roches qui glisse lorsqu’un mécanisme est actionné de l’intérieur. Les Rakhaunens savent que l’armée du commandant de Caraën connait cette entrée. Ils l’ont sûrement condamnée, puisqu’ils ont beaucoup d’autres entrées et sorties à travers les montagnes. »


((( Sibelle prend la place 12 et demande à Jorus de prendre la 9… il décidera s’il accepte ou pas. )))

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Jorus Kayne
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Jorus Kayne » mer. 29 avr. 2020 22:06

Les évènements s’enchaînent et se bousculent comme rarement il m’a été donné de le voir. En premier lieu c’est la présence de la jeune Yürlüngür qui me stupéfait. Nous avons quitté la cité naine en volant presque directement jusqu’à Nessima, il est plus que surprenant de la voir ici, d’autant plus qu’elle avait des intentions certaines concernant les Sindeldi et c’est avec un regard sévère qu’elle nous toise moi et Sibelle. Un autre homme, ou plutôt une créature vu son gabarie impressionnant, fait irruption. S’il dépasse la plupart des Sindeldi présent, ce qui n’est pas rien, c’est surtout son imposant ventre potentiellement capable d’avaler Sibelle sous sa forme ailée, qui surprend. J’ignore qui il est, ni ce qu’il veut, mais il m’inspire une certaine crainte.

Cela ne s’arrête pas là, un nouvel individu arrive de nouveau. Immense, même s’il est plus petit que ce…cette chose humaine, et arbore une armure d’une qualité remarquable. Il suinte prestige et suffisance de cet homme qui porte les traits caractéristiques des Sindeldi. Sylënn s’avance et salut l’elfe et prend le soin de le désigner ouvertement pour nous comme le général Gaëren’tar Ethariël. Précisément la personne que nous souhaitions voir et visiblement, une tension anime ces deux membres du corps militaire de Nessima. Maintenant que je sais qui est cette personne, je comprends ce que voulait dire la commandante lorsqu’elle se moquait de ma proposition de paix.

(Avec cet homme, le convaincre d’une reddition revient à guérir une éruption cutanée en se jetant dans les orties, cela risque d’aggraver la situation. Peut-être le ferais-je si la situation me le permet. Mais à l’heure actuelle, je risque me mettre dans une position fâcheuse et Sylënn par la même occasion.)

Après s’être moqué de Sylënn et prendre de haut les races extérieures, le général demande ces preuves de l’existence des Rakhaunens. Sa confiance vacille un bref instant lorsque les deux cadavres sont présentés, mais il finit par les accepter et déclare officiellement la guerre.

(Oui, enfin ça fait que quatorze mille ans de retard !)

Il continue en demandant l’effort des mercenaires appelés par Sylënn et propose une contribution à la hauteur de notre participation. Cela débute par nos révélations sur ce peuple et il désire le faire dans le sous-sol de la garde militaire. Nous descendons tous au sous-sol et tandis que nous arrivons à la table pour s’asseoir, Sibelle se penche vers moi. Près, très près, peut être un peu trop même. Alors que son visage s’approche du mien, mes pensées fusent.

(Elle ne compte tout de même pas m’embrasser, si ? Espère-t-elle qu’en faisant ainsi, le respect des Sindeldi envers les Hinions se porte sur moi également ? Comme si en m’embrassant, elle affichait clairement qu’un vulgaire humain valait la peine d’être présent à ses yeux et donc à ceux du général ?)

(Une romance en pleine guerre, c'est siii romantiiique !)

Incapable d’agir, je reste immobile spectateur de ma propre scène. Mes joues s’empourprent tandis que l’elfe dirige sa bouche au-delà de la mienne vers mes oreilles pour me chuchoter :

"Prends place à la droite de la commandante, pour la protéger."

(Hein, quoi ? La protéger, mais de qui ?)

La réponse vient à moi d’elle-même. Sibelle s’est toujours méfiée de la jeune Yürlüngür et sa présence ici ne me dit rien qui vaille. En tout cas c’est la conclusion la plus plausible, même si cette énorme chose qui ressemble vaguement à un être humain pourrait également être une menace. C’est justement la jeune fille qui, après que la plupart se soit assis, se lève et parle en première. Elle évoque une infiltration chez les nains et rapporte un plan de bataille selon lequel ils comptent regrouper leurs forces majoritairement devant les portes, tandis qu’un groupe s’infiltrera par les sous-sols et ouvrira les portes. Demandant un plan de la ville, elle révèle les différentes positions des Rakhaunens et met l’accent sur sa disparition pouvant les alerter et incitant à agir vite.

(Bon sang mais que fait-elle ? Lorsque nous l’avons quittée elle ne jurait que par la mort des Sindeldi et maintenant…Elle n’a certainement pas été retenue contre son gré, alors compte-elle réellement trahir la confiance des nains, ou est-ce une nouvelle manœuvre pour tromper les Sindeldi ?)

Tandis qu’elle se rassoit c’est Arkalan, le seul resté debout, qui s’exprime. Il confirme la présence des nains sous la cité en la désignant comme l’origine des deux corps ayant servi de preuves. Avec Sylënn, ils désiraient justement proposer au général un plan pour condamner les issues. Il affirme qu’ils sont cependant bien équipés, malgré une inexpérience militaire. Enfin il propose d’indiquer le chemin jusqu’à l’entrée dans les montagnes pour une expédition, non, une extermination.

(Espèce de sale…)

Je regarde Sibelle cherchant un signe de son état actuel, mais comme d’habitude elle reste impassible.

(Je comprends tes émotions mais garde-les et enfouis-les au plus profond de toi !)

(Oui ne t’inquiète pas. Tout autant que je compte me montrer respectueux, je ne vais cependant pas laisser l’opportunité de mettre ce Shaakt dans une mauvaise position.)

(C’est une très mauvaise idée. Ce n’est certainement pas le moment de vos petites querelles !)

(Rassure-toi, je compte bien rester aussi aimable que possible, je vais même lui offrir la gloire qu’il n’a pas.)

Sibelle enchaîne expliquant que l’endroit désigné par l’elfe noir est connue des nains comme étant un chemin dévoilé aux Sindeldi et donc dangereux si ces derniers ont préparé une éventuelle venue ennemie. De plus, l’entrée est taillée dans la roche en un pan entier. Sa condamnation est presque certaine selon elle.

Pour ma part je regarde la jeune Yürlüngür qui n’a montré jusque-là qu’un côté calculateur, reste à savoir ce qu’elle espère obtenir. Son attitude peu changé du tout au tout et notre entrevue avec le roi sous la montagne l’a clairement montré comme instable.

(Bon sang !)

(Qu’y a-t-il ?)

(J’ai peut-être une idée idiote, mais pourrait changer la donne et potentiellement sauver presque tout le monde avec un peu de chance !)

Sibelle ayant fini, je m’exprime à mon tour en me levant. Je trouve cela grotesque, mais peut-être que le général appréciera la démarche. Pour le moment je tourne mon regard vers l’elfe noir. Ma faéra m’aide à garder mon sang-froid en m’envoyant des émotions positives et apaisantes.

"Votre proposition, messire Arkalan, de guider les troupes au sein même de ce tortueux labyrinthe sous la montagne vous honore, j’en serais bien incapable. Cependant, il y a un temps pour tout et en l’occurrence la défense de la cité. Je suis persuadé que le général, comme il l’a mentionné, vous récompensera en vous offrant cet honneur."

Je tourne ensuite le regard vers le général.

"Général, les Rakhaunen est un peuple qui a attendu quatorze mille ans pour prendre sa revanche sur vous. D’après leur histoire, les Sindeldi les ont trahis et manqué de les exterminer. Pendant ces milliers d’années ils vous ont certainement observé mener vos batailles, vos victoires et en ont tiré les leçons qui s’imposaient. Ce n’est clairement pas un adversaire à prendre à la légère et la discrétion qu’ils ont fait preuve durant ce temps mérite de les prendre au sérieux."

Je marque une pause pour rassembler mes pensées et lance mon idée saugrenue.

"Il y a cependant…un élément que nous pourrions exploiter. Les Rakhaunens ont deux traits de caractère à prendre en considération. Ils détestent les elfes gris, tous sans exception et ne jurent que par leurs morts. Ils possèdent également un important sens de l’honneur et c’est un point qui se doit d’être exploité. Général, vous est possible de provoquer leur souverain en duel et deux options s’offriront à vous, lorsque vous le vaincrez. Soit leur honneur sera plus fort et les poussera à se soumettre au vainqueur, évitant ainsi de faire couler le sang inutilement de vos soldats et offrant également le contrôle de leurs vies, de leur cité, ainsi que leur richesse. Soit, ils se laissent gagner par leur haine et dans ce cas ,ils reprendront les hostilités, mais avec la mort de leur dirigeant. Je pense que vous savez mieux que moi l’intérêt d’éliminer le général adverse durant une bataille. Ce dont je suis sûr, c’est que leur roi répondra au duel si vous le faites devant ses hommes !"

Je me rassois, éludant volontairement la possibilité d’une défaite du Sindel et laisse le soin à qui le veut, de mettre en doute les aptitudes du général à vaincre le chef ennemi.

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Gurth Von Lasch
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Gurth Von Lasch » ven. 1 mai 2020 13:42

La Grande Traversée - 17

Gurth arrivait dans la grande bâtisse de la Garde Militaire avec la certitude d’un plan maléfique : retourner Sylënn contre le général dirigeant la ville, et s’assurer de l’assassinat de ce dernier pendant les périodes les plus troubles des batailles belliqueuses à venir. Cela diviserait la population en deux camps, peut-être, et créerait un chaos sans nom au milieu d’une guerre déjà complexe. Une guerre civile qui se répandrait jusqu’à Tahelta et bientôt dans tout le pays, entre pauvres et nantis, dont il avait déjà semé les germes dévastateurs dans la capitale.

Lorsqu’il franchit le pas de la porte, il vit que cette fois, il ne serait sans doute pas reçu seul par la Capitaine de ces gardes : une foule de têtes n’appartenant pas à cet arrogant peuple gris occupaient le hall principal du bâtiment. Gurth, sans s’attarder sur aucun, fit un bref tour d’horizon pour voir à qui il avait à faire. Des héroïques et chevaleresques aventuriers à la bonté aussi naïve que leurs bourses étaient vides, sans aucun doute. Après quelques secondes d’une brève observation, il se rendit compte qu’il avait peut-être tort. Oh certes il y avait bien une fière guerrière hinïonne engoncée dans une armure de bronze, ou un humain tout de cuir bleuté vêtu qui pouvaient tous deux correspondre à la description. Mais les autres étaient un peu plus… typés. Il y avait un archer shaakt, tout de sombre vêtu, avec un visage scarifié à faire peur. Le genre de type qu’on aurait plutôt retrouvé pendu à une potence sur la place publique de Nessima, habituellement. Et la petite dernière, trop jeune pour participer à tout ceci, et en même temps trop sombrement vêtue pour être tout à fait honnête. Un regard trop profond pour être tout à fait de son âge adolescent. Ses armes donnèrent à Gurth la certitude que cette petite était loin d’être une enfant débordante de vie et de bonheur désuet. Non. Elle était une envoyée de Phaïtos, à respecter. Une tueuse. Et Gurth se surprit à lui accorder plus de crédit qu’à quiconque dans la salle, même la vaillante et caractérielle Sylënn’tar Thinel, nièce de l’autre abruti de pigeon taheltien.

Mais toutes les certitudes du Von Lasch furent balayées lorsqu’en grandes pompes, un dernier importun fit son entrée. Parce qu’un guerrier de renom venait d’entrer dans la Garde Militaire, attirant tous les regards, et posant le sien, méprisant, sur chacun et chacune, bien qu’il dut lever le sien pour croiser celui de l’Ogre malgré sa stature impressionnante. Sylënn, froide comme à son accoutumée, accueillit celui qu’elle désigna sous son patronyme et son titre : le Général Gaëren’tar Ethariël. Le boss, le patron de la ville, en chair en os et en dédain. Les idées fusaient dans l’esprit machiavélique de Gurth à une vitesse folle à son apparition. Et si, et si… Un plan commença à se dessiner alors qu’ils furent conviés à descendre dans une vaste salle de réunion. Le gugusse avait déjà eu l’occasion de faire part de tout son mépris, tant envers les étrangers présents qu’envers la commandante elle-même, plus subtilement. Deux corps lui avaient été présentés : des nains, apparemment, à la couleur de peau cendreuse. Des trucs qu’il n’avait encore vus nulle part. Étaient-ce là la fameuse menace pesant sur Nessima ? Sans aucun doute au vu de leur armement.

Dans la grande salle, chacun s’installa selon sa convenance. Les deux héros encadrèrent comme des moutons le général et la commandante, alors que les deux autres se mirent à leur exact opposé, le shaakt restant même debout, trop méfiant sans doute après les regards haineux que lui avait octroyés le dirigeant. Dernier arrivé, de son lourd et lent pas, Gurth ne s’en alla pas trop loin des escaliers et se dirigea vers une place libre, où il ne s’assit pas davantage que la peau noire, dominant la salle de toute sa taille, derrière son siège. Le Général donna la parole à chacun pour qu’il fasse part de ses découvertes, commandant brièveté et les qualifiant de mercenaires d’une manière qui respirait le dédain. Crevure. Cet elfe était visiblement l’un des pires parmi son peuple, et cela corroborait l’idée qui poursuivait son cours dans l’esprit tortueux du géant.

Chacun y alla donc de sa petite histoire. La jeune fille indiqua le plan de l’armée ennemie : une attaque soutenue à l’extérieure, et un commando passant par les souterrains de la ville pour ouvrir la porte. Elle indiqua sur un plan de la cité l’entrée qu’ils allaient emprunter, suggérant de se concentrer sur cette attaque en traitre pour contrecarrer leurs plans. Était-elle finalement une sage petite fille ayant fait son devoir loyal ? Gurth grommela sans même s’en rendre compte. Tant pis : elle avait l’air plus intéressante dans le hall, quand elle se taisait. Le shaakt parla en second, confirmant les dires de l’adolescente, corroborant les informations recueillies par cette dernière en y ajoutant quelques détails, notamment une certaine inexpérience militaire de ces curieux ennemis. Bande de baltringues faiseurs de paix, pourquoi souhaitaient-ils ainsi enrayer une attaque qui s’avérait sanglante et destructrice, chaotique. L’endroit rêvé pour Gurth. Il allait devoir la jouer fine, et adapter son plan à la béatitude lèche-bottesque ambiante.

Suivit l’elfe blanche, qui confirma les propos des deux autres à son tour, y ajoutant un détail qui fit douter l’Ogre de la pleine obéissance des deux précédents. Avaient-ils tous deux tenté d’attirer le général dans un traquenard ? Elle et l’humain ne tarirent pas d’éloges mielleux et provocateurs envers le shaakt, ce qui devait l’agacer prodigieusement. Ça suintait des pores de la bouche de l’humain avec répugnance. Ils devaient avoir un passif commun certain. Ce dernier fut le dernier à parler, nommant ces ennemis : Rakhaunens, et faisant un topo historique de leur haine vengeresse. Il conclut son discours par une proposition qui fit serrer de colère les poings de Gurth : un duel de champions pour régler tout ça, et puis c’est marre. Quelle idée ridicule et odieuse empêchant la divine trinité sombre d’œuvrer dans leur domaine de prédilection : la mort, la guerre et la terreur.

Il était temps pour Gurth d’entrer dans la danse, et il le fit de sa voix la plus caverneuse et sombre.

« Général. Nul doute que ces quatre mercenaires disent la vérité sur la menace vous attendant aussi bien dans ces souterrains qu’à l’extérieur de vos murs. Il est cependant de mon devoir de vous prévenir d’une autre menace, interne celle-ci, pesant sur vous et vos semblables. La même menace d’une révolte populaire que j’ai perçue à Tahelta, nécrosant les bas-fonds pauvres de la cité. Cette défiance face à l’autorité que vous incarnez est toute aussi présente ici. Les reclus des bas-quartiers s’arment via un recel de l’ombre. Et ils s’arment non pas pour se défendre, mais pour se soulever contre leurs dirigeants. J’ai ainsi mis à jour un complot visant à profiter du chaos de la bataille à venir pour attenter à votre vie. Dirigés par le Mage Neridan, entre autres, ils sont actuellement en train de fabriquer de fausses preuves de votre implication dans le recel de ces armes, afin d’influencer vos pairs de l’armée dont ils doutent de la plaine obéissance à votre pouvoir, dont la Commandante Sylënn’tar Thinel, pour retourner contre vous leur loyauté. »

Le regard blanchâtre de Gurth glissa vers la commandante, alors qu’il commentait sombrement :

« Ils la remettent en doute, pensant que vous pourriez vous-même vous retourner contre le Général pour l’arracher du poste qu’il occupe et libérer le peuple des bas-quartiers. Voilà quelles ont été mes découvertes. »

Il revint sur le Général.

« Je vous suggère, général, d’agir sans attendre, et de mener vers ces insolents traîtres une expédition violente de représailles sanglantes. Terrorisez ces ennemis faibles qui s’unissent pour vous voir tomber, montrez leur votre force, et ainsi, et seulement ainsi, vous n’aurez pas à les craindre pour la bataille à venir. »

Le plan s’insérait finalement… à la perfection dans cette petite discussion. Le visage impassible, Gurth expira lentement. À l’intérieur de son esprit, un sourire carnassier se dessinait. Chaos, ruine et destruction. Oh que ça allait lui plaire…


[HJ : Je reste debout derrière le siège n°2]

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Gamemaster6
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Gamemaster6 » dim. 3 mai 2020 00:00

Émergence

Patiemment, un air autoritaire sur le visage, le général écouta chacun des témoignages. Aux propos de Yurlungur, Arkalan puis Sibelle, il resta de marbre, se contentant de jeter un coup d’œil sur la carte qu'un des gardes donna à la jeune humaine pour qu'elle indique le point d'entrée. Loin du personnage hautain qu'il était plus tôt, il sembla prendre pleinement conscience de ce qui se tramait juste sous son nez tout ce temps et croisa les mains sur la table.

Lorsque Jorus prit la parole, il continua d'observer la carte, puis un rictus déforma son visage aux propos de l'humain qui lui proposait de régler cela par un duel, qui ne fit que s'accentuer aux nouvelles apportés par Gurth. Son regard passa rapidement sur Sylënn qui était restée de marbre, ne plissant les yeux qu'aux paroles du géant humain.

- Je vois... Vous avez en effet recueilli de précieuses informations sur ces ennemis qui se terraient dans leurs trous. Je vais rapidement m'occuper d'envoyer nos soldats régler le problème de ces souterrains. Cette cité Shaakte est une épine dans notre pied depuis bien trop longtemps. Sylënn, je vous laisserai aviser du rôle de ces mercenaires en cette occasion. Pour le reste...

Il se focalisa tout d'abord sur Jorus.

- L'honneur ? Qu'est-ce que des barbares terrés sous terre peuvent connaître de l'honneur ? Non, s'ils veulent la guerre, ils l'auront et nous purgeront ses terres une bonne fois pour toutes de ces menaces. Si combat à mort il doit y avoir, ils combattront notre armée et verront qu'ils ne sont pas de taille.

Puis il fixa Gurth un instant, avant de prendre la parole d'un ton froid.

- Vos accusations, et vos suggestions, sont très graves. Nul Sindeldi ne peut tuer un des siens, c'est une loi millénaire que nous respectons, préférant l'exil et le bagne. Pensez-vous que je crains quelques gueux armés de bric et de brocs ? Une enquête sera conduite, pour attester de vos dires, j'aviserai ensuite, mais vos idées de massacres ne me plaisent en aucun cas.

Il balaya les suggestions de Gurth d'un revers de la main , visiblement peu enclin à massacrer son propre peuple. Si chaos il devait y avoir, il fallait trouver une autre méthode, mais il fixa Sylënn un court instant, et l'animosité et le doute, qui passèrent dans son regard ne pouvaient avoir échappé à Gurth, ou à qui que ce soit d'autre.

- Ceux qui ont été en contact avec les Rakhaunens, je veux que vous me disiez tout ce que vous savez sur eux. Organisation, matériel, motivations, où et comment ils vivent. Si nous devons les vaincre, ils nous faut toutes les informations possibles. Quant à cette histoire de porte dans la montagne... Nous lancerons une expédition punitive lorsque notre armée ce sera débarrassée de ceux qui osent penser pouvoir prendre cette ville. Quand j'aurai toutes les cartes en main, nous les attendront de pied ferme dans les souterrains, et je compte sur votre participation. Quant à vous...

Il se tourna vers Gurth.

- Vos idées de bain de sang sont davantage appropriées pour terrasser ceux qui pensent pouvoir nous faire face. Nul doute que vous serez tout aussi loquace pour anéantir une vraie menace ?
***
L'xp vous sera donnée à in de la situation présente.
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Quand on l'appelle, il apparaît !!
Et il reste, alors gare !

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Jorus Kayne
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Jorus Kayne » mer. 6 mai 2020 14:47

J’ignore encore comment, mais je sais pertinemment que mes propos seront réfutés. Un duel ? Il faut être fou pour accepter lorsqu’on possède une place forte comme Nessima. Cependant cette idée est une graine qui nécessite d’autres arguments pour nourrir et croître jusqu’à son éclosion. Je guette d’éventuels motifs pouvant œuvrer en ce sens et ceux-ci n’attendent pas. Par la présence de ce…cet humain, nous apprenons qu’un mouvement de révolte a pris naissance dans les bas-fonds de la cité de Tahelat tout comme à Nessima. Loin de vouloir œuvrer contre les ennemis qui arpentent les terres dans notre direction, ils viennent contre leurs dirigeants. Il déclare avoir mis à jour un complot contre le général qui devait se dérouler durant le chaos de la bataille. Leur leader serait un mage du nom de Neridan et ces elfes sont en train de fabriquer de fausses preuves impliquant le général dans un recel d’armes. Ceci dans le but de libérer le peuple des bas-quartiers, espérant que la commandante pourrait le remplacer afin de sauver les miséreux révoltés. Il suggère finalement d’agir immédiatement, avant la bataille à venir et de punir sauvagement les traîtres.

(Je me doutais qu’Eniod n’est pas la seule à exploiter les plus pauvres, mais de là à imaginer le fier peuple Sindel subir la révolte des bas-fonds, c’est stupéfiant.)

Tout comme ma proposition, le général ne semble pas apprécier cette révélation à la vue de son visage déformé par une grimace. Il passe en revue les différentes informations à commencer par ceux de la jeune fille et compte envoyer des soldats s’occuper des souterrains. Concernant notre rôle, à nous étrangers, nous sommes sous le commandement de Sylënn. Peut-être est-ce là une façon de dire que nos actes auront des répercutions directes sur elle. Il passe ensuite son regard sur moi et rétorque que les nains ne savent rien de l’honneur. S’ils veulent la guerre, l’armée des Sindeldi prouvera que leurs ennemis ne sont pas de tailles. Il enchaîne ensuite sur le géant qui a fait les terribles révélations concernant la révolte. Le général juge autant l’accusation que les suggestions comme graves car selon une loi millénaire, nul Sindeldi ne peut tuer les siens. Le bagne ou l’exil étant les punitions privilégiées à la mort. Cependant s’il affirme ne pas craindre des gueux comme il les désigne, il compte enquêter à ce sujet avant toutes choses, mais refuse la possibilité d’un massacre.

Il fixe la commandante avec un regard d’animosité et de doute, avant de revenir à ceux qui ont croisé les Rakhaunens et demande les informations les concernant. Voulant user de la révolte comme argument, je réponds le premier tout en restant assis cette fois-ci.

"Comme nous l’avons dit général, ces nains sont particulièrement disciplinés, la qualité de leurs matériels est à la hauteur des armures que portent les cadavres qui vous ont été présentés, ils ne vivent que pour se venger des elfes gris et leur cité sous terre est parfaitement autonome pour ce qui concerne les vivres. Je comprends vos réticences à affronter le souverain ennemi, cependant la révolte qui gronde est une menace interne qui, si elle s’avère vraie, provoquera une véritable faille dans la défense de la cité. Ma proposition, aussi sotte qu’elle puisse vous paraître, pourrait mettre un terme définitif à ces deux fronts qui vous menacent. Vaincre le roi sous la montagne dans un duel mettrait non seulement l’ennemi en déroute, s’il ne vous jure pas allégeance, mais elle sera un véritable frein à la révolte. Peu importe leurs motivations, qui oserait s’en prendre au héro qui a sauvé à lui seul, la cité ?"

Je tourne ensuite mon attention sur Gurth et lui demande :

"D’ailleurs, ils veulent s’en prendre au général, mais qu’espèrent-ils ensuite, de quoi veulent-il se libérer que ce soit ici ou à Tahelta ?"

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Arkalan
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Arkalan » jeu. 7 mai 2020 10:18

Les deux clowns que sont Jorus et Sibelle s’expriment après moi, cherchant clairement à me discréditer tout en poussant le Général à ne pas attaquer les montagnes. Je reste de marbre face à leurs paroles, conscient que le Général venait de prendre conscience de sa situation. Son visage arborant un air sérieux qui efface son air auparavant hautain. Mais le dernier à s’exprimer, ce géant au ventre gonflé déclare une chose étonnante, un risque de coup d’état venant des bas fonds de la cité militaire. Il met directement Sylënn et le général en confrontation ce qui me fait hausser un sourcil alors que la commandante reste de marbre. Que cherche ce type ? Veux-il semer la zizanie dans cette pièce ? Le général balaie d’un revers de main l’idée d’effectuer une purge au coeur de sa cité mais le regard qu’il lance à Sylënn est clair. Il doute d’elle et si il est accaparé par l’idée qu’elle peut le poignarder dans le dos alors il sera moins concentré sur sa guerre à venir et c’est un risque que je ne veux pas prendre. Mon regard se darde vers l’ogre responsable de la situation tandis que le dirigeant de la cité reste clair dans ses intentions; anéantir les Rhakaunens. Pour cela il demande tous les renseignements disponibles sur les nains et mon regard passe alors tour à tour sur la jeune Yurlungur puis Sibelle et enfin Jorus qui tente encore de dissuader le Général avant de s’intéresser à ce qu’a dit l’ogre en face de moi. Quel imbécile ! La graine du doute est semé, qui que soit ce gros type, il est extrêmement talentueux, reste à savoir de quel côté il est. Il semblerait qu’une nouvelle menace pèse sur Nessima. Pour ma part je reste silencieux, me contentant d’observer d’un air méfiant ce nouveau protagoniste.

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Sibelle
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Sibelle » ven. 8 mai 2020 03:26

Jorus qui avait pris place près de la commandante, comme lui avait suggéré Sibelle, se leva aussitôt que celle-ci eut terminé de parler. S’adressant au général, il lui expliqua que les nains gris préparaient leur vengeance depuis quatorze mille ans. Jorus avait remarqué deux caractéristiques chez les Rakhaunens : ils détestaient les elfes gris et ils avaient le sens de l’honneur. C’est ce dernier point qu’il voulait exploiter. Il proposa au général de défier en duel le Roi des nains, lui faisant miroiter qu’il serait le vainqueur et qu’il aurait le contrôle sur la vie des nains et sur leur richesse.

Les sourcils froncés, Sibelle n’approuvait pas l’idée qu’une victoire du général impliquerait des nains réduits à l’esclavage. Elle garda tout de même le silence, se demandant pourquoi Jorus cherchait à provoquer ainsi le général.

Lorsque Jorus se rassit, ce fut le gros homme, demeuré debout, qui prit la parole. À la grande surprise de Sibelle dont les yeux s’agrandirent, il dénonça une seconde menace envers la cité de Nessima, celle d’une révolte populaire. Il annonça que les reclus des bas quartiers s’armaient afin d’affronter les dirigeants de Nessima. Ce serait un certain Mage Neridan qui dirigerait ces dissidents. Il termina en suggérant au général de massacrer ces sindeldi cherchant la révolte.

Le général fut attentif et garda le silence jusqu’à ce que le dernier aventurier ait terminé de raconter ce qu’il savait.

Il commenta ensuite les propos de chacun. Tout d’abord, il allait s’occuper d’envoyer des soldats sindeldi dans les souterrains afin d’empêcher tout envahisseur d’y pénétrer, et laisserait Sylënn décider du rôle des aventuriers.

À la proposition de duel de Jorus, il répliqua que ces barbares ne possédaient pas d’honneur. Ils voulaient la guerre, il allait les satisfaire et les exterminer jusqu’au dernier.

Après s’être accordé un court moment de réflexion, il fixa Gurth de son regard froid avant de lui rétorquer que ces accusations étaient graves, puisqu’aucun Sindel ne pouvait tuer un des leurs. L’exil et le bagne étaient réservés aux contrevenants sindeldi. Il ferait enquête, jugerait les coupables, mais ne ferait pas de massacre.

Enfin, il demanda à chaque aventurier ayant eu contact avec les Rakhaunens de dévoiler tout ce qu’ils savaient d’eux. Il était conscient que plus il en savait sur l’ennemi, plus il serait facile de les anéantir.

Jorus fut le premier à fournir des informations à propos des Rakhaunens. En fait, il répèta qu’ils étaient très nombreux, qu’ils possèdaient des équipements de qualité, que leur ville souterraine leur permettait l’autonomie alimentaire et qu’ils avaient soif de vengeance. Entêté, Jorus revint à la charge tentant de convaincre le général de se battre en duel contre le roi des nains. Cela dit, il se tourna vers Gurth afin d’en savoir plus sur les motifs du peuple sindel à se révolter. Considérant que Jorus avait tout dit ce qu’elle savait, elle se contenta de quelques mots.

« Je n’en sais pas plus que Jorus sur les Rakhaunens... Par contre, je ne crois pas que le duel soit une bonne idée. Seul, un fou oserait défier ce Roi nain en duel. »

Sibelle ne pouvait dire qui des deux risquait de gagner si duel il y avait. Les deux protagonistes s’avéraient assurément de très bons guerriers puisqu’ils en étaient devenus des chefs. Mais cela n’avait pas d’importance, car peu importe qui gagnerait, le peuple du perdant serait tué ou réduit à l’esclavage. Contrairement à Jorus, Sibelle considérait que le seul avantage à ce duel serait de réduire le nombre de morts du clan du vainqueur.

Il fallait trouver un moyen pour éviter cette guerre, mais Sibelle n’en trouvait pas. Elle avait hâte de pouvoir quitter cette salle afin de s’entretenir avec les dirigeants des danseurs de l’Opale afin de connaître leur plan, si plan ils avaient.
Modifié en dernier par Sibelle le sam. 16 mai 2020 14:06, modifié 1 fois.

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Gurth Von Lasch
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Gurth Von Lasch » ven. 8 mai 2020 12:44

La Grande Traversée - 18

Le général elfe écouta avec attention et mépris tous les étrangers présents dans la salle. Gurth observait en détail ses réactions et celles de sa Commandante. Et si elles étaient toutes en retenue, il n’en perçut pas moins une tension grandissante entre les deux gris, notamment aux suites de ses propos remettant en cause la loyauté de Sylënn. Le dirigeant militaire commenta les quelques propositions des autres mercenaires dans une direction plutôt belliqueuse : il ne comptait pas laisser faire ces étranges nains sortis de terre.

Et puis, il commenta froidement les dires de Gurth. Encore le refrain hypocrite qu’on lui avait déjà servi à Tahelta, balayant la possibilité d’une répression préventive. Comment était-il seulement possible de se mentir à ce point ? Il affirma cependant qu’il allait mener une enquête. Nul doute qu’il y trouverait les graines de la vérité, quand bien même il essayait de se la cacher. Il conclut par un commentaire envers l’Ogre qui négligeait une fois encore la menace d’une rébellion pour se concentrer sur sa sacro-sainte guerre.

L’ogre allait pour répondre quand l’autre humain prit la parole pour, à la grande surprise de Gurth, soutenir ses propos sur les dangers d’une révolte. Mais il s’en servit pour argumenter son idée de duel face au chef ennemi, que Gurth avait déjà trouvé déplorable avant qu’elle se fasse balayer de même par le Général. Il posa une question directe au Von Lasch concernant la nature de cette rébellion. Le Géant commença par lui répondre de sa voix d’outre-tombe.

« Je ne suis guère dans la tête de ces révolutionnaires, mais je dirais qu’ils pensent ainsi éradiquer un système politique qu’ils considèrent comme strict et oppressant, inégalitaire et négligent de leur caste sociale. Prendre le pouvoir, le redistribuer à d’autres… Je connais personnellement des personnes qui seraient prêts à saisir cette opportunité. »

Le regard laiteux de l’obèse coula vers Sylënn. Était-elle au jus des ambitions secrètes de son oncle ? Il garda bien sûr l’information pour lui, comme carte supplémentaire au cas où la partie virerait à l’aigre. Il détourna les yeux vers le général pour lui répondre à son tour.

« Je vous laisse juge de considérer mes faits rapportés comme une menace sérieuse ou non, Ser. Mon boulot a simplement été de vous les rapporter. Quant à voir le sang de ces ennemis de votre peuple couler dans vos rues en torrents, je n’attends que ça. »

Surtout s’il était mêlé de celui du peuple : nobles, militaires ou pauvres. Une guerre destructrice et meurtrière. Oui, voilà pourquoi il était là.

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Yurlungur
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Yurlungur » ven. 8 mai 2020 18:43

...

Ha ! Ils l'avaient dans le baba, les deux escrocs qui l'avaient abandonnée à Khaz-Kheral, et elle le remarquait bien, tout en prenant garde à rester de marbre tandis qu'elle profitait de son succès. Les informations qu'elle avait livrées aux Sindeldi valaient de l'or, beaucoup d'or, des récompenses à n'en plus finir ; tandis qu'eux deux, qu'avaient-ils ? Rien ! Et ils se méfiaient d'elle, encore, elle pouvait le lire à l'expression de Sibelle, qui savait si mal cacher ses sentiments. Qu'importe : le regard de l'assassine était aussi hautain que celui de l'elfe était défiant, et la jeune fille restait drapée dans une fierté superbe qui n'accordait même pas un coup d'œil à Jorus. Ils l'avaient bien cherché, d'abord.

L'elfe noir était de son côté, confirmant ses propos et précisant qu'il était celui qui avait ramené les deux cadavres, les deux preuves. Il avait bien fait ! Elle, elle aurait bien été embarrassée d'avoir à expliquer à ce grand gaillard le danger qui rôdait là-dessous avec son allure de jeune fille - à Sylënn, passe encore, mais à lui... Elle triomphait donc. Sibelle, quand elle prit la parole, fut complètement à côté de la plaque. Évidemment qu'ils n'allaient pas lancer dès à présent une croisade pour les exterminer ! Il fallait d'abord défendre la ville... Ce qu'ils feraient ensuite, ça ne l'intéressait pas. Elle allait empocher la récompense, et se barrer fissa.

Jorus expliqua à quel point les Rakhaunens pouvaient être dangereux, avant de proposer un duel. Elle haussa un sourcil. C'était idiot. Avec les cartes qu'il avait en mains, le général pouvait vaincre les nains cendrés sans se donner cette peine : et le roi Rakhaunen était précisément le genre d'adversaire capable de remporter un tel duel, même si on mettait en face de lui le meilleur guerrier Sindel. Il avait peut-être lu trop d'épopées à dormir debout, ou alors il avait été inspiré par le défi qu'elle avait elle-même proposé au souverain, quoiqu'elle n'ait finalement pas mis tout à fait son plan à exécution. Le roi accepterait peut-être le défi du général, mais Jorus se gardait bien d'évoquer la possibilité que le général soit défait en combat singulier.

Enfin, le dernier mercenaire, le gros inconnu prit la parole. Celui-ci avait enquêté sur d'autres soucis que ceux soulevés par les Rakhaunens : le risque de révolte dans la cité. Mais il présentait les choses d'une façon étrange, comme s'il cherchait à liguer la commandante et le général... Ses allusions étaient cependant subtiles, et la jeune fille ignorait s'il était seulement stupide ou s'il avait intérêt à ce que la discorde règne. Après tout, il avait l'air plutôt patibulaire... Afin de se débarrasser de cette menace, il proposait de mener une expédition punitive pour mettre à mort les responsables. Yurlungur, sans rien dire, trouvait cela plutôt adéquat. Autant écraser la menace dans l'œuf ; en revanche, le moment était mal choisi. Une guerre civile affaiblirait les Sindeldi face à l'ennemi du dehors...
De toute façon, la politique Sindeldi, ça lui paraissait aussi gris que leur épiderme. Elle n'y comprenait rien. On lui avait dit et elle avait constaté que certaines puissances chercheraient à les gêner, mais elle ne savait pas qui ; il y avait des complots, des trahisons, la révolte qui grondait ; bref, c'était un vrai peuple, qui menait sa vie, et grand bien lui fasse. Les questions morales derrière les revendications des uns et l'avidité des autres, ça l'intéressait moins que les primes qu'elle recevait à l'issue d'une mission rondement menée.

Le général prit enfin la parole, et elle fut la seule qu'il remercia directement pour sa contribution. Un sourire léger, mais supérieur, apparut sur le visage de la gamine. Dans les dents, Sibelle et Jorus. Si elle avait mieux écouté, elle aurait compris qu'il remerciait tous ceux qui avaient apporté des informations sur les Rakhaunens dans les souterrains dans leur ensemble, mais il lui paraissait si évident qu'elle avait presque tout recueilli elle-même que c'était comme si elle était la seule à mériter un tel compliment.
Le général eut la présence d'esprit de rejeter la proposition de Jorus, et condamna vivement la proposition de Gurth, mais pas pour les raisons que la jeune fille aurait imaginées. Ce n'était pas par stratégie, afin de mobiliser toutes les forces disponibles contre les Rakhaunens et éventuellement se servir de cet ennemi extérieur pour rallier à lui toute la population, mais par respect de sa culture. Une culture qui interdisait le meurtre ! C'était nouveau, ça. Et comment faisait-on pour régler les problèmes sainement, alors ? On se contentait de se disputer verbalement ? C'était le meilleur moyen de les envenimer. Un assassinat, c'était plus propre qu'un débat, surtout lorsqu'il s'accompagnait de propagande médisante, de luttes d'influence, d'espionnages, de menaces, de tout ce qui tourmente une âme sans lui ôter la vie. La torture, c'était bien pire que le meurtre, l'exil pire que la mort. Ça forgeait le ressentiment. Pas étonnant qu'une rébellion se prépare, là-dessous. M'enfin, ils faisaient bien comme ils voulaient.

Il demanda enfin toutes les informations qu'ils pouvaient avoir sur le peuple Rakhaunen, en vue de les repousser, puis éventuellement de se débarrasser d'eux en les assiégeant. Cette seconde partie, ce serait sans elle...
Jorus commença en revenant à son idée de duel. Ça ne passerait toujours pas, et d'ailleurs, même Sibelle se désolidarisait du jeune homme sur ce coup-là. En revanche, elle haussa un sourcil lorsqu'il évoqua la discipline. Ce n'était pas si sûr. Puisque les autres ne semblaient pas posséder beaucoup plus d'informations sur le peuple nain, ce fut elle qui prit enfin la parole, très fière d'avoir encore des tas de choses à raconter.

« La discipline, ce n'est pas si certain. Ils obéissent à leurs chefs, mais leur idéal de vengeance est plus fort en général, et c'est bien la seule chose qui les pousse à l'attaque à présent. Certains d'entre eux, parce que j'étais une étrangère, ont tenté de m'assassiner pendant mon sommeil. »

Elle haussa des épaules, mais ne continua pas l'anecdote - autant garder un peu de flou sur le fait qu'elle s'était purement et simplement débarrassée des coupables sans attendre que les autres nains lui viennent en aide. Certains ici seraient bien capables de le deviner, et les autres n'avaient pas besoin de le savoir.

« Leur société est fondée sur la force, et ce sont les meilleurs combattants qui dirigent. Leur roi est seulement le meilleur guerrier de la bande, mais il n'a pas d'autre avantage sur les autres a priori. Leur seul objectif est d'anéantir les Sindeldi : s'ils en voient l'occasion, ils se disperseront pour le faire, et il sera difficile pour leurs chefs de tenir une troupe si des Sindeldi sans défense se trouvent non loin. »

Il y avait beaucoup d'implicite dans cette dernière phrase, qu'elle laissa traîner dans l'esprit du général quelques instants avant de reprendre - mais il fallait que cela reste implicite, s'il se refusait à massacrer son propre peuple... Le moment venu, il pourrait cependant le faire de façon très indirecte, afin de gagner un avantage tactique.

« Je n'ai pas vu d'engins de siège. Tous portent des armes et des armures lourdes, certains ont des arbalètes. Ils n'ont pas beaucoup de bois, mais disposent d'un métal noir d'excellente facture qui honore leurs meilleurs combattants. »

Elle se garda bien de préciser qu'il s'agissait de mithril noir, et qu'elle portait une dague faite de ce même métal à la ceinture en ce moment. C'était son butin, pas touche.

« Les seuls ennemis qu'ils affrontent régulièrement son des bandes de goules réveillées par erreur par des nécromants de leur peuple. On m'a parlé de mages du feu et de la terre, continua-t-elle en hésitant un peu, ne se souvenant plus très bien de ce qu'on lui avait dit, mais je n'en ai jamais vu. En revanche, vous devriez vous presser de sécuriser les souterrains : ils savent que vous les avez repérés, grâce aux deux cadavres de Rakhaunens récupérés, et ma disparition risque de les pousser à une attaque d'autant plus précipitée. Le siège qui se prépare est considérable : toute la cité partait à la suite du roi, ils seront soutenus par les Eruïons, et il a été fait allusion d'une seconde cité Rakhaunen d'où viendrait une autre moitié de l'armée. »

Elle avait lâché ces derniers mots sur le même ton que précédemment, mais son regard s'était durci pour le général, comme si elle estimait que ce dernier ne prenait pas encore tout à fait conscience de l'urgence de la situation.

...
Modifié en dernier par Yurlungur le jeu. 21 mai 2020 19:09, modifié 1 fois.

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Gamemaster6
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Gamemaster6 » mar. 12 mai 2020 18:31

Émergence

Impassible, patient, le Général écouta de nouveau ceux qui prirent la parole, non sans adresser un regard condescendant aux paroles de Jorus. Visiblement, le jeune humain ne trouvait pas grâce aux yeux du chef militaire. Il promena ses yeux de l'un à l'autre des aventuriers, coulant également un nouveau regard à Sylënn face aux paroles de Gurth. La commandante, de son côté, resta parfaitement stoïque, se refusant visiblement à toute réaction au vu de la tension notable qui emplissait l’atmosphère de la salle. Enfin, lorsque la jeune Yurlungur eut terminé, le Général prit à nouveau la parole.

- Fort bien... Ces « ennemis » ne sont donc rien de plus qu'un ramassis de fanatiques guidés non pas par un chef compétent, mais par la haine qu'ils nous vouent. Et ils pensent pouvoir nous vaincre ainsi ?


Il pointa du doigt la carte, désignant sans conteste Nessima.

- Notre ville est une forteresse, un bastion imprenable que nous avons su ériger et maintenir depuis des millénaires, elle ne tombera pas. Et quant à ces révoltés... Et bien l'arrivée de ces rakhanens venus nous détruire tombent à point nommé. Je vais de ce pas décréter la loi martiale, en continuité avec l'alerte donnée par notre compétente commandante.

Cette dernière se crispa légèrement, comme si elle n'aimait guère cette solution, mais là encore, elle tint sa langue. Ce faisant, le Général se leva.

- Notre armée se tiendra prête à investir les souterrains d'ici quelques heures, je compte sur votre présence...

Sans chercher à saluer qui que ce soit, il prit congé, remontant d'un pas autoritaire les escaliers, suivi de ses gardes. Sylënn, patiente, attendit qu'il soit hors de portée pour se lever à son tour.

- Bien, j'imagine que vous avez compris la situation. Comme notre estimé Général l'a précisé, vous restez sous ma responsabilité. Je vais donc vous mettre en garde. Cette loi martiale lui permet, dans des cas extrêmes, d'envoyer au bagne et ce sans jugement, quiconque pourrait porter atteinte à l'intégrité de cette ville. Pour des Sindeldi du moins. Pour les étrangers, c'est probablement leurs têtes qui rouleront au sol.

La mise en garde était clair, il avait tout pouvoir pendant cette période. Elle se leva finalement.

- Il faudra environ quatre heures pour que notre armée soit pleinement fonctionnelle, vous avez donc quartier-libre jusque là si vous souhaitez la rejoindre. Pour les autres... mon bureau vous est ouvert, ma demeure également. Je tiens également à vous prévenir d'une dernière chose. Tous les vols depuis ou à destination de Nessima ont été interrompus et les bateaux, tout comme les Cynores, réquisitionnés pour l'effort de guerre dès que j'ai fait sonner l'alarme.


Les aventuriers étaient donc coincés au Naora pour le moment, alors que la guerre approchait à grand pas des portes de la ville et depuis les sous-sols.
***
Arkalan :Discussions avec le Général : 0,5xp
Jorus : Discussions avec le Général : 0,5xp
Gurth : Discussions avec le Général : 0,5xp
Sibelle : Discussions avec le Général : 0,5xp
Yurlungur : Discussions avec le Général : 0,5xp

Vous êtes donc libre de choisir ce que vous allez faire ensuite. Suivre l'armée ? Vous présentez à Sylenn ? Demandez une affectation particulière ? Chercher à fuir ? Le choix est vôtre.
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Gurth Von Lasch
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Gurth Von Lasch » jeu. 14 mai 2020 21:54

La Grande Traversée - 19


La jeune humaine fut la dernière des mercenaires à prendre la parole, recadrant encore les informations données sur les nabots à la peau sombre. Se pourrait-il qu’il se soit trompé sur elle ? N’était-elle qu’une informatrice lambda ? Quelque chose continuait à lui dire le contraire, à affirmer qu’elle était plus que ce qu’elle ne montrait. Il se jura de percer ce mystère au plus vite… Dès que la réunion serait finie.

Mais pour l’heure, le général réagit à toutes les annonces, commençant, ou continuant, à mépriser ses ennemis, à les sous-estimer malgré toutes les préventions de ces aventuriers modèles, ces lèche-bottes assoiffés de reconnaissance ou de pognon. Le seul point qui sonna positif aux oreilles de l’ogre fut l’instauration de la loi martiale dans la cité. Le nom était plaisant, même s’il n’expliqua pas en quoi cela consistait exactement. Le dirigeant militaire se leva, précisant son attente de voir les étrangers embauchés pas Sylënn prêts à se battre dans quelques heures. Gurth en serait, bien sûr. Il voulait voir les premières gouttes de sang couler, les premiers torrents carmin baigner la cité.

Après qu’il fut parti, la commandante se leva à son tour et d’un air sévère, prévint les mercenaires fantoches présents de la situation : Elle les mit en garde contre la sévérité de la loi martiale, permettant d’envoyer au bagne quiconque sans besoin de jugement, voire de tuer pour les non-sindeldi. Parfait. Ce général semblait aussi militairement bête qu’il le laissait paraître. Il sèmerait lui-même le chaos dans la basse-ville, à coups d’arrestations brutales et injustifiées. Neridan comprendrait, sans aucun doute, le sens du sacrifice…

L’elfe grise donna quartier libre aux visiteurs, demandant à ce qu’ils soient prêts dans quatre heures. Ça laissait à Gurth le temps de fomenter quelques autres troubles. Parfait. Et il allait commencer avec la petite humaine à l’air suspect.

Il alla pour la confronter, mais elle le devança, suivant Sylënn comme un chien-chien à sa bobonne jusqu’à son bureau. Sombre et lent, il emboita le pas à ce duo, s’arrêtant dans le couloir du bureau de l’officielle lors qu’elles y pénétrèrent. Quelques minutes plus tard, la petite fouineuse en sortait, une bourse bien remplie en main. Elle semblait ne pas perdre le nord, cette gamine. De toute sa masse, de toute sa hauteur, il barra le passage vers la sortie pour inévitablement attirer l’attention de la dénommée Yurlungur. Ostensiblement tendue, elle s’arrêta pour le regarder avec méfiance. Sans préambule, il lança d’une voix sombre, mais calme :

« Ai-je raison de penser que votre allégeance aux gris soit conditionnelle et imparfaite ? »

Prise par la curiosité d’une telle question, la jeune fille s’assura que personne n’écoutait aux alentours pour rétorquer que ces gris payaient bien, comme si c’était tout ce qui l’intéressait. Gurth fronça les sourcils, renfrogné d’une telle réponse. Il n’allait pas la laisser s’en sortir si facilement.

« Et les nains, paient-ils aussi ? Vous n'avez pas tout révélé, lors de cette réunion, n'est-ce pas ? »

La provocation était déjà plus palpable. La recherche de sédition plus évidente. Avec un sourire, elle assura que les deux payaient bien, mais que seuls les gris avaient des Aynores pour rentrer au pays. Puis, revêche, elle s’enquit de savoir si ça l’ennuyait, affirmant qu’au final, ce n’étaient pas ses oignons mais ceux de la commandante ‘tar Thinel. Elle alla même jusqu’à lui suggérer de retrouver les nains pour leur quémander un paiement en espérant qu’ils le prennent pour un allié avant de se faire trancher. La déception avait du mal à ne pas filtrer sur son visage bouffi et barbu. Il inspira longuement avant de répondre d’un ton las :

« Je n'ai cure du moindre paiement. Ceux que je sers n'ont d'allégeance que la mort, la violence et la terreur. Je pensais voir en vous plus qu'une mercenaire vénale... »

Expirant tout l’air absorbé en secouant lentement la tête, il conclut :

« Ne faites pas entrave au chaos. »

Conseil amical, s’il en était. Il en révélait un peu plus sur son propre jeu, de quoi peut-être la voir mordre à l’hameçon dans une dernière chance laissée. Il s’écarta du chemin de la petite, qui resta dans un premier temps plantée là, clamant qu’il avait tort et que la recherche d’un pécule était une priorité pragmatique, non vénale. Menton dressé, elle affirma faire ce qu’elle voulait. Puérile réaction d’une mercenaire définitivement uniquement motivée par une récompense pécuniaire. Triste et décevant : ce qu’il avait perçu de troublant chez elle s’enfuyait désormais pour ne laisser qu’un champ aride sur le plan des possibles. Il ne pourrait compter sur elle, et elle redevint l’inconnue inintéressante qu’elle avait été jusqu’à ce qu’il la rencontre. Il la laissa filer sans plus un mot, continuant de secouer la tête d’un air dédaigneux déçu.

Lorsqu’elle fut partie, il se tourna vers la porte du bureau de Sylënn. À elle aussi il avait des choses à dire. Et d’un potentiel moins hasardeux que ce qu’il venait de vivre. Il frappa la porte, l’entrouvrit pour se découvrir, et attendit qu’elle l’invite à entrer. Une fois ceci fait, avec une politesse toute froide, il s’approcha, restant debout devant la commandante.

« Vous avez raison d'être généreuse avec la jeune humaine : il semble bien que sa loyauté ne dépende que de ça... »

Un souffle, puis il poursuivit.

« Enfin bref, je ne suis pas là pour ça, vous devez vous en douter. Votre général est un abruti pédant trop sûr de lui. Son trop plein d'assurance et de suffisance vont faire courir à sa perte votre cité. Et je suis persuadé que vous en êtes consciente. Ce que j'ai énoncé dans la salle de réunion était vrai : ce sont bien les informations que j'ai récoltées dans les bas-quartiers. Ce qui prouve l'hypocrisie de l'idéal de votre peuple sans meurtre, au passage. Comme vous l'avez dit, je suis sous votre responsabilité, et il est également, selon moi, de votre responsabilité de réagir et d'agir pour le bien de vos semblables. Ce dont ce cher général vous empêche clairement. Vous avez compris de qui je parlais, n'est-ce pas, lorsque je signifiais connaître des personnes prêtes à profiter de la situation pour s'arroger une part de pouvoir ? Voilà donc la raison de ma présence, commandante. Vérifier si vous avez le même sang Tar Thinel qui coule dans vos veines. »

Non sans envoyer une petite pique sur la loyauté de l’Ogre, dont elle ne savait rien, elle envoya balader sur les roses toutes les opportunités que Gurth lui avait servies, affirmant avoir la main mise sur la situation grâce à des agents de confiance. Quelle blague était-elle en train de jouer ? Cette mission tournait au ridicule, et le Von Lasch commençait à en avoir plein le dos des incohérences de ce peuple trop fier. Las, il secoua la tête.

« Des... agents de confiance. Il faudrait m'expliquer la présence de ces étrangers œuvrant à votre compte, si vous avez tout ce qu'il vous faut pour être à ce point confiante avec vos propres... agents. Si je me suis trompé, et bien j'en suis fort contrit, et attend donc de votre part de nouvelles consignes à suivre, pendant que votre général enverra au bagne ceux qui conspirent contre lui sans que rien ne soit fait contre. Vous savez... votre peuple. »

La pointe sardonique de la provocation était acérée, et il était curieux de voir sa réaction. Elle ne tarda pas, se montrant contrariée, ce qu’elle ne se cacha pas de dire, pour une fois. S’ensuivit un discours dont Gurth ne comprit pas bien la provenance, à coups de refus d’action contre le général, de justification du bienfondé d’un embargo sur la cité pour n’envoyer personne au bagne et de l’éloignement de ses agents œuvrant, selon ses dires, à la « paix durable entre les peuples du Naora. » Une expression qui n’inspira que dégoût à l’ogre, qui eut bien du mal à se recentre sur son rôle, non sans avoir émis un soupir désapprobateur. Et là voilà qui annonçait avec une certitude aussi mal placée que la fierté du général être totalement en maîtrise de la situation. C’était ridicule. Gurth ne perdit pas une seconde pour répondre :

« Oui, c'est ce que je suggérais. Et pas maintenant, mais pendant la bataille à venir, lorsqu'il sera en position de faiblesse, lui qui aura sous-estimé vos ennemis. Vous ne semblez pas apprécier la franchise et la vérité : je ne suis pas un bon petit soldat comme l'elfe blanche ou son fayot de compagnon humain. Si vous voulez m'utiliser, et je ne demande que ça, il va falloir que vous me fassiez un peu confiance et que vous osiez révéler vos cartes cachées. Sans ça, ma présence ici est vaine et vous y perdriez. Si la situation est aussi sous contrôle que vous l'annoncez, pourquoi faire appel à nous ? Je vous répète la question. Ce n'est pas la présence de ces quelques mercenaires disparates qui va changer l'issue de la bataille sur le front. Alors pourquoi ? Servons-nous seulement à quelque chose, ou n'est-ce pour vous qu'un jeu sordide que de jongler avec nos vies ? »

Elle dut comprendre la raison de la question, car elle justifia la présence et l’impact des étrangers sur la situation. Elle passa sur une légère remarque méprisante sur la précipitation des humains, apparemment impossible à éviter dans ce pays, puis expliqua maladroitement qu’elle voulait un regard neuf sur une situation gangrénant son peuple depuis des siècles, tout en avouant ne pas pouvoir faire confiance à ces regards neufs dans le même temps. Elle était embrouillée, tentait de se justifier. Ça cachait quelque chose et Gurth commençait à perdre patience. S’était-il trompé en pariant sur elle ? Ça semblait visiblement se confirmer. D’un ton monocorde, il répondit encore.

« Je vois. Ne vous inquiétez pas, je suis rompu au jeu des causes et des conséquences, vous en avez eu un bref aperçu lors de notre précédente réunion. Le pouvoir du doute, issu d'un simple grain de sable dans un mécanisme que l'on croyait bien huilé. Vous savez que c'est un outil puissant. Ce que j'avais en tête depuis ma présence à Tahelta, c'était d'instiller ce doute non pas chez vos dirigeants, mais chez votre peuple, contre leurs dirigeants enfermés dans ce système que vous-même qualifiez de gangrené. Un doute qui sera plus tard le terreau du changement, pour qui saisira l'opportunité de l'utiliser correctement. Quant à la confiance, sans vouloir la forcer, elle me semble une base nécessaire à un travail commun. Ma loyauté à moi ne s'achète pas avec des pièces d'or ou des promesses. Je suis à chaque instant prêt à laisser ma vie pour défendre mes idéaux. Mais je n'apprécie guère me battre à l'aveugle pour une cause qui m'est cachée. Dites-moi quels sont vos objectifs, dites-moi quel est ce plan, et alors moi aussi je pourrai agir à la lumière de ces informations. Travaillez avec moi, Sylenn'tar Thinel. Pas contre moi. Car sans ça je ne peux projeter mes actes sanas qu'ils puissent malgré eux faire régner le chaos. »

Et elle lui donna les principes de base du plan, pas si éloigné de ce que lui-même disait : dans un même temps, elle accusa le doute qu’il instillait de pouvoir créer des milliers de morts, et affirma qu’il était cependant nécessaire pour instaurer son plan : regrouper les gris sous une bannière forte, celle te la royauté plutôt que celle de la religion. Gurth toussota de surprise devant une telle contradiction, et embraya. Ce petit jeu lui plaisait de plus en plus : il devait parvenir à légitimer ses actions futures par l’aide qu’il apporterait à cette commandante.

« Légitime ? Et pensez-vous que ce peuple ayant suivi l'irrémédiable légitimité cultuelle pendant toute son existence se fera à cette subite idée alors même que votre royauté est en lambeaux ? Faire porter le chapeau au clergé pour un ennemi revenu de la mort, je peux en comprendre l'intérêt, mais penser que le peuple entier se retournera contre lui alors qu'il va sans doute, via des personnalités comme votre général, tenter d'unir le peuple contre cet ennemi de naguère... Vous vous montrez finalement plus avide que moi de l'idéalisme d'un changement rapide. Pourquoi prêteraient-ils une oreille à la royauté si elle a elle-même été contrainte depuis des millénaires par le clergé ? Le simple doute ne suffira pas : contre cet ennemi que vous déclarez, c'est la révolte menée par l'un de vos "pions" qui serait lié à la royauté et contre le clergé qui fera changer les choses, et uniquement ça. Et non, ça ne se fera pas dans le plus simple des calmes : il y aura des morts et des pertes. Parce que votre peuple, quoique vous puissiez en penser, ne réagira jamais comme une seule et même entité face au changement que vous proposez. »

Il marqua une pause pour s'éclaircir une voix qui s'enfonçait de plus en plus dans les graves.

« Là où je vous rejoins, c'est de la nécessité d'agir au sein de cette période de troubles, de se servir de celle-ci pour faire évoluer dans le sens que vous voulez les mentalités. Accabler le clergé, oui. Mais en en faisant tomber les idoles populaires. Promouvoir la royauté, oui, mais en plaçant votre futur visage dirigeant à la tête d'un mouvement, non d'un fataliste immobilisme. Et pour ces deux choses, je peux vous aider. La mort et la gloire. »

Elle accepta de céder un peu de terrain en affirmant qu’ils étaient d’accord sur la nécessité de faire stopper l’immobilisme, même si elle restait persuadée que Gurth se trompait sur les conséquences d’un mouvement, arguant qu’il ne tenait pas assez compte de la politique sindel. Une politique d’oppression et de conquête, tel qu’il le voyait jusque-là. Il voyait mal comment elle pourrait se modifier sans sang. Elle émit l’hypothèse assez aisée qu’il fallait prioritairement affaiblir le clergé. La question qui en découlait coulait de source. Le regard lactescent du Von Lasch s’illumina d’une lueur d’intérêt.

« Et qui dans cette ville représente le mieux ce clergé ? »

Un certain Valyan’tar Niaëvë, responsable du clergé de la cité et frère du trou du cul que Gurth avait aperçu en tête du cortège des têtes dorées du peuple sindel, à Tahelta.

« Il m'a été donné de l'apercevoir dans toute sa splendeur à Tahelta. Je peux aller voir si je trouve un moyen de le mettre en danger ou de le décrédibiliser d'ici l'attaque. Y participera-t-il ? »

Elle affirma que non : il serait dans sa maison bien au chaud, planqué derrière un mur de gardes. Quoi ? Des grouillots qui ne seraient pas au front ? Ridicule. L’amertume put se lire sur le visage de l’Ogre, alors qu’il répondait :

« Je m'en contenterai. Faites-moi tenir au courant du moindre changement, je m'en vais enquêter sur lui pour l'heure. »

Elle lui recommanda la prudence, ce à quoi il répondit d’un regard où toute sa part d’ombre semblait flotter avec évidence. Ses lèvres s’ouvrirent d’un rictus sadique qui dévoila le rouge saillant de ses gencives. Puis il fit demi-tour et quitta le bureau de la Commandante ainsi que le bâtiment de la garde. Cette discussion avait été plus que riche en nouvelles connaissances. Restait à trouver comment les utiliser. Mais pour l’heure, il avait un allié providentiel à aller prévenir : Neridan. Il avait beau avoir révélé le plan fantoche qu’il avait monté avec l’elfe borgne au général, ce dernier n’avait pas tant mordu à l’hameçon, et il pourrait en tirer profit auprès du vieil arcaniste. Il se dirigea vers les bas-quartiers de la ville, approchant de la boutique de l’elfe occulte pour voir ce qui s’y tramait.

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Arkalan
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Arkalan » sam. 16 mai 2020 10:41

La réunion se poursuit avec les mêmes tentatives vaines de Jorus et Sibelle pour dissuader le général de la cité d’anéantir les troupes ennemis alors que son regard démontre qu’il n’attend que ça. De plus la jeune mercenaire contredit les arguments des deux clowns avec une nonchalance amusante, rendant la situation plus que plaisante, à mes yeux en tout cas, à voir l’étau se resserrer sur ces deux idiots qui se pensaient plus malins.

Le géant au regard laiteux se défend des paroles du général en feintant l’ignorance. Je ne suis pas dupe, j’ignore quel est son but mais je le pense assez intelligent pour savoir ce qu’il fait et ce qu’il vient de provoquer.

Le général met fin à la réunion, sûr de sa victoire. Il décrète la loi martiale et nous encourage à être présent pour investir les souterrains en compagnie de son armée. Il quitte la salle et ce n’est qu’une fois partie en compagnie de son escorte que Sylënn se lève pour s’exprimer à son tour. Elle explique que la loi martiale donne les pleins pouvoirs à son dirigeant et que nos têtes pourraient bien tomber au moindre pas de travers. Voilà qui est déplaisant. En tant que Shaakt ma simple présence peut être considérer comme une agression et aucun garde ne serait puni pour m’avoir abattu. Je ne peux donc pas me promener dans la cité. Je ne peux pas non plus discuter avec Sylënn alors que j’aurais des choses à lui demander. Le général en serait informé c’est certain et grâce à l’ogre inconnu qui a semé le doute dans l’esprit du général cela pourrait me causer préjudice. Le mieux à faire est d’attendre que le temps passe pour rejoindre l’armée du général en compagnie des autres soldats. Je quitte donc la salle en compagnie des autres, prenant soin de sortir le dernier pour n’avoir personne dans mon dos. Je trouve ensuite un coin pour me reposer d’un seul oeil, attendant pour rejoindre la bataille à venir.

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Sibelle
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Sibelle » sam. 16 mai 2020 16:45

Dès qu’elle eut fini de parler, le dénommé Gurth répondit à la question de Jorus. Il croyait que les révolutionnaires voulaient démanteler le système politique existant afin de le rendre plus juste envers toutes les castes sociales sur le continent. Puis, laissant son regard se porter sur la commandante, il laissa sous-entendre que certains aimeraient s’approprier le pouvoir du général. Les propos de l’homme corpulent ne faisaient qu’accentuer le désir de la guerrière de quitter la garde royale et se rendre à la commanderie des danseurs d’opale.

Ce fut la voix plus aigüe de la gamine qui tira Sibelle de ses pensées.

Apparemment fière de montrer qu’elle détenait davantage d’informations que les autres, Yurlungur s’était empressé de toute raconter ce qu’elle savait… ou plutôt ce qu’elle pensait savoir, ce qu’elle interprétait. La gamine considérait que les nains gris n’étaient pas aussi disciplinés que Jorus et Sibelle le prétendaient. Selon ses dires, ils obéissaient certes à leur chef, mais leur motivation première demeurait la vengeance. Avouant que le roi était le meilleur guerrier des Rakhaunens, elle ajouta qu’il s’agissait là de sa seule qualité. Elle précisa aussi de quel équipement ils disposaient : des armures d’excellentes qualités, mais lourdes, des arbalètes. Elle précisa qu’ils n’avaient pas d’expériences militaires ou de combat. Elle termina en les pressant de sécuriser les souterrains.

La guerrière dévisageait Yurlungur, les sourcils froncés. Il n’était jamais évident de faire le tri en le vrai, le faux dans les propos de Yurlungur. La jeune fille avait le don de déformer la vérité et de l’enrober de mensonges dans le but de servir ses propres intérêts. Sibelle en était convaincue, Yurlungur n’était pas dans le camp du Général ou de celui du nain, elle était et sera à jamais que dans le sien.

Les propos de Yurlungur aidant aux préjugés déjà ancrés dans l’étroit cerveau du général, ce dernier prit la parole en concluant qu’il se débarrasserait des nains comme de vulgaires chaussettes trouées. Tout en pointant Nessima sur la carte, il déclara qu’en tant que forteresse imprenable, elle résisterait une fois de plus aux attaques, qui plus est, attaque menée par des nabots de première. Il annonça alors le décret de la loi martiale et son intention d’envoyer son armée dans les souterrains dans les heures qui allaient suivre.

Il partit comme il était venu, sans prendre la peine de remercier les aventuriers ni de les remercier. Une fois qu’il eut escaladé les escaliers d’un pas sûr et surtout qu’il fut trop loin pour entendre ce qui allait se dire plus bas, Sylënn prit la parole. Elle leur rappela fermement que la loi martiale impliquait qu’il était possible au dirigeant d’envoyer n’importe quels elfes gris au bagne sans procès s’il tentait de s’allier contre la ville, et pour un étranger, c’était la mort assurée. Elle termina par des consignes plus techniques. Cela prendrait environ quatre heures à l’armée de se préparer, ils étaient libre de tout mouvement pendant ce délai. Elle termina en précisant que sa demeure leur était ouverte, mais qu’ils ne pouvaient se déplacer en aynore, cynore ou bateaux, tous les moyens de transport ayant été réquisitionnés pour la guerre. Sibelle ne put réprimer un sourire, sa forme d’hippogriffe lui permettant d’emprunter la voie des airs si cela lui disait.

Sibelle se contenta d’un signe de tête à la commandante et autres aventuriers et prit sans tarder l’escalier. Tout comme, elle en avait eu l’intention avant l’arrivée inopinée du général, elle se dirigea vers la commanderie d’Opale.

(((suite du rp à la commanderie de l'Opale )))
Modifié en dernier par Sibelle le dim. 17 mai 2020 20:35, modifié 1 fois.

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Jorus Kayne
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Jorus Kayne » dim. 17 mai 2020 15:02

Contre toute attente, c’est Sibelle qui met en doute les chances du général lors d’un combat face au roi sous la montagne, même si elle précise ne pas connaître davantage les Rakhaunens. Ensuite c’est le tour du géant, capable de vous faire dresser les poils de culs, de me répondre. Selon lui cette révolution est là pour mettre fin à un système injuste dont ils se sentent oppressés et veulent prendre le pouvoir pour le redistribuer équitablement. Il explique ensuite connaître des individus prêt à profiter de l’occasion, avant de porter son attention sur le général et précise qu’il laisse ce dernier seul juge des actions à réaliser. Concernant les ennemis des Sindeldi, il se tient prêt à faire couler leurs sangs.

(Vraiment charmant !)

Vient ensuite au tour de Yürlüngür de prendre la parole. Elle met en doute la discipline des Rakhaunens et accroît l’attention sur le désir de vengeance qu’ils ressentent, la raison qui les pousse à attaquer. Elle précise que certains ont même tenté de l’assassiner alors qu’elle dormait. Elle détaille ensuite que la société Rakhaunens est fondée sur la force et que le roi en est le meilleur guerrier. Leurs soifs de vengeance est telle qu’ils se disperseront pour massacrer tous les Sindeldi, ce qui compliquera la tâche du roi pour maintenir la discipline si un groupe d’elfe gris inoffensifs venait à apparaître. Elle raconte ne pas avoir vu d’engin de siège, mais ils possèdent d’un métal noir qui rend leurs équipements particulièrement dangereux. Puis elle explique que les nains cendrés affrontent souvent des groupes de goules, appelées par mégarde par leurs nécromants, mais il existerait aussi des mages de terre et de feu. Elle termine sur les souterrains qui se situent sous Nessima et conseil à rapidement sécuriser les accès sous terre. Entre les nains morts ainsi que la disparition de la jeune fille, ils peuvent à tout moment précipiter l’attaque alors que toute la cité naine est venue pour en découdre. Cependant ils ne sont pas seuls, car en plus d’une seconde cité naine, les Eruïons seront également de la partie.

Le général nous écoute tous sans nous interrompre. Il ne répond pas à mes propositions, mais son regard sur moi vaut tous les discours du monde. Il résume les nains cendrés à des fanatiques guidés par la haine. Il pose ensuite son doigt à l’emplacement de Nessima sur la carte et affiche fièrement les capacités défensives de la cité, imprenable depuis des millénaires. La suite me plaît beaucoup moins. Justifiée par la présence des Rakhaunens, le général déclare la loi martiale afin de gérer la menace d’une révolte. Il termine en déclarant que l’armée sera prête dans quelques heures et qu’il espère que nous serons présents.

Sans la moindre salutation, il nous laisse avec Sylënn qui attend patiemment qu’il soit loin pour se lever et déclarer à son tour que nous sommes sous sa responsabilité. Elle précise aussi que cette loi martiale permet d’envoyer au bagne, sur un simple ordre, toute personne qui pourrait être une nuisance pour l’intégrité de la cité. C’est cependant ce que risquent les Sindeldi, car pour les étrangers, la sentence sera plus expéditive par une mise à mort. Elle précise que l’armée devrait être prête d’ici quatre heures, nous laissant la liberté de mouvement d’ici-là dans l’éventualité où nous voudrions les rejoindre. Son bureau nous est également ouvert. Elle termine en déclarant que tous les vols sont interrompus, bateaux et Cynores réquisitionnés pour la guerre.

Ainsi se termine cette réunion peuplée, en majeur partie, d’individus désirant le conflit. Ma première envie est d’aller voir Yürlüngür pour en savoir plus sur ses motivations par les révélations qu’elle a faites. Je dois cependant prendre mon mal en patience car elle se rend dans le bureau de la commandante en suivant de près Sylënn. Je suis doublé par l’énorme humain lorsqu’elle en ressort quelques instants plus tard. Lorsqu’enfin elle finit avec lui, je m'approche de la jeune fille et lui demande sans animosité dans la voix.

"Tu aurais une seconde à m'accorder ?"

Elle me répond avec le regard mauvais et le menton relevé de fierté de m’expliquer. Je suis quelque peu perturbé par son attitude actuelle et ses révélations, mais je me focalise sur la raison de ma présence.

"Je suis désolé de ce qui t'es arrivée avec les nains...cette attaque que tu as subie. Je voulais savoir si les informations que tu as données, concernant les voies d'accès que comptent prendre les nains, étaient exactes !"

Suivi d’une bonne expiration par le nez, elle me demande si je le croyais sincère.

(Bien entendu ! C’est pas comme si tu œuvrais pour deux camps opposés ! Mais à quoi joues-tu ?)

"Disons que..." Je regarde autour de nous pour vérifier que personne ne nous entend. "...là-bas tu avais une opinion différente et maintenant tu collabores plus qu'efficacement avec les Sindeldi. Donc oui je me pose la question, est-ce que tu as menti ici où là-bas ?"

Elle me répond tout simplement avoir été franche avec la commandante.

(Dis-moi que tu as menti au général, mais que tu as révélé la supercherie à la commandante.)

Je regarde la jeune fille avec perplexité.

"Tu veux dire durant la réunion ou à l'instant ?"

Trépignant sur place, elle commence à perdre patience et me répond qu’elle est franche à chaque instant, tout comme maintenant. Voyant visiblement que je mets en doute sa parole elle repart vers la sortie sur un adieu. Je la regarde partir sans chercher à l’arrêter.

(Ca n’a pas de sens ! Si vraiment elle affirme être toujours franche alors elle l’a été lorsqu’elle a affirmé au roi sous la montagne vouloir tuer les Sindeldi, tout comme lorsqu’elle s’est visiblement retournée contre eux avec ses révélations. Mais dans quel camp est-elle ? Tu en penses quoi ?)

(C’est pire que ce que je pensais. Dans le meilleur des cas c’est une girouette guidée par une obscure raison.)

(Et dans le pire ?)

(Elle est complètement folle ! Il faut que je demande à Sylënn la teneur de leur discussion.)

(Tu penses qu’elle acceptera de te répondre ?)

(Pas sûr, mais elle n’en fera rien si je ne demande pas.)

Visiblement la commandante est seule actuellement. D’un pas rapide, je me rends à son bureau pour avoir le cœur net sur les intentions de la jeune fille. Je m'assure que personne n'écoute avant de prendre parole.

"Que vous voulait la jeune Yürlüngür ?"

Elle détaille longuement mon attitude avant de me répondre qu’elle voulait être payée pour ses services.

(Merveilleux ! Elle l’a déjà démontré la première fois, mais si l’argent l’appâte alors elle n’a de loyauté qu’envers ceux qui peuvent remplir sa bourse.)

(C’est déjà bien, elle n’est pas complètement folle !)

(Ca veut aussi dire qu’elle est prête à tout pour remplir ses poches, peu importe le moyen. Elle pourrait trahir à nouveau les Sindeldi ! Et de quoi sera-t-elle capable si on lui demande de s’occuper des rebelles ? Sylënn doit être au courant de ses agissements et se tenir sur ses gardes !)

Pas vraiment surpris par la réponse, j'en viens à la vraie raison de ma présence.

"Il y a une chose que Sibelle et moi n'avons pas révélée. Lorsque nous étions avec les Rakhaunens, Yürlüngür avait un point de vue... différent. Elle voulait saigner du Sindeldi ! C'est la raison pour laquelle Sibelle m'a demandé de me placer à vos côtés. J'ai été surpris lorsqu'elle a révélé les accès que les nains souhaitent prendre. Alors si vous avez des missions à lui confier, ou si vous êtes seule avec elle...soyez prudente !"

La commandante réfléchit un instant sur ce que je viens de révéler et me remercie de l’avoir prévenue, s’assurant qu’elle ne jouera pas un double-jeu. Puis elle concède que si elle avait des doutes concernant son discours, je viens de lui confirmer ses craintes.

Je suis quelque peu rassuré lorsque j'entends les propos de la commandante et hoche positivement de la tête.

"Dans ce cas je ne vais pas vous faire perdre plus de temps que nécessaire, je voudrais porter mon intérêt sur cette rébellion pour le temps qui m'est alloué." Je commence à partir et m'arrête pour chercher à nouveau le regard de la commandante. "Ne me répondez pas si cela vous dérange mais, qu'elle est cette tension entre vous et le général ?"

Elle me révèle que celui-ci était contre sa nomination et que sa fiabilité, tout comme son égos, ont pris un coup lorsqu’il s’est avéré que l’état d’alerte qu’elle a déclarée en outrepassant ses droits étaient fondés.

(C’est marrant, mais cela me fait d’autant plus la respecter.)

Je ne peux m'empêcher de sourire à l'explication. Je m'incline pour la saluer et quitte son bureau.

(Comment comptes-tu les trouver les révoltés ? C’est pas comme s’ils affichaient clairement leurs hostilités en hurlant « A mort le général ! ».)

(J’ai eu une bonne vision de la ville depuis le dos de Sibelle. Le quartier pauvre devrait être dans l’est de la ville. Commençons par là. Quant à les trouver, c’est eux qui nous trouverons !)

Je quitte la garde militaire et me rend dans les quartiers est de la ville pour une pêche où je serais mon propre appât.

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Yurlungur
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Re: La Garde Militaire de Nessima

Message par Yurlungur » jeu. 21 mai 2020 19:08

...

Le Général semblait décidé à négliger la puissance potentielle des Rakhaunens. Yurlungur se retint de soupirer. Quoiqu'il arrive, elle avait des plans de fuite si jamais ça tournait mal. Il décréta la loi martiale puis indiqua qu'ils allaient incessamment investir les souterrains, les priant gentiment d'être présents pour l'occasion. Cela convenait à la jeune fille. Lorsqu'il fut reparti, Sylënn expliqua en quoi consistait la loi martiale, mais la jeune fille n'en avait rien à cirer. Que croyait-elle ? Qu'une loi martiale, c'était fait pour chanter au milieu de champs en fleur ? Évidemment qu'il pourrait y avoir des morts. Il y en aurait probablement... L'essentiel, c'était de réussir à survivre malgré les circonstances : mais à son sens, le décret de la loi martiale était ce qu'il y avait de plus logique à faire. Sylenn précisa qu'il leur faudrait environ quatre heures avant de lancer l'attaque, et qu'aucun moyen de transport ne leur permettrait de sortir de fuir Nessima avant la bataille.

Puisqu'elle avait fini, l'assassine la suivit jusqu'à son bureau où elle pénétra à sa suite, toquant brièvement pour signaler sa présence, et refermant derrière elle.
Le calcul était simple. Si le Général sous-estimait ses adversaires, il risquait de perdre la bataille, malgré toute son assurance. Dans ce cas, il fallait récupérer la récompense qui lui était due avant ce fâcheux dénouement. Et puis, s'il la remportait, tant mieux ! Elle pourrait à nouveau requérir sa part.

« Madame, j'aimerais toucher une part de la récompense promise pour les mercenaires qui vous sont venus en aide. À moins que vous ne considériez que je ne vous en ai pas apportée ? demanda-t-elle en haussant un sourcil. »

La commandante acquiesça poliment, sortant une bourse d'un tiroir. Le visage de Yurlungur se détendit et un sourire franc y apparut. Ça y est ! À portée de main. Combien y avait-il ? Suffisamment, il fallait l'espérer, pour justifier les sacrifices qu'elle avait fournis jusqu'à présent. Elle s'apprêtait à la récupérer lorsque Sylenn demanda s'il n'y avait rien de plus à dire, conservant momentanément la bourse de son côté.

« Rien de plus ? C'est-à-dire ? »

Elle s'assit tranquillement sur le siège en face. Qu'allait-elle lui reprocher, cette fois-ci ? Sans doute avait-elle reçu un rapport quelconque de Jorus ou Sibelle qui lui indiquait qu'elle était une traîtresse. Classique ! Ils l'abandonnaient derrière sans même lui demander ses plans, puis ils s'affairaient pour la décrédibiliser auprès des Sindeldi. Et dire qu'elle était celle qui apportait le plus de renseignements ! Ce genre de compagnie lui pesait. Personne ne semblait relever à quel point elle était indispensable.

« Qu'est-ce que vous voudriez savoir exactement ? On a quatre heures pour répondre à vos questions. Moi aussi, j'aimerais bien savoir si c'est vrai ce qu'il a dit, l'autre gars, comme quoi vous douteriez du général, la conspiration... Personnellement, je m'en fiche, c'est pas mes affaires, mais si ça peut vous diviser au moment de l'assaut des Rakhaunens, c'est quand même ballot. Ils sont plus dangereux que ce que Gaëren semble estimer. »

Elle la provoquait un peu, pour jauger de ses réactions : naturellement elle resta de marbre, comme à l'accoutumée - mais pourtant, c'était bien ce qu'elle pensait. Elle doutait que la commandante menât dans l'ombre une véritable opération de sabotage pour prendre le pouvoir ; si c'était le cas, elle l'éliminerait d'ailleurs sans le moindre état d'âme ; en attendant, la militaire expliqua posément qu'il était tout à fait possible que la somme considérable d'informations rapportée ait pu être montée de toutes pièces pour les attirer dans un piège. Yurlungur sourit.

« Jorus et Sibelle m'ont abandonnée en arrière parce que Sibelle me déteste. C'est le cas depuis bien plus longtemps que cette seule mission sous votre commandement... Eux n'ont pas accompagné les Rakhaunens jusqu'ici. Ils leur ont clairement indiqué d'emblée de jeu qu'ils ne seraient pas des alliés, ce qui est tout à fait idiot, vous l'admettrez, alors que notre mission était précisément de recueillir le maximum d'informations sur cette menace. Puisque j'étais parmi eux, j'ai décidé de les accompagner et de leur faire croire que j'étais de leur côté, pour rentrer à Nessima tout en suivant ce but de renseignement. Vous auriez sans doute préféré que je reste à Khaz-Kheral et que j'attende sagement l'issue de la bataille ? »

La pointe d'ironie trahissait la tension des dernières heures. Elle changeait de camp pour leur apporter un avantage massif ! Soit, il était naturel qu'on lui demande de se justifier, et au moins Sylenn avait-elle le cran de le lui demander en face. Elle ne la connaissait pas vraiment, elle se méfiait, c'était son boulot... Mais tout de même. Elle jeta un regard à la bourse. C'était une raison de rester calme et réfléchie.

« Oui, les Rakhaunens me faisaient confiance, parce qu'ils estiment la force et que j'ai été en mesure de me débarrasser seule des trois assassins qui s'en sont pris à moi. Ça les a impressionné, je crois. Je vous ai dit ce que je savais : à vous de voir si vous estimez que c'est vraisemblable ou non. »

Elle réfléchit un instant puis proposa :

« Si vous ne comptez pas me payer maintenant, j'exige une récompense deux fois plus élevée que les autres aventuriers à l'issue de la bataille. Ça vous rassurera, peut-être, de voir que les Rakhaunens voudront se venger dès qu'ils me verront ? »

C'était à moitié un coup de bluff, ou plutôt c'était un pari contre la destinée. Quitte ou double ! Ou bien les Sindeldi gagnaient et elle doublait sa mise, ou bien ils perdaient et elle n'avait plus rien. D'un autre côté, ce genre de déclaration pourrait réussir à convaincre la commandante que la jeune fille n'avait pas l'intention de les trahir - pas dans l'immédiat, du moins. Sylenn hésitait visiblement. Elle ne disait rien depuis un moment lorsqu'elle poussa finalement la bourse vers la mercenaire, indiquant la somme qui la composait et la remerciant pour ces informations. Yurlungur sourit et se pencha pour récupérer la bourse.

« Je suis honorée de la confiance que vous m'accordez. Dites-moi donc ce que vous préférez : que j'accompagne les soldats qui iront fouiller les souterrains, ou que je m'en tienne éloignée ? »

La commandante ne donna aucun ordre précis, estimant que, si elle estimait pouvoir être utile, elle ferait mieux de les accompagner effectivement.

« À plus tard alors. »

Elle se leva et, en repartant, se mit à compter les sous dans la bourse, les faisant passer dans la sienne. Enfin renflouée ! Cela avait tardé. Après les événements sur Aliaénon, elle avait décidément trop dépensé. Serait-elle plus raisonnable cette fois-ci ? Probablement pas. Mais elle avait un autre objectif, qui nécessiterait probablement de l'argent, ne serait-ce que pour voyager d'un bout à l'autre de Yuimen récupérer les harpies disparues. Mais à peine fut-elle sortie du bureau de Sylenn qu'une masse énorme lui barra la route.

Énorme et gigantesque. L'ogre en face d'elle la dominait de toute sa stature : quoiqu'il fût facile à atteindre, si jamais elle souhaitait tailler dans le gras avec l'une de ses lames, elle fit un pas en arrière, impressionnée. Il se dégageait de lui de ces auras qui effraient les âmes sensibles et inquiètent les cœurs nobles, et il était taillé dans l'étoffe des grands méchants loups, des sorcières et des monstres. Ceux qui se cachent sous le lit pour terrifier les enfants... Justement, cela avait encore assez d'emprise sur elle pour l'inquiéter. Elle lança quelques regards aux alentours, mais il n'y avait personne pour lui venir en aide : l'ogre avait choisi de la confronter à un moment où ils seraient seuls... Elle peinait à réfléchir distinctement, chercha quelques options de fuite, puis releva son regard vers Gurth von Lasch.
C'était un de ces regards qui ne sont agressifs que parce qu'ils sont menacés, et qui trahissent leur terreur par la fausse fierté qui les domine. Elle ne voulait pas céder, mais, il fallait bien l'avouer, il l'impressionnait - plus que ce qu'elle aurait pu prévoir. Elle glissa précautionneusement sa bourse dans son sac et attendit quelques instants qu'il lui demande si elle était réellement fidèle aux elfes.

Il demandait cela, comme ça, ici ? En plein milieu de la commanderie ! À nouveau, confuse, elle lança un regard aux alentours pour vérifier que personne ne les épiait, mais l'ogre avait bien choisi son moment. Elle releva alors la tête et rétorqua :

« Ils paient bien. »

À lui de deviner le reste. Justement, il avait l'air d'en savoir plus que ce qu'elle avait dit, questionnant sur ce que les Rakhaunens lui avaient fourni comme récompense. Inutile de nier. Elle fit l'effort de sourire malgré son malaise et répondit :

« Les deux paient. Mais les Sindeldi ont des aynores pour rentrer à Nirtim. Et donc ? Ça vous embête ? Ce ne sont pas vos oignons, mais ceux de Sylenn. Si ça vous intéresse tant que ça, vous n'avez qu'à essayer de les trouver, les convaincre que vous êtes un allié avant qu'ils ne vous abattent, puis leur demander quelque récompense. »

Elle cherchait à esquiver la confrontation verbale à coup de quelques provocations de bas étage ; elle cherchait à fuir, et s'engouffrerait dans la moindre ouverture qu'il laisserait paraître. Le géant prit un air méprisant et expliqua qu'il se fichait bien de la récompense, faisant référence aux divinités qu'il servait. Un fanatique ! Elle était bien tombée... Ça ne l'étonnait qu'à moitié. Il devait servir Thimoros, ou peut-être Phaïtos... Mais à son tour il l'insulta, la qualifiant de vénale, avant de lui laisser reprendre son chemin en lui intimant de ne pas lui faire entrave. Mais elle ne comptait pas se laisser dominer ainsi. Elle fronça les sourcils, agacée, puis voulut s'expliquer :

« Vous avez tort. On a bien besoin d'argent, surtout quand on poursuit des objectifs qui ne paient pas directement. Je ne suis pas vénale... je suis pragmatique. »

Voilà une bien jolie justification de toutes ses actions ! Il fallait y croire. Quant à lui, s'il croyait qu'il pouvait lui donner des ordres, il se fourrait un doigt dans l'œil - et le sien était bien boudiné. Elle redressa le menton et conclut :

« Je fais ce que je veux. »

Elle remarqua qu'il secouait la tête, avec un dédain qui fit encore davantage enrager la jeune fille, mais elle repartait et il ne répondait rien de plus. Quelques instants plus tôt, elle était toute contente d'avoir récupéré sa récompense, et voilà que ce paltoquet lui gâchait tout son plaisir ! Elle était en rogne. Il valait mieux ne pas être sur son chemin à ce moment-là : attendre un quart d'heure que ça lui passe aurait été plus raisonnable ; mais les gens sont d'une nature pressée !

Jorus s'approcha d'elle et l'intercepta avant qu'elle n'ait gagné la sortie. Elle lui adressa un regard méchant, comme s'il était responsable de sa mauvaise humeur. Ne pourrait-elle pas se venger sur lui de cet entretien avec Gurth ? D'ailleurs, n'avait-il pas quelque trahison à se reprocher, lui aussi ? Eh, si ! À Khaz-Kheral, il l'avait abandonnée en arrière. Il venait enfin s'excuser ? Très bien. Elle redressa le menton d'un air très fier, croisa les bras et répondit :

« Vas-y. Explique-toi. »

Bien qu'il l'ait laissée toute seule là-bas sans même la prévenir, la jeune fille tenait, un peu, à ce grand dadais. Ils avaient traversé bien des épreuves ensemble : elle imaginait bien que Sibelle, par quelques calomnies, l'avait convaincu de la rejoindre dans ce coup bas, mais elle était disposée à lui pardonner, pour peu qu'il s'excuse. Elle déchanta vite. La seule chose “terrible” qu'il voyait dans son parcours, ce n'était pas qu'elle avait dû s'en sortir seule, mais qu'on l'avait attaquée de nuit. Que croyait-il ? Qu'elle était incapable de se défendre ! Dire que s'il était resté, elle aurait eu à le protéger, sans doute... Pire : à peine éjecté une vague excuse qui ne concernait même pas le tort qu'il avait réellement commis, il mit en doute les propos qu'elle avait tenus. Elle souffla par les narines, essayant de se contenir ; mais ses poings étaient serrés. Elle en avait assez.

« Tu penses que j'ai menti ? »

Il hésita un instant, puis expliqua qu'il était étonné par le retournement de situation, concernant ce qu'elle avait dit aux Rakhaunens. Et donc ! Elle avait dit qu'elle les aiderait ; elle avait aussi dit qu'elle haïssait les Sindeldi, sous le coup de la colère, de la maladie et de l'épuisement. Et il n'était pas capable de comprendre qu'elle avait menti aux nains ? Pendant un instant, elle se trouva triste. Cet ami, elle voyait désormais en lui des éclats de méfiance qui seraient la source d'une inimité future. Tout d'un coup, elle se sentit bien seule. Il n'y avait plus personne, plus personne qui soit capable de la comprendre, plus personne qui soit capable de l'apprécier peut-être.

« J'ai dit la vérité à Sylenn, répondit-elle seulement. »

Il voulait en savoir davantage : à la réunion, lors de son entretien ? Il doutait, vraiment, il estimait qu'elle était suffisamment lâche pour les attirer tous dans un guet-apens. Mais si c'était le cas, elle l'aurait prévenu, au moins lui ! Elle aurait cherché à préserver les quelques rares individus dans cette cité qu'elle considérait encore, il y a quelques minutes, comme des amis... Plus maintenant. Non, elle en avait assez. Elle trépigna et coupa court à la discussion :

« À la réunion, à l'instant, tout le temps ! Si tout ce que tu as à me dire, c'est que tu doutes de moi, adieu. »

Elle n'avait plus envie de lui parler et repartit à toute allure vers la sortie. Elle se contenait pour garder son calme et sa dignité. Des pleurs, ça aurait été du plus mauvais effet ! Il doutait d'elle. Il avait presque raison... Il fallait bien se méfier d'une petite peste comme elle. Mais tout de même, Jorus... Cela la blessait. Était-ce là tout ce qu'il y avait à retirer d'une amitié, des blessures ?

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