L'auberge "Au Bon Pain"

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Yuimen
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L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Yuimen » ven. 29 déc. 2017 12:36

L'Auberge "Au Bon Pain"

Cette auberge est gérée par Bruno Freinlyn, un ancien paysan qui s'est reconverti dans l'accueil aux voyageurs et aux visiteurs, sans oublier les fidèles de Yuimen qui viennent parfois quotidiennement. Ses deux filles l'aident dans la gestion de l'auberge en tenant les places de serveuses et elles sont très appréciées. On y sert de succulents repas et la bière, excellente, est même fabriquée sur place.

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Tanaëth Ithil
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » mar. 1 oct. 2019 11:09

Oryash m'explique que les loups sont sacrés pour elle et qu'elle a eu un woger, jadis, mais qu'un certain Cromax l'a contrainte à s'en séparer, le trouvant trop dangereux. Je hausse un sourcil surpris à ces mots, n'imaginant pas très bien que quelqu'un puisse contraindre de quelque manière que ce soit la farouche humaine. A notre arrivée dans le village, elle est visiblement reconnue par des enfants qui la qualifient de "dame couleur de neige", ce qui me semble somme toute assez approprié. Lorsque je lui propose de partager notre repas à l'auberge et, si elle le souhaite, de nous accompagner à Luminion, elle me rétorque :

"A vrai dire, je comptais chasser. Et je doute que votre garde apprécie que vous rameniez une étrangère parmi vous. Je tiens plus de l'animal que de l'humain en bien des points. Je ne compte pas dormir à l'auberge non plus. L'écurie et la paille feront très bien l'affaire. Pour ce qui est de vous accompagner par la suite, pourquoi pas. Je suis curieuse de voir à quoi ressemble Luminion."

Il me faut quelques secondes d'observation attentive pour réaliser avec une totale incrédulité qu'elle ne semble pas plaisanter le moins du monde. Réfrénant un éclat de rire, je ne tiens pas à la vexer, je lui réponds avec, toutefois, un sourire trahissant passablement mon amusement :

"Dormir à l'écurie? Vous n'y pensez pas sérieusement, j'espère? Ce serait faire bien peu de cas de ma fierté d'emplumé de cour, que de croire que je vais laisser une dame qui m'accompagne dormir sur la paille. Et vous chasserez demain, pour ce soir nous allons enrichir éhontément ce brave aubergiste et profiter de son excellente cuisine."

Arrivés dans la salle de la modeste mais confortable auberge, j'entraîne Oryash jusqu'à la grande table où sont installés les sept membres de ma garde et fais les présentations :

"Chers amis, je vous présente Oryash, qui va faire un bout de route avec nous. Oryash, je vous présente ma cousine Elzekiël'tar Ithil, commandante de ma garde. Voici Setaya, soldate venant du monde de Sor-Tini, Aïlann, maître d'armes récemment revenu de ce même monde. Voilà Tylëas, maître d'armes également, anciennement au service de la reine de notre royaume. Cërethil, soldat de son état, Lydiël Keldanor, tireuse d'élite originaire de l'Anorfain, et Illays'tar Enoure, notre éclaireuse."

Tous saluent aimablement Oryash, l'observant avec curiosité et intérêt, puis Tylëas remarque :

"Une Phalange de Fenris sur Nirtim? Voilà qui n'est pas courant. J'ai eu l'occasion d'admirer la grande bravoure de votre peuple, voilà de cela quelques années, sur Nosvéris. Soyez la bienvenue parmi nous."

Quant à ma magicienne de cousine, après avoir dévisagé quelques instants Oryash elle m'adresse un sourire ambigu et persifle d'un ton ironique :

"Eh bien, cher cousin, je vois que les rumeurs sont fondées : on te laisse seul cinq minutes et tu te dégottes une belle femme. Il va falloir que je te surveille mieux à l'avenir."

"Rêve toujours, cousinette, même mes parents ont renoncé, c'est dire", lui rétorqué-je avec un sourire en coin, me demandant néanmoins qui pourrait bien avoir l'audace de répandre des rumeurs aussi infondées sur moi.

(Infondées? J'aurais dit trois minutes, moi...), minaude ma Faëra, toujours prête à en rajouter une couche sur ce sujet.

(Hooo, tu ne vas pas t'y mettre aussi?!)

(Je vais me gêner, tiens), ricane-t-elle.

(C'est mesquin de me renvoyer ça...)

(Mais tellement mérité!)

(N'importe quoi!)

Cërethil s'empresse d'ajouter une chaise à l'attention de l'humaine puis, dès que nous sommes installés, l'aubergiste entreprend de nous servir un plantureux repas accompagné de la savoureuse bière maison et, honorant en cela le nom de son auberge, un excellent pain encore chaud du four. Malgré la précédente réticence d'Oryash à répondre à mes questions, ma curiosité insatiable prend le dessus et je me risque à lui demander :

"Parlez-moi un peu de votre peuple, voulez-vous? C'est la première fois que j'entends ce nom de Phalanges de Fenris, j'aimerais en apprendre un peu plus. Sur vos coutumes, votre mode de vie, vos croyances, par exemple..."
Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
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Oryash
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » mar. 1 oct. 2019 21:27

Précédemment : Que de propositions


Alors que Oryash expliquait à Tanaëth qu'elle comptait chasser et dormir dans l'écurie, il afficha un sourire qui sembla un rien moqueur à la peau blanche et avant même qu'elle n'est le temps de relever ce détail, il l'informait qu'il était hors de question que la Dame qui l'accompagnait dorme dans la paille et ne chasse pour se sustenter. Avant même pouvoir de réagir, la voici entraînée à l'intérieur de l'auberge où la garde du Sindel déjà attablée l'attendait.

Le gris eut tôt fait de faire les présentations, passant un à un ses compagnons de route dont Oryash eut du mal à retenir les noms, certain ayant une prononciation pour le moins complexe. Après tout, elle n'était pas elfe et ne maîtrisait pas les subtilités de leur langue.
Lorsque l'un d'eux s'étonne de trouver une Phalange de Fenris sur Nirtim, elle pose ses prunelles sur lui avant de répondre.

" Merci de votre accueil et de cette remarque concernant mon peuple, Tyla... Tylëas. "

Oryash se sent scruter dans les moindre détails et le regard de la cousine du gris ne fait qu'accentuer son malaise. Puis voici que tout à coup cette dernière chahute son cousin, précisant qu'il a le don de dégoter de belle femme et qu'il fallait qu'elle le surveille. Un léger froncement de sourcil s'affiche sur le visage d' Oryash ayant l'impression d'être un trophée de plus au tableau de chasse du Sindel. Ainsi donc cet individu collectionnait les femmes.

Lorsqu'une chaise est tirée afin qu'elle prenne place, elle s'installe, mais ne se sent pas à sa place parmi eux. L'aubergiste s'empresse de les servir. Ca sentait très bon, il fallait bien l'avouer et la faim gagna la guerrière. Elle stoppa l'aubergiste alors qu'il s'apprêtait à déposer une choppe de bière devant Oryash.

" Du lait. Pas de bière. Juste du lait." 

Elle tendit la main vers le plat de viande et choisit la moins cuite dans lequel elle croqua à pleine dent alors que Tanaëth lui demandait de parler de son peuple et de leurs coutumes. Elle arracha un morceau de viande sauvagement tout en le fixant et avala la nourriture. Elle s'essuya la bouche d'un revers de la main avant de lui répondre en soupirant comme si lui répondre lui coûtait.

" Nous vivons pour la plupart sur Nosvéris et plus précisément dans les Monts Éternels. La vie de la meute y est rude et nous devons lutter chaque jour afin de survivre. On nous apprend cela très tôt. Enfant, les premières années de notre existence nous sommes choyés par le couple dominant, mais dès que nous sommes en capacité de marcher, parler et avoir des réflexions simples, on est complètement abandonné à notre sort et on doit vite apprendre à chasser et faire la guerre si on veut survivre. Seul les plus forts s'en sorte. Si un enfant naît avec des fluides, il est tué ou exilé et la mère punie.
On habite dans des yourtes construites en bois et en peaux de bêtes. L'intérieur est rudimentaire, des peaux de bêtes sur lesquels nous dormons et quelques meubles en bois."
 

Alors qu'elle parlait de tout cela, une certaine nostalgie s'empara d'elle, mais elle la chassa très vite avant de poursuivre.

" Nous vénérons Fenris, homme avec une tête et une queue de loup. Il représente à lui seul les notions de survie, de combat, de vie et de mort, de nature, de hiérarchie et de chasse pour mon peuple. Il n'est ni bon ni mauvais . Il est là autour de nous et cela nous suffit. "

Elle réfléchit un instant à ce qu'elle pourrait ajouter. 

" Sinon nous sommes surtout connus pour être des guerriers furieux et sanguinaires. Il est dit que nous allons au combat dans une rage à en terrifier un garzok, accompagnés de loups tout aussi féroces. En fait, il s'agit d'une symbiose entre un clan et une meute de loup pour ne former plus qu'un. Notre culture toute entière est basée sur la manière de vivre des loups." 

Elle mord à nouveau dans la viande, l'engloutissant rapidement, sans se soucier d'attirer des regards sidérés devant le manque de manière dont elle faisait preuve.


Suivant: En route pour le Castel de Luminion
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Tanaëth Ithil
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » mar. 17 déc. 2019 17:15

J'émerge lentement, l'esprit cotonneux comme après une méchante cuite. Je distingue, sans vraiment le voir, le décor qui m'entoure. Avec une impression perturbante de... décalage, de plus en plus aiguë alors que mes paupières, lourdes comme des pans de velours amidonnés, daignent finalement s'ouvrir davantage. Je me trouve dans une modeste chambre, d'auberge sans doute à en juger par son côté impersonnel. Ce que je fais là, comme je suis arrivé en ce lieu, je l'ignore. De vagues souvenirs me reviennent, troubles, accompagnés de la sensation désagréable d'avoir fait fausse route, de m'être perdu sur un chemin où je n'avais pas ma place. Que je n'aurais jamais dû emprunter, si j'avais seulement eu le bon sens d'écouter mon instinct. Mais qu'importe, s'il y a une chose que je sais, c'est que le pouvoir de ma cape a fait son office, un peu trop bien peut-être car des dernières semaines il ne reste qu'un grand flou ; une période grise d'incertitude dont la compréhension échappera à tous et pour toujours, à la manière d'un mauvais rêve qui se dissipe dès le réveil.

Une chambre d'auberge, donc, quelque part, en un temps indéfini avec, sur mon bras, un poids inhabituel. Et contre mon corps, une sensation étrange de... fraîcheur. Mes pensées erratiques soubresautent alors que je tourne lentement la tête pour découvrir la cause de ces bizarreries : une femme à la peau couleur de neige est lovée contre moi. Si froide que la première idée qui me vient, saugrenue, est qu'elle est morte. Mais non, je sens son souffle contre mon cou, les lents mouvements de sa poitrine engendrés par sa respiration. Une seconde plus tard, un déclic se fait en mon esprit alors que je la reconnais, et je murmure avec une totale incompréhension :

"Oryash?! Qu'est-ce que..."

Je m'interromps là, subitement conscient de l'idiotie de la question que j'allais poser. Que peuvent bien faire deux adultes, nus comme au jour de leur naissance, ensemble dans un lit ? Oui, seulement... je ne me souviens de rien, et ça, c'est tout de même un brin dérangeant. Ai-je été drogué? Mais par qui, et pourquoi ? Pas par elle sans doute, elle n'avait aucun besoin de ça pour... hum, bref. Attendre qu'elle s'éveille à son tour, donc, peut-être pourra-t-elle m'expliquer ce qui est arrivé ?
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Oryash
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » mar. 17 déc. 2019 21:41

Précédemment: Prise de conscience (Sortie de l'évent de fer et de sang)


Oryash s'enlisait dans un songe bien déplaisant, se débattant pour en sortir. Elle ressentait une étrange sensation, et puis soudain au loin , son nom prononcé dans une interrogation. Qui pouvait l'appeler de la sorte ? Elle bougea légèrement et sa jambe rencontra un corps chaud, ce qui la fit tressaillir légèrement.
Machinalement, ce contact, la fit entre ouvrir les yeux. Le regard encore embrumé de sommeil, elle se frotta les yeux avant de prendre conscience qu'un mal de tête lui vrillait les tempes.
Elle se rendit alors compte qu'elle était couchée contre un homme pour ne pas dire enlacer à lui. Elle se redressa subitement à demi, le drap glissant sur sa peau nue. Ses prunelles rouges s'écarquillèrent de stupeur en constant de qui il s'agissait.

" Tanaeth ! Par Fenris que... "

Elle porta une main à sa tête, grimaçant...

" Qu'est-ce qui s'est passé ? "

Elle se souvenait avoir pris un verre en sa compagnie, puis un autre et un autre, mais après, le vide total. Elle avait surtout la sensation que cela s'était passé il y a des semaines. Alors que faisaient-il là ? Maintenant ? Avait-elle pris une cuite en sa compagnie la veille au soir seulement ? Elle posa un regard interrogateur sur lui, afin d'obtenir d'éventuelle réponse, parce qu'elle était incapable d'en fournir pour sa part.


Suivant: Questions sans réponses
Modifié en dernier par Oryash le ven. 20 déc. 2019 21:10, modifié 3 fois.
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Tanaëth Ithil
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » ven. 20 déc. 2019 13:03

La Phalange se redresse subitement, faisant ainsi glisser le drap qui la couvrait et me dévoilant par là même un spectacle qui me fait songer que j'ai finalement connu des réveils plus désagréables que celui-ci. Aussi surprise que moi par la situation, à en juger par ses prunelles qui s'écarquillent en me découvrant à ses côtés, elle me demande ce qui s'est passé en se palpant le crâne comme si elle avait une bonne migraine. Retrouvant un peu de mon humour, je hausse un sourcil et lui rétorque d'un ton faussement vexé :

"Eh bien, cette folle nuit t'a marquée je vois, ça fait toujours plaisir..."

Un instant plus tard, j'ajoute plus sérieusement, et pensivement :

"Je n'en sais rien, en fait, j'espérais que tu pourrais me l'expliquer. La dernière chose dont je me souviens..."

Qu'est-ce au juste? Une armée de Nains dans les montagnes ? Non, il y a eu quelque chose après, mais quoi ? Une image me revient, imprécise, d'odieux arachnides semblant faits de métal, issus de je ne sais quel monde saugrenu car rien de ce que je connais ne saurait expliquer leur existence sur ce monde. Les aurais-je vues sur Izurith que cela ne m'aurait pas surpris outre mesure, leur technologie d'un autre temps les aurait rendues presque... banales. Mais ce monde n'est plus, ai-je appris depuis, alors quoi ? Et que s'est-il passé ensuite ? Comment suis-je passé de cette "vision" décalée à cette chambre dans laquelle nous nous trouvons ? Y'a-t-il eu un combat, ai-je été assez gravement blessé pour sombrer dans l'inconscience ? Apparemment pas, j'ai beau m'étirer précautionneusement, à tout hasard, je ne sens rien, pas la moindre douleur. Finalement je complète, un peu perplexe :

"Il y avait des sortes d'araignées de métal. Après ça... plus rien."


Ou presque car, peu à peu, les brumes qui ont envahi mon esprit s'écartent et je me souviens d'une chose : la guerre. C'était la guerre. Luminion était attaquée, entre autres par ces... choses. Pourquoi alors ne les ai-je pas exterminées, pourquoi ne suis-je pas aux côtés du Duc, lames à la main ?

(Parce que ce n'était pas ton combat), murmure soudain Sindalywë.

(Quoi? Pourquoi ça ?)

(Il y a des chemins sans issue, Tanaëth, des voies absurdes qui ne mènent nulle part. Oaxaca peut lever dix armées comme celle-ci, plus peut-être, faire sortir de nulle part autant de créatures, de machines insensées, qu'il y a de feuilles dans la Sylve des Premiers Âges. Aucune victoire n'est possible contre ça, du moins pas en affrontant ses innombrables laquais.)

(Mais personne ne peut lutter contre elle. Ni contre son dragon, ni contre ses généraux immortels... alors quoi? La laisser libre d'envahir tout ce qu'elle veut comme elle veut ?)

(As-tu le pouvoir de l'empêcher?)

Non... non, sans doute pas, même si le reconnaître engendre en moi une profonde amertume. Je ne suis qu'un simple guerrier, un combattant comme la Noire en possède des milliers. Je pourrais en tuer beaucoup, certes, et pourtant ce ne sera jamais assez. A bien y réfléchir, cela revient à espérer assécher un fleuve en y puisant de l'eau avec une gourde. Ça n'a aucun sens. Rien n'en a plus, en réalité, si tant est qu'il y en ait déjà eu un. Pourtant, il faut bien trouver un sens à sa vie, sans quoi il ne reste qu'à s'asseoir et à attendre qu'elle passe. Et quel sens pourrait bien avoir la mienne si je ne me dresse pas contre l'ennemie de mon peuple? Je n'en ai pas la moindre idée, pour l'heure. Je me sens... vide. Vide d'avoir suivi un but fallacieux, vain et creux, absurde. Je soupire doucement et demande à Oryash, prunelles rivées aux siennes :

"Et maintenant... on fait quoi?"
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » ven. 20 déc. 2019 21:08

Précédemment: Réveil à l'auberge


A demi assise sur le lit, Oryash fixait Tanaëth, ne comprenant toujours pas comment ils avaient pu en arriver à se retrouver nus dans un lit, dans cette auberge? Le mystère demeurait entier. Aussi lorsqu'il eut quelques paroles ironiques, elle eut un léger sourire en coin et lui répondit du tac au tac.

" Effectivement c'est ennuyeux. Ta virilité doit en prendre un coup."  

Puis elle rit alors qu'il reprend son sérieux et elle se masse les tempes.

" Je me souviens des araignées aussi et du feu qu'elles crachaient . J'avais du mal avec la chaleur , que je suis partie. Après il y a eu l'auberge, des verres qu'on a bu... mais …. c'était il y a des semaines tout ça, non ?
Et puis nous voilà dans ce lit, nus comme des vers. Tout est confus. Peut-être que l'aubergiste serait nous dire quand on est arrivé ?"
 

Elle regarde autour d'elle dans la chambre et remarque deux ou trois petites choses qui laissent à penser qu'ils sont là depuis quelque temps. Des affaires soigneusement rangés, des armes nettoyées, des fourreaux cirés.

"Tu crois qu'on est resté là tout ce temps à forniquer dans cette chambre ? On s'en souviendrait , non ? Un sortilège ?" 

Tant de question qui ne trouvaient de réponse pour le moment. Son regard revient se poser sur le Sindel quand il lui demande ce qu'ils faisaient maintenant. Une étincelle passa dans les prunelles de la peau blanche et sa main gauche glissa sur le torse de Tanaëth.

"On devrait..." 

Elle se penche sur lui et murmure à son oreille.

"Prendre un bain et aller manger. A moins que tu n' ais une autre suggestion, vu que cette nuit ne semble pas m'avoir marqué comme tu l'as dis." 

Voici qu'elle se jouait de lui à présent.


Suivant: Quand la louve veut, elle prend...
Modifié en dernier par Oryash le mar. 24 déc. 2019 17:36, modifié 1 fois.
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Tanaëth Ithil
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » mar. 24 déc. 2019 12:24

La Phalange sourit ironiquement lorsque je remarque en plaisantant que la nuit ne l'a pas marquée. Elle me rétorque que c'est en effet ennuyeux et que ma virilité doit en prendre un coup, ce que je feins de confirmer d'un soupir désabusé à peine trahi par un léger sourire au coin des lèvres. Elle ajoute se souvenir d'araignées cracheuses de feu, ce qui l'aurait gênée au point de tourner les talons, puis de cette auberge où nous aurions bu des verres. Mais cela remonterait à des semaines selon elle et, pas plus que moi, elle ne parait vraiment comprendre ce que nous faisons tous deux dans ce lit, nus qui plus est. Elle se demande ensuite si nous avons passé tout ce temps à "forniquer", évoquant un possible sortilège nous ayant brouillé la mémoire.

Alors que je réfléchis à la question, cela n'ayant rien d'impossible au fond, en lui demandant ce que nous allons faire maintenant, elle me dévisage avec une étrange lueur au fond des yeux avant de glisser une caresse provocante sur mon torse en murmurant à mon oreille que nous devrions aller prendre un bain et manger... à moins que j'aie une autre proposition à lui faire, la dernière nuit n'ayant pas été inoubliable. Faisant mine de réfléchir à la question avec le plus grand sérieux, je laisse ma main folâtrer le long de son dos, ne l'arrêtant qu'une fois parvenue au creux de ses reins pour remarquer avec un sourire en coin :

"J'aurais bien une autre idée, mais il me faudrait une autorisation en bonne et due forme."

Avec un léger rire, je l'attire sensuellement contre moi, la laissant néanmoins libre de se dégager aisément, et ajoute :

"Quitte à prendre un bain, autant que ça en vaille la peine, non?"

Sans doute devrais-je essayer de comprendre ce qui est arrivé, m'enquérir de mon Ithilartëa et de ma garde, au lieu de baguenauder de la sorte. Mais je ne vis qu'au présent et le moins que l'on puisse dire c'est que la situation est troublante, et la Phalange trop désirable pour passer à côté de l'occasion. Si tant est que c'en soit réellement une, car je sais qu'elle n'aime rien tant que jouer avec le désir des mâles. Qu'importe, au pire il restera toujours l'option du bain glacé...
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » mar. 24 déc. 2019 17:34

Précédemment : Questions sans réponses


Les doigts d'Oryash se promenaient lascivement sur le torse de Tanaëth, en caresses de plus en plus sensuelles, un balai incessant qui laissait supposer bien des choses. Mais tout ça n'était-il pas qu'un jeu après tout ? Peut-être que oui , peut-être que non ? Bien difficile à dire avec elle.
Voici que lorsqu'elle murmure à l'oreille du Sindel, ce dernier laisse s'égarer une main dans le dos de la peau blanche, la laissant vagabonder librement jusqu'à ses reins.

Une question est alors posée et elle le dévisage un instant avant qu'il ne l'attire contre elle, lui soufflant que quitte à prendre un bain autant qu'il en vaille la peine. Elle laisse échapper un léger rire se positionnant à califourchon sur lui. Il semblait qu'il venait d'obtenir la réponse la plus claire qui soit.
Elle laissa courir ses doigts audacieux sur le corps de Tanaëth , ne cessant de le caresser. Descendant toujours plus bas jusqu'à ce qu'une de ses mains ne disparaisse sous le drap, allant saisir doucement l 'objet de sa quête.
C'était peut-être une folie de se livrer à la luxure avec lui, mais à ce moment là, Oryash s'en moquait royalement. Elle ne voulait rien d'autre que sentir le souffle de Tanaëth sur sa peau et ses mains parcourir son corps.

" Je crois que cela me plairait de voir à quel point tu peux me faire l'amour, Tanaëth. " 

Elle se penche alors et s'empare de ses lèvres, le mordant juste assez pour avoir le gout du sang dans la bouche, tandis que sa main s'active plus bas, semblant vouloir le pousser à bout.


Suivant: Alors on peut faire....
Modifié en dernier par Oryash le dim. 29 déc. 2019 17:17, modifié 2 fois.
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » dim. 29 déc. 2019 12:58

Le bain glacé ne sera pas pour tout de suite à en juger par la réaction d'Oryash, qui rit en se mettant à califourchon sur moi et rivalise d'audacieuses caresses tout en murmurant qu'elle croit qu'elle aimerait bien voir à quel point je peux lui faire l'amour.

"Dansons, alors", lui réponds-je d'un souffle, puis cillant tout aussitôt car la sauvageonne vient de me mordre la lèvre au sang.

Et nous dansons, au gré de rythmes anciens comme le monde, animaux presque, ou de lentes mélopées amples et profondes comme l'océan. Oublieux du temps qui passe, de l'endroit où nous nous trouvons, jusqu'à ce que nos corps demandent grâce, alanguis sur les draps froissés. Je la revois alors, cette flèche que j'ai décochée, trait meurtrier qui n'a pas seulement éteint la vie d'Illays, mais aussi une part de mon âme. J'aurais dû essayer de la protéger, de la ramener, quel qu'en soit le prix.

(Tu aurais perdu la vie.)

(Je sais. Mais j'aurais gardé mon âme.)

(Ombre et Lumière, Bien-Aimé, peut-être fallait-il que tu vives cela pour apprendre. Pour...devenir.)

(Devenir? Devenir quoi, Sindalywë ? Un meurtrier ? Un traître ?)

(Tous les guerriers sont des meurtriers, Tanaëth. Et ce n'est pas trahir que de refuser d'arpenter un chemin que d'autres veulent tracer pour toi. C'est par ta seule volonté que tes lames se meuvent.)


(Tu n'as pas répondu à ma question. Qu'as-tu en tête encore ? Tu voulais que je devienne Danseur d'Opale, puis la Lame du Crépuscule, je le suis devenu et...tout ce que j'ai accompli c'est... prendre des vies de Sindeldi. Ici, dans le désert de Sarnissa, à Nessima... je suis censé les protéger et au lieu de ça... Je suis en train de me perdre, Sindalywë.)


(Parce que tu ne veux voir que la Lumière. Tu voudrais être le "sauveur" de ton peuple, devenir une version idéalisée de cet ancêtre que je t'ai montré. Mais ce n'est pas ainsi que les choses fonctionnent, Tanaëth. Tu n'es pas lui, et Sithi est aussi faite d'Ombre.)


(Arrête ton charabia ésotérique, qu'essaye-tu de me dire, concrètement ?)

(J'essaye de te dire que faire des erreurs est inévitable. Qu'elles sont nécessaires, même, parce que contrairement aux réussites elles engendrent des remises en question. J'essaye de te dire aussi d'être toi-même, plutôt que de vouloir être un Sindel mort depuis vingt mille années. Et arrête de te morfondre, tu devrais savoir que ça ne sert à rien, depuis le temps. Lève-toi et agis !)

Elle en a de bonnes Sindalywë, parfois. Agir, oui, mais où ? Et comment ? Quant à être moi-même, qu'est-ce que ça veut dire au juste? Ces souvenirs qu'elle m'a montré, cet ancêtre avec lequel elle a vécu comme elle le fait maintenant avec moi, tout cela fait désormais partie intégrante de moi. Je n'ai pas rêvé ces scènes, je les ai vues. Vécues. J'ai senti dans ma chair le contact de la main de Sithi, voilà des millénaires de cela. J'ai senti sa main sur moi voilà quelques années de ça, sur ce monde inconnu où elle demeure. Mon corps n'est âgé que d'un peu plus d'un siècle, mais mon âme, elle, a vécu tant de vies que ma raison en vacille. La plupart du temps je n'y pense pas, je vis au présent ou du moins j'essaye. Mais, parfois, des flots d'images, de sons, de souvenirs, m'assaillent, sans fin. Je me rappelle d’innombrables combats, d'un nombre incalculable de guerres oubliées de tous dont certaines se sont déroulées sur des mondes qui, aujourd'hui, n'existent plus. Je me souviens d'une infinité de visages, sans pouvoir remettre un nom dessus la plupart du temps. Ce n'étaient que des ennemis, des obstacles sur ma route, pour beaucoup. Des obstacles qui m'ont tué, aussi, tant de fois... tant de fois... la mort est partout dans ces souvenirs, je la donne et je la subis, encore, et encore...

(TANAËTH !)

Le hurlement de ma Faëra me ramène sans douceur au présent. Ce n'est pas moi qui ai vécu tout cela. Ce n'est pas moi, ce n'est pas ma vie. Je contemple pensivement la femme allongée contre moi, puis mon armure, mes lames, méticuleusement alignées contre un mur de la chambre, prêtes à répandre la mort, encore. Et encore.

(Tanaëth, bon sang! Assez!)

(Tout va bien. Tout va très bien.)

La sérénité n'est qu'une question d'équilibre. Et l'équilibre est par essence précaire, impermanent. Je m'étire de tout mon long puis demande à Oryash :

"Et maintenant ? Que fait-on ? Après le bain et le repas, j'entends. On bouge d'ici ?"
Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
(Aung San Suu Kyi)

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Oryash
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » dim. 29 déc. 2019 17:11

Précédemment : Quand la louve , veut, elle prend...


Tanaëth et Oryash avaient donc dansé, tant et si bien que les clients des chambres voisines, devaient être aux premières loges et leurs lanceraient sans doute des regards courroucés ou envieux quand ces deux là, montreraient le bout de leur nez.
Délicieusement alanguit contre le Sindel, la peau blanche ne semblait pas désireuse de sortir du lit. Seulement l'exercice ça donnait faim et Oryash commençait à en ressentir les effets. Au bien sûr, elle aurait bien remis le couvert d'une autre façon, mais elle doutait que son partenaire de jeux, soit en état. A bien le regarder, elle ne l'avait pas épargné. Morsures, griffures plus ou moins profondes, elle s'était lâchée, peut-être même un peu trop. Elle passa un doigt sur une des griffures en question.

" Après le bain et le repas.."

Une légère moue ,avant de s'asseoir sur le lit.

" Oh... j'avais pensé que... "

Un léger rire avant d'arborer un sourire malicieux.

" On fait quoi ? On mange car je meurs de faim. Le bain attendra un peu. Quant à la suite, l'idée de mettre un coup de pied au cul à l 'empire Oaxaca ne serait pas pour me déplaire. Après tout, la plupart de leurs troupes sont ici . Ou alors on pourrait partir sur un autre continent, histoire de changer d'air. . Se rendre sur Nosvéris, qui m'a vu naître. Il y a sans doute des choses à faire là-bas."

Son regard rouge plonge dans les prunelles de Tanaëth.

" Alors partant pour l'une des deux propositions. A moins que tu n' ais envi de remettre ça !"


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Tanaëth Ithil
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » mer. 1 janv. 2020 18:10

Plutôt que de répondre immédiatement à ma question, la Phalange passe un doigt sur l'une des griffures qu'elle m'a infligées durant nos jeux tumultueux. Elle ne m'a pas épargné, j'ai un peu l'impression de sortir d'un rude combat et de ne pas en être sorti tout à fait indemne, mais qu'importe, ce ne sont jamais que quelques estafilades insignifiantes en regard des blessures qu'il m'est arrivé de subir par le passé. Alors que je la contemple songeusement, Oryash s'assied et sous-entend malicieusement qu'elle remettrait bien le couvert avant de déclarer que le bain attendra car elle est morte de faim.

Plus sérieusement, elle ajoute qu'elle n'aurait rien contre l'idée de botter le derrière d'Oaxaca, sur Nirtim si je comprends bien car elle remarque qu'après tout, la plupart de ses armées doivent être ici. Elle enchaîne avec une autre proposition, celle de changer d'air en allant, par exemple, sur Nosvéris, sa terre natale, où elle pense qu'il y aurait bien des choses à faire. Rivant ses sanglantes prunelles aux miennes, elle me demande si je suis partant pour l'une de ces deux options, à moins bien sûr, conclut-elle, que je n'aie envie de remettre "ça"... Un très discret sourire aux lèvres, je lui rétorque avec un feint sérieux en palpant délicatement une trace de morsure :

"On va peut-être commencer par le repas, mmh? Mes chances de survie seront meilleures."

Laissant échapper un léger rire, je me lève fluidement et vais observer le village depuis la fenêtre de la chambre, le temps de mettre un peu d'ordre dans mes pensées. Après quelques instants, je refais face à la Phalange et lui réponds :

"Nosvéris. Pourquoi pas, je ne suis jamais allé sur ce continent. Mais je sais que mon peuple entretient des relations diplomatiques cordiales avec le Domaine de Sinenfain. Nous pourrions aller à Lebher, rencontrer l'un ou l'autre dirigeant et voir s'il y a moyen de nous rendre utiles. A moins que tu ne préfères revoir les tiens, dans les montagnes?"

Impossible de prévoir un quelconque plan en l'état de mes connaissances mais, sur Nosvéris, nous pourrions peut-être reprendre l'initiative, agir plutôt que réagir. A voir sur place, dans tous les cas changer d'air me semble être une bonne idée. Et puis, ce sera une occasion d'avoir une vision plus globale des forces d'Oaxaca et de la situation générale, ce qui ne peut que nous servir.
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » sam. 4 janv. 2020 11:18

Précédemment : Alors on peut faire....


Toujours allongé sur le lit, Tanaëth semble bien songeur et met un certain temps à répondre à la peau blanche. Précisant qu'il serait peut-être plus judicieux de se restaurer sans quoi il ne donnait pas cher de sa peau avant de rire et de se lever. Cela attira un léger sourire carnassier sur les lèvres de la peau blanche.
Elle le suit du regard alors qu'il gagne la fenêtre, pour jeter un œil à l'extérieur. Sans doute la population du village est-elle déjà à vaquer à ces occupations journalières. Il ne semble pas contre l'idée de se rendre sur Nosvéris , précisant que son peuple a une bonne entente avec le Domaine de Sinenfain et qu'ils peuvent même pousser jusqu'à Lebher et proposer leurs services aux dirigeants.
Lorsqu'il évoque le fait qu'elle pourrait revoir les siens, Oryash émet un grognement féroce avant de bondir du lit et de s'habiller.

" Je ne souhaite pas revoir les miens, auquel cas, je serai dans l'obligation de me mesurer à mon ancien chef de meute pour lui faire payer ce qu'il m'a fait endurer. C'est la seule solution qui s'offre à moi , si je décide de retourner là bas. A moins qu'il est perdu son titre d' alpha, ce qui changerait beaucoup de chose."

Elle achève d'enfiler son bustier, en ajuste le laçage avant de passer ses autres vêtements puis ses bottes et le son équipement.

" Après je t'avoue que retourner sur Nosvéris ne serait pas pour me déplaire et avec un peu de chance je pourrais tomber sur mon Wogger ,s'il est encore de ce monde." 

Fin prête, elle met les mains sur les hanches dans un déhanché pour le moins provocateur.

" Tu comptes aller manger dans cette tenue ? Non que cela me dérange, mais je ne suis pas certaine que le tenancier et les clients apprécient."  

Un petit clin d'oeil avant de se diriger vers la porte.

"Je descends et m'occupe de nous faire servir un bon repas et préparer un bain chaud. Après ça, on sera plus à même de prendre un réelle décision." 

Elle quitte alors la chambre.


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Modifié en dernier par Oryash le lun. 13 janv. 2020 20:49, modifié 1 fois.
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » jeu. 9 janv. 2020 21:42

Lorsque je demande à Oryash si elle souhaiterait revoir les siens, elle bondit hors du lit en grognant férocement avant de me rétorquer que cela l'obligerait à se confronter à son ancien chef de meute, afin de lui faire payer ce qu'il lui a fait subir par le passé. A moins, ajoute-t-elle, qu'il ait perdu son titre d'Alpha, ce qui changerait notablement la donne. Tout en s'habillant, elle déclare ensuite qu'elle ne serait néanmoins pas contre l'idée de retourner sur ce continent, où elle pourrait éventuellement retrouver son Woger s'il est encore vivant. Compte tenu de ce qu'elle m'a raconté de son passé durant ces dernières semaines, je ne peux que comprendre son désir de vengeance. Peut-être une telle confrontation serait-elle pour elle le moyen de tourner cette sombre page, comme je l'ai moi-même fait en éliminant Averenn, l'Ithilauster responsable de la déchéance de ma Lignée. Seulement, si j'ai bien compris ce qu'elle m'a expliqué sur les moeurs de son peuple, elle ne pourra utiliser sa magie dans ce règlement de comptes, pas sans se mettre toute la tribu à dos. Privée de cet atout, serait-elle en mesure de vaincre ce chef de meute ? Et si oui, comment réagiraient les Phalanges? La considéreraient-ils comme leur nouvelle cheffe ou, au contraire, se retourneraient-ils contre elle ?

Alors que je m'interroge, Oryash achève de se vêtir et, toujours provocante, me demande si je compte aller manger nu comme un ver ce qui, précise-t-elle, n'aurait rien pour la déranger mais serait possiblement un peu moins bien perçu par le tenancier et les clients. Avec un clin d'oeil, elle ajoute en quittant la chambre qu'elle se charge de nous faire préparer un repas et un bain chaud, après quoi nous serons plus à même de prendre une décision. J'opine d'un léger hochement de tête et lui réponds songeusement :

"J'arrive."

Une fois la porte refermée derrière elle, je demande à ma Faëra :

(Tu sais où sont les membres de ma garde? Et Sinwaë?)

(Ta garde est toujours à Luminion, et Sinwaë doit être en train de somnoler dans la salle commune de l'auberge.)

(Bien... merci.)

Savoir que mon Ithilarthëa est dans les parages me rassure, je craignais qu'il ne soit demeuré dans les parages de Luminion, ce qui m'aurait contraint à y retourner afin de le retrouver. Quant à ma garde, désormais réduite par la perte d'Illays, j'ignore encore ce qu'il convient de faire. La laisser à Luminion pour soutenir le Duc et défendre notre commanderie si besoin? Lui demander de me rejoindre et l'emmener avec nous sur Nosvéris? La renvoyer au Naora pour qu'elle protège Sylënn, ainsi que j'en avais l'intention à l'origine?

(Tu en penses quoi Sindalywë?)

(J'en pense qu'Oryash a raison, tu réfléchiras mieux l'estomac plein.)

(Moui, sans doute...) lui réponds-je sans conviction tout en m'habillant. Rarement je me suis senti aussi indécis, un peu comme un voyageur se retrouvant à un carrefour dans une région dont il ignore tout et ne sachant quelle route choisir. Des années durant je me suis focalisé des buts bien définis et, bien que les questions n'aient pas été absentes, je savais globalement où j'allais, ce qu'il convenait de faire. Mais j'ai en quelque sorte atteint la fin de cette danse ou, plutôt, mon départ abrupt de Luminion y a mis un terme que je n'avais jamais envisagé. Aurais-je dû poursuivre le combat, malgré le sentiment de ne pas y être à ma place? Non, ainsi que je l'ai dit au Duc, dans une armée je ne suis qu'un soldat parmi beaucoup d'autres, plus redoutable que la plupart sans doute mais aisément remplaçable. L'important pour Luminion était d'obtenir l'appui des Thorkins, leurs armées ont le pouvoir de changer le cours de la bataille contrairement à mes seules épées. J'aurais pu massacrer quelques dizaines d'ennemis, mais quelle différence cela aurait-il fait compte tenu de l'ampleur des armées d'Oaxaca ? Aucune, ce n'aurait jamais été qu'une goutte d'eau dans l'océan.

Ce ne sont pas ses soldats qu'il faut abattre, si l'on veut avoir une chance de la défaire, mais ses généraux. Oui, seulement ces derniers sont immortels à ce que l'on dit, alors à quoi bon essayer de les terrasser si c'est pour qu'ils reviennent presque aussitôt? Ce qu'il faudrait tout d'abord, c'est faire en sorte qu'ils ne puissent revenir. Mais comment? Et comment espérer vaincre alors qu'Oaxaca a accès aux ressources de je ne sais combien de mondes ? Il faudrait la priver de cet atout majeur, la couper de ces autres mondes mais, là encore : comment ? Les fluides spatiaux dont elle dispose, tout comme le secret de l'immortalité de ses généraux, se trouvent certainement à Omyre, protégés par une Déesse, des armées innombrables et, pire que tout, un Dragon Noir capable, dit-on, de rivaliser de puissance avec les dieux élémentaires de Yuimen eux-mêmes. J'ai beau tourner et retourner les choses dans tous les sens depuis des années, je parviens encore et toujours à cette même conclusion : nous ne pouvons gagner cette guerre. A moins que...

(N'y pense même pas), maugrée ma Faëra.

(Je sais, c'est stupide.)

(Stupide, non, mais suicidaire sans aucun doute.)

(Tu vois un autre moyen?)


Le silence réprobateur de ma petite compagne de fluide est plus éloquent qu'un long discours, mon idée n'est que folie et je le sais aussi bien qu'elle. Avec un soupir, je ceins mes lames puis gagne la salle commune où je retrouve la Phalange et mon Silnogure qui, vexé sans doute du peu d'attention que je lui ai accordé ces derniers temps, me lorgne d'un air dédaigneux. Amusé, je m'accroupis auprès de lui pour le grattouiller entre les oreilles, histoire de me faire pardonner, puis vais m'attabler avec Oryash et entreprends de dévorer le copieux repas servi par l'aubergiste. Un peu plus tard, une fois repus et propres comme des sous neufs, je reprends enfin :

"Alors, comment vois-tu les choses?"
Modifié en dernier par Tanaëth Ithil le jeu. 16 janv. 2020 11:44, modifié 1 fois.
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » lun. 13 janv. 2020 20:48

Précédemment : Avis personnel


Tandis que Tanaëth s'apprêtait , Oryash avait gagné la salle commune de l'auberge et avait commandé un copieux repas composé de viande fumée, de pains, de fruits, de lait et de bière. Alors que l'aubergiste s'occupait de tout ça, la peau blanche en avait profité pour passer un peu de temps avec le Silnoghure. Il ressemblait tellement au loup, qu'un brun de nostalgie la gagna avant de disparaître, aussitôt remplacé par d'autres souvenirs moins plaisant.
Quand tout fit servit, elle s'installa à table et commença à se restaurer , elle avait trop faim pour attendre le Sindel qui mettait plus de temps d'une femme pour se préparer. Elle jeta un morceau de viande à l'animal qui l'avala sans demander son reste. Oryash eut un petit sourire en coin.

A cette heure l'auberge était bondée des éternelles habitués et les quelques étrangers de passage étaient facile à repérer. Après depuis le temps que Tanaëth et Oryash occupait une chambre à l'auberge, ils devaient faire parti des habitués à présent. Lorsque Tanaëth finit par la rejoindre, elle terminait un verre de lait.

 " Et bien, il tant à fallu du temps ? Tu remettais de l'ordre dans tes idées ?" 

Leur repas se passa relativement sereinement, sans plus de mots que d'ordinaire. S'en suivit le bain , qui fut plus qu'apprécier par la peau blanche. Une fois décrassée et rhabillée, elle se tourna vers Tanaëth quand il lui posa tout à coup une question à laquelle , elle ne s'attendait pas.

" Comment je vois quoi ? Notre voyage jusqu'à Nosvéris. Par la mer, parce que pour l'air, je doute avoir suffisamment pour payer le passage.  Sinon, il serait peut-être bien de recruter en cours de route un ou deux comparses, ça pourrait toujours être utile, non ? Une fois sur place et bien on avisera. Je ne suis pas de celle à faire des plans d'avance. J'avance et j'avise en conséquences. Je ne suis pas aussi organisée que toi. Enfin tu vois ce que je veux dire. Je marche à l'instinct et je vais là où mes pas ou mes envies me portent." 


Suivant : Une odeur et un possible volontaire
Modifié en dernier par Oryash le ven. 24 janv. 2020 20:36, modifié 1 fois.
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » mar. 21 janv. 2020 15:12

Lorsque je rejoins Oryash dans la salle commune de l'auberge, elle est attablée devant un copieux repas et achève un verre de lait, mon Ithilartëa paresseusement couché à côté d'elle. Lorsqu'elle s'étonne du temps que j'ai mis à me préparer en me demandant si j'ai remis de l'ordre dans mes idées, je m'assieds tranquillement en face d'elle en haussant légèrement les épaules et lui réponds :

"Oui, j'avais besoin de réfléchir un peu."

Une fois rassasiés, baignés, équipés et de retour dans la salle commune, je demande à la Phalange comment elle voit les choses, question qui la surprend visiblement et à laquelle elle rétorque :

"Comment je vois quoi ? Notre voyage jusqu'à Nosvéris. Par la mer, parce que pour l'air, je doute avoir suffisamment pour payer le passage. Sinon, il serait peut-être bien de recruter en cours de route un ou deux comparses, ça pourrait toujours être utile, non ? Une fois sur place et bien on avisera. Je ne suis pas de celle à faire des plans d'avance. J'avance et j'avise en conséquence. Je ne suis pas aussi organisée que toi. Enfin tu vois ce que je veux dire. Je marche à l'instinct et je vais là où mes pas ou mes envies me portent."

"Je comprends. J'ai voyagé de cette façon des décennies durant, sans aucune attache ni obligation, libre de faire ce qui me plaisait. Je rêve parfois de reprendre cette vie, tout était plus... simple. Mais ce n'est que cela : un rêve."


Je marque une courte pause, songeur, puis poursuis :

"Je paierai le voyage en Aynore, ce n'est pas un problème et je préfère que nous ne perdions pas des semaines à faire le voyage. Quant à trouver quelques comparses, pourquoi pas. J'hésitais à demander à ma garde de nous rejoindre, mais je préfére qu'elle reste à Luminion pour le moment. A voir si nous en trouvons d'assez fous pour nous accompagner..."

Un sourire de dérision souligne mes derniers mots, puis j'ajoute, assez fort pour être entendu dans toute la salle :

"Quelqu'un ici a envie d'aller botter le derrière des Oaxiens sur Nosvéris?"
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Kassar le laid » jeu. 23 janv. 2020 22:02

Précédemment, depuis la Sylve des Premiers Ages...

C'est avec un sourire béat que j'entre dans le village d'Akinos. Les couleurs vives des habitations, les gens heureux, les plantes aux fenêtres! Des lavandières sur le chemin du fleuve! Des rires d'enfants, par Jerì! J'inspire l'air montagnard à plein poumon, dans une grande respiration des plus satisfaisante. Cette simplicité, c'est comme un accomplissement, un vrai retour à la normale.
Clopinant à ma manière habituelle alors que je parcours les chemins du village, j'attire comme toujours le regard des curieux, sur mon masque, ma misère et ma démarche mal-assurée. Mais c'est un souci pour plus tard.

(Car maintenant, c'est l'heure du bain! Tu l'as mérité, Kassar!)

Je n'ai, par contre, aucune idée d'où je peux trouver un établissement m'accordant un tel bienfait. Du regard, je parcours les badauds.
Une résidente, les cheveux attachés en une longue natte et un panier emplis de provisions sous le bras, accroche mon regard. Je m'approche d'elle, et immédiatement, je la sens se crisper, le regard inquiet et fuyant. Je suis habitué au dégoût et à l'agacement, mais la crainte? Ça, c'est nouveau. Je remonte la direction de son regard un instant, et j'atterris sur la poignée de mon épée. Et le sang - surtout le mien, mais le sait-elle? - sur ma tunique. Et il y a le masque... J'ai plus l'air d'un brigand que d'un mendiant, ma parole!

Je lève la main en signe d'apaisement vers la passante, conscient du malentendu à dissiper.

"Madame, ze ne fous feux aucun mal, zoyez tranquille. Ze zherzhe uniquement l'auberze de fotre fillage pour zoigner mes blezzures, pourriez-fous me l'indiquer?"

"Ben... Y'a bien Au Bon Pain qu'est ouvert... C'est juste après la rue avec le boulanger..."

"Madame, ze fous remerzie de fotre azziztance. Que les dieux fous zourissent."

Partagée entre l'étonnement et la peur, elle m'adresse un signe de tête mal assurée en guise de salut. Je sens son regard dans mon dos alors que je m'éloigne, suivis du son de ces pas rapide qui s'éloigne en toute hâte.

Il ne me faut guère longtemps pour trouver l'endroit sus-mentionné. Je devine aisément d'où provient le nom de l'affaire: l'odeur du pain fraîchement sorti du four emplit l'atmosphère depuis la boulangerie proche - à moins qu'elle soit attenante au lieu? Difficile à dire dans l'immédiat, et j'aurai bien l'occasion de le découvrir plus tard, après tout!

Pleins de félicitée, je pousse la porte d'entrée du lieu, quand une voix s'élève depuis l'intérieur.

"Quelqu'un ici a envie d'aller botter le derrière des Oaxiens sur Nosvéris?"

Je m'arrête. Des Oaxiens? Nosveris? C'est... et bien, ce n'est pas ce que j'imaginais être la première chose que j'entendrais, en franchissant ce seuil!

J'inspecte du regard l'intérieur du bâtiment. De solides charpentes tiennent l'endroit debout, d'un lourd bois noueux dont l'apparente solidité laisse émaner un subtil sentiment de sécurité, à l'abri dans leur enceinte. L'atmosphère sent délicieusement bon le pain et les vapeurs de bières et de pommes. Mais les clients, tous attablés, regardent silencieusement dans ma direction. Mon timing d'entrée était bien trop parfait, concordant avec cette phrase teintée d'une certaine dérision . Ho, j'imagine bien leur réaction : le mystérieux étranger masqué qui pousse la porte de leur établissement, vêtus de guenilles, mais l'épée au flanc, juste au moment où une demande particulièrement décalée est lancé à la cantonade. Il ne reste plus que ce soit un soir de tempête pour avoir toute la panoplie du Mystérieux Agent du Destin...

Tout comme mon public, je reste silencieux, le souffle suspendu, quelques instants. Légèrement dégrisé de ma bonne humeur, j'évalue la situation, scrutant l'assistance d'un long balayage du regard. Tous m'observent : les patrons, les serveuses, le tenancier, et un drôle de couple, un sindel et une autre femme, à la peau d'une blancheur pâle délicate, avec à ses pieds un énorme fauve... Je tique derrière mon masque, un peu de fiel dans le cœur : encore un couple d'une beautée iréelle, séparé du commun, cachant peut-être je ne sais quels sentiments obscurs... Je pensais avoir eut ma dose, ces derniers temps.

J'inspire longuement, tentant de reprendre ma contenance. J'ai toujours besoin de prendre ce bain...

Pas à pas, appuyé sur mon bâton, silencieux comme la mort, j'avance dans l'auberge silencieuse, le son de mon bâton heurte le plancher du lieu comme seul accompagnement. Arrivé au comptoir, je place une poignée de pièces dessus, mon regard rivé dans celui du tenancier.

"Ze zais fous prendre un bain, une bière, et à manzer."

Je replace quelques pièces sur la table, avant de pointer de mon doigt émacié mon bandage à l'épaule.

"Za, z'est pour que fous demandiez à un guérizzeur de fenir."

Une nouvelle fois, je remets quelques pièces.

"Et za, z'est pour fous azeter des fêtements propres."

Le tenancier reste interdit, le regard oscillant entre les pièces et moi. Trop dramatique peut-être... ?

Le silence commence à se craqueler, les conversations reprennent, quoique prudentes, presque murmurées. Dans l'attente.

Je jette un regard en biais au couple.

( Trois sindels en moins de deux semaines... Peut-être que les dieux ont encore quelque chose en stock pour moi, avec ces gens-là...)

L'idée me laisse un étrange goût en bouche, mes sentiments partagés en deux. D'un côté, j'ai bien peur de faire une indigestion de sindels en ce moment. Kerenn ne m'a pas laissé la meilleure des impressions, et Cromax, bien que bien moins aggressif, n'était pas moins intimidant à sa manière... Mais c'est ce sindel qui a lancé cette phrase à la cantonade, pile à mon arrivée... et bien, les dieux tissent la destinée dans les détails et le dramatique, non? Et c'était une entrée plutôt dramatique. Je saurais fou de ne pas voir le signe, n'est ce pas?
Et j'imagine que tous les sindels ne sont pas comme kerenn ou Cromax, il doit bien y avoir des normaux ...

Bon. Tu es un homme nouveau, Kassar. Tu peux gérer une discussion, assumer un peu cette curiosité. Et ça ne coûte rien de demander des précisions. Va mon Kassar. Tu peux le faire!

Je clopine jusqu'à leur table, tâchant d'avoir l'air aussi assuré que possible.

"Bonzour à fous, madame, mezzire. Auriez-fous une plaze à fotre table? Fous afez eut une phraze des pluz étonnantes, à l'instant. Ze zerais curieux d'en entendre plus."


La suite...
Modifié en dernier par Kassar le laid le lun. 3 févr. 2020 01:04, modifié 1 fois.
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » ven. 24 janv. 2020 20:34

Précédemment : Avis personnel


Attablés nos deux comparses conversaient, échangeant des points des vues, des suggestions , tandis que les conversations et les allées et venues allaient bon train dans la salle commune de l'auberge. Qui aurait cru qu'à cette heure, elle serait si bondée ?
Ainsi donc Tanaëth avait eu besoin de faire un point sur les derniers événements, contrairement à Oryash qui se laissait porter par le courant. Cependant malgré quelques questions posés à l'aubergiste, elle n'avait pas appris grand chose, si ce n'est qu'ils étaient tous deux arrivés ici, il y a deux semaines et que depuis ils avaient séjourné ici. Ne quittant que rarement leur chambre.
Et le fait de ne pas sans souvenir était fort troublant. Est-ce leurs cerveaux qui occultaient ce qui s'était passé avant cela ou bien s'agissait-il d'un maléfice ? Oryash songea que jamais ils ne sauraient la vérité à ce propos.
Elle se focalisa sur les réponses du Sindel et haussa le sourcil surprise à certaines d'entre elles.

"Un rêve dis-tu et qu'es-tu en train de faire depuis quelques semaines à ton avis ? Bon je te l'accorde, on a un blanc dans notre parcours, mais nous allons où bon nous semble actuellement. Donc ce n'est pas un rêve, mais une réalité."

Elle s'adosse à sa chaise, étendant les jambes sous la table, croisant les pieds.

"Pour le voyage, j'en payerai une partie en fonction de mes moyens. Je tiens à participer. Quoi que quelques semaines de répit en mer, n'aurait pas été pour me déplaire. Ca aurait pu être plaisant, surtout en bonne compagnie. "

Un petit clin d’œil, alors qu'elle flatte l'encolure du Silnoghure.

"Pour ta garde, je ne sais pas. Est-il vraiment prudent de la laisser à Luminion ? Ne serait-il pas préférable qu'elle gagne un fief plus sûr ? Par contre, les membres de ton équipe ne vont pas apprécier ta décision si tu les laisses là. Enfin c'est à toi de voir."

C'est alors que la porte de l'auberge s'ouvre soudainement et le regard rouge sang de Oryash se porte sur l'individu qui vient d'entrer.
C'est exactement à ce moment précis que Tanaëth lance haut et fort qu'il recherche des volontaires, désireux de les suivre sur Nosvéris pour botter les fesses des Oaxiens. Cela attire un léger sourire sur les lèvres de la Phalange.

" J'aurai préféré les égorger ou les éventrer, mais bon... on verra ça en temps voulu."

Alors que la porte se referme, une bourrasque de vent amène dans son sillage une odeur qui fait pincer les narines à la peau blanche.

" Par Fenris, c'est quoi cette puanteur ?! Y'a une charogne en train de pourrir quelque part !"

Elle n'accorde que peu d'attention au nouveau venu et reporte son attention sur Tanaëth.

" Je n'ai jamais voyagé en Aynore. C'est comment ?"

Il s'était passé quelques minutes à peine quand l'homme vint à leur hauteur, amenant avec lui ce qui avait fait tiquer Oryash un peu plus tôt.
Elle émit un grognement rauque d'être ainsi interrompue et son regard se teinta de noir l'espace de quelques secondes avant de reprendre sa couleur sang. Elle huma l'air et grimaça.

" Non, c'est pas une charogne crevée, c'est lui. "

Elle grogne de nouveau, reculant légèrement sa chaise, le dévisageant avec insistance. Un corps disgracieux, un phrasé pas toujours compréhensible, il semblait que l'individu n'avait pas été béni des dieux et qu'ils avaient oublié de le gratifier d'une allure plus avenante. Bref, l'allure n'était pas terrible , mais ça n'était qu'un détail. Ce qui la dérangeait le plus en ce moment, c'était l'odeur qu'il traînait dans son sillage.

Suivant: Il est bien curieux celui là
Modifié en dernier par Oryash le lun. 3 févr. 2020 21:10, modifié 3 fois.
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Tanaëth Ithil
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » lun. 27 janv. 2020 17:24

A nouveau certaines de mes paroles semblent surprendre Oryash, qui me rétorque :

"Un rêve dis-tu et qu'es-tu en train de faire depuis quelques semaines à ton avis ? Bon je te l'accorde, on a un blanc dans notre parcours, mais nous allons où bon nous semble actuellement. Donc ce n'est pas un rêve, mais une réalité."

Je secoue lentement la tête, puis lui réponds :

"Ces quelques jours ne sont qu'une sorte d'interlude, une pause pourrait-on dire. Je suis à la tête d'un ordre et je représente mon pays. Il m'appartient de décider où et comment je les sers, mais leurs intérêts passent avant les miens."

Elle ajoute ensuite qu'elle tient à participer, dans la mesure de ses moyens, au financement du voyage en Aynore, ce que j'accepte d'un simple hochement de tête, comprenant fort bien qu'elle ne souhaite pas dépendre de moi plus que nécessaire. Un voyage de quelques semaines n'aurait pas été pour lui déplaire, surtout en bonne compagnie ajoute-t-elle avec un petit clin d'oeil qui me fait sourire légèrement. Au fond de moi, je dois bien avouer que cela n'aurait rien pour me déranger non plus mais, ainsi que je viens de le dire, je me dois à l'Opale ainsi qu'aux Enfants de Sithi. Ce délai ne servirait pas leur cause, la guerre ne s'arrêtera pas aimablement en attendant que nous ayons fait le voyage. Oryash aborde alors le sujet de ma garde, me demandant s'il est prudent de la laisser à Luminion et s'il ne serait pas préférable de l'envoyer en un lieu plus sûr. Elle ajoute que mes chaperons vont sans doute m'en vouloir, ce que je ne peux que confirmer avec un léger haussement d'épaules :

"Elzekiël sera verte de rage, c'est certain, mais elle comprendra les raisons de ma décision. Le fait que j'aie quitté le champ de bataille a dû mettre le Duc de Luminion en colère et je ne peux me permettre de perdre son soutien, j'espère que l'appui de ma garde l'apaisera et lui fera comprendre que je ne l'ai pas abandonné."


Alors que je demande à la cantonade s'il n'y a pas dans la salle quelqu'un qui souhaite aller botter le derrière des Oaxiens, la Phalange remarque qu'elle aurait préféré les égorger ou les éventrer, puis tique alors que la porte de l'auberge s'ouvre, engendrant un courant d'air qui nous apporte une fragrance de vieille sueur rance. Elle se demande si une charogne n'est pas en train de pourrir quelque part puis, sautant du coq à l'âne, m'informe qu'elle n'a jamais voyagé en Aynore et me demande comment c'est. Tout en jetant un bref coup d'oeil vers le nouvel arrivant, un mendiant crasseux et boiteux portant un masque, je lui réponds :

"Un Aynore est une sorte de grand navire volant, très rapide et moins remuant. On a un peu l'impression d'être un oiseau, lorsque l'on regarde par les hublots, le monde semble... plus petit."

A peine ai-je terminé cette explication que le mendiant s'approche de nous, faisant reculer Oryash qui s'exclame que ce n'est pas le fumet d'une charogne qui agresse nos narines, mais lui. Je dois bien admettre qu'il ne sent pas la rose, mais qu'est-ce qu'un peu de sueur comparé à la puanteur d'un champ de bataille, ou d'un charnier ? A ma surprise, l'homme déclare alors :

"Bonzour à fous, madame, mezzire. Auriez-fous une plaze à fotre table? Fous afez eut une phraze des pluz étonnantes, à l'instant. Ze zerais curieux d'en entendre plus."

L'examinant plus attentivement, je remarque l'épée qu'il porte au côté, une arme d'assez bonne qualité qui contraste de bien curieuse manière avec sa mise générale. Ses vêtements en loques sont par ailleurs tachés de sang, n'améliorant certes pas son apparence maladive, mais cela fait longtemps que je ne me fie plus à l'apparence physique d'un être pour le définir. Averren, mon ancien ennemi, possédait une grande prestance, on aurait sans mal pu le qualifier de beau selon les critères de mon peuple, et pourtant c'était l'une des pires crevures que le monde ait porté. Désignant du menton une chaise libre, je lui réponds tranquillement :

"Tu sembles sortir d'un long et rude voyage, l'ami. Peut-être ignores-tu que la guerre entre l'Empire d'Oaxaca et le Royaume Kendran a repris? Luminion est attaquée par une vaste armée et, pour ce que j'en sais, l'Ynorie pourrait également être en train de subir un assaut. Mais peut-être Oaxaca serait-elle moins encline à tenter de conquérir ce continent si elle devait faire face à d'importants troubles sur Nosvéris. Nous nous proposons donc d'aller les engendrer et, pour cela, un peu d'aide serait la bienvenue."


Je marque une courte pause, scrutant l'homme d'un regard indéchiffrable, puis j'ajoute :

"Cela étant, sans vouloir t'offenser, j'aime savoir à qui j'ai affaire. Qui es-tu, et pourquoi dissimules-tu ton visage derrière ce masque ? Par ailleurs, malgré cette épée que tu portes, tu n'as guère l'allure d'un guerrier, en quoi cette affaire t'intéresse-t-elle ?"
Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
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Kassar le laid
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Kassar le laid » lun. 3 févr. 2020 01:04

Précédemment...

C’est la jeune femme qui répond en premier.

« Non, c'est pas une charogne crevée, c'est lui. »

Un affront fleuri, mille fois entendues sous diverses variantes, sur deux continents à présents. Je ne peux retenir un soupir. Je ne peux guère lui en vouloir de trouver l’odeur… Et bien, désagréable… Mais j’aurais espéré que le temps aurait rendu l’insulte moins pénible à entendre.
Heureusement, ce sera probablement la dernière fois que j’aurai à subir une telle indignité !

La guerrière pâle, l’air menaçant, a reculé sa chaise, me jaugeant d’un œil à l’iris rouge. Je ne me prive pas de l’observer en retour, laissant mon regard errer sur son équipement, glanant çà et là les détails qui m’en diront plus sur elle. Il y a son attitude, tout d’abord – cette posture agressive, repliée sur sa chaise comme un animal armant son attaque – que vient accompagner un attirail tout militaire : épée et armure de cuir presque intégrale, à l’exception du bandeau qui orne son front. Moins conventionnel, des griffes d’acier sont attachés à son baudrier aux côtés de sa lame. Une arme qui en dit long sur le style de combat probablement sauvage de sa manieuse. Et cela ne me semble pas être une arme que l’on apprend à manier dans les écoles. Soit il s’agit de bluff pour flouer sur son véritable niveau, soit elle dispose d’un très bon niveau dans le domaine martial pour pouvoir manier une telle arme. Dans le doute, ne l’énervons pas plus qu’elle ne l’ait déjà.

Je continue mon observation rapide. Un pendentif où lui une pierre noire, des gants rouges, … Et une cape. C’est étonnant, ce motif me dit quelque chose. Je jurerais l’avoir déjà vu…
Mais…
Est-ce que ça ne serai pas sur les tapisseries du Clan de la Rose ?
Est-ce que c’est le symbole du Clan de la Rose ?
C’est d’un nouvel œil que je cherche à capter le regard de la jeune femme. Est-elle une suivante de l’ordre ? Est-elle là-bas, dans cette mêlée sanglante ? Je ne pense pas, j’aurai remarqué une femme aussi pâle, exotique, même au milieu de l’hétéroclite de notre compagnie. Sait-elle seulement ce qui s’est passé ? Je peux peut-être lui apprendre… Mais me croira-t-elle ? Je serai bien fou de lui annoncer que son organisation vient d’être démantelée, sans preuve. Mais peut-être réagira-t-elle favorable au nom de Cromax ? Et si elle faisait partie du camp opposé ? Je ne pense pas que ce Zarnam et sa maîtresse auraient laissé volontairement des agents à l’écart, alors qu’il s’agissait d’un moment décisif et qu’elle était toute proche… À moins qu’elle ne soit en fuite ? Une des fidèles des opposants à Cromax qui serait partie quand elle a vu que la bataille ne tournait pas à son avantage ? Hmmm… Non, elle ne serait probablement pas là, à quelques jours après, à boire tranquillement avec une énorme cible sur le dos. Il est plus que probable qu’elle soit une membre du clan qui ne sait encore rien de l’infortune qui a frappé son organisation…

Mes pensées sont coupées par son compagnon, qui m’adresse la parole, à qui je dévoue enfin mon attention. Un sindel. Le second que je rencontre dans ma vie, et en peu de temps. Il me salue, soulignant que je semble revenir d’un long et épuisant voyage. Je souris, las, sous mon masque. Il n’a que trop raison. 
Puis , m’invitant d’un signe de tête à m’asseoir, il m’informe. Les armées d’Oaxaca seraient apparemment repartis dans un assaut massif contre le Royaume Kendran, plus particulièrement le Luminion, ainsi que son voisin, l’Ynorie. L’intention du sindel est de provoquer une diversion, en allant frapper l’Empire dans un endroit où il ne s’attend pas à être attaqué : Nosvéris.

Oaxaca… Ce nom résonne tristement dans ma mémoire. Ses méfaits ont touché tous les continents, et Imfitil ne fait pas exception. Même si les détails m’échappent, je sais que ses servants ont commis pour elle de grands crimes en Tulorim. Les mères poussent leurs enfants à aller au lit en les menaçant que sinon, Oaxaca viendra leur prendre leurs orteils ou leur nez. Mais la ridiculiser pour servir de croque-mitaine n’amoindrit pas le fléau qu’elle représente. Je connais les histoires. La fille d’un dieu et d’une mortelle, condamnée par le Dieu du Destin lui-même. Ce Sindel est brave de vouloir affronter une telle terreur, un être de sang divin qui souhaite notre perte…

J’observe mon interlocuteur à son tour, cherchant à connaître celui qui me fait face. Dans son armure couleur crépuscule, un diadème sertissant son visage aux longs cheveux blancs s’écoulant en cascade, il émane de lui une grâce, un port altier, qui le distingue nettement de sa compagne. Le rouge et le blanc, le calme et l’agressivité, deux styles très différents assis à la même table. Niveau style, ses armes sont très différentes, mais guère classiques : deux épées d’une qualité visiblement remarquable ceignent sa ceinture, l’une à la garde aussi rouge que son armure, l’autre à la garde métallique, bien plus fine et ciselé. Je peux dire que ce ne sont pas des armes confiées au tout-venant, et surtout pas à ceux qui ne savent pas les manier. Ou alors, ce sindel est un voleur des plus habiles.

J’accepte l’offre de m’asseoir offerte un peu plus tôt d’un signe de tête reconnaissant, tandis qu’il marque une courte pause, m’observant d’un air indéchiffrable. Puis, crevant l’abcès, il m’invite à me présenter, souhaitant savoir à qui il a affaire, et pourquoi je porte un masque. Il me demande aussi en quoi l’affaire m’intéresse, arguant que malgré mon épée, je n’ai pas vraiment l’air d’un guerrier. Et il n’a pas tord, pour la seconde fois.

« Ze fous remerzie pour fos ezplicafions, ze comprends mieux fotre allocufion de tantôt. Et Ze me prénomme Kazzar. Pour ze qui ait du mazque... »

D’instinct, ma main se porte sur mon masque, comme pour m’assurer qu’il est bien en place – ou que personne ne me l’arrachera de force…

« … Ze fous prie de croire qu’il ne z’agit pas de mazquer mon identité, loin de là. Ze ne zuis perzonne. Zi il fallait lui donner une fonction, il z’agit plutôt d’une proteczion pour le monde qui m’entoure. Mais zi fous me permettez de manfer afec fous, fous aurez l’occazion de foir en deffous du mazque. Ze ne fous souhaite pas un tel spectacle, zezi dit. »

« Pour fotre autre queztion, z’ai plufieurs raizons de m’intéreffer à fotre affaire. La première est zimple : qui n’est pas conzerné par zette affaire ? Je ne feux pas fous faire un tour de réthorique, mais fi une telle entité marfe contre les mortels, chacun defrait faire sa part, afec l’aide des dieux. Ze ne fous aurait probablement pas dit zela il y a peu, car zertains… efenements m’ont amené à reconfidéré la direction de ma deztiné, récemment. Ze qui m’amène au zecond point. »

Je me tourne vers la guerrière pâle. Malgré ma réflexion de tantôt, il serait bon de sonder là où se trouve son allégeance...

« Ze n’ai pas pu m’empêfer de remarquer le zymbole zur fotre cape. Z’ai été très rézemment en contact afec zet ordre, foyez-fous. Fertains efenements ont zecoué l’organisation réfemment. Z’ai pu rencontrer un zertain Cromax, ze zuppose que ze nom doit fous évoquer quelque fose ? »


La suite...
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Oryash
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » lun. 3 févr. 2020 21:07

Précédemment : Une odeur et un possible volontaire


Oryash se tenait toujours en recul sur sa chaise à observer l'individu nommé Kassar, ne desserrant pas les dents. Le rouge sang de ses pupilles était dérangeant, elle le savait. Bien souvent à se sentir fixer avec autant d'insistance les personnes détournaient les yeux ou bien passaient leur chemin. Là, Kassar semblait insister à l'observer sous toutes les coutures et elle grogna sourdement avec plus d'agressivité. Elle avait la sensation d'être un morceau de viande sur l'étale d'un boucher.

L'intervention de Tanaëth arriva à point nommé, car elle n'avait qu'une envie, égorger purement et simplement cet homme au beau milieu de l'auberge. Elle se mit à pianoter sur la table, ses ongles frappant tour à tour le panneau de bois avec une rapidité exaspérante, de quoi en énerver plus d'un.
Le Sindel répondit donc aux interrogation de Kassar, lui donnant par la même occasion quelques explications qu'il aurait pu taire. Elle le savait bavard et méticuleux dans sa façon de faire et de s'exprimer, tout l'opposé de la peau blanche. A se demander ce que ces deux là faisaient ensembles ?

Le puant remercia Tanaëth, lui expliquant par la suite pourquoi il portait un masque et cela dépassa de loin Oryash. Certaines personnes étaient déconcertantes dans leur façon de faire et d'exister.
Puis vint alors une remarque de Kassar à propos de la cape de la blanche et elle cessa de pianoter. Son attention se reportant sur lui , une lueur sombre passant dans ses prunelles rouges.

" Je suis au fait de ces événements. J'ai été confronté à l'un d'eux, pas très loin d'ici d'ailleurs. Certaines choses, on fait que j'ai repris ma liberté et quitter le temple des plaisirs et son ordre. Cela ne me correspondait plus. Alors oui, le nom de Cromax ne m'est pas inconnu, de même que sa personne." 

Un silence et elle se redressa.

" Cromax et La rose Sombre, font parti d'un passé qui pour moi est révolu. Je suis passée à autre chose. " 

Elle lance alors à Tanaëth.

"Je vais faire un tour, à plus tard. "

Et elle se dirige vers la sortie sans un regard pour les deux hommes, ni les autres personnes présentes.


Suivant: Hein!!! Il nous accompagne!
Modifié en dernier par Oryash le jeu. 13 févr. 2020 20:51, modifié 1 fois.
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Tanaëth Ithil
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Tanaëth Ithil » mer. 5 févr. 2020 20:14

L'humain au masque, après m'avoir soigneusement observé, prend place à notre table avec un signe de tête reconnaissant. Il me remercie des quelques explications que je lui ai fournies, puis se présente sous le nom de Kazzar, qui pourrait aussi bien être Kassar ou Kajjar, au vu de sa prononciation approximative. Quant au masque qu'il arbore, il me rétorque que ce n'est pas pour cacher son identité et qu'il n'est personne. Cette dernière affirmation me fait légèrement froncer les sourcils, mais je me garde de lui couper la parole et l'écoute avec une discrète surprise m'expliquer qu'il sert surtout à protéger son entourage mais qu'il le retirera si nous l'autorisons à manger avec nous, quoique son visage soit une vision qu'il ne souhaite à personne. Je me contente d'un léger sourire en coin à cette assertion, si laid qu'il puisse être cela ne saurait rivaliser avec les horreurs des treize laquais d'Oaxaca que j'ai affrontées par le passé. Mais en le voyant porter la main à son masque comme s'il craignait que je ne le force à le retirer, je m'abstiens de l'exiger, d'autant plus qu'il a annoncé qu'il l'enlèverait pour manger.

Il poursuit en disant que la raison le poussant à s'intéresser à l'affaire évoquée est simple : si une entité comme Oaxaca marche contre les mortels, chacun devrait faire sa part. A cela il ajoute qu'il ne pensait pas ainsi jusqu'à récemment, mais que des événements récents l'ont amené à reconsidérer sa destinée. S'adressant alors à Oryash, il évoque le symbole ornant sa cape, qu'il n'a pu s'empêcher de remarquer ayant récemment été en contact avec... un ordre? Ordre dont l'organisation aurait été secouée il y a peu. Il mentionne un certain Cromax, nom que j'ai déjà vaguement entendu et qui est, pour ce que j'en sais, celui d'un Sindel entouré de récits très contradictoires. Oryash, visiblement déjà sur les nerfs avec la présence de l'humain, s'assombrit encore à ces paroles. Avisant la lueur sanguinaire qui traverse son regard, je me tiens prêt à intervenir au cas où la situation dégénérerait subitement ; mais, fort heureusement, la Phalange se contient et se borne à lui répondre :

"Je suis au fait de ces événements. J'ai été confrontée à l'un d'eux, pas très loin d'ici d'ailleurs. Certaines choses ont fait que j'ai repris ma liberté et quitté le temple des plaisirs et son ordre. Cela ne me correspondait plus. Alors oui, le nom de Cromax ne m'est pas inconnu, de même que sa personne."

Elle ajoute que tout cela appartient au passé et qu'elle est passée à autre chose, puis me dit qu'elle va faire un tour avant de quitter rapidement la salle. Un peu perplexe face à ce pan mystérieux de sa vie qui vient de se dévoiler et à sa réaction, je hoche simplement la tête et repose mon attention sur l'humain :

"Tu as plus de sagesse que la plupart des dirigeants de ce monde, l'ami. Si tu veux venir avec nous, sois prêt à partir demain au lever du jour. Mais réfléchis bien avant : ce sera une danse sombre et sanglante. Tu verras des abominations comme tu n'en a jamais imaginées dans tes pires cauchemars et la mort rôdera si près de nous que tu sentiras à chaque instant son souffle sur ta nuque."

Je laisse filer un grave instant de silence après cet avertissement, puis ajoute :

"Mon ombrageuse amie se nomme Oryash. Moi c'est Tanaëth, et lui..." dis-je en désignant le gros fauve blanc qui sommeille au pied de la table, "c'est Sinwaë."

Je grattouille affectueusement mon Ithilarthëa entre les oreilles lorsqu'il lève la tête à la mention de son nom, puis conclus avec un petit signe de la main en direction de l'épée que porte Kassar :

"Si tu décides de nous accompagner, il faudra apprendre à te servir de ça. Je suis maître d'armes, je pourrai donc t'enseigner son maniement pendant nos haltes, si tu veux. Il faudra aussi te trouver une armure et un bouclier, mais cela devra attendre que nous soyons à Kendra-Kâr, nous ne trouverons rien de valable ici."

Le tavernier apportant alors le repas et la boisson commandés par l'humain, je le laisse se restaurer en paix, prêt à répondre à ses questions s'il en a. Le lendemain, je préparerai nos montures avant que le soleil ne soit levé et, si Kassar se décide à être des nôtres, lui confierai la mienne. D'une part je préfère marcher, et d'autre part cela nous ralentira moins, mon endurance me permettant sans grand mal de suivre l'allure d'un cheval au pas, voire au trot grâce aux runes incrustées dans mon armure.
Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
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Kassar le laid
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Kassar le laid » lun. 10 févr. 2020 22:05

Précédemment...

La guerrière, qui avait commencée à tapoter le rebord de sa table tandis que je me présentai, cesse immédiatement à l’énoncé de ma question. Une lueur sombre s’engouffra dans les yeux de la guerrière… Aurais-je du garder ça pour moi? Je recule un peu dans ma chaise, soudain mal assuré. Je sens le sindel se tendre un instant, prêt à bondir. Pour nous séparer en cas de rixes, ou pour participer à la leçon qu’elle semble vouloir me donner? Je n’ai pas le temps de me le demander que la guerrière reprends la parole, me disant qu’elle est au courant de ce dont je parle. Qu’elle connaît personnellement Cromax. Et qu’elle a quitté tout cela, le laissant derrière elle. Qu’elle est passée à autre chose. J’oscille entre soulagement et perplexité lorsqu’elle se lève sombrement pour quitter notre table, indiquant à son compagnon qu’elle part faire un tour. Aurais-je dû m’attendre à autre chose, après tout? Ais-je été naïf de penser que les événements récents ne l’ait pas impliquée, alors qu’elle se tient à quelques jours à peine de cette insensée bataille, et que cela l’aurait laissée de marbre? Je me sentirai presque coupable d’avoir ainsi remué une blessure si fraîche… Et je n’ai obtenu nulle réponse sur mon interrogation silencieuse, sur sa loyauté dans cet ordre. Mais, enfin, elle semble ne pas souhaiter ma mort imminente, alors… c’est une victoire, je suppose.

Je me retourne vers le sindel, qui me flatte d’une remarque sur ma sagesse, qui serait plus grande que la plupart des dirigeants de ce monde. Je ne suis pas dupe, la flatterie ici n’est là que pour respecter la bienséance et la politesse, mais ma propre timidité me prends par surprise. Cela fait si longtemps que l’on ne m’a rien dit de positif… L’élégant gentilhomme continue, m’indiquant qu’ils partiront au levé du jour si je souhaite les accompagner, mais tisse alors un avertissement aux allures alarmantes si je souhaite les suivre dans cette entreprise. Les dangers seront grands, les abominations abominables et la “danse” - de ces propres mots - sombre et sanglante. Ma peur, vieille et fidèle amie, s’étire et enfle alors que le discours s’insinue dans ma tête, que les mots prennent sens et que leur sens se révèlent à mon esprit. Mais, étrangement, une portion de mon esprit reste calme, lucide même, dans ce bouillonnement intérieur : une forteresse au sein de mon esprit, l’ultime bastion de mon intellect.

(Des abominations et des horreurs… Je ne doute pas que la Dame Noire et ses servants font usage des aspects les plus noirs de notre existence dans leur conquête. Mais j’ai déjà vu la cruauté en face, la mort sous les atours d’aristocrates et d’hédonistes se croyant capable de décider du destin d’autrui, juste parce qu’il en avait le pouvoir. Si Oaxaca puise à la même inspiration… Je peux tenir une seconde fois.)

Douce désillusion, je m’en doute. Les ex-amants de la rose noire n’étaient guère des tendres, et ont usés de leur pouvoir avec bien peu de sagesse, mais face à une divinité? Ils devaient être aussi créatifs en matière d’horreur qu’un chaton face à un bourreau. Mais… Je ne me sens plus seul. Trop de coïncidences, trop de révélations, trop de … Destinée? Les dieux observent. Qui suis-je, pour ne pas suivre, pour ne pas croire, ne pas faire confiance?

Indifférent à mon monologue intérieur, mon poli interlocuteur se présente : Tanaeth, et sa compagne est Oryash. Et la bête à ses pieds, ce prédateur qu’il caresse avec affection, se nomme Sinwäe. Voilà donc les noms de mes nouveaux compagnons de voyage. Puis il ajoute qu’il est maître d’armes, m’indiquant qu’il est prêt à m’enseigner son art lors de nos haltes, si je le désire. Il ajoute qu’une armure et un bouclier seront aussi nécessaire, mais qu’il nous faudra attendre d’être à Kendra Kâr. Je ne peux m’empêcher de sourire à ce nouveau signe que je suis sur la bonne route.

“Et bien, mezzire Tanaef, ze zerai un honneur de poufoir zuifre fotre enzeignement - et un bezoin nezezzaire, là où nous allons. Ze fous remerfie, et ze zerai là demain, zoyez z’en zûr!”

Le tavernier arrive enfin, les bras chargés de mets et de boisson qu’il dépose - non sans froncer le nez - devant moi. Mon estomac, gargouillant, me rappelle immédiatement aux préoccupations plus primaires qui m’ont amenés ici en premier lieu, et je m’attaque à mon dîner devant Tanaeth, resté pour répondre à d’éventuelles questions. Lentement, timidement, je me contrains à retirer mon masque devant lui, fidèle à ma parole. Je me sens … Nu, ainsi. Exposé. À la critique, aux insultes, au regard d’un monde qui ne m’accepte plus. Mais il faut bien manger.

Et quel délice ! Le lapin avait-il une telle saveur, dans ma mémoire? La bière, est-elle toujours aussi moussue, aussi profonde et chatouillant à la gorge? Je mange - que dis-je, j’engouffre ! - ce repas paysan qui a toutes les regalias du repas royal, après une si longue abstinence.



La carcasse du léporidé gît, nettoyé, dans mon assiette, et la douceur apporté par la digestion et l’alcool finissent par monter à la tête. Plus de tracas et de soucis pour moi, ce soir… Juste le bain, et la nuit, douce, oblivieuse nuit. Je prends congé de Tanaeth, le saluant, et suit le tenancier vers une arrière-salle, où se trouve mon désir, tout en bassine de bois et en eau fumante et parfumée. J’entends distraitement l’homme m’indiquer qu’il peut m’appeler au besoin avant de refermer la porte, et avec une hâte consumée, je me dévêtis pour entrer dans l’eau…



Quitter le bain est comme s’arracher de l’étreinte d’une mère dont on ne sait pas quand on la reverra de nouveau : déchirante. Mais je crois qu’enfin, ENFIN, je sens autre chose que l’étable et les gouttières. Difficile à dire par soi-même, néanmoins, mais je ne doute pas que la réaction d’Oryash sera le parfait échelon pour mesurer cela dès demain.

Me saisissant des vêtements laissés là pour moi - des habits de montagnes laineux, chauds et solides, usés par le temps, mais encore vaillant -, c’est presque comme dans un rêve, écrasé de sommeil, que mes pas me guident vers ma chambre. Un lit simple, quelques meubles de facture modeste : mais mon corps ne me laisse pas le temps d’en voir plus, tandis que je m’effondre sur le drap dans un soupir de bonheur…



Le matin se lève au bruit des bergers guidant leurs troupeaux, aux ménagers et ménagères s’activant aux seuils de leurs maisons. L’aube sera bientôt là, et je dois me séparer à présent d’une seconde mère, à regret. Déjà habillé, déjà masqué, déjà ceinturé, je retourne dans la salle de l’auberge, et commande un met rapide au gérant. Je me réjouis intérieurement de ne voir aucun froncement de faciès, aucun déplaisir olfactif sur son visage.

Dehors, je trouve Oryash et Tanaeth. Je les salue d’un signe de tête, et me dirige vers eux. Un cheval m’attend… J’examine, longuement, l’imposante bête. Je ne suis guère cavalier… A vrai dire, j’ai rarement monté une telle bête dans ma vie… Mais je ne vais pas leur montrer que des mauvais aspects de moi-même, n’est ce pas? M’armant de courage, j’approche le musculeux animal, et aussi dignement que me le permet mon pied-bot et mon expérience, je monte sur le dos de l’animal.

“Et fien, en afant ze zupozze?”

Et les sabots battirent alors la terre battue des routes montagnardes, vers notre destination et étape : Kendra Kâr...
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Oryash
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Re: L'auberge "Au Bon Pain"

Message par Oryash » jeu. 13 févr. 2020 20:45

Précédemment : Il est bien curieux celui là


La peau blanche avait préféré couper court à une discussion sur laquelle elle n'avait pas envie de s'étaler. Cette partie de sa vie était derrière elle et elle avait mieux à faire que ressasser le passé.
Et puis qui était-il ce puant , pour s'intéresser de la sorte à ce qu'elle avait pu faire ou pas ? Qui elle avait fréquenté et pourquoi ? Pour qui elle avait œuvré et pour combien ? Qu'il se mêle donc de ses affaires !
Elle soupira longuement avant de respirer profondément l'air frais et se dirigea vers le petit bois, non loin de là. Elle avait besoin de retourner à la nature et de laisser derrière elle la civilisation, du moins pour cette nuit. Quant à Tanaëth, il comprendrait sûrement et s'il ne comprendrait pas et bien tant pis. Après tout, elle n'avait pas de compte à lui rendre, ils n'étaient qu'amants, rien de plus.
Cette nuit là, des bruits nocturnes inhabituels se firent entendre et au matin la moitié du village s'interrogeait.
Oryash était revenue au petit matin et était allée trouver le palefrenier afin qu'il prépare leurs montures. Une fois que cela fut fait, elle avait gagné l'auberge afin d'avaler une copieux repas et de faire quelques provisions pour la route. De retour dehors, elle rejoint Tanaëth et voit arriver peu après le puant qui ne ressemblait plus en rien à ce qu'il était la veille au soir. Comme quoi un bon bain ça change une personne et surtout cela soulage l'entourage de devoir subir des effluves nauséabondes.

" Alors comme ça, il fait route avec nous ? Il a une monture au moins ? Parce qu'il est hors de question que je le prenne avec moi ! De toute façon Hérumor ne voudrait pas de lui.  Il est un comme moi, revêche. "

Un léger rire avant de flatter l'encolure de sa monture noir qui trépigna d'impatience.

"On y va mon beau. Tu vas pouvoir te dégourdir les pattes. L'écurie de longues semaines c'est pas pour toi. "

Elle enfourcha l'animal avec aisance et prit la direction de Kendra-Kar, sans se soucier de savoir sir Kassar les suivrait à pied ou bien en chevauchant avec Tanaëth.


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