L'auberge "Au Bon Pain"

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Yuimen
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L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Yuimen » ven. 29 déc. 2017 12:36

L'Auberge "Au Bon Pain"

Cette auberge est gérée par Bruno Freinlyn, un ancien paysan qui s'est reconverti dans l'accueil aux voyageurs et aux visiteurs, sans oublier les fidèles de Yuimen qui viennent parfois quotidiennement. Ses deux filles l'aident dans la gestion de l'auberge en tenant les places de serveuses et elles sont très appréciées. On y sert de succulents repas et la bière, excellente, est même fabriquée sur place.

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Tanaëth Ithil
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » mar. 1 oct. 2019 11:09

Oryash m'explique que les loups sont sacrés pour elle et qu'elle a eu un woger, jadis, mais qu'un certain Cromax l'a contrainte à s'en séparer, le trouvant trop dangereux. Je hausse un sourcil surpris à ces mots, n'imaginant pas très bien que quelqu'un puisse contraindre de quelque manière que ce soit la farouche humaine. A notre arrivée dans le village, elle est visiblement reconnue par des enfants qui la qualifient de "dame couleur de neige", ce qui me semble somme toute assez approprié. Lorsque je lui propose de partager notre repas à l'auberge et, si elle le souhaite, de nous accompagner à Luminion, elle me rétorque :

"A vrai dire, je comptais chasser. Et je doute que votre garde apprécie que vous rameniez une étrangère parmi vous. Je tiens plus de l'animal que de l'humain en bien des points. Je ne compte pas dormir à l'auberge non plus. L'écurie et la paille feront très bien l'affaire. Pour ce qui est de vous accompagner par la suite, pourquoi pas. Je suis curieuse de voir à quoi ressemble Luminion."

Il me faut quelques secondes d'observation attentive pour réaliser avec une totale incrédulité qu'elle ne semble pas plaisanter le moins du monde. Réfrénant un éclat de rire, je ne tiens pas à la vexer, je lui réponds avec, toutefois, un sourire trahissant passablement mon amusement :

"Dormir à l'écurie? Vous n'y pensez pas sérieusement, j'espère? Ce serait faire bien peu de cas de ma fierté d'emplumé de cour, que de croire que je vais laisser une dame qui m'accompagne dormir sur la paille. Et vous chasserez demain, pour ce soir nous allons enrichir éhontément ce brave aubergiste et profiter de son excellente cuisine."

Arrivés dans la salle de la modeste mais confortable auberge, j'entraîne Oryash jusqu'à la grande table où sont installés les sept membres de ma garde et fais les présentations :

"Chers amis, je vous présente Oryash, qui va faire un bout de route avec nous. Oryash, je vous présente ma cousine Elzekiël'tar Ithil, commandante de ma garde. Voici Setaya, soldate venant du monde de Sor-Tini, Aïlann, maître d'armes récemment revenu de ce même monde. Voilà Tylëas, maître d'armes également, anciennement au service de la reine de notre royaume. Cërethil, soldat de son état, Lydiël Keldanor, tireuse d'élite originaire de l'Anorfain, et Illays'tar Enoure, notre éclaireuse."

Tous saluent aimablement Oryash, l'observant avec curiosité et intérêt, puis Tylëas remarque :

"Une Phalange de Fenris sur Nirtim? Voilà qui n'est pas courant. J'ai eu l'occasion d'admirer la grande bravoure de votre peuple, voilà de cela quelques années, sur Nosvéris. Soyez la bienvenue parmi nous."

Quant à ma magicienne de cousine, après avoir dévisagé quelques instants Oryash elle m'adresse un sourire ambigu et persifle d'un ton ironique :

"Eh bien, cher cousin, je vois que les rumeurs sont fondées : on te laisse seul cinq minutes et tu te dégottes une belle femme. Il va falloir que je te surveille mieux à l'avenir."

"Rêve toujours, cousinette, même mes parents ont renoncé, c'est dire", lui rétorqué-je avec un sourire en coin, me demandant néanmoins qui pourrait bien avoir l'audace de répandre des rumeurs aussi infondées sur moi.

(Infondées? J'aurais dit trois minutes, moi...), minaude ma Faëra, toujours prête à en rajouter une couche sur ce sujet.

(Hooo, tu ne vas pas t'y mettre aussi?!)

(Je vais me gêner, tiens), ricane-t-elle.

(C'est mesquin de me renvoyer ça...)

(Mais tellement mérité!)

(N'importe quoi!)

Cërethil s'empresse d'ajouter une chaise à l'attention de l'humaine puis, dès que nous sommes installés, l'aubergiste entreprend de nous servir un plantureux repas accompagné de la savoureuse bière maison et, honorant en cela le nom de son auberge, un excellent pain encore chaud du four. Malgré la précédente réticence d'Oryash à répondre à mes questions, ma curiosité insatiable prend le dessus et je me risque à lui demander :

"Parlez-moi un peu de votre peuple, voulez-vous? C'est la première fois que j'entends ce nom de Phalanges de Fenris, j'aimerais en apprendre un peu plus. Sur vos coutumes, votre mode de vie, vos croyances, par exemple..."
Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
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Oryash
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » mar. 1 oct. 2019 21:27

Précédemment : Que de propositions


Alors que Oryash expliquait à Tanaëth qu'elle comptait chasser et dormir dans l'écurie, il afficha un sourire qui sembla un rien moqueur à la peau blanche et avant même qu'elle n'est le temps de relever ce détail, il l'informait qu'il était hors de question que la Dame qui l'accompagnait dorme dans la paille et ne chasse pour se sustenter. Avant même pouvoir de réagir, la voici entraînée à l'intérieur de l'auberge où la garde du Sindel déjà attablée l'attendait.

Le gris eut tôt fait de faire les présentations, passant un à un ses compagnons de route dont Oryash eut du mal à retenir les noms, certain ayant une prononciation pour le moins complexe. Après tout, elle n'était pas elfe et ne maîtrisait pas les subtilités de leur langue.
Lorsque l'un d'eux s'étonne de trouver une Phalange de Fenris sur Nirtim, elle pose ses prunelles sur lui avant de répondre.

" Merci de votre accueil et de cette remarque concernant mon peuple, Tyla... Tylëas. "

Oryash se sent scruter dans les moindre détails et le regard de la cousine du gris ne fait qu'accentuer son malaise. Puis voici que tout à coup cette dernière chahute son cousin, précisant qu'il a le don de dégoter de belle femme et qu'il fallait qu'elle le surveille. Un léger froncement de sourcil s'affiche sur le visage d' Oryash ayant l'impression d'être un trophée de plus au tableau de chasse du Sindel. Ainsi donc cet individu collectionnait les femmes.

Lorsqu'une chaise est tirée afin qu'elle prenne place, elle s'installe, mais ne se sent pas à sa place parmi eux. L'aubergiste s'empresse de les servir. Ca sentait très bon, il fallait bien l'avouer et la faim gagna la guerrière. Elle stoppa l'aubergiste alors qu'il s'apprêtait à déposer une choppe de bière devant Oryash.

" Du lait. Pas de bière. Juste du lait." 

Elle tendit la main vers le plat de viande et choisit la moins cuite dans lequel elle croqua à pleine dent alors que Tanaëth lui demandait de parler de son peuple et de leurs coutumes. Elle arracha un morceau de viande sauvagement tout en le fixant et avala la nourriture. Elle s'essuya la bouche d'un revers de la main avant de lui répondre en soupirant comme si lui répondre lui coûtait.

" Nous vivons pour la plupart sur Nosvéris et plus précisément dans les Monts Éternels. La vie de la meute y est rude et nous devons lutter chaque jour afin de survivre. On nous apprend cela très tôt. Enfant, les premières années de notre existence nous sommes choyés par le couple dominant, mais dès que nous sommes en capacité de marcher, parler et avoir des réflexions simples, on est complètement abandonné à notre sort et on doit vite apprendre à chasser et faire la guerre si on veut survivre. Seul les plus forts s'en sorte. Si un enfant naît avec des fluides, il est tué ou exilé et la mère punie.
On habite dans des yourtes construites en bois et en peaux de bêtes. L'intérieur est rudimentaire, des peaux de bêtes sur lesquels nous dormons et quelques meubles en bois."
 

Alors qu'elle parlait de tout cela, une certaine nostalgie s'empara d'elle, mais elle la chassa très vite avant de poursuivre.

" Nous vénérons Fenris, homme avec une tête et une queue de loup. Il représente à lui seul les notions de survie, de combat, de vie et de mort, de nature, de hiérarchie et de chasse pour mon peuple. Il n'est ni bon ni mauvais . Il est là autour de nous et cela nous suffit. "

Elle réfléchit un instant à ce qu'elle pourrait ajouter. 

" Sinon nous sommes surtout connus pour être des guerriers furieux et sanguinaires. Il est dit que nous allons au combat dans une rage à en terrifier un garzok, accompagnés de loups tout aussi féroces. En fait, il s'agit d'une symbiose entre un clan et une meute de loup pour ne former plus qu'un. Notre culture toute entière est basée sur la manière de vivre des loups." 

Elle mord à nouveau dans la viande, l'engloutissant rapidement, sans se soucier d'attirer des regards sidérés devant le manque de manière dont elle faisait preuve.


Suivant: En route pour le Castel de Luminion
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Tanaëth Ithil
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » mar. 17 déc. 2019 17:15

J'émerge lentement, l'esprit cotonneux comme après une méchante cuite. Je distingue, sans vraiment le voir, le décor qui m'entoure. Avec une impression perturbante de... décalage, de plus en plus aiguë alors que mes paupières, lourdes comme des pans de velours amidonnés, daignent finalement s'ouvrir davantage. Je me trouve dans une modeste chambre, d'auberge sans doute à en juger par son côté impersonnel. Ce que je fais là, comme je suis arrivé en ce lieu, je l'ignore. De vagues souvenirs me reviennent, troubles, accompagnés de la sensation désagréable d'avoir fait fausse route, de m'être perdu sur un chemin où je n'avais pas ma place. Que je n'aurais jamais dû emprunter, si j'avais seulement eu le bon sens d'écouter mon instinct. Mais qu'importe, s'il y a une chose que je sais, c'est que le pouvoir de ma cape a fait son office, un peu trop bien peut-être car des dernières semaines il ne reste qu'un grand flou ; une période grise d'incertitude dont la compréhension échappera à tous et pour toujours, à la manière d'un mauvais rêve qui se dissipe dès le réveil.

Une chambre d'auberge, donc, quelque part, en un temps indéfini avec, sur mon bras, un poids inhabituel. Et contre mon corps, une sensation étrange de... fraîcheur. Mes pensées erratiques soubresautent alors que je tourne lentement la tête pour découvrir la cause de ces bizarreries : une femme à la peau couleur de neige est lovée contre moi. Si froide que la première idée qui me vient, saugrenue, est qu'elle est morte. Mais non, je sens son souffle contre mon cou, les lents mouvements de sa poitrine engendrés par sa respiration. Une seconde plus tard, un déclic se fait en mon esprit alors que je la reconnais, et je murmure avec une totale incompréhension :

"Oryash?! Qu'est-ce que..."

Je m'interromps là, subitement conscient de l'idiotie de la question que j'allais poser. Que peuvent bien faire deux adultes, nus comme au jour de leur naissance, ensemble dans un lit ? Oui, seulement... je ne me souviens de rien, et ça, c'est tout de même un brin dérangeant. Ai-je été drogué? Mais par qui, et pourquoi ? Pas par elle sans doute, elle n'avait aucun besoin de ça pour... hum, bref. Attendre qu'elle s'éveille à son tour, donc, peut-être pourra-t-elle m'expliquer ce qui est arrivé ?
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Oryash
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » mar. 17 déc. 2019 21:41

Précédemment: Prise de conscience (Sortie de l'évent de fer et de sang)


Oryash s'enlisait dans un songe bien déplaisant, se débattant pour en sortir. Elle ressentait une étrange sensation, et puis soudain au loin , son nom prononcé dans une interrogation. Qui pouvait l'appeler de la sorte ? Elle bougea légèrement et sa jambe rencontra un corps chaud, ce qui la fit tressaillir légèrement.
Machinalement, ce contact, la fit entre ouvrir les yeux. Le regard encore embrumé de sommeil, elle se frotta les yeux avant de prendre conscience qu'un mal de tête lui vrillait les tempes.
Elle se rendit alors compte qu'elle était couchée contre un homme pour ne pas dire enlacer à lui. Elle se redressa subitement à demi, le drap glissant sur sa peau nue. Ses prunelles rouges s'écarquillèrent de stupeur en constant de qui il s'agissait.

" Tanaeth ! Par Fenris que... "

Elle porta une main à sa tête, grimaçant...

" Qu'est-ce qui s'est passé ? "

Elle se souvenait avoir pris un verre en sa compagnie, puis un autre et un autre, mais après, le vide total. Elle avait surtout la sensation que cela s'était passé il y a des semaines. Alors que faisaient-il là ? Maintenant ? Avait-elle pris une cuite en sa compagnie la veille au soir seulement ? Elle posa un regard interrogateur sur lui, afin d'obtenir d'éventuelle réponse, parce qu'elle était incapable d'en fournir pour sa part.


Suivant: Questions sans réponses
Modifié en dernier par Oryash le ven. 20 déc. 2019 21:10, modifié 3 fois.
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Tanaëth Ithil
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » ven. 20 déc. 2019 13:03

La Phalange se redresse subitement, faisant ainsi glisser le drap qui la couvrait et me dévoilant par là même un spectacle qui me fait songer que j'ai finalement connu des réveils plus désagréables que celui-ci. Aussi surprise que moi par la situation, à en juger par ses prunelles qui s'écarquillent en me découvrant à ses côtés, elle me demande ce qui s'est passé en se palpant le crâne comme si elle avait une bonne migraine. Retrouvant un peu de mon humour, je hausse un sourcil et lui rétorque d'un ton faussement vexé :

"Eh bien, cette folle nuit t'a marquée je vois, ça fait toujours plaisir..."

Un instant plus tard, j'ajoute plus sérieusement, et pensivement :

"Je n'en sais rien, en fait, j'espérais que tu pourrais me l'expliquer. La dernière chose dont je me souviens..."

Qu'est-ce au juste? Une armée de Nains dans les montagnes ? Non, il y a eu quelque chose après, mais quoi ? Une image me revient, imprécise, d'odieux arachnides semblant faits de métal, issus de je ne sais quel monde saugrenu car rien de ce que je connais ne saurait expliquer leur existence sur ce monde. Les aurais-je vues sur Izurith que cela ne m'aurait pas surpris outre mesure, leur technologie d'un autre temps les aurait rendues presque... banales. Mais ce monde n'est plus, ai-je appris depuis, alors quoi ? Et que s'est-il passé ensuite ? Comment suis-je passé de cette "vision" décalée à cette chambre dans laquelle nous nous trouvons ? Y'a-t-il eu un combat, ai-je été assez gravement blessé pour sombrer dans l'inconscience ? Apparemment pas, j'ai beau m'étirer précautionneusement, à tout hasard, je ne sens rien, pas la moindre douleur. Finalement je complète, un peu perplexe :

"Il y avait des sortes d'araignées de métal. Après ça... plus rien."


Ou presque car, peu à peu, les brumes qui ont envahi mon esprit s'écartent et je me souviens d'une chose : la guerre. C'était la guerre. Luminion était attaquée, entre autres par ces... choses. Pourquoi alors ne les ai-je pas exterminées, pourquoi ne suis-je pas aux côtés du Duc, lames à la main ?

(Parce que ce n'était pas ton combat), murmure soudain Sindalywë.

(Quoi? Pourquoi ça ?)

(Il y a des chemins sans issue, Tanaëth, des voies absurdes qui ne mènent nulle part. Oaxaca peut lever dix armées comme celle-ci, plus peut-être, faire sortir de nulle part autant de créatures, de machines insensées, qu'il y a de feuilles dans la Sylve des Premiers Âges. Aucune victoire n'est possible contre ça, du moins pas en affrontant ses innombrables laquais.)

(Mais personne ne peut lutter contre elle. Ni contre son dragon, ni contre ses généraux immortels... alors quoi? La laisser libre d'envahir tout ce qu'elle veut comme elle veut ?)

(As-tu le pouvoir de l'empêcher?)

Non... non, sans doute pas, même si le reconnaître engendre en moi une profonde amertume. Je ne suis qu'un simple guerrier, un combattant comme la Noire en possède des milliers. Je pourrais en tuer beaucoup, certes, et pourtant ce ne sera jamais assez. A bien y réfléchir, cela revient à espérer assécher un fleuve en y puisant de l'eau avec une gourde. Ça n'a aucun sens. Rien n'en a plus, en réalité, si tant est qu'il y en ait déjà eu un. Pourtant, il faut bien trouver un sens à sa vie, sans quoi il ne reste qu'à s'asseoir et à attendre qu'elle passe. Et quel sens pourrait bien avoir la mienne si je ne me dresse pas contre l'ennemie de mon peuple? Je n'en ai pas la moindre idée, pour l'heure. Je me sens... vide. Vide d'avoir suivi un but fallacieux, vain et creux, absurde. Je soupire doucement et demande à Oryash, prunelles rivées aux siennes :

"Et maintenant... on fait quoi?"
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » ven. 20 déc. 2019 21:08

Précédemment: Réveil à l'auberge


A demi assise sur le lit, Oryash fixait Tanaëth, ne comprenant toujours pas comment ils avaient pu en arriver à se retrouver nus dans un lit, dans cette auberge? Le mystère demeurait entier. Aussi lorsqu'il eut quelques paroles ironiques, elle eut un léger sourire en coin et lui répondit du tac au tac.

" Effectivement c'est ennuyeux. Ta virilité doit en prendre un coup."  

Puis elle rit alors qu'il reprend son sérieux et elle se masse les tempes.

" Je me souviens des araignées aussi et du feu qu'elles crachaient . J'avais du mal avec la chaleur , que je suis partie. Après il y a eu l'auberge, des verres qu'on a bu... mais …. c'était il y a des semaines tout ça, non ?
Et puis nous voilà dans ce lit, nus comme des vers. Tout est confus. Peut-être que l'aubergiste serait nous dire quand on est arrivé ?"
 

Elle regarde autour d'elle dans la chambre et remarque deux ou trois petites choses qui laissent à penser qu'ils sont là depuis quelque temps. Des affaires soigneusement rangés, des armes nettoyées, des fourreaux cirés.

"Tu crois qu'on est resté là tout ce temps à forniquer dans cette chambre ? On s'en souviendrait , non ? Un sortilège ?" 

Tant de question qui ne trouvaient de réponse pour le moment. Son regard revient se poser sur le Sindel quand il lui demande ce qu'ils faisaient maintenant. Une étincelle passa dans les prunelles de la peau blanche et sa main gauche glissa sur le torse de Tanaëth.

"On devrait..." 

Elle se penche sur lui et murmure à son oreille.

"Prendre un bain et aller manger. A moins que tu n' ais une autre suggestion, vu que cette nuit ne semble pas m'avoir marqué comme tu l'as dis." 

Voici qu'elle se jouait de lui à présent.


Suivant: Quand la louve veut, elle prend...
Modifié en dernier par Oryash le mar. 24 déc. 2019 17:36, modifié 1 fois.
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Tanaëth Ithil
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » mar. 24 déc. 2019 12:24

La Phalange sourit ironiquement lorsque je remarque en plaisantant que la nuit ne l'a pas marquée. Elle me rétorque que c'est en effet ennuyeux et que ma virilité doit en prendre un coup, ce que je feins de confirmer d'un soupir désabusé à peine trahi par un léger sourire au coin des lèvres. Elle ajoute se souvenir d'araignées cracheuses de feu, ce qui l'aurait gênée au point de tourner les talons, puis de cette auberge où nous aurions bu des verres. Mais cela remonterait à des semaines selon elle et, pas plus que moi, elle ne parait vraiment comprendre ce que nous faisons tous deux dans ce lit, nus qui plus est. Elle se demande ensuite si nous avons passé tout ce temps à "forniquer", évoquant un possible sortilège nous ayant brouillé la mémoire.

Alors que je réfléchis à la question, cela n'ayant rien d'impossible au fond, en lui demandant ce que nous allons faire maintenant, elle me dévisage avec une étrange lueur au fond des yeux avant de glisser une caresse provocante sur mon torse en murmurant à mon oreille que nous devrions aller prendre un bain et manger... à moins que j'aie une autre proposition à lui faire, la dernière nuit n'ayant pas été inoubliable. Faisant mine de réfléchir à la question avec le plus grand sérieux, je laisse ma main folâtrer le long de son dos, ne l'arrêtant qu'une fois parvenue au creux de ses reins pour remarquer avec un sourire en coin :

"J'aurais bien une autre idée, mais il me faudrait une autorisation en bonne et due forme."

Avec un léger rire, je l'attire sensuellement contre moi, la laissant néanmoins libre de se dégager aisément, et ajoute :

"Quitte à prendre un bain, autant que ça en vaille la peine, non?"

Sans doute devrais-je essayer de comprendre ce qui est arrivé, m'enquérir de mon Ithilartëa et de ma garde, au lieu de baguenauder de la sorte. Mais je ne vis qu'au présent et le moins que l'on puisse dire c'est que la situation est troublante, et la Phalange trop désirable pour passer à côté de l'occasion. Si tant est que c'en soit réellement une, car je sais qu'elle n'aime rien tant que jouer avec le désir des mâles. Qu'importe, au pire il restera toujours l'option du bain glacé...
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » mar. 24 déc. 2019 17:34

Précédemment : Questions sans réponses


Les doigts d'Oryash se promenaient lascivement sur le torse de Tanaëth, en caresses de plus en plus sensuelles, un balai incessant qui laissait supposer bien des choses. Mais tout ça n'était-il pas qu'un jeu après tout ? Peut-être que oui , peut-être que non ? Bien difficile à dire avec elle.
Voici que lorsqu'elle murmure à l'oreille du Sindel, ce dernier laisse s'égarer une main dans le dos de la peau blanche, la laissant vagabonder librement jusqu'à ses reins.

Une question est alors posée et elle le dévisage un instant avant qu'il ne l'attire contre elle, lui soufflant que quitte à prendre un bain autant qu'il en vaille la peine. Elle laisse échapper un léger rire se positionnant à califourchon sur lui. Il semblait qu'il venait d'obtenir la réponse la plus claire qui soit.
Elle laissa courir ses doigts audacieux sur le corps de Tanaëth , ne cessant de le caresser. Descendant toujours plus bas jusqu'à ce qu'une de ses mains ne disparaisse sous le drap, allant saisir doucement l 'objet de sa quête.
C'était peut-être une folie de se livrer à la luxure avec lui, mais à ce moment là, Oryash s'en moquait royalement. Elle ne voulait rien d'autre que sentir le souffle de Tanaëth sur sa peau et ses mains parcourir son corps.

" Je crois que cela me plairait de voir à quel point tu peux me faire l'amour, Tanaëth. " 

Elle se penche alors et s'empare de ses lèvres, le mordant juste assez pour avoir le gout du sang dans la bouche, tandis que sa main s'active plus bas, semblant vouloir le pousser à bout.


Suivant: Alors on peut faire....
Modifié en dernier par Oryash le dim. 29 déc. 2019 17:17, modifié 2 fois.
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » dim. 29 déc. 2019 12:58

Le bain glacé ne sera pas pour tout de suite à en juger par la réaction d'Oryash, qui rit en se mettant à califourchon sur moi et rivalise d'audacieuses caresses tout en murmurant qu'elle croit qu'elle aimerait bien voir à quel point je peux lui faire l'amour.

"Dansons, alors", lui réponds-je d'un souffle, puis cillant tout aussitôt car la sauvageonne vient de me mordre la lèvre au sang.

Et nous dansons, au gré de rythmes anciens comme le monde, animaux presque, ou de lentes mélopées amples et profondes comme l'océan. Oublieux du temps qui passe, de l'endroit où nous nous trouvons, jusqu'à ce que nos corps demandent grâce, alanguis sur les draps froissés. Je la revois alors, cette flèche que j'ai décochée, trait meurtrier qui n'a pas seulement éteint la vie d'Illays, mais aussi une part de mon âme. J'aurais dû essayer de la protéger, de la ramener, quel qu'en soit le prix.

(Tu aurais perdu la vie.)

(Je sais. Mais j'aurais gardé mon âme.)

(Ombre et Lumière, Bien-Aimé, peut-être fallait-il que tu vives cela pour apprendre. Pour...devenir.)

(Devenir? Devenir quoi, Sindalywë ? Un meurtrier ? Un traître ?)

(Tous les guerriers sont des meurtriers, Tanaëth. Et ce n'est pas trahir que de refuser d'arpenter un chemin que d'autres veulent tracer pour toi. C'est par ta seule volonté que tes lames se meuvent.)


(Tu n'as pas répondu à ma question. Qu'as-tu en tête encore ? Tu voulais que je devienne Danseur d'Opale, puis la Lame du Crépuscule, je le suis devenu et...tout ce que j'ai accompli c'est... prendre des vies de Sindeldi. Ici, dans le désert de Sarnissa, à Nessima... je suis censé les protéger et au lieu de ça... Je suis en train de me perdre, Sindalywë.)


(Parce que tu ne veux voir que la Lumière. Tu voudrais être le "sauveur" de ton peuple, devenir une version idéalisée de cet ancêtre que je t'ai montré. Mais ce n'est pas ainsi que les choses fonctionnent, Tanaëth. Tu n'es pas lui, et Sithi est aussi faite d'Ombre.)


(Arrête ton charabia ésotérique, qu'essaye-tu de me dire, concrètement ?)

(J'essaye de te dire que faire des erreurs est inévitable. Qu'elles sont nécessaires, même, parce que contrairement aux réussites elles engendrent des remises en question. J'essaye de te dire aussi d'être toi-même, plutôt que de vouloir être un Sindel mort depuis vingt mille années. Et arrête de te morfondre, tu devrais savoir que ça ne sert à rien, depuis le temps. Lève-toi et agis !)

Elle en a de bonnes Sindalywë, parfois. Agir, oui, mais où ? Et comment ? Quant à être moi-même, qu'est-ce que ça veut dire au juste? Ces souvenirs qu'elle m'a montré, cet ancêtre avec lequel elle a vécu comme elle le fait maintenant avec moi, tout cela fait désormais partie intégrante de moi. Je n'ai pas rêvé ces scènes, je les ai vues. Vécues. J'ai senti dans ma chair le contact de la main de Sithi, voilà des millénaires de cela. J'ai senti sa main sur moi voilà quelques années de ça, sur ce monde inconnu où elle demeure. Mon corps n'est âgé que d'un peu plus d'un siècle, mais mon âme, elle, a vécu tant de vies que ma raison en vacille. La plupart du temps je n'y pense pas, je vis au présent ou du moins j'essaye. Mais, parfois, des flots d'images, de sons, de souvenirs, m'assaillent, sans fin. Je me rappelle d’innombrables combats, d'un nombre incalculable de guerres oubliées de tous dont certaines se sont déroulées sur des mondes qui, aujourd'hui, n'existent plus. Je me souviens d'une infinité de visages, sans pouvoir remettre un nom dessus la plupart du temps. Ce n'étaient que des ennemis, des obstacles sur ma route, pour beaucoup. Des obstacles qui m'ont tué, aussi, tant de fois... tant de fois... la mort est partout dans ces souvenirs, je la donne et je la subis, encore, et encore...

(TANAËTH !)

Le hurlement de ma Faëra me ramène sans douceur au présent. Ce n'est pas moi qui ai vécu tout cela. Ce n'est pas moi, ce n'est pas ma vie. Je contemple pensivement la femme allongée contre moi, puis mon armure, mes lames, méticuleusement alignées contre un mur de la chambre, prêtes à répandre la mort, encore. Et encore.

(Tanaëth, bon sang! Assez!)

(Tout va bien. Tout va très bien.)

La sérénité n'est qu'une question d'équilibre. Et l'équilibre est par essence précaire, impermanent. Je m'étire de tout mon long puis demande à Oryash :

"Et maintenant ? Que fait-on ? Après le bain et le repas, j'entends. On bouge d'ici ?"
Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
(Aung San Suu Kyi)

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Oryash
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » dim. 29 déc. 2019 17:11

Précédemment : Quand la louve , veut, elle prend...


Tanaëth et Oryash avaient donc dansé, tant et si bien que les clients des chambres voisines, devaient être aux premières loges et leurs lanceraient sans doute des regards courroucés ou envieux quand ces deux là, montreraient le bout de leur nez.
Délicieusement alanguit contre le Sindel, la peau blanche ne semblait pas désireuse de sortir du lit. Seulement l'exercice ça donnait faim et Oryash commençait à en ressentir les effets. Au bien sûr, elle aurait bien remis le couvert d'une autre façon, mais elle doutait que son partenaire de jeux, soit en état. A bien le regarder, elle ne l'avait pas épargné. Morsures, griffures plus ou moins profondes, elle s'était lâchée, peut-être même un peu trop. Elle passa un doigt sur une des griffures en question.

" Après le bain et le repas.."

Une légère moue ,avant de s'asseoir sur le lit.

" Oh... j'avais pensé que... "

Un léger rire avant d'arborer un sourire malicieux.

" On fait quoi ? On mange car je meurs de faim. Le bain attendra un peu. Quant à la suite, l'idée de mettre un coup de pied au cul à l 'empire Oaxaca ne serait pas pour me déplaire. Après tout, la plupart de leurs troupes sont ici . Ou alors on pourrait partir sur un autre continent, histoire de changer d'air. . Se rendre sur Nosvéris, qui m'a vu naître. Il y a sans doute des choses à faire là-bas."

Son regard rouge plonge dans les prunelles de Tanaëth.

" Alors partant pour l'une des deux propositions. A moins que tu n' ais envi de remettre ça !"


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Modifié en dernier par Oryash le sam. 4 janv. 2020 11:21, modifié 1 fois.
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Tanaëth Ithil
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » mer. 1 janv. 2020 18:10

Plutôt que de répondre immédiatement à ma question, la Phalange passe un doigt sur l'une des griffures qu'elle m'a infligées durant nos jeux tumultueux. Elle ne m'a pas épargné, j'ai un peu l'impression de sortir d'un rude combat et de ne pas en être sorti tout à fait indemne, mais qu'importe, ce ne sont jamais que quelques estafilades insignifiantes en regard des blessures qu'il m'est arrivé de subir par le passé. Alors que je la contemple songeusement, Oryash s'assied et sous-entend malicieusement qu'elle remettrait bien le couvert avant de déclarer que le bain attendra car elle est morte de faim.

Plus sérieusement, elle ajoute qu'elle n'aurait rien contre l'idée de botter le derrière d'Oaxaca, sur Nirtim si je comprends bien car elle remarque qu'après tout, la plupart de ses armées doivent être ici. Elle enchaîne avec une autre proposition, celle de changer d'air en allant, par exemple, sur Nosvéris, sa terre natale, où elle pense qu'il y aurait bien des choses à faire. Rivant ses sanglantes prunelles aux miennes, elle me demande si je suis partant pour l'une de ces deux options, à moins bien sûr, conclut-elle, que je n'aie envie de remettre "ça"... Un très discret sourire aux lèvres, je lui rétorque avec un feint sérieux en palpant délicatement une trace de morsure :

"On va peut-être commencer par le repas, mmh? Mes chances de survie seront meilleures."

Laissant échapper un léger rire, je me lève fluidement et vais observer le village depuis la fenêtre de la chambre, le temps de mettre un peu d'ordre dans mes pensées. Après quelques instants, je refais face à la Phalange et lui réponds :

"Nosvéris. Pourquoi pas, je ne suis jamais allé sur ce continent. Mais je sais que mon peuple entretient des relations diplomatiques cordiales avec le Domaine de Sinenfain. Nous pourrions aller à Lebher, rencontrer l'un ou l'autre dirigeant et voir s'il y a moyen de nous rendre utiles. A moins que tu ne préfères revoir les tiens, dans les montagnes?"

Impossible de prévoir un quelconque plan en l'état de mes connaissances mais, sur Nosvéris, nous pourrions peut-être reprendre l'initiative, agir plutôt que réagir. A voir sur place, dans tous les cas changer d'air me semble être une bonne idée. Et puis, ce sera une occasion d'avoir une vision plus globale des forces d'Oaxaca et de la situation générale, ce qui ne peut que nous servir.
Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » sam. 4 janv. 2020 11:18

Précédemment : Alors on peut faire....


Toujours allongé sur le lit, Tanaëth semble bien songeur et met un certain temps à répondre à la peau blanche. Précisant qu'il serait peut-être plus judicieux de se restaurer sans quoi il ne donnait pas cher de sa peau avant de rire et de se lever. Cela attira un léger sourire carnassier sur les lèvres de la peau blanche.
Elle le suit du regard alors qu'il gagne la fenêtre, pour jeter un œil à l'extérieur. Sans doute la population du village est-elle déjà à vaquer à ces occupations journalières. Il ne semble pas contre l'idée de se rendre sur Nosvéris , précisant que son peuple a une bonne entente avec le Domaine de Sinenfain et qu'ils peuvent même pousser jusqu'à Lebher et proposer leurs services aux dirigeants.
Lorsqu'il évoque le fait qu'elle pourrait revoir les siens, Oryash émet un grognement féroce avant de bondir du lit et de s'habiller.

" Je ne souhaite pas revoir les miens, auquel cas, je serai dans l'obligation de me mesurer à mon ancien chef de meute pour lui faire payer ce qu'il m'a fait endurer. C'est la seule solution qui s'offre à moi , si je décide de retourner là bas. A moins qu'il est perdu son titre d' alpha, ce qui changerait beaucoup de chose."

Elle achève d'enfiler son bustier, en ajuste le laçage avant de passer ses autres vêtements puis ses bottes et le son équipement.

" Après je t'avoue que retourner sur Nosvéris ne serait pas pour me déplaire et avec un peu de chance je pourrais tomber sur mon Wogger ,s'il est encore de ce monde." 

Fin prête, elle met les mains sur les hanches dans un déhanché pour le moins provocateur.

" Tu comptes aller manger dans cette tenue ? Non que cela me dérange, mais je ne suis pas certaine que le tenancier et les clients apprécient."  

Un petit clin d'oeil avant de se diriger vers la porte.

"Je descends et m'occupe de nous faire servir un bon repas et préparer un bain chaud. Après ça, on sera plus à même de prendre un réelle décision." 

Elle quitte alors la chambre.


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Modifié en dernier par Oryash le lun. 13 janv. 2020 20:49, modifié 1 fois.
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » jeu. 9 janv. 2020 21:42

Lorsque je demande à Oryash si elle souhaiterait revoir les siens, elle bondit hors du lit en grognant férocement avant de me rétorquer que cela l'obligerait à se confronter à son ancien chef de meute, afin de lui faire payer ce qu'il lui a fait subir par le passé. A moins, ajoute-t-elle, qu'il ait perdu son titre d'Alpha, ce qui changerait notablement la donne. Tout en s'habillant, elle déclare ensuite qu'elle ne serait néanmoins pas contre l'idée de retourner sur ce continent, où elle pourrait éventuellement retrouver son Woger s'il est encore vivant. Compte tenu de ce qu'elle m'a raconté de son passé durant ces dernières semaines, je ne peux que comprendre son désir de vengeance. Peut-être une telle confrontation serait-elle pour elle le moyen de tourner cette sombre page, comme je l'ai moi-même fait en éliminant Averenn, l'Ithilauster responsable de la déchéance de ma Lignée. Seulement, si j'ai bien compris ce qu'elle m'a expliqué sur les moeurs de son peuple, elle ne pourra utiliser sa magie dans ce règlement de comptes, pas sans se mettre toute la tribu à dos. Privée de cet atout, serait-elle en mesure de vaincre ce chef de meute ? Et si oui, comment réagiraient les Phalanges? La considéreraient-ils comme leur nouvelle cheffe ou, au contraire, se retourneraient-ils contre elle ?

Alors que je m'interroge, Oryash achève de se vêtir et, toujours provocante, me demande si je compte aller manger nu comme un ver ce qui, précise-t-elle, n'aurait rien pour la déranger mais serait possiblement un peu moins bien perçu par le tenancier et les clients. Avec un clin d'oeil, elle ajoute en quittant la chambre qu'elle se charge de nous faire préparer un repas et un bain chaud, après quoi nous serons plus à même de prendre une décision. J'opine d'un léger hochement de tête et lui réponds songeusement :

"J'arrive."

Une fois la porte refermée derrière elle, je demande à ma Faëra :

(Tu sais où sont les membres de ma garde? Et Sinwaë?)

(Ta garde est toujours à Luminion, et Sinwaë doit être en train de somnoler dans la salle commune de l'auberge.)

(Bien... merci.)

Savoir que mon Ithilarthëa est dans les parages me rassure, je craignais qu'il ne soit demeuré dans les parages de Luminion, ce qui m'aurait contraint à y retourner afin de le retrouver. Quant à ma garde, désormais réduite par la perte d'Illays, j'ignore encore ce qu'il convient de faire. La laisser à Luminion pour soutenir le Duc et défendre notre commanderie si besoin? Lui demander de me rejoindre et l'emmener avec nous sur Nosvéris? La renvoyer au Naora pour qu'elle protège Sylënn, ainsi que j'en avais l'intention à l'origine?

(Tu en penses quoi Sindalywë?)

(J'en pense qu'Oryash a raison, tu réfléchiras mieux l'estomac plein.)

(Moui, sans doute...) lui réponds-je sans conviction tout en m'habillant. Rarement je me suis senti aussi indécis, un peu comme un voyageur se retrouvant à un carrefour dans une région dont il ignore tout et ne sachant quelle route choisir. Des années durant je me suis focalisé des buts bien définis et, bien que les questions n'aient pas été absentes, je savais globalement où j'allais, ce qu'il convenait de faire. Mais j'ai en quelque sorte atteint la fin de cette danse ou, plutôt, mon départ abrupt de Luminion y a mis un terme que je n'avais jamais envisagé. Aurais-je dû poursuivre le combat, malgré le sentiment de ne pas y être à ma place? Non, ainsi que je l'ai dit au Duc, dans une armée je ne suis qu'un soldat parmi beaucoup d'autres, plus redoutable que la plupart sans doute mais aisément remplaçable. L'important pour Luminion était d'obtenir l'appui des Thorkins, leurs armées ont le pouvoir de changer le cours de la bataille contrairement à mes seules épées. J'aurais pu massacrer quelques dizaines d'ennemis, mais quelle différence cela aurait-il fait compte tenu de l'ampleur des armées d'Oaxaca ? Aucune, ce n'aurait jamais été qu'une goutte d'eau dans l'océan.

Ce ne sont pas ses soldats qu'il faut abattre, si l'on veut avoir une chance de la défaire, mais ses généraux. Oui, seulement ces derniers sont immortels à ce que l'on dit, alors à quoi bon essayer de les terrasser si c'est pour qu'ils reviennent presque aussitôt? Ce qu'il faudrait tout d'abord, c'est faire en sorte qu'ils ne puissent revenir. Mais comment? Et comment espérer vaincre alors qu'Oaxaca a accès aux ressources de je ne sais combien de mondes ? Il faudrait la priver de cet atout majeur, la couper de ces autres mondes mais, là encore : comment ? Les fluides spatiaux dont elle dispose, tout comme le secret de l'immortalité de ses généraux, se trouvent certainement à Omyre, protégés par une Déesse, des armées innombrables et, pire que tout, un Dragon Noir capable, dit-on, de rivaliser de puissance avec les dieux élémentaires de Yuimen eux-mêmes. J'ai beau tourner et retourner les choses dans tous les sens depuis des années, je parviens encore et toujours à cette même conclusion : nous ne pouvons gagner cette guerre. A moins que...

(N'y pense même pas), maugrée ma Faëra.

(Je sais, c'est stupide.)

(Stupide, non, mais suicidaire sans aucun doute.)

(Tu vois un autre moyen?)


Le silence réprobateur de ma petite compagne de fluide est plus éloquent qu'un long discours, mon idée n'est que folie et je le sais aussi bien qu'elle. Avec un soupir, je ceins mes lames puis gagne la salle commune où je retrouve la Phalange et mon Silnogure qui, vexé sans doute du peu d'attention que je lui ai accordé ces derniers temps, me lorgne d'un air dédaigneux. Amusé, je m'accroupis auprès de lui pour le grattouiller entre les oreilles, histoire de me faire pardonner, puis vais m'attabler avec Oryash et entreprends de dévorer le copieux repas servi par l'aubergiste. Un peu plus tard, une fois repus et propres comme des sous neufs, je reprends enfin :

"Alors, comment vois-tu les choses?"
Modifié en dernier par Tanaëth Ithil le jeu. 16 janv. 2020 11:44, modifié 1 fois.
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » lun. 13 janv. 2020 20:48

Précédemment : Avis personnel


Tandis que Tanaëth s'apprêtait , Oryash avait gagné la salle commune de l'auberge et avait commandé un copieux repas composé de viande fumée, de pains, de fruits, de lait et de bière. Alors que l'aubergiste s'occupait de tout ça, la peau blanche en avait profité pour passer un peu de temps avec le Silnoghure. Il ressemblait tellement au loup, qu'un brun de nostalgie la gagna avant de disparaître, aussitôt remplacé par d'autres souvenirs moins plaisant.
Quand tout fit servit, elle s'installa à table et commença à se restaurer , elle avait trop faim pour attendre le Sindel qui mettait plus de temps d'une femme pour se préparer. Elle jeta un morceau de viande à l'animal qui l'avala sans demander son reste. Oryash eut un petit sourire en coin.

A cette heure l'auberge était bondée des éternelles habitués et les quelques étrangers de passage étaient facile à repérer. Après depuis le temps que Tanaëth et Oryash occupait une chambre à l'auberge, ils devaient faire parti des habitués à présent. Lorsque Tanaëth finit par la rejoindre, elle terminait un verre de lait.

 " Et bien, il tant à fallu du temps ? Tu remettais de l'ordre dans tes idées ?" 

Leur repas se passa relativement sereinement, sans plus de mots que d'ordinaire. S'en suivit le bain , qui fut plus qu'apprécier par la peau blanche. Une fois décrassée et rhabillée, elle se tourna vers Tanaëth quand il lui posa tout à coup une question à laquelle , elle ne s'attendait pas.

" Comment je vois quoi ? Notre voyage jusqu'à Nosvéris. Par la mer, parce que pour l'air, je doute avoir suffisamment pour payer le passage.  Sinon, il serait peut-être bien de recruter en cours de route un ou deux comparses, ça pourrait toujours être utile, non ? Une fois sur place et bien on avisera. Je ne suis pas de celle à faire des plans d'avance. J'avance et j'avise en conséquences. Je ne suis pas aussi organisée que toi. Enfin tu vois ce que je veux dire. Je marche à l'instinct et je vais là où mes pas ou mes envies me portent." 


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