Le Temple des Maîtres

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Yuimen
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Le Temple des Maîtres

Message par Yuimen » mer. 27 déc. 2017 15:59

Le temple des Maîtres


Image
L'entrée du temple majestueux


Le Temple des Maîtres n'est pas à proprement parler un Temple, c'est une grande école, où l'on apprend toutes sortes de capacités.

Un des plus gros bâtiment de Kendra Kâr, très ancien, lourdement chargé de symboles. Un lion ailé, symbole des Maîtres, en garde l'entrée qui est majestueuse. Le sol est couvert de marbre blanc des plus pur. Le plafond est décoré de peintures racontant la mythologie, les Dieux etc... Les dorures sont partout et les murs sont couverts de tapisseries fines chargées de motifs d'histoire et de mythologie. Sûrement un des plus beaux palais que vous avez jamais vu. Une particularité c'est que les salles des Maîtres n'ont pas de fenêtres, la lumière provient de lustres magnifiques avec leur bougies. Curieusement la lumière est très suffisante !

Des femmes vous accueillent et se tiennent à votre dispositions. Elles vous guideront vers les trois maîtres des lieux, chacun étant dans sa propre salle d'armes :

Les maîtres :

Maître Harand Geros vous apprendra les CC avec armes.
Il est dans une salle tout en longueur de vingt-cinq mètres de long sur six de large, fastueuse comme le reste du temple. Lui-même est en habit de soie, mais porté de manière à se battre efficacement. Son armurerie est impressionnante, il a tous les types d'armes blanches possibles. C'est un homme d'apparence jeune, pas plus d'une trentaine d'années, au visage glabre, ses cheveux bruns désordonnés retombant en cascade dans son cou. De terribles yeux verts perçants semblant détecter tous les mouvements. Sa rapidité d'exécution est impressionnante, pourtant il fera tout pour vous apprendre la technique.



Maître Qwadeem Stroor vous apprendra les CC sans armes.
Lui aussi est habillé de soie, mais il enlèvera le haut pour se battre. Lui réside dans une salle carrée de quinze mètres de côté, toujours aussi fastueusement décorée. Au sol, des sortes de tapis rembourrés sont destinés à protéger des chutes. Le maître est un homme grand, élancé et vif. De couleur ébène, il a pourtant des yeux d'un gris envoûtant. Son crâne est rasé. Il est très agile, mais pourtant il fera tout pour que vous appreniez votre Capacité. Il ne semble guère dépasser les vingt-cinq ans.



Maître Neolia Natakara vous apprendra les CC avec Armes de Jet.
Elle réside dans la plus vaste salle, d'un espace démesuré et d'une richesse qui l'est tout autant! Vous allez utiliser un arc dans cette pièce et, curieusement, vous avez l'espace pour, aussi bien horizontalement que verticalement, il ne semble pas y avoir de plafond (une sorte de magie joue en ces lieux). Elle est très richement vêtue, mais sans apparat extravagant, elle doit tirer à l'arc. Ce qu'elle fait à une vitesse extraordinaire et avec une précision diabolique. Elle a une douce peau blanche, des yeux bridés ambrés et de longs cheveux noirs fins et lisses. Elle semble n'avoir qu'une vingtaine d'années. Il lui arrive aussi d'enseigner ses techniques dans la cour des archers à l'autre bout de la ville.


Les trois maîtres vous font forte impression et vous ressortirez ébahi de ce lieu, maîtrisant une nouvelle Capacité.

Fonctionnement :
  • Les CC peuvent être apprises ici automatiquement contre 500 yus OU servir de lieu d'apprentissage naturel.
  • La validation se fait lors de la demande de commentaire (via le SOS-GM).

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Yurlungur
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Re: Le Temple des Maîtres

Message par Yurlungur » mar. 3 sept. 2019 16:01

...

Il y avait un second lieu où la jeune fille souhaitait se rendre. Kendra Kâr était une ville gigantesque – bien plus que Dahràm ou Oranan – et possédait, paraissait-il, des maîtres d'armes exceptionnels. Elle souhaitait les rencontrer, et en quelque sorte se mesurer à eux, pour voir s'ils étaient à la hauteur de leur réputation d'une part, et, but bien moins avouable qui n'était pas tout à fait formulé dans son esprit mais traînait indubitablement les pieds de l'adolescente vers le Temple des maîtres, elle espérait être capable de les impressionner. Elle avait évidemment hésité à prendre l'apparence d'un inconnu au hasard dans une taverne, afin de n'être pas reconnue, avant de se dire que son jeune âge pouvait aussi être un avantage auprès des maîtres.

Elle pénétra dans le riche palais, observant avec une certaine admiration toutes les parures qui l'ornaient, et s'approcha d'une des jeunes femmes présentes à l'accueil, expliquant d'un ton assuré :

« Je viens m'entraîner. »

Elle porta la main à son fourreau, puis laissa finalement la dague de la Trinité en place. Inutile d'utiliser celle-ci, qui se brisait trop facilement. Une dague plus modeste ferait tout autant l'affaire : elle se saisit de l'autre, qu'elle employait d'ordinaire comme secours ou blocage en main gauche, et la présenta :

« Je me bats à la dague... Et j'ai de quoi payer. »

Malgré l'air dubitatif de l'hôtesse, celle-ci finit par hausser des épaules et la mener vers une salle carrée à peine plus sobre que l'entrée, où un maître en vêtements de soie finit par se présenter, indiquant à l'hôtesse de se retirer. Yurlungur ne s'attendait pas à trouver un tel homme à la peau noire et aux yeux gris, le crâne rasé, qui la dominait de toute sa hauteur. Elle était petite, et lui grand : pourtant, en s'observant l'un l'autre, il semblait que chacun des deux percevait chez l'autre une certaine force. Et qu'il était jeune ! Lui aussi devait s'interroger en la regardant.

« Qu'est-ce qu'une si charmante jeune fille vient chercher auprès de moi ? demanda-t-il d'un air amusé. »

Elle haussa un sourcil.

« Je suis aussi charmante que vous êtes chevelu, répliqua-t-elle aussi sobrement que possible. J'aimerais que vous m'appreniez quelques techniques qui sauraient m'être utiles... Je paierai.
- Mais certainement. Qui êtes-vous, au juste ? Vous êtes de Kendra Kâr ?
- Je m'appelle Yurlungur. »

Elle ne semblait guère volontaire pour répondre à la suite et, se dirigeant vers l'un des murs, elle déposa son paquetage au sol, ainsi que la dague de la Trinité hors de son fourreau. En fait, elle se délesta de presque tout, y compris les quelques consommables qu'elle portait d'ordinaire à sa ceinture, et d'une bonne partie de son équipement, pour ne conserver qu'une chemise de soie blanche qui venait sous sa tunique bleue, et un pantalon en lin, en sus de sa dague. Elle n'avait guère de protection ainsi, mais le maître, qui se délesta quant à lui de la partie supérieure de son habit, n'avait pas davantage de protections particulières.

« Tenez, fit-il en lui tendant un parchemin. Ce sont de brèves descriptions des techniques que je sais enseigner. »

Elle parcourut rapidement la liste, et finit par en désigner quelques unes, déposant au creux de la main de Qwadeem deux pièces d'or d'avance.


***

La journée s'écoula en un clin d'œil. Qwadeem, conscient de la masse importante d'assimilation demandée pour acquérir l'ensemble des techniques demandées par la jeune fille, ne lui laissait pas un instant de pause et la corrigeait sans cesse sur chacun de ces mouvements, qu'il lui faisait répéter inlassablement jusqu'à ce qu'elle y arrive. Il lui fournissait un exemple par ailleurs formidable, exécutant à sa demande ladite technique avec une virtuosité époustouflante. Elle fut presque surprise lorsqu'il lui annonça qu'ils s'arrêteraient là pour aujourd'hui : lorsqu'elle sortit après avoir récupéré toutes ses affaires, elle constata qu'il faisait effectivement nuit depuis au moins une heure. Le palais des maîtres ne possédant aucune fenêtre, elle avait certes ressenti une fatigue intense, mais ne s'était guère plus questionnée. Sans attendre, elle partit en quête d'une auberge pour la nuit.


***

Le lendemain, ils recommencèrent l'entraînement. Puis le maître se redressa et lui sourit, pour la première fois depuis leur rencontre.

« Je pense que vous êtes fin prête. Bien sûr... les conditions réelles sont souvent un peu plus chaotiques que la simple rencontre avec un instructeur. Mais les dernières fois où vous m'avez attaqué... C'était ce qu'il fallait. »

Il avait pourtant esquivé sans difficulté apparente chacune des tentatives ; mais Yurlungur sentait aussi qu'il disait vrai. Elle lui tendit le reste de son dû, s'inclina devant lui, et osa enfin un sourire.

« Vous fûtes un excellent maître, Qwadeem. Merci. J'espère... J'espère que nous nous reverrons. Au revoir...
- Au revoir, jeune fille. »

Les maîtres n'avaient guère à se préoccuper de l'objectif de leurs apprentissages lorsqu'ils étaient grassement payés ; pour autant le maître tenta une ultime interrogation au moment où l'assassine s'apprêtait à franchir le pas de la porte.

« Puis-je néanmoins vous demander qui fut votre précédent maître ? »

Elle se retourna vers lui en plissant les yeux.

« Il y en eut plusieurs, finit-elle par répondre. D'abord une elfe nommée Liriel, puis un prénommé Arsok. Mais je doute que vous les connaissiez. »

Liriel vivait à Dahràm ; Arsok sur Aliaénon. Cela rendait la chose ardue pour la première, impossible pour le second. Et sans attendre la réponse du maître, elle sortit et quitta pour de bon ce palais décidément trop doré à son goût.

(((Apprentissage de 7 techniques : Acrobatie périlleuse, Coupe-souffle, Dérobade, Diversion, La différence d'un pas, Verrou caché, Frappe du serpent
7*500 = 3500 yus)))

...

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Marcy
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Re: Le Temple des Maîtres

Message par Marcy » lun. 19 janv. 2026 21:41

Commission musclée

Marcy n’a jamais mis un orteil dans le temple des maîtres. Elle n’avait aucune raison d’y pénétrer, après tout. L’immense bâtiment de marbre et de pierres blanches se tient tel un bastion de la culture kendranne. Un lieu d’apprentissage martial, de rigueur, d’efforts et de persévérance. Un autel aux prouesses guerrières. Rien qui ne corresponde à la petite voleuse qui en franchit l’immense arche d’entrée pour la première fois. L’immense lion ailé qui en garde l’entrée semble suivre des yeux tandis que le regard de la rouquine s’attarde davantage sur les tapisseries qui recouvrent les murs. Des scènes y sont brodées au fil d’or, retraçant ce qu’elle imagine être des événements importants du temple ou du royaume. L’intérieur est un ensemble de colonnes soutenant des voûtes complexes mettant en valeur le talent des constructeurs et la force de l’architecture kendranne. Personne ne peut y être indifférent. Pas même Marcy qui observe les dorures recouvrant les colonnes jusqu’au plafond peint de couleurs vives. Elle se sent minuscule au milieu d’un tel endroit.

Resserrant ses doigts autour de la lettre qu’elle doit livrer, elle se reprend. Ce ne sont pas quelques cailloux et de la peinture qui vont l’impressionner. Elle cherche du regard un quelconque moyen de se renseigner pour trouver l’homme à qui elle doit livrer sa lettre. Elle croise le regard d’une femme à la longue chevelure brune. Elle est vêtue d’une robe blanche lui tombant jusqu’aux chevilles et ceinturée autour des hanches par un ruban rouge et or. Elle remarque que d’autres sont vêtues ainsi, avec ce qui ressemble à un uniforme lié au temple. Mais, avant qu’elle ne puisse approcher, deux jeunes hommes lui passent devant, la bousculant au passage. L’un deux tourne la tête vers elle et ricane.

- ‘tention gamine ! C’est pas pour les gosses ici.

Marcy jette un regard noir aux deux imbéciles qui ricanent. Elle manque de les insulter ouvertement, mais décide d’éviter les problèmes. Elle se dirige plutôt vers la femme qui l’a apparemment vue. Elle arbore un sourire qui se veut bienveillant, même si elle se demande sans doute ce qu’une petite rouquine comme Marcy vient faire ici. Elle n’a pas vraiment le profil habituel. Ce qui n’empêche pas sa voix d’être douce et son sourire sincère quand elle s’adresse à la petite voleuse.

- Bonjour jeune fille. Es-tu perdue ?

- Non. Je cherche Maître Harand Geros.

- Oh ! Elle semble surprise, mais se reprend bien vite. Bien sûr, suis-moi.

Marcy lui emboîte le pas, un peu étonnée qu’on ne lui en demande pas plus avant de la laisser entrer. Après une volée de marches menant à une immense cour centrale baignée par la lumière du soleil, elle traverse cette dernière, droit vers un autre escalier. Escalier qui amène vers une grande porte ouverte laissant voir l’intérieur d’une immense pièce sans fenêtre. ce sont d'impressionnants lustres qui diffuse la lumière dans toute la pièce. La rouquine trouve cela curieux, mais, n'y connaissant rien en architecture, elle laisse cela de côté pour se concentrer sur sa guide qui prend la parole.

- Maître Harand Geros est là –désigne sa guide en pointant du doigt un homme d’une trentaine d’années qui se tient droit, bras croisés, de l’autre côté de la pièce. Il doit entraîner quelques jeunes chevaliers, donc ne traîne pas.

Marcy hoche la tête en signe de remerciement et se dirige vers l’homme désigné. Elle évite souplement deux hommes en pleine lutte armée qui font de grands moulinets de leurs épées factices et qui ne semblent même pas la remarquer. Ni quoi que ce soit d’autre dans la pièce, d’ailleurs. Un rictus agacé se peint sur son visage pour disparaître aussitôt. Elle a promis à Méli d’amener cette lettre, elle ne va pas risquer de s’embrouiller avec un duo de crétins. Elle rejoint donc le fameux maître qui, étonnamment, semble déjà l’observer. Pourtant, une demi-douzaine de jeunes hommes ont l’air de suivre ses cours pendant ce temps, maniant des épées factices en une série de mouvements que Marcy trouve à la fois compliqués et ridicules. Les moulinets, c’est joli, mais elle n’en voit pas l’intérêt. Elle n’est pas chevalier, donc bon, qu’est-ce qu’elle en sait, après tout ?

- Maître Harand Geros ? Demande-t-elle en arrivant devant l’homme.

- Lui-même. Répond-t-il d’une voix calme et grave. Que puis-je faire pour toi, jeune fille ?

- J’ai une lettre pour vous. Annonce-t-elle tout en lui tendant le parchemin scellé. De la part de Méli Almaran.

Un air surpris se peint sur le visage du maître d’armes qui saisit la lettre, brise le cachet de cire et lit la missive avec un air concentré. Marcy, elle, observe à nouveau les apprentis en pleine classe. L’idée même de devoir répéter des mouvements en boucle lui semble barbant et inutile. Une épée, c’est juste une dague plus grande, pourquoi apprendre des trucs pareils ? Surtout quand le plus simple, c’est encore d’éviter le combat. Sûrement un truc de chevalier, à ne jamais refuser un duel ou quelque chose du genre.

- Comment t’appelles-tu, jeune fille ? La voix du maître d’armes la sort de son observation.

- Marcy.

- Très bien, Marcy. Je vais répondre à dame Almaran sans tarder. Peux-tu lui confier la réponse dans la journée ?

- Bien sûr !

Elle compte bien rentrer dormir à l’orphelinat. C’est pourtant évident. Elle n’a pas l’air d’être d’une classe sociale bien élevée, c’est assez facile à deviner. Il ne faut pas être trop intelligent pour comprendre qu’elle vit à l’orphelinat. Ou alors il possède du tact, lui. Il demande donc à une des femmes en uniforme d’aller lui chercher de quoi écrire et un support. Marcy est alors obligée de patienter avec lui. Elle observe distraitement le cours avoir lieu et note que Harand Geros a l’air de particulièrement tenir à ce que les mouvements soient rapides et fluides. Quoi que cela veuille dire quand on manie une épée qui doit faire dans le mètre de long. Cela dit, elle trouve ça étonnamment hypnotique. Même si les torses nus des six jeunes hommes peuvent y être pour quelque chose. Chose qu’elle nierait fermement, de toute façon.

- Intéressée ?

- Hein ? Elle tourne la tête vers le maître d’armes, une expression confuse sur le visage. Quoi donc ?

- Un cours. – Dit-il en désignant les apprentis d’un mouvement de menton - Je t’ai vu bouger tout à l’heure, en évitant le duel. Tu as de bons réflexes et des réactions rapides.

- Je suis une fille, réplique-t-elle comme si cela suffisait comme réponse.

- Et alors ? Neolia est une femme et une excellente combattante.

Sans avoir la moindre idée de qui cette Neolia peut être, Marcy hausse les épaules. Tant mieux pour elle, mais elle n’a nullement l’intention de prendre de faire un quelconque apprentissage martial.

- J’ai pas d’argent.

Elle n’imagine pas les cours être gratuits, donc ça règle le problème.

- Ça paiera la commission que je te demande.

Il semble avoir réponse à tout, ce qui agace la rouquine. Elle n’a aucune intention de faire l’idiote en moulinant dans le vide. Elle hausse les épaules d’un air désintéressé en espérant que cela suffise à clore la discussion. Puisque le maître d’armes n’ajoute rien, elle pense s’en tirer à bon compte. Il s’éloigne d’ailleurs, rassurant la jeune fille dans sa décision. Comme si elle allait perdre son temps à des trucs de nobles. Mais la voix du maître d’armes l’interpelle et elle tourne la tête, agacée, avant de voir un objet voler vers elle. Elle se décale et laisse l’objet tomber au sol, découvrant une épée courte factice qu’elle ramasse par réflexe. L’instant d’après, le maître d’armes est sur elle, une épée en main et fait fendre l’air à son arme, droit sur sa tête. La rouquine s’aplatit aussitôt sur le sol, puis pousse sur ses mains pour se redresser, juste assez pour bondir en arrière, hors de portée. Elle lance alors l’épée droit vers le maitre d’arme. Il dévie l’attaque comme si de rien n’était, mais un large sourire s’affiche sur son visage, contrastant avec l‘expression agacée de Marcy.

- Bien joué ! Mais tu exposes trop tes flancs.

Marcy ignore complètement les compliments et conseils, énervée par cette attaque gratuite et injustifiée.

- C’était pour quoi ça !?

- Tester tes réflexes. Tu gagnerais à prendre un cours, je t’assure.

- Vous êtes cinglé ! Je venais juste livrer une lettre ! Rien à foutre de vos cours !

- Tu sais où me trouver si tu changes d’avis. - Il tend alors la lettre, sans se départir de son sourire - Tiens, ma réponse. Sois sûre de la livrer.

Marcy s’empare de la missive d’un geste un peu rageur et s’éloigne sans plus de formalités, d’un pas accéléré par l’agacement. Elle en a connu des types bornés, mais lui, visiblement, est d’un autre genre. Elle quitte la salle sans un regard en arrière, sans s’inquiéter des yeux qui la suivent.


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Marcy
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Re: Le Temple des Maîtres

Message par Marcy » jeu. 23 avr. 2026 11:36

Le poids d’un nom

C’est une hésitation qui accompagne Marcy devant les portes du temple des maîtres. L’immense bâtiment de pierre et de marbre n’a pas changé depuis son dernier passage, mais le souvenir de sa rencontre avec le maître d’armes et l’insistance de ce dernier la retient un instant. Elle pince les lèvres, inspire, avant de finalement s’engager dans l’escalier menant à l’entrée. Elle ne va pas laisser un type obtus mettre en péril sa mission. Elle refusera, comme la dernière fois, et tout se passera bien. Elle ne demandera pas son aide ni ne l’acceptera. Elle a bien vu quel genre d’individu fait ses classes ici et elle n’a aucune envie de devenir comme eux. Elle n’est ni noble, ni chevaleresque. Elle laisse l’honneur et la droiture à ceux qui ont du temps à perdre pour y penser. Seule compte la survie. La seule chose qui la ferait changer d’avis serait que le maître d’armes lui apprenne à utiliser sa dague d’une manière différente. Mais elle n’a pas vu l’ombre d’un poignard dans son cours.

Connaissant l’endroit, elle évite les assistantes en uniforme blanc et or pour se diriger directement vers la salle d’entrainement du maître Harand Geros. Comme la dernière fois, elle se sent écrasée par l’immensité et le faste de l’endroit. Mais elle y fait moins attention, cette fois. Quand on l’a vu une fois, on y est un peu moins sensible. En tout cas c’est ce qu’elle se dit alors qu’elle franchit l’entrée de l’immense salle d’entrainement. Ses yeux balayent l’endroit, sans trouver sa cible. Une moue contrite se dessine sur son visage. Voilà bien sa chance. Quelques personnes s’entrainent dans la salle, donc il ne doit pas être très loin. Elle s’adosse au mur le plus proche, bras croisés. Elle pourrait redescendre et demander à une assistante où se trouve le maître, mais elle se dit qu’elle n’a qu’à patienter un peu pour qu’il revienne.

Les minutes passent. Toujours aucune trace du maître d’armes. Son pied commence à tapoter impatiemment le sol de la salle. Elle grince des dents. Elle hésite entre descendre pour poser la question ou attendre encore un peu. Lorsque, finalement, elle se décide à bouger, un groupe de jeunes hommes entrent dans la pièce. Ils sont cinq. Vu leurs habits, les capes et l’élégance qui transpirent de leurs démarches, Marcy sait qu’il s’agit de fils de noble. Elle s’arrête pour les laisser passer. L’un d’eux l’aperçoit et, retirant sa cape, la lui lance en lui demandant de l’accrocher pour lui. Marcy, sourcil haussé, se fend d’un pas sur le côté. Le tissu retombe au sol. Aussitôt, le noble s’arrête et la fixe, éberlué, alors qu’elle prend la direction de la sortie. Il l’apostrophe aussitôt.

« Manante ! Mon manteau ! »

Les autres s’arrêtent et observent Marcy qui soupire et jette un regard par-dessus son épaule pour voir le noble, bras croisés, la fixer d’un air furieux. Cheveux blonds, yeux bleus, une peau lisse et qui est sans doute très douce tant elle est pomponnée. Il serait presque séduisant s’il n’avait pas ce regard empli de dédain et d’agacement. Marcy se tourne vers lui, son regard virant du manteau au jeune homme. Elle hausse simplement les épaules.

« Quelle idée de jeter ses frusques par terre, aussi. »

L’air éberlué du blondinet tire une immense satisfaction à la rouquine qui se fend d’un petit sourire narquois qui enrage immédiatement le nobliau.

« Tu oses te moquer de moi, impudente ? Tu sais qui je suis ? Henri de la Rosette, Fils du Marquis de la Rosette ! »

Marcy lui offre une moue faussement impressionnée. Le jeune homme n’est pas dupe et le peu d‘effet que ce nom a sur la jeune fille semble l’agacer encore plus que l’histoire du manteau tombé au sol. Même s’il y revient.

« Ramasse mon manteau ! »

« Non merci. Je suis sûre que tu sauras te pencher pour le faire. Je ne touche pas les choses qui traînent sur le sol. »

La rouquine a rarement l’occasion de rabattre le caquet d’un petit noble, aussi ne s’en prive-t-elle pas. Et, visiblement, ce n’est pas quelque chose à laquelle le jeune homme est habitué, vu la tête qu’il tire. Derrière lui, ses amis observent la scène, mi-amusés, mi-atterrés. Pensant la discussion close et le caquet rabattu, la rouquine se retourne pour chercher le maître d’armes. Mais Henri ne l’entend pas de cette oreille. Le son caractéristique d’une épée qu’on tire de son fourreau parvient aux oreilles de Marcy qui fait volte-face. Le jeune noble vient de tirer une rapière finement ouvragée et la pointe vers la jeune fille qui l’observe, sidérée.

« Je vais te faire payer ton insolence. »

Se moquer d’un noble est une chose, mais se battre avec un type qui doit suivre des classes d’armes depuis son plus jeune âge en est une autre. Marcy en est bien consciente et elle ne plaisante plus du tout. Sa posture tendu et l’arrêt de ses piques moqueuses n’échappe pas au jeune homme qui se fend d’un sourire victorieux.

« Tu fais moins la maligne, maintenant ! Je serai magnanime et ne ferai que taillader ce vulgaire visage si tu t’excuses. »

« Compte là-dessus, boucles d’or. »

La riposte de la rouquine franchit ses lèvres avant même qu’elle n’y pense. Elle se fustige mentalement, mais le mal est fait. Profondément agacé, le noble n’attend pas et se jette en avant, la pointe de sa rapière vers elle. Marcy ne tire pas sa dague, sachant très bien que blesser un noble dans sa chair lui coutera bien plus que de blesser son ego. Elle bondit en arrière, évitant la lame de justesse. Le blondinet semble surpris par sa réactivité. Il l’observe, suspicieux.

« Ton nom, manante. »

Marcy lève les yeux au ciel. Il ne pouvait pas le demander avant de vouloir lui trouer la peau. Et puis elle ne toma pas dans un piège aussi évident. Un nom, ça peut coûter cher s’il est associé à un délit. Et même si elle n’est techniquement responsable de rien, reste qu’elle a agacé un noble. Et ça peut très mal finir. Elle reste muette, ce qui ne manque pas d’énerver encore un peu plus le noble dont la veine sur son front palpite dangereusement.

« Ton nom ! Que je l’inscrive sur ton épitaphe ! »

Nouveau roulement d’yeux, mais une idée lui vient. Elle plisse les yeux, un plan se formant dans sa tête. Elle sourit.

« Marcy… Almaran. »

Il y a un blanc. Henri la fixe, les yeux ronds alors que ses amis chuchotent derrière lui. L’un d’entre eux vient même poser une main sur son épaule, probablement pour le calmer. Marcy ricane intérieurement. Ils font moins les malins quand le nom de Xël, le héros qui a aidé à vaincre une déesse, s’associe au sien. Elle ne sait pas si ce sera suffisant pour réellement l’empêcher de lui nuire, mais l’hésitation suffit. Le maître d’armes arrive sur ces entrefaites, offrant à Marcy la parfaite opportunité de tourner el os au problème en lui donnant la lettre. Harand Geros est un peu suspicieux de la scène qui se passe devant lui, mais la lettre l’accapare bien vite. Il al lit d’une traite, avant de griffonner une réponse qu’il tend à Marcy.

« Tiens, l’accord est conclu. Je les recevrai en début de semaine prochaine. Tu es toujours la bienvenue. »

« Je… vais y réfléchir. Mon frère m’enjoint à m’y pencher. »

Elle insiste bien sur le mot « frère » en jetant un regard aux nobles. Henri grince des dents, mais ne dit rien. Pas idiot, le maître d’armes sent bien que quelque chose cloche, mais, sans plus d’informations, il se contente de hocher la tête et de retourner à ses cours, laissant Marcy quitter la pièce, non sans un regard moqueur en direction du noble et de sa cape toujours au sol. Sûrement que Xël ne serait pas content de ce mensonge, mais ça valait bien la peine de voir la tête de ce sale petit emmerdeur quand il a cru devoir gérer un héros connu et reconnu par le Royaume. Et puis, ce n’est qu’un petit mensonge de rien du tout. Surtout que c’est le nom de Méli, à l’origine. Xël n’a fait que s’en servi, lui aussi. La rouquine n’a donc que peu de scrupules à en faire de même. Parfois, elle est très contente de ses idées lumineuses.

Sa mission accomplie, elle décide de retourner à l’orphelinat pour transmettre le dernier message. Elle espère simplement ne pas croiser à nouveau le chemin de ce nobliau blond. Pas sûr que le coup du frère surpuissant fonctionne à chaque fois…

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Marcy
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Re: Le Temple des Maîtres

Message par Marcy » lun. 14 sept. 2026 09:43

Amitié rivale

« Alors, prête à accepter ton inéluctable défaite ? »

La voix d’Edouard tire Marcy du gruau qu’elle mangeait en silence. Elle lève un regard agacé vers lui. L’adolescent arbore un sourire si large qu’il atteint presque ses oreilles. La rouquine, qui a mal dormi le reste de cette nuit, n’est certainement pas d ‘humeur à subir ses incessantes piques. Elle retourne vers son écuelle sans dire un mot.

« Tu peux déclarer forfait si tu as peur. Promis, je ne te demanderai rien de trop difficile en échange. »

« Je peux manger ou tu vas m’emmerder tout le long ? »

La verve de Marcy cloue le bec d’Edouard et lui vaut les regards surpris des enfants autour d’elle. La voix de Méli brise le bref silence en lui enjoignant à venir la voir tout de suite. Définitivement de mauvaise humeur, Marcy se lève, emporte son écuelle et sort d’un pas rageur en claquant la porte derrière elle. Curieusement, Méli ne la suite pas à l’extérieur et la jeune fille peut terminer son repas en silence. L’occasion parfaite pour se calmer. Elle ne sait même pas pourquoi elle s’est énervée si vite, pour aussi peu. Elle ne sait plus vraiment pourquoi elle fait certaines choses, ces derniers temps. Elle soupire, pose son écuelle vide et remonte ses genoux contre sa poitrine. Les yeux clos, elle inspire doucement. Elle reste sur le perron pour un temps, jusqu’à ce que la porte derrière elle s’ouvre. Au lieu de la voix de méli, qu’elle redoutait, c’est celle d’Edouard.

« Marcy… C’était juste une boutade. »

« Je sais… désolée. C’est… c’est rien. »

« On peut annuler si tu… »

« Non, non. Allons-y. Je passe juste voir Méli pour me faire engueuler et j’arrive. »

Elle rentre, son écuelle vide en main. Elle va rincer ses ustensiles avant d’approcher de Méli, occupée à aider les plus jeunes à débarrasser. La directrice lève la tête vers elle alors que Marcy ouvre la bouche. Elle la coupe.

« Je ne tolère pas ce genre de langage, tu le sais, Marcy. »

« Je sais, je… Désolée…»

« T’es-tu excusée auprès d’Edouard ? »

Elle hoche la tête et attend le verdict. Qui ne vient pas. Méli se contente de lui tapoter le haut du crâne et de la congédier d’une douce poussée dans le dos. Surprise, Marcy la fixe quelques instants puis s’éclipse, un peu circonspecte. Elle retourne dehors et se joint au petit groupe d’adolescents qui accompagne Edouard au temple des maîtres. La petite troupe se met en marche, piaillant joyeusement, retraçant le dernier passage au temple, où certains se sont plus illustrés que d’autres. Marcy écoute d’une oreille distraite et un sourire fleurit doucement en entendant certain se moquer gentiment des déboires de leurs camarades. A mi-chemin, Edouard ralentit le pas pour se poster près d’elle.

« T’as pas l’air d’aller bien. J’étais sérieux quand je disais qu’on peut annuler. C’était idiot de s’énerver comme ça… »

Marcy ne répond pas immédiatement. Elle le fixe plutôt, se demandant depuis quand il est devenu si mature et posé. Elle a le sentiment qu’il n’est plus le même garçon qu’elle a combattu il y a quelques mois, lorsqu’il servait Yerek. Elle finit par secouer la tête.

« C’est rien. Je suis désolée pour ça aussi. Je sais pas ce qu’il m’a pris. »

« Bah, t’as toujours eu un sale caractère… »

« Va te faire foutre ! »

La réplique, instinctive et instantanée, fait rire Edouard et les deux commencent à se chamailler. Et, pendant un temps, Marcy oublie le reste. Elle oublie Marvin, le sang, la mort, la douleur et la peur. Elle redevient une adolescente qui se chamaille avec un ami. Un ami qui, une fois devant les marches du temple, lui offre un sourire carnassier.

« Prête pour ta défaite ? »

« Vend pas la peau du brok’nud avant de l’avoir tué ! »

Le petit groupe entre dans le temple et arrive bien vite dans la salle d’entrainement de maître Geros. Celui-ci les attend, équipé comme à l’accoutumée. Qu’elle n’est pas sa surprise de découvrir Marcy au milieu des autres. Marcy qui grimace dès que les yeux du maître d’armes se posent sur elle.

« Marcy, quelle surprise. Tu te joins enfin à nous ? »

Les adolescents tournent tous un regard surpris vers la rouquine qui aurait bien aimé disparaître à ce moment précis. Elle jette un regard plaintif à Edouard qui hausse un sourcil.

« Elle… On a parié sur lequel battrait l’autre. »

« Ah, intéressant. Je vous observerai. Les autres, équipez-vous comme hier. Vous deux, suivez-moi. »

Bon gré mal gré, Marcy emboite le pas du maître d’armes qui les mène dans un coin de la salle. Edouard jette à la rouquine un regard interrogatif, mais celle-ci fait mine de ne pas l’avoir vu. Elle n'a pas envie d’encore se disputer avec lui. Et encore moins devant le maître d’armes qui a l’air d’être beaucoup trop investi dans ce duel. Il leur apporte des armes émoussées et quelques protections. Marcy empoigne les dagues présentées, mais ne jette même pas un regard aux morceaux de cuirasses et autres armures d’entrainement. Avec ça sur le dos, elle serait trop lourde pour bouger. Tout l’inverse d’Edouard qui s’arme d’un bouclier et s’équipe de la tête au pied, faisant ricaner l’adolescente.

« Tu feras moins la maligne quand tu seras au sol. »

Elle hausse simplement les épaules. Elle soupèse les dagues offertes, puis en demande d’autres. Le maître d’armes, surpris, lui en confie deux de plus que la jeune fille met à sa ceinture. Puis elle attend qu’Edouard soit prêt. Elle se moque gentiment de lui tandis qu’il peine à enfiler complètement tout l’attirail, arguant qu’elle aurait déjà pu le vaincre quand il avait les mains prises. Ce ne serait pas très noble, mais ça n’a jamais été dans ses habitudes de la jouer à la régulière. Elle ne peut pas s’offrir le luxe d’avoir un esprit chevaleresque. Ça, c’est un truc de noble ou de soldat à l’esprit embrumé par les beaux discours sur la valeur, l’honneur et tout ce qu’elle trouve idiot.

Enfin, Edouard est prêt. Et se met en garde. Marcy, elle, se contente de fléchir les genoux et de faire tournoyer une dague dans sa main avant d’en saisir le manche. Un geste volontairement inutile et prétentieux, mais qui n’a qu’un but, qu’Edouard fixe la dague. Et oublie le reste. Dès que le combat s’engage, Marcy envoie sa seconde dague. Concentré sur l’autre dague et ne prévoyant pas un lancer, Edouard est pris au dépourvu et la dague le heurte à la hanche, là où la protection de son armure s’arrête. Le jeune homme lâche un grognement de douleur et fait un pas en arrière.

« Un coup comme ça avec une vraie arme t’aurais sérieusement handicapé, Edouard. » l’informe Maître Geros. « Concentre-toi. Joli tir, Marcy. »

La rouquine rééquipe une dague et fixe Edouard. Avant de sourire d’un air narquois. Ce qui semble agacer un peu plus le jeune homme déjà vexé par son attaque initiale. Mais elle est loin d’avoir gagné. Elle a seulement remis les choses au clair. Mais elle compte bien l’emporter.

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Re: Le Temple des Maîtres

Message par Marcy » mer. 16 sept. 2026 23:14

Drôle de duel

Il apparaît rapidement à Marcy qu’Edouard n’a pas menti. Comparé à leur premier et unique affrontement, le jeune homme n’est plus le même. Il est prudent, défensif et extrêmement observateur. La ruse qu’elle a utilisé au début de leur combat n’a été qu’une simple erreur de jugement qu’il ne compte pas reproduire. Il la garde toujours face à lui et son bouclier est toujours dans la trajectoire d’un éventuel lancer. A croire qu’il a spécifiquement basé son entrainement pour contrer tout ce qu’elle peut faire. Au bout de deux minutes à cherche rune ouverture qu’elle ne trouve pas, Marcy soupire. Elle n’a pas le loisir de lancer au hasard ses dagues factices, puisqu’elle n’en a que trois et n’a aucun moyen de passer cette défense qu’il semble ravi de conserver. Elle finit par reprendre une posture plus calme, moins agressive, presque comme si elle abandonnait. Ce qu’il remarque très vite.

« Ça y’est, tu admets ta défaite ? »

Elle lève les yeux au ciel.

« Tu n’a même pas essayé de porter le moindre coup. Tu restes là à attendre que je fasse quelque chose. C’est d’un ennui… »

« La patience est une vertu. »

« Peut-être, mais ça te rend chiant et prévisible. »

Elle imagine très bien que ce style défensif est ce qu’on attend d’un soldat. Après tout, c’est ce qu’il veut être. Un soldat au service d’un noble. De la piétaille envoyée au casse-pipe. Il a raison de se concentrer sur la défense. En bataille rangée, ou dans la vie d’un soldat qui doit défendre des trucs, ça doit être important. Là, dans l’immédiat, c’est surtout ennuyeux. Sans l’effet de surprise dont elle use et abuse, elle n’a aucun moyen de l’emporter s’il ne baisse pas sa garde. De base, elle n’est même pas adepte des confrontations frontales. Mais il ne va pas gentiment lui tourner le dos pour qu’elle ait un avantage. Un nouveau soupir lui échappe. Elle range un de ses deux dagues et se sert distraitement de l’autre pour nettoyer ses ongles. La réponse d’Edouard est immédiate.

« Je sais que tu fais ça pour m’agacer. Ça ne marchera pas. »

« C’est ce qu’on verra… »

Elle hausse les épaules et continue de se curer les ongles. Méticuleusement. Edouard ne bouge pas et, étonnamment, Maitre Geros ne dit rien. Il se contente d’observer silencieusement. Après deux nouvelles minutes passées à se curer les ongles, Marcy se met à les observer en tendant la main vers Edouard, une moue satisfaite sur le visage. Ce n‘est pas tant sa manucure improvisée qui la satisfait, c’est plutôt le fait assez évident qu’Edouard, malgré sa patience, a négligé quelque chose. Son armure pèse. Son bouclier aussi. Et il a lentement commencé à baisser ce dernier. Juste assez pour découvrir un peu son épaule. Une faille que Marcy va être ravie d’exploiter. Elle lance soudainement la dague qu’elle avait en main. La lame fuse droit vers Edouard qui, un peu pris par surprise, réagit tardivement face au geste soudain. Il lève son bouclier par réflexe et la dague s’y cogne sans lui infliger le moindre dommage.

« C’est tout ce que tu.... oh… »

Profitant du champ de vision obstrué par le bouclier levé par Edouard, Marcy a foncé vers ce dernier. Les quelques mètres les séparant sont rapidement franchis et la rouquine est désormais collée à lui, uns souirre moqueur sur le visage. L’épée du jeune homme file alors vers la rouquine qui plonge au sol. L’épée lui frôle l’épaule et elle ramasse sa première dague dans une roulade. Son pied heurte involontairement la jambe d’Edouard qui tourne sur le côté en suivant son mouvement. E peine à se redresser et est rapidement déséquilibré par un assaut soudain du jeune homme. Elle évite la lame émoussée en se penchant en arrière, mais chute sur le dos. Profitant de sa position et de sa victoire quasi assurée, Edouard s’élance. Avant de gémir de douleur quand la pointe de la botte de Marcy s’enfonce dans son entrejambe.

« Garce… ça c’est bas… »

« Désolée… Réflexe. »

Elle profite néanmoins de ce coup bas pour rouler en arrière et se redresser. Elle respire bruyamment et elle est couverte de sable, mais elle a au moins la satisfaction d’avoir un peu fait bouger ce duel plein d’ennui. Edouard, lui, titube de douleur en se protégeant de son bouclier, sa main visiblement posée sur ses attributs masculins malmenés. Il se reprend pourtant bien vite. Se remet en garde, juste avant que maître Geros ne les interrompe.

« Edouard, face à un adversaire comme Marcy, la meilleure façon d’en venir à bout, c’est d’épuiser ses options. A rester immobile, tu lui offres le temps de trouver une faille. »

« Mais vous aviez dit que l’observation et la patience sont importants ! »

« Face à un soldat ou un chevalier oui. Face à quelqu’un qui n’hésite pas à user de tous les coups possibles, c’est lui donner des opportunités. »

« Hey ! C’est pas juste ! Pourquoi il a droit à des conseils ? »

« Parce qu’il suit des cours ici. Ce qui n’est pas ton cas, Marcy. »

Marcy se renfrogne, comprenant très bien où le maitre d’armes veut en venir. Sauf qu’elle ne tombera pas dans le panneau. Pourtant, une petite voix dans sa tête lui dit qu’elle en aurait bien besoin. Surtout au vu des récents événements. Mais elle chasse cette voix en secouant la tête. Ce qu’Edouard exploite. Il la charge soudainement, bouclier en avant en poussant un cri. Marcy hausse un sourcil avant de bondit sur le côté droit, du côté de son bouclier. Elle n’avait simplement pas anticipé qu’il ait prévu ça. Son coup d’épée filer droit vers sa hanche. Elle le pare de justesse avec sa dague, mais le choc lui arrache une grimace ; le choc se répercute jusque dans son épaule et sa dague manque presque de s’enfoncer dans sa hanche sous la force du coup. Elle recule sous l’assaut, certaine que ce genre de coup lui aurait brisé quelque chose si elle n’avait pas réussi à le parer. Elle invective Edouard aussitôt.

« T’es cinglé ? »

« C’est un combat, Marcy… »

« Oooooh, je vois. Je vais transformer tes couilles en bouillie alors ! »

Edouard pâlit visiblement quand Marcy s’élance vers lui avec la ferme intention de mettre sa menace à exécution. Il commet une erreur. Un coup trop preste, trop prévisible. Marcy freine et fait un pas en arrière. Juste assez pour que l’épée la frôle au lieu de la percuter. Ses yeux écarquillés prouvent qu’elle n’a réagi que d’instinct, pas en planifiant ce recul. Mais elle l’exploite. Edouard aussi. Cette microseconde d’hésitation de la rouquine lui permet de ramener sa garde alors que la dague file vers sa gorge. Les deux jeunes s’arrêtent, chacun avec la lame de l’autre touchant un endroit vital. La gorge pour Edouard, le cœur pour Marcy.

« On dirait bien que c’est une égalité. »

Ils tournent tous les deux la tête vers le maître d’armes qui applaudit lentement. Puis ils s’écartent, leurs souffles courts. Edouard semble satisfait. Marcy, elle, se rend bien compte que ça n’a jamais été une égalité. Qu’elle n’est pas capable de réellement percer la défense d’Edouard sans le houspiller. Et, avec l’entrainement qui l’attend, elle sera derrière en quelques semaines. Ils n'ont beau pas être ennemis, cela lui fait prendre conscience qu’elle n’évoluera jamais aussi vite que quelqu’un de déterminé et prêt à accepter qu’on lui enseigne des choses. Et cela la fait grincer des dents.

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Re: Le Temple des Maîtres

Message par Marcy » jeu. 17 sept. 2026 09:58

Une voie obscurcie


Suite au duel, le maître d’armes commence le cours pour ceux qui cherchent à rejoindre la suite du chevalier d’Arkasse. Edouard n’en est pas dispensé et Marcy profite de ce moment pour boire un peu d’eau. Elle observe, bras croisés, les gestes répétés par le petit groupe, pas le moins du monde intéressé. Elle serait partie, si le maître d’armes n’avait pas décidé de venir faire la causette comme si de rien n’était.

« Tu aurais ta place parmi eux. »

Elle lâche un souffle perplexe et vaguement sarcastique. A voir cette ribambelle de futurs soldats manier l’épée, elle doute que le maître d’arme soit très sérieux. Elle n’a pas l’envie ou les qualités requise d’un bon soldat. Elle lui jette un regard et remarque qu’il observe sa réaction. Et elle semble lui convenir.

« Tu es observatrice. Une qualité rare. Ce serait dommage de la gâcher. »

« Et j’imagine que prendre des cours avec vous aiderait ? »

Il sourit, mais, étrangement, ne donne pas la réponse qu’elle attendait.

« Neolia serait mieux indiquée. Même si je suis sûr d’avoir mon mot à dire. Tu as un style hybride des plus intéressants. »

La jeune fille se moque pas mal de son style. Elle ne l’a pas choisi, il s’est imposé à elle à force de vivre dans la rue, de se battre pour survivre, de n’avoir pas l’argent pour acheter un équipement différent. Elle hausse les épaules, mais elle ne refuse plus catégoriquement l’idée de prendre des cours ici. Elle commence à percevoir l’intérêt. Mais elle est encore loin de l’admettre à haute voix. Si le maître d’armes s’en rend compte, il ne laisse rien transparaître. A la place, il change de sujet, la prenant par surprise.

« Comment va ton frère ? »

Pendant un court instant, elle et sur le point de demander de quoi il parle. Puis elle se souvient de son dernier passage ici. Celui où elle a fait croire que Xël était son frère. Il faut croire que ce mensonge commence à se répandre. Ne tenant pas à se faire rabrouer pour avoir menti, elle décide de jouer le jeu. Quite à s’enfoncer un peu plus dans ce mensonge. Ses pommettes rosissent tout de même légèrement, mais elle ne se démonte pas.

« Il se néglige et boit. »

« Navré de l’entendre. La guerre n’a pas dû être facile à vivre. »

« Sûrement… »

Elle l’a perçu chez Xël. Il n’est plus l’homme dont Méli chantait les louanges à tout va. Raison de plus pour ne jamais se mêler de ce genre de conflit. Devenir soldat, faire la guerre, c’est un truc pour ceux qui ont des idéaux, l’envie de devenir un héros ou des envies suicidaires. Pas pour ceux qui, comme elle, préfèrent s’occuper de leurs affaires et rester en vie.

« Vous le connaissez bien ? »

« Pas du tout. Mais il est connu à travers tout le royaume. Tout Yuimen, sans doute. Un héros. C’est normal de s’y intéresser. Présente-lui mes hommages et informe-lui qu’il est le bienvenu s’il le souhaite, tu veux bien ? »

« D’accord mais... c’est un mage… »

« Il a été soldat au sein de l’armée, je suis sûr qu’il sait manier une épée. Ça pourrait lui changer les idées.»

Elle ne peut pas le contredire. Elle ne connaît pas assez Xël pour savoir ce genre de détails. Ce qui, en tant que sa soi-disant petite sœur, pourrait lui créer des problèmes, si quelqu’un venait à trop poser de questions.

« Je ne savais pas qu’il avait une sœur. J’ai été surpris de l’apprendre. »

Une nouvelle fois, les joues de Marcy se colorent. Et, une fois de plus, elle tient tête. Ce mensonge pourrait lui être franchement utile, mieux vaut qu’elle ne change pas de récit. Elle hausse les épaules, feignant une indifférence qui est pourtant bien réelle.

« On ne s’entend pas très bien. Et puis… Je crois qu’il préfère qu’on ne sache pas qu’il en a une. Pour me protéger et tout ça. »

Ce serait typiquement ce que Xël ferait, elle en est persuadée. Xël le héros, en tout cas. Xël le poivrot la ferait léviter jusqu’à ce qu’elle s’excuse de son mensonge. Mais, puisque ça semble convaincre le maître d’armes, elle n’a aucune raison de dire la vérité. Tant que ça n’arrive pas aux oreilles de Xël, tout devrait bien se passer. Apparemment satisfait de l conversation, Maître Geros retourne à l’entrainement des recrues. Marcy reste, étrangement. Pour observer Edouard qui a l’air d’avoir véritablement trouvé une voie qui lui convient. Et elle ressent une petite pointe de jalousie. Qui se manifeste par une moue des plus agacée lorsque le petit groupe termine et qu’ils retournent tranquillement à l’orphelinat. Si Edouard s’en aperçoit, il ne fait aucun commentaire et se contente de marcher à ses côtés, sans mot dire. Jusqu’à ce que le reste du groupe les ait suffisamment devancés.

« On commence la formation demain. On va devoir quitter la ville. »

Cela a le don de faire grincer des dents la rouquine, ce qui amuse Edouard.

« On revient chaque soir, t’en fais pas. »

« Je m’en fais pas, tu fais ce que tu veux ! »

« T’es encore fâchée ? »

« Je viens de te dire que tu faisais ce que tu voulais ! »

« Ton ton semble dire le contraire. »

Elle tique et accélère le pas. Malheureusement pour elle, Edouard a de plus grandes jambe set n’a aucun mal à suivre, ce qui a le don de l’énerver un peu plus. Il finit par soupirer.

« Marcy… sérieusement. Tu ne peux pas me reprocher de vouloir faire autre chose que vivre dans la rue, faire un travail pourri et risquer ma peau en bossant pour des bandits. »

Marcy, qui le prend personnellement, s’arrête et se tourne vers son ami, une réplique bien sentie sur les lèvres. Mais elle se retient. Parce qu’elle n’arrive pas à lui donner tort. Mais parce qu’elle ne peut pas non plus lui donner raison. La mâchoire crispée, elle le fixe. Elle l’a aidé à sortir de la rue. C’est elle qui l’a libéré du joux de l’autre taré d’elfe. Elle qui l’a amené à l’orphelinat. Et voilà qu’il trouve sa voie avant elle, alors qu’il était plus perdu qu’elle ne l’a jamais été. Sa fierté en prend un coup. Et elle commence à réaliser qu’elle ne sait toujours pas quoi faire de sa vie, alors qu’elle approche – apparemment – de ses quinze ans. Frustrée, elle finit par souffler et reprendre le chemin de l’orphelinat, mais d’un pas plus calme. Le seul moyen qu’elle a de faire comprendre qu’elle n’est pas vraiment fâchée. Ou juste un peu. Mais pas contre lui. Pas uniquement, en tout cas.

« Tu pourras venir nous voir, si tu veux. C’est à une heure de marche de la ville et je suis sûr que le chevalier d’Arkasse serait d’acc… »

« Jamais ! »

Le refus catégorique et le frisson de la rouquine, clairement visible, tirent un haussement de sourcil au jeune homme qui, malgré tout, n’insiste pas. A la place, il se penche vers elle et demande plus bas.

« Et sinon… depuis quand Xël est ton frère ? »

La menteuse grimace en rougissant. Elle ne pensait pas qu’il avait entendu la conversation. Elle est dans les ennuis jusqu’au cou. Des ennuis que, pour une fois, elle est la seule à avoir créé.

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